Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 21:18
El pequeño Nicolás, roi de l’esbroufe, berne les grands d’Espagne !

Francisco Nicolás Gómez-Iglesias, el pequeño Nicolás, n’a pas pour copains Alcestes, Clotario ou Rufo, ni Luisita, mais Felipe (VI), José Maria (Aznar),  Esperanza (Aguirre) ou Ana (Botella), sans oublier des hommes d’affaires ou des dirigeants syndicaux. Certes, il a un peu gonflé son CV, se faisant passer pour un conseiller de la vice-présidente du gouvernement ou bien encore pour un James Bond junior, membre du Centro Nacional de Inteligencia (CNI). Il n’a cependant usurpé aucune identité. Et s’il est accusé d’escroquerie – il aurait soulagé un agent immobilier de 25 000 € en se présentant comme intermédiaire dans une transaction – la victime n’aurait pas porté plainte.

 

 

« Francisco Nicolas Gomez-Iglesias, 20 ans, a dupé les plus grands en Espagne, façon Christophe Rocancourt, dont il est le fils spirituel. » écrit Le Figaro un des seuls en France à se faire l’écho des aventures du petit Nicolas ibérique. Quand il est arrêté et inculpé d’usurpation de fonctions officielles, à la mi-octobre personne ne sait réellement d’où sort ce jeune homme d’aspect quasi enfantin, bien sapé et de verbe agile qui se meut dans les cercles du Parti Popular (PP) madrilène comme un poisson dans l’eau. La presse espagnole découvre donc que cet étudiant d’une prestigieuse et coûteuse école supérieure de commerce, se retrouve sur des photos avec des chefs d’entreprises, des femmes et hommes politiques. Photos dont ils se servaient ensuite pour accréditer son influence supposée. Il serait tombé pour avoir voulu soutirer 25 000 malheureux euros, se faisant passer pour un conseiller de Soraya Sáenz de Santamaría, Vice-présidente du gouvernement et pour membre du CNI, et prétendant pouvoir servir d’intermédiaire pour la vente d’une propriété à Tolède. Il aurait aussi demandé de l’argent à un avocat de Jordi Pujol, ex-homme fort de Catalogne, en délicatesse avec la Justice, en promettant, en tant qu’agent du CNI, d’améliorer sa situation juridique. Petites escroqueries mais qui, si elles sont avérées, sont révélatrices du climat qui règne en Espagne.

Avec Ana Botella

Avec Ana Botella

Mais jusqu’à cette inculpation, Fran, comme on l’appelait chez les jeunes du PP  avait donc bâti son tissu de mensonges assez mégalos. Selon la police, il se déplaçait dans des voitures haut de gamme, parfois avec chauffeur, pour donner plus de crédibilité à ses affabulations. Quand la police a perquisitionné son domicile, elle a trouvé de faux rapports du CNI, de fausses autorisations pour faire entrer des voitures au Palais de la Moncloa, siège du gouvernement, une sirène et un gyrophare de police pour se sortir des embouteillages, et, plus mystérieux, d’authentiques plaques de garde civil et de policier municipal, dont, d’après le juge, leurs propriétaires officiels lui auraient fait cadeau !

Avec José Maria Aznar

Avec José Maria Aznar

Il est cependant difficile de comprendre, avoue la juge, comment un garçon aussi jeune, qui n’a pour lui que d’être beau parleur, a pu se trouver dans des conférences, réunions et lieux dont l’accès est en principe strictement contrôlé. Sa page fessebouqueu, comme dirait la marionnette de Bayrou, est digne d’un fan du PP, puisqu’il s’expose aux côtés de personnalités comme Esperanza Aguirre, José María Aznar ou Ana Botella ; mais on le voit aussi avec des hommes d’affaires comme Juan Miguel Villar Mir. Mais le clou, le chef d’œuvre même est bien sûr sa présence au couronnement de Felipe VI où on le voit toucher la main du nouveau roi et de son épouse ! S’introduire aussi dans le carré VIP du stade Bernabeu – pour les ignorants le stade du Real Madrid – est un exploit quasi aussi difficile.

Francisco Nicolás Gómez Iglesias avec Ana Rosa Quintana (présentatrice TV) et Esperanza Aguirre

De grandes zones d’ombre planent sur ce cas, propices aux meilleures théories du complot. Outre donc des véhicules hauts de gamme, des vrais plaques policières, le jeune étudiant recevait dans une villa luxueuse, appartenant à Kyril de Bulgarie et loué à un constructeur qui l’aurait recruté pour un travail de relations publiques. Lieu rêvé pour y réaliser des opérations avec des hommes d’affaires.

Il semble avoir été capable de décrire avec précision le siège du CNI. Il aurait été escorté, dans un voyage, par deux policiers de la ville de Madrid, en service. Et, dans ce prétendu rôle d’agent du CNI, et de quasi ami du roi, il a tenté de convaincre un représentant de l’association Manos Limpias (mains propres) de retirer la plainte contre l’infante Christine (son époux est impliqué dans une grosse affaire d’escroquerie dont elle prétend tout ignorer). Démarche pour le moins incongrue.

Ici au côté de Miguel Arias Cañete à l'époque Ministre de l'agriculture

 

Or, il se pourrait bien que notre petit Nicolás soit le petit fils d’un certain Vicente Gómez Iglesias, ex-capitaine de la Guardia Civil et qui fut inculpé et condamné en 1981 pour avoir participé au coup d’état du 23 Février où il faisait la liaison entre le lieutenant colonel Tejero et le CESID (Centro Superior de Información de la Defensa).

D’où l’hypothèse d’une aide extérieure, venant du corps auquel avait appartenu le grand-père ! Car aussi intelligent soit-il et aussi bonne soit sa photocopieuse, pour pouvoir fabriquer de faux laisser-passer, il lui fallait posséder un modèle fiable. Et qui pouvait lui fournir sinon celui ou ceux qui lui avai(en)t donné une plaque authentique de la Guardia civil ? sans oublier le gyrophare, modèle utilisé par les membres du fameux CNI, pour se reconnaître entre eux, en mission.

 

Pour un commentateur, l’histoire de cet habile Nicolás est un peu la métaphore de l’Espagne actuelle. Simplement en portant beau, et en se la jouant important, un gamin de 20 ans arrive à côtoyer les plus hautes sphères de la société et couronne, si l’on ose dire, cette carrière en participant au couronnement du roi ! Il n’y a que dans un pays de gogos* qu’une telle fable peut se produire. Un gamin s’incruste dans un parti politique, si bien que tous le connaissent sans qu’aucun ne sache qui il est. Et, à partir de là, il peut bâtir un scénario tel que des hommes d’affaires ou des avocats puissent le prendre au sérieux. A 20 ans déjà super champion de la duperie : quel dommage que cette carrière météorique ait été interrompue !

 

* Mais comme parti de gogos que dire de l'UMP qui va s'offrir au petit Nicolas et compte deux jeunes bluffeurs comme Guillaume Peltier et Geoffroy Didier à peu près aussi crédibles que Francisco Nicolás Gómez-Iglesias.

 

Le Monde du 17 avril 2015 (re)découvre notre pequeño Nicolás : En Espagne, l’énigme du « petit Nicolas », imposteur ou génie de la politique

 

 

El pequeño Nicolás, roi de l’esbroufe, berne les grands d’Espagne !
El pequeño Nicolás, roi de l’esbroufe, berne les grands d’Espagne !

Les touitteurs s'en sont donnés à coeur joie pour loger el pequeño Nicolás dans tous les grands moments contemporains ou historiques. Ces deux images n'en donnent qu'un aperçu.

 

Pour les hispanophones, deux vidéos.

La 1ère montre que le petit Nicolás était assez précoce dans l'art de se mettre en scène.

La seconde est tirée d'une émission populaire de la 6 (sexta !) espagnole avec un présentateur comique, surnommé Wyoming,  qui doit être payé au mot, vue la vitesse du débit.

Repost0
28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 18:09
SIVENS ET LES "FOUTEURS DE MERDE"SIVENS ET LES "FOUTEURS DE MERDE"
Copies d'écransCopies d'écrans

Copies d'écrans

Mise à jour 03/06/2017

Mélenchon, jamais à court d'une agression contre le PS et ses membres, instrumentalise la mort de Rémi Fraisse, accusant Cazeneuve de s'être occupé de son assassinat. Dans l'odieux haineux il concurrence la dame Le Pen !

