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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 17:13
Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

Quand le sage montre la lune… il est tentant de rappeler cet aphorisme à propos du bouze qu’a soulevé le Journal du Dimanche (JDD) en présentant une enquête d’IPSOS commandée par la Fondation du judaïsme français. Sauf que quand le doigt est gros comme le biceps  d’un culturiste il cache la lune ! Ce sondage outre un intitulé réducteur – grossi encore par le JDD – comporte des questions orientées et au moins une affirmation osée. Cependant, il mérite peut-être un regard attentif en ce qu’il révèle une société minée par la montée de la peur de  l’autre !

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

L’objet du scandale est cette question qui mélange origines et religions sur laquelle des touitteurs et blogueurs ont, à juste titre ironisé voire crié leur dégoût. D’autant que le JDD avait quelque peu faussé la présentation du résultat qui s’inscrivait dans un ensemble. Mais même sous la forme originale cette question était, pour rester dans l’euphémisme, malhabile.

Réactions tirées de l'Huffington Post

Réactions tirées de l'Huffington Post

Autre sujet de controverse, le caractère antisémite prêté à une manifestation de juillet 2014 pour Gaza. Le comportement provocateur des nervis de la Ligue de défense juive peut expliquer – pas justifier – des débordements ultra-minoritaires en fin de manif le 13 juillet 2014 !

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

En revanche, il est plus difficile de suivre ceux qui estiment que « c'est exactement le genre de sondage qui n'aurait pas dû être fait sur commande "communautaire" ». Certes, comme le remarquent Les décodeurs du Monde,  toute la partie sur les réactions des différents acteurs après des agressions ou attentats anti-sémites, qui ne recueille que des ressentis très subjectifs (et dont la manif de juillet 2014 fait partie) est des plus discutables. Pour autant, le Président de la Fondation du judaïsme français a raison de dire que cette étude va au-delà de l’antisémitisme.

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange
Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

Ce sont des Français en crise de confiance, majoritairement wauquiezisé, se méfiant de « l’autre », une France où des préjugés sur l’immigré, le chômeur, le juif sont tenaces, où la conception liberticide de la laïcité rencontre un large écho, que l'enquête nous présente. Reste quelques lueurs d’espoir sur le mariage dit « mixte » ou le droit pour les musulmans d’avoir leur lieu de culte, n’en déplaise à de Villiers et consorts.

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange
Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

Wauquiez-le-cynique a frappé juste en s'en prenant aux assistés, ces sybarites oisifs qui se prélassent avec leur RSA, ces salauds de chômeurs qui se gavent d'allocations (et ne parlons pas des réfugiés sur lesquels circulent des montages immondes). Wauquiez a frappé d'autant plus juste que quand on regarde le détail des réponses, les sondés qui se disaient proches de l'UMP à l'époque sont plus nombreux (87%) que ceux proches du FN (80%) à fustiger ce prétendu assistanat.

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

Une courte majorité est favorable à la construction de mosquées pour que les musulmans pratiquent leur culte. En revanche, pas de menus alternatifs pour les élèves qui ne mangent pas de porc (ou même de viande). Et surtout, un score qui va conforter tous nos laïcistes liberticides, modèle Elisabeth Badinter*: les trois quarts des sondés ne veulent pas de mamans portant un fichu pour accompagner les gosses en sorties scolaires, au mépris de l'esprit de la Loi de 1905. 

 

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange
Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

Si, comme nous y incitait Charb, il ne faut pas parler d'islamophobie (mais comment qualifiait-il les torrents d'insanies de Riposte dite Laïque, par exemple, sans parler de celles du Vicomte de Villiers ?), il faudra forger un terme pour désigner cette hantise du musulman qui n'est dépassée que par celle du rom.

Ils ne sont pas très bien intégrés et c'est de leur faute ! Leurs tenues agacent ou inquiètent.

 

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

Même si l'appellation mariage mixte est un peu cocasse s'agissant de mariage homosexuel, on constate que la tolérance des sondés est plus large pour ce mariage entre personnes du même sexe, que pour le mariage avec une personne de confession musulmane. On notera que si 93% de ceux qui se réclament du FN prendrait mal que leur fille se marie avec un musulman, ils sont encore 74 % des ripoublicains, alors que toute gauche confondue c'est l'inverse.

Cette étude, qui pour une part reprend et prolonge une autre sur les Fractures françaises, malgré ses biais, ses ambiguïtés, ses limites, reflète cependant une réalité inquiétante. Les préjugés, rejets, hantises qu'il révèle sont un terreau pour les idées nauséabondes du FN.

 

 

* Cette incise qui renvoie aux prises de positions de Mme Badinter sur ce qu'on appelle le "voile islamique" et son interdiction m'a valu une condamantion urbi et orbi d'un commentateur qui ne supporte pas qu'on s'en prenne à son icône. Faut-il rappeler qu'en septembre 2011 elle disait «En dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité» ? Et sa conception d'une religion "affaire intime" qui aboutit à interdire toute manifestation publique est contraire à la lettre et à l'esprit de la Loi de 1905. Il semble que Mme Badinter évolue, puisque, si j'en crois Le Monde de ce jour (09/09/16), elle désapprouve les arrêtés municipaux anti "burkini" (comme Caroline Fourest).

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 22:31
Ali, Najat, Moussa et Daech

Procès en sorcellerie envers Najat Valaud-Belkacem : elle n’aurait pas réagi avec la vigueur d’un Clemenceau au moment de l’affaire Dreyfus quand le représentant d’une ONG musulmane a plus que tortillé du croupion pour condamner Daech ! ou parce qu’il aurait refusé de lui serrer la main : les avis divergent.

Or donc, Madame la Ministre de l’Education Nationale était l’invitée du Supplément de Canal +. Elle a dû subir l’interview d’Ali Badou.  Il a dû prendre des leçons chez Aphatie, car il pose des questions mais n’écoute pas les réponses et coupe la parole de son invitée en pleine phrase. Il va même jusqu’à prendre à témoin des lycéens spectateurs pour désavouer la Ministre.

Pour le reste, elle aura droit à un défilé de sacs Vuitton et une rencontre avec un humoriste qui avait interpelé Valls chez Ruquier. Là, évidemment on essaie de la mettre en porte-à-faux avec son martial Premier Ministre. Mais elle évite le piège avec élégance et humour.

Vient donc le morceau de bravoure. Une ONG islamiste ou islamique (selon que vous êtes de souche ou pas) dont un membre est emprisonné au Bangladesh.

Cette séquence est donc censée se préoccuper du sort de Puemo Tchantchuing, alias Moussa, qui, alors qu’il se préoccupait de la situation de réfugiés Rohingyas au Bangladesh – une minorité musulmane persécutée par des boudhistes en Birmanie – a été arrêté, libéré, puis réincarcéré, sans que les motifs soient clairement indiqués.

Pour l’illustrer un reportage est fait au cœur de l’association. Mais elle porte moins sur les actions de l’ONG que sur la suspicion dont elle peut être l’objet – perquisition – ou son fonctionnement assez sexiste. Et son représentant, aussi bien dans le sujet que sur le plateau a le louque idéal pour donner des boutons à tous les identitaires.

« Pas tibulaire mais presque » aurait dit Coluche. Barbe ostentatoire, crâne rasé (ou coiffé d’un tarbouche blanc dans le reportage), vêtu à la pakistanaise avec, par dessus, un parka de l’association. On apprend qu’il a refusé de serrer la main de la Ministre. Il pourra cependant plaider la cause de Moussa avant d’avoir droit à la question qui tue : « Condamnez-vous Daech ? ». Question à laquelle ce charmant personnage -  chargé de la com de son association – pouvait s'attendre : sa réponse dilatoire n’en est que plus lamentable. Mais elle n’est pas pire que le touitte d’Onfray, par exemple, qui lui justifie Daech.

Sagement, Najat Valaud-Belkacem, préfère ne pas donner à l’épisode plus d’écho qu’il n’en mérite. Les contorsions verbales du personnage suffisaient à le juger pour le téléspectateur de base que j’étais.

Rappelons les faits. Lors de l’émission “Le supplément” le dimanche midi sur Canal Plus, la Ministre qui était venue parler de l’action menée contre la radicalisation s’est trouvée placée à côté du président d’une association humanitaire islamique (dont un des membres est aujourd’hui emprisonné au Bangladesh où il venait en aide aux Rohingyas, une minorité musulmane opprimée). Idriss Sihamedi s’est présenté comme un “musulman normal” mais au cours de l’entretien on a appris qu’il refusait de serrer la main aux femmes ou de condamner l’État islamique. Invitée à réagir à cette séquence, Najat Vallaud-Belkacem décline dans un premier temps : " Non". Puis elle ajoute " Plus exactement, si je devais vraiment réagir, je dirais simplement qu’il faut distinguer à mon avis deux choses : la situation de Moussa (l’humanitaire emprisonné au Bangladesh, ndlr), qui en sa qualité de ressortissant français a droit à une aide et une protection qui, si j’ai bien compris, lui est apportée par l’ambassade, et puis pour le reste je crois que c’est une association qui porte une façon de voir les choses qui n’est pas la mienne, à laquelle je ne souscris pas et qui me met aussi mal à l’aise, honnêtement, sur votre plateau, et donc je n’ajouterai rien".

P. Watrelot (extraits)

Mais bien sûr les sites d’abrutis de souche se sont déchaînés – Madame Valaud-Belkacem étant leur deuxième cible favorite après Madame Taubira – pour la taxer de passivité voire de complicité.

Mais le plus surprenant fut quand même de voir un journaliste politico-sportif ou sportivo-politique, Bruno Roger-Petit – chronique sportive dans Le Figaro et politique dans Challenges (groupe de L’Obs) – se lancer dans une comparaison des plus hardies entre Clemenceau au moment de l’affaire Dreyfus et la Ministre de l’Education Nationale face à cet humanitaire prétendu salafiste : «  Heureusement que Clemenceau ne s'était pas contente d'un "malaise" en titrant le "J'accuse" de Zola #faiblard » ; et il a brodé là-dessus.

L’équipe de Baraka City ne cache pas ses convictions islamiques. Le conférencier Nabil Ennasri, engagé contre "la théorie du genre" au côté des cathos intégristes de Civitas ou de la soralienne Farida Belghoul, compte parmi leurs intellectuels chouchous. (StreetPress)

Idriss Sihamedi, ce porte-parole, condamne la fornication avec autant de vigueur qu’un prêtre intégriste.

Ali, Najat, Moussa et Daech

Mais, malgré une surveillance policière des plus étroites, si l’on en croit Le Parisien, "L'association et ses dirigeants ne nous posent aucun problème, ils respectent toutes les règles", assure une source policière locale. "En revanche, on surveille les personnes mal intentionnées qui pourraient vouloir prendre le pouvoir ou avoir de l'influence sur l'organisation."

Sa 1ère action internationale d’envergure a porté sur l’accès à l’eau au Togo. Si des actions humanitaires ont eu lieu vers la Syrie, elles ont été menées en toute transparence (copies des passeports, itinéraire, destination,etc. transmis aux autorités). Et, peu avant la décapitation du travailleur humanitaire Alan Henning, Baraka City avait publié un communiqué pour exiger la libération de l’otage.

Inutile de dire que ce guignol borné m’est aussi sympathique que l’abbé Beauvais de Civitas. Et que ses stupidités sur les femmes et ses atermoiements sur Daech sont aussi critiquables que les déclarations de Barbarin sur le mariage pour tous ; déclarations qu’il doit approuver, au demeurant.

 

Mais, comme pour l’interpellatrice de Finkie qui a provoqué la même ire chez les identitaires, on ne peut s’afficher en janvier 2015 avec un « Je suis Charlie »=je suis pour la liberté d’expression, et refuser cette liberté aux intégristes de tout bord.

Quitte évidemment à critiquer sévèrement leurs assertions obscurantistes.

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 18:28
L'observatoire de la laïcité brutalement attaqué !

Valls s’est livré à une attaque abracadabrantesque contre Jean-Louis Bianco et l’Observatoire de la laïcité.

(Voir en bas la pétition lancée par la Fédération de la Libre Pensée, La Ligue des Droits de l'Homme et la Ligue de l'enseignement).

Le lieu d’abord, les Amis du CRIF où il a d’ailleurs soutenu le syllogisme likoudien (attaquer la politique de Netanyahu=antisionisme et antisionisme=antisémitisme). Le texte incriminé : il remonte au surlendemain des attentats, le 15 novembre 2015, donc il y a plus de deux mois : il lui aura fallu tout ce temps pour détecter des co-signataires qui participeraient à un climat nauséabond.

Et de condamner « l’Observatoire de la laïcité […]  qui dénature la réalité de cette laïcité ».

Tout est vraiment abracadabrantesque !

 

Voir aussi l'incident à l'AN avec Latifa ibn Ziaten

Au moment même où l’exécutif s’est emmêlé les pinceaux dans cette lamentable affaire de déchéance de nationalité, voilà que le 1er ministre ne trouve rien de mieux que de s’en prendre à un ancien secrétaire général de l’Elysée (9 ans sous la Présidence de F. Mitterrand), ancien ministre et membre du bureau national de PS !

De l’art de tirer contre son propre camp. Avec ce ton d’adjudant de quartier dont il doit croire qu’il est signe de fermeté !

 

Des responsables associatifs, des leaders politiques, des intellectuels, de toutes confessions appellent à ne pas tomber dans le premier piège tendu par le terrorisme : la division.

Libération 15/11/2015

 

 Nous sommes unis

 

Touchée en plein cœur, la France pleure. Elle pleure ses citoyens assassinés, innocents, victimes d’une violence inouïe et innommable. Parce que la barbarie a encore frappé, la France doit encore se lever.

 

Face à un drame inédit d’une telle ampleur, nous devons plus que jamais nous concentrer sur l’unité ! Oui face au terrorisme, face à la peur, face à la violence : Nous sommes unis !

 

Nous sommes unis autour des familles des victimes – à qui nous adressons nos plus profondes et nos plus vives condoléances - autour des survivants, et autour de tous les témoins en France et dans le Monde de la folie meurtrière motivée par une idéologie mortifère et inhumaine.

 

Responsables associatifs, leaders politiques, journalistes, intellectuels, notre responsabilité est la même ! Le but de la terreur, au-delà du chiffre macabre des victimes, est de provoquer la division d’une nation, d’une famille.

 

Un piège nous est tendu ! Nous devons refuser d’y succomber ! La division, la délation, la stigmatisation sont au cœur de ce piège sournois. Chaque fois que nous tentons hâtivement de désigner des responsables de ce crime dont seuls les auteurs sont coupables, nous tombons dans le piège d’une division programmée et orchestrée.

