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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 18:27
DELENDA EST SENAT ?

En marge de cet article, un échange croquignolet avec une journaliste, puis la rédactrice en chef du Plus, une annexe du Nel Obs (voir en bas de l'article)

 

Faut-il détruire le Sénat ?

Dans sa forme actuelle oui ! Sénateurs élus au second degré selon des modalités et une  représentativité variables. Remplaçons cette deuxième chambre archaïque par une assemblée élue à la proportionnelle et au suffrage universel direct.

 

Le Sénat vient de s’autodéconsidérer par deux votes. Le premier a fait le plus de bruit et provoque la fureur puisque, dans un vote à bulletins secrets, une commission a refusé de lever l’immunité parlementaire de Serge Dassault. La gauche étant majoritaire, l’un de ses élus a donc rejoint les élus de droite farouches défenseurs du vieillard. Va-t-on débusquer le traître ?

Mais un vote plus grave a eu lieu où les sénateurs s’exemptent de la loi interdisant le cumul des mandats. Sous réserve d’être réélus comme Maires, les Sénateurs Collomb et Gaudin pourront continuer d’accumuler les casquettes battus par leur collègue Dellebarre, champion absolu du cumul (pas moins de 26 mandats et fonctions, l’équivalent de 7 temps plein pour un homme ordinaire).

 

Des anomalies connues, mais non corrigées

 

La répartition géographique comme le système d’élection par de grands électeurs est des plus baroques. Les uns sont élus au suffrage prétendument universel, mais indirect, uninominal, à deux tours, les autres à la proportionnelle.

La répartition est telle qu’il y a un sénateur pour 60 000 habitants en Creuse, et un pour 260 000 habitants en Loire-Atlantique. Pourquoi le Creusois pèse-t-il largement 4 fois plus que le ligérien ? mystère.

Quant aux grands électeurs, la commune de Mercey, 52 habitants, compte un grand électeur, la ville voisine de Vernon, elle, tout son conseil municipal, c’est-à-dire 35, soit un pour 708 habitants. Le Merceyen pèse donc 13 fois plus que le Vernonnais.

Prisme déformant supplémentaire : les élections municipales donnent une forte prime à la liste arrivée en tête. Ainsi dans l’évêché crotté du Bas-Poitou la liste majoritaire comptait un élu pour 128 suffrages exprimés en sa faveur et la liste d’opposition un élu pour 366.

Comme disait Coluche, tous égaux, mais il y en a qui sont plus égaux que d’autres.

 

Ces anomalies – pour rester dans l’euphémisme – sont connues. Mais jamais corrigées ou à la marge avec une extension de la proportionnelle à 3 sièges au lieu de 5. Cependant, EELV, appuyé en ce cas par l’extrême gauche comme par l’extrême droite, réclame une représentation proportionnelle.

L’instaurer pour l’élection de l’Assemblée Nationale serait prendre un risque du retour à l’impuissance parlementaire donc gouvernementale, avec des majorités à géométrie variable. Pour qui veut voir les délices de la proportionnelle, il n’est pas interdit d’aller scruter les élections bataves. Pas moins de 11 partis ont obtenu des députés, dont un « parti des animaux » ; 150 places, le parti en tête en a 41; donc aucun gouvernement possible qui ne soit de coalition.

Ne parlons pas de grande coalition à l’allemande totalement – quoi que disent les détracteurs d’une prétendue UMPS – inenvisageable dans notre beau pays où le compromis est honni. Mais, après tout, avec le retour du Franc et ses doux cycles inflation-dévaluation, on peut être nostalgique d’une 4e République et de ses crises ministérielles à répétition…

En revanche, si on ne tient pas à retrouver les charmes vénéneux des combinaisons propices aux partis charnières, le maintien d’une élection au scrutin majoritaire uninominal pour l’Assemblée Nationale s’impose.

DELENDA EST SENAT ?

Pour un Sénat à la proportionnelle

 

Mais rien ne s’oppose, au contraire, à ce que les 348 sénateurs, soient eux élus - par tranche comme maintenant - à la proportionnelle et bien sûr au suffrage universel direct. Le Sénat y gagnerait en légitimité.

 

Le risque de remplacer des notables cumulards par des apparatchiks des partis peut être minoré en faisant ces élections sur une base régionale : les listes auraient intérêt à choisir des candidats qui représentent au mieux l’ensemble des territoires dans leur diversité avec un éventail socio-professionnel des plus larges. Parité femme/homme bien sûr. Non cumul. Seuil de représentativité suffisamment élevé pour écarter le total émiettement. Répartition nationale des sièges équitable.

Bien sûr, les jacobins pousseraient des cris d’orfraie. A tort, sans doute, car cela permettrait de remettre à leur vraie place les indépendantistes de tout poil qui, d’ailleurs, n’ont guère percé dans les élections régionales, sauf en Corse.

 

Resterait ensuite à cette chambre inédite à démontrer qu’elle est capable de fonctionner, d’enrichir de la diversité de ses familles le débat démocratique et le travail législatif. Ce qui, étant donné notre culture politique, basée sur l’affrontement, ne serait pas gagné.

 

Guère d’illusions à avoir. Une telle réforme constitutionnelle est évidemment impossible par la voie du congrès : on n’imagine mal les Sénateurs se faire harakiri. Et il est peu probable que F. Hollande se lance dans un referendum sur ce thème et dans le climat actuel. De Gaulle, il est vrai en proposant une véritable usine à gaz à la place du Sénat, s’y est cassé les dents en 1969.

 

Poids démographique des sénateurs

Poids démographique des sénateurs

Aléas d'une (non) publication sur "Le Plus" !

 

Ayant mis en ligne ce même article sur "Le Plus" - une annexe du Nel Obs - j'ai été interrogé par une de ses journalistes (10/01) :

"...j'aurais souhaité avoir les sources concernant des informations de votre tribune :
 
 "La répartition est telle qu’il y a un sénateur pour 60 000 habitants en Creuse, et un pour 260 000 habitants en Loire-Atlantique. Pourquoi le Creusois pèse-t-il largement 4 fois plus que le ligérien ? Mystère.

 

Quant aux grands électeurs, la commune de Mercey, 52 habitants, compte un grand électeur. La ville voisine de Vernon, elle, tout son conseil municipal, c’est-à-dire 35, soit un pour 708 habitants. Le Merceyen pèse donc 13 fois plus que le Vernonnais.

 

[...] Ainsi dans l’évêché Crotté du Bas-Poitou la liste majoritaire comptait un élu pour 128 suffrages exprimés en sa faveur et la liste d’opposition un élu pour 366."

 

Pour éditer votre contribution, j'ai besoin de sources précises pour légitimer ces informations."

 

Le choix de la Creuse et de la Loire Atlantique était pifométrique : les données de population étaient tirées de wikipedia, le nombre de sénateurs du site du Sénat.

Pour y voir plus clair j'ai donc repris tous les départements, tirant leur population de l'INSEE : il ressort du tableau que si c'est bien la Creuse dont les deux sénateurs ont le poids démographique le plus léger, c'est l'Hérault qui a le poids démographique le plus lourd (1 creusois vaut 4,33 héraultais).

Quant au reste (Mercey/Vernon et Luçon, choix arbitraires fait en fonction de mon propre parcours), j'ai mis les liens dans le texte.

