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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 18:27
FN Son vrai visage

Marine Le Pen, son père et son parti devraient crouler et s’écrouler sous les affaires qui les accablent plus que le cul-bénit de Solesmes. Mais cela a autant d’effet sur leur électorat que l’eau sur les plumes d’un canard.  Le faux patriotisme qu’elle arbore et le FRANCEXIT qu’elle propose – sortie de l’Europe, retour au franc – ne peut conduire qu’à une catastrophe économique dont pâtiraient d’abord ceux qui la soutiennent. Qu’importe, ils clament que « Nous sommes au bord du gouffre, mais nous allons faire un grand pas en avant ! ».

FN Son vrai visage

Questions casseroles, les Le Pen et leur(s) parti(s) n’ont rien à envier à Fillon. Sauf que leurs emplois fictifs d’assistants parlementaires européens n’avaient pas pour but – au moins connu, car il y eut des emplois familiaux ou concubinaux – un enrichissement personnel, mais de détourner les fonds d’une Europe qu’ils exècrent au profit de leur parti. La brochure de la Fondation Jean Jaurès sur le vrai visage du FN, vu du Parlement européen, nous précise que :  

"Dès le début de cette mandature, les services du Parlement ont eu des soupçons (…), tout laissait penser que les fonds du Parlement étaient détournés pour rémunérer et former les cadres du FN. L’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OLAF) a alors été saisi pour mener une enquête pour abus de confiance. De son côté, le Parquet de Paris a lancé une enquête judiciaire concernant pas moins de 29 assistants de parlementaires FN (…) le 15 décembre 2016, une information judiciaire a été ouverte en France pour abus de confiance, escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé. Si les faits reprochés sont attestés, cela pourrait représenter un préjudice de plusieurs millions d’euros pour l’institution. (…) Jean-Marie Le Pen a déjà été mis en cause pour une affaire d’emploi présumé fictif entre 2007 et 2014 et doit rembourser 320 000 euros. Le Parlement européen réclame également 340 000 euros à Marine Le Pen, toujours pour des  soupçons d’emplois fictifs. Marine Le Pen a vu son indemnité parlementaire ainsi que ses indemnités de séjour divisées de moitié et la totalité de son enveloppe des frais généraux supprimée. Sa cheffe de cabinet financée par le Parlement européen, Catherine Griset, a été mise en examen pour recel d’abus de confiance fin février 2017."

Et qui sait que chez les proches de Marine Le pen, quelques noms figurent sur les fameux Panama Papers ? Ainsi une agence de communication, Riwal, travaillant pour le FN et dans laquelle on trouve notamment Nicolas Bay ou Jean-François Jalkh, ferait dans les fausses factures et les sociétés écrans, dans des lieux exotiques comme Panama, bien sûr, les îles vierges britanniques, Hong-Kong ou Singapour.

Le mandataire du compte en suisse du papa – eh oui ! le patriote borgne aurait mis à l’ombre helvétique un petit viatique de plus de 2 millions d’euro – Gérald Gérin, ainsi qu’un certain Crochet, figure sur ces panama papers.

Les prêts russes

Le Gérald Gérin mérite une double attention car il était le trésorier d’un micro-parti, Cotelec, par où a transité un des prêts russes dont MLP a bénéficié. En effet, pour financer la campagne européenne, Aymeric Chauprade, avait négocié un prêt de 2 M€ auprès de la société chypriote Vernonsia, émanation de la banque d’État russe VEB Capital.

L’eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser avait précédemment négocié un prêt de 9 millions d’euros accordé au FN par la First Czech Russian Bank, touchant au passage, une belle commission.

On comprend mieux la connivence à l’égard de la la Russie ! Le FN soutient – appuyé il est vrai par des ripoublicains style Mariani – la politique de l’ex KGBiste Poutine en Ukraine et en Syrie.

Par une sorte d’inversion historique, qui relève de la totale imposture, c’est l’Europe, cette anti-France, que le FN qualifie d’« Union soviétique européenne » ou de « système oligarchique ». « L’Europe est une machine à broyer les peuples dans un déni permanent de démocratie ».

« L’Union européenne est en effet constamment présentée par le FN comme la source de toute perte de souveraineté et la seule responsable de tous les maux dont souffre le pays. L’Union favoriserait ainsi une prétendue submersion migratoire, menacerait l’identité française, nuirait à la sécurité des citoyens, plongerait les États dans l’austérité ; l’euro serait synonyme de chômage et de baisse de compétitivité, etc. Le FN a développé un profond rejet du projet européen, relayé quotidiennement par ses eurodéputés. Et plus encore que de nier la souveraineté, l’Union européenne nierait la démocratie, les eurodéputés FN qualifiant volontiers l’Union de régime totalitaire. L’intégration européenne ferait subir à notre pays le diktat allemand et les ordres des technocrates de Bruxelles – nous privant de toutes nos souverainetés, de toutes nos libertés.»

FN Son vrai visage

Laïcité à la mode racines chrétiennes

Si l’on en croit Mme Badinter «En dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité». Une laïcité style Riposte raciste alors ! Car l’ennemi c’est avant tout le communautarisme islamique qui menace la laïcité républicaine et surtout l’identité française, fondés sur nos racines chrétiennes ! « Plus de kippa, plus de turban, plus de voile, plus de barbe dans aucun métier. ».

Anti-féminisme et homophobie

La même imposture existe en ce qui concerne le féminisme ou l’abandon de l’homophobie.

Il faudrait cantonner les femmes au foyer, prône un de leurs eurodéputés : « Cela aurait l’avantage de libérer des emplois, de donner une meilleure éducation à nos enfants, de sécuriser nos rues parce qu’ils ne traîneraient pas dans les rues et ne seraient pas soumis à la drogue ».

Et certains élus FN affirment que le lobby LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexe) est l’un des plus puissants au sein du Parlement européen et dénoncent, dans des termes que ne renierait pas Ludivine de la Rochère, une « idéologie mortifère » qui menace « notre civilisation » en s’attaquant aux mariages homme-femme, au modèle familial traditionnel. Cette idéologie conduirait même à une forme moderne d’esclavage. Selon eux, une famille ne peut être fondée que sur un couple composé par un homme et une femme.

Le vernis de la dédiabolisation craque !

Veaux, vaches, cochons... et chasse...

Imposture encore le bien-être animal, style Brigitte bardot. Là-dessus le groupe FN fait crouler le Parlement européen sous des textes. Philippot s’est fait une spécialité du meulage des dents de cochons. Les lévriers, les pièges à glu, les expérimentations sur les rongeurs, les animaux de cirques, les courses de chiens, les éléphants, les vaches allaitantes, les vaches laitières, les veaux, les boeufs, la castration du cochon, etc. sans oublier les volailles : cailles, pintades, poules, poussins, dindes, poulets, canards, oies… tout y passe !

Mais ils sont aussi les défenseurs fanatiques de la chasse, cette noble tradition de nos campagnes et dénoncent les réglementations qui pourraient en entraver l’exercice. Dans leur élan, ils se mobilisent pour les tireurs sportifs ou les collectionneurs d’armes à feu. Pour eux, en effet, la libre circulation des armes, comme aux États-Unis, est un idéal qui permettrait de se défendre face aux terroristes.

Quant à l’écologie, dont le FN n’hésite pas à se réclamer, elle se traduit par le refus des accords de Paris (COP 21), et la demande de l’arrêt des subventions aux énergies renouvelables pour les réorienter vers des investissements nécessaires dans le nucléaire.

Faut-il montrer la catastrophe à laquelle aboutirait l’objectif du Francexit et du retour au Franc ?

Il est malheureusement à craindre que, pas plus que les casseroles, cela ne fasse vaciller l’électorat du FN dans son aveuglement.

FN Son vrai visage

Refile leur donc ton petit écu...

Le cycle inflation/dévaluation du franc est-il si lointain ? Faut-il avoir fait sciences éco pour comprendre que le retour au Franc provoquerait immédiatement une fuite de capitaux ? donc un contrôle des changes ! Que la dévaluation immédiate par rapport aux autres monnaies pénaliserait les industries dépendant de matières premières étrangères ? Le FN – ils ont quand même, tout antisystème qu’ils sont quelques énarques comme Philippot – conscient du problème promet de remettre en place une monnaie de change, inventée par Giscard (et ancêtre de l’Euro) l’Ecu ! Encore faudrait-il que les partenaires en veuillent de notre Ecu.

Terra Nova "Sortie de l'euro : les petits paieront !"

Terra Nova "Sortie de l'euro : les petits paieront !"

Le seul exemple de l’agriculture est assez éclairant sur la méthode yaka-focon du FN.

Postulat de départ, tout est de la faute du diktat de Berlin relayé par Bruxelles. Donc remplaçons la PAC honnie, par la bienheureuse PAF de cheux nous.

FN Son vrai visage

L’agriculture est la seule politique sectorielle complétement intégrée au niveau communautaire. La Politique agricole commune (PAC) représente 40% de son budget soit 55 Md€. Les agriculteurs français en touchent près de 10 Md€. Se pose sans doute un problème de répartition de cette manne, car si les gros agrariens, voire des industries agro-alimentaires, palpent gros, les petits paysans n’ont que des miettes, voire rien.

Le FN prétend, comme le faisaient les partisans du Brexit, Boris Johnson ou Nigel Farage, que la fin de la contribution européenne permettra d’alimenter une Politique agricole française (PAF). L’après Brexit a montré que c’était de la foutaise de l’aveu même de Farage.

