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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 15:06
Guillaume Peltier, Christian Estrosi, Jean-François Copé et Eric Ciotti s'en prennent à une décision prise par François Fillon, alors ministre de l'Education Nationale

Guillaume Peltier, Christian Estrosi, Jean-François Copé et Eric Ciotti s'en prennent à une décision prise par François Fillon, alors ministre de l'Education Nationale

Dans le grand CONcours des Ripoublicains à qui sortira la stupidité la plus démagogique, sur fond de xénophobie, déguisée en anti communautarisme, quatre quasi ex-aequo.

En tête Copé-le-cynique 10h36, suivi d’Estrosi dit bac-5 à 14 h 21, marqué à la culotte par le frère ennemi de la côte, Ciotti-la-grirouette (Fillon un jour, sarko le lendemain) à 14h56, mais qui pour gagner la mène se fend en plus d’un communiqué, enfin le petit Peltier-baby-Buisson à 16h19, un 4 juillet à marquer d’une pierre noire, mais pas celle de La Mecque !

Objet de leurs cris d’orfraie : la Maison des examens de l’île-de-France conseille de reporter au lendemain les oraux de rattrapage pour les élèves qui invoqueraient la célébration de l’Aïd-el-Fitr qui marque la fin du ramadan..

Fin du ramadan et surenchère musulmanophobe des Ripoublicains

Les touittes se succèdent !

Nos xénophobes s’appuyaient sur un article de BFMTV, assez puant il est vrai et dénotant un total manque de déontologie de la part de son auteur.

En effet ce David Namias n’hésite pas à écrire : « La Maison des examens, qui gère l'organisation des épreuves du baccalauréat en Ile-de-France, a pris une initiative dénoncée par certains comme un excès de zèle, voire une manière de provoquer la polémique avant qu'elle n'advienne. Comme la fin du ramadan, la grande fête de l'Aïd-el-Fitr, risque de tomber (la date est fluctue d'un jour à l'autre) pendant le début des oraux de rattrapage du bac, l'administration offre aux élèves concernés la possibilité de remettre au lendemain leur examen. C'est peu dire que cette note adressée le 30 juin aux proviseurs des lycées des académies de Paris, Versailles et Créteil, est contestée dans son principe (…) c’est une atteinte à la laïcité ».

Sauf que cette recommandation – dont je m’étonne en tant qu’ex chef d’établissement qu’elle ait pu être sournoisement dénoncée par le SNPDEN (pour le SNALC ça ne me surprend pas) – est l’application logique et normale d’ailleurs d’une circulaire du 18 mai 2004 dont l'objet, tenez-vous bien, est le RESPECT DE LA LAÏCITÉ ! En effet, il s’agit de la circulaire d’application de la loi du 15 mars 2004 interdisant le port « ostensible» de signes religieux au sein de l'école publique, dite Loi Stasi. Circulaire ayant notamment pour but de mettre à jour les Règlements intérieurs des établissements.

Circulaire pas laxiste pour un sou, puisque, outre ces fameux signes ostentatoires, elle rappelle que les convictions religieuses des élèves ne leur donnent pas le droit de s'opposer à un enseignement ou encore ne sauraient être objectées ni contre l'obligation d'assiduité, ni contre les modalités d'un examen (J.P. Rosencveig).

Cependant, comme cela était d’ailleurs déjà l’usage, elle dispose que des autorisations d’absence doivent pouvoir être accordées aux élèves pour les grandes fêtes religieuses* qui ne coïncident pas avec un jour de congé et dont les dates sont rappelées chaque année par une instruction publiée au B.O. (les deux Aïd y sont bien sûr, mais aussi des fêtes juives). Plus encore, elle exige que l’institution scolaire et universitaire, de son côté, [prenne] les dispositions nécessaires pour qu’aucun examen ni aucune épreuve importante ne soient organisés le jour de ces grandes fêtes religieuses. A la limite donc, l’oral de rattrapage devrait être suspendu le jour de l’Aïd-el-Fitr !

  Entretien de F. Fillon à RTL le 6 juillet 2016

 

"- RTL : Est-ce qu'il faut permettre aux élèves musulmans concernés par les oraux de rattrapage [du Bac] de reporter leurs épreuves à demain, après la fête de l'Aïd, l'une des fêtes les plus importants du calendrier musulman ?

- François Fillon : Mais évidemment, c'est une tradition française depuis toujours ! C'est le Général de Gaulle le premier qui avait pris des décisions pour que les fonctionnaires français qui étaient de religion juive ou de religion musulmane puissent, lorsqu'il y avait des fêtes religieuses importantes, ne pas travailler ces jours-là.

 

- RTL : Tout le monde à droite n'est pas d'accord avec vous...

- François Fillon : Oui bah pour une raison simple, c'est qu'il y a un certain nombre de gens à droite qui ont une sorte de réflexe pavlovien : dès qu'on parle des musulmans, ils se mettent à éructer."

Dans le palmarès de l’indécence j’allais oublier la sarkozyste Annie Genevard , déléguée à l'éducation de Les républicains qui interpelle Najat Valaud-Belkacem, Ministre de l’Education nationale en clamant avec les quatre autres :

"C'est à l'islam à s'adapter à la République et non l'inverse. Il ne faut aucune complaisance à l'égard du communautarisme et fortifier au contraire l'unité nationale dont notre pays a tant besoin".

La laïcité, n’a rien à voir avec ces réactions qui, sous prétexte d’attaquer le communautarisme, ne s’en prennent qu’aux musulmans. Les chrétiens n’ont aucun souci pour célébrer leurs fêtes. Il n’est pas anormal que les juifs, les musulmans, ou d’autres religions, dans des limites clairement définies, puissent célébrer les leurs. La circulaire de 2004 le rappelle très légitimement et que des élus qui se prétendent républicains puissent le contester montre la dérive inquiétante de leur parti vers les thèses xénophobes.

 

 

* Fêtes religieuses (hors fêtes catholiques ou protestantes, fériées):

 

Communauté arménienne :

Ÿ Théophanie (fête de la Nativité)

Ÿ Fête apostolique arménienne des Saints Vartanants

Ÿ Commémoration des événements marquant l'histoire de la communauté arménienne

 

Confession orthodoxe :

Ÿ Théophanie :

- selon le calendrier julien

- selon le calendrier grégorien

Ÿ Grand Vendredi Saint

Ÿ Ascension (selon le calendrier julien)

 

Confession israélite :

 Chavouot

Ÿ Roch Hachanah

Ÿ Yom Kippour

 

Confession musulmane :

Ÿ Al Mawlid Ennabi

Ÿ Aïd el Fitr

Ÿ Aïd el Khebir

 

Fête bouddhiste :

Ÿ Fête du Vesak (jour du Bouddha)

 

Faut-il rappeler que les fêtes religieuses catholiques tombant le dimanche (Pâques, Pentecôte) sont assorties d'un lundi férié et que les autres fêtes religieuses (Toussaint, Noël, Ascension) sont fériées !

 

Pour compléter une intéressante mise au point historique de Jean-Louis Auduc, cité par Claude Lelièvre, qui rappelle que la CGT, en 1905, s'était opposée à un amendement de la loi de séparation des églises et de l'état, supprimant les fêtes religieuses chômées, les considérant comme des acquis sociaux !

Dès 1907, Georges Clemenceau sortit un premier texte concernant les fêtes juives. Puis ces "jours protégés" furent étendus aux fêtes musulmanes et arméniennes, après la 1ère guerre mondiale. Enfin en 1998, ces jours protégés concernèrent des fêtes orthodoxes et une fête boudhiste.

Ainsi, à l'ineffable Jacques Myard, le Charasse de la droite bornée, qui s'inquiètait de ces autorisations de droit pour les fonctionnaires, contraire à son sens au principe de laïcité, F. Sauvadet, Ministre de la Fonction publique, répondait : « Cette pratique administrative de délivrance d'autorisations spéciales d'absence pour fêtes religieuses est conforme au principe de laïcité, qui, s'il repose sur la stricte séparation des religions et de l'État, garantit aussi la liberté de conscience individuelle et le droit de chacun à pratiquer son culte d'appartenance (art. 1er de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État). Les autorisations spéciales d'absence pour motifs religieux marquent donc la volonté du Gouvernement de permettre la liberté de culte et, par conséquent, la neutralité de l'État vis-à-vis des différentes religions. » (Journal Officiel 29/11/2011)

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 22:23
Eugène Delacroix "La mort de Sardanapale"

Eugène Delacroix "La mort de Sardanapale"

Le Figaro – canal historique des révélations sur l’affaire dite du Carlton – dépité titre : les accusations contre DSK retombent comme un soufflé. Lavrilleux révéle qu’il n’a toujours pas était entendu par un juge d’instruction et encore moins mis en examen. Drôle de justice. Dans les deux cas d’une lenteur calamiteuse : deux ans d’instruction pour la fausse affaire DSK ; l’inaction apparente dans celle de Bygmalion.  

