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2 juin 2018 6 02 /06 /juin /2018 16:04
La voilée au pilori

Une coiffe  - assez laide de mon point de vue – sur la tête d’une étudiante a provoqué un de ces bouzes qui éclatent sur la toile – en particulier sur touitteur mais pas que – avant d’être chassé par un autre bouze. Baptisée « voile » - en fait une sorte de cagoule noire entourée d’une sorte de châle – elle s’est chargée de symboles. Marque identitaire – mais évidemment pas de la bonne identité – a affirmé Collomb, ministre de l’intérieur, marque d’un islamisme politique a surenchéri la secrétaire d’état à l’égalité,  Marlène Schiappa. Deux anciens présidents de l’UNEF sont montés au front, Julien Dray (qui s’est pris pour le fondateur de l’UNEF) et Bruno Julliard. Et ne parlons pas de Marianne, de Charlie-Hebdo, du Printemps Républicain et encore moins de la lie des « desouche ».

Si on remet le compteur à zéro, on constate :

1°) que la jeune étudiante a parfaitement le droit de porter cette coiffe ; certes d’aucuns, tel Jean-Pierre Obin, ex-IGEN, voudraient étendre la loi de 2004 dite loi Stasi, aux étudiantes, mais même Caroline Fourest, qu’on n’osera pas soupçonner de laïcisme mou, n’y est pas favorable.

2°) que l’UNEF se veut le syndicat de tous les étudiants ; et elle affirme « c’est à l’UNEF de s’adapter aux évolutions du monde étudiant pour mieux les prendre en compte, et non l’inverse. » « Le syndicalisme, pour reprendre la définition de la Charte d’Amiens, est une forme d’organisation que choisissent des individus afin de se regrouper pour assurer la défense de leurs intérêts matériels et moraux et cela, indépendamment des opinions politiques, philosophiques ou religieuses de chacun. » Donc les étudiantes dites voilées doivent être accueillies sans réserve dans cette organisation.

La voilée au pilori

Maryam Pougetoux discutant avec deux autres membres de l'UNEF (photo empruntée au New York Times)

En conséquence logique, si une étudiante adhérente de l’UNEF aspire à prendre des responsabilités dans le syndicat, c’est aux autres membres d’en décider selon leur procédure. Précisons d’ailleurs que Maryam Pougetoux n’est pas la porte-parole de l’UNEF nationale mais de l’université Paris IV. Rappelons encore, y compris au député insoumis  Quatennens, que l’UNEF n’est pas une administration publique soumise à l’obligation de neutralité et d’impartialité de l’État, notamment au plan religieux (loi de 1905), donc que ses représentants n’ont pas à s’astreindre au devoir de s’abstenir d’afficher leur opinion. Faut-il ajouter que cette syndicaliste, dans l’entretien, s’est contentée d’afficher l’opposition de son syndicat à la Loi ORE et à Parcoursup ? En aucun cas, elle n’a fait montre d’un quelconque prosélytisme et encore moins affiché le radicalisme religieux qu’on lui prête.

Néanmoins, cela lui a valu une UNE de Charlie que, pour une fois exceptionnellement d’accord avec Corbière, je juge dégueulasse. Qu’on ne brandisse pas la liberté de caricature de l’hebdo : elle n’annule pas la liberté d’opinion et d’expression des lecteurs.  Et la réponse juste insultante de Riss la semaine suivante démontre qu’il est entré dans une logique au mieux (?) « Printemps Républicain » au pire « Riposte laïque » (qui n’est absolument pas laïque mais xénophobe). Bouvet ou Cassen !

Et derrière cette obscène caricature, il y a non pas un prophète mort il y a plus de 13 siècles ou une prétendue vierge morte elle depuis 20 siècle, mais une jeune femme de 19 ans, de chair et de sang, juste déléguée d’une section syndicale (et pas, non plus, une personne publique au cuir épais). Les échos de cette une sur touitteur montre assez quel public applaudit : les identitaires de tout poil.

Chacun projette sur cette pièce de vêtement ses propres fantasmes et celles qui le portent le font aussi pour des raisons diverses – conformisme, croyance, voire provocation. En soi, si c’est souvent moche, ça n’a d’autres significations que celles qu’y mettent les unes, celles qui portent ce tissu, et les autres qui les scrutent. On peut d’ailleurs penser que, pour nos étudiantes, cet affichage ostensible, ne soit, comme le petit livre rouge qu’agitaient leurs lointains devanciers, que temporaire. Mais ce n’est certainement pas en les ostracisant avec mauvaise foi – sans jeu de mot – qu’on les convaincra d’abandonner ces oripeaux.

