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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 21:55
Quatremer, Soraya et le voile !

Je tombe donc sur ce RT, comme on dit pour le transfert de touitte, de Quatremer, nous montrant une petite Soraya, enfoulardée, avec donc le commentaire, pas xénophobe pour un demi-sou, sur le « choix personnel » de la gamine.  D’où sort cette photo avec cette Soraya au teint de porcelaine ? Nul ne sait, en tout cas Quatremer n’en dit rien !

Je rétorque donc par un « Pierre-Charles 5 ans va vous expliquer pourquoi il a choisi la maternelle du Sacré-Coeur plutôt que la mat. J.Ferry », puis par un « Moshe 8 jours va vous expliquer pourquoi il a choisi d’être circoncis » et ayant eu droit à quelques ripostes de xénophobes bien de cheux nous par une photo de baptême.

Quatremer, Soraya et le voile !

Précisons que j’apprécie Quatremer – qui se fait traiter d’européiste* – justement parce qu’il est, comme moi, un européen convaincu. Et aussi, parce qu’il a, plus que moi hélas, un sens de l’auto-dérision des plus plaisants.

Inutile donc de dire que sa soudaine obsession textile m’a quelque peu surpris, irrité, et que les salopards qui l’approuvaient m’ont révolté.

Il se trouve que – volens nolens – les gniards que nous fûmes – et ce n’était pas du belge – comme, je le suppose, les gniards actuels, ont subi l’éducation que leur ont infligé leurs parents ; les codes vestimentaires aussi (que le voile dans la religion, peuchère – comme on dit à Marseille – soit prescrit ou pas à la puberté n’empêche pas le papa et la maman de la petite Soraya, 2 ans, de lui en couvrir les oreilles, pour affronter les frimas de l’hiver… de Paris ? de Téhéran ?).

Comme j’ai pu l’évoquer, dans un passé hélas lointain, j’ai travaillé pas loin de Folies Bergères, quartier où l’on croisait des gamins nippés comme Rabbi Jacob : c’était sans doute aussi à l’insu de leur plein gré, mais personne n’en faisait ouf et ils débordaient de vie.

Quatremer, pour sans doute achever une démonstration que mon cerveau lent n’avait pas perçue, m’a asséné un « ils portent quoi les hommes musulmans déjà? » auquel j’ai répondu « La kippa ? ah non, je me goure... Le tarbouche ? le turban ? il y en a même de "voilés" les touareg... ». Riposte : « c’est vrai que le tarbouche et le turban peuplent nos rues. Un tel déni, faut oser.» D’où, cette nouvelle réponse : « Ah parce que les femmes enfoulardées peuplent nos rues ? et c'est quoi cette obsession textile ? »

Et du coup, mon Quatremer a dégagé en touche !

Quatremer, Soraya et le voile !

S’il s’agissait de dire – par le biais de cette photo – que les filles et femmes qui portent un foulard dit « voile islamique » sur la tête ne le font pas toutes vraiment de leur plein gré le procédé est minable et c’est enfoncer une porte ouverte.

Mais, sauf erreur, le port d’un fichu sur la tête est encore – avec des gens style Quatremer ça ne va pas peut-être pas durer – autorisé, dans la logique libérale de la Loi de 1905, qu’à Bruxelles il semble ignorer.

L'un pour les quatremeriens est à proscrire, devinez lequel !

L'un pour les quatremeriens est à proscrire, devinez lequel !

La vue de la double photo lui a inspiré un nouveau touitte qui finalement révèle les causes de son obsession foulardière :

Quatremer, Soraya et le voile !

Vous lisez bien : pour Quatremer ce foulard n'est même pas un "voile islamiste" mais carrément "islamique" car celles qui le portent, non seulement mépriseraient celles qui ne le portent pas (il suffit de se retrouver à la sortie du Lycée Tarik à Azrou pour constater que les en cheveux et en fichus devisent ensemble le plus joyeusement du monde) mais nourriraient, sous ce fatal voile, des pensées meurtrières !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Défendre l'idée européenne, chère déjà à Aristide Briand, vous vaut d'être traité d'européiste et au pays des Droits de l'Homme, on vous assène un péjoratif droitsdelhommiste !

 

 

 

PS Entre autres saloperies, celle d'un certain Yves DELAHAIE, petit gommeux, ex-Modem, qui m'accuse de "communautarisme vert" (entendez quasi islamiste, suppôt au moins des Frères musulmans et non adepte de communauté baba-cool écologiste) ! Ce petit trou du cul s'est empressé de me bloquer pour que je ne puisse pas riposter !

Quatremer, Soraya et le voile !

 

Dans la même rue d'Azrou, à quelques minutes d'intervalle...

 

 

 

NB Le tarbouche que j’arbore – pour faire réagir les souchiais bornés (pléonasme) – n’implique aucune appartenance religieuse : « grâce à dieu, je suis athée » comme disait malicieusement Luis Buñuel. N’implique non plus aucune inclination pour les tenues style bonne sœur musulmane. Pour échanger avec d’anciennes élèves marocaines, je n’ignore pas non plus qu’elles ont pu être victimes d’une pression sociale pour le port de ce fichu.  

Mais cette pression, comme le rappelait un ex-évêque de Luçon, existait naguère dans notre Ouest profond : "Dans le passé, en Vendée, l'Eglise était trop présente, occupait l'espace social et laissait peu de place à des manières de penser et de vivre la vie humaine et la foi d'une manière différente. Des hommes et des femmes ont souffert de cette emprise de l'Eglise sur leur vie personnelle et sociale".

Il se peut que la politique cynique d’Hassan II, dans les années de plomb, ait mis en selle des forces rétrogrades au Maroc, que l’influence des états arabes – les chaînes qataries sont omniprésentes sur les télés – ait aussi joué un rôle ; il me semble que dans les années 70 du siècle précédent, la contrainte sociale était moins prégnante, mais peut-être suis-je victime du syndrome du cétaitmieuxavant

Ceci dit, le port du foulard, aussi laid soit-il, ou de l’affreux burkini,  est totalement légal dans notre cher et beau pays. Et, sauf à être atteint d’une forme de schizophrénie hantée par le musulman au cimeterre entre les dents, le porter n’implique pas qu’on nourrisse des pensées meurtrières au nom d’Allah.