« Le tribunal, avait déclaré d’entrée son Président, Bernard Lemaire, n'est pas le gardien de l'ordre moral, il est celui du droit et de sa bonne application. Il n'entend donc pas revenir sur ces détails, ces anecdotes, mais évoquer les faits pour les évaluer uniquement sous l'angle de la qualification pénale de proxénétisme aggravé », reprochée aux quatorze prévenus.

L’assez moraliste, elle, correspondante du Monde nous conte qu’un vieux monsieur aux cheveux blancs, qui porte tricot de laine sous son costume et ruban rouge à la boutonnière, est appelé à la barre. Bernard Lemettre est diacre et délégué régional pour le Nord–Pas-de-Calais du Nid, une association de lutte contre la prostitution et de soutien aux prostituées.(..)  Et soudain, dans cette salle d'audience si lourde d'impudeur et de vulgarité, la dignité s'est exprimée. Que ses propos sur la prostitution soient jugés dignes et humanistes, certes. Mais en quoi ces considérations font-elles avancer le débat central : DSK savait-il ou non que des jeunes personnes accompagnant ses amis étaient des prostituées ?

Autre scène, mais là au début, dont la journaliste nous dit : La scène a duré quinze secondes. Elle dit tant, elle dit tout. L'homme est âgé, nain et rond, il s’est fait faire une gâterie dans l’arrière-boutique de son magasin de chaussures. On le confronte à la prostituée : il n'y a à cet instant rien de plus laid que le regard de maquignon suspicieux que pose cet homme sur cette femme. Il a menti et le procureur, sa voix est coupante comme l'acier (sic), le lui rappelle. Il est témoin, donc non inculpé. Il se serait passé de cette pub, d’où ses mensonges.

Trois jours donc à se pencher sur le cas DSK. L’ordonnance de renvoi signée par deux juges d’instruction, inculpant donc DSK de proxénétisme aggravé en réunion, suppose donc au moins que DSK savaient qu’il avait affaire à des prostituées et non des libertines bénévoles. La clé, si l’on ose dire, serait dans les scènes de sodomie dont le patron du FMI semblait raffoler. « Indépendamment de tout jugement de valeur morale sur ce type de pratique sexuelle qui, lorsqu’elle est consentie librement, n’intéresse pas le droit pénal, force est de constater que ce type de pénétration sexuelle est même parfois refusé par des prostituées. Un tel comportement pouvait donc a fortiori nécessiter de recourir à des professionnelles rémunérées. » On reste pantois devant la qualité du raisonnement : la sodomie peut être librement consentie (sous-entendu entre adultes), mais elle provoque des refus même chez les prostituées donc DSK ne pouvait ignorer qu’il avait affaire à des prostituées quand il pratiquait la sodomie !

A priori, on peut se dire que DSK sache ou non qu’il se livrait à sa luxure avec des professionnelles relève peut-être de la morale mais pas du droit. D’autant que, vu ses émoluments, on ne le voyait guère taxer la gagneuse comme un Dodo-la-saumure. Mais, erreur, bien qu'il ne les eût jamais rétribuées lui-même, s’il le savait, il tirait sciemment un profit de la prostitution, en ne payant pas les prestations : l'une des définitions du proxénétisme. Et surtout, en les accueillant dans un appartement, il mettait un local à la disposition de leur activité, ce qui relève du proxénétisme.

 

Donc trois jours furent indispensable pour entendre les témoignages racontant le calvaire des escorts qui, cependant, quand elles allaient aux USA, à Paris ou ailleurs, se doutaient un peu que ce n’était pas pour un stage de macramé. La sodomie a donné lieu à un de ces témoignages où, au bout du compte, quand il fut demandé au témoin si elle avait refusé, elle répondit que non. Les échanges de SMS où le vocabulaire de l’aveu même de DSK était inapproprié ne furent qu’évoqués, alors qu’ils faisaient des pages de l’ordonnance.

« L'édifice juridique imaginé pour renvoyer Dominique Strauss-Kahn en correctionnelle s'est effondré tout seul, à l'audience, comme un soufflé », nous dit Le Figaro. Si bien que des parties civiles – Le Nid déjà cité et une autre association anti-proxénétisme – ont retiré leurs plaintes contre DSK, non sans que l’avocat du Nid ne se croit obligé de lui faire une leçon de morale et de le traiter de Sardanapale des temps modernes ! Quand les avocats jouent les procureurs…

PS

 

"Ni l'information judiciaire, ni l'audience" n'ont permis d'établir l'infraction de proxénétisme aggravé pour DSK, déclare à l'issue de son réquisitoire le procureur de la République de Lille, Frédéric Fèvre. 17/02/2015

 

Extraits du réquisitoire qui se conclut donc par la demande de relaxe de D. Strauss-Kahn :

La présence de Dominique Strauss-Kahn dans ce dossier a incontestablement donné à la procédure une dimension hors norme. Une dimension politique, médiatique et morale, en plus de la dimension pénale, qui est la seule que nous avons à connaître.

Sans ce prévenu, cette affaire aurait été jugée depuis bien longtemps, dans l'indifférence générale, comme toutes les autres affaires de proxénétisme que nous jugeons chaque année au tribunal de Lille. Dès lors, j'estime que Dominique Strauss-Kahn doit être traité comme n'importe quelle autre personne. Je veux dire par là que sa notoriété ne doit en aucun cas être une présomption de culpabilité.

Monsieur le président, vous l'avez qualifié de l'un des hommes les plus puissants du monde lorsqu'il dirigeait le Fonds monétaire international (FMI). Un homme puissant serait-il nécessairement coupable ?

 

Retenir une définition extensive [du proxénétisme] reviendrait à renvoyer pour proxénétisme tous les hommes qui ont fait monter une prostituée dans leur voiture, réservé une chambre d'hôtel, fait venir une prostituée à leur domicile.

A la limite, que Dominique Strauss-Kahn connaisse ou pas leur statut [de prostituées], je dirais que cela est indifférent. Ce n'est pas la connaissance de la qualité de prostituée qui fait le proxénétisme, mais la réalisation des éléments constitutifs de l'infraction.

 

J'ai été troublé par l'évocation récurrente depuis sa mise en cause, des pratiques sexuelles de Dominique Strauss-Kahn. Oui, troublé. Parce que dans ce dossier, c'est le seul prévenu pour lequel on a poussé aussi loin le souci du détail.

Il ne nous appartient pas d'introduire le moindre soupçon de morale dans le débat judiciaire.  

Il faut en outre se souvenir qu'aucune charge n'a été retenue contre Dominique Strauss-Kahn pour des faits de viols ou de violences. Alors, ne nous trompons pas de débat !

 

Le Monde

 

Rien à voir avec Bygmalion.

Sauf que là, pas besoin d’échafauder de savantes contorsions juridiques pour constater que le plafond des dépenses de campagne présidentielles déjà jugé dépassé par le conseil constitutionnel est du coup pulvérisé.

Que même si le candidat n’est pas coupable – il prétend ne pas s’être rendu compte que ses foucades étaient coûteuses – il est responsable des sommes engagées pour sa campagne. 18 556 175,95 euros de fausses factures, selon les conclusions de l'enquête préliminaire. Soit une campagne au coût total d'environ 41 millions d'euros, bien au-delà du plafond légal de 22,509 millions d'euros, nous dit Le Monde.

Or, quand on sait, qu’un obscur et absentéiste député vendéen, a été non seulement invalidé mais déclaré inéligible, pour avoir non pas dépassé mais réglé directement un peu plus de 5000€ (8,17 % du plafond autorisé), donc sans passer par son mandataire, on se demande pourquoi ce nouveau dépassement de plus de 80% du plafond n’entraîne pas une immédiate inéligibilité.

 

Et que, plusieurs mois après, Jérôme Lavrilleux puisse dire tranquillement qu’il n’a pas été entendu par un juge d’instruction ni a fortiori mis en examen, interroge.

 

D’autant que, s’il a couvert son patron Copé et le candidat, il n’a pas nié les faits.

 

Exigences puériles de Sarko, improvisation et multiplication des meetings font que les coûts s’envolent et qu’Events & Cie – la filiale de Bygmalion – n’étant pas payée n’arrive plus à payer elle-même ses sous-traitants. A quel moment le système de double-facturation est mis en place ? Le patron d’Events, Attal, prétend que c’est au cours de la campagne, Lavrilleux juste après. Qu’importe. La solution consistera donc à imputer une large partie des dépenses de campagne à l’UMP avec des fausses factures de conventions plus ou moins fictives et surestimées. « Soit on refusait et on prenait le risque de ne pas être payés et donc de sauter, sans compter que l'on compromettait l'issue de la campagne, soit on acceptait, sachant que l'on rentrait dans l'irrégularité », explique Franck Attal aux juges. « Il nous a été demandé par l'UMP de facturer 35 conventions » du parti pour des prestations qui ne correspondaient pas à la réalité.

