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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 16:56
FOUREST vs BAUBEROT : laïcité fracturée ?
FOUREST vs BAUBEROT : laïcité fracturée ?

Caroline Fourest, la passionaria auto-proclamée de la laïcité, se lance, avec sa bonne foi habituelle, dans un combat républicain contre le vilain démocrate Jean Baubérot. Sa propension caractérielle pour la polémique parasite des positions somme toute très modérées. Loin, très loin, de celles du FN ou du président d’un parti qui s’affiche républicain, Sarkozy, qui n’a que des interdits appuyés sur des mensonges à proposer. Mais puisqu’elle prétend retracer l’histoire de la Loi de 1905, il est bon d’en rappeler les fondements.

Je peux chanter la Liberté chérie, mais pas louer la laïcité ouverte !  « Pas la laïcité positive, pas la laïcité inclusive, pas la laïcité-je-ne-sais-quoi, la laïcité point final » « laïcité tout court, sans adjectif qui la modulerait » ! Épithète interdit selon les prétendus républicains. Et Caroline Fourest d’ostraciser Jean Baubérot pour avoir donc osé prôner une laïcité ouverte « jusqu’à ce qu’Henri Pena-Ruiz et d’autres se révoltent contre cet ajout d’un adjectif ».

Pour avoir aussi évoqué les accommodements raisonnables, pour elle la porte ouverte au communautarisme à l’anglo-saxonne (ce qu’elle appelle « américaniser la laïcité française »).

S’est-elle seulement donné la peine de lire le rapport de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles ? Et question accommodements, si on se donne la peine d’y regarder, la France n’est pas si mal avec son Alsace-Moselle restée concordataire, la Guyane encore sous Charles X, sans oublier les lointaines Wallis et Futuna qui superposent rois coutumiers, église catholique et république… Accommodements raisonnables dont ont su faire preuve et Jules Ferry quand il s’est agi d’enlever les crucifix des salles de classe (voir la réponse de J. Baubérot 3e question) ou Clemenceau quand il décréta que les inventaires des biens des églises ne valaient pas mort d’homme.

Suprême péché, Bauberot serait un compagnon de route de l’UOIF qui est une des bêtes noires de la dame. Elle avait d’ailleurs déjà jeté l’opprobre sur Raphaël Liogier, sociologue, pour être intervenu dans cette instance. Car pour elle cette Union des organisations islamiques de France est un repaire d’islamistes. Or comme l’explique J. Baubérot, il est allé devant eux pour défendre le droit des homosexuels et le mariage pour tous, questions sur lesquelles l’UOIF est sur la même ligne que Barbarin ou de la Rochère ! Sans entrer dans le débat Keppel vs Roy, l’UOIF, quel que soit son fondamentalisme obtus, n’est pas le vivier du terrorisme daechien.

FOUREST vs BAUBEROT : laïcité fracturée ?

Inutile de rappeler qu’elle marche sur les brisées de Valls quand il s’agit aussi de s’en prendre à l’Observatoire de la laïcité et à son Président Jean-Louis Bianco.

 

Burkini et laïcité

Plusieurs mairies ont tenté d'interdire le port du burkini sur la plage au nom de la laïcité, cet été. Juridiquement, quel est le lien entre la tenue de plage et la loi sur la laïcité ?

Il n'y en a aucun (...) La laïcité forgée dans les années 1880-1905 ne concerne que l'espace administré par l'Etat, qui se doit d'être neutre. Les fonctionnaires — postiers, inspecteurs des impôts, policiers... — n'ont pas le droit de manifester publiquement leur croyance ou leur incroyance. Les usagers du service public sont libres, quant à eux, d'exprimer leurs adhésions. En dehors de l'espace de l'Etat, sur la voie publique par exemple, chacun peut agir à son gré, en n'étant limité que par les exigences relatives à l'ordre public. (…) Les rues, les salles de spectacle ou les commerces étaient auparavant considérés comme un prolongement de l'espace privé, où chacun était libre de se vêtir comme il le voulait. Aujourd'hui, on demande de plus en plus à ces lieux où se croisent et se rencontrent les individus d'être neutres. Cette dérive est contraire à la laïcité pensée par les pères fondateurs (…)

 

Cette question avait-elle été débattue en 1905 ?

Un socialiste avait proposé un amendement visant à interdire sur la voie publique le port de vêtements religieux. Charles Chabert demandait que les prêtres et les religieuses ne portent plus l'habit dans la rue, à une époque où nos espaces publics étaient peuplés de ces figures habillées en noir. Mais une telle mesure fut jugée liberticide. Aujourd'hui, cet interdit (sur le port de vêtements religieux) est souvent présenté comme émancipateur... du moins quand il vise les musulmanes.

 

Philippe Portier Télérama

Philippe Portier étant le successeur de Jean Baubérot à l’Ecole pratique des hautes études (Groupe Société, Religions et Laïcités), il est à craindre que la plume polémiste de C. Fourest l’anathémise. Mais sur le burkini, elle affirme que la plage n’est pas l’école publique et que l’interdiction est un cadeau fait à la propagande intégriste.

Et puisqu’elle prétend retracer l’histoire complexe de la loi de 1905, quelques rappels ne sont pas inutiles, même s’ils sont empruntés à sa bête noire, Baubérot !

 

FOUREST vs BAUBEROT : laïcité fracturée ?

« La loi de 1905 est une étape fondamentale de la laïcisation de la République française mais, contrairement à ce que disent certains politiques, ce n’est pas une loi qui tente de chasser les religions de l’espace public : c’est au contraire un texte libéral qui repose sur la tolérance.

Au début du XXe siècle, le président de la commission parlementaire chargée de travailler sur la loi est un adjoint de Jules Ferry, Ferdinand Buisson, et son rapporteur un jeune député socialiste, Aristide Briand. Politiquement, ces hommes sont des libéraux. Ils ne veulent ni supprimer la religion ni détruire les croyances, mais apaiser le conflit politico-religieux qui déchire le pays depuis le XVIe siècle.

Dès le début des débats, ils s’engagent donc dans un double refus : refus de la laïcité antireligieuse défendue par le député socialiste du Var Maurice Allard, refus de la laïcité [gallicane] défendue par l’ancien président du conseil Emile Combes.

Buisson et Briand estiment qu’il faut mettre fin au caractère officiel de l’Eglise catholique et des cultes reconnus, mais ils veulent aussi protéger la liberté de conscience et la liberté de culte. (…) Jean Jaurès décrit d’ailleurs la loi de 1905 comme une loi "libérale, juste et sage". »

« Toutes les fois que l’intérêt de l’ordre public ne pourra être légitimement invoqué, dans le silence des textes ou le doute sur leur exacte interprétation c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. »

A. Briand

Et il rappelle que, pour la loi de 1905, exprimer une croyance religieuse dans l’espace public, ce n’est pas une atteinte à la laïcité ! La loi prévoit d’ailleurs les mêmes peines pour ceux qui exercent une pression religieuse sur autrui – obliger, par exemple, les ouvriers à aller à la messe, comme le faisaient les patrons catholiques du Nord – et ceux qui troublent l’exercice du culte – empêcher, par exemple, des fidèles de participer à une procession religieuse.

Il rappelle aussi que la loi de séparation implique le respect des règles de fonctionnement spécifiques de chaque culte : « Les Eglises ont des constitutions que nous devons respecter », déclare A. Briand. Ces règles fussent-elles contraire aux lois de la République comme le non accès des femmes à la prêtrise !

Et Baubérot de rappeler encore deux débats toujours d’actualité, celui sur la soutane et celui sur les processions. Et dans ses arguments pour repousser l’interdit de la soutane* sur la voie publique, Briand notait qu’on pouvait compter sur l’habileté des prêtres et des tailleurs pour trouver d’autres formes de signes distinctifs. Comme en écho, une polémique récente sur les jupes ou robes longues donne raison à Briand.

La mise en œuvre de la Loi de 1905 se heurte à l’intransigeance de Pie X, pape qui préfère aboutir à « une franche persécution » plutôt qu’aux « accommodements trompeurs » de la loi. Face à cela, en 1907 et 1908, Briand fait voter de nouvelles lois, en quelque sorte des accommodements raisonnables ressentis comme des défaites par une partie des républicains, permettant, dit-il, à l’Eglise catholique d’être « légale malgré elle ». Et, on l’a vu, Clemenceau se refusa aussi à céder aux provocations des ultras catholiques au moment des inventaires.

La "nouvelle laïcité" à la Baroin

En 2003, François Baroin rend au premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, un rapport intitulé « Pour une nouvelle laïcité ». Il défend alors une laïcité plus offensive ­et plus intransigeante que celle de 1905. ­En quoi se démarque-t-elle de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ?

La rupture entre la nouvelle laïcité et la loi de 1905 est politique. Depuis quelques années, cette « nouvelle laïcité » tente de contrôler l’organisation interne d’une religion – l’islam –, alors que la loi de 1905 se garde bien d’intervenir dans ce domaine : elle est au contraire très respectueuse des spécificités d’organisation des cultes.

