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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 11:12
BURKINI la course à l'interdit !

Manuel Valls n’a rien trouvé de mieux, histoire d’animer sans doute l’actualité politique estivale, que d’apporter son soutien aux Maires anti-burkini et de juger cette tenue, incommode et ridicule certes, contraire, cramponnons-nous, aux valeurs de la France, aux valeurs de la République ! Garde à vous ! colonne par deux ! pas cadencé ! et chant patriotique ! C’est à ces hautes et brûlantes préoccupations qu’on juge l’homme d’état que se croit être notre premier ministre !

BURKINI la course à l'interdit !
BURKINI la course à l'interdit !
BURKINI la course à l'interdit !

Voilà les trois maires ripoublicains soutenus par Manuel Valls !

Avec un sens de l’amalgame à la hauteur de l’indécence dont ont fait preuve ses compagnons ripoublicains après l’attentat de Nice, le Maire de Cannes ose rapprocher cette tenue de plage assez grotesque des attaques terroristes contre « la France et les lieux de culte religieux » (pluriel assez singulier puisque un seul attentat terroriste a eu lieu dans un lieu de culte). Et son arrêté d'interdire "l'accès aux plages et à la baignade (...) à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité". Ces « bonnes mœurs » ont un côté cagot des plus plaisants et on peut comprendre que le monokini ou le string de bain qui, pourtant réjouissent l’œil de l’esthète, vont être pourchassés par les pandores ou les gardes pas champêtres mais plagistes. En revanche, on peut se demander quelle tenue de bain est conforme à la laïcité ?

BURKINI la course à l'interdit !
BURKINI la course à l'interdit !

Une course sans fin à l’interdit

Ce burkini manifesterait « de manière ostentatoire une appartenance religieuse ». Certains même, qui s’y connaissent en Islam comme moi en physique quantique, y voient une tenue, salafiste, wahhabite, pour tout dire islamiste. Et même, ajoute un Thierry Migoule, Directeur général des services de la ville de Cannes, "une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre" !

En fait, cette tenue est surtout grotesque et se veut provocatrice. Et ce n’est pas faire preuve d’une intelligence politique très futée que de tomber à pieds joints dans cette assez puérile provocation. Et de se lancer dans une course infinie à l’interdit. On l’a déjà vu avec les jupes ou robes longues.

Mais tôt ou tard les barbes trop fournies seront aussi considérées comme manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse voire à une allégeance à des mouvements terroristes !

BURKINI la course à l'interdit !

D’autant que comme le rappelle justement C. Fourest, cette histoire d’ostentatoire est hors sujet : la plage n’est pas une salle de classe et les burkineuses ne sont pas des élèves. Et chacun est libre de manifester son appartenance religieuse, sur l’espace public ! Ainsi le soir du 15 août, quelques dizaines de bigot-te-s ont parcouru les rues de notre évêché crotté, dans une sorte de retraite aux flambeaux, en chantant d’archaïques cantiques, derrière des prêtres ensoutanés (peut-être même notre très réac évêque).

Inutile de dire – quoique… - que l’esthète que je suis préfère de loin d’autres spectacles sur les plages, pour le plaisir des yeux. Mais prôner de tels plaisirs n’est-ce pas risquer d’attirer les foudres des intégristes… féministes ?

BURKINI la course à l'interdit !
BURKINI la course à l'interdit !

Nadine Morano organise aujourd’hui une assemblée populaire pour l’interdiction du burkini à Béziers, une ville déjà ralliée à sa cause puisqu’elle est très à droite et dirigée par le sympathisant FN Robert Ménard.

La candidate à la primaire des Républicains a également abordé un sujet qui l’est trop peu selon elle : le burkini masculin, qui s’impose de plus en plus dans nos mers.

 

Extraits de sa déclaration:

"De nombreux musulmans portent ces tenues et s’en servent pour nager en profondeur et on ne sait pas si ce sont des hommes ou des femmes dessous. En plus, ils pourraient se servir de leurs burkinis masculins pour nager sous la France et poser des bombes sous le territoire de l’Hexagone. Et la France ne possédant pas de système de surveillance sous-marin, comment identifier ces radicalisés dont on ne voit pas le visage ?"

