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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 17:02
Un ensoutané harangue les nervis

Un ensoutané harangue les nervis

Un curé ensoutané grimpé sur un kiosque Gare Montparnasse appelle, hystérique, à la curée contre Caroline Fourest. Il a dû oublier de lire l’évangile, le corbeau. « Aime ton prochain comme toi-même » Lui et les nervis qu’il excite doivent s'auto-détester. Les lâches se lâchent.

 

Des jeunes gens très propres sur eux prennent le relais des skins heads aux tenues paramilitaires de Civitas. Le drapeau de la République est agité à côté de celui des chouans. Mais on est plus proche de « Sauvez, sauvez la France, au nom du sacré-cœur », que de la Marseillaise. Et ces dizaines de jeunes haineux se sont donné rendez-vous pour faire la chasse à courre d’une femme seule. Cornes de brume et sifflets remplacent les cors, mais la meute hurlante, tout crocs dehors et bave aux babines, est là.

 

Quel est l’imbécile qui parlait de poursuivre les élus qui ne votaient pas comme il le désirait, jusque dans le moindre village ? Il a été suivi au mot. Mais par le camp censé être à l’opposé. Pour le moment ce sont les élus urbains, de droite – Chantal Jouanno – ou de gauche – François de Rugy – qui sont harcelés à leur domicile privé au petit matin (et au grand dam du voisinage). Mais, voyez leur sens de l’humour, les cagots laissent quelques viennoiseries devant la porte des agressés. Admiration d’un Schneidermann : « Ces pains au chocolat, c’est une trouvaille ». « Harceler avec le sourire » commente-t-il !

Les cagots chassent en meute

Mais ce ne sont pas des pains au chocolat, mais des pains, des coups, comme quelques semaines plus tôt, quand les nervis de Civitas l’ont tabassée, que lui promettait le ramassis de F-Haine et d’intégristes cathos qui l’ont agressée à Nantes, puis à Paris-Montparnasse. Ce qui provoque ce commentaire du même Schneidermann : « à Nantes (…) l'essayiste Caroline Fourest, venue parler mariage pour tous* dans le cadre d'une réunion attrape-subventions du Nouvel Obs, a été poursuivie dans son TGV de retour par les (…) opposants [au mariage pour tous]. Le TGV a été retardé de quarante minutes. Fourest "harcelée, pourchassée, traquée" se lamentait ce lundi matin sur France Inter, la station de son ami Philippe Val. Il faut cette fois saluer le but contre leur camp marqué par les anti-mariage gay. Parvenir à faire passer pour une victime Caroline Fourest, cette figure centrale de la domination intellectuelle d'aujourd'hui, qui a table ouverte dans toutes les radios et toutes les télévisions du service public, cela relève de l'exploit olympique. » Persifflage et perfidie. Petite vacherie au passage sur le Nel Obs, grosses perfidies sur l’essayiste. Que le chroniqueur, critiquant telle ou telle émission, fasse de C. Fourest une figure centrale de la domination intellectuelle – variante sans doute de la pensée unique et autres poncifs – soit. Mais en la circonstance, il s’agit de dénoncer (ou pas) une chasse à la femme d’homophobes misogynes. Schneidermann a choisi de mêler son glaviot aux crachats des lâches qui l’ont pourchassée.

Procession de Civitas

Procession de Civitas

Silence assourdissant**, en revanche, du côté des prélats. MM Vingt-Trois et Barbarin sont aux abonnés absents et laissent le monopole de la représentation chrétienne aux guignols ensoutanés de Civitas. Aucun rappel au message de l’évangile pour les harceleurs des élus ni aux lyncheurs de femme seule. « Aimez-vous les uns, les autres », bisounours ce Jésus, dirait la bourge Bourges qui prône la violence. Et la déjantée Barjot qui proclame que si Hollande veut du sang, il en aura, ça ne les dérange pas nos princes de l’église ?

 

Caroline Fourest participait, à Nantes, à un débat avec Tahar ben Jelloun, Gilles Keppel et Jean Glavany, intitulé « Vers un islam moderne ? ». On peut supposer qu’elle a donné une réponse sceptique à la question. Mais les événements dont elle est victime montrent que l’intégrisme rétrograde et fanatique n’est pas l’apanage de membres d’une seule religion. La dérive d’une fraction des catholiques, attisée par des politiciens irresponsables comme Copé et d’autres, grossie des renforts des identitaires et du F-haine et fort d’une totale impunité, devient extrêmement dangereuse.

 

Et ce qui est arrivé à Nantes, le 13 avril, n’est pas anodin. Il concerne la liberté d’expression et même la liberté tout court. Intimidation d’élus de la Nation. Menaces de lynchage à l’encontre d’une personne, non seulement pour les idées qu’elle défend, mais pour ses choix de vie.

Que faut-il de plus pour que certaines consciences se réveillent ?

 

* Même pas capable de lire le programme des « journées de Nantes » : C. Fourest n’y était pas invitée sur ce thème !

 

** M. Vingt-Trois est sorti de ce silence, si j'en crois Ouest-France (17/04/13), mais non pour condamner les fauteurs de violences qui se réclament de sa religion, pour la déplorer - ô le saint-homme ! - et en faire porter implicitement la responsabilité à ceux qui en sont la cible.

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"Arrêts sur images" : bidonnages de quelques acteurs du Printemps des intégristes

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Entretien avec Caroline Fourest (vers 10' 15") précédé d'échos des radios sur les violences anti-homos

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 14:58

Charlie-hebdoLuz

Je ne sais pourquoi, en lisant Schneidermann, Birenbaum, Marcelle, B. Roger-Petit, j’ai revu le trio de faux-culs Demorand, Guetta et Legrand (De-Gue-Le), au Grand Journal de Canal +, en train de se payer Didier Porte, après sa chronique où il faisait dire à Villepin qu’il empapaoutait le nabot.