Un rappel des faits n'est donc pas inutile.

La mort d’un jeune manifestant est un drame – une jeune vie arrachée, promesse retirée, écrit Christiane Taubira. Il appartiendra à l’enquête de dire la cause exacte et d’essayer de déterminer les responsabilités. Mais il est étonnant que Bové ou Duflot tiennent, d’emblée, des propos outranciers. D’autant que Bové, agressé lui-même par ceux qu’une véritable écolo a nommé les « fouteurs de merde », ne pouvait ignorer le contexte, fort bien décrit par Antoine Ly.

Il y a eu en fait, Ly le montre, dans un reportage pour la Nouvelle édition de Canal +, deux manifestations, ou plutôt une vraie manifestation et un commando de voyous. Au départ, donc, un rassemblement bon enfant, un peu clairsemé, mais le site est immense et des forces de l’ordre gentiment taquinées mais impassibles.

 

Tout bascule quand apparait une bande de voyous masqués ou cagoulés qui s’en prennent d’ailleurs d’abord aux journalistes, avant d’agresser les gendarmes mobiles. Parler comme le fait Schneidermann de la brutalité apparemment très particulière dont font preuve les gendarmes dans l'occupation de Sivens est pour le moins abusif. Outre que les journalistes – dont aucun n’était présent au moment du drame, car chassés par les voyous – parlent de CRS, le but était bien de se les payer, les robocops.

 

Si l’on en croit un journaliste de Libération, qui commente une vidéo prise et montée par un jeune activiste, "Des cocktails molotov lancés par les activistes atteignent leur cible (à 7'10" sur la vidéo) et la situation dégénère rapidement. Les CRS répondent avec des jets de grenades assourdissantes, qui explosent au contact du sol ou des manifestants". "Le combat n'est pas équitable", ajoute-t-il : c’est vrai que des CRS ou gendarmes mobiles qui ripostent quand on leur balance des cocktails molotov, ce n’est pas de jeu !

La vidéo comporte même un échange surréaliste où un activiste déclare : «On n'est pas là pour vous faire du tort. Mais ne nous tuez pas. Que le préfet voie qu’il y a ici des gens qui sont prêts à se battre, et à se battre pacifiquement». Le côté pacifique ne sautait pas aux yeux. D’autant que le récit se conclut par « Un gendarme venait de prendre feu (à 22'07") sous les hourras d’un clown hilare. »

 

Sauf erreur, aucun des participants à la manif, les vrais, n’a été victime d’une quelconque charge de gendarmes mobiles ou CRS et celui qui, moqueur, demandait à un vis-à-vis en uniforme de ne pas le frapper trop fort, a dû repartir sans bosse. L’agression qu’ont subie les forces de l’ordre ne justifie absolument pas une éventuelle bavure, telle qu’un tir tendu de grenades. Mais les faits sont à remettre dans leur contexte. Et Duflot et Bové perdent toute crédibilité par leurs propos déplacés.

03/06/2017

Mélenchon instrumentalise la mort de Rémi Fraisse

Mélenchon qui, depuis le soir du 1er tour, ne s'en prend plus qu'aux socialistes, dénonce Bernard Cazeneuve comme "le gars qui s'est occupé de l'assassinat de Remi Fraisse" !

L'occasion pour Claude Askolovitch, chroniqueur hebdomadaire de l'excellent "28 minutes" sur Arte, de faire un billet, brillant comme à son habitude, mais quelque peu teinté de sophisme.

Askolovitch rappelle que la Justice - saisie - et les instances européennes ont condamné un projet surdimensionné.

Mais il use de cette décision de justice pour condamner l'intransigeance d'un 1er ministre, Valls, droit dans ses bottes. Or les faits, tels que décrit par Antoine Ly sont assez différents.

Les VRAIS manifestants écologiques avaient négocié avec les pouvoirs publics ; les forces de l'ordre étaient là pour protéger le matériel de chantier. A priori, aucun affrontement n'était prévisible. Et ce sont bien ceux qu'un écologiste qualifie de "fouteurs de merde" qui vont lancer l'offensive contre les forces de l'ordre.

Si on reprend le raisonnement d'Askolovitch, cette violence délibérée d'un véritable commando, qui va provoquer l'enchaînement des faits qui aboutira au jet de grenade offensive fatal à un innocent, est d'autant plus gratuite que la justice allait plus efficacement que leur agressivité donner raison aux vrais écologistes.

 

Repost0
20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 14:50
That God is angry with Liberia, and that Ebola is a plague. Liberians have to pray and seek God’s forgiveness over the corruption and immoral acts (such as homosexualism, etc.)...  L-R: Catholic Archbishop Lewis J. Zeigler

That God is angry with Liberia, and that Ebola is a plague. Liberians have to pray and seek God’s forgiveness over the corruption and immoral acts (such as homosexualism, etc.)... L-R: Catholic Archbishop Lewis J. Zeigler

Quand on lit ce que déclare Lewis J. Zeigler, archevêque de Monrovia, faisant d’Ebola un fléau de dieu pour punir le Libéria de sa corruption et des actes immoraux, tels que l’homosexualité, on comprend mieux que le synode ait accouché d’une souris, alors qu’il y a peu on se faisait une montagne d’une prétendue évolution.

N’accablons pas d’ailleurs ce prélat africain. Son collègue de Bruxelles, André-Joseph Léonard, estimait que le sida relevait de la justice immanente (inutile de préciser envers qui).  Quant à un autre encore plus éminent collègue, puisque cardinal, Barbarin de Lyon, il prétendait que le mariage gay était la porte ouverte à l’inceste et à la polygamie. Citons encore deux prélats espagnols qui font dans la surenchère, puisque le premier,  Juan-Antonio Reig Pla, évêque d’Alcala de Henares, prétend que l’éducation sexuelle dans les écoles se réduit à exalter l’homosexualité et que le second, l’accapareur de la Mosquée de Cordoue, Demetrio Fernandez, prétend que l’UNESCO vise à ce que la moitié de la population soit homosexuelle !

Pour autant qu’ils soient présents à ce synode, ce ne sont certainement pas eux qui ont approuvé les modestes avancées, présentées comme un pas de géant, du rapport d’étape du 13 octobre. Changement de paradigme, pour La Vie, naguère catholique,  mieux encore "Le pape François force l'église à faire sa révolution sur la famille", proclamait Le Monde à la une ! "« Entendre le cri du peuple », dit carrément le pape, avec des accents à la Jules Vallès", nous apprend le directeur de La Vie.

 

Les raisons de cet emballement, avant tout des propos moins caricaturaux que ceux de Zeigler et cie : « Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne  (...) Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires. De plus, l’Eglise prête une attention spéciale aux enfants qui vivent avec des couples du même sexe, en insistant sur le fait que les exigences et les droits des petits doivent toujours être au premier rang. »

Rien de plus, finalement, que les paroles du pape François en juillet 2013 (« Si une personne est gay, qui suis-je pour juger ? ») Mais déjà trop pour les prélats homophobes. Même si, sur le fond, ces phrases ne changeaient rien : la seule union conforme au dessein de dieu restait celle d’un homme et d’une femme. Dessein qui se confond avec une prétendue « loi naturelle », celle que prônent les affidés de la manif anti mariage pour tous, celle d’un idéal de la famille avec un père, une mère et des enfants. « Pourtant, dans les Evangiles, rien ne justifie l’existence d’une loi naturelle de laquelle découlerait un idéal familial comme celui de la sainte famille, dont la fête n’a d’ailleurs été instituée qu’au XVIIIe siècle », rappelle une théologienne.

 

Ces débats, comme ceux qui touchent aux divorcés, ne concernent que les fidèles de cette religion, diront certains. Voire. Car, outre que ces propos odieux de prélats entretiennent un climat homophobe, ils deviennent carrément criminels quand, comme au Libéria, ils désignent des boucs émissaires, dans un contexte lourd de craintes donc d’émotions avec la propagation de l'ébola.

Repost0
6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 16:31
La crise ? Oui, mais pas pour tout le monde !

TOP 13 des fortunes européennes

1.- Amancio Ortega, fondateur d’Inditex (48milliards)

2.- Ingvar Kamprad, fondateur d’Ikea (34,3 milliards) 

3.- Liliane Bettencourt, propriétaire de L'Oréal (25,1 milliards) 

4.- Bernard Arnault, propriétaire de LVMH (24,9 milliards). 

