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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 22:20
Une nébuleuse d’associations pompes-à-phynances !

SOS Éducation visée par la Cour des comptes

En février 2011, j’avais commis un article sur une scandaleuse intervention du Président de l’époque dans une affaire criminelle et sur un une association intitulée Institut pour la Justice.

Une nébuleuse d’associations pompes-à-phynances !

La cour des comptes vient enfin de jeter un coup d’œil sur les comptes d’une association cousine, SOS Education. Elle pourrait étendre ses investigations à toute la nébuleuse.

Je reprends ici leur description faite en 2011.

Mais qu’est donc cet IPJ ?

  

En fait, cette officine s’inscrit dans toute une nébuleuse de prétendues associations dont l’activité première est la levée de fonds à l’étatsunienne, plus ou moins liées à une famille, la famille Laarman, dont la spécialité est le publipostage ou la location de fichiers d’adresses postales ou électroniques. Derrière la diversité apparente des buts, le même esprit (?) souffle.

- dénonciation de la charge fiscale : contribuables associés

- dénonciation de la pornographie : avenir de la culture

- dénonciation des régimes spéciaux de retraite : sauvegarde retraites

- dénonciation de l’IVG : droit de naitre

- dénonciation de prétendues dérives éducatives : SOS éducation


- dénonciation des charges des petites entreprise : le GEFI (mais il semble avoir fait long feu)

 

- dénonciation du laxisme Judiciaire : l’Institut pour la Justice.

Une nébuleuse d’associations pompes-à-phynances !

Un site, cocassement intitulé SOS justice, démonte le système de levée de fonds massive, à partir de l’exemple de SOS éducation*. Les frais de propagande et d’appels aux dons s’élevaient à 1,5 Millions d’euros en 2008 dont plus de la moitié en frais de timbres ! L’outil utilisé dans les courriers était le référendum-bidon à retourner avec un don, les pétitions sur un fait-divers provoquant l’émotion. Les cibles triées sur les fichiers de sociétés appartenant V. Laarman, impliqué dans ces associations. Le rendement serait de 2 € pour 1 € investi.

 

IPJ utilise, aussi, la méthode moins coûteuse de la « chaîne »  par courriel, puis de la relance a partir des adresses électroniques recueillies dans les pétitions ou des réponses à son « référendum ». Et il bénéficie de l’appui de « Nouveau détective », une feuille spécialisée dans les faits-divers sordides dont l’authenticité est souvent douteuse.

 

Il semble que derrière toutes ces associations pompes-à-phynances, il y ait TFP sigle qui ne met pas en avant le Travail, mais la Tradition, qui parle bien de Famille, pas de Patrie mais de Propriété. D’origine Brésilienne, elle a donné directement naissance à Droit de Naître et à Avenir de la culture. TFP pratique aussi le publipostage ciblé, avec, en prime de l’appel aux dons, une médaille miraculeuse de la vierge ! Elle fut considérée comme une secte en 1995.

Bien que l’église officielle se défie de TFP, son satellite Avenir de la culture comptait en 1997, dans son comité d’honneur, un Abbé Julien Bacon, un Mgr Guy d'Inguimbert (prélat domestique -sic- de Sa Sainteté), mais aussi Régine Pernoud, le Comte Olivier d’Ormesson, Michel Mohrt et René Huyghes de l’Académie, sans oublier quand même Raymond Gauvrit (président de Terre de Vendée).

Assez étonnamment, a priori, ce sont des « catholiques de tradition et engagés dans le combat contre la décadence » qui dénoncent ces associations au fonctionnement complètement opaque, mais aux finances considérables (SOS éducation aurait 5 M d’euros d’actifs nets, si l’on en croit SOS justice). Mais pour eux, elles pompent des fonds, qui auraient dû revenir à des associations plus orthodoxes. Ainsi Droit de naître, bien que proche de la sainte pensée du bienheureux Professeur Lejeune, leur semble se contenter d’actions symboliques et surtout se consacrer à lever des fonds pour pouvoir encore plus lancer des publipostages de levée de fonds…

Je concluais en 2011 qu’il était assez étonnant que toute cette nébuleuse, inspirée notamment par un certain Nemo, prétendument philosophe – mais l’appellation est très galvaudée qui qualifie Redecker, Maschino, Finkielkraut, Onfray, etc. – qui prônerait une pensée libertarienne, ne fasse pas l’objet d’une enquête approfondie sur l’utilisation des sommes fabuleuses qu’elle encaisse dans ses succursales.

* SOS éducation s'est distinguée, entre autres, par un appel à la délation des parents à l'encontre des instits qui n'utiliseraient pas la "méthode syllabique" d'apprentissage de la lecture.

On peut consulter ses comptes officiels : on y constate notamment qu'il est impossible de distinguer cotisations (donc membres) de dons, mais que vu la modestie de la ligne consacrée à l'achat de cartes annuelles (132€), le nombre d'adhérents doit aussi être très modeste.

 

Pour compléter Luc Cedelle : L'ultra-vérité sur SOS éducation

 

 

Le rapport de la cour des comptes

 

Image empruntée à France Inter

Image empruntée à France Inter

Ce vœu émis en 2011 a donc reçu un début de réalisation avec le rapport sur SOS Education de la Cour des Comptes. Un rapport qui confirme donc qu’on a affaire à une entreprise de détournement de dons, donc d’argent public par le biais des reçus fiscaux.