 

Pour Attal, c’est Lavrilleux qui a eu l’idée de ce montage en tant que Directeur adjoint de la campagne et second de Copé à la tête de l’UMP. Pour Lavrilleux « D'après ce que j'en ai compris, l'UMP, en la personne de M. Cesari ou de Mme Liadzé, a fourni à Franck Attal, de la société Event & Cie, une liste de dates et d'intitulés de manifestations afin qu'une facturation qui corresponde puisse être établie avant la clôture des comptes ».

 

Cependant Lavrilleux peut jouer le député européen modêle, tandis que l’instruction de l’affaire Bygmalion avance à un pas de sénateur : 2017 sera là qu’on en sera au même point. Il est vrai que Tiberi, trente ans après des faits avérés de fraude électorale à grande échelle, n’est toujours pas définitivement condamné.

 

 

 

 

 

 

 

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 19:27
Le Paon : sale coup pour le syndicalisme

Les révélations du « Canard enchaîné » sur la rénovation onéreuse (105 000€) de l'appartement de fonction* et du bureau (62 000 €) de Thierry Le Paon, puis, cerise sur le gâteau, la pire peut-être, de cette incongrue indemnité de départ de plus de 25 000 € versée par la CGT de Basse-Normandie, ne lui sont pas tombées du ciel, au volatile ! Sans être un grand investigateur, on ne peut qu’être sûr que la source gravite autour de l’immeuble de la CGT à Montreuil. Et ce n’est pas déployer des trésors de perspicacité que de subodorer que le but de ces fuites est de dégommer Le Paon.

 

Ce faisant, le sniper s’est servi non d’un fusil à lunette mais d’un obusier aux dégâts collatéraux incommensurables.

 

La CGT, dans son ensemble, y perdra des plumes. Si, hypothèse douteuse, Le Paon se maintient, il n’aura plus ni crédibilité externe, ni autorité interne. S’il est poussé vers la sortie, son successeur  aura une légitimité des plus fragiles, car ne devant son siège qu’aux fuites assassines.

 

Ce ne sont pas tes oignons, va-t-on me rétorquer. Sauf que, ces révélations vont nourrir un poujadisme déjà virulent. Même si les sommes annoncées sont sans commune mesure avec celles de Bygmalion, même si l’insolite indemnité ne paierait même pas les cigares annuels d’un Balkany, cela va permettre, permet déjà, aux beaufs de comptoir d’entonner le chœur fameux des Tous pourris, même les syndicats.

 

Et cela dans un contexte où les ouvriers, même syndiqués – hélas une minorité – se laissent tenter par les sirènes de Marine. Au-delà de brebis galeuses, comme le maire d’Hayange, cégétiste passé au F-Haine, une majorité des ouvriers qui ont voté aux européennes ont opté pour les listes F-Haine. Plus de 40 % donc des votes ouvriers, cinq fois plus que pour le PS ou le Front de Gauche (8% chacun). Il faut certes relativiser, puisque plus de 60 % des ouvriers sont restés chez eux. Mais ce n’est guère moins inquiétant car une telle démobilisation profite aussi aux Le Pénistes.

 

Il est donc des plus probables que l’affaire Le Paon ne va que renforcer la dérive d’une fraction grossissante de l’électorat ouvrier vers l’extrême-droite. Et fraction qui revendique publiquement son ralliement.

 

Eh quoi ? Fallait-il donc que les opposants à Le Paon manquent au devoir suprême de transparence en ne faisant pas fuiter les trop luxueuses dépenses de leur secrétaire général ? Outre que ces blancs chevaliers avancent dans l’ombre ce qui entache un peu leur vertueuse opération, il faut rappeler que le linge sale ne se lave qu’en famille.

Et un Pierre Héritier qui, profitant du cinquantième anniversaire de la CFDT, laisse entendre – sans preuve aucune – que l’élection de Nicole Notat en 1988 ressemblait à celle de Copé en 2012, porte aussi un très sale coup au syndicalisme.  

Qui n’en a pas besoin.

 

 

* Travaux confiés à une entreprise dont le patron est proche de l’UMP et qui semble s’être fait une marge juteuse.

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 17:57
Le droit de l’enfant à sa nationalité

Le 12 décembre 2014, le Conseil d’Etat a rejeté les requêtes de députés UMP et d’associations contre la circulaire dite Taubira demandant à ce que puissent être accordés des certificats de nationalité française aux enfants nés à l’étranger par GPA. Des déclarations des plus outrées de Copé et consorts avaient, en janvier 2013, salué ce texte qui ne faisait que rappeler l’Article 18 du code civil : « Est français l’enfant dont l’un des parents au moins est français ».

Le 25 janvier 2013, sous la signature d’ailleurs d’un Directeur du Ministère et non de la Garde des Sceaux, paraissait une circulaire « sur les conditions de délivrance des certificats de nationalité française (CNF) aux enfants nés à l’étranger de Français, lorsqu’il apparaît, avec suffisamment de vraisemblance, qu’il a été fait recours à une convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui. » Objet simple : rappeler la loi et éviter donc que ceux qui sont chargés de l’appliquer, en l’occurrence les greffiers-chefs, ne l’interprètent de façons diverses.

« Vous veillerez, dans l’hypothèse où de telles demandes seraient formées, et sous réserve que les autres conditions soient remplies, à ce qu’il soit fait droit à celles-ci dès lors que le lien de filiation avec un Français résulte d’un acte d’état civil étranger probant au regard de l’article 47 du code civil selon lequel “tout acte de l’état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d’autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l’acte lui-même établissent, le cas échéant, après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité

(…) le seul soupçon du recours à une telle convention conclue à l’étranger ne peut suffire à opposer un refus aux demandes de CNF dès lors que les actes de l’état civil local attestant du lien de filiation avec un Français, légalisés ou apostillés sauf dispositions conventionnelles contraires, sont probants au sens de l’article 47 précité. »

Scandale immédiat nous sommes en plein débat sur la loi pour le mariage pour tous !

 

«Avec cette circulaire passée en catimini, on régularise, donc on encourage la GPA»Daniel Fasquelle

«La seule portée de ce texte, c'est de faciliter la GPA» Hervé Mariton

«Dans ces débats, il y a un avant et un après-circulaire, qui est de la provocation ou de l'inconscience» Philippe Gosselin

«On dit : "en France, le corps n’est pas une marchandise donc les mères porteuses sont interdites mais si vous allez à l'étranger, on ferme les yeux, c’est légal, on va vous légaliser l’enfant qui est né d’une mère porteuse"» Valérie Pécresse.

«Les masques sont en train de tomber. Vous avez refusé d'ouvrir un grand débat national sur votre projet qui bouleverse le cadre juridique du mariage, de la filiation et de l'adoption. Vous avez méprisé les 800.000 Français qui vous invitaient à la sagesse, les autorités civiles, religieuses et morales auditionnées dans des conditions lamentables. Vous privez le peuple d'un référendum sur cette question fondamentale.» J.-F. Copé

«Derrière le mariage pour tous, il y a le droit à l'enfant pour tous et par tous les moyens. (…) La PMA et la GPA sont des lignes rouges vers lesquelles le gouvernement s'avance en catimini.» François Fillon

«Votre loi n'est pas un point d'arrivée mais un point de départ, et les bébés- éprouvette et les ventres des mères porteuses en sont les destinations. Vous ouvrez la voie à la marchandisation du corps féminin.» Laurent Wauquiez

(citations extraites du Figaro).

Avec une certaine lâcheté, on verra même un parlementaire PS juger inopportune la parution de cette circulaire.

 

  Dans la foulée, les députés UMP Guillaume Larrivé (ci-contre), Daniel Fasquelle, Marie-Jo Zimmermann et Jean-Frédéric Poisson déposent un recours au Conseil d'Etat pour demander "d'annuler pour excès de pouvoir" la circulaire de la garde des Sceaux Christiane Taubira sur les enfants nés de mère porteuse à l'étranger car "la circulaire attaquée (...) méconnaît les dispositions législatives prohibant le recours à la gestation pour autrui" ; elle "ne se borne pas à interpréter les textes en vigueur mais fixe des règles nouvelles".

Nos UMPistes seront suivis par l’association familiale catholique de l’Auxerrois,  l’association Juristes pour l’enfance, la fédération des familles de l’Ain, l’association Avenir de la culture (émanation de Travail, Famille, Propriété) et très bizarrement le syndicat national Force ouvrière des magistrats !

Le droit de l’enfant à sa nationalité

Il aura donc fallu près de deux ans pour que le Conseil d’Etat renvoie les cyniques députés - qui ne pouvaient ignorer que leur recours était bidon - et les associations de cagots au seul respect de la loi et surtout des droits de l’enfant qui ne peut être pénalisé pour les fautes putatives de ses géniteurs. Entretemps, un jugement du CEDH aura clairement rappelé cette évidence.