 

Dès aujourd’hui avec tous les Français, traduisons nos intentions dans l’action. Nous pouvons rejoindre les hôpitaux les plus proches pour donner notre sang, adhérer aux associations créatrices de lien social, soutenir les ONG, tisser des liens avec nos voisins, lutter autour de nous contre le racisme et les préjugés… Le combat contre le terrorisme sera long, il sera dur, il nous réserve des moments difficiles, mais tant que nous agirons ensemble la France restera debout.

 

Les terroristes nous ont adressé un message. Ils ont voulu mettre la France à genoux. Disons-leur à notre tour que nous sommes debout ! Debout et soudés, main dans la main, les uns avec les autres et jamais les uns contre les autres. Notre unité est notre bien le plus précieux.

 

Protégeons-le et donnons-lui tout son sens aujourd’hui, l’heure est à la Fraternité qui est notre véritable rempart contre la violence aveugle du terrorisme et la division planifiée.

 

- Parmi les 40 Premiers signataires -

 

Guy Aurenche - président du CCFD Terre Solidaire. (Comité catholique contre la faim et pour le développement-Terre Solidaire)

Radia Bakkouch - présidente de Coexister 

Jean-Louis Bianco - ancien ministre, président de l’Observatoire de Laïcité

Ghaleb Bencheikh - président de Religions pour la Paix France  Rencontre à l’élysée

Khaled Bentounes - fondateur des Scouts Musulmans de France

Christian de Boisredon - fondateur de Sparknews

Yann Boissière - rabbin du Mouvement Juif Libéral de France (MJLF)

Elsa Bouneau - présidente du Scoutisme Français et des Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France (EEUDF)

 

Nicolas Cadene - rapporteur général de l’Observatoire de Laïcité 

Pasteur Clavairoly - président de la Fédération Protestante de France

Combo - artiste

Jean-Paul Delevoye - président du Conseil Économique Social et Environnemental (CESE)

Samy Debbah - président du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF)

Jean-Michel Ducomte - président de la Ligue de l’Enseignement

Antoine Dulin - membre du bureau du Conseil Économique Social et Environnemental (CESE)

Nabil Ennasri - président du Collectif des Musulmans de France 

Marie-Aleth Grard - vice-présidente de ATD Quart Monde 

Véronique Fayet - présidente du Secours Catholique  

Thomas Guénolé - politologue et éditorialiste sur RMC

Samuel Grzybowski - fondateur de Coexister

Samia Hathroubi - directrice Europe de la Foundation For Ethnic Understanding (FFEU)

Claire Hedon - présidente de ATD Quart Monde

Youssef Himmat - président des Étudiants Musulmans d’Europe (FEMYSO)

Anouar Kbibech - président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM)

Nacer Kettane, président de Beur FM

Elena Lasida - économiste

Christine Lazerges - présidente de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH 2012-2015)

Yasser Louati - porte-parole du Collectif contre l’Islamophobie en France

Abdelkrim Marchani - président du club Hessel

Médine - rappeur et président de l’association Don’t Panik

Jean-Pierre Mignard - avocat

Bernard Pinaud - délégué général du CCFD Terre Solidaire

François Rachline, président du Comité Scientifique du Comité Étude du Fait Religieux Contemporain (CEFRELCO)

Thibault Renaudin, secrétaire générale de l’Association de la Fondation Étudiante pour la Ville (AFEV) 

Abdelhak Sahli, président des Scouts Musulmans de France

Anas Saghrouni - président des Étudiants Musulmans de France

Bernard Thibaud - délégué général du Secours Catholique

Gilles Vermot-Desroche - président des Scouts et Guides de France 

Guillaume Villemot - président de Bleu Blanc Zèbres (BBZ)

Saad Zian - délégué général des Éclaireuses et Éclaireurs de France (EEDF)

  Eric Vinson, président d’Enquête

  Herman Dune, Artiste

  Brigitte Navail, déléguée générale de l’ACI.

Crime de lèse-Badinter Elisabeth

En fait l’attaque sur  « Nous sommes unis » n’était qu’un mauvais prétexte. Notre vindicatif 1er ministre n’a pas supporté qu’« un collaborateur d’un observatoire de la République » s’en prenne « à une philosophe comme Mme Badinter ». En effet, à France-Inter,  Mme Badinter avait de nouveau émis de parfaites contre-vérités – les mêmes que précédemment quand elle disait que Marine Le Pen était la seule à défendre la laïcité – sur l’espace public neutre. Autrement dit, ni foulard, ni kippa, ni croix, fût-elle provençale, arborés dans nos villes et villages. La négation même de la lettre et de l’esprit de la Loi de 1905 !

Le Rapporteur de l’Observatoire de la Laïcité avait déploré qu’un travail pédagogique puisse être mis à mal par une interview.

L'observatoire de la laïcité brutalement attaqué !

Aussitôt, 3 membres de l’observatoire qui n’attendaient que cela -  le député PS Jean Glavany, l'ancien Grand maître du Grand Orient de France Patrick Kessel  et la sénatrice PRG Françoise Laborde* – ont lancé un communiqué vengeur contre ce « petit Monsieur » qui s’attaquait à « une grande dame ».

Et donc notre adjudant de quartier, pardon Manuel Valls, de se joindre à ces procureurs : « Un collaborateur d’un observatoire de la République ne peut pas s’en prendre à une philosophe comme Elisabeth Badinter – pas parce qu’elle est philosophe ni parce qu’elle s’appelle Elisabeth Badinter, mais à partir de ses propos : c’est une défense intransigeante, que je partage d’ailleurs, de la laïcité dans bien des domaines. Et ça, ça doit être rappelé à chacun » scrongneugneu !

Donc, répétons-le, devant une instance représentative de la communauté juive, Valls prend la défense d’une grande dame, qui, si l’on suivait sa logique jusqu’au bout – la religion doit être confinée dans la seule sphère privée – interdirait la kippa.

Communiqué de Jean-Louis Bianco, Président de l'Observatoire de la laïcité

Faut-il rappeler à Mme Badinter comme à M. Valls que l’article 18 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme spécifie : Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites ?

Il est vrai qu’au Pays qui se targue d’être celui des « Droits de l’Homme et du Citoyen » avoir l’audace de vouloir les défendre vous fait traiter péjorativement de droit-de-l’hommiste !

 

 

* La sénatrice Laborde est l’auteure d’une proposition de loi interdisant aux nounous privées le port d’un fichu y compris à leur propre domicile quand elles gardent un ou des enfant(s) (voir Le Sens de la République)

En complément

 

LA LAÏCITÉ AUJOURD’HUI

Note d’orientation de l’Observatoire de la laïcité

 

Extraits

 

La laïcité n'est pas une opinion parmi d'autres mais la liberté d'en avoir une. Elle n'est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect des principes de liberté de conscience et d'égalité des droits. C'est pourquoi, elle n'est ni pro, ni antireligieuse. L'adhésion à une foi ou à une conviction philosophique relève ainsi de la seule liberté de conscience de chaque femme et de chaque homme.

 

Après la victoire contre « l’Ordre moral », en 1877, les lois qui ont établi une République laïque se sont étalées sur plus d’un quart de siècle. L’indépendance de la représentation nationale à l’égard de la religion a été symboliquement affirmée par la suppression des prières publiques pour l’ouverture des sessions parlementaires. L’autorisation du divorce a concrétisé la liberté de l’individu face aux prescriptions religieuses, La laïcisation de l’école avec les grandes lois de Jules Ferry, (1881-1882 : gratuité et laïcité des programmes ; 1886 : laïcité des personnels) a été évidemment l’enjeu décisif. Mais la séparation des Eglises et de l’Etat proprement dite n’a été acquise qu’en 1905 –les républicains ayant hésité sur la voie à prendre. La conception qui a prévalu, portée principalement par Aristide Briand, Jean Jaurès et Georges Clémenceau, s’est voulue libérale dans son inspiration et à l’opposé d’une législation antireligieuse. Elle repose sur trois principes, la liberté de conscience, la séparation des pouvoirs politique et religieux, et donc des organisations religieuses et de l’Etat, l’égalité de tous les citoyens quelles que soient leurs croyances et leurs convictions.

La loi du 9 décembre 1905, loi de compromis et d’équilibre, fruit d’un travail important du Parlement et de longs débats, a clôturé la période fondatrice de la laïcité républicaine. Elle a donné tout son sens au principe de citoyenneté.

 

La Constitution du 4 octobre 1958 dispose, dans son article 1er : « La France est une République (…) laïque (…) », comme le précisait déjà l’article 1er de la Constitution du 27 octobre 1946. « Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. ».

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, à laquelle renvoie le Préambule de la Constitution de 1958, proclame dans son article 10 que : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. ».

 

La liberté d'expression des appartenances religieuses peut, elle, être limitée dans les conditions définies par la loi, comme c'est, par exemple, le cas des élèves comme des enseignants dans l'école publique ou encore des agents publics.

Le principe doit toutefois demeurer la liberté et les limitations l’exception.

 

Le service public ne peut donc montrer une préférence, ou faire preuve d’une attitude discriminatoire, selon l’appartenance ou la non-appartenance religieuse, réelle ou présumée, de ses usagers. Les agents publics doivent non seulement ne pas marquer une telle préférence mais aussi ne pas donner l’apparence d’un tel comportement préférentiel ou discriminatoire, par exemple par la présence de signes de caractère religieux dans leur bureau ou guichet ou le port de tels signes.

Cette neutralité s’applique aux agents du service public et non à ses usagers(… ) Le principe de neutralité ne s’applique pas dans les organismes privés.

 

La laïcité n’est pas l’ennemie des religions, non plus qu’une idéologie ou une opinion concurrente des autres : elle est le principe politique qui permet à toutes les convictions existentielles de vivre en bonne intelligence les unes avec les autres, à partir de la conviction partagée de l’égalité pour tous du droit d’expression, comme bien commun.

 

Elle rend compatible la liberté personnelle avec la cohésion sociale.

 

Télécharger le document dans son intégralité : http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2014/07/note-d-orientation-la-laicite-aujourdhui_0.pdf

 

N.B. Texte adopté à l'unanimité donc avec les voix de Glavany, Kessel et Laborde

 

 

 

Lire aussi l'entretien de Jean-Louis Bianco dans Le Monde

 

Lettre de soutien à Jean-Louis Bianco

Par et

 

 

Pourquoi deux interprétations de la laïcité coexistent-elles en France ?

Le Monde 19.01.2016 Samuel Laurent et Elvire Camus

 

Lettre de soutien à Jean-Louis Bianco

Par et

21/01/2016

Pétition :

La récente déclaration de Manuel Valls, Premier ministre, sur la laïcité est à la fois ahurissante et scandaleuse. Comment le Premier ministre peut-il méconnaître à ce point le sens de la laïcité pour oser fustiger un appel pluraliste, regroupant largement toutes les familles de pensée du pays, qui défend le vivre ensemble contre les attaques terroristes qui l’avaient visé ? Comment ose-t-il s’en prendre nommément au président de l’observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco, et à son rapporteur général, Nicolas Cadène, pour avoir signé cet appel, alors qu’ils étaient au contraire en le faisant au cœur de la mission qui est la leur ? Comment ose-t-il dans le même mouvement proclamer son accord avec une idéologue, Elisabeth Badinter, qui ne cache pas sa fierté de se voir taxée d’islamophobe, c'est à dire d'avoir peur de l'Islam et qui  présente Marine Le Pen comme la dernière défenseuse de la laïcité en France ? Pourquoi cède-t-il aux pressions de groupuscules qui veulent importer sur notre territoire le thème de la guerre des cultures et dresser les Français les uns contre les autres, exactement comme le veulent les terroristes ?
Cette dérive ne peut qu’inquiéter tous les démocrates et tous les républicains sincères, qui veulent que la France reste un pays apaisé et oppose sa cohésion à ceux qui la menacent. La Laïcité n’est pas un hochet que l’on manipule en fonction de considérations politiciennes tactiques. Elle est un principe fondamental de nos institutions et un acquis commun de notre capacité à vouloir une société ouverte et différenciée. 
Trois associations laïques "historiques" ont pris la décision de lancer une pétition pour soutenir l'observatoire de la laïcité, son président Jean Louis Bianco et son rapporteur Nicolas Cadène.
Je vous propose de la signer et de la faire circuler.
 
Eric Favey
Vice -président de la Ligue de l'Enseignement
 

 

L’Observatoire de la laïcité, son président et son rapporteur, sont la cible d’attaques aussi injustifiées que dénuées de fondement. Trois associations laïques historiques ont pris la décision de lancer une pétition Soutenons Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène":

 

Le député Jean Glavany* sans agressivité aucune (bien sûr), avec le souci de faire progresser le débat, veut regarder lucidement les quatre fautes(sic) de l’Observatoire de la Laïcité : une faute juridique, une faute déontologique, une faute politique et une faute morale.

J'ai donc très immodestement envoyé un courriel à cet honorable parlementaire.

 

La grosse faute de Manuel Valls

(en réponse à « Laïcité : les 4 fautes de l’Observatoire »)

 

Au moment où le gouvernement et sa majorité étaient déjà empêtrés dans cette habileté tactique qui se révèle une énorme erreur politique de la déchéance, le 1er ministre, devant une instance communautaire, ne trouve rien de mieux que de lancer une polémique avec J.L. Bianco, Président socialiste de l’Observatoire de la Laïcité.

Sous un double prétexte :

1°) un véritable sacrilège (laïque ?) à l’encontre de Mme Badinter car le secrétaire général de l’instance que Bianco préside a osé noter que ces propos bafouaient la lettre et l’esprit de la loi de 1905 ;

2°) pour la signature, par Bianco, au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 d’un texte consensuel au côté de deux ou trois autres co-signataires suspects de pensées nauséabondes : plus de deux mois après M. Valls découvre que dans les 80 signataires il y en avait qui seraient liés à l’intégrisme islamique (et qui, malgré l’état d’urgence n’ont fait depuis l’objet d’aucune poursuite ni même d’assignation à résidence !).

Et avec ce ton d’adjudant de quartier qui le caractérise, le 1er ministre de proclamer que cet observatoire est à ses ordres.

Ne vous en déplaise, Monsieur le député, un observatoire, fût-il placé auprès du 1er ministre, qui a pour but de conseiller le gouvernement, ne peut être qu’indépendant. S’il doit se soumette à la conception de M. Valls – je n’accepte que les conseils que je veux entendre – il devient totalement inutile.

 

Ne vous en déplaise aussi, et n’en déplaise à Mme Badinter, il y a bien – appelez-là comme vous voudrez - une hostilité voire une haine à l’encontre des musulmans (ou supposés tels). Ecoutez et lisez le Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon, regardez si vous avez l’estomac bien accroché, le site de Riposte prétendument laïque et je ne parle pas des sites poubelles des identitaires de tout poil. Et les abrutis qui ont arrosé de balles une boucherie halal en Corse ne l’ont quand même pas confondue avec une gendarmerie !

