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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 14:34
La revanche de Pedro Sánchez

Tableau allégorique :

Pedro Sánchez,  drapeau du PSOE à la main, connaît l'ascension miraculeuse vers la Présidence du gouvernement, tandis qu'en bas du tableau Felipe González et Jose Luis Zapatero réconfortent Susana Diaz, patronne du PSOE en Andalousie, grande rivale de Sánchez.

Voir le nouveau gouvernement en fin d'article

Qui, au moment où Pedro Sánchez la déposait, aurait parié un bolivar vénézuélien dévalué sur la réussite de sa motion de censure. Au terme d’à peine deux jours de débats, qui ont vu le Président du gouvernement, Rajoy, déserter l’assemblée pendant huit heures, la motion l’emportait par 180 voix. Pari gagnant pour le secrétaire général du PSOE. Défaite bien sûr pour le Parti Popular (PP). Mais aussi pour Ciudadanos. Et situation ambiguë pour Podemos.

Pour ceux qui ne sont pas familiers de la vie politique espagnole reportez-vous à  Dans le labyrinthe de la vie politique espagnole

Il aura fallu que le scandale Gürtel arrive à sa conclusion judiciaire qui s’est soldée par des dizaines d’années de prison pour des caciques du PP, dont Barcenas son ex-trésorier, mais aussi la condamnation formelle du Parti Popular en tant que tel, pour que ses alliés – Ciudadanos (C’s) et PNV (basque) - soient forcés de prendre leur distance. C’s appelle à de nouvelles élections générales, tandis que Sánchez, au nom du PSOE, mais en se gardant bien de solliciter l’avis des barons et en ne recueillant que scepticisme de la part de Felipe González et Zapatero, dépose une motion de censure.

Il faut 176 voix. Le PSOE ne compte que 85 députés. Podemos contraint et forcé appuie mais ses 71 députés, avec ses alliés, ne suffisent pas. Et un plan B était sans doute préparé en coulisse avec C’s à la manœuvre pour aboutir à une dissolution des Cortes et une nouvelle élection. Le PNV basque, soutien de Rajoy jusqu’alors, fut le premier à apporter son soutien. Les partis nationalistes catalans voulaient monnayer le leur. Mais Sánchez n’a semble-t-il rien cédé si ce n’est une volonté de renouer le dialogue. Et ERC et PDeCat ont finalement accepté de voter la motion.

La revanche de Pedro Sánchez

"Pedrito" el patito feo – Pierrot, le vilain petit canard – comme le qualifiait Público, el guapo – le beau gosse - plutôt méprisé par les ex-présidents PSOE et par les barons du parti, à commencer par Susanna Diaz, accède donc à la Présidence du gouvernement, après avoir prêté serment, une première, sans bible ni crucifix.

Il a longtemps mené une carrière de second couteau. Adhérent du PSOE en 1993, il a commencé sa carrière à Bruxelle où il avait décroché un Master en économie politique. Il a commencé à travailler comme assistant de la députée européenne socialiste Bárbara Duhrkop. Il se liera d’amitié avec Oscar López. Il deviendra chef de cabinet de Carlos Westendorp, Haut Représentant international en Bosnie-Herzégovine, pendant la guerre du Kosovo.

En 2000, il forme avec Oscar López et Antonio Hernando l’équipe de confiance de José Blanco, nouveau secrétaire général du PSOE. Mais il est le moins connu des trois. Il se retrouve aux élections municipale de Madrid, en 2003, sur la liste PSOE mais à une place de l’élection : il ne deviendra conseiller qu’après une démission. Il va subir le même sort aux élections générales de 2008, mis sur la liste PSOE à une place qui ne lui garantit pas l’élection, il n'entrera aux Cortes qu'en 2009, quand Pedro Solbes abandonna la politique. Il commence enfin à accéder à une certaine notoriété, les journalistes parlementaires l’ayant élu comme la révélation comme nouveau député en 2010. Mais l’histoire se répète puisque aux élections de 2011 il se retrouve encore à une place de l’élection. Il se prépare à se reconvertir en prof d’université, quand début 2013, Cristina Narbona laisse son siège. Et voilà que ce député de raccroc, quand le secrétaire général du PSOE, Rubalcaba, démissionne, se met en tête de se présenter à sa succession. Bien qu’il sillonne les territoires, personne n’aurait parié un kopeck sur lui. Eduardo Madina, député basque, était le favori.

La revanche de Pedro Sánchez

C’était sans compter sur l’andalouse, Susana Diaz, qui, trouvant Madina trop à gauche, fit voter Sánchez qui l’emporta à la surprise générale. Aux élections générales de 2015, le PSOE obtint le pire résultat de la démocratie post-franquiste. Et ses tentatives de prendre la tête d’une majorité échouèrent. Et aux élections générales suivantes, juin 2016, le score du PSOE fut pire encore, mais il évita le “sorpasso” – le dépassement - par Podemos. Dans la situation de blocage, comme il refuse de laisser Rajoy être investi, les barons du PSOE, Susana Diaz en tête, le mettent en minorité dans les instances : il démission du secrétariat général mais aussi de son si-ge de député pour ne pas avoir, par discipline de groupe, à cautionner l’investiture de Rajoy ! Pour tous, il était fini. Mais non, il va repartir à la reconquête du PSOE et va à nouveau sillonner le pays avec comme slogan « non c’est non » à Rajoy. Et la toute puissante Susana Diaz va être écrasée par le vote des militants.

Et c’est donc ce miraculé qui a su, défiant une fois encore les pronostics, faire passer une motion de censure qui le propulse à 46 ans à la tête de l’Espagne. Comme dans le conte, le vilain petit canard s’est transformé en cygne.

La revanche de Pedro Sánchez

Mariano Rajoy est évidemment le grand perdant, puisque le premier à être déchu par une motion de censure. Sa vie politique se termine donc sans gloire.  Les catalanistes et l’extrême-gauche, dans une sorte de point godwin à la sauce ibérique, en font une réincarnation de Franco. Il serait plutôt un disciple du petit père Queuille : « Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. » Malgré un charisme de bigorneau, une propension à sortir des vérités premières, les coups sournois d’Aznar, le cretino aura quand même tenu 6 ans et son parti, le PP, malgré toutes ses casseroles, sera resté le 1er parti espagnol. Sa fin cependant n’aura pas été très glorieuse – mais finalement à l’image d’un personnage qui au dernier épisode de l’affaire Gürtel a tenté de faire croire qu’il en ignorait tout – qui a fui le débat aux Cortes en disparaissant pendant 8 heures dans un restaurant proche.

La revanche de Pedro Sánchez

Un jour terrible pour Ciudadanos aussi. La convocation d’élections anticipées, dont il comptait sortir en tête non seulement de la droite mais de tous les partis, est repoussée à une date ultérieure que Sánchez s’est bien gardé de préciser. C’s, si on en croit Lluís Bassets, aurait été victime d’une coalition souterraine de fait. Rajoy se serait résolu à cette chute pourtant humiliante, plutôt que de décider des élections anticipées où un PP à la dérive risquait d’être phagocyté par son ex-allié. Le PNV basque comme évidemment les partis nationalistes catalans haïssaient l’idée que ce parti qu’ils qualifient d’espagnoliste soit hégémonique. Podemos même, quelque soit son animosité envers le PSOE, craignait encore plus que C’s passe devant lui.

Rivera n’a plus qu’à espérer que le « gouvernement Frankeinstein » comme il l’appelle échoue et que le PP ne profite pas de sa cure d’opposition pour se refaire la cerise. Mais, pour le moment, il a perdu la main, faute d’avoir su ou pu négocier son appui à la motion de censure contre une dissolution à très court terme.

La revanche de Pedro Sánchez

Podemos a su faire contre mauvaise fortune bon cœur en se ralliant d’entrée à une motion qui l’a sans doute pris de court. Mais sans obtenir aucune contrepartie. Aucune place dans un gouvernement qui, outre des PSOE, ne s’ouvrira qu’à des personnalités ‘civiles’ comme on dit. Et obligé d’appuyer toutes propositions –retraites, salaires, dialogue avec les nationalistes – qu’il préconise, même s’il les juge trop timides.

La revanche de Pedro Sánchez

Reste que pour Sánchez cette prise du pouvoir va être un exercice de haute voltige. D’autant que Susana Diaz et les autres dirigeants régionaux, s’ils l’ont assuré de leur loyauté et félicité de rendre au pays sa dignité et sa décence, le soutiennent comme la corde soutient le pendu. Ses marges de manœuvres sont d’autant plus réduites que le budget a été voté par l’ex-majorité et qu’il s’est engagé de ne pas toucher aux largesses concédées au Pays Basque par Rajoy pour prix du soutien du PNV. Guère plus de marges côté catalan, puisque les poursuites et emprisonnements sont entre les mains de la justice et que, de plus, sur ce dossier les barons du PSOE le guettent. Cependant de sa réussite, qui ne peut être que relative, dépend l’avenir du PSOE. Et tous – barons ou militants – n’ont plus qu’à souhaiter que cette miraculeuse présidence ne soit pas… le chant du cygne !

 

La revanche de Pedro Sánchez

De gauche à droite et de bas en haut :

Pedro Sánchez, Carmen Calvo, José Luis Ábalos, María Jesús Montero, Meritxell Batet

Teresa Ribera, Josep Borrell, Margarita Robles, Nadia Calviño, Pilar Cancela : pressentie n'a finalement pas été retenue.

Carmen Calvo, vice-presidente, ministre de l’égalité et chargée des relations avec le parlement.

José Luis Ábalos, ministre du développement des territoires

María Jesús Montero, ministre des finances

Meritxell Batet, ministre des Administrations Publiques

Teresa Ribera, ministre de la transition écologique

Josep Borrell, ministre des affaires étrangères

Nadia Calviño, ministre de l’économie

Margarita Robles, ministre de la défense

 

Carmen Montón, ministre de la santé

 

 

Pedro Duque, ministre de la science

 

 

 

Magdalena Valerio, ministre du travail

 

 

 

 

 

Isabel Celaá, ministre de l'éducation 

 

 

 

 

Dolores Delgado , ministre de la justice

 

 

 

 

 

Luis Planas, ministre de l'agriculture

 

 

 

 

 

 

 

Reyes Maroto, ministre de l'industrie

 

 

 

 

Fernando Grande-Marlaska, ministre de l'intérieur

 

 

 

 

Màxim Huerta, ministre de la culture et des sports

 

 

 

 

 

Fonctions complètes :

Composición del Gobierno de Pedro Sánchez

La revanche de Pedro Sánchez

Un gouvernement franchement féminin

Une majorité nette de femmes, dans un cabinet où les compétences sont affirmées, avec un subtil équilibre géographique.

Deux signes forts sont envoyés à l'Europe avec la nomination de Josep Borell, ex-président du Parlement européen, aux affaires étrangères et celle de Nadia Calviño, actuellement directrice générale des finances à la commission européenne, comme Ministre de l'économie.

En revanche, la nomination du même Borell, ex-ministre de Felipe González, va déplaire souverainement aux souverainistes catalans auxquels ce catalan lui-même est clairement opposé.

María Jesús Montero a été empruntée à la région andalouse où elle était déjà chargée des finances, elle aura à mettre en oeuvre la réforme de la financiarisation des régions autonomes.

Carmen Calvo, sera seule à la vice-présidence : femme d'expérience, cette andalouse a été ministre de la culture de Zapatero ; docteure en droit constitutionnel c'est elle qui a négocié l'appui du PSOE pour l'application de l'article 155 en Catalogne ; comme ministre de l'égalité elle devra notamment s'atteler à la lutte contre les violences de genre.

A noter que sept membres sont de formation juridique dont deux magistrat-e-s et, à la tête du ministère de la Justice, une procureure.