Il confirme tout ce que ce SOS Justice avait pointé. Alors que l’association s’est constitué un fichier de centaines de milliers de donateurs, seuls les "membres participants" (entre trois et sept personnes), qui versent une cotisation annuelle, sont convoqués aux assemblées générales et peuvent donc siéger au conseil d’administration et au bureau de l’association.

J’avais déjà noté ce type de fonctionnement avec une Ligue de défense des conducteurs qui ne recueillait que 90 € de cotisations contre largement plus d’1 million de dons.

Une nébuleuse d’associations pompes-à-phynances !

Les nombreux appels aux dons s’appuient sur un prétendu ‘référendum national’ appelant à réformer l’école ou sur des pétitions. Mais les rapporteurs notent que le référendum n’a jamais été exploité et, plus cocasse encore, que sur les 28 pétitions lancées seules 7 ont été envoyées à leurs destinataires. Vulgairement parlant, les donateurs se sont fait couillonner.

Evidemment ces dons ne restent pas inemployés. Nombreux retraits en espèces sans justificatifs, dépenses étrangères aux missions sociales affichées par l’association (restaurants, spectacles, taxi, chauffeur privé), prestataires jamais mis en concurrence… Les magistrats financiers constatent "des défaillances dans l’engagement des dépenses" avec une "gestion des frais" qui "se limite à une validation des factures". "Les rares informations diffusées dans les rapports d’activité ne permettent pas aux donateurs de connaitre précisément l’emploi qui est fait de leurs dons".  

L'or s'évapore

L’association a 3 millions de réserve, dont 230 000 euros de lingots et de pièces d’or achetés après la crise financière de 2008. Un coffre a été loué dans une agence bancaire pour conserver ce magot. Mais l’association a été incapable de préciser aux magistrats où se trouvaient 90 000 euros d’or absents du coffre. L’association étant déficitaire, sur le papier, le nombre d'employés a diminué (passant de douze à six), mais la masse salariale a augmenté : autrement dit les salaires ont, en moyenne, doublé pour les heureux restants ! S’y ajoutent dons et bourses accordés à des associations proches et des frais d’avocats somptueux.

Soutien à FILLON et copains avec BLANQUER

Cette association prédatrice, cerise sur son gâteau putride, s’est engagée dans la primaire de la droite, avec 90 000 € au bénéfice de Fillon : le plaidoyer de la présidente de SOS Education, en faveur du sarthois, est un condensé de droite rance. On notera que Jean-Michel Blanquer, juste nommé ministre de l'Education nationale, avait accordé un entretien  à l'association SOS Education qui vise « les pédagogistes et les syndicats », où il y exposait sa vision de l'éducation et ce qu'il comptait entreprendre au ministère. Entretien qui a mystérieusement disparu du site de l’association. En revanche, dans le Figaro, une lettre ouverte extatique lui était adressé.

Dernier point, et qui concerne toutes ses associations bidons qui se font du gras sur les dons des gogos, SOS Education, délivre un reçu fiscal à ses donateurs pour qu’ils bénéficient d’une déduction d’impôt de 66 %... contre l’avis du fisc qui considère depuis 2007 qu’elle n’en a plus le droit.

Ce n’est qu’un début : il serait temps que la cour des comptes s’attaque aux autres associations de cette nébuleuse, toutes plus ou moins liées à Vincent Laarman. Et à quelques autres qui se sont inspirées de ces méthodes… Temps aussi que le fisc fasse son boulot en récupérant l’argent détourné. Temps même que la justice soit saisie, car l’escroquerie est patente.

Sur le rapport de la cour des comptes je me suis largement inspiré de la synthèse de France inter : Les étranges pratiques de SOS Éducation pour récolter des dons épinglées par la Cour des comptes

ANNEXE : présentation du rapport

Association SOS Éducation

COUR DES COMPTES 29.10.2020

 Créée en 2001, SOS Éducation se présente comme « une association militante […] œuvrant en toute indépendance pour que l’école transmette à chaque enfant les savoirs fondamentaux et le goût de l’excellence ». Elle indique « être totalement transparente sur son financement » et « financée exclusivement par la générosité de ses membres ».
A l’issue de son contrôle et dans la limite de ses investigations et des informations disponibles, la Cour déclare que les dépenses de l’association sur les exercices 2013 à 2018 n’ont pas été conformes aux objectifs poursuivis par l’appel public à la générosité.

 Sur la période 2013-2018, les dons reçus par SOS Éducation se sont élevés en moyenne à 1,38 M€ par an, représentant 88 %, soit l’essentiel de ses ressources. Après avoir compté 60 000 donateurs et reçu 3 M€ de dons en 2008, l’association a connu, entre 2013 et 2018, une forte baisse du nombre de ses donateurs et du montant de la collecte, ce qui l’a conduit à enregistrer, à partir de 2014, des résultats déficitaires. Elle conserve toutefois des réserves supérieures à 3 M€ au 31 décembre 2018.