 

Pour les femmes qui le portent, le burkini est un compromis entre la modernité et la foi

Les arguments utilisés par les antisémites dans les années 1920 sont aujourd’hui repris à propos de l'islam : incompatibilité culturelle et une loyauté plus grande accordée à la religion qu'à la nation.

 

Le groupe Etat islamique ou les talibans n’autoriseraient jamais le burkini. Au contraire, cette tenue est l’exemple même de la gentrification de la pratique religieuse musulmane dans l'espace occidental. Ce maillot de bain couvrant est symboliquement lié l’ascension sociale de certaines musulmanes. Le porter représente une tentative, pour des femmes, plutôt jeunes, de poser un signe religieux sur une pratique moderne, c'est-à-dire la baignade en famille.

 

Les débats sur le port du burkini et de la burka, par exemple, doivent être distingués, car le burkini est une invention récente [créé en 2003 en Australie], qui fait sauter les fondamentalistes au plafond. Pour ces derniers, une femme n’a pas à se promener sur la plage, et encore moins se baigner ! Donc le burkini est, au contraire, une tenue moderne, qui n'a rien de traditionnel ou de fondamentaliste.

 

De plus, l’acceptation de signes religieux, comme le burkini, dans l’espace public, est la meilleure manière de saper l’influence des fondamentalistes. Plus on éloigne la pratique religieuse de l’espace public, plus on laisse le champ libre aux extrémismes religieux. Il faut donc, au contraire, laisser aux individus une certaine forme de liberté dans l'expression de leur religiosité.

 

Nous n’avons aucune preuve qu’une longue pratique religieuse pousse au jihadisme. Selon moi, c’est même exactement le contraire. Tous les terroristes, que ce soit les frères Kouachi, Amedy Coulibaly, ou encore Adel Kermiche, sont ce que l’on appelle des "born again", des personnes qui font un soudain retour au religieux, dans une perspective de radicalisation.

 

On peut, bien entendu, se poser de nombreuses questions théologiques sur l’islam. Mais le port du foulard à l'université, du burkini, ou le débat sur la viande halal ne sont pas des problématiques propres à l'islam. Elles sont liées à l'évolution de l'acceptation des signes religieux en France, au même titre que la soutane, la kipa ou la viande casher.

 

La conception de la laïcité française a considérablement évolué depuis la loi de 1905, sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Cette législation ne dit rien sur les religions. Il n'y a donc pas lieu d'interdire le voile à l'université ou le burkini. Dans son essence, la laïcité ne devait pas chasser le religieux de l’espace public, mais seulement organiser la gestion des lieux de culte. Mais la laïcité est devenue une idéologie politique, qui sert à exclure la religion vers l'espace privé. Il y a désormais une "morale laïque".

 

Olivier ROY Extraits

 

Reçu par courriel d’un membre éminent de l’AAA, un texte de Fawzia Zouari, écrivaine et journaliste tunisienne, docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne, paru dans « Jeune Afrique », avec la photo d’interdiction de burkini à l’entrée du parc aquatique Oasiria de Marrakech.

BURKINI la course à l'interdit !

Or le Maroc n’interdit pas le burkini – au demeurant rare – sur les plages. Pour justifier l’interdiction dans des piscines sont invoquées les raisons d’hygiène, qui ne jouent guère pour des bains de mer. Cet interdit serait-il général – ce qui n’est pas le cas – qu’il ne justifierait pas le nôtre, en raison même de la laïcité dont les bases restent la Loi de 1905, une loi libérale (au sens politique du mot) qui se refusait à faire la police de l’habillement ou d’interdire les manifestations publiques des cultes.