 

Le Conseil d'Etat réaffirme le droit de l'enfant à sa nationalité

 

« Le Conseil d’État juge, cependant, que la seule circonstance qu'un enfant soit né à l’étranger dans le cadre d'un tel contrat [GPA], même s'il est nul et non avenu au regard du droit français, ne peut conduire à priver cet enfant de la nationalité française. Cet enfant y a droit, dès lors que sa filiation avec un Français est légalement établie à l’étranger, en vertu de l’article 18 du code civil et sous le contrôle de l’autorité judiciaire. Le refus de reconnaître la nationalité française porterait sinon une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée de l’enfant, garantie par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH). »

« Il en déduit que, contrairement à ce que soutenaient les requérants, la circulaire attaquée n’est pas illégale en ce qu’elle expose que le seul soupçon de recours à une convention de gestation ou de procréation pour autrui ne peut suffire à opposer un refus à une demande de certificat de nationalité dès lors que les actes d’état civil local qui attestent du lien de filiation avec un Français peuvent être regardés, sous le contrôle de l’autorité judiciaire, comme probants au sens de l’article 47 du code civil. »

 

Cette décision va être contestée, comme celle du CEDH, par les Agacinski et de la Rochère.

Déjà, dans Le Figaro, une Adeline le Gouvello de la Porte, avocate, prétend une fois de plus que cette décision « va créer une avancée vers la légalisation de la GPA ». Hélas non ! car de ce point de vue les gramsciens de l’anti mariage pour tous ont gagné la bataille de l’hégémonie culturelle et bloquent avec leurs outrances calculées tout vrai débat sur la GPA ou l’euthanasie.

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 16:59
Onfray rejoint la coisade des cagots anti prétendue théorie du genre ! (cliquer pour agrandir et compter les onfray)

Onfray rejoint la coisade des cagots anti prétendue théorie du genre ! (cliquer pour agrandir et compter les onfray)

Le genre
Le genre

L'OBS 11 décembre 2014

Quand Sarkozy profère une  énormité, loin de faire marche arrière, il en rajoute une louche. En cela, Onfray est très sarkozyen. Ayant clamé que l’école avait mieux à faire que d’enseigner la théorie du genre et l’informatique et s’étant fait taxer de mensonge éhonté, il trouve une alliée dans une de la Rochère de la philosophie, ondoyée par Finkielkraut et Tillinac, qui a commis un ouvrage sur cette prétendue théorie.

 

  Tel Copé découvrant avec horreur Tous à poil, Bérénice Levet, auteure donc de « La théorie du genre ou la vie rêvée des anges », a décidé d’écrire cet essai lorsqu’elle a découvert que l’on faisait lire à son neveu, élève en CM1, le récit de David Walliams, intitulé Le Jour où je me suis déguisé en fille. Ce petit morceau de propagande à l’usage des jeunes consciences a été, pour l’auteur, le coup de trop, si l’on en croit Le Figaro (12/11/2014) ! D’autant que depuis 2012, Najat Vallaud-Belkacem, «ce Robespierre en jupons», dit-elle, a vivement encouragé les partisans d’une école «neutre»…. Comme on le voit notre prof de philo de Polytechnique tient des propos  sur la Ministre de l’éducation nationale que ne renierait pas Farida Belghoul.

 

« Que le jour commence et que le jour finisse sans que jamais Titus puisse voir Bérénice…» Il y a une certaine logique, pour Bérénice Levet, à refuser la confusion du féminin et du masculin, quand son prénom s'inspire d'une tragédie tout entière consacrée à leur irrémédiable séparation, nous explique encore Le Figaro, qui ne recule devant aucune niaiserie. Et Le Figaro poursuit dans la même veine : Vouloir sauver cette fleur de la civilisation française qu'est la galanterie est une façon de refuser aussi bien les gardiens coraniques de «la femme voilée» que les avant-gardes, elles aussi puritaines, qui promeuvent la «théorie du genre», mais là il transpose les propos de la dame. Pour autant, cette protégée d'Alain Finkielkraut et Denis Tillinac se voit, toujours d'après Le Figaro, plutôt en conservatrice libérale qu'en réactionnaire pure et dure : «Je ne souhaite pas un retour en arrière», dit-elle, en soulignant qu'elle ne veut pas revenir au bon vieux temps du pater familias. Quel libéralisme !

 

  Avec ce double parrainage d’Alain Finkielkraut et de de Denis Tillinac, le résultat ne peut qu’être d’une honnêteté et d’une portée intellectuelle transcendentale.

 

Le compte-rendu du philosophe bas-normand nous conte donc une prétendue Théorie du genre à laquelle la droite de Sarkozy à Chatel souscrirait autant que la gauche de Hollande, Peillon et bien sûr Vallaud-Belkacem ; tenez-vous bien, même Marine Le Pen serait touchée !

Bien sûr, comme l’affirment les prélats, elle pollue les programmes de SVT des lycées. Suivent des considérations assez grotesques sur une prétention de la « gauche libérale » de changer l’homme en supprimant la différence sexuelle, puis un pur délire sur la PMA comme réalisation d’un projet de conception virginale, apparentée à celle de Marie, mère de Jésus (en l’occurrence ce serait plutôt de la GPA) !

A preuve, ajoute l’ex-prof de philo de l’Institution Saint-Ursule, Beatriz Preciado, chroniqueuse pour Libération, Libé qui est, comme chacun sait, la Pravda de la gauche libérale. Elle invite, nous dit Onfray,  à abolir le couple vagin-pénis au profit d’un autre, anus-godmichet, qui permettrait « une grève de l’utérus ». Son programme, affirme-t-il, est : « Ne laissons pas pénétrer dans nos vagins une seule goutte de sperme national catholique ».

Bien que lecteur assidu du quotidien des bobos droits-de-l’hommistes adeptes de la bien-pensance, je n’avais pas remarqué les chroniques de cette philosophe. En fait, elle alterne le samedi avec trois autres chroniqueurs.

Comme j’ai le cerveau lent, en première lecture, elle m’a semblé n’avoir retenu de la fameuse paillarde Ô mon berger fidèle que la conclusion (« Refile-moi le godmichet dans le cul et qu’on en finisse… »). Ensuite, si on y regarde d’un peu plus près, on constate que loin de nier les différences sexuelles puisqu’elle parle de vagin, de pénis, d’utérus, de sperme, elle veut, dans un ultra-féminisme dit queer, les surmonter.

Et surtout, si on sort du bocage normand, on se rend compte que cette philosophe espagnole fait clairement allusion au projet de quasi suppression de l’IVG en Espagne porté par Alberto Ruiz-Gallardón soutenu par le national-catholicisme : grève des utérus et refus du sperme national-catholique, ça a un sens de l’autre côté des Pyrénées.

 

Pour le reste les propos provocants de son Manifeste contra-sexuel, son éloge de l’anus – « seul organe sexuel universel » – et du godemichet, son usage de la testostérone, sa dénonciation du « nouveau capitalisme chaud, psychotropique et punk » qui exploite la force orgasmique des êtres à coup de médicaments et de pornographie, un régime « pharmacopornographique » dont « la pilule et Playboy » sont les symboles et l’excitation, l’érection et l’éjaculation les matières premières*, à part un relatif écho dans une frange très limitée du mouvement LGTB, les masses laborieuses, intellectuelles et manuelles, s'en tapent le coquillard avec une patte de homard !

Grâce à Onfray et Levet, quelques-uns comme moi, iront cependant consulter sa notice wikipedia.

 

Mais de là à prétendre que celle qui propose sodomie, coprophagie, zoophilie, etc. est la grande prêtresse d’un nouveau puritanisme, il y a un léger hiatus qui semble avoir échappé à notre philosophe de comptoir. Et à l’auteure du livre qui, elle, a flairé le bon coup éditorial du côté des cagots de la « manif pour tous ».

 

* A lire avec l'accent et le phrasé de Dali, ça prendra tout son sel !

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 17:58
Décembre 2012 : prière sur la Place J'maa-elFna, Marrakech

Décembre 2012 : prière sur la Place J'maa-elFna, Marrakech

La laïcité falsifiée, c’est la laïcité UMPenisée, de Marine Le Pen à Jean-François Copé, annoncée par un rapport Baroin sur la nouvelle laïcité. Laïcité UMPenisée appuyée par de pseudos républicains qui, bien que proscrivant tout adjectif, prônent une laïcité répressive antithèse de la laïcité libérale voulue par Aristide Briand, Ferdinand Buisson et Jean Jaurès avec la loi de 1905.

 

« La laïcité apparaît trop souvent, depuis une vingtaine d’années, comme un principe d’interdits et de restriction aux libertés, ce qu’elle n’est pas » J.L. Bianco, Pdt de l’Observatoire de la laïcité.