 

Mêm’ pô drôle !

 

Passons sur Birenbaum accablé à l’idée d’avoir à soutenir un journal dont les locaux venaient d’être anéantis par les flammes (« J’en ai eu marre d’avance… »). Le propos est totalement décousu.

 

Schneidermann est lui explicite : « Quand on a vu passer (…) la couverture fatale de Charlie Hebdo (…), la question s'est posée: la signaler ou non ? (…) Ce fut non. Pas envie de faire de la pub à cette provocation pas drôle. La dénonciation de toutes les charias, les vraies, les fausses, les réelles, les imaginaires, est un fonds de commerce comme un autre. C'est un placement sans risque (enfin disons, ce matin, sans trop de risque).*** »

Du De-Gue-Le tout craché, avec le « sans trop de risque », pensez-donc, tout l’outil de travail foutu en l’air...

La conclusion est à la hauteur : « Qu'une poignée de cons balance un cocktail Molotov, et l'abstention devient interdite. Nous voilà enrôlés, qu'on le veuille ou non, sous la banderole de la liberté menacée par les cons. Et amenés, (…) à rappeler ceci: oui, on a le droit de dessiner Mahomet à la Une, même si on n'est pas drôle, comme on a le droit de moquer, tant qu'on veut, les imams, les curés et les rabbins, (…) oui, on a même le droit (…) de faire la Une sur la Charia (…) alors que chez nous, en France, à Paris, à quelques stations de métro des locaux de Charlie Hebdo, d'autres cons (se réclamant, eux, du catholicisme) tentent par tous les moyens d'entraver les représentations d'une pièce qui ne leur plait pas, (…) Nous soutenons hautement le droit de Charlie Hebdo à faire la Une sur ces cons-ci, plutôt que sur ces cons-là. C'est dit. On peut passer à autre chose ? »

Pour soutenir, Schneidermann soutient… comme la corde soutient le pendu. Inutile de dire que les commentaires sur Arrêt sur images furent pires encore, avec notamment quelques imbéciles prétendant que Charlie-Hebdo n’attaquait pas les autres religions. Outre que dans le même n° charia une page pratiquement était consacrée aux cathos intégristes évoqués, Charlie venait de gagner un procès intenté par un groupuscule catho-facho  sur son n° spécial-pape.

Charlie-auxchiottes

 

« …que Charlie ne me fasse plus rire devrait, dites-vous, m’empêcher de condamner ? Vous rigolez, là ? Je condamne les atteintes à la liberté d’expression, tiens, comme Voltaire, dans sa scie fameuse : «Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire.»Je condamne avec la plus grande fermeté, ce qui, venant d’un citoyen comme moi résolument athée, ne mange vraiment pas de pain. »

Là c’est du Marcelle, dont on voit toute la dérision de son prétendu soutien. Comme il fait un parallèle avec les ratichons et cagots qui essaient de saboter une représentation théâtrale, il s’en prend aux « pleurnicheries de Castellucci clamant que sa pièce très chiante, loin d’agresser la religion catholique, ne constituait à son endroit qu’un brame d’amour ». Autrement dit, l’auteur de la pièce essayait en vain d’expliquer aux fanatiques qu’ils n’avaient rien compris à une pièce qu’ils n’avaient ni vue, ni lue ! Marcelle nous a donc produit du super De-Gueu-Le !

Faire parler les morts

Le plus marrant dans le lot fut Bruno Roger-Petit, dit BRP, un transfuge du Post (filiale du Monde) au PLUS (annexe du Nel Obs). Car lui fait parler les morts. Guéant, Copé et même Jeanne-Marine Le Pen, toute auréolée de son brevet de laïcité décerné par Mme E. Badinter, se sont sentis obligés, comme dit Schneidermann, d’apporter leur soutien, évoquant sans doute, comme Marcelle, la « scie fameuse » de Voltaire. « Est-ce que le professeur Choron* aurait accepté cela sans rien dire ? » demande le chapô de l’article.

 

Charb et Luz s’expriment par des dessins mieux que par le verbe, mais ils ont cependant ironisé sur ces soutiens. Et, quant à dénoncer des souteneurs suspects, pourquoi BRP n’a-t-il pas mis en relief les identitaires souchiais, à commencer par Riposte soi-disant laïque ?

Charlie suspects

J’étais tenté de reprendre la conclusion d’un excellent article de Jean-François Julliard (Reporters sans frontières), mais comment résister à la tentation de citer Siné-mensuel : « Bien que nos rapports soient assez tendus**, il va sans dire que toute la rédaction de Siné Mensuel trouve dégueulasse et inadmissible l’incendie des locaux de Charlie Hebdo par des extrémistes dégénérés. Nous serons toujours du côté de ceux qui conchient toutes les religions. » En quelques mots tout est dit et nous console des tartuffes qui feignent de soutenir Charlie pour mieux le descendre.

 

* Je ne suis pas sûrs que les jésuites Birenbaum, Schneidermann, Marcelle et B. Roger-Petit trouveraient drôle Harakiri, le seul, le vrai, le mensuel des années Pompidou-Marcellin.

 

** Siné, lui-même, est plus fielleux.

 

 

Charlie maurice

Merdilège

En cadeau « bonus », quelques extraits de commentaires glanés sur « Arrêt sur images » (@si) et sur le + du Nel Obs. En principe donc des internautes sélectionnés, puisque @si est un site payant et le + oblige à avoir un compte fesseubouqueu ou touiteur pour, en principe, trier le lecteur (depuis peu les abonnés aussi peuvent s’inscrire directement, miracle).