Cette « nouvelle laïcité » est l’héritière du gallicanisme que professait Emile Combes : elle veut protéger le « bon » islam et contrôler le « mauvais », comme les républicains combistes voulaient, au début du XXe siècle, protéger le bon catholicisme acculturé et combattre le « mauvais » ultramontain.

Mais elle est aussi l’héritière, à droite, voire à l’extrême droite, d’une autre tradition politique française : le discours maurrassien sur les racines chrétiennes de la France, qui ne sert plus à dénoncer la Révolution française et la démocratie, mais l’« islamisation » du pays. C’est cette conjonction de la tradition combiste scientiste et de la tradition maurrassienne contre-révolutionnaire qui fait la force de cette « nouvelle laïcité » : elle reprend deux imaginaires nationaux très puissants.

Extraits de Laïcité retour aux sources Le Monde 15/10/16

 

Le paradoxe est donc que, sur le fond, Caroline Fourest, est tout-à-fait pour une laïcité apaisée et contre la pseudo laïcité de combat des boute-feux de la droite et d’une fraction de prétendus républicains à gauche. Elle se prononce clairement contre l’interdiction du voile à l’université – et a fortiori sur l’espace public – pour l’acceptation d’accompagnantes voilées dans les sorties scolaires, pour le choix entre menu végétarien et non végétarien dans les cantines scolaires…

Mais le combat qu’elle mène contre l’intégrisme la porte à en voir des complices partout et à mettre facilement cette étiquette infamante sur des mouvements qui ont pignon sur rue et qui, dans cette période d’état d’urgence, n’ont été frappés d’aucun interdit.

 

* A ce propos, peut-on rappeler que le forcené qui encourageait des bourgeois – pas du tout bohêmes – et des nervis à la lyncher à Montparnasse au retour de Nantes, n’était pas en djellaba mais en soutane !

 

A lire aussi :

Soutien à Jean Baubérot

par les co-auteurs de

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour compléter - et bien saisir les raccourcis mensongers de C. Fourest - lire la réponse précise de Jean Bauberot qui développe celle parue dans L'OBS du 13/10/16.

Un exemple quasi caricatural de ses fausses allégations : elle prétend que J. Baubérot a, en quelque sorte par un tour de passe passe à son profit, obtenu un transfert de chaires. Or la chaire qu'elle prétend disparue - celle d'Histoire et Sociologie des protestantismes - a continué, avec comme titulaires les professeurs Jean-Paul Willaime puis Patrick Cabanel. Il y a eu, comme cela se fait régulièrement à l'EPHE et à l'EHESS, une création de chaire (chaire "Histoire et sociologie de la laïcité") et nomination de J. Baubérot, selon la procédure habituelle (élection par les pairs puis par l'Académie des sciences morales et politiques, décret du 1er ministre).

 

Mise au point de l'Observatoire de la laïcité

Annexe

Une pseudo « charte de la laïcité » d’Aix-en-Provence suspendue

 

La très laïque Maryse Joissains-Masini, Maire d’Aix-en-Provence, qui arbore perpétuellement, sur sa généreuse poitrine, une croix plus qu’ostensible, a fait voter à son conseil municipal une « Charte du respect des valeurs de la République, de la laïcité, de la citoyenneté et de la neutralité ».

Sous un préambule placé sous le haut patronage de La Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 27 août 1789, La Loi sur la séparation de l'Église et de l'État du 09 décembre 1905, Le préambule de la constitution du 27 octobre 1946 et  La constitution du 04 octobre 1958, on trouve un texte intitulé « engagement de l’association » que doivent signer toutes les associations bénéficiant d’une subvention municipale. Et, entre autres joyeusetés, on peut lire qu’elles s’imposent un devoir de strict(sic) neutralité et s’abstenir ainsi que toute personne [les] représentant de toute manifestation de convictions religieuses ou politiques dans l'exercice des fonctions et des actions mises en œuvre.

 

Autrement dit si la Maire peut plastronner avec sa croix bien exhibée, Caritas doit mettre la sienne au rencart.

Bon, d’accord, vous l’avez deviné, ce n’est pas la croix de Civitas qui est visée, mais les hypocrites associations de barbaresques au cimeterre entre les dents qui affichent de nobles objectifs pour masquer leurs noirs desseins qu’heureusement notre Vicomte pourfend (voir ci-dessous).

Malheureusement, les islamo-gauchistes de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) ont contesté devant le Tribunal administratif de Marseille la légalité de la délibération du conseil municipal d’Aix-en-Provence du 18 juillet 2016 adoptant une « Charte du respect des valeurs de la République, de la laïcité, de la citoyenneté et de la neutralité » ; celle-ci, en effet,  s’ingère illégalement dans la définition de l’objet social et dans les modalités de fonctionnement des associations, en particulier en leur imposant une obligation de neutralité qui ne concerne en réalité que les services publics.

Autrement dit, ils ont appelé au respect de la Loi de 1905 si impudemment invoquée dans le préambule.

Et bien sûr un juge rouge a suspendu l’exécution de la délibération du Conseil municipal d’Aix-en-Provence ayant approuvé la « charte de la laïcité » dont la signature aurait été obligatoire pour les associations demandant une subvention.

Ce juge des référés a considéré que la condition d’urgence était remplie pour deux motifs :

  • ·   atteinte à l’intérêt public que constitue le respect du principe constitutionnel de liberté des associations,
  • ·    atteinte grave et immédiate aux intérêts de la LDH en tant qu’elle a reçu les années précédentes une subvention de la ville qu’elle ne pourrait demander pour 2017 sans signer cette charte.

Il a ensuite considéré que l’atteinte illégale au principe de liberté des associations, principe fondamental de la République, fait naître un doute sérieux sur la légalité de la délibération.

 

Montjoie, Saint-Denis ! Sus à l’islamo-gauchisme !

Pour des raisons mystérieuses*, je reçois une newsletter d’un site qui se revendique « juif » mais qui est plus que Likoud, fan de Bibi Netanyahu ! Et ce site « juif » de dénoncer l’islamophilie de la Maire de Paris ! oubliant qu'Anne Hidalgo envoie ses vœux aussi bien pour le Yom Kippour que pour l’Aïd el Kebir.

Et surtout de citer des extraits du dernier ouvrage de P. de Villiers : likoudistes et réaccathos unis dans la même aversion du musulman.

« L’islamo-gauchisme est partout présent » clame le Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon qui, après avoir chanté Charrette, loué Jeanne-la-pucelle, est remonté sur son fier destrier pour pourfendre à nouveau les chiens d’infidêles et leurs idiots utiles, ces islamo-gauchistes ! Si l’on ne fait rien la voix du muezzin couvrira le son des cloches de nos terroirs, affirme-t-il !

Mais lui résonne comme le gros bourdon de Notre-Dame que les sataniques femens profanèrent.

FOUREST vs BAUBEROT : laïcité fracturée ?

Une véritable 5e colonne est à l’œuvre dont les séïdes agissent dans la discrétion, tapis dans la haute administration, la haute finance ou le monde des cléricatures. Et Onfray, pas à une contradiction près, vient à la rescousse : « La gauche est fascinée par l’islam comme elle l’était par les dictateurs au xxe siècle. En matière de religion, elle n’est hostile qu’au judéo-christianisme. » Sur la lancée du philosophe bas-normand, le neu-neu du bocage poursuit « L’ultra-gauche est orpheline. Elle a aimé Staline, Mao, Castro, Pol Pot. Le rêve totalitaire s’est éteint. Elle cherche une autre vague de violence pour accoucher de l’histoire. Et comme elle a cocufié la classe ouvrière, il lui faut un prolétariat réinventé. Elle a découvert Mahomet. »

Mais le Vicomte se prend un peu les pieds dans le tapis (de prière ?) quand il cite Rouillan vantant le courage des terroristes, vu que Zemmour, son alter ego, vient de sortir la même ânerie : on n’est jamais mieux trahi que par les siens, il est payé pour le savoir.

 

* Est-ce parce qu’un menorah (chandelier à 7 branches), rapporté du Maroc, trône sur la bibliothèque et qu’une connaissance de confession juive (et de droite affirmée) l'ayant vu, a filé mon adéle à ce site ?

 

 

L’art du sophisme !

Que M. Jean-Marcel Bouguereau, ancien responsable du courrier du Nouvel Obs, me demande de ne plus être averti de mes nouveaux articles du deblog-notes, pourquoi pas ? Pas en souvenir de nos échanges peu amènes d’autrefois cependant : il l’aurait fait d’entrée. Là c’était pour cet article Fourest vs Bauberot. Un hasard ?

La réponse n’a pas tardé à venir, puisque dans un touitte il mettait en exergue un article de Renée Fregosi – philosophe – qui de fait pourfend « les tenants d'une laïcité à la fois "ouverte" et restreinte », coupables selon elle de défendre une laïcité « conçue essentiellement comme protection de la liberté religieuse et partant, comme tolérance de pratiques discriminantes (et stigmatisantes) à l'égard des femmes, subies par celles-ci de leur plein gré au nom de leur religion ».

