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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 10:23

Si "Confiteor" était, comme son titre semble l'indiquer, un exercice de contrition, il n'en serait pas question sur ce site de bouffeurs de curés. 

CONFITEOR

Et si c'était le grand roman de la culpabilité, il n'en serait pas question non plus, parce que ce serait, sur 900 pages, un roman à thèse psychologique, ce qui serait insupportable.  Non, c'est un immense livre, un monument et un bonheur de la littérature contemporaine, traduit du catalan, dont le titre peut prêter à confusion

Votre libraire vous mettra en garde, c'est un texte un peu déroutant. Certaines phrases commencent à la première personne, c'est le narrateur qui parle, et se terminent à la 3ème personne, l'auteur nous parle d'Adria. Certaines pages commencent à Barcelone de nos jours, puis passent au temps de Franco, et de l'enfance du héros, puis au temps de l'inquisition, et se continuent à Auschwitch, avec une émule de Mengele, ou en Afrique, quand un responsable d'un parti d'opposition est assassiné. C'est d'une suprême habileté, mais si c'était là l'essentiel, nous aurions un exercice de style brillant certes, mais un peu vain, et on n'irait pas au bout des 900 pages sans jamais se lasser (sauf peut-être le dernier chapitre, qui justifie ce qui n'avait pas besoin de l'être).

Alors, est-ce le grand roman du destin, du fatum qui s'acharne sur un père et son fils ? Non plus. Jaume Cabré n'est pas Sophocle, ni Peter May, il ne récrit pas Oedipe roi, ni l'Ile des chasseurs d'oiseaux (un autre livre formidable, mais rien à voir).

Serait-ce, comme le laisse entendre la 4ème de couverture, une grande traversée au travers de l'histoire de l'Europe et de ses tragédies ? Ce serait bien, mais insuffisant.

Serait-ce le livre d'une figure du destin, que symbolise un objet qui lie sans qu'ils en sachent rien, les hommes et les femmes ? Encore insuffisant.

Non, c'est juste un roman exceptionnel, que porte le  souffle d'un homme. Je voudrais juste, pour vous en convaincre, citer la première phrase : "Ce n'est qu'hier soir, alors que je marchais dans les rues trempées de Vallcarca, que j'ai compris que naître dans cette famille avait été une erreur impardonnable."

Pascal Bouchard

Jo confesso, traduit du catalan par Edmond Raillard

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Publié par JFL J.-F. Launay - dans MLF Jaume Cabré Pascal Bouchard
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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 10:18
Les exploits d'un jeune Don Juan

On ne prête à Guillaume Apollinaire que deux œuvres érotiques – pornographiques diront certains – les Onze mille verges et Les exploits d’un jeune Don Juan. C’est oublier qu’il a entre autres ‘traduit’*, dans une double version, Les mémoires d’une chanteuse allemande : une version style veillées des chaumières pour une édition légale et une version autrement croustillante sous le manteau. Et il n’est pas impossible que pour des raisons alimentaires il n’ait pas commis quelques autres œuvres licencieuses.

La poète même, quand il chantait sa Lou, avait la plume allègre.

Mon très cher petit Lou je t’aime


Mon très cher petit Lou je t’aime
Ma chère petite étoile palpitante je t’aime
Corps délicieusement élastique je t’aime
Vulve qui serre comme un casse-noisette je t’aime
Sein gauche si rose et si insolent je t’aime
Sein droit si tendrement rosé je t’aime
Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime
Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau
qui vient de naître je t’aime
Nymphes hypertrophiées par tes attouchements fréquents je vous aime
Fesses exquisément agiles qui se rejettent bien en arrière je vous aime
Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t’aime
Toison claire comme une forêt en hiver je t’aime
Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
Chute des épaules adorablement pure je t’aime
Cuisse au galbe aussi esthétique qu’une colonne de temple antique je t’aime
Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
Chevelure trempée dans le sang des amours je t’aime
Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
Reins chevaucheurs reins puissants je vous aime
Taille qui n’a jamais connu le corset taille souple je t’aime
Dos merveilleusement fait et qui s’est courbé pour moi je t’aime
Bouche Ô mes délices ô mon nectar je t’aime
Regard unique regard-étoile je t’aime
Mains dont j’adore les mouvements je vous aime
Nez singulièrement aristocratique je t’aime
Démarche onduleuse et dansante je t’aime
Ô petit Lou je t’aime je t’aime je t’aime.

 

Plume qui a été franchement transgressive, pour les canons de l’époque, quand il chante, comme une préface à son jeune Don Juan, ce « con large comme un estuaire » aux senteurs marines.

Con large comme un estuaire

Con large comme un estuaire
Où meurt mon amoureux reflux
Tu as la saveur poissonnière
l’odeur de la bite et du cul
La fraîche odeur trouduculière

Femme ô vagin inépuisable
Dont le souvenir fait bander
Tes nichons distribuent la manne
Tes cuisses quelle volupté
même tes menstrues sanglantes
Sont une liqueur violente (…)

 

Ces exploits, parfois titrés « Les mémoires d’un jeune Don Juan », peuvent choquer de nos jours même un pornocrate. Foin, c’est le cas de le dire, de ces chattes lisses : même les aisselles sont velues. Point non plus de déodorants : les odeurs fortes sont prisées.

« Le poète du Pont Mirabeau est à l’aise dans ce genre d’ébats. Cependant, le trait le plus original de son érotisme « littéraire » est peut-être dans un certain don d’écriture qui le pousse à une extrême précision descriptive dans l’évocation des détails sexuel […]. Ce pouvoir d’exhibition de l’écriture, il en use sans retenue et parfois avec une insistance qui prend curieusement la forme d’une obsession – s’agissant notamment des seins, des fesses, des cuisses et des croupes – du « gros » et du surabondant. Tout Apollinaire est là si on le connaît un peu, avec sa truculence, sa démesure, son rire, ses fantasmes et son énorme « obscénité » caractérielle. »

Jean Raymond, La Poétique du désir « Apollinaire ».

Et le héros, Roger, parfaitement amoral, non content de s’adonner au voyeurisme en perçant un trou sur les lieux d’aisances (nous sommes au début du 20e siècle, dans un château sans confort du 17e siècle), espionne le confessionnal où sa mère se confie à un vieux moine, regarde sa sœur pisser, exige que sa tante lui bichonne sa quéquête, et va faire pire encore…  Et surtout, plus choquant peut-être, notre jeune futur Don Juan, use de mots les plus crus pour nous décrire ses découvertes successives des ‘mottes’ de sa jeune sœur puis de l’épouse enceinte du régisseur, etc.

Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don Juan

Sorti en 1911 – une édition clandestine – il va notamment reparaître dans une édition, supposée être de Cologne, ornée de 12 lithographies peut-être de Gaston-Louis Roux. Edition beaucoup plus tardive puisque l’illustrateur présumé est né en 1904. Je n’ai retrouvé que quatre des illustrations.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Encore plus tardive fut la transcription en bédé par Georges Pichard : mon édition date de 1991. Un Pichard dont les personnages féminins sont quasi des doubles de son héroïne Blanche Epiphanie, mais qui, en revanche, sait planter un décor avec précision et profusion.

* Les Exploits d'un jeune don Juan est aussi une traduction libre d’un livre érotique allemand Kinder-Geilheit oder Geständnisse eines Knaben, (Lascivité juvénile ou confes­sions d'un garçon), Berlin, 1891, sans mention d'éditeur.

EXTRAITS

(le texte intégral est téléchargeable gratuitement : cliquer ici)

 

Or donc, Roger, jeune garçon de 16 ans, se retrouve, en compagnie de sa mère, de sa tante, une de ses sœurs et leur bonne dans la maison de campagne. Cette demeure est une grande propriété divisée en un nombre impressionnant de pièces et de recoins, sans parler des dépendances et des installations nécessaires au travail des champs, si bien que les habitants du coin l'avaient appelé "le château". Une chapelle attenante à la bâtisse permet quelquefois à un prêtre d'un couvent voisin de venir confesser en ce lieu maîtres et serviteurs.

Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don Juan

Roger et sa sœur Berthe jouent à cache-cache dans les immenses greniers.

L’escalier de bois qui menait au grenier était très raide. Un jour j’étais descendu devant Berthe et je m’étais caché entre deux tuyaux de cheminées où il faisait très sombre, tandis que l’escalier était éclairé par une lucarne donnant sur le toit. Lorsqu’elle parut, descendant avec circonspection, je m’élançai en imitant avec force l’aboiement du chien. Berthe qui ne me savait pas là perdit pied de la grande frayeur qu’elle eut et, manquant la marche suivante, elle tomba de telle sorte que sa tête était au pied de l’escalier tandis que ses jambes se trouvaient encore sur les marches.

Naturellement sa robe était retournée et lui couvrait le visage, laissant ses jambes à découvert.

Lorsque je m’approchai en souriant, je vis que sa chemise avait suivi sa robe jusqu’au-dessus du nombril.

Berthe n’avait pas mis de pantalon (…) C’est ainsi qu’il arriva que je vis pour la première fois ma soeur dans une nudité impudique.