Chateauvieux-les-Fossés dans le Doubs fait encore mieux que Mercey avec 12 habitants ! On a même pire avec Rochefourcat, un seul habitant, mais un conseil municipal de 9 membres, dont aucun ne réside dans la commune, avec un maire à nom à charnière, Jean-Baptiste Le Moyne de Martigny, qui doit faire « grand électeur ».

 

 

Décidément je suis tombé sur une "mal comprenante" sur "Le Plus", puisque, après que je lui ai donné toutes les sources qu'elle réclamait, elle me relance (14/01) :

 

Je reviens vers vous une nouvelle fois pour votre tribune. Certaines de vos sources ne sont toujours pas assez claires. Il serait nécessaire d'être plus précis concernant le calcul et les sources qui entourent ces chiffres. 
Les explications doivent être développées; en particulier dans ce passage :

"Quant aux grands électeurs, la commune de Mercey, 52 habitants, compte un grand électeur. La ville voisine de Vernon, elle, tout son conseil municipal, c’est-à-dire 35, soit un pour 708 habitants. Le Merceyen pèse donc 13 fois plus que le Vernonnais.

[...] Ainsi dans l’évêché Crotté du Bas-Poitou la liste majoritaire comptait un élu pour 128 suffrages exprimés en sa faveur et la liste d’opposition un élu pour 366."

 

Ainsi que la source de celui-ci : " Pas moins de 11 partis ont obtenu des députés, dont un "parti des animaux" ; 150 places, le parti en tête en a 41 ; donc aucun gouvernement possible qui ne soit de coalition"

 

Il s'agit d'une "journaliste" qui donc - alors que je lui ai envoyé les liens très originaux de wikipedia pour Mercey et Vernon et rappelé qu'une commune aussi petite soit-elle compte au moins 1 grand électeur et que dans les communes entre 9000 et 30000, tous les membres du conseil municipal sont grands électeurs - ne comprend toujours pas le principe de la ... division ! Même chose pour Luçon. Et j'ai tenté de lui expliquer que l’objet de ces exemples n’est pas de rentrer dans les détails d’un calcul, mais de montrer, par la comparaison entre départements que les sénateurs ont un poids démographique assez inégal et que le système des “grands électeurs” est totalement inéquitable et est même aggravé par le système des élections municipales au dessus de 3500 habitants, avec la prime à la liste majoritaire.

 

Pour ce qui est des bataves, je lui ai juste rappelé que le lien renvoyait à un article qui comprenait un tableau complet des résultats.

 

Mais non contente de cela, elle a cru bon de réécrire le texte. sans manifester beaucoup plus de compréhension. Ainsi

“Le risque de remplacer des notables cumulards par des apparatchiks des partis peut être minoré en faisant ces élections sur une base régionale : les listes auraient intérêt à choisir des candidats qui représentent au mieux l’ensemble des territoires dans leur diversité avec un éventail socio-professionnel des plus larges. Parité femme/homme bien sûr. Non cumul. Seuil de représentativité suffisamment élevé pour écarter le total émiettement. Répartition nationale des sièges équitable.”
devient
Néanmoins, il y a un risque a vouloir remplacer des notables cumulards par des "apparatchiks". Des partis peuvent-être minorés en faisant ces élections sur une base régionale. De ce fait, les listes seraient complétées par des candidats qui représentent au mieux l’ensemble des territoires dans leur diversité, avec un éventail socio-professionnel des plus larges. En autre, la parité femme/homme, le non cumul des mandats, un seuil de représentativité suffisamment élevé pour écarter le total émiettement ou encore la répartition équitable des sièges nationaux.”
 
Ce qui, pour autant qu'à mon tour je comprenne ce paragraphe confus, me ferait dire l'inverse de ce que j'écris !
 
Et la plaisanterie dure depuis le 09/01/14 !
 
suite et fin
 
Alea jacta est ou Finita la commedia

 

Reçu ce courriel comminatoire (16/01, soit une semaine après la mise en ligne) :

Sent: Thursday, January 16, 2014 2:46 PM
Subject: votre publication sur le Plus
 

Bonjour Jean-François,

Voilà plusieurs jours que nous travaillions sur votre contribution sur Le Sénat avec N B
Votre propos est parfaitement clair dans ce texte : il est temps de réformer le Sénat. Votre argumentation a sa place sur le Plus. Néanmoins vous exposez des chiffres, nombreux, qu'il est de votre responsabilité de vérifier.
 
Sachez à titre d'exemple que Wikipédia n'est pas ce que nous appelons une source fiable : c'est un bon indicateur mais les données n'y sont pas toujours à jour. D'où le besoin, de notre part, d'aller plus loin pour comprendre l'origine de vos chiffres.
 
Or ce matin, quelle (mauvaise) surprise que de découvrir sur votre blog
- non seulement la publication d'extraits de vos échanges par mails avec N, soit la publication d'une correspondance privée
- d'autre part des propos méprisants à l'égard de N, de son travail et de la patience dont elle a fait preuve pour essayer d'enfin valider votre contribution.
 
 
Jean-François, après tous les échanges que nous avons pu avoir depuis des mois (des années ?), je ne vous cache pas que ce billet de blog est quelque peu décourageant.
 
Vous dénoncez sans cesse une "censure", mais constatez que régulièrement nous avons sélectionné vos textes, et que nous travaillions sur celui-ci afin, au bout du compte, de pouvoir le sélectionner lui aussi.
 
Pouvons-nous vous faire confiance pour collaborer sereinement ? Permettez-moi d'en douter, si dès lors que nous rencontrons un texte complexe, nous prenons le risque, en vous écrivant, de voir nos propos publiés sur un blog et de voir les journalistes en question décrédibilisés, méprisés sous votre plume.
 
La confiance et le respect sont des valeurs qui me sont chères, et que je défendrai toujours avec ardeur au sein de la communauté du Plus.
 
Votre billet de blog est la preuve d'un mépris irrespectueux envers la journaliste qui travaille depuis 3 jours sur votre texte. Nous ne validerons pas votre texte, malgré tout le travail de N qui était venu à bout de ses recherches pour vérifier toutes les infos. Une perte de temps pour tout le monde, c'est dommage, mais comprenez que nous ne pouvons pas travailler dans ces conditions.
 
Aude
 

 

 

Rédactrice en chef du Plus - Nouvel Obs

Tél : 01.44.88.35.70
Twitter : @AudeBaron
Blog : resto-de-paris.com
 
Réponse du vieux berger à la jeune bergère :
 
"Votre courriel, s’il me déplaît souverainement par le ton et sur le fond, ne me surprend pas.
 
Bien que ce soit sans doute inutile, car votre sens du dialogue consiste à envoyer un message péremptoire, mais ensuite à ne plus répondre, je me permets de rappeler que j’ai mis en ligne cette contribution il y a une semaine, que j’ai répondu à une demande de “clarification” de N., que malgré cela, elle m’a refait une autre demande de clarification, que le texte a été modifié à un point tel que, pour autant que je comprenne, elle me faisait dire le contraire de ce que j’écrivais...
 
Que wikipedia ne soit pas une “source fiable” sur tout, certes, mais en l’occurrence c’était d’une fiabilité suffisante pour aboutir à la démonstration de la représentativité à géométrie variable des “grands électeurs”.
 