Dans un sophisme hardi elle proclame que « si les religions sont reconnues, l'apostasie, le blasphème, le péché et la supériorité des règles religieuses sur le droit positif national, sont en revanche des notions totalement étrangères et même contradictoires avec les principes laïques de la libre pensée et avec l'Etat de droit. » Or, comme l’indique clairement l’intitulé de la Loi de 1905 – loi de séparation des églises et de l’état – l’apostasie, le blasphème, le péché et autres règles religieuses ne relèvent aucunement du Droit, quelque qualificatif qu’on lui donne.

Mais à partir de ces prémisses, elle peut donc expliquer que la vraie laïcité, entendez la sienne, pas celle de Briand, Jaurès et Buisson, et le vrai féminisme, entendez le sien, unis peuvent s’attaquer à des préceptes religieux infériorisant la femme. Or, rappelons-lui la loi de séparation implique le respect des règles de fonctionnement spécifiques de chaque culte : « Les Eglises ont des constitutions que nous devons respecter », déclare A. Briand. Ces règles fussent-elles contraire aux lois de la République comme le non accès des femmes à la prêtrise, exemple flagrant de discrimination des femmes !

Dans un sophisme encore plus hardi, et au nom bien sûr de la liberté individuelle elle va affirmer « De même que chacun doit garder son vote secret pour que le secret du vote soit préservé pour tous, aucune femme ne peut se proclamer impure, soumise ou devant être pudique sans remettre en cause la dignité de toutes les autres. En acceptant de leur plein gré de porter voile, burka, niqab, burkini ou autre vêture réputée "pudique", ce sont toutes les femmes dans leur nature sexuée qui sont insultées. »

Prémisse faux : le secret du vote n’a été institué que pour éviter les pressions ou corruptions et les sondages à la sortie des urnes reposent sur la révélation de leur vote par les sondés. Quant à l’amalgame entre voile et burkini d’une part et burqa et niqab de l’autre, il est aussi révélateur de la méthode. On peut juger hypocrite celles qui affichent des tenues rigoristes et ridicules celles qui s’exhibent en burkini (qui n’est d’ailleurs ni bur ni kini), mais oser, au nom de la liberté leur interdire de les porter, est une totale imposture.

Le combat pour l’égalité ne repose pas sur des interdits discriminants mais sur un combat idéologique de conviction, pas d’imposition !

 

* Pour éviter tout faux procès, précisons même si c'est évident, que les religions ne doivent pas avoir des prescriptions contraires aux droits de l'Homme et qu'elles ne peuvent faire respecter leurs prescriptions que par des armes spirituelles et que leurs "fidèles" y adhérent de leur plein gré.

 

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 14:01
Retailleau-Macron

BRUTUS et JUDAS

Comment ne pas rapprocher Bruno Retailleau et Emmanuel Macron, deux personnages qui doivent tout à leurs pères spirituels respectifs, deux personnages qui les ont trahis sans aucun état d’âme.  Sauf que le Brutus-du-bocage avait, lui, quelques bonnes raisons de poignarder son mentor. Tandis que Macron, le Judas-du-Palais, fait dans l’art pur de la trahison, puisque, devant tout à Hollande, il n’a subi aucune avanie de sa part.

  Notre Brutus, né au cœur des Mauges qui, bien qu’angevines, firent partie de la Vendée militaire, élève des chers frères à rabat bleu de Saint-Gabriel, doit toute sa carrière, jusqu’à la rupture, au Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon. Associé aussi bien au Puy-du-Fou qu’au MPF, il deviendra ainsi Vice-président du Conseil Général et Sénateur. Mais le ver était dans le fruit depuis au moins fin 2005 quand de Villiers propulse Guillaume Peltier, ancien directeur national du Front national de la jeunesse (FNJ), comme n° 2 du MPF et mène, en 2007, une campagne présidentielle très extrême-droite musulmanophobe, en espérant, en vain, plumer le FN. Le fossé s’accentuera quand, en janvier 2009, le Vicomte s’opposera à son entrée dans le gouvernement de Fillon. Rupture consommée en 2010, quand, après que de Villiers l’ait à nouveau barré de la tête de liste aux régionales, Retailleau quitte le MPF. Du coup, de Villiers, furieux, le bannit, avec tous ses amis, du Puy-du-Fou ! Mal lui en prit, car son « fils spirituel » avait su fédérer les patrons vendéens, las de ses foucades et de ses opérations dispendieuses. Et notre Vicomte de prendre la porte et Retailleau de lui succéder, avant de devenir tête de liste des régionales et de l’emporter !

  Emmanuel Macron, lui, n’a nul reproche à faire à son ex mentor qui puisse justifier sa trahison. Au contraire, jusqu’au bout, Hollande a bloqué Valls dans sa volonté de virer ce petit marquis. Certes, il peut arguer qu’il a soutenu Hollande dès les primaires de gauche, alors même que DSK n’était pas encore éliminé par l’affaire du Sofitel. Mais l’énarque, Inspecteur des finances ayant pantouflé à la banque Rotschild, ne doit qu’au Président de devenir secrétaire-général adjoint de l’Elysée, puis Ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique (en remplacement de Montebourg, victime d’un excès de la fameuse cuvée du redressement qui lui a donné le coup de barre fatal). Son parcours politique est apparemment en contradiction avec son social-libéralisme à la Blair, puisque, s’il se réclame de Rocard, il s’est engagé d’abord chez Chevènement, l’anti-Rocard, pour qui il a voté en 2002 ! Et son passage au PS fut bref et il semble l’avoir quitté faute d’être intronisé dans un fief électoral. Il n’a donc pas l’onction du suffrage universel.

Reste à voir si ce Judas saura, comme le Brutus-du-bocage, tuer le père, c’est-à-dire l’écarter d’abord, puis le remplacer.  

La probabilité est très faible. Il est vrai que la tâche est d’une toute autre ampleur. Entre un nobliau à la tête de son fief provincial et un Président de la République, il y a plus qu’une différence d’échelle. Macron vise sans doute 2022 plutôt que 2017. Mais, dans le système électoral actuel, si la machine à perdre à gauche – d’un centre gauche macronien à une extrême-gauche mélenchonniste – risque d’être d’une grande efficacité (2002 en pire puis une chambre introuvable, quasi monocolore), il n’est pas sûr que de ses ruines surgissent un centrisme citoyen style Ciudadanos  ou une gauche neuve à la mode Podemos (les deux d’ailleurs n’apportant, pour le moment, rien d’autre que l’impuissance à la politique espagnole).

Retailleau-Macron

Balladur ou Jobert

Emmanuel Macron, s’il a la tentation de jouer le Balladur de Hollande, ne pourrait que l’accompagner dans la chute. Il risque fort d’apparaître comme un avatar de Michel Jobert, dit « pèse peu », le talent littéraire* en moins.  

 

 

* A (re)lire "La rivière aux grenades"

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 11:08
Arrête ton char Macron !

Le cher Président ayant "un éthos de droite" s'est bien entiché de notre Vicomte si l'on en croit le JDD du 20/05/2018.

« Je ne suis pas socialiste » a affirmé le sémillant Ministre de l’économie. Et où ça ? chez notre neuneu poutinophile, le Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon, l’accueillant en son fief du Puy-du-Fou !

Cette visite du Puy-du-Fou, avec promenade en char romain, puis spectacle  intitulé « Le signe du triomphe », dans un décor très peplum, avec course de chars à la Ben-Hur, venait conclure une journée passée en Vendée.

Ouest-France 20/08/2016 Edition de la Vendée

Visite donc d’une briqueterie dans une charmante commune dont le nom évoque immanquablement une chanson paillarde, Chaillé-sous-les-Ormeaux. Puis déjeuner avec des élus où la députée PS, Sylviane Bulteau, devait se sentir bien esseulée, tout le reste, dont la cagote Coulon très anti mariage pour tous, étant de droite ! Ensuite visite des Meubles Gautier où il a été d’un couplet sur la lenteur de l’automatisation, cinq fois moins rapide que celle de nos voisins allemands (on serait curieux de savoir d’où sort cette étonnante comparaison). Et première profession de foi : « Je crois au progressisme hors des vieux clivages » ! Ce qui ne mange pas de pain et n’a pas grand sens.

Arrête ton char Macron !

Et donc, en point d’orgue,  cette cinescénie, comme dit le Vicomte, à ses côtés. Il ne manque pas de rendre hommage à son hôte vespéral, « qui a su faire du Puy-du-Fou une réussite culturelle et économique qui s’exporte dans le monde entier ». Ce « monde entier » étant surtout russe, puisque notre neuneu, acoquiné avec un oligarque sulfureux, compte franchiser deux puy-du-fou chez les ex-soviets, dont un en Crimée !

J’allais oublier, juste entre meubles et chars villieresques, un passage sur la tombe de Clemenceau… Pied de nez à Valls qui, quand il était Ministre de l'intérieur, se prenait pour celui qui se baptisait "premier flic de France" ?

Le « ministre qui se présidentialise » titre Ouest-France. 

Il oublie, ce non socialiste, progressiste, que ce n’est pas du côté de la droite rance style de Villiers qu’il trouvera des alliés, bien au contraire : le sourire narquois du Vicomte montre tout le mépris caché qu’il a du jeune gommeux. Son inculture politique assez abyssale explique qu’il se croit un avenir national sans troupes. Son En Marche est loin, très loin de Ciudadanos en Espagne et C’s n’y est qu’une force d’appoint !

