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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 15:00
Danièle Obono dans le collimateur

Jeune, femme, noire et insoumise, Danièle Obono a, ô la vilaine, soutenu un chanteur* qui avait commis un « Nique la France ».  Nouvelle polémique, lancée du coup par un Team Macron, à partir d’un entretien en engliche avec  counterfire, un site d’information anglais, qui se présente comme un media radical et socialiste (mais évidemment rien à voir avec les rad-socs de chez nous).

Danièle Obono dans le collimateur

Quatre phrases – ou prétendues telles – sont traduites et extraites de l’entretien.

Danièle Obono dans le collimateur

Celle sur la manif du 11 janvier est la plus typique du procédé classique qui consiste à extraire deux morceaux de phrase pour en faire une seule qui fait choc. Rien de pire cependant que les propos tenus par nos intellectuels de moleskine Onfray ou Todd.

Dans l’entretien, elle développe son point de vue dans 3 paragraphes et 336 mots, notre team Macron en tire 1 phrase de 22 mots et qui lui fait dire ce qu’elle n’a pas explicitement dit.

Inutile de préciser que, pas plus que pour Onfray ou Todd, je ne partage son point de vue. Il a le droit bien sûr de s’exprimer. On a le droit de le critiquer. Mais pas en se contentant de qualifier ses propos de choquants et scandaleux, en faisant chorus avec la lie identitaire à la de souche !

Danièle Obono dans le collimateur

« French society has a systemic racism problem » : même si l’anglais est une langue qui m’est restée étrangère, la citation du team semble là exacte. Certes, elle amorce un développement où D. Obono s’appuie sur les travaux de la Commission nationale consultative sur les Droits de l’Homme (CNCDH) et les succès d’ouvrages anti-musulmans de Houellebecq et Zemmour , pour étayer cette affirmation. Elle n’en reste pas moins une généralisation – la société entière – et une affirmation erronée – systémique. Que pour R. Camus, de Villiers, par exemple, l’islamophobie soit érigée en dogme ne permet pas dire que la société française dans son ensemble est contaminée.

Danièle Obono dans le collimateur
Danièle Obono dans le collimateur

Les deux dernières citations, issues du même paragraphe, résument mais ne trahissent pas le propos de la dame. Qui là, comme le camp d’en face des pseudos républicains mais à l’opposé exact, ne fait preuve d’aucune nuance. On a pu débattre de la loi de 2004 : elle s’est appliquée sans grand problème. Celle de 2011, sur le voile intégral, posait un problème d’opportunité – fallait-il une loi pour quelques centaines de cas ? – et de mise en œuvre – la police avait peut-être plus urgent à faire que de verbaliser ces fantômes habillées de noir et qui faisaient dans la provoc.  Mais ces lois ne méritent pas le qualificatif dont elle les affuble. Quand à dire que le concept de laïcité et la loi de 1905 sont utilisés contre les musulmans, c’est confondre la conception qu’ont les faussaires de la laïcité – cette conception liberticide à la Valls – et méconnaître totalement la loi de 1905.

Conception liberticide – mais là encore inversée – de Mme Obono qui accuse Charlie Hebdo de se complaire dans les caricatures islamophobiques (Charlie Hebdo’s decade-long stream of Islamophobic caricatures). Avec finalement la même tendance globalisante des racistes qu’elle dénonce, quand elle parle constamment de Muslim people comme si tous ceux et celles, qu’en fonction de leur origine, on assigne à cette religion, formaient un groupe homogène.

* Le rappeur Saïdou, du groupe ZEP (Zone d’Expression Populaire) avec un  sociologue Saïd Bouamama, comme co-auteur. Les deux hommes ont été mis en examen (puis relaxés) pour ‘injure publique’ et ‘incitation à la haine raciale’ après la diffusion du clip ‘Nique la France’", qu’ils ont co-écrit : "Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes/Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes". D. Obono, à l’époque – 2012 – au NPA de Besancenot avait signé une pétition, pour défendre la liberté d’expression, au moment de la mise en examen, pétition signée aussi par Noël Mamère ou Eva Joly, entre autres.

 

Pour compléter, un éclairage des DEBUNKERS :

Docteur Danielle et Mister “camaradobono”

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 21:55
Quatremer, Soraya et le voile !

Je tombe donc sur ce RT, comme on dit pour le transfert de touitte, de Quatremer, nous montrant une petite Soraya, enfoulardée, avec donc le commentaire, pas xénophobe pour un demi-sou, sur le « choix personnel » de la gamine.  D’où sort cette photo avec cette Soraya au teint de porcelaine ? Nul ne sait, en tout cas Quatremer n’en dit rien !

Je rétorque donc par un « Pierre-Charles 5 ans va vous expliquer pourquoi il a choisi la maternelle du Sacré-Coeur plutôt que la mat. J.Ferry », puis par un « Moshe 8 jours va vous expliquer pourquoi il a choisi d’être circoncis » et ayant eu droit à quelques ripostes de xénophobes bien de cheux nous par une photo de baptême.

Quatremer, Soraya et le voile !

Précisons que j’apprécie Quatremer – qui se fait traiter d’européiste* – justement parce qu’il est, comme moi, un européen convaincu. Et aussi, parce qu’il a, plus que moi hélas, un sens de l’auto-dérision des plus plaisants.

Inutile donc de dire que sa soudaine obsession textile m’a quelque peu surpris, irrité, et que les salopards qui l’approuvaient m’ont révolté.

Il se trouve que – volens nolens – les gniards que nous fûmes – et ce n’était pas du belge – comme, je le suppose, les gniards actuels, ont subi l’éducation que leur ont infligé leurs parents ; les codes vestimentaires aussi (que le voile dans la religion, peuchère – comme on dit à Marseille – soit prescrit ou pas à la puberté n’empêche pas le papa et la maman de la petite Soraya, 2 ans, de lui en couvrir les oreilles, pour affronter les frimas de l’hiver… de Paris ? de Téhéran ?).

Comme j’ai pu l’évoquer, dans un passé hélas lointain, j’ai travaillé pas loin de Folies Bergères, quartier où l’on croisait des gamins nippés comme Rabbi Jacob : c’était sans doute aussi à l’insu de leur plein gré, mais personne n’en faisait ouf et ils débordaient de vie.

Quatremer, pour sans doute achever une démonstration que mon cerveau lent n’avait pas perçue, m’a asséné un « ils portent quoi les hommes musulmans déjà? » auquel j’ai répondu « La kippa ? ah non, je me goure... Le tarbouche ? le turban ? il y en a même de "voilés" les touareg... ». Riposte : « c’est vrai que le tarbouche et le turban peuplent nos rues. Un tel déni, faut oser.» D’où, cette nouvelle réponse : « Ah parce que les femmes enfoulardées peuplent nos rues ? et c'est quoi cette obsession textile ? »

Et du coup, mon Quatremer a dégagé en touche !

Quatremer, Soraya et le voile !

S’il s’agissait de dire – par le biais de cette photo – que les filles et femmes qui portent un foulard dit « voile islamique » sur la tête ne le font pas toutes vraiment de leur plein gré le procédé est minable et c’est enfoncer une porte ouverte.

Mais, sauf erreur, le port d’un fichu sur la tête est encore – avec des gens style Quatremer ça ne va pas peut-être pas durer – autorisé, dans la logique libérale de la Loi de 1905, qu’à Bruxelles il semble ignorer.

L'un pour les quatremeriens est à proscrire, devinez lequel !

L'un pour les quatremeriens est à proscrire, devinez lequel !

La vue de la double photo lui a inspiré un nouveau touitte qui finalement révèle les causes de son obsession foulardière :

Quatremer, Soraya et le voile !

Vous lisez bien : pour Quatremer ce foulard n'est même pas un "voile islamiste" mais carrément "islamique" car celles qui le portent, non seulement mépriseraient celles qui ne le portent pas (il suffit de se retrouver à la sortie du Lycée Tarik à Azrou pour constater que les en cheveux et en fichus devisent ensemble le plus joyeusement du monde) mais nourriraient, sous ce fatal voile, des pensées meurtrières !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Défendre l'idée européenne, chère déjà à Aristide Briand, vous vaut d'être traité d'européiste et au pays des Droits de l'Homme, on vous assène un péjoratif droitsdelhommiste !

 

 

 

PS Entre autres saloperies, celle d'un certain Yves DELAHAIE, petit gommeux, ex-Modem, qui m'accuse de "communautarisme vert" (entendez quasi islamiste, suppôt au moins des Frères musulmans et non adepte de communauté baba-cool écologiste) ! Ce petit trou du cul s'est empressé de me bloquer pour que je ne puisse pas riposter !

Quatremer, Soraya et le voile !

 

Dans la même rue d'Azrou, à quelques minutes d'intervalle...

 

 

 

NB Le tarbouche que j’arbore – pour faire réagir les souchiais bornés (pléonasme) – n’implique aucune appartenance religieuse : « grâce à dieu, je suis athée » comme disait malicieusement Luis Buñuel. N’implique non plus aucune inclination pour les tenues style bonne sœur musulmane. Pour échanger avec d’anciennes élèves marocaines, je n’ignore pas non plus qu’elles ont pu être victimes d’une pression sociale pour le port de ce fichu.  

Mais cette pression, comme le rappelait un ex-évêque de Luçon, existait naguère dans notre Ouest profond : "Dans le passé, en Vendée, l'Eglise était trop présente, occupait l'espace social et laissait peu de place à des manières de penser et de vivre la vie humaine et la foi d'une manière différente. Des hommes et des femmes ont souffert de cette emprise de l'Eglise sur leur vie personnelle et sociale".