Je dénonce une censure réelle, en témoigne les quelques textes que j’ai indiqués (parmi tous les autres)*.
En témoigne aussi ce courriel : s’il y a eu “mépris irrespectueux” comme vous dites c’est dans votre volonté, non pas de “collaborer sereinement”, mais d’imposer un point de vue, le vôtre.

Je me félicite cependant de voir que vous lisez mon “deblog” : vous invoquez une “correspondance privée”, alors qu’il ne s’agit pas de cela, mais d’un échange sur la publication ou non d’un texte. Rien de privé là-dedans. Et écrire que la journaliste (...) travaille depuis 3 jours sur votre texte c’est un peu me prendre pour un gogo.

Je subodorais d’entrée que seul le hasard d’une lecture par une stagiaire avait fait que le blacklisté que je suis voyait un texte retenu (le dernier remontait au 6 mars 2013 !). Ce que j’ai pris, je m’en excuse auprès d’elle, pour des difficultés de compréhension, était sans doute dû au respect de consignes de temporiser en attendant un prétexte pour bloquer la publication. Le temps passant et vu le titre ajouté, le “désolé, mais ce n’est plus d’actualité” était possible. Là l’indignation feinte, nimbée de grands mots – confiance et respect que je n’ai guère sentis en l’occurrence – permet le blocage prévu. Et certainement perpétuel.

Quand je pense que, j’allais écrire naguère, mais c’est plutôt autrefois, il y a longtemps, bien longtemps... vous envisagiez un pot avec moi, vieux vieillard – mais comme dit la chanson, les vieillards ne sont jamais jeunes – je trouve des plus plaisant de me faire morigéner par vos soins.

Malgré tout le déplaisir que me cause votre poulet, vous n’arriverez pas à me faire abandonner la lecture du pire des hebdos à l’exception de tous les autres, que j’ai commencé à lire du temps où il s’appelait France Observateur, de Martinet et Bourdet...

 

J. F. Launay

 

* Sur ma fiche du Plus, j'ai mentionné quelques articles non parus, dans tous ceux que j'ai soumis depuis mars 2013.

 

NB Particulièrement marrant cette "patience dont elle a fait preuve pour essayer d'enfin valider votre contribution", alors que j'ai immédiatement répondu à ses demandes assez incongrues au demeurant, car quiconque a un minimum de connaissances sur les élections sénatoriales n'ignore pas que le système des "grands électeurs" favorise outrageusement les petites communes. La demande sur ce point témoignait d'un évident manque de confiance à l'égard de mon travail. Ce que confirme ce "N qui était venu à bout de ses recherches pour vérifier toutes les infos".

Car peut-on parler de "respect et de confiance" quand le contributeur se voit enjoindre de prouver que ce qu'il avance sur Mercey, Vernon ou Luçon, la Creuse et la Loire-Atlantique, est authentique, comme s'il allait inventer, pour les besoins de sa cause, des chiffres farfelus ?

 

Arrogance et puérilité

 

Sur le fond, il est tout-à-fait normal que le support qui publie une contribution vérifie qu'elle ne comporte évidemment pas d'éléments tombant sous le coup de la loi, car sa responsabilité peut être engagée.

Il peut aussi se donner le droit de rajouter un chapeau et revoir et/ou compléter la titraille. Sauf que, du temps très lointain où j'étais publié sur Le Plus, j'avais dû demander la modification d'un titre qui était en total contre-sens avec le texte (Ce fut peut-être l'origine de ma mise sur la touche ultérieure).

Les corrections orthographiques ou syntaxiques s'imposent. Mais celles qui se veulent stylistiques sont déjà plus problématiques. Et, quand ça porte sur le fond, ça devient vite : "J'aime votre point de vue, à condition qu'il soit conforme à l'idée que je m'en fais." Et même sur le ton : pour avoir assez vivement attaqué Mélechon, je me suis vu reprocher mon ... agressivité. J'ai eu beau citer les termes insultants que l'imprécateur avaient eu à l'encontre de Joffrin*, patron du Nel Obs, donc du Plus, mon interlocutrice n'a rien voulu entendre.

Car derrière l'affabilité du ton - votre avis nous intéresse - perce l'arrogance du professionnel envers l'amateur (même si l'amateur en question a eu craché beaucoup de copies dans une vie antérieure), professionnel qui détient le pouvoir de publier ou pas.

Le courriel de la rédactrice en chef est, à cet égard, éclairant dans sa puérilité sous-jacente : "votre argumentation a sa place dans Le Plus", mais vous n'avez pas été gentil, donc à la poubelle.

 

Et voilà comment une belle idée constitutionnelle ne connaîtra pas tout l'écho qu'elle mérite !

 

* "Lisez l’éditorial ahurissant de Joffrin à propos de PSA pour comprendre à quel point ce système peut durcir ses méthodes d’intoxication mentale. [...]

Le médiacrate social libéral enragé voit dans l’affaire PSA, « le cimetière des illusions idéologiques françaises »! Intellectuellement c’est révulsif." Mélenchon sur Joffrin, par exemple, en juillet 2012.

Pire encore, il avait emprunté à Maître Collard (député F-Haine) une photo de Joffrin jeune, aux côtés de Le Pen père.

 

 

 

 

 

 

 

PS 21/09/17

Depuis la dame Baron est passée à Eurosport !

Ce qui ressort de cet épisode - précédé d'autres - c'est que L'OBS, faute de vrais journalistes compétents, à l'époque, dans le domaine - a confié les clés du camion "Le Plus" à de jeunes "journalistes" aussi arrogant-e-s qu'incultes, mais ayant un vernis d'Internet ! Qu'une pseudo journaliste soit incapable de vérifier des données aussi élémentaires que celles qu'elle mettait en doute le prouve, si besoin était.

Et c'est ce genre de personnes qui contribuent à dévaloriser le métier de journaliste par leur suffisance à la hauteur de leur incompétence !

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 21:32
NKM ou Marie-Chantal chez les clodos !

L’ancienne porte-parole du Sarko de campagne modèle Buisson-Peltier qui a donc sérieusement écorné son image de libérale avancée du XXIe siècle multiplie les couacs d’une campagne parisienne qui ne décolle pas. Relookage, déclarations, appuis, mises en scène, programme… tout fait sérieusement amateur. N’est-elle pas en train de se séguiniser ?

 

Après les doux moments de grâce sur la ligne 13 du métro, NKM,  instants de charme, va tirer son clope avec des clodos de carte postale. Blouson et jean de rigueur. Négligemment appuyée sur le mur, joue creusée pour aspirer la cigarette.  Avale-t-elle la fumée ?

NKM ou Marie-Chantal chez les clodos !
NKM ou Marie-Chantal chez les clodos !

Une autre fois, elle prenait la pose au bord du Canal Saint-Martin. Photo quasi romantique qui évoquait celle kitschissime où elle posait allongée dans une longue robe blanche au pied d’une harpe, chevelure déjà savamment défaite, une main posée sur son ventre un peu rebondi de femme enceinte,  un bras allongé sur un banc de pierre antique, deux énormes livres, dont un ouvert : là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

S’il est une qualité qu’il faut reconnaître à NKM, c’est qu’elle ne craint pas le ridicule, affichant elle-même cette composition aux symboles trop appuyés. Accompagnant ce cliché de considérations sur la forêt mythique et magique de Bibracte où il fait bon se ressourcer parmi les queules. Et mon queule, qu’est-ce qu’il a mon queule ?

