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4 mai 2019 6 04 /05 /mai /2019 15:35
Affaire Cassez-Vallarta : dans ce théâtre de la tromperie Jorge Volpi cherche la vérité

Le 9 décembre 2005, deux chaînes de télévision mexicaines, Televisa et TV Azteca, se prêtaient à une mise en scène totalement bidonnée de la pseudo arrestation d’Israel Vallarta et de Florence Cassez, avec une libération toute aussi bidon de trois otages. C’est le début du théâtre de la tromperie (El teatro del engaño) qu’allait analyser la journaliste belge, correspondante au Mexique de plusieurs journaux français, Emmanuelle Steels. Et c’est la lecture de ce livre qui allait inciter l’écrivain Jorge Volpi à enquêter sur cette affaire.

Affaire Cassez-Vallarta : dans ce théâtre de la tromperie Jorge Volpi cherche la vérité

La spectaculaire arrestation de Florence Cassez et d’Israel Vallarta allait faire d’eux des coupables idéaux, pour une opinion mexicaine excédée par les enlèvements et les violences, bernée qu’elle fut par la mascarade.

Mais aussi pour des journalistes comme Schneidermann qui n’hésitait pas à citer un ex-commissaire, Georges Moréas, vantant la justice mexicaine, Caroline Parienti, Elisabeth Levy sans oublier une Aude Baron (à l’époque « rédactrice en chef » du « Plus », une annexe du site du Nel Obs) qui m’écrivait : « Nous ne pouvons effectivement pas dire que Florence Cassez est innocente, pour la simple et bonne raison que juridiquement, elle ne l'est pas. Il n'y a pas preuve de culpabilité. Mais dans les faits, on ne sait pas ce qu'il s'est passé. »

Affaire Cassez-Vallarta : dans ce théâtre de la tromperie Jorge Volpi cherche la vérité

Á la recherche des zodiacos

la bande de ravisseurs

qui n’a  jamais existé.

Je ne la cite que parce que la citation est caractéristique de la totale négation de la présomption d’innocence, et qu'en même temps, sans le savoir bien sûr, elle annonce ce qui est la quête impossible de Jorge Volpi. « Outre le moment de l’arrestation, l’affaire entière est une succession de montages et de mensonges : tant de la part de la police, des hommes politiques que de la justice. La fiction était déjà de leur côté. C’était paradoxalement à moi, en tant que romancier, de tenter de rétablir les faits. »

« Á cette fin [j’ai fait ce récit] – mon investigation personnelle et littéraire de l’affaire – en procédant comme auraient dû le faire, alors, la police et les autorités judiciaires : avec la présomption qu’Israel Vallarta et Florence Cassez sont innocents, aussi longtemps qu’on ne prouvera pas le contraire. »

Un roman sans fiction

Truman Capote et son célèbre De sang froid est évoqué pour définir ce roman sans fiction, ainsi qu’un écrivain argentin Rodolfo Walsh. Mais, étonnamment, pas Javier Cercas qui, peu ou prou, se rattache à ce genre, notamment avec Anatomie d’un instant.

AVERTISSEMENT

Lecteur, tu vas entrer dans un roman documentaire ou un roman sans fiction. Ce qui signifie que si j’ai tâché de donner une forme littéraire au chaos de la réalité, tout ce que je raconte repose sur le dossier  des  poursuites  pénales  engagées  contre  Israel  Vallarta  et  Florence Cassez, les reportages qui les ont précédées, les déclarations des protagonistes de cette affaire, et encore les entrevues qu’ils ont  accordées.  Pour  autant  que  je  me  sois  efforcé  de  confronter  et  de  ratifier  les  témoignages  contradictoires,  je  n’ai  souvent  eu  d’autre recours que d’opter pour la version qui m’a semblé la plus vraisemblable. Pour combler les innombrables vides et lacunes, j’ai parfois pris le risque d’établir des conjectures – ou d’imaginer – des scènes ou des situations privées de substance dans les documents, les preuves ou les témoignages officiels : en de tels cas, je l’indique explicitement pour éviter qu’une fiction que j’ai conçue puisse être confondue avec une de celles tramées par les autorités.

Volpi, qui fut avocat, s’est plongé dans l’étude des personnages : les accusés, les enquêteurs, les victimes, les familles, les leaders d’opinion, les diplomates... Il a épluché les 20000 pages du dossier, les publications sur le sujet. Il a rencontré de nombreux acteurs de cette histoire : Valéria, ancienne otage, ainsi que des magistrats, juges, policiers et les deux accusés et leur famille… Il a pu consulter le journal tenu par Florence Cassez pendant sa détention ainsi qu’un manuscrit de son frère Sébastien Cassez, qu’elle avait rejoint au Mexique et par qui elle avait connu Israel Vallarta. De cette masse documentaire, il va tenter de transformer le chaos de cette affaire “en une histoire plus ou moins cohérente. ‘Plus ou moins’, car il subsiste de nombreuses lacunes et des aberrations difficiles à éclaircir”.

Genaro García Luna

Genaro García Luna

L’arrestation bidon se déroule en décembre 2005, alors que le Mexique connaît une vague d’enlèvements. C’est dans ce contexte que le chef de la police, Genaro García Luna, décide d’offrir une mise en scène aux médias afin de montrer l’efficacité de ses services. “Quelques mois plus tard, en février 2006, les journalistes Yuli García et Denise Maerker révèlent des incohérences entre les témoignages des policiers et ce que nous avons vu à la télévision. Florence Cassez et Israel Vallarta n’ont pas été arrêtés dans cette maison, mais sur une route. Denise Maerker invite García Luna dans son émission, et il invente alors un second mensonge pour tenter de maquiller le premier : Florence et Israel ont été arrêtés alors qu’ils rentraient, et il y a eu reconstitution des faits à la demande de la presse. C’est scandaleux à tous points de vue, et c’est mensonger, comme le révèlent de nombreux témoignages dans le livre. N’importe quel responsable de la police aurait été sanctionné, or à son arrivée à la présidence [en décembre 2006], Felipe Calderón nomme García Luna ministre de la Sécurité publique. À ce poste, ce dernier va perfectionner les méthodes testées lors de l’arrestation d’Israel Vallarta et de Florence Cassez : manipulation, torture, collusion avec les médias.

« Je me suis rendu compte que je ne découvrirais jamais la vérité. Je me suis donc efforcé de montrer comment les juges et la police s’étaient employés à la dissimuler. »

Crise Franco-Mexicaine

La diplomatie française s’est, pour une fois – et grâce sans doute aux articles des correspondantes francophones au Mexique – préoccupée du sort d’une ressortissante, F. Cassez. Et le nouveau Président Français, Sarkozy, s’empare de l’affaire ce qui va aboutir, lors d’une visite au Mexique, à une quasi rupture, avec l’annulation d’une "année du Mexique" en France. “Au moment de l’offensive diplomatique, Sarkozy a en partie raison, car il entend défendre l’une de ses ressortissantes, mais son intervention a été disproportionnée. […) Sarkozy déboule convaincu qu’il doit l’aider, il transgresse le protocole et cela débouche sur une altercation avec Calderón. C’est un épisode délicat : l’action des deux chefs d’État n’a pas grand-chose à voir au fond ni avec Florence Cassez ni avec Israel Vallarta, c’est une bataille d’egos entre deux hommes qui courent après la popularité. Sarkozy est prêt à tout pour avoir le dernier mot, Calderón clame qu’il ne tolérera pas l’ingérence étrangère. Les conséquences seront graves pour le Mexique, mais plus encore pour la famille d’Israel Vallarta, puisque lors d’une deuxième mise en scène, une partie de sa famille est arrêtée dans le seul but de prouver que Cassez dirigeait la prétendue bande du Zodiac.

Illustration parfaite du mensonge rajouté au mensonge pour essayer de faire tenir la fable initiale.

Comme son titre l’indique – l'original « Una novela criminale », comme sa transposition « Un roman mexicain » - le récit est romanesque, avec ses multiples personnages, ses rebondissements, ce tissu de montages et de mensonges. Florence Cassez y apparaît comme un personnage à la Joseph K de Kafka : « Arrivée dans un lieu étranger, elle s’est retrouvée accusée de choses qu’elle ne comprenait pas, obligée de réagir comme elle pouvait. »

Proceso (article de 2014, voir le lien plus bas)

Proceso (article de 2014, voir le lien plus bas)

Mais son ex-compagnon, Israel Vallarta, alors que comme elle il a vu tous ses droits bafoués, a été torturé, sa famille a été harcelée, ses frères emprisonnés, 13 ans après l'arrestation bidonnée, est toujours emprisonné sans jugement.

Délétère justice mexicaine

On ne peut que dédier le jugement de Volpi sur la justice de son pays au fameux commissaire Moréas, cher à Schneidermann : “J’aimerais que notre système judiciaire indigne mes lecteurs autant qu’il m’indigne moi. C’est un système qui ne marche pas, qui est mal pensé dès le départ, mal organisé, gangrené par la corruption, où les puissants gagnent toujours, et où la torture est une pratique banale. Si nous ne nous élevons pas contre ça, nous sommes sans défense face aux puissances criminelles, comme face à la puissance du pouvoir. Il faut qu’il y ait une prise de conscience, et que la question devienne une priorité. Par ailleurs, au-delà de l’opinion que chacun s’est forgée sur l’innocence ou la culpabilité de Florence et d’Israel, je suis convaincu qu’il ne peut y avoir de justice à deux vitesses. Alors que la Française a recouvré la liberté sur une décision de justice en raison des vices de forme dans l’affaire, Israel Vallarta est détenu sans jugement depuis douze ans. Je veux faire connaître cette injustice, et contribuer à ce qu’il soit enfin jugé, pour qu’il soit libéré pour les mêmes raisons que Florence Cassez.

Il est hélas peu probable que les contempteurs de Florence Cassez – les Schneidermann, Elisabeth Levy ou Clémentine Autain, etc. – se donnent la peine de revoir leur jugement sur l’affaire. Car, eux, si prompts à appeler les autres à confesser leurs erreurs, ne reconnaissent jamais les leurs !

Affaire Cassez-Vallarta : dans ce théâtre de la tromperie Jorge Volpi cherche la vérité
Affaire Cassez-Vallarta : dans ce théâtre de la tromperie Jorge Volpi cherche la vérité

« Un roman mexicain. L’affaire Florence Cassez » (Una novela criminal), de Jorge Volpi, traduit de l’espagnol (Mexique) par Gabriel Iaculli, Seuil, 384 p., 22 €.

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 21:51
Caroline Fourest : laïque pas liberticide !

« Caroline Fourest, cette figure centrale de la domination intellectuelle d'aujourd'hui, qui a table ouverte dans toutes les radios et toutes les télévisions du service public » comme dit salement Schneidermann, est la cible des hyaineux de tout bord. Elle n’est pas exempte d’excès, mais ceux qui l’accablent tout autant ! Et elle s’explique avec sérénité sur Info-Halal.

