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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 21:22
ECOLE, GARDERIE, COVID

Le CONAROVIRUS fait des ravages, même du côté de l’école. A nuancer sans doute, car les résosocios font loupe déformante autant que grossissante. Sauf que quand des supposés bac+5 émettent des jugements dignes de FlyRiderGj, on peut être en droit de s’inquiéter

Olivier Véran, Ministre de la Santé, ayant décidé d’alléger les mesures dans les écoles (fermetures, mises en ‘septaine’, etc.), l’écho de cette décision dans la page fessebouc de Philippe Watrelot a provoqué des réactions indignées.

Ayant eu l’audace de faire état d’une étude de l’Institut Pasteur - Covid-19 dans les écoles primaires : pas de transmission importante du virus entre enfants ou vers les enseignantsavec cependant des précautions oratoire (cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de cas mais qu’ils sont rares), cela m’a valu des commentaires acerbes.

Ainsi une Valérie G. m’interpelle : « pourquoi le sport a la TV, émis par le gvnmt , insiste t il autant pour qu Akim qui peut revoir sa grand-mère, reste a distance masqué... puisqu il n est pas transmetteur ? Moi j ai vraiment l impression d'etre prise pour une conne. Les arrêts coûtent trop chers, on renvoie les personnes vulnérables au boulot ,on remplace quatorzaine par septaine, etc. » (je suppose qu’il s’agit de « spot » à la télé).

Inutile là d’essayer de répondre, puisque elle-même commente un message qu’elle n’a visiblement pas lu, où j’écrivais « Dire, comme le fait l'étude de l'Institut Pasteur, que la transmission entre enfants ou d'enfants vers enseignants est faible ne veut pas dire que ça n'existe pas » et que l’Akim de la télé semble avoir dépassé l’âge de l’école primaire.

Et un Stéphane B. me demande « Que pensez-vous alors du fait qu’il n’y ait que des labos français qui aient relevé cette prétendue faible contagiosité alors que toutes les autres études mondiales prouvent le contraire ? Comment comprenez-vous alors les inquiétudes de l’OMS devant les choix de réduction de mise à l’écart de 14 jours à 7 jours notamment en France ? Ma question est simple : avons-nous les meilleurs médecins au monde en matière de recherche ou une médecine muselée et aux ordres ? »

Outre qu’il est un peu hardi d’affirmer que « toutes les autres études mondiales* prouvent le contraire » (surtout quand on est incapable d’en citer une seule), on retrouve la thèse habituelle sur une médecine « aux ordres » ! En l’occurrence l’Institut Pasteur, avec des médecins mais aussi des chercheurs ayant peut-être fréquenté les mêmes amphis que des profs de disciplines scientifiques. Mais qu’importe, s’ils ne sont pas à la solde des labos, ils sont les laquais du pouvoir. Il n’est pas sûr que ce Monsieur ait tout-à-fait conscience de l’injure qu’il fait à des travailleurs d’assez haut niveau de formation dont il met en doute la conscience professionnelle.

Derrière cette dispute entre toutologues amateurs –mes contradicteurs et moi-même (encore que tout toutologue que je puisse être, je tente, au moins, de référencer mon propos) - se cache un autre débat que résume caricaturalement un anonyme Mu Zephyr : «les personnes à risques deviennent en une nuit plus à risques, les écoles doivent rester ouverte coûté que coûte, en temps de guerre on aurait dit qu'il faut du monde pour servir de chair à canon, la c'est juste pour que tout le monde aille bien bosser pour satisfaire le patronat, qui en échange des 100 Mds n'oublie pas de mettre en place des PSE ou des plans sociaux tout court. »

Cet-te imbécile reprend le discours déjà entendu dès mai, quand il a été question de rouvrir progressivement, là où c’était possible, écoles puis collèges. L’école « garderie » pour permettre aux masses laborieuses intellectuelles et surtout manuelles de reprendre le chemin des entreprises au service du grand capitâl ! Sauf que, comme c’était à effectifs réduits, parfois à temps partiels, ça aidait assez peu les salariés à reprendre leurs chaînes pour engraisser le patronat.

L’annonce de la rentrée a provoqué une conjonction assez singulière, de l’anar de « questions de classe » jusqu’au réac de la confédération générale des cadres (CGC), en passant par le café pédagogique, pour critiquer cette idée, il est vrai saugrenue, de faire la rentrée des classes en septembre. Et on vit refleurir le discours sur une rentrée juste faite pour permettre « aux gens » de repartir au boulot. En oubliant que pour beaucoup de « gens » – ceux qui ont bénéficié du chômage partiel – retrouver un plein salaire avec parfois des HS, quand ils ont quelques emprunts sur le dos, est un soulagement. Et ne parlons pas à ces révolutionnaires en charentaises, de tous les autres, les saisonniers sans saison, les CDD non renouvelés, les ubérisés, les chômeurs, etc. qui, eux, seraient bien contents de (re)trouver un job.

Les syndicats ne sont pas tombés dans cette caricature de l’école-garderie au service du patronat ! Impossible de clamer : Non à la rentrée. Quoique… Il fallait mieux la préparer (une semaine pour l’un, deux jours pour l’autre). Il fallait mieux préciser le protocole sanitaire. Les conditions matérielles n’étaient pas réunies, pas partout au moins…

Et quand elle fut faite, la rentrée, les messages sur les résosocios de s’entrecroiser : explosion de cas dans les collèges clamait un vice-président de conseil départemental (ex-prof), pauvre élève isolé dans la classe privé de récré témoignait un autre, on ferme tout pour rien, on ne ferme rien malgré tout… Les exemples étrangers viennent à la rescousse : voyez l’Italie… raté ça patauge à leur rentrée ; voyez l’Allemagne, sauf que là il faut aller voir Land par Land…

ECOLE, GARDERIE, COVID

On ne me fera pas dire du bien de Blanquer, tenant des propos lénifiants, style « il ne manque pas un bouton de guêtres », au lieu de parler vrai. Mais que proposent d’autre ses contempteurs ? Le confinement, quels que soient les efforts de continuité pédagogique, a creusé les inégalités déjà ancrées dans notre système éducatif. Pour certains élèves il s’est traduit par des conditions de vie très dégradées. Qui oserait clamer qu’une telle situation aurait dû perdurer ?   

Comme souvent, et en particulier dans cette pandémie, on n’a le choix qu’entre deux solutions plus ou moins mauvaises : il vaut mieux choisir la moins mauvaise.

Nul n’ignore que faible contagiosité ou pas, il y aura, il y a, des contaminations, au sein de l’école peut-être, à ses abords plus sûrement (il n’est que de voir les collégiens rejoignant une gare routière pour constater que les consignes qu’ils suivent au collège et les masques sont vite oubliés). Des enseignants seront, sont atteints. Des classes, voire des établissements ferment. Donc des disparités se créent, rompant l’égalité républicaine. Mais sans doute beaucoup moins qu’elle ne le fut, pendant le confinement. Et ceux qui mettent en exergue ces décisions apparemment contradictoires – fermetures ou pas, septaines ou pas, etc. -  sont-ils capables de dire ce qu’il aurait fallu faire et ce qu’il faudrait faire ?

Quant au système éducatif réduit à l’état de garderie au service du système capitaliste, les idiotlogues qui profèrent de telles énormités se rendent-ils compte qu’ils insultent les personnels des crèches – qui ne se contentent pas d’une « garderie » des bambins – et qu’en croyant attaquer le capital et le pouvoir à son service, ils crachent en fait sur l’école : car en quoi serait-elle plus au service du patronat pendant la pandémie qu’avant ? L’école, pour eux, ne serait donc là que pour permettre aux masses aliénées d’aller vendre à bas prix leur force de travail aux ploutocrates voraces ?

MARX réveille-toi, ils sont devenus débiles !

* Une étude étatsunienne démontrerait que les gniards de 5 ans et moins, testés positifs, auraient une charge virale supérieure à celle des plus âgés. Mais, comme les plus jeunes sont beaucoup plus rarement touchés par la maladie, d’autres études tentent d’expliquer ce phénomène. Une étude belge va dans le même sens que celle de l’Institut Pasteur. L’avis du Haut conseil de la santé publique reprend les conclusions de l’étude de l’Institut Pasteur.