Elle accomplit avec vaillance les figures imposées de toute candidature. Mais, que ce soit à Rungis, à traire une chèvre, à partager le couscous, à goûter la charcuterie, à jouer au pique nique, etc. ça n’imprime pas. Elle fait toujours un peu décalée. Ce côté Auteuil-Neuilly-Passy dont elle ne peut se défaire.

NKM ou Marie-Chantal chez les clodos !

Et ne parlons pas d’une affiche, ce NKaime Paris, qui se veut réponse aux accusations de parachutage, mais qui traduit surtout l'aristocratique don de sa précieuse personne à la capitale.

Brèves de comptoirs ?

Brèves de comptoirs ?

Elle s’applique pourtant. En témoigne cette photo de comptoir où elle feint de s’intéresser aux propos de zinc d’un habitué.

NKM ou Marie-Chantal chez les clodos !

Même son relookage – longues anglaises blondes dans une coiffure savamment négligée– s’il fait bouzer, tombe à plat avec son néo-romantisme désuet qui se veut, sans doute, bohême. Et ce côté Marie-Chantal : « C'est une amie, Muriel Mayette, qui est secrétaire générale de la Comédie-Française, qui m'a présenté son coiffeur dans un dîner. (…) J'ai trouvé qu'il était formidable ».

 

Que son staff, lui ait conseillé d’abandonner son côté dominatrice - chignon strict, noir vêtue, haut perchée sur des talons aiguilles, il ne manquait que la cravache – cela se comprend.  Mais qui est ciblé dans ce naturel ultra sophistiqué ? Les bobos ?

Ce n'est pas dans les vieux "chodron" qu'on fait la meillure soupe électorale...

Ce n'est pas dans les vieux "chodron" qu'on fait la meillure soupe électorale...

Fausse bonne idée encore, faire appel à Bernadette Chirac, née Chodron de Courcel, plus caricaturale que sa marionnette et qui s’est lancée dans le panégyrique de Xavière Tiberi ! Malgré ses opérations pièces jaunes, il n’est pas sûr que « maman » comme disent les guignols ait la popularité de l’époux. Et vicieusement, non contente de faire la leçon à NKM, elle lui glisse une belle peau de banane sous ses longues jambes fuselées avec ce symbole de la tricherie électorale, du clientélisme et de la discorde que représente le nom des Tiberi.

 

Le programme a-t-il de l’importance ? Le sien ne brille pas par son originalité : plus de caméras, une police municipale pour le côté sécuritaire, plus de places en crèche car toutes les mamans n’ont pas une belle-mère pour élever leurs rejetons, des nouveaux logements, mais pas HLM, pour les classes moyennes, le périph couvert à 20 % et les horaires des transports en commun, que d’ailleurs elle ignore complètement, prolongés. Tout cela, bien sûr, en faisant 1 milliard d’économies.

 

Le sentiment que rien n’accroche semble la pousser à durcir le ton. Ainsi un Péchenard, très sarkozyste ancien patron de la police, ne recule devant aucun coup bas en accusant Anne Hidalgo de vouloir "distribuer du cannabis dans les bureaux de tabac". Mais du coup, à donner dans le populisme et la campagne de caniveau, elle risque à nouveau de troubler une image qui cherchait à séduire les prétendus bobos.

Soirée pipeul de lancement de "Lui"

Soirée pipeul de lancement de "Lui"

Ses longues jambes lui permettront-elles de faire le grand écart entre Ludivine de la Rochère de la manif anti mariage pour tous et ses ouailles et  Frédéric Beigbeder, le frère, patron de Lui ressucité, et ses pipeuls ?

Ou n’est-elle pas, comme le diagnostique Nicolas Domenach, en train de se séguiniser ? En cette affaire parisienne et pour avoir suivi le naufrage Capitale de Philippe Séguin en 2001, on peut craindre pour elle pareil échec ! (…) Sa campagne à Paris n’a jamais vraiment pris. C’était comme si les parisiens ne le méritaient pas… (…) la candidate de l’UMP patauge dans les mêmes incohérences : tantôt elle attaque très violement son adversaire PS pour satisfaire ses barons et la partie de son électorat farouchement anti-socialiste, tantôt elle donne l’image cool d’une écolo-bohème, mais tellement aristo, qu’elle ne touche pas les sympathisants verts, tout en énervant ses électeurs réactionnaires.

 

Comme le note d’ailleurs Domenach, les prophéties sont toujours hasardeuses, surtout quand elles portent sur l’avenir. Et Anne Hidalgo a apparemment bien compris qu’on ne gagne pas la bataille grâce aux erreurs adverses.

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 19:19
Révolte des profs de classes préparatoires !

« Peillon, t’es foutu, les profs de prépas sont dans la rue ! » Coiffés d’une toque magistrale, va-t-on voir défiler les professeurs de classes préparatoires, de la Bastille à la République, le 9 décembre ? Et SNALC et SNES ont déposé un préavis de grève ! Motif de leur ire : une atteinte inadmissible à leurs avantages acquis.

Mais si on supprimait les grandes écoles et ces prépas coûteuses et élitistes ?

Toges

Toges

Vincent Peillon vient de lancer un grand chantier casse-gueule : la réforme du métier d’enseignant. Le ministère veut incidemment remettre à plat les décharges de service, dont celles des professeurs des classes prépa. Leur obligation de service, comme on dit à l’éducation nationale, est de dix heures de cours par semaine. Mais si l’effectif de la prépa dépasse les 35, ils bénéficient d’une heure de décharge. Et quand ils enseignent en seconde année, une nouvelle heure de décharge leur est allouée. A tort pour les intéressés sans doute, le ministère semble considérer que des effectifs de plus de 35 avec un public sélectionné ce n’est pas anormal. Et qu’en deuxième année, les étudiants des prépas disparaissent aux congés de Printemps, pour passer les concours, donc que les profs n’ayant plus cours dès le mois de Mai, une heure de décharge ne s’impose absolument pas.

 

« En cumulant traitement, heures supplémentaires et heures d’interrogation orale (les « heures de colle »), un professeur de classe prépa gagne en moyenne 4.800 euros nets par mois ; un professeur de chaire supérieure*, 5.700 euros… avec, en fin de carrière et en cumulant le maximum d’heures supplémentaires et d’heures de colle, la perspective d’émoluments pouvant atteindre 9.800 euros nets comme l’avait évoqué la Cour des comptes dans un rapport récent. » (Revue de presse du CRAP)

 

Comme défendre bec et ongle des avantages acquis qui, vu de l’extérieur de l’educnat, peuvent sembler abusifs, les profs de prépas affirment que ce sont les classes préparatoires aux grandes écoles qui sont visées. Il faut dire que ces CPGE et leurs enseignants n’ont pas une image de marque reluisante : élitistes, injustes, maltraitantes, avec des maîtres arrogants, formatant des bêtes à concours… Cette caricature reste peut-être proche de la réalité des prépas des « grands lycées » des grandes villes, à commencer par Paris. Elle ne s’applique pas aux prépas qui se sont créées dans des lycées de banlieues et de villes moyennes, depuis quelques années et qui ont parfois peine à recruter.