Il se peut que la politique cynique d’Hassan II, dans les années de plomb, ait mis en selle des forces rétrogrades au Maroc, que l’influence des états arabes – les chaînes qataries sont omniprésentes sur les télés – ait aussi joué un rôle ; il me semble que dans les années 70 du siècle précédent, la contrainte sociale était moins prégnante, mais peut-être suis-je victime du syndrome du cétaitmieuxavant

Ceci dit, le port du foulard, aussi laid soit-il, ou de l’affreux burkini,  est totalement légal dans notre cher et beau pays. Et, sauf à être atteint d’une forme de schizophrénie hantée par le musulman au cimeterre entre les dents, le porter n’implique pas qu’on nourrisse des pensées meurtrières au nom d’Allah.

 

Depuis "Soraya", Libé - le journal où écrit Quatremer - a pointé une belle pub d'ikea :

Quatremer, Soraya et le voile !
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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 16:56
FOUREST vs BAUBEROT : laïcité fracturée ?
FOUREST vs BAUBEROT : laïcité fracturée ?

Caroline Fourest, la passionaria auto-proclamée de la laïcité, se lance, avec sa bonne foi habituelle, dans un combat républicain contre le vilain démocrate Jean Baubérot. Sa propension caractérielle pour la polémique parasite des positions somme toute très modérées. Loin, très loin, de celles du FN ou du président d’un parti qui s’affiche républicain, Sarkozy, qui n’a que des interdits appuyés sur des mensonges à proposer. Mais puisqu’elle prétend retracer l’histoire de la Loi de 1905, il est bon d’en rappeler les fondements.

Je peux chanter la Liberté chérie, mais pas louer la laïcité ouverte !  « Pas la laïcité positive, pas la laïcité inclusive, pas la laïcité-je-ne-sais-quoi, la laïcité point final » « laïcité tout court, sans adjectif qui la modulerait » ! Épithète interdit selon les prétendus républicains. Et Caroline Fourest d’ostraciser Jean Baubérot pour avoir donc osé prôner une laïcité ouverte « jusqu’à ce qu’Henri Pena-Ruiz et d’autres se révoltent contre cet ajout d’un adjectif ».

Pour avoir aussi évoqué les accommodements raisonnables, pour elle la porte ouverte au communautarisme à l’anglo-saxonne (ce qu’elle appelle « américaniser la laïcité française »).

S’est-elle seulement donné la peine de lire le rapport de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles ? Et question accommodements, si on se donne la peine d’y regarder, la France n’est pas si mal avec son Alsace-Moselle restée concordataire, la Guyane encore sous Charles X, sans oublier les lointaines Wallis et Futuna qui superposent rois coutumiers, église catholique et république… Accommodements raisonnables dont ont su faire preuve et Jules Ferry quand il s’est agi d’enlever les crucifix des salles de classe (voir la réponse de J. Baubérot 3e question) ou Clemenceau quand il décréta que les inventaires des biens des églises ne valaient pas mort d’homme.

Suprême péché, Bauberot serait un compagnon de route de l’UOIF qui est une des bêtes noires de la dame. Elle avait d’ailleurs déjà jeté l’opprobre sur Raphaël Liogier, sociologue, pour être intervenu dans cette instance. Car pour elle cette Union des organisations islamiques de France est un repaire d’islamistes. Or comme l’explique J. Baubérot, il est allé devant eux pour défendre le droit des homosexuels et le mariage pour tous, questions sur lesquelles l’UOIF est sur la même ligne que Barbarin ou de la Rochère ! Sans entrer dans le débat Keppel vs Roy, l’UOIF, quel que soit son fondamentalisme obtus, n’est pas le vivier du terrorisme daechien.

FOUREST vs BAUBEROT : laïcité fracturée ?

Inutile de rappeler qu’elle marche sur les brisées de Valls quand il s’agit aussi de s’en prendre à l’Observatoire de la laïcité et à son Président Jean-Louis Bianco.

 

Burkini et laïcité

Plusieurs mairies ont tenté d'interdire le port du burkini sur la plage au nom de la laïcité, cet été. Juridiquement, quel est le lien entre la tenue de plage et la loi sur la laïcité ?

Il n'y en a aucun (...) La laïcité forgée dans les années 1880-1905 ne concerne que l'espace administré par l'Etat, qui se doit d'être neutre. Les fonctionnaires — postiers, inspecteurs des impôts, policiers... — n'ont pas le droit de manifester publiquement leur croyance ou leur incroyance. Les usagers du service public sont libres, quant à eux, d'exprimer leurs adhésions. En dehors de l'espace de l'Etat, sur la voie publique par exemple, chacun peut agir à son gré, en n'étant limité que par les exigences relatives à l'ordre public. (…) Les rues, les salles de spectacle ou les commerces étaient auparavant considérés comme un prolongement de l'espace privé, où chacun était libre de se vêtir comme il le voulait. Aujourd'hui, on demande de plus en plus à ces lieux où se croisent et se rencontrent les individus d'être neutres. Cette dérive est contraire à la laïcité pensée par les pères fondateurs (…)

 

Cette question avait-elle été débattue en 1905 ?

Un socialiste avait proposé un amendement visant à interdire sur la voie publique le port de vêtements religieux. Charles Chabert demandait que les prêtres et les religieuses ne portent plus l'habit dans la rue, à une époque où nos espaces publics étaient peuplés de ces figures habillées en noir. Mais une telle mesure fut jugée liberticide. Aujourd'hui, cet interdit (sur le port de vêtements religieux) est souvent présenté comme émancipateur... du moins quand il vise les musulmanes.

 

Philippe Portier Télérama

Philippe Portier étant le successeur de Jean Baubérot à l’Ecole pratique des hautes études (Groupe Société, Religions et Laïcités), il est à craindre que la plume polémiste de C. Fourest l’anathémise. Mais sur le burkini, elle affirme que la plage n’est pas l’école publique et que l’interdiction est un cadeau fait à la propagande intégriste.

Et puisqu’elle prétend retracer l’histoire complexe de la loi de 1905, quelques rappels ne sont pas inutiles, même s’ils sont empruntés à sa bête noire, Baubérot !

 

FOUREST vs BAUBEROT : laïcité fracturée ?

« La loi de 1905 est une étape fondamentale de la laïcisation de la République française mais, contrairement à ce que disent certains politiques, ce n’est pas une loi qui tente de chasser les religions de l’espace public : c’est au contraire un texte libéral qui repose sur la tolérance.

Au début du XXe siècle, le président de la commission parlementaire chargée de travailler sur la loi est un adjoint de Jules Ferry, Ferdinand Buisson, et son rapporteur un jeune député socialiste, Aristide Briand. Politiquement, ces hommes sont des libéraux. Ils ne veulent ni supprimer la religion ni détruire les croyances, mais apaiser le conflit politico-religieux qui déchire le pays depuis le XVIe siècle.

Dès le début des débats, ils s’engagent donc dans un double refus : refus de la laïcité antireligieuse défendue par le député socialiste du Var Maurice Allard, refus de la laïcité [gallicane] défendue par l’ancien président du conseil Emile Combes.

Buisson et Briand estiment qu’il faut mettre fin au caractère officiel de l’Eglise catholique et des cultes reconnus, mais ils veulent aussi protéger la liberté de conscience et la liberté de culte. (…) Jean Jaurès décrit d’ailleurs la loi de 1905 comme une loi "libérale, juste et sage". »

« Toutes les fois que l’intérêt de l’ordre public ne pourra être légitimement invoqué, dans le silence des textes ou le doute sur leur exacte interprétation c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. »

A. Briand

Et il rappelle que, pour la loi de 1905, exprimer une croyance religieuse dans l’espace public, ce n’est pas une atteinte à la laïcité ! La loi prévoit d’ailleurs les mêmes peines pour ceux qui exercent une pression religieuse sur autrui – obliger, par exemple, les ouvriers à aller à la messe, comme le faisaient les patrons catholiques du Nord – et ceux qui troublent l’exercice du culte – empêcher, par exemple, des fidèles de participer à une procession religieuse.

Il rappelle aussi que la loi de séparation implique le respect des règles de fonctionnement spécifiques de chaque culte : « Les Eglises ont des constitutions que nous devons respecter », déclare A. Briand. Ces règles fussent-elles contraire aux lois de la République comme le non accès des femmes à la prêtrise !

Et Baubérot de rappeler encore deux débats toujours d’actualité, celui sur la soutane et celui sur les processions. Et dans ses arguments pour repousser l’interdit de la soutane* sur la voie publique, Briand notait qu’on pouvait compter sur l’habileté des prêtres et des tailleurs pour trouver d’autres formes de signes distinctifs. Comme en écho, une polémique récente sur les jupes ou robes longues donne raison à Briand.

La mise en œuvre de la Loi de 1905 se heurte à l’intransigeance de Pie X, pape qui préfère aboutir à « une franche persécution » plutôt qu’aux « accommodements trompeurs » de la loi. Face à cela, en 1907 et 1908, Briand fait voter de nouvelles lois, en quelque sorte des accommodements raisonnables ressentis comme des défaites par une partie des républicains, permettant, dit-il, à l’Eglise catholique d’être « légale malgré elle ». Et, on l’a vu, Clemenceau se refusa aussi à céder aux provocations des ultras catholiques au moment des inventaires.