 

Depuis "Soraya", Libé - le journal où écrit Quatremer - a pointé une belle pub d'ikea :

Quatremer, Soraya et le voile !
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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 15:03
Quand les sénateurs UMP lancent une commission d’enquête sur l’école

Au lendemain de l’attentat du 7 janvier 2015, B. Retailleau, chef de file des sénateurs UMP, a demandé une commission d’enquête sur le non respect de la minute de silence ! A ce jour, elle est toujours en cours, mais les déclarations de son rapporteur font augurer un texte qui réjouira les rétropenseurs. Quant au laïcisme liberticide, on risque aussi de le voir recommandé.

 

Le Brutus du bocage qui préside aussi le groupe UMP du Sénat s’est donc offusqué que la minute de silence décidée au lendemain de l'attentat du 7 janvier 2015 pour rendre hommage aux victimes ait été perturbée dans certains établissements scolaires. Surtout, il soupçonne que les 200 incidents signalés aient été sous-estimés par le ministère de l’Education Nationale, dirigée par une ministre qui est, après la Garde des Sceaux, la cible privilégiée de l’UMP. « Ces incidents ont mis au jour un malaise plus profond caractérisant l'éloignement d'un nombre croissant d'élèves de la morale républicaine. Ainsi, il semble nécessaire de proposer les mesures permettant aux enseignants d'assurer leurs missions de transmission des valeurs de la République et du principe de laïcité ainsi que d'acquisition des savoirs… ». Il fallut donc, toute affaire cessante, constituer une commission d’enquête parlementaire sur les menaces qui pèsent sur l’école républicaine !

 

La commission a été mise en place le 20 janvier ; elle poursuit ses auditions.

Sus au constructivisme, au pédagogisme

 

  Parmi les auditionnés, on découvre des sous-Brighelli* dont l’arrogance n’a d’égale que l’inexpérience. Ainsi d’un François-Xavier Bellamy, militant affiché de la manif anti mariage pour tous et des veilleurs, ancien scout d’europe, branche intégriste du scoutisme, qui déclare sans rire : « Pour lutter contre le sexisme, les élèves doivent entendre parler, par exemple, de la figure de Jeanne d'Arc, lire quelques pages de son procès. » Ou un Loys Bonod dont le seul titre de gloire est de tenir un blog où la stupidité le dispute à la malhonnêteté (intellectuelle) dont témoignent ses propos : « On a mis en place une entreprise de déconstruction de l'école. Bizarrement, elle passe par la notion de constructivisme, qui a déjà été abordée devant votre commission par François-Xavier Bellamy. Le constructivisme repose sur l'idée que l'enfant doit apprendre à apprendre seul et que le professeur n'est plus qu'un guide, un accompagnateur, un médiateur. » Mensonge recuit des z’hérauts de la rétropensée.

 

 Sauf que le rapporteur, le sénateur Grosperrin, non seulement approuve, mais en rajoute une couche sur ce qu’il nomme le pédagogisme. « Je pense en particulier à un enseignant de la région lyonnaise [entendez P. Meirieu] qui a eu un écho très favorable auprès des enseignants du primaire, qui a trompé les enseignants et a considéré comme une révolution copernicienne le fait de placer l'enfant au centre du processus éducatif. On ne parlait plus des matières ; il fallait que l'enfant soit bien, soit heureux. »

Un concentré de sottises qu’Antoine Prost, dans son « Eloge des pédagogues » a fort élégamment démontées. Mais notre rapporteur poursuivra sur la même veine au fil des auditions : « Nous nous sommes trop éloignés des principes fondateurs de l'instruction au profit d'un pédagogisme qui a chassé les contenus. » « Au nom de ce principe d'égalité on assiste à une baisse du niveau et à une remise en cause de l'excellence. » « Vous avez dit que l'école éduque. Je ne suis pas sûr que cela soit son rôle premier. Elle ne peut éduquer, à mon sens, que si elle instruit ; on a souvent eu tendance à l'oublier. »

 

  Là il se fera ramasser par Laurence Loeffel, IGEN  « Je récuse l'opposition entre éducation et instruction. (…) Cette opposition s'est, au fil du temps, idéologisée, ce qui ne me semble pas le meilleur moyen de penser de manière objective les problèmes de l'école. (…) le clivage entre instruction et éducation est un faux clivage : l'école a toujours eu pour mission d'éduquer. Voyez l'école primaire de la IIIème République : tous les enseignements, y compris scientifiques, ont été construits comme des enseignements dont la finalité élective était une éducation aux valeurs de la raison, de la rationalité, du progrès. »

Mais comment peut-on être Persan, pardon Turc ?

Mais comment peut-on être Persan, pardon Turc ?

Hé mon Longuet !

 

Gérard Longuet, ancien d’Occident, du GUD, d’Ordre Nouveau, du Front National, mais néanmoins honorable ancien ministre des Postes et des Armées a égayé de ses saillies la commission. Un interlocuteur évoque-t-il les religieuses ou les infirmières aux cheveux cachés, qu’il rétorque : « La coiffe peut avoir des raisons professionnelles, climatiques, ou de singularité et de soumission. Les sœurs appartiennent à Dieu et font vœu de célibat : leur voile s'en veut le témoignage. Ce qui choque dans le voile islamique, c'est qu'il n'a ni raison climatique, ni de soumission particulière, mais exprime l'appartenance à une société qui, profondément, n'est pas la nôtre. »  Car, au cas où ça vous aurait échappé : « Il y a plusieurs dizaines de siècles que nous sommes sur cette terre ; nous avons le sentiment d'en avoir fait quelque chose et ne voulons pas que cela disparaisse. (…) la France a été, entre le baptême de Clovis et la loi de 1905, un pays majoritairement catholique romain. C'est notre héritage, il n'est pas négligeable, ni inférieur à l'héritage africain, océanien ou antillais. »**

A noter quand même que en Océanie comme aux Antilles, il y a des territoires français.