 

NB Les citations de mes contradicteurs sont copiées/collées.

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 16:39

Encore un «fil» de touittes, d’un Docteur certes, mais de physique nucléaire. Suivant le précepte du Dr Raoult – DUBITO ERGO SUM - il décortique une prétendue étude portant sur 6000 médecins et censée conclure aux bienfaits de la chloroquine. Sans se prononcer sur ces bienfaits, il constate que c’est un sondage et que, au bout du compte, ils ne sont qu’un peu plus de 2000 à donner un avis sur ce traitement. Et ce n’est qu’une majorité relative qui place la chloroquine en tête des traitements.

"Vous avez probablement entendu parler de cette fameuse étude des 6000 médecins qui montre que la chloroquine est THE traitement contre le Covid-19 et que cette étude montre que la position de la France est criminelle.

 

En tout cas, si vous n'en avez pas entendu parler, certains oui. Je pense en France à un sénateur (et médecin), un docteur en économie, l'hyperdocteur et une journaliste, par ailleurs ancienne conseillère de Ségolène Royal.

Pour preuve, voici pour le sénateur médecin :

 

Le docteur en économie :

 

L'hyperdocteur (terme qu'il utilise lui-même dans sa bio twitter) :

 

La journaliste :

 

Puisque cette dernière parle de bon sens, je vais en faire preuve : ils citent tous un article du Washington Times ( le docteur en économie renvoie après vers la source primaire), journal fondé et détenu par la secte Moon. Et visiblement aucune de ces 4 personnes n'a lu l'étude.

Moi si. Et au lieu d'étude, il faudrait plutôt parler de sondage. Il est disponible ici : https://public-cdn.sermo.com/covid19/c8/be4

(…) La science ne se confond ni avec la déclinaison en roue libre de l’intuition, qu’elle prend souvent à contre-pied, ni avec le fameux « bon sens », qu’elle contredit presque toujours.Or, à l’occasion de cette épidémie de Covid-19, nous voyons se propager, notamment sur les réseaux sociaux, une forme très intense et très contagieuse de « démagogisme cognitif », c’est-à-dire d’un type de discours qui promeut des points de vue intuitifs et souvent erronés sur toutes sortes de sujets. Par exemple, à propos de tel ou tel traitement dont l’efficacité éventuelle n’est pas encore formellement établie – et pour cause, cela demande du temps et réclame un gros travail de recherche ! –, on a pu lire sous la plume de certains responsables politiques (qui, heureusement, ne sont pas – ou plus – aux affaires...) de courtes déclarations commençant par : « Je ne suis pas médecin, mais je pense que... » Etienne KLEIN

D'abord, comment s'est fait le sondage ?

6227 médecins de 30 pays et de toutes les spécialités ont été contactés, et ils ont pu répondre au questionnaire via une plateforme sécurisée dédiée. La répartition géographique des médecins, c'est ça :

 

Le sondage s'est déroulé entre le 25 et le 28 mars, et portait sur 4 thèmes : l'état de la pandémie, le besoin en ressources, les traitement et l'impact. Pour l'état de la situation au 25 mars, je vous laisse aller vérifier : https://who.int/docs/default-s

Bref, on remarque que ce sont principalement des médecins des Etats-Unis qui ont été interrogés, puis de l'Italie, de l'Espagne, de l'Allemagne, du Royaume-Uni de la France et de la Chine, par ordre décroissant.

On a quand même pas mal de pays bien touchés, même si au 25 mars, les Etats-Unis, le plus représenté, ne comptaient "que" 673 morts et 51914 cas confirmés. Dans le rapport OMS du 7 avril, c'était 9559 morts et 333811 cas confirmés.

Les résultats

 

Dans la première partie, on apprend qu'à part en Chine, les médecins interrogés pensent que le pic épidémique est devant nous, et que les restrictions devraient durer encore au moins 6 semaines.

D'ailleurs, les européens privilégient 6 semaines, là où les américains partent plutôt sur 8, ce qui est logique vu que la pandémie est arrivée chez eux après.

 

On apprend ensuite que dans la plupart des pays, à l'exception du Mexique et du Brésil, les décisions semblent bien pesées entre l'activité économique et la santé publique.

 

On apprend aussi que les médecins interrogés trouvent les mesures gouvernementales plutôt efficaces, sauf les chinois qui les trouvent très efficaces.

Sur les besoins, sans surprises, les médecins demandent des équipements de protection individuels (masques, blouses, …) en premier lieu. Par contre, ensuite, on voit des différences en fonction des lieux, et c'est je crois assez représentatif de l'état de la pandémie.

A New-York, ce sont plutôt des respirateurs. En Europe, plutôt des tests et dans une moindre mesure des respirateurs. En Chine, ce sont des chambres d'isolation. Dans le reste du monde, moins touché, ce sont des kits de test.

 

La question suivante porte sur le sujet sur lequel les médecins veulent le plus d'infos. Sans surprise, c'est sur les traitements existant, puis sur les nouveaux traitements, et enfin sur la disponibilité des tests.

C'est intéressant concernant la HCQ car justement il s'agit d'un traitement (pour d'autres maladies certes) qui existe déjà. Ainsi toute info sur ce médicament répond au besoin premier des médecins interrogés.

On apprend ensuite que les 6227 médecins interrogés, près de la moitié n'ont PAS suivi de patient atteints de Covid19 ni même ordonné de test sur un de leurs patients.

A l'exception de la Chine, les médecins considèrent tous (environ 90% des non chinois), que les tests ne sont pas en nombre suffisant.

 

On arrive maintenant à la partie tant attendue des traitements.

"Quel traitement avez-vous prescrit ou vu prescrire pour combattre le covid-19? "Dans la majorité des cas, à l'exception notable du Japon, ce sont des analgésiques. A noter d'ailleurs que vu que les scores sont supérieurs à 100%, il y a clairement plusieurs stratégies.

 

Maintenant arrive la fameuse question. Jusqu'ici tous les médecins, soit 6227 avaient répondu, mais là, il n'y en a que 2171. La question : "Sur les traitements que vous avez prescrit ou vu prescrire, indiquez celui qui est le plus efficace".

 

Sur les 2171 répondants, voici la nouvelle répartition (ils séparent NY du reste des Etats-Unis).

 

Et pour l'Europe, il y a aussi un chiffre Espagne & Italie, mais on va revenir dessus.

Dans le tableau de résultats, il y a en effet une colonne Europe et une colonne Italie&Espagne. En additionnant les chiffres, j'arrive à 2171 en considérant que l'Espagne fait partie de l'Europe.

Voici le tableau brut :

 

Comme il n'y a que des pourcentages et que les catégories ont des poids différents, j'ai préféré recalculer les chiffres bruts, et voici le résultat. Et là vous devriez voir un loup.

 

En effet, le nombre de médecins italiens et espagnols privilégiant la chloroquine est supérieur au chiffre européen. Donc soit l'Espagne et l'Italie sont comptées à part, et alors nous avons 2842 répondants et pas 2171, ou alors il y a une couille dans les chiffres latins.

Et bien allons regarder les chiffres "monde" et additionnons. Si on ne tient pas compte des chiffres Esp&It, on arrive à un résultat de 814. Si non, c'est 1230. Donc, les chiffres de l'Italie et de l'Espagne ne sont pas fiables ... On va donc raisonner sans.

Mis en graphe, ça donne ça. On est quand même bien loin des 6000 médecins qui disent que la chloroquine est le traitement le plus efficace. Dans les faits, il n'y en a que 800…

Au passage, on voit que la chloroquine est en tête surtout grâce à l'Europe et au reste du monde. Ce dernier groupe est composé du Canada, de pays d'Amérique du Sud, du Mexique, Turquie, Taïwan, Japon, Corée du Sud, Inde, Hong-Kong et Australie.

Sinon, on remarque que Rien ou un analgésique, c'est le traitement numéro 1 pour 63% des médecins interrogés. Ça aussi, ça aurait pu, et même aurait dû être une info. Si on rajoute les antitussifs et expectorants, on fait péter le score.

Bref, on est TRES loin d'une étude de 6000 médecins disant que la choloroquine est le traitement le plus efficace.

Dernier point, vous savez comment dans le monde est prescrit la chloroquine selon ce sondage : majoritairement sur des patients atteints avec symptômes sévères, pas au début de la maladie. Et pourtant il n'y a pas de complot anti-Raoult mis en place par le mari de A Buzyn...

