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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 13:50
CATALOGNE : UN REFERENDUM NI TRANSPARENT NI CREDIBLE

Comme un réflexe pavlovien, référendum et indépendance : deux mots qui provoquent l’adhésion quasi religieuse à gauche. Surtout quand il s’agit de la Catalogne auréolée de souvenirs légendaires de la Guerre d’Espagne. Oubliant que si la majorité du peuple catalan s’est soulevée contre le putsch des généraux félons, la grande bourgeoisie, elle, le soutenait. Oubliant aussi que ce soulèvement se faisait au côté des autres républicains espagnols.

Alors que, comme le souligne le chanteur Joan Manuel Serrat, le scrutin indépendantiste du 1er octobre n’est ni transparent ni crédible. Imposé aux forceps par une majorité, qui ne représente que 47,7 % des voix, au parlement catalan, sans aucun effort de concertation avec les autres groupes de droite comme de gauche, il ne propose qu’un référendum entre le OUI et le OUI.

Boycotté par les autres partis, son résultat n’aura guère plus de valeur que le précédent référendum bidon d’Artur Mas du 9 novembre 2014. Mais il risque de nourrir un contentieux qui va pourrir la vie politique espagnole.

Et une proclamation unilatérale d’indépendance – là on comprend que tous les anti-européens s’en réjouissent – aurait des conséquences bien plus graves pour l’UE que le Brexit !

CATALOGNE : UN REFERENDUM NI TRANSPARENT NI CREDIBLE

El País, dans un dossier, dont vous ne trouverez qu’un aperçu ci-dessous, démonte les mythes et mensonges qui nourrissent l’indépendantisme catalan.

Mythes et mensonges de l’indépendantisme

10 affirmations avancées par les souverainistes catalan et qui ne sont pas vraies

L’indépendantisme catalan se fonde sur quelques affirmations catégoriques et répétées ad libitum. Cela va de légendes historiques (en 1714 une guerre de sécession se conclut par une Catalogne soumise) jusqu’à des divagations économiques (l’Espagne nous vole, hors d’Espagne nous serions plus riches). Tout cela est faux.

Il n’est pas certain, par exemple, au regard des traités européens, qu’une Catalogne indépendante intégrerait automatiquement l’Union européenne. Au contraire, elle risque fort d’être soumise à un périple institutionnel et international complet et hasardeux, avec l’ONU comme première étape. Pas certain non plus que voter soit toujours démocratique ou que le scrutin convoqué le 1er octobre (1-O) soit légal (il est illégal dans son contenu, par son traitement par le Parlement catalan et il viole plusieurs dispositions de la Commission de Venise du Conseil de l’Europe). De même, la Catalogne ne pourrait se séparer légalement de l’Espagne en invoquant le droit à l’autodétermination, car ce droit est réservé aux « peuples soumis à une domination coloniale ». Et prétendre que la Constitution de 1978 est hostile aux catalans est faux.

1. LA GUERRE DE 1714 FUT DE “SECESSION”

La légende indépendantiste, basée sur la vieille historiographie romantique, prétend que la guerre de succession du début du XVIIIe siècle fut une guerre de sécession, d’indépendance de la Catalogne vis-à-vis de l’Espagne. Mais, à l’inverse des colonies américaines qui se libérèrent du joug britannique en 1773, la Catalogne fut soumise au joug espagnol.

 

Il n’en fut rien. Charles II L’ensorcelé étant mort sans descendance directe, deux candidats revendiquèrent la succession. Philippe V de Bourbon, petit-fils de Louis XIV et l’archiduc, Charles d’Autriche. Les Habsbourg comptaient sur l’appui de l’Angleterre (avec les Pays-Bas) qui ne voulait pas d’une hégémonie continentale des Bourbons. Au-delà de la querelle des candidats s’affrontaient déjà le libre-échangisme anglo-hollandais et le protectionnisme physiocrate français, le vague confédéralisme autrichien et le centralisme absolu du roi soleil…

En principe, Barcelone, mercantile, eût dû soutenir le Habsbourg. Mais, au départ, le Bourbon, habilement, sut leur faire miroiter la promesse de deux navires annuels pour les Amériques et surtout Barcelone port franc. Et cela devant le parlement (Cortes) catalan réuni en 1701 (il ne l’avait plus été depuis 1599) et en jurant sur des Constitutions datant du Moyen-Âge. Mais, poussé par le syndrome anti-français, dû à la récente annexion par la France de 1640 à 1652, ils changèrent de camp et rallièrent l’archiduc… qui les abandonna pour aller se faire couronner empereur à Vienne.

S’est donc déclenchée une guerre internationale, doublée d’une guerre civile, qui opposait les partisans du Bourbon à ceux du Habsbourg. Et une guerre civile dans la guerre civile opposant les classes aisées pro-bourbon, aux classes modestes, artisans et boutiquiers, formant une milice pro-Habsbourg et qui furent défaites à Barcelone. La fin de la guerre amorça la révolution économique de la Catalogne, agricole et marchande d’abord, pré-industrielle ensuite.

CATALOGNE : UN REFERENDUM NI TRANSPARENT NI CREDIBLE

Les pères de la Constitution de 1978 : parmi eux Miquel Roca, 1er à droite et Jordi Solé Tura, de dos, deux catalans.

2. LA CONSTITUTION DE 1978 EST HOSTILE AUX CATALANS

Les indépendantistes prétendent que la constitution de 1978 est hostile aux catalans. Et fort des 1,9 millions de voix obtenus aux élections régionales de 2015 par les indépendantistes, 47,7% des votants, veulent l’abroger. Mais la Constitution fut approuvée par 2,7 millions de catalans, 91,09% des votants.  

Et cette constitution est typique d’un état profondément décentralisé, bien plus proche du modèle fédéral allemand que de la centralisation française de l’époque. Ainsi l’article 2 garantit le droit à l’autonomie des nationalités et régions qui composent le pays. Les textes de 1978 et 1979, en ce qui concerne la Catalogne, se sont largement inspirés du statut de 1932, sous la République.

Et les catalans ont joué un rôle pivot dans la vie politique espagnole. Outre bien sûr le PS Catalan – autonome – appuyant Felipe González, les nationalistes modérés de la CiU ont voté quasiment toutes les lois importantes et ont appuyé des gouvernements du PSOE comme du PP.

CATALOGNE : UN REFERENDUM NI TRANSPARENT NI CREDIBLE

Carles Puigdemont, Président et Oriol Junqueras, vice-président de la Generalitat

3. L’AUTONOMIE A ÉCHOUÉ

Les indépendantistes disent que les presque 40 années d’autonomie se soldent par un échec, qu’il y a un processus d’étouffement et de recentralisation et donc qu’il faut dépasser l’autonomie pour aller à l’indépendance.

Le statut de 1979 a établi un système d’autogouvernement sans précédent dans l’histoire de l’Espagne. La reconnaissance officielle de la langue catalane a permis son notable rétablissement ; la responsabilité fiscale et la collecte des impôts sont partagés ; éducation et santé et pour une large part la police sont des compétences du gouvernement autonome. Et le statut de 2006, approuvé par les trois quarts des votants catalans, a encore élargi l’autogouvernement.

Certes, le PP, qui était contre, a essayé de le rogner. Mais certains comme la gauche catalane (ERC) ou la CUP sont mal venus de s’en plaindre qui, comme le PP, ont appelé à voter Non au référendum de 2006 !

"Il existe en Catalogne un nationalisme historique, porté par les élites bourgeoises. Mais maintenant il y a autre chose. Les classes populaires, avec CUP [Candidatura d’Unitat Popular, extrême gauche séparatiste], ne veulent pas connaître l’histoire de la Catalogne mais promouvoir un mouvement révolutionnaire. Le mouvement pour l’indépendance de la Catalogne a toutes les caractéristiques du populisme. Il s’est construit sur une dualité ami-ennemi, sur l’idée d’identité et avec des références vides."

José Luis Villacañas

4. L’ESPAGNE EST UN ÉTAT AUTORITAIRE

L’Espagne est une démocratie que toutes les institutions internationales reconnaissent comme garantissant les libertés fondamentales et les droits individuels et collectifs. L’état de Droit et la séparation des pouvoirs sont garantis par les tribunaux. Elle est signataire de toutes les conventions de l’ONU sur les droits de l’homme et les libertés politiques et civiques ; membre du Conseil de l’Europe elle adhère à ses conventions de protection des droits ; en tant que membre de l’UE elle a signé sa Charte des droits fondamentaux.

Ni le gouvernement de la Generalitat, ni aucune entité indépendantiste n'a déposé un quelconque recours auprès d’instances internationales pour dénoncer une quelconque violation des droits et l’État espagnol n’a jamais été cité et encore moins condamné pour ce type de faits.

Et le Haut commissariat de l’OSCE pour les droits des minorités s’est uniquement penché sur l’intégration des gitans, mais n’a formulé aucune remarque sur le respect des droits linguistiques des minorités.