C’est grâce à un touitte de l’excellent Luc Cedelle que j’ai découvert ce long entretien de Caroline Fourest avec ce site, pour moi inconnu, mais se référant visiblement à l’islam. Un Luc Cedelle heureusement surpris par le ton de l’essayiste.

copie d'écran

copie d'écran

Or, contrairement à une réputation faite par d’aucuns, s’agissant de laïcité, elle a, sur l’essentiel, fait preuve de mesure. D’entrée, alors que ce groupuscule haineux n’avait pas encore révélé tout son vrai visage xénophobe, elle a pris soin de se distinguer de Riposte prétendument laïque : « Quand Cassen a créé Riposte laïque, j’ai été l’une des premières à dénoncer son discours anti-musulmans. Je le fais régulièrement. Ce qui me vaut d’être l’une des cibles de cette organisation d’extrême droite », avec des attaques des plus ignominieuses, spécialité de ces zélotes de l’anti-islam.

Sur l’affaire dite de la burka, elle manifestait la plus grande prudence quant à la nécessité d’une loi : « Une loi symbolique contre le voile intégral aurait l'inconvénient d'être particulariste et prendrait le risque d'être inapplicable. » Et elle préconisait des mesures pragmatiques autorisant, par exemple, les commerces à pouvoir obliger toute personne y entrant à s’identifier pour raisons de sécurité ; même chose bien sûr pour récupérer son enfant à la crèche, chercher un colis à la poste, prendre le bus, etc. et elle concluait « En dehors de ces situations, libre à elle de porter un voile pour se protéger de la colère d'un dieu misogyne, ou de la grippe A. Libre aux autres de continuer à dire ce qu'ils en pensent. »

 

L’attribution d’un « Y’a bon awards », en 2012, a aussi contribué à brouiller (salir ?) son image*. Ce prix satirique est censé récompenser les pires déclarations racistes prononcées par une personnalité dans l’année. Parmi les lauréats précédents, on comptait Éric Raoult, Pascal Sevran, Alain Finkielkraut, Ivan Rioufol, Jacques Séguéla, Éric Zemmour, Brice Hortefeux, Jean-Paul Guerlain, Robert Ménard…

On conviendra que se retrouver en si charmante compagnie puisse sembler quelque peu déshonorant.

Elle avait, en 2010, dans une intervention sur l’égalité et la laïcité, cité l’exemple d’un maire (UMP) ayant mis à disposition d’une association proche de l’UOIF une salle de sports, pour un tournoi de basket féminin inter-mosquées, dont les spectateurs masculins étaient exclus (certes sa formulation montre une certaine méconnaissance du sport puisqu’elle parle de « concours de basket non mixte », or c’est le lot de toute compétition sauf en double mixte au tennis). Le but du tournoi était de récolter de l’argent pour une organisation d’aide aux orphelins palestiniens, pour elle émanation du Hamas. Après un article dans Le Parisien, le Maire avait retiré l’autorisation et l’association organisatrice avait plaidé un dysfonctionnement interne. Cependant, les faits évoqués étaient réels, contrairement aux allégations sur la piscine de Lille. Et le côté raciste – sauf à considérer que toute attaque d’une association musulmane ou du Hamas est raciste – de ce propos est nettement moins évident que l’équipe de France black, black, black, chère à Finky ! D’autant que dans le même temps, elle attaquait fermement le FN justement sur son racisme antimusulmans, ce qui lui valait des attaques assez ignobles.

Elle a aussi beaucoup souffert, chez certains, d’avoir été proche de Val. Sauf que, c’était du temps où Charlie-Hebdo faisait paraître les caricatures dites du Prophète (paradoxe d’ailleurs que l’on puisse les nommer ainsi puisque - en principe - le prophète Mohammed n’a jamais été représenté !). Mais un Schneidermann – assez langue de pute – écrira, alors qu’elle venait de subir, à la gare de Nantes puis à celle de Paris-Montparnasse, les assauts haineux de la clique curetonne de Civitas du coup : « Fourest "harcelée, pourchassée, traquée" se lamentait ce lundi matin sur France Inter, la station de son ami Philippe Val. »

Ce qui explique sans doute la relative surprise de Luc Cedelle devant ses propos que n’aurait pas désavoués, je pense, Jean Baubérot !

Caroline Fourest : laïque pas liberticide !

Islamophobie ou racisme antimusulmans

 

Elle clarifie, d’abord, et bien mieux que Madame Badinter, son rejet du terme « islamophobie ». « Je suis antiraciste de conviction, donc anti-"phobes" en tous genres. Mais [dans mes travaux j’ai dénoncé] l’intégrisme (juif, chrétien ou musulman). Ce qui m’a valu d’être traitée d’« islamophobe » par des islamistes, de « christianophobe » par l’extrême droite catholique et d’avoir été dépeinte en « collabo des nazis » par des extrémistes juifs lorsque j’ai critiqué la politique de la droite israélienne (…). (…) comme l’accusation d’antisémitisme peut parfois servir à disqualifier la critique d’une certaine politique israélienne, l’accusation d’« islamophobie » (…) peut servir à amalgamer tout propos simplement critique envers l’intégrisme, l’instrumentalisation politique et liberticide du religieux avec une forme de rejet de l’Islam ou des musulmans. » Mais elle ajoute « Le racisme antimusulmans existe. »

La laïcité de la loi de 1905

 

Certes elle s’égare quand elle reprend les accusations de Valls – qui ont d’ailleurs fait long feu – sur le rôle joué par l’Observatoire de la laïcité.

Mais sur les cantines scolaires elle tient un discours de bon sens sur l’impossibilité de servir des repas par religion des parents, car il faudrait plusieurs cuisines, pour séparer vraiment les ustensiles, pour que cela soit vraiment casher ou halal. Et elle propose de donner le choix entre un menu avec ou sans viande. . Si possible entre plusieurs plats. Pour ceux qui veulent respecter des interdits alimentaires (religieux ou médicaux). Pour qu’ils puissent manger tous ensemble. En bref les propositions d’Yves Jego.

Et elle ajoute : Je ne suis pas souvent d’accord avec Jean Baubérot, mais je pense moi aussi, (…), que nous ne devons pas aller trop loin dans la norme et l’interdit. J’ai soutenu la loi de mars 2004, mais j’ai pris position pour le droit des mères voilées à participer aux sorties scolaires (…) et je suis contre l’interdiction du voile à l’université. C’est un lieu où, contrairement au collège et au lycée, des élèves majeures font l’apprentissage d’expression publique et politique.

On est donc loin, très loin, de certains faux apôtres d’une laïcité liberticide qui ajoutent l’interdit à l’interdit. Loin donc de Mme Badinter. On peut – même si son dessin est très ambigu par l’amalgame avec le terrorisme – ironiser avec Plantu sur l’attrait mercantile de certaines marques pour une mode dite islamique. On a le droit de trouver ridicule le burkini** qui n’est ni burka ni kini.

Mais, s’il y a de vrais combats à mener, contre tous les intégrismes, c’est sur l’homophobie (dont, hélas, le Maroc vient de faire preuve), le mariage pour tous, l’IVG, le droit à une mort digne, etc. Combats laïques, au demeurant, contre les cléricalismes qui veulent imposer leurs dogmes à toute la société.

* Dans le jury de ce "y'a bon awards" on trouvait Jean Baubérot (que diable allait-il faire dans cette galère ?) Dans sa riposte, C. Fourest le qualifiera de pape des accommodements raisonnables à la canadienne.! Outre que le titre de pape pour un parpaillot affirmé est cocasse, il est plus que probable que C. Fourest, du coup, emprunte la vision caricaturale des rrrépublicains intransigeants sur ces accommodements.

Et on conviendra que le Ministre de la Défense du Canada, un Sikh, avec son beau turban rouge, ça a de la gueule. Son premier ministre, Justin Trudeau, avait eu cette riposte face à son adversaire conservateur pendant la campagne : « M. Harper, je trouve que vous avez du cran (...) de parler de défense du droit des femmes. Il y a plus d'hommes dans votre caucus qui sont contre l'avortement que de femmes qui portent le niqab au Québec. »

 

 

Source :

http://info-halal.net/2016/03/caroline-fourest-se-devoile-interview-partie-1/

http://info-halal.net/2016/03/caroline-fourest-se-devoile-interview-partie-2/

** Sur le burkini et son interdit par quelques maires ripoublicains, elle reste sur une position non liberticide :

 

À propos du burkini et du grotesque

 

Les arrêtés pris par la mairie de Cannes et d'autres mairies de droite du sud pour interdire le burkini, juste après l'attentat de Nice, ont fait sourire Outre-manche et Outre-Atlantique. En France aussi, beaucoup y ont vu une polémique dérisoire, preuve d'une focalisation aberrante sur l'Islam. Il est vrai que la démarche interroge quand elle vient de maires se souciant des droits des femmes l'été, à la plage, mais soutenant les mouvements intégristes ayant retiré les enfants des écoles en raison de programmes voulant les sensibiliser aux stéréotypes de genres le reste de l'année...

La plage n'est pas l'école. Les nageuses ne sont pas des élèves ni des mineures. Refuser qu'on se couvre la tête dans un lieu civique, d'éducation à la citoyenneté et à l'égalité, est une chose. Obliger quelqu'un à se dévoiler dans un lieu de plaisance est plus excessif […]

Comme pour le voile à l'université, ceux qui croient pouvoir faire reculer la mode intégriste en l'interdisant partout se trompent. Ils obtiendront l'effet contraire à celui recherché : faciliter la propagande victimaire et donc la mode du burkini chez les plus jeunes ou les plus influençables.

Extraits Huffington Post 16/08/2016

 

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 19:00
ANTISÉMITISME : L’AF-FRONT DE GAUCHE

Horreur et putréfaction, honte et scandale, un certain Reynié, politocrate omniprésent avec sa tambouille sondagière, comme dit Schneidermann, a osé, sur les ondes complaisantes de France Inter, lancer des attaques assez ignobles contre Mélenchon et le Front de gauche. Les taxant d’antisémitisme. Cris d’orfraie, bien sûr, du côté du Parti de gauche. Et si on y regardait de plus près.

 

Il faut dire que Dominique Reynié, qui dirige un think thank, Fondapol, proche de l’UMP, n’y va pas par le dos de la cuiller : "La France comprend trois foyers d'expression de l'antisémitisme très forts. Le premier ce sont les proches du Front National et les électeurs de Marine Le Pen [...] Le deuxième groupe ce sont parmi les Français musulmans [...] Et puis le troisième groupe ce sont les proches du Front de gauche et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon 2012, où là aussi on trouve, à un degré moindre, et sur des ajustements ou, je dirais des agencements différents, l'expression d'un antisémitisme fort". "On a [dans ce 3e groupe] une adhésion beaucoup plus forte que la moyenne à des préjugés qui relèvent de cet antisémitisme anticapitaliste et antiglobalisation. Cette idée que les juifs contrôlent l'économie. Qu'il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite". Et il en a rajouté une couche en s’attaquant à Mélenchon – crime de lèse-Imprecator – en rappelant ses propos sur Moscovici, à l’époque Ministre des finances, à propos de la crise chypriote : "C'est le comportement de quelqu'un qui ne pense plus en français… qui pense dans la langue de la finance internationale" clamait Mélenchon, "c'est le genre de formules qui, au fond, élasticise l'espace public et la parole", commente Reynié.