 

Mais ce n'est pas ce qui me dérange le plus.

Ce qui me dérange le plus, c'est que cette fake news soit relayée, et qui plus est par des personnes titulaires d'un doctorat, et donc qui normalement sont formées à l'analyse critique.

Il y a clairement des failles dans le système éducatif, même à plus haut niveau. Car pour des raisons que j'ai du mal à voir autrement que militantes, des personnes très diplômées partagent des infos sur un sondage qu'ils n'ont même pas lu."

Dr. Alexis Q @AStrochnis

 

NB Copié-collé de la série de touittes, avec juste un changement dans l'ordre des trois derniers (et quelques menues corrections). Si les graphiques ou tableaux vous semblent peu lisibles vous pouvez vous reporter au compte-rendu complet du sondage.

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 21:07
COVID-19 et CHLOROQUINE : une étude chinoise

Le Docteur David Malka a publié sur touitteur un fil sur  une étude chinoise dont il donne la traduction du résumé ci-dessous.

Je me suis contenté de copier/coller et de mettre en forme d'article.

 

 

David Malka @malkadav

Bon. Je ne suis pas virologue. Mais je suis médecin. Que penser de l’étude hydroxychloroquine (HCQ) de Raoult quand on n’est pas expert ? Eh bien, on garde les bons réflexes devant une étude à problèmes : on cherche ailleurs. Thread.

En d’autres termes, existe-t-il d’autres études évaluant l’HCQ dans le traitement du #COVID-19 ?

Eh bien oui. Au moins une, chinoise, publiée le 6 mars 2020 : http://zjujournals.com/med/EN/10.3785

Au contraire de l’étude marseillaise, il s’agit d’une étude randomisée : les 30 patients ont été répartis par tirage au sort entre un groupe HCQ et un groupe contrôle.

Les patients du groupe HCQ ont reçu 400 mg de HCQ par jour pendant 5 jours en plus des traitements conventionnels, tandis que ceux du groupe contrôle n'ont reçu qu'un traitement conventionnel.

Le critère principal d'évaluation était le taux de négativation pour le coronavirus du prélèvement pharyngé au 7e jour après la randomisation. Comme dans l'étude marseillaise donc.

Cette étude a été approuvée par le comité d'éthique du centre clinique de santé publique de Shanghai.

Résultats

 

1) Un seul patient sur les 30 a développé une forme sévère de COVID-19 pendant le traitement. Il était dans le groupe… HCQ.

 

2) Au jour 7, le prélèvement de gorge était négatif pour le coronavirus chez 13 des 15 patients du groupe HCQ, soit 86,7% des cas… Et 14 des 15 patients du groupe contrôle, soit 93,3% des cas.

 

3) La durée médiane entre l'hospitalisation et la négativation du prélèvement pharyngé était de 4 jours dans le groupe HCQ (extrêmes : 1 à 9 jours), contre 2 jours (extrêmes : 1 à 4 jours) dans le groupe contrôle.

 

4) Pas de différence non plus dans le temps médian de normalisation de la température corporelle (1 jour après l'hospitalisation dans les deux groupes),

 

5) ni dans le taux de progression au scanner (5 cas (33,3%) du groupe HCQ et 7 cas (46,7%) du groupe contrôle), tous les patients ayant montré une amélioration lors de l'examen de suivi.

 

6) Quatre cas (26,7%) du groupe HCQ et 3 cas (20%) du groupe contrôle ont eu une diarrhée transitoire et une perturbation des enzymes hépatiques.

Qui croire alors ? Marseille ou Shanghai ?

 

Qui croire ? Personne formellement pour l’instant, les deux études étant de petite taille. Mais l’étude chinoise est (bien) mieux faite, avec, elle, des résultats cliniques. Et les résultats chinois ne sont pour l’instant guère encourageants pour l’HCQ. On ne peut cependant exclure qu’un (petit ?) effet puisse être décelé dans des études menées sur des effectifs plus larges, ou bien dans des populations de patients plus graves.

Mais alors il faudrait vérifier un bien curieux adage, rarement vérifié en pratique médicale : « qui peut le moins, peut le plus »…

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 15:31
DONS/CHARITÉ

DES DONS POUR UN ÉVÈNEMENT EXTRAORDINAIRE OUI

LA CHARITÉ DES GRANDES FORTUNES EN GUISE DE JUSTICE SOCIALE NON

Un touitteur écrit finement, s’adressant aux « généreux donateurs » style Pinault :

« Victor Hugo remercie tous les généreux donateurs prêts à sauver Notre-Dame de Paris et leur propose de faire la même chose avec Les Misérables. »

On retrouve peu ou prou, mais avec moins de talent dans l’expression, la même antienne sous des plumes politiques.

DONS/CHARITÉ

C’est de mon point de vue – mais je suis prêt à le partager – une erreur.

Autant, face à un évènement aussi imprévu que d’un poids symbolique incommensurable, on peut comprendre que - bien que l’état soit son propre assureur - une souscription publique soit lancée et se réjouir que des grandes fortunes apportent leur écot. Et sans les avantages fiscaux dont on les soupçonnait, puisque, d’une part, l’un d’eux ayant annoncé que le cas échéant il y renoncerait, obligeant ainsi les autres à faire de même, d’autre part, le 1er ministre a assuré que l’avantage en question serait plafonné.

Autant, sauf à tomber dans un système états-unien à la Bill Gates – ou alors faire un bond en arrière du temps de Victor Hugo où les misérables étaient tributaires de la seule charité – la prise en charge de la pauvreté, la  réduction des inégalités ne peuvent reposer que sur des politiques sociales. Plutôt que sur la  charité des nantis, ce devrait être sur la justice fiscale que l’on devrait compter.

Et aussi bien sûr sur les luttes syndicales pour des avancées salariales, notamment. Sans oublier la lutte contre les reculs sociaux que sont les contrats courts, l’auto-entreprenariat imposé, etc.

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4 avril 2019 4 04 /04 /avril /2019 15:46
de Villiers : plagiaire et faussaire

L’agité du bocage, qui ose se présenter comme un refuznik – à croire que le Puy-du-fou est son goulag – a donc commis, à la veille des élections européennes, un libelle complotiste qui fait de l’Europe naissante l’enfant bâtard du nazisme et de la CIA.  Jean Monnet : un agent de la CIA. Robert Schumann, un ex-pétainiste, et Walter Hallstein, premier Président de la communauté européenne, un Nazi.

Le Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon a l’art de travestir les faits. Ainsi, contre-attaque-t-il dans le JDD du 31 mars en prétendant qu’on l’accuse de complotisme et qu’on lui dit que les faits étaient connus : « Ces deux premiers points sont incompatibles ».

Sauf que comme le note une tribune signée, elle, par de vrais historiens et non des histrions : « Le polémiste a l’art de transformer certaines vérités, développées depuis longtemps par des ouvrages scientifiques, en contre-vérités utiles à sa démonstration idéologique. » Donc  rien d’incompatible : il prétend avoir mené des investigations pour découvrir des sources cachées, des archives secrètes, alors que tout est public et de longue date ; mais il tord les faits, voire il ment délibérément, pour, avec Asselineau, inventer un sombre complot Nazi-CIA.

de Villiers : plagiaire et faussaire

La méthode à Phiphi

Rien que du connu, quelques ilots de vrai dans un océan d’omissions, avec un brin de mensonge.

On se contentera de l’exemple de Schuman.

Si ces accusations n’étaient pas odieuses, il serait assez plaisant de voir notre hobereau vendéen reprendre les injures du PCF à l’encontre de Robert Schuman au lendemain de la seconde guerre mondiale.

« Nous avons de la terre de France à nos souliers, nous ! » clame le député PCF Ramette en 1947. « Où étiez-vous soldat en 1914, monsieur le président du Conseil ? » demande Charles Tillon. Et le même jour Jacques Duclos enfonce le clou « Le président du Conseil est un ancien officier allemand. C’est un Boche, ce président du Conseil. Á bas les Boches ! Vive la République ! » Auguste Lecoeur complète : « Il a été ministre de Pétain ; il a été valet des Boches ». Et c’est à Duclos que revient la conclusion : « Ainsi donc, monsieur Robert Schuman, nous le savons, a donné son adhésion à cette politique de collaboration avec les impérialistes américains qui devient par la force des choses une politique de soumission de la France »*. Quasi du de Villiers dans le texte.