« Il y a des jours où je regrette d’être née arabe. »

Les jours où je me réveille devant le spectacle de gueules hirsutes prêtes à massacrer au nom d’Allah et où je m’endors avec le bruit des explosions diffusées sur fond de versets coraniques.
Les jours où je regarde les cadavres joncher les rues de Bagdad ou de Beyrouth par la faute des kamikazes; où des cheikhs manchots et aveugles s’arrogent le droit d’émettre des fatwas parce qu’ils sont pleins comme des outres de haine et de sang; où je vois des petites filles, les unes courir protéger de leur corps leur mère qu’on lapide, et les autres revêtir la robe de mariée à l’âge de 9 ans.
Et puis ces jours où j’entends des mamans chrétiennes confier en sanglotant que leur progéniture convertie à l’islam refuse de les toucher sous prétexte qu’elles sont impures.
Quand j’entends pleurer ce père musulman parce qu’il ne sait pas pourquoi son garçon est allé se faire tuer en Syrie. À l’heure où celui-ci parade dans les faubourgs d’Alep, kalachnikov en bandoulière, en attendant de se repaître d’une gamine venue de la banlieue de Tunis ou de Londres, à qui l’on a fait croire que le viol est un laissez-passer pour le paradis.
Ces jours où je vois les Bill Gates dépenser leur argent pour les petits Africains et les François Pinault pour les artistes de leur continent, tandis que les cheikhs du Golfe dilapident leur fortune dans les casinos et les maisons de charme et qu’il ne vient pas à l’idée des nababs du Maghreb de penser au chômeur qui crève la faim, au poète qui vit en clandestin, à l’artiste qui n’a pas de quoi s’acheter un pinceau.
Et tous ces croyants qui se prennent pour les inventeurs de la poudre alors qu’ils ne savent pas nouer une cravate, et je ne parle pas de leur incapacité à fabriquer une tablette ou une voiture.
Les mêmes qui dénombrent les miracles de la science dans le Coran et sont dénués du plus petit savoir capable de faire reculer les maladies.
Non ! L’Occident, ces prêcheurs pleins d’arrogance le vomissent, bien qu’ils ne puissent se passer de ses portables, de ses médicaments, de ses progrès en tous genres.
Et la cacophonie de ces « révolutions » qui tombent entre des mains obscurantistes comme le fruit de l’arbre.
Ces islamistes qui parlent de démocratie et n’en croient pas un mot, qui clament le respect des femmes et les traitent en esclaves.
Et ces gourdes qui se voilent et se courbent au lieu de flairer le piège, qui revendiquent le statut de co-épouse, de complémentaire, de moins que rien !
 
 Et ces « niqabées » qui, en Europe, prennent un malin plaisir à choquer le bon Gaulois ou le bon Belge comme si c’était une prouesse de sortir en scaphandrier ! Comme si c’était une manière de grandir l’islam que de le présenter dans ses atours les plus rétrogrades.
Ces jours, enfin, où je cherche le salut et ne le trouve nulle part, même pas auprès d’une élite intellectuelle arabe qui sévit sur les antennes et ignore le terrain, qui vitupère le jour et finit dans les bars la nuit, qui parle principes et se vend pour une poignée de dollars, qui fait du bruit et qui ne sert à rien !
Voilà, c’était mon quart d’heure de colère contre les miens... Souhaitons que l'Occident ouvre les yeux....
 
Fawzia Zouari
 
 
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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 18:02
Cette magnifique affiche, après le match aller calamiteux, n'a pas eu toute la diffusion qu'elle méritait.

Cette magnifique affiche, après le match aller calamiteux, n'a pas eu toute la diffusion qu'elle méritait.

Dans le concert de louanges dû à la divine surprise – Rio, bravo ! Samba pour les bleus, etc. – de sages esprits ont su garder heureusement le recul nécessaire et ne pas céder à un enthousiasme suspect, à la hauteur des sarcasmes qui accablaient les traîtres à la patrie l’avant-veille. Nous n’aurons pas la cruauté de rappeler le « coup de sang de Serge Raffy » qui, dans un but peut-être de rédemption, clamait « France - Ukraine : pourquoi la défaite des Bleus est indispensable ».

Encore moins le délire verbal de Pascal Praud qui prétendait que les Français en avaient marre de cette génération « knysna », « ces gens insupportables » !