Que la laïcité soit évoquée dans une commission initiée par un fruit et suppôt de l’école confessionnelle vendéenne et qui comptait dans ses rangs le Sénateur Carle n’est pas le moindre des paradoxes.

Baubérot et Pena-Ruiz, entendus le même jour, ont donné leur approche différente de la notion de laïcité. Jean-Louis Bianco, président de l’observatoire de la laïcité, en donne une définition, à mon sens, satisfaisante : « La laïcité, c'est d'abord la liberté de croire ou de ne pas croire et la liberté de manifester sa croyance pour autant que cela n'empiète pas sur la liberté d'autrui ; ensuite, la neutralité de l'État vis-à-vis des religions ; enfin, la citoyenneté, l'égalité de droits et de devoirs. »

Mais cela n’était qu’amuse-gueules. Ramadan, halal, voile, voilà qui est autrement excitant.

 

  Surprise, pour le principal que je fus, quand Mme Marie-Françoise Perol-Dumont déclare qu’il lui est « arrivé comme présidente de conseil général de devoir répondre à la demande de certaines familles de collégiens qui souhaitaient déduire les jours de ramadan des jours de cantine ». Que je sache, ce qu’on appelait les ‘remises d’ordre’ sur le forfait de la cantine – des déductions en cas d’absence pour maladie par exemple – était du ressort de l’établissement et non du conseil général. Et si un collégien ne mange pas à la cantine pendant un mois fut-il lunaire, le problème n’est pas dans la déduction des jours de cantine !

 

Se greffe la question des menus alternatifs en cas de porc au menu. « Certains mangent casher ; d'autres mangent hallal. D'autres encore mangent bio ou sont végétariens. Les revendications sont donc multiples ; elles ne concernent pas seulement la viande hallal. » précise Pierre N'Gahane. Et Jean Baubérot rappelle que « même Émile Combes, ce partisan de la laïcité la plus intransigeante, avait signé une circulaire prévoyant l'absence de viande dans les cantines le vendredi, pour faire preuve de libéralisme politique mais aussi par intérêt bien compris, pour éviter que les enfants n'aillent dans les écoles congréganistes. Il nous faut inventer les mêmes genres d'accommodements aujourd'hui : proposer un menu végétarien - pas hallal ou casher, ce serait trop compliqué ! - à côté du menu habituel résoudrait bien des choses. »

Obsession textile

La fureur anti fichu va se déployer sur deux fronts principaux. Les mamans dites voilées et les étudiantes itou.

 

Pas de mamans à voile dans nos sorties scolaire !

 

Quittant les hauteurs spéculatives, H. Pena-Ruiz considère que « Lorsqu'on prétend que des mères voilées peuvent bien accompagner leur enfant dans le cadre d'un voyage scolaire (…), il faut garder à l'esprit qu'elles assurent des fonctions d'accompagnatrices au nom de l'État et doivent, à ce titre, être tenues à la même neutralité vestimentaire que les enseignants ».

 

Approuvé en cela par une présidente de commission qui en rajoute une couche par la preuve assurantielle ! « Toute personne qui accompagne relève de l'assurance scolaire de l'école (…). Cette dimension assurantielle vaut, à mes yeux, soumission aux principes du service public ou de la délégation de service public. »

 

Si l’on arrête un moment de ramer, car là on attaque la falaise, et qu’on essaie de revenir à la triviale réalité de nos maternelles, de quoi s’agit-il ? Pour une sortie vers la médiathèque ou l’espace théâtral, de solliciter des parents pour aider à sécuriser le déplacement. Des mamans le plus souvent. Mamans qui, voilées ou pas, accompagnent leur enfant à la maternelle. Que donc tous les autres enfants ont déjà vues avec ou sans un foulard sur la tête.

 

  Et comme le rappelle aussi J. Baubérot, va-t-on interdire l’accès aux établissements publics à Latifa Ibn Ziaten, mère du soldat Imad, tué par Mohamed Merah ? Elle intervient dans les écoles pour expliquer que le djihad consiste non pas à aller en Syrie mais à faire un effort sur soi-même. Faut-il avoir son fils tué pour voir ses droits de citoyenne respectés ?

 

Pas d’étudiantes à voile dans nos campus !

Deuxième front de nos grands laïcistes – bien qu’un peu en dehors de l’objet de la commission d’enquête – l’affreux voile à l’université.

 

Et là, stupeur et consternation, en 1ère ligne Jean-Pierre Obin.

Il est vrai que son rapport de 2004 a été complaisamment cité et re-cité par des sénateurs UMP (oubliant un peu que ce fut Fillon qui le mit sous le boisseau). Et bien qu’il ait précisé que son « étude ne peut prêter à généralisation et à dramatisation excessive : les phénomènes observés l’ont été dans un petit nombre d’établissements », il a glosé devant la commission comme si elle était un reflet global d’une situation calamiteuse.

Et surtout, et alors que ça n’avait rien à voir avec son rapport, Obin a plaidé pour que le Gouvernement étende aux universités la loi de 2004 sur les signes ostentatoires religieux. « Il faut souligner qu'une grande partie de l'enseignement supérieur est déjà soumise à la loi de 2004, qu'il s'agisse des classes préparatoires, des BTS ou des autres formations qui ont lieu dans les lycées (soit 20 % des étudiants). »

Le sophisme*** est un modèle du genre : la loi de 2004 interdisant le port du foulard qualifié d’islamique pour les élèves des établissements scolaires, cette interdiction a été étendue aux étudiantes de prépas ou BTS puisque, comme elles fréquentaient les mêmes locaux et espaces, la coexistence de deux situations eût été ingérable. Mais comme des étudiantes sont soumises à l’interdiction, il faut l’étendre à toutes les étudiantes.