Nos stals nationaux feignaient d’ignorer que l’Alsace et la Moselle avaient été annexées par le tout neuf empire Allemand (traité de Versailles 1871). De Villiers fait de même. Né en 1886, d’un père Mosellan, Robert Schuman est né Allemand. Que le papa Schuman n’ait pas comme les aïeux grands maternels du Vicomte – les de Saintignon – fait le choix de l’exil, le petit Robert n’y est pour rien (pas plus d’ailleurs que le Philippe dans le patriotisme de ses ancêtres). En 1914, il a donc été mobilisé côté Allemand. Mais contrairement aux âneries proférées par les stals en 1947, réformé pour raisons médicales, s’il a été cependant incorporé, ce fut à des tâches administratives. Il n’a donc jamais porté les armes contre la France.

de Villiers : plagiaire et faussaire

Sur le plateau des « Terriens du samedi ! » sur C8, de Villiers se targue d’avoir « appris à une très très haute personnalité française (Macron ?) que Schuman avait soutenu les accords de Locarno, les accords de Munich ». Quel méli-mélo ! les accords de Locarno, œuvre d’Aristide Briand – un pionnier dans la recherche de l’unité de l’Europe – scellait une réconciliation franco-allemande et c’est tout à l’honneur de Schuman, député de la Moselle, de l’avoir soutenue ; ceux de Munich, scellait une capitulation franco-britannique, sacrifiant la Tchécoslovaquie ; ils furent, hélas, très largement approuvés. Le Vicomte ajoute que Schuman avait été ministre du maréchal Pétain, avant de voter les pleins pouvoirs [à ce dernier]. « La guerre arrive, Schuman est nommé sous-secrétaire d’Etat aux réfugiés le 21 mars 1940, avant l’attaque allemande, sous le gouvernement de Paul Reynaud, rappelle Bernard Bruneteau. Il est confirmé dans ce poste sans avoir été consulté le 16 juin 1940, dans le premier gouvernement Pétain du 13 juin 1940. Quand arrive le fameux vote du 10 juillet 1940 à Vichy qui octroie les pleins pouvoirs à Pétain, Schuman vote le texte avec l’écrasante majorité de la Chambre des députés. Mais le lendemain, il refuse de participer au premier gouvernement de Vichy et retourne en Lorraine. » (Les décodeurs du Monde) Lorraine où il est arrêté par la Gestapo, emprisonné, puis assigné à résidence. En 1942, il réussit à s’échapper. Parce qu’il se réfugie de monastère en monastère, Philippe de Villiers le compare au collaborateur Paul Touvier, qui fait de même après 1947 pour échapper à la justice : ne pas faire la différence entre un homme qui fuit les nazis et un autre qui s’est au contraire rallié à leur cause est une parfaite illustration de la malhonnêteté intellectuelle du Vicomte. (Le Monde)

JDD 31 mars 2019

JDD 31 mars 2019

On ne détaillera pas les falsifications sur le malheureux Walter Hallstein (qui se souvenait qu’il fut le 1er Président de la communauté européenne ?) aussi Nazi qu’a pu l’être le pape Benoît XVI et sur Jean Monnet, devenu sous sa plume agent stipendié de la CIA. Quant au plagiat, on ne peut qu’inviter à lire l’article du Point.

Tout ça pour enfoncer des portes ouvertes : comme les communistes appliquaient fidèlement les consignes du petit père des peuples, le Grand Staline, les chrétiens-démocrates européens étaient des atlantistes convaincus, dans un climat de guerre froide. Mais la CECA puis l’Europe des six étaient au départ dans une logique de réconciliation franco-allemande, reprenant le fil rompu des accords de Locarno.

L’admirateur extasié de l’ex-KGBiste, Poutine, qui se la joue, sans vergogne, refuznik, est tout heureux de voir son dernier factum objet de critiques. Il eut sans doute fallu traiter par un mépris silencieux ces prétendues révélations qui ne sont que distorsions de faits connus. Il a tiré le fil du mensonge, dit-il. Eh non ! des fils qu’il a tirés, il a fait un tissu de mensonges.

 

* Citations extraites du "petit dictionnaire des injures politiques" l'Editeur 2011

 

Sources :

Le journal du dimanche 31 mars 2019 (auquel j'ai emprunté la photo de "une" et un article de J. Gattegno)

« Philippe de Villiers n’a pas le droit de falsifier l’histoire de l’UE au nom d’une idéologie »

Philippe de Villiers et l’Europe, entre contre-vérités et complotisme

Le livre complotiste (et plagiaire) de Philippe de Villiers sur l'Europe

 

Voir aussi Le canard enchaîné du 3 avril 2019

de Villiers : plagiaire et faussaire

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18 février 2018 7 18 /02 /février /2018 16:30
Photos empruntées à l'article "circoncision" de wikipedia

Photos empruntées à l'article "circoncision" de wikipedia

Sur ‘fessebouc’ je m’étais inscrit à un groupe intitulé Les athées, les non-croyants, les libres penseurs, laïques et humanistes. Un article intitulé « Islande: un projet de loi pour interdire la circoncision » provoquant des commentaires à mon sens quelque peu exagérés voire douteux, je réagis . Que n’avais-je pas fait ? Un modérateur co-fondateur du groupe m’intime quasiment l’ordre de me la fermer : on est libre-penseur mais pas pour la pensée libre. Et il assène comme un dogme : une mutilation sexuelle, il va même ne reculant devant rien jusqu’à écrire « amputer, mutiler, le corps d'un bébé ».

Commençons donc par cette fameuse proposition de loi islandaise : « Les députés de cinq partis politiques islandais ont soumis jeudi un projet de loi au parlement visant à interdire la circoncision des mineurs, pouvant punir la pratique jusqu'à six ans d'emprisonnement ».

On n’aura pas la cruauté de rappeler aux islandais ni à celui qui clame « L'Islande, toujours en avance ! Espérons que ce projet de loi devienne une loi ! »,  le temps lointain où leur gouvernement demandait aux Étatsuniens le rapatriement aux USA des soldats noirs de la base militaire de Keflavik. Juste quand même rappeler que l’Islande compte un peu plus de 300 000 habitants. Qu’elle s’est ouverte depuis peu à une immigration et comptait, au 1er janvier 2016, 31 812 immigrés, essentiellement européens (Polonais, Lituaniens, Danois, Suédois, etc.) et un peu asiatiques (Philippins, Thaïlandais…). Et si le pays a fait un effort pour accueillir des réfugiés du moyen-orient, en 2017, il comptait un peu plus d’une centaine de Syriens. Combien d’Islandais « de souche », comme disent nos identitaires, se réclament de la religion juive ou musulmane, sans doute aucun. Et les quelques syriens de confession musulmane – s’il y en a – après ce qu’ils ont subi chez Assad et vu leur nombre ne vont pas trop crier au scandale, si cette loi d’interdit passait.

Faut-il proscrire la circoncision ?

Précisons, car le jeu pervers de l’interprétation des propos est très pratiqué par nos prétendus « libres penseurs », que la circoncision ne fut jusqu'à présent pour moi que l’occasion de ricaner sur le « saint prépuce » et que je me bats les glaoui de cette pratique rituelle, dans les religions juives ou musulmanes, en règle générale.

Juste que je trouve assez cocasse qu’un dieu puisse réclamer le sacrifice d’un petit bout de peau du zizi. Sacrifice qui n’a absolument aucune commune mesure avec la véritable mutilation que représente l’excision.

Mais ce dieu a aussi des exigences insolites en matière alimentaire, le cochon étant, si j’ose dire, la bête noire, des deux confessions. Là-dessus des sectes profanes, comme les vegans, sont encore plus rigoureuses. Et s’agissant de circoncision, comme le rappelle l’excellent article de wikipedia, la secte hygiéniste a réussi à convaincre les huit dixièmes de la population étatsunienne de sacrifier ce petit morceau de peau de leurs nouveaux-nés mâles. Et les fêtards blasés que peint un Teddy Rodgers sont tous circoncis.