Certains de ces commentateurs, qui se la jouent porte-parole du « peuple », font partie de l’agence de notation de la « vraie gauche », la seule à pouvoir attribuer le AAAAA et vous décorer de l’ordre de la grande andouillette gauchesque (proche de l’ordre de la grande gidouille ubuesque).

NB Les pseudos sont indiqués, les patronymes – souvent faux d’ailleurs – ne comportent que les initiales. Les extraits sont parfois tirés de plusieurs commentaires du même auteur, certains étant particulièrement logorrhéiques ! Il s’agit de copiés-collés : ortografe et saint-axe d’origine.

@si

> ce Charlie que je ne lis plus depuis qu'il a choisi de surfer sur la vague anti-Arabe qui sévit en France depuis quelques années, s'acoquinant pour ce faire avec de très droitiers danois et s'emplissant les poches par la même occasion Ndjocka

> des provocations ras-du-gazon entraînent des réactions ras-du-gazon Djac baweur

> C'était une entreprise de marketing. Tant que l'enquête n'est pas bouclée, il est difficile d'affirmer quoi que ce soit et de crier à l'attentat à la liberté d'expression. Il est possible que ce soit plus compliqué que ça. Yanne

> Une seule religion semble déranger les rigolos de Charlie : les musulmans.
Un peu comme le gouvernement. Dont le big boss nous rappelle que la France est un pays "de tradition chrétienne". Non mais sans blague. Je me demande si à Charlie ils auraient eu la niaque de mettre en une : dalaï-lama hebdo, ou torah hebdo...
Mais ils sont pas antisémites, chez Charlie, la preuve : ils ont viré Siné. Et ils défendent les tibétains... Alors.. Sans doute Charlie avait-il besoin de pognon, voilà donc une occase de faire parler de lui, après l'affaire des caricatures de Mahomet. Ce qui est dommage, à mon avis, c'est que Charlie soit rentré dans le rang des bien-pensants, et écrive désormais dans le sens du vent... à la place des journalistes de Charlie, je serais très mal à l'aise d'être soutenue par toute la clique d'extrême droite. En tous cas, la rédac de Charlie doit être vraiment aux anges d'être "soutenue" par Marine Le Pen et consorts... Gavroche

> Cette union sacrée entre ceux qui s'attaquent à l'Islam au nom de la laïcité et ceux qui s'attaquent à l'Islam au nom de nos (prétendues) racines chrétiennes est en effet assez bizarre... et très dangereuse, car on peut parier que ce qui va surnager de cette confusion et emporter le jackpot, ce sont, bien entendu, nos fameuses (et fumeuses) racines chrétiennes. Cultive ton jardin

> Du story telling discount.
Une blague pourrie.
Un dessin bâclé.
Des cocktails Molotov, plus cheap ça n'existe pas à part des allumettes. Poisson

> J'ai autant de mal à soutenir Charlie dans ses délires islamophobes, que j'en aurais à soutenir Minute ou Rivarol dans leurs délires antisémites. Charlie a fait ce numéro spécial pour provoquer des réactions violentes de la part des extrémistes musulmans. Ils ont réellement souhaité ce qui leur arrive, ça faisait partie de leur stratégie. G. M.


> Charlie Hebdo, plus personne n'achetait ce torchon d'où cette une, bien entendu sur les Musulmans, c'est une manière de se faire de l'argent...
Charlie Hebdo comme les extrémistes de droite ont un point commun, ils s'enrichissent sur le dos des immigrés sous prétexte de liberté d'expression... Sémir

> Et si finalement cet incendie était une aubaine ? Et si c'était l'effet recherché ? Et si on attendait le résultat de l'enquête ? Le fiscalite

> Charlie nous enfume. Charlie la bonne conscience à deux balles. Charlie qui sait qu'une fois le processus engagé, ce sera le bordel absolu, la foire d'empoigne. Mais putain, que faut-il avoir dans le ciboulot pour se laisser entrainer dans de telles situation.
Charlie tu ne nous plais plus, mais alors plus du tout. C. A.

> La liberté d'expression a bon dos, fort d'avoir gagné son procès pour les caricatures de Mahomet infectes, moches, pas drôles, Charlie Hebdo récidive. Bysonne

> Le blasphème est dans la volonté de l'équipe de charlie de faire un buzz * commercial , préparé de longue date , sur le dos des Tunisiens ,
Le blasphème est dans la solidarité journalistique sans nuance : parler de liberté d'expression au lieu de signaler la grossièreté d'un humour ** qui a disparu de ce journal  Mona 

> est-ce qu'une vilaine caricature dans un journal satirique, par sa facture grotesque si semblable à celle du juif sous Vichy ne saurait évoquer les dérives du feu Crapouillot? Après l'intervention très controversée de l'OTAN, Il semble qu'ici la cible de la moquerie crée un fâcheux malentendu qui touche plus à l'image du monde arabe en lutte, qu'au caractère religieux. P. N.

 Charlie gueant

Le + du Nel Obs

> Les Faux Subversifs de Charlie Hebdo hébergés par le "Groupe Rotschild / Libération / Demorand", la boucle est enfin bouclée et tous les masques de la Manipulation tombent. Que vous le vouliez ou non, sans cette affaire qui tombe à pic, ce journal était au bord de la faillite. FreezBee - Treize - XIII

 

> Me lever de bon matin pour entendre MM. Guéant et Mougeotte appeler à l'union sacré derrière l'ancien journal de M.Val, et bien que voulez-vous, je me suis dit : mon petit père, tu n'es plus un bisounours, cette histoire pue la provocation; et je n'ai pas encore changé d'avis. P. G.