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 21:01
VAE (et Bogôs anti Schiappa)

A partir d’un résumé – 140 signes obligent à la caricature souvent - de LCP , les BOGÔs crient qu’on renvoie les femmes « aux langes et à la cuisine » et même proclament que  « C'est la droite catho où la mère reste à la maison qui a préparé le discours » .

VAE (et Bogôs anti Schiappa)

Avec Louise Tourret – journaliste à Francecult, relayée par Caroline Fourest - c’est du lourd « Ça fait 24h que je cogite sur cette info ds laquelle tt pose problème: essentialisation des mères, mépris pour les pro. de la petite enfance ».

Or, si l’on se donne d’écouter – 1’20’’ – Madame Schiappa, elle, parle de mères en situation de précarité – vous savez Mmes Tourret et Fourest quand on parle de foyer monoparental, par exemple, c’est ‘essentiellement’ des mères – sans aucune qualification et n’ayant donc comme expérience que celle d’avoir élevé des enfants. Et elle propose, pour ses femmes, de valoriser les acquis de leur seule expérience, celle de mère, ce qu’on appelle la VAE, sigle sans doute inconnu de nos procureures, pour aboutir à une qualification, un CAP petite enfance. CAP qui existe mais dont les modalités seraient à adapter en fonction, justement, d'une VAE de chacune de ces femmes

En quoi ce CAP, qui bien sûr ne fait pas concurrence au diplôme de puéricultrice, traduirait-il un mépris des professionnels de la petite enfance ?

VAE (et Bogôs anti Schiappa)

Bon, derrière cela il y a sans doute une lutte souterraine entre chapelles féministes qui explique le relai du message de Mme Tourret par Mme Fourest.

Mais il y a aussi, derrière les  pseudos grands principes égalitaires – et pourquoi pas les jeunes pères ? bien sûr ! – une morgue qui se traduit par le ton supérieur, méprisant même des commentaires, digne de Finkielkraut !

VAE (et Bogôs anti Schiappa)

En complément cette info reçu par courriel :

Mais être père ou mère d'au moins trois enfants, cela, semble-t-il,  dispense, dans certains cas, d'avoir un diplôme...

 

http://www.devenirenseignant.gouv.fr/pid33983/enseigner-maternelle-elementaire-crpe.html

 

Pour vous inscrire au CRPE externe ou externe spécial, vous devez, à la date de publication des résultats d'admissibilité :

  • Être inscrit en première année d'études (M1) en vue de l'obtention d'un master ou d'un titre ou diplôme reconnu comme équivalent.
  • Ou remplir les conditions pour vous inscrire en dernière année d'études en vue de l'obtention d'un master ou d'un titre ou diplôme reconnu équivalent.
  • Ou être inscrit en dernière année d'études en vue de l'obtention d'un master ou d'un titre ou diplôme reconnu comme équivalent.
  • Ou être titulaire d'un master ou d'un titre ou diplôme reconnu comme équivalent.

Quels sont les titres ou diplômes reconnus comme étant des équivalents au master ?

Le ministre chargé de l'Éducation nationale reconnaît comme étant équivalents au master :

  • les titres ou diplômes classés au niveau I du répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).
  • les titres ou diplômes sanctionnant un cycle d'études post-secondaires d'au moins cinq années.
  • les diplômes conférant le grade de master, conformément aux dispositions de l'article D 612-34 du code de l'éducation (DESS, DEA, diplôme d'ingénieur...).

Quelles sont les conditions pour être dispensé de diplôme ?

Vous êtes dispensé de justifier d'un diplôme si :

  • vous êtes ou avez été fonctionnaire titulaire dans un corps de personnels enseignants ou d'éducation.
  • vous êtes ou avez été maître contractuel des établissements d'enseignement privés sous contrat admis définitivement à une échelle de rémunération.
  • vous êtes mère ou père d'au moins trois enfants.
  • vous êtes sportif de haut niveau.

Merci A.B.

PS En revanche, les déclarations de la Secrétaire d'état sur son budget sont plus ambiguës. Mais là encore on lui fait dire ce qu'elle n'a pas dit. « La baisse de frais structurels, demandée à tous les ministères, ne sera pas répercutée sur les associations qui luttent contre les violences sexistes et sexuelles » (20 minutes). Donc elle admet implicitement une baisse de sa dotation - baisse des frais structurels (?) - mais promet que les associations ne perdront pas un euro.

