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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 18:20
Pierre MOLINIER transgenriste ?

"Notre mission sur la Terre est de transformer le monde en immense bordel"

La redécouverte de l’œuvre de ce « facteur Cheval de la jarretelle » risque de faire frémir tous les pourfendeurs de la prétendue « théorie du genre ». Molinier, pour autant qu’elles existaient à son époque, n’a pas dû lire une ligne d’une quelconque gender study. Mais cet adepte du transformisme, masochiste, s’est plu et complu à se photographier en porte-jarretelles, bas et talons aiguilles, parfois ornés d’un éperon-godemiché ! Se définissant comme lesbien, il a su captiver des belles sulfureuses, comme Emmanuelle Arsan ou Hanel Koeck. Et ce provocateur, non content de se faire censurer à titre posthume, par le Maire de Bordeaux, Alain Juppé, qui interdit une expo, avait réussi à choquer, André Breton, le « pape du surréalisme », de son vivant.

Pierre MOLINIER transgenriste ?

Il est né un vendredi saint, de surcroît vendredi 13, en avril de 1900 ! Fils d’un peintre, mais en bâtiment, et d’une couturière, il a été scolarisé chez les « chers frères » des écoles chrétiennes.

Dès 13 ans, il devient apprenti chez son père, tout en suivant des cours du soir à l’école des beaux-arts d’Agen.

Premier épisode sulfureux : sa sœur cadette, Julienne, est victime de la grippe espagnole en 1918 ; il la photographie sur son lit de mort ; et il prétend avoir dénudé ses jambes, couvertes d’une robe de communiante, et avoir joui sur elle lui donnant le meilleur de lui-même.

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?

Installé à son compte, à Bordeaux, comme peintre en bâtiment, il expose ses premières toiles en 1927 puis, en 1928, fonde une société des artistes indépendants bordelais. Sage peinture de paysages, puis une évolution vers le post impressionnisme voire l’abstraction.

 

 

Mais il commence à s’éloigner des sages toiles, quand il annonce avoir reçu la visite d’envoyés du Dalaï-Lama l’incitant à reproduire des mandalas. Puis en 1950, après que sa femme l’a quitté, lasse sans doute du défilé de ses maîtresses, il érige sa « Tombe prématurée » surmontée d'une croix noire portant comme inscription: « Ci-gît Pierre MOLINIER né le 13 avril 1900 mort vers 1950 Ce fut un homme sans moralité il s'en fit gloire et honneur Inutile de P.P.L.[prier pour lui] ».

Le Grand Combat 2 variations

Le Grand Combat 2 variations

Pierre MOLINIER transgenriste ?

Et la rupture publique avec le monde des arts bordelais aura lieu en 1951 quand Le grand combat sera censuré au salon des artistes indépendants bordelais. Il voilera le tableau et clamera : « Allez donc enfanter dans la nuit par le coït honteux, seul permis par la morale publique faite à l'usage des cons! Que me reprochez-vous dans mon œuvre ? D'être moi-même ? Allez donc, vous crevez de conformisme ! Vous êtes des esclaves ! ».

Il broie ses pigments lui-même, mélangeant les poudres à son propre sperme, obtenant des glacis d’une transparence inégalable et se plaisant à dire : "Je mets sur mes tableaux le meilleur de moi-même".

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?

Mais quatre ans plus tard c’est la revanche : André Breton se prend de passion pour ses œuvres magiques !

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?

« Vous êtes aujourd’hui le Maître du Vertige, d’un de ces vertiges que Rimbaud s’était donné à tâche de fixer. Les photographies jointes sont aussi belles que scandaleuses, à l’unisson de tout ce que vous m’avez déjà fait entrevoir de votre oeuvre. J’ai sous les yeux le Château magique que vous m’avez adressé (…) Mais peut-être ai-je été en profondeur assez touché par votre premier envoi pour que s’ouvrît chez moi cette fenêtre bleue qui donne sur l’éperdu ».

André Breton à Pierre Molinier le 13 avril 1955 (le jour même de son anniversaire)

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?

Du coup le voilà sacré surréaliste, exposé dans la galerie de Breton, A l'Etoile scellée, collaborant à la revue Le surréalisme, fréquentant la poète Joyce Mansour et les peintres surréalistes Clovis Trouille et Gérard Lattier.

Sa vie privée ne manque pas de piquant, puisque, après que sa fille Françoise, dont il est amoureux, l’a quitté, qu’il ait acheté un bar louche à une fille naturelle Monique, tapineuse notoire, il a une violente altercation avec sa femme et tire des coups de feu au-dessus de la tête d’un cousin, ce qui lui vaut un mois de prison en 1960, puis une condamnation et un divorce à ses torts !

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?

En 1965, son tableau Oh!... Marie, mère de Dieu (où deux femmes pratiquent une fellation et une sodomie sur un Christ crucifié) est refusé à l'Exposition Internationale du Surréalisme.

Mais il semble qu’André Breton a encore plus été choqué par l’envoi de photo-montages d’auto-fellation.

« Je me baise moi-même, vous êtes au courant. J'ai fabriqué un instrument qui me permet de me faire des pompiers. C'est le seul au monde ! J'ai mis deux ans à l'inventer. Comme les yogis, j'ai passé 18 jours à ne rien manger d'autre que mon sperme. Les yogis appellent ça le circuit. C’est-à-dire que vous avalez, et donc ça vous nourrit. »

Entre temps, en 1964, séduit par son premier livre, il contacte Emmanuelle Arsan, qu’il appellera toujours de son vrai prénom Marayat.

"Emmanuelle Arsan : auteur petit-bourgeois de romans érotico-exotiques (…) Quelque chose en elle fascine Molinier comme tous les surréalistes : une (timide) tentative de féminisation consciente de l’érotisme, et surtout, une indéniable beauté physique."

Jean-Pierre Bouyxou

Pierre MOLINIER transgenriste ?

Molinier reprend des photos de Théo Lesoualc’h que lui transmet Marayat-Emmanuelle et qu’il retravaille et re-photographie. En retour il lui fera cadeau de nombreuses œuvres. Est-ce elle l’héroïne d’une fellation qu’il met en scène et que l’on retrouvera dans le fond Molinier d’Emmanuelle Arsan, l’art du maquillage cher à Molinier ne permet pas de l’affirmer.

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
S'agit-il de Marayat-Emmanuelle ? En tout cas il lui a envoyé ce cliché avec des indications techniques au dos.

S'agit-il de Marayat-Emmanuelle ? En tout cas il lui a envoyé ce cliché avec des indications techniques au dos.

Une autre muse tiendra un grand rôle dans sa vie et son œuvre : Hanel Koeck, une étudiant d’art allemande qu’il a rencontrée en 1967. Elle a 22 ans, lui 67. Seule, ou avec lui et avec des mannequins, Molinier en a fait une icône de l’androgynie juvénile.

Hanel Koeck
Hanel Koeck
Hanel Koeck

Hanel Koeck

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Hanel Koeck avec Pierre Molinier
Hanel Koeck avec Pierre Molinier

Hanel Koeck avec Pierre Molinier

Hanel Koeck a aussi été l’héroïne, comme en écho au blasphématoire à Oh ! Marie… mère de Dieu, d’une performance de l’artiste viennois Herman Nitsch, où elle est aussi crucifiée et sodomisée, dans la 31e action de l’Orgien Mysterien Theater, performance dont elle envoie les photos à Molinier.