Faut-il rappeler que notre agriculture, même si elle se plaint de l’invasion de tel ou tel produit, dégage un solde d’échanges positif ? Autrement dit, elle exporte plus ses produits que nous importons de produits agricoles. Et plus des 2/3 des exportations au sein de l’Europe. Inutile donc de dire que si nous fermons la porte aux produits étrangers, les étrangers fermeront leurs portes aux nôtres. Pour les consommateurs hausse assurée. Pour les agriculteurs crise assurée !

C’est donc par le prisme du Parlement européen, que les eurodéputés PS ont, à partir des votes et prise de positions des représentants du FN, analysé les positions et contradictions du FN pour en dévoiler « SON VRAI VISAGE ».

FN Son vrai visage

Document téléchargeable sur le site de la Fondation Jean Jaurès

 

 

A lire :

Marine Le Pen passe son temps à dire qu’elle ne sait rien des affaires du FN : c'est faux” Télérama

 

La France de Marine Le Pen : affaiblie, isolée, divisée Terra Nova

Sortie de l'euro : les petits paieront ! Terra Nova

A noter que Terra Nova fait toujours et encore l'objet d'un procès, instruit d'abord, il faut le rappeler, par d'obscurs membres des instances de l'UMP du temps de Sarkozy, mais repris à foison par des BOGÔs, dont l'ineffable Frédéric Lordon et orchestré une fois encore par Arrêt sur images !

 

 

Pour compléter :

 

 

FN Son vrai visage

Présidentielle 2017 : la CFDT combat le FN

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 21:30
Cher Pays de notre enfance

"Il y a deux Histoires : l'Histoire officielle, menteuse, qu'on enseigne, puis l'Histoire secrète, où sont les véritables causes des événements, une histoire honteuse."

Robert Scarpinato, procureur général de Palerme

Cher Pays de notre enfance

Assassinat d’un juge en 1975, assassinat d’un ministre, déguisé en suicide, en 1979. Et derrière au moins la deuxième affaire, celui qu’on veut nous faire passer pour quasiment un saint homme… Jacques Chirac.  L’ouvrage est singulier qui se sert de la BD non pour mener une reconstitution ou illustrer un pan d’histoire, mais pour décrire une enquête.

La BD et l’Histoire font bon ménage. Alix le Gaulois, de Jacques Martin, reconstituait la vie gallo-romaine. Et combien de BD moyenâgeuses, avec des chevaliers sans peur et sans reproche massacrant allègrement les infidèles, ont nourri nos fameuses racines chrétiennes ? Plus sérieusement, le livre de Preston sur la Guerre d’Espagne a été illustré avec son accord. Quant à Enki Bilal avec Les Phalanges de l’Ordre Noir, en 1979, l’année même de l’assassinat de Boulin, il imagine un sinistre combat entre un groupuscule d’ex-phalangistes s’en prenant encore aux survivants républicains.

Cher Pays de notre enfance

Mais Etienne Davodeau – auteur de bandes dessinées – et Benoît Collombat – journaliste - nous font vivre leur enquête sur les meurtres du juge François Renaud le 3 juillet 1975, puis sur celui de Robert Boulin, maquillé en suicide, le 30 octobre 1979. Entre les deux ils font parler les témoins des méfaits des milices patronales du CSL. Et derrière cela le SAC, l’oxymorien Service d’action civique – qui n’avait rien de civique – et qui sera dissous après le massacre d’Auriol, le 18 juillet 1981.

Cher Pays de notre enfance

Nos deux enquêteurs interrogent François Loncle, membre de la commission d’enquête parlementaire sur le SAC. Bizarrement, on lui fait dire « je suis devenu député en 1976 », alors que, s’il a fait une campagne fort bien appuyée par Mitterrand et Mauroy (alors qu’il était à l’époque Radical de Gauche) en 1978, il ne fut élu qu’avec la vague rose de 1981. Il évoque le « système Tomasini ». René Tomasini qui fut secrétaire général de l’UDR (qui deviendra RPR, UMP et LR), Maire des Andelys, sévissait dans la circonscription voisine, à l’époque IVe de l'Eure devenue Ve.

Incidemment on croise les noms du Juge Fenech et du Juge Bruguière : le premier enterra l’affaire Renaud, l’autre ne donnera pas suite à un dossier d'agressions anti-syndicales impliquant le SAC.

Le juge Renaud comme le ministre Boulin avaient été de grands résistants. Les deux furent victimes d’une officine, ce SAC, qui se réclamait du gaullisme !

Cher Pays de notre enfance

Et ces « années de plomb » sont celles où Chirac, de trahison en trahison – Chaban-Delmas en 1974, Giscard d’Estaing en 1981 (où le vote chiraquien pour Mitterrand a dû compenser le « vote révolutionnaire » du PCF pour… Giscard) – avait pris la tête du parti dit gaulliste !

Certes au moment de l’affaire, en Juin 1971, qui entraînera l’assassinat du juge Renaud 4 ans plus tard, le chouchou de Pompidou, Ministre délégué auprès du Parlement, n’est pas à la tête de l’UDR. Le hold-up, jamais vraiment, résolu de la Poste de Strasbourg qui, dix ans après, faisait encore bouillir Robert Galley, ex-Ministre des Postes de l’époque et Trésorier de l’UDR.

Mais, au moment de son assassinat, Robert Boulin représentait un potentiel concurrent. Ce résistant, gaulliste authentique, était annoncé comme futur premier ministre de Giscard, avant qu’une sombre histoire de terrain acheté à Ramatuelle ne vienne ternir son image.

Histoire ancienne ?

Pourtant comme des échos à une histoire toute récente. Foccart et la françafrique (Gabon notamment) alimentant les caisses de l’UDR puis UMP : les valises de Takieddine débarquant chez Guéant… sans oublier Alexandre Djouhri…

Et les petits meurtres entre amis sont moins sanglants, mais peut-être aussi efficaces. Fillon aurait dû lire « Cher Pays de mon enfance ».

Cher Pays de notre enfance

CHER PAYS DE NOTRE ENFANCE

Enquête sur les années de plomb de la Ve République

Scénario d'Etienne Davodeau et Benoît Collombat

Dessin d'Etienne Davodeau

FUTUROPOLIS

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 18:04
Colloque Education & Devenir 2014

Colloque Education & Devenir 2014

« Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a, qui c'est celui-là ?/Complètement toqué, ce mec-là, complètement gaga »*  Il n’a pourtant pas une drôle de tête ce type-là, mais, en revanche, il tient un drôle de discours. Non content de s’être opposé à l’interdiction du port d’un foulard dans nos écoles**,  de se méfier du bio et d’être favorable aux OGM,  il prétend, le bougre, défendre la bien-pensance et le politiquement correct. Pire encore, il fait l’éloge de la social-démocratie !

Oui, vraiment complètement toqué, ce mec-là.

J’ai croisé et recroisé Pascal Bouchard dans des colloques d’Education & Devenir, dont je fus, un temps – le temps qu’on m’en vire** – le ouèbemaître du site que j’avais moi-même créé.

Il est aussi un contributeur du deblog-notes, partageant par ce biais ses coups de cœur littéraires. 

Il est surtout le fondateur de « TOUT EDUC », site d’information et d’analyse de l’actualité éducative. En effet, cet agrégé de lettres a quitté l’Alma mater ou le Mammouth, comme il vous plaira, avec ses échelons et ses indices, gages de revenus réguliers, pour se lancer dans le journalisme… Complètement toqué, vous dis-je.

« Ce que vivre m’a appris » est une sorte d’autobiographie intellectuelle. Quelques anecdotes personnelles parsèment l’ouvrage, mais elles ne sont là que pour illustrer un raisonnement,  j’allais écrire une démonstration, si ce mot ne connotait pas une lourdeur inexistante.  P. Bouchard veut partager le plaisir de penser. Quitte à nous prendre à contre-pied.

Et il démarre fort en s’attaquant au bio dont les partisans utilisent « quelques arguments rationnels organisés sur fond de fantasmes qui tous renvoient à l’idéalisation de la Nature ».

Dans les apparents paradoxes qu’il défend, celui sur l’argent n’est pas le moindre, où il démontre qu’il est le thermomètre de la confiance que  nous nous faisons les uns aux autres. Asséné comme cela,  le propos peut, au mieux, faire sourire, au pire, faire bondir. Mais il vient au bout d’un raisonnement limpide et convaincant.

Les intitulés de chapitres volontairement provocants – par exemple Le savoir n’existe pas, sa transmission encore moins – sont là, justement, pour provoquer notre réflexion en nous frottant à sa propre pensée, à son rigoureux cheminement.

"Ce que vivre m'a appris" Pascal BOUCHARD

En faisant un sort au politiquement correct et à la bien-pensance, il en fait un aussi à Finkielkraut et au décomplexé Sarkozy. Mais surtout il met en relief ce qui cimente la vie en société, les compromis.  Son éloge de la social-démocratie en découle.

Cette notule ne rend pas compte, notamment, de la dimension anthropologique, mais avec des mots simples et des images parlantes, de l’ouvrage. Lisez-le ! et pour reprendre la formulation malicieuse d’une série récréativo-vulgarisatrice d’Arte : vous mourrez moins bêtes… mais vous mourrez quand même.

 

* Pierre Vassiliu Qui c'est celui-là

** Sur ce site d'E&D, au moment où la fameuse "commission Stasi" discutait de cette interdiction du foulard dans nos écoles, en tant que signe ostensible, j'avais suscité un débat entre Jean-Pierre Rosenczveig, à l'époque juge pour enfants et Président du Bureau international des Droits de l'enfant et Jean-Pierre Obin, IGEN, qui venait de sortir un rapport sur Les signes et manifestations d'appartenance religieuse dans les établissements scolaires. Le magistrat était contre une loi, l'IGEN pour (et depuis, sa dérive laïciste l'a conduit à demander d'étendre l'interdit aux universités). C'est ce débat - de bonne tenue, mais peu importait puisque je l'avais provoqué de ma seule initiative - qui a marqué le commencement de la fin dans mon rôle de ouèbemaître...