[…]

Mes yeux ne pouvaient se détourner de sa nudité. Je voyais à la place où son bas-ventre rejoignait ses cuisses, une éminence bizarre, une motte grasse, en forme de triangle, sur laquelle on voyait quelques poils blonds. Presque à l’endroit où les cuisses se rejoignaient, la motte était partagée par une grosse fente de près de trois centimètres et deux lèvres s’écartaient à droite et à gauche de la fente. Je vis l’endroit où finissait cette fente lorsque ma soeur s’efforça de se relever.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Roger a déjà entraperçu sa sœur nue quand sa mère et sa tante leur donnaient le bain. Mais l’érection du jeune homme amène à ne plus les baigner ensemble et Roger se retrouve seul avec sa tante Marguerite.

Ma tante Marguerite avait dix ans de moins que ma mère et comptait par conséquent vingt-six ans ; mais comme elle avait vécu dans une tranquillité de coeur très profonde, elle était très bien conservée et semblait une jeune fille. Ma nudité semblait lui faire beaucoup d’impression, car chaque fois qu’elle me baignait, elle ne me parlait que d’une voix flûtée.

Une fois qu’elle m’avait fortement savonné et rincé, sa main frôla mon petit vit. Elle le retira brusquement, comme si elle avait touché un serpent. Je m’en aperçus et lui dis avec un peu de dépit : « Gentille petite tante chérie, pourquoi ne laves-tu plus tout entier ton petit Roger ? »

Elle rougit beaucoup, et me dit d’une voix mal assurée : « Mais je t’ai lavé tout entier !

– Allons donc, ma petite tante, lave aussi ma quéquette.

– Fi ! le vilain garçon ! Tu peux bien la laver toi-même.

– Non ma tante, je t’en prie, lave-la toi-même. Je ne sais pas le faire comme toi.

– Oh ! le polisson ! dit ma tante en souriant et, reprenant l’éponge, elle lava soigneusement mon vit et mes couilles.

– Viens, ma petite tante, dis-je, laisse-moi t’embrasser pour la peine que tu as été si gentille. »

Et je l’embrassai sur sa jolie bouche, rouge comme une cerise et ouverte sur de belles dents saines et appétissantes.

« Maintenant, essuie-moi aussi, lui demandai-je, les mains jointes, dès que je fus sorti de la baignoire. »

Alors ma tante m’essuya et s’attarda à l’endroit sensible peut-être plus qu’il n’était nécessaire. Cela m’excita au plus haut point ; je me tenais au bord de la baignoire pour pouvoir tendre le ventre davantage et je me remuais tellement que ma tante me dit doucement :

« C’est assez, Roger, tu n’es plus un petit garçon. Dorénavant, tu te baigneras seul.

– Oh non ! ma petite tante, je t’en prie, pas seul. Tu dois me baigner. Quand c’est toi qui le fais ça me produit beaucoup plus de plaisir que lorsque c’est ma mère.

– Habille-toi, Roger !

– Sois gentille, ma tante, baigne-toi aussi une fois avec moi !

– Habille-toi, Roger, répéta-t-elle en allant à la fenêtre.

– Non, dis-je, je veux aussi te voir baigner.

– Roger !

– Tante, si tu ne veux pas te baigner, je dirai à papa que tu as de nouveau pris ma quéquette en bouche. »

Ma tante rougit brusquement. En effet, elle l’avait vraiment fait (...)

Les exploits d'un jeune Don Juan

Après la chute de Berthe, pour la remettre, Roger l’entraîne vers un étang. Et il s’exhibe à son tour, dans l’espoir d’en voir davantage.

« Vois-tu, Berthe, c’est par le petit trou du bout que je pisse, mais maintenant je ne peux pas, bien que j’en aie envie.

– Moi aussi, j’en ai envie, depuis longtemps, dit doucement Berthe, mais j’ai honte, tu ne dois pas me regarder, Roger !

– Voyons, Berthe, ne sois pas méchante, si l’on se retient trop longtemps, la vessie crève et l’on meurt. C’est ce que nous disait notre vielle bonne.»

Berthe se leva, regarda de tous côtés, puis s’accroupit près du banc et commença à pisser. Je me penchai vite pour tout voir et vis en haut de sa fente un jet mince et large qui tombait obliquement sur le sol. (…) Je vis le jet qui tombait sur le sol en faisant des éclaboussures. À la fin il devint plus faible. Finalement, il me sembla que ma soeur faisait des efforts, sa fente s’ouvrait tout en haut et l’on voyait la chair rouge. Cela n’avait duré que quelques secondes, le jet cessa et quelques gouttes en tombèrent seules encore.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Mais du coup c’est Berthe qui l’instruit en lui contant ses jeux avec la femme de chambre.

– Qu’est-ce que ça veut dire : le mettre ? demandai-je.

– Eh bien, oui ! quand on se les frotte l’un à l’autre. Kate me l’a déjà fait et j’ai dû le lui faire aussi. Elle m’a fait bien plus de plaisir que toi tout à l’heure. Elle se mouille toujours le doigt. J’ai dû lui mettre le pouce parce qu’il paraît que c’est le doigt qui entre le plus loin. Alors je l’ai remué vite d’avant en arrière et ça lui a fait plaisir. Elle me l’a fait et ça m’a fait plaisir aussi, mais la première fois qu’elle se l’est fait faire, elle m’a beaucoup effrayée. Elle a commencé à soupirer, à souffler, elle s’est mise à crier en se secouant, si bien que j’allais cesser croyant qu’elle avait mal : “Ne cesse pas,  Berthe”, m’a-telle dit, et elle s’est secouée en criant : “Berthe, ça vient, oh ! oh ! oh !...”

« Puis elle est retombée sur le lit, comme évanouie. Quand j’ai retiré mon doigt de sa fente, il était comme plein de colle. Elle m’a fait laver et m’a promis de me faire venir aussi cela, lorsque je serai plus vieille et que j’aurai du poil sur ma motte. »

Les exploits d'un jeune Don Juan

Le lendemain, après mon café, la femme du régisseur vint pour faire ma chambre. J’ai dit qu’elle était enceinte et je pus contempler l’énorme masse de son ventre et aussi la grosseur inaccoutumée de ses tétons dont on pouvait apercevoir le ballottement sous la légère blouse qu’elle portait.

La régisseuse était pressée. Elle n’avait fermé qu’un bouton de sa blouse et il arriva qu’en se courbant pour faire mon lit, ce bouton se défit et j’aperçus toute sa poitrine parce qu’elle portait une chemise très échancrée.

Je fis un bond : « Madame ! vous allez vous refroidir ! » Et faisant semblant de vouloir reboutonner la blouse, je défis le ruban qui retenait sa chemise sur les épaules. Au même moment, les deux tétons semblèrent bondir de leur cachette et je sentis leur grosseur et leur fermeté.

Les boutons qui se tenaient au milieu de chaque sein ressortaient, ils étaient rouges et entourés d’une aréole très large et de couleur brunâtre.

Elle sentait la sueur, mais d’une façon assez agréable qui m’excitait. C’était cette odor di femina qui, je l’ai su plus tard, émane du corps de la femme et qui, suivant sa nature, excite le plaisir ou le dégoût.

« Ah ! hou ! À quoi pensez-vous ?... Non... cela ne se fait pas... je suis une femme mariée... pour rien au monde... » (…)

Mon excitation ne connaissait plus de bornes. Je soulevai ses robes, sa chemise et vis une belle paire de cuisses qui m’enthousiasmèrent plus que celles des paysannes. Entre les cuisses fermées, j’aperçus un petit buisson de poils châtains mais dans lequel on ne pouvait distinguer de fente.

Je soulevai sa chemise et regardai avec étonnement l’énormité de son ventre, où le nombril était en relief au lieu d’être en creux comme chez ma soeur. (…)

Son con m’apparut. Je m’effrayai d’abord en voyant les deux grandes lèvres, épaisses et enflées, dont la couleur rouge tournait au brun. (…) En haut des grandes lèvres le trou à pipi se montrait surmonté d’un petit grain de viande, c’était le clitoris, comme je m’en rendis compte, par ce que j’avais appris dans l’atlas anatomique. (…)

Tout en moi tendait vers le plaisir. Je me plaçai entre les cuisses de la régisseuse assise, mais elle s’écria : « Pas sur moi, cela me fait mal. Je ne peux plus me le laisser faire par devant. »

Elle descendit du lit, se tourna et se courba, le visage sur le lit. Elle n’ajouta pas une parole, mais mon instinct me donna le mot de l’énigme. Je me souvins d’avoir vu deux chiens à l’oeuvre. Je pris aussitôt Médor comme exemple et soulevai la chemise de Diane, c’était le nom de la régisseuse.

Le cul m’apparut, mais un cul comme je n’en avais jamais rêvé. Si le cul de Berthe était gracieux, vraiment il était sans importance auprès de celui-là. (…)

Au-dessous du cul colossal, entre les cuisses, apparaissait le con gras et juteux dans lequel je fouillai d’un doigt rigoleur. (…)

Je plaçai ma pine brûlante dans son con, comme un couteau dans une motte de beurre. Puis je me démenai comme un beau diable en faisant claquer mon ventre contre le cul élastique.