On peut s'interroger sur cette promesse.

Mais pas, une fois de plus finkielkrauter, en prétendant qu'elle a assuré que le budget global de son secrétariat d'état serait sans baisse.

 

NB Pour avoir commis un petit livre dans une maison d'édition d'ouvrages coquins et érotiques, Osez l’amour des rondes  (La Musardine), et, peut-être, sous un pseudonyme, "Les filles bien n’avalent pas", Marlène Schiappa a eu droit à se faire traiter de "reine des salopes" par un prétendu historien, Benoît Rayski, sur le site de droite extrême Atlantico.

VAE (et Bogôs anti Schiappa)

Marie Minelli, dont on prétend qu'elle n'est qu'un pseudo de Mme Schiappa, se présente comme scénariste et chroniqueuse du sexe. Elle a publié de nombreuses nouvelles érotiques dans la collection "Osez 20 histoires"... de La Musardine, le roman chick-porn "Sexe, mensonges et banlieues chaudes", des guides sexy "Osez..." et  donc "Les filles bien n'avalent pas - et autres clichés sur la sexualité féminine". Elle a co-scénarisé plusieurs fictions érotiques ou sur le couple.

VAE (et Bogôs anti Schiappa)
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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 19:54

Une des sectes laïcistes fait circuler une pétition au profit d'une obscure hôtesse vosgienne qui se la joue Jeanne d'Arc de la laïcité, modèle obscurantiste (il est vrai que Domrémy n'est pas très loin).

 

En bref, la dame, qui loue des chambres d'hôtes,  a voulu interdire un espace commun, ouvert auxdits hôtes,  à une autre dame qui portait un voile islamique (c'est-à-dire un foulard) sur la tête. Or, cette dame n'étant pas une élève et cet espace n'étant pas plus une école, aucune loi de la République n'autorisait notre vosgienne à décréter  une telle interdiction dans un lieu public, fût-elle la propriétaire des lieux.

 

Mais, par un étrange paradoxe, ceux-là mêmes qui réclament des lois de plus en plus coercitives (après l'interdiction du foulard à l'école, pour les élèves, ils demandent ardemment l'interdiction des mères voilées dans ces mêmes enceintes*) au nom de hauts principes d'une prétendue laïcité, se croient autorisés de s'affranchir de la loi commune pour imposer la leur propre.

 

Cette attitude n'est hélas pas nouvelle. Ainsi, on a pu voir, avant cette fameuse loi sur le foulard, des enseignants décider d'interdire l'entrée de leur classe à des élèves, alors qu'à l'époque aucune loi ne les y autorisait. Ils imposaient la leur, sûrs de leur impunité, tout en en réclamant une dont ils ne tolèreraient pas qu'elle fût violée !

Certes,  nos faucheurs d'OGM, avec leur gourou José Bové à leur tête, sont de la même engeance ! Au nom du sacro saint environnement, ils s'arrogent le droit de faire fi de la loi pour faire la leur.

 

C'est finalement  la même logique, si l'on peut parler de logique en l'occurrence, que celles des sectes de toute obédience : au nom de principes qu'elles disent supérieurs - nationalistes, religieux... - elles s'autorisent à violer la loi républicaine.

Comment leur en faire reproche quand, soi-même, on bafoue l'état de droit ?

 

* Les plus fanatiques d'entre eux ne sont pas loin des positions du Vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon, seigneur de Vendée, qui demande l'interdiction du voile dans les lieux publics et même dans les rues (pire que le tabac); et, comme lui, ils voient des mosquées partout.

 

8/X/08 : le jugement en appel vient de tomber qui confirme le 1er jugement (en diminuant cependant l'amende) ce qui déclenche un déchaînement de haine stupide de ses partisans qui vouent aux gémonies juges, LDH et MRAP, confondent amendes et dommages et intérêts et, comme à l'habitude, amalgament tout et n'importe quoi. Leur bêtise crasse dépasse même les bornes de l'imaginable quand ils s'en prennent à Caroline Fourest, laïque patentée, parce qu'elle n'avait quand même pas pu les suivre dans leur délire anti-musulman !

 

PS qui n'a rien à voir : Edvige semble, enfin, susciter toute l'inquiètude que ce fichier mérite (et qui n'a absolument rien à voir avec la base élèves : ce qui démontre qu'à force de crier "au loup" hors de propos, on érode la capacité de protestation sur les vrais problèmes !)

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