 

"Ce que vivre m'a appris" Pascal BOUCHARD
"Ce que vivre m'a appris" Pascal BOUCHARD

Editions FABERT

14 €

 

 

Voir aussi l'article de Claude LELIEVRE ainsi qu'un entretien de Pascal BOUCHARD avec le Web pédagogique

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 11:07
L'Art de péter

« Pisser sans péter, c’est aller à Dieppe sans voir la mer

Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut

Après les essentielles questions sur la lecture ou pas aux WC, les vertus anti-dépressibve du sperme, le pubis lisse ou pas, les vertus et dangers de la masturbation, et les risques de la pornographie sans oublier ceux du tabac, voici donc un « Essai théori-physique et méthodique à l'usage des personnes constipées, des personnes graves et austères, des dames mélancoliques et de tous ceux qui restent esclaves du préjugé » sur l’Art de péter.

Cet essai, dont la première édition « En Westphalie, chez Florent Q, rue Pet-en-Gueule, au Soufflet » date de 1751, est l’oeuvre d’un professeur de Latin à l’Académie militaire. Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut, était également membre de la Société du bout du banc, un des plus célèbres salons littéraires du XVIIIe siècle qui se tenait chez Mlle Quineault et où s’illustraient le duc d’Orléans, Voltaire, Marivaux, Rousseau, Diderot ainsi que de nombreux autres philosophes et poètes. Et c’est la très sérieuse maison Payot qui a assuré la réédition de cet essai.

La portée didactique est donnée d’entrée par l’avis au lecteur : « Il est honteux que depuis le temps que vous pétez, vous ne sachiez pas encore comment vous le faites, et comment vous devez le faire. On s’imagine communément que les pets ne diffèrent que du petit au grand, et qu’au fond ils sont tous de la même espèce : erreur grossière. Cette matière que je vais vous offre aujourd’hui, analysée avec toute l’exactitude possible, avait été extrêmement négligée jusqu’à présent ; non pas qu’on la jugeât indigne d’être maniée, mais parce que ne l’estimait pas susceptible d’une certaine méthode et de nouvelles découvertes. On se trompait. Péter est un art et, par conséquent, une chose utile à la vie. Il est en effet plus essentiel qu’on ne pense ordinairement de savoir péter à propos ».

L'Art de péter

  Et sa haute portés scientifique apparaît dans la définition du pet «Le pet, que les Grecs nomment πορδή, les Latins, crepitus ventris, l’ancien Saxon, purten ou furten, le haut Allemand, Fartzen, et l’Anglais, fart, est un composé de vents qui sortent tantôt avec bruit, et tantôt sourdement et sans en faire. […] Le pet est en général un vent renfermé dans le bas-ventre, causé, comme les médecins le prétendent, par le débordement d’une pituite attiédie, qu’une chaleur faible a atténuée et détachée sans la dissoudre ; ou produite par l’usage de quelques ingrédients venteux ou aliments de même nature. On peut encore le définir comme un air comprimé, qui cherchant à s’échapper, parcourt les parties internes du corps, et sort enfin avec précipitation quant il trouve une issue que la bienséance empêche de nommer… Comme le dit le proverbe, pour vivre sain et longuement, il faut donner à son cul vent. »

"Un Pet qui, pour sortir, a fait un vain effort,
Dans les flancs déchirés reportant sa furie,
Souvent cause la mort.
D'un mortel constipé qui touche au sombre bord,
Un Pet à temps lâché, pourrait sauver la vie."

Travail scientifique qui se poursuit par une savante distinction du pet et du rot, avant de disserter savamment sur les sonorités voire la musicalité du son du corps qu’est le pet. « Les grimauds de grammaire divisent les lettres en voyelles et en consonnes; ces Messieurs effleurent ordinairement la matière: mais nous qui faisons profession de la faire sentir et goûter telle qu'elle est, nous divisons les pets en vocaux, et en muets, ou vesses proprement dites.

Les pets vocaux sont naturellement appelés pétards, du mot péter, relativement aux espèces différentes des sons qu'ils produisent, comme si le bas-ventre était rempli de pétards. (…) Or, le pétard est un éclat bruyant, engendré par des vapeurs sèches. Il est grand ou petit, selon la variété de ses causes ou de ses circonstances. Le grand pétard est plénivocal, ou vocal, par excellence; et le petit s'appelle semivocal. »

  Un aperçu de quelques pets plaisants nous apprend que les pets de province « ne sont pas si falsifiés que ceux de Paris, où l’on raffine sur tout. On ne les sert pas avec tant d’étalage ; mais ils sont naturels et ont un petit goût salin, semblable à celui des huîtres vertes. Ils réveillent agréablement l’appétit. »

Et « le pet de bourgeoise est d’un assez bon fumet, lorsqu’il est bien dodu et proprement accommodé et que, faute d’autres, on peut très bien s’en contenter. »

Quant aux pets de cocus, « il y en a de deux sortes. Les uns sont doux, affables, mous. Ce sont les pets des cocus volontaires : ils ne sont pas malfaisants. Les autres sont brusques, sans raison et furieux ; il faut s’en donner de garde. Ils ressemblent au limaçon, qui ne sort de sa coquille que les cornes les premières. »

La conclusion s’impose : « Le pet étant agréable, son utilité, tant particulière que générale, étant bien démontrée, sa prétendue indécence combattue et détruite, qui pourra lui refuser son suffrage ? ».

L'Art de péter
L'Art de péter

L'art de péter de Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut, éditions Payot, 2006

 

Gallica (BNF) propose le fac-similé de l'édition originale

Mais d'une lecture plus facile dans la version wikisource

 

Et, pour compléter, on peut lire Rabelais et l’art de péter honnêtement en société et Le son du corps, ou l’âme en pet

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 10:42
Que sont tes rêves devenus ?

Quand l’actualité tourne, une fois de plus, au cauchemar, la question est encore  plus cruciale !

Comment ai-je hérité de ce petit livre de 186 pages ? Peut-être un 1er de l’an où, entre amis fidèles, nous avons l’habitude d’échanger, selon un protocole précis, des cadeaux.

Le bobo du bas-Poitou que je dois être, abonné donc à Télérama, n’a, je l’avoue, jamais trop flashé sur Mon œil, chronique qu’Alain Rémond a pourtant tenu  jusqu’en 2002. Et bien que le chroniqueur ait participé au premier Arrêt sur images, celui de France 5, celui qui nous a fait ensuite soutenir d’emblée le site, avant que la malhonnêteté intellectuelle de Schneidermann ne nous en éloigne – le bobo du bas-Poitou a la couenne hommededroitiste sensible – il ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable.

Le parti-pris d’auto-tutoiement – Rémond s’adresse à Alain ou l’inverse – est un peu irritant, mais, dans cet itinéraire d’un enfant du baby-boom (né en 1946) comment ne pas s’y reconnaître peu ou prou.

Et justement, il parle bien de la chance d’être un baby-boomer, la chance d’avoir eu vingt ans,  trente ans dans les années soixante, les années soixante-dix, les années où tout était possible. Il n’y avait ni crise, ni chômage (…)  aujourd’hui il est de bon ton de cracher sur les baby-boomers (qui, en plus, ont eu le mauvais goût d’être devenus des bobos), de les traiter de profiteurs, d’arrivistes, d’égoïstes, tout juste occupés à sauver leur peau et à faire de l’argent sur le dos des générations futures… Mais il rappelle ce que beaucoup d’entre nous ont connu une enfance dans des conditions matérielles qu’on imagine même plus aujourd’hui, sans rien de ce qui apparaît aujourd’hui normal, comme allant de soi, condition commune à, sans doute, une majorité dans les années 50.

Le séminariste Rémond – brillant semble-t-il puisqu’il est envoyé au Canada, puis à Rome au Collegio di Santa Cruce, même s’il raconte qu’enfant il avait quelques soucis avec les cantiques confondant chants et champs (Allez vers le seigneur parmi les chants d’allégresse que nous travestissions en un peu correct Allez vers l’équateur parmi les chants des négresses) – n’évoque aucun écho à l’ex-enfant de chœur passé au Lycée public et à l’athéisme.

En revanche, le coopérant qui vit Mai 68 en Kabylie est en résonance, si j’ose dire, avec le VSNA que j’étais dans le Moyen-Atlas. Puis le cinéphile découvrant Bergmann, Fellini, Antonioni, Kurosawa, Mizoguchi, Welles, Renoir et bien d’autres m’évoque L’année dernière à Marienbad quand j’animais la séance de ciné-club, au Lycée Tarik-ibn-Zyad, à Azrou vers 1970.

Puis son itinéraire politique recoupe, peu ou prou, celui d’une génération qui, comme lui, bien que plus rocardienne que mitterrandiste, a connu l’euphorie du 10 mai 1981 ! Quand apparaît, enfin, le visage de François Mitterrand sur l’écran de télévision, tu exploses de joie, tu pleures comme un gamin… Génération qui, depuis qu’elle était en âge de voter, n’avait connu que le pompidolisme et les années Giscard (précédées des années gaulliennes où elle s’était éveillée à la lutte anticoloniale).

Bien sûr, au-delà d’un itinéraire professionnel, c’est dans le rocardien convaincu – faire des promesses que l’on sait impossible à tenir, juste pour gagner les élections, c’est criminel. Là aussi, tu es d’accord avec Michel Rocard… - que je me retrouve.