 

Commençons par le donneur de leçons, Schneidermann qui fustige « ce hooliganisme pépère, consensuel, sûr de l'impunité, de l'actualité footballistique, de l'imaginaire footballistique, sur tous les domaines contigus, la vie sociale, économique, familiale, tout ce qui n'aurait aucune vraie raison d'être ainsi annexé, et subit tout de même la loi de la chaussure à crampon. » « cette condescendance générale autour de la sambaïsation présumée du populo que l'on partage sans la partager tout en la partageant ». Qui veut-il dire exactement dans cette diatribe boursoufflée ? Qui vise-t-il ? En quoi la loi de la chaussure à crampon s’impose-t-elle, ailleurs que dans l’imaginaire schneidermannienn, à la vie sociale et économique (pour la vie familiale, on veut bien, la télé a été souvent monopolisée) ?

L’équipe de France de foute est-elle un concept racialiste ?

On peut deviner dans le « pèpère », le Président de la République qui a pourtant fait preuve de retenue dans son bref commentaire d’après-match. « Les victoires en ce moment on les goûte particulièrement. Surtout quand il y a une ambiance. On dit, cette équipe, elle n'y arrivera pas, elle ne peut pas y arriver. Parce que plein de chose ... elle y est arrivée. Et nous montre un exemple. Il faut y croire » « l'entraîneur, ça compte ».

 

Service minimum et il faut toute la bonne foi habituelle des UMP basheurs pour y voir une honteuse récupération. Ainsi d’un Geoffroy Didier qui touitte : « #Hollande essaie déjà de récupérer la victoire de la France... mais n'est pas Didier Deschamps qui veut! Pour Hollande, c'est carton rouge! ». Il est suivi par le fameux LioNNel Luca « FH pitoyable en pleine récupération sur le dos des bleus qui voudrait tant refaire le coup de Chirac en 1998 pour la coupe du monde... ».

L’équipe de France de foute est-elle un concept racialiste ?

Match truqué ?

 

Mais notre LioNNel ne se contente pas de cette minable mesquinerie, il ajoute : « 1 but hors-jeu, 1 but contre son camp, 1 joueur sorti et voilà comment on sauve les droits Tv de la FFF et les enjeux francophones pour la FIFA.. ». Il insinue donc clairement que le match était truqué.

Noël Le Graët, président de la FFF – il est vrai, un affreux socialo – aurait-il donc acheté l’arbitre ? Voire, tel un Tapie, acheté un joueur pour qu’il marque contre son camp ? Avec la complicité de Blatter qui dirige la FIFA ? Et tout cela, d’abord, au grand profit de TF1 de l’ami Bouygues, ami de Sarkozy s’entend, qui avait mis 130 patates, comme dit Pierre Menez, dans la diffusion des matches de l’équipe de France. Le patelin Nonce Paolini, qui faisait le faraud avant le match, doit quand même être bien soulagé : il est assuré d’engranger de la pub au moins jusqu’aux matches de poules au Brésil.

 

Mais la palme du commentaire revient, sans conteste, à un incertain Eric Domard, conseiller sport du F-haine. Non pas pour ses propos praudiens sur la "rédemption d’une équipe de France dont personne n’a oublié les frasques et le fiasco comportemental lors du dernier rendez-vous en Afrique du sud" avec "le douloureux souvenir de Knysna". Ni même pour avoir – mauvais Français ! – dévalorisé notre triomphe : "Cette victoire, face à une équipe ukrainienne qui n’a participé qu’à une seule phase finale de Coupe du monde dans son histoire n’est ni un exploit, ni une fin en soi." Mais pour ce jugement : « Ce n'est pas le concept racialiste de la France black, blanc, beur, qui a sauvé la France hier soir, c'est un collectif, un état d'âme, une abnégation et l'envie de se surpasser. » C’est beau comme du Finkielkraut ce concept racialiste ! Pour le reste des truismes : de fait il y eut, sur le terrain, enfin une équipe et des joueurs qui en voulaient. Et ça s’est concrétisé par un but de Sakho (black), un but de Benzéma (beur) et un contre son camp d’un ukrainien (blanc).