5 L’ESPAGNE NOUS VOLE

C’est en 2012, du temps d’Artur Mas, que la Generalitat publia un calcul dont il ressortait que la Catalogne apportait 16,4 Milliards nets au budget commun, soit 8,4% du PIB catalan. Et l’ex-président Jordi Pujol d’arrondir à 9% en qualifiant cette contribution de spoliation.

Ce calcul est de la foutaise. Deux économistes catalans font état, pour 2015, d’un apport net au budget commun espagnol de 3,2 milliards, soit 1,6% du PIB.

En fait, la Catalogne contribue au budget commun, en fonction de ses richesses, de son potentiel fiscal plus élevé que la plupart des régions espagnoles, celle de Madrid exceptée.

6 SEULS NOUS SERONS PLUS RICHES

La thèse selon laquelle les catalans seuls seraient plus riches tient beaucoup de l’imagination.

Il est sûr, qu’avec Madrid, le Pays Basque et les Baléares, c’est une des communautés les plus prospères.

Il est sûr aussi qu’en terme de PIB par habitant son niveau se compare à la région Rhône-Alpes en France, la Lombardie en Italie ou le Bade-Wurtenberg en Allemagne.

Mais sûr aussi que c’est au sein de l’économie espagnole, de cet état considéré comme étranger, ennemi ou hostile, que la Catalogne n’a cessé de prospérer.

En cas de sécession, les nationalistes peignent un scénario rose, minimisant ses coûts directs et indirects : augmentation du PIB, de l’emploi, de la capacité d’endettement, donc des pensions et dépenses sociales.

A l’inverse, scénario noir pour le gouvernement espagnol qui estime entre 19 et 30% du PIB l’impact négatif de la sécession.

Entre le rose et le noir, il est plus que probable que la Catalogne, comme le reste de l’Espagne, en cas de séparation, connaîtrait une crise au moins égale à la grande dépression de 2008 à 2013.

La Catalogne pourrait être viable économiquement seule, comme l’est l’Uruguay, mais avant cet hypothétique paradis, elle risque de connaître un aventureux et douloureux purgatoire.

CATALOGNE : UN REFERENDUM NI TRANSPARENT NI CREDIBLE

7 LE DROIT Á L’AUTODÉTERMINATION

La loi sur le référendum, dans son exposé des motifs, invoque le droit imprescriptible et inaliénable à l’autodétermination qui serait reconnu par le droit international.

Or, pour l’ONU le droit à l’autodétermination, face à un état, donc le droit de faire sécession, se limite à la situation particulière des peuples soumis à la domination coloniale ou à d’autres formes de domination ou occupation étrangère.

Mais ce droit à l’autodétermination n’autorise en rien à fomenter des actions mettant en cause l’intégrité territoriale des états souverains, s’ils se conforment au principe d’égalité des droits et dont le gouvernement représente la totalité du peuple sur son territoire. En résumé, les démocraties.

Dans le cas précis de la démocratie espagnole, elle s’est construite avec les catalans, ils ont pu participer à 38 consultations électorales à tous les niveaux, dont quatre référendums (dont deux portaient sur leur statut) et ils participent de plein droit aux institutions du pays. Il est donc difficile d’invoquer un joug colonial ou dictatorial !

L’Ecosse, le Québec ont certes connu des référendums d’autodétermination mais en accord avec le gouvernement central et le Parlement, pas de façon unilatérale. A contrario, le pseudo référendum d’annexion de la Crimée par la Russie a été condamné par le conseil de l’Europe et l’Assemblée générale de l’ONU.

sondage metroscopia

sondage metroscopia

8 PAS DE SORTIE DE L’UE

Rien ne garantit qu’une Catalogne indépendante serait membre de l’Union Européenne d’entrée comme le prétendent les sécessionnistes.

Les présidents successifs de la Commission européenne, Prodi, Barroso et Juncker ont dit, en substance, que si un territoire d’un état membre s’en séparait pour devenir indépendant, ce nouveau pays se convertirait en pays tiers. Il serait donc soumis au processus d’adhésion qui demande l’accord des pays membres, y compris donc l’Espagne.

Même la reconnaissance par l’ONU ne serait pas automatique, puisque qu’il faut l’accord du Conseil de sécurité et un vote des 2/3 de l’Assemblée générale.

Et le maintien dans la zone euro n’est pas plus assuré, donc le recours aux moyens de financement offerts par la BCE.

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Les députés de l’opposition, avec en tête Inés Arrimadas (Ciudadanos), quittent le parlement catalan après le vote de la loi sur le référendum d’indépendance, le 6 septembre 2017.

9 LE REFERENDUM du 1-O EST LÉGAL

Le vote du 1er octobre est légal, selon le gouvernement autonome catalan (Generalitat). Faux.

Pour qu’une décision de scrutin électoral soit légale, vérité première, il faut qu’elle soit prévue par la loi. Or la Constitution n’octroie le droit de provoquer un référendum qu’au Parlement national et au gouvernement. Le scrutin du 1-O a été décidé unilatéralement par décret de la Generalitat.

Même du point de vue de la légalité propre à la Catalogne, les lois votées en septembre sur le référendum et la transition vers la République catalane sont contraires au Statut, puisqu’ils auraient dû réunir les 2/3 des suffrages. Par un tour de passes-passe, cette disposition a été gommée par une modification du Règlement intérieur du Parlement catalan, malgré les avis des juristes du Parlement et du Conseil de garanties statutaires (l’équivalent, au niveau catalan d’un conseil constitutionnel, pour le contrôle de légalité).

Quant à la loi de transition qui devrait entrer en vigueur après le référendum supposé positif – prévoyant l’instauration d’une République catalane – elle préfigure un état autoritaire mettant fin à l’état de Droit puisqu’elle met fin à l’indépendance du pouvoir judiciaire : le Président du Tribunal suprême serait désigné par le Président de la république et toutes les charges judiciaires par une commission mixte où le gouvernement serait majoritaire, tout-à-fait en phase avec l’évolution dictatoriale de la Pologne.

CATALOGNE : UN REFERENDUM NI TRANSPARENT NI CREDIBLE

10 VOTER EST TOUJOURS DÉMOCRATIQUE

« Le référendum est démocratique » c’est le slogan de la campagne sécessionniste du 1-O.

Formulé ainsi, sans nuances, ce principe peut prêter à confusion. Certes, les consultations référendaires, comme mécanisme de démocratie directe, peuvent constituer un bon complément à la démocratie représentative.

Mais les référendums ont aussi été utilisés par les pires dictatures. Le franquisme a ainsi fait approuver sa Loi organique du 13 décembre 1966 par 95% des votants (certains bureaux réussissant l’exploit de dépasser les 100% !).

De plus prétendre que la seule solution pour traiter du sort de la Catalogne au sein de l’Espagne est un référendum d’indépendance n’a aucun sens. Cette revendication ne figurait même pas dans le programme électoral de Junts pel Sí. Ce fut le prix à payer pour souder l’alliance avec la CUP.

Le Président de la Commission de Venise a averti le 2 juin la Generalitat qu’un référendum quelconque devait être négocié avec le gouvernement espagnol et en pleine conformité avec la Constitution, ce qui n’est à l’évidence pas le cas.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 11:29
Espagne championne d’Europe de l’infidélité !

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Espagne championne d’Europe de l’infidélité !

Honte à nous : le coq gaulois se fait plumer par l’aigle ibère, les espagnols sont les champions d’Europe de l’infidélité. C’est ce que proclame El País, s’appuyant sur une étude d’IPSOS.  Et si un bon tiers des  mâles hispaniques se livrent à des fredaines, un quart des épouses et compagnes sont aussi volages…  Il est vrai que d’Isabel II à Juan-Carlos I, la famille royale d’Espagne a donné l’exemple à ses sujets.

¿Cómo pudiste hacerme esto a mí? Yo que te hubiera querido hasta el fin. Sé que te arrepentirás

Comment as-tu pu me faire ça, à moi/Moi qui t’ai aimé jusqu’à la fin/Sache que tu vas t’en repentir !

Cette célébrissime chanson en Espagne de Alaska et Dinarama caricature bien la colère et le soif de vengeance qui s’emparent d’une personne quand elle découvre que son-sa conjoint-e lui a été infidèle !

Quelque chose de plus en plus fréquent si l’on en croit une récente étude réalisée par IPSOS, selon laquelle 30 % de la population serait infidèle, ce qui donnerait à l’Espagne le douteux honneur d’être à la tête de l’Europe en la matière !

Espagne championne d’Europe de l’infidélité !

Selon les données recueillies sur le site de rencontre Ashley Madison, le portrait-robot de l’homme infidèle correspond à quelqu’un de 43 ans, avec un pouvoir d’achat moyen-supérieur, entrepreneur, cadre, médecin ou avocat de profession. Quant à la femme, elle a 34 ans en moyenne, dans 67 % des cas elle est officiellement mariée et travaille dans l’administration, l’enseignement, l'encadrement ou est femme au foyer. 35 % des hommes et 26 % des femmes reconnaissent avoir, au moins une fois, donné un coup de canif dans le contrat.

Espagne championne d’Europe de l’infidélité !