Crucifixion d'Hanel Koeck
Crucifixion d'Hanel Koeck
Crucifixion d'Hanel Koeck
Crucifixion d'Hanel Koeck
Crucifixion d'Hanel Koeck
Crucifixion d'Hanel Koeck

Crucifixion d'Hanel Koeck

Tirages argentiques d'époque, d'après des photographies de Ludwig Offenreich qui ont été retouchées à l'encre par Pierre Molinier et rephotographiées.

Pierre Molinier à notamment rajouté les clous et les gouttes de sang à l'encre sur les tirages originaux.

Avec Claire, photographiés par le mari.

Avec Claire, photographiés par le mari.

Claire et Pierre Molinier

Claire et Pierre Molinier

Molinier ne fut jamais à court de modèles et complices féminines. Posant pour lui parfois avec l’accord du mari ou amant. Ainsi de cette Claire que le mari photographie à côté de Molinier, qu’elle dépasse d’une bonne tête, avant qu’il ne se penche pour lui embrasser les cuisses sous la mini jupe.

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Le montage est fait à partir de photos d'un authentique transsexuel.
Le montage est fait à partir de photos d'un authentique transsexuel.
Le montage est fait à partir de photos d'un authentique transsexuel.

Le montage est fait à partir de photos d'un authentique transsexuel.

Outre une Colette, une Marie-Thérèse, on découvre une Xavière Gauthier – dite « Petit vampire » car elle mordait les tétons de l’artiste jusqu’au sang, ce que le masochiste appréciait. Il photographiera aussi des transformistes de son genre, comme Luciano Castelli, et un transsexuel authentique.

Pierre Molinier : double autoportrait, ses jambes, son cul...
Pierre Molinier : double autoportrait, ses jambes, son cul...
Pierre Molinier : double autoportrait, ses jambes, son cul...
Pierre Molinier : double autoportrait, ses jambes, son cul...

Pierre Molinier : double autoportrait, ses jambes, son cul...

Mais le centre de sa création fut avant tout lui-même. Mon cul, mes jambes – il en fit un film – il se met constamment en scène dans ses photo-montages.

Quelques montages
Quelques montages
Quelques montages
Quelques montages

Quelques montages

Technique du photomontage

Rappelons la méthode de l’artiste. Molinier découpe au ciseau les épreuves de ses portraits et de ses autoportraits. Puis avec des jambes, des bras, des têtes, il recompose des corps selon les canons de son esthétique idéale. Une fois le collage terminé, il le photographie, puis démonte l’ensemble pour de nouvelles compositions. Ce qu’on appelle photomontage chez Molinier est donc la photographie d’un collage, voire le contretype de cette photographie du collage original.

Technique de collage

Au début vers 1955, Pierre Molinier colle intégralement toutes les pièces découpées. Il adore le scotch qu’il utilise abondamment au dos des montages-collages. Il se contente bientôt d’un point de colle (pour mieux démonter en vue du réemploi des fragments découpés).

Très vite la méthode combine découpage, emboîtage des membres et colle ou scotch. Vers 1964-1965, pour les montages les plus élaborés, Molinier dispose à plat sur un tapis mousse les fragments découpés puis plaque une vitre maintenue en place par des pinces à dessin métalliques. Il photographie alors l’ensemble à travers la vitre. Puis, après photographie, récupère facilement les « morceaux » en vue d’autres compositions. On comprend que Molinier ait préféré le terme de « montage» à celui de « collage ». On sera ainsi passé du collage intégral des débuts au plaquage sans colle sous  vitre.

D'après le catalogue Drouot

Après l’altercation de 1960, deux experts psychiatriques commis pour l’examiner le décrivent comme de la catégorie du déséquilibré supérieur, puisqu’il exprime, sous une forme artistique, son angoisse et son manque d’harmonie. Pervers polymorphe dira de lui un neurobiologiste.

 

 

 

 

Alors transgenriste avant l'heure ?

Hypomanie, exhibitionnisme, masochisme... l’univers érotique de Molinier est celui d’un transvestite fétichiste, où le travestissement est le fétiche même, pour Claude Esturgie.

Il se veut à la fois femme et homme, femme phallique !

 

 

Il se suicide d'une balle dans la bouche, le 3 mars 1976, vers 19 heures 30.

« Je soussigné et déclare me donner volontairement la mort, et j'emmerde tous les connards qui m'ont fait chier dans toute ma putain de vie. En foi de quoi je signe, P. Molinier. »

Il avait fait don de son corps qui est transféré à l'Institut médico-légal puis à la Faculté de Médecine de Bordeaux. Après dissection, ses restes seront inhumés dans un cimetière bordelais.

Pierre MOLINIER transgenriste ?

Pour compléter ce courriel de PL qui est le fauteur de cet article :

"La Maison européenne de la photographie expose les archives du grand subversif Pierre Molinier avant qu'elles ne soient mises en vente le 14 novembre à Drouot
 
Expo :
 
 
Vente à drouot (catalogue téléchargeable en .pdf)) :
 
 
sinon le rechercher sur ce lien :
 
 
* Cet article doit beaucoup aux commentaires qui accompagnent le catalogue.
 
 
 
Notice du catalogue

Notice du catalogue

 

 

D'un artiste canadien, Bruce Labruce, visiblement inspiré par Molinier, cet hymne aux jambes : Legs

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 20:09
Le PAPE a le genre mauvais !

« Théorie du genre » que de sottises sont dites sur ta prétendue existence. Y compris par le pape parfois mieux inspiré.

Le pontife, peut-être victime de l’ivresse de l’altitude, prend donc pour argent comptant le récit pour le moins controuvé de son « père catholique ».

Déjà, on imagine la scène ! « repas de famille », dialogue :

- Alors fiston, qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?

- Papa, plus tard je veux être une fille !

Et le père de se précipiter sur le cartable du rejeton pour découvrir « les livres »* du collège (en avance le gamin à 10 ans !) qui continuent à enseigner la diabolique « théorie du genre » ! Sauf qu’il n’y a pas plus de théorie du genre que de beurre en branche.

Le PAPE a le genre mauvais !

Les racistes, anti Najat Valaud-Belkacem, sont justes capables de sortir un encadré de 4 lignes d’un manuel de 1ère qui mentionne la transsexualité. Or la transsexualité n’est pas une théorie, mais un fait que le pape, lui-même, reconnaît puisque dans la même conversation il raconte avoir reçu une lettre d’un Espagnol lui disant comment il avait décidé de changer de sexe pour devenir homme. « Il s’est marié, a changé d’état civil et m’a écrit cette lettre pour me dire que ce serait une consolation de venir me voir avec sa femme. Je les ai reçus » !