 

En décembre 2010, Marine Le Pen, en campagne pour l’accession à la tête du FN, compare les quelques prières de rue des Musulmans à l’occupation de la France par les nazis. Immédiatement, protestations de tout bord contre l’indigne comparaison. Elle opère alors un habile repli statégique : sa déclaration devait être entendue au nom de la défense de la laïcité et contre le communautarisme. Miracle ! Sarkozy embraye, condamnant même d’imaginaires appels à la prière, inexistants en France, jusqu’à Benoît Hamon qui trouve « inacceptable cette situation ». « En hypertrophiant un problème, on façonne la lepenisation de la société » : l’OPA de Marine Le Pen sur la laïcité a réussi !

 

Copé, à la tête de l’UMP ne voudra pas rester en reste. Il lance un débat sur l’Islam et la République, appuyé par un Guéant qui prétend que les Français ont « le sentiment de ne plus être chez eux » et, au sujet de l’Islam « Cet accroissement du nombre des fidèles et d’un certain nombre de comportements pose problème ». Ce qui lui vaudra d’être déclaré « membre d’honneur du FN » par Marine Le Pen. L’initiative de Copé, rebaptisée « débat sur la Laïcité » sera un fiasco. Mais laissera des séquelles.

 

   La laïcité UMPénisée n’est pas tombée du ciel. Dans un rapport de 2003 intitulé : « Pour une nouvelle laïcité », François Baroin y explique que le conflit des deux France est achevé, que le dissensus entre France laïque et catholique n’est plus d’actualité, et que de nos jours la laïcité va vers le culturel et l’identitaire. Elle peut devenir une valeur de droite. Cette appropriation de la laïcité par la droite est possible, selon François Baroin, parce que la gauche est culpabilisée par l’héritage colonial, et si la laïcité devient « culturelle et identitaire » c’est face à l’Islam et face aux immigrés. Ainsi, la gauche fait la promotion des droits de l’homme, et « à un certain point, la laïcité et les droits de l’homme sont contradictoires ».

Image Ligue de l'enseignement

Image Ligue de l'enseignement

Cette laïcité identitaire va s’épanouir dans le culte des racines, racines chrétiennes, à la limite un peu gréco-romaine et, ancien testament oblige, juive. Dans la surenchère franchouillarde, Sarkozy et son calamiteux discours de Latran va être concurrencé par le Haut conseil à l’intégration (HCI) qui outre l’affirmation historiquement très fragile que « l’idée de laïcité existait sous l’Ancien Régime » va affirmer que la laïcité « exception française » a été imitée par le Mexique. Comme le note ironiquement Jean Baubérot, en 1859 les Mexicains ont imité la loi de séparation des églises et de l’état de 1905 ! Cette vision franchouillarde est d’autant plus incongrue, que Briand lui-même évoque l’exemple mexicain dans son rapport à la commission parlementaire, préparatoire à la Loi de 1905.

 

Le stéréotype anticlérical de la « femme soumise » est recyclé par cette nouvelle laïcité. Au 19e siècle, quand il était question de la « femme soumise », il était fait explicitement référence à la femme catholique qui allait au confessionnal. Aujourd’hui, il suffit de remplacer la femme catholique par la femme musulmane qui porte un foulard. Cette laïcité UMPenisée est une sorte de feuille de vigne, une manière polie d’être islamophobe. Quitte à être antisémite, puisque le halal honni, censé envahir nos étals de boucher, ressemble fort au casher et que les apéros sauciflard-pinard feraient fuir aussi bien un juif qu’un musulman.

 

« Si [Marine Le Pen] invoque aussi facilement la loi de 1905, c’est que celle-ci est mésinterprétée (…) on la sacralise et on la méprise, on lui fait dire souvent le contraire de ce qu’elle a dit. »

 

    Selon Ferdinand Buisson l’État laïque c’est l’État neutre entre tous les cultes, et la France a toujours eu une conception assez forte de la neutralité dans sa laïcité ainsi les fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions, ne doivent porter aucun signes religieux distinctifs, ni d’ailleurs politiques. La laïcité s’applique aux institutions non aux individus, dans la loi de séparation des églises et de l’état.

 

La droite et l’extrême droite veulent étendre la neutralité à certains secteurs de l’espace public alors qu’elle ne s’applique qu’à la puissance publique et aux services publics, ils veulent instaurer une  logique répressive contre la logique libérale de la loi de 1905. « Dans l’espace public (…) la liberté est le principe, la restriction sans parler de l’interdiction est l’exception » (Rémy Schwartz). Cette nouvelle laïcité est une hypertrophie de la neutralité – et d’une certaine interprétation de la neutralité – atrophiant la liberté de conscience, l’égalité des droits, mais aussi la séparation. Cette exigence s’élargit démesurément, et une partie de la gauche y souscrit. En jouant sur l’ambiguïté privé/public, avec des formulations sur la religion qui relève de la sphère intime. Or si l’adhésion à une religion ou pas relève bien de chaque individu – c’est la liberté de conscience qui englobe la liberté religieuse – la manifestation de sa religion (ou de son athéisme) peut se faire dans l’espace civil. La loi de 1905 ne laisse place à aucune erreur d’interprétation sur ce point.

 

Mais ce serait donner une idée trop partielle du livre de Baubérot qu’en résumant – trop sommairement – l’aspect en quelque sorte défensif de son livre.

 

Il propose une politique refondatrice de la laïcité.

 

Car, au-delà de la séparation des églises et de l’état, la laïcité c’est aussi la séparation de la loi civile avec des dogmes religieux et des normes morales particulières. La séparation du mariage civil et du mariage religieux en 1792 est une première étape, puis la loi sur le divorce (1884), la contraception (1967), l’IVG (1975), le mariage pour tous (2014). De nouvelles libertés laïques sont à conquérir, dans le domaine de la bioéthique (recherche sur les cellules souches notamment) ou dans celui du droit de mourir dans la dignité, donc le recours à l’euthanasie

 

Contre ces avancées, des religions invoquent des ruptures anthropologiques, ce fut le cas pour le mariage civil, le divorce, l’IVG, ce l’est encore avec le mariage pour tous, comme si les repères anthropologiques étaient anhistoriques.

La laïcité n’empêche personne de vivre selon ses propres croyances anthropologiques. Elle veille seulement à ce que de telles croyances ne soient pas imposées à l’ensemble de la société. C’est précisément sur le terrain de la liberté que la laïcité s’impose aux religions non sur celui d’une répression ciblée ou générale.

 

Pour compléter : un compte-rendu de conférence au Québec

La laïcité falsifiée _ Jean Baubérot

   4e de couverture

Classiquement considérée comme un des principaux marqueurs de la gauche, la laïcité aurait-elle viré à droite, voire à l'extrême droite ? La question se pose depuis le « débat sur la laïcité » de l'UMP, les effets de manche de la droite populaire et les références répétées de Marine Le Pen à la séparation de la religion et de l'État. De nombreuses personnalités dénoncent cette dérive sans véritablement réussir à la réfuter. Protester contre la « stigmatisation » des musulmans - souvent le vrai motif de cette nouvelle posture « laïque » - est bien sûr nécessaire. Mais en rester là se révèle totalement insuffisant, car cette nouvelle laïcité de droite se pare de valeurs partagées comme la démocratie, l'égalité des sexes et la liberté d'expression. Il est donc urgent d'analyser, point par point, comment la laïcité peut être ainsi falsifiée et pourquoi on fait dire aussi facilement à la loi de séparation de 1905 le contraire de ce qu'elle a réellement dit.

 

C'est ce que fait Jean Baubérot dans cet essai, où il démonte les mécanismes de la nouvelle laïcité et montre que, pour la promouvoir, il faut oser mettre en cause les structures dominantes de la société ellemême. Dans deux chapitres conclusifs passionnants, il propose un « programme républicain pour refonder la laïcité » et une libération des cléricalismes d'aujourd'hui, grâce à la recherche d'un art de vivre : la « laïcité intérieure ».

 

    Editions La Découverte 9,50 €

 

 

Pour compléter : La laïcité pour faire société, excellent dossier de la Ligue de l'enseignement (téléchargeable format pdf)

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 16:56
Parole d'expert ! (cliquer pou agrandir)

Parole d'expert ! (cliquer pou agrandir)

Et si les fuites sur les écoutes de Sarkozy lui profitaient, ou tout au moins nuisaient à l’enquête qui le visait ? Hypothèse osée ?  Les scénarios avec billard à trois bandes ne sont peut-être pas réservés aux séries états-uniennes. Et avouons, à notre grand regret, que le pouvoir, qui pourtant les avait en mains, les cartes, fait un peu « House of the cards », Château de cartes, comme traduisent les québécois.