L’infidélité est une question des plus épineuses puisqu’elle est soumise à une double morale. D’un côté, toujours selon l’étude de l’IPSOS, l’immense majorité – 83 % - pense qu’il est possible de rester fidèle à la même personne toute sa vie, mais de l’autre une forte majorité – 65 % - estime qu’il est possible d’être amoureux-se de deux personnes en même temps.  Comment se sortir d’une telle contradiction apparente ?

Espagne championne d’Europe de l’infidélité !

Esteban Cañamares, psychologue clinique et auteur du livre  ¿Por qué le es infiel? (Pourquoi l'on est infidèle ?)(Edition Amat), explique que cette contradiction repose sur de profondes raisons anthropologiques : d’un côté nous sommes des êtres curieux qui recherchons l’aventure et de nouvelles formes d’amour, de l’autre, comme tout primate, nous avons besoin de stabilité émotionnelle. Ces deux tendances contradictoires nous habitent. Cela se traduit par la loi des deux poids deux mesures : nous cherchons à être attirant et à séduire de nouvelles personnes mais en même temps nous voulons que notre partenaire soit fidèle !

Au bout du compte, 13 % des enfants ne sont pas du père officiel.

Espagne championne d’Europe de l’infidélité !

Il est clair que tout baigne tant que l’infidélité reste secrète. Mais les problèmes surgissent quand votre partenaire la découvre. Selon le docteur Cañamares, l’infidèle se fait coincer pour une négligence ou une contradiction qui amène le-la partenaire trompé-e à tirer le fil.

Espagne championne d’Europe de l’infidélité !

Quant aux réactions, pour le praticien, elles sont en règle générale disproportionnées. La majorité explose de colère, abreuve l’infidèle de reproches outrés. En réalité il faudrait faire le contraire, prendre le temps de la réflexion et se demander si l’infidélité est ponctuelle ou systématique, pour élucider si ça va se répéter ou pas.

Espagne championne d’Europe de l’infidélité !

La réaction de la personne trompée sera plus ou moins volcanique en fonction de différents facteurs : le caractère bien sûr, le genre et le mobile de l’infidélité. Ce n’est pas la même chose d’être infidèle par amour ou pour le seul plaisir. Selon une enquête du site d’aventures extraconjugales Victoria Milan, 72% des hommes considèrent que l’infidélité sexuelle est pire que l’infidélité émotionnelle, tandis que 69 % des femmes estiment que l’infidélité émotionnelle est bien plus grave et plus difficile à oublier.

Espagne championne d’Europe de l’infidélité !

Une fois digérée la réalité : pardonner ou ne pas pardonner ? telle est la question.

Pour Esteban Cañamares c’est sans doute le moment de faire le point sur tous les aspects du couple, l’état des relations sexuelles, les relations avec les amis et avec la famille… L’aide d’un professionnel peut permettre de  prendre de la distance pour mieux analyser la question.

« Qu’importe qu’une femme ait été dans les bras d’un autre amant si les qualités de son cœur, si l’égalité de son humeur, la douceur de son caractère, les agréments de son esprit et les grâces de sa personne n’en sont point altérés, et si elle est encore susceptible d’un tendre attachement ? (…) Les femmes sont-elles donc comme les chevaux, auxquels on ne met de prix qu’à proportion qu’ils sont neufs ? (…) Écartons donc la contrainte produite par la jalousie, enfantée par l’amour-propre et l’égoïsme. »

Mirabeau Le Rideaui levé

Mais la question première ne devrait-elle pas être chez nos cocus fâchés (et aussi chez les honteux cavaleurs, qui ne supportent pas la réciproque) de se débarrasser de ce sentiment pernicieux, dévastateur même, la jalousie ?

 

 

Pour compléter on peut revoir "Les frasques d'une femme 'fidèle'" illustrées par Cécile Vallonoux (Nicole Claveloux)

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Publié par JFL J.-F. Launay - dans El País cocu Alaska Y Dinarama IPSOS
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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 17:04
Mazel Tov... Baraka lahoufik...
Mazel Tov... Baraka lahoufik...

El País, quotidien espagnol, compte parmi ses dessinateurs, El Roto - qu'on pourrait traduire par "le brisé" - dont les dessins reflètent bien le pseudo.

En voici quelques échantillons.

 

Mazel Tov... Baraka lahoufik...
Mazel Tov... Baraka lahoufik...
Mazel Tov... Baraka lahoufik...
Mazel Tov... Baraka lahoufik...
Mazel Tov... Baraka lahoufik...
Mazel Tov... Baraka lahoufik...
Mazel Tov... Baraka lahoufik...
Mazel Tov... Baraka lahoufik...

Un peu moins sombre FORGES, autre dessinateur d'El País

Mazel Tov... Baraka lahoufik...
Mazel Tov... Baraka lahoufik...
Le Jamón serrano litéralement jambon de montagne est un jambon cru typiquement espagnol.

Le Jamón serrano litéralement jambon de montagne est un jambon cru typiquement espagnol.

Et enfin ROS à l'humour souvent énigmatique pour le non ibère

Mazel Tov... Baraka lahoufik...

NB "Mazel Tov" est une interjection hébraïque, que j'ai empruntée à un récent commentaire de 'ti suisse', qui veut dire au mot à mot "bonne étoile", c'est-à-dire bonne chance (on va en avoir besoin en 2017 !)

 

PS La 'francisation' des textes est une interprétation qui espère être fidèle à l'esprit des textes originaux.

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Publié par JFL J.-F. Launay - dans El Roto Voeux Forges El País Ros
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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 16:43
La bande à Trump
Manque aussi John Kelly (pressenti le 12/12/16 à la sécurité intérieure),Rex Tillerson (annoncé le 13/12/16 comme Secrétaire d'état) et Rick Perry (prévu le 15/12/16 à l'énergie)

Manque aussi John Kelly (pressenti le 12/12/16 à la sécurité intérieure),Rex Tillerson (annoncé le 13/12/16 comme Secrétaire d'état) et Rick Perry (prévu le 15/12/16 à l'énergie)

Mise à jour

Et deux de chute : après Mike Flynn démissionné pour causes de liaisons avec les Russes, c'est Andrew Puzder qui renonce... Pour succéder à Flynn, après avoir essuyé un refus, Trump a désigné le général H.R. Mc Master à la tête du Conseil de sécurité nationale.

 

Trump constitue une équipe à son image : climato-sceptique, anti Obamacare, détractrice de l’enseignement public, ennemie déclarée des musulmans, poutinophile et iranophobe… Avec quelques milliardaires bien sûr !

Entre un ex-général surnommé le chien enragé et une organisatrice de championnat de catch, entre un médecin anti-IVG et un ancien de Goldman Sachs, entre un négationniste du changement climatique et une milliardaire qui pourfend l’enseignement public, la future équipe – pour peu que chacun-e passe l’obstacle du congrès – de Donald Trump a tout pour combler d’aise le « populiste » Ruffin qui, depuis qu’il a été intronisé meilleur adversaire de la Le Pen, par Todd, ne se sent plus mictionner.

Rex Tillerson et Vladimir Poutine

Rex Tillerson et Vladimir Poutine

Rex Tillerson, patron d’Exxon Mobil, un géant du pétrole, proche de Poutine, a été officiellement désigné, ce mardi 13/12/16, par Trump comme futur Secrétaire d’état. Il supplante donc des candidats plus classiques, comme Mit Romney, dans la lourde charge de représenter la nouvelle administration dans un Monde très inquiet de l’arrivée de Trump à la Maison Blanche.

Tillerson a fait toute sa carrière à ExxonMobil, une entreprise qui fonctionne comme un état dans l’état et qui est alliée avec Rosneft, compagnie pétrolière d’état russe. Il a été décoré, en 2013, de l’Ordre de l’Amitié, des mains de Poutine. «Il est l'Américain qui a eu le plus d'interactions avec Vladimir Poutine à l'exception d'Henry Kissinger», dit de lui John Hamre, de l'institut d'études Center for Strategic and International Studies (CSIS) dont M. Tillerson est membre. Il avait manifesté son opposition aux sanctions, quand la Russie avait annexé la Crimée.

Tillerson dispose d’un impressionnant réseau de contacts. Dans certains pays, les dirigeants d’ExxonMobil, sont plus puissants que le Secrétaire d’état. Cette entreprise, héritière de la Standard Oil de Rockfeller, agit comme un état avec sa propre politique économique étrangère et même sa propre conception des droits de l’Homme ! (S. Coll, Private Empire).

Pendant longtemps, ExxonMobil a financé les groupes qui contestaient le rôle des activités humaines dans le réchauffement climatique. Cependant, Tillerson, contrairement à Trump, a fini par admettre la réalité du changement climatique. Reconnaissance formelle, puisqu’il a refusé de réduire les investissements dans l'exploration de nouveaux puits pétroliers pour lutter contre le réchauffement climatique. (El País )

La bande à Trump

James Mattis est prévu au Pentagone. Une sorte de Janus : chien enragé sur le champ de bataille, mais moine soldat pour sa vie solitaire hors combat. 66 ans, dont 41 dans les marines. Afghanistan, Irak. Son obsession anti-Iran aurait amené Obama à lui demander de prendre sa retraite, l’Iran dont il estime qu’il est la menace principale à l’établissement de la paix au moyen-orient.