 

Quant à refuser de voir qu’il y a bien deux conceptions antagonistes de la laïcité, l’une « libérale » pour reprendre le mot d’Aristide Briand, l’autre liberticide, qui d’interdits en interdits veut neutraliser l’espace public, c’est un déni de réalité.

Faut-il vous rappeler les incidents dont a été victime Madame Latifa ibn Ziaten* lors d’une rencontre sur la laïcité organisée à l’Assemblée nationale. Certes vous vous êtes défendu en assurant que les personnes concernées n’étaient pas socialistes (elles étaient cependant invitées puisqu’il est impossible d’entrer à l’Assemblée nationale sans un sésame). Mais Madame Roudy, ancienne Ministre, socialiste pure et dure, a eu des propos condamnant explicitement le port du voile* - symbole de soumission à la loi patriarcale et que les intégristes l’utilisaient comme une porte d’entrée – dans l’espace public. En l’espèce, on peut supposer que vous ne partagez pas le point de vue de la camarade Roudy, puisque c’est vous qui aviez invité cette mère d’une victime de Merah. Mais vous conviendrez que sur le foulard à l’Université, le refus fait à des mères dites voilées, c’est-à-dire portant un fichu d’accompagner des gosses dans les sorties scolaires, etc. il y a bien une conception de la laïcité visant à cantonner le religieux dans ce qu’ils appellent la sphère privée.

On retrouve d’ailleurs là un des plus intéressants débats qui a ponctué la rédaction de la Loi de 1905, celui sur l’Article 25 (devenu 28) qui, dans sa rédaction initiale aurait réjoui nos laïques liberticides puisqu’il édictait que les églises, séparées de l’état, « n’ont pas le droit d’emprunter la voie publique pour les manifestations de leur culte » car elles imposeraient ainsi « aux indifférents, aux adeptes des autres confessions religieuses le spectacle inévitable de leurs rites particuliers. » Prenant Briand à contre-pied le député catholique Grousseau assène « La liberté de conscience ne doit pas être conçue d’une façon négative, comme imposant aux différentes confessions religieuses l’obligation de se dissimuler, elle doit être conçue d’une façon positive, comme leur imposant de se tolérer réciproquement, ce qui implique pour chacune d’elle la faculté de se développer, de se manifester. […] quand l’ordre public n’est pas en danger, il y a un autre intérêt qui s’impose, c’est celui de la liberté. » Ferdinand Buisson, puis Aristide Briand allaient se ranger à son avis.

Certes nos laïques liberticides se disent « Républicains » comme si les laïques libéraux ne l’étaient pas. Mais c’est de fait le même clivage, entre ceux qui se réfèrent à un citoyen abstrait (voire cet homme universel cher à Todd), sans sexe, sans attache, religion ou conviction philosophique, sur l’Agora et ceux qui peuvent se sentir Breton ou Kabyle de la deuxième génération, athée ou plus ou moins croyant, etc. et pour autant Français et Européen. Et Citoyen à part entière dans cette Composition française !

 

Vous employez, Monsieur le député, une figure de style classique, la prétérition, en affirmant que votre souci est de faire avancer le débat, alors que votre but est de relancer une polémique stérile en accusant l’Observatoire de la laïcité de fautes ! Polémique, je le répète, lancée inutilement et dans un lieu pour le moins incongru par un 1er ministre taclant son propre camp. Ne soyons pas dupe, le but sous-jacent de votre réquisitoire est de couler cet Observatoire ou, pour le moins, de paralyser son action.

Ce sera une faute lourde à mon sens et plus qu’une faute une erreur politique grave.

 

 

* Latifa Ibn Ziaten a donné sa version des faits au Bondy Blog : « Plusieurs jours après les faits et le démenti partiel du député PS Jean Glavany, Latifa Ibn Ziaten a accepté de revenir sur cette histoire. «Ces personnes m’ont plus que huée, elles m’ont agressée. Deux personnes sont sorties de la salle, elles m’ont suivie jusqu’à l’ascenseur. Elles m’ont dit : “vous n’êtes pas française Madame, vous dites que vous avez la nationalité française, mais vous ne pouvez pas parler de la laïcité alors que vous portez un foulard, vous faites honte à la France”»

Et si l’on en croit le controversé BuzzFeed , Yvette Roudy a déclaré : «J’ai dit à Latifa Ibn Ziaten que je pensais que ce n’était pas une bonne idée de porter son foulard. Il y a des lois en France, on ne les fait pas respecter. Si Latifa Ibn Ziaten est en fonction, elle ne devrait pas avoir le droit de le porter». Madame ibn Ziaten était employée au musée des Beaux-arts de Rouen, et de fait, dans le cadre de sa profession, elle ne devait pas porter de foulard. Mais depuis elle se consacre à plein temps à son association et agit notamment dans les écoles, collèges et lycées, en portant son foulard.

 

A noter que J. Glavany était chef de cabinet de François Mitterrand, pendant le 1er septennat, tandis que Jean-Louis Bianco était, lui, secrétaire général de l'Elysée : ils se connaissent donc de longue date.

"Le 8 décembre 2015, j’avais été invitée à parler de laïcité à l’Assemblée nationale devant un groupe de députés. A l’époque, j’étais peut-être encore un peu naïve, mais je n’avais pas du tout imaginé que cela pouvait être un piège. Quelques minutes après avoir pris la parole et m’être présentée, je sens, dans le regard des députés présents dans la salle, que quelque chose ne va pas. Je leur demande si c’est à cause de mon foulard ? Et là, une moitié répond oui et une autre, non. Je leur explique que je porte ce foulard depuis le décès de mon fils, en signe de deuil, qu’il n’a rien à voir avec un voile islamique. Je suis française, née au Maroc, de religion musulmane, mais je n’ai jamais porté le voile.

Pourtant au moment de quitter l’Assemblée, deux hommes, dont je ne veux pas révéler l’identité, viennent m’agresser en me criant dessus que je n’avais « pas le droit de parler de laïcité avec un voile sur la tête » et que j’étais « la honte de la France ». Je m’en souviens comme si c’était hier. Ils avaient quasiment la bave aux lèvres. Sans mon officier de sécurité, je crois qu’ils m’auraient frappée. "

Latifa ibn Ziad

M le magazine 25/10/2019

Par courriel du 9 février 2016, le député Jean Glavany a eu l'obligeance de me répondre :

 

Monsieur,
 
C’est fou ce que certains, dont vous êtes hélas, ne peuvent pas dialoguer et débattre sans tomber dans les attaques personnelles, les inexactitudes et les falsifications.
 
Vos attaques contre Valls sont excessives et, donc, dérisoires. Votre récit – et celui de J.L. Bianco – de l’épisode du tweet du rapporteur de l’Observatoire de la Laïcité est juste fausse : il n’a jamais « osé noter que ces propos bafouaient la lettre et l’esprit de la loi de 1905 » Jamais ! Il a écrit « 3 ans de travail de l’Observatoire détruits par une intervention ce matin à France Inter ». Vous appelez ça « rappeler le droit » ?! Vous continuez en
affirmant que « un observatoire, fut-il placé auprès du Premier Ministre, qui a pour but de conseiller le gouvernement, ne peut être qu’indépendant » !! Mais vous oubliez qu’il est composé en partie de fonctionnaires représentant leurs Ministères. Cette composition «hybride», conçue par Villepin est d’ailleurs à revoir.
 
On peut continuer : vous racontez « l’épisode de Latifa Ibn Ziaten » à l’Assemblée à votre manière sans y avoir été. Mais ça ne s’est pas passé du tout comme ça ! Elle était une invité d’honneur et je l’ai valorisée comme telle. Deux imbéciles inconnus de tous les socialistes dans la salle m’ont hué (moi !) parce que je ne leur donnais pas la parole pour contester ses propos à elle. Personne ne l’a huée dans la salle. J’ai appris plus tard que les deux imbéciles en question l’avaient poursuivie et agressée
(verbalement !). Je me suis mis à sa disposition pour la soutenir sielle va en justice.
 
Bref j’arrête là. Vous voyez, vous raisonnez dans les inexactitudes, les approximations, les procès d’intention. Comment voulez-vous débattre ?? ça n’est pas ça la République laïque…
 
Désolé.
 
Jean Glavany
La réponse étant, disons, peu amène, et surtout comportant des accusations désagréables, j'ai, comme il se doit, répliqué :
 
Monsieur le député,
 
Votre réponse, si elle me déçoit un peu, ne me surprend pas.
 
Elle reprend les ficelles de la rhétorique polémique les plus usées pour aboutir à une série d’allégations injurieuses que je ne peux que vous retourner.  Et rien, absolument rien sur le fond !
 
Or donc, quand M. le premier ministre,  plus de deux mois après, découvre que la Président et le rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité ont co-signé avec 78 autres, un texte appelant à l’unité, au surlendemain même des attentats, dont 2 ou 3 signataires participeraient d’un climat nauséabond (sic), quand il ajoute que cet observatoire dénature la réalité de cette laïcité, il fait preuve de la plus extrême modération. Et quand il allume cette polémique dans son propre camp, on se doit d’admirer cette superbe intelligence tactique. Et, tout ça, pour aboutir, au moment même où vous commettiez votre réquisitoire contre l’Observatoire, à se réconcilier – apparemment – avec le Président et le rapporteur général.
 
Vous parlez d’inexactitudes et d’approximations, cela devrait vous obliger à la plus grande rigueur. Or vous me prêtez un « rappeler le droit » que je ne trouve pas dans mon courriel. Dans l’anecdote du touitte – puisque vous me forcez à mettre les points sur les i – je ne prétendais pas faire une citation mais dire le fond de la polémique avec Mme Badinter ; l’Observatoire, comme vous le savez,  a remis sur les rails la laïcité, après les errements de la prétendue mission laïcité du HCI, avec la publication, notamment, dès 2013, de la  Charte de la laïcité à l’école, puis, en 2014, sa Note d’orientation de l’Observatoire de la laïcité, dans le droit fil de la conception libérale de la Loi de 1905. C’est donc non pas une citation mais une interprétation de ce touitte controversé que je me suis permis de donner.
 
La composition de l’Observatoire peut prêter à critique. Il n’en reste pas moins qu’un organisme qui a pour rôle de conseiller le gouvernement ne peut pas être aux ordres. Ou alors il est inutile. Les travaux de l’Observatoire, auxquels vous avez d’ailleurs pris part, démontrent que ce n’est pas le cas.
 
Là où on atteint le sublime dans l’accusation gratuite – mais qui n’a pour but que de faire diversion – c’est quand vous m’accusez de raconter « l’épisode de Latifa Ibn Ziaten» à l’Assemblée à ma manière ! Or je ne raconte rien : je renvoie à deux articles sur les faits eux-mêmes et sur le témoignage de la 1ère intéressée, Madame Latifa ibn Ziaten. En revanche je cite des propos prêtés à Madame Roudy, ex parlementaire, ancienne ministre, qui, à mon sens illustre bien une conception liberticide de la laïcité.
 
Que vous refusiez de débattre, j’en prends acte. Mais que vous me taxiez de falsifications, d’inexactitudes, d’approximations et de procès d’intention, pour conclure par un « ce n’est pas ça la République laïque » serait outrageant, si ce n’était pas ridicule.
 
J. F. Launay
 
PS Quant aux « Deux imbéciles inconnus de tous les socialistes dans la salle », permettez-moi de jouer les anciens combattants. Au lendemain du fameux Congrès de Metz, je me suis retrouvé, au titre du Courant C, membre d’une commission nationale éducation de notre beau parti, présidé par Loulou Mexandeau et Jean-Louis Piednoir, commission qui se réunissait dans une salle, en sous-sol, du Palais Bourbon. En cette époque lointaine, on n’entrait déjà pas à l’Assemblée nationale comme dans un moulin : invitation et identité étaient exigées. Je n’ai pas grand mérite à supposer qu’avec l’état d’urgence l’entrée est encore plus filtrée. Donc, soit les deux imbéciles ont des laissez-passer permanents soit ils avaient une invitation pour cette rencontre. Dans les deux cas, ils ne peuvent être inconnus.
Mme Latifa ibn Ziaten a reçu la Légion d'Honneur le 11/03/2016 !

Mme Latifa ibn Ziaten a reçu la Légion d'Honneur le 11/03/2016 !

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 20:31
WOERTH : un innocent aux mains pleines

Woerth recevant une ovation au congrès fondateur des Ripoublicains, quoi de plus normal ? Car derrière les titres de la presse de droite sur Woerth « blanchi » après le procès Bettencourt et ses vibrantes déclarations sur son honneur retrouvé, il faut rappeler que « la lecture (…) du jugement (…) est cependant de nature à refroidir son enthousiasme, le tribunal n’a visiblement pas cru un mot de sa version mais n’a pas trouvé suffisamment d’éléments probants pour le condamner. » comme le souligne F. Johannès.

Faut-il rappeler qu’au tout début de l’histoire quand, de privée, elle a pris un tour politique avec l’apparition des écoutes du Maître d’hôtel, Eric Woerth prétendait ne pas connaître de Maistre, enfin à peine, une vague relation ? Mais comme le rappelait L’Humanité, dans les enregistrements clandestins, réalisés par le majordome, le gestionnaire de fortune de Maistre évoque, s’adressant à Madame Bettencourt, son « ami Éric Woerth », un homme « très sympathique » qui « en plus s’occupe de vos impôts »*.

   Quelques semaines après leurs premiers rendez-vous, le 12 mars 2007, Éric Woerth envoie, sur du papier à en-tête de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, et en tant que « trésorier », un courrier informant du « souhait » de Patrice de Maistre de se voir « décoré de la Légion d’honneur ». Une note manuscrite montre qu’il ne s’agit pas d’un courrier standard : « Ce serait bien daccéder à cette demande. Je ten reparle. » Le 15 mars 2007, Patrice de Maistre rencontre Florence Woerth, banquière spécialisée dans la gestion de patrimoine. En juillet, le gestionnaire de fortune est élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur. En septembre, Florence Woerth sera embauchée chez Clymène, société de gestion de la fortune de Mme Bettencourt, à un salaire nettement supérieur (140 000 euros de fixe, 60 000 euros de bonus et une voiture de fonction) à celui affiché par le cabinet chargé, au départ, du recrutement.

Atypique ? vous avez dit atypique ?

Sur cette accusation de « trafic d’influence », les juges stigmatisent tout à la fois l’embauche « totalement atypique » de Florence Woerth au service de Liliane Bettencourt et la procédure de remise de la Légion d’honneur à Patrice de Maistre. « Il est établi qu’Eric Woerth est bien à l’initiative de la demande de légion d’honneur pour Patrice de Maistre, dans des conditions totalement atypiques ». Woerth « a profité de sa qualité de trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy pour favoriser l’obtention de la légion d’honneur par Patrice de Maistre » et il est intervenu « non pas en sa qualité de député de l’Oise et en raison de la carrière de Patrice de Maistre mais bien en raison de l’attitude de ce dernier pendant la campagne ».