Va bientôt se faire dépecer par les fauves de la politique dans le grand Cirque des élections, le tendre Macron !

 

La conclusion de mon article ne révèle pas une grande clairvoyance, mais, comme disait Pierre Dac, "Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu'elles concernent l'avenir".

 

Le Président et le Vicomte

 

Arrête ton char Macron !
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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 09:49
Puy-du-fou et cyrards (suite)
Puy-du-fou et cyrards (suite)

Ouest-France (édition de la Vendée) 24/03/2016

Pourquoi des cyrards cirant les pompes du sire du puy-du-fou ? Jugez de la réponse !

Toujours à la pointe de l’actualité, ce jeudi, 24 mars 2016, Ouest-France se préoccupe de la présence de cyrards au Puy-du-fou, dimanche 20, se commettant en tenue d’apparat dans la guignolesque présentation de l’anneau de Jââânne ! et cela uniquement parce qu’une “élue socialiste s’insurge” ! 

La baderne galonnée qui lui répond - par l’intermédiaire de la journaliste – raille, balaie, en bref se fout royalement de la députée socialiste. Pensez-donc, elle n’a pas protestée, l’élue, quand les cyrards – car ils sont récidivistes – se sont déjà prêtés à une mascarade, mais du coup sur fond de centenaire de la bataille de Verdun, avec poilus du bocage nous rejouant Douaumont. Pourquoi le Puy-du-fou, plutôt que de vraies cérémonies commémoratives de cette boucherie militairement inutile, seule question qui pouvait se poser ?

Mais là, si ce n’est qu’il y avait un drapeau tricolore et qu’on y a joué la Marseillaise, la seule raison invoquée est qu’”Il y a un lien particulier entre Saint-Cyr et Jeanne d’Arc”. Car, tenez-vous bien La promotion 1893-1895 porte son nom.“

Il se paye la tête du pékin, notre chef du service information et relations publiques de l’Armée de terre, colonel de son état ! Car, outre le fait d’exciper du nom d’une promotion de la fin du XIXe siècle pour justifier la présence de cyrards à une mascarade du XXIe, eût-il eu un brin de culture historique, qu’il eût su que Jeanne d’Arc, qui venait d’être sortie d’un relatif oubli par Michelet, était à l’époque une icône patriotique et laïque pour les Républicains ; ce n’est qu’en 1907 que la droite catholique, se l’étant appropriée, réussit à la faire béatifier. Donc, entre 1895 et 2016, la Jeanne d’Arc, fille du peuple, venant secouer les puces à un Dauphin velléitaire, boutant les Anglois hors du royaume était devenue une Sainte en 1920 et la figure de ralliement d’une droite catholique nationaliste, dont le Vicomte du Puy-du-fou est le caricatural et lointain descendant (cf Reynaert).

Il serait donc bon, que le Ministre de la Défense, responsable d’une armée en principe Républicaine, tape un peu sur les doigts gantés de blanc du chef de l’école supérieure de Saint-Cyr, qui a envoyé cette délégation se prêter à cette cérémonie folklorique beaucoup plus que patriotique.

Brocanteur et complices...

Brocanteur et complices...

En complément :

Pierre de Villiers chef d'état major des armées

Coup de froid dans les états-majors

Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a découvert avec colère que 88 Saint-Cyriens avaient participé à la cérémonie autour du retour en France d’un prétendu « anneau de Jeanne d’Arc ». La commémoration était organisée le 20 mars au parc du Puy du Fou … chez Philippe de Villiers, frère du CEMA avec qui il est en froid. L’initiative de cette participation revenait au général Christophe de Saint-Chamas, commandant de la région terre Nord-Ouest. Cet ex-chef de la Légion avait toutefois pris soin de faire valider sa démarche par le cabinet du chef d’état-major de l’armée de terre. Qui a omis d’en référer au Général de Villiers, bien résolu à ne pas assumer cette initiative.

Challenges

Puy-du-fou et cyrards (suite)

Didier Porte

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 18:25
L’anneau de la pucelle et les cyrards

Le seigneur de l’anneau, comme le nomme A. Chemin du Monde, a donc solennellement accueilli une bagouze ayant appartenu à Jeanne-la-Pucelle dans son fief du Puy-du-fou. Fanfare, cyrards, soudards – pardon fiers chevaliers sur leurs destriers et poilus de 14 – gniards précédaient la châsse où reposait la sainte relique. Alleluia !

« “Accueil de l'anneau de Jeanne d'Arc dimanche 20  mars. Le peuple de France y est invité gracieusement. Je vous y attends." Conviés par Philippe de Villiers en personne, ce dimanche 20  mars, plus de 3 000 spectateurs guettent dans la cour du château du Puy  du  Fou le pas d'une trentaine de chevaux caparaçonnés venus des hauteurs voisines. Les tambours roulent de plus en plus près, bannières et oriflammes flottent au soleil et chatoient à travers le porche. Cent cyrards, sabre au clair et casoar au vent, dressent une haie d'honneur à ces chevaliers venus directement du XVe  siècle. » nous conte Ariane Chemin, dans Le Monde du 22/03/16.

« Coincé entre un curé en soutane et quelques familles cathos extatiques, tentant de résister à la voix de fillette ululant dans les baffles une chanson faisant rimer "Jeanne" et "petite flûte dans les flammes", et voyant arriver le reliquaire de style faux Moyen Âge, précédé de cavaliers en armures en plastique, on s’en faisait la réflexion : il y a seulement dix ans, un tel sommet de kitsch aurait suffi à faire notre joie pour la semaine. » ironise François Reynaert L’OBS

Faut-il préciser que cette "réinformationtv" devrait plus justement se baptiser désinformation, mais cette caricaturale présentation reflète bien l'esprit borné des cagots.

Que le Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon fasse dans le Walt Disney Maurrassien, pour célébrer, l’arrivée de cette bague – payée quand même 370 000 € : la rançon de Jeanne d’Arc – si ça l’amuse et si ça amuse des gogos cagots, pourquoi pas ? Que la bague en question soit d’une authenticité incertaine : qu’importe ! comme le rappelle Reynaert, on a compté des dizaines de Saint-Prépuces de Jésus de Nazareth ; l’authenticité d’une relique est secondaire, ce qui importe c’est la foi des pèlerins.

Mais en revanche, la présence d’une centaine d’élèves officiers de l’école militaire de Saint-Cyr, elle, pose un sérieux problème. En grande tenue, casoar et gants blancs, sabre au clair, ils rendent hommage aux chevaliers d’opérette, aux fillettes accoutrées façon moyen-âge, aux poilus du bocage et à la relique de la sainte et entonnent un chant aux allures de cantique ! Est-ce la vocation des cyrards que de cirer les pompes à de Villers, fût-il le frère du chef d’état-major des armées ? L’autoproclamé grand défenseur de la laïcité, Jean Glavany, serait bien inspiré de poser la question au Ministre de la Défense : que diable venaient-ils faire dans cette mascarade, ces futurs officiers d’une Armée (en principe) républicaine ?

Pour le reste, comme le note, William Blanc,Professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), cité par A. Chemin : "Villiers utilise la même méthode que Lorant Deutsch. Mais pas seulement. La procession de la bague au Puy  du  Fou a quelque chose de ce temps médiéval où on inventait des objets de dévotion. Il y a aujourd'hui toute une nébuleuse qui remet au goût du jour une histoire identitaire, un roman national héroïque et catholique. La Jeanne d'Arc du Puy-du-Fou est celle de l'Action française, nationaliste et catholique, appuie l'historien. Cette fois, l'ennemi, ce sont les Anglais, mais aussi les universitaires enfermés dans leur tour d'ivoire et coupés du pays réel, complices passifs du mondialisme. Ces gens-là utilisent un récit historique figé pour appuyer un propos politique, qui passe, on le sait, par les symboles. "

Jeanne et son temps

Pour nos Vendéens comme, il est vrai, pour 80% des gens qui n’ont pas ouvert un livre d’histoire depuis leur cour élémentaire, Jeanne d’Arc, c’est une sorte de Jean Moulin en armure qui a bouté les méchants Anglois hors de France. Une grande héroïne nationale. Or au XVIe siècle l’époque n’est pas nationale, mais féodale.

 

Les guerres n’opposent pas entre eux des peuples, liés par une même identité, acharnés à défendre un territoire qu’ils pensent leur, mais des nobles qui se disputent fiefs et provinces comme on se pique l’avenue de Breteuil au Monopoly.

Au début du XVe siècle, il y a trois protagonistes. Charles VI, le roi Valois, est fou. Deux puissantes familles cousines se déchirent pour accaparer le pouvoir : celle du duc de Bourgogne, les Bourguignons, et celle des Orléans, qu’on appelle les Armagnacs, à cause de leur alliance avec ce clan du Sud-Ouest. Et débarque en Normandie le troisième larron de l’affaire, Henri V d’Angleterre, le Plantagenêt.