 

> si Charlie Hebdo n'a plus de corps, il n'a plus non plus d'esprit.
Claude "Maximilien Aue" Guéant a embrassé sur la bouche l'opîme dépouille : on peut la jeter maintenant à la fosse commune...P.L.

 

> on ne peut pas rire d’israël et des sionistes.
Alors pourquoi peut t on rire d'une religion sachant que attisera la colère et la haine de millions de musulmans ?
Lorsqu'on provoque une personne dans la rue en ce moquant de sont appartenance religieuse, avec un peu de chance il ne nous cassera pas la figure.
Mais faire sa a grande échelle dans un média, a quelques centaines de millions de musulman sur terre, c'est forcé qu il y en ait un parmi eux que sa ne fasse pas rire et qui en vienne au mains Lynxd Islamd

 

> leur "humour" n'a plus rien de subversif et faire rire gras, au premier degrés les beauf et les fashos

as-t-on le droit de penser que Charlie est passé de l'autre coté du manche que le titre "charia hebdo" est de l'humour gras qui plait avant tout aux beaufs, aux racistes ordinaires que nos compatriotes de cultures musulmanes doivent se coltiner tous les jour au boulot ou dans les bistrots?

N'importe quel enquêteur ayant un minimum de bon sens envisage toujours comme une hypothèse solide l'incendie volontaire. Attention, je n'accuse pas, je n'en sait rien, pas plus que n'importe qui, mais je m'étonne cependant que 100% des chroniqueurs foncent dans le scénario criminel alors que statistiquement dans pareil cas, le scénario "volontaire" est quand même assez courant.
Ca manque cruellement d'équilibre et de recul tout ça! Blabla 4444

 

> A qui profite le crime... ventes dopées, pub internationale gratuite, seul du matériel assurable touché... j'attends d'en apprendre + avant de juger. VC

> En fait, il y a un réel problème de fond dans ce qu'a fait le Charlie Hebdo, cela concerne l'étiquette "Liberté d'expression" qu'on lui colle. Ce problème est que, la liberté n'existe pas réellement. Si liberté et démocratie signifient : " dire ce que l'on pense et faire ce que l'on veut " Alors il y a une énorme confusion avec le mot " ANARCHIE " Atom Light

 

> Entre "pour un droit au..." et "utiliser ce droit"...il y a quand même un monde. Personne n'est obligé de blasphémer, non plus. On peut rire des chansonnier, de l'humour, même un peu poussé, mais faire "exprès" de blasphémer parce que c'est un droit... c'est une question d'éducation aussi.
Il me semble nécessaire de garder tout de même un minimum de décence. E. M.

charlie pape

 

Pour finir une petite attaque me visant (avec une pseudo traduction bretonne du prénom) : le petit faraud qui prône l’anonymat s’est fait remonter les bretelles par une autre intervenante :

 

Déjà que pour mettre son vrai nom sur un blog pareil, doit pas être futé le JeanFanch..ou bien y croise pas les DRH... Jakez P.

Tragique épilogue le 7 janvier 2015

*** Sans vergogne, le même Schneidermann qui, donc, affirmait, après l'incendie des locaux de Charlie-Hebdo, que la dénonciation de toutes les charias était un placement sans trop de risque écrit maintenant : "On pouvait estimer que les dessins de Charlie flirtaient parfois avec l'islamophobie. On ne s'en est pas privés ici. On ne le regrette pas." Comme si les accusations assez abjectes de faire de la lutte contre les fanatismes un fonds de commerce relevaient du débat.

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 18:26

DSK audience2juilletDans ce feuilleton à rebondissements, où préjugés et sensationnel dominent, le seul gros reproche qu’encourt, à mon sens, DSK est d’être tombé soit dans un piège, soit dans un complot, alors qu’il avait annoncé lui-même qu’il craignait une entourloupe sur une histoire sexuelle. Plus qu’une faute, une stupide erreur. Mais cela n’autorise pas les discours puritano-moralistes dont on nous accable.

 

Je l’ai dit, avec des amis, du côté du cèdre Gouraud, à Azrou, vers midi et demi, nous avons appris, par la bouche d’un ex-collègue, maintenant député Marocain, que Dominique Strauss-Kahn avait été arrêté par la police nouillorquaise pour viol. Sidérés, nous le fûmes. A un point tel que – bien que nous sachions, qu’aussi farceur fût-il, notre ami Hassan n’avait pu inventer un tel canular – nous essayions de repousser l’impossible nouvelle en l’accusant de confondre 15 mai et 1er avril.

 

DSK sarkoNYPD Ces tentatives vaines de bannir l’impensable se heurtèrent à la vue, sur Euronews, d’un DSK salement humilié par la NYPD dont celui qui fait président affichait un T-shirt à sa gloire lors d’un séjour états-unien : visage défait, apparemment menotté dans le dos. Ensuite juste des nouvelles par coups de téléphone. DSK s’enfuyant en catastrophe d’un Sofitel, en laissant des effets et un portable, pour prendre au plus vite un avion vers la France. Capturé au dernier moment, grâce à une ruse de la fameuse police : elle avait demandé à l’hôtel d’appeler DSK pour lui signaler la découverte d’un portable, ce qui avait permis de le localiser.

 

Puis-je avouer, qu’au-delà de l’abattement du vieux (n’ayant pas peur du mot) social-démocrate que je reste, j’étais colère : comment ce camarade ô combien brillant, qui savait qu’on essaierait de le piéger sur le terrain de la provocation sexuelle, avait-il pu se faire bêtement avoir ?