 

Que Schneidermann se rassure, la chaussure à crampon ne sera pas, comme le sabre de M. Prudhomme, le plus beau jour de la vie de François Hollande, annonce de temps souriant. Les emmerdes  - bonnets rouges plus ou moins bretons, rose bonbon des anti-mariage homo, sans oublier les poids-lourds et bientôt les tracteurs des agrariens encerclant la capitale, etc. – vont encore voler en escadrilles. Même le miracle ukrainien risque de n’être qu’un beau feu d’artifice. Mais au moins il a eu lieu !

 

 

Pour compléter : une analyse du sociologue Stéphane Beaud

et aussi De l’art de retourner sa veste, par Arnaud Tsamère :

"Bon, je préfère être très honnête, cette qualification de l’équipe de France pour le Mondial au Brésil n’arrange pas du tout mes affaires. Moi qui avais en tête d’écrire une chronique bien sentie à l’attention de ces joueurs que l’on aurait définitivement détestés et envoyés au cachot. Ça aurait donné à peu près cela :

"Alors voilà, nous y sommes ! Vous l’avez fait ! Vous avez réussi l’exploit de ne pas qualifier la France à la Coupe du monde au Brésil. Le Brésil, bon sang ! Avec ses… et ses… Je ne sais pas, je n’ai jamais mis un pied au Brésil, mais le Brésil, bon sang ! Capitale mondiale et historique de notre sport préféré ! Et la France sera la seule grande nation de football à rater cela…" Une parodie du Praud attendu en cas de défaite.

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 20:38
Christine Taubira sous les feux de la droite rance

Une niaise et éphémère candidate F-Haine qui affiche sur son mur fessebouque un montage odieux, un curé ensoutané qui scande un slogan raciste, enfin une gamine de 12 ans qui, sous les yeux complices des parents, agite une peau de banane « pour la guenon » : Christiane Taubira, en quelques jours de fin octobre, a subi les attaques odieuses d’une droite rance. Et sans que ça soulève les réactions que l’on était en droit d’attendre.

 

PS 06/11/2013 : en annexe l'entretien d'Harry Roselmack au "Grand Journal" à propos de son "opinion" dans Le Monde "La France raciste est de retour"

Il y a d’abord eu une candidate FN qui, sans vergogne, sans aucune conscience de l’énormité de ce qu’elle affichait sur fessebouque, se justifiait tranquillement avec des propos d’un racisme puant. "Elle arrive comme ça, franchement c'est une sauvage, quand on lui parle de quelque chose de grave à la télé elle vous fait un sourire, mais faut voir, un sourire du diable". Pas raciste le montage photo assimilant Taubira à un singe ?  "Non ça n'a rien à voir, un singe ça reste un animal, un Noir c'est un être humain, j'ai des amis qui sont noirs (...) C'est une sauvage. A la limite je préfère la voir dans les arbres après les branches, que la voir au gouvernement". Et derrière la bêtise crasse perçait bien la thématique frontiste d’une ministre complice des assassins. Le F-Haine a dû s’en séparer : trop caricaturale, elle disait tout haut ce qui ne doit que se penser très fort.

L'abbé Beauvais et Alain Escada CIVITAS

 

Puis, une manif de Civitas, le 20 octobre, pardon une « marche contre l’anti-christianisme ». Le « Petit Journal », honni de ces fanatiques « engagés dans l’instauration de la Royauté sociale du Christ sur les nations et les peuples en général, sur la France et les Français en particulier », avant de se heurter au mutisme ordonné par leur chef de file, avait pu recueillir d’un des participants les raisons de sa présence "C'est par rapport à un respect de certaines valeurs, Il y a un grand respect pour tout le monde et c'est un message de tolérance aussi". De fait, un ensoutané à gueule de beauf et voix de stentor , après une attaque infantile dudit Petit journal, après avoir appelé Pierre Bergé au repentir, s’est mis à scander "Y'a bon Banania, y'a pas bon Taubira". Avec le sourire niais et complice du belge Alain Escada, ancien du Front nouveau de Belgique qui dirige ce groupuscule fondé par le vichyste Jean Ousset.