 

Si l’on en croit Carole Daverne et Yves Duterq (Les bons élèves. Expériences et cadres de formation, PUF), face à des publics moins pré-formatés aux méthodes de travail et au niveau d’exigence des prépas à l’ancienne, les enseignants ont dû développer une stratégie d’empowement, ils ont inventé une pédagogie  - eh oui ! – pour permettre aux élèves de se dépasser. Ainsi les fameuses heures de colle ne sont plus des moments un peu sadiques où le maître fait mesurer à l’étudiant toute la distance qui le sépare de la réussite au concours, mais l'occasion de mieux connaître ses difficultés et de le guider de façon individualisée. La proximité passe aussi par les courriels et les coups de téléphone. Le climat n’est donc pas celui d’un bagne scolaire. (Le café pédagogique)

Et là, plutôt qu’une décharge de service, c’est une limitation des effectifs pour permettre ces liens prof-élèves qui s’impose. Mais quand il s’agit de proférer le Savoir du haut de sa chaire, fût-elle supérieure, qu’importe qu’il y ait 35 ou 48 auditeurs.

Les ruptures de courbe sont dues à des changements de modes de calculs ; les IUT ont été fondues dans les universités;

Les ruptures de courbe sont dues à des changements de modes de calculs ; les IUT ont été fondues dans les universités;

Un modèle pour l’université ?

 

C’est ce que disent les auteurs, mais ils n’ignorent pas que ce modèle a un coût. En moyenne un élève de CPGE coûte 37% de plus qu’un étudiant (15 020 contre 10 940€). De plus ces classes restent comme ils disent très genrée : en schématisant à peine, 3/4 de filles en prépas littéraires, 1/4 en prépas scientifiques et globalement un peu plus de 40%. Surtout, alors que globalement, en 2011, dans l’enseignement supérieur, 30% des étudiants sont enfants de cadres ou de professions intellectuelles supérieures et 22% de famille d’ouvriers, de retraités ou d’inactifs, en CPGE, 50% sont fils de cadres supérieurs ou membres de professions libérales, et 12 % côté ouvriers, retraités ou inactifs. Situation pratiquement inchangée depuis 2001, alors que la création de nouvelles prépas, hors des bastions traditionnels, avait pour but d’en élargir le recrutement.

 

Faut-il donc, finalement, supprimer les prépas et inviter leurs enseignants à rejoindre les universités ? En toute logique, il faudrait alors supprimer nos grandes écoles. Impensable ! Ministres ou anciens ministres, anciens élèves de Sciences Po, Polytechnique, ENS, HEC, etc., sans oublier l’ENA, dans une véritable union sacrée, défendraient nos chères – ô combien – et élitistes grandes écoles. Se dresseraient aussi les farouches républicains –trotskystes lambertistes en tête - pour défendre ces inaliénables institutions de notre République ! Alors que, comme le souligne ironiquement Baudelot (prof à l’ENS, au demeurant), classes prépas et grandes écoles sont un « héritage composite qui réunit des aspects empruntés aux Collèges des Jésuites, à la formation des officiers des corps techniques des armées de l’Ancien régime et de l’Empire ». Le goupillon et le sabre ! Une belle « exception française » !

 

Alors rêvons. Rêvons d’une Université qui aurait les moyens des CPGE et qui mettrait réellement en place une stratégie d’empowement. Rêvons de grandes écoles grandes ouvertes aux enfants d’ouvriers et d’employés donc capables de sortir de leur malthusianisme et d’imaginer des parcours d’accès différenciés. Rêvons…

 

 

* Invention de Georges Pompidou – lui-même ex-prof de prépa avant de se reconvertir dans des activités encore plus lucratives – le prof de chaire supérieure a vocation à enseigner dans les fameuses classes préparatoires et ne relève que de l’Inspection générale de sa discipline. Mais tous les profs de prépas ne sont pas automatiquement de chaire supérieure.

 

 

Annexe 1

Professeur en classes prépas, le décret Peillon m'enlèverait plus de 10% de mes revenus tel est le titre d'une contribution d'un prof de prépa dans "Le Plus" (où l'article ci-dessus est interdit de publication)

Titre doublement mensonger :

1°) Pour le moment, il n'y a aucun "décret Peillon"

2°) La virtuelle suppression d'une ou deux heures de décharge, créée ne l'oublions pas pour alléger la charge de travail, alourdirait ladite charge, mais ne changerait rien à la rémunération. Autrement dit, au lieu de travailler 8 ou 9h, les profs de prépas qui bénéficient de ces décharges reviendraient à 10 h (sans perte de salaire bien sûr).

 

Evidemmernt, je ne suis pas naïf, la décharge censée alléger se transforme, en fait, en Heures Sup, mais même dans cette hypothèse - vu que les HS sont moins payées que les heures de base (et qu'elles s'ajoutent, au moins, aux "heures de colle") leur éventuelle suppression ne ferait pas baisser 10% des revenus du Monsieur qui ose écrire cela.

 

Ayant eu l'audace de commenter cet article, je me suis vu pris à partie sévérement - mais pas toujours très honnêtement - par des professeurs de CPGE. Voir les commentaires sous l'article.

 

Annexe 2

Ces dernières semaines, (…) la question du service des enseignants de classes préparatoires aux grandes écoles a donné lieu à des inquiétudes et à de la désinformation. Vincent Peillon tient à rappeler les principes qui le guident dans ces discussions, et les propositions qu’il a pu faire. Tout d’abord, il réaffirme son attachement aux classes préparatoires : à aucun moment il n’a été envisagé de remettre en cause leur existence ou leur fonctionnement. Il reconnaît la grande qualité de ces formations, ainsi que le mérite et le dévouement des enseignants qui y exercent. Conformément au principe général des discussions portant sur les métiers, l’objectif est d’harmoniser des situations disparates entre les enseignants de classes préparatoires et en aucun cas d’opposer une catégorie d’enseignants aux autres. Sur cette base, les propositions qui ont été faites concernent l’ensemble des enseignants du second degré ; elles reposent sur l’introduction d’un système unifié de pondération visant à reconnaître les charges de travail spécifiques. Ainsi, une heure d’enseignement dans une classe à examen, au lycée, vaudra 1,1 heure ; une heure d’enseignement dans une section de technicien supérieur vaudra 1,25 heure ; et une heure d’enseignement en classe préparatoire vaudra 1,5 heure. Par-là sont reconnus le haut niveau d’exigence de ces enseignements ainsi que l’importance du temps consacré aux corrections de copies. En conséquence, l’obligation réglementaire de service des enseignants de classes préparatoires est portée à 10 heures hebdomadaires pour tous.

Extrait de Questions d’actualité n°395 – 07/12/2013 - Najat Vallaud-Belkacem

 

 

Pour compléter : une chronique de Luc Le Vaillant "Passons les prépas de vi(d)e à trépas"

 

"Vincent Peillon vient de reculer devant les enseignants des classes préparatoires aux grandes écoles. Arc-boutés sur leur statut, ces esprits supérieurs se dispensent de tout soutien envers leurs jeunes collègues envoyés au front des ZEP. Sous couvert d’excellence à préserver, ces éleveurs de champions se cantonnent dans les beaux quartiers qu’ils redorent d’un vernis culturel fendillé. Très certainement dévoués à leur brillants élèves, ces inamovibles veulent aussi pouvoir continuer à se goinfrer d’heures supplémentaires, histoire de truffer gras des rémunérations déjà joufflues.