Plus sérieux, il semble démontré que la circoncision diminuerait les risques de SIDA, à tel point que l’OMS et l’ONUSIDA la recommandent comme une mesure préventive pour les hommes sexuellement actifs dans les populations exposées à de forts risques de contamination au VIH. Non pas, comme a cru bon de me le rétorquer un pseudo modérateur, pour l’opposer au préservatif, mais, faute hélas trop souvent de son usage, diminuer le risque.

J’ai donc rappelé que si, chez nos Islandais, une telle mesure d’interdit ne risque pas de provoquer beaucoup de vagues, dans notre beau pays,  le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) risquerait fort de monter au créneau et les personnes d’origine musulmane – même celles qui n’ont plus qu’un rapport lointain avec la religion – de le prendre comme une agression. Superbe, mon interlocuteur me rétorque que ce n’est pas aux religions de faire la loi ! Et avec cette bonne foi qui le caractérise m’envoie à la figure des textes bibliques, que j’ai moi-même depuis longtemps rappelés, en mettant, sans vergogne, la circoncision sur le même plan que l’exécution des homosexuels édictée dans le Lévitique 20-13 !

Sauf que, si un tel interdit était prononcé, la pratique de la circoncision se maintiendrait, mais dans la clandestinité. Pour les plus aisés pas trop de problème : ils trouveront toujours un praticien qui par conviction et/ou appât du gain, procédera à l’intervention. Pour tous les autres le recours à ce que je n’ose appeler des charcutiers qui, dans des conditions d’hygiène douteuses, ôteront plus ou moins bien le prépuce.

On peut, certes, avec Frank Ramus, s’élever contre « l’endoctrinement et l’affiliation précoce de l’enfant à l’un des partis de dieu que sont les religions institutionnelles, à un âge où il n’est pas en mesure d’y consentir » et donc proposer, pour toutes les religions, « de protéger les enfants de toutes les formes d'endoctrinement religieux, pour les reporter soit jusqu'à l'âge de leur majorité civile, soit jusqu'à l'âge d'une majorité religieuse qui serait à définir par le législateur, mais dont on comprendrait mal qu'il puisse être inférieur à celui de la majorité sexuelle. » Mais serait-ce faire injure à cet éminent neuroscientifique de considérer que ce souhait, sauf à imaginer un monde où l’enfant jusqu’à 15 ou 18 ans est soustrait à l’influence de sa famille, son quartier, les réseaux sociaux, etc., est purement utopique ?

Pour en revenir à la circoncision, non ce n’est pas une mutilation sexuelle – la privation du prépuce ne met en jeu aucune fonction vitale : miction, érection, éjaculation, etc. ; elle n’est pas plus grave que l’ablation des amygdales ; une loi d’interdit mettrait en cause un des principes de la loi de 1905 garantissant le libre exercice des cultes ; et elle s’inscrirait dans le courant liberticide illustré par le Printemps Républicain.

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31 janvier 2018 3 31 /01 /janvier /2018 09:30
Venezuela : Le Media TV cède aux injonctions d'une officine madurienne

Le tribunal suprême de « justice » (TSJ) du Venezuela interdit une coalition de partis d’opposition. Sans vergogne, l’organe de propagande « Venezuela infos » ose affirmer que cette coalition n’existe pas…  puisqu’elle est interdite.

« Même @LeMediaTv s’y est laissé prendre » ainsi démarre le démenti menteur de  cet outil de propagande du régime qui se dit bolivarien.

Le caudillo

Le caudillo

Résumons d’abord quelques épisodes précédents.

Les élections législatives de 2015 ayant donné une majorité à l’opposition, Maduro a d’abord tenté de dessaisir l’Assemblée de tout pouvoir, par une décision, déjà, de cette fameuse cours suprême, les 28 et 29 mars 2017, décision annulée le 1er avril. Annulation suivie d’une véritable mobilisation des forces paramilitaires du pouvoir.

Ce coup ayant échoué, Maduro en a lancé un autre avec l’élection d’une Assemblée constituante. La constitution en vigueur a été instaurée par Hugo Chavez dont Maduro se proclame l’héritier. Election le 30 juillet 2017, selon des modalités des plus baroques avec des élus territoriaux et des élus corporatifs. Election bien verrouillée donnant donc une large majorité à Maduro. Et cette constituante s’est arrogé les pouvoirs de l’Assemblée nationale.

Depuis des élections provinciales ont eu lieu et les quelques gouverneurs d’opposition élus ont été obligés de prêter serment devant cette constituante ! L’un d’eux a refusé et n’a donc pas pu prendre son poste. Face aux trucages de ces élections les partis d’opposition ont décidé de boycotter les municipales qui ont donc été largement victorieuses pour le clan Maduro. Et la fameuse cour suprême a décidé que les partis qui avaient boycotté les municipales ne pouvaient avoir de candidat aux présidentielles !

Depuis Maduro a décidé de faire des présidentielles anticipées. Présidentielles auxquelles, donc, ne peuvent participer que de nouveaux partis qui devront s’inscrire auprès du Consejo Nacional Electoral (CNE). Autrement dit, il ne s’agit pas comme pour l’UMP de décider de changer de nom, les partis qui ont appelé à boycotter une élection truquée sont obligés de se débaptiser.

Venezuela : Le Media TV cède aux injonctions d'une officine madurienne

Ainsi Voluntad Popular, ayant annoncé qu’il ne voulait pas changer de nom, se voit interdit de présenter un candidat. Ce parti, fondé par Leopoldo López il y a six ans, avait un groupe parlementaire important à l’assemblée nationale, au sein de la MUD. Il compte dans ses rangs des figures connues de l’opposition comme Freddy Guevara, Luis Florido y Carlos Vechio. Une grande partie de ses dirigeants nationaux sont soit emprisonnés, comme L. López, soit réfugiés dans une ambassade comme F. Guevara, soit en exil comme C. Vecchio.

El Grupo de Lima (Argentina, Brasil, Canadá, Chile, Colombia, Costa Rica, Guatemala, Honduras, México, Panamá, Paraguay y Perú) respondió con presteza a la convocatoria hecha por la ANC. Emitió una declaración, firmada también por los gobiernos de Guyana y Santa Lucía, donde denuncia que celebrar los comicios en un plazo tan corto “imposibilita la realización de elecciones presidenciales democráticas, transparentes y creíbles, conforme a estándares internacionales, y contradice los principios democráticos y de buena fe para el diálogo entre el Gobierno y la oposición”.

 

Sur le continent, le groupe de Lima (Argentine, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Mexique, Panama, Paraguay et Pérou) a réagi rapidement à l’annonce de l’élection par l’ANC. Dans une déclaration, les pays membres estiment qu’organiser un scrutin dans un délai aussi court “ne permet pas de procéder à une élection présidentielle démocratique, transparente et crédible, conforme aux normes internationales, et contrevient aux principes démocratiques […] pour le dialogue entre le gouvernement et l’opposition”.

Quant à la coalition d’opposition, Mesa de la Unidad Democrática (MUD), elle a été rayée du paysage électoral et ne pourra donc participer aux présidentielles. Le fameux Tribunal suprême a ordonné au Conseil national électoral d’exclure l’alliance de la liste des organisations autorisées. Et c’est là que sans vergogne Venezuela infos ose écrire : « La Cour Suprême de Justice n’a exclu aucun parti mais une étiquette, celle de la coalition de droite appelée MUD (Mesa de Unidad Democratica). Cette sentence ne fait qu’appliquer la loi. Au Venezuela comme dans n’importe quel État de Droit, les inscriptions aux élections se font légalement par parti. La Constitution vénézuélienne n’autorise pas qu’un candidat soit affilié à deux partis politiques à la fois (double militantisme). »

Outre que cette MUD existe depuis de nombreuses années* – cette coalition regroupait une vingtaine de partis dans une Assemblée nationale, illégalement supplantée par la pseudo constituante – nos propagandistes osent affirmer que dans les pays démocratiques les inscriptions ne peuvent se faire que par un parti : en France la seule obligation pour les présidentielles est de réunir les parrainages. Et ils inventent la notion de double militantisme, frappé de surcroît d’interdiction.