“Pour le chef de l’Eglise catholique, « avoir des tendances homosexuelles ou changer de sexe est une chose », mais « faire un enseignement dans les écoles sur cette ligne » en est une autre. Il s’agit là d’une volonté de « changer les mentalités », d’une « colonisation idéologique », a estimé le pape, qui avait dénoncé, samedi à Tbilissi, la « théorie du genre » comme l’un des aspects d’une « guerre mondiale pour détruire le mariage »”. Le Monde 03/10/16

Faut-il rappeler au pape François que la tendance à la baisse des mariages et la hausse des divorces n’a pas attendu cette stupide polémique, déclenchée par l’épiscopat français, pour apparaître, de même que la chute de la natalité ? Et que la lutte contre l’homophobie, le combat pour des droits égaux quelles que soient les orientations sexuelles, puissent changer les mentalités est un but des plus honorables. Que finalement, par ses propos sur les homosexuels ou transsexuels, ce pape contribue à atteindre.

Car c’est l’apparent paradoxe : autant, finalement, il est aussi borné que ses prédécesseurs sur le plan doctrinal , autant il reste soumis à la perpétuelle tentation – qui se déploie avec la plus grande indécence en Pologne – du cléricalisme, cette insupportable volonté des religions d’imposer leurs dogmes à l’ensemble de la société, autant, dans le domaine humanitaire, il prend une large partie des cagots à rebrousse-poil. Accueil des réfugiés notamment.

Comme de bien entendu, les ripoublicains, dans leur délire anti-Najat Valaud-Belkacem - leur tête de turc depuis que Christiane Taubira n'est plus là - sont venus crier au crime de lèse pontife, le très bigot Fillon en tête, accompagné des frères de la côte, Ciotti et Estrosi ; puis l'ex-chanoine de Latran est venu en remettre une couche !

Le PAPE a le genre mauvais !
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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 22:17
Bonnet blanc ou blanc bonnet ?

Bonnet blanc ou blanc bonnet ?

Grâce à ou par la faute d’une candidature de pur sectarisme du Front de gauche, dans notre évêché crotté du Bas-Poitou, le 2e tour des départementales va se réduire à un duel entre droite-extrême et extrême-droite. A ma droite donc la doublette Coulon-Charpentier, enfants de Boutin. Quant à la paternité le test ADN n’a pas permis de départager Peltier (« La droite forte »), de Castet (évêque néo-intégriste).

 

Passons sur le 1er tour pour ne pas trop raviver les rancœurs. Juste rappeler quand même, que la Vendée fut le fief du Vicomte de Villiers ; que la gauche est ultra-minoritaire ; qu’à part La Roche-sur-Yon, le Sud Vendée est le seul endroit où une gauche unie ait une infime chance de l’emporter.

Dans ce contexte, deux jeunes candidats, non encartés, mais se réclamant de la gauche, se sont présentés. Tous deux employés du privé. In extremis, le Front de gauche a présenté sa propre doublette, sachant pertinemment qu’elle signait l’absence de la gauche au 2e tour. Résultat, 24% pour les uns, un peu plus de 10% pour les autres. Moins de 12,5% des inscrits pour les mieux placés. Eliminés.

Reste donc, face aux ectoplasmes du F-Haine (au soir du 1er tour, Ouest-France n’avait même pas leurs photos à afficher), le duo Anne-Marie Coulon-Arnaud Charpentier.

Le jeune homme a les dents qui rayent le parquet. Professeur de SVT à Notre-Dame du Roc, mais surtout ‘jeune populaire’ – c’est comme cela que se baptisent les jeunes UMPistes - il a réussi à se faire adouber par le Maire de Luçon, secrétaire départemental de l’UMP. Comme adjoint d’abord, puis comme candidat aux départementales.

Coulon-Charpentier : les enfants de Boutin

Anne-marie Coulon, fonctionnaire, est surtout, en tant que Maire de sa petite commune, signataire de la Charte de la Manif anti mariage pour tous. Notre bigote s’est donc engagée à    « Préserver l'enfant de toute expérimentation basée sur les concepts de Genre, diffusés sous couvert de lutte contre les stéréotypes et pour l'égalité Homme / Femme, en particulier en maternelle, dans les crèches et dans les temps périscolaires à l'école. » Autrement dit, elle adhère aux mensonges d’une Farida Belghoul (qui, il est vrai, ne sont pas loin de ceux des évêques de France, voire du philosophe de comptoir Onfray).

Coulon-Charpentier : les enfants de Boutin

Mais le Maire de Luçon, Pierre-Guy Perrier, qui ne semblait pourtant pas manifester un attachement fanatique aux « valeurs de la famille, cellule de base de la société [qui] assure son avenir et son progrès »(!), a, lui aussi, souscrit à cette charte. Il a donc délégué « une personne en accord avec cette Charte dans les Conseils des Écoles et, le cas échéant, dans les Conseils d'administration des collèges et lycées de sa commune ». Qui trouve-t-on dans ce rôle ? Notre jeune UMPiste Charpentier.

 

COULON PERRIER ANTI MARIAGE POUR TOUS

 

Ajoutons que les signataires de cette charte, Coulon et Perrier, s’engagent à soutenir aux élections sénatoriales, ou à parrainer lors de l'élection présidentielle, des candidats qui eux-mêmes s'engageront à abroger la Loi Mariage et Adoption pour Tous sans rétroactivité pour préserver et restaurer la filiation père-mère-enfant et favoriser l'éducation des enfants par leurs parents, à   refuser la marchandisation du corps, en particulier via l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux célibataires ainsi que la GPA quelle que soit la composition du couple, à inscrire dans le droit la reconnaissance pour les élus de se prévaloir de la liberté de conscience dans l'application de la Loi Mariage et Adoption pour Tous. Le dernier engagement est assez incongru puisque si la Loi est abrogée, la liberté dite de conscience n’a plus lieu d’être.

 

Entre droite-extrême et extrême droite, entre droite forte bigote et F-Haine, l’électeur de gauche du canton de Luçon se trouve confronté à un sérieux dilemme au 2e tour des départementales. Entre deux maux, choisir le moindre…

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 16:59
Onfray rejoint la coisade des cagots anti prétendue théorie du genre ! (cliquer pour agrandir et compter les onfray)

Onfray rejoint la coisade des cagots anti prétendue théorie du genre ! (cliquer pour agrandir et compter les onfray)

Le genre
Le genre

L'OBS 11 décembre 2014

Quand Sarkozy profère une  énormité, loin de faire marche arrière, il en rajoute une louche. En cela, Onfray est très sarkozyen. Ayant clamé que l’école avait mieux à faire que d’enseigner la théorie du genre et l’informatique et s’étant fait taxer de mensonge éhonté, il trouve une alliée dans une de la Rochère de la philosophie, ondoyée par Finkielkraut et Tillinac, qui a commis un ouvrage sur cette prétendue théorie.

 

  Tel Copé découvrant avec horreur Tous à poil, Bérénice Levet, auteure donc de « La théorie du genre ou la vie rêvée des anges », a décidé d’écrire cet essai lorsqu’elle a découvert que l’on faisait lire à son neveu, élève en CM1, le récit de David Walliams, intitulé Le Jour où je me suis déguisé en fille. Ce petit morceau de propagande à l’usage des jeunes consciences a été, pour l’auteur, le coup de trop, si l’on en croit Le Figaro (12/11/2014) ! D’autant que depuis 2012, Najat Vallaud-Belkacem, «ce Robespierre en jupons», dit-elle, a vivement encouragé les partisans d’une école «neutre»…. Comme on le voit notre prof de philo de Polytechnique tient des propos  sur la Ministre de l’éducation nationale que ne renierait pas Farida Belghoul.