Lors de son contrôle, la Cour a constaté que :

  • les statuts de l’association organisent une gouvernance restreinte à un petit nombre de « membres participants » (entre trois et sept sur la période). Les donateurs et sympathisants (entre 40 000 et 80 000 selon l’association), dits « membres actifs », ne sont pas admis à participer aux assemblées générales, ni à siéger au conseil d’administration. Ils ne sont donc pas en mesure d’exercer un contrôle sur la gestion de l’association ;

  • l’activité principale de SOS Éducation consiste à diffuser de façon massive des publipostages par voie postale (près d’un million de courriers diffusés chaque année en moyenne entre 2013 et 2018) et électronique, qui incluent systématiquement un appel à don mentionnant l’avantage fiscal qui y est attaché. Or, en dehors de l’encaissement des dons, l’association donne très peu de suites opérationnelles à ses actions : plus de la moitié des publipostages envoyés sur la période contrôlée proposaient à leurs destinataires un « référendum national » pour l’école, mais aucun n’a fait l’objet d’une exploitation, de quelque nature qu’elle soit. 28 « pétitions » ont également été proposées, dont un quart seulement a été exploité. Il apparaît ainsi que, sous couvert d’une sensibilisation aux problèmes de l’école, les publipostages ont pour but principal, sinon unique, de collecter des dons ;

  • le compte d’emploi des ressources de l’association ne reflète pas la réalité de l’utilisation des dons. Les dépenses engagées pour les publipostages sont présentées dans le compte d’emploi comme relevant à hauteur de 85 % des missions sociales, alors qu’elles devraient en réalité être considérées comme des frais de collecte, représentant dès lors plus de la moitié des dons reçus ;

  • l’essentiel des opérations relatives à la diffusion des publipostages et à la collecte des dons a été délégué à des prestataires immuables, sans mise en concurrence, et dont plusieurs sont liés à SOS Éducation, ses fondateurs ou ses dirigeants ;

  • en dehors de l’envoi de publipostages, les actions conduites par SOS Éducation (rencontres avec des décideurs politiques, organisation de colloques et  conférences, ateliers de formation destinés aux enseignants, édition de livres, attributions de bourses au demeurant dans des conditions contestables) paraissent limitées ;

  • enfin, pendant la période contrôlée, une partie des moyens de l’association a été employée à des fins éloignées de ses missions sociales.

Ces constats conduisent la Cour à attester, en application des dispositions de l’article L. 143-2 du code des juridictions financières, de la non-conformité des dépenses engagées par l’association SOS Éducation au cours des exercices 2013 à 2018 aux objectifs poursuivis par l’appel public à la générosité.

 

RAPPORT COMPLET téléchargeable

Pour compléter :

 

Derrière SOS Education, le business de la santé naturelle

 

Enquête |

Après avoir lancé des associations utilisant des techniques marketing pour récolter des dons autour de l’éducation et de la justice, Vincent Laarman a créé une société spécialisée dans les conseils de santé "alternatifs". Enquête sur un parcours atypique, et des méthodes qui ne le sont pas moins.

Vincent Laarman, le fondateur de l’association SOS Éducation (dont la gestion des dons vient d’être épinglée par la Cour des comptes) et de l’Institut pour la justice est aujourd’hui à la tête d’un lucratif business autour de la santé naturelle, qui s’appuie sur une maison d’édition baptisée Santé Nature Innovation.  

"La méthode de Vincent Laarman est simple, résume la journaliste indépendante Clémence de Blasi. Il lance une association sur une cause qui émeut les gens, puis il fait signer des pétitions ouvrant ainsi la porte à d’autres sollicitations sur d’autres causes où l’on est fortement incité à faire des dons." 

 

[Il est inspiré par] son ancien professeur à l’École supérieure de commerce de Paris (ESCP) : Philippe Nemo, qui prône un système scolaire à la carte, indépendamment de l’État. Ce professeur de philosophie a publié en 1991 un ouvrage au titre choc : Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry ? (Grasset, 1991). 

"Ce livre explique que l’objectif pensé, organisé, planifié de l’Éducation nationale depuis le départ est d’essayer de faire en sorte que les enfants soient le plus ignorants possibles, soutient Vincent Laarman à plusieurs de ses collaborateurs en juillet 2017. S’il y a des problèmes de discipline à l’école, si les enfants sont de plus en plus illettrés (…) ce n’est pas parce que l’Education nationale marche mal. C’est en fait parce qu’elle marche très bien ! Mieux elle marche plus les enfants deviennent violents et ignorants", explique Vincent Laarman qui a fait sienne cette analyse. 

Sur la justice aussi, l’homme a des idées bien arrêtées : "Le système judiciaire français est organisé pour favoriser la délinquance en France", affirme-t-il encore à ses collaborateurs lors de ce séminaire de formation. 

C’est ce que Vincent Laarman appelle "des idées contrariennes", qui vont à l’encontre du sens commun. 

Son deuxième inspirateur est son oncle François (décédé en 2009), créateur de l’association très anti impôts Contribuables associés et soutien du très libéral think tank IFRAP. François Laarman initie son neveu au concept d’"associations entreprises" organisées en réseaux et aux techniques de marketing direct utilisées par les conservateurs américains dès les années 1960. 

Son troisième "mentor" est un proche de son oncle : l’américain, Bill Bonner, fondateur de la société Agora Inc., spécialisée dans la publication de lettres financières. 

 

[En 2012], François Laarman crée une maison d’éditions : Les nouvelles publications de la santé naturelle, qu’il rebaptise ensuite Santé Nature Innovation (SNI). 

L’objectif est simple : envoyer de longues lettres par mail écrites de manière très percutante pour convaincre les lecteurs de s’abonner à des publications consacrées au bien-être, ou acheter des programmes et des produits, comme des compléments alimentaires vendus par des structures partenaires de sa société. Le succès est fulgurant : "Ça s’est passé à la puissance 100 par rapport à ce que j’avais prévu", reconnait Vincent Laarman.  

"Vous êtes dans une jungle où se cachent des serpents venimeux" 

Pour inciter ses lecteurs à s’abonner à ses publications, Vincent Laarman (qui utilise régulièrement le pseudonyme "Jean-Marc Dupuis") utilise des techniques venues des Etats-Unis. 