Mais même « s’il est certain qu’il peut exister un intérêt personnel pour Patrice de Maistre de recruter Florence Woerth », la femme du ministre, dans le but de lui « rendre service », « il n’est pas démontré l’existence d’un pacte de corruption dont la contrepartie serait l’emploi de Florence Woerth ».

Comme quoi, dans certains cas, le doute, si mince soit-il, peut profiter à l’accusé.

Concomitance n’est pas causalité

Comment a-t-on pu oser soupçonner le distingué Eric Woerth d’abus de faiblesse ?

A vrai dire personne, mais en revanche d’avoir contribué – c’est le mot – au financement illicite de la campagne électorale de Sarkozy dont il était le trésorier, si ! Mais, ouf ! la Justice dit qu’il n’en est rien.

Quoique… « Il existe donc une forte suspicion de remise d'argent des fonds Bettencourt » ont conclu les juges.

 

"Il ressort des agendas saisis qu'une rencontre est intervenue entre Eric Woerth et Patrice de Maistre le 13 septembre 2006 (…) pour présenter les maximas légaux pour le financement par un particulier d'un parti politique. Il est pour le moins étrange que Patrice de Maistre ait eu besoin de rencontrer le trésorier de l'UMP en personne pour recueillir cette information qu'il était loisible de trouver sur un site internet". Ils écrivent aussi qu' "il est constant que les deux rencontres entre Patrice de Maistre et Eric Woerth, à une période où ce dernier était très occupé par l'organisation de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, sont intervenues [à des dates] qui peuvent corroborer les déclarations de Claire Thibout**". La comptable de Liliane Bettencourt a toujours soutenu que Patrice Maistre lui avait réclamé, en 2007, 150 000 euros pour Eric Woerth, elle ne lui en avait remis que 50 000 euros dans une enveloppe kraft. L’homme de confiance de la vieille dame en avait ajouté 100 000 en lui disant, « comme quoi, c’est bien pratique d’avoir des comptes en Suisse ». "Il existe donc une forte suspicion de remise d'argent des fonds Bettencourt sans que la démonstration de la remise ne soit totalement acquise. Il importe peu que la destination finale des sommes remises ne soit pas en l'état connue. Il n'est pas démontré qu'Eric Woerth avait connaissance de l'origine illicite de cette somme ou de ces sommes." "Si la juridiction voulait retenir le délit d'abus de faiblesse, il faudrait démontrer la connaissance par Eric Woerth de la particulière vulnérabilité de Liliane Bettencourt. [Or,] il est nullement rapporté qu'il l'ait rencontrée avant janvier 2008 (…) Ainsi, il n'est pas démontré qu'Eric Woerth a eu connaissance de l'état de particulière vulnérabilité de l'intéressée".

Les juges soulignent par ailleurs qu'il n'est pas possible de retenir le délit de recel de blanchiment de fraude fiscale. La bonne qualification, si délit il y a, serait "recel de financement illicite de parti politique". Car le tribunal a « la conviction de la réalité de cette remise d’argent à Patrice de Maistre » et estime qu’« une telle opération financière est contraire au financement légal d’une campagne électorale ». Mais l’ancien ministre du budget a obtenu un non-lieu définitif en 2013 sur le financement illicite de parti politique.

"Dès lors, envisager une telle requalification n'est pas juridiquement possible".

On constate que le blanchiment relève d’un léger ravalement et qu’il y a très peu de justiciables qui, accablés d’un tel faisceau d’indices concordants, s’en seraient tirés à si bon compte. Un jugement atypique donc où la défense a pu faire valoir que concomitance(s) n’est pas synonyme de causalité et où la présomption d’innocence, faute de preuve formelle absolue, a été scrupuleusement respectée.

 

 

* Assez bien d’ailleurs, puisque Bercy ne faisait pas preuve d’un acharnement fiscal à l’encontre de l’héritière de l’Oréal. Héritière qui possédait un compte à Genève avec 12 ou 13 millions d’euros et un deuxième à Vevey avec 65 millions. Les enregistrements clandestins de l’ancien majordome de Mme Bettencourt montrent que ces deux comptes n’ont pas été déclarés au fisc et que son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre en aurait transféré une partie hors de Suisse en raison des pressions de la France sur la Suisse pour lever le secret bancaire. Enfin, La Tribune de Genève cite une source anonyme qui évoque un troisième compte.

 

** Claire Thibout, la comptable, qui, heureux hasard, a fait elle-même l’objet d’une mise en examen par un juge d’instruction que Sarkozy ne soupçonnera pas d’être un juge rouge !

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 16:23
Après PODEMOS, CIUDADANOS

PODEMOS après un coup de mou reprend la tête au sondage de janvier 2015. Mais un nouveau venu CIUDADANOS – CITOYENS-Parti de la citoyenneté  – apparaît en 4e position. Et son leader, Albert Rivera, est le seul politique espagnol à recueillir plus d’appréciations positives que négatives.

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Le Parti de la citoyenneté est apparu en 2006, mais essentiellement en Catalogne. Comme son nom l’indique, il veut une démocratie de citoyens et non de territoires. Son leader Albert Rivera– élu à sa tête par le hasard d’une liste en ordre alphabétique de prénoms prétend un chroniqueur politique – va prendre la tête de liste aux élections catalanes, contre le statut d’autonomie et pour le bilinguisme. 

Son affiche est des plus dépouillées et dit bien la philosophie de son parti : seules nous importent les personnes et non où elles sont nées, la langue qu’elles parlent, les sous-vêtements qu’elles portent !  Ciutadans-Partit de la Ciutadania en Catalan va faire 3% aux élections de la Généralité de Catalogne en 2006 mais 7,6 % en 2012.

Aux Européennes de 2014, ils font 3% (2 élus) quand PODEMOS en faisait 8% (5 élus).  Les voir surgir dans le sondage de Janvier 2015 à 8 %, en 4e position, devant la Gauche Unie (Izquierda Unida, IU) et  Union, Progrès et Démocratie (UPyD) est inattendu. D’autant qu’Albert Rivera, Président de Ciudadanos, est le seul leader politique à afficher un solde positif d’approbation +5 (il est vrai qu’il n’est connu que par 58 % des sondés). Il fait la quasi unanimité dans son parti (+92). Alors que Pablo Iglesias, leader de PODEMOS, connu de presque tous, voit sa cote de confiance devenir négative -13 et s’effriter dans son propre parti (+73).

Après PODEMOS, CIUDADANOS

CIUDADANOS : motivations du choix

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Intentions de votes Janvier 2015

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Réponses spontanées sur les intentions de vote

Le PSOE, qui avait connu un sursaut en décembre retrouvant presque son score des élections générales de 2011, perd plus de 4 points et régresse en 2e position. En revanche, le tassement connu en décembre par PODEMOS – contre-coup peut-être de sa structuration en parti politique – reprend la tête des sondages. Le PP, plombé par les affaires, après la chute brutale de Novembre, se tasse encore un peu.  L’émergence de Ciudadanos, parti laïque de centre-gauche, semble se faire sur le dos des partis autonomistes et du vote blanc, puisque, à peu de choses près, le total IU/ICV+UPyD est le même d’un mois à l’autre.

Le bipartisme, sur lequel a reposé la transition démocratique puis la consolidation de ce régime, semble mort, dans l’état actuel des choses. Le total des intentions de votes PSOE+PP n’atteint même pas le score du seul PP en 2011. Mais PODEMOS, même avec des alliés comme IU/ICV ou C’s n’aurait pas non plus une majorité. Et, il cristallise plus un électorat protestataire que d’adhésion.

A noter que nos sondeurs ibériques donnent les intentions de vote spontanés (ce qu’à ma connaissance ne font pas nos sondeurs hexagonaux) : la cuisine permettant de passer de ces intentions brutes aux estimations est expliquée dans PODEMOS renversera-t-il l’échiquier politique espagnol ?

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Un peu moins de pessimisme qu'en janvier 2014...

79% des espagnols – soit 10 points de moins qu’en janvier 2014 – pensent que la situation économique de l’Espagne sera encore pire cette année. Même les électeurs potentiels du PP sont 51% à partager ce pronostic négatif.  Se dessine aussi une répartition entre les ultra-pessimistes (IU à 94 et Podemos à 91%) et les pessimistes plus modérés (C’s à 74 et UPyD à 76%) le PSOE à 82% se situant entre les deux.

 

En revanche, s’agissant de leur situation personnelle les estimations connaissent une inflexion positive, modérée mais claire. Ils ne sont plus que 5%, contre 11 un an avant, à craindre le pire. Plus de la moitié à penser qu’elle sera stable et même 3% de plus à penser qu’elle va s’améliorer. Les plus optimistes sont bien sûr PP, mais aussi, plus inattendus, uPyD  (50%). Les plus nombreux à penser que la situation sera équivalente (78%) sont à IU (il est vrai qu’à un certain stade, ça peut difficilement être pire).

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Solde des opinions positives et négatives

Sur le plan des opinions positives, le seul  à tirer son épingle du jeu est le roi Felipe VI, avec un solde positif de +57 et dans tous les électorats, des moins monarchistes IU avec +8 aux +88 du PP, on trouve Podemos à +31, PSOE +75, UPyD +76 (à noter une inversion sur le tableau du bas entre IU et UPyD), Ciudadanos +85 !

 

On l’a vu, de tous les leaders de partis, seul celui de Ciudadanos, Albert Rivera, a un solde légérement positif (+5) et c’est aussi celui qui obtient le score le plus positif chez ses potentiels électeurs (+92). Pablo Iglesias qui était le seul légèrement positif en Novembre 2014 (+1), passe en solde négatif (-13) ; chez les électeurs potentiels, il perd aussi 15 points passant de + 87 en novembre 2014 à +72. Pedro Sanchez ne décolle pas (-16), même s’il gagne un peu en crédibilité dans l’électorat potentiel du PSOE (+56 contre +40 en novembre 2014). Si Rajoy est la lanterne rouge avec -50, il améliore son score global (-63 en novembre) et retrouve du crédit au PP passant de +49 en novembre à  +70.

 

NB Juantxo Lopez de Uralde qui apparaît dans ce classement, un quasi inconnu même des espagnols (10%), est le leader d’un nouveau parti Vert (l’autre ICV est allié à IU).

Après PODEMOS, CIUDADANOS

PODEMOS : d'où viennent les électeurs potentiels de ce nouveau parti ?

Après PODEMOS, CIUDADANOS

PODEMOS : un électorat potentiel moins à gauche que son parti ?

D’après El País, les électeurs potentiels de PODEMOS sont majoritairement masculins, avec un travail, un niveau d’études au moins du second degré et résident, toujours majoritairement, dans des villes de moins de 100 000 habitants. Ils appartiennent à la classe moyenne, et comme ceux d’IU, ils se déclarent non pratiquants, agnostiques ou athées. Leur âge moyen est de 43 ans, seuls les électeurs d’UPyD sont plus jeunes, 40 ans.

 

Sur une échelle qui va de 0=extrême-gauche à 10=extrême-droite, ils se positionnent à 3,9, mais ils perçoivent PODEMOS comme étant plus à gauche qu'eux à 2,8. Ils sont finalement assez proches des électeurs PSOE qui se positionnent eux, en moyenne à  4,2.

Il est vrai que l’électorat potentiel de PODEMOS provient pour un tiers du PSOE+UPyD, donc d’électeurs socialistes ou sociaux-démocrates. Seuls 7% de ces électeurs se définissent comme d’extrême-gauche ou communistes, bien que 16% votèrent IU en 2011.

Après PODEMOS, CIUDADANOS

PODEMOS : motivations des électeurs

La principale motivation du choix des sondés en faveur de PODEMOS reste la déception, le désenchantement à l’encontre du PP et du PSOE.

Cependant l’adhésion aux idées progresse un peu. Et la crédibilté de PODEMOS, la conviction qu’il est une solution fiable pour prendre les rênes du pays, a nettement progressé. Cependant, ce qui prédomine c’est la volonté – apparue dans des sondages antérieurs à l’entrée en lice de PODEMOS – de mettre fin au bipartisme PP/PSOE, jugé responsable de la mauvaise gestion économique et de la corruption. Cette volonté de mettre à bas le bipartisme, transversale, explique sans doute l’émergence de Ciudadanos, attirant un électorat plus modéré. Mais se greffe aussi la question des nationalités et des autonomies….

Difficile, pour qui ne possède pas la langue de Cervantes, de cerner qu’elle est l’idéologie exacte des dirigeants de PODEMOS, idéologie nourrie au lait du bolivarisme à la Chavez, voire du castrisme. Et malgré sa sympathique cola de toréador, la manière dont Iglesias a façonné l’équipe dirigeante de PODEMOS, quasi à son image, peut inquièter.

Cependant, PODEMOS, ne semble pas être une étoile filante : de sondages en sondages, après sa fulgurante apparition aux Européennes, le parti naissant confirme son bon quart d’attractivité. Les experts en sciences politiques qui le dirigent ne peuvent ignorer que se placer à l’extrême-gauche de l’échiquier ferait échouer leur géniale opération.

 

Reste que la fin du bipartisme ne peut qu’obliger à des alliances. Donc à des compromis. Donc à retrouver un peu l’esprit de la transition…

 

Notons une fois encore que mes enquêtes d'opinion espagnoles semblent plus fouillées que celles commandées par la presse française.

Manif du 31-01-2015 Cibeles
Manif du 31-01-2015 Cibeles

Manifestation du 31 janvier 2015 : la Puerta del Sol

En complément :

 

Espagne. Le Podemos de la droite

—José Luis Barbería

Publié le 2 mars 2015 dans El País (extraits) Madrid

Source : Courrier International

 

Le Parti de la citoyenneté, à l’origine catalan, veut lui aussi casser le bipartisme.

 “Je suis un citoyen !” “Voilà qu’il est repris par sa folie des grandeurs.”– Dessin d’El Roto paru dans El PaÍs, Madrid.

 

"Rien ne peut arrêter une idée dont le tour est venu”, doit se répéter le président de Ciudadanos-Partido de la ciudadanía [Citoyens-Parti de la citoyenneté], Albert Rivera. Cette citation de Victor Hugo expliquerait en effet l’ascension fulgurante d’une formation qui, en seulement deux mois, a progressé de huit points dans les sondages pour se situer entre 12 et 14 % des intentions de vote (sondage de février).