Cela me mit complètement hors de moi. Je ne savais plus ce que je faisais et j’arrivai ainsi au terme de la volupté en éjaculant pour la première fois ma semence dans le con d’une femme.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Le charmant jeune homme, frais dépucelé, ayant découvert un passage condamné vers la chapelle d’où on peut tout entendre de ce qui se dit dans le confessionnal, va espionner les aveux des pénitents, dont sa mère. Mère qui après avoir avoué que son mari voulait la voir –l’avoir –nue poursuit :

Mais mon mari me fait aussi toujours prendre certaines positions dont j’ai honte.

Dernièrement, il a fallu que je me mettre nue à quatre pattes, et il m’a regardée par derrière. Chaque fois il faut que je me promène nue autour de la chambre, il me donne une canne et commande : « En avant, marche ! » ou bien : « Halte ! » ou bien : « Par le flanc droit ou gauche », comme à l’exercice.

LE CONFESSEUR. – Cela ne devrait pas avoir lieu mais si vous le faites seulement par obéissance, vous ne commettez pas de péché.

MA MÈRE. – Ah ! j’ai encore quelque chose sur le coeur, mais j’ai honte de parler.

LE CONFESSEUR. – Il n’y a pas de péché qui ne puisse être pardonné, ma fille. Soulagez votre conscience.

MA MÈRE. – Mon mari veut toujours me prendre par derrière et il se conduit d’une telle façon que je manque de m’évanouir de honte. Dernièrement donc, je sens qu’il m’introduit son doigt, couvert de pommade, dans... dans... l’anus. Je veux me relever, il me calme, mais je sens bien qu’il introduit son membre. Cela m’a d’abord fait mal, mais je ne sais pourquoi, au bout d’un moment, cela me fut agréable, et lorsqu’il eut fini j’eus la même sensation que s’il eût agi par la voie naturelle. (Le reste fut murmuré à voix trop basse pour que je l’entendisse.)

LE CONFESSEUR. – Ceci est un péché. Envoyez-moi votre mari à confesse.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Sa sœur, elle, ne se confesse pas car elle est alitée, il va donc lui rendre visite.

…lorsque je voulus la toucher sous les couvertures, elle se tourna en disant : « Non, Roger, depuis avant-hier, j’ai mes affaires... tu sais bien... et j’ai trop honte. – Ah ! dis-je, tes menstrues, ainsi tu n’es plus une fillette, mais une femme. Je suis aussi devenu un homme, Berthe », ajoutai-je fièrement et, me déboutonnant, je lui montrai mes poils et mon vit décalotté. « Et je l’ai fait aussi, tu sais ! mais je n’ai pas le droit de dire avec qui.

– Tu l’as fait ? demanda Berthe, mais quoi donc ? »

Alors j’expliquai le coït à ma soeur attentive.

« Et tu sais, papa et maman le font aussi toujours.

– Va donc, c’est trop dégoûtant. » Elle dit cela d’un ton qui signifiait le contraire, et j’ajoutai : « Dégoûtant ? Pourquoi donc deux sexes ont-ils été créés, Berthe ? Tu ne peux pas croire comme ça fait du bien, beaucoup plus de bien que quand on le fait tout seul. (…)

– Allons, Berthe, faisons-le, et je l’embrassai et la pressai contre moi.

– Ne me fais pas de mal à la poitrine, dit Berthe, je suis maintenant très sensible. » Mais elle ne s’opposa pas à ce que j’ouvrisse sa chemise pour voir ses petits tétons dans la première période de leur développement.

(…)

Après quelques refus elle me permit de voir son con, mais elle roula auparavant sa chemise ensanglantée.

Elle avait déjà beaucoup plus de poils que moi. Un peu de sang aqueux coulait sur ses cuisses ; certes, ce n’était pas très appétissant, mais j’étais trop excité pour y prendre garde.

Elle tenait les cuisses serrées, mais mon doigt trouva bientôt son clitoris. Ses cuisses s’ouvrirent sous la pression de ma main. Enfin, je pus mettre mon index dans son con humide, mais pas très loin, car elle se contractait. J’appuyai contre son hymen, au milieu duquel il y avait déjà un petit trou. Berthe poussa un petit cri de douleur et se contracta encore.

Très excité, je me déshabillai, levai ma chemise et me mis sur ma soeur pour pénétrer dans son con avec mon membre toujours plus dur. Berthe protesta à voix basse, se mit à pleurer, poussa un petit cri lorsque je fus bien entré dans son vagin. Mais la courte douleur sembla bientôt se changer en volupté. Ses joues étaient échauffées, ses jolis yeux brillaient, sa bouche était à demi ouverte. Elle m’enlaça et répondit avec force à mes secousses.

Avant que j’eusse fini, le nectar se mit à couler de son con. Ses yeux se fermèrent à moitié et clignotèrent nerveusement ; elle criait fort, mais de volupté : « Roger, ah ! ah ! ah ! Ro-o-ger, – je... – je... aah ! » Elle était complètement hors d’elle. J’avais dépucelé ma soeur.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Mais Kate, la femme de chambre, les surprend.

Lorsque Kate regarda mon vit de nouveau très présentable, elle se mit à rire : « Oh ! oh ! quelle grosse manivelle il a Roger, il faut tourner la manivelle ! » Elle prit mon vit dans sa main, le serra et le décalotta. Je n’y tins plus. J’empoignai Kate aux tétons, elle fit semblant de se défendre. Je mis alors la main sous ses jupes. Elle ne portait pas de pantalon. J’empoignai son abricot. Elle voulait se retirer, mais je la tenais aux poils. Avec le bras gauche j’enlaçai son cul. Je m’agenouillai et lui enfonçai dans son con chaud, le pouce de ma main droite, en le faisant entrer et sortir. (…)

Je lui soulevai la robe et mis son con à nu. Ses poils étaient roux, mais pas aussi épais que je l’eusse cru d’après les renseignements de Berthe, mais assez longs et humides de sueur. (…)

Je me jetai sur elle, poussai mon vit entre ses cuisses, pénétrai doucement dans son con, mais j’en ressortis aussitôt. Mes pieds ne trouvaient pas de point d’appui. La position était trop incommode.

Mais Kate, qui maintenant était en chaleur, sauta debout, me poussa sur la chaise, près du lit, et se jeta sur moi. Avant que j’eusse le temps de me reconnaître, mon membre était enfermé dans son con.

Je sentais ses longs poils contre mon ventre. Elle se remuait et me tenait les épaules. À chaque mouvement ses grandes lèvres touchaient mes couilles. (…)

La crise s’approchait chez Kate très excitée. Dans la violence des mouvements, mon vit était sorti deux fois de son con et en le rentrant elle me faisait très mal, bien qu’à elle cela semblât lui faire beaucoup de plaisir.

Je restai en retard sur elle, tandis qu’elle criait d’une voix extasiée : « Maintenant... maintenant... maintenant... ça me vient... Ah ! Oh ! mon Dieu... ton vit me fait du bi-i-en... » En même temps elle déchargea et je m’en aperçus à l’augmentation de l’humidité de son con. Au dernier moment de son extase, la sensible femme de chambre me mordit à l’épaule.

Kate avait rapidement repris ses esprits.

« Roger, ta queue devient toujours plus brûlante, tu vas décharger maintenant. » Et elle se dressa brusquement, saisit de la main droite mon vit humide de sperme et se mit à le frotter violemment, en disant : « Sans cela je pourrais devenir enceinte. »

Je m’étais levé aussi ; Kate me pressait contre elle avec son bras gauche ; je suçai ses tétons. Je dus ouvrir les jambes. Mon ventre se secouait convulsivement, complètement nu devant les deux curieuses filles. Tout à coup mon jet partit.

Berthe avait regardé attentivement l’éjaculation et contemplait avec curiosité le liquide blanc qui était tombé sur le lit.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Roger a accueilli sa grande sœur, Elise, à la gare et, tandis que son père et le prétendant de sa tante repartent avec la voiture à cheval, ils reviennent à pied au château. Il commence à l’entreprendre.

Nous entendîmes des voix. Elle eut peur. Je la poussai dans la hutte que je refermai sur nous. Nous regardâmes par une fente. Un valet et une servante s’approchaient en se lutinant. Il la jeta sur le sol, se mit sur elle, sortit son vit, releva les jupons, et ils s’enfilèrent en grognant comme des bêtes.

J’avais enlacé Élise et je la pressais contre moi. Son haleine parfumée m’échauffait les joues. Sa poitrine se soulevait fortement devant le spectacle que nous contemplions sans parler. Je sortis mon vit et le mis dans la main chaude et douce comme du satin. Le couple s’éloigna. Je ne pouvais résister et j’empoignai Élise. Malgré sa résistance, j’eus vite écarté le pantalon et la chemise. Ma main jouait avec ses poils. Ses cuisses étaient serrées, mais je sentais son clitoris dur.

(…)

Je m’assis sur une chaise et tirai ma soeur sur moi. Quand elle sentit l’énorme vit contre son con elle ne résista plus. Elle n’était plus pucelle et avoua l’avoir fait une fois avec son Frédéric. Son con était étroit, très chaud et agréablement humide.