 

C’est la position du Grand Maître de la principale obédience maçonnique : « Le Grand Orient de France a pris position contre le port du voile à l'université. Certes, les étudiants sont majeurs et les universités doivent continuer s'administrer librement. Mais l'interdiction du voile s'applique déjà, dans les lycées, aux élèves des classes préparatoires, qui relèvent de l'enseignement supérieur, et aux élèves majeurs de terminale. La question se pose donc ».

 

La question ne se pose que pour ceux qui, tout en clamant que loin de revêtir la moindre dimension punitive, la laïcité doit constituer un facteur d'émancipation, poussent toujours à l’extension sans fin du domaine des interdictions.

Parmi ces interdictions une des plus cocasses consiste à proscrire tout qualificatif au mot même de laïcité. Ainsi puis-je chanter la liberté chérie, protester que l’égalité est souvent formelle et la fraternité fictive, mais oser revendiquer une laïcité ouverte, sacrilège !

 

Commettons donc l’irréparable en plagiant les propos d’un québécois –Québec le pays des honnis accommodements raisonnables, attendez-vous au pire :

Laïcité ouverte donc pour toutes particularités sans conséquences juridiques effectives: arbres de Noël, menora, citrouilles d’Halloween, ramadan, croix dans le cou, grigris, papillotes, fétiches, totems et statues, moulins à prières, voiles, hidjab, tchador, sari, brimborions et colifichets, minarets et clochers, yoga, occultisme, horoscope, tarots divinatoires, pèlerinages, baptême collectif en piscine olympique, les chrysanthèmes du culte, en un mot (on peut supposer que ces fleurs ont une autre signification symbolique outre-Atlantique).

Laïcité définie et fermement imposée par l’état de Droit,  dans le strict espace de portée juridique citoyenne: droits des femmes, droits des enfants, instruction publique, soins hospitaliers, banques, héritage, justice, vie politique, neutralité intégrale de tous les corps administratifs, code civil, code criminel, impôt et taxation, etc…. les choses sérieuses du tout de la vie civile, en un mot.

 

* Dans le genre, l’éminent mathématicien, Laurent Lafforgue, vaut son pesant d’équations : «  Je n'ai jamais enseigné dans une école, un collège ou un lycée (..). Je me suis rendu compte que cette école à laquelle ma famille et moi devions tant, et que nous avions tant aimée, était en voie de destruction rapide (..). L'état dans lequel plus de cinquante ans de politique destructrice - à mon avis - ont mis l'école publique et les écoles privées sous contrat est tel qu'employer à leur propos l'adjectif « républicain » déconsidère la République (..). Moi qui ignorais jusqu'à l'existence des écoles hors contrat, j'en suis amené à concentrer mon énergie à les soutenir. La présentation, par le fondateur d'une école de ce type, de son programme, m'a frappé par son bon sens. » Faut-il lui rappeler qu’il est le fruit de cette école, puisque, vu sa date de naissance, il n’a pas connu l’âge d’or de l’école d’il y a cinquante ans !

 

** S’agissant de l’autorité supposée perdue du professeur, il vaticinera à partir de son expérience de Ministre de la Poste puis des Armées. Finkielkraut lui a l’explication sur cette perte : « les professeurs doivent retrouver l'autorité qui leur manque aujourd'hui, par exemple le droit de faire redoubler les élèves. Toute une série d'études paraît pour indiquer que le redoublement s'avère catastrophique, fournissant bien souvent l'argumentaire des parents pour faire appel de la décision de redoublement de leurs enfants. Les professeurs sont alors complètement démunis et l'existence de niveaux différents dans les classes implique l'alignement sur celui le plus faible, puisqu'on ne souhaite pas laisser les élèves en difficulté au bord du chemin. Toujours ce syndrome égalitaire à l'aune duquel on regarde la réalité à travers les yeux du plus faible ! » Oser parler de "syndrome égalitaire", devant une commission d’enquête qui s’inquiète des pertes des valeurs républicaines dans notre école, relève-t-il d’autre chose que de la négation même de ces valeurs ?

 

*** Dans le genre Slama fait encore plus fort : «  La loi Debré de 1959 sur l'école privée a été remarquablement astucieuse. Elle prévoit le financement de l'école privée, dans la mesure où il n'est pas de liberté formelle qui n'éprouve le besoin de sa consécration dans un exercice réel. Mais il y a des contraintes posées par contrat. Il y a des lieux où le caractère propre de l'établissement prime, d'autres où c'est la règle de la République qui s'impose. L'esprit de cette loi est resté. La proposition de loi étendant le principe de neutralité religieuse aux structures de petite enfance recevant des financements publics ne me choquait pas. Dès lors qu'il y a financement de l'État, ce dernier est en droit d'exiger une neutralité. Cette conception de la laïcité nous est propre : l'État neutralise la sphère publique. » Tout aussi hors sujet puisque les crèches ne sont pas du ressort de la commission, mais la finesse du rai(è)sonnement subjugue.  On passe de la subtilité (?) de la Loi Debré à un mécanisme brutal qui, appliqué à la lettre, voudrait dire que toute association recevant peu ou prou des subventions publiques est soumise au devoir de neutralité qui s’impose aux services publics. L’école privée, elle, pouvant continuer d’afficher son peu neutre caractère propre.

 

NB Parmi les auditionnés on peut noter aussi Nathalie MONS (CNESCO) et Philippe WATRELOT, Président du CRAP-Cahiers Pédagogiques.

Philippe MEIRIEU a aussi été entendu.

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 18:38
Majida Khattari, plasticienne

Rencontre encore au hasard du net, que cette artiste d’origine marocaine qui fait dans la photo mais aussi dans la création de vêtements qu’elle met en scène dans des défilés-performances. A travers son art c’est la condition des femmes dans le monde musulman, mais aussi le regard occidental sur ces femmes et sur l’Orient qu’elle évoque.

 

Majida Khattari est née en 1966 à Erfoud, dans le Tafilalet, berceau de la dynastie régnante des alaouites, oasis sur le Ziz fleuve qui se perd dans le Sahara. « Au collège, un professeur a repéré que je dessinais bien. Il m’a orientée vers les arts plastiques. » Etant d’une famille libérale, elle a donc pu s’inscrire à l’École des beaux-arts de Casablanca, avant de poursuivre ses études à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (Ensba) dont elle sort diplômée en 1995.