 

Le sondage, sur lequel s’appuie Reynié date de Novembre 2014. L’actualité hélas le remet sur le devant de la scène. Il a été réalisé par l’IFOP, présidée par Mme Parisot, qui appartient aussi à Fondapol. Intitulé L’antisémitisme dans l’opinion publique française Nouveaux éclairages, il repose sur un sondage en ligne de 1 005 personnes représentatif des Français âgés de 16 ans et plus et sur un questionnement dans la rue de 575 personnes déclarant être nées dans une famille de religion musulmane, françaises ou non, vivant en France, âgées de 16 ans et plus.

 

S’agissant du questionnaire en ligne il démarrait par une sorte d’échelle de Richter en soumettant aux sondés des préjugés les plus éculés de l’antisémitisme :

  1. « Les Juifs utilisent aujourd’hui dans leur propre intérêt leur statut de victimes du génocide nazi pendant la Seconde Guerre mondiale »
  2. « Les Juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de l’économie et de la finance »
  3. « Les Juifs ont trop de pouvoir dans le domaine des médias »
  4. « Les Juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de la politique »
  5. « Il existe un complot sioniste à l’échelle mondiale »
  6. « Les Juifs sont responsables de la crise économique actuelle »

 

Le degré de préjugé est mesuré par le nombre de réponses positives, de 0 (pas du tout antisémite) à 6 (très antisémite).

Être ou ne pas être antisémite, telle est la question.

 

Nonna Mayer, sociologue (« Il faut parler d’antisémitisme avec rigueur ») objecte qu’en ne proposant que des clichés négatifs le questionnaire introduit le biais d’acquiescement systématique (« yes saying »). Bien que non expert, on est un peu pantois : comment peut-il y avoir un acquiescement systématique sur des propositions qui commencent par « Les Juifs » ? Comme si toutes les personnes d’origine juive formaient une entité monolithique ! La deuxième objection porte sur le côté binaire du questionnaire 0/1, d’accord/pas d’accord. Il ne permet pas de mesurer l’intensité, comme le fait la formulation habituelle : « Diriez-vous que vous êtes tout à fait d’accord, plutôt d’accord, plutôt pas d’accord ou pas d’accord du tout avec l’opinion suivante ? ».

On pourrait donc être modérément antisémite et tout aussi modérément non antisémite.  « Je serais tenté de penser que les Juifs utilisent parfois la shoah à leur profit », diraient les uns ;  « Je ne suis pas tout-à-fait d’accord » répondraient les autres ! Le primaire quasi primate que je suis considère avec une grande étroitesse d’esprit que souscrire à l’une quelconque des propositions c’est être antisémite.

ANTISÉMITISME : L’AF-FRONT DE GAUCHE

Indicateur d'antisémitisme (nombre d'items)

Même en admettant que le ‘yes saying’ ait fait quelque ravage on peut considérer qu’à partir de deux réponses positives l’antisémitisme est avéré.

ANTISÉMITISME : L’AF-FRONT DE GAUCHE

Antisémitisme et préférences politiques

Ce tableau ventile les réponses en fonction des sympathies politiques déclarées par les sondés.  Bizarrement ce sont ceux qui n’affichent aucune préférence politique qui seraient les moins antisémites, suivis d’EE Les Verts. Globalement la gauche est moins antisémite que la droite. On peut supposer au Modem et à l’UDI la survivance de la judéophobie catholique contre le peuple déicide. Mais on note surtout les décrochages du Front de gauche (–17) et encore plus du Front national (-28) au degré 0 de l’antisémitisme.

 

Le Front National reste bien le parti antisémite de Jean-Marie Le Pen, malgré le ripolinage de la fille.

Deux groupes (qui se recoupent pour une part bien sûr, mais qui divergent un peu) sont distingués : ceux qui se disent proches du FN et ceux qui disent avoir voté pour elle en 2012.

ANTISÉMITISME : L’AF-FRONT DE GAUCHE

Le FN face aux clichés antisémites

Sur tous les items, les frontistes sont très significativement au-dessus de la moyenne des sondés. On retrouve les poncifs antisémites des années 30 (banque et presse juives) auxquels s’ajoutent les propos du patriarche sur le « détail de l’histoire », reflétés dans la réponse largement majoritaire sur le statut abusif de victime.

ANTISÉMITISME : L’AF-FRONT DE GAUCHE

Pas de Président juif

Les deux sous-groupes divergent ici – l’électorat mariniste serait un peu moins viscéralement antisémite que les sympathisants – mais, dans tous les cas, on est largement au-dessus de la moyenne.

ANTISÉMITISME : L’AF-FRONT DE GAUCHE

Français à part entière ?

L’antisémitisme nourrit la xénophobie : les trois quarts des sympathisants du FN estiment que le Français d’origine immigrée n’est pas un Français à part entière, mais entièrement à part.

ANTISÉMITISME : L’AF-FRONT DE GAUCHE

Indicateur de xénophobie

Ce tableau est déjà globalement terrifiant : la moitié des sondés estiment qu’il y a trop de maghrébins, plus d’un tiers trop de noirs, un cinquième trop d’asiatiques. La lepénisation des esprits est bien en marche. Et le FN est bien un parti xénophobe, quasi unanime à l’encontre des musulmans.

 

 

Le Front de gauche n’a heureusement rien à voir sur ce plan de la xénophobie  avec le FN

 

Le 1er sous-groupe, celui des sympathisants déclarés, regroupe sans doute des proches du NPA et de LO qui n’étaient pas proposés en choix. Ce qui expliquerait la divergence avec les électeurs déclarés de Mélenchon en 2012.

ANTISÉMITISME : L’AF-FRONT DE GAUCHE

Préjugés antisémites

Globalement les électeurs sont proches de la moyenne, tandis que les sympathisants sont significativement plus sensibles à quelques préjugés antisémites.

 

SIONISME, subst. masc.

 

Mouvement politique et religieux né de la nostalgie de Sion, permanente dans les consciences juives depuis l'exil et la dispersion, provoqué au XIXe s. par l'antisémitisme russe et polonais, activé par l'affaire Dreyfus, et qui, visant à l'instauration d'un Foyer national juif sur la terre ancestrale, aboutit en 1948 à la création de l'État d'Israël.

 

Sionisme religieux, socialiste. Il est (...) plus d'une sorte de sionisme: sionisme sentimental et philanthropique, sionisme « culturel », sionisme politique, d'accord seulement sur la renaissance de l'« ethnos » d'Israël et sur ses possibilités d'avenir (Weill, Judaïsme, 1931, p. 68).Ce petit livre [l'État juif] est comme le faire-part de naissance du sionisme politique, celui pour lequel Herzl luttera sans trêve, pendant les huit années qui lui restent à vivre (R. Neher-Bernheim, Hist. juive de la Renaissance à nos jours, Paris, Durlacher, t. 2, 1965, p. 372).

ANTISÉMITISME : L’AF-FRONT DE GAUCHE

Ce qu'est le sionisme ?

NB Plusieurs réponses possibles.

 

Fondapol tend ici à relier antisionisme et antisémitisme, l’hypothèse étant que l’antisionisme expliquerait la sensibilité plus grande aux préjugés antisémites. La divergence la plus notable porte sur le caractère raciste du sionisme ; sinon pour le lobby Juif international, ils y croient moins que les verts.

ANTISÉMITISME : L’AF-FRONT DE GAUCHE

Aussi Français qu'un autre

Reste que la relative porosité aux préjugés antisémites ne se traduit absolument plus en xénophobie, puisque les électeurs déclarés de Mélenchon sont plus de 9 sur 10 à estimer qu’un Français d’origine juive était Français à part entière et qu’ils sont plus de 8 sur 10 à affirmer la même chose pour les Français dits musulmans.

 

Ce que confirme le tableau suivant

ANTISÉMITISME : L’AF-FRONT DE GAUCHE

Moins xénophobes à gauche

On est loin, très loin, de la xénophobie du FN ou même de l’UMP.

ANTISÉMITISME : L’AF-FRONT DE GAUCHE

xénophobie à droite

Là, Reynié est moins prolixe : l’UMP, dans le rejet de ‘l’étranger’, est significativement au-dessus de la moyenne des sondés. Pas encore au niveau de xénophobie du FN, mais cependant en (mauvaise) voie de lepénisation.

 

A partir même des éléments de son étude, Reynié a donc tort de mettre sur le même plan, comme foyer d’expression de l’antisémitisme, le FN et le Front de Gauche, même s’il corrige par à un moindre degré pour le deuxième.

Les sympathisants FN sont très majoritairement xénophobes et très largement racistes et sont restés antisémites.

En revanche, ceux qui se sont déclarés proches du Front de gauche*, s’ils semblent avoir une porosité un peu plus grande à certains préjugés antisémites que les autres sympathisants de gauche, ne sont absolument pas xénophobes.

Quant au rappel des propos imbéciles de Mélenchon sur Moscovici, malgré sa défense malhabile où il feignait de confondre l’origine Juive de Mosco avec une appartenance religieuse, ils n’en faisaient absolument pas un antisémite. Son parler dru et cru, comme il dit, rappelait « le parti de l’étranger » de l’appel de Cochin, quand Chirac taxait Giscard de politique anti-nationale.

 

 

* Coquerel,  porte parole du Parti de Gauche,  dans sa contre-attaque a eu beau jeu de rappeler que dans un sondage portant sur un millier de personnes, les sous-divisions en sympathies politiques déclarées aboutissent à des échantillons réduits où l’intervalle de confiance devient énorme.  Mais c’est le lot de tous les sondages dès, qu’au-delà de résultats globaux, ils essaient de cerner, par exemple, ceux de diverses catégories sociales.

On peut regretter - mais peut-être l'ai-je mal cherchée - que l'IFOP ne mette pas en ligne la fiche technique complète de ce sondage, avec notamment le chiffrage de chaque sous-groupe. La seule indication qu'en-deça de 40 c'est fragile est un peu courte.

NB La partie la plus controversée de l’étude est celle portant sur un échantillon de 575 personnes déclarant être nées dans une famille de religion musulmane, françaises ou non, vivant en France, âgées de 16 ans et plus, administrée en face à face dans la rue.