 

« Que le jour commence et que le jour finisse sans que jamais Titus puisse voir Bérénice…» Il y a une certaine logique, pour Bérénice Levet, à refuser la confusion du féminin et du masculin, quand son prénom s'inspire d'une tragédie tout entière consacrée à leur irrémédiable séparation, nous explique encore Le Figaro, qui ne recule devant aucune niaiserie. Et Le Figaro poursuit dans la même veine : Vouloir sauver cette fleur de la civilisation française qu'est la galanterie est une façon de refuser aussi bien les gardiens coraniques de «la femme voilée» que les avant-gardes, elles aussi puritaines, qui promeuvent la «théorie du genre», mais là il transpose les propos de la dame. Pour autant, cette protégée d'Alain Finkielkraut et Denis Tillinac se voit, toujours d'après Le Figaro, plutôt en conservatrice libérale qu'en réactionnaire pure et dure : «Je ne souhaite pas un retour en arrière», dit-elle, en soulignant qu'elle ne veut pas revenir au bon vieux temps du pater familias. Quel libéralisme !

 

  Avec ce double parrainage d’Alain Finkielkraut et de de Denis Tillinac, le résultat ne peut qu’être d’une honnêteté et d’une portée intellectuelle transcendentale.

 

Le compte-rendu du philosophe bas-normand nous conte donc une prétendue Théorie du genre à laquelle la droite de Sarkozy à Chatel souscrirait autant que la gauche de Hollande, Peillon et bien sûr Vallaud-Belkacem ; tenez-vous bien, même Marine Le Pen serait touchée !

Bien sûr, comme l’affirment les prélats, elle pollue les programmes de SVT des lycées. Suivent des considérations assez grotesques sur une prétention de la « gauche libérale » de changer l’homme en supprimant la différence sexuelle, puis un pur délire sur la PMA comme réalisation d’un projet de conception virginale, apparentée à celle de Marie, mère de Jésus (en l’occurrence ce serait plutôt de la GPA) !

A preuve, ajoute l’ex-prof de philo de l’Institution Saint-Ursule, Beatriz Preciado, chroniqueuse pour Libération, Libé qui est, comme chacun sait, la Pravda de la gauche libérale. Elle invite, nous dit Onfray,  à abolir le couple vagin-pénis au profit d’un autre, anus-godmichet, qui permettrait « une grève de l’utérus ». Son programme, affirme-t-il, est : « Ne laissons pas pénétrer dans nos vagins une seule goutte de sperme national catholique ».

Bien que lecteur assidu du quotidien des bobos droits-de-l’hommistes adeptes de la bien-pensance, je n’avais pas remarqué les chroniques de cette philosophe. En fait, elle alterne le samedi avec trois autres chroniqueurs.

Comme j’ai le cerveau lent, en première lecture, elle m’a semblé n’avoir retenu de la fameuse paillarde Ô mon berger fidèle que la conclusion (« Refile-moi le godmichet dans le cul et qu’on en finisse… »). Ensuite, si on y regarde d’un peu plus près, on constate que loin de nier les différences sexuelles puisqu’elle parle de vagin, de pénis, d’utérus, de sperme, elle veut, dans un ultra-féminisme dit queer, les surmonter.

Et surtout, si on sort du bocage normand, on se rend compte que cette philosophe espagnole fait clairement allusion au projet de quasi suppression de l’IVG en Espagne porté par Alberto Ruiz-Gallardón soutenu par le national-catholicisme : grève des utérus et refus du sperme national-catholique, ça a un sens de l’autre côté des Pyrénées.

 

Pour le reste les propos provocants de son Manifeste contra-sexuel, son éloge de l’anus – « seul organe sexuel universel » – et du godemichet, son usage de la testostérone, sa dénonciation du « nouveau capitalisme chaud, psychotropique et punk » qui exploite la force orgasmique des êtres à coup de médicaments et de pornographie, un régime « pharmacopornographique » dont « la pilule et Playboy » sont les symboles et l’excitation, l’érection et l’éjaculation les matières premières*, à part un relatif écho dans une frange très limitée du mouvement LGTB, les masses laborieuses, intellectuelles et manuelles, s'en tapent le coquillard avec une patte de homard !

Grâce à Onfray et Levet, quelques-uns comme moi, iront cependant consulter sa notice wikipedia.

 

Mais de là à prétendre que celle qui propose sodomie, coprophagie, zoophilie, etc. est la grande prêtresse d’un nouveau puritanisme, il y a un léger hiatus qui semble avoir échappé à notre philosophe de comptoir. Et à l’auteure du livre qui, elle, a flairé le bon coup éditorial du côté des cagots de la « manif pour tous ».

 

* A lire avec l'accent et le phrasé de Dali, ça prendra tout son sel !

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 14:03

Farida BELHOUL révoquée de l'Education Nationale (courrier du 14/03/2019)

 

Voir ici

NON ! ATTAQUER BELGHOUL N’ATTENTE PAS À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

« Farida Belghoul poursuivie par son recteur, tous les profs touchés ? »  éditorialise F. Jarraud du Café pédagogique.  « Je suis sidéré par cette analyse » m’écrit un membre éminent de la Ligue de l’enseignement. Sidération partagée. Mais hésitation à en faire part. Car ne serait-ce pas accorder de l’importance à une personne qui ne mérite qu’un silence méprisant ?

 

Or donc, le recteur de Versailles a décidé d’une procédure disciplinaire à l’encontre de Farida Belghoul, hystérique enseignante à la tête d’un mouvement qui promeut une Journée de retrait de l’école (JRE). Ce mouvement s’est, notamment, distingué à Joué-lès-Tours, où une enseignante de maternelle avait été accusée d’attentats à la pudeur sur un garçon et une fille âgés de trois ans, commis dans le cadre d'un enseignement d'éducation sexuelle diffusé en application de la théorie des genres*. Ces rumeurs calomnieuses à l’encontre de la maîtresse de maternelle ont été reprises et amplifiées par le mouvement de F. Belghoul qui osait appeler les familles à une journée de retrait de cette école.

La nomination de Mme Najat Vallaud-Belkacem a véritablement déchaîné la dame. Dans sa prose délirante, elle parle de Monsieur(sic) Najat Belkacem, chouchoute du lobby trans, bi et cie, si jeune et déjà si âpre à faire le malheur des hommes(re-sic) dont la nomination est une déclaration de guerre aux familles de France.

Entre autres abjections, elle parle de Simone Veil l’avorteuse, en la distingant de la philosophe, dont elle ignore l’orthographe du nom, Weil ! Son appel se termine par « vaincre ou mourir » !

 

Les trois B :  Bourge, Belghoul, Boutin, toutes unies dans un même élan anti école publique !

 

On peut estimer, si ce n’était le relatif pouvoir de nuisance de la dame, que ces insanités relèvent plus de la psychiatrie que de la procédure disciplinaire.

Mais prétendre, comme le fait Jarraud, que l’initiative rectorale, si elle aboutit, serait à la fois une victoire pour l'Ecole et une défaite pour beaucoup d'enseignants est de fait sidérant.