 

La revanche de Pedro Sánchez
La revanche de Pedro Sánchez
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18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 14:47
Le piège  catalan

De retour d’une escapade sur la Costa Brava, je voudrais vous donner mon sentiment sur la situation en  Catalogne.

Cette région qui  bénéficie d’une large autonomie, et dont le parlement  a voté, fin octobre, avec une courte majorité, une résolution ouvrant la voie à la création d’une république indépendante, se trouve dans une situation  très problématique.

Oriol Junqueras et Carles Puigdemont

Oriol Junqueras et Carles Puigdemont

On est devant un peuple qui revendique depuis plusieurs siècles son autonomie et qui maintenant a franchi un cap en décidant de constituer une nation indépendante … au sein de l’Europe.

Cette revendication fort légitime prend un autre aspect, à la fin du 20ème siècle avec l’entrée de l’Espagne en 1978 dans  l’Union européenne suite à un référendum auquel ont participé les catalans.

Le piège  catalan

Le problème catalan se situe donc, maintenant au 21ème  siècle  dans le cadre du doit international et le dilemme posé aux autorités espagnoles et européennes  est :  la souveraineté  électorale l’emporte  t’elle sur les règles de droit  international ?

Ada COLAU vue par Peridis dessinateur très critique sur la Catalogne.

Ada COLAU vue par Peridis dessinateur très critique sur la Catalogne.

Toujours est-il que l’Espagne se trouve  divisée, la Catalogne est divisée (45 % indépendantistes selon les derniers sondages), les partis politiques sont divisés (PSOE, Podemos , PSC ), la municipalité de Barcelone est divisée (Ada COLAU, maire ne soutient plus les indépendantistes), les villages catalans sont divisés,  les quartiers de Gérone  (fief indépendantiste) sont divisés, et cette division se ressent  même   dans la plupart des  familles

Le piège  catalan

Les décisions, très fermes,  du gouvernement de Mr RAJOY qui nous ramènent aux  méthodes du franquisme, n’ont fait qu’irriter un peu plus cette communauté.

Maintenant tout le monde attend les résultats  des élections  du 21 décembre  en Catalogne, mais  il me semble fort probable que  les indépendantistes arriveront en tête, mais avec une majorité relative et le problème restera entier.

Heureusement que les catalans sont pacifistes (pour le moment) et  que les grandes manifestations de rue se passent dans le calme. Mais  qu’adviendra–t-il après le 21 décembre ?

Il n’y aura pas de gagnant, seulement des perdants….. Quel gâchis !

 

Guy Thérond

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 16:21
Espagne 26J même impasse !

Un site gauchiste peut afficher le montage ci-dessus, le PP est néanmoins le gagnant apparent de ces nouvelles élections générales espagnoles. Et Podemos, le perdant. Le PSOE sauvant la mise et Ciudadanos ne perçant pas. Mais l'impasse paraît totale.

 

Espagne 26J même impasse !
Espagne 26J même impasse !
Espagne 26J même impasse !
Espagne 26J même impasse !

Une proportionnelle parcellisée

Avec pratiquement le même nombre de voix le PNV obtient 5 députés, le Parti Animaliste (eh oui ! ça existe) aucun.

L’utilisation de la loi d’Hondt mais surtout la répartition des sièges entre provinces de tailles diverses favorisent les deux partis arrivés en tête dans les petites provinces. Ainsi le PP et le PSOE ont obtenu des sièges à Soria, Ceuta, Melilla, Ávila, Segovia et Teruel avec moins de 20 000 voix, tandis que Ciudadanos doit en réunir 100 000 pour chaque siège gagné à Madrid !

Les petits partis à vocation nationale sont pénalisés. En revanche, le PNV, qui concentre ses votes sur 3 provinces les rentabilise. Le PP, bien implanté dans les provinces les moins peuplées est le parti national le plus favorisé.

Un jeu de dupes que ces nouvelles élections provoquées par le blocage après celles de décembre.

Le PP malgré ses nombreuses casseroles gagne en voix et en sièges. Le PSOE, l’autre parti traditionnel, donné troisième derrière Podemos, reste 2e.

Les nouveaux partis ne percent pas. Ciudadanos, bien que mené par le dirigeant le moins impopulaire dans les sondages, victime sans doute du vote utile en faveur du PP, perd 8 sièges. Et Podemos alors que son leader Pablo Iglesias avec morgue moquait le PSOE, malgré une alliance avec Izquierda Unidad (rebaptisé en décembre 2015 Unidad Populares), maintient juste le nombre de sièges (69+2) et l’alliance perd nettement en voix et en pourcentage.

La moindre participation (69,84% contre 73,20% le 20 décembre) explique que malgré un nombre de voix légèrement plus faible, le PSOE gagne en pourcentage, mais perd cependant 5 sièges dans la bataille.

Podemos croyait pouvoir tirer le meilleur parti du blocage qu’il avait en grande parti provoqué.

En effet, après avoir poussé le PSOE vers une alliance minoritaire avec Ciudadanos par des exigences inaceptables, Podemos avait accepté la main tendue d’Izquierda Unida (gauche unie essentiellement PC)  qu’il avait dédaigneusement repoussé en décembre.  Certes il perdait l’image de parti transversal, transcendant le clivage droite/gauche, mais la deuxième place que semblait lui assurer l’addition des forces (plus de 24% contre 22% au PSOE le 20D) lui promettait des gains en sièges substantiels. Et les sondages successifs confirmaient la justesse de ce calcul. La dynamique de l’union poussait Unidos Podemos vers une 2e place qui en ferait le leader de la gauche. Pablo Iglesias, avec une ironie arrogante, proposait déjà une vice-présidence à Pedro Sánchez, le socialiste, dans une majorité de gauche.

Espagne 26J même impasse !

Jusqu’au sondage à la sortie des urnes, repris par les quelques médias français qui suivaient un peu ces élections, qui donnaient encore Podemos et ses alliés devant le PSOE en voix et en sièges.

Or  ce front de gauche ibérique perd 1 million de voix  du 20D au 26J, de décembre 2015 à juin 2016 ! Et ne gagne aucun siège. L’ex-dirigeant Juan Carlos Monedero ironise cruellement sur l’infantilisme d’un parti qui a cru dans les sondages, parce que ces sondages disaient ce qu’ils voulaient entendre. Les adversaires de la ligne d’Iglesias– à commencer par son second, Errejón – estiment que la convergence avec Izquierda Unida a été un handicap pour leur parti. L’identification de Podemos avec une gauche traditionnelle et caduque, qui ne fait pas rêver, a terni son image novatrice. En revanche, pour les proches d’Iglesaias, ce fut la campagne électorale, dont Errejón avait la charge, trop consensuelle , trop molle pour tout dire qui a été démobilisatrice.

Un qui échappe à une nuit de longs couteaux, c’est Pedro Sánchez. Non seulement, il a su surmonter la menace extérieure de Podemos qui voulait supplanter le PSOE, mais ainsi il conforte sa place de leader en interne face aux barons, à commencer par Susana Díaz, Présidente de l’Andalousie. Barons qui ont le plus souvent contracté alliance dans leurs régions avec Podemos ou ses alliés locaux, mais s’opposaient à cette éventualité au niveau national, donnant une image d’incohérence à leur parti. Sánchez a eu le courage de se lancer dans une démarche d’investiture qu’il savait perdu d’avance, mais qui permettait de lancer le processus institutionnel.

Pour autant, la stratégie constante d’humiliations menée par Pablo Iglesias à l’encontre du PSOE – se lançant par exemple dans une diatribe virulente et hors de propos contre Felipe González dans sa première intervention au Parlement – à laquelle s’ajoute l’hostilité du PCE envers les socialistes, rend une convergence à gauche très problématique.

Passons sur Ciudadanos qui ne peut-être, au mieux, qu’une force d’appoint, insuffisante pour obtenir une majorité. Juste pour souligner qu’il ne suffit pas d’avoir un leader apparemment populaire (le seul à obtenir un solde positif entre satisfaits et insatisfaits dans les sondages), Albert Rivera, pour faire un gros score.

La preuve inverse est donnée avec le PP, dont le leader, le chef de gouvernement sortant, bat lui les records d’impopularité. Bien que plombé en outre par une succession de scandales, le PP améliore nettement son score (+4,3%), gagne plus d’un demi-million de voix et 14 députés ! Le phénomène Barrabas à l’échelle d’un pays. Le Balkanysme pour un parti entier. Pourri mais en tête. Rajoy, le moins charismatique de tous les leaders, fort de ses presque 8 millions d’électeurs, affirme haut et fort sa volonté de reprendre la direction du gouvernement, soit avec des alliés (mais le PSOE rejette cette hypothèse et C’s rejette Rajoy), soit seul avec des majorités ponctuelles.

Sur le papier, à droite, une alliance PP+C’s+PNV+la coalition canarienne serait à 1 voix de la majorité ; à gauche, PSOE+Podemos devraient aussi convaincre C’s, car même l’apport problématique d’ERC (acceptation ou pas du référendum catalan) et d’EH Bildu ne donne pas de majorité.

L’Espagne semble donc toujours ingouvernable…

 

 

Sources : surtout El País et un peu La Vanguardia

Le Montage introductif (francisé à ma mode) est tiré de Saltimbanquiclicclic

 

A lire : Les Espagnols, fidèles conservateurs Courrier International

 

A noter que les Espagnols ont l'habitude de noter, non sans ambiguïté (le J de 26J peut être aussi bien juin que juillet) les grands évènements de la date du jour suivie de l'initiale du mois : 20D=20 Décembre 2015, 26J=26 Juin 2016 sans oublier le 23F comme Fondateur...

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 16:37
Une Espagne ingouvernable ?

Au lendemain du 20 D – des élections générales – la politique espagnole semble frappée de balkaniysation. Balkanysation : un peu comme Balkany chez nous à Levallois-l’endettée, malgré ses innombrables casseroles, le PP avec presque 29 % des suffrages reste le 1er parti espagnol. Balkanisation : le paysage politique est éclaté et surtout aucune majorité de gouvernement ne semble possible.

Une Espagne ingouvernable ?

Le PP du sortant Rajoy, malgré une campagne très timide et bien qu’accablé par les scandales – Rajoy lui-même palpait des enveloppes au noir distribuées par Barcenas, le trésorier du PP – avec presque 29 % reste le premier parti espagnol. Mais il est loin, très loin, de la majorité absolue conquise en 2011.

Le PSOE sauve sa deuxième place aussi bien en sièges, ce qui était prévu, qu’en voix à 22 % ce qui l’était moins. Il fait, cependant, son pire score depuis la transition démocratique.

L’usure du bipartisme – plus qu’annoncé depuis l’irruption de Podemos aux Européennes – se traduit donc par l’émergence de deux nouveaux partis nationaux.

Podemos, avec des alliances locales fructueuses à Barcelone, à Valence notamment, a réussi son entrée arrivant en 3e position à 21 % et comptant plus d’élus que ne lui en promettaient les projections avec 69 sièges.  

Ciudadanos n’a pas tenu les promesses de l’automne où il semblait avoir le vent en poupe ; avec 14 % et 40 sièges, il ne jouera pas à lui seul, le rôle pivot auquel il aspirait.

Certes les partis de la caste comme disait Podemos ne font plus que 50% contre près de 75 % en 2011, mais de là à clamer comme Pablo Iglesias (Podemos) ou Albert Rivera (C’s) que ce vote historique ouvre une nouvelle phase d’espoir pour l’Espagne,  c’est faire fi d’une réalité arithmétique : aucune majorité absolue ne semble plausible.

Quant à la mi-janvier 2016 le nouveau Parlement sera officiellement installé, le Roi fera appel au leader du parti arrivé en tête, Rajoy, pour former le gouvernement.

Mais même en admettant qu’il puisse convaincre C’s, centre droit, à se joindre au PP, ce qui, a priori, est très improbable, il n’obtient pas la majorité absolue.