En quelques victoires (dont Azincourt), il réussit à écraser la chevalerie française, et la reine Isabeau de Bavière, au nom de son mari le roi fou, tricote une sortie de crise ingénieuse : sa fille Catherine épousera Henri V, et leur fils scellera l’union pacifique des royaumes de France et d’Angleterre en devenant souverain des deux. C’est ce que l’on appelle la "double monarchie".

 

Une petite Lorraine en armure

Un seul est contre. Le dauphin Charles, exilé à Bourges chez ses amis Armagnacs. Fils de Charles VI, c’est à lui que devait revenir la couronne. Après des années à hésiter sur le parti à prendre, il voit son destin chamboulé grâce à l’arrivée d’une petite Lorraine en armure qui se dit inspirée par Dieu et voit en lui le seul vrai roi du royaume de France.

La jeune fille, arrivée de sa province, déborde d’une énergie proprement surhumaine. En quelques mois à peine, elle arrive à renverser le cours de l’Histoire. Emmenant son dauphin jusqu’à la cathédrale de Reims, il est sacré roi, en juillet 1429.

Ingratitude du roi, quand Jeanne est capturée, il ne fait rien pour la racheter aux Bourguignons, ni pour la sauver.

 

Jeanne et son mythe

 

Contrairement à ce qu’on pense au Puy du Fou, la petite bergère de Domrémy n’a pas traversé les siècles auréolée de sa gloire. Jusqu’au XVIIIe siècle, elle est restée un personnage folklorique dont on connaissait la geste, mais qui n’avait rien de central dans la façon dont on se représentait l’Histoire et n’intéressait pas grand monde. Il faut attendre le XIXe siècle pour qu’enfin, elle fasse son grand retour. Pour le coup, le concept de Nation s’impose.

La nation est une construction politique du XIXe siècle. Il s’agit d’en faire un principe surgi du fond des âges. D’où ce que l’on appelle aujourd’hui le "roman national", c’est-à-dire la lecture rétrospective d’une Histoire repeinte en tricolore, avec ses Gaulois, ses rois qui ont "fait la France", et ses patriotes éternels.

C’est d’abord Michelet, grand prêtre républicain de ce roman national qui en fait l’incarnation du peuple au secours du pays (marrant d’entendre de Villiers reprendre cette vision de Michelet en opposant son héroïne aux élites de l’époque, comme si l’entourage du dauphin sortait d’une ENA moyenâgeuse).

 

Quand la droite se rallie au principe national qu’elle accomode à la sauce xénophobe, elle s’accapare la bergère lorraine. Sauveuse de la monarchie, la vierge était inspirée par Dieu. Et cette droite catho n’eut de cesse que de faire canoniser la pucelle. Bien que les miracles recensés n’aient eu lieu qu’au XIXe siècle, elle est béatifiée en 1907, canonisée en 1920.

Son culte est au sommet. On le voit, il correspond également au moment où le nationalisme est également au pinacle : il vient, avec la guerre de 1914, de montrer ce qu’il est capable de produire.

 

De toute évidence, quand il s’exclame "Vive sainte Jeanne d’Arc ! Vive la France !", devant ses poilus d’opérette et ses Saint-Cyriens qui marmonnent du Péguy, Philippe de Villiers pense que le meilleur moyen de nous faire avancer dans le XXIe siècle est de le faire revenir à cette belle période.

 

D’après François Reynaert

Cette communauté de l’anneau que décrit Ariane Chemin, déçue de Sarkozy, méprisant Juppé ou Fillon, se décrit comme une grande famille nationale traditionnelle, fer de lance de la Manif (anti mariage) pour tous, admirant Zemmour, soutenue par Ménard, implantée dans le monde des patrons avec Charles Beigdeber, et soutenue par les cagots les plus réacs dont Maître Trémolet de Villers est un digne représentant.

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 21:10
La laïcité expliquée à Monsieur Retailleau
La laïcité expliquée à Monsieur Retailleau

Ouest-France 06/12/2014

"L'Etat laïque, neutre entre tous les cultes, indépendants de tous les clergés, dégagé de toute conception théologique" permet "l'égalité de tous les Français devant la loi, la liberté de tous les cultes" et de toutes les convictions philosophiques. D'après Ferdinand Buisson

 

Monsieur le Sénateur-Président du conseil général de la Vendée (et Président du groupe parlementaire UMP du Sénat), je me permets, très humblement, de vous rappeler que notre République est laïque. Contrairement à ce que d’aucuns pourraient croire – mais vous n’êtes certainement pas de ceux-là – la République ne se réduit pas à l’état central (ni l’état, au gouvernement), mais comprend les collectivités territoriales (communes, départements, régions).

 

Une des grandes lois fondatrices de la Laïcité française est la loi de 1905. Et contrairement à ce qu’un ex-président, dont vous avez rallié le parti, a laissé sous-entendre osant parler d’un anti-cléricalisme d’état, la Loi de 1905 fut bien une loi de liberté et de tolérance.

 

Votre (ex)père spirituel, le Vicomte Le Jollis de Villiers de Saintignon, qui voyait des mosquées partout à Roissy, a sans doute fustigé les prières de rues des infidêles et barbaresques musulmans. Et pourtant, contrairement à vous qui êtes trop jeune (quoique), il a dû connaître les « fêtes-dieu » où le curé portant ostensoir et protégé par un dais avançait sur un tapis de pétales de roses répandus par des enfants de chœur ensoutanés de rouge, avec surplis blanc, au son de saints cantiques en latin. Et honte au mécréant qui n’aurait pas décoré sa façade sur l’itinéraire de la procession. Question prière de rue, on était servi avec des autels de plein air où s’arrêtait la sainte procession dans les rues de nos villages.

Je ne saurais trop vous recommander la lecture des débats qui ont abouti à la suppression d’un article liberticide dans la loi de 1905. Vous y verriez comment un député catholique a su prendre à contre-pied Aristide Briand et Ferdinand Buisson : « quand l’ordre public n’est pas en danger, il y a un autre intérêt qui s’impose, c’est celui de la liberté. » Et l’Article 25 qui édictait que les églises, séparées de l’état, « n’ont pas le droit d’emprunter la voie publique pour les manifestations de leur culte » car elles imposeraient ainsi « aux indifférents, aux adeptes des autres confessions religieuses le spectacle inévitable de leurs rites particuliers. » a été supprimé.

Ce qui répond aux âneries proférées par le Vicomte sur les étoiles qu’il faudrait retirer de nos rues, car outre que la symbolique religieuse desdites étoiles n’est pas évidente, elles ne sont pas bannies des voies publiques qu’il ne faut pas confondre avec des bâtiments officiels. Quant à vos propres propos sur les communes en « Saint »* qu’il faudrait débaptiser, entre nous soit dit, vous confesserez qu’ils relèvent d’un amalgame assez puéril. Contrairement aux révolutionnaires que vous honnissez, les Ferry, Briand ou Buisson n’ont jamais voulu toucher au calendrier des fêtes d’origine chrétienne et encore moins à la toponymie.

 

  Revenons donc à votre crèche.

Que les santons de Provence puissent relever d’une authentique tradition culturelle populaire, d’un patrimoine provençal, est indéniable. En revanche, vous conviendrez que l’aspect culturel de vos statuettes saint-sulpiciennes n’est pas évident. Tradition cultuelle plutôt qui trouve sa place dans les lieux de culte, voire dans des foires de Noël, sans doute pour sanctifier les marchands du temple. 

 

Mais, elle n’a pas sa place dans un bâtiment de la République, dont font partie Mairie et Hôtel de Département. Non pas que leur laideur soit une atteinte au bon goût, cela étant trop subjectif. Mais que ces crèches sont une atteinte à la neutralité que doivent afficher ces lieux.  C’est ce que dit clairement l’Article 28 : « Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. » sur lequel s’est appuyé, je suppose, le Tribunal Administratif de Nantes.

 

Cette neutralité instaurée par la loi de séparation des églises et de l’état n’est pas anti-religieuse, mais a-religieuse. Elle s’impose à ses représentants et à ses agents. C’est pourquoi ceux-ci ne doivent, dans l’exercice de leurs fonctions, manifester leur éventuelle appartenance à telle religion ou parti politique.  Non pas pour cause d’éventuel prosélytisme – la vue d’une hôtesse d’accueil portant un fichu dit islamique dans une administration ne risque guère de convertir qui que ce soit à l’islam – mais pour affirmer la neutralité du service public.

 

Sans vous laisser aller aux outrances de votre ex-mentor – l’admirateur de Poutine parlant de décision « totalitaire » - vous n’en avez pas moins profité de votre position pour vous livrer à une attaque indigne contre la Libre pensée la taxant d’intégrisme laïcard. Vous conviendrez peut-être que question intégrisme agressif, la Libre pensée est loin, très loin, des méthodes d’actions de CIVITAS, par exemple. Et que la conviction exprimée dans leurs statuts est aussi respectable que la vôtre. Le Président de la Libre Pensée de Vendée qui, contrairement à vous, n’a guère été entendu dans les médias, a fait preuve d’une grande retenue dans son expression et dans son action.