 

Complot ou pas, la fameuse NYPD, chère au little big man, pataugeait un peu dans la semoule. L’horaire premier devait être largement recadré ; la fuite se traduisait par un passage normal à la réception pour régler la note ; l’avion salvateur était prévu, puisque le directeur du FMI allait en Europe pour rencontrer la chancelière allemande ; DSK avait déjeuné avec sa fille ; ce n’est pas l’hôtel, à l’instigation de la police, qui l’avait appelé pour le portable oublié, mais l’inverse ; rien ne justifiait qu’il soit menotté et encore moins qu’il soit incarcéré (le pauvre Jack Lang, pour avoir dit qu’il n’y avait pas « mort d’homme » fut voué aux gémonies, alors, qu’outre une évidence, il voulait dire qu’en général chez les états-uniens, sauf  crime de sang, la détention préventive était inusitée) ;  les conditions draconiennes mises à sa sortie de prison – on ne peut parler de libération- caution énorme, sorties très limitées, semi-geôliers à sa charge… étaient surprenantes. Surprenant aussi le fait qu’une femme de ménage puisse se retrouver seule dans une suite encore occupée. Cela devrait poser quelques problèmes d’organisation à ce Sofitel, incapable de garantir la tranquillité de clients qui payent des sommes coquettes pour des suites.

 

DSK Roudy Bien, mais il fallait faire, si j’ose dire, queue basse. Des traces de sperme avaient été trouvées. Quiconque prenait la défense de DSK était immédiatement taxé au mieux de phallocrate archaïque, au pire de violeur potentiel. Une grande prêtresse du féminisme états-unien accusait ses consoeurs françaises de complicité. Tribunes, libres opinions, etc. pullulaient, signées d’éminentes chercheuses et universitaires. Le schéma était assez uniforme et c’est finalement la « camarade » Yvette Roudy qui le caricature à merveille : « Sans préjuger de la culpabilité ou de l'innocence de celui par qui le séisme est arrivé, il devient - inconsciemment - du fait d'un système judiciaire exceptionnel - le révélateur de pratiques sexuelles masculines ancestrales, banalisées - mais destructrices - couvertes jusqu'ici par des silences, des sourires entendus, de la majeure partie de la gent masculine de la société française, et aussi d'une part non négligeable de la gent féminine. » La formulation est d’un jésuitisme absolu, mais si l’on supprime tout ce qui est entre tirets, elle résume toutes les tribunes prétendument féministes. Avec l’inconvénient majeur pour la camarade Roudy que son point de vue sort la veille des révélations du New York Times. Mauvaise pioche !

 

DSK Banon chezArdissonA côté de ces prétendues féministes à la française ou pas, qui eussent été bien inspirées de ne pas surfer sur l’émotionnel, comme un Sarko sur un fait-divers, un autre procés fut intenté à la presse, pour ne pas avoir révélé ce que tout le monde du journalisme était censé savoir, que DSK était quasi un sérial-violeur. Ainsi « arrêt sur images » s’en prend à Aphatie à propos de l'affaire Tristane Banon*. En effet, dans une émission d’Ardisson, à laquelle participait Aphatie, T. Banon avait accusé DSK d’agression sexuelle. La réaction d’Aphatie avait été assez saine puisqu’il avait dit à Ardisson de couper la séquence, car soit ce que disait T. Banon était vrai et c’était à la police qu’elle devait raconter cette agression, soit elle mentait et les participants se retrouvaient otages de ses mensonges. Après il enquête, mais aboutit à une impasse. Voilà qui n'honore pas sa pugnacité, commente @si. Mais, à part cette affaire (qui, bizarrement, rebondit), ce que beaucoup savaient était que DSK était un queutard impénitent.

 

DSK schneidermann-300 Daniel Schneidermann (DS sans K), patron d’Arrêt sur images, s’est d’entrée institué procureur suprême de DSK. Ainsi, le 24 mai écrit-il : « Qu'on se le dise : la défense américaine de DSK va désormais avoir pour première tâche de décrédibiliser le témoignage de Nafissatou Diallo, pour accréditer l'idée d'un rapport consenti, voire, dans la suite 2806 du Sofitel, d'une tentative d'extorsion ou de chantage, de la part de la femme de chambre. » Apparemment, il n’a rien lu sur le système judiciaire états-unien – c’est le rôle des avocats dans tous les cas de tenter de décrébiliser les témoignages défavorables à leur client – mais il fait preuve de préscience, sauf que c’est le procureur, qui a en principe le rôle inverse, qui a commencé à décrébiliser la plaignante. Il en profite pour se payer une journaliste du Monde qui a l’audace de citer deux guinéens sceptiques (mais peut-être lucides, eux aussi). Il parle en termes quasi bibliques de « l'incrustation profonde du mal(sic) dans les têtes de certains journalistes français ».

Il continue avec plus de hargne quand, justement, le procureur révèle qu’il a des doutes, en tant qu’accusateur, sur la fiabilité de son témoin. Avec « DSK, le film à l’envers », quasi rien sur Cyrus Vance jr., mais il est question d’interviews fiévreuses de strauss-kahniens (qui ? où ? disant quoi exactement ?), suivi d’un immense amalgame avec J. F. Kahn, Lang, BHL, Tron, et il ose affirmer en conclusion avoir fait preuve de « la plus extrême prudence ».