Et, des années 60 à nos jours, à travers le parcours journalistique de Rémond, notre génération revisite son histoire, ses engagements, ses luttes, ses quelques succès, ses échecs aussi et surtout. Mais, ce que transmet surtout l’auteur c’est son fol amour de la vie.

Cette confession d’un enfant du demi-siècle, cet itinéraire d’un baby-boomer allergique à l’idéologie du malheur et dont la vie militante – même si par déontologie professionnelle il a quitté toute appartenance à un parti en devenant journaliste – lui permet d’affirmer qu’il n’a rien trahi, ni son enfance, ni ses origines, peut aussi captiver la génération suivante en donnant chair à l’histoire récente, 68 et 81, Rocard-Mitterrand, Martin Luther King et Bob Dylan, Vatican II…

We shall overcome… Années 60… Nous vaincrons le racisme… Espoir déçu, la xénophobie renaît. Mais tel Sisyphe, il faut poursuivre le combat et toujours croire, au plus profond de son cœur, que nous l’emporterons un jour. We shall overcome, some day.

 

 

 

 

 

 

 

 

Losing my religion

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 17:04
L'école des réac-publicains

D'où viennent les "réac-publicains" et comment dépasser le conflit pro et anti-pédagogues ? (G Chambat)

Grégory Chambat* ne fait pas mystère de son engagement politique. Pour cet enseignant d'un collège de Mantes-la-Ville, ville passée récemment au FN, "une pédagogie démocratique (...) ne se contente pas d'observer le monde (...), elle forge des outils pour le transformer". Reste à savoir pourquoi s'expriment un certain nombre de résistances à un tel programme, d'où viennent ceux qu'il appelle les "réac-publicains", et qui se réclament de la République pour, analyse-t-il, maintenir un ordre scolaire élitiste, ou y revenir. Certains, tel Alain Avello sont membres du collectif Racine, d'autres, comme François Bayrou, sont centristes, tandis que Farida Belghoul veut défendre "la famille traditionnelle". Dans ses notices biographiques, l'auteur cite encore Jean-Paul Brighelli, Alain Finkielkraut, Jacques Julliard*, Jacqueline de Romilly, ainsi que des mouvements comme "Espérance banlieues" ou "La Fondation pour l'école"... Mais il se garde bien de les confondre. Il est évidemment inquiet de la progression du vote "Front national" au sein du corps enseignant, qui pourrait dépasser les 10 % en 2017, et il connaît le pouvoir de séduction de formules comme "redresser l'Ecole, redresser les corps pour redresser la nation".

Mais le courant "anti-pédagogique" vient aussi de la gauche. Il vient aussi de loin. Déjà le concile de Trente, en 1563, donnait pour finalité à l'Ecole la normalisation du comportement social. Pour Victor Cousin, l'instruction est "une sorte de conscription intellectuelle et morale", François Guizot veut "développer l'esprit d'ordre", les écoles normales adoptent le principe des "Frères des écoles chrétiennes" avec "la méthode simultanée" aux dépens de "la méthode mutuelle" qui privilégie les relations entre pairs.

Beaucoup sont passés par l'entourage de J-P Chevènement

 

Pour Grégory Chambat, l'école de Jules Ferry "distille ses valeurs conservatrices (...) en célébrant l'ordre établi" tandis que Paul Robin tente de créer un "enseignement intégral" inspiré du projet éducatif de l'Association internationale des travailleurs, mais se heurte à Drumont et à l'extrême droite. Très documenté, cet historique met en évidence la continuité d'une pensée sur laquelle se brisent les tentatives pour fonder une alternative émancipatrice. Les forces attachées au modèle traditionnel viennent du Grece d'A. de Benoist comme des "trotskistes lambertistes" et beaucoup de ses hérauts sont d'anciens maoïstes passés par le chevènementisme, avant de réjoindre, pour certains le FN, et pour d'autres le libéralisme.

Car c'est là que le paysage se brouille. Certains courants du libéralisme revendiquent le soutien d'une école autoritaire, tandis que d'autres s'accommodent au contraire d'une pédagogie qui individualise et qu'une partie de la gauche s'est "convertie au libéralisme". Le piège serait donc pour lui de s'enfermer dans l'opposition entre pédagogues et républicains "au détriment de l'héritage des luttes et des pratiques pour une autre école". L'ouvrage est d'ailleurs publié dans la collection "N'Autre école".

A noter que l'auteur co-anime le site "Questions de classe(s)" (ici)

 

  "L'Ecole des réac-publicains, la pédagogie noire du FN et des néoconservateurs", G. Chambat, Libertalia, 264 p., 10€

 

Pascal Bouchard

avec l'aimable autorisation de ToutEduc

* Assez plaisamment l’anarchiste G. Chambat – membre de CNT-éducation - et le très rétropenseur qu’est devenu, hélas, Jacques Julliard partagent un intérêt pour Fernand Pelloutier :

- Fernand Pelloutier et les origines du syndicalisme d'action directe, Seuil, «L'univers historique» 1971 (version allégée «Points»), fut la thèse de Jacques Julliard

- Instruire pour révolter, Fernand Pelloutier et la pédagogie d’action directe, Éditions CNT-RP, 2001, est le premier ouvrage de G. Chambat.

Note du déblogueur

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 11:35
Un pont de la rivière Kwaï à l'envers

La Route étroite vers le nord lointain (The narrow road to the deep north) est un de ces rares livres qui sont essentiels. Ce romain de Flanagan est en quelque sorte l'inverse, ou le prolongement du Pont de la rivière Kwai. Le fond de l'histoire est le même. Un officier, dans le cas présent un Australien, se trouve à la tête d'un millier de prisonniers de guerre contraints par les Japonais, au mépris de toutes les conventions internationales, de construire, dans des conditions invraisemblables, une voie de chemin de fer. Le personnage central sera plus tard considéré comme un héros. Il sera aussi un très grand chirurgien. Et c'est un très grand séducteur. Mais lui, dans son coeur, au plus profond de lui-même, n'est qu'un raté, un visiteur de sa propre vie. L'un de ses hommes est une des victimes de la barbarie, il souffre mille morts au sens réel de ces mots, et il considère qu'il a de la chance. L'un de leurs tortionnaires est une des pires ordures qui soient, et il se voit comme un homme bon.

L'amour, l'érotisme, la souffrance, tout est extrême, porté à l'incandescence même lorsque nous ne sommes pas avec les POW (prisoners of war), et tout est ambigu, complexe, en un mot, humain.

Je recommande la lecture de ce livre en anglais, la langue est splendide, mais attention, le vocabulaire est très riche, qu'il s'agisse du corps des femmes, des maladies des hommes, des arbres de la forêt... J'ai dû acheter un dictionnaire, le consulter souvent, ce qui gâche un peu le plaisir, et tous les mots n'y étaient pas. Il semble que la traduction française soit bonne...

Pascal Bouchard

 

Richard Flanagan

La Route étroite vers le nord lointain

Traduit de l’anglais (Australie) par France Camus-Pichon

Actes Sud

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 17:11
Les girafes n’aiment pas les tunnels

Ce quatrième opus des œuvres d’Auguste Derrière vient enfin s’ajouter aux indispensables Les moustiques n’aiment pas les applaudissements, Les fourmis n’aiment le Flamenco et Les mites n’aiment pas les légendes. Cette livraison nous apporte donc son nouveau lot de maximes, dictons, aphorismes, apophtegmes sans oublier les réclames pour la montre Tamoule et autres Calèches Nikov…

Les girafes n’aiment pas les tunnels
Les girafes n’aiment pas les tunnels

Auguste Derrière a inspiré Méliès !

La préface nous apprend qu’après la Grande Guerre, il aurait rencontré Jean-Baptiste Botul, le grand philosophe kantien, cher à BHL. Ainsi, le 2 octobre 1925, Botul n’ayant pu assister à la Revue Nègre avec Joséphine Baker, à cause d’ennuis intestinaux, Derrière le rassure : « Ne t’en fais pas, Jean-Ba, la diarrhée est une chose de la vie courante. ».  Il est attesté que Derrière a fait la connaissance de Lacan qui lui empruntera cette forte pensée : « Quand les sentiments  disparaissent, c’est de l’usure-passion »

Les girafes n’aiment pas les tunnels

Et, au lendemain de la COP 21, il serait bon de se souvenir qu’"Un paiement en nature est un geste pour l’environnement".

Les girafes n’aiment pas les tunnels
Les girafes n’aiment pas les tunnels
Les girafes n’aiment pas les tunnels

"Les girafes n'aiment pas les tunnels"

Auguste DERRIERE

Le Castor Astral

Préface Hervé Le Tellier

http://www.augustederriere.com/

Et une dernère de Derrière (vrai sujet de philo) :

Dieu a créé l'Homme... et pour le remercier l'Homme a créé Dieu.

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 17:58
Décembre 2012 : prière sur la Place J'maa-elFna, Marrakech

Décembre 2012 : prière sur la Place J'maa-elFna, Marrakech

La laïcité falsifiée, c’est la laïcité UMPenisée, de Marine Le Pen à Jean-François Copé, annoncée par un rapport Baroin sur la nouvelle laïcité. Laïcité UMPenisée appuyée par de pseudos républicains qui, bien que proscrivant tout adjectif, prônent une laïcité répressive antithèse de la laïcité libérale voulue par Aristide Briand, Ferdinand Buisson et Jean Jaurès avec la loi de 1905.

 

« La laïcité apparaît trop souvent, depuis une vingtaine d’années, comme un principe d’interdits et de restriction aux libertés, ce qu’elle n’est pas » J.L. Bianco, Pdt de l’Observatoire de la laïcité.