Sans aucune expérience politique, ce défenseur de la torture qui s’interroge sur l’OTAN, partage l’attirance de Trump pour Poutine, son appui à la politique de Netanyahu en Israël, et rejette bien sûr l’accord nucléaire avec l’Iran.

La bande à Trump

Mike Pompeo, choisi par Trump pour diriger la CIA, fut un ennemi acharné d’Hillary Clinton, quand elle était secrétaire d’état. Ce charmant personnage, 52 ans, représentant du Kansas est un ultraconservateur du Tea Party. Ses discours incendiaires en ont fait une figure influente de la Chambre des représentants. En tant que membre de la commission de cette chambre qui a enquêté sur l’attaque du consulat de Benghazi qui a coûté la vie à l’ambassadeur US, Chris Stevens, il s’est acharné sur H. Clinton à qui il faisait porter la responsabilité du drame. Il considère aussi que le lanceur d’alerte Edward Snowden est un traître à exécuter. Il accuse les leaders de la communauté musulmane US d’être complices, par leur silence, de l’attentat de Boston. Et comme Trump il prône la torture (noyade simulée). Il fut un farouche opposant de l’accord nucléaire avec l’Iran !

Trump avec le Général McCaster

Trump avec le Général McCaster

Après le refus de Robert S. Harward, Donald Trump a nommé comme nouveau conseiller à la sécurité nationale Herbert Raymond “H.R.” McMaster, un général de 54 ans en exercice. Le président américain a fait cette annonce dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride. Le général Mc Master remplace ainsi Michael Flynn, qui avait été forcé de démissionner la semaine dernière après des révélations sur ses contacts avec l’ambassadeur de Russie à Washington.

“Contrairement à M. Flynn, qui a été son conseiller pendant la campagne électorale l’année dernière, le général McMaster n’a aucun lien avec M. Trump et n’est pas considéré comme un idéologue, ce qui était le cas de l’homme qu’il remplace” (New-York Times cité par Courrier International)

L’excellente réputation du général comporte néanmoins un point faible : son absence d’expérience politique, relève The Washington Post

La bande à Trump

Pour compléter Mike Flynn, un islamophobe convaincu, est prévu comme conseiller à la sécurité nationale. Un des seuls qui peut apporter un minimum d’expérience à l’équipe Trump, puisque cet ex-général a été, sous Obama, chef du service de renseignement du Pentagone, pendant deux ans. Il a donc quelques lueurs sur la lutte contre DAECH et les visées expansionnistes de la Russie ou de la Chine. Mais il partage avec Trump son islamophobie, son attirance pour Poutine et sa haine viscérale d’Hilary Clinton.

Il a été jusqu’à prôner l’extradition de Fetulá Gülen pour complaire à Erdogan.

Et ses détracteurs disent que son bref passage à la tête du service de renseignement du Pentagone est dû à son incompétence.

La bande à Trump

Le Général Flynn n'aura pas fait long feu : à peine nommé, il démissionne !

En effet, il a  "par inadvertance(sic) trompé le vice-président élu et d'autres personnes avec des informations incomplètes sur [ses] discussions téléphoniques avec l'ambassadeur de Russie".

La bande à Trump

Un raciste comme procureur général (en gros le ministre de la Justice), Jeff Sessions. Ce sénateur de l’Alabama a été récusé, en 1986, comme juge fédéral pour ses propos racistes : c’était la première fois, en 50 ans, qu’un président, en l’occurrence, Ronald Reagan, ne validait pas la nomination d’un juge fédéral.

30 ans après, triste revanche, il risque de se trouver à la tête du département de la justice. Département qui supervise le FBI, pilote le système des droits civiques du pays et met en branle des actions judiciaires qui vont de l’immigration à la lutte contre le terrorisme. En tant que sénateur, il a bloqué toute loi sur l’immigration et les sans papiers, ainsi que celles contre la torture.

La bande à Trump

Rien de mieux qu’un climato-sceptique à l’environnement ! Scott Pruitt est vraiment the right man at the right place. Comme Trump, ce procureur retraité de l’Oklahoma ne croit pas au rôle de l’homme dans les changements climatiques. Il a d’ailleurs, dans sa vie active, déployé tout son talent de juriste à tenter de bloquer les mesures de régulations d’Obama. Autant dire qu’avec un pareil responsable, les industriels du charbon, du gaz et du pétrole se frottent les mains. A la poubelle les mesures qui visent à limiter l’utilisation des énergies fossiles.

Les défenseurs de l’environnement clament qu’on veut mettre un pyromane à la tête de ceux chargés de lutter contre l’incendie.

La bande à Trump

Et quoi de mieux aussi, pour le pourfendeur du système, que de nommer un poids lourd de Wall Street, ex banquier de Goldman Sachs, Steven Mnuchin, à la tête du Trésor. Il est vrai qu’il ne sera que le quatrième « goldmaniste » à occuper le poste, après Timothy Geithner, Hank Paulson y Robert Rubin, nommés respectivement par Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton. Il promet qu’il n’y aura pas de baisse d’impôt pour les plus riches, sauf qu’il veut mettre en œuvre la réforme annoncée par Trump : 3 tranches d’impôt direct (12, 25 et 33%) au lieu des 5 sous Obama, la plus élevée atteignant 39,6%, donc pour la tranche la plus élevée, un cadeau de 6,6% ! Il est vrai que la majorité des électeurs dont les revenus dépassent 50 000 $ annuels ont voté Trump (le peuple disent-ils, à Marianne). Quant aux impôts des sociétés ils passeront de 35 à 15% et même à 10% pour un an pour les entreprises qui rapatrieraient des bénéfices déclarés à l’étranger !

Faut-il dire que ce Mnuchin, établi à son compte dans de fructueuses opérations spéculatives, après son passage à Godman Sachs, est à la tête d’une énorme fortune ?

La bande à Trump

Il travaillera avec Wilbur Ross, 78 ans, un autre spéculateur, chargé lui du commerce. Une sorte de Tapie, spécialiste de la reprise des entreprises en difficultés. C’est aussi un multimillionnaire (fortune estimée à 2 900 millions de dolars).

La bande à Trump

Andrew Puzder, patron d’une chaîne de fast food (3300 restos dans 28 pays), est chargé de l’emploi. Il est totalement opposé à la hausse du salaire minimum entrepris par Obama visant à passer de 7,25 $ à 10,10 $ avec objectif de 12 $ en …2020 ! Puzder estime que cette mesure entrave la croissance et l’emploi. Inutile de dire qu’il est farouchement opposé à l’Obamacare !

 

Lui, contrairement à Flynn, n'a même pas réussi à se faire nommer :il retire sa candidature plombée par des révélations sur d'anciens épisodes de sa vie personnelle

 

La bande à Trump

Puzder peut compter sur Tom Price, choisi par Trump comme Secrétaire à la Santé, pour liquider l’Obamacare. Médecin à la retraite, anti IVG, très lié à des associations médicales qui considèrent toute mesure fédérale comme oppressive, ce représentant de la Géorgie depuis 6 législatures, face à l’Obamacare, prônait des aides fiscales à la souscription d’assurance maladie privée.

La bande à Trump

Betsy DeVos, défenseure de l’école privée, choisie comme Secrétaire à l’éducation, appartient à une des plus grandes fortunes familiale des Etats-Unis. Pratiquement inconnue hors du Michigan, elle préconise la mise en œuvre d’un système qui donne toute liberté aux parents de choisir l’école de leurs enfants.  

La fortune de la famille DeVos est estimée à 5 100 millions de dollars. Les DeVos apparaissent comme d’importants bienfaiteurs entraînés par Warren Buffet. Ils ont ainsi fait des dons à des oeuvres allant des hôpitaux à des organismes de promotion des arts. Mais cette générosité finance aussi des actions contre le mariage homosexuel : il y a de la Boutin chez cette Betsy.

Elle dirige le mouvement American Federation of Children qui vise à abolir toute carte scolaire et à promouvoir les écoles privées, les « écoles charters », sorte d'écoles sous contrat financées par des fonds publics. Trump est au diapason qui a soutenu Eva Moskowitz, fondatrice des écoles charters new-yorkaises, Success Academy.

La bande à Trump

Ben Carson est désigné pour s’occuper du logement et du développement urbain. Ce concurrent de Trump lors des primaires républicaines est, pour le moment, le seul afroaméricain de la bande. Bien que Trump ait osé, pendant les primaires, l’accuser d’avoir un tempérament pathologique (!), le neuro-chirirgien a accepté une charge dans son administration.

Sur un ton de prédicateur, Carson s’est posé en champion du camp conservateur, récusant toutes aides aux minorités raciales et accusant Obama d’avoir fait perdre aux E.-U. sa boussole morale, conduisant le pays vers la décadence le la Rome Antique ! Il avait également qualifié la réforme sanitaire d’Obama de la pire chose que l’on ait connue depuis l’esclavage !

A l’instar de Trump, il avait mené sa campagne des primaires contre l’establishement et le politiquement correct ; créationniste et homophobe, proche du Tea Party, il ne dépare pas dans la future bande à Trump.