Christiane Taubira à Angers

Christiane Taubira à Angers

Ensuite, le 25 octobre, dans notre bon ville d’Angers, ce sont de très bons paroissiens anti mariage pour tous qui, accompagnés de leurs gosses, ont accueilli à leur façon la Garde des Sceaux venue parler d’une Justice plus accessible aux citoyens.

« Bruyants. Très bruyants, nous dit Angersmag, au point de couvrir les échanges entre la ministre et les avocats angevins venus eux-aussi lui faire part de quelques revendications. Énervants aussi quand, au milieu des "Taubira, casse-toi" ou "Taubira, démission", le groupe se met à scander "dictature socialiste" ». Slogan grotesque certes, mais du classique de droite.

« Taubira casse-toi, Taubira dégage, Taubira tu sens mauvais, tes jours sont comptés. Nous sommes le peuple (100 personnes), on ne veut plus de ta loi. Non à la dictature socialiste ». Du coup, ce sont les gniards de 10-12 ans, sans vraiment comprendre la portée de leurs mots, qui hurlaient ces infamies dans des mégaphones presque aussi gros qu’eux, sous le regard amusé de parents fiers de leurs progénitures.

Pire encore, une gamine de 12 ans brandissait une peau de banane à l’attention de la ministre en criant : « une banane pour la guenon ». La boucle était bouclée avec la candidate F-Haine.

(F-Haine qui ose d’ailleurs dire vouloir poursuivre la ministre de la Justice pour avoir dénoncé sa «pensée mortifère et meurtrière»).

François Morel

Inutile de dire que la droite UMPiste ou centriste s’est bien gardée de condamner ces attaques racistes.

Il est vrai que Copé avait osé dire, au lendemain de la nomination de Christiane Taubira à la Justice «Quand on vote FN, on a la gauche qui passe» et «on a Taubira» ! Et qu’un Lionnel Luca avait lui relayé un double mensonge en affirmant que la ministre aurait affirmé, en référence à un prétendu acte commis le soir de la victoire de F. Hollande, que brûler un drapeau français n’était pas un acte répréhensible. Or la ministre n’avait pas fait cette déclaration et aucun drapeau tricolore n’avait été brûlé le soir du 6 mai !

Faut-il dire aussi que nos prélats se sont bien gardés de condamner les parents des petits drôles qui bramaient des infamies qu’avaient dû leur souffler leurs géniteurs ? Pas plus que les très chrétiens Hutin, père et fille d’Ouest-France, plus prompts à soutenir, en termes patelins, les anti mariage homo qu’à condamner leurs dérapages racistes, même du bout des lèvres.

 

Christiane Taubira, avec sa combativité qu’on aimerait voir partagée par beaucoup de ses collègues ministres, ne se laissera pas entamer par ces saloperies. Mais, comme elle l’a dit c’est très inquiétant « pour la société, pour les personnes qui sont vulnérables, qui risquent, elles, d’être exposées à ces comportements et parfois à des passages à l’acte en terme d’agressions ».

Serais-je accusé d’atteindre le fameux point Godwin si je rappelle que, dans un pays de la communauté européenne, des crimes racistes, totalement impunis, ont été perpétrés par un parti d’extrême-droite ? Ici, la droite prétendument républicaine fait preuve d’un silence assourdissant propice à tous les dérapages. Y compris dans ses rangs !

 

 

P.S. "Angersmag" a été mis au défi par le F-haine de prouver que son témoignage sur les gniards angevins braillant des saloperies racistes sous le regard bienveillant de leurs géniteurs était avéré. Bien que leur témoignage a été conforté par celui d'un journaliste du Courrier de l'Ouest, AngersMag a cependant tenu à démontrer sa bonne foi avec cette vidéo :

Christine Taubira sous les feux de la droite rance

COMMUNIQUE de PRESSE                                                 le 3 Novembre 2013

 

«  Le premier qui dit la vérité…. ».