5.- Steffan Persson, principal actionnaire de H&M (23,2 milliards). 

6.- Michele Ferrero, propriétaire de Ferrero (18,8 milliards) 

7.- Dieter Schwarz, propriétaire du groupe Schwarz (16,5 milliards)

8.- Georg Schaeffler, propriétaire du groupe Schaeffler (14,8 milliards)

9.- Leonardo Del Vecchio, fondateur  de Luxottica (13,9 milliards) 

10.- Susanne Klatten, héritière de BMW (13,1 milliards) 

11.- John Fredriksen, magnat de Seadrill (12,4 milliards) 

12.- Ernesto Bertarelli (11,8 milliards). 

13.- Johanna Quandt (BMW) (10,7 milliards).

 

 

La banque suisse Julius Baer publie une étude édifiante sur la distribution de la richesse en Europe et au sein de chaque pays. Et son évolution. Ainsi, en Europe les 10% des foyers les plus riches possèdent plus de la moitié de la richesse du continent, cependant que la moitié de la population la moins riche possède moins de 10 % de la richesse totale en Europe.

 

Selon ces données, les dix magnats les plus riches d’Europe totalisent une fortune estimée à plus de 230 milliards d’euros, soit largement plus de quatre fois les sommes consacrées à l’indemnisation du chômage, les aides à l’insertion ou à la réinsertion et la formation professionnelle des chômeurs en France (50 milliards pour plus d’1,4 millions de chômeurs).

 

D’après la banque c’est bien encore la dame Bettencourt la 1ère fortune de France, un poil devant Bernard Arnault (le poil pesant quand même 200 millions). Mais ils devraient additionner leurs fortunes – marions-les ! - pour dépasser l’Espagnol Amancio Ortega, patron d’Inditex, entreprise textile, dont la marque la plus connue est ZARA.

 

La crise ? Oui, mais pas pour tout le monde !
La crise ? Oui, mais pas pour tout le monde !

En France les 10 % les plus riches possèdent la moitié de la richesse nationale et le noyau dur du 1 %, le quart, la France étant à peu près dans la moyenne européenne. Un peu au-dessus de l’Italie et l’Espagne où ce 1 % se contente du cinquième, mais derrière l’Allemagne ou la Suisse où il atteint le tiers !

La crise ? Oui, mais pas pour tout le monde !

Si on quitte ce top 10 ou 13,  ces 10 % et 1 %, pour s’intéresser à la richesse de chaque pays, on découvre, sans trop de surprise, que le Luxembourg occupe la première place avec une richesse moyenne par adulte de plus de 430 000 €, suivi comme il se doit par la Suisse avec près de 395 000 par tête de pipe ; pour compléter le podium, mais loin derrière, la Belgique avec un peu plus de 240 000.

Dans le peloton de queue, on va trouver l’Espagne avec une moyenne par adulte de 92 000 €, devant le Portugal, la Slovénie, la Grèce et la Slovaquie dont le revenu moyen par adulte fait moins du dixième de celui de la Suisse (33 300).

 

La crise ? Oui, mais pas pour tout le monde !

L’impact de la crise se fait sentir de façon très contrastée entre une Suisse qui de 2007 à 2013 voit sa richesse augmenter de plus de 1 000 milliards d’euros, tandis qu’à l’inverse l’Espagne subit une saignée de plus de 1 400 milliard d’euros. Proportionnellement la Grèce a connu quasiment la même catastrophe économique. Baisse du PIB, effondrement des salaires, de la bulle immobilière et spéculative, plus une politique drastique d’austérité qui n’arrive pourtant pas à juguler la dette, expliquent cette chute de – 28 % qui se traduit par un dramatique appauvrissement des plus pauvres.

Pendant ce temps, outre la Suisse à + 68 %, on trouve l’Autriche à + 33 % et l’Allemagne à + 18 %. La France stagne et le Royaume-Uni dont on nous vante les prouesses libérales fait un peu moins bien !

La crise ? Oui, mais pas pour tout le monde !

La concentration des richesses entre les mains du décile le plus aisé, ne donne qu’une idée des inégalités internes dans chaque pays. Aussi, le coefficient de Gini apporte un éclairage plus précis – même s’il faut le compléter par une approche historique sur le temps long, comme le fait Piketty – puisque son échelle mesure le coefficient d’inégalités de chaque pays. Donc plus on va vers 1, plus les inégalités se creusent. En Europe, on est loin des 0,60 du Brésil ou … de la Chine ! Mais ce sont les pays les plus touchés par la crise qui connaissent les plus fortes inégalités : Espagne, Portugal et Grèce.

On note que la France qui en 1995 était à un niveau un peu inférieur à la moyenne européenne, la dépasse maintenant : les inégalités s'accentuent.

 

L'infographie du TOP 10, un peu francisée, est tirée de Público.

Les graphiques de l'étude la la banque.

Données synthétisées
Données synthétisées

Données synthétisées

Repost0
2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 14:35
Homoncule

Homoncule

Durant sept ou huit siècles, selon la doctrine catholique, l’âme humaine n’entrait dans le fœtus mâle qu’environ 40 jours après la conception et dans le fœtus femelle pas avant 80 jours. Donc, avorter avant l’arrivée de l’âme n’était pas pécher.

 

La doctrine de l’église catholique sur l’avortement n’a pas toujours été celle de maintenant qui considère tout embryon comme un être humain en puissance. Ce ne le fut qu’à partir de Pie IX en 1869, quand Rome décida de cesser de faire la distinction entre fœtus animatus et inaminatus, fœtus ayant une âme et fœtus encore sans âme ; cette césure qui marquait la frontière entre moral et immoral donc, dans la traduction de la loi divine en loi des hommes, entre légal et illégal.

 

Car, entre le XIIe et le XIXe siècles, l’idée prédominante, chez les théologiens était que l’âme humaine entrait dans le fœtus mâle vers le quarantième jour, et dans le fœtus femelle aux alentours du quatre-vingtième. Ainsi, jusqu'à presque 6 semaines pour les garçons, et quasi 12 semaines pour les filles, avorter ne pouvait être considéré comme un péché. Et comme, à l’époque, il était impossible de connaître le sexe de l’embryon avant sa naissance (ou l’avortement), l’église, dans sa grande indulgence, ne prononçait d’excommunication que pour les avortements au-delà du quatre-vingtième jour supposé (selon ce que dit Laura Bossi dans « Histoire naturelle de l’âme »).

Quand l’église admettait l’avortement !

Curieusement la doctrine actuelle, consacrée par le droit canon en 1917 et de nouveau en 1983 sous la papauté de Jean-Paul II, renoue avec celle qui avait cours dans l’église au IVe siècle, quand Basile de Césarée (dit Basile-le-Grand) et Grégoire de Nysse, pères de l’église, défendaient la thèse d’origine stoïcienne que l’âme, en quelque sorte, s’injectait avec le sperme dans l’utérus, que l’embryon était « animé » - pourvu d’une âme – dès la conception.

Le naturaliste Albert le Grand, qui fut le maître de Thomas d’Aquin fut aussi partisan de cette animation simultanée, mais son propre disciple, Thomas, se ralliera à la thèse, défendue par Aristote, de l’animation retardée de l’embryon.

 

Et comment se fait-ce que les embryons masculins s’animent avant les féminins ? C’est aussi une idée aristotélicienne. Dans son Histoire des animaux, le philosophe grec prône l’idée d’une supériorité masculine dans l’échelle de la nature (scala naturae), que les fœtus masculins soient animés avant les féminins est donc tout-à-fait logique.

Sa thèse était parfaitement raccord avec l’Ancien Testament (Lévitique, 12, 1-5*) qui dit, en gros, que la femme est impure quarante jours après la naissance d’un garçon et le double après la naissance d’une fille.

Ce qui voudrait dire que, passée la quarantaine de rigueur, les femmes seraient dotées d’une âme équivalente à celle de l’homme. Dieu merci et merci à dieu !

 

On se gardera bien sûr de tout commentaire machiste sur ce différentiel et encore plus de considérations sur le Lévitique que l'on laissera prudemment aux savants exégètes. Mais cet aperçu historique permet de relativiser les péremptoires affirmations des actuels "pères de l'église", qui, à coup de sophismes, veulent imposer leur conception dogmatique, comme en Espagne, pour proscrire l'IVG.