Elle me rendit mes baisers. J’ouvris sa blouse et sortis ses deux tétons qui allaient et venaient tandis que je les suçais. Je mis mes deux bras à ses dures et grosses boules inférieures, ses deux fesses magnifiques. Elle se mit à jouir terriblement. Nous déchargeâmes ensemble. Ensuite, nous nous promîmes le silence.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Roger découvre Elise et sa tante jouant les voyeuses par une fente de la porte de la chambre conjugale, où Charles, son père, fait subir à Anna, sa mère, ses fantaisies conjugales, puis les derniers outrages. Les deux voyeuses sont fort excitées par le spectacle et Roger décide d’aller attendre sa tante.

J’entrai dans la chambre de ma tante. En rentrant, elle eut peur. Je lui dis tout. Elle ralluma la lumière. Je l’embrassai sans parler. Je sentais les jolies formes de son beau corps. Elle tremblait. Je saisis son con sous sa chemise. Elle se débattait. Je la consolai.

« Soyons mari et femme, chérie, jolie Marguerite ! »

Mon doigt jouait sur le clitoris. Elle s’abandonna. Je découvris ses beaux tétons pareils à des boules de neige. Je la poussai vers le lit. Elle se mit à sangloter. Je lui proposai de partir pour nous marier. Ça la fit rire. Je mis mon vit nu. Elle était aussi excitée par le champagne qu’elle avait bu. Elle éteignit la bougie. Je mis mon vit dans sa belle main, puis je lui fis minette ; le plaisir était trop grand, elle s’agitait, son clitoris se gonfla. Je mis un doigt dans son con et suçai ses tétons. Puis je lui enlevai la chemise, je la pressai contre moi et, bouche à bouche, je poussai à coups redoublés ma pine dure dans sa fente virginale.

Un seul cri léger précéda la jouissance qui l’accabla aussitôt. C’était maintenant une femme enflammée et elle s’abandonna à la volupté.

Un court combat, mais dont les sensations furent infinies, nous amena tous deux aux bornes de l’extase la plus voluptueuse , et c’est avec les plus violentes secousses que je répandis dans son sein le baume vital.

Le plaisir avait été trop grand, je bandais toujours. Je la caressai puis je rallumai la bougie. Elle se cacha le visage dans les coussins ; sa pudeur était revenue, mais je tirai la couverture pour voir son corps de Vénus. Une légère trace de sang se voyait sur les poils du con, mêlée avec notre sperme. Je la nettoyai avec mon mouchoir, la retournai, lui chatouillai le dos, le cul et lui mis la langue dans le trou du cul.

Puis je me mis sur elle, la tête enfouie dans ses cheveux parfumés. Je mis mes bras autour de son corps, la soulevai un peu et replongeai ma pine dans sa fente humide. Un long combat s’ensuivit qui nous fit transpirer par tous les pores. Elle déchargea la première en criant de volupté comme une folle. Ma décharge suivit dans une volupté presque douloureuse. C’était assez, nous nous séparâmes.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Épilogue

Un jour, Élise et ma tante entrèrent dans ma chambre en pleurant. Elles étaient enceintes. Mais elles n’osaient l’une devant l’autre dire que j’étais le malfaiteur. Mon parti fut vite pris.

« Élise, épouse Frédéric, et toi, tante, marie-toi avec M. Franck. Je serai votre garçon d’honneur. »

Le matin du jour suivant, ma porte s’ouvrit. Ursule entra. Elle aussi était enceinte. Je lui dis d’épouser le cousin du régisseur qui lui faisait les yeux doux et promis d’être le parrain de son enfant. Puis je la mis nue et lui léchai le con et le cul. Ensuite je me lavai avec de l’eau de Cologne et me fis lécher le cul par elle. Cela m’excita énormément. Je la baisai avec de telles secousses que ses cheveux flottaient sur le lit.

Nous eûmes bientôt les trois mariages. Tout se termina amoureusement et je couchai tour à tour avec les femmes de mon harem.

Les exploits d'un jeune Don Juan

 

 

En complément :

« Les exploits d’un jeune Don Juan » ont inspiré un réalisateur italien, Gianfranco Mingozzi. Et bien que l’excellent Jean-Claude Carrière ait mis la main au scénario, il a un rapport assez lointain avec l’œuvre d’Apollinaire. Le titre italien, L'Iniziazione, est plus judicieux. Et il y a un peu du Diable au corps dans ce film. En effet, c’est après la mobilisation de 1914 que le jeune coq se retrouve, à 16 ans, seul petit mâle au milieu de femmes esseulées.

Le film est plus polisson que transgressif.

Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don JuanLes exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don JuanLes exploits d'un jeune Don Juan
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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 14:27

Je croyais lire un mauvais livre. Je ne sais pas ce qui m'a pris de demander ça pour mon anniversaire. Et comme je me méfiais, j'ai aussitôt acheté un bon vieux polar. J'ai posé les deux sur ma table de chevet, et j'ai ouvert le premier. Je n'ai rien compris. Ça commence par une sombre affaire de procès. Le narrateur attaque, ou est attaqué par un de ses pairs qui prétend marcher devant lui. Ça dure des pages et des pages, avec des arguties juridiques de l'ancien temps, et le récit de toutes les ruses que le héros et ses amis déploient pour contrer l'énergumène qui prétend avoir sur eux la préséance. J'ai refermé le livre et je me suis dit que je ne le rouvrirai pas. Je l'ai rouvert le lendemain soir. Suite du procès. Cette affaire de cornecul, pour appeler les choses par leur nom, dure et dure encore. Maintenant, c'est le magistrat qui est corrompu, et qu'il faut tenter de faire démettre. Non, je n'irai pas plus loin. Je l'ai repris le lendemain soir, et ainsi de suite. En deux mois, j'ai lu plus de 700 pages.

Il s'agit le plus souvent de savoir qui a le droit, ou n'a pas le droit, au titre d'altesse, qui a le droit de rester couvert, ou au contraire découvert, devant le roi, qui a le droit de monter dans le carrosse de qui... Il y a aussi des récits de batailles, mais sans carte pour suivre les mouvements des armées, et sans lexique pour savoir qui est avec qui, où sont les gentils, où sont les méchants, c'est totalement incompréhensible. Le plus souvent, "je" nous donne toute la généalogie de ceux qui, cette année là, se sont mariés, à moins qu'ils ne soient passés de vie à trépas. Aucun intérêt, sauf que je continue de lire, que je n'arrive pas à m'en détacher.

L'auteur n'est pas non plus très sympathique. Réac, dévot, lèche-cul du roi et écrivant de lui tout le mal qu'il en pensait, mais après sa mort, pour ne courir aucun risque.

Et un style pour le moins étrange, une langue déjà un peu ancienne de son temps, mais d'une souplesse telle qu'on s'y perd, les pronoms sont si loin des noms qu'ils remplacent qu'on ne sait à quoi il faut les attacher, qu'on perd le fil.

Il faut avouer que certains portraits sont d'une méchanceté tout à fait réjouissante. Au hasard : " M. de Brissac savait beaucoup et avait infiniment d'esprit, et des plus agréables, avec une figure de plat apothicaire, grosset, basset, et fort enluminé. C'était de ces hommes nés pour faire mépriser l'esprit et pour être le fléau de leurs maisons : une vie obscure, honteuse, de la dernière et de la plus vilaine débauche, à quoi il se ruina radicalement à n'avoir pas de pain longtemps avant de mourir (...)"

« .... À soixante-sept ans, il s'en croyait vingt-cinq, et vivait comme un homme qui n'en a pas davantage. Au défaut de bonnes fortunes, dont son âge et sa figure l'excluoient, il y suppléait par de l'argent, et l'intimité de son fils et de lui, de M. le prince de Conti et d'Albergotti, portait presque toute sur des moeurs communes et des parties secrètes qu'ils faisaient ensemble avec des filles. Tout le faix des marches et des ordres de subsistances portait toutes les campagnes sur Puységur, qui même dégrossissait les projets. Rien de plus juste que le coup d'oeil de M. de Luxembourg, rien de plus brillant, de plus avisé, de plus prévoyant que lui devant les ennemis, ou un jour de bataille, avec une audace, une flatterie, et en même temps un sang-froid qui lui laissait tout voir et tout prévoir au milieu du plus grand feu, et du danger et du succès les plus imminent, et c'était là où il était grand. Pour le reste, la paresse même: peu de promenades sans grande nécessité; du jeu, de la conversation avec ses familiers, et tous les soirs un souper avec un très-petit nombre, presque toujours le même, et si on était voisin de quelque ville, on avait soin que le sexe y fût agréablement mêlé. Alors il était inaccessible à tout, et s'il arrivait quelque chose de pressé, c'était à Puységur à y donner ordre. Telle était à l'armée la vie de ce grand général, et telle encore à Paris, où la cour et le grand monde occupaient ses journées, et les soirs ses plaisirs. À la fin, l'âge, le tempérament, la conformation le trahirent.... »

Cité par Sainte-Beuve

Saint-Simon, c'est de lui, vous l'aviez deviné, dont je parle, n'a donc pas grand chose pour plaire, sinon ses rosseries. Et surtout, qu'avons-nous à faire de ces conflits de préséance, qui sont d'un ridicule achevé, mais qui mobilisent jusqu'au roi. Louis XIV semble passer plus de temps à trancher ces querelles, et à distribuer des faveurs sonnantes et trébuchantes, qu'à gérer son royaume.