La "nouvelle laïcité" à la Baroin

En 2003, François Baroin rend au premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, un rapport intitulé « Pour une nouvelle laïcité ». Il défend alors une laïcité plus offensive ­et plus intransigeante que celle de 1905. ­En quoi se démarque-t-elle de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ?

La rupture entre la nouvelle laïcité et la loi de 1905 est politique. Depuis quelques années, cette « nouvelle laïcité » tente de contrôler l’organisation interne d’une religion – l’islam –, alors que la loi de 1905 se garde bien d’intervenir dans ce domaine : elle est au contraire très respectueuse des spécificités d’organisation des cultes.

Cette « nouvelle laïcité » est l’héritière du gallicanisme que professait Emile Combes : elle veut protéger le « bon » islam et contrôler le « mauvais », comme les républicains combistes voulaient, au début du XXe siècle, protéger le bon catholicisme acculturé et combattre le « mauvais » ultramontain.

Mais elle est aussi l’héritière, à droite, voire à l’extrême droite, d’une autre tradition politique française : le discours maurrassien sur les racines chrétiennes de la France, qui ne sert plus à dénoncer la Révolution française et la démocratie, mais l’« islamisation » du pays. C’est cette conjonction de la tradition combiste scientiste et de la tradition maurrassienne contre-révolutionnaire qui fait la force de cette « nouvelle laïcité » : elle reprend deux imaginaires nationaux très puissants.

Extraits de Laïcité retour aux sources Le Monde 15/10/16

 

Le paradoxe est donc que, sur le fond, Caroline Fourest, est tout-à-fait pour une laïcité apaisée et contre la pseudo laïcité de combat des boute-feux de la droite et d’une fraction de prétendus républicains à gauche. Elle se prononce clairement contre l’interdiction du voile à l’université – et a fortiori sur l’espace public – pour l’acceptation d’accompagnantes voilées dans les sorties scolaires, pour le choix entre menu végétarien et non végétarien dans les cantines scolaires…

Mais le combat qu’elle mène contre l’intégrisme la porte à en voir des complices partout et à mettre facilement cette étiquette infamante sur des mouvements qui ont pignon sur rue et qui, dans cette période d’état d’urgence, n’ont été frappés d’aucun interdit.

 

* A ce propos, peut-on rappeler que le forcené qui encourageait des bourgeois – pas du tout bohêmes – et des nervis à la lyncher à Montparnasse au retour de Nantes, n’était pas en djellaba mais en soutane !

 

A lire aussi :

Soutien à Jean Baubérot

par les co-auteurs de

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour compléter - et bien saisir les raccourcis mensongers de C. Fourest - lire la réponse précise de Jean Bauberot qui développe celle parue dans L'OBS du 13/10/16.

Un exemple quasi caricatural de ses fausses allégations : elle prétend que J. Baubérot a, en quelque sorte par un tour de passe passe à son profit, obtenu un transfert de chaires. Or la chaire qu'elle prétend disparue - celle d'Histoire et Sociologie des protestantismes - a continué, avec comme titulaires les professeurs Jean-Paul Willaime puis Patrick Cabanel. Il y a eu, comme cela se fait régulièrement à l'EPHE et à l'EHESS, une création de chaire (chaire "Histoire et sociologie de la laïcité") et nomination de J. Baubérot, selon la procédure habituelle (élection par les pairs puis par l'Académie des sciences morales et politiques, décret du 1er ministre).

 

Mise au point de l'Observatoire de la laïcité

Annexe

Une pseudo « charte de la laïcité » d’Aix-en-Provence suspendue

 

La très laïque Maryse Joissains-Masini, Maire d’Aix-en-Provence, qui arbore perpétuellement, sur sa généreuse poitrine, une croix plus qu’ostensible, a fait voter à son conseil municipal une « Charte du respect des valeurs de la République, de la laïcité, de la citoyenneté et de la neutralité ».

Sous un préambule placé sous le haut patronage de La Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 27 août 1789, La Loi sur la séparation de l'Église et de l'État du 09 décembre 1905, Le préambule de la constitution du 27 octobre 1946 et  La constitution du 04 octobre 1958, on trouve un texte intitulé « engagement de l’association » que doivent signer toutes les associations bénéficiant d’une subvention municipale. Et, entre autres joyeusetés, on peut lire qu’elles s’imposent un devoir de strict(sic) neutralité et s’abstenir ainsi que toute personne [les] représentant de toute manifestation de convictions religieuses ou politiques dans l'exercice des fonctions et des actions mises en œuvre.

 

Autrement dit si la Maire peut plastronner avec sa croix bien exhibée, Caritas doit mettre la sienne au rencart.

Bon, d’accord, vous l’avez deviné, ce n’est pas la croix de Civitas qui est visée, mais les hypocrites associations de barbaresques au cimeterre entre les dents qui affichent de nobles objectifs pour masquer leurs noirs desseins qu’heureusement notre Vicomte pourfend (voir ci-dessous).

Malheureusement, les islamo-gauchistes de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) ont contesté devant le Tribunal administratif de Marseille la légalité de la délibération du conseil municipal d’Aix-en-Provence du 18 juillet 2016 adoptant une « Charte du respect des valeurs de la République, de la laïcité, de la citoyenneté et de la neutralité » ; celle-ci, en effet,  s’ingère illégalement dans la définition de l’objet social et dans les modalités de fonctionnement des associations, en particulier en leur imposant une obligation de neutralité qui ne concerne en réalité que les services publics.

Autrement dit, ils ont appelé au respect de la Loi de 1905 si impudemment invoquée dans le préambule.

Et bien sûr un juge rouge a suspendu l’exécution de la délibération du Conseil municipal d’Aix-en-Provence ayant approuvé la « charte de la laïcité » dont la signature aurait été obligatoire pour les associations demandant une subvention.

Ce juge des référés a considéré que la condition d’urgence était remplie pour deux motifs :

  • ·   atteinte à l’intérêt public que constitue le respect du principe constitutionnel de liberté des associations,
  • ·    atteinte grave et immédiate aux intérêts de la LDH en tant qu’elle a reçu les années précédentes une subvention de la ville qu’elle ne pourrait demander pour 2017 sans signer cette charte.

Il a ensuite considéré que l’atteinte illégale au principe de liberté des associations, principe fondamental de la République, fait naître un doute sérieux sur la légalité de la délibération.

 

Montjoie, Saint-Denis ! Sus à l’islamo-gauchisme !

Pour des raisons mystérieuses*, je reçois une newsletter d’un site qui se revendique « juif » mais qui est plus que Likoud, fan de Bibi Netanyahu ! Et ce site « juif » de dénoncer l’islamophilie de la Maire de Paris ! oubliant qu'Anne Hidalgo envoie ses vœux aussi bien pour le Yom Kippour que pour l’Aïd el Kebir.

Et surtout de citer des extraits du dernier ouvrage de P. de Villiers : likoudistes et réaccathos unis dans la même aversion du musulman.

« L’islamo-gauchisme est partout présent » clame le Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon qui, après avoir chanté Charrette, loué Jeanne-la-pucelle, est remonté sur son fier destrier pour pourfendre à nouveau les chiens d’infidêles et leurs idiots utiles, ces islamo-gauchistes ! Si l’on ne fait rien la voix du muezzin couvrira le son des cloches de nos terroirs, affirme-t-il !

Mais lui résonne comme le gros bourdon de Notre-Dame que les sataniques femens profanèrent.

FOUREST vs BAUBEROT : laïcité fracturée ?

Une véritable 5e colonne est à l’œuvre dont les séïdes agissent dans la discrétion, tapis dans la haute administration, la haute finance ou le monde des cléricatures. Et Onfray, pas à une contradiction près, vient à la rescousse : « La gauche est fascinée par l’islam comme elle l’était par les dictateurs au xxe siècle. En matière de religion, elle n’est hostile qu’au judéo-christianisme. » Sur la lancée du philosophe bas-normand, le neu-neu du bocage poursuit « L’ultra-gauche est orpheline. Elle a aimé Staline, Mao, Castro, Pol Pot. Le rêve totalitaire s’est éteint. Elle cherche une autre vague de violence pour accoucher de l’histoire. Et comme elle a cocufié la classe ouvrière, il lui faut un prolétariat réinventé. Elle a découvert Mahomet. »

Mais le Vicomte se prend un peu les pieds dans le tapis (de prière ?) quand il cite Rouillan vantant le courage des terroristes, vu que Zemmour, son alter ego, vient de sortir la même ânerie : on n’est jamais mieux trahi que par les siens, il est payé pour le savoir.

 

* Est-ce parce qu’un menorah (chandelier à 7 branches), rapporté du Maroc, trône sur la bibliothèque et qu’une connaissance de confession juive (et de droite affirmée) l'ayant vu, a filé mon adéle à ce site ?

 

 

L’art du sophisme !

Que M. Jean-Marcel Bouguereau, ancien responsable du courrier du Nouvel Obs, me demande de ne plus être averti de mes nouveaux articles du deblog-notes, pourquoi pas ? Pas en souvenir de nos échanges peu amènes d’autrefois cependant : il l’aurait fait d’entrée. Là c’était pour cet article Fourest vs Bauberot. Un hasard ?

La réponse n’a pas tardé à venir, puisque dans un touitte il mettait en exergue un article de Renée Fregosi – philosophe – qui de fait pourfend « les tenants d'une laïcité à la fois "ouverte" et restreinte », coupables selon elle de défendre une laïcité « conçue essentiellement comme protection de la liberté religieuse et partant, comme tolérance de pratiques discriminantes (et stigmatisantes) à l'égard des femmes, subies par celles-ci de leur plein gré au nom de leur religion ».