 

DSK01  Mais, comme le procureur (et non les avocats) a confirmé les mensonges dévoilés par le New-York-Times, il importe de tenter, pour tous les anti-DSK, de dégoupiller les grenades. Grande affirmation générale : on peut être menteuse et violée (un commentateur cite même un procès Lyonnais où un accusé de viols de prostituées a été condamné). Puis on passe au cas par cas. La plaignante aurait menti quant à sa demande d’asile aux E-U (sans qu’on sache clairement si elle a inventé des faits – viol par exemple – qui ne figure pas dans sa demande, où, si la vérification de sa demande a fait apparaître des mensonges). C’est normal, tous les demandeurs d’asile le font (ah bon !). Les sommes qui transitent sur son compte : c’est comme cela chez les Peuls et elle n’est sans doute même pas au courant. Contrairement à ce qu’elle a affirmé, non seulement à la police, mais à la 1ère audience, sortie de l’antre luxueux du violeur, elle ne s’est pas claustrée dans le local de service de l’étage (ou un couloir, les versions diffèrent), en attendant le départ du « gorille en rut », mais elle a été dans une autre suite, avant de revenir sur les lieux du crime où on trouvera des traces de sperme sur la moquette et les rideaux, un vrai tuyau d’arrosage, il a, le DSK ! C’est courant, après un traumatisme viol-ent, on passerait en pilotage automatique. Rien en revanche sur les nombreux abonnements téléphoniques, alors qu’elle prétendait n’en avoir qu’un. Rien non plus sur le coup de fil à un ami, un de ceux qui usait de son compte en banque, en prison pour avoir transporté 180 kg de marijuana. Rien surtout, sur le fait, que, dans un pays où un président a failli être destitué pour avoir menti par omission sur une gentille gâterie faite, de son plein gré, par une stagiaire à la Maison Blanche, le mensonge, après avoir prêté serment, est une faute gravissime.

 

Pas découragé pour un rond, DS en remet une couche ! Un tabloïd, après avoir accablé DSK, fait un total revirement et affirme que la plaignante serait une prostituée occasionnelle. D’après Schneidermann, le tabloïd tiendrait cela de détectives à la solde des avocats de DSK. Pourquoi le camp DSK en rajoute-t-il ? s’interroge DS. En effet, rendez-vous compte du scandale, le camp DSK fonce dans la brèche, ouverte par le procureur. Quel culot cesdéfenseurs de vouloir enfoncer l’accusation. Mais en fait, c’est une opération de politique intérieure française. « Diallo simple menteuse maintient encore l'image de DSK sous la ligne de flottaison. Diallo putain, c'est le moindre mal ». Suit une phrase dans la ligne de l’incrustation profonde du mal : « Restera à expliquer la passe, une heure avant d'aller déjeuner avec la fille, et avant de reprendre l'avion pour retrouver l'épouse. » Notre puritano-moraliste, après avoir supputé  une opération de politique française de la part d’avocats new-yorkais, dont ça doit être le cadet de leurs soucis, joue les directeurs de conscience, en oubliant de dire que si DSK allait en Europe, c’était avant tout pour rencontrer Mme Merkel. Le  mot ‘supputer’ apparaît au moins deux fois dans l’article : après le journalisme d’investigation, voilà le journalisme de supputations.

 

Puisqu’il nous y invite, surtout que moi je ne suis pas journaliste, supputons un peu. La plaignante, toute illettrée qu’elle soit, ne peut ignorer tout simplement que les clients de suites qui coûtent si l’on ose dire, la peau des fesses, sont en général assez pèzu. Elle n’est pas la femme de chambre habituelle de ce secteur. Sans vérifier que le client a quitté l’hôtel et encore moins sa chambre, elle y entre, pour tomber sur un quasi priapique, à poil, sortant de la salle de bains. Elle lui accorde ce que Monica accordait à Bill. Mais, elle n’avale pas la fumée, comme disait Damia dans une vieille chanson, et le gorille en rut, tel Larousse, sème à tout vent. Elle réclame la juste rétribution de cet extra. Le mâle, qui croyait que c’était une prestation gratuite ou vexé qu’elle ne lui soit pas reconnaissante qu’il lui ait laissé turluter son membre prestigieux, refuse (au début de l’affaire avait filtré des mots prêtés à DSK disant en substance à la dame qu’il était patron du FMI et qu’il pouvait la faire sauter du Sofitel). La soubrette, comme dirait J.F. Kahn, sort dépitée et amère ; elle rumine sa déconvenue dans la suite voisine, elle revient dans la suite – sait-on jamais, le client, pris de remords, a peut-être laissé un pourboire conséquent. Nada. Et bien, elle va lui faire payer cher, la gâterie…

Pure(?) supputation, bien sûr. Mais qui vaut bien celles de Schneidermann.

 

Reste, après, d’autres supputations et d’autres amalgames.

DSK Loncle François Loncle – surnommé mini-tonton du temps de Mitterrand – s’interroge sur une possible connexion entre la direction d’Accor dont les Sofitel sont une de leurs chaînes d’hôtel et une officine de coups tordus française. Cris d’orfraie de Guéant (sauf erreur sur FR2, on avait droit d’abord à l’indignation du pourfendeur d’enfants d’immigrés, avant d’avoir la cause de ses protestations véhémentes, avec un bref extrait de F. Loncle et sur I-télé, on avait mieux encore puisque la spikerine annonçait que « les socialistes » laissait entendre qu’une officine française aurait pu tremper dans l’affaire DSK, alors que seulement deux d’entre eux le faisaient). Mais on apprenait quand même, qu’alors que Sarko prétendait n’avoir été averti qu’à 7 h, l’Elysée était au courant avant minuit. Détails que Guéant et les autres s’étaient bien gardés de communiquer.