 

 

* Lévitique 12, 1-5

1 ▪ Et l’Éternel parla à Moïse, disant:

2 Parle aux fils d’Israël, en disant: Si une femme conçoit et enfante un fils, elle sera impure sept jours; elle sera impure comme aux jours de l’impureté de ses mois.

3 Et au huitième jour on circoncira la chair du prépuce de l’[enfant].

4 Et elle demeurera trente-trois jours dans le sang de sa purification; elle ne touchera aucune chose sainte, et ne viendra pas au sanctuaire, jusqu’à ce que les jours de sa purification soient accomplis.

5 Et si c’est une fille qu’elle enfante, elle sera impure deux semaines comme dans sa séparation, et elle demeurera soixante-six jours dans le sang de sa purification.

Voir aussi Textes sacrés… sacrés textes !

 

    Laura Bossi Histoire naturelle de l’âme, P.U.F., coll. Science, histoire et société, 2003

 

N.B. Cet article est librement inspiré de celui d'un site espagnol, strambotic, dont deux illustrations en sont tirées.

 

 

 

Pour égayer cet austère et théologique article, un numéro de duettistes entre Pedro Almodovar et un certain McNamara dont on doute qu'il soit le fils du Robert McNamara, secrétaire à la défense de Kennedy puis Johnson (celui-là semblerait plus à la défonce).

Entre l'élancé Mcnamara sur ses talons hauts, épaule érotiquement dénudée, moulé dans un magnifique collant noir et le trapu Almodovar avec ses cuissots épais enveloppés dans un laid collant translucide au-dessus d'un slibard d'un autre âge, le contraste est saisissant.

Pour autant que l'on puisse comprendre l'un des deux va être maman - donc pas question d'avorter - et le rejeton sera prénommé Lucifer et fera dans la prostitution.

Mais une traduction par des hispanophones distingués serait la bievenue.

Repost0
1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 10:42
Marie-toi et sois soumise !
Marie-toi et sois soumise !

« Cásate y sé sumisa », ce qui traduit par-dessous la jambe pourrait être « Case toi et  sois sa boniche ». Obéis à ton seigneur et maître, ton mari. Et s'il exige une pipe, tu le suces en pensant à Jésus ! Version espagnole d’un livre italien, éditée par l’archevêque de Grenade.

 

Ce livre écrit par une journaliste italienne, Costanza Miriano, aurait pu être publié dans les années cinquante du siècle précédent.

Nous ne sommes pas les égales des hommes et ne pas le reconnaître est, à tout coup, source de souffrance. La parité n’est pas l’égalité.

 

Elle prône la servitude volontaire :

Maintenant les femmes ne sont plus obligées à être servantes, mais nous pouvons choisir de servir, par amour et pour répondre à notre vocation ! Car l’identité de la femme est l’accueil. Le féminisme, pour l’avoir nié, nous a nui. Et, quand on trahit sa propre nature, on perd tout repère.

Beaucoup de femmes luttent avec leurs maris et sont insupportables. Seulement parce qu’elles n’ont pas compris le secret de l’accueil ni de la soumission, de l’obéissance comme acte de générosité.

Leur bien-être, leur sérénité [des maris], reposent, en partie au moins, sur la capacité de leur femme de supporter leurs caprices, leur fatigue, leur mauvaise humeur, leurs mécontentements.

Un homme ne peut résister à une femme qui le respecte, qui reconnaît son autorité, qui s’efforce de l’écouter loyalement quitte à se mordre la langue plutôt que de donner sa propre façon de voir les choses…

 

   A multiplier les exemples de cucuteries bénites* de cet ouvrage, je vais être soupçonné de vile complaisance par la gent féministe.  Mais, comme le note un critique espagnol sur ce livre, la chroniqueuse religieuse de la RAI est une fondamentaliste chrétienne qui puise son inspiration dans la Bible ou dans les épîtres de Paul.

De fait, dès la Genèse ça démarre mal pour la femme, car dieu lui dit : « Je rendrai tes grossesses très pénibles, et tu accoucheras dans la souffrance. Ton désir se portera vers ton mari, mais lui te dominera. »

Et on comprend que nos bigotes récusent l’ABCD de l’égalité quand on lit dans le sublime Lévitique que, quand la femme accouche d’un mâle, elle sera impure pendant sept jours ; elle sera impure comme au temps de son indisposition menstruelle, mais quand c’est une fille, elle sera impure pendant deux semaines ; elle restera soixante-six jours à se purifier de son sang.

Mais visiblement, quand Mme Miriano écrit que l’épouse, quand son mari lui dit quelque chose, doit l’écouter comme si c’était dieu qui lui parlait s’inspire de Paul de Tarse qui écrivait aux éphésiens de même que l'Église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses.

Marie-toi et sois soumise !

  On comprend donc que Francisco Javier Martínez Fernández, archevêque de Grenade de son état et grand spécialiste du couple - auteur du célèbre apophtegme : Si une femme avorte, tout mâle peut abuser d’elle - ait décidé de se lancer dans l’édition pour remettre les ouailles ibériques, et, en particulier, la partie féminine, dans le droit chemin d’une saine conjugalité.

La soumission à l’époux pouvant entraîner la sainte épouse sur des voies que la morale chrétienne, a priori, récuse, en fin casuiste, notre arzobispo la soulage de toute culpabilité. Si le mari ordonne que sa femme soumise lui fasse une pipe, elle ne peut que se plier à sa volonté, mais elle évitera tout péché en pensant à Jésus ! "Quand je pompe mon mari, moi je pense à Jésus-Christ" psamoldiera-t-elle. 

Devra-t-elle avaler la liqueur séminale et néanmoins maritale comme l’hostie sacrée ? notre archevêque ne va pas, à ma connaissance au moins, aussi loin dans la sanctification de la fellation.

 

* Les hispanistes distingués peuvent approfondir le sujet en faisant défiler les 35 phrases les plus polémiques offertes par l’Huffington Post espagnol

Marie-toi et sois soumise !

Le guide de la bonne épouse a dû inspirer et notre archevêque et notre grenouille de bénitier italienne.

Les non hispanophones comprendront facilement qu’il s’agit de 11 règles pour que le mari soit heureux en ménage.

 

  • Cinq minutes avant son retour soyez fraîche et accueillante, avec retouche de maquillage, etc.
  • Soyez enjouée. Sa dure journée a besoin d'être égayée.
  • Rangez la maison : elle doit paraître impeccable.
  • A la saison froide, préparez un feu dans la cheminée.  Par-dessus tout, veiller à son confort vous procurera une immense satisfaction personnelle.
  • Occupez-vous des gosses, bien sûr.
  • Réduisez les bruits : éliminez tout bruit de machine à laver, séchoir à linge ou aspirateur. Incitez les gniards à être calmes.
  • Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez de la sincérité dans votre désir de lui plaire.
  • Ecoutez-le ; souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres.
  • Ne vous plaignez pas s’il rentre tard, s’il va se divertir sans vous, ou s’il ne rentre pas de la nuit.
  • Ne l’accablez pas de vos problèmes insignifiants.
  • Proposez-lui de se détendre dans une chaise confortable. Préparez-lui une boisson fraîche ou chaude. Proposez-lui d'enlever ses chaussures. Parlez d’une voix suave et plaisante.

 

Cette version espagnole du "Good Wife's Guide", publié en 1960 n’a pas illustré les préceptes finaux qui rejoignent en partie la réflexion morale de l’archevêque :

 

EN CE QUI CONCERNE LES RELATIONS INTIMES AVEC VOTRE MARI, il est important de vous rappeler vos vœux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S'il estime qu'il a besoin de dormir immédiatement, qu'il en soit ainsi. En toute chose, soyez guidée par les désirs de votre mari et ne faites en aucune façon pression sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime.

 

  SI VOTRE MARI SUGGERE L'ACCOUPLEMENT, acceptez alors avec humilité tout en gardant à l'esprit que le plaisir d'un homme est plus important que celui d'une femme ; lorsqu'il atteint l'orgasme, un petit gémissement de votre part l'encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous ayez pu avoir.

 

  SI VOTRE MARI SUGGERE UNE QUELCONQUE DES PRATIQUES MOINS COURANTES, montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez votre éventuel manque d'enthousiasme en gardant le silence. Il est probable que votre mari s'endormira alors rapidement ; ajustez vos vêtements, rafraîchissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits de soin pour les cheveux.