Une majorité alternative à gauche – PSOE plus Podemos – même avec l’appui d’Izquierda Unida, ne ferait pas mieux. Il lui faudrait l’appoint des partis catalans et basque (15 sièges) plus tentés normalement par cette potentielle coalition, plus ouverte sur les questions régionalistes.

Mais toutes ces hypothèses sont très fragiles. Les seules coalitions assurant une majorité absolue sont aussi improbables l’une que l’autre :

  • > soit une grande alliance à l’allemande, PP-PSOE, mais cette option a été rejetée par les deux partis avant le scrutin
  • > soit un cartel des non : PSOE-Podemos-C’s, mais Rivera (C’s) a déclaré que son parti ne soutiendrait pas ce qu'il appelle un « groupement de perdants ».

 

 “La menace de la non-gouvernabilité va marquer le jour d’après le 20 décembre, écrit El País, car il manque un accord de plus de trois partis pour obtenir les 176 sièges de la majorité absolue.” (cité et traduit par Courrier International).

 

Et il se pourrait que dès le Printemps les Espagnols soient appelés à reprendre le chemin des urnes.

 

 

Les différentes enquêtes et sondages : CIS fut le plus juste pour le score du PP, Metroscopia a le moins sous-estimé Podemos,mais tous ont largement surestimé Ciudadanos, CIS avait vu juste pour IU...

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 16:23
Après PODEMOS, CIUDADANOS

PODEMOS après un coup de mou reprend la tête au sondage de janvier 2015. Mais un nouveau venu CIUDADANOS – CITOYENS-Parti de la citoyenneté  – apparaît en 4e position. Et son leader, Albert Rivera, est le seul politique espagnol à recueillir plus d’appréciations positives que négatives.

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Le Parti de la citoyenneté est apparu en 2006, mais essentiellement en Catalogne. Comme son nom l’indique, il veut une démocratie de citoyens et non de territoires. Son leader Albert Rivera– élu à sa tête par le hasard d’une liste en ordre alphabétique de prénoms prétend un chroniqueur politique – va prendre la tête de liste aux élections catalanes, contre le statut d’autonomie et pour le bilinguisme. 

Son affiche est des plus dépouillées et dit bien la philosophie de son parti : seules nous importent les personnes et non où elles sont nées, la langue qu’elles parlent, les sous-vêtements qu’elles portent !  Ciutadans-Partit de la Ciutadania en Catalan va faire 3% aux élections de la Généralité de Catalogne en 2006 mais 7,6 % en 2012.

Aux Européennes de 2014, ils font 3% (2 élus) quand PODEMOS en faisait 8% (5 élus).  Les voir surgir dans le sondage de Janvier 2015 à 8 %, en 4e position, devant la Gauche Unie (Izquierda Unida, IU) et  Union, Progrès et Démocratie (UPyD) est inattendu. D’autant qu’Albert Rivera, Président de Ciudadanos, est le seul leader politique à afficher un solde positif d’approbation +5 (il est vrai qu’il n’est connu que par 58 % des sondés). Il fait la quasi unanimité dans son parti (+92). Alors que Pablo Iglesias, leader de PODEMOS, connu de presque tous, voit sa cote de confiance devenir négative -13 et s’effriter dans son propre parti (+73).

Après PODEMOS, CIUDADANOS

CIUDADANOS : motivations du choix

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Intentions de votes Janvier 2015

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Réponses spontanées sur les intentions de vote

Le PSOE, qui avait connu un sursaut en décembre retrouvant presque son score des élections générales de 2011, perd plus de 4 points et régresse en 2e position. En revanche, le tassement connu en décembre par PODEMOS – contre-coup peut-être de sa structuration en parti politique – reprend la tête des sondages. Le PP, plombé par les affaires, après la chute brutale de Novembre, se tasse encore un peu.  L’émergence de Ciudadanos, parti laïque de centre-gauche, semble se faire sur le dos des partis autonomistes et du vote blanc, puisque, à peu de choses près, le total IU/ICV+UPyD est le même d’un mois à l’autre.

Le bipartisme, sur lequel a reposé la transition démocratique puis la consolidation de ce régime, semble mort, dans l’état actuel des choses. Le total des intentions de votes PSOE+PP n’atteint même pas le score du seul PP en 2011. Mais PODEMOS, même avec des alliés comme IU/ICV ou C’s n’aurait pas non plus une majorité. Et, il cristallise plus un électorat protestataire que d’adhésion.

A noter que nos sondeurs ibériques donnent les intentions de vote spontanés (ce qu’à ma connaissance ne font pas nos sondeurs hexagonaux) : la cuisine permettant de passer de ces intentions brutes aux estimations est expliquée dans PODEMOS renversera-t-il l’échiquier politique espagnol ?

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Un peu moins de pessimisme qu'en janvier 2014...

79% des espagnols – soit 10 points de moins qu’en janvier 2014 – pensent que la situation économique de l’Espagne sera encore pire cette année. Même les électeurs potentiels du PP sont 51% à partager ce pronostic négatif.  Se dessine aussi une répartition entre les ultra-pessimistes (IU à 94 et Podemos à 91%) et les pessimistes plus modérés (C’s à 74 et UPyD à 76%) le PSOE à 82% se situant entre les deux.

 

En revanche, s’agissant de leur situation personnelle les estimations connaissent une inflexion positive, modérée mais claire. Ils ne sont plus que 5%, contre 11 un an avant, à craindre le pire. Plus de la moitié à penser qu’elle sera stable et même 3% de plus à penser qu’elle va s’améliorer. Les plus optimistes sont bien sûr PP, mais aussi, plus inattendus, uPyD  (50%). Les plus nombreux à penser que la situation sera équivalente (78%) sont à IU (il est vrai qu’à un certain stade, ça peut difficilement être pire).

Après PODEMOS, CIUDADANOS

Solde des opinions positives et négatives

Sur le plan des opinions positives, le seul  à tirer son épingle du jeu est le roi Felipe VI, avec un solde positif de +57 et dans tous les électorats, des moins monarchistes IU avec +8 aux +88 du PP, on trouve Podemos à +31, PSOE +75, UPyD +76 (à noter une inversion sur le tableau du bas entre IU et UPyD), Ciudadanos +85 !

 

On l’a vu, de tous les leaders de partis, seul celui de Ciudadanos, Albert Rivera, a un solde légérement positif (+5) et c’est aussi celui qui obtient le score le plus positif chez ses potentiels électeurs (+92). Pablo Iglesias qui était le seul légèrement positif en Novembre 2014 (+1), passe en solde négatif (-13) ; chez les électeurs potentiels, il perd aussi 15 points passant de + 87 en novembre 2014 à +72. Pedro Sanchez ne décolle pas (-16), même s’il gagne un peu en crédibilité dans l’électorat potentiel du PSOE (+56 contre +40 en novembre 2014). Si Rajoy est la lanterne rouge avec -50, il améliore son score global (-63 en novembre) et retrouve du crédit au PP passant de +49 en novembre à  +70.

 

NB Juantxo Lopez de Uralde qui apparaît dans ce classement, un quasi inconnu même des espagnols (10%), est le leader d’un nouveau parti Vert (l’autre ICV est allié à IU).

Après PODEMOS, CIUDADANOS

PODEMOS : d'où viennent les électeurs potentiels de ce nouveau parti ?

Après PODEMOS, CIUDADANOS

PODEMOS : un électorat potentiel moins à gauche que son parti ?

D’après El País, les électeurs potentiels de PODEMOS sont majoritairement masculins, avec un travail, un niveau d’études au moins du second degré et résident, toujours majoritairement, dans des villes de moins de 100 000 habitants. Ils appartiennent à la classe moyenne, et comme ceux d’IU, ils se déclarent non pratiquants, agnostiques ou athées. Leur âge moyen est de 43 ans, seuls les électeurs d’UPyD sont plus jeunes, 40 ans.

 

Sur une échelle qui va de 0=extrême-gauche à 10=extrême-droite, ils se positionnent à 3,9, mais ils perçoivent PODEMOS comme étant plus à gauche qu'eux à 2,8. Ils sont finalement assez proches des électeurs PSOE qui se positionnent eux, en moyenne à  4,2.

Il est vrai que l’électorat potentiel de PODEMOS provient pour un tiers du PSOE+UPyD, donc d’électeurs socialistes ou sociaux-démocrates. Seuls 7% de ces électeurs se définissent comme d’extrême-gauche ou communistes, bien que 16% votèrent IU en 2011.

Après PODEMOS, CIUDADANOS

PODEMOS : motivations des électeurs

La principale motivation du choix des sondés en faveur de PODEMOS reste la déception, le désenchantement à l’encontre du PP et du PSOE.

Cependant l’adhésion aux idées progresse un peu. Et la crédibilté de PODEMOS, la conviction qu’il est une solution fiable pour prendre les rênes du pays, a nettement progressé. Cependant, ce qui prédomine c’est la volonté – apparue dans des sondages antérieurs à l’entrée en lice de PODEMOS – de mettre fin au bipartisme PP/PSOE, jugé responsable de la mauvaise gestion économique et de la corruption. Cette volonté de mettre à bas le bipartisme, transversale, explique sans doute l’émergence de Ciudadanos, attirant un électorat plus modéré. Mais se greffe aussi la question des nationalités et des autonomies….

Difficile, pour qui ne possède pas la langue de Cervantes, de cerner qu’elle est l’idéologie exacte des dirigeants de PODEMOS, idéologie nourrie au lait du bolivarisme à la Chavez, voire du castrisme. Et malgré sa sympathique cola de toréador, la manière dont Iglesias a façonné l’équipe dirigeante de PODEMOS, quasi à son image, peut inquièter.

Cependant, PODEMOS, ne semble pas être une étoile filante : de sondages en sondages, après sa fulgurante apparition aux Européennes, le parti naissant confirme son bon quart d’attractivité. Les experts en sciences politiques qui le dirigent ne peuvent ignorer que se placer à l’extrême-gauche de l’échiquier ferait échouer leur géniale opération.

 

Reste que la fin du bipartisme ne peut qu’obliger à des alliances. Donc à des compromis. Donc à retrouver un peu l’esprit de la transition…

 

Notons une fois encore que mes enquêtes d'opinion espagnoles semblent plus fouillées que celles commandées par la presse française.

Manif du 31-01-2015 Cibeles
Manif du 31-01-2015 Cibeles

Manifestation du 31 janvier 2015 : la Puerta del Sol

En complément :

 

Espagne. Le Podemos de la droite

—José Luis Barbería

Publié le 2 mars 2015 dans El País (extraits) Madrid

Source : Courrier International

 

Le Parti de la citoyenneté, à l’origine catalan, veut lui aussi casser le bipartisme.

 “Je suis un citoyen !” “Voilà qu’il est repris par sa folie des grandeurs.”– Dessin d’El Roto paru dans El PaÍs, Madrid.

 

"Rien ne peut arrêter une idée dont le tour est venu”, doit se répéter le président de Ciudadanos-Partido de la ciudadanía [Citoyens-Parti de la citoyenneté], Albert Rivera. Cette citation de Victor Hugo expliquerait en effet l’ascension fulgurante d’une formation qui, en seulement deux mois, a progressé de huit points dans les sondages pour se situer entre 12 et 14 % des intentions de vote (sondage de février).

 

Même si la terre tremble encore, si l’échiquier politique continue de bouger et si tout est encore possible, force est de constater qu’au centre a surgi un nouveau parti doté d’une identité propre, capable d’ébranler le PP [Parti populaire, au pouvoir, conservateur], de conquérir le vote abstentionniste et d’attirer l’électeur de gauche. Ciudadanos (ou C’s) aurait-il le cœur à gauche et la tête à droite ?