Dans un sophisme hardi elle proclame que « si les religions sont reconnues, l'apostasie, le blasphème, le péché et la supériorité des règles religieuses sur le droit positif national, sont en revanche des notions totalement étrangères et même contradictoires avec les principes laïques de la libre pensée et avec l'Etat de droit. » Or, comme l’indique clairement l’intitulé de la Loi de 1905 – loi de séparation des églises et de l’état – l’apostasie, le blasphème, le péché et autres règles religieuses ne relèvent aucunement du Droit, quelque qualificatif qu’on lui donne.

Mais à partir de ces prémisses, elle peut donc expliquer que la vraie laïcité, entendez la sienne, pas celle de Briand, Jaurès et Buisson, et le vrai féminisme, entendez le sien, unis peuvent s’attaquer à des préceptes religieux infériorisant la femme. Or, rappelons-lui la loi de séparation implique le respect des règles de fonctionnement spécifiques de chaque culte : « Les Eglises ont des constitutions que nous devons respecter », déclare A. Briand. Ces règles fussent-elles contraire aux lois de la République comme le non accès des femmes à la prêtrise, exemple flagrant de discrimination des femmes !

Dans un sophisme encore plus hardi, et au nom bien sûr de la liberté individuelle elle va affirmer « De même que chacun doit garder son vote secret pour que le secret du vote soit préservé pour tous, aucune femme ne peut se proclamer impure, soumise ou devant être pudique sans remettre en cause la dignité de toutes les autres. En acceptant de leur plein gré de porter voile, burka, niqab, burkini ou autre vêture réputée "pudique", ce sont toutes les femmes dans leur nature sexuée qui sont insultées. »

Prémisse faux : le secret du vote n’a été institué que pour éviter les pressions ou corruptions et les sondages à la sortie des urnes reposent sur la révélation de leur vote par les sondés. Quant à l’amalgame entre voile et burkini d’une part et burqa et niqab de l’autre, il est aussi révélateur de la méthode. On peut juger hypocrite celles qui affichent des tenues rigoristes et ridicules celles qui s’exhibent en burkini (qui n’est d’ailleurs ni bur ni kini), mais oser, au nom de la liberté leur interdire de les porter, est une totale imposture.

Le combat pour l’égalité ne repose pas sur des interdits discriminants mais sur un combat idéologique de conviction, pas d’imposition !

 

* Pour éviter tout faux procès, précisons même si c'est évident, que les religions ne doivent pas avoir des prescriptions contraires aux droits de l'Homme et qu'elles ne peuvent faire respecter leurs prescriptions que par des armes spirituelles et que leurs "fidèles" y adhérent de leur plein gré.

 

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 17:06
PINA Céline, la MORANO Nadine du PS

L’OBS du 25/08/16 offre une collision intéressante entre deux articles, l’un sur le complotisme et l’autre sur l’incontournable Burkini. Car le 2e inclut, en encadré, un entretien avec une Céline Pina qui illustre parfaitement le premier.

« Popularisée par des écrivains comme Renaud Camus ou des journalistes comme Eric Zemmour, la théorie du "grand remplacement" est de nature conspirationniste. Elle laisse entendre que les peuples d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne ont un dessein caché : se substituer aux populations européennes et annihiler leur civilisation. On peut y voir une nouvelle version de la "causalité diabolique", analysée par l’historien Léon Poliakov pour expliquer la persécution des juifs à travers l’Histoire. » (Les nouveaux délires des complotistes)

Comme en écho, la camarade Céline Pina clame que les islamistes ont un projet de conquête insidieuse du pouvoir. Le diabolique burkini, véritable cheval de Troie de l’islamisme mortifère, comme dit notre 1er ministre (un peu conifère, lui) devient une burqa de bain ! Ben voyons, bien qu’elle ne cache aucunement le visage. Grosse ficelle – la même finalement que celle qui consiste à invoquer des troubles possibles à l’ordre public pour des arrêtés liberticides et néanmoins municipaux – cette ridicule tenue serait un symbole sexiste ! et le sexisme c’est comme le racisme, pas une opinion mais un délit ! CQFD ! Ce qu’elle projette sur cet habit reflète ses fantasmes « il signifie que les femmes sont impures », c’est « une atteinte à la dignité humaine »,  pas moins.

PINA Céline, la MORANO Nadine du PS

Elle accumule les références qui font peur : frères musulmans, wahhabites, salafistes et tenez-vous bien plus radicalisés encore. Elle plaque la situation imposée par DAECH dans les territoires qu’il contrôle à la France. Et surtout elle énonce ce truisme que les religionnaires, comme on disait du temps d’Aristide Briand, là où ils le peuvent, cherchent à imposer leur conception du monde, cherchent à subordonner la société civile à la société religieuse, à vouloir étendre à la société politique les règles et méthodes de leur religion, à utiliser des armes spirituelles à des fins temporelles, à se servir du pouvoir politique pour imposer leur vision morale, individuelle ou collective. Le national-catholicisme de l’église espagnole du temps de Franco imposait ses dogmes à tous. Et les soubresauts qui ont accompagné la loi pour le mariage pour tous démontrent que la tentation cléricale est toujours prégnante.

Les mahométans, comme disait Voltaire, en tout cas leur fraction intégriste, en France, tentent d’exercer une pression sociale, en particulier sur les femmes, d’autant plus difficile à contrer que, dans certains quartiers, le seul service public qui subsiste c’est l’école et que les désastreuses BAC ne font que jeter de l’huile sur le feu ! Mais ce n’est certainement pas par des arrêtés grotesques, appliqués de façon odieuse, contre une tenue qui n’a l’ostentation que celle qu'on lui prête, que l’on luttera contre cette emprise sociale, dont les seuls musulmans ou présumés tels sont victimes d’ailleurs !

Et cette dame invoque à tort les lois de la République, alors que visiblement elle ignore et la lettre et l’esprit de la Loi de 1905 !

 

PS J'ai reçu un courriel un peu mystérieux de Jean-Marcel Bouguereau*, ex journaliste du Nouvel Observateur (devenu L'OBS) :

"En réponse à votre blog sur Celine Pina à qui vous prêtez des propos qui ne sont pas d'elle mais de Renaud Camus" 

suivi d'un lien vers un article de la même inspiration musulmanophobe, avec en prime l'insulte suprême "droit de l'hommiste".

Or, je ne prête rien à cette dame, le scan de l'encadré le montre ; mais peut-être que l'honorable journaliste veut dire qu'elle ne fait que plagier Renaud Camus ? et le lien indique-t-il qu'il soutient ces propos ?

 

* Ledit Bouguereau a depuis demandé, à propos de l'article FourestvsBauberot, que je ne l'informe plus de mes nouveaux articles ; a posteriori ce courriel signe son appartenance à la secte laïciste.

Quant à la dame Pina elle est acoquinée avec une hystérique passionaria du MRC - le groupuscule fondé par Chevènement qu'il a depuis quitté - qui insulte tout azimuth.




 

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 22:30
La laïcité en faux-procès

Un pseudo professeur de sociologie intente un procès en dogmatisme à la laïcité, par une grossière confusion avec un athéisme qualifié de fanatique !

 

La sociologie est parfois un  pavillon de complaisance pour des idéologies fumeuses. Faut-il rappeler qu’un éminent professeur de sociologie, Michel MAFFESOLI, a pu donner un doctorat à Elisabeth Tessier, une Madame Soleil un peu plus chicos ! Et c’est cet éminent sociologue qui signe une tribune dans Libération dont le titre même - Du fanatisme athée au fanatisme dévot – laisse deviner l’élucubration intellectuelle qu’il va développer.

En effet, à l’issu d’une véritable bouillie conceptuelle où il confond, athéisme et laïcité, il assène : « C’est en ce sens qu’à l’encontre de la «doxa» dominante, on peut dire que c’est l’intégrisme laïque qui, sans bien sûr en être conscient, est le fourrier des positions et des actes extrémistes. »

 

Certes, les soi-disant laïques, style Riposte raciste, sont à la laïcité ce que les daechiens sont à l’Islam. Ils en ânonnent le verbe, ils en nient l’esprit. Mais les daechiens n’ont pas eu besoin du repoussoir de ces faux-laïques pour recruter.

La laïcité ne se situe absolument pas sur le même plan que la religion, encore moins comme une rivale. Opposer un fanatisme laïque à un fanatisme religieux est un non sens. Et feindre de confondre laïcité et athéisme – en convoquant le pauvre Rousseau à l’appui – démontre, si besoin était après l’épisode Tessier et des nominations plus que douteuses dans des instances universitaires, la totale absence d'honnêteté intellectuelle du personnage.

Est-il besoin de lui rappeler les deux premiers articles de la loi de 1905 dont nous fêterons le 110e anniversaire le 9 décembre ?

Article 1

La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

Article 2

La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte…

 

Aucun fanatisme athée dans ces articles. La République ne veut pas instaurer une sorte de religion civile, non plus. Comme son titre l’indique il s’agit uniquement de la séparation des églises et de l’état. Avec une double conséquence : la parfaite neutralité de l’état (donc de tous ses bâtiments et agents) et le refus du cléricalisme, cette propension des religions à vouloir imposer leurs dogmes à l’ensemble de la société civile.

Et le rationnel ne s’oppose pas à l’émotion ou aux affects, il s’oppose à l’irrationnel. Et quoi de plus irrationnel que la barbarie ?