 

 

 

 

Marie-toi et sois soumise !

Florilège de petites phrases homophobes, antisémites ou misogynes de quelques prélats...

 

 

Pour compléter

Juan Luis Cipriani Thorne

Cardinal, archevêque de Lima, membre de l'Opus Dei

 

"Dieu a mis le père à la tête des enfants et l'a rendu respectable, c'est-à-dire digne de respect; et tous nous avons vu dans notre famille que la maman s'occupe du bon fonctionnement de la maison. Ceci est le message de Dieu. Le père est l'autorité de tout le projet familial".

 

"La mère est celle qui modèle tout l'intérieur du foyer, l'ambiance de la maison. Elle corrige le caractère des enfants, prépare les fêtes d'anniversaire, veille à ce que les vêtements soient propres, installe les décorations et les fleurs dans les différentes pièces de la maison; elle donne les permissions aux filles et garçons pour les sorties, les avertit d'être prudents. Ceci est la tâche de la mère. Cela ne veut pas dire que le père et la mère sont égaux, mais ils ont la même dignité".

 

Testigos vivos de Cristo 1999

 

 

 

Repost0
17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 17:07
Konstantin Malofeev, le bigot

Konstantin Malofeev, le bigot

Si l’agité du bocage, de Villiers, a étonnamment déclaré « je ne suis pas croyant », son associé russe, Konstantin Malofeev est lui du style « vieux croyant ». Il a joué un rôle affiché en Crimée et deux de ses anciens collaborateurs ont été derrière la création d’une république auto-proclamée de Donestk ! Un drôle de paroissien ce Malofeev.

 

Or donc, le groupe Puy du Fou International SAS et l’homme d’affaires Konstantin Malofeev ont eu signé un accord pour la création d’un parc à thème historique en Russie. Le parc s’installera sur 300 hectares, le montant global des investissements s’élèvera à 18 milliards de roubles (380 millions d'euros). Et déjà est envisagée un second parc en Crimée.

 

Une Crimée que l’oligarque Malofeev connait bien, puisqu’au plus fort de la crise qui allait aboutir à son annexion par Poutine, il débarquait à Sébastopol, sur la zone de guerre, fin janvier, avec le patriarche russe accompagné de reliques séculaires, "un vrai miracle" ! Deux de ses anciens employés, qui ont sévi en Crimée, Alexandre Borodai et Igor Gikin, vont se retrouver l’un premier ministre de la république auto-proclamée de Donestk et l’autre chef militaire des séparatistes. Et leur ex-patron est plus que soupçonné de "financement illégal de groupes armés et d'actions terroristes" plus ou moins liés au tir de missile ayant abattu le vol MH17. L’union européenne l’a placé sur liste noire. Ce qui a provoqué la réaction indignée du neu-neu : "les sanctions contre Konstantin Malofeev ne sont fondées que sur un délit d'opinion, on lui reproche des déclarations sur son amour de la Russie, l'Union européenne est revenue au temps de la Terreur et les insinuations derrière ces sanctions sont de pures calomnies". La Terreur, pas moins.

 

Bizarrement, le holding financière qu’il dirige - Marshall Capital Partners - porte un nom très états-unien, puisqu’il évoque le fameux plan Marshall, que les vieux croyants, mais cocos cette fois, dénonceraient encore comme symbole de l’impérialisme yankee, que combat le Vendéen farouche ! Mais l’homme d’affaires a aussi lancé une école privée traditionnelle puis une fondation, les deux vouées à Saint-Basile-le-Grand. Et ce fervent adepte de la pure foi orthodoxe créationniste rejette les diaboliques thèses de Darwin sur l'évolution.

 

SUS AU GAY

  Et pour ce nouvel Alexandre Nevski, les chevaliers teutoniques à abattre sont les sataniques homosexuels du lobby gay. Ainsi a-t-il provoqué à Vienne, une réunion secrète anti-gay, où, si l’on en croit Austrian Times, outre Heinz-Christian Strache, président (Bundesparteiobmann) du Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ : Parti de la liberté d'Autriche) parti fondé par Jörg Haider, le peintre monarchiste Ilja Glasunow, on aurait trouvé la petite Marion Marechal-Le Pen (ce que dément Aymeric Chauprade – élu européen F-Haine), Volen Siderov chef d’Ataka, parti fasciste affiché de Bulgarie, mais surtout Alexandre Douguine, le chantre des racines hyperboréennes et surtout de l’eurasie. Ce fut la guest star de cette réunion dont l’objet officiel était « l'avenir des valeurs fondamentales de la civilisation chrétienne en Europe, comme la famille ».

 

EURASIA

Ce Douguine mérite qu’on s’y attarde un peu, car ses théories fumeuses inspirent à l’évidence le maître du Kremlin, Poutine. Dans les années 90, il a frayé avec Alain de Benoist et Robert Steuckers, chantres à l’époque d’une nouvelle droite nationaliste. Avec Limonov, il crée un parti national-bolchevique, pour prôner une révolution conservatrice. Mais c’est sa théorie eurasiste qui en fait tout le charme : l’identité russe est née d’une fusion originale entre les éléments slave et turco-musulman, la Russie constitue un « troisième continent » situé entre l’Occident (dénoncé comme matérialiste et décadent) et l’Asie. Dans sa géopolitique délirante l’Occident, là où le soleil se couche, représente le déclin, la dissolution, l’Eurasie représente la renaissance, c’est le pays des dieux, puisque c’est là que le soleil se lève*. Il faut donc constituer un grand bloc continental eurasien pour lutter contre la puissance atlantiste maritime, figure du mal mondial. Il a fondé un Mouvement social politique pan-russe Eurasia qui compte dans ses dirigeants le Mufti suprême de Russie, Talgat Tadjouddine, ainsi que des officiels bouddhistes et juifs (notamment le rabbin hassidique Avraam Chmoulevitch, dirigeant du mouvement Beat Artzein). Lui-même s’est fait rebaptiser chez les « vieux croyants » - staroodbriadtsy- branche ultra-traditionaliste de l’orthodoxie. Bigots de toute religion unissez-vous !

 

On comprend mieux que le chantre de Charrette, le national-catholique du bocage, notre Vicomte Le Jolis de Villers de Saintignon ait des atomes crochus avec l’oligarque intégriste. Et on peut donc tout craindre quant à la vision de l’histoire de la Russie que les deux associés comptent présenter dans leurs futurs parcs. Pour autant qu’ils se fassent…

 

 

 

* Apparemment, ce Douguine ne s’est pas aperçu que la terre est ronde et que l’est et l’ouest sont, si l’on peut dire, mobiles, c'est-à-dire relatifs. Si Paris est à l’ouest de Moscou, il est à l’est de Nouillorque et ainsi de suite…

 

Voir aussi une note de Marcin Rey sur la famille de Villiers en Russie

Repost0
12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 10:36
IMPÔTS : Mensonge et poujadisme à l’honneur dans le courrier d’Ouest-France

Un responsable de « courrier des lecteurs » a l’embarras du choix face à l’abondance des envois. Choix donc révélateur de l’orientation politique et/ou idéologique dudit responsable, donc du journal qui l’emploie. Surtout quand il ne publie pas une réponse démontant les mensonges du texte retenu.

Ouest-France 08/082014

Ouest-France 08/082014

Lettre envoyée, le jour même, par courriel :

 

Une augmentation d’impôts bidon !

 

Un « contribuable rennais » – courrier des lecteurs du 08/08/2014 – se dit victime d’un racket fiscal. En effet, alors que son revenu 2013 n’a progressé que de 4,65%, l’augmentation de son impôt sur le revenu et de la CSG aurait été de 37,95 % A peine 5% d’un côté, presque 38 % de l’autre, voilà qui paraît exorbitant.

Comme il dit être à la limite des tranches 14% et 30 %, on peut faire un calcul théorique de ses revenus. Le plafond de la tranche 14% est 26 631 € auxquels on ajoutera les 4,65% soit 1238,34 € pour aboutir à 27 869,34 €. Si les revenus de notre retraité avaient stagné, il aurait acquitté 2006 €, avec l’augmentation il en paiera 2162 €, soit une augmentation de 156 €. Ces +7,8% sont assez loin des 38 % annoncés.