D’accord, d’accord, il y a bien quelques prépas dans les secteurs disgraciés..." Lire la suite

Annexe 3: échanges de courriers

 

Le courrier des lecteurs du Nel Obs du 7 janvier 2014 comportait, sur 4 extraits de lettres publiés, un long extrait d’un courrier des élèves de khâgne et hypokhâgne d’un lycée d’Avignon. Lettre qui faisait l’objet d’un commentaire élogieux du responsable de la rubrique, ancien khâgneux lui-même.

Faut-il rappeler que la polémique sur les heures de décharge des profs de prépa datait de fin novembre (voir l’article du Nel Obs du 01/12/13) ? et, qu’en sus, les élèves d’Avignon s’en prenait à un article qui lui remontait au mois d’octobre … 2012 !

 

D’où l’envoi d’un courrier au Nel Obs

 

Classe prépa : on nous bourre le mou !

 

Bizarre, bizarre ! le courrier des lecteurs, non seulement publie une assez attristante lettre d’élèves « de khâgne et d’hypokhâgne » d’Avignon, mais son responsable, G. Malaurie, en rajoute une couche, en tant « qu’ancien khâgneux » ! « Une authentique fraîcheur », « une plaidoirie qui tient la route » et une affirmation fausse : Peillon n’avait absolument pas remis en cause le maximum de service de dix heures des profs de prépas. Pas plus, d’ailleurs, qu’il n’avait remis en cause l’existence même de ce type de classe ? Ce que tentaient de faire croire les profs de prépas. Et G. Malaurie.

 

Rappelons d’abord, aux grands adeptes de la « méritocratie » qu’un étudiant en université (IUT, plus coûteuses, comprises) coûte en moyenne 10 940 euros, un élève de prépa 15 020.

 

Rappelons ensuite que Peillon, avant de reculer assez lâchement, voulait uniquement supprimer des « décharges de service ». L’une au moins était assez cocasse puisque, par définition, ces classes préparent  aux grandes écoles, or les profs enseignant en 2e année, l’année même où ces classes concrétisaient leur objectif, avaient droit à une heure de décharge. Décharges justifiées en principe par la surcharge de travail mais qui permettaient en fait de se gaver d’heures supplémentaires. Rappelons donc,  aussi, que vu la lourdeur de la tâche, l’agrégé qui ne fait déjà que 15 h en secondaire, voyait son service réduit à 10 en CPGE , un tiers de service en moins !

 

Rappelons enfin que les chiffres de boursiers avancés sont du pipeau. Ou si l’on préfère du Pécresse qui a inventé des boursiers à taux zéro.

 

Ces classes restent très genrée : en schématisant à peine, 3/4 de filles en prépas littéraires, 1/4 en prépas scientifiques et globalement un peu plus de 40%. Surtout, alors que globalement, en 2011, dans l’enseignement supérieur, 30% des étudiants sont enfants de cadres ou de professions intellectuelles supérieures et 22% de famille d’ouvriers, de retraités ou d’inactifs, en CPGE, 50% sont fils de cadres supérieurs ou membres de professions libérales, et 12 % côté ouvriers, retraités ou inactifs. Situation pratiquement inchangée depuis 2001, alors que la création de nouvelles prépas, hors des bastions traditionnels, avait pour but d’en élargir le recrutement.

 

J. F. Launay

 

Réponse de Guillaume Malaurie

Merci de votre réaction . 

Mais je ne discerne pas très bien ce que vous estimez " bizarre bizarre". 

 Et en quoi ce ne serait suspect  d'être " grand adepte de la méritocratie". Je ne dis pas que les Profs de classes   doivent être à l'abri des réformes à caractère budgétaire.

Mais si les boursiers dans les classes prépas, c'est du "pipeau" - ça n'a pas l'air d'être le cas à Avignon- , quelle conclusion faut-il en tirer ? Supprimer les prépas  ? Ou multiplier  le nombre de boursiers ?

 

Qu'il faille réformer, c'est très bien et mettre de l'équité là où ça manque, c'est encore mieux . mais  sombrer dans un égalitarisme étroit, c'est risquer de mettre par terre un enseignement qui continue à faire ses preuves.  penser que la charge de travail pour préparer des élèves aux ENS ou l'X ou aux grandes écoles scientifiques est le même  que celui fourni pour préparer à une licence me semble peu ... "équitable".

 

Et surtout ouvrir aux grands vents de l'enseignement privé le secteur qui reste encore du domaine public. La rémunération des profs de prépas cous choque ? Et pas celles d'Ipesup  ? Ou de Hec et des innombrables écoles de commerce ?

 

Pardonnez moi , mais je préfère une sélection par le mérite à une sélection par l'argent. Si le système ne marche plus correctement, mieux vaut à mon sens l'amender plutôt  que de le tuer .

 

Trés cordialement

Guillaume Malaurie

 

Cette réponse feint donc de ne pas comprendre l'incongruité de cette insistance sur un sujet classé. Et elle confirme que G. Malaurie, marchant sur les brisées des indignés profs de prépas, veut faire croire que Peillon voulait supprimer les CPGE. Ce qui est faux et que le journaliste ne pouvait l'ignorer :

La rémunération des profs de prépas vous choque ? », me demandez-vous. Non. Et, je l’ai écrit je crois dans des commentaires d’articles, au moment où l’affaire faisait grand bruit, il est somme toute normal que des salariés défendent leurs fameux droits acquis. Mais, les observateurs peuvent s’interroger, eux, sur ces fameux droits, sur ces heures dites de « décharge » qui ne déchargent rien puisqu’elles servent à toucher des heures sup et dont la justification peut paraître un peu tirée par les cheveux.

 

La fameuse « méritocratie » dont vous vous gargarisez aboutit, globalement, et malgré la multiplication des  prépas, à ce que la proportion d’élèves issus des catégories les moins aisées, à commencer par les fils d’ouvriers, stagne depuis plus de 10 ans et que les « fils d’archevêque » - fils de profs d’abord, de cadres supérieurs, de professions libérales – forment toujours la majorité des « méritants »."

 

Je terminais ma missive par une auto-citation sur l'impossible suppression des prépas puisque liée à celle des grandes écoles.

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 18:02
 Au mois de mai, une affiche de la « Manif pour tous », représentait déjà Christiane Taubira en gorille menaçant.

Au mois de mai, une affiche de la « Manif pour tous », représentait déjà Christiane Taubira en gorille menaçant.

Paris, le 19 novembre 2013

 

 

« MARCHONS CONTRE LE RACISME »

Le 30 novembre 2013 à Paris, en France et dans les Dom Com

 

 

Un climat nauséabond s'installe dans notre pays. Le garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Christiane Taubira, a subi ces dernières semaines des attaques racistes venues de temps obscurs que l’on croyait révolus. Les déclarations racistes d’une candidate du Front national, les invectives d’enfants, téléguidés par leurs parents, traitant la ministre de la Justice de «guenon », sont une souillure pour la République.

 

Ces propos attaquent frontalement des millions d’êtres humains originaires d’Afrique, des Caraïbes, des Amériques, de l’Océan indien, citoyens français ou non et dont les aïeux ont été jadis martyrisés du fait de leur couleur de peau. Ils constituent une atteinte violente contre toutes et tous car ils visent au cœur le pacte républicain.