 

Comme Podemos, qui a réussi à rallier (ou déstabiliser) les formations situées à la gauche du PSOE [Parti socialiste ouvrier espagnol], Ciudadanos a absorbé le Centre démocrate libéral [centre droit] et débordé jusqu’à Union, progrès et démocratie [UPyD, centre gauche], qui sillonne les mêmes territoires idéologiques. Podemos et Ciudadanos partagent la même ascension, nourrie au même combustible : la corruption politique, les coupes budgétaires dans les services publics et la colonisation partisane des institutions.

 

Mais la comparaison s’arrête là : ces deux mouvements différents suivent des trajectoires parallèles. Même s’il ne manque pas de militants se disant de gauche, Ciudadanos, qui se définit toujours comme un parti de centre gauche, se veut cependant surtout nouveau et novateur. Le parti refuse ainsi les étiquettes gauche-droite et revendique son caractère progressiste et laïc, par opposition à la droite traditionnelle espagnole. “Nous sommes un parti laïc, partisan d’une très nette séparation de l’Eglise et de l’Etat. Je suis favorable à ce que l’Eglise paye [l’impôt sur les biens immobiliers]. La religion est une affaire privée, tout comme les questions d’avortement et d’euthanasie”, souligne David Lopera, 40 ans, coordinateur de C’s à Xátiva (dans la région de Valence).

 

Cette armée de militants bénévoles qui émerge de la faille engendrée au centre se démarque politiquement de Podemos, même si ces deux phénomènes brandissent le même drapeau du changement, veulent modifier l’état des choses et renverser l’ordre établi. A cette différence près que le militant de C’s qui aujourd’hui se lance en politique, dans la majorité des cas pour la première fois, n’est pas une victime de la crise. Il a certes vu se détériorer ses conditions de vie et se sent floué par le gouvernement et sa gestion de la crise, mais il a un travail et une situation correcte.

 

Son comportement n’est donc ni réactif ni un vote sanction, mais bien une adhésion à une idéologie qui lui convient. De profil modéré, il croit en l’économie de marché, ou du moins l’accepte comme inévitable, et est partisan d’un changement en douceur par le biais du consensus et de la réforme. Disons que son esprit contestataire et son appétit révolutionnaire se limitent au renouvellement de la vie politique, des structures et institutions du pays. L’électeur type de C’s vit en ville, a fait des études universitaires et a entre 25 et 54 ans.

 

Sans préjugés.

Ciudadanos serait-il alors un Podemos de droite ? Toutes les personnes interrogées refusent ce raccourci, même si les sondages montrent que C’s est en augmentation auprès des électeurs de centre droit. Et si dans l’ensemble de l’Espagne le parti est perçu comme centriste, une grande partie des Catalans le classent à l’extrême droite. Il faut dire que pour le nationalisme catalan, comme pour son homologue basque, tous les compatriotes qui s’opposent directement à leurs desseins sont invariablement marqués du sceau de l’infamie du radicalisme. “Si vous ne faites pas de politique, d’autres en feront à votre place. Rejoignez-nous, mais laissez vos préjugés à la maison”, a lancé Albert Rivera au moment de la création du parti à Barcelone, il y a huit ans, en opposition au nationalisme catalan. Le parti avait alors décidé de passer à la vitesse supérieure en choisissant d’essaimer à l’échelle nationale.

 

Tournée de demis.

Cadres et techniciens supérieurs, chefs d’entreprise, étudiants, employés du secteur des services et dirigeants ont tous accepté le message et, portés par la volonté de changer les choses, ont fondé les premiers groupes destinés à propager la parole et le franc-parler de ce jeune dirigeant, séduisant trentenaire aux allures de gendre idéal, encore inconnu d’un tiers des Espagnols. Quelques mois plus tard, l’espoir de départ s’est transformé en enthousiasme avec même, aujourd’hui, une pointe d’euphorie à peine contenue dans les réunions, qui, à défaut de siège officiel, ont lieu dans des bars ou des locaux publics. Depuis que les sondages sont à la hausse, les réunions politiques informelles où le café est souvent remplacé par une tournée de demis se multiplient un peu partout dans les villes, tout comme le nombre des militants : plus de 22 000 déjà à Madrid, presque autant qu’en Catalogne.

 

Comme à l’époque pour l’UPyD et également pour Podemos, les responsables de ces groupes ont la lourde tâche de repérer les opportunistes et les arrivistes soucieux de prendre la “bonne vague” politique du moment pour tâter un peu du pouvoir et obtenir un poste rémunéré. Une bonne partie des électeurs de Ciudadanos viennent du PP (près de 38 %) et le reste vient des abstentionnistes, des nouveaux électeurs, du PSOE et de l’UPyD. Jusqu’à présent Ciudadanos recrutait surtout dans les villes, notamment dans les agglomérations urbaines de plus de 400 000 habitants.

 

Et si les ouvriers et les agriculteurs ne figurent pratiquement pas dans les profils repérés par les sondages, on voit peu à peu apparaître sur le réseau de Ciudadanos (Internet et les réseaux sociaux tiennent lieu de siège officiel du parti) des gens qui se connectent depuis les zones rurales. Sur le terrain des rêves et de l’espoir, Ciudadanos est en concurrence directe avec Podemos. Tous deux se reconnaissent dans la critique du bipartisme et dans la mission de régénérer et assainir le système, mais leur idéologie et leur programme sont très différents. “Podemos est un parti jeune avec des idées de vieux. Si leur modèle est le Venezuela, le nôtre serait le Danemark : un Etat providence compatible avec une économie de marché, mais suffisamment fort pour fournir les services basiques sans asphyxier l’économie”, assène Jésús de Lózar, 62 ans, économiste.

 

Tant que les convulsions tectoniques secouent la politique espagnole, rien n’est stable et rien n’est définitif. Les répliques et les contre-répliques se succèdent. Et au centre, 3 ou 4 millions d’électeurs indécis peuvent toujours faire pencher la balance en faveur des conservateurs du PP ou des sociaux-démocrates du PSOE.

 

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 19:01
PODEMOS renversera-t-il l’échiquier politique espagnol ?

Un parti né il y a huit mois a d’ores et déjà bousculé un échiquier politique bipartisan né il y a trente-sept ans. Il s’installe dans le jeu politique espagnol  en se structurant en véritable parti. Non sans ambiguïté, se disant ni de gauche ni de droite, mais transversal. Un récent sondage le place en tête avec 27,7 % des votes, devançant le PSOE d’1,5 point et distançant le PP de 7 points. Mais il est loin de convaincre de la crédibilité de ses propositions.

Les principaux graphiques sont agrandis plus bas.

Les principaux graphiques sont agrandis plus bas.

L’étude de Metroscopia pour El País a eu lieu en plein cœur d’une nouvelle vague de scandales qui secouent l’Espagne ! Cartes noires de la Caja de Madrid et de Bankia où sont impliqués Miguel Blesa et Rodrigo Rato (ancien Directeur général du FMI), mais aussi des dirigeants syndicaux,  et l’opération Púnica, réseau de corruption actif dans les régions de Madrid, Murcia, Leon et Valence, mettant en cause au moins quatre maires issus du PP, mais aussi un maire PSOE.

 

Elle ne se contente pas de faire un instantané des intentions de votes, mais, outre une explication de la méthode, elle complète le sondage sur les intentions de votes par celui sur la popularité – en général il s’agit plus d’impopularité – du couple royal et des leaders des partis politiques nationaux et en donnant un coup de projecteur sur Podemos et sur le nouveau leader du PSOE, Pedro Sánchez.

 

L’échiquier politique espagnol, depuis la première véritable élection en 1977 a connu une alternance entre la droite (UCD de Suarez puis Parti Popular) et la gauche (PSOE, le PCE, bien que seul parti véritablement actif dans la clandestinité sous Franco, n’a jamais fait plus du tiers des voix du PSOE).

L’IU est une sorte de Front de gauche avec un fort noyau PCE. UPyD ou UPD, fondée par une ex-députée européenne PSOE, est marquée par la lutte contre le terrorisme de l’ETA (avec Francisco Savater) donc contre les nationalismes et un de ses axes de lutte premier est la Laïcité.

A noter l’absence des Verts en tant que force politique autonome et de l’équivalent du Front National, le PP couvrant tout le spectre de droite du national-catholicisme, héritier du franquisme, jusqu’au centre-droit, d’autre part Podemos ralliant les mécontents.

Projection des votes
Projection des votes

Estimation des résultats électoraux sur les suffrages exprimés au cas où les élections générales se passeraient au moment du sondage.

L’estimation des résultats électoraux – si le vote avait lieu au moment du sondage – sur les suffrages exprimés, place PODEMOS en tête avec près de 28 %. Certes le PSOE devance de plus de 5 points un PP nettement plombé par la série de scandales qui le touchent prioritairement, mais il ne retrouve même pas le score des élections générales de 2011. A ce jeu IU et UPyD sont marginalisés, à moins de 4%. On note que les votes « blancs » sont décomptés et dans les « autres » se retrouvent les partis nationalistes divers. Le taux d’abstention est très proche de celui de 2011. Mais ce ne sont pas obligatoirement les mêmes, puisque des ex-électeurs PP s’abstiendraient, donc remplacés par d’ex-abstentionnistes.

 

Il manque la projection en sièges, mais, a priori, ça aboutirait  à une chambre quasi ingouvernable (si PODEMOS, comme c’est le cas actuellement reste dans une position ni gauche, ni droite).

Cote des personnalités
Cote des personnalités

La question porte d'abord sur le degré de connaissance des personnalités (elles sont donc classées en ordre décroissant selon ce critère, ainsi le couple royal et le 1er ministre sont connus de tous, en revanche le coordinateur d'IU n'est connu que de quatre espagnols sur cinq), puis sur le degré d'approbation de leur action.

La mesure de l’approbation ou désapprobation de l’action politique des personnalités, pour autant qu’on les connaisse, marque la remontée des royaux : l’opération abdication est donc positive. 

Le classement par ordre de connaissances des personnes par les sondés fait apparaître un déficit net pour le nouveau leader du PSOE.

Solde
Solde

Solde entre les évaluations positives et négatives,

globalement (histogramme) et dans le parti du leader concerné (tableau).

A part le couple royal, seul Iglesias, figure de proue de Podemos a un solde d’opinions légèrement positif. Rajoy, le 1er ministre, atteint un score négatif quasiment hollandais, mais la défiance est grande pour Sánchez du PSOE, Diez d’UPyD et Lara d’IU. Et, au sein de son propre camp si Iglesias fait nettement la course en tête (+87), le pauvre Sánchez est le moins convaincant des leaders dans son propre camp (+40).

Focus sur Sanchez
Focus sur Sanchez

Après la démission d’Alfredo Pérez Rubalcaba, suite à l’échec du PSOE aux européennes, Pedro Sánchez a été élu en juillet 2014. Il est donc censé incarner le renouveau du PSOE.

Pedro Sánchez a, de fait, encore un gros problème de crédibilité, puisque seulement 40%, contre 49%, l’estime capable de rénover son parti et de lui donner une meilleure image (les plus sévères étant les, heureusement, rares sondés pro-IU : 22%), et ils ne sont guère plus nombreux (43% contre 45%) à le croire capable de convaincre les anciens électeurs socialistes à revenir voter pour le PSOE.

Focus sur Podemos
Focus sur Podemos

Une première question s'adresse à ceux qui ont opté pour Podemos sur les raisons de leur choix. Une série de questions, s'adressant à tous, mesure le degré d'adhésion aux positions de Podemos.

Seul un tiers des sondés ayant opté pour Podemos disent l’avoir fait parce qu’il est le parti le plus proche des leurs convictions, alors que 42% expriment par ce choix leur déception, leur désenchantement à l’encontre des partis pour lesquels ils ont pu voter en d’autres occasions.