 

D’autant qu’il cite, lui-même, une étude juridique qui montre bien que la jurisprudence préserve la liberté d’expression des enseignants. Liberté qui ne va pas, pas plus pour les enseignants que les autres, jusqu’au droit d’insulter une ministre, ni d’appeler à tort et à travers à ne pas respecter « l'obligation d'assiduité des élèves », en inventant l’enseignement d’une pseudo théorie du genre*.

 

« La parole des fonctionnaires s’est libérée et leur expression publique, par la publication sous leur nom du récit de leur expérience professionnelle, sans rien en celer, a connu un développement important, sans que ces publications aient fait encourir à leurs auteurs les foudres disciplinaires de leur hiérarchie. » énonce donc le cabinet d’avocat. Le tombereau de témoignages faisandés de jeunes profs forts de leur arrogante inexpérience qui se déverse à chaque rentrée le démontre.

A partir d’un cas, l’avocat conclut que la justice est plus indulgente avec les puissants que les subalternes, dans l’appréciation du devoir de réserve ; oubliant d’autres cas – David Sénat, par exemple – où la position éminente n’a pas mis à l’abri celui qui était accusé de manquer à son devoir de discrétion.

 

On voit donc mal, très mal, ce qui permet à l’animateur du café pédagogique de craindre que le choix de la poursuite administrative fasse peser un risque, au-delà de F Belghoul, d’une nouvelle jurisprudence défavorable aux nombreux enseignants qui animent un blog ! Quant au caporalisme déjà trop présent dans l'Education nationale cela relève du cliché. Non pas que l’EN soit exempte de tout caporalisme, mais, en règle générale, les enseignants n’en sont guère victimes.

On peut disputer de l’opportunité de ces poursuites dont l’exaltée dieudonniste va se servir pour jouer les martyres. Mais prétendre qu’elles risquent de mettre en cause la liberté d’expression c’est soit mettre sous ce vocable le droit d’insulter, de mentir, de calomnier, de salir les enseignants et l’école, soit se mettre le doigt dans l’œil et volens nolens jouer le jeu de ces fanatiques.

 

Reste la question première : consacrer quelques lignes à cette personne, qui ne mérite qu’un silence méprisant, n’est-ce pas déjà entrer dans son jeu pervers ?

 

* Voir :

Mauvais "Genre" ? La cathosphère à l’assaut des programmes de SVT!

La droite populiste UMP à l’assaut des programmes de SVT

Études de Genre : des anonymes lancent une pétition d’anonymes !

« Théorie du genre » : la nouvelle croisade des cagots de la manif anti homos

sans oublier Onfray, philosophe de comptoir !

Ni Luc Cedelle : Petit florilège « anti-genre » pour que chacun sache à quoi s’en tenir

 

NB "Le café pédagogique" créé et animé par François Jarraud est un excellent site qui de jour en jour fait le point sur l'actualité éducative. Ce désaccord ponctuel ne remet évidemment pas en cause le travail titanesque et essentiel de Jarraud.

De la "marche des beurs" à la marche de Civitas...

Farida Belghoul devant une banderole "Hommage à Jeanne d'Arc" lors d'une manifestation du mouvement catholique intégriste Civitas, le 11 mai 2014.

Farida Belghoul devant une banderole "Hommage à Jeanne d'Arc" lors d'une manifestation du mouvement catholique intégriste Civitas, le 11 mai 2014.

 

5 ans après et alors qu'elle a continué de sévir Farida BELGHOUL est en fin virée de l'Education Nationale

NON ! ATTAQUER BELGHOUL N’ATTENTE PAS À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION
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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 16:41
Onfray et Bourge même combat !

Onfray et Bourge même combat !

Michel Onfray, fils naturel de Jean-Paul Brighelli et de Farida Belghoul ? s’interroge L’Express après ses propos sur France Inter, le 12/09/2014. Du lourd, il est vrai ! Puisque non content de déplorer « la disparition des notes, la disparation des copies, la disparition des profs », il prétend qu’à l’école « il faut apprendre la théorie du genre ». Enfoncé Finkielkraut, enfoncée Polony. Avec Onfray, le pire est toujours sûr.

 

Propos de comptoir tenus de bon matin après un café trop arrosé, comme on en boit aux petites heures en Normandie, que ces affirmations qu’à l’école on n’apprend plus à lire et à compter ? Que nenni ! Car sauf à imaginer que le penseur normand ne carbure qu’au calva, il a écrit pire dans le un, n° 23.

Vers 6'

« Si je suis devenu ce que je suis devenu, je le dois à l’école républicaine et aux bourses… Aujourd’hui, un enfant issu des classes modestes n’a sociologiquement presque aucune chance de sortir de son milieu. Les analyses de Bourdieu (…) restent d’une cruelle actualité : l’école ne permet quasiment plus à un élève de s’élever l’âme, l’esprit, le cœur, l’intelligence. Panne d’ascenseur social… 

J’ai eu la chance d’apprendre à lire avec la méthode syllabique… j’ai pris connaissance de l’histoire de France avec les images d’Epinal… »

 

 

Les héritiers de Bourdieu et Passeron date de 1964, donc la réalité que ce livre analyse est bien sûr celle d’avant Mai 68 dont Onfray nous compte tous les méfaits qu’il a subis de plein fouet. Un prêtre salèsien aux méthodes pédagogiques mystérieuses, une université de Caen où sévissaient des soixante-huitards décoiffés !

Et figurez-vous que dans l’école où ses malheureux compagnons de fac  de philo, devenus instits, sévissent le tableau noir et la craie ont disparu, plus de plume et d’encrier, plus d’armoire avec un crâne (?), plus de carte de France… mais rassurons-nous « Pas question, bien sûr, de tenir des propos réactionnaires » !

 

Pas plus de théorie du genre que de beurre en branche !

 

Faisons un sort d’abord, à la néfaste théorie du genre qui, la vilaine, nous vient des Etats-Unis et qui nous dirait que la nature n’existe pas ! sauf qu’il n’y a pas plus de théorie du genre que de beurre en branche, malgré ce que disent nos prélats, les dirigeants de l’école privée, ou Mmes Boutin, Bourge et de La Rochère et les cagots. « Il existe en revanche un champ de recherches universitaires, nommé "études de genre", qui s’intéresse à la construction des identités féminine et masculine, et à la perpétuation de clichés qui font, par exemple, qu’une fille qui fait du rugby ou un garçon qui fait de la danse classique sont jugés "anormaux" ». (Le Monde 12/09/14)

Certes on trouve le mot "genre" à l’école, mais en grammaire !

 

Le principe de non contradiction ne doit pas faire partie de l’arsenal méthodologique du philosophe bas-normand. En effet, il est certes le fruit de l’école républicaine, mais aussi d’un enseignement secondaire et supérieur absolument pervertis par un mai 68 négativiste, nihiliste. Et ce sont donc les salèsiens ou les soixante-huitards décoiffés qui ont contribué à faire de lui ce qu’il est. Et quand il évoque Bourdieu, à propos de l’ascenseur social, il oublie que ce que le sociologue étudie c’est une société, une école, d’avant Mai 68, et même si La Reproduction est postérieure, elle ne peut pas, dès 1970, mesurer les supposés méfaits des chevelus dans les écoles.