Selon l’observatoire des sondages, l’effectif est « insuffisant (575 sondés) pour que les résultats soient significatifs statistiquement, et encore plus lorsque 51% d’entre eux affirment par exemple que "les juifs ont trop de pouvoir en politique" (...). Autre aspect critiquable. Comme il n’existe aucune donnée permettant d’établir et définir démographiquement la population "musulmane” (la collecte de données dites "ethniques" est interdite en France), les extrapolations "maison" faites par l’Ifop à partir des données de la population "immigrée" de l’INSEE sont douteuses, comme la manière dont en pratique ont été sélectionnés ("identifiés" ?) les "musulmans" sondés. Et Nonna Mayer d’ajouter très justement que sur un sujet aussi sensible la rue n’est pas le lieu le plus indiqué pour poser des questions. »

 

Dominique Reynié s’est défendu en faisant remarquer que Nonna Mayer écrit sa nette préférence pour la méthode utilisée par les auteurs du livre Français comme les autres ? (Presses de Science Po, 2005). Il leur laisse donc la conclusion : « Les Français originaires d’Afrique ou de Turquie penchent plus souvent du côté des réponses présumées antisémites que leurs homologues de l’enquête miroir (…). Les écarts varient entre + 19 points pour la question sur le pouvoir des juifs en France, + 15 pour les questions sur la responsabilité à l’égard du conflit israélo-palestinien et sur “on parle trop de l’extermination des juifs”, et + 7 pour l’opinion “pour les juifs français, Israël compte plus que la France” », et plus loin :  « Les actes antisémites n’impliquent qu’une proportion marginale de la population, mais force est de constater que les préjugés antijuifs ne sont pas un épiphénomène. » Autrement dit, il suggère que cette étude recoupe le sondage de l’IFOP.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 18:09
SIVENS ET LES "FOUTEURS DE MERDE"SIVENS ET LES "FOUTEURS DE MERDE"
Copies d'écransCopies d'écrans

Copies d'écrans

Mise à jour 03/06/2017

Mélenchon, jamais à court d'une agression contre le PS et ses membres, instrumentalise la mort de Rémi Fraisse, accusant Cazeneuve de s'être occupé de son assassinat. Dans l'odieux haineux il concurrence la dame Le Pen !

Un rappel des faits n'est donc pas inutile.

La mort d’un jeune manifestant est un drame – une jeune vie arrachée, promesse retirée, écrit Christiane Taubira. Il appartiendra à l’enquête de dire la cause exacte et d’essayer de déterminer les responsabilités. Mais il est étonnant que Bové ou Duflot tiennent, d’emblée, des propos outranciers. D’autant que Bové, agressé lui-même par ceux qu’une véritable écolo a nommé les « fouteurs de merde », ne pouvait ignorer le contexte, fort bien décrit par Antoine Ly.

Il y a eu en fait, Ly le montre, dans un reportage pour la Nouvelle édition de Canal +, deux manifestations, ou plutôt une vraie manifestation et un commando de voyous. Au départ, donc, un rassemblement bon enfant, un peu clairsemé, mais le site est immense et des forces de l’ordre gentiment taquinées mais impassibles.

 

Tout bascule quand apparait une bande de voyous masqués ou cagoulés qui s’en prennent d’ailleurs d’abord aux journalistes, avant d’agresser les gendarmes mobiles. Parler comme le fait Schneidermann de la brutalité apparemment très particulière dont font preuve les gendarmes dans l'occupation de Sivens est pour le moins abusif. Outre que les journalistes – dont aucun n’était présent au moment du drame, car chassés par les voyous – parlent de CRS, le but était bien de se les payer, les robocops.

 

Si l’on en croit un journaliste de Libération, qui commente une vidéo prise et montée par un jeune activiste, "Des cocktails molotov lancés par les activistes atteignent leur cible (à 7'10" sur la vidéo) et la situation dégénère rapidement. Les CRS répondent avec des jets de grenades assourdissantes, qui explosent au contact du sol ou des manifestants". "Le combat n'est pas équitable", ajoute-t-il : c’est vrai que des CRS ou gendarmes mobiles qui ripostent quand on leur balance des cocktails molotov, ce n’est pas de jeu !

La vidéo comporte même un échange surréaliste où un activiste déclare : «On n'est pas là pour vous faire du tort. Mais ne nous tuez pas. Que le préfet voie qu’il y a ici des gens qui sont prêts à se battre, et à se battre pacifiquement». Le côté pacifique ne sautait pas aux yeux. D’autant que le récit se conclut par « Un gendarme venait de prendre feu (à 22'07") sous les hourras d’un clown hilare. »

 

Sauf erreur, aucun des participants à la manif, les vrais, n’a été victime d’une quelconque charge de gendarmes mobiles ou CRS et celui qui, moqueur, demandait à un vis-à-vis en uniforme de ne pas le frapper trop fort, a dû repartir sans bosse. L’agression qu’ont subie les forces de l’ordre ne justifie absolument pas une éventuelle bavure, telle qu’un tir tendu de grenades. Mais les faits sont à remettre dans leur contexte. Et Duflot et Bové perdent toute crédibilité par leurs propos déplacés.

03/06/2017

Mélenchon instrumentalise la mort de Rémi Fraisse

Mélenchon qui, depuis le soir du 1er tour, ne s'en prend plus qu'aux socialistes, dénonce Bernard Cazeneuve comme "le gars qui s'est occupé de l'assassinat de Remi Fraisse" !

L'occasion pour Claude Askolovitch, chroniqueur hebdomadaire de l'excellent "28 minutes" sur Arte, de faire un billet, brillant comme à son habitude, mais quelque peu teinté de sophisme.

Askolovitch rappelle que la Justice - saisie - et les instances européennes ont condamné un projet surdimensionné.

Mais il use de cette décision de justice pour condamner l'intransigeance d'un 1er ministre, Valls, droit dans ses bottes. Or les faits, tels que décrit par Antoine Ly sont assez différents.

Les VRAIS manifestants écologiques avaient négocié avec les pouvoirs publics ; les forces de l'ordre étaient là pour protéger le matériel de chantier. A priori, aucun affrontement n'était prévisible. Et ce sont bien ceux qu'un écologiste qualifie de "fouteurs de merde" qui vont lancer l'offensive contre les forces de l'ordre.

Si on reprend le raisonnement d'Askolovitch, cette violence délibérée d'un véritable commando, qui va provoquer l'enchaînement des faits qui aboutira au jet de grenade offensive fatal à un innocent, est d'autant plus gratuite que la justice allait plus efficacement que leur agressivité donner raison aux vrais écologistes.

 

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 21:32
Ecoles : Polémique sur une enquête de victimisation

Panique dans nos écoles : un directeur sur deux agressé par des parents d’élèves. Une enquête de Georges Fotinos connaît un bouze imprévu autant que suspect. Retour de manivelle, l’enquêteur sera victime à son tour des donneurs de leçons.

 

  G. Fotinos, sous l’égide de la CASDEN, avec l’accord et le soutien des trois principaux syndicats du primaire (FSU, CFDT, UNSA) et de plusieurs mouvements pédagogiques a lancé une enquête auprès des directeurs et enseignants du primaire. Sur les 73 questions, 11 portaient sur les « conflits, différends avec les parents et les agressions commises par ces derniers sur les directeurs : la nature des différends (orientation, affectation, punitions, sanctions, résultats scolaires, surveillance), et la victimation (coups, harcèlement, menaces et insultes). ». Malgré l’écho donné à cette enquête par les syndicats, associations, sites pédagogiques la récolte côté enseignants fut maigre : 3 917 réponses ont été enregistrées, mais avec seulement 10% d’enseignants. Seules donc les réponses des directeurs furent retenues : 3320 réponses ont été validées sur 52000 directeurs.

Ecoles : Polémique sur une enquête de victimisation

Bien que le terme d’agression n’apparaisse pas dans le questionnaire, dans sa synthèse, G. Fotinos l’emploie. 1 directeur sur 2 déclare donc avoir subi au moins une agression au cours de l’année ou plutôt avoir coché sur le questionnaire une ou plusieurs des quatre cases. Ce qui se traduit dans les titres par « 1 directeur sur 2 agressé par un parent d’élève ».

 

Légitime colère du grand donneur de leçons, Schneidermann qui pourfend l'ex-inspecteur général de l'Education (et ex-conseiller du ministre-chasseur de sauvageons Chevènement) Georges Fotinos, dont l’enquête, a été soutenue par la CASDEN, la banque des profs (à noter d'ailleurs que le marché de l'assurance contre les agressions explose chez les profs. A vous d'établir un rapport entre les deux faits). Outre que Schneidermann ne lit même pas les articles sur lesquels il met un lien – il saurait ainsi que Fotinos n’a été que chargé de mission et non I.G. – selon sa méthode habituelle il glisse de belles saloperies calomnieuses*. Certes G. Fotinos fut chargé de mission du temps de Chevènement, mais (déjà) sur les rythmes scolaires : il prônait le rythme 7 semaines de classes, 2 semaines de congés. Certes la CASDEN (son C veut dire Coopérative) est non pas la banque des profs, mais une banque fondée par des enseignants pour les enseignants et affiliée aux Banques populaires, mais elle laisse le rôle d’assureur à la MAIF, en liaison sur ces problèmes avec l’Autonome de solidarité qui défend les enseignants dans leur vie professionnelle.

 

Plus intéressante est la critique des journalistes du Monde. Ils s’interrogent sur la qualité de l’échantillon. « L’échantillon est à peu près représentatif (répartition maternelle/élémentaire, poids de l’éducation prioritaire, pyramide des âges). Les hommes sont, en revanche, surreprésentés (33,2% des répondants pour un poids réel de 26,8%).(…) Ce qui n’est jamais dit, étrangement, c’est le nombre total de directeurs d’école en France (autour de 52 000). Le taux de réponse est donc d’à peu près 6%. Ignorée, également, la notion de représentativité géographique : le questionnaire est tellement anonyme qu’il ne contient aucune question sur l’origine géographique du répondant. »

Ecoles : Polémique sur une enquête de victimisation
Ecoles : Polémique sur une enquête de victimisation

   Georges Fotinos, lui-même s’est défendu, notamment à la Nouvelle édition (Canal +) : "Il faut relativiser l’importance de ces chiffres, la fréquence annuelle de ces agressions est faible, et l’accumulation peut s’être produite à propos d’un même incident. D’autre part, nous sommes dans le domaine du ressenti émotionnel". Il n’en reste pas moins que sa présentation est sujette à caution : "Le premier constat nous indique que les directeurs se déclarent victimes des parents sur trois types d’agression proposés (harcèlement, insultes, menaces) dans des proportions qui peuvent inquiéter." Il oublie là d’indiquer qu’il ne « se déclarent » pas, mais cochent des cases du questionnaire, ce qui n’est peut-être pas pareil. "Le harcèlement est l’agression la plus fréquemment déclarée (4 directeurs sur 10) suivi des menaces et des insultes (1 directeur sur 10). Le second que met en évidence « la victimation répétée » est qu’1 directeur sur 2 déclare avoir subi au moins une agression au cours de l’année (dont 1 sur 5 de deux natures différentes et d’1 sur 10 de trois natures différentes)."

Ecoles : Polémique sur une enquête de victimisation

Et la polarisation sur ces prétendues agressions a laissé dans l’ombre d’autres aspects de l’enquête, plus révélateurs de la dégradation des rapports école-famille. « Près de 6 directeurs sur 10 pensent que les parents ne savent pas ce qu’il faut faire pour aider leurs enfants à la maison et 1 sur 2 indique que ces mêmes parents n’inculquent pas à leurs enfants les valeurs républicaines de l’école. Ces résultats sont inquiétants car ils sont la marque d’un doute sur la capacité d’aide des familles mais aussi d’une défiance construite ici sur le reproche de ne plus être le relais de la transmission des valeurs du "vivre ensemble" de "l’école libératrice" et du sens de la "laïcité" ».

Ecoles : Polémique sur une enquête de victimisation

Mais paradoxalement, en 2013, par rapport à une enquête de 2004, le constat est que 6 directeurs sur 10 déclarent que le climat de leur école est bon ou excellent et 9 sur 10, satisfaisant ou plus. En neuf ans, on note une nette amélioration générale : plus de 13 points sur le registre «excellent/bon», 10 points sur celui de «satisfaisant et plus» et une baisse importante (–10 points) sur le registre moyen/médiocre/exécrable.