Les 28% qui disent que Podemos, dans l’état actuel des choses, est le seul parti en lequel ils peuvent avoir confiance confirment le sondage électoral. Podemos se heurte cependant à un relatif scepticisme, puisque 35% (contre 54%) jugent ses propositions comme réalistes et pouvant être mises en œuvre et 39% (contre 50%) qu’il a des idées claires sur ce qu’il faut faire pour surmonter la crise économique.

En mai 2015, les élections municipales et régionales (qui ne concernent cependant pas l’Andalousie, la Galice, la Catalogne ou le Pays basque) seront un premier test pour le PSOE, car Podemos n'y sera que peu ou pas présent.

Mais - sauf si Podemos se dégonflait comme une baudruche piquée par une aiguille, ce qu’absolument rien ne laisse prévoir - aux prochaines élections générales, dans un an, le paysage politique espagnol sera bouleversé. Même si Sánchez redonnait un peu de couleurs au PSOE et donc lui faisait reprendre la tête, il n’aurait pas de majorité. Pas plus que Podemos, s’il continue la course en tête. Et là, le ni-ni ne serait plus tenable.

 

PS Après beaucoup de galères, il semble que la mise en place correcte et des graphiques et d'un commentaire lisible soit réalisé...

 

 

Touitte
Touitte

Mystère et boule de gomme !

PS Miracle - le seul - d'over-blog : l'annonce des nouveaux articles apparaît dans un compte touitte (dont je ne me sers pas d'aileurs).

Surprise, je reçois donc une réponse mystérieuse d'une "Cordula" que je ne connais ni des lèvres ni des dents....

 

 

En complément, une autre estimation faite un peu avant celle de Metroscopia

 

L’étude de CIS a été réalisée entre le 1er et le 13 octobre. Alors que Metroscopia a classiquement travaillé sur un échantillon d’un millier de personnes, CIS lui a sondé 2480 personnes, avec, non seulement le non moins classique effort de répartition en PCS, mais aussi géographique et de taille des villes.

PODEMOS renversera-t-il l’échiquier politique espagnol ?

Baromètre du CIS d'octobre 2014 :

estimations des votes si les élections avaient lieu au moment du sondage

La projection en % diffère sensiblement de Metroscopia, puisque le PP garde la tête, et que PODEMOS n’arrive qu’en 3e position. Mais entre les deux sondages les deux nouveaux scandales – cartes bleues dites noires et réseau Punica – ont eu tout leur retentissement. La dynamique de Podemos est cependant significative : +7.

Intentions "brutes"
Intentions "brutes"

Comparaison des intentions de votes spontanées dans les deux instituts.

Les fiches techniques des deux instituts de sondages donnent les réponses spontanées des sondés (ce qui, sauf erreur, ne se pratique pas chez leurs confrères hexagonaux). Dans les deux cas, Podemos arrive largement en tête.

 

Ensuite chaque institut va soumettre ces résultats bruts à sa cuisine, avec ses recettes propres et secrètes.

 

 

NB Cette alchimie particulière peut sembler de la basse manip chez les contempteurs des sondages. Un blogueur explique pourquoi et comment se cuisine une enquête d’opinions.

Il donne cet exemple :

Dans une enquête du CIS avant les européennes, à la question Pour qui allez-vous voter les réponses spontanées furent :

PP –> 14,1 %

PSOE –> 14,1 %

IU/ICV/ANOVA –> 5,2%

PODEMOS –> 0,8%

[...]

Abstentions annoncées –> 23,8%

Ne savent pas encore –> 20,6%

N’ont pas répondu –> 5,3%

Blancs –> 3,9%

 

Les résultats réels, le jour des élections furent :

PP –> 26,1%

PSOE –> 23,0%

IU/ICV/ANOVA –> 10,0%

PODEMOS –> 8,0%

[...]

Abstentions –> 54,1%

Blancs –> 2,3%

La cuisine va donc consister à recouper les résultats bruts avec d’autres indices.

PODEMOS renversera-t-il l’échiquier politique espagnol ?

Intentions de votes

pour chaque parti sur une échelle de 0 à 10 (0 jamais, 10 toujours)

Ainsi dans la fiche du CIS voit-on un tableau demandant aux sondés de classer leur possible vote pour différents partis sur une échelle de 0 à 10, 0 pour absolument pas voter, 10 pour voter sûrement. Ainsi, sont-ils 42 % à dire qu’ils ne voteront certainement pas pour le PSOE ou pour Podemos et 4,6% pour le PSOE et 6,1% pour Podemos, à affirmer qu’ils voteront pour eux quoi qu’il arrive.  D’autres questions sur la connaissance et la popularité des leaders, sur le degré d’intérêt pour l’actualité politique, sur les moyens d’information, etc. vont permettre de mieux corriger les données brutes.

 

S’ajoutent des pondérations diverses (âges, PCS, géographiques, etc.).

 

Puis sortent des estimations, photos plus ou moins bien retouchées de l’état de l’opinion à un moment donné et dont la succession peut cependant donner une tendance.

 

 

 

 

Schneidermann nous invite à prendre de l'avance sur PODEMOS

 

Je ne vous redirais pas pour la xième fois que nous fûmes (et ce n'était pas du belge) des premiers à nous abonner à "Arrêt sur images" quand, après avoir été lourdé de la 5, il s'est reconverti en site. Ni pourquoi la malhonnêteté intellectuelle de son fondateur nous a poussés dehors.

Je continue cependant de recevoir les annonces d'émission. La dernière est parfaitement "raccord" avec l'article et ose se conclure par "Prenez donc de l'avance", alors que Podemos a créé la surprise aux européennes !

 

 

Gazette d'@rrêt sur images, n° 360

Inclassable, ce mouvement Podemos, né d'une télé des Indignés espagnols, et qui crée un tremblement de terre politique. Inclassable, ce mouvement marginal, créé en janvier 2014 dans l'indifférence générale, et qui arrive en tête des sondages espagnols d'intentions de vote. Podemos combat la corruption, défend les services publics, va chercher ses modèles dans la série Game of thrones : cela suffit-il à faire un programme ? Le vide politique espagnol a-t-il accouché d'un mouvement lui-même dangereusement vide ? Et à propos, l'exemple espagnol est-il transposable ailleurs, et pourquoi pas en France ? Toutes questions posées cette semaine à Jorge Lago, porte-parole du mouvement. Podemos bouscule nos méninges, vous allez en entendre parler dans les prochaines semaines. Prenez donc de l'avance ! Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

 

 

 

En sur-supplément : extraits d'un article tiré de la revue La Marea, traduit par Courrier International

 

ESPAGNE Podemos prêt à prendre le pouvoir ?

 

Née il y a neuf mois seulement, cette formation, issue du mouvement des Indignés, a cassé l’hégémonie des deux partis traditionnels et monte en flèche dans les sondages.

Quand Podemos a fait irruption sur la scène politique, en janvier 2014, nombreux étaient ceux qui considéraient ses promoteurs comme une poignée d’allumés antisystème qui avaient la grosse tête.

 

La création du modèle Podemos a impliqué de renoncer à certains symboles brandis encore il y a peu par Pablo Iglesias, son leader, et le reste de l’équipe fondatrice. Ils ont ainsi délibérément délaissé une terminologie pouvant être jugée trop radicale par le centre, comme “lutte des classes”, “prolétariat” ou “révolution”.(…) Podemos utilise désormais un langage différent, plus moderne. La classe ouvrière en tant que sujet politique a été remplacée par le “précariat” ou le “pobretariado” [le “pauvretariat”], à l’opposition gauche-droite s’est substitué l’antagonisme entre ceux d’en haut et ceux d’en bas, et quant à l’oligarchie elle est désormais qualifiée de “caste”. L’objectif étant de ne pas faire fuir les électeurs centristes qui pourraient être en phase avec des mesures progressistes mais seraient rebutés par le discours traditionnel de la gauche ouvrière.

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 09:33
Il y a quelque chose de pourri au Royaume d’Espagne

Epilogue de l'épilogue : l'Audience nationale à Madrid a statué sur le scandale Gürtel, un système de corruption entre le Parti populaire, au pouvoir, et un réseau d'entreprises. Au total, 29  des 37 accusés ont écopé de 351 ans de prison. Pire : le PP en tant que parti a été condamné pour tirer des bénéfices à titre lucratif.

 

https://www.nouvelobs.com/monde/20180525.OBS7219/corruption-en-espagne-motion-de-censure-elections-anticipees-rajoy-et-son-parti-isoles.html

Correa, Crespo y El Bigotes, condenados a 13 años de prisión por la trama Gürtel de Valencia

El País 10/02/2017

En guise d'épilogue de l'affaire Gürtel, le tribunal de Valence a condamné les principaux protagonistes.

 

 

 

569 hommes politiques, banquiers, chefs d’entreprises ont des comptes secrets en Suisse. Une évasion fiscale de 44 milliards d’euros. Elle représente 74% de la fraude fiscale, selon une note du fisc espagnol. Une comptabilité bis du Parti Popular (PP) au pouvoir révèle que ses dirigeants bénéficiaient de confortables primes, dont une partie au noir. Et si la monarchie garde une majorité relative de partisans, elle est d’à peine 41%.

 

Décidément les Pyrénées sont plus que jamais là.

Alors que l’Italie, il est vrai avec des personnages hauts en couleurs et/ou en frasques – Berlusconi, Beppe Grillo, par exemple – a droit à quelques échos dans nos médias, l’Espagne point.

Même sa famille royale, des Bourbons pourtant, attire moins Stéphane Bern, le spécialiste des familles royales, que les Grimaldi. Eh quoi ! Cristina, l’infante cadette, qui se défend devant un juge pugnace d’être au courant des malversations de son ex-handballeur d’époux, ça ne mérite pas une chronique.

     Quant au roi, Juan-Carlos, certes ses exploits cynégétiques ont quand même fait quelque bruit ; ces éléphants qu’il abat n’ont pas provoqué que l’indignation des disciples de BB, dans un pays qui connaît un chômage record, ces safaris avaient un côté provocant.

  Rien par contre sur les amours (à peine) clandestines d’un digne successeur d’Isabel II : «En Espagne, il y a deux reines : l’officielle Sofia, 73 ans, mariée avec le roi Juan Carlos depuis 1962 ; et l’officieuse, la provocante et blonde ‘princesse’ Corinna zu Sayn-Wittgenstein, de 46 ans, séparée et amante depuis quatre ans du souverain le plus tombeur de femmes d’Europe. Corinna Larson, son roturier nom de jeune fille, est née à Ditzingen, et son sang est devenu bleu après son second mariage, en 2000, avec le prince Casimir zu Sayn-Wittgenstein. C’est l’aristocrate qui accompagne le roi dans ses voyages officiels et elle le représente même à l’étranger». (La Stampa) Elle pourrait être sa fille, puisqu’elle a l’âge de l’infante Elena. Mais qu’un Bourbon ait des maîtresses, même les prélats ibériques l’absolvent.

Qu’il ait des ‘bâtards’ fait aussi parti de la tradition. Ainsi il aurait engrossé une belge, quasi en même temps que sa légitime pour Elena, la première infante. Surtout, dans sa prime jeunesse, il aurait aussi engrossé une catalane et cela en 1956, sous Franco le bigot !

Il y a quelque chose de pourri au Royaume d’Espagne

Les partisans du rétablissement de la République lancent des attaques plus violentes. Ainsi, revient périodiquement l’épisode obscur de la mort de son frère. Juan Carlos avait 18 ans, son frère, Alfonso, 15. Ce samedi, à Estoril où vivaient le Comte de Barcelone et ses enfants, les deux frères étaient seuls, s’entraînant au tir avec un pistolet calibre 22. L’aîné a tué son cadet. Accidentellement dira-t-il. Aucune enquête n’a eu lieu. Mais aucun indice non plus d’une quelconque volonté fratricide.