Mais quand il dit que de nos jours on s’autorise de soi-même à parler de livres qu’on n’a pas lus*, peut-être pratique-t-il l’autocritique.

 

Au moyen âge ... la masse espérait en Dieu et maintenant la masse espère qu’elle va être massivement promue par l'école : à l’ancien jeu, il suffisait d’être pauvre pour être élu et l’on n’avait même pas besoin des bourses.

 

Michel Delord, Marx et les sciences de l’éducation, Octobre 1998

Le mythe de l’ascenseur social tombé en panne par la faute de Mai 68 et des pédagogogues, comme dit Julliard, est un grand poncif de la rétropensée. Combien de fils d’ouvriers agricoles de la fin des années 50 ont connu un destin à la Onfray ?

On constate certes, depuis les années 90 un blocage, voire une régression ces dernières années, de la proportion des enfants d’ouvriers et d’employés dans l’enseignement supérieur. Mais imputer cet échec à Mai 68, plutôt qu’aux difficultés économiques – même boursier l’étudiant fils d’ouvrier connaît des conditions matérielles difficiles – voire une inhibition de l’ambition scolaire - avec un baccalauréat scientifique obtenu à l’heure ou en avance (soit une population relativement triée), plus de la moitié des fils de cadres (contre 30,5% pour les filles) s’orientent en classe préparatoire aux grandes écoles, ce qui n’est le cas que de 20,8% des fils d’ouvriers (et 9,3% des filles) (M. Duru-Bellat) -  est assez douteux. Et on peut même ajouter que les enfants d’ouvriers obtenant un mastère de philo doivent être plus nombreux aujourd’hui  que du temps d’Onfray, car si la proportion est moindre, ils sont, en valeur absolue, plus nombreux.

 

La baisse de niveau n’atteint jamais l’étiage !

Sauf que, là encore, les faits démentent ces assertions chères à nos contempteurs de l’école. Si l’on en croit l’INSEE, les personnes âgées de 18 à 29 ans ont de meilleurs résultats que les générations plus âgées en lecture et en compréhension orale. En 2011, en compréhension orale, seulement 11 % des moins de 30 ans ont réussi moins de 60 % des exercices proposés contre 17 % des 50-59 ans et 24 % des 60-65 ans. Les plus jeunes ont également de meilleurs résultats à l’écrit, la part des personnes sans difficulté allant de 76 % pour les 60-65 ans à 89 % pour les moins de 30 ans. Donc la méthode syllabique chère à M. Onfray n’a pas porté, chez tous, les bénéfices qu’il lui prête.

Onfray, philosophe de comptoir !

Pour autant, la situation de l’école française est loin d’être satisfaisante. Les vagues successives de résultats de PISA montrent un système de plus en plus inégalitaire. En schématisant, une moitié des élèves de 15 ans est au niveau des petits finlandais – ou presque – mais le dixième du bas est à celui des péruviens. Ce qu’expliquaient déjà C. Forestier et J. C. Emin, dans « Que vaut l’enseignement en France ? » (Éditions Stock, coll. «Essais - Documents»,‎ 2007) : Notre système est parfaitement adapté pour la moitié de nos élèves, pour les autres nous ne sommes pas capables de les aider correctement. (entretien avec J.C. Forestier).

 

Mais il n’est pas sûr que la conception méritocratique de M. Onfray, cible déjà de Bourdieu-Passeron, que F. Dubet considère comme américaine, entendez étatsunienne (La seconde conception de la justice sociale, plutôt américaine, considère que la justice sociale est avant tout la promotion de l’égalité des chances méritocratique : chacun doit pouvoir réussir en fonction de son mérite.) permette de résoudre ce problème. Au contraire !

 

* Quand il réduit Roland Barthes à un lapidaire « la langue est fasciste », on peut se demander s’il en a lu une ligne.

M le magazine du Monde 20/11/2014

M le magazine du Monde 20/11/2014

Voir aussi les Décodeurs du Monde qui ont inspiré le titre de l'article.

Prof de philo de 1983 à 2002 au Lycée technique Sainte-Ursule (Caen)

Prof de philo de 1983 à 2002 au Lycée technique Sainte-Ursule (Caen)

Notre philosophe de comptoir persiste et signe dans un débat*, qui l’oppose à Fabienne Brugère, sur la prétendue théorie du genre dont il fait une « idéologie d’état ».

Il se contente de redire les contre-vérités déjà énoncées, tout en en ajoutant une. « J’ai démissionné de l’éducation nationale », affirme-t-il. Or M. Onfray a été enseignant de 1983 à 2002 dans le lycée technique privé catholique Sainte-Ursule de Caen.  Certes, établissement sous contrat, donc avec des enseignants payés par l’état (mais pas fonctionnaires). Mais s’il a bel et bien « renoncé à un salaire », il a démissionné de l’enseignement confessionnel et non de l’enseignement public, comme le laisserait supposer sa formulation volontairement ambigüe.

 

* Le Monde 12-13/10/2014 « Une rébellion d’un nouveau genre ? »

 

Quelques exemples d'études de genre pour l'édification de M. Onfray :

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 19:18
NON AU MUNICH IDEOLOGIQUE

« L’adjectif qualificatif, épithète ou attribut, s’accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom qu’il qualifie ». Cette règle est, on le conçoit, doublement inacceptable. D’abord et avant tout avec ce genre qui a le fumet peu ragoûtant d’une théorie honnie. Mais même avec ce nombre qui implique le pluriel, c’est-à-dire ce pluriculturalisme cher aux bobos soixante-huitards attardés et aux naufrageurs de notre identité nationale, cibles du grand philosophe Finkielkraut.  Il faut donc souhaiter qu’au plus vite, sous le souffle invincible du Printemps Français, avec la bénédiction de nos chers Prélats, l’Académie Française décrète que l’adjectif qualificatif est désormais invariable, ancré solidement dans l’humus fertile de notre refus inoxydable et insubmersible du genre et des dérives du relativisme multiculturaliste qui sapent les fondements même de notre République dans son unicité. Halte au communautarisme grammatical !

Un peu caricatural ? A peine !

Le mot genre est devenu quasi tabou. Ainsi un ouvrage intitulé «  Déjouer le genre : pratiques éducatives au collège et au lycée  », aux éditions SCEREN-CNDP, a été retiré de la diffusion et de la distribution. Il était sorti le 4 septembre 2013, après avoir été validé à plusieurs reprises par les commissions ad hoc du CNDP. Sa diffusion avait fait l’objet d’un avis très favorable avant l’été, avec demande à l’auteur de mettre en chantier un deuxième ouvrage portant sur le primaire.  Mais, le 14 septembre, le patron du CNDP bloque le bouquin, au prétexte que le mot « genre » dans le titre, ainsi que la 4e de couverture, risque d’alimenter la polémique sur l’ABCD de l’égalité. Un bel exemple de terrorisme verbal réussi avec en corollaire un bel exemple de lâcheté institutionnelle.

 

N’accablons pas le pauvre Directeur général du CNDP, M. Merriaux (d’autant que la Cour des comptes est d’une grande sévérité envers son organisme) car dans le même temps on modifie un intitulé de conférence et une mission sur égalité et genre devient égalité fille/garçons. Le mot « genre » est à proscrire !