 

Mais là aucun gros titre, aucune émission et pas de Schneidermann pour laisser la parole à l’accusé, coupable forcément coupable, Fotinos !

 

 

* Procédé classique de Schneidermann, l'insinuation diffamatoire : ainsi, au lieu de discuter du bien fondé d'un projet de transformation de l'Avenue Foch, il s'en prenait à la personne, Rozenblat, qui lançait ce projet. Ici, ce n'est pas le travail de Fotinos, qu'il n'a visiblement pas lu, qui est analysé, mais sa personne même qui est sournoisement mise en cause : disciple de Chevénement il dénoncerait encore les "sauvageons" devenus parents ; financé par la CASDEN, il chercherait, en noircissant le tableau, à faire vendre de l'assurance aux enseignants. L'attaque ad hominem économise une critique honnête d'une proposition ou d'un travail.

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 16:56
Regina Martínez Pérez journaliste de l'hebdomadaire Proceso, assassinée le 28 avril 2012.

Regina Martínez Pérez journaliste de l'hebdomadaire Proceso, assassinée le 28 avril 2012.

Schneidermann, le donneur de leçons, a une fois encore pris la défense du Mexique que la presse Lagardère calomnie, en agitant l’affaire Versini comme autrefois lémédias français s’excitaient sur l’affaire Cassez. Et derrière la presse Lagardère qui découvre-t-il ? La dame Trierweiler qui à coup de touittes impose sa loi à la radio d’état, entendez France Inter et l’infâme Cohen.

 

Affaire Maude Versini : Florence Cassez le retour (une coproduction Trierweiler-Lagardère), titre Rue89 où Schneidermann a son rond de serviette. Le journal de 8h, sur France-Inter, lui a fait découvrir l’histoire de Maude Versini, dont l’ex-mari, Arturo Montiel, richissime Mexicain, a enlevé les trois enfants (l’affaire date quand même de noël 2011). « Reste une question : pourquoi ces feuilletons, avec belle Française persécutée, s'abattent-ils exclusivement sur le Mexique ? Mais enfin, réfléchissez deux secondes, c'est évident. Parce que le Mexique, on vous le dit, on vous le répète, "n'est pas une vraie démocratie". Parce que toute décision judiciaire y est présumée suspecte, tout reportage dicté par le pouvoir ou les cartels, tout politicien corrompu*. Et l'on n'est peut-être pas au bout de nos surprises. »

 

Eh bien, rendez-vous compte, Reporter sans frontières et une « World Association of Newspaper and News Publishers » (WAN-IFRA : sans doute un faux-nez de la CIA) ont osé demander que Hollande, lors de sa visite à Enrique Peña Nieto, Président du Mexique, aborde la préoccupante situation de la liberté de l’information au Mexique où 80 journalistes ont été assassinés et 17 ont disparu. Ces infâmes calomniateurs du Mexique osent prétendre que ces prétendus crimes restent impunis à cause de la collusion entre le crime organisé et certaines autorités politiques et administratives corrompues.

 

Ils osent aussi prétendre qu’il y a un climat hostile à la presse, les journalistes étant constamment victimes d’intimidations et même d’agressions de la part des forces de l’ordre : ils dénombrent 65 agressions lors de la couverture de manifestations dont celle de Melina Zurita de l’AFP.

 

Avec une arrogance insigne, ils estiment nécessaire de réformer en profondeur le système judiciaire afin de lutter contre l’impunité et garantir la protection de leurs collègues mexicains et, audace suprême, ils exigent qu’aient lieu de véritables enquêtes sur les assassinats, menaces et attaques des acteurs de l’information.

 

Et à qui demandent-ils de porter ces revendications ?

À un président qui a changé d'un claquement de doigt le chef du parti au pouvoir, dans un pays où un repris de justice a été bombardé ministre par commodité, et où la radio d'Etat est aux ordres d'un tweet de l'ex-favorite.

 

Délicieux numéro d’amalgame où l’honnêteté intellectuelle du chroniqueur étincelle une fois de plus. L’expression « repris de justice » désigne certes une personne qui a déjà subi une condamnation, mais qui risque d’en subir une nouvelle. Qui parle d’Alain Juppé comme d’un repris de justice ? On peut donc critiquer la nomination d’Harlem Désir comme sous-ministre (ou celle de Cambadélis comme successeur à la tête du PS) sans employer ce terme un poil péjoratif. Quant à cette radio d’état, qui fleure bon le totalitarisme qui nous accable, elle est comme un écho à cette STASI que dénonçait M. Bismuth-Sarkozy.

Mais on voit mal pourquoi elle serait aux ordres d’une « ex-favorite », là aussi expression raffinée, qui évoque un royal ancien régime.

Reporters sans frontières pire que la Presse Lagardère et la radio d’état pour salir le Mexique !

Faut-il préciser au passage que toutes les horribles calomnies énoncées par RSF sont tirées de « Proceso », hebdomadaire mexicain qui ne semble pas inféodé au groupe Lagardère et qui a longuement, depuis au moins 2012, parlé de l’Affaire Maude Versini ?

 

Car après avoir fait les choux gras de la presse du cœur mexicaine, le couple Versini/Montiel alimente du coup un feuilleton pipeul, sur fond de divorce, dont les trois enfants sont l’enjeu.

Pour faire vite, la belle Maude en publi-reportage à Mexico charme le gouverneur de l’état (le Mexique est une fédération) à l’allure aristocratique ; bien que de 30 ans son aîné, il la séduit ; lui fait des faux jumeaux d’abord (garçon et fille), puis un garçon. Mais l’ambitieux gouverneur, doit retirer sa candidature à la présidence sous le coup d’une accusation de fraude. Il sombre dans l’alcoolisme, devient violent.

Sa belle et jeune épouse divorce. Elle obtient de la justice mexicaine la garde des trois marmots. Retour en France. Mais après les vacances de Noël 2011-12, le père refuse de renvoyer les enfants. Il l’accuse de violences physiques et psychiques. Elle ne peut joindre ses enfants que quelques minutes par mois. Arturo Montiel, le père, est selon les sources le cousin, l’oncle ou le parrain de l’actuel Président du Mexique, Enrique Pena Nieto. Au bout du compte, la justice mexicaine lui aurait donné la garde des enfants, mais sans que la mère ait été entendue.

 

Proceso encore, met à la une sur son site le caso Montiel-Versini : le Ministre des affaires étrangères, Fabius donc, plaide pour une solution humaine, nous informe-t-il.

 

Ces deux affaires – si ce n’est qu’elles ont pour cadre le Mexique – sont très différentes. Dans le cas de F. Cassez une condamnation pour enlèvements avec une opinion publique poussée à vif par des reportages télévisés bidons. Dans le cas Versini/Montiel un conflit sur la garde des enfants, hélas assez classique dans les couples de nationalités différentes, où la mère ne semble pas avoir pu se défendre d’accusations graves de maltraitance.

 

Faut-il ajouter que Hollande s’est gardé d’attaquer bille en tête sur ce sujet, contrairement à son prédécesseur ? Et que, dans les deux cas, des médias mexicains sont en première ligne pour critiquer une justice trop sensible aux pressions.

 

 

* La Vanguardia (Espagnole) dans un article du 24 février 2005 écrivait : « Maints exemples confirment que le politique mexicain est le mieux payé du monde, le plus inefficace (incapable qu’il est de voter les réformes les plus indispensables) et l’un des plus corrompus. Les politiques mexicains conçoivent leur carrière comme une affaire juteuse. Une étude du Centre de recherche et d’enseignement économique a démontré que le salaire du président Vicente Fox était supérieur à celui que touchent les chefs d’Etat ou de gouvernement des pays les plus riches. » (traduction tirée de Courrier International).

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 22:22
Sapir victime du “fascisme doux”

Moscovici, ci-devant ministre et M. Colombani, ci-devant ex Directeur du Monde – M. Sapir aime beaucoup l’expression ci-devant – s’en sont pris à ce grand économiste cher à M. Schneidermann qui lui a été victime d’une infâme attaque d’un certain Cohen. Pour M. Sapir, « il est clair que l’on n’a pas affaire à des dérapages individuels ». « On retrouve ici la trace des méthodes du « fascisme doux » décrit par nombre de romanciers, dont évidemment Aldous Huxley dans le « Meilleur des Mondes » »

Monsieur Jacques Sapir, économiste, spécialiste de l’ex-URSS, est aussi un chantre de la sortie de l’euro. Moscovici, dans un débat avec Marine Le Pen, l’a qualifié d’extrême-droite. Erreur, peut-être, car ce n’est pas parce que la dame Le Pen est Sapirienne à tout crin que Sapir est Lepéniste. Même s’il a produit dans la presse russe (Izvestia) un article sur le F-Haine où, entre autres, il affirme qu’il sort du ghetto et devient un parti respectable. (voir la version anglaise). M. Sapir est aussi la coqueluche d’ «Arrêt sur images» (@si) dont l’éconaute (sic) A.-S. Jacques s’est entichée de lui. Elle a même organisé un débat entre lui et … Mélenchon. Or  en 2009 il soutenait le Front de Gauche à l’occasion des élections européennes. Mais, de son propre aveu, tout en ne refusant pas de diffuser son credo anti-euro chez les amis de Dupont-Aignan, il plaide pour la nomination de Jean-Pierre Chevènement comme Premier Ministre. Est-ce faire de l’amalgame que de rappeler une certaine porosité entre les soutiens de Chevènement et ceux de Marine Le Pen ? Mais oui, bien sûr.

 

Le sieur Colombani, ci-devant ancien directeur du Monde, directeur de Slate.fr, comme il dit, a lui osé, à propos de la manifestation dite « jour de colère », dénoncer « Une France du rejet de l’autre – aussi bien l’immigré que l’Européen, l’Arabe ou le Juif – [qui] est en train de s’affirmer. C’est la France du repli identitaire et du refus de l’euro. Cette France-là a toujours existé. Elle a toujours été minoritaire (sauf pendant le régime de Vichy). Mais elle trouve aujourd’hui, au prétexte de la crise, davantage de canaux d’expression. » Répétons-le, il vise ce défilé côte à côte à Paris de toute une série de groupes extrémistes rassemblés par des slogans ouvertement antisémites. Mais, crime suprême, et bien que, de fait, des pancartes fleurissaient sur ce thème au milieu d’autres dans cette manif, il a osé parler du « refus de l’euro » : Sapir s’est senti visé !