 

Quant à votre allusion à un témoignage touchant d’un « auditeur, dont le prénom, Ahmed, fait penser qu’il appartenait à une religion » ne soutenant pas une crèche, outre que vous semblez ignorer que la religion musulmane reconnaît Jésus comme un prophète, elle trahit une propension trop fréquente à conférer une appartenance religieuse à partir d’un nom ou prénom**. Mais y eût-il eu dans vos soutiens un Vladimir orthodoxe, un William anglican, un Ricard boudhiste, etc. que ça ne changeait rien à l’article 28 de la Loi de 1905 sur lequel s’est appuyé le tribunal administratif.

Et vous allez dépenser notre argent, à nous les contribuables vendéens, dans d’inutiles recours en appel, conseil d’état et, on n’ose y croire, jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme !

 

D’ailleurs, comme le souligne Jean Baubérot, associer la crèche, qui célèbre, ce n’est pas à vous que je dois le rappeler, la nativité du christ, à quelque chose d’uniquement traditionnel et folklorique, c'est manquer de respect à la religion catholique.

Et ce n’est pas une tradition cultuelle qui se perd : presque toutes les églises, la cathédrale, ont leur crèche que chacune et chacun peut aller voir.

Et vous, vous pouvez faire une belle crèche dans votre intérieur privé, pour y déposer, le 24 à minuit, votre petit jésus, en entonnant le "Minuit chrétiens"... si ça vous chante.

 

* Une pétition, lancée par un anonyme Lou G., intitulée « Tradition et patrimoine culturel français : oui aux crèches de Noël dans l'espace public ! », signée par d’aussi anonymes Thérèse, Gérard voir 148, s’en prend évidemment à « cette gauche bien pensante, ces ayatollahs de la pensée unique, ces pourfendeurs de nos traditions, veulent détruire notre socle commun. » Et comme Brutus-Bruno R. craignent « qu'ils ne finissent par vouloir débaptiser notre calendrier, qu'ils ne trouveront pas très laïc (avec les fêtes chrétiennes et tous les saints), ou débaptisent les rues, les places de nos villes et villages qui portent le nom d'un saint etc. ».

Eh oui ! M. le Président, la stupidité de vos propos éclate quand ils sont clamés par des cagots bornés (pléonasme) et lâches.

 

 

** Pris à partie, sur ce point, vous vous êtes miraculeusement souvenu que ça serait l’auditeur lui-même qui se serait dit musulman : permettez-moi d’être un peu sceptique sur cet ajout dans votre storytelling.

 

 

Merci au commentateur "Malherbe" de m'avoir signalé le billet de Sophia Aram

Entretien avec J. Bauberot
Entretien avec J. Bauberot

Un entretien avec Jean Baubérot

Ouest-France 12 décembre 2014

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 16:47
Ouest-France, page Vendée, 03/11/2014

Ouest-France, page Vendée, 03/11/2014

Un très complaisant article d’Ouest-France de ce jour (03/11/2014), dans son édition vendéenne, ne craint pas de faire la promotion d’un ouvrage d’un certain Joël Bonnemaison.  Présenté fort pudiquement comme un journaliste atypique, cet odieux personnage eut son heure de gloire, si on peut dire, comme corbeau à FR3.

 

Or donc, en décembre 1998, au terme d'une garde à vue d'une trentaine d'heures, Joël Bonnemaison, journaliste de France 3, détaché en Vendée, a été mis en examen pour diffamation et insultes publiques.

En effet, cette plume donnait dans le style corbeau.  Un courrier anonyme, posté dans le Sud de la France et censé reprendre des accusations lancées dans un communiqué par une association de journalistes de la région Provence-Côte d’Azur, contre son directeur de la rédaction FR3 de Nantes, Emmanuel Yvon, était parvenu à divers élus locaux.  E. Yvon qui avait été précédemment journaliste à Marseille y était traité de «dévoyé» et de «bouffon vénal», ayant fait des « ménages » sous forme de «production de cassettes publicitaires grassement rétribuées». Ce que Bonnemaison présentera à son procès comme un gentil canular « ayant mal tourné ».

 

Celui que le journaliste d’Ouest-France présente comme « une des gueules du métier dans la région, avec une très (trop forte) personnalité », Joël Bonnemaison qui se la jouait en dur de polar, s’est dégonflé devant les flics comme une baudruche épinglée, remarque ironiquement  La lettre à Lulu. Non content de cela,  malgré son style inventif et pourtant fluide (sic), Bonnemaison dont il est dit qu’il fut aussi nègre à plusieurs reprises pour écrire sa lettre anonyme a eu recours à un… nègre !

« Comparse et jusqu’ici ami de Bonnemaison, l’écrivain vendéen Gilbert Prouteau a aussi été mis en examen pour avoir prêté sa plume de corbeau à cet anonyme poulet faisandé. Il a admis avoir «servi de nègre, pour réécrire sous forme de pamphlet des accusations contre Emmanuel Yvon, à qui Bonnemaison voue une haine viscérale, véritable abcès de fixation». "Je ne voulais pas marcher, dit-il, jusqu’à ce que Bonnemaison m’apporte un de mes livres adressé en service de presse à Emmanuel Yvon et revendu à un bouquiniste". Il semble en fait qu’entre les rayonnages du bureau toujours ouvert d’Emmanuel Yvon, et le domicile de Prouteau, le livre ait suivi un circuit court, direct, porté par Bonnemaison pour convaincre l’écrivain de 81 ans de co-rédiger le faux tract. "Il a cru bon de mentionner à la police ma collaboration, grince Prouteau. C’est une donneuse qui se couche". » (Lettre à Lulu et Libération)

 

Le cow-boy, chasseur de trésors, comme titre Ouest-France, a une façon très pudique de présenter ses liens avec Jean-Marie Le Pen : il était le témoin de sa deuxième épouse, lui ayant pour témoin l’anarcho-syndicaliste Alexandre Hébert. « J’ai donc côtoyé tout ce beau monde » déclare-t-il modestement. Or, si l’on en croit le correspondant de Libération,  Bonnemaison est un ancien responsable local du Front national et membre du comité central de ce parti en 1976. « Dans les années 80, il est intime avec Jean-Marie Le Pen, qui vient dîner chez lui. Joël Bonnemaison lui sert alors de chauffeur dans ses déplacements à Nantes. » Comme on le voit, il a fait plus que côtoyer ! Il a aussi trempé dans l’affaire Trager, faisant quelques "ménages" pour un promoteur aujourd’hui condamné, et présentant l’expert-ès-racket René Trager aux élus.

 

La liste Bergeron

Comment ce charmant personnage, certes auteur de quelques livres ou articles pamphlétaires sur la vie politique locale, s’est-il retrouvé à FR3 Nantes ? Grâce à FO ! Il faisait partie de ce que les journalistes de la chaîne appelaient « la liste Bergeron ». Délégué syndical Force ouvrière à France 3, responsable national du syndicat général des journalistes FO, siégeant dans diverses instances de concertation et commissions paritaires à France 3, au plan national, il s’est donc cru intouchable.

D’abord en poste au Mans, cet ancien trotskyste Lambertiste – comme son mentor Hébert - a été ensuite affecté en Vendée, à la demande de Philippe de Villiers. « Ses récents déboires avec sa hiérarchie lui ont valu le soutien de Philippe de Villiers qui va regretter cet envoyé spécial permanent en communion d’idées, écrivait perfidement La lettre à Lulu. Le Vicomte et le journaliste marron ont d’ailleurs le même avocat, Me Jean-Marc Varaut, celui qui a conseillé Maurice Papon. Après la communion, la confirmation. »

 

Lui qui se plaint auprès de son ignorant (ou indulgent) interlocuteur d’avoir connu le poids de l’ingratitude de tas de gens, a d’abord été traduit devant la commission de discipline de FR3 : courageusement, il s’était fait porter pâle.

Il a été finalement condamné à 10 000 francs d'amende et 25 000 francs de dommages et intérêts et l'écrivain Gilbert Prouteau condamné, lui, à 5000 francs d'amende.

 

L’ami Joël, comme dit le journaliste, buriné comme un chasseur de trésor de chez Sergio Leone (sic), a de fait un « parcours de vie » mariant si l’on veut, l’eau et le feu – Le Pen-de Villiers et Hébert-Lambert – mais aussi un passé de corbeau déchaîné.

 

Sources (très faciles à trouver M. P. Gilbert, il suffit de taper le nom de votre ami Joël sur un moteur de recherche) :

Un journaliste mis en examen. France 3 démasque son corbeau

Corbeau déchaîné. France 3 se prive d’un éminent professionnel

Le corbeau de France 3 déplumé.

 

Merci au camarade Joseph A. qui m’a signalé l’article dithyrambique d’Ouest-France avec copie d'un article de Libé.

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 16:04
MOI MÉNARD, MAî(T)RE DE BÉZIERS

« Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.  » Si la définition de Michel Audiard est juste, Ménard mériterait l’appellation haut-la-main ! Il ose ici parler de « révolution », de « libérer la parole » et même employer un « no pasaran » véritable insulte envers les républicains espagnols.

 

Son absence totale de retenue, sa conviction absolue d’avoir toujours raison, son absence de tout respect humain, cette enflure démesurée du MOI, c’est ce qui fait sa force. Il était déjà comme cela à Reporters sans frontières n’hésitant pas à se lancer dans des actions à la frontière, elles, du ridicule. Mais à nos yeux de gogos, c’était pour la bonne cause.