Peillon, après être resté sur la défensive, semble se rendre compte du danger : « Quand on interdit les mots, on interdit les pensées. On a connu cela à d’autres époques. L’épuration de la langue est le premier acte. Après on fait la chasse aux livres. Puis la guerre aux professeurs et aux valeurs républicaines. » (Libération 12/02/14)

 

Il était temps de dire Non à un Munich éducatif !

La police des mots

 

La police des mots fait également disparaître embryon et fœtus. A peine la petite graine du papa a-t-elle réussi à féconder le bel ovule dans les entrailles de la maman, qu’il est né le divin enfant. Entonnons le cantique, non plus le 25 décembre mais le 25 mars, quand le saint-esprit est venu cocufier Joseph. Aussi l’IVG revient à assassiner le petit enfant dans le ventre de l’indigne maman. CQFD !

 

D’autres mots sont diabolisés. On l’a vu de l’innocente théorie qui, associée au satanique genre, ne prend qu’un sens péjoratif d’ensemble de spéculations, d'idées gratuites présentées de manière plus ou moins scientifique, alors que ce mot désigne un ensemble de lois formant un système cohérent et servant de base à une science, ou rendant compte de certains faits. Le doux mot d’euthanasie, sous la plume des Hutin, devient quasi synonyme d’éradication des vieillards. Le droit à une mort digne et sereine serait une menace pour les plus vulnérables.

 

Mais, avec les mots bannis ou déformés, c’est le débat qui est enterré. Les nouvelles chaisières de la manif anti mariage pour tous – Ludivine de la Rochère et Béatrice Bourges – ont à peine fini de vitupérer, que l’on enterre une timide loi sur la famille. Loi où il n’était pas question de PMA et encore moins de GPA. Gageons que la refonte de la Loi Léonetti sera aussi repoussée aux fameuses calendes grecques. Et pendant ce temps-là, en toute impunité, ressurgissent des slogans des années 30. Parfois avec la complicité quasi goguenarde d’esprits supérieurs.

Il serait plus que temps que, comme Peillon, tous les ministres, le PS, la gauche républicaine, prennent conscience que les reculades ne font que renforcer les tenants de l’obscurantisme et de l’intégrisme. Sinon, le Munich idéologique qui se dessine risque d’aboutir à un néo-Pétainisme*.

 

* « Le pétainisme continue d'imprégner les discours, à travers cette façon indigne de parler des étrangers comme d'une menace, cette nostalgie de la France des clochers, cette exaltation du travail comme rédempteur, cette peur des pulsions, ce pistage des dangers, ce mépris des intellectuels, cette haine des fonctionnaires… » G. Miller

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 16:18
Bossuet, dit l'Aigle de Meaux et Copé vu par Géhém ("La buse de Meaux")
Bossuet, dit l'Aigle de Meaux et Copé vu par Géhém ("La buse de Meaux")

Bossuet, dit l'Aigle de Meaux et Copé vu par Géhém ("La buse de Meaux")

Comme vous le savez, le magnifique Président de l’UMP, dit le bien-élu, Maire de Meaux, député et subsidiairement avocat, a dénoncé, à juste titre et à la télévision, un maléfique ouvrage, intitulé « Tous à poil ».

Le citoyens responsables et soucieux de mettre un coup d’arrêt à cette dérive qui pollue les esprits de nos gniards, orchestrée par un ministre de l’éducation, adepte clandestin de la néfaste théorie du genre, se doivent, dans un élan suprême, d’apporter leur soutien à l’œuvre salvatrice de ce grand Meldois, que, malgré son profil de rapace, nous ne baptiserons pas aigle de Meaux, l’appellation étant déjà prise, et encore moins faucon, mais vautour !

 

Vous trouverez, ci-dessous, ma modeste contribution. Mais des plumes, plus acérées et plus talentueuses, peuvent proposer d’autres exemples de missives.

 

Elles sont à envoyer à jfcope@assemblee-nationale.fr

Copé, le cynique, dans ses oeuvres.

Monsieur le député-maire-président de l’UMP,

 

Bravo pour votre croisade anti “Tous à poil”, un livre qui pervertit notre belle jeunesse !

 

Mais votre croisade est loin d’être finie.

Etes-vous sûr, par exemple, que l’horrible “Guide du zizi sexuel” de l’abominable ZEP (un Suisse qui vient manger le pain des français !) ne traîne pas dans les rayons de la bibliothèque municipale de votre belle ville de Meaux ? Avez-vous pensé à en expurger tous ces ouvrages libertins, issus de l’idéologie libertaire soixante-huitarde ?

 

Ce qui pourrait donner lieu à un bel autodafé.

 

Encore bravo mais ne vous arrêtez pas sur cette voie visiblement inspirée par l’Aigle de Meaux , qui n’est pas, comme le croient les sauvageons incultes, issus de notre éducation nationale abrutie par l’idéologie d’un ministre totalitaire, un grimpeur du Tour de France, mais le grand Bossuet ; aidé de Mmes de la Rochère et Bourges*, éradiquez de nos écoles, cette dégradante prétendue littérature pour la jeunesse qui pervertit nos chères têtes blondes.

 

Croyez, M. le député-maire-président-avocat, en l’expression la plus vive des sentiments que vous m’inspirez,

 

J. F. Launay

 

 

* Le salon beige, émanation du prétendu Printemps Français, a publié des titres de livres à éliminer des bibliothèques municipales !

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 20:12
Etudes de genre (image empruntée à UNSA éducation)

Etudes de genre (image empruntée à UNSA éducation)

C’est Le Figaro qui l’annonce : « Dès la rentrée, des comités de vigilance veilleront,  avec les parents d'élèves, aux messages véhiculés dans les écoles et les crèches. » Et pour quoi faire, ces comités ? Pour lutter contre la prétendue et satanique Théorie du genre. Et cela dès la crèche. Après la manif anti-mariage homo les cagots lancent une nouvelle croisade où l’obscurantisme le dispute au fanatisme.

 

« En septembre, «nous sommes prêts à taper très fort!» promet  Ludovine de la Rochère. Cette ex-chargée des relations presses de la conférence des évêques, a pris le relais de Frigide Barjot en nettement plus bcbg dans l’allure, mais avec les mêmes outrances dans l’expression. La méthode est classique : on s’invente une cible qu’on diabolise, pour lancer le combat intégriste. Car, il n’y a pas de Théorie du genre, mais des études de genre. Etudes multi-disciplinaires concernant aussi bien les sciences dures, bio-neurologie par exemple, que les sciences humaines, sociologie par exemple.