 

 Les journalistes d’ANGERS MAG avaient bien dit la Vérité. Des insultes et des slogans racistes ont bien été proférés à l’encontre de Madame TAUBIRA le 25 octobre dernier à ANGERS par les adeptes de la  Manif pour tous.

 

    L’outrage innaceptable à l’image et à la fonction de Madame TAUBIRA révèle qu’après l’homophobie, le racisme et la xénophobie constituent les fondements de ce mouvement où se rejoignent intégristes catholiques,militants d’extrême droite et parfois hélas des éléments de la droite républicaine.

 

  L’intolérable et l’ignominie ne doivent pas devenir la règle dans notre pays, ni les populismes son terreau où fleuriront des fleurs mortifères pour notre société. Le courage de quelques journalistes ne doit pas masquer le silence des institutions et autres autorités morales

 

 Ce qui s’est passé à  ANGERS le 25 octobre dernier est grave et contribue à défigurer la République, le modèle sociétal proposé  à des enfants par les responsables  de la Manif pour tous mérite d’être sanctionné c’est pourquoi La LIGUE des DROITS de l’HOMME portera plainte.

 

 

 

                                                                                           Pour la LDH 49

                                                                                 Michel CARTRON

 

A noter le soutien du Prix Renaudot, Yann Moix

Signez l'appel : « France, ressaisis-toi !» et de le diffuser très largement autours de vous et avec tous les moyens de communication à votre disposition.
 « C'est pour qui la banane ? C'est pour la guenon ». C'est par ces mots qu'une fillette de 12 ans a brandi il y a quelques jours à Angers une peau de banane à l'endroit de Christiane Taubira. Après la comparaison simiesque dont notre Ministre de la Justice fut la cible quelques jours plus tôt par une candidate du Front national, ce sont des mots qui ne peuvent être tenus pour des « dérapages » comme la presse les qualifie avec une pudeur de violette. Ils sont tout au contraire le signe qu'une gangrène purulente est en train, sous nos yeux, d'infecter le pacte républicain. Le mal semble tellement avancé que ce sont donc des parents qui, le temps d'une manifestation, montrent avec fierté à quel point leur fille a été élevée dans la haine.
Christian Taubira est une femme politique ses positions et son action sont critiquables notre soutien n'est donc pas là pour empêcher le débat démocratique. Mais  nous, citoyens engages, défendant le progrès de la société dans laquelle nous vivons ne pouvons pas accepter qu'elle soit attaquée sur sa couleur de peau ni sur son sexe………
Nous soutenons et vous demandons de soutenir cet appel de plusieurs personnalités. Pour marquer notre refus d'une société qui se replie sur elle-même, et  la normalisation de la parole raciste !
Signons et diffusons massivement l'appel : " France, ressaisis-toi »

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 07:21

12 lionnel-lucaRappelez-vous, au début de l’été, la cathosphère, mitres en tête, partait à l’assaut de la diabolique théorie du genre (gender studies). Mauvais genre qui se pointait dans les manuels de SVT de 1ère L et ES.

 «À l'Assemblée, on sait qu'il y a les lobbys religieux qui agissent» dit Olivier Dussopt, député PS.

 

On l’a constaté, la droite populiste UMP, appuyée par les deux députés villiéristes, a relayé les évêques pour crosser le programme de SVT et les manuels sulfureux.

12 cope Copé, pour qui tout ce qui fait clivage est pain bénit, a repris à son compte la controverse : « Ce qui est profondément choquant dans cette affaire, c'est que la théorie du genre, qui est une théorie défendue par des personnes mais combattue par d'autres, soit présentée comme une vérité scientifique alors que ça ne l'est pas », a affirmé Jean-François Copé, dont on ne connaissait pas la compétence épistémologique. « C'est comme si on présentait dans les manuels d'économie la théorie marxiste [horresco referens] comme une vérité scientifique», a-t-il ajouté. « Cela justifie que des députés s'en émeuvent et je pense qu'ils ont raison et il serait absolument inacceptable que l'on fasse des procès d'intention d'homophobie ou autres, ce qui n'est absolument pas le cas, à des parlementaires qui s'interrogent »

Et ce n’est pas Lionnel Luca qui le contredira : « Ce qui est grave, c’est que cette théorie, sous couvert de reconnaître différentes identités sexuelles, veut légitimer à terme la pédophilie, voire la zoophilie… »

 

Dans l’outrance et l’ignorance, Luca n’a pas son égal (quoique Vanneste, Myard…).