Contradiction d’ailleurs, puisque les propagandistes viennent de dire que MUD n’est qu’une étiquette : on ne milite pas pour une étiquette. Déni de démocratie ensuite puisque cette disposition interdit toute alliance de partis. Feu le Front de gauche – réunissant, entre autres, parti de gauche et PCF – interdit selon cette règle. En Espagne, l’alliance Podemos-IU (IU étant lui-même une alliance de partis et groupuscules), interdite. La candidature en 1965 de Mitterrand, dans le système madurien, n’aurait pas eu lieu d’être.

Venezuela : Le Media TV cède aux injonctions d'une officine madurienne

Le principe de non contradiction ne semble vraiment pas  acquis par ce Venezuela Infos, puisqu’il entame un paragraphe où il présente les opposants comme des émeutiers par « Le vrai problème de la droite vénézuélienne, qui va de l’extrême droite aux centristes libéraux, c’est que depuis 9 mois, elle ne parvient pas […] à désigner un candidat unique. » pour conclure le même paragraphe par « le seul espoir de la droite vénézuélienne, c’est de présenter un candidat unique à la présidentielle ». Candidat unique ou au moins désigné par une coalition que le pouvoir interdit !

En résumé la plus haute instance judiciaire du pays interdit un parti qui n’existe pas et où, malgré sa non existence, on pourrait militer. Le pauvre @LeMediaTV, ayant subi les foudres de l’officine madurienne, a « rectifié rapidement » et donc gobé ces grossiers mensonges. Avec les félicitations de ‘socios’ qui, avec leur lider maximo Mélenchon, sont les soutiens sans faille du caudillo de Caracas.

 

* La MUD fut créée en 2008 ; c’est la principale  organisation d’opposition. Elle a obtenu la majorité à l’Assemblée nationale avec 112 députés sur 167 aux dernières élections législatives (2015). Même si depuis elle a connu des dissidences, prétendre que ce n’est qu’une étiquette est un mensonge des plus grossiers. C'est d'ailleurs au nom de la MUD que Luis Florido, entre autres, participe aux échanges entre l'opposition et le pouvoir madurien en République dominicaine.

 

** Le media TV qui se veut un nouveau media indépendant a été fondé entre autres par Sophia Chikirou, ex-chargée de communications de Mélenchon et Gérard Miller, psychanalyste.

 

 

NB Selon la méthode Sissi-Poutine, Maduro fait mettre en prison ses opposants ou les fait déclarer inéligibles. Ainsi Henrique Capriles Radonski, qu'il n'avait battu que de peu (50,9%), en 2013 s'est retrouvé, comme Alexeï Anatolievitch Navalny en Russie, déclaré inéligible.

 

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 16:46
Désert médical 3

Episode trois de la mobilisation des patients luçonnais en mal de toubibs : une réunion d’information pour rendre compte d’une entrevue avec le préfet. Mais avec une majorité municipale mobilisée : maire, adjoints et soutiens. Et un petit théâtre local dont les patients de base n’ont, comme dans le mythe de la caverne, vu que les ombres.

Désert médical 3

Une délégation du collectif des patients et d’associations formant, elles-aussi, un collectif, avait participé à une réunion de travail avec l’Agence régionale de santé (ARS) puis avait rencontré le Préfet de la Vendée le 8 novembre. Déjà, petite séquence de tragi-comédie, une des associations participantes à la rencontre préfectorale (ADSP) avait programmé une réunion publique le soir même, sans en avertir les autres partenaires. Une assez médiocre opération de récupération de la démarche collective à son seul profit.

Moins spectaculaire que celle du Maire, bien sûr, qui, avec adjoints et le renfort de la Présidente de l’association des Maires de Vendée, occupa le 1er rang de la réunion du 22 novembre.

Rencontre avec l'ARS (pour télécharger cliquer sur le document)

Désert médical 3
Désert médical 3

Et comme le 3 septembre, dans un numéro de duettistes rodé, les porte-paroles de la fameuse association qui avait essayé de tirer toute la couverture à elle, l’Association de défense du service public (ADSP), l’ont pris tour-à-tour, la parole !

Désert médical 3

Numerus clausus et contre-vérités

Dans un dégagement idéologico-stratosphérique, le Monsieur a de nouveau invoqué la mise en place du numerus clausus des formations comme cause de la pénurie actuelle de médecins. Et, selon le principe qu’un mensonge martelé plusieurs fois finit par passer pour une vérité, a attribué toute la paternité de ces quotas à d’affreux technocrates sans âme qui visaient à diminuer l’offre médicale pour faire baisser la demande des patients. Il ne pouvait ignorer, répétons-le, que c’est doublement faux.

Depuis l’instauration de ces quotas en 1971 – Pompidou Président, Boulin Ministre de la Santé – le nombre de médecins a plus que triplé. Et attribuer sa paternité aux seuls technocrates est aussi faux : “Les quotas contingentant l'accès au corps médical ont davantage été fixés en fonction des intérêts immédiats défendus par les segments les plus puissants du corps médical et des rapports de force entre ces segments que suivant les préoccupations de long terme de certaines administrations.L'emprise des quotas : les médecins, l'État et la régulation démographique du corps médical (années 1960-années 2000) par Marc-Olivier Déplaude.

La baisse drastique de ce numerus clausus dans les années 90 s’est faite sous la pression directe de syndicats médicaux.

 

 

 

 

Et le tassement dû au départ massif de cohortes de médecins soixantenaires sera corrigé dès 2020, par l’arrivée des actuels futurs médecins en formation. Renforcée par celle de médecins formés à l’étranger. En 2011, 27% des primo inscrits au conseil de l’ordre des médecins avaient un diplôme acquis à l’étranger. Un peu plus de huit pour cent des médecins exerçant en France sont titulaires d’un diplôme étranger.

 

Désert médical 3

"Les difficultés d’accès aux soins ne sont donc pas la conséquence d’un manque de médecins mais de leur répartition territoriale et de l’attrait insuffisant de la médecine générale depuis de nombreuses années."

Claude Beraud

Les sortants sont très peu attirés par l’exercice libéral de la médecine générale : à peine 1/10*, 3/10 choisissent le remplacement et 6/10 le salariat !

Désert médical 3

Quant à la faible attractivité de la médecine générale elle est due à « l’exigence de conciliation entre vie professionnelle et vie privée**, ainsi que le souhait de ne pas exercer de façon isolée, qui percutent frontalement le modèle d’exercice traditionnellement associé au médecin généraliste (solitaire et toujours accessible). » (Les nouvelles questions posées à la démographie médicale)

Désert médical 3

Culpabilisation ou responsabilisation ?

Autre contre-vérité émise par ce logorrhéique intervenant: la mise en cause d’une prétendue culpabilisation des patients et/ou des praticiens quant à la consommation médicamenteuse.

Faut-il rappeler que la sur-prescription des antibiotiques a fabriqué des bactéries de plus en plus résistantes ? Rappeler aussi que les Français sont champions d’Europe de la consommation de psychotropes ? Et faire des économies par l’imposition, très progressive, des génériques serait-il scandaleux ?

Désert médical 3

Et sur ce plan, c’est plutôt l’encore trop grande soumission des pouvoirs publics au lobby pharmaceutique – malgré des scandales retentissants – qui serait à déplorer.

On ne prendra pas le Professeur Bernard Debré – député LR - pour un gauchiste échevelé ; et pourtant il a co-signé avec son collègue Even "Le guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles, ou dangereux" ! Dans ceux qui ne sont pas utiles, 25 à 30 % n’ont aucune action thérapeutique, mais sont pour une large part pris en charge par la sécu ; mais surtout, le reste, donc 70 à 75 %, sont mal prescrits et surprescrits, donc potentiellement dangereux ! Tout controversé qu’il fut, ce livre est confirmé par de récentes révélations sur le cholestérol or "Le marché des statines [anti-cholestérol]  en France représente 2 milliards d'euros et à mon avis, c'est de l'argent jeté par les fenêtres alors qu'on en a besoin ailleurs.” Pr EVEN.

Désert médical 3

Alors au lieu de dénoncer la prétendue culpabilisation c’est plutôt cette véritable gabegie (que payent les assurés sociaux et qui engraisse les labos pharmaceutiques) qu’il eût fallu dénoncer.

Désert médical 3

Médecins salariés ? Oui... Mais...

Autre numéro de duettistes, celui de la Présidente de l’Association des maires de la Vendée et du Maire de notre cité.