 

Qui n’a rigoureusement rien à voir – si ce n’est l’admiration éperdue du patron d’@si à son égard – Schneidermann a été victime d’une affreuse (contre)attaque de l’infâme Patrick Cohen, ci-devant journaliste à France-Inter. Pour avoir  dit à Taddéi que, quant à lui, il n’inviterait ni Dieudonné, ni Nabe, ni Soral, ni Ramadan, il avait été descendu en flammes. « Cohen dit en fait «ce n’est pas parce que je ne les juge pas intéressants, que je leur barre l’accès au micro de France Inter. C’est parce qu’ils ont contrevenu à un dogme». Se priver d’invités intéressants parce qu’on n’est pas d’accord avec eux est, pour un journaliste payé par le contribuable, une faute professionnelle. » Avec sa bonne foi habituelle, le donneur de leçons fait dire à Cohen ce qu’il n’a pas dit. Comme le rappelle finement Didier Porte : ''Il y a encore quelques jours, Dieudonné se proposait de vous [Cohen]  envoyer dans une chambre à gaz, je conçois que cela ait pu vous rendre un peu à cran, voire légèrement taqué''. Tellement à cran qu’il s’en est pris à celui qu’il juge responsable de ces malicieuses attaques qui font sourire Porte, Daniel Schneidermann, l'idiot utile des dieudonnistes. Tir de barrage immédiat d’@si et de Porte (qu’on a connu un peu plus inspiré).

Ecrasons l’infâme. Cohen !

Sapir victime du “fascisme doux”

Un horrible complot

 

Et bien pour Sapir cela démontre un horrible complot : qu’il y ait un « plan de communication » ne fait plus guère de doute. Après l’article détestable de Colombani et le comportement odieux du ministre, c’est Daniel Schneidermann, le responsable d’Arrêt sur Images, qui a été victime d’une attaque calomniatrice de Patrick Cohen. Et M. Sapir ne fait pas dans la dentelle « C’est une « ligne » qui est désormais appliquée, de la même manière que dans l’URSS stalinienne d’antan (variante du fameux point godwin) Nous n’avons pas de Bureau Politique en France, mais nous avons un Président. Et c’est de lui que provient cette ligne, à n’en pas douter. » Est-on si loin des pancartes brandies le fameux « jour de colère » : « Hollande dictateur » ? « François Hollande ne trouve plus que dans la politique du mensonge d’issue. Mais, il ne peut que savoir que cette issue ne fonctionne qu’à court terme. On retrouve ici la trace des méthodes du « fascisme doux » décrit par nombre de romanciers, dont évidemment Aldous Huxley dans le « Meilleur des Mondes » »

 

Cet estimable « économiste » intitule une de ses douces diatribes « Ce que Sartre aurait appelé des “saloperies” » démontrant au passage qu’il ignore qu’à propos de Sartre on parle de salauds au sens sartrien du mot et non de saloperies. Mais sans doute, lui aussi à cran, voire légèrement taqué(?) le ci-devant économiste ne recule devant aucune outrance expressive : ignoble, immonde, indigne et scandaleux, diffamatoire bien sûr, même Joseph Goebbels est convoqué.

Sapir exhibe le poids de ses soutiens. De fait, en premier on trouve ‘égalité et réconcilaition’ de cet invité intéressant dont se prive P. Cohen, Soral. Puis Riposte prétendue laïque et franchement raciste. Pas de sa faute certes.

 

Mais laissons-lui la conclusion : Peut-être suis-je un peu paranoïaque, mais enfin, même les paranoïaques ont des ennemis… Sauf qu’il confond ennemi et adversaire. Et qu'il oublie qu'une riposte excessive, est insignifiante, au sens propre, ne signifie plus rien. Car voir un complot dans une expression malheureuse d'un ministre, un article de journal et une contre-attaque, sur un tout autre plan d'ailleurs, d'un journaliste à l'encontre d'un de ses collègues, complot orchestré par le stalino-fasciste Hollande, relève de la complotite aiguë.

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 14:24
Le Monde journal de droite

C’est Schneidermann qui l’assure « Xavier Niel, co-repreneur du Monde[avec] le banquier Pigasse et l'homme d'affaires Bergé, … a achevé de transformer ce journal en journal de droite ».  C’est ce qu’on peut lire dans sa chronique matinale du 9 décembre 2013, chef d’œuvre caricatural du genre : hantises anti Monde et Nel Obs et amalgame grossier.

Le Monde journal de droite

Le ver était dans le fruit, puisque Niel et ses complices n’ont fait qu’achever l’inexorable dérive du Monde. Mais retissons si j’ose dire le fil de la chronique.

 

Tout commence par une « tribune » dans Rue89 d’un certain Michel Faure qui propose de transformer Libé en journal gratuit. Ce Faure est un ancien de l’AFP, du Libé des débuts, puis de L’Express et d’Atlantico (site de droite mais auquel collabore au moins un membre d’@arrêt sur images, site de Schneidermann). Il fut vice-président d’un oxymorique Mouvement des Libéraux de Gauche (MLG)*. L’étiquette de « tribune » montre bien que son opinion n’engage aucunement Rue89.

 

Mais cela permet au chroniqueur qui a ses obsessionnelles cibles de reprendre l’offensive contre le vieux Perdriel (87 balais) qui a racheté – entendez sauvé de la faillite Rue89. Site d’information fondé par des anciens de Libé en mai 2007 « sans investisseur ni groupe de presse, et qui est devenu le premier des “pure players” français, avec plus de deux millions de visiteurs uniques par mois ». Mais dont le fonctionnement  repose sur la pub. Tel un journal gratuit : CQFD dans la logique du matinaute.

 

Et Rue89 vient de subir une infâme attaque : le Nouvel obs** a imposé “un « changement du haut de la page » (URL, « header », « favicon »), rétrogradant Rue89 au rang d’« apporteur de contenus » pour Médiamétrie et sacrifiant l’identité de notre Rue”, écrivent les journalistes en grève pour le coup ! « Et pourquoi cette annexion sauvage ? demande Schneidermann. Pour que l'audience de Rue89 soit comptabilisée avec celle de L'Obs, afin de permettre à l'entreprise de Perdriel d'imposer de hauts tarifs publicitaires. » Notez la sauvagerie d’un  Perdriel qui a mis brutalement 7,5 Millions d’euros pour sauver Rue89. Et, de fait, tenter de vendre à hauts prix de la pub pour un site d’information qui ne vit que de cela est d’une affreuse logique libérale.

 

 

Mais Niel dans tout cela ?

Perdriel, 87 ans répétons-le, dans un entretien à Buzz Média Orange-Le Figaro, dit vouloir assurer « l'avenir du groupe et plus particulièrement celui du Nouvel Observateur que j'ai fondé il y a cinquante ans avec Jean Daniel, mon frère, mon ami. C'est un journal mendésiste, social-démocrate de gauche. C'est un journal du cœur qui défend depuis cinquante ans la veuve et l'orphelin, les pauvres et les gens victimes des excès de puissance de l'État.». Et donc « cherche, dès maintenant, un ou plusieurs actionnaires qui prennent une partie du capital, majoritaire ou minoritaire, du Nouvel Observateur. (…) Je cherche une ou plusieurs personnes qui, si possible, me ressemblent et qui puissent garantir l'indépendance éditoriale et la ligne politique sociale-démocrate du journal. »

 

Et il répond « Pourquoi pas » quand on lui demande si le trio Niel-Pigasse-Bergé pourrait correspondre à cette définition. Et il dit le plus grand bien de Niel. Ce Niel donc qui a achevé de transformer Le Monde en journal de droite.

 

Tout cela se conclut dans un triste délire : « Quand Niel aura racheté L'Obs, il ne lui restera plus qu'à racheter Libé, à rendre l'ensemble gratuit… » !

 

Si on résume : une tribune prône la gratuité pour Libé (ce que le lecteur bas-poitevin que je suis, et qui donc n’aurait pas droit au dit gratuit dans le métro, réprouve) ; cette tribune paraît dans le pure player (faux anglicisme assez laid) Rue89 ; cette Rue a des divergences avec son nouveau proprio sur une modification de son header (en français en-tête) ; proprio qui d’un âge certain veut assurer la pérennité de son groupe et ne rejette pas une alliance avec un certain Niel qui avec deux autres a sauvé Le Monde ; Le Monde qui, ne partageant l'idéologie du patron d’@si, est de droite.

On est dans une sorte de forme de raisonnement style « marabout, bout de ficelle, selle de … » où l’honnêteté intellectuelle du chroniqueur est un peu estompée par ses œillères dogmatiques et ses haines recuites.

 

 

 

* Schneidermann, le disant  membre du Parti Libéral Démocrate qui "entend reprendre le flambeau de Démocratie Libérale, formation disparue en 2002, avec le retrait d'Alain Madelin de la vie politique", j’ai posé la question directement à l’intéressé, M. Faure, qui m’a fort aimablement répondu :

« Comme l'écrit Schneidermann, je suis bien membre du bureau national du Parti libéral démocrate (PLD). Je fais par ailleurs partie des membres fondateurs du Mouvement des Libéraux de Gauche, et si j'en suis toujours membre, je n'y exerce plus aucune responsabilité, en accord avec les statuts du MLG dont le site, peut-être, n'a pas été révisé depuis longtemps.

Si vous me posez cette question, c'est que le sujet de la libre opinion que j'ai écrite sur l'avenir de Libération vous intéresse, je vais vous préciser deux choses.: je ne suis plus journaliste salarié depuis que j'ai quitté L'Express le 31 décembre 2004, quand le magazine a été racheté par la Socpresse, c'est-à-dire par Marcel Dassault, parce qu'un patron dont l'industrie dépend des commandes de l'Etat n'a rien à faire dans la presse, à mon humble avis. Je travaille désormais dans l'édition en tant que lecteur, traducteur et auteur chez Robert Laffont, et comme auteur aux éditions Perrin. Si je continue, de temps en temps, à écrire dans les médias ou sur le web - et j'ai eu une activité de blogueur sur Rue89 ("Panamericana") sur l'Amérique latine, pendant quelque temps - mon activité journalistique est devenue très rare, généralement sous forme de libre opinion, pour le plaisir d'écrire ce que je pense de tel ou tel sujet (j'ai par exemple écrit tout le mal que je pensais récemment de "l'Alternative" née de l'alliance Borloo - Bayrou dans l'Opinion, tribune que j'ai signée en précisant que j'étais membre du BN du PLD.). Je vous dis cela parce que Schneidermann me reproche de n'avoir pas précisé que j'était membre du PLD dans mon article sur Libé. Soit, mais à Rue89 comme à Libération, comment dire, je suis en famille. J'écris sur Libé en tant qu'ancien de Libé, et dans Rue89 où je connais tout le monde (des anciens de Libé, eux aussi, bien sur) et je n'ai pas ressenti le besoin de préciser mon militantisme libéral dont je ne fais, par ailleurs aucun mystère. C'est le deuxième point que je voulais préciser. Je suis fier d'être libéral, de travailler pour la défense des libertés, pour réclamer que l'Etat reprenne sa juste place, mais là, c'était l'ancien journaliste de Libé qui parlait, et mes idées libérales n'avaient pas grand chose à voir avec ma nostalgie, mes souvenirs de jeunesse, mon inquiétude pour le sort de ce journal et ce que son éventuelle disparition signifierait pour moi. Faites un tour sur Facebook et Twitter et vous verrez que j'y suis discret sur mes humeurs ou ma vie privée, mais très disert sur le libéralisme.