 

Nous condamnons solennellement cette dérive raciste, de même que les actes et propos qui en ont permis la maturation. Nous n’admettons pas que des millions de personnes soient déniées dans leur humanité et leur citoyenneté, que ce soit en raison de leurs origines, de leur situation sociale, de leur culture, de leur religion... Nous ne supportons pas que des boucs émissaires soient désignés comme les responsables de nos maux et comme des menaces sur notre avenir.

 

Alors que la France doit affronter les énormes défis liés à la dégradation économique, au chômage et aux inégalités, face à ceux et à celles qui veulent aviver les souffrances sociales, les peurs et les colères, nous nous dressons pour affirmer avec force : la République n’a d’avenir qu'égale, solidaire et fraternelle.

 

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui ont à cœur les valeurs de l’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité aux visages hideux du racisme à participer à une marche le 30 novembre 2013, à Paris, dont le rendez-vous est donné à 14 h 30, place de la République, ainsi que partout en France métropolitaine et dans les Dom Com.

 

Signataires :

Collectifdom - CM 98

Ligue des droits de l’Homme - Licra  - Mrap - SOS Racisme

CFDT - CFTC - CGT - FSU  - UNSA - Union syndicale Solidaires
UEJF (Union des étudiants Juifs de France) - FIDL - UNEF - UNL - UFAT (Union Française des associations Tziganes) - R=(Respect) - EGAM - FNASAT - Banlieues du Monde - France Terre d'asile - Ni Pute Ni soumise - Collectif des écrivains nègres - Association ultramarine de France - Les amis du PPM en France - Haut Conseil des Maliens de France  - Association pour la Promotion de la Langue et de la culture Soninké (APS) - Association culturelle de musulmans de Drancy - Conseil de Coordination des organisations arméniennes - La Maison des potes - Mémorial 98 - Le Syndicat des Avocats de France (SAF) - Le Syndicat de la Magistrature - Les Marianne de la diversité - RESF - Fédération des Mutuelles de France - Mouvement pour la paix  - Fondation Copernic - SNES - FCPE - CIMADE - SNEP - SNUEP - DAL (Droit au logement) - Ligue de l'enseignement

Angers

Angers

INDICATIONS PRATIQUES (source CFDT)

 

  1. Il s’agit d’une manifestation avec visibilité pour chaque organisation (banderoles, sono, drapeaux, autocollants, etc…). Une banderole unitaire de tête sera évidemment prévue.
  2. La manifestation est à l’initiative de la société civile (associations et syndicats). Les partis et groupes politiques sont invités à se mobiliser mais ne sont en aucun cas organisateurs, ni initiateurs.
  3. Ordre prévu dans la manifestation parisienne : Organisations Dom Com initiatrices (Collectifdom et CM98), associations, syndicats… Les partis et groupes politiques suivent et ne sont pas invités dans le "carré de tête".
  4. Prises de parole à l’issue de la manifestation : seules les organisations initiatrices et les associations nationales de défense des droits de l’homme ou antiracistes prendront la parole sur la base de l’appel commun.

 

 

 

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 16:38

Vous vous souvenez de Lies hebbadj ? vous savez ce polygame nantais, qui avait été déclaré présumé coupable par Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur ? eh bien ! il vient de bénéficier d’un non-lieu ! comme Sarkozy !

Le polygame innocent !

Flash back : le 2 avril 2010, un motard de la police verbalise Sandrine Mouleres, avec 22€ d’amende, pour non-respect de l'article 412-6 du Code de la route, qui stipule que «tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position d'exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent». En effet, la dame conduisait en niqab et l’agent de la force publique avait estimé que le port de ce voile intégral pouvait nuire à sa bonne conduite… du véhicule. Précisons qu’à l’époque la loi sur ce fameux voile n’était pas encore votée.

 

Et ce qui avait déchaîné le bouze – parlait-on déjà de "bouze" à l’époque – ce fut surtout le mari, un certain Lies Hebbadj qui était venu appuyer la contestation du PV par son épouse.

 

Aussitôt, Brice Hortefeux saisit son collègue Besson pour qu’il étudie les conditions dans lesquelles l’individu pourrait être déchu de sa nationalité. Car l'époux de cette femme «appartiendrait à la mouvance radicale du Tabligh et vivrait en situation de polygamie, avec quatre femmes dont il aurait eu douze enfants. Au demeurant, chacune de ces femmes bénéficierait de l'allocation de parent isolé.» «J'ajoute, en outre, que ces quatre femmes porteraient le voile intégral

Le polygame innocent !

Pas tibulaire, mais presque aurait dit Coluche de ce personnage portant la barbe, vêtu à la pakistanaise d'un khamiss, la tête recouverte d'une calotte et d'un keffieh. Il tenait une librairie mais possédait aussi une boucherie halal à Rezé-lès-Nantes.

 

Arrivé avec sa famille en France à l’âge de deux ans, il obtient 22 ans plus tard la nationalité française. « Le Figaro » qui a « eu accès au dossier de naturalisation » nous en apprenait de belles sur le « trouble passé de Lies Hebbadj ». Ainsi nous apprenait-il que, bien qu’il n’ait eu aucun lien avec une mouvance islamiste avant 2000, il était « bien connu des services de police ». Polygame donc, il aurait quatre épouses officieuses, mariées religieusement, dont des Françaises converties à l'islam. Des femmes dont il aurait eu douze enfants, puis quinze. Ce qui donnait lieu à une escroquerie aux prestations sociales versées au titre de l'allocation de parent isolé à ses compagnes qui portent toutes le niqab et vivent dans une sorte de gynécée réparti entre trois maisons contiguës. Une fraude estimée à 90 000€.

 

Mais les charges contre le très étrange Lies Hebbadj ne s’arrêtaient pas là. Des fuites policières faisaient état de coups portés à l’une de ses concubines et surtout, en 2006, de la plainte d’un père de famille pour détournement de mineure, car le libraire était parti en voyage à Dubaï avec sa fille de 17 ans et demi. L'affaire fut classée sans suite, car la jeune fille avait affirmé l'avoir suivi volontairement pour des vacances.

 

Enfin – last but not the least – le procureur de Nantes révélait, toujours en 2010 mais en août, que Liès Hebbadj était accusé d’avoir violé "de façon répétée" une certaine Nina Gomez entre 2003 et 2006, notamment quand elle était enceinte. La jeune femme a depuis épousé un autre homme, et vit à Dubaï, aux Emirats arabes unis. "Elle a fait spontanément ces déclarations devant le juge d'instruction vendredi, lors de sa mise en examen dans le cadre de l'enquête sur des fraudes aux prestations sociales". (Le Point)

  

Le polygame innocent !

Psschitt…

 

Ne le dites pas à Hortefeux, mais tous les dossiers ont fait psschitt…

 

Tout d’abord, la niqabée Sandrine a vu son PV annulé par le tribunal de police: «On est dans un pays de libertés, tout ce qui n'est pas interdit est autorisé». Selon l’avocat, cette décision a été motivée par le fait que le niqab «ne présente aucune dangerosité car il bouge avec la tête» de la personne qui le porte.