 

En quelques jours, trois affaires : Copé et Bygmalion, Buisson et son dictaphone, Sarkozy, son avocat et un juge de la cour de cassation. Le contre-feu allumé par l’UMP, Copé en tête, faisait, si l’on ose dire, long feu. Car oser insinuer que c’était une horrible manœuvre orchestrée par les socialos, Hollande en tête, pour redresser la barre électorale, était d’une crédibilité douteuse. Faire passer Le Point, qui avait dévoilé la complaisance de Copé pour une boîte de com dirigée par ses amis, pour un organe de presse à la solde du pouvoir, il n’y a que Copé lui-même et ses séides pour l’oser. Quant à Buisson, même dans les séries les plus tortueuses, aucun scénariste n’aurait osé le faire passer pour une taupe au service secret du PS. D’autant qu’un des bénéficiaires des bandes buissonnières a été Atlantico, site qui ne cache pas son orientation droitière.

 

Gageons que la casserole de plus, attachée aux basques de la buse de Meaux n’a pas dû faire pleurer ni du côté de Solesmes où un ancien premier ministre a sa gentilhommière, ni du côté de Bordeaux, ni même du côté du conjoint d’une chanteuse à la voix fluette.

Les bandes à Buisson n’ont pas du tout plu à la chanteuse – le quelqu’un m’a dit qu’on nous écoute susurré dans son dernier récital visait plus Buisson que les juges – ni à son époux trahi par son gourou. Mais joie – toute en retenue bien sûr – de tous ceux à qui le camelot et sa camelote soit faisaient de l’ombre auprès de leur little big man, soit déplaisaient souverainement. Et même si le petit grand homme jouait les victimes, les écoutes démontraient à quel point son gourou était bas de plafond. Se complaire dans ses analyses creuses et se laisser prendre à ses flagorneries ne plaidaient pas pour la clairvoyance de l’ex-président. Et dans le chœur des rimes en –able (incroy-able, abomin-able, lament-able, détest-able, condamn-able…) de tous les zélotes UMP, Copé ne fut pas le moins zélé, pour qui ce Buisson cachait son Bygmalion.

 

Reste les écoutes, pardon les interceptions judiciaires.

Petit rappel : elles ont été décidées par des juges d’instruction sur la suspicion de financement de la campagne présidentielle de 2007, par un certain Mouammar Kadhafi, guide de la Révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste. Suspicion confortée par un ex-ami de Copé, Ziad Takieddine. A noter que les juges Serge Tournaire et René Grouman, chargés du dossier, contrairement à ce qu’insinuent des UMPistes, n’ont aucun lien avec le Syndicat de la Magistrature. Noter aussi que ces juges n’ont aucunement à faire part à qui que ce soit de ces écoutes. Noter enfin que ces écoutes concernent Sarkozy et non son avocat.

 

Hypocrisie, dirait Maître Herzog, car quand le client téléphone, on écoute aussi l’avocat. En tout cas les deux se méfient, puisque l’avocat lui achète, sous le faux nom de Bismuth, un tintin ou TOC (pour téléphone occulte : faux nom et ne fonctionnant qu’avec des cartes achetées dans le commerce) et s’en procure un lui-même*. Méthode employée par les trafiquants de drogue avec leurs fournisseurs, précise Maître Eolas. Quasi indétectable, en ville. Mais l’apprenti clandestin va s’en servir chez Belle-Maman. Bingo ! les flics logent le portable et espionnent – que c’est vilain ! – les échanges avec l’avocat.

 

« Et lors d’une de ces conversations, il serait apparu qu’un haut magistrat renseignerait l’ancien président sur un autre dossier pénal le concernant en échange d’un soutien pour un poste agréable, ce qui caractériserait le pacte de corruption et un trafic d’influence. Rien à voir avec le financement de la campagne de 2007 : la conversation est donc transcrite et transmise au parquet, et le tout nouveau procureur national financier a décidé d’ouvrir une nouvelle information, confiée à des juges différents du volet corruption, pour trafic d’influence. »* Maître Eolas Il s’agit du dossier des agendas de l’ex-président, saisis dans le cadre de l’affaire Bettencourt, mais qui peuvent aussi intéresser les juges dans l’affaire Tapie par exemple et dont Sarkozy demandait la restitution. Herzog aurait obtenu des infos sur ce dossier de Gilbert Azibert, avocat général près la Cour de cassation, qui avait accès à l’intranet de la Cour. Le Monde

François Faletti, Procureur Général de Paris, le 26 février, a informé  la chancellerie de l’ouverture de cette nouvelle enquête.

 

Avant de se pose la question fatale – à qui profite la fuite ? – examinons les possibles sources des fuites :

1) Les magistrats eux-mêmes (ou l’un des deux) ;

2) le parquet, François Faletti qui a un contentieux avec la Garde des Sceaux, notamment ;

3) les policiers : ce qui est sûr c’est qu’Hortefeux, lui aussi sur écoutes, a bénéficié d’une fuite d’un policier qui, non content de l’avertir qu’un juge avait demandé son audition comme témoin, lui a donné des conseils.

Ce qui est sûr aussi c’est que la fuite ne profite pas à l’instruction puisqu’elle tarit les écoutes.

Reste donc parquet et police. Faletti jouant au billard à trois bandes ? des policiers renouant avec leurs habitudes du temps de Sarko-Ouard-Courroye (affaire Bettencourt, DSK…) ? la dernière hypothèse est la plus probable.

 

Mais retour à la question de base.

Et si cette fuite profitait d’abord et avant tout à Sarkozy et surtout à Maître Herzog ?

L’avocat, écouté par ricochet, n’est pas le premier dans ce cas. Ainsi Maître Harry Durimel, il est vrai du barreau de Guadeloupe, avait bénéficié du même type d’écoutes en 2007, sans que ça ne provoque, sinon chez ses confrères locaux, une levée de boucliers. Nul n’entendit, Frédéric Lefebvre, Devedjan ou Goasguen s’élever contre une transparence qui ne peut être que totalitaire. Pas plus les ténors des prétoires style Dupont-Moretti, Themine, Leclerc et les autres. D’un coup d’un seul les voilà tous debout contre des mesures juridiques qui ne datent pas des lendemains du 8 mai 2012** et dont ils feignent de découvrir toute la nocivité liberticide. Pharisiens !

 

Profite encore à Sarkozy. Tout bêtement d’abord en l’avertissant que sa ruse était vraiment en TOC, et donc en stoppant les écoutes. Et en lui permettant de rejouer un de ses numéros favoris, celui de la victime. Et on voit l’artiste. Contrairement à un Copé aussi crédible qu’un maquignon de la belle époque quand il crie à la chasse à l’homme, Sarko l’a joué sobre, il a laissé dire. Les grandes douleurs sont silencieuses.

 

Si l’on ajoute que Taubira-Ayrault se sont pris les pieds dans le tapis - au lieu de se contenter de bétonner en répétant qu’eux, contrairement à Sarkozy, ne reçoivent pas en temps réel les PV d’auditions policières – on assiste à un apparent retournement de situation.

 

Sauf que là encore Copé-la-triche en fait des tonnes sur l’air de elle a menti, elle doit démissionner. La buse de Meaux se prenant pour l’aigle de Meaux et jouant les moralistes apporte un sérieux soulagement aux socialistes. Et nuit à la tactique, pour une fois plus subtile, de Sarkozy. On notera, qu’à part son homme-lige, Jacob, aucun ténor UMP n’a trop entonné l’antienne de Copé. Ni le Lao-Tseu du Poitou, encore moins les autres ex-premiers ministres, Fillon et Juppé. L’ineffable Devedjan, tout en demi-sourire, invité de la Nouvelle édition (C+ 12/03/14), conclut : « Nous ne sommes pas irréprochables sur tout non plus », démontrant un art de la litote.

S’il en est un qui doit se réjouir, en tout cas, c’est bien Charles Pasqua : ses conseils ont été appliqués assez grossièrement par ses disciples. Mais, le pouvoir en place est tombé à pieds joints dans le piège évident de l’affaire dans l’affaire.  Et de malentendus en éclaircissements confus, on a atteint à la vitesse grand V, le stade où plus personne ne comprend quelque chose.