 

DSK Cope Avec Copé, on n’est plus dans la supputation, mais dans un amalgame hardi. Oubliant que celui qui fait président avait dit juste après le début de l’affaire que le PS ne pouvait plus prétendre au monopole de la morale, oubliant que son entourage insinuait qu’il avait un gros stocks de boules puantes contre DSK, il soulignait la prudente réserve observée par l’UMP (B. Debré ne doit pas en faire partie). Pour immédiatement reprocher au PS de ne pas avoir eu la même attitude à l’égard de … Woerth. Alors que Eric Woerth s’est coulé lui-même en surfant de mensonge en mensonge, démontrés l’un après l’autre par Mediapart et/ou Le Canard.

DSKFigaro

Le feuilleton nouillorquais n’est pas fini. Le Figaro, s’appuyant sur un site « Daily Beast », fait parler les cartes magnétiques. Il n’aurait fallu qu’un mois et demi pour que des experts déchiffrent ces cartes ? Et le procureur, sans attendre donc cette expertise, aurait dit de la plaignante qu’elle avait menti devant le « grand jury ». Supputons : Le Figaro, qui après s’être ridiculisé avec une Une sur la fiabilité de l’accusatrice le jour où Vance disait le contraire, essaie de se réhabiliter. Il argue aussi du témoignage de la responsable d’étage du Sofitel : Cyrus Vance et son équipe ne pouvaient quand même pas aussi négliger un tel témoignage qui leur aurait permis de ne parler que de quelques inexactitudes dans celui de l’accusatrice.

 

On le voit, on a encore de quoi supputer et supputer encore.
 

 

 

* Saisi, au hasard d’un zappage, sur BFM télé, un entretien avec l’avocat de Mme Banon : on lui fait entendre un autre entretien avec un biographe – pardon il faut dire hagiographe – de DSK, qui rappelle que depuis des années la dame se répand sur ce viol et que ses interlocuteurs lui disent de porter plainte, si c’est vrai et qu’elle n’en avait rien fait ; l’avocat se contente de salir Michel Taubmann, sans répondre sur le fond, pas plus qu’il ne répond d’ailleurs sur la volonté affichée par sa cliente de ne pas interférer dans le dossier états-unien et même il prétend que la décision était prise avant les derniers rebondissements, alors qu’on laisse entendre que Mme Banon n’aurait pas supporté de voir DSK, à peine libéré de son assignation à résidence, aller dîner avec des amis… Mais, la lenteur de la justice française, aidant, l’affaire Banon risque de traîner un temps certain.

 

N.B. Une mise au point d'Elisabeth BADINTER sur France Inter 6 juillet 2011 ("5 mn avec...") : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=86823

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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 17:35
Courriers : les fesses de Simone, Télérama et le petit N., le Nel Obs et le bac

Les fesses de Simone

 

J’avais réagi sur le site d’« Arrêt sur Images » à un premier article de D. Schneidermann sur cette fameuse une du Nel Obs du 9/01. Chroniqueur à Libé, il en a remis une couche d’où ce nouveau courrier :

Daniel Shneidermann, vendredi (11/01), puis samedi (12/01) deux réactions de blogueurs ("L'insulte faite à Beauvoir") - où on ne sait plus d'ailleurs si c'est le fait d'avoir retouché la photo ou la publication de ladite qui est l'objet de leur ire - tout cela pour dénoncer le crime suprême du Nel Obs : les fesses de Simone à la une ! 

Chez le photographe blogueur, la méticulosité avec laquelle il décrit les techniques de retouches avec force "pastilles" sur les fesses, les cuisses, les jambes sent un peu la tartufferie (Ô, cachez-moi ces fesses que je ne saurais voir). Il semble cependant, dans son souci d'étaler sa science, commettre une petite erreur : S. de Beauvoir n'aurait pas été chez son amant, mais chez un ami de celui-ci. 

Mais ces critiques eussent été bien inspirés d'acheter le Canard de la semaine où ils auraient pu lire, sous la plume de Frédéric Pagès, que le "Castor" provoqua la colère de son ex-amant américain quand il découvrit qu'elle "a voulu faire de nos relations une grande liaison internationale, en me citant nommément et en donnant des extraits de mes lettres. Elle devait être drôlement à sec d'inspiration... Bon sang ! les lettres d'amour doivent rester privées."

S. de Beauvoir semble donc avoir été en avance sur son temps dans l'étalage de la vie privée sur la place publique.  

Alors, ses fesses à la une, avec ou sans retouches, pas de quoi fouetter un chat !

Mais la réaction du Nel Obs m'a semblé aussi totalement démesurée : un envoi à Libé signé de Jean Daniel et de cinq autres, une sélection de courrier sur le style pâté d'alouette (une alouette de critique et un cheval d'approbation) et encore une page en prime. TROP, c'est TROP !

 

Les aventures du petit N.

Mercredi 16 janvier, arrivée de Télérama (Ouh la ! j’aggrave mon cas : rocardien, lecteur du Nel Obs et de Télérama, cédétiste, ouiste : je n’ose imaginer le jugement que me réservent les adeptes de la gauche, la vraie, s’il y en a qui me lisent encore).

Après une niaiserie, dans le courrier des lecteurs, dans le n° double qui précédait les fêtes, sur la méthode globale, nous y avions droit à un courrier d’un autre lecteur, prof, qui écrivait à la manière de Beaumarchais « Pourvu que je ne parle en ma classe ni d’efforts, ni de rigueur, ni d’autorité, […] je puis tout enseigner librement, sous l’inspection de vingt ou trente censeurs.» (on peut supposer que les censeurs en question sont ses propres élèves ?).