La dame Coulon, qui est aussi élue départementale, assura le public de toute l’attention que le département porte sur cette question. Elle mit le doigt sur la nécessité impérieuse d’une régulation de l’installation par un conventionnement sélectif c'est-à-dire adapté aux besoins de soins de la population (pas de conventionnement dans les zones surdotées). Et elle admit que, sans être la panacée, le recrutement de médecins salariés s’impose. Mais tout en affirmant son attachement à la médecine libérale qui ne veut ni de frein au libre-choix d’installation ni de généraliste de terrain salarié !

Désert médical 3

Le Maire, qui, jusqu’alors, avait l’air de s’ennuyer mortellement, asséna qu’il était au fait de la situation depuis au moins dix ans ! Il eut des accents presque gauchistes quand, prenant à témoin un de ses collègues présent, il asséna que les pharmaciens gagnant leur vie grâce essentiellement à l’argent de la sécu, avait un devoir social. Et donc que les futurs médecins aussi et qu’ils devaient se plier à des règles d’installation. En revanche, pour ce qui est d’un centre de santé avec médecins salariés, il fut beaucoup moins radical, voire totalement sceptique. Agitant une liasse de papiers – un gag qu’il utilise souvent - il affirma que c’était un véritable maquis administratif que de recruter des médecins salariés.

Désert médical 3

Pris à partie par un responsable d’une association organisatrice, Luçie, qui lui rappela qu’il s’était en fait réveillé très tardivement et n’avait, jusqu’à présent, que parlé, sans agir, il eut un méprisant "Qui c’est celui-là ?"*** appuyé par des houspillements de ses troupes !

Désert médical 3

Mais le vrai coup de théâtre fut l’entrée en scène d’un modeste maire qui expliqua avec une force tranquille comment des petites communes voisines s’étaient fédérées pour recruter un médecin salarié et  que ça coûtait, à son village de 500 habitants, 5€ par habitant et par an !

Le grand numéro des papiers agités pour symboliser les textes indéchiffrables tournait au ridicule.

Désert médical 3

Au final, malgré le grand dégagement idéologique d’un côté et la poudre aux yeux de l’autre, malgré la sensation, fondée, des patients sans médecins de n’avoir pas eu de réponses concrètes immédiates, volens nolens, le principe du recrutement de médecins salariés a été explicitement admis par le Maire. Reste à lui mettre la pression, pour qu’il ne noie pas le poisson, sous des prétextes divers, tout en protestant, bien sûr, de sa bonne volonté.

Pas la panacée ? Certes. Mais, à court terme, même une régulation des installations – qu’en d’autres temps nos élus de droite auraient qualifiée de stalinienne et que maintenant ils prônent – ne garantirait pas une solution. D’autant que par prudence ou frilosité, craignant une levée de boucliers des médecins et surtout des étudiants, la Ministre l’a écartée.

Ce n’est qu’un début, continuons la pression !

 

* Cependant, dans les cinq ans, la plupart des remplaçants optent pour l’exercice libéral.

** Cette exigence n’est pas due qu’à la féminisation de la profession : elle est largement partagée par toutes les nouvelles générations des professions médicales, hommes comme femmes.

*** Le Maire oublie que c'est entre autres Luçie qui a organisé le rassemblement du 3 septembre, rassemblement dont A. Bouget était l'animateur ; il oublie aussi qu'il a traité avec le même mépris le collectif des patients sans médecin dont il disait ignorer "l'enregistrement".

Ouest-France 24/11/2016

Ouest-France 24/11/2016

Pour compléter on peut consulter

L’Atlas de la démographie médicale du conseil de l’ordre des médecins et notamment la page sur l’augmentation des départs en retraite :
Désert médical 3
On y constate certes une augmentation massive des retraités (mais certains restent des retraités actifs) mais les actifs sont quasiment stables : au plus fort 216 450 en 2010, au plus faible 215 580 en 2014 !
Donc globalement, de 2010 à 2016, le nombre de médecins actifs est quasiment stable.
Cela confirme l’analyse de Claude Beraud : le problème est d’abord celui de la répartition et ensuite celui de la faible attractivité de la médecine générale libérale.
Et les assertions sur le numerus clausus et “la théorie des Gouvernements selon laquelle avec moins de médecins , il y a moins de malades”  avancée par l'intervenant de l'ADSP relèvent du mensonge stupide !
D’autant que ces quotas ont été largement imposés par la profession (et en particulier sa baisse dans les années 90) non pas évidemment pour baisser le nombre de patients, mais pour garder une patientèle la plus importante possible.
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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 17:13
Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

Quand le sage montre la lune… il est tentant de rappeler cet aphorisme à propos du bouze qu’a soulevé le Journal du Dimanche (JDD) en présentant une enquête d’IPSOS commandée par la Fondation du judaïsme français. Sauf que quand le doigt est gros comme le biceps  d’un culturiste il cache la lune ! Ce sondage outre un intitulé réducteur – grossi encore par le JDD – comporte des questions orientées et au moins une affirmation osée. Cependant, il mérite peut-être un regard attentif en ce qu’il révèle une société minée par la montée de la peur de  l’autre !

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

L’objet du scandale est cette question qui mélange origines et religions sur laquelle des touitteurs et blogueurs ont, à juste titre ironisé voire crié leur dégoût. D’autant que le JDD avait quelque peu faussé la présentation du résultat qui s’inscrivait dans un ensemble. Mais même sous la forme originale cette question était, pour rester dans l’euphémisme, malhabile.

Réactions tirées de l'Huffington Post

Réactions tirées de l'Huffington Post

Autre sujet de controverse, le caractère antisémite prêté à une manifestation de juillet 2014 pour Gaza. Le comportement provocateur des nervis de la Ligue de défense juive peut expliquer – pas justifier – des débordements ultra-minoritaires en fin de manif le 13 juillet 2014 !

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

En revanche, il est plus difficile de suivre ceux qui estiment que « c'est exactement le genre de sondage qui n'aurait pas dû être fait sur commande "communautaire" ». Certes, comme le remarquent Les décodeurs du Monde,  toute la partie sur les réactions des différents acteurs après des agressions ou attentats anti-sémites, qui ne recueille que des ressentis très subjectifs (et dont la manif de juillet 2014 fait partie) est des plus discutables. Pour autant, le Président de la Fondation du judaïsme français a raison de dire que cette étude va au-delà de l’antisémitisme.

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange
Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

Ce sont des Français en crise de confiance, majoritairement wauquiezisé, se méfiant de « l’autre », une France où des préjugés sur l’immigré, le chômeur, le juif sont tenaces, où la conception liberticide de la laïcité rencontre un large écho, que l'enquête nous présente. Reste quelques lueurs d’espoir sur le mariage dit « mixte » ou le droit pour les musulmans d’avoir leur lieu de culte, n’en déplaise à de Villiers et consorts.

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange
Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

Wauquiez-le-cynique a frappé juste en s'en prenant aux assistés, ces sybarites oisifs qui se prélassent avec leur RSA, ces salauds de chômeurs qui se gavent d'allocations (et ne parlons pas des réfugiés sur lesquels circulent des montages immondes). Wauquiez a frappé d'autant plus juste que quand on regarde le détail des réponses, les sondés qui se disaient proches de l'UMP à l'époque sont plus nombreux (87%) que ceux proches du FN (80%) à fustiger ce prétendu assistanat.

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

Une courte majorité est favorable à la construction de mosquées pour que les musulmans pratiquent leur culte. En revanche, pas de menus alternatifs pour les élèves qui ne mangent pas de porc (ou même de viande). Et surtout, un score qui va conforter tous nos laïcistes liberticides, modèle Elisabeth Badinter*: les trois quarts des sondés ne veulent pas de mamans portant un fichu pour accompagner les gosses en sorties scolaires, au mépris de l'esprit de la Loi de 1905. 

 

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange
Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

Si, comme nous y incitait Charb, il ne faut pas parler d'islamophobie (mais comment qualifiait-il les torrents d'insanies de Riposte dite Laïque, par exemple, sans parler de celles du Vicomte de Villiers ?), il faudra forger un terme pour désigner cette hantise du musulman qui n'est dépassée que par celle du rom.

Ils ne sont pas très bien intégrés et c'est de leur faute ! Leurs tenues agacent ou inquiètent.