 

* "Les policiers ont intercepté entre le 28 janvier et le 11 février 2014, des conversations téléphoniques entre Monsieur Nicolas Sarkozy utilisant une ligne téléphonique souscrite sous un nom d'emprunt (Paul Bismuth) et M. Thierry Herzog, avocat se servant d'une ligne téléphonique souscrite le même jour et au même endroit que la première. (...) révélé, d'une part, que Monsieur Thierry Herzog aurait pu être renseigné de (…) tant sur la surveillance des téléphones de Nicolas Sarkozy que sur la (...) d'une perquisition dans le cadre de l'information en cours et, d'autre part, (...) est entré en relation, à de nombreuses reprises, avec un magistrat du parquet général de la Cour de cassation". On peut lire aussi : "Ces communications mettent également en évidence que ce magistrat aurait fait part à Thierry Herzog de son souhait d'être nommé conseiller au tour extérieur au Conseil d'Etat de Monaco et que Nicolas Sarkozy aurait assuré qu'il l'aiderait dans ce projet«avec ce que tu fais» (selon Thierry Herzog)." Extraits de la lettre de la procureure nationale financière, Eliane Houlette Le Monde

 

** Imaginez une seconde que la gauche, en l’occurrence Mme Taubira, Garde des Sceaux, ait eu l’idée saugrenue de refondre les dispositions juridiques sur ces interceptions judiciaires –sanctuarisation totale des avocats, par exemple – on vous laisse deviner les attaques immédiates des Luca, Estrosi, Morano, Fenech et les autres sur la gauche laxiste…

 

PS Dernière image empruntée à Géhém

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 20:38
Christine Taubira sous les feux de la droite rance

Une niaise et éphémère candidate F-Haine qui affiche sur son mur fessebouque un montage odieux, un curé ensoutané qui scande un slogan raciste, enfin une gamine de 12 ans qui, sous les yeux complices des parents, agite une peau de banane « pour la guenon » : Christiane Taubira, en quelques jours de fin octobre, a subi les attaques odieuses d’une droite rance. Et sans que ça soulève les réactions que l’on était en droit d’attendre.

 

PS 06/11/2013 : en annexe l'entretien d'Harry Roselmack au "Grand Journal" à propos de son "opinion" dans Le Monde "La France raciste est de retour"

Il y a d’abord eu une candidate FN qui, sans vergogne, sans aucune conscience de l’énormité de ce qu’elle affichait sur fessebouque, se justifiait tranquillement avec des propos d’un racisme puant. "Elle arrive comme ça, franchement c'est une sauvage, quand on lui parle de quelque chose de grave à la télé elle vous fait un sourire, mais faut voir, un sourire du diable". Pas raciste le montage photo assimilant Taubira à un singe ?  "Non ça n'a rien à voir, un singe ça reste un animal, un Noir c'est un être humain, j'ai des amis qui sont noirs (...) C'est une sauvage. A la limite je préfère la voir dans les arbres après les branches, que la voir au gouvernement". Et derrière la bêtise crasse perçait bien la thématique frontiste d’une ministre complice des assassins. Le F-Haine a dû s’en séparer : trop caricaturale, elle disait tout haut ce qui ne doit que se penser très fort.

L'abbé Beauvais et Alain Escada CIVITAS

 

Puis, une manif de Civitas, le 20 octobre, pardon une « marche contre l’anti-christianisme ». Le « Petit Journal », honni de ces fanatiques « engagés dans l’instauration de la Royauté sociale du Christ sur les nations et les peuples en général, sur la France et les Français en particulier », avant de se heurter au mutisme ordonné par leur chef de file, avait pu recueillir d’un des participants les raisons de sa présence "C'est par rapport à un respect de certaines valeurs, Il y a un grand respect pour tout le monde et c'est un message de tolérance aussi". De fait, un ensoutané à gueule de beauf et voix de stentor , après une attaque infantile dudit Petit journal, après avoir appelé Pierre Bergé au repentir, s’est mis à scander "Y'a bon Banania, y'a pas bon Taubira". Avec le sourire niais et complice du belge Alain Escada, ancien du Front nouveau de Belgique qui dirige ce groupuscule fondé par le vichyste Jean Ousset.

Christiane Taubira à Angers

Christiane Taubira à Angers

Ensuite, le 25 octobre, dans notre bon ville d’Angers, ce sont de très bons paroissiens anti mariage pour tous qui, accompagnés de leurs gosses, ont accueilli à leur façon la Garde des Sceaux venue parler d’une Justice plus accessible aux citoyens.

« Bruyants. Très bruyants, nous dit Angersmag, au point de couvrir les échanges entre la ministre et les avocats angevins venus eux-aussi lui faire part de quelques revendications. Énervants aussi quand, au milieu des "Taubira, casse-toi" ou "Taubira, démission", le groupe se met à scander "dictature socialiste" ». Slogan grotesque certes, mais du classique de droite.

« Taubira casse-toi, Taubira dégage, Taubira tu sens mauvais, tes jours sont comptés. Nous sommes le peuple (100 personnes), on ne veut plus de ta loi. Non à la dictature socialiste ». Du coup, ce sont les gniards de 10-12 ans, sans vraiment comprendre la portée de leurs mots, qui hurlaient ces infamies dans des mégaphones presque aussi gros qu’eux, sous le regard amusé de parents fiers de leurs progénitures.

Pire encore, une gamine de 12 ans brandissait une peau de banane à l’attention de la ministre en criant : « une banane pour la guenon ». La boucle était bouclée avec la candidate F-Haine.

(F-Haine qui ose d’ailleurs dire vouloir poursuivre la ministre de la Justice pour avoir dénoncé sa «pensée mortifère et meurtrière»).

François Morel

Inutile de dire que la droite UMPiste ou centriste s’est bien gardée de condamner ces attaques racistes.

Il est vrai que Copé avait osé dire, au lendemain de la nomination de Christiane Taubira à la Justice «Quand on vote FN, on a la gauche qui passe» et «on a Taubira» ! Et qu’un Lionnel Luca avait lui relayé un double mensonge en affirmant que la ministre aurait affirmé, en référence à un prétendu acte commis le soir de la victoire de F. Hollande, que brûler un drapeau français n’était pas un acte répréhensible. Or la ministre n’avait pas fait cette déclaration et aucun drapeau tricolore n’avait été brûlé le soir du 6 mai !

Faut-il dire aussi que nos prélats se sont bien gardés de condamner les parents des petits drôles qui bramaient des infamies qu’avaient dû leur souffler leurs géniteurs ? Pas plus que les très chrétiens Hutin, père et fille d’Ouest-France, plus prompts à soutenir, en termes patelins, les anti mariage homo qu’à condamner leurs dérapages racistes, même du bout des lèvres.

 

Christiane Taubira, avec sa combativité qu’on aimerait voir partagée par beaucoup de ses collègues ministres, ne se laissera pas entamer par ces saloperies. Mais, comme elle l’a dit c’est très inquiétant « pour la société, pour les personnes qui sont vulnérables, qui risquent, elles, d’être exposées à ces comportements et parfois à des passages à l’acte en terme d’agressions ».

Serais-je accusé d’atteindre le fameux point Godwin si je rappelle que, dans un pays de la communauté européenne, des crimes racistes, totalement impunis, ont été perpétrés par un parti d’extrême-droite ? Ici, la droite prétendument républicaine fait preuve d’un silence assourdissant propice à tous les dérapages. Y compris dans ses rangs !

 

 

P.S. "Angersmag" a été mis au défi par le F-haine de prouver que son témoignage sur les gniards angevins braillant des saloperies racistes sous le regard bienveillant de leurs géniteurs était avéré. Bien que leur témoignage a été conforté par celui d'un journaliste du Courrier de l'Ouest, AngersMag a cependant tenu à démontrer sa bonne foi avec cette vidéo :

Christine Taubira sous les feux de la droite rance

COMMUNIQUE de PRESSE                                                 le 3 Novembre 2013

 

«  Le premier qui dit la vérité…. ».

 

 Les journalistes d’ANGERS MAG avaient bien dit la Vérité. Des insultes et des slogans racistes ont bien été proférés à l’encontre de Madame TAUBIRA le 25 octobre dernier à ANGERS par les adeptes de la  Manif pour tous.

 

    L’outrage innaceptable à l’image et à la fonction de Madame TAUBIRA révèle qu’après l’homophobie, le racisme et la xénophobie constituent les fondements de ce mouvement où se rejoignent intégristes catholiques,militants d’extrême droite et parfois hélas des éléments de la droite républicaine.

 

  L’intolérable et l’ignominie ne doivent pas devenir la règle dans notre pays, ni les populismes son terreau où fleuriront des fleurs mortifères pour notre société. Le courage de quelques journalistes ne doit pas masquer le silence des institutions et autres autorités morales

 

 Ce qui s’est passé à  ANGERS le 25 octobre dernier est grave et contribue à défigurer la République, le modèle sociétal proposé  à des enfants par les responsables  de la Manif pour tous mérite d’être sanctionné c’est pourquoi La LIGUE des DROITS de l’HOMME portera plainte.