 

   ''J'habite Paris depuis 1988, j'avais vingt-deux ans quand j'ai quitté Casablanca. J'y retourne voir ma mère trois fois par an. Mais, à force de présenter mes défilés en France, en Europe, toujours dans des pays riches et démocratiques, j'ai commencé à me demander ce que je pouvais faire dans mon pays natal, pour accompagner l'ouverture politique du régime. Je me suis aperçue que je ne connaissais pas la ville ni ses habitants. J'ai vécu dans un milieu familial très protégé, symbolisé par l'appartement de ma sœur, rue d'Agadir, dont le balcon panoramique domine un centre-ville dense, architecturé. La ville coloniale et bourgeoise est blanche et bleue comme la mer le long des plages aménagées de la Corniche. La ville des pauvres, bricolée, brûlée par le soleil, est cassée, jaune comme la terre, dans le quartier de Sidi Othman comme dans le bidonville de El Hank."

Voile noir
Voile noir
Voile noir

Voile noir

Orientalisme (cliquer pour agrandir)Orientalisme (cliquer pour agrandir)
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Orientalisme (cliquer pour agrandir)

Ses photographies jouent avec les codes de l’orientalisme dont Etienne Dinet - Nasr Eddine fut un représentant, avec des artistes plus prestigieux comme Ingres, Gérôme ou Delacroix. Un Orient fantasmé, rêvé et fantaisiste, images de harems peuplés d’odalisques, atmosphères d’oisiveté hédoniste. Dans « Luxe, désordre et volupté » que présente l’Atelier 21, avec de belles reproductions, on découvre des variations sur le voilé dénudé qui auront des échos dans ses futurs défilés-performances avec le voilé-dévoilé.

Sac grenadeSac grenade

Sac grenade

Majida Khattari, plasticienneMajida Khattari, plasticienne
Voilée/dévoilée (cliquer pour agrandir)Voilée/dévoilée (cliquer pour agrandir)Voilée/dévoilée (cliquer pour agrandir)

Voilée/dévoilée (cliquer pour agrandir)

Arrivée en France en plein débat sur l’interdiction du voile dit islamique – en fait un foulard – à l’école, elle va s’emparer de ce thème :

« C’est l’actualité sur le voile islamique et la violence en Algérie qui m’ont poussée à travailler sur l’idée de culture et d’identité. J’ai cherché la forme juste permettant un dialogue entre les Occidentaux et les Orientaux » Son projet est de «sortir le voile du religieux» en montrant qu'il a une histoire culturelle et n'a pas à être pris en otage par ceux qui veulent le bannir ou l'imposer. «Je travaille sur l'apparence, le visible et l'invisible, de la même façon que les islamistes jouent sur l'apparence»

''L'idée de dessiner des robes qui figurent la situation des femmes dans l'islam contemporain m'est venue en 1995, au moment des polémiques sur le foulard islamique : fallait-il accepter dans les écoles de la République des jeunes femmes voilées ? Je présente ces robes dans des défilés conçus comme des performances. Ce ne sont pas des prototypes, et je n'ai jamais collaboré avec l'industrie de la mode. Mais je reconnais volontiers que mon travail résulte du goût que j'ai toujours eu, depuis mon adolescence à Casablanca, pour le contraste de l'apparat moderne du corps féminin avec les normes de la tradition islamique. Je suis une musulmane vivant en France, j'adhère à l'Islam, mais je tiens à dénoncer les usages répressifs de la foi et de l'ignorance (55 % d'analphabétisme au Maroc) dans tout régime théocratique.''

Défilé-performance (cliquer pour agrandir)
Défilé-performance (cliquer pour agrandir)Défilé-performance (cliquer pour agrandir)
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Défilé-performance (cliquer pour agrandir)

Houris (cliquer pour agrandir)
Houris (cliquer pour agrandir)Houris (cliquer pour agrandir)Houris (cliquer pour agrandir)
Houris (cliquer pour agrandir)Houris (cliquer pour agrandir)Houris (cliquer pour agrandir)
Houris (cliquer pour agrandir)Houris (cliquer pour agrandir)Houris (cliquer pour agrandir)

Houris (cliquer pour agrandir)

Sans doute son défile-performance le plus récent (20 mars 2014), à Francfort, que celui des Houris. Dans le cadre d’une exposition réunissant des artistes africains, intitulé « La divine comédie, ciel, enfer et purgatoire » que Majida Khattari, avec 72 jeunes femmes, sélectionnées localement après un casting réalisé plusieurs semaines avant, a présenté cette performance. Khattari interprète donc la promesse faite aux martyrs de bénéficier dans l’au-delà de 72 houris, jeunes pucelles. La grille de la burka est ici représenté par un masque et les jeunes vierges sont à peine vêtues de blancs atours, voire dénudées…

Le reportage porte sur toute l'exposition : Houris apparaît à 1'23"

Majida Khattari, plasticienne
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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 17:23
Le « voile » à l’université : un non problème ?

Histoire de meubler une actualité censée être vide en cette période estivale, Le Monde « s’est procuré » un document explosif. Un rapport de la « mission sur la laïcité » du Haut conseil à l’intégration (HCI), datant d’avril. Il préconise l’interdiction du voile dit islamique à l’université. Interdiction qui n’a pas grand chose à voir avec les prétendus faits qu’il dénonce. Mais qui va alimenter les discours haineux de la faschosphère de plus en plus décomplexée.

 

Qui a pu sortir du placard où l’avait enterré l’Observatoire de la laïcité, ce texte signé d’Alain Sekzig, responsable de feu la mission laïcité du HCI ? Les extraits qu’en donne Le Monde sont soit d’une extrême généralité soit vraisemblablement controuvés.