 

Yeux ébahis de découvrir que, derrière l’intrépide et farouche défenseur de la liberté de la presse, se cachait un fieffé réac et des plus bornés.

Mais pour ce qui est de son narcissisme, ceux qui l’ont fréquenté de près à RSF, nous avaient prévenus. Ainsi Rony Brauman, cofondateur de RSF « J'ai vu l'autre Ménard, le petit tyran domestique, sortir de sa chrysalide. Il a un ego exagérément enflé, qui le pousse à être excessif » « Monsieur Ménard aspire trop à substituer sa propre personne à la cause entière de la liberté de la presse » confirme Alla Lazaréva, ancienne correspondante de RSF.

 

  Son autolâtrie se traduit dans Le journal de Béziers, non seulement par des titres délirants et des articles dithyrambiques, par son omniprésence – après tout le genre « ma binette partout » est célébré régulièrement dans Le Canard enchaîne – mais surtout par sa seule présence. Nul-le adjoint-e pour partager une miette de notoriété. Béziers, c’est moi.

Feuilletons donc ce morceau de bravoure à la gloire du little big man biterrois.

MOI MÉNARD, MAî(T)RE DE BÉZIERS
MOI MÉNARD, MAî(T)RE DE BÉZIERS
MOI MÉNARD, MAî(T)RE DE BÉZIERS

La « révolution » biterroise est en marche sous la direction de son petit timonier. Lui ce n’est pas Banga-banga, mais Zinga-Zinga. Les 2000 fonctionnaires municipaux tenus de venir écouter le sévère sermon du premier édile. Fini de rire. Son auto-interview est sans complaisance : « seulement le retour à la loi… où est la révolution annoncée ? » demande Robert « Dans un pays comme la France le simple fait d’appliquer la loi est déjà une révolution » lui rétorque Ménard.

Fini de rire les fègnasses de fonctionnaires : 1607 h annuelles et non plus 1544 comme accordées par ses laxistes prédécesseurs ; guerre à l’absentéisme chronique ; sus aux heures sup inutiles ; prime au mérite… Et il s’agit de faire la guerre tout azimut : à la saleté, à la laideur, aux gaspillages, à la petite délinquance ! Et il y a tout Ménard dans cette phrase « J’ai la certitude absolue qu’il n’y a pas d’autre cap que le nôtre », entendez bien sûr que le mien !

MOI MÉNARD, MAî(T)RE DE BÉZIERS

Ce « No Pasaran » est non seulement scandaleux mais incongru : il s’agissait de sauver une librairie du centre-ville, menacée de liquidation judiciaire. Sur ce dossier, Ménard était prêt à prendre des mesures novatrices, certes, et il a soutenu la reprise par une autre librairie. Dont acte. Mais cela ne mérite quand même pas ce surtitre outré.

MOI MÉNARD, MAî(T)RE DE BÉZIERS

Ménard défend ses arrêtés –risées de certains arrondissements parisiens : l’anti-parisianisme est une valeur sûre – sur les paraboles et le linge à sécher et il y ajoute l’interdiction de glaviotter (l’étend-il aux stades ?) en se référant à un décret. Celui communément cité est un Décret du 22 mars 1942, Article 74 (Modifié par Décret n°92-478 du 29 mai 1992 - art. 16 (V) JORF 30 mai 1992 en vigueur le 1er novembre 1992) qui dans son 8° interdit De cracher ailleurs que dans les crachoirs disposés à cet effet. Mais on oublie de préciser qu’il portait règlement d'administration publique sur la police, la sûreté et l'exploitation des voies ferrées d'intérêt général et d'intérêt local. Donc cette fameuse interdiction n’avait cours que dans les chemins de fer.

MOI MÉNARD, MAî(T)RE DE BÉZIERS

La blouse aux armes de la cité a donc été distribuée à l’école privée Sainte-Madeleine.

Par le maire lui-même comme il se doit !

MOI MÉNARD, MAî(T)RE DE BÉZIERS

Quand il n’y a pas sa binette, il s’auto-félicite pour avoir eu l’idée géniale de fonder une mutuelle, il s’auto-cite dissertant sur la devise de la République, avec d’ailleurs une vision de la Fraternité assez affligeante  (elle suppose l’appartenance à un même groupe ! négation même de la portée universelle de cette devise), il fustige enfin la décision déshonorante prise par la ministre de l’éducation nationale de supprimer la « bourse au mérite ».

MOI MÉNARD, MAî(T)RE DE BÉZIERS

La quintessence de l’autolâtrie du personnage est d’abord dans le titre « On parle de Béziers dans les médias » avec un Robert Ménard qui s’intercale.

Puis dans la complaisante auto-célébration où même la TV de la République tchèque est convoquée.

Puant !

MOI MÉNARD, MAî(T)RE DE BÉZIERS

Entre Alfa et Robert, le plus cabot des deux n’est pas le quadrupède.

Et c’est sans vergogne que Robert Ménard exploite une catastrophe dans une commune voisine pour une fois de plus se mettre en relief.

MOI MÉNARD, MAî(T)RE DE BÉZIERS

Question mettre son empreinte, Ménard a mis son empreinte en instaurant une messe aux arènes pour lancer la féria de Béziers qui s'en était passée jusqu'alors.

"Afin de rendre [cette fête] aux Biterrois, nous avons décidé d'ouvrir au public la messe aux Arènes du 13 août". écrit-il. Phrase empreinte d'un saint mystère : des hordes impies confisquaient-elles cette féria au détriment des pieux biterrois ?
Les toros ont-il eu droit à une bénédiction avant les corridas par l'aumônier des Arènes de Béziers ?
Pour ceux qui n'auraient pas compris le sens de cette initiative, le premier édile a déclaré :« Il faut arrêter de baisser le pantalon. On nous parle tout le temps des mosquées, et dès que nous on organise une messe chrétienne il y a un scandale. Non. On est dans un pays chrétien. »
 
Il a dû échapper au petit homme que nous sommes dans un pays où, depuis 1905, est instaurée la séparation des églises et de l'état.

 

 

MOI MÉNARD, MAî(T)RE DE BÉZIERS

« Libérer la parole » ose-t-il écrire ! Car figurez-vous que Zemmour qui est invité partout sur les étranges lucarnes est privé de la liberté de parole.

Ce héraut de la pensée putride a son rond-de-serviette à I-Télé. Il sévit sur RTL. Il a colonnes ouvertes au Figaro. La sortie de son nouveau torche-cul a donné lieu à une tournée promotionnelle sur toutes les télés. Eh bien ! pour Ménard sa « liberté de parole » est en danger ! Et donc, aux frais de la municipalité, il va le recevoir en grandes pompes, pour faire la promo de sa daube mensongère.

 

Et après, les pauvres biterrois auront droit à notre neu-neu du bocage, le tovaritch-Vicomte Le Jolis du Villiers de Saintignon.*

 

Faut-il rappeler que le hargneux personnage n'a été élu qu'à une majorité relative dans une triangulaire et qu'il est d'une arrogance des plus anti-démocratiques quand il entend être la voix de tous les biterrois et leur imposer ses foucades et son idéologie des plus rances ?

 

* Voir une vidéo de ce passage chez Bobby-le-moisi

 

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 17:07
Konstantin Malofeev, le bigot

Konstantin Malofeev, le bigot

Si l’agité du bocage, de Villiers, a étonnamment déclaré « je ne suis pas croyant », son associé russe, Konstantin Malofeev est lui du style « vieux croyant ». Il a joué un rôle affiché en Crimée et deux de ses anciens collaborateurs ont été derrière la création d’une république auto-proclamée de Donestk ! Un drôle de paroissien ce Malofeev.

 

Or donc, le groupe Puy du Fou International SAS et l’homme d’affaires Konstantin Malofeev ont eu signé un accord pour la création d’un parc à thème historique en Russie. Le parc s’installera sur 300 hectares, le montant global des investissements s’élèvera à 18 milliards de roubles (380 millions d'euros). Et déjà est envisagée un second parc en Crimée.

 

Une Crimée que l’oligarque Malofeev connait bien, puisqu’au plus fort de la crise qui allait aboutir à son annexion par Poutine, il débarquait à Sébastopol, sur la zone de guerre, fin janvier, avec le patriarche russe accompagné de reliques séculaires, "un vrai miracle" ! Deux de ses anciens employés, qui ont sévi en Crimée, Alexandre Borodai et Igor Gikin, vont se retrouver l’un premier ministre de la république auto-proclamée de Donestk et l’autre chef militaire des séparatistes. Et leur ex-patron est plus que soupçonné de "financement illégal de groupes armés et d'actions terroristes" plus ou moins liés au tir de missile ayant abattu le vol MH17. L’union européenne l’a placé sur liste noire. Ce qui a provoqué la réaction indignée du neu-neu : "les sanctions contre Konstantin Malofeev ne sont fondées que sur un délit d'opinion, on lui reproche des déclarations sur son amour de la Russie, l'Union européenne est revenue au temps de la Terreur et les insinuations derrière ces sanctions sont de pures calomnies". La Terreur, pas moins.