 

Aucune véritable poursuite n’a été lancée pour polygamie puisque, en France, elle ne peut avoir aucune existence légale (les prétendus « mariages religieux » sont nuls et non avenus en droit).  Mais, Lies Hebbadj et ses concubines ont aussi bénéficié, en 2012, d’un non-lieu du juge d’instruction pour fraudes aux prestations sociales. "L'examen du dossier n'a débouché sur aucune preuve sérieuse à charge par rapport à Lies Hebbadj. L'essentiel des charges qui pesaient sur lui se dégonflent. La montagne a accouché d'une souris", commentait son avocate Cécile de Oliveira. Le seul élément retenu fut une fausse déclaration de l’épouse légitime sur la présence sur le territoire national de ses enfants légitimes pendant plus de trois mois, pour un préjudice de 3426 euros. (L’Express). Hebbadj sera lui condamné dans un dossier de travail dissimulé, sans rapport donc avec l’affaire.

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Restait donc, plus de trois ans après le PV, une plainte d’une ex-concubine pour viols aggravés. « Au terme de trois années d’enquête, la justice vient de rendre un non-lieu, définitif, pour Lies Hebbadj qui était accusé de viol par une ex-compagne. Ce commerçant rezéen voit ainsi ses ennuis judiciaires définitivement clos. » « J’ai toujours cru que c’était une manipulation, souligne maître Cécile de Oliveira, avocate du commerçant, car l’ex-compagne s’était souvent plainte de Lies Hebbadj sur son blog lors de leur rupture. Elle mettait en cause son comportement ou son indélicatesse supposée mais ne faisait jamais état de telles accusations. Celle-ci est sortie du chapeau devant un juge qui la mettait en examen… Tout s’est dégonflé. » (Ouest-France)

 

Le non-lieu n’a pas été passé totalement sous silence, mais rien à voir avec la flambée médiatique provoquée par les propos incendiaires d’un ministre de l’intérieur assez indigne. Propos qui, comme le rappelait l’avocate, visaient "à discriminer la communauté musulmane".

Propos totalement hors de proportion avec l’incident qui leur ont servi de prétexte. Et qui ont abouti à une instrumentalisation du préfet, des services de police, du parquet chargés de conforter la présomption de culpabilité du ministre. Et, à l’arrière-plan de cette mise en scène assez obscène se profilait la mise en place d’une procédure de déchéance de la nationalité.

 

Une affaire tristement typique des années sarkozy.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 17:23
Le « voile » à l’université : un non problème ?

Histoire de meubler une actualité censée être vide en cette période estivale, Le Monde « s’est procuré » un document explosif. Un rapport de la « mission sur la laïcité » du Haut conseil à l’intégration (HCI), datant d’avril. Il préconise l’interdiction du voile dit islamique à l’université. Interdiction qui n’a pas grand chose à voir avec les prétendus faits qu’il dénonce. Mais qui va alimenter les discours haineux de la faschosphère de plus en plus décomplexée.

 

Qui a pu sortir du placard où l’avait enterré l’Observatoire de la laïcité, ce texte signé d’Alain Sekzig, responsable de feu la mission laïcité du HCI ? Les extraits qu’en donne Le Monde sont soit d’une extrême généralité soit vraisemblablement controuvés.

Et derrière des formules alarmistes - nombreux contentieux, Les problèmes n'ont pas disparu, ne se sont pas raréfiés mais se sont banalisés – rien n'est quantifié, rien n'est situé.Certaines des atteintes à la laïcité "dans certaines universités où des tenants de courants chrétiens évangéliques ou néobaptistes critiquent les théories darwiniennes de l'évolution au profit de thèses créationnistes. Ailleurs, des écrits de Voltaire, de Pascal ou de Camus peuvent être rejetés" sont en général évoquées pour les lycées. Car on voit mal des étudiants choisir une filière dont ils récuseraient les contenus de base. Cet exemple ne plaide pas en faveur du sérieux et de l’honnêteté de ce rapport qui semble accumuler des faits improbables.

 

Et des plus vagues et hétéroclites par ailleurs : "des demandes de dérogation pour justifier une absence, au port de signes d'appartenance religieuse, à des actes de prosélytisme, à la récusation de la mixité tant au niveau des étudiants que des enseignants, à la contestation du contenu des enseignements, à l'exigence de respect des interdits alimentaires, à l'octroi de lieux de culte ou de locaux de réunion à usage communautaire..." Que peut bien vouloir dire ce salmigondis ces demandes de dérogation pour justifier une absence dans des facs, où le contrôle de l’assiduité est quasi inexistant ? Sur la mixité et le contenu de l’enseignement, les instances universitaires peuvent rappeler aux contestataires que l’enseignement supérieur n’est pas obligatoire et donc que nul n’est obligé de s’y inscrire. Les problèmes alimentaires ne sont pas de même nature et il peut y avoir des accommodements raisonnables, très limités sans doute car les restos U. doivent jongler avec un budget serré. Que des étudiants demandent l’octroi de locaux ne veut pas dire qu’on les leur accorde. Et dans toutes ces vagues dénonciations, rien qui soit lié au port d’un foulard ou d’un fichu. Ne reste donc que le port de signes d’appartenance religieuse et le prosélytisme, les deux semblant confondus par l’auteur.

Le « voile » à l’université : un non problème ?

Le rapport disait s’appuyer notamment sur une enquête de la conférence des universités datant de 2004. L’actuel président de cette conférence, Jean-Loup Salzmann, dément de fait cette assertion : "pour répondre aux questions des étudiants, nous avons édité, en 2004, un guide, sorte de charte de bonnes pratiques à observer à l'université en matière de laïcité : ce qui est interdit, ce qui est autorisé." Et il récuse des plus nettement cette interdiction du foulard à l’université : "C'est une mauvaise idée sur la forme, et sur le fond. Sur la forme, on ne traite pas un non-problème par une loi. Sur le fond, l'université, ce n'est pas l'école. Les étudiants sont majeurs, ce sont des adultes et on ne peut limiter leurs libertés individuelles. Nous pensons que c'est un sujet qui nécessite de l'apaisement, de la discussion, et certainement pas une approche teintée d'islamophobie, comme celle du HCI." 

 

Le rapporteur est un militant affiché de l’interdiction tout azimut du port du voile. Ainsi a-t-il approuvé des directrices d’écoles maternelles qui récusaient la présence de mères en fichus pour assurer la sécurité des bambins lors d’une sortie scolaire. Mères que lesdits bambins peuvent voir tous les jours à la sortie de l’école. L’affaire « baby loup » où la cour de cassation a dit le droit très clairement dans les attendus de deux jugements simultanés, pousse des laïcistes à réclamer l’interdiction du foulard, jusqu’aux nounous à domicile. La phobie du voile a aussi porté sur les adultes inscrits dans la formation continue des GR.ETA. (groupements d’établissements secondaires publics), voire sur les parents d’élèves élus aux conseils d’administration des mêmes établissements. Et les plus voilicides d’entre eux vont – au risque de porter un coup grave à la maison Hermès et ses « carrés » de soie – jusqu’à vouloir proscrire le port du fichu dans tout espace public.

Aristide Briand, rapporteur de la loi de séparation de l'état et des églises 1905

Aristide Briand, rapporteur de la loi de séparation de l'état et des églises 1905

Ce délire textile qui, s’il en finissait avec le foulard, s’attaquerait ensuite aux robes – ne rigolez pas ça a commencé – est contraire et à la lettre et à l’esprit de la loi de 1905. Il faut donc constamment rappeler, ce que disait Aristide Briand : « Toutes les fois que l’intérêt de l’ordre public ne pourra être légitimement invoqué, dans le silence des textes ou le doute sur leur exacte interprétation c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. »

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