 

Même si la terre tremble encore, si l’échiquier politique continue de bouger et si tout est encore possible, force est de constater qu’au centre a surgi un nouveau parti doté d’une identité propre, capable d’ébranler le PP [Parti populaire, au pouvoir, conservateur], de conquérir le vote abstentionniste et d’attirer l’électeur de gauche. Ciudadanos (ou C’s) aurait-il le cœur à gauche et la tête à droite ?

 

Comme Podemos, qui a réussi à rallier (ou déstabiliser) les formations situées à la gauche du PSOE [Parti socialiste ouvrier espagnol], Ciudadanos a absorbé le Centre démocrate libéral [centre droit] et débordé jusqu’à Union, progrès et démocratie [UPyD, centre gauche], qui sillonne les mêmes territoires idéologiques. Podemos et Ciudadanos partagent la même ascension, nourrie au même combustible : la corruption politique, les coupes budgétaires dans les services publics et la colonisation partisane des institutions.

 

Mais la comparaison s’arrête là : ces deux mouvements différents suivent des trajectoires parallèles. Même s’il ne manque pas de militants se disant de gauche, Ciudadanos, qui se définit toujours comme un parti de centre gauche, se veut cependant surtout nouveau et novateur. Le parti refuse ainsi les étiquettes gauche-droite et revendique son caractère progressiste et laïc, par opposition à la droite traditionnelle espagnole. “Nous sommes un parti laïc, partisan d’une très nette séparation de l’Eglise et de l’Etat. Je suis favorable à ce que l’Eglise paye [l’impôt sur les biens immobiliers]. La religion est une affaire privée, tout comme les questions d’avortement et d’euthanasie”, souligne David Lopera, 40 ans, coordinateur de C’s à Xátiva (dans la région de Valence).

 

Cette armée de militants bénévoles qui émerge de la faille engendrée au centre se démarque politiquement de Podemos, même si ces deux phénomènes brandissent le même drapeau du changement, veulent modifier l’état des choses et renverser l’ordre établi. A cette différence près que le militant de C’s qui aujourd’hui se lance en politique, dans la majorité des cas pour la première fois, n’est pas une victime de la crise. Il a certes vu se détériorer ses conditions de vie et se sent floué par le gouvernement et sa gestion de la crise, mais il a un travail et une situation correcte.

 

Son comportement n’est donc ni réactif ni un vote sanction, mais bien une adhésion à une idéologie qui lui convient. De profil modéré, il croit en l’économie de marché, ou du moins l’accepte comme inévitable, et est partisan d’un changement en douceur par le biais du consensus et de la réforme. Disons que son esprit contestataire et son appétit révolutionnaire se limitent au renouvellement de la vie politique, des structures et institutions du pays. L’électeur type de C’s vit en ville, a fait des études universitaires et a entre 25 et 54 ans.

 

Sans préjugés.

Ciudadanos serait-il alors un Podemos de droite ? Toutes les personnes interrogées refusent ce raccourci, même si les sondages montrent que C’s est en augmentation auprès des électeurs de centre droit. Et si dans l’ensemble de l’Espagne le parti est perçu comme centriste, une grande partie des Catalans le classent à l’extrême droite. Il faut dire que pour le nationalisme catalan, comme pour son homologue basque, tous les compatriotes qui s’opposent directement à leurs desseins sont invariablement marqués du sceau de l’infamie du radicalisme. “Si vous ne faites pas de politique, d’autres en feront à votre place. Rejoignez-nous, mais laissez vos préjugés à la maison”, a lancé Albert Rivera au moment de la création du parti à Barcelone, il y a huit ans, en opposition au nationalisme catalan. Le parti avait alors décidé de passer à la vitesse supérieure en choisissant d’essaimer à l’échelle nationale.

 

Tournée de demis.

Cadres et techniciens supérieurs, chefs d’entreprise, étudiants, employés du secteur des services et dirigeants ont tous accepté le message et, portés par la volonté de changer les choses, ont fondé les premiers groupes destinés à propager la parole et le franc-parler de ce jeune dirigeant, séduisant trentenaire aux allures de gendre idéal, encore inconnu d’un tiers des Espagnols. Quelques mois plus tard, l’espoir de départ s’est transformé en enthousiasme avec même, aujourd’hui, une pointe d’euphorie à peine contenue dans les réunions, qui, à défaut de siège officiel, ont lieu dans des bars ou des locaux publics. Depuis que les sondages sont à la hausse, les réunions politiques informelles où le café est souvent remplacé par une tournée de demis se multiplient un peu partout dans les villes, tout comme le nombre des militants : plus de 22 000 déjà à Madrid, presque autant qu’en Catalogne.

 

Comme à l’époque pour l’UPyD et également pour Podemos, les responsables de ces groupes ont la lourde tâche de repérer les opportunistes et les arrivistes soucieux de prendre la “bonne vague” politique du moment pour tâter un peu du pouvoir et obtenir un poste rémunéré. Une bonne partie des électeurs de Ciudadanos viennent du PP (près de 38 %) et le reste vient des abstentionnistes, des nouveaux électeurs, du PSOE et de l’UPyD. Jusqu’à présent Ciudadanos recrutait surtout dans les villes, notamment dans les agglomérations urbaines de plus de 400 000 habitants.

 

Et si les ouvriers et les agriculteurs ne figurent pratiquement pas dans les profils repérés par les sondages, on voit peu à peu apparaître sur le réseau de Ciudadanos (Internet et les réseaux sociaux tiennent lieu de siège officiel du parti) des gens qui se connectent depuis les zones rurales. Sur le terrain des rêves et de l’espoir, Ciudadanos est en concurrence directe avec Podemos. Tous deux se reconnaissent dans la critique du bipartisme et dans la mission de régénérer et assainir le système, mais leur idéologie et leur programme sont très différents. “Podemos est un parti jeune avec des idées de vieux. Si leur modèle est le Venezuela, le nôtre serait le Danemark : un Etat providence compatible avec une économie de marché, mais suffisamment fort pour fournir les services basiques sans asphyxier l’économie”, assène Jésús de Lózar, 62 ans, économiste.

 

Tant que les convulsions tectoniques secouent la politique espagnole, rien n’est stable et rien n’est définitif. Les répliques et les contre-répliques se succèdent. Et au centre, 3 ou 4 millions d’électeurs indécis peuvent toujours faire pencher la balance en faveur des conservateurs du PP ou des sociaux-démocrates du PSOE.

 

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 15:04
Immigration : le discours de Hollande occulté

Non à la France 'en petit', la France 'du dépit', la France 'du repli'.

 

Pour ceux qui, reprenant d’ailleurs un slogan du F-Haine, parlent d’UMPS, le discours de F. Hollande à la Cité de l’Immigration, le 15 décembre 2014 est une réponse nette. Loin du discours de Sarkozy qui, braconnant sur les terres de Marine Le Pen, fait de l’immigration un fonds de commerce politique pour alimenter les peurs, loin des élucubrations zemmouriennes, le Président de la République a rappelé que des générations d’immigrés ont fait le visage de la France et que la France est un pays qui ne conçoit son destin que dans l’ouverture. La lutte contre les vents mauvais de la xénophobie et du racisme qui soufflent sur l’Europe n’est certes pas le monopole de la gauche mais on ne peut se dire de gauche si on ne fait pas de cette lutte son combat.

 

Ce discours n’a eu qu’un écho très (trop) limité. Les extraits qui suivent résultent d’un choix arbitraire, mais vous pouvez lire ou écouter son intégralité.

  La vocation de votre musée est de montrer le processus continu par lequel la Nation a intégré les populations d’origine étrangère et a su préserver son unité tout en reconnaissant la diversité des origines et des cultures.

 

La France est un vieux pays d’immigration

 

La France est un vieux pays d’immigration, l’un des plus vieux pays d’immigration d’Europe. Commencée dès la deuxième moitié du XIXème siècle pour répondre aux besoins de ce qu’on appelait la première révolution industrielle, l’immigration s’est poursuivie tout au long du XXème siècle et s’est amplifiée avec la reconstruction du pays après la guerre, avec la décolonisation et enfin avec la mondialisation. Aujourd’hui un Français sur quatre a au moins un grand parent étranger.

 

L’immigration fut à la fois le produit de nos propres nécessités, de nos propres besoins, j’entends par là ceux de la France, et en même temps des convulsions de l’Histoire, qui ont fait que des femmes et des hommes sont partis de très loin pour venir s’établir ici.

 

Les premiers vinrent de tout près, ce furent les Belges, dans l’industrie textile du nord. Puis les Italiens dans l’industrie lourde de l’Est, les Polonais dans les mines. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les Espagnols, les Portugais, les Maghrébins, les Africains, qui contribuèrent à leur façon à la reconstruction du pays, à sa croissance à ce qu’on a appelé les trente glorieuses. Au bout de 30 ans après la guerre, on a estimé que ces forces-là auront construit l’équivalent d’un logement sur deux, d’une machine sur sept, et de 90% des autoroutes de notre pays.

Enfin la décolonisation poussa des populations jusque-là intimement liées à la France à venir y travailler. Ces populations venaient de cette Afrique, de ce Maghreb, et considéraient qu’elles avaient le droit de venir, ici. Elles avaient le droit parce que l’histoire leur rappelait le rôle qui avait été celui des plus anciens, ce qu’on appelait les « troupes coloniales », et qui étaient venues sauver la France. Ces troupes venaient de partout. Parmi les « Poilus » de 14-18, on comptait ainsi 180.000 Algériens, 60.000 Tunisiens, 37.000 Marocains, 134.000 soldats d’Afrique noire, 34.000 Malgaches. C’était l’empire qui était venu sauver la France.

 

Comment oublier 30 ans après, les 100.000 soldats africains de l’Armée de De LATTRE, qui accomplirent le débarquement de Provence, les tirailleurs sénégalais, les goumiers, les tabors, les spahis, les zouaves. Comment oublier les résistants de la MOI (Main d’Œuvre Immigrée), juifs, arméniens, les martyrs de l’affiche rouge chantés par Aragon.

 

La peur sciemment installée d’une religion, l’Islam

 

La présence de personnes étrangères a toujours suscité à toutes les époques de l’inquiétude, de la peur, de l’appréhension, surtout quand aux différences de langue, de culture, s’ajoutent des différences de couleur et de religion. Il y a toujours eu des démagogues, pour les attiser, pour utiliser les manquements aux règles communes - qu’il faut déplorer, pour justifier le rejet et démontrer qu’il y en a qui ne s’assimileront jamais.

 

Dès août 1893, à Aigues-Mortes, des Français excités par d’absurdes rumeurs, avaient massacré des travailleurs italiens, parce qu’ils venaient prendre des emplois, occuper des villages et finalement mettre en cause les équilibres de telle ou telle famille. Puis la boue antisémite s’est déversée lors de l’affaire DREYFUS.

 

   Les étrangers sont toujours accusés des mêmes maux : venir prendre l’emploi des Français, bénéficier d’avantages sociaux indus quand bien même les études les plus sérieuses montrent qu’ils contribuent davantage aux comptes sociaux qu’ils n’en bénéficient.

 

Ce sont toujours les mêmes préjugés, les mêmes suspicions qui sont invariablement colportés. Mais le fait nouveau, et nous devons le regarder en face, c’est la pénétration de ces thèses dans un contexte de crise… C’est la peur aussi sciemment installée d’une religion, l’Islam, qui de façon inacceptable est présentée par certains comme incompatible avec la République, alors que la République a toujours respecté les religions, et que les religions ont toujours été capables de comprendre les valeurs qui devaient être respectées.

 

Le fait nouveau, c’est que ces vents mauvais soufflent de plus en plus, et pas seulement en France, partout en Europe.

 

Les enfants des immigrés dépeints comme inassimilables hier, sont devenus des patriotes sans avoir jamais à renier leurs origines. Parce que depuis 150 ans, la République n’est pas liée aux origines, c’est l’adhésion à un projet commun.

 

La Laïcité

 

La laïcité n’est ni la lutte contre la religion, contre une religion. La laïcité n’est pas la suspicion non plus à l’égard de telle ou telle communauté. La laïcité est une école de respect, de la règle commune, une reconnaissance de la liberté de croire ou de ne pas croire.

La France ne peut tolérer qu’un citoyen soit agressé pour sa religion, sa couleur de peau, ses origines.

 

[Il y a] ceux qui rêvent d’une France en petit, d’une France de dépit, d’une France en repli, bref d’une France qui ne serait plus la France.

 

 

La France est un pays qui porte plus qu’une histoire mais une ambition, qui ne conçoit son destin que dans l’ouverture.

 

Schengen

 

Notre frontière, c’est Schengen. Cet accord est né de la volonté de remplacer des contrôles aux frontières nationales qui n’avaient plus d’efficacité par des coopérations uniques et sans précédent en termes de liberté, de sécurité et de justice. Et on voudrait faire éclater Schengen ?

Mais cela serait reculer, aboutir à rétablir des frontières, pays par pays.

 

 

Depuis 10 ans, notre pays accueille environ 200 000 personnes par an, soit la proportion la plus faible d’Europe, rapportée, bien sûr, à notre propre population.

90 000 viennent au titre de l’immigration familiale

60 000 autres arrivent chaque année comme étudiants. Que serait la France dans 20 ou 30 ans si elle ne les accueillait plus alors que le nombre d’étudiants dans le monde va doubler d’ici 2020 ?

Puis, pour arriver aux 200 000, il y a l’asile, c’est-à-dire un droit constitutionnel qui fait partie de l’identité même de la France.

 

Titre de séjour

A quoi sert-il de faire subir à des étrangers en situation régulière une attente interminable devant les Préfectures, les Sous-préfectures, pour le renouvellement de leur titre de séjour, comme pour bien les punir de ce qu’ils viennent réclamer : un titre de séjour. Ils l’ont déjà, c’est juste pour le renouvellement.

 

Droit de vote aux élections locales

Beaucoup d’étrangers, ce ne sont plus les mêmes, sont là depuis des décennies. C’est cette situation d’étranger depuis longtemps en France qui a justifié la revendication de leur ouvrir le droit de vote aux élections locales. Rien ne peut se faire sans une révision de la Constitution, ce qui suppose, dans notre droit, une majorité des 3/5ème au Parlement. C’est-à-dire l’accord de toutes les forces républicaines. J’y suis pour ma part favorable, à elles de prendre leur responsabilité.

 

 

[Ce] musée a l’immense mérite de donner à des générations d’immigrés la place qui doit leur revenir et de nous faire comprendre qu’ils ont fait le visage de la France.