Revient aussi l’accusation récurrente d’avoir été l’âme du 23F, le coup d’état manqué. L’Anatomie d’un instant de Javier Cercas en démontant avec minutie ce 23 février 1981 remet le rôle du roi en perspective.

 

Il y a quelque chose de pourri au Royaume d’EspagneIl y a quelque chose de pourri au Royaume d’Espagne

L'affaire Gürtel

Mais les frasques du roi, les malversations d’un de ses gendres, même avec la complicité de l’infante Cristina, ne sont rien à côté de la gigantesque corruption du Parti Popular au pouvoir. C’est le juge Garzón –depuis révoqué, le seul actuellement ‘condamné’ dans cette affaire pour de sombres questions de procédures – qui a soulevé le lièvre de l’affaire dite Gürtel, en fait Correa.

Bon d’accord, les espingoins n’ont rien inventé : rétro-commisions, dessous-de-table, surfacturation, c’est pas à Schuller et Balkany qu’on va apprendre cela, eux qui, si l’on en croit Schuller, se vautraient sur un lit de billets, provenant de sombres opérations.

Donc, comme pour URBA ou les marchés publics de l’Île de France, les entreprises retenues pour un marché public, parfois grâce à des pots-de-vin, devaient reverser une commission, évidemment en dessous de table. S’y ajoutait, pour les entreprises du groupe de Correa, retenues du coup par piston, une surfacturation manifeste. Tout cela contribuait d’abord à l’enrichissement personnel des organisateurs, ainsi Francisco Corréa et Pablo Crespo se seraient gentiment mis dans la poche 85 millions d’euros, chacun. Mais, il fallait aussi rétribuer les politiques à la tête des municipalités ou des communautés (Madrid et Valence) qui octroyaient les juteux marchés. Puis arroser le PP dans son ensemble par le biais du fameux Luis el cabrón Bàrcenas qui n’a pas oublié de se sucrer au passage (une quarantaine de millions).

Es la primera vez en democracia que un tesorero reconoce todo un sistema de financiación ilegal, con carácter permanente.

Il y a quelque chose de pourri au Royaume d’Espagne

Le parti popular, c’est la roue de la fortune !

Finalement, Bàrcenas a fini par, sinon passer aux aveux complets, du moins à reconnaître le système de financement illégal du PP. Et il y a sans doute peu de démocraties où le siège du parti est quasi au tiers payé au noir. Mais outre les sièges locaux et national et les campagnes électorales, l’argent sale servait à compléter les primes que recevaient les caciques du Parti en dessous de table, qui donc échappaient au fisc.

Il y a quelque chose de pourri au Royaume d’Espagne

    El Païs, pour avoir révélé qu’Aznar, alors chef du gouvernement, avait cependant continué de recevoir des primes du PP, a été attaqué en justice par celui qui avait fait payé la noce de sa fille par Correa ! Pour atteinte à son intimité, à son image et à son honneur, il réclamait 100 000 euros, pour un article intitulé « Le PP a versé une prime à Aznar quand il était Président du gouvernement ». Il était précisé qu’il en avait reçu à trois occasions pour frais de représentation, en 1996, pour 2,7 millions de pesetas (16 755 €). De telles primes étaient évidemment incompatibles avec l’exercice d’une responsabilité gouvernementale. Aznar s’est embrouillé dans une histoire d’arriérés dus pour des prestations précédentes dont il n’a pas plus été capable de démontrer la réalité que Copé l’existence de ses conventions-bidons. L’antipathique personnage a été débouté.

 

   Le non moins antipathique Alberto Ruiz-Gallardón, du temps où il était sénateur, a reçu, en 1994, en sommes déclarées, 2.275.000 pesetas du PP. Mais, la même année, à la fin de chaque mois, il recevait un petit surplus – quasi de l’argent de poche - de 53.769 pesetas. En juin et décembre – on peut comprendre pour décembre, les frais de cadeaux de fin d’année, mais pour juin ? – ça a doublé avec 107.538 pesetas. Mais, ce n’est pas tout, pour différentes (‘varios’) autres prestations en juin 1994, il a eu droit à 609.392 pesetas après que le mois d’avant, sans autres explications, il a eu droit à 304.696 pesetas. Faut-il ajouter que, cependant, il touchait son salaire de Sénateur ?

Entre 1991 et 2011, le PP a distribué en primes et frais de représentations 46 millions d’euros. Inutile de souligner que c’était au cœur d’une crise dont l’Espagne fut une des grandes victimes.

Ainsi, en 2007, le PP a réparti plus de 3 millions d’euros entre ses principaux leaders, un peu plus en 2008 et 2009, un peu moins en 2010 et 2011.

Ne parlons plus d’Aznar même si ses fameux frais de représentations ont atteint 780 000 euros entre 1990 et 1996. Mais on découvre des seconds couteaux comme José María Michavila, qui a droit à 400.000 euros ou le président du Sénat, Pío García Escudero, il est vrai un vétéran du parti, auquel Génova*, en frais de représentation et primes, a payé plus de 1.100.000 euros…

Encore plus surprenant ce député quasi inconnu, Juan Carlos Vera, mais un homme clé pour l’expertise en élections – une sorte de Buisson, sans doute - qui, à ce titre, a perçu 1.500.000 euros. Mariano Rajoy fait à peine mieux, quand il était secrétaire général du PP. Luis Bárcenas, non content de prélever à la source, s’attribuait des primes (1.471.662 euros).

Mais plus marrant : Francisco Álvarez Cascos, qui a été secrétaire général de 1989 à 1999, a perçu en primes déclarées 575.795,49 euros et en dessous-de-table, de Bárcenas, 410.226 euros. Javier Arenas bien que moins longtemps dans la charge (de 1999 à 2003) a eu droit en primes déclarées à 1.154.138,48 euros et selon Bárcenas, seulement 230.713 euros au noir. Mariano Rajoy, qui ne fut secrétaire général qu’un an (2003-2004), mais qui accéda au poste de Président National du Parti, a donc eu droit à une prime déclarée de 1.580.752,81 euros (mais il aurait palpé au noir 406.610 euros) !

En plus, bien sûr, pour tous, de leurs émoluments liés à leurs mandats ou postes.

Il y a quelque chose de pourri au Royaume d’Espagne

Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg

 

   Emilio Botín, Président de la Banque de Santander, détient quelques comptes secrets (dont certains datent de la guerre civile !) dans la banque suisse HSBC. Un employé de cette banque, Hervé Falciani, a dévoilé des titulaires étrangers de comptes. On y touve 569 espagnols. Outre Botín et sa famille, José María Aznar; Dolores Cospedal; Rodrigo Rato; Narcís Serra; Eduardo Zaplana; José Folgado; Josep Piqué; Rafael Arias-Salgado; Pío Cabanillas; Isabel Tocino; Josu Jon Imaz; José María Michavila; Juan Miguel Villar Mir; Anna Birulés; Abel Matutes; Julián García Vargas; Ángel Acebes; Eduardo Serra; Marcelino Oreja...

 

Selon le fisc espagnol, ces comptes représentent 74% de la fraude fiscale, avec un total de 44 milliards d’euros. Ces 44 milliards que les super-riches ont escamotés auraient évité les coupes claires dans les comptes sociaux que Rajoy a réalisés.

 

L’énorme concentration de la rente et de la propriété fait de l’Espagne un des pays d’Europe où les inégalités sociales sont les plus prononcées et où la redistribution sociale est la plus réduite. Un pays où, aux dires même d’Aznar, "los ricos no pagan impuestos en España", les riches ne payent pas d’impôt.

 

   

Stephanie Claudia Müller, correspondante en Espagne de divers journaux économiques allemands, explique que les 2/3 de la dette sont dues aux collectivités territoriales. Chacune des 17 régions fonctionnent un peu comme des états indépendants, avec des institutions multipliées par 17 (ainsi y a-t-il 17 services météo, 50 chaînes de télés régionales en perdition, même des ambassades) ; les 4000 entreprises publiques servent à dissimuler la dette et à y placer membres de la famille et amis.

Pour elle la cause des problèmes de l’Espagne est d’abord ce modèle d’état non viable, miné par le népotisme et la corruption, saigné par une oligarchie politique en totale connivence avec l’oligarchie économique et financière, avec le pouvoir judiciaire sous sa coupe. Cette caste politique corrompue et incompétente risque de ruiner la nation pour plusieurs générations.

 

* Le siège du parti est rue de Gênes, Genova, et Los Genoveses désigne les caciques du PP

 

En annexe, l'article de S. C. Müller, traduit en Espagnol

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Et en cadeau bonus

Petite série de dessins antimonarchiques (cliquer sur le symbole son)

Il y a quelque chose de pourri au Royaume d’Espagne
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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 21:06

Les arrière-cuisines de l’auberge espagnole

 

Poser la question «  Rajoy en a-t-il croqué ? » revient à se demander si les alligators aiment la viande faisandée. Mais pourquoi l’Espagne attire-t-elle les scandales financiers à répétition ? Réalité politique ou structurelle ?

 

Les juges espagnols qui travaillent sur la délinquance financière espagnole sont peu connus, mais ils existent. Cependant, l’Espagne n’a pas connu d’opération « Mani pulite ». Les affaires marseillaises et parisiennes doivent inciter les Français à la modestie, mais leurs voisines ibériques se différencient par des structures administratives et judiciaires où l’État et sa justice sont théoriquement puissants et en fait mineurs.

 

L’AUTONOMIE À TOUT PRIX

 

Barcenas_champ.jpg  L’essentiel des fonds publics et des fonctionnaires n’est pas géré par les Cortes, l’Assemblée nationale de Madrid, mais dans les 50 provinces et les 17 « Communautés autonomes » qui les regroupent (plus Ceuta et Melilla). Les « ayuntamientos » (mairies) sont dirigés comme des entreprises privées, avec des personnels sans garantie d’emploi et des impôts locaux très faibles par rapport à la France. Certaines Communautés, comme le Pays basque et la Catalogne, ont leurs polices régionales (Ertzaintza ou Mossos d’esquadra). Les relations avec le pouvoir central, accusé de vampiriser les richesses locales ou de manquer de solidarité, sont exécrables en cas d’opposition politique, méfiantes en situation inverse, toujours fondées sur le marchandage.

Le maigre budget national ne permet guère à un Premier ministre, quel qu’il soit, de financer largement son parti, ses permanents et ses obligés. Comme l’a fait son prédécesseur, Jose Maria Aznar, Mariano Rajoy doit donc se tourner vers ses relais provinciaux et riches.

 

UNE BANQUE AU SERVICE DU PEUPLE POPULAIRE

 

L’argent ? Depuis une vingtaine d’années, il était dans le BTP et les banques. Les fonds politiques viennent des deux, et particulièrement des marchés publics, où les réseaux bancaires jouent un rôle déterminant comme financeurs des collectivités territoriales. Ce n’est pas un hasard si les régions les plus « scandaleuses » (Valence, Andalousie, Baléares, Catalogne, Madrid) sont liées à l’immobilier et au tourisme. Qui diable pourrait reprocher à des élus populaires modernes de construire des centaines de tours à Majorque ou à Benidorm et de favoriser des entreprises locales pour ce faire? Unjesus-gil-y-gil cas d’école est celui de Jesus Gil, maire PP de Marbella entre 1996 et 2002, qui mariait corruption, immobilier et mafia dans un système familial néo-franquiste.