Le Parti démocrate s’interroge sur la capacité de ce médecin à la retraite à gérer une agence qui dispose d’un budget de 48 000 millions de dollars.

La bande à Trump

Du catch à l’administration des petites entreprises, on trouve la 2e femme, Linda McMahon.

McMahon et son mari sont les fondateurs de la World Wrestling Entertainment (WWE), une entreprise axée sur l’organisation et la diffusion de l’échelle mondiale, de spectacles de combats de catch. Entreprise qui a fait des affaires et des spectacles avec Trump, dont un combat des multimillionnaires où le futur président battit au catch, le mari de McMahon !

Elle a tenté en vain de se faire élire au Sénat.

Après la nomination de Trump aux primaires elle a fait un don de 6 millions de dollars au parti républicain, avec une contribution directe à la campagne de 150 000 $.

Pour Trump, une femme qui a fait passer une entreprise modeste de 13 personnes en une organisation internationale de 800 salariés a évidemment toutes les qualités pour promouvoir les petites entreprises et développer l’esprit d’entreprise.

La bande à Trump

L’ex-Marine John Kelly a été choisi par Trump comme futur secrétaire à la sécurité intérieure. Il sera le 3e général de la future administration. Cet ex directeur de Guantamano qui affirmait sans rire qu’on y respectait les droits de l’homme, cet ex responsable du Commandement Sud de l’armée – c’est-à-dire d’une aire recouvrant Caraïbes et Amérique latine, est sur la même ligne que Trump. Il a déclaré dans un communiqué : «Le peuple américain a voté lors de cette élection pour stopper le terrorisme, récupérer la souveraineté de nos frontières, et mettre fin à l'attitude politiquement correcte qui a trop longtemps régi notre approche de la sécurité nationale» .

C’est donc bien, comme le dit Trump, la personne adéquate pour diriger la mission urgente de freiner l’immigration clandestine, sécuriser les frontières et améliorer la coordination entre services de renseignements et forces de l’ordre. La construction d’un mur à la frontière du Mexique et la déportation massive des sans papiers – deux promesses de campagne de Trump – seront de sa responsabilité. (El País 12/12/16)

La bande à Trump

Quoi de plus normal que de choisir pour être à la tête du Secrétariat de l’énergie, un type qui prônait sa suppression ?  Donc Trump a choisi pour ce poste Rick Perry, ex-gouverneur du très pétrolier Texas, ex-candidat à la Présidence – et qui à l’époque disait pis que pendre de lui – qui promettait de le supprimer. Après Pruitt et Tillerson, le lobby pétrolier renforce son noyautage de la bande à Trump.

La bande à Trump

Voilà donc la bande de branquignols que Trump propose à la première puissance militaire et économique du monde, généraux, ploutocrates, politiciens de bas étages, partageant toutes ses haines, tous ses préjugés, toute son inexpérience ! Et alors qu’il a réuni sur son nom 2 millions de voix de moins que sa rivale, quelques idiots inutiles nous serinent qu’il est l’élu du peuple !

 

 

 

 

Source :

Así es el Gobierno que prepara Donald Trump (El Pais)

 

Voir aussi

Etats-Unis. Trump s'entoure de "faucons" (Courrier international)

 

La bande à Trump
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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 16:23
Après PODEMOS, CIUDADANOS

PODEMOS après un coup de mou reprend la tête au sondage de janvier 2015. Mais un nouveau venu CIUDADANOS – CITOYENS-Parti de la citoyenneté  – apparaît en 4e position. Et son leader, Albert Rivera, est le seul politique espagnol à recueillir plus d’appréciations positives que négatives.

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Le Parti de la citoyenneté est apparu en 2006, mais essentiellement en Catalogne. Comme son nom l’indique, il veut une démocratie de citoyens et non de territoires. Son leader Albert Rivera– élu à sa tête par le hasard d’une liste en ordre alphabétique de prénoms prétend un chroniqueur politique – va prendre la tête de liste aux élections catalanes, contre le statut d’autonomie et pour le bilinguisme. 

Son affiche est des plus dépouillées et dit bien la philosophie de son parti : seules nous importent les personnes et non où elles sont nées, la langue qu’elles parlent, les sous-vêtements qu’elles portent !  Ciutadans-Partit de la Ciutadania en Catalan va faire 3% aux élections de la Généralité de Catalogne en 2006 mais 7,6 % en 2012.

Aux Européennes de 2014, ils font 3% (2 élus) quand PODEMOS en faisait 8% (5 élus).  Les voir surgir dans le sondage de Janvier 2015 à 8 %, en 4e position, devant la Gauche Unie (Izquierda Unida, IU) et  Union, Progrès et Démocratie (UPyD) est inattendu. D’autant qu’Albert Rivera, Président de Ciudadanos, est le seul leader politique à afficher un solde positif d’approbation +5 (il est vrai qu’il n’est connu que par 58 % des sondés). Il fait la quasi unanimité dans son parti (+92). Alors que Pablo Iglesias, leader de PODEMOS, connu de presque tous, voit sa cote de confiance devenir négative -13 et s’effriter dans son propre parti (+73).

Après PODEMOS, CIUDADANOS

CIUDADANOS : motivations du choix

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Intentions de votes Janvier 2015

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Réponses spontanées sur les intentions de vote

Le PSOE, qui avait connu un sursaut en décembre retrouvant presque son score des élections générales de 2011, perd plus de 4 points et régresse en 2e position. En revanche, le tassement connu en décembre par PODEMOS – contre-coup peut-être de sa structuration en parti politique – reprend la tête des sondages. Le PP, plombé par les affaires, après la chute brutale de Novembre, se tasse encore un peu.  L’émergence de Ciudadanos, parti laïque de centre-gauche, semble se faire sur le dos des partis autonomistes et du vote blanc, puisque, à peu de choses près, le total IU/ICV+UPyD est le même d’un mois à l’autre.

Le bipartisme, sur lequel a reposé la transition démocratique puis la consolidation de ce régime, semble mort, dans l’état actuel des choses. Le total des intentions de votes PSOE+PP n’atteint même pas le score du seul PP en 2011. Mais PODEMOS, même avec des alliés comme IU/ICV ou C’s n’aurait pas non plus une majorité. Et, il cristallise plus un électorat protestataire que d’adhésion.

A noter que nos sondeurs ibériques donnent les intentions de vote spontanés (ce qu’à ma connaissance ne font pas nos sondeurs hexagonaux) : la cuisine permettant de passer de ces intentions brutes aux estimations est expliquée dans PODEMOS renversera-t-il l’échiquier politique espagnol ?

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Un peu moins de pessimisme qu'en janvier 2014...

79% des espagnols – soit 10 points de moins qu’en janvier 2014 – pensent que la situation économique de l’Espagne sera encore pire cette année. Même les électeurs potentiels du PP sont 51% à partager ce pronostic négatif.  Se dessine aussi une répartition entre les ultra-pessimistes (IU à 94 et Podemos à 91%) et les pessimistes plus modérés (C’s à 74 et UPyD à 76%) le PSOE à 82% se situant entre les deux.

 

En revanche, s’agissant de leur situation personnelle les estimations connaissent une inflexion positive, modérée mais claire. Ils ne sont plus que 5%, contre 11 un an avant, à craindre le pire. Plus de la moitié à penser qu’elle sera stable et même 3% de plus à penser qu’elle va s’améliorer. Les plus optimistes sont bien sûr PP, mais aussi, plus inattendus, uPyD  (50%). Les plus nombreux à penser que la situation sera équivalente (78%) sont à IU (il est vrai qu’à un certain stade, ça peut difficilement être pire).

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Solde des opinions positives et négatives

Sur le plan des opinions positives, le seul  à tirer son épingle du jeu est le roi Felipe VI, avec un solde positif de +57 et dans tous les électorats, des moins monarchistes IU avec +8 aux +88 du PP, on trouve Podemos à +31, PSOE +75, UPyD +76 (à noter une inversion sur le tableau du bas entre IU et UPyD), Ciudadanos +85 !

 

On l’a vu, de tous les leaders de partis, seul celui de Ciudadanos, Albert Rivera, a un solde légérement positif (+5) et c’est aussi celui qui obtient le score le plus positif chez ses potentiels électeurs (+92). Pablo Iglesias qui était le seul légèrement positif en Novembre 2014 (+1), passe en solde négatif (-13) ; chez les électeurs potentiels, il perd aussi 15 points passant de + 87 en novembre 2014 à +72. Pedro Sanchez ne décolle pas (-16), même s’il gagne un peu en crédibilité dans l’électorat potentiel du PSOE (+56 contre +40 en novembre 2014). Si Rajoy est la lanterne rouge avec -50, il améliore son score global (-63 en novembre) et retrouve du crédit au PP passant de +49 en novembre à  +70.

 

NB Juantxo Lopez de Uralde qui apparaît dans ce classement, un quasi inconnu même des espagnols (10%), est le leader d’un nouveau parti Vert (l’autre ICV est allié à IU).

Après PODEMOS, CIUDADANOS

PODEMOS : d'où viennent les électeurs potentiels de ce nouveau parti ?