 

Un visage qui a la couleur de la République. Celle qui unit, rassemble et fédère.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 18:07
ZEP-REP : colère et oeillères à la Nouvelle édition

La nouvelle édition (Canal +) s’est livrée à une drôle d’opération en accueillant une prof et une mère d’élève d’un collège de Clichy-la-Garenne. Non pas qu’il soit scandaleux de leur part de protester contre le déclassement de leur collège. Mais parce que, outre une séquestration du principal filmée dans des conditions humiliantes, la séquence fut totalement à charge, le présentateur en rajoutant dans les accusations contre la Ministre de l’Education Nationale.

http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/c-la-nouvelle-edition/pid6850-la-nouvelle-edition.html?vid=1184952

Le collège Jean Macé a donc eu les honneurs de La nouvelle édition le mercredi 17/12/2014 pour illustrer la réforme de l’éducation prioritaire lancée par la Ministre de l’Education nationale. Sorti de la carte, on peut comprendre que ses représentantes – une prof de lettres et une mère d’élève – soient mécontentes. On peut comprendre aussi qu’elles ne soient pas toujours d’une parfaite objectivité. On comprend moins bien qu’apparemment Ali Badou n’ait pas bénéficié d’une fiche un peu plus fournie. Et que, dans son style de prédilection de l’étonnement indigné – mais comment se fait-ce qu’alors que la ministre promet plus de moyens elle vous en enlève ? demande-t-il en substance – il donne dans le Najat-bashing.

Et surtout, l’équipe de l’émission a pu regarder sans broncher une assez pénible séquence où l’on voit le principal filmé, séquestré dans son bureau, dans une position humiliante. Séquence largement attentatoire à sa dignité. Diffusée sur les réseaux sociaux. Complaisamment reprise par les chaînes d’infos en continu (BFM, I-Télé) mais filmée par les enseignants geôliers d'une nuit eux-mêmes.

 

NB La photo est tirée d'un touitte @Maceendanger, le principal est donc filmé dans une position inférieure sur un lit de fortune avec trois preneurs d'images et de son qui le dominent.

Un principal ou un proviseur, même s’il est parfois ainsi nommé affectueusement ou ironiquement par les personnels de son établissement, n’a rien à voir avec un patron d’entreprise. Il n’a évidemment aucun pouvoir de licencier qui que ce soit. Il n’a même pas de véritable autorité statutaire sur les professeurs : ce qui se passe en classe n’est, en principe, que de la compétence des inspecteurs qui ne viennent que très rarement et en avertissant une semaine avant. Il est d’ailleurs au premier chef concerné par le volume d’heures – la dotation horaire globale DHG – attribué au collège ou au lycée qu’il dirige.

Les personnels qui ont séquestré ce principal se la sont jouée cégétistes de Goodyear, mais là ce n’est ni la boîte qui va fermer ni leur emploi qu’ils risquent de perdre. Un plagiat infantile d’une pratique déjà contestable. Avec pratiquement aucun risque de poursuites que le Recteur se gardera bien d’engager.

Mais l’essentiel n’est-ce pas est que ça bouzze. Splash !

ZEP-REP : colère et oeillères à la Nouvelle édition

DONNER PLUS Á CEUX QUI ONT MOINS

 

 « Donner plus à ceux qui sont défavorisés pour rétablir l’égalité réelle » c’est le principe de base de cette éducation prioritaire lancée dès son arrivée à l’éducation nationale par Alain Savary*.

Plus de trente ans après, il reste malheureusement toujours d’actualité, puisque d’enquête PISA en enquête PISA, Le poids du déterminisme social est en France loin de diminuer se creuse. Le bilan des ZEP n’est donc pas a priori très satisfaisant. A cela, on peut rétorquer que le « plus » n’est pas suffisant et surtout que les enseignants qui y sont affectés sont pour beaucoup débutants à cause d’un fort turnover. La carte des ZEP s’est agrandie en 1989-90, sans qu’on touche aux ZEP lancées en 1982 et depuis les modifications ne se sont faites qu’à la marge (ou dans une complète dérive avec les « internats d’excellence »). D’où la décision de remettre tout à plat. Des critères objectifs, des moyens renforcés, une attractivité des postes (primes, mais surtout avancement) améliorée pour stabiliser les équipes…  

 

Premier critère donc les catégories socio-professionnelles des parents : la parente rétorque que, certes la zone de recrutement n’est pas formée que de CSP défavorisées, mais les CSP + désertent le collège public pour le privé (ou, ce qu’elle n’ose dire, les dérogations). Le second est la proportion de boursiers : là elle objecte que des familles éligibles aux bourses, faute d’information, ne remplissent pas les dossiers. Là, l’objection est fragile car il est peu probable que ce phénomène, pour autant qu’il soit significatif, ne touche pas des familles d’autres secteurs.

Copie d'écran

Copie d'écran

Mais sur le troisième critère évoqué par A. Badou, la part d’élèves entrant en 6e avec un an de retard ou plus, la prof s’est lancée dans une diatribe sur les redoublements qu’on interdisait pour raisons d’économies, allant jusqu’à oser dire « J’ai claqué la porte du conseil de classe ! » à cause de cela, démontrant sa méconnaissance totale de l’inutilité globale des redoublements et une conception des plus singulières de ses obligations professionnelles. Comme porte-parole, ses collègues ne pouvaient rêver pire.

 

Personne n’a réagi sur le plateau. Bien qu’en fait l’enseignante n’ait pas répondu sur ce critère (il ne s’agit pas des redoublements en 6e,mais avant). Et la fiche de l’animateur ne devait pas indiquer que la France, bien que battant des records de redoublements parmi les pays de l’OCDE (PISA 2009 : 39% de redoublants à 15 ans, contre 13 % en moyenne des pays concernés) est à un rang très médiocre dans ses résultats.

 

On a eu droit pour conclure, avec le ricanement approbateur d’A. Badou, à l’invitation à la Ministre de prendre ses classes une journée. Car les ministres, c’est bien connu, ne connaissent rien à la réalité du terrain. La prof nous a même appris qu’un collège de Clichy qui, lui, venait de bénéficier** du classement REP, soutenait leur action. Et pour conclure, une petite observation sournoise du présentateur sur l’habileté de la Ministre qui annonce ces décisions « à la veille de vacances ».

 

Répétons-le, il n’est pas étonnant ni scandaleux que les établissements sortis de la liste des prioritaires ne l’acceptent pas de gaieté de cœur. Il n’est cependant pas sûr que celui qui était invité ne le fût pas pour de très mauvaise raisons. Et il est sûr que le téléspectateur, peu au fait, des décisions prises pour la réussite des élèves, en auront une image négative. D’autant plus qu’elles n’ont jamais été présentées.

 

Rappelons d’abord que les établissements qui ne relèveront plus de l’éducation prioritaire bénéficient d’une clause de sauvegarde : pendant trois ans, les enseignants verront leur régime indemnitaire spécifique maintenu. La remise à plat, après plus de 30 ans, n’est a priori pas scandaleuse. D’autant qu’elle repose sur quatre critères relativement objectifs. Qu’elle apporte un plus en moyens notamment pour la concertation des équipes d’enseignants. Avec un coup de pouce aux primes et le maintien d’avantages en avancement. Et ces REP ne sont qu’un élément de nouveaux critères d’attribution des moyens non plus seulement au nombre d’élèves mais aussi en intégrant le revenu des familles et les caractéristiques des territoires. Par exemple, l’académie de Lille dont les effectifs en primaire vont baisser aurait dû perdre 20 postes, avec ces nouveaux critères elle en gagnera une centaine !

 

Toutes les revendications ne sont pas légitimes, et même si elles l’étaient, La nouvelle édition, en l’occurrence, a failli à l’honnêteté intellectuelle en ne les situant pas dans un contexte de moyens globalement accrus pour l’école. En n'instruisant qu'à charge le procès de la Ministre de l'Education Nationale.

* Alain Savary, dont le nom rime avec Ferry, fut sans doute un des plus grands ministres de l’éducation nationale de la Ve République. Mais il fut victime de la bêtise et de la lâcheté.

Chargé par Mitterrand de créer un service public laïque de l’enseignement englobant l’école privée, par la négociation, il arrivera à un compromis accepté par ses interlocuteurs de l’enseignement confessionnel. Compromis saboté par des laïcistes modèle A. Laigniel, dit le Joxe-terrier, avec le silence peu courageux de Mauroy. Résultat, triomphe des tenants les plus acharnés de l’enseignement privé. Manifestation monstre. Compromis à la poubelle.

 

** Réaction typique de l'Education nationale. Non seulement on ne voit pas les établissements nouvellement intégrés dans les REP clamer leur joie, mais selon l'inoxydable principe qu'on n'habille pas Pierre en déshabillant Paul, ils soutiennent des pauvres exclus.

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 16:56
ÉVÊCHÉ DE LUÇON : TEMPÊTE DANS LES BÉNITIERS

Castet, évêque et martyr bis eût pu aussi être le titre. Car des paroissiens se rebellent contre un prélat qu’ils disent tout-à-fait déphasé avec l’esprit du pape et en rupture complète avec l’esprit de Vatican II. « C’est un retour en arrière qui instaure des divisions, pas une église de communion », dit leur porte-parole.

Entre l'évêque et ses fidèles le fossé se creuse

Ouest-France, page Vendée, 25 novembre 2014

La page Vendée d’Ouest-France s’est donc fait l’écho d’une conférence de presse tenue par ces fidèles.

 

L’impayable Riposte Catholique qui doit être au catholicisme ce que Riposte Laïque est à la laïcité, réagit au quart de tour :

  Le « peuple » se soulève en Vendée contre Monseigneur Castet, titre-t-il ironiquement

Une centaine de fidèles catholiques a fait venir les media locaux pour une conférence de presse dans une église de la Roche-sur-Yon, au cours de laquelle le « peuple en marche » a fait part de ses états d’âme concernant son évêque. Les faits : libéralité dans les permissions de célébrer la messe selon le rite tridentin [messe en latin, à l’ancienne], et, pour la messe nouvelle, absence de femmes à l’autel, communion sur la langue et à genoux, réduction de la participation à la liturgie. En somme, on reproche à Monseigneur Castet ses efforts pour faire revivre la véritable liturgie dans son diocèse. Ce prélat, réputé pour avoir supprimé tous les vases sacrés de son diocèse faits de terre cuite* (voire d’en avoir fait une dalle pour sa cathédrale), essuie depuis deux ans les attaques de l’extrême gauche locale, qu’elle soit catholique ou non. Puisque l’activisme ne fonctionne pas pleinement, les fidèles blessés dans leur « esprit du concile » ont décidé de passer à la vitesse supérieure, en écrivant au nonce apostolique, au président de la conférence des évêques de France, Monseigneur Pontier, et même au Pape François pour se plaindre. Non pas pour demander le départ de l’évêque par trop réactionnaire, précisent-ils, dans leur divine miséricorde, mais pour « alerter ». On se prend à penser aux bonds que doit faire Charette dans sa tombe. La feuille de chou gauchiste qui relaie la lutte diocésaine contre l’évêque se nomme en effet le « Sans-culotte 85″.

 

* Qui peut m’éclairer sur cette histoire de vases sacrés en terre cuite ?

 

Le mécréant que je suis – Sans-culotte qui se réjouit des bonds que Charrette, cher au Vicomte, peut faire dans sa tombe – ne peut que ricaner devant cette accusation d’extrême-gauche, qui, chez ces intégristes, doit commencer à Bayrou (il est vrai que pour certains mélenchonnistes l’extrême-droite commence à Valls*).

N’ayant aucune, mais vraiment aucune compétence en matière liturgique ni aucune, mais vraiment aucune, connaissance de la pastorale, je me contenterai de mettre en complément des extraits du dossier de presse, ne retenant dans l'article que quelques témoignages de ces paroissiens frustrés.

Le père Picsou

  Commençons donc par un curé d’une paroisse proche de La Roche-sur-Yon, que l’on pourrait appeler le père Picsou. Pour nouer les liens sacrés du mariage, dans le diocèse, il faut casquer 170/180 €. Dans cette paroisse, c’est à la tête du client ! Lorsque des mariés n’habitent pas sur place, le curé leur demande jusqu’à 300 € ! Raison invoquée : « ils ont bien les moyens ! »… L’école privée confessionnelle ayant organisé une petite fête – qu’il a suivi avec autant d’attention que Sarkozy dans une audience papale : en pianotant son portable – il lui a demandé de payer la location de l’église. Location aussi demandée à un couple pour un pot amical dans une salle annexe de l’église. En revanche, il refuse l’accès gratuit à une chorale pour un concert en faveur du téléthon 2014** ! Le père Picsou semble ignorer qu’église et salle annexe sont des biens communaux.

Depuis son arrivée sur la paroisse, le nouveau curé a mis les finances de la paroisse en difficulté… alors que celle-ci disposait de sommes relativement importantes sur ses comptes. ” expliquent des paroissiens. Pour renflouer la caisse, le curé veut taxer de 10€, à la rentrée, chacune, les familles de l’école privée. “Devant la levée de boucliers des deux associations de parents d’élèves de l’école, le curé a répondu qu’il « était le patron » et que les « directeurs des écoles étaient nommés par l’évêque » ! ”

Les pères Vaderetro

 

  « Maman, le prêtre a dit que pour se préparer à la communion et être une bonne chrétienne, il fallait réciter trois fois sa prière dans la journée : matin, midi et soir ». La maman lui répond : "Ecoute, tu vois, le matin, c’est difficile, il faut se presser pour partir à l’école. A midi, tu manges à la cantine. Par contre, le soir on peut trouver un moment pour prier ensemble en famille”. Toute joyeuse, la gamine raconte au prêtre la discussion qu’elle a eue avec sa mère, et la décision qu’elles ont prise. Réponse du prêtre « Si tu ne récites pas ta prière le matin et à midi, tu pourris de l’intérieur ».

 

Le mal, le démon et le péché sont omniprésents dans les discours du clergé local ; jusqu‘à trouver, dans une église du voisinage, une liste de péché à confesser en confession individuelle, raconte un autre témoignage. Parmi différentes questions, « Est-ce que je me suis amusé à faire de la magie, à porter crédit aux horoscopes, à faire tourner les tables ? » Quant à l’affreux péché de chair, il reste une obsession : les enfants de chœur sont devenus les servants d'autel  et leurs rangs sont devenus accessibles à des servantes mais des prêtres (à commencer par l’évêque lui-même) leur refusent l’accès à l'autel, “en effet, les seins naissants des jeunes filles peuvent  distraire les jeunes garçons” (sic).

Prenez-garde, vla la jeune garde !