 

 

 

 

 

 

 

 

LE BUSINESS DE DON FELIPE

felipe-gonzalez-rey-juan-carlos.jpg Felipe Gonzalez et le roi Juan-Carlos

 

Ces affaires ont été révélées depuis la mort de Franco en 1975. Auparavant, la corruption en faveur de l’Église catholique et son Opus Dei, des organisations phalangistes et de la nomenklatura d’affaires établie par le Caudillo, était énorme, mais impubliable sous peine de mort. Le développement économique et politique du « felipismo » a fait du PSOE et de son leader Felipe Gonzalez* des modèles  démocratiques, pendant que se mettait en place le « système Guerra » (du nom des deux frères socialistes Juan et Antonio) qui assurait de l’intérieur du PSOE une rente au parti, avec les méthodes habituelles (marchés publics, pots-de-vin, clientélisme). La recette était bonne, elle a duré. D’autre part, les entreprises espagnoles peuvent donner des fonds aux partis politiques, suivant des procédures spéciales rarement appliquées.  Enfin, un juge qui s’attaque au pouvoir régional a peu de relais et d’appuis locaux, même légaux.

 

LA COURONNE DÉVALUÉE

 

izquierda-unida-cumple-25-anos-L-KXfWxj.jpegLa seule organisation politique ayant échappé jusqu’ici aux enquêtes financières du journal « El Païs » (« El Mundo » est plus discret sur le PP) est « Izquierda Unida »** (Gauche Unie), regroupement de communistes et d’associatifs liés aux CCOO** (Commissions Ouvrières, voisines de la CGT française).

Jusqu’à 2010, la seule institution épargnée par les tourmentes criminelles et régionalistes était la monarchie constitutionnelle, garante de l’unité nationale. Depuis le safari africain de Juan-Carlos payé par le pays et les frasques financières de son gendre, le prestige royal s’est terni.

Les coupes budgétaires, la ruée du chômage, une solidarité nationale en panne, un Premier ministre aussi impuissant que son prédécesseur Zapatero, un PSOE à EEG plat, des Indignados aussi efficaces qu’un verre d’eau tiède, font de l’Espagne un pays en perdition.

 

LES FORMALITÉS

 

La situation a un seul avantage : prouver une fois de plus que la gestion par les banques privées et les « recortes » de la dépense publique ont deux effets principaux, détruire la démocratie et enrichir des créanciers gavés. Pour en sortir, il faut virer Angela Merkel et son collaborateur Rajoy, autoriser des prêts directs aux états par la BCE, relancer l’activité européenne par des financements d’infrastructures associant l’Espagne, le Portugal et l’Italie, et peut-être la Grèce. Y arriver nécessite quelques formalités, comme des élections amenant une (vraie) gauche au pouvoir.

 

Gilbert Dubant

 

 

 

* Séville, 6 mai 1994, 18 h 30. (…) quelque 5 000 militants socialistes arrivent au Palais des sports pour assister à un meeting du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).  (…) un homme s’avance seul sur l’immense scène. Chemise déboutonnée, sans cravate, en blouson sombre, M. Felipe Gonzalez, président du gouvernement espagnol (...) sur un ton grave, il aborde le thème que toute la salle (et toute l’Espagne) attend, celui de la corruption qui menace d’emporter son gouvernement et de ruiner son avenir politique : « Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir en 1982, nous étions préparés pour lutter en faveur des libertés et du progrès, mais nous n’étions pas préparés pour vivre avec des gens, issus parfois de nos propres rangs, qui ont utilisé leurs fonctions dans l’administration publique pour s’enrichir ; des gens qui ont fait passer l’appât du gain avant le souci de la solidarité. J’éprouve un profond dégoût et une profonde honte pour avoir fait confiance à des personnes qui ne le méritaient pas. »  Ignacio Ramonet, juin 1994. Parmi ces corrompus Luis Roldàn, directeur général de la Guardia civil qui va fuir et va connaître une arrestation rocambolesque à Bankok.

Mais le grand scandale fut celui du GAL – groupe antiterroriste de libération – qui mena une « guerre sale » en France contre l’ETA. Une ETA qui, faut-il le rappeler, a causé beaucoup plus de morts sous la démocratie que sous le franquisme.

 

** Aux dernières élections 6,09 % des voix.

Depuis, l'affaire dite des cartes de crédit opaques (fournies à des administrateurs de caisses d'épargne) a touché aussi des membres d'IU et des CC OO En principe, elles devaient servir à régler des 'frais de représentation', en fait elles semblent avoir servi à des frais personnels. (note du 21/11/14)

 

 

Petit commentaire du déblogueur

On l’aura compris, il y a la « vraie » gauche, estampillée par les auto-proclamés décerneurs de diplômes de 100 pour 100 pure gauche, garantie sans additifs socio-démocrates (qui nuisent gravement à la santé du peuple) et lesdits socio-traîtres PSOE au delà des Pyrénées, PS dans l’hexagone. Même la gauche de plein air, élevée aux bons grains des manifs géantes ou des actions anti-expulsions, ne trouve pas grâce à leurs yeux. Il est vrai que leurs hauts faits d’armes ne nuisent guère à la bonne droite, style PP. Au contraire.

Mais comment expliquer l’impuissance de la « vraie » gauche, IU en l’occurrence mais on laisse deviner son nom en France, à fédérer ces indignés pour leur ouvrir les yeux et leur faire découvrir la beau royaume du yakafokontoutésimple ?

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 17:58

 

Barcenas CorruPPlandia-2

Après l’Italie, l’Espagne ? Le gendre du roi – lui-même touché par le scandale de ses chasses aux éléphants – est accusé d’avoir détourné 6 millions d’euros de fonds publics destinés à une fondation. Surtout, Rajoy, le 1er ministre, et le Parti Popular sont touchés de plein fouet par le « caso Barcenas ».

 

Barcenas Elpais 01

Début février, El Païs, publie à la une copie des carnets secrets de la comptabilité de Luis Bàrcenas, ex-trésorier du parti Popular (PP). « Dans la comptabilité de Bárcenas, figure depuis 1997 Mariano Rajoy, président du gouvernement et du parti, avec des paiements toujours identiques qui représentent 25.200 euros par an », révèle El Païs. En liquide, non déclaré et à partir de fonds d’origines suspectes. Cette révélation, sur des enveloppes distribuées à des responsables du PP recoupe celles d’un autre quotidien, El Mundo, qui, cependant, en exonérait Rajoy.

 

Luis el cabrón

barcenas

Luis Bàrcenas, qui connaît le PP mieux que le PP lui-même dira un membre de ce parti, avait déjà été impliqué dans un grand scandale, l’affaire Gürtel - blanchiment, trafic d’influence, favoritisme et fraude fiscale* - qui avait déjà touché des caciques du PP. Guillermo Ortega, maire de Majadahonda, à une soixantaine de kms de Madrid, avait acquis 8 voitures, 5 motos et 1 bateau entre 2001 et 2005, un niveau de dépenses sans aucun rapport avec ses revenus déclarés. Le maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardón,, fut obligé de reconnaître avoir favorisé, avec une "manipulation du rapport technique", l’attribution d’un contrat à une entreprise de Correa (alias Gürtel). Le gendre de José Maria Aznar, ancien Premier ministre PP, est soupçonné d’avoir bénéficié des bienfaits de Correa. Mais surtout Luis Bàrcenas est au centre de cette enquête initiée par le juge Baltazar Garzón. Son nom, sous les initiales "L.B.", "L.B.G.", ou encore sous le pseudonyme "Luis el cabrón" - Luis l’enfoiré - apparaît à maintes reprises.

 

Barcenas Elpais 02

Barcenas, portant vieux beau avec ses costumes bien coupés, ses cheveux gominés, son teint hâlé, est entré au PP à 26 ans. Il a collaboré avec tous les trésoriers avant de le devenir lui-même en 2008. Un bon choix, si l’on en croit la manière dont il a fait prospérer son propre patrimoine. Patrimoine certes placé en Suisse – donc non déclaré – mais qui a atteint 30 millions d’euros, grâce à des opérations boursières et des investissements immobiliers, d’après lui. Rien à voir donc avec sa fonction de trésorier du PP !

 

Distribution d’enveloppes

Barcenas kap-Rajoy-corruption

Mais quand El Mundo révéle que des dirigeants du PP ont reçu pendant vingt ans des compléments de salaires non déclarés provenant d'entreprises privées, là Barcenas  est directement mis en cause dans la distribution d’enveloppes. Et quand El Païs en remet une couche en publiant des comptes manuscrits de 1990 à 2008, établis par Barcenas et Alvaro Lapuerta, comptes qui font apparaître que l’actuel 1er ministre touchait 25 200 € annuels  (en plus de son salaire de chef du parti) et que l’on note que Dolores Cospedal sa n° 2 ou Ana Mato, ministre de la santé avaient aussi droit à leur enveloppe, ça fait désordre.

 

 

 

"Je le dis, c'est une manipulation grossière", a clamé Bàrcenas, interrogé par la chaîne de télévision Antena 3. "Il n'existe pas et il n'a jamais existé de carnet secret" !

Le PP a également démenti que Rajoy en ait palpé. Mais c’est lui qui l’avait nommé trésorier. Après son inculpation dans l’affaire Gürtel, il ne lui a jamais demandé de démissionner.  Mieux, c’est le PP qui lui payait un avocat et il gardait bureau au PP et voiture de fonction. En avril 2010, il aurait été chassé de tout rôle au sein du PP.

Coup de théâtre : Bàrcenas vient de porter plainte pour licenciement abusif. Loin d’être viré en 2010, il a continué à percevoir 21 300 € mensuels, jusqu’au 31 janvier 2013, comme consultant ! Quels secrets détient-il pour avoir été gardé au chaud au sein du PP ? Et quelle vengeance exerce-t-il en révélant ainsi que la n° 2 du PP, María Dolores de Cospedal, a menti en affirmant qu’il n’avait plus rien à voir avec le parti ?

L’Espagne, l’autre « homme malade » de l’Europe ? 

 

Rien d’original penseront des mauvais esprits : rétro-commissions diverses, valises d’argent de la françafrique (merci Bongo et les autres) sans revenir à des emplois fictifs et autres menus mini-affaires style Woerth-Bettencourt, la France n’est pas avare de scandales politico-affairistes. Et ils alimentent aussi les vieilles racines poujadistes (qui remontent à bien avant le papetier de Saint-Céré).

Sauf qu’en Espagne, outre une vie démocratique encore récente, ces scandales viennent se greffer sur des forces centrifuges : des élus catalans appellent à l’auto-détermination vers l’indépendance. Et la situation économique est encore pire qu’en France ou en Italie avec un système bancaire pourri mais néanmoins prédateur, des régions en faillite, un quart de la population active au chômage, plus de la moitié des moins de vingt-cinq ans… et donc un PP hégémonique mais totalement déconsidéré.

 

Barcenas gonzalez-compara-indignados-revueltas-arabes Plus d’homme d’état comme Adolfo Suárez et surtout Felipe González et le roi du 23 février 1981 s’est déconsidéré. La rigueur s’est ajoutée à la rigueur dans une spirale à la grecque. Rajoy a autant de charisme qu’une planche à repasser. Son parti est miné par des querelles internes.

 

Barcenas Manifestacion indignados

Le mouvement des Indignados (ou Mouvement 15-M car né le 15 mai 2011 à la Puerta del sol) a pour seul point commun avec le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, le bouffon italien, le rejet du système politique et en particulier du bipartisme PP-PSOE ; loin d’être né d’un leader aux propos quelque peu suspects, il repose sur des assemblées générales et sa démarche est non-violente. Il se réclame du petit livre de Stéphane Hessel Indignez-vous ! et se réfère aux Printemps arabes. Loin de la xénophobie, des groupes se mobilisent contre les expulsions d’étrangers. Leurs actions pèsent aussi contre les banques qui virent de leur logement les personnes insolvables tout en continuant de leur demander des remboursements.  Et ces indignados ne risquent pas de surgir dans de futures élections, puisqu’ils refusent le jeu électoral. Mais ce refus – ô combien compréhensible – profite surtout à une droite appuyée par une église non dé-franquistée.