« Théorie du genre » : la nouvelle croisade des cagots de la manif anti homos

La croisade a été lancée dès 2011, prenant prétexte d’un nouveau programme de Sciences de la Vie et de la Terre qui préconisait, ô scandale, à l’occasion de l’étude de la sexualité « d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée ». Autrement dit, distinguer « identité sexuelle » et « orientation sexuelle », démonter les stéréotypes sur les « rôles sexuels ». Tout cela s’adressant à des élèves de 1ère. Insupportable pour l’épiscopat qui sur son site officiel se déchaîne : « Les nouveaux programmes de SVT (Sciences et Vie de la Terre) des Premières ES et L font référence à la « théorie du genre ». Une idéologie qui contredit la conviction chrétienne que l'on naît garçon ou fille. Et que Dieu créa l'homme et la femme l'un pour l'autre, pour qu'ils s'aiment et qu'ils transmettent la vie». Tout y est, à commencer par un mensonge – le programme ne fait pas référence à une théorie du genre - qui en amène un autre, le programme ne nie pas le sexe biologique, mais pour déboucher sur une affirmation dogmatique. Le cléricalisme, cette tentation constante d’imposer le dogme religieux à tous, dans toute sa splendeur.

Détail de la couverture du livre de Lise Eliot

Détail de la couverture du livre de Lise Eliot

Nos croisés de la manif anti homo ne cachent même pas leur jeu. Ils visent explicitement tout ce qui pourrait faire changer les mentalités sur l’égalité homme femme ou l’homophobie, dénonçant « la mobilisation du syndicat SNUipp en faveur de la lutte contre l'homophobie dès le primaire, ainsi que des amendements [à la loi sur l’éducation] destinés à promouvoir une «éducation à l'égalité de genre» » Au mépris de la liberté constamment reconnue des auteurs de manuels scolaires – dans le respect du programme – ils réclament « le retrait du concept de genre des manuels ».

 

Et donc, les cagots appellent à constituer des « comités de vigilance », en s’appuyant sur l’APEL (Association des parents d'élèves de l'enseignement "libre", entendez catholique), ce qui ne surprend pas, mais aussi sur la PEEP (Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public). «Cela nous permettra de sensibiliser les parlementaires et de préparer les municipales, car les élus locaux sont partie prenante dans l'achat de manuels scolaires et de livres pour les crèches. On n'oublie pas les crèches, dont beaucoup réfléchissent en ce moment à la “déconstruction des stéréotypes”

Tout est dit, sans vergogne. On n’est plus dans l’arrière-pensée politicienne, mais dans l’aveu sans fard d’un lobbyisme voire un entrisme forcené. Et le délire complet avec la mise en surveillance de crèche où, horreur, on pratiquerait des «jeux asexués». Fichtre, Mme de la Rochère voudrait-elle que nos bambins jouent « au papa et à la maman » ?

« Théorie du genre » : la nouvelle croisade des cagots de la manif anti homos

Une fausse cible, mais une vraie dérive.

La théorie du genre, forgée de toute pièce par la cathosphère n’existe pas. Elle sert donc de prétexte à une dangereuse campagne de vigilance qui ressemble fort à une atteinte à l’exercice serein de l’enseignement. Et qui rappelle, est-ce un hasard ?, la campagne de délation à laquelle SOS éducation avait appelé les parents à l'encontre des instits qui n'utiliseraient pas la "méthode syllabique" d'apprentissage de la lecture. Ici ce seront les éducatrices de crèches ou les instits de maternelles qui seront dénoncées pour « jeux asexués ». Et les enseignants qui lutteront contre l’homophobie.

 

Jusqu’à quand, ces cagots fondamentalistes, continueront à entretenir ce climat de tension au nom de leurs préjugés ?

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:22

Un mystérieux collectif de citoyens (associations familiales, enseignants, historiens, ingénieurs, étudiants…) lance une pétition contre la « théorie du gender » (sic) en assurant aux signataires Votre nom n’apparaitra pas sur la pétition.

Anti-genre-petition 

 

Cette pétition, que dis-je cet ultimatum, adressé à Nicolas Sarkozy et visant le « ministre irresponsable » (Luc Chatel qui, avec X. Bertrand, rivalise de courtisanerie), sera donc déposée par un collectif sans nom avec des milliers de signatures … sans noms !

Une personne – une seule – affiche un  nom dans la diffusion de cet « appel », une certaine Isabelle Marcaurd, sauf qu’une recherche ne fait apparaître cette dame (?) qu’à propos de cette pétition.

 

Ce nouvel avatar de la lutte obscurantiste s’inscrit dans celle des évêques et de la droite populiste UMP.

Le texte même est d’une grande niaiserie.  Cette théorie, dite du « genre » est sans aucun fondement scientifique : vous pensez, l’anonyme collectif, avec ses associations familiales et ses historiens inconnus, est compétente pour décerner un brevet de scientificité* ! Et plutôt que de mettre de telles horreurs au programme « ne serait-il d’ailleurs pas plus utile, pour les élèves, de savoir lire, écrire et compter ? » Rappelons que cette petite partie du programme de SVT n’est pas pour les élèves de CP et CE1, mais pour ceux de 1ère L et ES qui, comme chacun sait, ne savent ni lire ni écrire. Il n’est pas sûr que Finkielkraut ou J. Julliard oseraient aller jusque là… quoique…

 

Cependant, avec un sens du compromis qui les honore, nos anonymes admettraient que cette fraction de programme ne soit pas censurée sous réserve que le Ministre ne refuse plus « de s’engager à ce que ce sujet ne puisse pas tomber au baccalauréat ». C’est aussi ce qu’exigent les représentants de l’enseignement confessionnel. Une des revendications du Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique est la sortie du cadre national des programmes "Ce qui compte ce n'est pas le respect des programmes mais la progression des élèves et la réussite aux examens" (E. de Labarre). Mais comment assurer la réussite aux examens sans respecter les programmes : simple, on exige que les parties squeezées ne sortent pas au Brevet ou au bac. 

 

Les signataires feraient quand même bien de se méfier de la phrase qui suit celle où on leur promet l’anonymat. « Vos coordonnées ne seront pas transmises à des tiers. » Elles seront cependant en possession d’un « collectif » sans autres coordonnées que un-ministre-irresponsable et aux composantes inconnues. Il y a comme un risque que, sous l’excellent prétexte de prévenir les signataires anonymes de la suite de cette campagne, un courriel ne les invite à cracher au bassinet pour permettre au collectif d’amplifier son action. Dans ce style-là, ils ont de qui s’inspirer. 

 

* Pour appuyer leur thèse les anonymes font état d’un sondage IFOP dans lequel une majorité des sondés dénierait une valeur scientifique aux études de « genre ». Ce type de sondage est à l’évidence une pure foutaise. Il donne une opinion majoritaire peut-être, mais pas un jugement rationnel.

 

 

N.B. Sur les études de genre la MGEN a fait un bon article avec une bibliographie.

Voir aussi le Programme PRESAGE (Programme de Recherche et d’Enseignement de Savoirs sur le Genre), MAGE (Marché du travail et genre) CNRS et Paris Descartes, Centre Louise Labé (Université Lumière de Lyon), Fédération des recherches sur le genre, RING (Université Paris 8), Portail Genre (Université de Toulouse 2), Genre, sciences et sociétés-CEDREF (Université Paris Diderot - Paris 7), Association de Jeunes Chercheuses et Chercheurs en Études Féministes, Genre et Sexualités EFiGiES (url tirés de la revue papier de la MGEN qui, bizarrement, ne les reproduit pas sur son site). Voir encore un article sur le livre de Lise Eliot Cerveau rose, cerveau bleu.

La revue Sciences humaines consacre son n° 23 de mars 2012 aux Identités sexuelles.

 

 

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