Parmi elles, le copywriting ("rédaction publicitaire")  : on envoie de longues lettres qui permettent d’accrocher l’attention du lecteur en lui laissant régulièrement entendre "qu’on lui cache des choses"

C’est notamment le cas dans ce message envoyé le 10 septembre 2017 par Jean-Marc Dupuis alias Vincent Laarman, à propos d’un traitement contre le cancer. Il commence par ces lignes : 

"Cher lectrice, cher lecteur, 

Ce message est clairement le plus dangereux que j’ai jamais écrit. Mon site internet pourrait être fermé. La police pourrait débarquer. Je le sais. Mais c’est si important que je prends ce risque inouï. Personne n’ose en parler ouvertement mais vous avez droit à la vérité sur la chimiothérapie. Vous avez le droit de savoir quand la chimio est bonne et quand elle fait plus de dégâts que de bienfaits. Vous avez le droit de savoir pourquoi beaucoup de médecins refuseraient pour eux-mêmes les traitements qu’ils conseillent aux patients." 

Et plus loin : 

"Vous êtes comme dans une jungle où se cachent des serpents venimeux, des fauves mêmes qui se moquent de votre santé. 

Vous ne pouvez même pas faire complètement confiance à la cancérologie "officielle" qui, elle aussi, est liée au "business" de l’industrie pharmaceutique !" 

Lors de sa discussion avec ses collaborateurs en juillet 2017, Vincent Laarman assume l’utilisation de telles techniques : 

"À ceux qui me disent : ‘C’est n’importe quoi, c’est la théorie du complot, vous exagérez, c’est du populisme.’ Je leur réponds : ‘Je vous emmerde.’ C’est notre manière de fonctionner, je l’assume parfaitement. Dire aux gens qu’il y a un complot même si c’est pas vraiment un complot, c’est de la forme ! Les gens le savent très bien. C’est comme lorsqu’ils voient dans Voici : ‘Claire Chazal : son nouveau compagnon’, et qu’ils apprennent en achetant le journal que son compagnon… c’est son nouveau cocker. Ce sont des modes de communication." 

Plusieurs frères de Vincent Laarman travaillent avec lui en Suisse. En 2017, son épouse a créé une école privée "d’esprit chrétien et de culture classique" située dans le quartier Mont-Olivet, à Lausanne. 

Baptisée Institut du Mont-Pèlerin, elle affiche la devise latine : Ad verum et bonum, "Vers le vrai et le bon." Selon nos informations, l’épouse de Vincent Laarman a bénéficié d’une avance de trésorerie de Publishing Factory liée à son mari pour créer cette école. 

Il subsiste toujours des passerelles entre SOS Education et Vincent Laarman. Ainsi l’actuel président de SOS Education, Sylvain Marbach, a travaillé à Santé Nature Innovation (de juillet 2014 à juin 2016) et à Publishing Factory (de juillet 2016 à juin 2017). Il est aujourd’hui à la tête d’une association qui dit vouloir protéger les enfants des dangers des écrans. 

Extraits

FRANCE CULTURE 30/10/2020

 

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 15:55
Nicolas CADENE, rapporteur de l’Observatoire de la Laïcité, victime d’attaques calomnieuses et sectaires

L’horrible assassinat d’un professeur d’Histoire-géo va-t-il être le prétexte à une éviction du rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité ?

Nicolas CADENE, rapporteur de l’Observatoire de la Laïcité, victime d’attaques calomnieuses et sectaires

Si on en croit Le Point un « on » anonyme estime qu’il s’occupe plus de dénoncer les stigmatisations des musulmans que de défendre la laïcité ! Etonnante conception de la laïcité qui s’accommoderait donc de stigmatisations que ce soit des musulmans ou d’autres. Et évidente calomnie puisque Nicolas Cadène, avec rigueur et conviction, rappelle les fondements de la laïcité et leur traduction dans la vie des entreprises, des administrations, etc. et inlassablement anime des formations à la laïcité dans toute la France.

Il est peu probable que Mme Schiappa, citée par Le Point soit à l’origine de cette cabale : elle va dans le sens du vent. Inutile de dire que la faux Printemps prétendument républicain est à la manœuvre. Mais, en revanche, il est probable que Blanquer, qui avait déjà délibérément attaqué N. Cadène sur une note technique sur le SNU, et qui ne cache pas sa sympathie pour les thèses liberticides du Printemps républicain, appuie l’offensive anti-Cadène et, en fait, anti Observatoire de la laïcité.

Pour appuyer cette tentative de liquidation, inutile aussi de dire qu’on trouve évidemment Caroline Fourest et Manuel Valls à qui aucune outrance ne fait peur !  

Espérons que la réaction des grandes associations authentiquement laïques, elles, que sont la LDH, Solidarité laïque, la Libre pensée et la Ligue de l’enseignement, mettra un coup d’arrêt aux agissements de cette cabale.

 

Pour compléter :

Soutenons l'Observatoire de la laïcité

 

Soutenons l’Observatoire de la laïcité
Par Un collectif d’universitaires — 20 octobre 2020 à 19:19

Monsieur le Président de la République,


Alors que la France est secouée par un attentat islamiste, des universitaires appellent les pouvoirs publics à soutenir l’institution dirigée par Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène. Ils estiment qu’elle mène un travail de terrain essentiel dans son domaine.