Oui, mais il y a la CSG ! Outre qu’il y a quelque abus de langage à assimiler ce qui est une cotisation à l’Assurance maladie à un impôt – les propriétaires de véhicules vont-ils compter l’assurance auto, sous prétexte qu’elle est obligatoire elle-aussi, dans un total de dépenses imposées ? – elle est non proportionnelle donc notre retraité paie le même pourcentage que précédemment sur sa retraite (6,6% sauf erreur).

 

Cette contre-vérité flagrante n’est là que pour introduire un discours anti-fonctionnaires et anti 35 h.

 

Que la diminution du temps de travail soit cause d’une augmentation des troubles musculaires squelettiques, demanderait à être sérieusement étayé.

 

Quant aux fonctionnaires et au PIB, faut-il rappeler que le  PIB non marchand - presque exclusivement le fait des administrations publiques (sécurité, justice, santé, enseignement) - est évalué à son coût de production. Privatiserait-on ces services que le calcul serait le même. Mais les services rendus, pas obligatoirement.

 

Jean-François Launay

Citoyen Luçonnais

 

Faut-il préciser que ce courrier n'a jamais été publiée par Ouest-France ?

 

 

60% qui dit mieux ?

Le contribuable Rennais était, somme toute, modeste dans la contre-vérité puisqu’il ne parlait que d’à peine 38 % d’augmentation avec un revenu en légère progression, mais j’ai lu encore mieux avec un collègue pensionné – comme votre serviteur - qui ne craint pas d’afficher 60% d’augmentation :

 

« 60%. C’est le montant de l’augmentation de mon impôt sur le revenu entre cette année et la précédente. Aucune modification de la famille, aucune augmentation de nos pensions puisqu’elles sont gelées et encore pour un bon bout de temps, aucune activité rémunérée. Je m’étonne, et pourtant je suis un grand défenseur de l’impôt sur le revenu, mais il devrait être progressif, également réparti et ne pas comporter de plafond pour les hauts revenus.

[…]

         Mais là, les impôts augmentent et nos revenus stagnent. C’est la « justice sociale » mise en place par nos dirigeants. C’est le contraire de Robin des Bois ou d’Arsène Lupin, cela ressemblerait plutôt à de l’Al Capone ou du Dillinger. Ce n’est plus de la redistribution, c’est du racket. On prend aux familles modestes pour verser les dividendes aux actionnaires, afin d’obéir aux ordres du Merdef que le premier ministre ira quérir mercredi prochain.

[…]

         Jusqu’à quand le peuple va-t-il accepter de se laisser plumer ainsi ? Va-t-on se bouger enfin ou attendre la victoire du FN « pour voir » ? Mais alors il sera trop tard. »

 

Outre qu’il semble ignorer que l’impôt sur le revenu ne touche qu’un foyer fiscal sur deux, donc dire qu’on prend aux familles modestes est un peu hasardeux, outre que le fameux bouclier fiscal cher à Sarkozy a été supprimé, donc qu’il n’y a plus de plafond pour les hauts revenus, le barême des impôts n’ayant pas bougé jusqu’à 151 200 € annuels déclarés (pour une part) il est totalement impossible qu’à revenus et nombre de parts inchangés, il y ait eu la moindre augmentation.

 

Ce collègue pensionné n’a répondu à mon scepticisme qu’en m’envoyant les montants réclamés par le fisc pour les deux dernières années qui fait bien apparaître cette augmentation, mais il a oublié de m’envoyer les montants déclarés, déduction faite d’éventuels crédits d’impôts, d’une année à l’autre.

 

Et si vraiment, ces revenus sont constants il doit vite demander des explications aux services fiscaux.

Lire : en 2012 jusqu’à 5963€ déclarés rien, de 5964 à 11986 5,5 %, etc.

Lire : en 2012 jusqu’à 5963€ déclarés rien, de 5964 à 11986 5,5 %, etc.

Ce petit tableau excel compare (sauf erreur de votre serviteur) les barêmes 2012 et 2013 (c'est-à-dire ceux qui s'appliquent aux impôts acquittés l'année suivante, 2013 et 2014).

A epsilon prêt, les plafonds de chaque tranche sont inchangés. Une seule différence, une nouvelle tranche au dessus de 151 200€ déclarés (pour une part).

Donc, sauf si on entre dans cette nouvelle tranche, que peu de pensionnés de la fonction publique doivent atteindre, à revenus constants, l'imposition est inchangée.

 

 

Certes des contribuables ont pu voir leurs impôts augmenter, sans augmentation de leurs revenus, avec la baisse du plafond du quotient familial1 pour la deuxième année consécutive, les "majorations de pensions de retraite versées aux parents ayant eu ou élevé au moins trois enfants" auparavant exonérées d'impôt et aujourd'hui imposables2, la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires3 ou encore la "suppression de la demi-part fiscale dont bénéficiaient les parents isolés, les veufs ou veuves ayant eu un enfant" 4, entamée sous Sarkozy et définitivement supprimée cette année par l’actuel gouvernement.

Seule la deuxième mesure peut toucher le pensionné de la fonction publique, mais de là à augmenter ses impôts de 60 %...

 

1 Le plafonnement du quotient familial consiste à limiter la réduction d'impôt résultant de ce quotient. L'avantage en impôt est plafonné à 1 500 € pour chaque demi-part supplémentaire.(http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F2702.xhtml)

 

2 Pour trois enfants, on bénéficie d'une majoration de 10 % du montant de la pension + 5 % par enfant à partir du quatrième. Exemple : pour 5 enfants, la majoration est de 20 %. Depuis l'entrée en vigueur de la loi n° 2013-1278 du 29 décembre 2013 de finances pour 2014, le montant  de la majoration pour enfants des retraites est imposable sur le revenu. La majoration de pension pour enfants percues en 2013 sera donc prise en compte pour le calcul de l'impôt à verser en 2014.

 

3 Cette mesure - fin de la défiscalisations des HS - a été prise en septembre 2012.

 

4 A nuancer : Un parent isolé, célibataire, séparé ou divorcé, a droit à 2 parts de quotient familial. c'est-à-dire que le premier enfant à charge d'un parent isolé compte pour une part entière ; mais cet avantage est plafonné à 3540 euros.

Repost0
8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 21:36
Crash du vol d’Air Algérie : une minable thèse complotiste

Dans la série « on nous cache tout, on nous dit rien », une saloperie complotiste traîne sur des sites soraliens ou à l’inverse anti-musulmans (entendez raciste anti-arabes), sur le vol AH5017 reliant Ouagadougou à Alger.

 

« Pourquoi la France a-t-elle placé ses drapeaux en berne ? Selon la presse étrangère : 33 militaires français et 3 officiers supérieurs du Renseignement français étaient dans l'avion ainsi qu'un responsable du Hezbollah.... », voilà ce que répercute, dans sa lettre qui se veut humoristique, dont l’intitulé plagie Harakiri, un certain Benoist M. Ce soi-disant poète, dans cet envoi par courriel, compile des dessins (ici, la récolte est assez pauvre), s’en prend à Hollande avec encore moins de talent que Mélenchon (injure suprême : Hollande est un boutiquier) et donne dans l’assez habituel contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre. Rien que d’anodin, finalement.

 

Mais là, il ne se sent plus mictionner, en relayant un article d’un Breizh-info, dont l’un des animateurs traduit des articles étrangers pour le réseau Voltaire du cher Ménard et l’autre collabore activement au xénophobe « riposte laïque » et s’affiche comme membre du bloc identitaire.

A noter que cette pseudo information est aussi reprise par un Breiz Atao qui se prétend quotidien de l’état national breton ; il s’affiche clairement fasciste, voire Nazi : ainsi donne-t-il un extrait d’un discours de Goebbels, avec ce commentaire : « BREIZATAO – ISTOR (24/07/2014) A la fin de la vidéo, un extrait édifiant d’un discours du Docteur Joseph Goebbels, ministre de la Propagande, expliquant aux journalistes juifs que le peuple allemand est à bout et qu’ils devraient avoir le bon sens de se taire. Cet avertissement resta lettre morte. » ! Les saillies antisémites de Le Pen, à côté, c’est de la roupie de sansonnet.

 

Reprenons le poulet : donc, dans l’avion, sans qu’on le sût, sur les 51 ou 54 Français du vol, il y aurait eu trois officiers de renseignement et trente-trois militaires, plus un responsable du Hezbollah libanais.