 

Barcenas indignados

Une monarchie fragilisée, un premier ministre en danger s’il est prouvé qu’il a menti et touché des enveloppes, une Catalogne sécessionniste et une large fraction des citoyens rejetant une démocratie représentative en échec, sur fond de chômage massif, beaucoup d’ingrédients sont réunis pour faire de l’Espagne, autant que l’Italie, l’homme malade de l’Europe. 

 

 

 

* Une vingtaine d’entreprises, liées à Francisco Correa (alias Gürtel) auraient bénéficié de traitements de faveur de la part des communautés autonomes de Madrid et Valence, de Castilla y Leon et de Galice, gérées par le PP.

 

 

Ci-dessous, le shéma de la corruption

 

 

 

"Chorizo" désigne, en argot, un voyou, un escroc (il se met au féminin : choriza)

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 21:37

eglise espagne01De retour du Maroc, une halte de quelques jours dans un hôtel, propriétés de deux britiches. Un coup d’œil sur un journal destiné aux anglais installés dans le sud de l’Andalousie. Et je tombe sur cet article qui conte les malheurs d’un catho pratiquant. Or donc, ce professeur de l’Université de La Coruña, en visite chez son fils à côté de Madrid, ne rate pas la messe. Un peu estomaqué, le Professeur, d’entendre le prêtre accuser dans son sermon le gouvernement de Zapatero d’assassiner les enfants dans le ventre de leur mère et d’être plus Nazi que les Nazis hitlériens* ! Et de s’en prendre à la Ministre de la Santé qui veut tuer les vieux avec des injections létales (en fait un projet de loi pour le droit à la dignité de la mort, rien à voir donc avec le suicide assisté à la mode helvète). Pour avoir protesté – nous sommes à la messe pas à un meeting d’un parti politique – ce catholique a été viré de l’office par quatre paroissiens.

Bon, dira-t-on, un ratichon du style de l'abbé de Cacqueray, avec des bigots bornés (pléonasme). Quoique…

 

eglise espagne02Laïques « antidémocratiques et totalitaires »

Un agnostique ne peut être libre car la liberté, selon le manuel Philosophie et éducation, des éditions Casals, est consubstantielle avec la « transcendance », qui « en philosophie est appelée cause ultime, être suprême ou Dieu. » Et si l’État s’oriente dans une direction laïque, le manuel demande s’il faudra l’assumer. La réponse est « non, parce que la fin ultime de l’homme est d’ordre transcendantal. »

« Le christianisme exerce sa bienfaisante influence sur la société. » Et l’État doit l’assumer. Dans l’analyse des relations entre l’Église et l’État que le manuel offre dans ses pages finales les laïcistes sont traités d’ « antidémocratiques » et de « totalitaires ».

Et il prévient : « Selon une interprétation totalitaire qui a eu des échos dans divers secteurs de partis à tendance démocratique, il n’existerait pas de relations entre l’Église et l’État, mais une séparation totale entre les deux. » Une semblable interprétation engendrerait, selon les auteurs du livre, « que la religion soit reléguée à une dimension marginale et privée. » Et alors, il ne faudrait pas s’embarrasser de demi-mesures : « Face à cette interprétation antidémocratique contraire aux droits de l’homme, les citoyens peuvent et doivent mettre en pratique tous les moyens légitimes d’autodéfense que l’État démocratique de droit met à leur disposition pour empêcher que ne soient lésés leurs droits et leurs libertés. » (traduction de B. S. Professeur d'Université émérite)

 

 

Ce n’est plus un article d’une feuille de chou pour immigrés anglo-saxons, mais un encadré, illustrant un article d’El Païs (22 Mai 2011), intitulé « Darwin y el Gobierno no son de fiar » (On ne peut se fier ni à Darwin, ni au gouvernement).

 

En 2005, le gouvernement socialiste, malgré une manifestation massive, évêques en tête, soutenue par Rajoy et le Parti Populaire (PP droite, héritier du franquisme), avait décidé l’abandon des cours de religion obligatoires à l’école publique. Il avait ensuite introduit une « Education pour la citoyenneté », portant sur les droits de l’homme et les valeurs qui fondent la Constitution et la législation, expliquant ce qu’est l’homophobie… Faut-il dire que l’épiscopat a estimé que c’était un empiètement insupportable sur le domaine moral, dont il revendique l’exclusivité, et que le PP a dénoncé la mise en place d’un « catéchisme socialiste » !

 eglise espagne Protesta partidos conservadores

N’ayant pu bloquer cette réforme, l’église espagnole a mené le combat sur un autre plan. Le manuel le plus utilisé en cours d’Éducation à la citoyenneté met en question les théories de Darwin sur l’évolution, revendique la création du statut de l’embryon – qui rejette l’avortement dès l’instant même de la conception – et la philosophie qui interprète le monde sans la foi chrétienne. Il appelle aussi à la rébellion civique si l’Espagne avançait vers un état laïc et considère impossible d’être « patriote » sans « aimer, outre le territoire, la religion ».

 

S’agissant de Darwin, ce manuel reste très en deça de positions exprimées par Jean-Paul II. Un siècle et demi après la publication de L’origine des espèces par Darwin, le pape polonais a admis que « de nouvelles connaissances conduisent à penser que la théorie de l’évolution est plus qu’une hypothèse. […] La convergence, aucunement cherchée ou provoquée, des résultats de travaux réalisés indépendamment les uns des autres, constitue en soi un argument significatif en faveur de cette théorie ». Le manuel, lui, affirme qu’« aucune théorie n’arrive à expliquer tout le processus de la formation des espèces » et que « en même temps qu’avancent les découvertes, des interrogations surgissent. On peut affirmer, sans l’ombre d’un doute, qu’en ce domaine de nouvelles découvertes et de nouvelles théories devront apparaître. » Et aussi : « Très peu des principes de l’évolution selon Darwin ont dépassé le stade de la recherche ; en fait, seuls demeurent intacts ceux qui restent en-dehors du domaine scientifique, c’est-à-dire, ceux qui ne sont pas démontrables par l’expérience. »

 

Dans la question IX, « Les fondements de l’action morale », l’interruption de grossesse – devenue un droit de la femme en 2010 et non plus seulement dépénalisé - est présentée comme paradigme de la « réduction de l’éthique à un relativisme irrationnel. » On y demande : « La question scientifico-éthique première et décisive qu’il faut aborder est celle du statut de l’embryon. La vie embryonnaire est-elle seulement un bien qu’il faut protéger ou un droit inviolable de l’être humain déjà conçu ? »

Le manuel termine sa prolixe exposition de la doctrine catholique contre l’avortement avec la considération selon laquelle « la vie de l’individu développé n’est autre que celle de ce même être lorsqu’il se trouve à l’état embryonnaire. »

 

« Philosophie et citoyenneté » est le titre que la matière reçoit dans le dernier parcours de l’enseignement pré-universitaire. Le décret des contenus minima en 2007 répartit cette matière en trois blocs : histoire de la philosophie, l’être humain en tant que personne individuelle et sociale, et la relation entre philosophie et politique. Face à deux manifestations massives, lancées par l’église, appuyées par Aznar et le PP, la seule voie trouvée par le Gouvernement pour garantir la paix dans les établissements scolaires a été d’autoriser des manuels élaborés au goût de chaque courant de pensée, bien que cela ait eu pour conséquence de dénaturer la matière. Le syndicat patronal des établissements sous contrat d’association – ceux qui sont régentés par les catholiques et payés avec des fonds du Budget général de l’État – a exigé pour ne pas se joindre à la campagne belliqueuse contre le Gouvernement que « la vie des saints », selon les paroles des responsables de la FERE (Fédération religieuse des religieux de l’enseignement), inspire la matière. Ainsi, saint Thomas d’Aquin, saint Augustin et la doctrine des papes se sont convertis en fils conducteurs de « la libre interprétation du monde actuel » et de la « formation de citoyens autonomes et critiques ».

 

Depuis lors, dans les salles de cours en Espagne on étudie avec des manuels qui vont à l’encontre de quelques lois, comme celle de l’IVG – qui dans les manuels des éditions Casals pour le primaire est comparée à l’Holocauste – et contre la loi qui permet le mariage gay. Le Gouvernement ne les pas remis en question. Les plus conservateurs ont fait un pas de plus et dans le manuel destiné aux adolescents du secondaire on affirme carrément que Dieu existe, ainsi que saint Thomas d’Aquin l’a prouvé : par le mouvement, causalité efficiente, la contingence, la gradation des perfections et la finalité. Deux penseurs, Marx et Nietzsche, nient son existence « mais ils conservent l’idée du divin », parce que, « comme le démontre l’Illustration, l’homme ne peut être maître de son destin si Dieu n’existe pas. »

 

Notre ratichon n’est donc pas un intégriste isolé, puisque un manuel scolaire ose une comparaison indigne entre IVG et Holocauste. COPE, la radio conservatrice de l'épiscopat espagnol, insulte les institutions autonomes, diffame le gouvernement socialiste, en appelle au leadership du Parti populaire. Ainsi Federico Jimenez Losantos, un de ses journalistes vedettes répète depuis des années que les attentats islamistes de Madrid (dont les auteurs ont été condamnés) dans les trains, le 11 mars 2004 (190 morts plus de 1 200 blessés), sont le résultat d'un complot mené par les socialistes espagnols et une partie de l'appareil d'état. Ces émissions suscitent même les réserves du nonce, taxé de franc-maçon pour ne pas soutenir cette salutaire conspiration !

Cette église de la Reconquista, celle des conversions forcées puis des persécutions des marranes et des morisques (des juifs et des musulmans), celle qui soutint la rebellion franquiste et devint un pilier de cette dictature, «religion d’État », dans un régime franquiste qualifié de « national-catholicisme », complice de ses méfaits, n’a pas admis de ne plus exercer son contrôle social quasi totalitaire sur la vie privée et publique. La “movida” fut une brève embellie.

L’église espagnole est un précipité de cléricalisme, cette volonté de subordonner l'autorité temporelle à l'autorité ecclésiastique, à baptiser “lois naturelles”, ce qui n’est que préceptes religieux, pour les imposer à tous, à vouloir bannir la laïcité.

 

Eglise hispanique caricaturale ? ou dans la ligne très « contre-réforme » de Jean-Paul II. L’indulgence plénière dont le pape polonais a fait preuve à l’égard du père (ô combien) Maciel n’était-elle pas due à ce qu’il apportait ses « légionnaires du Christ » pour renforcer l’Opus Déi, plus élitiste. Et le voile pudique jeté, avec la complicité du Cardinal Rastinger, sur les affaires de pédophilie, n’avait-elle pas pour motivation la volonté de ne pas affaiblir cette église de combat ? Outre d’un exorciste, Rome s’accommode d’un évêque antisémite. La papauté soutient un Cardinal Brésilien qui excommunie une fillette de 9 ans violée, pour avortement. Et continue de mettre la capote à l'index !

JP2 a expurgé de son clergé des prélats restés dans l’esprit de Vatican II. Benoît seize est sur la même ligne : il soutient Cattenoz, archevêque d’Avignon, contre ses paroissiens qu’insupporte son autoritarisme, qu’ils croyaient d’un autre âge. Plus discret, l’évêque de Luçon, pas plus que son collègue de la cité des papes, ne cache son attirance pour la droite extrême. Et l’église de France ne résiste pas à la tentation de profiter des propos imbéciles du Chanoine de Latran.

 

L’anti-cléricalisme, au sens propre, est encore d’actualité !

 

* Paco Llorens, el párroco de las localidades de Quart de Les Valls, Quartell y Benavites -en la comarca valenciana del Camp de Morvedre-, que el pasado 2 de febrero 2014 publicaba en su cuenta de Twitter ( @LlorensVidal): "Hitler mataba niños mal formados, hoy el @PSOE sigue promoviendo dicha ideología #noalaborto @hazteoir". (http://luis-viadel.blogspot.fr/2014/02/otro-cura-dejado-de-la-mano-de-dios.html#more)

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