 

L’insistance sur le mot « théorie » que l’on trouvait déjà dans la cathosphère est a priori étonnante. Copé mettrait-il en doute la théorie de la relativité générale d’Einstein ? Ignorerait-il qu’en mathématiques, en sciences, les théories, c’est-à-dire un ensemble de lois formant un système cohérent et rendant compte d’un ensemble de faits, sont des outils indispensables ? Mais non, nos compères lui donnent un sens péjoratif, qualifiant ainsi ces gender studies de spéculations contestables.

 

Mais, comme le rappelle Erwan Desplanques (Télérama 07/09/11) « Le nouveau cours de SVT ne propose pas non plus de choisir son sexe à la carte. Ni n'encourage l'homosexualité, comme le redoutent quelques associations catholiques. Il distingue juste l'identité biologique (naturelle) de l'identité sexuelle (en partie liée à notre culture) et de l'orientation sexuelle (qui relève de la sphère privée). Il invite enfin à se méfier des « stéréotypes » qui collent à la peau des hommes et des femmes. »

12 PPicq Il ne s’agit donc pas d’affirmer cette totale absurdité qu’il n’y a pas de sexe biologique. Il est déterminé par les fameux chromosomes XX et XY (un pourcentage infime de personnes naissent avec diverses formes d’indéterminations sexuelles). « Par-delà le sexe (biologique), il y a la sexualité, c'est-à-dire la diversité et la plasticité des comportements qui amènent des individus à avoir des relations sexuelles. » écrit Pascal Picq dans Le Monde 04/09/11 :  article assez ambigu, au demeurant, puisqu’il prête « à une partie des sciences humaines » « un antibiologisme » qui lui ferait nier la différenciation sexuelle, alors que ce sont les contempteurs des gender studies qui les accusent de nier cette différenciation.

 

12 CVidal C’est une neurobiologiste, Catherine Vidal, qui nous explique très clairement que pour « les fonctions supérieures du cerveau - les fonctions cognitives comme l’attention, la mémoire, le raisonnement - c'est la diversité cérébrale qui règne indépendamment du sexe. » «  Cette variabilité s’explique par les extraordinaires propriétés de "plasticité" du cerveau, c'est-à-dire sa capacité à se modifier en permanence en fonction de l'apprentissage et l'expérience vécue. A la naissance seuls 10% de nos 100 milliards de neurones sont connectés entre eux. Les 90% des connexions restantes vont se construire progressivement au gré des influences de la famille, de l'éducation, de la culture, de la société. »

Elle ajoute : « A la naissance, le bébé humain ne connaît pas son sexe. Il va certes apprendre très tôt à distinguer le masculin du féminin, mais ce n'est qu'à partir de deux ans qu'il devient capable de s'identifier à un des deux sexes. Or bien avant l'âge de deux ans, il évolue dans un environnement sexué […] Cette influence de l’entourage, qui est ensuite renforcée par l’école et la société, contribue à forger progressivement l’identité sexuée avec les stéréotypes qui y sont associés. »

 

Tout cela, on en conviendra, est trop compliqué pour nos 80 parlementaires qui se croient populaires et même pour Copé. Pensez : distinguer sexe, sexualité, genre ! Retour aux fondamentaux, quand, comme le rappelle Eric Fassin, sur le PACS on entendait éructer « Les pédés au bûcher » (comme jeanne d’Arc ?) ou, style Luca, « Les homosexuels d’aujourd’hui sont les pédophiles de demain ».

 

 

En complément, une tribune "Défendons les études de genre à l'école" Le Monde 16/09/11

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