 

En décembre 2010, Marine Le Pen, en campagne pour l’accession à la tête du FN, compare les quelques prières de rue des Musulmans à l’occupation de la France par les nazis. Immédiatement, protestations de tout bord contre l’indigne comparaison. Elle opère alors un habile repli statégique : sa déclaration devait être entendue au nom de la défense de la laïcité et contre le communautarisme. Miracle ! Sarkozy embraye, condamnant même d’imaginaires appels à la prière, inexistants en France, jusqu’à Benoît Hamon qui trouve « inacceptable cette situation ». « En hypertrophiant un problème, on façonne la lepenisation de la société » : l’OPA de Marine Le Pen sur la laïcité a réussi !

 

Copé, à la tête de l’UMP ne voudra pas rester en reste. Il lance un débat sur l’Islam et la République, appuyé par un Guéant qui prétend que les Français ont « le sentiment de ne plus être chez eux » et, au sujet de l’Islam « Cet accroissement du nombre des fidèles et d’un certain nombre de comportements pose problème ». Ce qui lui vaudra d’être déclaré « membre d’honneur du FN » par Marine Le Pen. L’initiative de Copé, rebaptisée « débat sur la Laïcité » sera un fiasco. Mais laissera des séquelles.

 

   La laïcité UMPénisée n’est pas tombée du ciel. Dans un rapport de 2003 intitulé : « Pour une nouvelle laïcité », François Baroin y explique que le conflit des deux France est achevé, que le dissensus entre France laïque et catholique n’est plus d’actualité, et que de nos jours la laïcité va vers le culturel et l’identitaire. Elle peut devenir une valeur de droite. Cette appropriation de la laïcité par la droite est possible, selon François Baroin, parce que la gauche est culpabilisée par l’héritage colonial, et si la laïcité devient « culturelle et identitaire » c’est face à l’Islam et face aux immigrés. Ainsi, la gauche fait la promotion des droits de l’homme, et « à un certain point, la laïcité et les droits de l’homme sont contradictoires ».

Image Ligue de l'enseignement

Image Ligue de l'enseignement

Cette laïcité identitaire va s’épanouir dans le culte des racines, racines chrétiennes, à la limite un peu gréco-romaine et, ancien testament oblige, juive. Dans la surenchère franchouillarde, Sarkozy et son calamiteux discours de Latran va être concurrencé par le Haut conseil à l’intégration (HCI) qui outre l’affirmation historiquement très fragile que « l’idée de laïcité existait sous l’Ancien Régime » va affirmer que la laïcité « exception française » a été imitée par le Mexique. Comme le note ironiquement Jean Baubérot, en 1859 les Mexicains ont imité la loi de séparation des églises et de l’état de 1905 ! Cette vision franchouillarde est d’autant plus incongrue, que Briand lui-même évoque l’exemple mexicain dans son rapport à la commission parlementaire, préparatoire à la Loi de 1905.

 

Le stéréotype anticlérical de la « femme soumise » est recyclé par cette nouvelle laïcité. Au 19e siècle, quand il était question de la « femme soumise », il était fait explicitement référence à la femme catholique qui allait au confessionnal. Aujourd’hui, il suffit de remplacer la femme catholique par la femme musulmane qui porte un foulard. Cette laïcité UMPenisée est une sorte de feuille de vigne, une manière polie d’être islamophobe. Quitte à être antisémite, puisque le halal honni, censé envahir nos étals de boucher, ressemble fort au casher et que les apéros sauciflard-pinard feraient fuir aussi bien un juif qu’un musulman.

 

« Si [Marine Le Pen] invoque aussi facilement la loi de 1905, c’est que celle-ci est mésinterprétée (…) on la sacralise et on la méprise, on lui fait dire souvent le contraire de ce qu’elle a dit. »

 

    Selon Ferdinand Buisson l’État laïque c’est l’État neutre entre tous les cultes, et la France a toujours eu une conception assez forte de la neutralité dans sa laïcité ainsi les fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions, ne doivent porter aucun signes religieux distinctifs, ni d’ailleurs politiques. La laïcité s’applique aux institutions non aux individus, dans la loi de séparation des églises et de l’état.

 

La droite et l’extrême droite veulent étendre la neutralité à certains secteurs de l’espace public alors qu’elle ne s’applique qu’à la puissance publique et aux services publics, ils veulent instaurer une  logique répressive contre la logique libérale de la loi de 1905. « Dans l’espace public (…) la liberté est le principe, la restriction sans parler de l’interdiction est l’exception » (Rémy Schwartz). Cette nouvelle laïcité est une hypertrophie de la neutralité – et d’une certaine interprétation de la neutralité – atrophiant la liberté de conscience, l’égalité des droits, mais aussi la séparation. Cette exigence s’élargit démesurément, et une partie de la gauche y souscrit. En jouant sur l’ambiguïté privé/public, avec des formulations sur la religion qui relève de la sphère intime. Or si l’adhésion à une religion ou pas relève bien de chaque individu – c’est la liberté de conscience qui englobe la liberté religieuse – la manifestation de sa religion (ou de son athéisme) peut se faire dans l’espace civil. La loi de 1905 ne laisse place à aucune erreur d’interprétation sur ce point.

 

Mais ce serait donner une idée trop partielle du livre de Baubérot qu’en résumant – trop sommairement – l’aspect en quelque sorte défensif de son livre.

 

Il propose une politique refondatrice de la laïcité.

 

Car, au-delà de la séparation des églises et de l’état, la laïcité c’est aussi la séparation de la loi civile avec des dogmes religieux et des normes morales particulières. La séparation du mariage civil et du mariage religieux en 1792 est une première étape, puis la loi sur le divorce (1884), la contraception (1967), l’IVG (1975), le mariage pour tous (2014). De nouvelles libertés laïques sont à conquérir, dans le domaine de la bioéthique (recherche sur les cellules souches notamment) ou dans celui du droit de mourir dans la dignité, donc le recours à l’euthanasie

 

Contre ces avancées, des religions invoquent des ruptures anthropologiques, ce fut le cas pour le mariage civil, le divorce, l’IVG, ce l’est encore avec le mariage pour tous, comme si les repères anthropologiques étaient anhistoriques.

La laïcité n’empêche personne de vivre selon ses propres croyances anthropologiques. Elle veille seulement à ce que de telles croyances ne soient pas imposées à l’ensemble de la société. C’est précisément sur le terrain de la liberté que la laïcité s’impose aux religions non sur celui d’une répression ciblée ou générale.

 

Pour compléter : un compte-rendu de conférence au Québec

La laïcité falsifiée _ Jean Baubérot

   4e de couverture

Classiquement considérée comme un des principaux marqueurs de la gauche, la laïcité aurait-elle viré à droite, voire à l'extrême droite ? La question se pose depuis le « débat sur la laïcité » de l'UMP, les effets de manche de la droite populaire et les références répétées de Marine Le Pen à la séparation de la religion et de l'État. De nombreuses personnalités dénoncent cette dérive sans véritablement réussir à la réfuter. Protester contre la « stigmatisation » des musulmans - souvent le vrai motif de cette nouvelle posture « laïque » - est bien sûr nécessaire. Mais en rester là se révèle totalement insuffisant, car cette nouvelle laïcité de droite se pare de valeurs partagées comme la démocratie, l'égalité des sexes et la liberté d'expression. Il est donc urgent d'analyser, point par point, comment la laïcité peut être ainsi falsifiée et pourquoi on fait dire aussi facilement à la loi de séparation de 1905 le contraire de ce qu'elle a réellement dit.

 

C'est ce que fait Jean Baubérot dans cet essai, où il démonte les mécanismes de la nouvelle laïcité et montre que, pour la promouvoir, il faut oser mettre en cause les structures dominantes de la société ellemême. Dans deux chapitres conclusifs passionnants, il propose un « programme républicain pour refonder la laïcité » et une libération des cléricalismes d'aujourd'hui, grâce à la recherche d'un art de vivre : la « laïcité intérieure ».

 

    Editions La Découverte 9,50 €

 

 

Pour compléter : La laïcité pour faire société, excellent dossier de la Ligue de l'enseignement (téléchargeable format pdf)

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 17:48
Gamiani ou deux nuits d'excès

"Je ne crois pas que la rage des priapées, la soif de la chair, les incendies utérins des femmes aient jamais été dépeints par nulle plume plus puissante et plus experte... L'obscénité disparait presque, la boue et le sang se sèchent au feu du style..." écrivait J.-K. Huysmans à propos du Gamiani d'Alfred de Musset.

Quant à Pierre Louÿs dans le Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation, il recommandait : "Ne suivez pas l'office sur un exemplaire de Gamiani, surtout s'il est illustré".

 

Gamiani ou deux nuits d’excès, roman libertin, paru en 1833, illustré par Achille Deveria, a connu au moins 40 rééditions au cours du XIXe siècle.

 

La légende veut qu’il soit le fruit d’un pari. A l’issue d’un repas bien arrosé, une dizaine de jeunes gens en furent à discuter du genre érotique. L’un d’eux ayant dit qu’il était impossible d’écrire un ouvrage de ce genre sans appeler les choses par leur nom. "Un jeune homme, qui jusqu’alors s’était contenté d’écouter la conversation d’un air rêveur, sembla s’éveiller à ces derniers mots, et prenant la parole : — Messieurs, dit-il, si vous consentez à nous réunir de nouveau ici, dans trois jours, j’espère vous convaincre qu’il est facile de produire un ouvrage de haut goût, sans employer les grossièretés qu’on a coutume d’appeler des naïvetés chez nos bons aïeux, tels que Rabelais, Brantôme, Béroalde de Verville, Bonaventure Desperriers, et tant d’autres, chez lesquels l’esprit gaulois brillerait d’un éclat tout aussi vif s’il était débarrassé des mots orduriers qui salissent notre vieux langage."