 

Emotion, affects, passions se situent dans une toute autre sphère, qui s’exprime dans l’art notamment. Et le laïque convaincu, athée, agnostique ou croyant, s’il estime qu’en politique il vaut mieux s’adresser au cerveau qu’aux tripes,  est capable de vibrer en écoutant le Chœur des esclaves du Nabucco de Verdi ou en regardant Guernica de Picasso à Madrid ou en se récitant Le dormeur du val de Rimbaud…

« Les communautés sont là », nous assène le professeur.

Mona Ozouf, dans « Composition française » a bien montré comment on pouvait tout à la fois se sentir Bretonne, Française et Européenne. Autrement dit, une personne ne se réduit pas à une communauté, plus ou moins mythique d’ailleurs. Et le repli communautaire parfois stigmatisé est plus sûrement provoqué par la xénophobie que par la laïcité.

 

Déduire de massacres perpétrés par de vrais fanatiques – enfermés dans leur bulle, imperméables justement à toute émotion ou affect et animé par la seule passion de détruire et se détruire – un besoin religieux retrouvant une indéniable force et vigueur est des plus consternants. Le vocabulaire employé est d’ailleurs surprenant, puisque ce qu’il appelle un sacral diffus contaminerait la sphère politique et il estime qu’il faudrait savoir accompagner cette contamination !

La laïcité est indispensable pour justement éviter cette contamination à laquelle d’ailleurs nous invitent plus les bigotes de l’anti mariage pour tous, qui ne peuvent admettre que leurs dogmes ne s’imposent pas à tous, que d’autres religionnaires.

Et des batailles sociétales, pour le droit à décider de sa mort dans la dignité par exemple, sont encore à gagner contre les cléricalismes.

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 16:44
Tract distribué dans mon ex-collège

Tract distribué dans mon ex-collège

Mea culpa ! si j’ose dire. A l’occasion d’une distribution de tracts de l’aumônerie dans mon ex-collège, j’ai découvert à ma grande honte que j’ignorais en fait les textes. Fort de l’article 2 de la Loi de 1905, j’étais persuadé qu’une aumônerie de collège était liée à l’existence d’un internat. Que nenni !

Aumônerie de collège public : tout faux !

Or donc, en marge d’une réunion d’une association citoyenne locale, on m’informe que des tracts sur l’aumônerie avaient été distribués dans les classes officiellement. Tout faraud, je proclame qu’une telle aumônerie ne pouvait exister puisque j’avais réussi à faire fermer l’internat dudit collège. Et qu’une aumônerie ne pouvait exister que dans un établissement avec internat !

Tout faux.

 

Certes, l’aumônerie est de droit en cas d’internat. Sous réserve d’une demande de parents.

Ce qui était arrivé à la fin des années 90 où donc j’avais accueilli une charmante catéchiste que j’avais affublé du titre d’aumônière, ce qu’elle supportait fort chrétiennement. Une autre lui avait succédé qui m’avait d’ailleurs promis de me faire visiter l’évêché – il n’est visible que pendant les journées du patrimoine et avec inscriptions très réduites – promesse non tenue. Pourtant le logement de fonction du successeur de Richelieu, du peu qu’on en voit, me semblait bien supérieur à celui qui m’était alloué.

L’internat fermé, l’aumônière avait disparu. Et dans mon esprit, tout ce qui ressortait du caté, pour les externes ou demi-pens relevait des familles, le mercredi ou le samedi ou après les cours. Sans que l’établissement ne soit, si peu que ce soit, concerné.

Aumônerie de collège public : tout faux !

A jouer les péremptoires, j’ai quand même voulu conforter mes affirmations par des textes.

 

Le site du 1er ministre Vie publique sur ce sujet rappelait la loi fondatrice : « L’Etat doit permettre à chacun de pratiquer son culte en assistant aux cérémonies ou en suivant l’enseignement propre à sa croyance. Si un croyant est retenu dans un établissement géré par l’Etat, il doit pouvoir pratiquer son culte au sein de cet établissement. C’est pourquoi la loi de 1905 [dans] son article 2 qui interdit toute subvention à un culte prévoit que "pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons". »

La suite était cependant plus ambiguë : « Dans les établissements scolaires publics du secondaire (collèges et lycées), la création de services d’aumônerie est possible à la demande des parents. Les aumôniers de l’enseignement public ne sont pas rémunérés par l’administration bien qu’agréés par le recteur. Quand l’établissement scolaire possède un internat, l’enseignement religieux est dispensé au sein de l’établissement, en revanche, quand il n’y a pas d’internat, les cours religieux sont donnés en dehors des locaux scolaires. »

Les quatre premières illustrations sont les scans du tract distribué récemment dans le collège où j'ai sévi !

Les quatre premières illustrations sont les scans du tract distribué récemment dans le collège où j'ai sévi !

Le doute cependant me gagnait.

 

Plongée donc dans le Code de l’éducation qui, dans son titre IV, Article L 141-2., affirme : L’Etat assure aux enfants et adolescents dans les établissements publics d’enseignement la possibilité de recevoir un enseignement conforme à leurs aptitudes dans un égal respect de toutes les croyances. Mais surtout précise les modalités pratiques : L’Etat prend toutes dispositions utiles pour assurer aux élèves de l’enseignement public la liberté des cultes et de l’instruction religieuse.

  • Article R. 141-2. – Dans les établissements publics d’enseignement comportant un internat, une aumônerie est instituée à la demande de parents d’élèves.
  • Article R. 141-3. – L’instruction religieuse prévue à l’article R.141-2 est donnée par les aumôniers et ministres des différents cultes dans l’intérieur des établissements.
  • Article R. 141-4. – Les lycées, collèges, et généralement tous établissements publics d’enseignement du niveau du second degré ne recevant pas d’internes et non encore pourvus d’un service d’aumônerie peuvent en être dotés, à la demande de parents d’élèves. La décision est prise par le recteur dans des conditions et selon des procédures déterminées par arrêté du ministre chargé de l’éducation. Si la sécurité ou la santé des élèves le justifie, le recteur peut, après avis du chef d’établissement, autoriser les aumôniers à donner l’enseignement religieux à l’intérieur des établissements. (Ce dernier alinéa nuance donc le résumé de Vie publique)

Des distributions de tracts controversées

Collège-lycée BUFFON

Comme je ne lis pas Le Parisien, La Croix ou Le Figaro, je n’avais pas lu les articles sur une distribution de tracts de l’aumônerie catho dans quelques établissements du XVe dont le collège-lycée Buffon, à la mi-septembre. Pub très controversée par la FCPE et des syndicats enseignants.

La Croix, assez jésuitement, a tenté de justifier cette distribution par les textes officiels.

Sauf que si le Code de l’éducation est muet sur la façon d’informer les familles, la Circulaire no 88-112 du 22 avril 1988 - Enseignement religieux et aumôneries dans l'enseignement public. – est plus précise.

 

Or donc il faut une demande des familles et le chef d'établissement doit adresser au recteur un dossier comprenant la totalité des demandes reçues, la répartition des élèves intéressés entre les différents cultes et les différentes classes… dossier assorti d’un avis du Conseil d’administration.

Lors de la création du service d'aumônerie ou lors de la première inscription d'un élève dans l'établissement, le chef d'établissement doit informer l'élève, s'il est majeur, ou ses parents ou représentants légaux, de l'existence d'un service d'aumônerie. Voilà donc la justification de la distribution de tracts, direz-vous.

Et bien non ! S'il s'agit d'une première inscription de l'élève dans l'établissement, les parents ou représentants légaux indiquent, sur la fiche d'inscription qu'ils doivent remplir, et qui doit comporter une rubrique à cet effet ou, à défaut, sur un feuillet  ad hoc annexé à cette fiche, s'ils désirent que l'élève suive les activités du service d'aumônerie (…)

Les formulaires d'inscription dans l'établissement scolaire ou tout autre document comportant des questions relatives à l'enseignement religieux doivent préciser clairement que les réponses à ces questions sont facultatives. En outre, les chefs d'établissement devront faire savoir aux parents ou à l'élève majeur que l'inscription aux activités du service d'aumônerie peut entraîner la nécessité de conserver l'enregistrement de cette inscription dans un fichier manuel ou informatisé.(…)

Le choix fait lors de la première inscription vaut tant qu'il n'a pas été modifié par écrit. Les noms et adresses des élèves inscrits seront tenus à la disposition du responsable de l'aumônerie qui devra refuser de recevoir les élèves non inscrits

Rétrospectivement, je le confesse, je n’ai absolument pas suivi ce texte lors de la brève présence d’une aumônerie au sein du collège (deux ans, si je me souviens bien). Sauf erreur pas d’indication de son existence à l’inscription. Libre accès. La seule publicité devait être une pancarte sur la porte de la salle avec les horaires de permanence. Et pour moi, ladite aumônerie avait disparu en même temps que les internes.

Est-ce d’ailleurs à cause de ces manques à l’information que des rectorats auraient autorisé une publicité directe distribuée à tous au sein des établissements avec aumônerie ? Hypothèse hardie.

Le rappel du texte de 1988, en revanche, n’est peut-être pas inutile.  

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 17:09
Charte de la Laïcité : ça bouzze

Constitution de 1958

ARTICLE PREMIER.

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances…

 

Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat

Titre Ier : Principes.