Notre pays continue d’être secoué par des attentats islamistes, événements dramatiques qui, tout à la fois, peuvent rapprocher les Français et nourrir des antagonismes identitaires. Le dernier acte de ce terrorisme a visé le cœur même de la République, à savoir l’école laïque. Un professeur de collège est mort alors qu’à travers son enseignement moral et civique, il participait à la construction de la citoyenneté. Cet assassinat ne doit pas nous diviser mais au contraire, comme vous l’avez souligné, nous conduire à faire bloc contre la barbarie.

Dans l’adversité, alors que les angoisses légitimes des Français peuvent conduire à des confusions qui renforceraient l’adversaire, nous croyons qu’il importe de garder recul et équanimité. C’est à cette condition que l’Etat de droit républicain sera préservé dans ses principes fondamentaux de liberté, d’égalité et de fraternité. Nous voudrions, à cet égard, en tant que chercheurs et universitaires travaillant sur la laïcité, les libertés publiques, les phénomènes religieux et les fondements symboliques du lien social, exprimer notre total soutien à Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, et à Nicolas Cadène, rapporteur général, qui, durant tous ces événements, ont su et savent encore, avec si peu de moyens, assurer contre vents et marées, en s’élevant au-dessus de toutes les querelles partisanes, les missions fondamentales de l’Observatoire   : fournir des informations objectives remontant du terrain, prévenir et souligner les dérives ­contraires à la laïcité, former et outiller les acteurs de terrain, permettre un dialogue constructif avec les représentants des grandes religions et courants de pensée, et enfin rappeler inlassablement les textes en ­vigueur des lois laïques de la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours, en passant par la loi de 1905.

Travail salutaire
Nous développons des approches disciplinaires distinctes et incarnons des courants variés, parfois très divergents, mais, au-delà de nos différences, nous reconnaissons unanimement le travail ­salutaire de Jean-Louis Bianco et de Nicolas Cadène à la tête de l’Observatoire de la laïcité, tant il est considérable et palpable sur le terrain. Et il est, à notre sens, absolument indispensable que ce travail continue et soit publiquement soutenu par les pouvoirs publics contre les injustes attaques et les tentatives de déstabilisation dont il fait l’objet, en particulier venant – entre autres – de courants identitaires, comme de ceux qui se plaisent à faire de la laïcité un catalogue d’interdits, oubliant qu’elle est d’abord un système de libertés.

Nous vous prions de bien vouloir croire, Monsieur le Président, à l’expression de notre haute considération et de nos sentiments très dévoués.

Signataires : Jean Baubérot, Directeur honoraire à l’Ecole Pratique des Hautes Études (PSL) ; Céline Béraud, Directrice d’études de l’EHESS ; Pascal Bourdeaux, Maitre de conférences à l’Ecole Pratique des Hautes Études (PSL) ; Claire de Galembert, Chargée de recherche au CNRS ; Sébastien Fath, Historien, Chargé de recherche au CNRS ; Franck Frégosi, Directeur de recherche au CNRS, Chargé d’enseignement à Sciences Po Aix ; Stéphanie Hennette Vauchez, Professeure de droit public Université Paris Ouest-Nanterre, Institut universitaire de France ; Farhad Khosrokhavar, Directeur d’études de l’EHESS ; Francis Messner, Directeur de recherche émérite au CNRS, Professeur conventionné à l’Université de Strasbourg ; Philippe Portier, Directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études (PSL), Professeur à Sciences Po Paris ; Florence Rochefort, Chargée de recherche au CNRS ; Pierre Rosanvallon, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’histoire moderne et contemporaine du politique ; Haoues Seniguer, Maître de conférences en science politique, Sciences Po Lyon ; Jean Paul Willaime, Directeur d’études émérite à l’École Pratique des Hautes Études (PSL) ; Michelle Zancarini Fournel, Professeure émérite d’histoire contemporaine, Université Lyon 1 ; Thierry Zarcone, Directeur de recherche au CNRS, Chargé d’enseignement à Sciences Po Aix ; Valentine Zuber, Directrice d’études à l’École Pratique des Hautes Études (PSL).

Extrait de liberation.fr du 20.10.20

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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 15:29

Petite pièce en un acte mais avec beaucoup d’acteurs, dans les rôles principaux, les parents et les élèves, le Ministre et les réacs et en guests stars Decaux, Ciotti, Attal, Pivot, Zemmour, Bern… Un « thread » - un « fil » c’est-à-dire une suite de touittes – d’un certain « Blue sky », alias @tolosamedia2, qui se présente comme « Ex formateur numérique - Histoire - Géographie - Ecriture - Docteur en dialoguevirtuélogie ».

Alain Decaux (en 1979) : On n’apprend plus l’Histoire de France à vos enfants.

Les parents (de 1979) : Quoi ? Comment ? Mais enfin ? C’est quoi ce bordel ?!

Le ministre (en 2017) : On n’apprend plus la chronologie à vos enfants.

Les parents (de 2017) : Quoi ? Comment ? Mais enfin ? C’est quoi ce bordel ?!

Les médias (de 2017, de 2018, de 2019 et même d'avant) : Il y a vraiment un problème avec l’Ecole.

Les profs : Un problème ? Mais il y a toujours un problème avec l’Ecole ! Vous ne vous fatiguez jamais. C’est quoi cette fois-ci ?

Les médias : C’était mieux avant. #GuignolDeFrancisCabrelTribute

Les historiens de l’éducation : Alors, en fait, non !

Les réacs : Taisez-vous, vous ! Vous racontez n’importe quoi.

Les historiens de l’éducation : Mais on n’a même pas commencé à parler.

Les réacs : Eh bien, c’est pas plus mal. Vous alliez encore dire des trucs de gauchiasses mondialisés.