Trois jours plus tard, ledit jeune homme, apportait son manuscrit dont chacun voulut avoir copie. Et la légende encore veut que l’un d’eux envoya l’œuvre à un éditeur étranger qui l’imprima donc, orné de gravures coloriées, en 1833.

 

Le jeune homme, 23 ans à l’époque, n’était autre qu’Alfred de Musset.

 

Le futur oblat, Huysman, résume l’oeuvre avec enthousiasme :

Alcide, qui a réussi à se cacher, surprend la Comtesse tribadant Fanny. Surexcité par ce spectacle, il se rue sur Elle, la laboure à grands coups, et passant de l’une à l’autre, initie la jeune fille aux caresses du mâle.

 

Bien menée, je devrais dire: bien décrite, la scène dure longtemps, Hercule lui-même, tomberait en défaillance — On sent là, que l’Auteur entraîné par son sujet, n’a pas su, ou voulu éviter de tomber dans le travers si commun à la plupart des ouvrages de ce genre — quant à notre Alcide il tient bon, et sa Gamiani brûle de plus belle ! Affolée, pantelante, elle se roule sur de larges tapis en peaux de chats, et suivant la belle expression de l’auteur: « Prométhée femelle déchirée par cent vautours à la fois » dans son angoisse elle appelle le Chien !

 

Alors, dans le boudoir au pillage, retentissent de folles clameurs; à défaut d’homme, la malheureuse Comtesse réclame un âne!

 

Messire Baudet viendra, mais plus tard ; Alfred de Musset fait tout d’abord intervenir Médor; un chien bien dressé qui se jette sur la servante, tandis que celle-ci encheville sa maîtresse avec un énorme priape rempli de lait. En aval, en amont, en arrière, à hue et à dia, le trio s’agite en délire et joue des reins à qui mieux mieux !

 

Tel est l’exposé de la première partie de ce livre.

 

La toile tombe et se relève sur les amours de Fanny et d’Alcide. Ici le poète a des accents charmants ! Vraiment amoureux, le jeune homme espère lui faire oublier les tristes jouissances des moeurs de Lesbos ; peine perdue ! Ni ses efforts ni ses fatigues ne sauraient effacer le souvenir de ces joies damnées. L’accouplement recommence entre les deux tribades avec plus de fureur que jamais.

 

Des scènes de couvent vont se dérouler et là encore, la plume de Musset atteindra à des hauteurs vertigineuses ! Les postures et les inventions de l’Arétin sont dépassées. On dirait avec ses tentures et ses glaces, d’un temple voué à la Cythérée lesbienne.

La supérieure qui, toute jeune, a débuté par la galopée d’un singe, initie la Comtesse aux bacchanales monastiques.

 

Des groupes de nonnes se suspendent les unes après les autres; ces femmes tourbillonnent, cabriolent et se renversent saoules et furieuses, écumantes de luxure. Les potions cantharidées ruissellent dans les bouches qui se tordent, et toutes halètent inachevées, criant, pleurant, se trémoussant sous l’attaque des ânes en rut!

 

Cependant, un homme, le misérable, a pénétré dans l’antre; il est aussitôt assailli par toutes ces ménades qui le veulent tuer.

Ce nouvel Orphée est bel et bien pendu, haut et court; mais la supérieure affriolée par la suprême tension érectile du quasi cadavre, saute dessus, tombe avec la corde qui se rompt sous ce double poids et se débat, les os à demi brisés, entre les bras du pendu qui l’étreint dans ses derniers spasmes ! Ce livre finit par la mort des deux amantes.

 

Gamiani renouvelant les sanglantes folies du Marquis de Sade, s’empoisonne elle et sa victime, et cherche si, dans les affres de l’agonie, elle n’arrivera pas à vaincre ses sens en déroute !

 

La terrible femelle clame, tordue et râlant déjà ! « Elle est atroce ! entends-tu ! Je meurs dans la rage du plaisir, dans la rage de la douleur!... »

 

Tel est le résumé de ce livre étrange qui s’inspire visiblement, tantôt de Pétrone, tantôt d’Apulée, de La Religieuse de Diderot, de Justine et de Juliette et tantôt des plus belles hymnes saphiques et des priapées antiques.

 

Musset, s’il s’inscrit aussi dans la continuité de la littérature libertine du XVIIIe siècle, dont témoignent Le Rideau levé et Hic-et-Hec, Dom Bougre ou Thérèse Philosophe, évite toutefois les considérations philosophiques des héros de Mirabeau, de la Touche ou de Boyer d’Argens. Même si, comme chez eux, les nonnes sont lubriques ; les moines cruels, eux, étant plus proches de ceux qui torturaient la Justine de Sade. Et, comme eux, il enchâsse les récits des aventures passées des héroïnes et du héros, voire un récit à tiroirs, quand Gamiani évoque des épisodes de la vie de la supérieure du couvent. Au voyeurisme, commun à toutes ces œuvres, au lesbianisme, il ajoute la zoophilie, absente des quatre autres romans. Tout cela est mené tambour battant, avec même une touche comique : la scène où la supérieure s’étant jetée sur un pendu, faisant rompre la corde et se brisant les os, le pendu ressuscitant, serait du grand guignol, si tout n’était raconté avec élégance !  

 

George Sand a-t-elle servi de modèle à son amant ? C’est ce qu’insinue un pamphlet en 1868 : « II y avait, en 1848, une certaine dame, … …, fort connue dans le monde galant, qui avait la manie de se vêtir en homme. Elle avait l’habitude d’aller chaque soir chez Madame Henry, rue Richelieu, qui tenait une pépinière de jolies femmes. Elle s’y rendait avec autant d’ardeur que jadis Messaline au quartier des Esquilles.

 

[…]

« Tous les romantiques du temps se rappellent qu’elle fut surnommée le colonel des tribades, et que depuis ce titre lui est resté.

« Aujourd’hui cette vieille dame écrit des romans où elle prêche la morale, car, grâce à ses amis, elle est devenue une des étoiles de la littérature ; en un mot, elle est une célébrité.

« ELLE est d’ailleurs une des actrices du Gamiani, ce livre aux scènes tribadiques dont l’auteur est LUI. » (LE CHASSEPOT. Londres, Jeffs, 1869, cité par Eros-Thanatos)

 

Mais laissons ces calomnies à l’encontre de la baronne Dudevant, soupçonnée d’ailleurs d’avoir mis la main à la deuxième partie.

La Comtesse Gamiani n’en reste pas moins une héroïne singulière en cette première moitié du XIXe qui s’est en quelque sorte individualisée dans le monde, au noir destin certes, mais qu’elle saura mener, seule, à son terme.

Gamiani a été illustré par de nombreux artistes : Achille Deveria déjà cité, André Collot, Paul Avril, Félicien Rops, Suzanne Baillivet, entre autres.

 

Les extraits qui suivent donneront quelques échantillons de ces illustrations...

Gamiani ou deux nuits d'excèsGamiani ou deux nuits d'excès
Gamiani ou deux nuits d'excès
Gamiani ou deux nuits d'excèsGamiani ou deux nuits d'excès

Je me décidai à l'observer pendant la nuit, à me cacher dans sa chambre à coucher. La porte vitrée d'un cabinet de toilette faisait face au lit.

Peu-à-peu, les voix du salon s'affaiblirent, la comtesse resta seule avec une de ses amies, mademoiselle Fanny B***. Toutes deux se trouvèrent bientôt dans la chambre et devant mes yeux.

GAMIANI Vous n'y pensez pas, enfant!… otez donc tout, comme moi. Quel embarras! on vous dirait devant un homme. Là! voyez dans la glace…. comme Pâris vous jetterait la pomme. Friponne! elle sourit de se voir si belle. — Vous méritez bien un baiser sur votre front, sur vos joues, sur vos lèvres. Elle est belle partout partout…..

 

La bouche de la comtesse se promenait, lascive, ardente sur le corps de Fanny. Interdite, tremblante, Fanny laissait tout faire et ne comprenait pas.

C'était bien un couple délicieux de volupté, de grâces, d'abandon lascif, de pudeur craintive. On eut dit une Vierge, une Ange, aux bras d'une Bacchante en fureur.

Gamiani ou deux nuits d'excès

J'étais étourdi, comme fou. Je m'élançai sur la belle Fanny, nu, tout en feu, pourpré, terrible. Elle eut à peine le temps de comprendre cette nouvelle attaque que, déjà triomphant, je sentais son corps souple et frêle trembler, s'agiter sous le mien répondre à chacun de mes coups. Nos langues se croisaient brûlantes, acérées, nos âmes se fondaient dans une seule.

 

Quel excès!…. Anéanti, perdu dans les bras de Fanny, je n'avais rien senti des attaques terribles de la Comtesse.

Gamiani ou deux nuits d'excèsGamiani ou deux nuits d'excès

Ce double contact de deux corps suant le plaisir, tout brulants de luxure, me ravivait encore, redoublait mes désirs.

Le feu me touchait partout. Je demeurai ferme, victorieux au pouvoir de Fanny; puis, sans rien perdre de ma position, dans ce désordre étrange de trois corps se mêlant, se croisant, s'enchevêtrant l'un dans l'autre, je parvins à saisir fortement les cuisses de la Comtesse, à les tenir écartées au dessus de ma tête.

"Gamiani! à moi! portez-vous en avant, ferme sur vos bras!"

Gamiani me comprit, et je pus à loisir poser ma langue active, dévorante sur sa partie en feu.

Fanny insensée, éperdue, caressait amoureusement la gorge palpitante qui se mouvait au dessus d'elle.