 

La source unique de cette rumeur, Echorouk, un quotidien algérien, dont le site « Sétif info » dit le plus grand bien : « Connu pour son traitement superficiel de l’actualité, (…) ce « journal » s’est spécialisé dans les scandales inventés de toutes pièces, les rumeurs et les fait divers les plus trashs, où ses pseudo-journalistes agissent comme des charognards profitant de la moindre affaire de meurtre ou de viol pour en faire la une de leur « journal » en jouant sur le sensationnel et loin de tout travail journalistique au sens noble du terme.

La connivence de ce journal avec les milieux intégristes en Algérie n’est un secret pour personne. Ayant perdu la bataille du terrorisme, ces forces obscurantistes veulent revenir sous couvert de la défense de l’Islam. Dans ce registre, ce « journal » véhicule dans ces colonnes les idées les plus rétrogrades des intégristes algériens et est allé, il n’y a pas longtemps, jusqu’à mettre sur son site internet une vidéo montrant les terroristes du GSPC tranchant la tête à un gardien de prison de la wilaya de Tizi-Ouzou. » Ce journal respectable tient l’information de cinq sources, dont l’ambassade libanaise à Alger.

 

Et le « boutiquier » Hollande, aidé par son « Interior Minister, Bernard Kaznov », comme dit un autre site algérien en langue anglaise, aurait imposé silence aux médias et aux familles des disparus, pour qu’on ne découvre pas la présence de nos troupes.

 

Mossad ou Tawhid et Jihad ? Anti-juif ou anti-arabe !

 

Et pourquoi donc ?

Pour la version antisémite, c’est évidemment le Mossad qui a descendu l’avion. Et Hollande, pro-israélien forcené, veut bien sûr le cacher à l’opinion publique ! Sauf que, et là notre Benoist, qui confond lui aussi défense de la Paix pour Gaza et glissement progressif dans l’antisémitisme*, n’a pas été très vigilant, la thèse des racistes du camp opposé, les anti-arabes, est que l’attentat est l’œuvre d’un bataillon "Tawhid et Jihad en Afrique de l’Ouest", présent sur le secteur d’après une source d’Echorouk. Ces affreux jihadistes, sunnites, auraient donc flingués l’avion civil et pour descendre les militaires de la France honnie et cerise sur le gâteau, si l’on peut dire, un dignitaire d’une organisation chiite.

 

Sauf que les thèses sont totalement contradictoires.

 

Et surtout que la prétendue information est totalement bidon. Non seulement il aurait fallu obtenir le silence des familles concernées – imaginez une seconde que 36 familles et tous leurs proches et amis pleurent leurs morts sans que dans le quartier ou le village on ne sache que les défunts auraient été militaires – mais aussi engager de bien sinistres acteurs qui auraient feint d’attendre des morts bien civils, famille entière parfois, et dont les cas douloureux étaient évoqués dans la presse locale.

 

Ainsi, dix personnes d’une même famille de Rhône-Alpes, dont quatre enfants, sept membres d’une famille de Remouillé en Loire-atlantique dont quatre enfants, une famille de cinq personnes encore dans la Creuse, un couple et ses deux enfants à Menet dans le Cantal plus la grand-mère habitante du Gard, une jeune humanitaire de Caen, un septuagénaire aussi engagé dans une ONG de La Seyne-sur-Mer, deux humanitaires vosgiens, un adolescent de 16 ans, Calvin, également en "mission de solidarité internationale", un conseiller municipal et le directeur des services techniques de la ville de Vendôme, un couple d’hôteliers français de Ouagadougou, … sont annoncés dans Le Progrès, Ouest-France, La Montagne, etc. comme faisant partie des victimes.

 

On le constate, la théorie complotiste, véhiculée, entre autres par ces deux sites bretons aux racismes opposés, est des plus ignobles car au mépris des morts véritables. Et notre poète, en se faisant complaisamment l’écho de ces sornettes démontre, au mieux, sa jobardise.

 

 

* Sous l’apparente et légitime volonté de protester contre le massacre de civils à Gaza donc contre la politique aveugle de Netanyahou, le Benoist dérive en citant un Hadj au style délirant : « La jarre de Pandore déjà bien ouverte, il [Hollande] la fracasse tel Clovis le crâne de son débiteur dans l’affaire du vase de Soissons. », en affichant un sionisme=racisme du niveau de CRS=SS et enfin en publiant un inventaire, pas hélas à la Prévert, des produits et marques à boycoytter car implantée peu ou prou en Israël.

Figurez-vous que Danone, Nestlé, L’oréal, Accor ont des boutiques, hôtels et même usines en Israël. Mais comme on peut supposer que toutes les grandes marques automobiles ont succursales et concessionnaires, il faudra aussi, après yaourts et café en capsules, nuits d’hôtel chez Ibis, etc. se passer de bagnole. Gaffe quand même que la compagnie de transports urbains de votre cité n’ait pas vendu son savoir-faire à une ville israélienne. Et pour la marche à pied, pas de chaussures Timberland, son patron est sioniste. Le plus sinistrement grotesque est la condamnation de Caterpillar, car l’armée israélienne se sert de ces bulldozers pour détruire des bâtiments à Gaza.

Repost0
25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 14:53
Podemos et Pablo Iglesias : les oubliés de la presse française

Les titres auxquels vous avez échappé : « Podemos, un furoncle dans le sphincter de la gauche », « Iglesias=Satanas » « Podemos : enterrez-les dans la chaux vive » « Le Mélenchon ibérique ».

Podemos et Pablo Iglesias : les oubliés de la presse française

Podemos est né du mouvement des « indignés » - des Indignados aussi efficaces qu’un verre d’eau tiède, disait un de mes contributeurs et néanmoins ami ! Après quatre mois d’existence, Podemos fait, aux européennes, presque 8% des voix et a autant d’élus que le Front de gauche en France ! Et cela sans s’allier avec « Izquierda Unida » (Gauche Unie), regroupement de communistes et d’associatifs liés aux CCOO (Commissions Ouvrières, voisines de la CGT française) et qui, pour l’occasion a élargi ses alliances pour devenir Gauche Plurielle (voilà qui nous rappelle quelque chose). Izquierda Plural (IP) pèse près de 10 % des voix.

 

Même si Podemos a mordu sur l’électorat qu’escomptait IP, les grands perdants sont les deux grands partis PP et PSOE. Alors qu'en 2009, ils avaient rassemblé plus de 82% des suffrages, ils n’en ont rassemblé que 49%. Le bipartisme à l’espagnole en a pris un sérieux coup, même si, mais moins qu’en France, l’abstention était au rendez-vous avec 45 % d’exprimés.

Pour le PSOE, un choc qui a abouti à l’élection à sa tête d’un homme nouveau, le député madrilène Pedro Sánchez.

 

Eh non ! Pablo n’est pas le fils de Julio. Pablo Iglesias Turrión (né à Madrid en 1978), l’âme de Podemos, était professeur de Sciences Politiques à l’Université Complutense à Madrid et présentateur du programme de débat La Tuerka*. Son grand oncle paternel fut fusillé par les franquistes. Son grand-père paternel, socialiste fut commandant dans l’armée républicaine ; condamné à mort, il a passé 5 ans en prison. Sa mère, la première de la famille à entrer à l’Université, a milité dans la clandestinité et son père a connu la prison sous la dictature. « Ses parents l’ont prénommé Pablo en l’honneur d’un autre Iglesias, Pablo Iglesias Posse, père du socialisme espagnol. » “Dans notre famille, on lutte pour la classe ouvrière depuis le XIXe siècle”, dit sa mère (…) Il s’inscrit aux Jeunesses communistes dès 14 ans.

Le débat porte sur les bourses universitaires

Un Mélenchon Hispanique ? Outre que le résultat de Podemos (nous pouvons ou Yes we can) est nettement supérieur, que la méthode de fonctionnement et de désignation des candidats n’a absolument rien à voir, le jeune profesor est un animal à sang-froid : il sait se contenir pour débattre, à l’aise devant les caméras, il participe à des émissions hostiles sans jamais se départir de sa contenance. « Une main de fer idéologique dans un gant de velours ».