Après PODEMOS, CIUDADANOS

PODEMOS : un électorat potentiel moins à gauche que son parti ?

D’après El País, les électeurs potentiels de PODEMOS sont majoritairement masculins, avec un travail, un niveau d’études au moins du second degré et résident, toujours majoritairement, dans des villes de moins de 100 000 habitants. Ils appartiennent à la classe moyenne, et comme ceux d’IU, ils se déclarent non pratiquants, agnostiques ou athées. Leur âge moyen est de 43 ans, seuls les électeurs d’UPyD sont plus jeunes, 40 ans.

 

Sur une échelle qui va de 0=extrême-gauche à 10=extrême-droite, ils se positionnent à 3,9, mais ils perçoivent PODEMOS comme étant plus à gauche qu'eux à 2,8. Ils sont finalement assez proches des électeurs PSOE qui se positionnent eux, en moyenne à  4,2.

Il est vrai que l’électorat potentiel de PODEMOS provient pour un tiers du PSOE+UPyD, donc d’électeurs socialistes ou sociaux-démocrates. Seuls 7% de ces électeurs se définissent comme d’extrême-gauche ou communistes, bien que 16% votèrent IU en 2011.

Après PODEMOS, CIUDADANOS

PODEMOS : motivations des électeurs

La principale motivation du choix des sondés en faveur de PODEMOS reste la déception, le désenchantement à l’encontre du PP et du PSOE.

Cependant l’adhésion aux idées progresse un peu. Et la crédibilté de PODEMOS, la conviction qu’il est une solution fiable pour prendre les rênes du pays, a nettement progressé. Cependant, ce qui prédomine c’est la volonté – apparue dans des sondages antérieurs à l’entrée en lice de PODEMOS – de mettre fin au bipartisme PP/PSOE, jugé responsable de la mauvaise gestion économique et de la corruption. Cette volonté de mettre à bas le bipartisme, transversale, explique sans doute l’émergence de Ciudadanos, attirant un électorat plus modéré. Mais se greffe aussi la question des nationalités et des autonomies….

Difficile, pour qui ne possède pas la langue de Cervantes, de cerner qu’elle est l’idéologie exacte des dirigeants de PODEMOS, idéologie nourrie au lait du bolivarisme à la Chavez, voire du castrisme. Et malgré sa sympathique cola de toréador, la manière dont Iglesias a façonné l’équipe dirigeante de PODEMOS, quasi à son image, peut inquièter.

Cependant, PODEMOS, ne semble pas être une étoile filante : de sondages en sondages, après sa fulgurante apparition aux Européennes, le parti naissant confirme son bon quart d’attractivité. Les experts en sciences politiques qui le dirigent ne peuvent ignorer que se placer à l’extrême-gauche de l’échiquier ferait échouer leur géniale opération.

 

Reste que la fin du bipartisme ne peut qu’obliger à des alliances. Donc à des compromis. Donc à retrouver un peu l’esprit de la transition…

 

Notons une fois encore que mes enquêtes d'opinion espagnoles semblent plus fouillées que celles commandées par la presse française.

Manif du 31-01-2015 Cibeles
Manif du 31-01-2015 Cibeles

Manifestation du 31 janvier 2015 : la Puerta del Sol

En complément :

 

Espagne. Le Podemos de la droite

—José Luis Barbería

Publié le 2 mars 2015 dans El País (extraits) Madrid

Source : Courrier International

 

Le Parti de la citoyenneté, à l’origine catalan, veut lui aussi casser le bipartisme.

 “Je suis un citoyen !” “Voilà qu’il est repris par sa folie des grandeurs.”– Dessin d’El Roto paru dans El PaÍs, Madrid.

 

"Rien ne peut arrêter une idée dont le tour est venu”, doit se répéter le président de Ciudadanos-Partido de la ciudadanía [Citoyens-Parti de la citoyenneté], Albert Rivera. Cette citation de Victor Hugo expliquerait en effet l’ascension fulgurante d’une formation qui, en seulement deux mois, a progressé de huit points dans les sondages pour se situer entre 12 et 14 % des intentions de vote (sondage de février).

 

Même si la terre tremble encore, si l’échiquier politique continue de bouger et si tout est encore possible, force est de constater qu’au centre a surgi un nouveau parti doté d’une identité propre, capable d’ébranler le PP [Parti populaire, au pouvoir, conservateur], de conquérir le vote abstentionniste et d’attirer l’électeur de gauche. Ciudadanos (ou C’s) aurait-il le cœur à gauche et la tête à droite ?

 

Comme Podemos, qui a réussi à rallier (ou déstabiliser) les formations situées à la gauche du PSOE [Parti socialiste ouvrier espagnol], Ciudadanos a absorbé le Centre démocrate libéral [centre droit] et débordé jusqu’à Union, progrès et démocratie [UPyD, centre gauche], qui sillonne les mêmes territoires idéologiques. Podemos et Ciudadanos partagent la même ascension, nourrie au même combustible : la corruption politique, les coupes budgétaires dans les services publics et la colonisation partisane des institutions.

 

Mais la comparaison s’arrête là : ces deux mouvements différents suivent des trajectoires parallèles. Même s’il ne manque pas de militants se disant de gauche, Ciudadanos, qui se définit toujours comme un parti de centre gauche, se veut cependant surtout nouveau et novateur. Le parti refuse ainsi les étiquettes gauche-droite et revendique son caractère progressiste et laïc, par opposition à la droite traditionnelle espagnole. “Nous sommes un parti laïc, partisan d’une très nette séparation de l’Eglise et de l’Etat. Je suis favorable à ce que l’Eglise paye [l’impôt sur les biens immobiliers]. La religion est une affaire privée, tout comme les questions d’avortement et d’euthanasie”, souligne David Lopera, 40 ans, coordinateur de C’s à Xátiva (dans la région de Valence).

 

Cette armée de militants bénévoles qui émerge de la faille engendrée au centre se démarque politiquement de Podemos, même si ces deux phénomènes brandissent le même drapeau du changement, veulent modifier l’état des choses et renverser l’ordre établi. A cette différence près que le militant de C’s qui aujourd’hui se lance en politique, dans la majorité des cas pour la première fois, n’est pas une victime de la crise. Il a certes vu se détériorer ses conditions de vie et se sent floué par le gouvernement et sa gestion de la crise, mais il a un travail et une situation correcte.

 

Son comportement n’est donc ni réactif ni un vote sanction, mais bien une adhésion à une idéologie qui lui convient. De profil modéré, il croit en l’économie de marché, ou du moins l’accepte comme inévitable, et est partisan d’un changement en douceur par le biais du consensus et de la réforme. Disons que son esprit contestataire et son appétit révolutionnaire se limitent au renouvellement de la vie politique, des structures et institutions du pays. L’électeur type de C’s vit en ville, a fait des études universitaires et a entre 25 et 54 ans.

 

Sans préjugés.

Ciudadanos serait-il alors un Podemos de droite ? Toutes les personnes interrogées refusent ce raccourci, même si les sondages montrent que C’s est en augmentation auprès des électeurs de centre droit. Et si dans l’ensemble de l’Espagne le parti est perçu comme centriste, une grande partie des Catalans le classent à l’extrême droite. Il faut dire que pour le nationalisme catalan, comme pour son homologue basque, tous les compatriotes qui s’opposent directement à leurs desseins sont invariablement marqués du sceau de l’infamie du radicalisme. “Si vous ne faites pas de politique, d’autres en feront à votre place. Rejoignez-nous, mais laissez vos préjugés à la maison”, a lancé Albert Rivera au moment de la création du parti à Barcelone, il y a huit ans, en opposition au nationalisme catalan. Le parti avait alors décidé de passer à la vitesse supérieure en choisissant d’essaimer à l’échelle nationale.

 

Tournée de demis.

Cadres et techniciens supérieurs, chefs d’entreprise, étudiants, employés du secteur des services et dirigeants ont tous accepté le message et, portés par la volonté de changer les choses, ont fondé les premiers groupes destinés à propager la parole et le franc-parler de ce jeune dirigeant, séduisant trentenaire aux allures de gendre idéal, encore inconnu d’un tiers des Espagnols. Quelques mois plus tard, l’espoir de départ s’est transformé en enthousiasme avec même, aujourd’hui, une pointe d’euphorie à peine contenue dans les réunions, qui, à défaut de siège officiel, ont lieu dans des bars ou des locaux publics. Depuis que les sondages sont à la hausse, les réunions politiques informelles où le café est souvent remplacé par une tournée de demis se multiplient un peu partout dans les villes, tout comme le nombre des militants : plus de 22 000 déjà à Madrid, presque autant qu’en Catalogne.

 

Comme à l’époque pour l’UPyD et également pour Podemos, les responsables de ces groupes ont la lourde tâche de repérer les opportunistes et les arrivistes soucieux de prendre la “bonne vague” politique du moment pour tâter un peu du pouvoir et obtenir un poste rémunéré. Une bonne partie des électeurs de Ciudadanos viennent du PP (près de 38 %) et le reste vient des abstentionnistes, des nouveaux électeurs, du PSOE et de l’UPyD. Jusqu’à présent Ciudadanos recrutait surtout dans les villes, notamment dans les agglomérations urbaines de plus de 400 000 habitants.