Article 1

La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

Article 2

La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte…

 

Loi n° 11 696 du 28 mars 1882

Article premier

L’enseignement primaire comprend :

   ● L’instruction morale et civique ;

   ● La lecture et l’écriture …

La Charte de la Laïcité, affichée dans tous les établissements depuis 2013, doit être signée par les parents à cette rentrée. Une telle obligation déclenche un bouzze. Tandis qu’un journaliste sportivo-politique pointe, deux ans après, dans le texte, des ambiguïtés qui devraient inspirer Houellebecq, L’Obs se pose la question essentielle : si les parents ne signent pas !

Charte de la Laïcité : ça bouzze

Bruno Roger-Petit (BRP) journaliste sportif au Figaro, mais politique à Challenges (groupe de L’Obs), touitte donc, après avoir découvert le texte deux ans après sa parution, sur l’ambiguïté des paragraphes 12 et 15 (dans une autre réponse il note 11 et 15), ambiguïté susceptible donc d’alimenter les fantasmes soumissionnaires de Houellebecq. Diantre, affirmer que les enseignements sont laïques et que nul ne peut s’y soustraire pour des motifs religieux ou que les élèves doivent être actifs serait comme un acte d’allégeance aux fondamentalistes de l’Islam ? Qui a pu voir opérer le fqih sait que les méthodes actives ne sont pas très usitées dans une école coranique.

L’article de L’OBS - Charte de la laïcité : et si les parents ne signent pas ? -  se fait l’écho d’une interrogation d’un prof et d’un touitte (« Si, en tant que parent d'élève, je refuse de signer la charte de la laïcité, il se passe quoi ? Mes gamines doivent s'inscrire au CNED ? », le Monsieur semble ignorer que le CNED fait partie de l’éducation nationale, mais il peut se réjouir son message stupide est passé dans L’Obs).

Surtout L'obs reprend les propos d’un certain Rodrigo Arenas, présenté comme le représentant de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) de Seine-Saint-Denis, qui clame qu’il ne signera pas. "Un parent qui ne respecte pas la laïcité ne respecte pas la loi et il aura affaire la justice. Pas la peine de signer une charte pour ça", estime-t-il. "Le problème est pris à l’envers. En Seine-Saint-Denis, quand on parle laïcité, on parle Islam. Alors il faut faire attention à ne pas stigmatiser certaines personnes. On ne peut pas convoquer des parents en tête à tête parce qu’ils ont refusé de signer. Ça ressemble à une punition, c’est ubuesque !"

Selon lui, ajouter la charte au règlement intérieur apporte un signal négatif. "Dans un règlement intérieur, on vous rappelle ce que vous n’avez pas le droit de faire, donc on donne l’impression que la charte est coercitive."

On peut retourner les arguties de R. Arenas en estimant que joindre cette charte au Règlement Intérieur (RI) de l’établissement donne un aspect plus positif au RI et surtout en explicite le principal fondement qui est le vivre ensemble.

Ne jetons pas la pierre à ce militant de la FCPE, qui donne des armes aux xénophobes, qui caricaturent les musulmans, en prétendant que parler de laïcité en Seine-Saint-Denis c’est stigmatiser l’Islam. Comme si tous les musulmans étaient des fondamentalistes bornés (pléonasme), des affidés d’un Civitas de l’Islam. Car il est vrai que dans la mauvaise foi il ne fait que marcher dans les brisées d’une sociologue Nacira Guénif-Souilamas qui, elle, contrairement à Roger-Petit avait lu le texte à sa parution. Lecture très symptomale : « La laïcité devrait garantir l’égalité entre les filles et les garçons - ce qui est très contradictoire avec les récentes déclarations de Peillon sur le fait que la théorie du genre n’existe pas. [… ]. Pourquoi vise-t-on spécifiquement l’inégalité garçons-filles ? C’est une manière de pointer du doigt, une nouvelle fois, sans les nommer, ces musulmans supposés hétérosexistes(sic). »

Si l’on suit bien le raisonnement, proclamer l’égalité filles-garçons serait l’indice de l’existence d’une théorie du genre ! et surtout cette proclamation viserait les musulmans. En quoi des musulmans non sexistes pourraient se sentir visés par l’affirmation assez banale de l’égalité femme-homme ?

Charte de la Laïcité : ça bouzze

Charte de la laïcité à l’école.

 

La Nation confie à l’école la mission de faire partager aux élèves les valeurs de la République. La République est laïque. L’école est laïque.

 

1) La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi, sur l’ensemble de son territoire, de tous les citoyens. Elle respecte toutes les croyances.

 

2) La République laïque organise la séparation des religions et de l’État. L’État est neutre à l’égard des convictions religieuses ou spirituelles. Il n’y a pas de religion d’État.

 

3) La laïcité garantit la liberté de conscience à tous. Chacun est libre de croire ou de ne pas croire. Elle permet la libre expression de ses convictions, dans le respect de celles d’autrui et dans les limites de l’ordre public.

 

4) La laïcité permet l’exercice de la citoyenneté, en conciliant la liberté de chacun avec l’égalité et la fraternité de tous dans le souci de l’intérêt général.

 

5) La République assure dans les établissements scolaires le respect de chacun de ces principes.

 

6) La laïcité de l’École offre aux élèves les conditions pour forger leur personnalité, exercer leur libre arbitre et faire l’apprentissage de la citoyenneté. Elle les protège de tout prosélytisme et de toute pression qui les empêcheraient de faire leurs propres choix.

 

7) La laïcité assure aux élèves l’accès à une culture commune et partagée.

 

8) La laïcité permet l’exercice de la liberté d’expression des élèves dans la limite du bon fonctionnement de l’École comme du respect des valeurs républicaines et du pluralisme des convictions.

 

9) La laïcité implique le rejet de toutes les violences et de toutes les discriminations, garantit l’égalité entre les filles et les garçons et repose sur une culture du respect et de la compréhension de l’autre.

 

10) Il appartient à tous les personnels de transmettre aux élèves le sens et la valeur de la laïcité, ainsi que des autres principes fondamentaux de la République. Ils veillent à leur application dans le cadre scolaire. Il leur revient de porter la présente charte à la connaissance des parents d’élèves.

 

11) Les personnels ont le devoir de stricte neutralité : ils ne doivent pas manifester leurs convictions politiques ou religieuses dans l’exercice de leurs fonctions.

 

12) Les enseignements sont laïques. Afin de garantir aux élèves l’ouverture la plus objective possible à la diversité des visions du monde ainsi qu’à l’étendue et à la précision des savoirs, aucun sujet n’est a priori exclu du questionnement scientifique et pédagogique. Aucun élève ne peut invoquer une conviction religieuse ou politique pour contester à un enseignant le droit de traiter une question au programme.

 

13) Nul ne peut se prévaloir de son appartenance religieuse pour refuser de se conformer aux règles applicables dans l’École de la République.

 

14) Dans les établissements scolaires publics, les règles de vie des différents espaces, précisées dans le règlement intérieur, sont respectueuses de la laïcité. Le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit.

 

15) Par leurs réflexions et leurs activités, les élèves contribuent à faire vivre la laïcité au sein de leur établissement.

Le texte, comme on peut le lire, ne fait qu’expliciter pour l’école l’article premier de la constitution et les principes de la loi de 1905. Il prône une laïcité non dogmatique totalement dans l’esprit qui avait présidé à l’élaboration de cette loi. Certes, et contrairement à ce que feint de croire BRP, l’article 12 dénie le droit à des fondamentalistes de refuser tel enseignement, Sciences de la vie et de la terre par exemple, au nom de leur religion (fondamentalistes pas uniquement de sectes musulmanes puisque des sectes chrétiennes créationnistes refusent aussi l’enseignement scientifique de l’évolution).

 

Reprenant Jules Ferry et sa lettre aux instituteurs on peut se demander s'il peut se trouver une seule personne honnête qui pourrait de bonne foi refuser son assentiment à cette charte !

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 17:08
Vox populi, vox dei ?

Sondage IFOP

7 Français sur 10 se dressent donc pour la défense des crèches, si l’on en croit un sondage exclusif d’Ouest-France dimanche.

 

Eh quoi ! nos belles crèches sont-elles menacées par une horde de libre-penseurs chevelus post soixante-huitards qui, tels des séides de Civitas vandalisant les œuvres de Serrano à Avignon, à défaut de bouffer du curé, parcourraient nos chapelles, églises et cathédrales armés de marteaux ou autres outils contondants pour briser ces magnifiques témoignages de l’art saint-sulpicien qui représentent la vierge, Joseph, le bœuf et l’âne, etc. ?

Que nenni, l’infâme représentant de cette secte impie s’est contenté de présenter un recours devant le tribunal administratif de Nantes (sans doute présidé par un descendant de l’horrible Jean-Baptiste Carrier). Et c’est plutôt lui qui est menacé d’être massacré à coups de saints goupillons et de sabres s’il le faut, par des paroissiens qui pratiquent l'amour du prochain avec un art particulier.

 

Ils se lèvent en fait pour défendre une tradition culturelle menacée !

Vous l’ignoriez peut-être mais la présence de crèches dans les mairies ou les hôtels de département ou de région, relèverait d’une « tradition culturelle ».

 

  Tellement bien ancrée en terre biterroise qu’elle date… de l’arrivée de MOI MENARD à la tête de la municipalité. Un Ménard qui a aussi lancé la tradition d’une messe solennelle dans les arènes de Béziers pour bénir

- le massacre de braves taureaux innocents par des tueurs chamarrés

- la magie de l’art tauromachique avec ses toreros en habits de lumière

(choisissez la réponse qui vous convient selon que vous êtes anti ou pro-corrida, mais dans les deux cas on peut se demander ce qu’un curé vient faire dans cette tuerie barbare ou cette célébration païenne du culte de Mithra).