Un mauvais livre... ou pas

Et puis, tout d'un coup, vous êtes pris de vertige. Et si c'était cela, l'exercice du pouvoir ? On se soucie un peu moins, aujourd'hui de savoir, qui est fils de qui, sauf pour les acteurs de cinéma, ou les vedettes de la télé, mais un "X-Mines" doit-il l'emporter sur un "X-Ponts" pour une nomination ? Et qui est en tête du palmarès des fortunes de France ? Le pouvoir, en son sein comme dans les yeux des sujets-citoyens, est d'abord une affaire de cornecul.

Saint-Simon est fascinant. Ses mémoires font 8 volumes de la Pleiade, j'achève le premier. Irai-je au-delà ? Pas sûr. Mais pas sûr du contraire. En attendant, le lirai quand même le bon vieux polar qui est resté sur ma table de chevet.

 

Pascal Bouchard

 

Mémoires de Saint-Simon

Outre Gallica (BNF) on peut consulter les Mémoires du Duc de Saint-Simon sur http://rouvroy.medusis.com/

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 18:27
FN Son vrai visage

Marine Le Pen, son père et son parti devraient crouler et s’écrouler sous les affaires qui les accablent plus que le cul-bénit de Solesmes. Mais cela a autant d’effet sur leur électorat que l’eau sur les plumes d’un canard.  Le faux patriotisme qu’elle arbore et le FRANCEXIT qu’elle propose – sortie de l’Europe, retour au franc – ne peut conduire qu’à une catastrophe économique dont pâtiraient d’abord ceux qui la soutiennent. Qu’importe, ils clament que « Nous sommes au bord du gouffre, mais nous allons faire un grand pas en avant ! ».

FN Son vrai visage

Questions casseroles, les Le Pen et leur(s) parti(s) n’ont rien à envier à Fillon. Sauf que leurs emplois fictifs d’assistants parlementaires européens n’avaient pas pour but – au moins connu, car il y eut des emplois familiaux ou concubinaux – un enrichissement personnel, mais de détourner les fonds d’une Europe qu’ils exècrent au profit de leur parti. La brochure de la Fondation Jean Jaurès sur le vrai visage du FN, vu du Parlement européen, nous précise que :  

"Dès le début de cette mandature, les services du Parlement ont eu des soupçons (…), tout laissait penser que les fonds du Parlement étaient détournés pour rémunérer et former les cadres du FN. L’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OLAF) a alors été saisi pour mener une enquête pour abus de confiance. De son côté, le Parquet de Paris a lancé une enquête judiciaire concernant pas moins de 29 assistants de parlementaires FN (…) le 15 décembre 2016, une information judiciaire a été ouverte en France pour abus de confiance, escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé. Si les faits reprochés sont attestés, cela pourrait représenter un préjudice de plusieurs millions d’euros pour l’institution. (…) Jean-Marie Le Pen a déjà été mis en cause pour une affaire d’emploi présumé fictif entre 2007 et 2014 et doit rembourser 320 000 euros. Le Parlement européen réclame également 340 000 euros à Marine Le Pen, toujours pour des  soupçons d’emplois fictifs. Marine Le Pen a vu son indemnité parlementaire ainsi que ses indemnités de séjour divisées de moitié et la totalité de son enveloppe des frais généraux supprimée. Sa cheffe de cabinet financée par le Parlement européen, Catherine Griset, a été mise en examen pour recel d’abus de confiance fin février 2017."

Et qui sait que chez les proches de Marine Le pen, quelques noms figurent sur les fameux Panama Papers ? Ainsi une agence de communication, Riwal, travaillant pour le FN et dans laquelle on trouve notamment Nicolas Bay ou Jean-François Jalkh, ferait dans les fausses factures et les sociétés écrans, dans des lieux exotiques comme Panama, bien sûr, les îles vierges britanniques, Hong-Kong ou Singapour.

Le mandataire du compte en suisse du papa – eh oui ! le patriote borgne aurait mis à l’ombre helvétique un petit viatique de plus de 2 millions d’euro – Gérald Gérin, ainsi qu’un certain Crochet, figure sur ces panama papers.

Les prêts russes

Le Gérald Gérin mérite une double attention car il était le trésorier d’un micro-parti, Cotelec, par où a transité un des prêts russes dont MLP a bénéficié. En effet, pour financer la campagne européenne, Aymeric Chauprade, avait négocié un prêt de 2 M€ auprès de la société chypriote Vernonsia, émanation de la banque d’État russe VEB Capital.

L’eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser avait précédemment négocié un prêt de 9 millions d’euros accordé au FN par la First Czech Russian Bank, touchant au passage, une belle commission.

On comprend mieux la connivence à l’égard de la la Russie ! Le FN soutient – appuyé il est vrai par des ripoublicains style Mariani – la politique de l’ex KGBiste Poutine en Ukraine et en Syrie.

Par une sorte d’inversion historique, qui relève de la totale imposture, c’est l’Europe, cette anti-France, que le FN qualifie d’« Union soviétique européenne » ou de « système oligarchique ». « L’Europe est une machine à broyer les peuples dans un déni permanent de démocratie ».

« L’Union européenne est en effet constamment présentée par le FN comme la source de toute perte de souveraineté et la seule responsable de tous les maux dont souffre le pays. L’Union favoriserait ainsi une prétendue submersion migratoire, menacerait l’identité française, nuirait à la sécurité des citoyens, plongerait les États dans l’austérité ; l’euro serait synonyme de chômage et de baisse de compétitivité, etc. Le FN a développé un profond rejet du projet européen, relayé quotidiennement par ses eurodéputés. Et plus encore que de nier la souveraineté, l’Union européenne nierait la démocratie, les eurodéputés FN qualifiant volontiers l’Union de régime totalitaire. L’intégration européenne ferait subir à notre pays le diktat allemand et les ordres des technocrates de Bruxelles – nous privant de toutes nos souverainetés, de toutes nos libertés.»

FN Son vrai visage

Laïcité à la mode racines chrétiennes

Si l’on en croit Mme Badinter «En dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité». Une laïcité style Riposte raciste alors ! Car l’ennemi c’est avant tout le communautarisme islamique qui menace la laïcité républicaine et surtout l’identité française, fondés sur nos racines chrétiennes ! « Plus de kippa, plus de turban, plus de voile, plus de barbe dans aucun métier. ».

Anti-féminisme et homophobie

La même imposture existe en ce qui concerne le féminisme ou l’abandon de l’homophobie.

Il faudrait cantonner les femmes au foyer, prône un de leurs eurodéputés : « Cela aurait l’avantage de libérer des emplois, de donner une meilleure éducation à nos enfants, de sécuriser nos rues parce qu’ils ne traîneraient pas dans les rues et ne seraient pas soumis à la drogue ».

Et certains élus FN affirment que le lobby LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexe) est l’un des plus puissants au sein du Parlement européen et dénoncent, dans des termes que ne renierait pas Ludivine de la Rochère, une « idéologie mortifère » qui menace « notre civilisation » en s’attaquant aux mariages homme-femme, au modèle familial traditionnel. Cette idéologie conduirait même à une forme moderne d’esclavage. Selon eux, une famille ne peut être fondée que sur un couple composé par un homme et une femme.

Le vernis de la dédiabolisation craque !

Veaux, vaches, cochons... et chasse...

Imposture encore le bien-être animal, style Brigitte bardot. Là-dessus le groupe FN fait crouler le Parlement européen sous des textes. Philippot s’est fait une spécialité du meulage des dents de cochons. Les lévriers, les pièges à glu, les expérimentations sur les rongeurs, les animaux de cirques, les courses de chiens, les éléphants, les vaches allaitantes, les vaches laitières, les veaux, les boeufs, la castration du cochon, etc. sans oublier les volailles : cailles, pintades, poules, poussins, dindes, poulets, canards, oies… tout y passe !

Mais ils sont aussi les défenseurs fanatiques de la chasse, cette noble tradition de nos campagnes et dénoncent les réglementations qui pourraient en entraver l’exercice. Dans leur élan, ils se mobilisent pour les tireurs sportifs ou les collectionneurs d’armes à feu. Pour eux, en effet, la libre circulation des armes, comme aux États-Unis, est un idéal qui permettrait de se défendre face aux terroristes.

Quant à l’écologie, dont le FN n’hésite pas à se réclamer, elle se traduit par le refus des accords de Paris (COP 21), et la demande de l’arrêt des subventions aux énergies renouvelables pour les réorienter vers des investissements nécessaires dans le nucléaire.

Faut-il montrer la catastrophe à laquelle aboutirait l’objectif du Francexit et du retour au Franc ?

Il est malheureusement à craindre que, pas plus que les casseroles, cela ne fasse vaciller l’électorat du FN dans son aveuglement.

FN Son vrai visage

Refile leur donc ton petit écu...

Le cycle inflation/dévaluation du franc est-il si lointain ? Faut-il avoir fait sciences éco pour comprendre que le retour au Franc provoquerait immédiatement une fuite de capitaux ? donc un contrôle des changes ! Que la dévaluation immédiate par rapport aux autres monnaies pénaliserait les industries dépendant de matières premières étrangères ? Le FN – ils ont quand même, tout antisystème qu’ils sont quelques énarques comme Philippot – conscient du problème promet de remettre en place une monnaie de change, inventée par Giscard (et ancêtre de l’Euro) l’Ecu ! Encore faudrait-il que les partenaires en veuillent de notre Ecu.