 

 

 

                                                                                           Pour la LDH 49

                                                                                 Michel CARTRON

 

A noter le soutien du Prix Renaudot, Yann Moix

Signez l'appel : « France, ressaisis-toi !» et de le diffuser très largement autours de vous et avec tous les moyens de communication à votre disposition.
 « C'est pour qui la banane ? C'est pour la guenon ». C'est par ces mots qu'une fillette de 12 ans a brandi il y a quelques jours à Angers une peau de banane à l'endroit de Christiane Taubira. Après la comparaison simiesque dont notre Ministre de la Justice fut la cible quelques jours plus tôt par une candidate du Front national, ce sont des mots qui ne peuvent être tenus pour des « dérapages » comme la presse les qualifie avec une pudeur de violette. Ils sont tout au contraire le signe qu'une gangrène purulente est en train, sous nos yeux, d'infecter le pacte républicain. Le mal semble tellement avancé que ce sont donc des parents qui, le temps d'une manifestation, montrent avec fierté à quel point leur fille a été élevée dans la haine.
Christian Taubira est une femme politique ses positions et son action sont critiquables notre soutien n'est donc pas là pour empêcher le débat démocratique. Mais  nous, citoyens engages, défendant le progrès de la société dans laquelle nous vivons ne pouvons pas accepter qu'elle soit attaquée sur sa couleur de peau ni sur son sexe………
Nous soutenons et vous demandons de soutenir cet appel de plusieurs personnalités. Pour marquer notre refus d'une société qui se replie sur elle-même, et  la normalisation de la parole raciste !
Signons et diffusons massivement l'appel : " France, ressaisis-toi »

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 10:39

Les titres auxquels vous avez échappé :

 

Style western-spaghettis :

Le cynique, la brute et le F-Haine

 

Style moralisateur :

Les petits esprits se rencontrent

 

Style marxiste belle époque :

Copé-Mélenchon alliés objectifs...

 

Quand Copé mélenchonne...
Quand Copé mélenchonne...
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 11:55

christiane-taubira-600x360 

Echange avec Philippe Gosselin, député UMP de la Manche

 

Est français l'enfant, légitime ou naturel, dont l'un des parents au moins est français. (art. 18 du Code civil)

 

Le 30 janv. 2013 à 22:50, Jean-François Launay <jf.launay> a écrit :

Monsieur le député,

 

Je vous ai entendu sur une chaîne télé dénoncer une circulaire de Mme Taubira, Garde des sceaux, ayant pour but d’unifier les réponses des tribunaux quant à l’attribution de la nationalité française aux enfants issus d’une Gestation pour autrui. Vos protestations indignées – invoquant l’illégalité au regard de la législation française vous jugez que cette attribution constituerait une reconnaissance de fait de la GPA – peuvent amener à poser une question simple : que fait-on de ces enfants nés de la GPA ? fabriquera-t-on, par dogmatisme, des “apatrides” ?

 

Dans un cas concret qui m’est assez proche – mais ici les liens de parenté n’ont pas d’importance – un jeune homme et son compagnon ont décidé de faire un enfant grâce à une mère porteuse états-unienne (il ne s’agit pas contrairement à ce que vous et l’UMP clamez de la manifestation d’un “droit à l’enfant” mais de l’expression d’un “désir d’enfant”). L’un des deux est le père “biologique” – artificiellement certes, mais indéniablement un de ses spermatozoïdes a été féconder un ovule anonyme, si j’ai bien compris, et l’embryon a été implanté dans le ventre de la mère porteuse – mère porteuse qui a confié, comme convenu, l’enfant à ses “pères”. Si cette action est illégale en droit français, il vous est peut-être possible d’admettre que le père biologique reconnaisse son enfant. Il peut même dire, sans mentir, qu’il a été abandonné par une mère qui n’est même pas biologique, la donneuse de gamètes étant anonyme.  

Donc cette mignonne petite fille – en l’occurrence – née d’un père français et d’une mère inconnue, ne serait pas française, pour vous ? Et, tests de paternité à l’appui, son père ne serait pas son père ?

 

Certes, ce recours à une mère porteuse est illégal, mais pratiquement quelle sanction préconisez-vous qui ne frappe pas l’enfant ? ou, comme dans un passé pas si lointain où le “batard” et les “filles mères” étaient mis au ban de la société, faut-il stigmatiser cet enfant, voire le charteriser comme immigré clandestin ?

 

En tout cas je vous conseille de vous raser électriquement, vous risqueriez de vous blesser avec un rasoir mécanique, en vous regardant dans la glace. 

Je vous prie de croire, M. le Député, en l’expression des plus vifs sentiments que vous m’inspirez,

 

J. F. Launay 

Principal honoraire 

 

From: Gosselin  

Sent: Thursday, January 31, 2013 9:34 AM

To: Jean-François Launay

Cc: Ph Gosselin

Subject: Re: Enfants de la GPA : on les noie ?

 

Gosselin

Bonjour

 

Je comprends votre réaction parce que c est souvent celle la : ne pas pénaliser les enfants ! C est humain et piégeant à la fois !

 

En gros : des couples vont , délibérément et ils le savent parfaitement , à l étranger se mettre hors la loi et , selon la théorie du fait accompli , le droit devrait ensuite couvrir leurs actes ! Facile , non ?!

 

Les enfants ne sont pas apatrides : ils peuvent parfaitement avoir une nationalité : celle de leur mère biologique !

 

Cet espèce de chantage aux enfants me laisse bien songeur . Quelle est cette société ou la location d un ventre serait possible et semble ne même plus choquer certains ? Quelle société qui. , ainsi , permettrait le contrat sur un enfant à naître ? C est une marchandise ? Quel est ce droit à l enfant ?!À l enfant à tout prix tt à tous prix !!!

 

Permettre la reconnaissance comme le fait la circulaire donne un signal : allez ailleurs , c est illégal chez nous , cachez cette GPA que je ne saurais voir , mais quand vous revenez , on vous légalise ! Cela conduit au tourisme reproductif !!

 

Alors , non et , définitivement non !!!

 

Avec tous mes regrets , mais trop facile de vouloir légiférer uniquement avec de l empathie . Il en faut , mais le droit ne saurait se réduire à cela . Pour notre dignité collective .

 

Bien cordialement

Philippe Gosselin , député de la Manche
Envoyé de mon iPhone

 

 

From: Jean-François Launay  

Sent: Thursday, January 31, 2013 10:18 AM

To: Gosselin

Subject: Re Re: Enfants de la GPA : on les noie ?

 

Monsieur le Député, 

Je me permets de vous conseiller de lire Ouest-France de ce jour, Ouest-France que, vu les positions de son patron, on ne soupçonnera pas de complaisance coupable pour le diabolique "mariage pour tous" (http://deblog-notes.over-blog.com/article-j-appelle-cela-la-charia-114318062.html ).

 

Il met les choses au point concernant la circulaire Taubira : "Elle rappelle la loi" : un enfant né à l'étranger d'un parent français a la nationalité française. Il ne s'agit donc pas d'attribuer la nationalité française, mais de l'attester. La circulaire se contente donc de rappeler à des procureurs ou greffiers que cette attestation est de droit. En effet, certains, soupçonnant une GPA, la refusaient, en violation de la LOI qu'ils sont censés servir*.

 

Il s’agit non pas du “droit à l’enfant” mais bien du droit de l’enfant à sa nationalité. Si GPA illégale il y a, pourriez-vous convenir que celui qu’il faut sanctionner est le parent biologique ? Même chose d’ailleurs pour la PMA puisque son usage est très encadré et réservé aux couples hétérosexuels. Le recours à la GPA et à la PMA ne date pas du 6 mai 2012 : quelles actions ont été menées par les gardes des sceaux des gouvernements Fillon ?

 

Et cette circulaire n’est absolument pas – et vous le savez comme Copé, Wauquez et les autres – une ouverture vers la légalisation de la GPA, mais un rappel indispensable, hélas, à l’application de la loi.

 

Je ne sais si cette orchestration cynique d’un mensonge délibéré – il suffit comme nous y invite Ouest-France de lire le texte – est comme on dit de “bonne guerre”. De mon humble point de vue, elle est indigne.

 

J. F. Launay 

Principal honoraire 

 

PS Si j’en crois le Huffington Post, cette fausse indignation relève bien d’une mise en scène du plus mauvais aloi : "Fausse surprise. La 'circulaire GPA' de Christiane Taubira est connue depuis deux semaines au moins (…) Christiane Taubira a bel et bien présenté cette circulaire devant la Commission des lois de l'Assemblée le 16 janvier. Une information qui n'a pas pu échapper à l'UMP : le procès-verbal de la Commission recense en effet 38 députés de ce parti présents ce jour-là." 



 

* Habitude bien française, chez certains qui ayant une parcelle d'autorité en abuse, que d'interpréter arbitrairement des textes clairs et dont certains, nés à l'étranger, ont eu à souffir pour renouveler un passeport : http://deblog-notes.over-blog.com/article-besson-pourrait-t-il-faire-renouveler-son-passeport--42780182.html (Note non envoyée à M. Gosselin)

 

 

Je note d’abord que M. Gosselin a l’obligeance de répondre aux courriels qu’on lui envoie, ce qui est tout à son honneur et je l’en remercie.

 

J’en profite pour déplorer la pusillanimité de certains députés PS, geignant sur la non opportunité de la circulaire, alors qu’ils ne pouvaient ignorer ce que révèle l’Huffinton Post, et bien sûr le panurgisme de la plupart des médias qui ont embrayé sur cette non opportunité...

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