Tradition de la crèche un peu plus ancienne à l’hôtel du département de Vendée, mais qui ne remonte quand même pas aux guerres du même nom.

Mais à part ces deux lieux, qui a entendu parler de crèches, non pas dans les lieux publics – les édifices, églises, cathédrales, etc. propriétés des communes ou de l’état « servent à l'exercice public des cultes » (art.12, 13 de la Loi de 1905) – mais dans des édifices de services publics, comme les mairies ?

 

A y regarder de plus près, les catholiques, les vrais, les quelques % de pratiquants restant,  devraient plus s’inquiéter de ces 71% que s’en réjouir.

Car, si l’on en croit le commentaire, pour cette écrasante majorité, il s’agit d’un « élément de tradition culturelle plus que d’un symbole religieux ». Autrement dit, la crèche a autant de rapport avec la nativité d’un homme-dieu, prénommé Jésus, que le sapin de Noël en a avec les divinités germaniques du temps des Romains.

Dans un grand élan œcuménique et folklorique verra-t-on les curés se déguiser en pères Noël pour célébrer la messe de Minuit et un beau sapin, roi des forêts, s’ériger à côté de la crèche ?

Et puisqu’on est dans une tradition style œufs de Pâques, pourquoi nos pâtissiers-confiseurs ne se lanceraient pas dans des crèches en pain d’épices ou en pâte de fruits voire en chocolat.

Et du coup, à la grande satisfaction des libre-penseurs qui, à défaut de bouffer du curé, pourraient croquer du petit-jésus !

 

 

 

Un beau chant de Noël de Pierre PERRET que je dédie à MM Retailleau et Ménard.

Noël avant terme

Noël Noël tu vas venir bientôt

Oh ! bon Papa Noël n'oublie pas mes cadeaux

Et pour ce jour si merveilleux

Petit Papa Noël exauce tous mes vœux

 

Que ma petite maman s'arrête de tousser

Peut-être que notre voisin aura fini de gueuler

Fais que mon p'tit papa sorte enfin de prison

Qu'y me ramène voir les femmes comme au bon temps dans leur maison

 

refrain

 

Je voudrais que grand-mère ne me réveille plus

Quand elle rentre le matin beurrée comme un p'tit Lu

Pardon si je l'ai battue mais qu'elle me répète plus

J'ai une dent contre toi, d'abord il lui en resterait plus

 

refrain

 

Pour faire mes ongles en deuil j'voudrais un p'tit canif

Ça fait quand même plus propre pour se les fourrer dans le pif

Et j'voudrais pour ma tête une tondeuse électrique

Je sens que j'ai le chou farci de p'tits grains de riz mécaniques

 

refrain

 

Je te promets en échange de plus crever les pneus

De plus me laver les nougats dans le truc du pot-au-feu

Et je te jure sur l'honneur de plus gratter sans motif

Les bonbons à liqueur que j'ai chopés sur le tarbouif

 

 

 

 

Bon, à la demande générale des anciens enfants de choeur défroqués - et puisque, si on a bien compris, ce chant est devenu aussi folklorique que le petit papa Noël de Tino (Rossi) ou le beau sapin toujours roi des forêts - voici MINUIT CHRETIENS, en deux versions à nos oreilles également aimables, quoique la première avec son délicieux accent soit nettement plus marrante que la seconde.

Apparemment Pavarotti ne connaît pas son texte et ne comprend rien de ce qu'il chante, mais le final est du plus haut comique

Minuit chrétiens

 

Texte Placide Cappeau

Musique Adolphe Adam

1847

 

Minuit  ! Chrétiens, c’est l’heure solennelle

Où l’homme Dieu descendit jusqu’à nous,

Pour effacer la tache originelle

Et de son Père arrêter le courroux :

Le monde entier tressaille d’espérance

À cette nuit qui lui donne un Sauveur

Peuple, à genoux attends ta délivrance,

Noël  ! Noël  ! Voici le Rédempteur  !

Noël  ! Noël  ! Voici le Rédempteur  !

 

 

(Chœur)

 

 

Peuple, à genoux attends ta délivrance,

Noël  ! Noël  ! Voici le Rédempteur  !

Noël  ! Noël  ! Voici le Rédempteur  !

 

 

De notre foi que la lumière ardente

Nous guide tous au berceau de l’enfant

Comme autrefois, une étoile brillante

Y conduisit les chefs de l’Orient

Le Roi des Rois naît dans une humble crèche,

Puissants du jour fiers de votre grandeur,

Ah ! votre orgueil c’est de là qu’un Dieu prêche,

Courbez vos fronts devant le Rédempteur  !

Courbez vos fronts devant le Rédempteur  !

 

 

(Chœur)

 

 

Ah ! votre orgueil c’est de là qu’un Dieu prêche,

Courbez vos fronts devant le Rédempteur  !

Courbez vos fronts devant le Rédempteur  !

 

 

Le Rédempteur a brisé toute entrave,

La terre est libre et le ciel est ouvert

Il voit un frère où n’était qu’un esclave

L’amour unit ceux qu’enchaînait le fer,

Qui lui dira notre reconnaissance  ?

C’est pour nous tous qu’Il naît, qu’Il souffre et meurt :

Peuple, debout ! chante ta délivrance,

Noël  ! Noël  ! chantons le Rédempteur  !

Noël  ! Noël  ! chantons le Rédempteur  !

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 21:10
La laïcité expliquée à Monsieur Retailleau
La laïcité expliquée à Monsieur Retailleau

Ouest-France 06/12/2014

"L'Etat laïque, neutre entre tous les cultes, indépendants de tous les clergés, dégagé de toute conception théologique" permet "l'égalité de tous les Français devant la loi, la liberté de tous les cultes" et de toutes les convictions philosophiques. D'après Ferdinand Buisson

 

Monsieur le Sénateur-Président du conseil général de la Vendée (et Président du groupe parlementaire UMP du Sénat), je me permets, très humblement, de vous rappeler que notre République est laïque. Contrairement à ce que d’aucuns pourraient croire – mais vous n’êtes certainement pas de ceux-là – la République ne se réduit pas à l’état central (ni l’état, au gouvernement), mais comprend les collectivités territoriales (communes, départements, régions).

 

Une des grandes lois fondatrices de la Laïcité française est la loi de 1905. Et contrairement à ce qu’un ex-président, dont vous avez rallié le parti, a laissé sous-entendre osant parler d’un anti-cléricalisme d’état, la Loi de 1905 fut bien une loi de liberté et de tolérance.

 

Votre (ex)père spirituel, le Vicomte Le Jollis de Villiers de Saintignon, qui voyait des mosquées partout à Roissy, a sans doute fustigé les prières de rues des infidêles et barbaresques musulmans. Et pourtant, contrairement à vous qui êtes trop jeune (quoique), il a dû connaître les « fêtes-dieu » où le curé portant ostensoir et protégé par un dais avançait sur un tapis de pétales de roses répandus par des enfants de chœur ensoutanés de rouge, avec surplis blanc, au son de saints cantiques en latin. Et honte au mécréant qui n’aurait pas décoré sa façade sur l’itinéraire de la procession. Question prière de rue, on était servi avec des autels de plein air où s’arrêtait la sainte procession dans les rues de nos villages.

Je ne saurais trop vous recommander la lecture des débats qui ont abouti à la suppression d’un article liberticide dans la loi de 1905. Vous y verriez comment un député catholique a su prendre à contre-pied Aristide Briand et Ferdinand Buisson : « quand l’ordre public n’est pas en danger, il y a un autre intérêt qui s’impose, c’est celui de la liberté. » Et l’Article 25 qui édictait que les églises, séparées de l’état, « n’ont pas le droit d’emprunter la voie publique pour les manifestations de leur culte » car elles imposeraient ainsi « aux indifférents, aux adeptes des autres confessions religieuses le spectacle inévitable de leurs rites particuliers. » a été supprimé.

Ce qui répond aux âneries proférées par le Vicomte sur les étoiles qu’il faudrait retirer de nos rues, car outre que la symbolique religieuse desdites étoiles n’est pas évidente, elles ne sont pas bannies des voies publiques qu’il ne faut pas confondre avec des bâtiments officiels. Quant à vos propres propos sur les communes en « Saint »* qu’il faudrait débaptiser, entre nous soit dit, vous confesserez qu’ils relèvent d’un amalgame assez puéril. Contrairement aux révolutionnaires que vous honnissez, les Ferry, Briand ou Buisson n’ont jamais voulu toucher au calendrier des fêtes d’origine chrétienne et encore moins à la toponymie.

 

  Revenons donc à votre crèche.

Que les santons de Provence puissent relever d’une authentique tradition culturelle populaire, d’un patrimoine provençal, est indéniable. En revanche, vous conviendrez que l’aspect culturel de vos statuettes saint-sulpiciennes n’est pas évident. Tradition cultuelle plutôt qui trouve sa place dans les lieux de culte, voire dans des foires de Noël, sans doute pour sanctifier les marchands du temple. 

 

Mais, elle n’a pas sa place dans un bâtiment de la République, dont font partie Mairie et Hôtel de Département. Non pas que leur laideur soit une atteinte au bon goût, cela étant trop subjectif. Mais que ces crèches sont une atteinte à la neutralité que doivent afficher ces lieux.  C’est ce que dit clairement l’Article 28 : « Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. » sur lequel s’est appuyé, je suppose, le Tribunal Administratif de Nantes.