Terra Nova "Sortie de l'euro : les petits paieront !"

Terra Nova "Sortie de l'euro : les petits paieront !"

Le seul exemple de l’agriculture est assez éclairant sur la méthode yaka-focon du FN.

Postulat de départ, tout est de la faute du diktat de Berlin relayé par Bruxelles. Donc remplaçons la PAC honnie, par la bienheureuse PAF de cheux nous.

FN Son vrai visage

L’agriculture est la seule politique sectorielle complétement intégrée au niveau communautaire. La Politique agricole commune (PAC) représente 40% de son budget soit 55 Md€. Les agriculteurs français en touchent près de 10 Md€. Se pose sans doute un problème de répartition de cette manne, car si les gros agrariens, voire des industries agro-alimentaires, palpent gros, les petits paysans n’ont que des miettes, voire rien.

Le FN prétend, comme le faisaient les partisans du Brexit, Boris Johnson ou Nigel Farage, que la fin de la contribution européenne permettra d’alimenter une Politique agricole française (PAF). L’après Brexit a montré que c’était de la foutaise de l’aveu même de Farage.

Faut-il rappeler que notre agriculture, même si elle se plaint de l’invasion de tel ou tel produit, dégage un solde d’échanges positif ? Autrement dit, elle exporte plus ses produits que nous importons de produits agricoles. Et plus des 2/3 des exportations au sein de l’Europe. Inutile donc de dire que si nous fermons la porte aux produits étrangers, les étrangers fermeront leurs portes aux nôtres. Pour les consommateurs hausse assurée. Pour les agriculteurs crise assurée !

C’est donc par le prisme du Parlement européen, que les eurodéputés PS ont, à partir des votes et prise de positions des représentants du FN, analysé les positions et contradictions du FN pour en dévoiler « SON VRAI VISAGE ».

FN Son vrai visage

Document téléchargeable sur le site de la Fondation Jean Jaurès

 

 

A lire :

Marine Le Pen passe son temps à dire qu’elle ne sait rien des affaires du FN : c'est faux” Télérama

 

La France de Marine Le Pen : affaiblie, isolée, divisée Terra Nova

Sortie de l'euro : les petits paieront ! Terra Nova

A noter que Terra Nova fait toujours et encore l'objet d'un procès, instruit d'abord, il faut le rappeler, par d'obscurs membres des instances de l'UMP du temps de Sarkozy, mais repris à foison par des BOGÔs, dont l'ineffable Frédéric Lordon et orchestré une fois encore par Arrêt sur images !

 

 

Pour compléter :

 

 

FN Son vrai visage

Présidentielle 2017 : la CFDT combat le FN

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 21:30
Cher Pays de notre enfance

"Il y a deux Histoires : l'Histoire officielle, menteuse, qu'on enseigne, puis l'Histoire secrète, où sont les véritables causes des événements, une histoire honteuse."

Robert Scarpinato, procureur général de Palerme

 

NB Ce qui n'implique pas qu'il faille céder aux démons du complotisme

Cher Pays de notre enfance

Assassinat d’un juge en 1975, assassinat d’un ministre, déguisé en suicide, en 1979. Et derrière au moins la deuxième affaire, celui qu’on veut nous faire passer pour quasiment un saint homme… Jacques Chirac.  L’ouvrage est singulier qui se sert de la BD non pour mener une reconstitution ou illustrer un pan d’histoire, mais pour décrire une enquête.

La BD et l’Histoire font bon ménage. Alix le Gaulois, de Jacques Martin, reconstituait la vie gallo-romaine. Et combien de BD moyenâgeuses, avec des chevaliers sans peur et sans reproche massacrant allègrement les infidèles, ont nourri nos fameuses racines chrétiennes ? Plus sérieusement, le livre de Preston sur la Guerre d’Espagne a été illustré avec son accord. Quant à Enki Bilal avec Les Phalanges de l’Ordre Noir, en 1979, l’année même de l’assassinat de Boulin, il imagine un sinistre combat entre un groupuscule d’ex-phalangistes s’en prenant encore aux survivants républicains.

Cher Pays de notre enfance

Mais Etienne Davodeau – auteur de bandes dessinées – et Benoît Collombat – journaliste - nous font vivre leur enquête sur les meurtres du juge François Renaud le 3 juillet 1975, puis sur celui de Robert Boulin, maquillé en suicide, le 30 octobre 1979. Entre les deux ils font parler les témoins des méfaits des milices patronales du CSL. Et derrière cela le SAC, l’oxymorien Service d’action civique – qui n’avait rien de civique – et qui sera dissous après le massacre d’Auriol, le 18 juillet 1981.

Cher Pays de notre enfance

Nos deux enquêteurs interrogent François Loncle, membre de la commission d’enquête parlementaire sur le SAC. Bizarrement, on lui fait dire « je suis devenu député en 1976 », alors que, s’il a fait une campagne fort bien appuyée par Mitterrand et Mauroy (alors qu’il était à l’époque Radical de Gauche) en 1978, il ne fut élu qu’avec la vague rose de 1981.

Il évoque le « système Tomasini ». René Tomasini qui fut secrétaire général de l’UDR (qui deviendra RPR, UMP et LR), Maire des Andelys, sévissait dans la circonscription voisine, à l’époque IVe de l'Eure, devenue Ve.

Incidemment on croise les noms du Juge Fenech et du Juge Bruguière : le premier enterra l’affaire Renaud, l’autre ne donnera pas suite à un dossier d'agressions anti-syndicales impliquant le SAC.

Le juge Renaud comme le ministre Boulin avaient été de grands résistants. Les deux furent victimes d’une officine, ce SAC, qui se réclamait du gaullisme !

Cher Pays de notre enfance

Et ces « années de plomb » sont celles où Chirac, de trahison en trahison – Chaban-Delmas en 1974, Giscard d’Estaing en 1981 (où le vote chiraquien pour Mitterrand a dû compenser le « vote révolutionnaire » du PCF pour… Giscard) – avait pris la tête du parti dit gaulliste !

Certes au moment de l’affaire, en Juin 1971 - le hold-up, jamais vraiment, résolu de la Poste de Strasbourg qui, dix ans après, faisait encore bouillir Robert Galley, ex-Ministre des Postes de l’époque et Trésorier de l’UDR - qui entraînera l’assassinat du juge Renaud 4 ans plus tard, le chouchou de Pompidou, Ministre délégué auprès du Parlement, n’est pas à la tête de l’UDR.

Mais, au moment de son assassinat, Robert Boulin représentait un potentiel concurrent. Ce résistant, gaulliste authentique, était annoncé comme futur premier ministre de Giscard, avant qu’une sombre histoire de terrain acheté à Ramatuelle ne vienne ternir son image.

Histoire ancienne ?

Pourtant comme des échos à une histoire toute récente. Foccart et la françafrique (Gabon notamment) alimentant les caisses de l’UDR puis UMP : les valises de Takieddine débarquant chez Guéant… sans oublier Alexandre Djouhri…

Et les petits meurtres entre amis sont moins sanglants, mais peut-être aussi efficaces. Fillon aurait dû lire « Cher Pays de mon enfance ».

Cher Pays de notre enfance

CHER PAYS DE NOTRE ENFANCE

Enquête sur les années de plomb de la Ve République

Scénario d'Etienne Davodeau et Benoît Collombat

Dessin d'Etienne Davodeau

FUTUROPOLIS

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 18:04
Colloque Education & Devenir 2014

Colloque Education & Devenir 2014

« Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a, qui c'est celui-là ?/Complètement toqué, ce mec-là, complètement gaga »*  Il n’a pourtant pas une drôle de tête ce type-là, mais, en revanche, il tient un drôle de discours. Non content de s’être opposé à l’interdiction du port d’un foulard dans nos écoles**,  de se méfier du bio et d’être favorable aux OGM,  il prétend, le bougre, défendre la bien-pensance et le politiquement correct. Pire encore, il fait l’éloge de la social-démocratie !

Oui, vraiment complètement toqué, ce mec-là.

J’ai croisé et recroisé Pascal Bouchard dans des colloques d’Education & Devenir, dont je fus, un temps – le temps qu’on m’en vire** – le ouèbemaître du site que j’avais moi-même créé.

Il est aussi un contributeur du deblog-notes, partageant par ce biais ses coups de cœur littéraires. 

Il est surtout le fondateur de « TOUT EDUC », site d’information et d’analyse de l’actualité éducative. En effet, cet agrégé de lettres a quitté l’Alma mater ou le Mammouth, comme il vous plaira, avec ses échelons et ses indices, gages de revenus réguliers, pour se lancer dans le journalisme… Complètement toqué, vous dis-je.

« Ce que vivre m’a appris » est une sorte d’autobiographie intellectuelle. Quelques anecdotes personnelles parsèment l’ouvrage, mais elles ne sont là que pour illustrer un raisonnement,  j’allais écrire une démonstration, si ce mot ne connotait pas une lourdeur inexistante.  P. Bouchard veut partager le plaisir de penser. Quitte à nous prendre à contre-pied.

Et il démarre fort en s’attaquant au bio dont les partisans utilisent « quelques arguments rationnels organisés sur fond de fantasmes qui tous renvoient à l’idéalisation de la Nature ».