Et derrière des formules alarmistes - nombreux contentieux, Les problèmes n'ont pas disparu, ne se sont pas raréfiés mais se sont banalisés – rien n'est quantifié, rien n'est situé.Certaines des atteintes à la laïcité "dans certaines universités où des tenants de courants chrétiens évangéliques ou néobaptistes critiquent les théories darwiniennes de l'évolution au profit de thèses créationnistes. Ailleurs, des écrits de Voltaire, de Pascal ou de Camus peuvent être rejetés" sont en général évoquées pour les lycées. Car on voit mal des étudiants choisir une filière dont ils récuseraient les contenus de base. Cet exemple ne plaide pas en faveur du sérieux et de l’honnêteté de ce rapport qui semble accumuler des faits improbables.

 

Et des plus vagues et hétéroclites par ailleurs : "des demandes de dérogation pour justifier une absence, au port de signes d'appartenance religieuse, à des actes de prosélytisme, à la récusation de la mixité tant au niveau des étudiants que des enseignants, à la contestation du contenu des enseignements, à l'exigence de respect des interdits alimentaires, à l'octroi de lieux de culte ou de locaux de réunion à usage communautaire..." Que peut bien vouloir dire ce salmigondis ces demandes de dérogation pour justifier une absence dans des facs, où le contrôle de l’assiduité est quasi inexistant ? Sur la mixité et le contenu de l’enseignement, les instances universitaires peuvent rappeler aux contestataires que l’enseignement supérieur n’est pas obligatoire et donc que nul n’est obligé de s’y inscrire. Les problèmes alimentaires ne sont pas de même nature et il peut y avoir des accommodements raisonnables, très limités sans doute car les restos U. doivent jongler avec un budget serré. Que des étudiants demandent l’octroi de locaux ne veut pas dire qu’on les leur accorde. Et dans toutes ces vagues dénonciations, rien qui soit lié au port d’un foulard ou d’un fichu. Ne reste donc que le port de signes d’appartenance religieuse et le prosélytisme, les deux semblant confondus par l’auteur.

Le « voile » à l’université : un non problème ?

Le rapport disait s’appuyer notamment sur une enquête de la conférence des universités datant de 2004. L’actuel président de cette conférence, Jean-Loup Salzmann, dément de fait cette assertion : "pour répondre aux questions des étudiants, nous avons édité, en 2004, un guide, sorte de charte de bonnes pratiques à observer à l'université en matière de laïcité : ce qui est interdit, ce qui est autorisé." Et il récuse des plus nettement cette interdiction du foulard à l’université : "C'est une mauvaise idée sur la forme, et sur le fond. Sur la forme, on ne traite pas un non-problème par une loi. Sur le fond, l'université, ce n'est pas l'école. Les étudiants sont majeurs, ce sont des adultes et on ne peut limiter leurs libertés individuelles. Nous pensons que c'est un sujet qui nécessite de l'apaisement, de la discussion, et certainement pas une approche teintée d'islamophobie, comme celle du HCI." 

 

Le rapporteur est un militant affiché de l’interdiction tout azimut du port du voile. Ainsi a-t-il approuvé des directrices d’écoles maternelles qui récusaient la présence de mères en fichus pour assurer la sécurité des bambins lors d’une sortie scolaire. Mères que lesdits bambins peuvent voir tous les jours à la sortie de l’école. L’affaire « baby loup » où la cour de cassation a dit le droit très clairement dans les attendus de deux jugements simultanés, pousse des laïcistes à réclamer l’interdiction du foulard, jusqu’aux nounous à domicile. La phobie du voile a aussi porté sur les adultes inscrits dans la formation continue des GR.ETA. (groupements d’établissements secondaires publics), voire sur les parents d’élèves élus aux conseils d’administration des mêmes établissements. Et les plus voilicides d’entre eux vont – au risque de porter un coup grave à la maison Hermès et ses « carrés » de soie – jusqu’à vouloir proscrire le port du fichu dans tout espace public.

Aristide Briand, rapporteur de la loi de séparation de l'état et des églises 1905

Aristide Briand, rapporteur de la loi de séparation de l'état et des églises 1905

Ce délire textile qui, s’il en finissait avec le foulard, s’attaquerait ensuite aux robes – ne rigolez pas ça a commencé – est contraire et à la lettre et à l’esprit de la loi de 1905. Il faut donc constamment rappeler, ce que disait Aristide Briand : « Toutes les fois que l’intérêt de l’ordre public ne pourra être légitimement invoqué, dans le silence des textes ou le doute sur leur exacte interprétation c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. »

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 21:05

creche-babyloup

La cour de cassation a donc annulé le licenciement de l’employée d’une crèche, pour cause de port de foulard dit "voile islamique". Et Manuel Valls a perdu une occasion de se taire, en se contentant de respecter une décision de Justice.

Premier constat, la lenteur de la justice : jugement en 2008, confirmé par une cour d’appel en 2011, cassé en 2013. Deuxième constat : comme il se doit la cour de cassation se prononce en Droit et confirme un avis de la Halde qui avait valu à son président un déchaînement haineux. Troisième constat : un immense gâchis.

Eh oui ! n’en déplaise aux braillards qui crient « au coup de poignard dans le dos de la laïcité », la France reste malgré tout un état de Droit. En tout cas la cour de Cassation fonde ses décisions sur le Droit. Elle ne se prononce pas sur le fond – elle renvoie l’affaire à la Cour d’Appel de Paris – mais casse l'arrêt de la cour d'appel de Versailles (Yvelines), qui avait confirmé en octobre 2011 le licenciement, pour port du voile islamique, d'une salariée d'une crèche.

Crèche associative en tout point remarquable, qui rend d’incontestables services au public concerné, mais qui est de droit privé. "Les restrictions à la liberté religieuse doivent être justifiées par la nature de la tâche à accomplir, répondre à une exigence professionnelle essentielle et déterminante et proportionnées au but recherché", écrit la chambre sociale de la Cour de cassation dans un communiqué. "Tel n'est pas le cas de la clause générale de laïcité et de neutralité figurant dans le règlement intérieur de l'association Baby Loup applicable à tous les emplois de l'entreprise. Une telle clause étant invalide, le licenciement de la salariée pour faute grave aux motifs qu'elle contrevenait aux dispositions de cette clause du règlement intérieur constitue une discrimination en raison des convictions religieuses et doit être déclaré nul". C’est ce que disait déjà la Halde dans un premier avis  "Le fait que l'association Baby Loup reproche à Mme A. d'avoir refusé d'ôter son voile islamique sur le fondement d'un règlement intérieur illicite, établit à lui seul que la décision de licencier Mme A. n'est pas étrangère à sa religion, sans qu'il soit nécessaire de prendre en compte les autres motifs du licenciement."