 

Xénophobie, antisémitisme, racisme : une enquête qui dérange

Même si l'appellation mariage mixte est un peu cocasse s'agissant de mariage homosexuel, on constate que la tolérance des sondés est plus large pour ce mariage entre personnes du même sexe, que pour le mariage avec une personne de confession musulmane. On notera que si 93% de ceux qui se réclament du FN prendrait mal que leur fille se marie avec un musulman, ils sont encore 74 % des ripoublicains, alors que toute gauche confondue c'est l'inverse.

Cette étude, qui pour une part reprend et prolonge une autre sur les Fractures françaises, malgré ses biais, ses ambiguïtés, ses limites, reflète cependant une réalité inquiétante. Les préjugés, rejets, hantises qu'il révèle sont un terreau pour les idées nauséabondes du FN.

 

 

* Cette incise qui renvoie aux prises de positions de Mme Badinter sur ce qu'on appelle le "voile islamique" et son interdiction m'a valu une condamantion urbi et orbi d'un commentateur qui ne supporte pas qu'on s'en prenne à son icône. Faut-il rappeler qu'en septembre 2011 elle disait «En dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité» ? Et sa conception d'une religion "affaire intime" qui aboutit à interdire toute manifestation publique est contraire à la lettre et à l'esprit de la Loi de 1905. Il semble que Mme Badinter évolue, puisque, si j'en crois Le Monde de ce jour (09/09/16), elle désapprouve les arrêtés municipaux anti "burkini" (comme Caroline Fourest).

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 22:31
Ali, Najat, Moussa et Daech

Procès en sorcellerie envers Najat Valaud-Belkacem : elle n’aurait pas réagi avec la vigueur d’un Clemenceau au moment de l’affaire Dreyfus quand le représentant d’une ONG musulmane a plus que tortillé du croupion pour condamner Daech ! ou parce qu’il aurait refusé de lui serrer la main : les avis divergent.

Or donc, Madame la Ministre de l’Education Nationale était l’invitée du Supplément de Canal +. Elle a dû subir l’interview d’Ali Badou.  Il a dû prendre des leçons chez Aphatie, car il pose des questions mais n’écoute pas les réponses et coupe la parole de son invitée en pleine phrase. Il va même jusqu’à prendre à témoin des lycéens spectateurs pour désavouer la Ministre.

Pour le reste, elle aura droit à un défilé de sacs Vuitton et une rencontre avec un humoriste qui avait interpelé Valls chez Ruquier. Là, évidemment on essaie de la mettre en porte-à-faux avec son martial Premier Ministre. Mais elle évite le piège avec élégance et humour.

Vient donc le morceau de bravoure. Une ONG islamiste ou islamique (selon que vous êtes de souche ou pas) dont un membre est emprisonné au Bangladesh.

Cette séquence est donc censée se préoccuper du sort de Puemo Tchantchuing, alias Moussa, qui, alors qu’il se préoccupait de la situation de réfugiés Rohingyas au Bangladesh – une minorité musulmane persécutée par des boudhistes en Birmanie – a été arrêté, libéré, puis réincarcéré, sans que les motifs soient clairement indiqués.

Pour l’illustrer un reportage est fait au cœur de l’association. Mais elle porte moins sur les actions de l’ONG que sur la suspicion dont elle peut être l’objet – perquisition – ou son fonctionnement assez sexiste. Et son représentant, aussi bien dans le sujet que sur le plateau a le louque idéal pour donner des boutons à tous les identitaires.

« Pas tibulaire mais presque » aurait dit Coluche. Barbe ostentatoire, crâne rasé (ou coiffé d’un tarbouche blanc dans le reportage), vêtu à la pakistanaise avec, par dessus, un parka de l’association. On apprend qu’il a refusé de serrer la main de la Ministre. Il pourra cependant plaider la cause de Moussa avant d’avoir droit à la question qui tue : « Condamnez-vous Daech ? ». Question à laquelle ce charmant personnage -  chargé de la com de son association – pouvait s'attendre : sa réponse dilatoire n’en est que plus lamentable. Mais elle n’est pas pire que le touitte d’Onfray, par exemple, qui lui justifie Daech.

Sagement, Najat Valaud-Belkacem, préfère ne pas donner à l’épisode plus d’écho qu’il n’en mérite. Les contorsions verbales du personnage suffisaient à le juger pour le téléspectateur de base que j’étais.

Rappelons les faits. Lors de l’émission “Le supplément” le dimanche midi sur Canal Plus, la Ministre qui était venue parler de l’action menée contre la radicalisation s’est trouvée placée à côté du président d’une association humanitaire islamique (dont un des membres est aujourd’hui emprisonné au Bangladesh où il venait en aide aux Rohingyas, une minorité musulmane opprimée). Idriss Sihamedi s’est présenté comme un “musulman normal” mais au cours de l’entretien on a appris qu’il refusait de serrer la main aux femmes ou de condamner l’État islamique. Invitée à réagir à cette séquence, Najat Vallaud-Belkacem décline dans un premier temps : " Non". Puis elle ajoute " Plus exactement, si je devais vraiment réagir, je dirais simplement qu’il faut distinguer à mon avis deux choses : la situation de Moussa (l’humanitaire emprisonné au Bangladesh, ndlr), qui en sa qualité de ressortissant français a droit à une aide et une protection qui, si j’ai bien compris, lui est apportée par l’ambassade, et puis pour le reste je crois que c’est une association qui porte une façon de voir les choses qui n’est pas la mienne, à laquelle je ne souscris pas et qui me met aussi mal à l’aise, honnêtement, sur votre plateau, et donc je n’ajouterai rien".

P. Watrelot (extraits)

Mais bien sûr les sites d’abrutis de souche se sont déchaînés – Madame Valaud-Belkacem étant leur deuxième cible favorite après Madame Taubira – pour la taxer de passivité voire de complicité.

Mais le plus surprenant fut quand même de voir un journaliste politico-sportif ou sportivo-politique, Bruno Roger-Petit – chronique sportive dans Le Figaro et politique dans Challenges (groupe de L’Obs) – se lancer dans une comparaison des plus hardies entre Clemenceau au moment de l’affaire Dreyfus et la Ministre de l’Education Nationale face à cet humanitaire prétendu salafiste : «  Heureusement que Clemenceau ne s'était pas contente d'un "malaise" en titrant le "J'accuse" de Zola #faiblard » ; et il a brodé là-dessus.

L’équipe de Baraka City ne cache pas ses convictions islamiques. Le conférencier Nabil Ennasri, engagé contre "la théorie du genre" au côté des cathos intégristes de Civitas ou de la soralienne Farida Belghoul, compte parmi leurs intellectuels chouchous. (StreetPress)

Idriss Sihamedi, ce porte-parole, condamne la fornication avec autant de vigueur qu’un prêtre intégriste.

Ali, Najat, Moussa et Daech

Mais, malgré une surveillance policière des plus étroites, si l’on en croit Le Parisien, "L'association et ses dirigeants ne nous posent aucun problème, ils respectent toutes les règles", assure une source policière locale. "En revanche, on surveille les personnes mal intentionnées qui pourraient vouloir prendre le pouvoir ou avoir de l'influence sur l'organisation."

Sa 1ère action internationale d’envergure a porté sur l’accès à l’eau au Togo. Si des actions humanitaires ont eu lieu vers la Syrie, elles ont été menées en toute transparence (copies des passeports, itinéraire, destination,etc. transmis aux autorités). Et, peu avant la décapitation du travailleur humanitaire Alan Henning, Baraka City avait publié un communiqué pour exiger la libération de l’otage.

Inutile de dire que ce guignol borné m’est aussi sympathique que l’abbé Beauvais de Civitas. Et que ses stupidités sur les femmes et ses atermoiements sur Daech sont aussi critiquables que les déclarations de Barbarin sur le mariage pour tous ; déclarations qu’il doit approuver, au demeurant.

 

Mais, comme pour l’interpellatrice de Finkie qui a provoqué la même ire chez les identitaires, on ne peut s’afficher en janvier 2015 avec un « Je suis Charlie »=je suis pour la liberté d’expression, et refuser cette liberté aux intégristes de tout bord.

Quitte évidemment à critiquer sévèrement leurs assertions obscurantistes.

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