Les historiens : Ah, alors, on ne dit rien.

On n’apprend plus rien à l’école (air connu)

Les élèves : Dis, papy, c’était comment l’Ecole à ton époque ?

Les grands-pères : C’était beaucoup mieux que maintenant. D’abord, on avait des professeurs qui avaient de l’autorité, personne ne serait allé leur mettre un flingue sous le nez, tiens. On se serait pris une baffe et quatre heures de piquet.

Les profs : Ah, ok, alors, vous voulez qu’on cogne les élèves ?

Les parents : Non, mais ça va pas… Tu t’approches à moins de cinq mètres de mon petit chéri et je te colle un procès pour harcèlement !... Détraqué !

Le ministre : Je compte d’ailleurs présenter prochainement mon plan violence. Un plan que nous préparons depuis un bon moment maintenant et que nous présenterons à chaque fois qu’un événement nous donnera l’occasion de la présenter.

Les élèves : Ils vous frappaient, les profs ? C’était pas cool…

Les grands-pères : Tu peux pas comprendre… On avait du respect pour nos professeurs parce qu’ils nous apprenaient des choses importantes, des choses vraies.

Herta : Ils avaient raison ! Ne passons pas à côté des choses vraies.

Les profs : Et faites-nous confiance, on ne laisse pas passer les choses fausses.

Les élèves : Mais ils vous apprenaient quoi ? Nous c’est chiant ! On fait les problèmes des espaces productifs dans la mondialisation, Fahrenheit 231 et la reproduction conforme de la cellule et la réplication de l’ADN.

Les parents : N’importe quoi ! On comprend rien et ça ne sert à rien ! Dites-leur, vous, que ce que vous avez appris c’était mieux.

On n’apprend plus rien à l’école (air connu)

Les grands-pères : Nous on apprenait le sacre de Clovis et le vase de Soissons, les noms des fleuves et des lacs de France et le futur antérieur.

Le ministre : Des savoirs qui font partie de ces fondamentaux que mon passage au ministère aura permis de faire renaître afin que les élèves retrouvent confiance dans leurs savoirs.

Les élèves : Et toi, mamie, tu apprenais quoi ?

Les grands-mères : Moi, je faisais de la couture, de la cuisine et j’apprenais à tenir un budget.

Les élèves : Je ne te demande pas tes loisirs, mais ce que tu faisais à l’Ecole.

Les grands-mères : Mais c’est ce que je faisais à l’Ecole… Et ne crie pas, je ne suis pas sourde !!!

On n’apprend plus rien à l’école (air connu)

Les historiens de l’éducation : On voit bien que…

Les réacs : On ne voit rien du tout. Tout ça c’était des savoirs utiles. Et, le fait que tout le monde porte un uniforme évitait que les jeunes fassent n’importe quoi !

Les élèves : Tu avais un uniforme, toi, papy ?

Les grands-pères : Mais oui, une belle blouse bleue…

Les grands-mères : Elle n’était pas bleue, elle était verte…

Les grands-pères : Elle était bleue, je m’en souviens quand même.

Les grands-mères : Non, quand tu venais me retrouver à la sortie, je voyais bien qu’elle était verte.

On n’apprend plus rien à l’école (air connu)
On n’apprend plus rien à l’école (air connu)

Les élèves : Vous ne vous souvenez plus ?

Les grands-pères : Bien sûr que si on se souvient… De tout, on se souvient, tiens, vas-y… Donne-moi un département et je te donne la préfecture et les sous-préfectures…

Les élèves : L’Essonne ?

Les grands-pères : Quoi ? C’est quoi ce truc, ça existe pas…

Les grands-mères : De toutes façons, elle était verte sa blouse… Et c’était même pas un uniforme d’ailleurs parce que la sienne, elle était vert sombre et en coton alors que celle de Marius Santony elle était vert pomme et en tergal.

On n’apprend plus rien à l’école (air connu)

Eric Ciotti : Voilà ! L’uniforme, c’était essentiel pour l’unité de la nation.

Gabriel Attal : Vous avez vu celui que j’ai dessiné pour le SNU ?

Les médias : Enfin, le retour de l’uniforme !

Stéphane Bern : C’est beau !...

Le ministre : Dans ma loi de la confiance, il n’y a pas malheureusement l’uniforme mais il y a les drapeaux et les paroles de la Marseillaise.

Les élèves : Il y avait des drapeaux dans tes salles de classe, papy ?

Les grands-pères : Des drapeaux ?... Et pour quoi faire ?... Il y en avait déjà un accroché à la mairie à côté.

Les élèves : Et les paroles de la Marseillaise, tu les connaissais ?

Les grands-pères : Ah oui. Pour le certificat d’études, il fallait les apprendre. Il y avait aussi le Chant du départ, le Chant des partisans, Sambre et Meuse. Mais bon, moi, j’ai chanté la Madelon…

Le ministre : Chanter, c’est aussi un moyen d’être ensemble. C’est pour cela que nous renouvelons cette année encore la rentrée en musique.

Les profs : Ouais. Du pipeau, comme d’hab…

Le ministre : Grâce à nos réformes, nous allons nous rapprocher de cet enseignement d’avant qui n’avait pas été pollué par les pédagogistes de tous poils et de tous crins. En ce temps-là, on faisait des dictées.

Les profs des écoles et de collège : On en fait toujours !

Bernard Pivot : Avec les gentilhommières et les cuissots de biches ?

Le ministre : Euh non, Bernard, faut pas exagérer non plus… Si on fait vos dictées, personne ne dépasse le CM2…

Bernard Pivot : Ah ?! Je vais faire un tweet pour le déplorer alors.