La crêche Baby Loup, à Chanteloup-les-vignes, est née à l’initiative de Natalia Baleato, sage-femme, réfugiée politique, ayant fui le Chili, puis l’Argentine. Ouverte 24 h sur 24, sept jours sur 7, elle offre une solution aux mères seules, astreintes dans leur travail à des horaires éclatés ou décalés. Elle est aussi un outil de formation et de promotion pour ses salariées. Fatima A. en est un parfait exemple, puisqu’elle a démarré à la fondation en 1991 comme assistante maternelle en contrat emploi-solidarité. Six ans plus tard, elle décroche le diplôme d’éducatrice (niveau Bac+2) alors qu’elle avait quitté le collège après la cinquième. Elle était devenue directrice-adjointe.

 

La fondatrice, qui se dit «laïque mais respectueuse de toutes les opinions», avait fait inscrire dans le règlement intérieur (RI) une obligation de "neutralité philosophique, politique et confessionnelle".

creche-afifFatima A., de retour de congé parental, décide de porter un fichu que les pseudos spécialistes nommeront hijab et qui sera, pour les médias, « voile islamique ». Le genre de conflit où, dès qu’on en fait une question de principes, ne peut que s’envenimer. D’autant qu’il se nourrit inconsciemment de ressentiments et de soupçons. Eh quoi ! celle qui nous doit sa formation refuse de se plier au RI ; en quoi, mon fichu peut influencer des bambins ; entrisme vs racisme…  A partir du moment où les médias s’emparent du conflit, ça ne peut aller que de mal en pis.

 

creche-Baby-Loup-desaccord-entre-la-Halde-et-sa-presidente-Après que Jeannette Bougrab, succédant à L. Schweitzer, eut désavoué son prédécesseur, Fatima A. a affronté la grosse artillerie. Bien sûr tous les identitaires – gaulois, de souche, catholiques et français toujours, faux laïcs et vrais xénophobes, tous pourfendeurs de sarrazins au cimeterre entre les dents – se sont déchaînés et vont encore se déchaîner. Mais aussi Manuel Valls, maire d’Evry à l’époque, Elisabeth Badinter, au nom des grands principes laïques, la condamnaient. L’avocat de l’association Baby Loup, Richard Malka, conscient sans doute de la faille juridique, axa son réquisitoire sur le fait que la crèche « qui fonctionne 24 heures sur 24 et sept jour sur sept est une activité de service public et donc astreinte à la neutralité ».

creche richard-malka-un-des-avocats-de-la-creche-et-natalia

C’est à cette question que la Cour de cassation répond négativement. Est-ce que ça doit amener Me Malka à des réactions outrancières comme "C'est tout l'édifice de la laïcité qui se fissure aujourd'hui" ? Est-ce que ça doit autoriser un Ministre à bafouer le respect des arrêts d’une des plus hautes juridictions en déclarant : "En sortant quelques secondes de mes fonctions, je veux vous dire combien je regrette la décision de la Cour de cassation aujourd'hui sur la crèche Baby Loup et sur cette mise en cause de la laïcité".

 

Qu’un avocat ait le verbe un peu trop véhément – qu’elle serait fragile notre belle laïcité si une décision fondée en Droit la fissurait – rien que d’habituel. Mais le Ministre ferait bien de s’inspirer d’un de ses lointains prédécesseurs, cheville ouvrière de la Loi de 1905, qui prônait une « laïcité de sang-froid* », Aristide Briand !

 

* « Je crois pouvoir dire à mes amis : Ayez du sang froid, sachez résister aux  surenchères, ne craignez pas d’être taxés de modérés, d’opportunistes. Personnellement, j’ai été traité de clérical, à cause de la modération de mon projet [de séparation des Eglises et de l’Etat] ; peu importe ! Le pays nous saura gré de la sincérité de nos efforts. »

NB Le même jour - 19/03/13 - la cour de cassation rejetait le recours d'une employée d'une Caisse primaire d'assurance maladie, dans un arrêt qui donne tout le sens de la laïcité : "la mise en oeuvre du principe de laïcité [est] de nature à assurer aux yeux des usagers la neutralité du service public".

 

Pour compléter : Baby-Loup : "La Cour de cassation défend une liberté publique"

 

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 19:54

Une des sectes laïcistes fait circuler une pétition au profit d'une obscure hôtesse vosgienne qui se la joue Jeanne d'Arc de la laïcité, modèle obscurantiste (il est vrai que Domrémy n'est pas très loin).

 

En bref, la dame, qui loue des chambres d'hôtes,  a voulu interdire un espace commun, ouvert auxdits hôtes,  à une autre dame qui portait un voile islamique (c'est-à-dire un foulard) sur la tête. Or, cette dame n'étant pas une élève et cet espace n'étant pas plus une école, aucune loi de la République n'autorisait notre vosgienne à décréter  une telle interdiction dans un lieu public, fût-elle la propriétaire des lieux.

 

Mais, par un étrange paradoxe, ceux-là mêmes qui réclament des lois de plus en plus coercitives (après l'interdiction du foulard à l'école, pour les élèves, ils demandent ardemment l'interdiction des mères voilées dans ces mêmes enceintes*) au nom de hauts principes d'une prétendue laïcité, se croient autorisés de s'affranchir de la loi commune pour imposer la leur propre.

 

Cette attitude n'est hélas pas nouvelle. Ainsi, on a pu voir, avant cette fameuse loi sur le foulard, des enseignants décider d'interdire l'entrée de leur classe à des élèves, alors qu'à l'époque aucune loi ne les y autorisait. Ils imposaient la leur, sûrs de leur impunité, tout en en réclamant une dont ils ne tolèreraient pas qu'elle fût violée !