 

Bizarrement, le holding financière qu’il dirige - Marshall Capital Partners - porte un nom très états-unien, puisqu’il évoque le fameux plan Marshall, que les vieux croyants, mais cocos cette fois, dénonceraient encore comme symbole de l’impérialisme yankee, que combat le Vendéen farouche ! Mais l’homme d’affaires a aussi lancé une école privée traditionnelle puis une fondation, les deux vouées à Saint-Basile-le-Grand. Et ce fervent adepte de la pure foi orthodoxe créationniste rejette les diaboliques thèses de Darwin sur l'évolution.

 

SUS AU GAY

  Et pour ce nouvel Alexandre Nevski, les chevaliers teutoniques à abattre sont les sataniques homosexuels du lobby gay. Ainsi a-t-il provoqué à Vienne, une réunion secrète anti-gay, où, si l’on en croit Austrian Times, outre Heinz-Christian Strache, président (Bundesparteiobmann) du Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ : Parti de la liberté d'Autriche) parti fondé par Jörg Haider, le peintre monarchiste Ilja Glasunow, on aurait trouvé la petite Marion Marechal-Le Pen (ce que dément Aymeric Chauprade – élu européen F-Haine), Volen Siderov chef d’Ataka, parti fasciste affiché de Bulgarie, mais surtout Alexandre Douguine, le chantre des racines hyperboréennes et surtout de l’eurasie. Ce fut la guest star de cette réunion dont l’objet officiel était « l'avenir des valeurs fondamentales de la civilisation chrétienne en Europe, comme la famille ».

 

EURASIA

Ce Douguine mérite qu’on s’y attarde un peu, car ses théories fumeuses inspirent à l’évidence le maître du Kremlin, Poutine. Dans les années 90, il a frayé avec Alain de Benoist et Robert Steuckers, chantres à l’époque d’une nouvelle droite nationaliste. Avec Limonov, il crée un parti national-bolchevique, pour prôner une révolution conservatrice. Mais c’est sa théorie eurasiste qui en fait tout le charme : l’identité russe est née d’une fusion originale entre les éléments slave et turco-musulman, la Russie constitue un « troisième continent » situé entre l’Occident (dénoncé comme matérialiste et décadent) et l’Asie. Dans sa géopolitique délirante l’Occident, là où le soleil se couche, représente le déclin, la dissolution, l’Eurasie représente la renaissance, c’est le pays des dieux, puisque c’est là que le soleil se lève*. Il faut donc constituer un grand bloc continental eurasien pour lutter contre la puissance atlantiste maritime, figure du mal mondial. Il a fondé un Mouvement social politique pan-russe Eurasia qui compte dans ses dirigeants le Mufti suprême de Russie, Talgat Tadjouddine, ainsi que des officiels bouddhistes et juifs (notamment le rabbin hassidique Avraam Chmoulevitch, dirigeant du mouvement Beat Artzein). Lui-même s’est fait rebaptiser chez les « vieux croyants » - staroodbriadtsy- branche ultra-traditionaliste de l’orthodoxie. Bigots de toute religion unissez-vous !

 

On comprend mieux que le chantre de Charrette, le national-catholique du bocage, notre Vicomte Le Jolis de Villers de Saintignon ait des atomes crochus avec l’oligarque intégriste. Et on peut donc tout craindre quant à la vision de l’histoire de la Russie que les deux associés comptent présenter dans leurs futurs parcs. Pour autant qu’ils se fassent…

 

 

 

* Apparemment, ce Douguine ne s’est pas aperçu que la terre est ronde et que l’est et l’ouest sont, si l’on peut dire, mobiles, c'est-à-dire relatifs. Si Paris est à l’ouest de Moscou, il est à l’est de Nouillorque et ainsi de suite…

 

Voir aussi une note de Marcin Rey sur la famille de Villiers en Russie

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 16:34
Le F_Haine a voulu interdire un spectacle à La Roche-sur-Yon

Brigitte Neveux, candidate FN aux municipales, appelle à manifester ce jeudi, 20/02/14, à 19 h 30, devant la scène nationale contre la représentation du spectacle Tragédie, d'Olivier Dubois. Une chorégraphie où les danseurs évoluent, nus, sur le plateau : « Le théâtre du Grand R est financé par la ville de La Roche au travers de l'association du Grand R, donc par les impôts des Yonnais. Toute personne peut avoir ainsi l'opportunité de venir contester les choix dits « cul-turels » de la mairie et revendiquer la mise en place d'un répertoire non limité aux choix de créateurs décadents se revendiquant hypocritement de la culture. »

Serait-ce atteindre le point Godwin que de noter que ces créateurs décadents font fâcheusement penser à l'art dégénéré fustigé par le nazisme ?

Le F_Haine a voulu interdire un spectacle à La Roche-sur-Yon

Pour ceux qui l’ignoreraient La Roche-sur-Yon est le chef-lieu de la Vendée. Le F-Haine était, naguère, peu présent car de Villiers et son parti (MPF) siphonnaient les voix d’extrême-droite. La retraite politique (toute relative d’ailleurs, on le voit avec sa polémique sur les acteurs bénévoles*) du super neu-neu du bocage a laissé de l’espace aux « bleu-Marine » et leur éternelle candidate, totalement incompétente au demeurant, espère faire un score moins ridicule que du temps du Vicomte.

 

Pas à un paradoxe près, alors que le vieux Le Pen défend la liberté d’expression en faveur de Dieudonné, le F-Haine vendéen s’en prend donc à un spectacle de danse présenté en 2012 au 66e Festival d’Avignon. Le syndrome « Tous à poil » a dû encore frapper : neuf femmes et neuf hommes nus en scène, so shocking ! Oh ! cachez-moi ces corps que je ne saurais voir. Mais Madame la tartuffe, nul n’est obligé d’aller voir ce spectacle.

A voir en plein écran

D’autant que, contrairement à ce que cette ignare imagine, ce n’est pas de la gaudriole. « A l’instar de Nietzsche, Olivier Dubois interroge d’un côté le rêve, pulsion proprement apollinienne et de l’autre l’ivresse, pulsion dionysiaque. Apollon, c’est la contemplation sereine du rêveur. Le dieu de l’individualité, de la mesure, de la conscience. Dionysos lui, incarne le principe contraire et nie toute forme d’individualité. Il célèbre, sauvagement, avec sa malléabilité extraordinaire, la réconciliation de l’homme avec la nature, s’oubliant à l’intérieur du tout cosmique, n’existant plus dans son état individuel. » nous explique un critique. « Olivier Dubois dit vouloir faire surgir de ce grand rassemblement une «humanité», un vivre ensemble. Ça marche. Et l’on ne peut que remercier les danseurs de leur confiance absolue dans le projet, eux qui ressortent du spectacle comme d’un cataclysme, ne réalisant pas ce qu’ils viennent d’offrir. Secoués, ils ont laissé tomber les masques, ceux grimaçant qui lors d’une péripétie les défigurent, et forment ce chœur si cher à la musique.(…) Dans le crescendo, le répétitif, l’énervement, l’épuisement, la jouissance, Olivier Dubois signe avec Tragédie son Sacre du printemps, ou bien son Boléro. » Marie-Christine VERNAY (envoyée spéciale de Libé à Avignon 2012).

 

 

Olivier Dubois est évidemment stupéfait de cet appel à interdiction. Comme il l’exprime dans Ouest-France.

Article 20/02/14 (cliquer pour agrandir)

Article 20/02/14 (cliquer pour agrandir)

Jusqu’à présent, sauf erreur, le F-Haine laissait le soin à des groupuscules cagots, style Civitas ou Agrif – parfois appuyés par des intégristes musulmans – de jeter l’interdit sur une œuvre (Piss-Christ), une exposition, une pièce de théâtre. Mais, Copé jetant l’interdit sur un livre pour enfant autorise toutes les surenchères politiques, dans l’espoir de capter l’électorat bigot. Le F-Haine n'allait pas, dans l'interdit, se laisser déborder par la droite décomplexée !

 

 

 

 

 

 

* Aurélie Filippetti a dénoncé vendredi 7 février les mensonges diffusés à des fins politiciennes, notamment par de Villiers, qui menace de stopper ses spectacles du Puy-du-Fou. Alors que le Ministère s'emploie à développer et valoriser la pratique artistique en amateur, source incomparable de lien social, de développement personnel et de valorisation des territoires. Il ne s'agit en aucune façon ni de limiter le bénévolat, ni, a fortiori, de l'interdire, mais bien au contraire de permettre son rayonnement et sa sécurisation juridique au regard du Code du travail. Contrairement aux allégations de certains, le texte précise que l'artiste amateur ne perçoit pas de rémunération. Il légitime le recours aux artistes amateurs bénévoles en autorisant leur présentation dans le secteur lucratif, comme c'est le cas au Puy du Fou et dans d'autres manifestations de ce genre.

Ouest-France 20/02/14 (cliquer ^pour agrandir)

Ouest-France 20/02/14 (cliquer ^pour agrandir)

En guise de postface, l'article rendant compte de la squelettique manif des F-Haineux vendéens;

Ouest-France 21-02-14

Ouest-France 21-02-14

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