 

Printemps dernier, dans les rues luçonnaises, j’ai vu passer un blondinet tout ensoutané sur un vélo de femme, comme un flash-back des années 50. Castet, lui-même ensoutané, importe du jeune prêtre modêle rétro dans son diocèse. Rome n’est plus dans Rome ou plutôt le paroissien n’est plus dans sa paroisse depuis que cette jeune garde montante colonise progressivement bocage, côte, plaine et marais. “Depuis l’arrivée de jeunes ou nouveaux prêtres, avec des pratiques très différentes de celles de leurs prédécesseurs, les chrétiens ne se retrouveraient donc plus dans ce retour aux années 60.” “Une gouvernance du diocèse qui s’appuie sur une restauration progressive d’une Eglise préconciliaire et janséniste”, dénoncent ces cathos. « Vivement que votre génération disparaisse pour que nous puissions faire tout ce que nous voulons… », font-ils dire à un de ces jeunes curés imbus d’eux-mêmes. Car c’est là, le paradoxe : pour ces intégristes l’avenir c’est le passé, avec somptueux habits sacerdotaux enveloppés d’encens, face à une partie de leurs ouailles qui n’ont aucune envie de retrouver ce clergé omnipotent qui régentait la Vendée bocagère, chère au Vicomte et au petit Retailleau, jusqu’à ce que l’aggiornamento de Jean XXIII et Paul VI ébranle cette église dominatrice et sûre d’elle-même.

 

Grâce à dieu, je suis athée, comme disait malicieusement Luis Buñuel. Je n’ai donc, a priori, et même a posteriori, aucune implication dans ce conflit de conceptions de la vie d’un évêché ou d’une paroisse. Sauf que, avec la jeune garde de l’évêque Castet, se profile un intégrisme fanatique, modèle Civitas, donc un cléricalisme agressif. Et faut-il le rappeler, le cléricalisme, voilà l’ennemi ? Faut-il le rappeler la lutte contre le cléricalisme, n’est aucunement anti-religion ?

Au moment où un téléfilm célèbre le 40e anniversaire de la Loi Veil, alors même qu’à l’évidence personne n’a jamais été obligée, contre ses convictions morales et/ou religieuses, d’avoir recours à l’IVG, les cléricaux militent encore et toujours pour son abrogation. C’est donc face à eux – les Boutin et les Hutin chez nous, les Ruiz-Gallardón et les Cañizares en Espagne - qu’il faut continuer le combat.

 

* "Peut-être se dit-il de gauche [le gouvernement] mais la politique qu'il mène est de droite extrême" Mélenchon Le Parisien 24/11/14 (c'est moi qui souligne)

** Derrière ce refus du Téléthon se cache un assez ignoble motif, car une partie des fonds servirait à la recherche sur les cellules souches embryonnaires et pour eux ce n’est pas acceptable ! Ainsi, Riposte Catholique nous raconte que Don(sic) Geoffroy Bohineust, curé d’une paroisse d’Indre et Loire et prêtre de la communauté Saint-Martin (chère à Castet), a refusé la chorale qui souhaitait se produire à l’église le 6 décembre, au profit du Téléthon. En réaction, le maire (divers droite), a fait savoir que la municipalité « appliquera strictement les lois républicaines de 1905 vis-à-vis de l’Église » : « La municipalité est propriétaire de l’église, la paroisse en est affectataire, selon la loi. La commune n’a aucune obligation de participer aux frais de fonctionnement (lumière, chauffage…), elle le faisait jusqu’ici, et même un peu plus… Si la ligne de partage est rompue, nous assurerons nos obligations de clos et de couvert, et c’est tout. »

En complément (extrait du dossier de presse)

 

DIOCÈSE DE LUÇON. Éléments de réflexion...                                                                              octobre 2014

par un Groupe de parole venant de différents lieux de Vendée et de divers engagements en Église.

 

Depuis environ 5 ans, notre diocèse de Luçon traverse une période de crise, pas forcément perceptible partout, mis à part quelques événements  très médiatisés (ordinations en Allemagne en 2012, école du Bourg en juin 2014...) Pourtant, à différents niveaux et en divers lieux, des constats se multiplient, exprimant des souffrances et inquiétudes grandissantes ! Voici quelques éléments de synthèse qui s'appuient sur des témoignages individuels ou collectifs de chrétiens engagés dans leurs communautés.

  • 1er CONSTAT : UNE GOUVERNANCE QUI FAIT PROBLÈME.

1.1          La non-reconnaissance des « acteurs » de la pastorale jugée "trop sociale" depuis 40 ans, "casse" des ressources humaines : des prêtres et des laïcs sont en souffrance grave parce que :

  • Leur vécu missionnaire accompli dans l’élan de Vatican II est jugé négativement : "Vous avez vidé les églises"
  • Des prêtres, pas pris en compte, désavoués à l’occasion de changements de mission, sont dits "aigris" s’ils n’adhèrent pas au style imposé. La diversité et les complémentarités du clergé vendéen ne sont pas accueillies comme un bienfait. Des laïcs en responsabilités que l’on écarte disent devoir "se reconstruire" après une mission diocésaine, un service paroissial.

1.2       La création de ruptures et le jeu des nominations qui "partitionne" le diocèse.

>> d'un côté les zones plus peuplées (urbaines) où sont installés des prêtres plus jeunes et dans la ligne de l'évêque.

  • On privilégie les gros centres qui regroupent plus facilement une certaine sensibilité liturgique traditionnelle et on a ainsi des églises pleines. Des arrivants d'autres paroisses ne viennent que pour l’Eucharistie du dimanche, adorations... et reçoivent des responsabilités.
  • Ces choix de prêtres et de laïcs sont très rapides... parfois ils arrivent de l’extérieur et sans connaissance du terrain, pour appliquer la nouvelle ligne... "Avec moi, tout va changer" dit un curé arrivant dans une paroisse.
  • D'où un refus de liens avec les curés qui partent, les équipes pastorales, les « forces » existantes dans ces Communautés qui "éclatent"… Certains quittent ; d’autres se font évincer.

>> de l'autre, les zones rurales, moins peuplées où l'on envoie ceux qui ont une sensibilité davantage "Action Catholique".

  • Dans ces paroisses, les chrétiens peuvent ignorer les problèmes d'autres lieux, la vie paroissiale continue presque comme avant. La vie de l'Église diocésaine y est très peu évoquée, les prêtres se référant abondamment au Pape François qui les conforte. Cependant, en privé, certains jusque-là discrets s'expriment davantage sur les problèmes.
  • Certes, de petites communautés, essentiellement rurales peinent à rester toujours vivantes, mais peut-on dire que c'est un échec de la Pastorale précédente ? En fait, les spécificités du monde rural sont méconnues, voire ignorées, donc pas ou mal prises en compte pour l'évolution de la vie des Communautés chrétiennes.
  • Dans plusieurs doyennés, on évite de parler de la vie du diocèse, pour vivre dans la proximité...

1.3          L'impossible dialogue

  • Des prêtres et des laïcs ont exprimé de vive voix ou par écrit les problèmes et leur lot de souffrances, les enjeux pour l'Évangélisation... Mais, dans les textes et dans les faits, il n'en est pas tenu compte. Les réponses de l'évêque n'intègrent pas les questions posées par des prêtres et les textes de l'évêque ne rejoignent pas concrètement les chrétiens.
  •  Des laïcs qui ont essayé de dialoguer avec des proches de l'évêque, ont des difficultés à être entendus et compris.
  • Enfin, les nouvelles dispositions pour l'organisation (choix des personnes) et le fonctionnement des différents conseils,

stoppent la vie des communautés et services... pour les réorienter unilatéralement sous la houlette de prêtres conformes à la volonté de l'évêque.

1.4          La non-information

  • Très peu ou pas de textes clairs qui orientent précisément les chrétiens du diocèse
  • Des décisions ou opinions sont connues par des communiqués de presse, interviews extérieures au diocèse

(cf. le magazine Famille Chrétienne, KTO... )

  • Mais, concrètement, les faits parlent et ainsi apparaissent des "déconstructions/reconstructions" inacceptables.

 

 

  • D'AUTRES CONSTATS : RITES LITURGIQUES SURVALORISÉS ET DISCOURS MORALISATEURS.

2.1         Une restauration liturgique qui impose des rites anciens en les survalorisant, qui déploie un décorum et des ornements                    fastueux : tout cela loin de la "noble simplicité " voulue par Vatican 2, apparaît à plus d'un titre, choquant...

                alors que la communion a été refusée, au vu de leur vêtement, à des personnes en précarité !

 

2.2         Du moralisme. Trop souvent amalgamé à la liturgie par le biais d'homélies assénant des règles étroites, culpabilisantes

               qui parlent du mal, de Satan et du péché plus que de l’Amour de Dieu, cette morale éloigne ceux qui ont cheminé

                dans la dynamique de Vatican 2, du Synode diocésain.

  • Des catéchèses pour enfants vont aussi dans ce sens.

 

Ce n'est pas ainsi que nous concevons la "Nouvelle Évangélisation".

 

  • QUELQUES CONSÉQUENCES ...

1  Un clergé divisé... La gouvernance expliquée plus haut ainsi que différents conflits vécus (et ce n'est pas qu'une affaire de                 génération) créent des divisions insupportables qui s'accentuent., à l'opposé de ce que conseillait Mgr Vingt-trois, dans son                 homélie lors de l'ordination de Mgr Castet.

  • Il existe aussi de jeunes prêtres qui se trouvent dans l'embarras, puis le malaise, voire le mal-être entre des postures pastorales et des groupes chrétiens qui divergent sur beaucoup de points.
  • Des vicaires épiscopaux, qui discourent dans le sens de l'évêque, s'éloignent ainsi d'une partie de leurs frères prêtres...

ou peut-être vivent-ils un écartèlement personnel douloureux et difficilement tenable dans la longueur.

  • Quelles vocations sacerdotales ou religieuses possibles dans un tel contexte ?

3.2          Des laïcs qu'on souhaite écarter... De nombreux paroissiens -en responsabilité ou pas- qui ne s'y retrouvent pas, quittent les nouvelles assemblées constituées dans certaines paroisses et vont vers d'autres lieux qui, pour l'instant, restent plus ouverts.

  • Laïcs, femmes ou filles sous-valorisés ... (pas de femmes ou filles dans le chœur pour certaines paroisses...)

 

  • Les laïcs sont appelés essentiellement pour "appliquer" et/ou sont remplacés autant que possible par des prêtres...

 

  • Le non renouvellement des LEME en particulier pour l'éveil à la Foi, la catéchèse et les Mouvements ne s'explique pas seulement pour des raisons financières et surtout ne favorise pas l'approche des périphéries : familles "sur le seuil" certes pas "pratiquants réguliers" du culte mais parfois très engagés dans des solidarités diverses ; enfants et jeunes (surtout ceux en difficultés) encore moins rejoints par les Mouvements.

3.3          De plus, des laïcs refusent de soutenir (de payer pour) une Église dans laquelle ils ne se reconnaissent plus.

                Ainsi le Denier de l'Église et certaines collectes paroissiales ne peuvent que diminuer davantage.

                Les paroisses reversent au diocèse des pourcentages qui augmentent énormément.

                Ces prélèvements -qui s'expliquent difficilement- sont au détriment des besoins de la pastorale locale.

                Donc dans le diocèse, les questions financières et la gestion patrimoniale (ventes...) interrogent de plus en plus.

 

3.4          Au final, le "ministère de communion" -essentiel pour un évêque- n’est pas assuré depuis près de 6 ans.

  • L'indispensable communion ecclésiale est en péril.
  • Nous arrivons, dans la situation actuelle, à des communautés de divers types et sensibilités… On se sépare. On se regroupe autour d'un prêtre et/ou d’une forme de liturgie. (ex...)

Des assemblées paroissiales ne reflètent plus la diversité des catholiques. Certes un mouvement peut regrouper des chrétiens de même sensibilité, sur des missions particulières, mais les paroisses permettent de regrouper les chrétiens par zone géographique, donc avec des profils différents...

  • Ces différents profils sont/étaient représentés dans les divers conseils avec possibilité de s'y exprimer et faire des propositions variées. Aujourd'hui, avec le choix de mettre des équipes de prêtres de même sensibilité dans des paroisses, qui recrutent des laïcs qui leur ressemblent, on pousse les autres à "aller voir ailleurs"(dixit un curé), ce qui accentue les divisions et conduit des communautés au conflit et à l'éclatement.
  • Et comment parler d'unité si l’évêque décide ce qu’il veut pour son diocèse, s'isole d'autres évêques... si chaque curé décide ce qu’il veut dans sa paroisse... ?

3.5          Quelles types de communautés ? autour de quels pôles ?

  • De nombreux acteurs paroissiaux s'interrogent sur l'avenir des Communautés de proximité, paroisses et doyennés...
  • La réflexion sur les futurs "pôles missionnaires rayonnants" a de quoi inquiéter quand on constate les partis pris de la gouvernance diocésaine actuelle.

 

ALORS AUJOURD'HUI, QUELLES CONVICTIONS NOUS ANIMENT ? Que voulons-nous ?

Malgré les difficultés actuelles, nous restons attachés à notre Église.

Les propos et la gouvernance du pape François nous gardent dans la confiance, nous orientent et nous motivent.

Pour nous, les orientations du  Concile Vatican 2 et les orientations du Synode diocésain promulguées en 2006 gardent toute leur actualité et leurs mises en œuvre peuvent très concrètement fortifier notre mission de baptisés :

w en nous invitant  à nourrir notre foi par la prière et les sacrements, dans des communautés accueillantes à tous, dans des célébrations tout à la fois, sobres, vivantes et recueillies.

w en nous invitant à nous inspirer sans cesse des attitudes et des paroles -bienveillantes et exigeantes- de Jésus, ainsi que nous le rapportent les récits évangéliques, en particulier les récits de rencontres...

w en nous guidant sur des chemins de proximité, avec le souci de rejoindre et d'accompagner les personnes, telles qu'elles sont, avec leur vécu et leurs conditions de vie actuelles.

w en faisant confiance aux laïcs pour tenir des responsabilités dans l'Église et dans le monde, avec ses spécificités urbaines ou rurales.

w en encourageant un dialogue constructif en cette année pastorale 2014-2015, qui invite à une réflexion sur notre Baptême, sur la Vie consacrée et sur la Famille.

 

Puisse chacun de nous avancer aussi sereinement que possible ...

 

Les illustations sont tirées d'une page fessebouc dédiée à l'évêque, ses pompes et ses oeuvres...

 

 

Et pour sourire un peu (et donner des idées aux jeunes ensoutanés) : Henri Tachan

Déboutonne ma soutane

 

Paroles: Henri Tachan

Musique: Henri Tachan

 

Je n'ai point de séquelles

De ces temps religieux

Où, d'hosties en autels

On m'gavais de Bon Dieu,

 

Tout juste un p'tit fantasme

Qu'avec joie j'assouvis:

Chaque soir, à ma femme,

Je demande: "Ma chérie,

 

Déboutonne ma soutane

Un par un, les boutons,

Déboutonne ma soutane

Des chevilles au menton,

 

Déboutonne ma soutane,

Bien en génuflexion,

Et tu verras mon âme

En pleine élévation!"

Alléluia!