 

Et si les ouvriers et les agriculteurs ne figurent pratiquement pas dans les profils repérés par les sondages, on voit peu à peu apparaître sur le réseau de Ciudadanos (Internet et les réseaux sociaux tiennent lieu de siège officiel du parti) des gens qui se connectent depuis les zones rurales. Sur le terrain des rêves et de l’espoir, Ciudadanos est en concurrence directe avec Podemos. Tous deux se reconnaissent dans la critique du bipartisme et dans la mission de régénérer et assainir le système, mais leur idéologie et leur programme sont très différents. “Podemos est un parti jeune avec des idées de vieux. Si leur modèle est le Venezuela, le nôtre serait le Danemark : un Etat providence compatible avec une économie de marché, mais suffisamment fort pour fournir les services basiques sans asphyxier l’économie”, assène Jésús de Lózar, 62 ans, économiste.

 

Tant que les convulsions tectoniques secouent la politique espagnole, rien n’est stable et rien n’est définitif. Les répliques et les contre-répliques se succèdent. Et au centre, 3 ou 4 millions d’électeurs indécis peuvent toujours faire pencher la balance en faveur des conservateurs du PP ou des sociaux-démocrates du PSOE.

 

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 14:09
Enceinte d’un nain, après l’enterrement de sa vie de jeune fille !

Entendu dans la Nouvelle édition, dans la bouche de la charmante Ophélie Meunier, l’histoire bidon d’une jeune femme de Valence accouchant d’un bébé nain, pour avoir fauté avec un strip-teaseur, quand elle enterrait sa vie de jeune fille. Légende urbaine mais reprise par NRJ, Le Point et beaucoup d’autres. L’esprit d’investigation qui m’anime m’a poussé à aller à la source de l’info : un site espagnol, ce qui va de soi, las cinco del dia, spécialiste des nouvelle curieuses !

 

Or donc, en chapeau, l’article nous apprend qu’à l’occasion de l’enterrement de sa vie de jeune fille ladite a eu quelques faiblesses pour un strip-teaseur nain et que, neuf mois après, elle accoucha d’un petit… nain et dut avouer son forfait à l’époux quelque peu étonné. Assez hardiment l’article conclut que la réalité dépasse la fiction.

 

Sauf que El País reprend l’histoire :

« Une femme de [mettez le nom de la ville] a confessé à son époux que pendant la nuit où elle enterrait sa vie de jeune fille, après force verres, elle a succombé aux charmes du strip-teaseur qui était [noir, chinois, nain, roux…]. Elle fut poussée à cet aveu quand elle eut mis au monde, neuf mois après la noce, un enfant [métis, aux yeux bridés, nain, roux…] »

Chacun peut choisir entre les crochets sa version préférée. Ce ne sera qu’une énième version d’une vieille légende urbaine qui dénonçait les dangers de l’enterrement de la vie de jeune fille.

 

Cette histoire espagnole de la jeune femme, mettant au monde un enfant nain, en réunit donc tous les ingrédients. Alcool, strip, infidélité, issue surprenante. Ce qu’on retrouve dans Snopes un site qui démonte les rumeurs.

 

Le site baptise cet hoax The Bad Bachelorette et explique son origine. Elle remonte au milieu des années 1980 quand l’enterrement de la vie de jeune fille vint concurrencer celle de la vie de garçon. Mais il n’est pas improbable que ce soit une variante d’une légende urbaine beaucoup plus ancienne, celle d’un homme qui injecte à son épouse le sperme d’un homme noir, client de la même prostituée que lui ! Ce procédé assez inouï d’insémination naturelle a même une variante, avec la naissance de (faux) jumeaux, l’un noir, l’autre blanc.

 

Cette légende urbaine sur base d’infidélité, révélée et punie, pimentée de quelques éléments folkloriques, met le plus souvent en relief l’obsession du mélange racial : le petit bâtard, auquel la femme infortunée ou fautive donne le jour, est un métis.

 

Pour en revenir au bébé nain, en dehors de ce rappel de la légende urbaine, plusieurs éléments concrets amenaient à douter de son existence. El Païs a joint l’auteur de l’histoire qui a avoué que son récit était de 3e main – l’amie d’une amie d’une… - et que sa seule certitude est que ça se serait passé à Valence. Mais malgré cette totale absence de source clairement identifiée, le récit a été abondamment répercuté jusque dans les médias étrangers (latino-américains, anglais, français…).

 

Poursuivant son enquête, El País a contacté L’As de Pique, boîte de spectacles spécialisée dans l’animation des enterrements de vie de jeune fille. La seule dans la région de Valence qui compte des nains et naines parmi ses artistes. Un membre de L’As de Pique a assuré qu’aucune des deux personnes atteintes d’achondroplasie n’était responsable d’une quelconque grossesse. Quiconque a vu le spectacle sait qu’il est surtout humoristique et qu’il est pratiquement impossible que la future mariée y passe à la casserole, si l’on ose dire, précisa-t-il.

L’article se conclut ironiquement par un appel à témoignage de première main authentifiant cette nuit arrosée et féconde de Valence.

 

Cependant certaine des nouvelles curieuses de Las cinco del dia valent leur pesant de moutarde. Ainsi de celle qui nous apprend qu’une actrice porno s’est électrocutée, en plein tournage, avec un vibrateur. En fait, quand on lit l’article on s’aperçoit qu’elle a été alertée par les techniciens qui voyaient des étincelles jaillir : l’expression péter des flammes prenait ici presque toute sa vérité. Autre nouvelle sulfureuse, celle d’une lycéenne états-unienne de 16 ans qui se vante auprès de ses petits camarades  d’avoir réalisé un trio licencieux avec deux profs ; résultat les deux malheureux, victimes de sa vantardise, ont été inculpés de relations sexuelles inappropriées avec une élève. Mais la plus plaisante est celle qui nous apprend qu'un ex-leader du Ku-Klux-Klan a eu une relation sexuelle avec un travesti de race noire dans une voiture ("teniendo sexo con un travesti de raza negra en un coche").

Tout cela étant d’une authenticité garantie, bien sûr.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 17:58

 

Barcenas CorruPPlandia-2

Après l’Italie, l’Espagne ? Le gendre du roi – lui-même touché par le scandale de ses chasses aux éléphants – est accusé d’avoir détourné 6 millions d’euros de fonds publics destinés à une fondation. Surtout, Rajoy, le 1er ministre, et le Parti Popular sont touchés de plein fouet par le « caso Barcenas ».

 

Barcenas Elpais 01

Début février, El Païs, publie à la une copie des carnets secrets de la comptabilité de Luis Bàrcenas, ex-trésorier du parti Popular (PP). « Dans la comptabilité de Bárcenas, figure depuis 1997 Mariano Rajoy, président du gouvernement et du parti, avec des paiements toujours identiques qui représentent 25.200 euros par an », révèle El Païs. En liquide, non déclaré et à partir de fonds d’origines suspectes. Cette révélation, sur des enveloppes distribuées à des responsables du PP recoupe celles d’un autre quotidien, El Mundo, qui, cependant, en exonérait Rajoy.

 

Luis el cabrón

barcenas

Luis Bàrcenas, qui connaît le PP mieux que le PP lui-même dira un membre de ce parti, avait déjà été impliqué dans un grand scandale, l’affaire Gürtel - blanchiment, trafic d’influence, favoritisme et fraude fiscale* - qui avait déjà touché des caciques du PP. Guillermo Ortega, maire de Majadahonda, à une soixantaine de kms de Madrid, avait acquis 8 voitures, 5 motos et 1 bateau entre 2001 et 2005, un niveau de dépenses sans aucun rapport avec ses revenus déclarés. Le maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardón,, fut obligé de reconnaître avoir favorisé, avec une "manipulation du rapport technique", l’attribution d’un contrat à une entreprise de Correa (alias Gürtel). Le gendre de José Maria Aznar, ancien Premier ministre PP, est soupçonné d’avoir bénéficié des bienfaits de Correa. Mais surtout Luis Bàrcenas est au centre de cette enquête initiée par le juge Baltazar Garzón. Son nom, sous les initiales "L.B.", "L.B.G.", ou encore sous le pseudonyme "Luis el cabrón" - Luis l’enfoiré - apparaît à maintes reprises.

 

Barcenas Elpais 02

Barcenas, portant vieux beau avec ses costumes bien coupés, ses cheveux gominés, son teint hâlé, est entré au PP à 26 ans. Il a collaboré avec tous les trésoriers avant de le devenir lui-même en 2008. Un bon choix, si l’on en croit la manière dont il a fait prospérer son propre patrimoine. Patrimoine certes placé en Suisse – donc non déclaré – mais qui a atteint 30 millions d’euros, grâce à des opérations boursières et des investissements immobiliers, d’après lui. Rien à voir donc avec sa fonction de trésorier du PP !