Enfin, on peut penser ce que l'on veut de mon idée de gratuité pour l'avenir de Libération, et je m'attendais à des messages critiques ou favorables à cette idée, à des arguments pour ou contre. Ce que je reproche à Schneidermann c'est un réflexe digne d'une pensée totalitaire qui disqualifie ce que j'écris sous le seul argument que je suis libéral. Nous sommes là, convenez-en, dans la stratosphère de l'analyse ! Une telle démonstration d'intolérance intellectuelle, je vous l'avoue, m'a laissé pantois. »

Inutile de dire que si je partage la conception libérale de la Loi de 1905 affichée par A. Briand, le social-démocrate que je suis n'adhére pas au libéralisme économique défendus par des disciples d'A. Madelin.

 

** "Juste une précision pour, peut-être, expliquer les attaques répétitives de Schneidermann contre l'Obs : je me souviens  qu'à la mort de Françoise Giroud, le même Schneidermann avait postulé pour la remplacer comme chroniqueuse télé de l'Obs et qu'on lui avait dit d'attendre un peu que le cadavre soit froid " J.M.B. ancien journaliste du Nel Obs
 

 

N.B. D’aucuns pourraient – à juste titre – m’accuser de faire de Schneidermann une tête de turc. Je plaiderais que je ne suis pas un anti-Schneidermann primaire. Du temps d’Arrêt sur images sur la 5 rares furent les n° ratés. Quand il fut viré, nous étions de ses défenseurs. Quand le site fut créé, des premiers abonnés. Dans l’anti-sarkozysme, union bien sûr. Mais les premières failles vinrent de l’affaire Cassez où, pour le plaisir de se payer des collègues -  Les medias français non plus, qui mutiplient les interviews de la prisonnière, en se contentant de répéter paresseusement, pour tout rappel des faits, qu'elle"clame son innocence" – il bafouait la présomption d’innocence et calomniait des correspondants au Mexique qui ne se contentaient pas de répéter paresseusement les protestation d’innocence, mais montraient les failles béantes d’une pseudo enquête. Loin de reconnaître ses erreurs, il persistera dans la méchanceté perfide au retour enfin de F. Cassez. Sa dérive éditorialisante – « arrêt sur images » devint le plus souvent un titre vide – sa mauvaise foi  ont fini par lasser définitivement mon attachement au souvenir de ce qui fut une émission novatrice.

Alors oui, je suis un anti-schneidermann secondaire.

Le sophisme de Schneidermann

 

La dernière chronique de D. Schneidermann – La niélisation du Monde (Libération 16/12/13) – est un magnifique exemple de sophisme !

 

Il baptise d’abord dossier « économico-techno-philosophique(?) du moment »l’autorisation de vente en ligne des lunettes ou lentilles de contact que propose B. Hamon, Ministre de la consommation. Le Monde aurait soutenu ce projet. 

Prémisse : le pionnier de la vente d'optique en ligne est un certain Marc Simoncini, ancien patron de Meetic.

Or, Xavier Niel est aussi un pionnier de la Net économie (Free)  et Simoncini et lui seraient partenaires notamment dans une école pour développeurs du net.

Donc, Le Monde, niélisé, s’est transformé en « journal d’influence au service de la net économie ».

Ce qui veut dire, en termes plus crus, que la rédaction du Monde a perdu toute indépendance, ses journalistes sont devenus des larbins.

Est-il vrai ou pas que le monopole des opticiens a abouti à des tarifs d’autant plus élevés que les mutuelles sont entrées en concurrence sur le remboursement et que mieux elles remboursent plus les opticiens renchérissent le prix des produits ? Autrement dit, l’affirmation de B. Hamon que la vente en ligne peut donner du pouvoir d’achat est-elle vraie ou pas ? Questions dont les réponses pourraient éclairer la position éditoriale du Monde contre le monopole des opticiens, Schneidermann, en toute honnêteté intellectuelle, les esquive.

Pas plus qu’il n’explique pourquoi Le Monde ne s’est pas pigassé ou bergété, vu que c’est une troïka - Bergé, Niel, Pigasse – qui a tiré Le Monde de graves difficultés financières.

 

Et loin de relier entre elles des informations parcellaires il s’est adonné à son sport favori : le dénigrement des (ex)collègues avec l’accusation gravissime d’avoir été stipendiés par un de leurs proprios.

 

Envoyé au Courrier des lecteurs de Libé

 

Quand Shneidermann Freecote !

 

 

 

 

Copie d'écran du bandeau déroulant sur le site d'arrêt sur images

Copie d'écran du bandeau déroulant sur le site d'arrêt sur images

La découverte de cette invitation aux Freenautes m'a amené à envoyer ce message :

Très drôle cette adresse aux "Abonnés Freebox" leur annonçant qu'"Arrêt sur images passe en clair", etc.
 
Dans Freebox, il y a bien Free ? et dans Free - ou plutôt aux manettes- il n'y aurait pas l'affreux, l'horrible, l'abominable NIEL ? « XavierNiel, co-repreneur du Monde [avec] le banquier Pigasse et l'hommed'affaires Bergé, a achevé de transformer ce journal en journal de
droite ».  Voilà ce qu'on pouvait lire dans la chronique matinale 9h15 du 9décembre 2013 !
 
Attention on ne freecote pas avec le diable, même par Freebox interposée.

 

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 18:02
Cette magnifique affiche, après le match aller calamiteux, n'a pas eu toute la diffusion qu'elle méritait.

Cette magnifique affiche, après le match aller calamiteux, n'a pas eu toute la diffusion qu'elle méritait.

Dans le concert de louanges dû à la divine surprise – Rio, bravo ! Samba pour les bleus, etc. – de sages esprits ont su garder heureusement le recul nécessaire et ne pas céder à un enthousiasme suspect, à la hauteur des sarcasmes qui accablaient les traîtres à la patrie l’avant-veille. Nous n’aurons pas la cruauté de rappeler le « coup de sang de Serge Raffy » qui, dans un but peut-être de rédemption, clamait « France - Ukraine : pourquoi la défaite des Bleus est indispensable ».

Encore moins le délire verbal de Pascal Praud qui prétendait que les Français en avaient marre de cette génération « knysna », « ces gens insupportables » !

 

Commençons par le donneur de leçons, Schneidermann qui fustige « ce hooliganisme pépère, consensuel, sûr de l'impunité, de l'actualité footballistique, de l'imaginaire footballistique, sur tous les domaines contigus, la vie sociale, économique, familiale, tout ce qui n'aurait aucune vraie raison d'être ainsi annexé, et subit tout de même la loi de la chaussure à crampon. » « cette condescendance générale autour de la sambaïsation présumée du populo que l'on partage sans la partager tout en la partageant ». Qui veut-il dire exactement dans cette diatribe boursoufflée ? Qui vise-t-il ? En quoi la loi de la chaussure à crampon s’impose-t-elle, ailleurs que dans l’imaginaire schneidermannienn, à la vie sociale et économique (pour la vie familiale, on veut bien, la télé a été souvent monopolisée) ?

L’équipe de France de foute est-elle un concept racialiste ?

On peut deviner dans le « pèpère », le Président de la République qui a pourtant fait preuve de retenue dans son bref commentaire d’après-match. « Les victoires en ce moment on les goûte particulièrement. Surtout quand il y a une ambiance. On dit, cette équipe, elle n'y arrivera pas, elle ne peut pas y arriver. Parce que plein de chose ... elle y est arrivée. Et nous montre un exemple. Il faut y croire » « l'entraîneur, ça compte ».

 

Service minimum et il faut toute la bonne foi habituelle des UMP basheurs pour y voir une honteuse récupération. Ainsi d’un Geoffroy Didier qui touitte : « #Hollande essaie déjà de récupérer la victoire de la France... mais n'est pas Didier Deschamps qui veut! Pour Hollande, c'est carton rouge! ». Il est suivi par le fameux LioNNel Luca « FH pitoyable en pleine récupération sur le dos des bleus qui voudrait tant refaire le coup de Chirac en 1998 pour la coupe du monde... ».

L’équipe de France de foute est-elle un concept racialiste ?

Match truqué ?

 

Mais notre LioNNel ne se contente pas de cette minable mesquinerie, il ajoute : « 1 but hors-jeu, 1 but contre son camp, 1 joueur sorti et voilà comment on sauve les droits Tv de la FFF et les enjeux francophones pour la FIFA.. ». Il insinue donc clairement que le match était truqué.

Noël Le Graët, président de la FFF – il est vrai, un affreux socialo – aurait-il donc acheté l’arbitre ? Voire, tel un Tapie, acheté un joueur pour qu’il marque contre son camp ? Avec la complicité de Blatter qui dirige la FIFA ? Et tout cela, d’abord, au grand profit de TF1 de l’ami Bouygues, ami de Sarkozy s’entend, qui avait mis 130 patates, comme dit Pierre Menez, dans la diffusion des matches de l’équipe de France. Le patelin Nonce Paolini, qui faisait le faraud avant le match, doit quand même être bien soulagé : il est assuré d’engranger de la pub au moins jusqu’aux matches de poules au Brésil.

 

Mais la palme du commentaire revient, sans conteste, à un incertain Eric Domard, conseiller sport du F-haine. Non pas pour ses propos praudiens sur la "rédemption d’une équipe de France dont personne n’a oublié les frasques et le fiasco comportemental lors du dernier rendez-vous en Afrique du sud" avec "le douloureux souvenir de Knysna". Ni même pour avoir – mauvais Français ! – dévalorisé notre triomphe : "Cette victoire, face à une équipe ukrainienne qui n’a participé qu’à une seule phase finale de Coupe du monde dans son histoire n’est ni un exploit, ni une fin en soi." Mais pour ce jugement : « Ce n'est pas le concept racialiste de la France black, blanc, beur, qui a sauvé la France hier soir, c'est un collectif, un état d'âme, une abnégation et l'envie de se surpasser. » C’est beau comme du Finkielkraut ce concept racialiste ! Pour le reste des truismes : de fait il y eut, sur le terrain, enfin une équipe et des joueurs qui en voulaient. Et ça s’est concrétisé par un but de Sakho (black), un but de Benzéma (beur) et un contre son camp d’un ukrainien (blanc).

 

Que Schneidermann se rassure, la chaussure à crampon ne sera pas, comme le sabre de M. Prudhomme, le plus beau jour de la vie de François Hollande, annonce de temps souriant. Les emmerdes  - bonnets rouges plus ou moins bretons, rose bonbon des anti-mariage homo, sans oublier les poids-lourds et bientôt les tracteurs des agrariens encerclant la capitale, etc. – vont encore voler en escadrilles. Même le miracle ukrainien risque de n’être qu’un beau feu d’artifice. Mais au moins il a eu lieu !

 

 

Pour compléter : une analyse du sociologue Stéphane Beaud

et aussi De l’art de retourner sa veste, par Arnaud Tsamère :

"Bon, je préfère être très honnête, cette qualification de l’équipe de France pour le Mondial au Brésil n’arrange pas du tout mes affaires. Moi qui avais en tête d’écrire une chronique bien sentie à l’attention de ces joueurs que l’on aurait définitivement détestés et envoyés au cachot. Ça aurait donné à peu près cela :

"Alors voilà, nous y sommes ! Vous l’avez fait ! Vous avez réussi l’exploit de ne pas qualifier la France à la Coupe du monde au Brésil. Le Brésil, bon sang ! Avec ses… et ses… Je ne sais pas, je n’ai jamais mis un pied au Brésil, mais le Brésil, bon sang ! Capitale mondiale et historique de notre sport préféré ! Et la France sera la seule grande nation de football à rater cela…" Une parodie du Praud attendu en cas de défaite.