 

Tous mes anciens collègues

Fur'ent plus dur'ment touchés,

Ils sont devenus bègues,

Ou critiques, ou pédés,

 

Moi, j'n'ai qu'un p'tit fantasme

Qu'avec joie j'assouvis:

Chaque soir, à ma femme,

Je demande: "Ma chérie,

 

Déboutonne ma soutane

Un par un, les boutons,

Déboutonne ma soutane

Des chevilles au menton,

 

Déboutonne ma soutane,

Bien en génuflexion,

Et tu verras mon Jésus

Et ses deux p'tits larrons!"

Alléluia !

 

J'en veux pas aux bons pères

Qui, à mes confessions,

Sentaient le foutre amer,

Et la transpiration,

 

J'n'en garde qu'un p'tit fantasme

Qu'avec joie j'assouvis,

Chaque soir, à ma femme,

Je demande: "Ma chérie,

 

Déboutonne ma soutane

Un par un, les boutons,

Déboutonne ma soutane

Des chevilles au menton,

 

Déboutonne ma soutane,

Bien en génuflexion,

Tu verras mon lézard

En pleine résurrection!"

Alléluia !

 

Tu as mis ta cornette

Tes jarr'telles et tes bas,

Ton déguism'ent d'nonette

Et ton p'tit slip en soie

 

Et moi, je ris, j'exulte,

De chanter cette chanson

En souv'nir de ces brutes

Qui m'ont fait polisson!

 

"Déboutonne ma soutane

Un par un, les boutons,

Déboutonne ma soutane

Des chevilles au menton,

 

Déboutonne ma soutane,

Bien en génuflexion,

Et faisons, ma soeur Anne,

Notre vraie communion,

Et faisons, ma soeur Anne,

Notre vraie communion!"

 

Alléluia !

Succomber à la tentation

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 21:32
Podemos un parti endogame !

Podemos est (un peu) à la mode dans notre presse. Même Ouest-France en a parlé. Et arrêt-sur-images.  Le mouvement s’est structuré, avec  à sa tête Pablo Iglesias et une équipe très homogène, pour ne pas dire à sa main. Objectif premier : tirer un trait sur la transition démocratique de 78.

 

Podemos a donc bousculé l’échiquier politique espagnol avec les élections européennes. Les sondages successifs ont montré que ce n’était pas qu’un feu de paille. Et, après un vote par Internet* (107 000 votants, pour 250 000 inscrits sur le ouèbe) le mouvement s’est structuré en véritable parti politique.

Un secrétaire général, un conseil de surveillance baptisé comisión de garantías democráticas,   un conseil citoyen de 62 membres (auxquels viendront s’adjoindre 17 membres issus des régions), un comité de direction de 10 membres. Mis à part cette sorte de conseil constitutionnel interne que semble être la commission de garantie du respect de la démocratie interne, une organisation somme toute assez classique avec un leader, un bureau politique et un comité central.

Podemos un parti endogame !

Tout se passe comme si le département de Sciences politiques de l’Université Complutense (Madrid) avait canalisé le mouvement des indignés. Passant de la théorie aux travaux pratiques, d’abord par le biais d’une chaîne TV-internet, La Tuerka  puis en donnant corps à un mouvement en quatre mois pour frapper un premier coup aux Européennes. Enfin en structurant ce mouvement en un vrai parti politique.

 

Revers de la médaille, la direction a un côté endogamique prononcé.

 

Outre Pablo Iglesias, l’idéologue de la formation, ex-enseignant de sciences politiques à  l’université Complutense, Íñigo Errejón est chercheur dans cette université, Carolina Bescansa y est professeure de Méthodologie, Juan Carlos Monedero y est professeur de sciences politiques, Luis Alegre y est professeur de philosophie, Tania González est licenciée de sciences politique de l’université Complutense, certes Gemma Usabart est professeure à l’université de Girona mais en sciences politiques,  et dans ce bureau politique de bac+X on compte encore une licenciée en histoire et relations internationales, Ángela Ballester, un avocat qui travaille dans une association de lutte contre les expulsions de logements, Rafa Mayoral, un ingénieur des télécommunications mais aussi anthropologue, Sergio Pascual, et une juriste, anthropologue également, Auxiliadora Honorato, les deux derniers travaillant pour le gouvernement provincial d’Andalousie.

 

Rien à voir donc avec le Front de gauche qui ressemble plus à l’IU espagnole (PC+dissidents PS+gauches alternatives diverses) avec des politiques aguerris comme Mélenchon, ex-sénateur et secrétaire d’état. Rien non plus à voir avec cinq étoiles du triste pitre Grillo, même si le surgissement rapide de Podemos sur la scène politique y ressemble.

 

Iglesias, loin de rejeter la télé, en maîtrise tous les codes. Et loin aussi de l’éruptivité parfois hystérique de Mélenchon ou Grillo, il est d’un sang-froid à toute épreuve.

 

Reste que cette espèce d’entre-soi que représente son équipe très universitaire n’est pas dénuée de risques.

L’absence de toute expérience politique en responsabilité est à la fois un handicap et un atout. Un atout quand il s’agit de cogner sur la caste, c’est-à-dire, justement, les politiciens des deux grands partis et l’oligarchie financière. Un handicap, peut-être, quand il s’agira, à la fin de 2015, de convaincre les électeurs de voter pour des personnes totalement inexpérimentées. D’autant que Podemos renonce à concourir à des municipales où il aurait pu démontrer sa capacité à construire une alternative à partir du bas comme le firent les verts allemands. (José Ignacio Torreblanca, El País 16/11/14) Mais on pourrait noter ironiquement qu’après tout, Podemos se retrouverait dans la position du PSOE – Felipe Gonzalez et les siens n’avaient aucune expérience gouvernementale – après la transition de 1978.

Podemos un parti endogame !

Car, à l’instar, du coup, de Mélenchon et sa VIe République, Iglesias veut clore la période historique ouverte en 1978 avec la légalisation du PCE et les premières élections libres après la mort de Franco. Iglesias, né en 1978 justement, symbolise bien cette génération qui n’a rien connu du franquisme ou seulement ses derniers soubresauts. Il annonce donc que, si Podemos gagne, comme il en est sûr, les élections de 2015,  sera ouvert un processus constitutionnel pour faire sauter le verrou du régime de 1978 (abrir el candado del 78). Mais si la VIe république promise par Mélenchon – une IVe matinée de votation suisse – ne provoquera que des débats byzantins, l’instauration d’une IIIe République en Espagne risquerait fort de réveiller des antagonismes autrement violents.

 

D’autant que si Podemos essaie de convertir la traditionnelle confrontation entre droite et gauche en une lutte entre la caste et les gens décents, promettant de balayer la corruption dans la société, il a peine à se recentrer. Même s’il s’en défend, les accusations de sympathie voire d’admiration pour le bolivarisme de Chavez reposent sur le fait que Monedero comme Errejon ont collaboré activement avec le régime chaviste au Venezuela. Monedero fut même un conseiller direct de Chavez. Par ailleurs au Parlement Européen ils ont intégré la gauche unie et votent avec discipline, comme le groupe, sur toutes les questions.

 

Or ce recentrage – nos experts en sciences politiques le diagnostiquent – est la clé d’une possible victoire. Pablo Iglesias, qui sait que les partenaires sociaux seront particulièrement attentifs aux programmes économiques, est resté au niveau des généralités. S’appuyant sur les prix Nobel Paul Krugman et Joseph Stiglitz, il a plaidé que l’on peut restructurer la dette sans se mettre en défaut de paiement. Il faut que l’Espagne sorte du modèle truelle et bronze-culs, bâtiment et tourisme. Ce nouveau modèle reposerait sur une diminution du temps et des conditions de travail. Il reposerait aussi sur le développement du secteur coopératif soutenu par des investissements d’état.

 

Pour cela il faut de l’argent. Une réforme fiscale s’impose qui d’abord s’attaque à la fraude et ensuite fasse payer fortement les plus hauts revenus. S’appuyant sur l’exemple des pays nordiques comme le Danemark, il constate que les pays les plus prospères sont les plus égalitaires.

 

La clé du succès éventuel de Podemos tient bien sûr dans la crédibilité de ses propositions et on voit qu’il y a encore du boulot. Mais surtout dans sa capacité à convaincre les citoyens qu’ils peuvent être, eux-mêmes, les protagonistes d’un temps nouveau. Et Anabel Díez (El País) note un peu ironiquement que les références musicales et poétiques de Pablo Iglesias sont notamment Mercedes Sosa et Miguel Hernández… Como en la Transición !

 

 

 

Vientos del pueblo me llevan,

vientos del pueblo me arrastran,

me esparcen el corazón

y me aventan la garganta.

 

Vientos Del Pueblo Me Llevan de Miguel Hernandez

Todo cambia

 

Cambia lo superficial

Cambia también lo profundo

Cambia el modo de pensar

Cambia todo en este mundo

 

Cambia el clima con los años

Cambia el pastor su rebaño

Y así como todo cambia

Que yo cambie no es extraño

 

Cambia el más fino brillante

De mano en mano, su brillo

Cambia el nido el pajarillo

Cambia el sentir un amante

 

Cambia el rumbo el caminante

Aunque esto le cause daño

Y así como todo cambia

Que yo cambie no extraño

 

Cambia, todo cambia (x4)

 

Cambia el sol en su carrera

Cuando la noche subsiste

Cambia la planta y se viste

De verde en la primavera

 

Cambia el pelaje la fiera

Cambia el cabello el anciano

Y así como todo cambia

Que yo cambie no es extraño

 

Pero no cambia mi amor

Por más lejos que me encuentre

Ni el recuerdo ni el dolor

De mi pueblo y de mi gente

 

Lo que cambió ayer

Tendrá que cambiar mañana

Así como cambio yo

En esta tierra lejana

 

Cambia, todo cambia (x4)

 

Pero no cambia mi amor

Por más lejos que me encuentre

Ni el recuerdo ni el dolor

De mi pueblo y de mi gente

 

Lo que cambió ayer

Tendrá que cambiar mañana

Así como cambio yo

En esta tierra lejana

 

Cambia, todo cambia...

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 18:27
"Sarko s’est tuer" ou Jouyet et Fillon ont été "torpiller" ?

Après avoir démenti, Jouyet dit avoir bien dit ce que Fillon lui a dit, mais Fillon dit ne pas avoir dit ce que Jouyet dit qu’il a dit ! C’est clair ?

Et que dit Jouyet que Fillon lui a dit ? Que l’Élysée frappe vite et fort dans les affaires que traîne Sarkozy ! Et qu’a fait l’Élysée ? Rien. Une affaire d’état ? Pschitttt… comme aurait dit Chirac.

 

Reprenons. Les Bob Woodward et Carl Bernstein du Monde, Davet et Lhomme, révélent que Fillon, lors d’un discret déjeuner, en Juin 2014, avec  Jean-Pierre Jouyet, aurait demandé au secrétaire général d’activer le Parquet pour accélérer les procédures et bloquer le retour de Sarkozy.  Ce faisant, ils réussissent l’exploit de  griller leur gorge profonde et de rater complétement le lancement de leur livre « Sarko s’est tuer » !

Trop forts, les duettistes.

 

Passons sur les faux-culs qui crient à la connivence UMP-PS parce qu’un ex-premier ministre déjeune avec le secrétaire général  de la présidence. Mélenchon lui-même a expliqué que l’on peut discuter entre personnes de bords opposés sans être complices (on le voit d’ailleurs dans un documentaire de 2011, où il s’en prend à Le Foll, PS, dans les couloirs du Parlement européen, discuter aimablement avec Dati et même échanger avec la Le Pen).

 

Les propos que Jouyet prête à Fillon ne sont pas invraisemblables, si j’en crois l’extrait publié par L’OBS (06/11/2014). « Devant un Jean-Pierre Jouyet ébahi, François Fillon n’a pas de mots assez durs pour l’ex-chef d’état. Il se montre particulièrement sévère s’agissant des pénalités remboursées par l’UMP en lieu et place de Nicolas Sarkozy, sanctionné pour avoir dépassé le plafond de ses dépenses de campagne en 2012. “Jean-Pierre, c’est de l’abus de bien social, c’est une faute personnelle, l’UMP n’avait pas à payer.” » Et d’encourager l’Élysée à user de son autorité sur le Parquet pour accélérer les procédures visant son ex-patron !

 

Or, fidêle en cela aux engagements pris de ne plus instrumentaliser le Parquet, comme du temps où Courroye allait chercher ses ordres au château, la Présidence n’a rien fait. Où est donc l’affaire d’état ?

 

Mais, en revanche, et avec Fillon, on peut s’interroger sur la passivité du Ministère public dans ce que la Justice a qualifié d’abus de confiance, ce paiement indu de pénalités personnelles par un parti politique qui pouvait relever d’une citation directe immédiate. Car qu’y-a-t-il donc à instruire, si ce n’est à vérifier l’origine du paiement ? Comme le notent Davet et Lhomme, l’interprétation de l’article L52-15 du Code électoral ne souffre pas la moindre contestation : c’est bien le candidat qui est tenu de verser au Trésor public une somme égale au montant du dépassement. Passivité que l’on n’osera qualifier.

 

Car Sarkozy, l’affaire Bismuth l’a prouvé si besoin était, bénéficie de relais complaisants au sein de l’appareil judiciaire – n’a-t-il pas cyniquement clamé qu’il n’avait pas besoin de s’adresser à Azibert, puisque J.C. Marin lui devait sa nomination comme procureur général auprès de la Cour de Cassation ! – et de l’appareil policier.

Encore une anomalie (voir le lien plus bas)

Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont été obligés d’en convenir eux-mêmes, dans La nouvelle édition  : le bouze, fortement activé par les sarkozystes sur cet incident, aboutit à renforcer le discours victimaire de leur champion.

Et leur livre qui met en relief ce mélange singulier de Silvio Berlusconi et de Gaston Lagaffe qu’est Nicolas Sarkozy, devient une torpille anti-Fillon et anti-Jouyet, mais surtout une arme de plus pour le F-Haine.

Et risque donc de rater sa cible.

 

 

Canard Enchaîné 12 novembre 2014
Canard Enchaîné 12 novembre 2014

L. M. Hoarau signe un réquisitoire sévère envers les deux journalistes du Monde qui ont grillé allègrement leur source.

En complément, cet article signé d'un rédacteur en chef du Canard Enchaîné qui dénonce sévèrement le procédé des deux investigateurs consistant à livrer leur source en pâture. Ce faisant, il est probable qu'ils vont tarir les leurs propres ou n'auront plus que des filets de confidences de seconde ou troisième main.

Mais, comme le souligne Hoarau, cette pratique risque aussi de tarir celles de leurs confrères.

Et à quoi peut servir une belle loi - que les sarko-boys se faisaient un devoir de violer - sur la protection des sources des journalistes, si ce sont eux-mêmes qui les trahissent.

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