Dans les apparents paradoxes qu’il défend, celui sur l’argent n’est pas le moindre, où il démontre qu’il est le thermomètre de la confiance que  nous nous faisons les uns aux autres. Asséné comme cela,  le propos peut, au mieux, faire sourire, au pire, faire bondir. Mais il vient au bout d’un raisonnement limpide et convaincant.

Les intitulés de chapitres volontairement provocants – par exemple Le savoir n’existe pas, sa transmission encore moins – sont là, justement, pour provoquer notre réflexion en nous frottant à sa propre pensée, à son rigoureux cheminement.

"Ce que vivre m'a appris" Pascal BOUCHARD

En faisant un sort au politiquement correct et à la bien-pensance, il en fait un aussi à Finkielkraut et au décomplexé Sarkozy. Mais surtout il met en relief ce qui cimente la vie en société, les compromis.  Son éloge de la social-démocratie en découle.

Cette notule ne rend pas compte, notamment, de la dimension anthropologique, mais avec des mots simples et des images parlantes, de l’ouvrage. Lisez-le ! et pour reprendre la formulation malicieuse d’une série récréativo-vulgarisatrice d’Arte : vous mourrez moins bêtes… mais vous mourrez quand même.

 

* Pierre Vassiliu Qui c'est celui-là

** Sur ce site d'E&D, au moment où la fameuse "commission Stasi" discutait de cette interdiction du foulard dans nos écoles, en tant que signe ostensible, j'avais suscité un débat entre Jean-Pierre Rosenczveig, à l'époque juge pour enfants et Président du Bureau international des Droits de l'enfant et Jean-Pierre Obin, IGEN, qui venait de sortir un rapport sur Les signes et manifestations d'appartenance religieuse dans les établissements scolaires. Le magistrat était contre une loi, l'IGEN pour (et depuis, sa dérive laïciste l'a conduit à demander d'étendre l'interdit aux universités). C'est ce débat - de bonne tenue, mais peu importait puisque je l'avais provoqué de ma seule initiative - qui a marqué le commencement de la fin dans mon rôle de ouèbemaître...

 

"Ce que vivre m'a appris" Pascal BOUCHARD
"Ce que vivre m'a appris" Pascal BOUCHARD

Editions FABERT

14 €

 

 

Voir aussi l'article de Claude LELIEVRE ainsi qu'un entretien de Pascal BOUCHARD avec le Web pédagogique

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 11:07
L'Art de péter

« Pisser sans péter, c’est aller à Dieppe sans voir la mer

Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut

Après les essentielles questions sur la lecture ou pas aux WC, les vertus anti-dépressibve du sperme, le pubis lisse ou pas, les vertus et dangers de la masturbation, et les risques de la pornographie sans oublier ceux du tabac, voici donc un « Essai théori-physique et méthodique à l'usage des personnes constipées, des personnes graves et austères, des dames mélancoliques et de tous ceux qui restent esclaves du préjugé » sur l’Art de péter.

Cet essai, dont la première édition « En Westphalie, chez Florent Q, rue Pet-en-Gueule, au Soufflet » date de 1751, est l’oeuvre d’un professeur de Latin à l’Académie militaire. Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut, était également membre de la Société du bout du banc, un des plus célèbres salons littéraires du XVIIIe siècle qui se tenait chez Mlle Quineault et où s’illustraient le duc d’Orléans, Voltaire, Marivaux, Rousseau, Diderot ainsi que de nombreux autres philosophes et poètes. Et c’est la très sérieuse maison Payot qui a assuré la réédition de cet essai.

La portée didactique est donnée d’entrée par l’avis au lecteur : « Il est honteux que depuis le temps que vous pétez, vous ne sachiez pas encore comment vous le faites, et comment vous devez le faire. On s’imagine communément que les pets ne diffèrent que du petit au grand, et qu’au fond ils sont tous de la même espèce : erreur grossière. Cette matière que je vais vous offre aujourd’hui, analysée avec toute l’exactitude possible, avait été extrêmement négligée jusqu’à présent ; non pas qu’on la jugeât indigne d’être maniée, mais parce que ne l’estimait pas susceptible d’une certaine méthode et de nouvelles découvertes. On se trompait. Péter est un art et, par conséquent, une chose utile à la vie. Il est en effet plus essentiel qu’on ne pense ordinairement de savoir péter à propos ».

L'Art de péter

  Et sa haute portés scientifique apparaît dans la définition du pet «Le pet, que les Grecs nomment πορδή, les Latins, crepitus ventris, l’ancien Saxon, purten ou furten, le haut Allemand, Fartzen, et l’Anglais, fart, est un composé de vents qui sortent tantôt avec bruit, et tantôt sourdement et sans en faire. […] Le pet est en général un vent renfermé dans le bas-ventre, causé, comme les médecins le prétendent, par le débordement d’une pituite attiédie, qu’une chaleur faible a atténuée et détachée sans la dissoudre ; ou produite par l’usage de quelques ingrédients venteux ou aliments de même nature. On peut encore le définir comme un air comprimé, qui cherchant à s’échapper, parcourt les parties internes du corps, et sort enfin avec précipitation quant il trouve une issue que la bienséance empêche de nommer… Comme le dit le proverbe, pour vivre sain et longuement, il faut donner à son cul vent. »

"Un Pet qui, pour sortir, a fait un vain effort,
Dans les flancs déchirés reportant sa furie,
Souvent cause la mort.
D'un mortel constipé qui touche au sombre bord,
Un Pet à temps lâché, pourrait sauver la vie."

Travail scientifique qui se poursuit par une savante distinction du pet et du rot, avant de disserter savamment sur les sonorités voire la musicalité du son du corps qu’est le pet. « Les grimauds de grammaire divisent les lettres en voyelles et en consonnes; ces Messieurs effleurent ordinairement la matière: mais nous qui faisons profession de la faire sentir et goûter telle qu'elle est, nous divisons les pets en vocaux, et en muets, ou vesses proprement dites.

Les pets vocaux sont naturellement appelés pétards, du mot péter, relativement aux espèces différentes des sons qu'ils produisent, comme si le bas-ventre était rempli de pétards. (…) Or, le pétard est un éclat bruyant, engendré par des vapeurs sèches. Il est grand ou petit, selon la variété de ses causes ou de ses circonstances. Le grand pétard est plénivocal, ou vocal, par excellence; et le petit s'appelle semivocal. »

  Un aperçu de quelques pets plaisants nous apprend que les pets de province « ne sont pas si falsifiés que ceux de Paris, où l’on raffine sur tout. On ne les sert pas avec tant d’étalage ; mais ils sont naturels et ont un petit goût salin, semblable à celui des huîtres vertes. Ils réveillent agréablement l’appétit. »

Et « le pet de bourgeoise est d’un assez bon fumet, lorsqu’il est bien dodu et proprement accommodé et que, faute d’autres, on peut très bien s’en contenter. »

Quant aux pets de cocus, « il y en a de deux sortes. Les uns sont doux, affables, mous. Ce sont les pets des cocus volontaires : ils ne sont pas malfaisants. Les autres sont brusques, sans raison et furieux ; il faut s’en donner de garde. Ils ressemblent au limaçon, qui ne sort de sa coquille que les cornes les premières. »

La conclusion s’impose : « Le pet étant agréable, son utilité, tant particulière que générale, étant bien démontrée, sa prétendue indécence combattue et détruite, qui pourra lui refuser son suffrage ? ».

L'Art de péter
L'Art de péter

L'art de péter de Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut, éditions Payot, 2006

 

Gallica (BNF) propose le fac-similé de l'édition originale

Mais d'une lecture plus facile dans la version wikisource

 

Et, pour compléter, on peut lire Rabelais et l’art de péter honnêtement en société et Le son du corps, ou l’âme en pet

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 10:42
Que sont tes rêves devenus ?

Quand l’actualité tourne, une fois de plus, au cauchemar, la question est encore  plus cruciale !

Comment ai-je hérité de ce petit livre de 186 pages ? Peut-être un 1er de l’an où, entre amis fidèles, nous avons l’habitude d’échanger, selon un protocole précis, des cadeaux.

Le bobo du bas-Poitou que je dois être, abonné donc à Télérama, n’a, je l’avoue, jamais trop flashé sur Mon œil, chronique qu’Alain Rémond a pourtant tenu  jusqu’en 2002. Et bien que le chroniqueur ait participé au premier Arrêt sur images, celui de France 5, celui qui nous a fait ensuite soutenir d’emblée le site, avant que la malhonnêteté intellectuelle de Schneidermann ne nous en éloigne – le bobo du bas-Poitou a la couenne hommededroitiste sensible – il ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable.

Le parti-pris d’auto-tutoiement – Rémond s’adresse à Alain ou l’inverse – est un peu irritant, mais, dans cet itinéraire d’un enfant du baby-boom (né en 1946) comment ne pas s’y reconnaître peu ou prou.