Gamiani ou deux nuits d'excès

"Oh! mes belles amies, que nulle crainte ne vienne nous troubler. Livrons-nous sans réserve….. comme si cette nuit était la dernière A la joie, à la volupté".

Et Gamiani de s'écrier: "Le sort en est jeté, au plaisir. Viens Fanny….. baise donc, folle!.. tiens!… que je te morde…. que je te suce; que Je t'aspire jusqu'à la moëlle. Alcide, en devoir… Oh! le superbe animal! quelle richesse!…"

Gamiani ou deux nuits d'excèsGamiani ou deux nuits d'excès
Gamiani ou deux nuits d'excès
Gamiani ou deux nuits d'excèsGamiani ou deux nuits d'excès

"Agenouillez-vous, ma Nièce: préparez-vous par la prière, et supportez avec courage tout le mal que Dieu veut vous infliger"

J'avais à peine obéi, qu'une porte secrète s'ouvrit, un Moine, vêtu comme nous, s'approcha de moi, marmota quelques paroles: puis, écartant ma robe et faisant tomber les pans de chaque côté, il mit à découvert toute la partie postérieure de mon corps.

Un léger frémissement échappa au Moine, extasié sans doute à la vue de ma chair; sa main se promena partout, s'arrêta sur mes fesses et finit par se poser plus bas.

"C'est par là que la femme pêche, c'est par là qu'elle doit souffrir, dit une voix sépulchrale…"

Ces paroles étaient à peine prononcées, que je me sentis battue de verges, de noeuds de corde garnis de pointes en fer. Je me cramponnai au prie-Dieu, je m'efforçai d'étouffer mes cris, mais en vain, la douleur était trop forte. (...)

Lassé sans doute, mon bourreau avait fini. (...) Je m'agitais lubriquement comme pour satisfaire un désir insatiable. Tout-à-coup deux bras nerveux m'enlacent; je ne savais quoi de chaud, de tendu, vint battre mes cuisses, se glisser plus bas et me pénétrer subitement. A ce moment, je crus être fendue en deux. Je poussai un cri affreux que couvrirent aussitôt des éclats de rire. Deux ou trois secousses terribles achevèrent d'introduire en entier le rude fléau qui m'abîmait. Mes cuisses saignantes se collaient aux cuisses de mon adversaire; il me semblait que nos chairs s'entremêlaient pour se fondre en un seul corps Toutes mes veines étaient gonflées, mes nerfs tendus. Le frottement vigoureux que je subissais, et qui s'opérait avec une incroyable agilité, m'échauffa tellement, que je crus avoir reçu un fer rouge.

Je tombai bientôt dans l'extase, je me vis au Ciel. Une liqueur visqueuse et brûlante vint m'inonder rapidement, pénétra jusqu'à mes os, chatouilla jusqu'à la moëlle…. oh! c'était trop…. je fondais comme une lave ardente…. Je sentais courir en moi un fluide actif dévorant, j'en provoquais l'éjaculation par secousses furieuses et je tombai épuisée dans un abîme sans fin de volupté inouïe.

Ma volupté se changea en douleur atroce. Je fus horriblement brutalisée. Plus de vingt Moines se ruèrent à leur tour en cannibales effrénés...

Gamiani ou deux nuits d'excès
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Récit d’Alcide

L'humeur échauffée de plus en plus, et trop abondante, se portait dans ma tête et les parties de feu dont elle était remplie, frappant vivement contre la vitre de mes yeux, y causait une sorte de mirage éblouissant.

 

(…) Il me semblait que je nageais dans une lumière limpide et douce, suave comme un pâle reflet de la Lune dans une belle nuit d'été. Et, voilà que du point le plus éloigné, accourent à moi, vaporeuses, aëriennes comme un essaim de papillons dorés, des myriades infinies de jeunes filles nues, éblouissantes de fraîcheur, transparentes comme des statues d'albâtre.

 

Je m'élançais devant mes Sylphides, mais elles s'échappaient rieuses et folâtres. Leurs groupes délicieux se fondaient un instant dans l'azur et puis reparaissaient plus vifs, plus joyeux. Bouquets charmants de figures ravissantes qui toutes me donnaient un fin sourire, un regard malicieux.

 

Peu-à-peu, les jeunes filles s'éclipsèrent. Alors, vinrent à moi des femmes dans l'âge de l'amour et des tendres passions.

 

Les unes vives, animées, au regard de feu, aux gorges palpitantes: les autres pâles et penchées, comme des vierges d'Ossian. Leurs corps frêles, voluptueux, se dérobaient sous la gaze. Elles semblaient mourir de langueur et d'attente: elles m'ouvraient leurs bras et me fuyaient toujours.

 

Je m'agitais lubriquement sur ma couche; je m'élevais sur mes jambes et mes mains, secouant frénétiquement mon glorieux Priape. Je parlais d'amour, de plaisir. Dans les termes les plus indécents — mes souvenirs classiques se mêlant un instant à mes rêves, je vis Jupiter en feu, Junon maniant sa foudre; je vis tout l'Olympe en rut dans un désordre, un pèle-mèle étranges; après, j'assistai à une orgie, une bacchanale d'enfer: Dans une caverne sombre et profonde, éclairée par des torches puantes, aux lueurs rougeâtres; des teintes bleues et vertes se refluaient hideusement sur les corps de cent Diables aux figures de bouc, aux formes grotesquement lubriques.

 

Les uns lancés sur une escarpolette, superbement armés, allaient fondre sur une femme, la pénétraient subitement de tout leur dard et lui causaient l'horrible convulsion d'une jouissance rapide, inattendue. D'autres, plus lutins, renversaient une prude, la tête en bas, et tous, avec un rire fou, à l'aide d'un mouton, lui enfonçaient un riche priape de feu, lui martelant à plaisir l'excès des voluptés. On en voyait encore quelques-uns, la mèche en main, allumant un canon d'où sortait un membre foudroyant que recevait inébranlable, les cuisses écartées, une Diablesse frénétique.

 

(…) Dans un espace plus élevé, les diables du premier rang se divertissaient jovialement à parodier les mystères de notre sainte religion

 

Une Nonne toute nue, prosternée, l'oeil béatifiquement tourné vers la voûte, recevait avec une dévotieuse ardeur la blanche communion que lui donnait, au bout d'un fort honnête goupillon, un grand diable crossé, mîtré tout à l'envers. Plus loin, une Diablotine recevait à flots sur son front le baptême de vie; tandis qu'une autre, feignant la moribonde, était expédiée avec une effroyable profusion de Saint Viatique.

 

Un maître diable, porté sur quatre épaules, balançait fièrement la plus énergique démonstration de sa jouissance érotico-satanique et, dans ses moments d'humeur répandait a flots la liqueur bénite. Chacun se prosternait à son passage. C'était la procession du Saint Sacrement…

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Lorsque je fus revenu de ces accès terribles, je me sentis moins lourd, mais plus abattu. Trois femmes jeunes encore et vêtues d'un simple peignoir blanc, étaient assises près de mon lit.

"O mes belles amies! m'écriai-je, je veux être heureux, heureux à l'excès, je veux mourir dans vos bras. Prêtez-vous à mes transports, à ma folie"

Et voilà que chacun se meut, s'agite, s'excite au plaisir.

Je dévore des yeux cette scène animée, ces mouvements lascifs, ces poses insensées. Les cris, les soupirs se croisent, se confondent: bientôt le feu circule dans mes veines. Je frissonne tout-entier. Mes deux mains battent une gorge brûlante, ou se portent frénétiques, crispées, sur des charmes plus secrets encore. Ma bouche les remplace. Je suce avidement, je ronge, je mords. On me crie d'arrêter, que je tue, et je redouble encore.

Je sentais le délire approcher une troisième fois Je poussai avec fureur. Mes trois belles perdirent à la fois l'équilibre et leurs sens. Je les reçus dans mes bras, pamées, expirantes et je me sentis abîmé, inondé.

Joies du Ciel ou de l'Enfer! c'étaient des torrents de feu qui ne finissaient pas.

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Médor! Médor! prends moi! Prends!

A ce cri un chien énorme sort d'une cache, s'élance sur la Comtesse et se met en train de lécher ardemment un clitoris dont la pointe sortait rouge et enflammée.

La Comtesse criait à haute voix: hai! hai! hai! forçant toujours le ton à proportion de la vivacité du plaisir. On aurait pu calculer les gradations du chatouillement que ressentait cette effrénée Calymanthe.

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Du lait! du lait! Oh! du lait!

Je ne pouvais comprendre cette exclamation, véritable cri de détresse et d'agonie, lorsque Julie parut armée d'un énorme godmiché rempli d'un lait chaud, qu'un ressort faisait à volonté jaillir à six pas. (…) Je ne pouvais croire, qu'il y aurait introduction, lorsqu'à ma grande surprise, cinq ou six attaques forcenées, au milieu de cris aigus et déchirants, suffirent pour engloutir et dérober cette énorme machine. La Comtesse souffrait comme une damnée: raide, sans mouvement, pareille à un marbre, on eut dit la Cassandre de Casani .

Le va-et-vient s'opérait avec une habileté consommée, lorsque Médor dépossédé, et toujours docile à sa leçon, se jette incontinent sur la mâle Julie, dont les cuisses entr'ouvertes et en mouvement, laissaient à découvert le plus délicieux régal. Médor fit tant-et-si bien, que Julie s'arrêta subitement, se pâma abîmée de plaisir.

Irritée d'un retard qui prolongeait sa douleur et différait son plaisir, la malheureuse Comtesse jurait, maugréait comme une perdue.