Les historiens de l’éducation : Il faut comparer ce qui est comparable…

Manuel Valls : Expliquer c’est déjà vouloir excuser.

Les élèves : En fait, votre école du passé, elle était violente, elle était sexiste, elle était militariste, elle faisait apprendre des trucs qu’on trouve tout de suite sur internet ?

Les historiens de l’éducation : C’est pas faux.

Eric Zemmour : Je ne peux pas vous laisser dire ça. Vous êtes les suppôts de l’anti-science ! Vous défendez le laxisme dans l’enseignement…

Les parents (de 2019) : Quoi ? Comment ? Mais enfin ? C’est quoi ce bordel ?!

 

(et ça continue encore et encore…c’est que le début ? d’accord, d’accord…)

 

Merci donc à ce Blue sky, pour moi inconnu, pour ce bon résumé des débats sur l'école.

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26 octobre 2018 5 26 /10 /octobre /2018 15:26
Un élève du Lycée Branly pointe une arme factice sur une enseignante

Un élève du Lycée Branly pointe une arme factice sur une enseignante

ou un tsunami de rumeurs et de rancoeurs

Pas de Vague

L’hashtag – en Français le mot-clé - #PasdeVague aurait dû s’appeler #balancetonprotal car il s’est traduit par une mise en accusation d’une « hiérarchie », à commencer par la plus proche, le chef d’établissement.

Pas de Vague

La vraisemblance n’est pas toujours au rendez-vous, ainsi de ce prof qui affirme sans rire qu’un élève l’a traîné devant le CPE dans un Lycée d’Hayange (la localisation géographique étant sans doute censée donner une touche d’authenticité), élève qui l’aurait insulté devant un CPE prenant son parti…

Caractéristique aussi ce témoignage d’une professeure qui, ayant mis une jupe – telle Adjani dans La journée de la jupe – dit avoir été traitée de pute par un groupe d’élèves dans un couloir : la professeure principale de la classe desdits élèves aurait ri, quant au proviseur, il lui aurait répondu qu’à son âge, elle devrait être flattée. Passons sur la supposée goujaterie du chef d’établissement, pour en revenir au rire de sa collègue qui dénote soit un manque évident de solidarité, soit le peu de sérieux qu’elle prête à ses plaintes.

Clovis – c’est le pseudo qu’il se donne – illustre au-delà de la caricature, ce type de prof qui peut insupporter dans la salle des profs, par ses incessantes jérémiades ! Lui, ce ne sont plus les élèves, mais les collègues syndiqués qui s’arrangent pour avoir les meilleures classes ne laissant aux nouveaux arrivants que les classes les plus dures et les plus chargées, avec la complicité du protal bien sûr ! Mais il se plaint aussi de la messagerie rectorale, de la formation continue, des professionnels venant dans le cadre de l’orientation incapables de tenir une classe de 37 élèves ( !), de la pré-rentrée et des neurosciences… S’il se comporte ainsi, en salle des profs – ce qui n’est pas sûr du tout : ce compte anonyme lui sert sans doute de purgatif – il ne peut qu’avoir une solide réputation de casse-pieds.  Et les personnels de direction et d’éducation du bahut ont peut-être tendance à envoyer paître le vindicatif personnage.

Pas de Vague

Donc, une agrégée en fin de carrière, avec des collègues dans la même situation, tous harcelés par un proviseur, ne l'envoient pas paître, proviseur missionné pour pousser à la retraite les hauts salaires ?

Et notre Clovis illustre bien la dérive de ce #PasdeVague qui, partant d’un fait-divers isolé au sein de ce lycée, voulait montrer que l’institution ne cherchait qu’à mettre la poussière sous le tapis, en fermant les yeux sur les violences des élèves envers les professeurs, se transforme en une dénonciation d’une hiérarchie harceleuse.

Pas de Vague
Pas de Vague

Ainsi, pour contrer Luc Cedelle, journaliste du Monde, un-e « Carpe Diem » sort un prétendu témoignage sourcé ! Or ce qu’il-elle cite fait penser à cet échange entre Francis Blanche et Pierre Dac dans le fameux sketch du Sar Rabindranah Duval :

- Pouvez-vous me dire quel est le numéro du compte en banque de monsieur ?

- Oui.

- Vous pouvez le dire?

- Oui!!

- Vous pouvez le dire ?

- Oui!!

- Il peut le dire!!! Bravo! Il est extraordinaire, il est vraiment sensationnel.

Car le témoignage consiste comme on peut le lire à ce que le prétendu témoin assure qu’il est prêt à…témoigner ! Et de retouitter un assez crapoteux appel à témoignage d’un parano de l’académie de Rennes.

Pas de Vague

Et certains témoignages, qui demanderaient pour le moins vérification, sont commentés comme des faits avérés, y compris par des personnes se disant journalistes. Donc une MurielA fait état d’une agression sexuelle de trois élèves envers un quatrième. Le Conseil de discipline ayant exclu les trois élèves, le rectorat aurait imposé la réintégration d’un des trois agresseurs. Or, comme il se doit dans un état de Droit, une famille (ou un élève majeur) peut faire appel auprès du Recteur d’une décision du C.D. (appel non suspensif) et le Recteur, après avis de la Commission académique, doit se prononcer dans un délai d’un mois. Si la décision du C.D. a été en partie amendée, le Recteur a dû motiver cette modification. Faute de cette motivation – sans parler de l’imprécision sur la nature exacte de l’agression – les commentaires sont nuls et non avenus.