 

Distribution d’enveloppes

Barcenas kap-Rajoy-corruption

Mais quand El Mundo révéle que des dirigeants du PP ont reçu pendant vingt ans des compléments de salaires non déclarés provenant d'entreprises privées, là Barcenas  est directement mis en cause dans la distribution d’enveloppes. Et quand El Païs en remet une couche en publiant des comptes manuscrits de 1990 à 2008, établis par Barcenas et Alvaro Lapuerta, comptes qui font apparaître que l’actuel 1er ministre touchait 25 200 € annuels  (en plus de son salaire de chef du parti) et que l’on note que Dolores Cospedal sa n° 2 ou Ana Mato, ministre de la santé avaient aussi droit à leur enveloppe, ça fait désordre.

 

 

 

"Je le dis, c'est une manipulation grossière", a clamé Bàrcenas, interrogé par la chaîne de télévision Antena 3. "Il n'existe pas et il n'a jamais existé de carnet secret" !

Le PP a également démenti que Rajoy en ait palpé. Mais c’est lui qui l’avait nommé trésorier. Après son inculpation dans l’affaire Gürtel, il ne lui a jamais demandé de démissionner.  Mieux, c’est le PP qui lui payait un avocat et il gardait bureau au PP et voiture de fonction. En avril 2010, il aurait été chassé de tout rôle au sein du PP.

Coup de théâtre : Bàrcenas vient de porter plainte pour licenciement abusif. Loin d’être viré en 2010, il a continué à percevoir 21 300 € mensuels, jusqu’au 31 janvier 2013, comme consultant ! Quels secrets détient-il pour avoir été gardé au chaud au sein du PP ? Et quelle vengeance exerce-t-il en révélant ainsi que la n° 2 du PP, María Dolores de Cospedal, a menti en affirmant qu’il n’avait plus rien à voir avec le parti ?

L’Espagne, l’autre « homme malade » de l’Europe ? 

 

Rien d’original penseront des mauvais esprits : rétro-commissions diverses, valises d’argent de la françafrique (merci Bongo et les autres) sans revenir à des emplois fictifs et autres menus mini-affaires style Woerth-Bettencourt, la France n’est pas avare de scandales politico-affairistes. Et ils alimentent aussi les vieilles racines poujadistes (qui remontent à bien avant le papetier de Saint-Céré).

Sauf qu’en Espagne, outre une vie démocratique encore récente, ces scandales viennent se greffer sur des forces centrifuges : des élus catalans appellent à l’auto-détermination vers l’indépendance. Et la situation économique est encore pire qu’en France ou en Italie avec un système bancaire pourri mais néanmoins prédateur, des régions en faillite, un quart de la population active au chômage, plus de la moitié des moins de vingt-cinq ans… et donc un PP hégémonique mais totalement déconsidéré.

 

Barcenas gonzalez-compara-indignados-revueltas-arabes Plus d’homme d’état comme Adolfo Suárez et surtout Felipe González et le roi du 23 février 1981 s’est déconsidéré. La rigueur s’est ajoutée à la rigueur dans une spirale à la grecque. Rajoy a autant de charisme qu’une planche à repasser. Son parti est miné par des querelles internes.

 

Barcenas Manifestacion indignados

Le mouvement des Indignados (ou Mouvement 15-M car né le 15 mai 2011 à la Puerta del sol) a pour seul point commun avec le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, le bouffon italien, le rejet du système politique et en particulier du bipartisme PP-PSOE ; loin d’être né d’un leader aux propos quelque peu suspects, il repose sur des assemblées générales et sa démarche est non-violente. Il se réclame du petit livre de Stéphane Hessel Indignez-vous ! et se réfère aux Printemps arabes. Loin de la xénophobie, des groupes se mobilisent contre les expulsions d’étrangers. Leurs actions pèsent aussi contre les banques qui virent de leur logement les personnes insolvables tout en continuant de leur demander des remboursements.  Et ces indignados ne risquent pas de surgir dans de futures élections, puisqu’ils refusent le jeu électoral. Mais ce refus – ô combien compréhensible – profite surtout à une droite appuyée par une église non dé-franquistée.

 

Barcenas indignados

Une monarchie fragilisée, un premier ministre en danger s’il est prouvé qu’il a menti et touché des enveloppes, une Catalogne sécessionniste et une large fraction des citoyens rejetant une démocratie représentative en échec, sur fond de chômage massif, beaucoup d’ingrédients sont réunis pour faire de l’Espagne, autant que l’Italie, l’homme malade de l’Europe. 

 

 

 

* Une vingtaine d’entreprises, liées à Francisco Correa (alias Gürtel) auraient bénéficié de traitements de faveur de la part des communautés autonomes de Madrid et Valence, de Castilla y Leon et de Galice, gérées par le PP.

 

 

Ci-dessous, le shéma de la corruption

 

 

 

"Chorizo" désigne, en argot, un voyou, un escroc (il se met au féminin : choriza)

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 16:12

Marijuana

Si le Brésil et l’Argentine captent quelques rares fois notre attention hexagonale, aucun média ne fait grand cas du discret voisin, l’Uruguay. Et pourtant, les Uruguayens ont toujours été les plus sensés et les plus avancés du monde hispanique. Ainsi furent-ils les premiers à instaurer le vote des femmes et l’éducation laïque et gratuite. Leur législation sur le divorce a 70 ans d’avance sur celle de l’Espagne*. Et maintenant, ils vont légaliser la marihuana !

 

La mesure a pour partie une cause économique. Dans ce pays, la marihuana rapporte près de 75 millions de dollars par an qui vont intégralement dans les poches des mafias. Na vaudrait-il pas mieux que cette somme profite aux paysans qui cultiveraient légalement le cannabis et paieraient des impôts ?

Scandaleux ? L’alcoolisme sévit aussi. Mais personne n’envisage d’arracher nos beaux vignobles en France ou de fermer les distilleries de whisky en Ecosse ! D’ailleurs tous les buveurs ne sont pas alcooliques. Et la prohibition aux Etats-Unis a eu des effets si désastreux qu’il a fallu revenir sur cette mesure.

 

Mais l’objectif principal de la légalisation est d’améliorer la sécurité. A l’instar de la Cosa Nostra étasunienne, les trafiquants de drogue ont de l’argent et des armes ; ils corrompent tout ce qu’ils approchent et déclenchent autour d’eux un grand nombre d’actions illégales. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la région pour juger des dégâts du trafic : une guérilla endémique en Colombie, des gangs d’adolescents sauvages en Amérique centrale (maras), une guerre avec 50 000 morts au Mexique.

 

La guerre contre la drogue : un échec retentissant !

L’échec de la guerre contre la drogue est si retentissant qu’un ex-président du Mexique, Vincente Fox, des présidents en exercice comme Juan Manuel Santos en Colombie ou le guatémaltèque Otto Pérez Molina, un éminent intellectuel comme Mario Vargas Llosa, peu suspects d’être des hippies attardés, se sont prononcés pour la dépénalisation. L’argument de toutes ces personnalités est purement pragmatique : il est absurde que meurent des dizaines de milliers de personnes parce que des dizaines de milliers d’autres cherchent des paradis artificiels. Sans aucun doute le remède de la prohibition est pire que le mal. Et il est logique de commencer par la marihuana pour explorer de nouvelles stratégies face à la drogue.

 

En Espagne, initiative catalane, des associations de fumeurs se sont formées qui apprennent comment produire du cannabis pour son autoconsommation dans le cadre de la tolérance légale de 72 g par mois. Ainsi leurs membres cessent de financer les trafiquants. Et à Barcelone s’est ouvert un musée du cannabis où l’on prétend que Shakespeare fumait des joints et que la bible recommandait la marihuana !

 

Le but de ces initiatives n’est pas de promouvoir les addictions. L’objectif est de séparer la drogue des armes (il faut noter que le pays le plus gros consommateur du monde, les Etats-unis, est celui où les armes sont totalement légales). La consommation de drogues peut être un problème grave, mais un problème qui relève de la santé publique, pas de la police et encore moins de l’armée.

 

Les uruguayens ont toujours été à l’avant-garde**, tôt ou tard de nombreux pays lui emboîteront le pas.

 

 

roncagliolo  D’après Santiago Roncagliolo  Hora de legalizar

 

* L’instauration de l’enseignement laïque et gratuit, de la séparation de l’église et de l’état en Uruguay datent de la présidence démocratique de José Batlle y Ordoňez (1903-1915) ; le divorce n’a été légalisé en Espagne qu’en 1981. 

** L’écrivain péruvien a une vision un peu édénique de l’histoire de l’Uruguay qui a connu dans les années 70 des escadrons de la mort et une dictature militaire.

 

NB  Cet article ne se veut pas une traduction de celui se S. Roncagliolo, mais une interprétation avec l'espoir qu'elle soit fidèle à l'esprit du texte. Les hispanistes se reporteront au texte original, paru aussi dans El Pais (supplément semanal) du 15/07/12.

 

Cannabis en vente libre : une première mondiale

http://www.courrierinternational.com/une/uruguay-cannabis-en-vente-libre-une-premiere-mondiale?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter

 

 

Sur le même sujet : Légalisation du cannabis, sujet tabou ? et Cécile, fais tourner le oinge !

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