Revenue à elle, Julie recommence bientôt et avec plus de force. A une secousse fougueuse de la Comtesse, à ses yeux clos, à sa bouche béante, elle comprend que l'instant approche, son doigt lache le ressort.

Ah! ah!… arrête… je fonds…. hai! hai! je jouis!…. oh!...

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Mes tribades se tenaient enfourchées l'une dans l'autre, cherchant à mêler leurs duvets touffus, à frotter leurs parties ensemble. Elles s'attaquaient, se refoulaient avec un acharnement et une vigueur que l'approche du plaisir peut seul donner à des femmes. On aurait dit qu'elles voulaient se fendre, se croiser tant leurs efforts étaient violents, tant leur respiration haletait bruyante. Ai! ai! s'écriait Fanny, je n'en puis plus, cela me tue. Va seule. Va!…. encore, répondait Gamiani Je touche au bonheur. Pousse! Tiens donc! tiens…. Je m'écorche, je crois. Ah! je sens, je coule…. Ah! ah! ah!… La tête de Fanny retombait sans force. Gamiani roulait la sienne, mordait les draps, mâchait ses cheveux flottant sur elle. Je suivais leurs élans, leurs soupirs; j'arrivai comme elles au comble de la volupté.

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La Supérieure [Sainte] me rassura par quelques plaisanteries et me divertit surtout en me racontant la perte de son pucelage.

À force de se tourmenter l’esprit, ma nymphomane se remémora que le singe est, de tous les animaux, celui qui ressemble le plus à l’homme. Son père avait précisément un superbe orang-outang. Elle courut le voir, l’étudier, et comme elle restait longtemps à l’examiner, l’animal échauffé sans doute par la présence d’une jeune fille, se développa tout à coup de la façon la plus brillante. Sainte se mit à bondir de joie. Elle trouvait enfin ce qu’elle cherchait tous les jours, ce qu’elle rêvait chaque nuit. Son idéal lui apparaissait réel et palpable. Pour comble d’enchantement, l’indicible joyau s’élançait plus ferme, plus ardent, plus menaçant qu’elle ne l’eût jamais ambitionné. Ses yeux le dévoraient. Le singe s’approcha, se pendit aux barreaux et s’agita si bien que la pauvre Sainte en perdit la tête. Poussée par sa folie, elle force un des barreaux de la cage et pratique un espace facile que la lubrique bête met de suite à profit. Huit pouces francs, bien prononcés, saillaient à ravir. Tant de richesse épouvanta d’abord notre pucelle. Toutefois, le diable la pressant, elle osa voir de plus près ; sa main toucha, caressa. Le singe tressaillit à tout rompre ; sa grimace était horrible. Sainte, effrayée, crut voir Satan devant elle. La peur la retint. Elle allait se retirer lorsqu’un dernier regard jeté sur la flamboyante amorce réveille tous ses désirs. Elle s’enhardit aussitôt, relève ses jupes d’un air décidé et marche bravement à reculons, le dos penché vers la pointe redoutable. La lutte s’engage, les coups se portent, la bête devient l’égale de l’homme. Sainte est embestialisée, dévirginée, ensingée ! Sa joie, ses transports éclatent en une gamme de oh ! et de ah ! mais sur un ton si élevé que la mère entend, accourt, et vous surprend sa fille bien nettement enchevillée, se tortillant, se débattant et déjectant son âme !

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Je consentis joyeusement à être initiée aux mystères des Saturnales monastiques. Mon admission ayant été adoptée au chapitre, je fus présentée deux jours après. J'arrivai nue selon la règle. Je fis un serment exigé et, pour achever la cérémonie, je me prostituai courageusement à un énorme Priape de bois disposé à cet effet. J'achevais à peine une douloureuse libation que la bande des soeurs se rua sur moi plus pressée qu'une troupe de cannibales. Je me prétai à tous les caprices, je pris les poses les plus lubriquement énergiques, enfin je terminai par une danse obscène et je fus proclamée victorieuse. J'étais exténuée. Une petite nonne, bien vive, bien éveillée, plus raffinée que la supérieure, m'entraina dans son lit: C'était bien la plus damnée Tribade que l'enfer put créer. Je conçus pour elle une vraie passion de chair et nous fumes presque toujours ensemble pendant les grandes orgies nocturnes.

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La première fois que je fus mise à l'épreuve, j'étais dans le délire du vin. Je me précipitai violemment sur la sellette, défiant toutes les nonnes. L'âne fut à l'instant dressé devant moi, à l'aide d'une courroie. Son braquemard terrible, échauffé par les mains des sœurs, battait lourdement sur mon flanc. Je le pris à deux mains, je le plaçai à l'orifice: et, après un chatouillement de quelques secondes, je cherchai à l'introduire. Mes mouvements aidant, ainsi que mes doigts et une pommade dilatante, je fus bientôt maîtresse de cinq pouces au moins. Je voulus pousser encore, mais je manquai de forces, je retombai. Il me semblait que ma peau se déchirait, que j'étais fendue, écartelée. C'était une douleur sourde, étouffante, à laquelle se mêlait pourtant une irritation chaleureuse, titillante et sensuelle. La bête remuant toujours produisait un frottement si vigoureux que toute ma charpente vertébrale était ébranlée. Mes canaux spermatiques s'ouvrirent et débondèrent. Ma cyprine brûlante tressaillit un instant dans mes reins Oh! quelle jouissance! Je la sentais courir en jets de flamme et tomber goutte à goutte au fond de ma matrice. Tout en moi ruisselait d'amour. Je poussai un long cri d'énervement et je fus soulagée…. Dans mes élans lubriques j'avais gagné deux pouces; toutes les mesures étaient passées, mes compagnes étaient vaincues. Je touchais aux bourrelets, sans lesquels on se serait éventrée.

 

Epuisée, endolorie dans tous les membres, je croyais mes voluptés finies lorsque l'intraitable fléau se roidit de plus belle, me sonde, me travaille et me tient presque levée. Mes nerfs se gonflent, mes dents se serrent et grincent. Mes bras se tendent sur mes deux poings crispés. Tout-à-coup un jet violent s'échappe et m'inonde d'une pluie chaude et glueuse, si forte, si abondante, qu'elle semble regorger dans toutes mes veines et toucher jusqu'au cœur. Mes chairs lachées, détendues par ce baume exubérant, ne me laissent plus sentir que des félicités poignantes qui me piquent les os, la moelle, la cervelle et les nerfs, dissolvent mes jointures et me mettent en fusion brûlante…. torture délicieuse! intolérable volupté qui défait les liens de la vie et vous fait mourir avec ivresse.

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Après une grande orgie, nous eûmes l'idée de nous transformer en hommes, à l'aide d'un godemiché attaché, de nous embrocher de la sorte à la suite les unes des autres; et de courir ensuite comme des folles. Je formais le dernier anneau de la chaîne, j'étais la seule par conséquent qui chevaucha sans être chevauchée. Quelle fut ma surprise lorsque je me sentis vigoureusement assaillie par un homme nu qui s'était, je ne sais comment, introduit parmi nous. Au cri d'effroi qui m'échappa, toutes les nonnes se débandèrent et vinrent s'abattre incontinent sur le malheureux intrus.

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Dès que les nonnes comprirent que ce malheureux n'était plus bon à rien, elles décidèrent sans hésiter qu'il fallait le tuer et l'ensevelir dans une cave, de peur que ses indiscrétions ne vinssent à compromettre le couvent. (….) Mais voilà, à la grande surprise de ces furies, que la pendaison produit son effet ordinaire. Emerveillée de la démonstration nerveuse, la Supérieure monte sur un marchepied et, aux applaudissements frénétiques de ses dignes complices, elle s'accouple dans l'air avec la mort et s'encheville à un cadavre.

Trop mince ou trop usée pour soutenir ce double poids, la corde cède et se rompt. Mort et vivant tombent à terre et si rudement que la nonne en a les os rompus et que le pendu dont la strangulation s'était mal opérée revient à la vie et menace dans sa tension nerveuse d'étouffer la supérieure.

La foudre tombant sur une foule produirait moins d'effet que cette scène, sur les nonnes. Toutes s'enfuirent épouvantées croyant que le diable était avec elles; la supérieure resta seule à se débatte avec l'intempestif ressuscité.

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Il m'arriva dans une matinée, de fournir jusqu'à trente deux courses et de désirer encore. Six athlètes furent vaincus et abîmés.

Un soir je fis mieux. J'étais avec trois de mes plus vaillans champions. Mes gestes et mes discours les mirent en si belle humeur, qu'il me vint une idée diabolique, pour la mettre à profit je priai le plus fort de se coucher à la renverse et tandis que je festoyais à loisir sur sa rude machine, je fus lestement gomorhisée par un second: ma bouche s'empara du troisième et lui causa un chatouillement si vif qu'il se demena en vrai démon et poussa les exclamations les plus passionnées Tous trois à la fois nous éclatames de plaisir en roidissant nos quatre membres. Quelle ardeur dans mon palais! quelle jouissance délicieuse au fond de mes entrailles!….

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A genoux entre les jambes de Fanny, elle s'attachait son redoutable instrument et le brandissait d'un air menaçant.

A cette vue les transports de Fanny redoublent plus violents, il semble qu'un feu intérieur la tourmente et la pousse à la rage. Ses cuisses écartées se prêtent avec effort aux attaques du simulacre monstrueux. L'insensée! elle eut à peine commencé cet horrible supplice qu'une étrange convulsion la fit bondir en tous sens.

-  Hai! hai! la liqueur brûle, hai! mes entrailles. Mais cela pique, cela perce! Ah! je vais mourir!…. Vile et damnée sorcière, tu me tiens…. Tu me tiens…. ah!…

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