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 15:58
Leonarda et le Hollande bashing !

Hollande « tranche dans la chair d’une famille » aboie Schneidermann, plus fort que l’Huma qui consacre sa UNE au « chantage inhumain de François Hollande ». Valls, pour le donneur de leçons, « incarne sans complexe la lepénisation des esprits » et quiconque ne partage pas son « incrédulité et son dégoût » à l’écoute de la proposition présidentielle est voué aux gémonies.

 

Si on revenait tout platement aux faits.

Je n’ai pas compris tout de suite ce qui se passait, j’ai cru que c’était la mère de Léonarda qui voulait être rassurée et en fait, c’était le maire de Levier, [confusion de l’enseignante : il s’agissait de son prédécesseur, M. Philippe] commune de résidence de Léonarda, qui m’a précisé qu’il savait que nous nous rendions à Sochaux et il me demandait expressément de faire arrêter le bus. Dans un premier temps j’ai refusé en précisant que ma mission était d’aller à Sochaux avec tous les élèves inscrits pour cette sortie pédagogique (visite de lycées + visite de l’usine Peugeot). Le maire de Levier, Albert Jeannin, m’a alors passé au téléphone un agent de la PAF qui était dans son bureau [en fait au domicile de la famille] : son langage était plus ferme et plus directif, il m’a dit que nous n’avions pas le choix que nous devions impérativement faire stopper le bus là où nous étions car il voulait récupérer une de nos élèves en situation irrégulière : Léonarda Dibrani cette dernière devait retrouver sa famille pour être expulsée avec sa maman et ses frères et sœurs ! […] nous avons décidé d’arrêter le bus sur le parking d’un autre collège (Lucie Aubrac de Doubs). […] Une voiture de police est arrivée, deux policiers en uniforme sont sortis. Je leur ai dit que la façon de procéder à l’interpellation d’une jeune fille dans le cadre des activités scolaires est totalement inhumaine et qu’ils auraient pu procéder différemment, ils m’ont répondu qu’ils n’avaient pas le choix, qu’elle devait retrouver sa famille [...] ” (à noter qu’une personne qui fait partie des soutiens de la famille Dimani est présente). C’est ce témoignage de la professeure responsable de la sortie scolaire, paru le 14 octobre, qui va déclencher « l’affaire Leonarda ». (témoignage tiré de la Revue de presse de P. Watrelot)

 

Car la reconduite hors de France de la famille Dibrani n’aurait eu d’échos que sur le réseau Education sans frontière (RESF) si, le 9 octobre, Leonarda avait été présente dans sa famille.  Il se trouve que la veille, elle avait découché.  C’est une personne du comité local de soutien aux sans papier qui joindra Leonarda sur son portable. Il saura ainsi qu’elle est dans un car pour une sortie scolaire et  donnera donc l’information aux forces de l’ordre. Non pas que cet ex-Maire de la commune de résidence de la famille soit un horrible complice des expulsions, mais parce que, sachant que le père, en rétention dans un autre département, allait être renvoyé au Kosovo, des soutiens locaux de la famille avaient demandé que soit organisé rapidement le transfert du reste de la famille pour permettre le regroupement familial au Kosovo.

 

« Essentiellement focalisés sur l’objectif de parvenir à regrouper la famille et de ramener la jeune fille auprès de sa mère, l’attention des forces de l’ordre n’a pas été éveillée par le fait que Leonarda DIBRANI se trouve dans un bus dans le cadre d’une sortie scolaire. Elles n’ont pas pris la mesure des enjeux que représenterait une intervention pour interrompre cette sortie. Elles n’ont pas considéré être dans le cadre des instructions interdisant toute interpellation dans des établissements scolaires ou à proximité de ceux-ci. En ce sens, elles n’ont pas fait preuve du discernement nécessaire. » (Rapport sur les modalités d’éloignement de Léonarda Dibrani)

Pour le reste, n’en déplaise à Schneidermann, l’opération s’est déroulée dans le calme et en toute légalité. Et – mea culpa – après le sénateur vert Placé, j’ai cédé à la complotite en soupçonnant le préfet du Doubs d’une opération assez vicieuse pour mettre Valls en difficulté. Il n’y est pour rien.

La courte intervention du chef de l’état a résumé clairement la situation. Compte tenu des circonstances de la récupération de la collégienne de 3e en sortie scolaire, le Président a ouvert la possibilité de son retour si elle le désirait. Celle-ci, harcelée d’ailleurs par une meute de journalistes, a décliné l’offre.

 

Que le RESF qui, dès qu’il y a des enfants et adolescents scolarisés, se bat contre les reconduites hors de France, demande le retour de toute la famille c’est dans la logique de son action constante.

Mais cela n’a rien à voir avec les outrances verbales très mélenchonniennes d’un Schneidermann ou le dérapage de Bernard Roman. Il n’y a eu ni rapt, ni rafle. Tout s’est passé en présence de soutiens locaux de la famille. Et l’offre faite à Léonarda est à la juste mesure d’un manque de discernement dans ce qu’il est un peu abusif d’appeler une interpellation.

Il est vrai que dans le climat d'hystérisation du débat politique tout propos qui n'est pas totalement manichéen, toute proposition quelque peu nuancée ne peut qu'agréger les critiques outrées et outrancières des deux bords.

 

PS Quelques mises au point sur des déclarations inexactes : http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2013/10/21/laffaire-leonarda-et-son-flot-de-declarations-inexactes

Mélenchon, Vociferator Ier

D’Imprecator, Mélenchon vire à Vociferator.  Valls pour lui, est à la droite de Marine Le Pen dont Hollande est l’agent électoral. La maladresse de forces de l’ordre, faisant arrêter le car en sortie scolaire pour récupérer une enfant d’une famille en voie de reconduite hors de France, devient rafle. La décision des adhérents parisiens du PCF de repartir, comme aux deux municipales précédentes, dans une liste commune avec le PS parisien, en fait des « traîtres ».

Entre deux mots, il choisit toujours le pire !

 

Blog de Jean-Pierre Rosenczveig

Blog de Jean-Pierre Rosenczveig

Léonarda : indignation(s) sélective(s). F Hollande a raison (542) Blog de Jean-Pierre Rosenczveig, Président du Bureau international des droits de l'enfant

Extraits

19 octobre 2013

On conçoit aisément combien a pu choquer l’expulsion d’une adolescente scolarisée en France depuis presque 5 ans et amenée alors qu’elle était en sortie scolaire à suivre des policiers pour retrouver sa mère et ses frères et sœurs à l’aéroport pour rejoindre le Kosovo […]

[Le gouvernement] coalise quasiment tout le monde contre lui. Dans son camp bien évidemment tous ceux qui attendent autre chose au nom d’une certaine morale et des droits humains ; ceux qui à l’autre bord appellent plus que jamais à une politique très stricte en direction des étrangers en situation irrégulière et bien sûr ceux qui se réjouissent de dénoncer la cacophonie, l’incertitude sinon la faiblesse dans la gouvernance de l’Etat. […]

 

Bonjour le piège ! Il faut retrouver de la raison et déjà prendre le temps de réunir les informations quand beaucoup sont partis à 150 à l’heure sans en disposer. […]

 

De fait, la famille, à juste titre ou non, je suis incapable de l’apprécier, a échoué dans sa demande de reconnaissance du droit d’asile ou d’un droit de séjour commun sur le territoire français. Elle a épuisé tous les recours de droit. La décision est mise à exécution comme bien d’autres le sont tous les jours. Comment faire autrement ?

Le père a déjà été reconduit il y a quelques jours. Sa femme et les enfants devaient le suivre au nom de ce grand principe fondamental, consacré par la convention internationale des droits de l’enfant, que les familles ne doivent pas être éclatées. […]

En d’autres termes l’expulsion d’une famille n’est pas illégale. Séparer parents et enfants contre leur gré le serait.

 

Deuxième élément-clé: une personne mineure n’est pas expulsable. Elle peut être refoulée à l’entrée du territoire français : à l’aéroport notamment […]

Léonarda aurait pu demander à rester en France ou sa mère souhaiter qu’elle reste en France.

On peut donc concevoir qu’au regard de l’émotion suscitée par son départ, Leonarda, désormais au Kosovo, soit autorisée à y revenir au nom du droit personnel dont elle jouissait de ne pas être expulsée [rappel : texte écrit avant l'intervention présidentielle, le 19/X], mais dont elle n’a pas fait usage, et dans la foulée dotée d’une titre de séjour régulier.

On imagine plus difficilement que les pouvoirs publics français acceptent que la famille de Léonarda revienne au prétexte que Leonarda y serait présente. Il suffirait dès lors d’entrer en France avec un enfant pour obtenir l’autorisation d’y séjourner ad vitam aeternam ! […]

Pour autant, au risque de détonner, Léonarda n'a pas un droit de vivre en France avec sa famille comme on le revendique aujourd'hui.

 

Reste que je suis choqué de l’ampleur médiatique et politique prise par cette affaire, sans doute liée au fait qu’on peut mettre un prénom et un visage sur cette jeune fille et bien évidemment au fait d’avoir donné le sentiment de remettre en cause le sanctuaire de l’école, mais encore plus par ces indignations sélectives. Ainsi depuis plusieurs années nous nous efforçons de faire prendre conscience à l’opinion publique du sort souvent préoccupant réservé aux quelques milliers d’enfants étrangers non accompagnés qui arrivent chaque année sur le territoire français. (Voir mes blogs sur les MIE)

[…] Tous les jours des Léonarda se trouvent, à la rue, à la merci de tous les dangers. Qui s’y intéresse ? Quand les médias éclairent le sujet que les relais trouvent-ils un relais ? Que nenni. Pas de manifestations de lycéens ou d’autres !

 

PS Après l'intervention du chef de l'état

[…]

Leonarda refuse de revenir seule. C'est son droit. Comme c'est le droit de la France de maintenir la décision qui résulte de l'échec des procédures de régularisation qui ont respectées les règles applicables dans ce pays. Sa présence en France n'ouvre pas droit à ses parents d'y séjourner[…] il me paraît irresponsable de soutenir que dès lors qu'un enfant est scolarisé sa famille est inexpulsable. Nous nous tirerions une balle dans le pied s'agissant du contrôle des flux migratoires. Tout enfant de moins de 16 ans présent sur le territoire français a le droit d'être scolarisé. Les procédures d'asile sont longues,trop longues, il faut donc encore plus veiller à ce que les enfants soient scolarisés et que les parents puissent travailler, mais scolarisation des enfants et travail des parents ne valent pas titre de séjour même s'ils peuvent en faciliter l'octroi.

 

Militer pour les droits des enfants ne veut pas dire démagogie ou angélisme. La décision du président s'imposait.

 

N.B. C'est moi qui ai grossit certains passages.

http://jprosen.blog.lemonde.fr/2013/10/19/leonarda-indignations-selectives-542/

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