Pas de Vague

Pour avoir émis quelques doutes sur ce déferlement de touittes après le « braquage » de la prof du Lycée Branly, le journaliste du Monde, L. Cedelle, s’est fait allumer dans la touittosphère, par de courageux anonymes, mais aussi par Laurent Bouvet co-fondateur du Printemps(prétendument) républicain.

Pas de Vague

Le proviseur aux bonbons

Dans l'émission putassière d'Ardisson, une menteuse pathologique affirme que des élèves qui prennent "à bras le corps" (sic) une table et la jette on suppose sur une prof se voient récompenser par des "bonbons" par le proviseur.

Faut-il rappeler à la fillonniste masquée qu'un proviseur ne dirige pas une maternelle et qu'on le voit mal distribuer ses bonbons à des gaillards de 15,16,17, 18 ans et plus ?

Car ce #PasdeVague a été accueilli par beaucoup de médias, comme parole d’évangile. Même à France culture par un éditorialiste politique, qui, tout en reconnaissant « que l'anonymat, comme pour tout témoignage, peut mêler le bon grain et l'ivraie », se réjouit que « ce cri d'alarme [qui]  vient de la base […] se joue des hiérarchies, des corps intermédiaires que sont les syndicats. Il se fait sans eux, et même parfois contre eux. » « … le hashtag dit que c'est grave, mais aussi que c'est courant. Il a la puissance évocatrice du fait divers, et la force statistique du nombre. Il devient dès lors impossible à ignorer pour le politique. Un ministre peut recevoir des représentants syndicaux, il peut réunir des parents d'élèves, faire descendre la température... Mais que peut-il contre un mot-clé sur twitter, dont le succès amène encore chaque minute de nouveaux témoignages ? ».

Inutile d’objecter que cette vague un peu nauséabonde qui coule dans les égoûts de touitteur, n’a que la force statistique que lui prête M. Says, ramenée au nombre total d’enseignants. Car, de fait, le Ministre Blanquer, après avoir prôné une école de la « bienveillance », au côté d’un Castaner, Ministre de l’Intérieur qui se la joue mode Valls, veut maintenant "rétablir l'ordre et l'autorité" qu’on ne savait pas si menacés dans l’éducation nationale, au lieu de tenir le discours de raison qu’on était en droit d’attendre de lui.

Il serait, bien sûr, angélique que de croire que tout n’est qu’ordre et bonté dans nos écoles, collèges et lycées. Même dans les établissements les plus calmes, on n’est jamais à l’abri d’un acte isolé de violence extrême.  Il arrive aussi qu’un Recteur abuse de son pouvoir, qu’un IA attrape le melon, que des chefs d’établissement se conduisent comme des petits chefs, que des Inspecteurs pédagogiques soient odieux… Sauf que, le statut – comme d’ailleurs les syndicats, si décriés pourtant – protège l’enseignant. Le pouvoir hiérarchique d’un chef d’établissement sur un prof est quasi nul ; et l’inspecteur ne vient, au mieux, que tous les deux ans. Professeur est un métier semi-libéral, en fait, semi par la garantie de l’emploi qu’il assure, libéral, car l’enseignant fait ce qu’il veut ou presque dans sa classe. Avec pour corolaire un individualisme corrigé par les réflexes corporatistes. Mais réflexes qui s’émoussent quand un collègue est incapable de tenir sa classe, comme on dit.

Pas de Vague

Et cet incident dramatique, sur lequel surfent donc les harcelés du net, n’est représentatif ni du Lycée où il a eu lieu, ni des violences scolaires globalement. Gageons que les enseignants du Lycée Branly de Créteil qui ont tenu à dire ce qui se passe vraiment dans leur lycée vont se faire traiter de complices du #PasdeVague de la hiérarchie. Quand à France Info, après les vitupérations de Mélenchon, elle va se faire incendier par les chevaliers masqués du hashtag. Il est quand même remarquable – et assez scandaleux – d’entendre le Ministre Blanquer affirmer « qu'il y avait des politiques du chiffre pour essayer d'avoir le moins de conseils de discipline possible », alors que "Dans chaque département d'Ile-de-France, on a un collège fantôme d'élèves exclus par jour (entre 400 et 800)" (B. Moinard).

Pas de Vague

Et la plus grande, la plus scandaleuse des violences est celle que subissent les élèves des milieux dits défavorisés. Hongrie exceptée, la France est, parmi les pays étudiés par l’OCDE, la plus inégalitaire.  Plutôt que d’entonner le grand air populiste de l’ordre et l’autorité, plutôt que de détruire systématiquement, les avancées de ses prédécesseurs, le Ministre Blanquer ferait bien de se pencher un peu sur les systèmes éducatifs canadiens ou finlandais pour tenter, non de trouver des recettes, mais au moins des pistes pour introduire un peu plus d’égalité des chances !

Un de mes talentueux contributeurs, Pascal Bouchard, m'écrit :

"pour compléter ton papier, te souviens-tu de Nicolas Revol, qui avait eu son heure de gloire dans le Figaro magazine, où il racontait son calvaire de prof dans un LP, anonymement bien sûr, jusqu’au jour où un de ses élèves tente de l’étrangler. De son lit d’hôpital, il écrit un livre à succès

Ses collègues ont envoyé à Libé et à moi une lettre… « si tu arrivais quelquefois à l’heure, si tu préparais tes cours, si tu ne balançais pas de vannes racistes, si tu avais accepté notre aide… » , etc, etc. 
Tout était faux"
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