Certes,  nos faucheurs d'OGM, avec leur gourou José Bové à leur tête, sont de la même engeance ! Au nom du sacro saint environnement, ils s'arrogent le droit de faire fi de la loi pour faire la leur.

 

C'est finalement  la même logique, si l'on peut parler de logique en l'occurrence, que celles des sectes de toute obédience : au nom de principes qu'elles disent supérieurs - nationalistes, religieux... - elles s'autorisent à violer la loi républicaine.

Comment leur en faire reproche quand, soi-même, on bafoue l'état de droit ?

 

* Les plus fanatiques d'entre eux ne sont pas loin des positions du Vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon, seigneur de Vendée, qui demande l'interdiction du voile dans les lieux publics et même dans les rues (pire que le tabac); et, comme lui, ils voient des mosquées partout.

 

8/X/08 : le jugement en appel vient de tomber qui confirme le 1er jugement (en diminuant cependant l'amende) ce qui déclenche un déchaînement de haine stupide de ses partisans qui vouent aux gémonies juges, LDH et MRAP, confondent amendes et dommages et intérêts et, comme à l'habitude, amalgament tout et n'importe quoi. Leur bêtise crasse dépasse même les bornes de l'imaginable quand ils s'en prennent à Caroline Fourest, laïque patentée, parce qu'elle n'avait quand même pas pu les suivre dans leur délire anti-musulman !

 

PS qui n'a rien à voir : Edvige semble, enfin, susciter toute l'inquiètude que ce fichier mérite (et qui n'a absolument rien à voir avec la base élèves : ce qui démontre qu'à force de crier "au loup" hors de propos, on érode la capacité de protestation sur les vrais problèmes !)

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 17:34

Un ami se référant à un « rebond » de Libé du 10/12/07, intitulé « Laïcité : l’école et les enfants d’abord ! »* pose la question : à mettre en débat au sein de notre association ?

 

Foultitude de signatures où LICRA et Grand Orient côtoient le SIEN (Syndicat des Inspecteurs de l’EN)  et le SNPDEN (Syndicat des personnels de direction) mais aussi un Mouvement pour l’abolition de la prostitution et de la pornographie aux buts finalement inquiètants (la pornographie, c’est l’érotisme des autres) et une UFAL qui a parti lié avec les anti-pédagos de tout poil…

 

 

Sus à la HALDE (haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) donc qui a jugé discriminatoire d’écarter des mères d’élèves d’une aide à l’encadrement (sorties le plus souvent) parce qu’elles portent un foulard (selon la Halde) un voile islamique (selon les signataires). Son avis ne date que du 14 mai il est donc plus qu’urgent, le 10 décembre, d’élever la plus véhémente protestation.

L’ancien chef d’établissement du Bas Poitou n’a pas été confronté au problème de mères d’élèves portant ledit foulard-voile (ou, si certaines en portaient, il ne serait venu à l’esprit de personne de le qualifier d’islamique, sous entendu islamiste). Disqualifié donc pour en discuter ? Il n’est pas sûr que la majorité des IEN et des PD du SIEN et du SNPDEN soient, beaucoup plus que je l’ai été, confrontés au problème.

 

L’argumentation de la Halde** va porter sur le statut de ces collaboratrices bénévoles. Elle rappelle que « les principes de laïcité et de neutralité des services publics s'appliquent à l'ensemble des agents publics, qu’ils soient chargés de fonctions d’enseignement ou non, mais non aux usagers. » Mais voilà que la Halde pour réfuter l’assimilation des bénévoles à des agents publics pendant leur collaboration s’appuie sur un arrêt du conseil d’état portant sur l’intervention de membres de congrégations religieuses en milieu pénitentiaire : horreur et consternation, elle assimile école et prison ! Indignation outrée qui permet de ne pas répondre sur le fond qui est que le conseil d’état refuse d’assimiler ces congréganistes à des agents publics. « Or, les parents participant aux sorties scolaires semblent être dans une situation similaire dans la mesure où ils apportent leur concours aux établissements scolaires pour des tâches qui ne relèvent pas des missions d’enseignement, au sens strict, mais uniquement à l’occasion de sorties et/ou d’activités annexes. »

Au lieu d’une contre argumentation, on a donc une affirmation que les mamans qui, pour des raisons de sécurité, vont accompagner les élèves dans une sortie quelconque « deviennent de facto des auxiliaires éducatifs au côté des enseignants qu’ils accompagnent », même si leur rôle se limite à veiller à ce qu’aucun des X gamins dont elles ont la surveillance ne disparaisse.

A partir de là d’auxiliaires éducatives  elles vont devenir agents du service public relevant de « la circulaire d’application de la loi de mars 2004 sur les signes religieux dans l’espace scolaire, publiée au Bulletin officiel de l’éducation nationale (2004-084), qui exclut explicitement toute manifestation d’appartenance religieuse par “les agents contribuant au service public de l’éducation, quels que soient leur fonction et leur statut” ».

Il est assez étonnant que le SIEN et le SNPDEN semblent ignorer qu’une circulaire n’a aucune valeur réglementaire. Le texte cité ne fait que rappeler, à l’évidence, que les principes de neutralité dans l’école ne concernent pas que les enseignants, personnels de direction et d’éducation, mais aussi les agents de service et d’intendance, etc. en bref  tous les agents publics.

Et puisqu’il est question d’enfants d’abord, peut-on rappeler que par définition ces mères ont des enfants – pas les enfants abstraits du titre, mais des gosses en chair et en os – et que voir leurs mamans écartées, ils peuvent le « ressentir », consciemment ou non,  comme vexatoire. Mais qu’est-ce que c’est que cet humanisme bêlant : il s’agit de grands principes !

 

* http://www.liberation.fr/rebonds/296856.FR.php

 

** http://www.islamlaicite.org/IMG/pdf/Deliberation_principe_de_laicite_6_juin_2007-2.pdf

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