Podemos et Pablo Iglesias : les oubliés de la presse française

Des attaques d’une violence inouïe

Et les attaques dont il est l’objet – à la hauteur de la surprise causée par le résultat de Podemos - sont d’une violence inimaginable. « En Espagne la caste est un cancer, mais Pablo Iglesias et ses électeurs devraient être enterrés dans de la chaux vive » ; « Pablo Iglesias, son équipe et ses électeurs sont des scories qui polluent le pays et devraient être exterminés et jetés dans un fossé ».

Le summum de l’indignité étant dans ce détournement du 3 de mayo de Goya - précédé d’un message disant qu’Iglesias devait être jeté dans une fosse, une balle dans le front -  où on reconnaît, outre Iglesias, Juan Carlos Monedero et Teresa Rodríguez, et, sur le sol, déjà mort, Luis Alegre. (El Plural 17/07/2014)

 

Déchaînement haineux de nostalgiques du franquisme marginaux ? Les médias de droite et le PP sont à peine plus modérés. Ainsi, des journalistes d’El Mundo, journal de droite, publient un livre intitulé « Démonter Pablo Iglesias » (“Deconstruyendo a Pablo Iglesias”). Que Podemos soit attaqué comme un risque pour les institutions espagnoles se comprend, puisque Iglesias récuse la transition pacifique après la mort de Franco et veut rétablir la République. Mais, ce libelle, insinue surtout que le nouveau parti aurait été financé par le Venezuela de feu Chavez. S’y ajoutent, pour Iglesias, des accusations de sympathie pour l’ETA.

Et on atteint le sommet de l’odieux avec la dame Aguirre qui pulvérise le point Godwin. Esperanza Aguirre, présidente du Parti Populaire de Madrid, alerte sur le danger de la démagogie populiste qu’incarne la formation de Pablo Iglesias, semblable à celle de Chávez ou Correa (Equateur). Mais surtout elle assure que les leaders de Podemos ont démontré connaître les techniques de propagande incarnées par les génies du mal que furent Willy Münzenberg (membre du PC allemand avant guerre) et Joseph Goebbels ! Venant d’une cacique d’un Parti non défranquisé, miné par la corruption, l’accusation est des plus grotesques.

Podemos et Pablo Iglesias : les oubliés de la presse française

La question de la démocratie

Pour le Recteur de l’Université Complutense, dont Iglesias fut un enseignant contractuel, Podemos est un cas d’école à étudier dans toutes les universités. C’est un mouvement qui traduit le mécontentement et montre que les partis traditionnels et les syndicats n’y apportent pas de réponses. La formation d’Iglesias a su capitaliser cette critique ("capitalizar esa crítica") et la cristalliser dans un mouvement politique dont il reste à voir quel sera son avenir. (Público)

 

 « Il y a un moment où la politique cesse d'être l'art de la prudence et devient l'art du courage » dit Iglesias. La question de la démocratie doit être l’axe du combat pour la rupture qu’il préconise. Selon lui, le combat politique n’est pas entre droite et gauche, mais entre ceux qui prônent la démocratie et ceux qui veulent y mettre un terme. Mais la démocratie qu’il préconise consiste en un mouvement d’expropriation (un movimiento expropiatorio), consistant à enlever le pouvoir aux quelques personnes qui le monopolisent pour le répartir entre tous.

 

Le propos est séduisant. Comme un écho du combat lointain pour l’autogestion.

Teresa Rodríguez, Carlos Jiménez Villarejo, Lola Sánchez, Pablo Echenique

Teresa Rodríguez, Carlos Jiménez Villarejo, Lola Sánchez, Pablo Echenique

Il s’est traduit dans les faits par la désignation, hors tout appareil politique, des candidats de Podemos aux européennes. Sauf que ces primaires citoyennes n’ont réuni que quelques dizaines de milliers de votants. Ainsi, Teresa Rodríguez, deuxième élue, n’avait totalisé que 9000 votes. A côté de cette militante syndicale, plus surprenant est le choix d’un ex-procureur, il est vrai anti-corruption, Carlos Jiménez Villarejo, âgé de 80 ans. Lola Sánchez, la 4e élue, après avoir décroché son diplôme de Sciences Politiques fit partie des exilés économiques, surfant de petits boulots en emplois précaires, en Islande, Ecosse et Etats-Unis, avant de revenir comme serveuse à Carthagène. Pablo Echenique, le cinquième élu, est un scientifique de renom atteint d’une maladie dégénérative qui se bat pour que les personnes handicapées ne soient pas que des sujets de charité publique. (Público)

 

Le programme n’est pas  moins séduisant. 35 heures, retraite à 60 ans, revenu de base assuré à tous, interdiction de licencier aux entreprises qui font des bénéfices, reconnaissance des droits des immigrés, éducation publique, gratuite et laïque, etc. C’est dans le domaine de la Justice qu’il est le plus précis avec l’aggravation des sanctions pour les délits fiscaux, mécanismes démocratiques de contrôle pour apporter la transparence dans l’adjudication des contrats publics, le financement des partis, les rétributions des charges électives.

 

Contrairement à l’ambigu Beppe Grillo, Pablo Iglesias ne joue ni le gourou, ni le splendide isolement. Podemos s’est rapproché d’Izquierda Unida. Au point, dans une émission, de se liguer contre le futur secrétaire général du… PSOE (Pedro Sánchez  ridiculisé titrèrent des sites d’extrême-gauche).

 

Sauf que, comme le rappelle un éditorialiste « l’adversaire n’est pas la gauche. La droite est le grand adversaire. » Une droite de plus en plus proche du franquisme et de plus en plus loin de la démocratie. La revendication républicaine, liée à la condamnation (facile a posteriori) de la transition démocratique - que défend un Cercas et bien sûr un de ses acteurs, Felipe González – n’est peut-être pas d’une urgence absolue.

 

L’équation espagnole est d’autant plus compliquée que viennent se greffer les revendications nationalistes (catalanes, basques et même galiciennes). Et Podemos, si lui, contrairement au Front de gauche, recueille les déçus du socialisme, par son système de fonctionnement, est un mouvement encore très fragile. Ne sera-t-il qu’un feu de paille ?

Après tout, les indignés, qui agissaient sporadiquement en dehors de toute structure syndicale ont, quand même, réussi à donner naissance à cet objet politique non identifié, dont le chef de file ne se prend pas pour un messie. Et ce sera aussi au nouveau secrétaire général du PSOE de faire preuve d’inventivité pour forger une union de la gauche pouvant fédérer cet OPNI.

 

* La Tuerka est une émission de télévision que Pablo Iglesias et ses collaborateurs (professeurs et élèves de sciences politiques à l’université Complutense de Madrid) ont diffusée sur Internet et sur la TNT.

 

 

P.S. Un sondage de juillet inscrit PODEMOS comme 3e force politique espagnole

Podemos et Pablo Iglesias : les oubliés de la presse française

Ce sondage a eu lieu avant le changement à la tête du PSOE.

Il traduit cependant un effondrement des socialistes, alors que le PP, pourtant convaincu de corruption, qui mène une politique régressive sur l'IVG, régresse à peine.

Mais ce qui ressort c'est l'émergence de Podemos à 15 %; dont souffrent, outre le PSOE, IU et UPyD.

Pour les hispanisants, une vidéo de propagande de PODEMOS

Repost0

Présentation

  • : Deblog Notes de J. F. LAUNAY
  • Deblog Notes de J. F. LAUNAY
  • : Education, laïcité, politique et humeurs personnelles, en essayant de ne pas trop se prendre au sérieux.
  • Contact

Nota Bene

Le deblog-notes, même si les articles "politiques" dominent, essaie de ne pas s'y limiter, avec aussi le reflet de lectures (rubrique MLF tenue le plus souvent par MFL), des découvertes d'artistes ou dessinateurs le plus souvent érotiques, des contributions aux tonalités diverses,etc. Pour les articles que je rédige, ils donnent un point de vue : les commentaires sont les bienvenus, mais je me donne bien sûr le droit d'y répondre.

Recherche

Nelle Formule

Overblog - hébergeur du deblog-notes - a réussi l'exploit de lancer une nouvelle formule qui fait perdre des fonctions essentielles de la version précédente. Ainsi des liens vers des sites extérieurs disparaissent (désolé pour  Koppera, cabinet de curiosités, ..). Les albums se sont transformés en diaporamas, avec des cadrages coupeurs de têtes. La gestion des abonnés et des commentaires est aussi transparente que le patrimoine de Copé. Et toutes les fonctions de suivi du deblog-notes - statistiques notamment - sont appauvries.