Et justement, il parle bien de la chance d’être un baby-boomer, la chance d’avoir eu vingt ans,  trente ans dans les années soixante, les années soixante-dix, les années où tout était possible. Il n’y avait ni crise, ni chômage (…)  aujourd’hui il est de bon ton de cracher sur les baby-boomers (qui, en plus, ont eu le mauvais goût d’être devenus des bobos), de les traiter de profiteurs, d’arrivistes, d’égoïstes, tout juste occupés à sauver leur peau et à faire de l’argent sur le dos des générations futures… Mais il rappelle ce que beaucoup d’entre nous ont connu une enfance dans des conditions matérielles qu’on imagine même plus aujourd’hui, sans rien de ce qui apparaît aujourd’hui normal, comme allant de soi, condition commune à, sans doute, une majorité dans les années 50.

Le séminariste Rémond – brillant semble-t-il puisqu’il est envoyé au Canada, puis à Rome au Collegio di Santa Cruce, même s’il raconte qu’enfant il avait quelques soucis avec les cantiques confondant chants et champs (Allez vers le seigneur parmi les chants d’allégresse que nous travestissions en un peu correct Allez vers l’équateur parmi les chants des négresses) – n’évoque aucun écho à l’ex-enfant de chœur passé au Lycée public et à l’athéisme.

En revanche, le coopérant qui vit Mai 68 en Kabylie est en résonance, si j’ose dire, avec le VSNA que j’étais dans le Moyen-Atlas. Puis le cinéphile découvrant Bergmann, Fellini, Antonioni, Kurosawa, Mizoguchi, Welles, Renoir et bien d’autres m’évoque L’année dernière à Marienbad quand j’animais la séance de ciné-club, au Lycée Tarik-ibn-Zyad, à Azrou vers 1970.

Puis son itinéraire politique recoupe, peu ou prou, celui d’une génération qui, comme lui, bien que plus rocardienne que mitterrandiste, a connu l’euphorie du 10 mai 1981 ! Quand apparaît, enfin, le visage de François Mitterrand sur l’écran de télévision, tu exploses de joie, tu pleures comme un gamin… Génération qui, depuis qu’elle était en âge de voter, n’avait connu que le pompidolisme et les années Giscard (précédées des années gaulliennes où elle s’était éveillée à la lutte anticoloniale).

Bien sûr, au-delà d’un itinéraire professionnel, c’est dans le rocardien convaincu – faire des promesses que l’on sait impossible à tenir, juste pour gagner les élections, c’est criminel. Là aussi, tu es d’accord avec Michel Rocard… - que je me retrouve.

Et, des années 60 à nos jours, à travers le parcours journalistique de Rémond, notre génération revisite son histoire, ses engagements, ses luttes, ses quelques succès, ses échecs aussi et surtout. Mais, ce que transmet surtout l’auteur c’est son fol amour de la vie.

Cette confession d’un enfant du demi-siècle, cet itinéraire d’un baby-boomer allergique à l’idéologie du malheur et dont la vie militante – même si par déontologie professionnelle il a quitté toute appartenance à un parti en devenant journaliste – lui permet d’affirmer qu’il n’a rien trahi, ni son enfance, ni ses origines, peut aussi captiver la génération suivante en donnant chair à l’histoire récente, 68 et 81, Rocard-Mitterrand, Martin Luther King et Bob Dylan, Vatican II…

We shall overcome… Années 60… Nous vaincrons le racisme… Espoir déçu, la xénophobie renaît. Mais tel Sisyphe, il faut poursuivre le combat et toujours croire, au plus profond de son cœur, que nous l’emporterons un jour. We shall overcome, some day.

 

 

 

 

 

 

 

 

Losing my religion

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 17:04
L'école des réac-publicains

D'où viennent les "réac-publicains" et comment dépasser le conflit pro et anti-pédagogues ? (G Chambat)

Grégory Chambat* ne fait pas mystère de son engagement politique. Pour cet enseignant d'un collège de Mantes-la-Ville, ville passée récemment au FN, "une pédagogie démocratique (...) ne se contente pas d'observer le monde (...), elle forge des outils pour le transformer". Reste à savoir pourquoi s'expriment un certain nombre de résistances à un tel programme, d'où viennent ceux qu'il appelle les "réac-publicains", et qui se réclament de la République pour, analyse-t-il, maintenir un ordre scolaire élitiste, ou y revenir. Certains, tel Alain Avello sont membres du collectif Racine, d'autres, comme François Bayrou, sont centristes, tandis que Farida Belghoul veut défendre "la famille traditionnelle". Dans ses notices biographiques, l'auteur cite encore Jean-Paul Brighelli, Alain Finkielkraut, Jacques Julliard*, Jacqueline de Romilly, ainsi que des mouvements comme "Espérance banlieues" ou "La Fondation pour l'école"... Mais il se garde bien de les confondre. Il est évidemment inquiet de la progression du vote "Front national" au sein du corps enseignant, qui pourrait dépasser les 10 % en 2017, et il connaît le pouvoir de séduction de formules comme "redresser l'Ecole, redresser les corps pour redresser la nation".

Mais le courant "anti-pédagogique" vient aussi de la gauche. Il vient aussi de loin. Déjà le concile de Trente, en 1563, donnait pour finalité à l'Ecole la normalisation du comportement social. Pour Victor Cousin, l'instruction est "une sorte de conscription intellectuelle et morale", François Guizot veut "développer l'esprit d'ordre", les écoles normales adoptent le principe des "Frères des écoles chrétiennes" avec "la méthode simultanée" aux dépens de "la méthode mutuelle" qui privilégie les relations entre pairs.

Beaucoup sont passés par l'entourage de J-P Chevènement

 

Pour Grégory Chambat, l'école de Jules Ferry "distille ses valeurs conservatrices (...) en célébrant l'ordre établi" tandis que Paul Robin tente de créer un "enseignement intégral" inspiré du projet éducatif de l'Association internationale des travailleurs, mais se heurte à Drumont et à l'extrême droite. Très documenté, cet historique met en évidence la continuité d'une pensée sur laquelle se brisent les tentatives pour fonder une alternative émancipatrice. Les forces attachées au modèle traditionnel viennent du Grece d'A. de Benoist comme des "trotskistes lambertistes" et beaucoup de ses hérauts sont d'anciens maoïstes passés par le chevènementisme, avant de réjoindre, pour certains le FN, et pour d'autres le libéralisme.

Car c'est là que le paysage se brouille. Certains courants du libéralisme revendiquent le soutien d'une école autoritaire, tandis que d'autres s'accommodent au contraire d'une pédagogie qui individualise et qu'une partie de la gauche s'est "convertie au libéralisme". Le piège serait donc pour lui de s'enfermer dans l'opposition entre pédagogues et républicains "au détriment de l'héritage des luttes et des pratiques pour une autre école". L'ouvrage est d'ailleurs publié dans la collection "N'Autre école".

A noter que l'auteur co-anime le site "Questions de classe(s)" (ici)

 

  "L'Ecole des réac-publicains, la pédagogie noire du FN et des néoconservateurs", G. Chambat, Libertalia, 264 p., 10€

 

Pascal Bouchard

avec l'aimable autorisation de ToutEduc

* Assez plaisamment l’anarchiste G. Chambat – membre de CNT-éducation - et le très rétropenseur qu’est devenu, hélas, Jacques Julliard partagent un intérêt pour Fernand Pelloutier :

- Fernand Pelloutier et les origines du syndicalisme d'action directe, Seuil, «L'univers historique» 1971 (version allégée «Points»), fut la thèse de Jacques Julliard

- Instruire pour révolter, Fernand Pelloutier et la pédagogie d’action directe, Éditions CNT-RP, 2001, est le premier ouvrage de G. Chambat.

Note du déblogueur

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 11:35
Un pont de la rivière Kwaï à l'envers

La Route étroite vers le nord lointain (The narrow road to the deep north) est un de ces rares livres qui sont essentiels. Ce romain de Flanagan est en quelque sorte l'inverse, ou le prolongement du Pont de la rivière Kwai. Le fond de l'histoire est le même. Un officier, dans le cas présent un Australien, se trouve à la tête d'un millier de prisonniers de guerre contraints par les Japonais, au mépris de toutes les conventions internationales, de construire, dans des conditions invraisemblables, une voie de chemin de fer. Le personnage central sera plus tard considéré comme un héros. Il sera aussi un très grand chirurgien. Et c'est un très grand séducteur. Mais lui, dans son coeur, au plus profond de lui-même, n'est qu'un raté, un visiteur de sa propre vie. L'un de ses hommes est une des victimes de la barbarie, il souffre mille morts au sens réel de ces mots, et il considère qu'il a de la chance. L'un de leurs tortionnaires est une des pires ordures qui soient, et il se voit comme un homme bon.

L'amour, l'érotisme, la souffrance, tout est extrême, porté à l'incandescence même lorsque nous ne sommes pas avec les POW (prisoners of war), et tout est ambigu, complexe, en un mot, humain.

Je recommande la lecture de ce livre en anglais, la langue est splendide, mais attention, le vocabulaire est très riche, qu'il s'agisse du corps des femmes, des maladies des hommes, des arbres de la forêt... J'ai dû acheter un dictionnaire, le consulter souvent, ce qui gâche un peu le plaisir, et tous les mots n'y étaient pas. Il semble que la traduction française soit bonne...

Pascal Bouchard

 

Richard Flanagan

La Route étroite vers le nord lointain

Traduit de l’anglais (Australie) par France Camus-Pichon

Actes Sud

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