 

Cette neutralité instaurée par la loi de séparation des églises et de l’état n’est pas anti-religieuse, mais a-religieuse. Elle s’impose à ses représentants et à ses agents. C’est pourquoi ceux-ci ne doivent, dans l’exercice de leurs fonctions, manifester leur éventuelle appartenance à telle religion ou parti politique.  Non pas pour cause d’éventuel prosélytisme – la vue d’une hôtesse d’accueil portant un fichu dit islamique dans une administration ne risque guère de convertir qui que ce soit à l’islam – mais pour affirmer la neutralité du service public.

 

Sans vous laisser aller aux outrances de votre ex-mentor – l’admirateur de Poutine parlant de décision « totalitaire » - vous n’en avez pas moins profité de votre position pour vous livrer à une attaque indigne contre la Libre pensée la taxant d’intégrisme laïcard. Vous conviendrez peut-être que question intégrisme agressif, la Libre pensée est loin, très loin, des méthodes d’actions de CIVITAS, par exemple. Et que la conviction exprimée dans leurs statuts est aussi respectable que la vôtre. Le Président de la Libre Pensée de Vendée qui, contrairement à vous, n’a guère été entendu dans les médias, a fait preuve d’une grande retenue dans son expression et dans son action.

 

Quant à votre allusion à un témoignage touchant d’un « auditeur, dont le prénom, Ahmed, fait penser qu’il appartenait à une religion » ne soutenant pas une crèche, outre que vous semblez ignorer que la religion musulmane reconnaît Jésus comme un prophète, elle trahit une propension trop fréquente à conférer une appartenance religieuse à partir d’un nom ou prénom**. Mais y eût-il eu dans vos soutiens un Vladimir orthodoxe, un William anglican, un Ricard boudhiste, etc. que ça ne changeait rien à l’article 28 de la Loi de 1905 sur lequel s’est appuyé le tribunal administratif.

Et vous allez dépenser notre argent, à nous les contribuables vendéens, dans d’inutiles recours en appel, conseil d’état et, on n’ose y croire, jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme !

 

D’ailleurs, comme le souligne Jean Baubérot, associer la crèche, qui célèbre, ce n’est pas à vous que je dois le rappeler, la nativité du christ, à quelque chose d’uniquement traditionnel et folklorique, c'est manquer de respect à la religion catholique.

Et ce n’est pas une tradition cultuelle qui se perd : presque toutes les églises, la cathédrale, ont leur crèche que chacune et chacun peut aller voir.

Et vous, vous pouvez faire une belle crèche dans votre intérieur privé, pour y déposer, le 24 à minuit, votre petit jésus, en entonnant le "Minuit chrétiens"... si ça vous chante.

 

* Une pétition, lancée par un anonyme Lou G., intitulée « Tradition et patrimoine culturel français : oui aux crèches de Noël dans l'espace public ! », signée par d’aussi anonymes Thérèse, Gérard voir 148, s’en prend évidemment à « cette gauche bien pensante, ces ayatollahs de la pensée unique, ces pourfendeurs de nos traditions, veulent détruire notre socle commun. » Et comme Brutus-Bruno R. craignent « qu'ils ne finissent par vouloir débaptiser notre calendrier, qu'ils ne trouveront pas très laïc (avec les fêtes chrétiennes et tous les saints), ou débaptisent les rues, les places de nos villes et villages qui portent le nom d'un saint etc. ».

Eh oui ! M. le Président, la stupidité de vos propos éclate quand ils sont clamés par des cagots bornés (pléonasme) et lâches.

 

 

** Pris à partie, sur ce point, vous vous êtes miraculeusement souvenu que ça serait l’auditeur lui-même qui se serait dit musulman : permettez-moi d’être un peu sceptique sur cet ajout dans votre storytelling.

 

 

Merci au commentateur "Malherbe" de m'avoir signalé le billet de Sophia Aram

Entretien avec J. Bauberot
Entretien avec J. Bauberot

Un entretien avec Jean Baubérot

Ouest-France 12 décembre 2014

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 16:02
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Morano Nadine, notre Sarah Palin, a décidé de nous distraire pendant cet été pourri. Après avoir tancé le Président pour avoir fêté discrètement son 60e anniversaire, après avoir clamé son dépit à l’encontre de son little big man, voilà qu’elle fait part de son ire nouvelle : figurez-vous, elle a rencontré une femme voilée sur la plage !

 

Eh oui ! si l’on en croit la photo qu’elle a prise elle-même, la députée européenne – mais si – se fait griller la couenne sur des plages bien galeteuses. Or donc, « Sous un chaud soleil, sur une plage de France, bondée de vacanciers en maillots de bain, un couple est arrivé. Un homme vêtu d'un short et d'un maillot manches courtes accompagné d'une femme vêtue, d'une tunique manches longues, d'un pantalon et d'un voile. En quelques minutes, l'homme se mit en maillot de bain exhibant un corps bien fait, pendant que la dame s'asseyait toute habillée, bien sagement sur le sable. Il se dirigea seul, vers la mer. Heureux de profiter d'un bon bain, il adressait à sa douce  soumise, seule, entourée de corps en tenue de plage, des signes de la main. Lui, a donc le droit de se déshabiller, de se baigner, elle non ! » Il s’en passe des choses sur une plage de France ensoleillée. Et on notera les qualités littéraires de cette description, avec un aspect psychologique qui dénote la perspicacité de l’élue : la « douce soumise ».

Les mauvais esprits pourraient dire que peut-être la dame n’aime pas les bains de mer ou bien qu’au contraire elle s’est chopé un coup de soleil généralisé, on se doute que ce ne sont que des « idiots utiles » de l’islamisme conquérant qui veut nous imposer sa charia.

 

La Nadine ne s’en laisse pas conter. Boutons les infidèles hors de la patrie ! « Qu'on ne vienne pas me rétorquer encore une fois l'Islam... Je demande aux musulmans qui ont choisi de vivre en France et de s'y intégrer (…) de défendre avec moi, une simple réalité : La France n’est pas un Etat religieux » « Lorsqu’on choisit de venir en France, Etat de droit, laïc, on se doit de respecter notre culture et la liberté des femmes. Sinon, on va ailleurs !! » C’est beau comme du Marine Le Pen, dans le texte.

 

Car n’en déplaise à la Dame, outre qu’il est fort possible que sa voisine de plage au foulard soit née en France et de nationalité française, tout autant qu’elle, dans un état de Droit, il y a des lois et elle confesse elle-même qu’elles ne furent pas violées par la dame dite ‘voilée’ : « Il n’y a rien qui porte atteinte à l’ordre public puisque la femme avait le visage découvert conformément à la loi. » Le principe de non contradiction n’est donc pas tout-à-fait acquis.

 

Quand l’ordre public n’est pas en danger, il y a un autre intérêt qui s’impose, c’est celui de la liberté.

 

Quant à la Laïcité, elle en a une vision digne des rouge-bruns style riposte laïque. La loi de 1905 qui la fonde grandement a connu deux débats qui restent d’actualité. Non la religion ne se cantonne pas au domaine privé. Un Article 25 (devenu 27) dans sa rédaction initiale, édictait que les églises, séparées de l’état, « n’ont pas le droit d’emprunter la voie publique pour les manifestations de leur culte » car elles imposeraient ainsi « aux indifférents, aux adeptes des autres confessions religieuses le spectacle inévitable de leurs rites particuliers. » On n’est pas loin des actuelles déclarations, dont celles de Nadine. Eh bien ! pris en quelque sorte à contre-pied par un député catholique, qui leur assène : « La liberté de conscience ne doit pas être conçue d’une façon négative, comme imposant aux différentes confessions religieuses l’obligation de se dissimuler, elle doit être conçue d’une façon positive, comme leur imposant de se tolérer réciproquement, ce qui implique pour chacune d’elle la faculté de se développer, de se manifester. », Ferdinand Buisson et Aristide Briand se rendent à ses raisons. Quand l’ordre public n’est pas en danger, il y a un autre intérêt qui s’impose, c’est celui de la liberté.

 

La loi de 1905 se donne pour but d'instaurer dans ce pays un régime de liberté

 

Autre débat encore d’actualité, celui sur le port de la soutane : un amendement est présenté visant à l’interdire. Aristide Briand rétorque : « ce serait encourir, pour un résultat plus que problématique, le reproche d’intolérance et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule que de vouloir, par une loi qui se donne pour but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue confessionnel, imposer aux ministres des cultes de modifier la coupe de leurs vêtements. »

Nadine à la plage découvre une femme voilée

Mais le chaud soleil a dû lui taper fort sur la calebasse, car peu avant, notre Sarah Palin en avait sorti une bien bonne, sur France-Inter : "Rhooo [ou onomatopée de ce style] ça n'a rien à voir avec la question du déficit, c'est grotesque, ça n'a pas de cohérence dans le raisonnement, m'enfin ça c'est habituel (...) Nous sommes dans une crise très grave face à des terroristes [les islamiste en Irak] (...) et Monsieur Hollande est parti fêter son anniversaire". De fait, et en toute intimité, François Hollande, hors caméras, a fêté son 60e anniversaire. Comme les crises en tout genre, n’ont pas manqué, on suppose que l’idole de Nadine, N. Sarkozy, n’a pas dû fêter souvent son anniversaire.

 

La bêtise poussée à ce point ça devient presque un art !

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