Plus extraordinaire, un « A nos lecteurs » où le responsable du courrier fustige ceux d’entre eux qui écrivent sur « les aventures du petit N. » : la sélection du courrier publié est déjà, on le voit pour l’éducation, assez arbitraire, mais de là à donner des instructions aux lecteurs, il y avait une marge… Donc, nouveau courrier :

Très juste cet appel "à nos lecteurs" de M. B. Mérigaud que l'on suppose être le responsable du courrier desdits lecteurs, sauf que, dès qu'on tourne le page, sur quoi on tombe - je vous le donne en mille, je vous le donne en cent - les exploits du fameux "petit N." : "Vous voyez la tête du gamin qui va sortir une bêtise et qui pouffe à l'avance, etc.". Et oui, le journaliste, il est un peu comme le lecteur, il ne peut pas y échapper au petit N.

Mais le lecteur, il aimerait bien échapper aux finkielkrauteries qui ponctuent régulièrement le courrier des lecteurs. Reprenez l'antienne du niveau qui baisse - quand atteindra-t-on l'étiage ? - des méfaits de telle méthode voire de la pédagogie : vous avez de fortes chances d'être publié. Dernier exemple en date, le parodieur de Beaumarchais, prof qui ignore qu'on ne parle pas d'autorité, mais qu'on l'exerce, ni de rigueur, on l'exige, et que c'est en croyant dans le potentiel de ses élèves que l'on obtient des efforts (voir à ce sujet le remarquable "Chagrin d'école" de Daniel Pennac). En revanche, essayer d'apporter un minimum d'argumentation, au lieu de donner dans l'imprécation, vous laisse autant de chances d'être publié que si vous glosiez sur les aventures du petit N.

 

Mais le jeudi suit le mercredi et le Nel Obs nous offre, signé de Caroline Brizard (vous savez la dame qui a commis le calamiteux dossier sur l’illettrisme) un article sur le bac. Avec une grande modération, qui me surprend moi-même, je me suis contenté d’envoyer ce mot :

 

Chiffres chocs, chiffres faux

 

"« Faut-il supprimer le bac ? »(Nel Obs 17/01/08)*. La nouvelle vedette de la rétropensée, le Président de Paris IV Sorbonne, ayant émis ce propos iconoclaste, on n’attend plus la période d’éclosion du « marronnier » (fin mai, début juin) pour enfourcher cette haridelle un peu fourbue.

Quelques chiffres chocs pour commencer : en  1936 : moins de 3 % de reçus, en 2007 : 83,3 % (sic) On se tâte un moment : les bacheliers de 36 étaient-ils si minables que sur 100 qui se présentaient 3 réussissaient le bac, mais non, idiot, sur une classe d’âge il n’y avait que 3% de bacheliers. Donc en 2007, sur une classe d’âge, 83,3% sont bacheliers. Mais non idiot, sur 100 qui se sont présentés, un peu plus de 83 ont été reçus ! Idiot, je veux bien, mais que veut dire cette comparaison que je n’ose qualifier ?

« En France, 60% des étudiants échouent en première année à l’université », outre une construction de phrase un peu biaisée, le chiffre traduirait une augmentation brutale des échecs, puisque un documentaire de canal plus, du 03/09/07 ne comptait que 50%. D’où sortent donc ces 60% ?

Faut-il rappeler que le bac au singulier ne veut plus rien dire : nous ne sommes plus en 36 et il y a au moins trois bacs : le baccalauréat général avec sa hiérarchie, les bacs technologiques et les bacs pro(fessionnels) ?

Faut-il rappeler que le premier diplôme universitaire (au sens strict) est le DEUG que l’on obtient en deux ans ?

Faut-il rappeler que ce n’est pas un examen type Bac où on est reçu ou bien on échoue totalement mais qu’il compte un certain nombre d’unités donnant des « points ». L’échec peut donc y être total (aucun point) ou partiel (le nombre de points obtenus n’est pas suffisant pour passer en 2e année mais il est acquis).

Donc 50 ou 60 % d’échecs ne donnent pas 50 ou 60 % d’abandons. Et ces abandons ne se traduisent pas tous par celui de l’enseignement supérieur (réorientations vers une autre filière, une STS ou un IUT ou une école spécialisée).

En 2001, l’UNI, syndicat qui se revendique de droite (plutôt extrême), notait cet apparent paradoxe d’une augmentation du taux de réussite en DEUG (78 %), avec des échecs toujours aussi élevés en 1ère année: c’était dû – et il le déplorait – à ce que plus de la moitié des diplômés avaient mis 3, 4 ou 5 ans, au lieu de deux. Rappelons au passage que beaucoup d’étudiants sont obligés de travailler pour subvenir à leurs besoins ce qui peut expliquer le temps mis par certains à obtenir le DEUG.

Faut-il rappeler aussi une anomalie flagrante du système qu’est la colonisation des filières dites courtes (IUT et STS), en principe destinées aux bacs technologiques, par les bacs généraux (60% en IUT, 20% en STS) ? Rappeler aussi que les bacs professionnels prévus pour déboucher directement sur le monde du travail n’ont aucune solution en aval. Mais, comme l’Université est ouverte à tous les bacheliers, certains vont y tenter leur chance (quasiment nulle pour un bac pro, très faible pour un bac technologique).

Si l’on ne considérait que les étudiants issus des bacs généraux, et bien qu’ils soient écrémés par les Classes Préparatoires (CPGE), on constaterait un taux de réussite en 1ère année d’université bien supérieur à ces prétendus 50 ou 60%.

On peut résumer ainsi les parcours d’une génération de la façon suivante :

• 6 à 7% de sorties sans qualification

• 93,5% d’accès au niveau V

• 69% d’accès au niveau du baccalauréat (niveau IV)

• 62% d’accès au baccalauréat (dont 33,7 % dans une série générale, 17,3 % dans une série technologique et 11,5 % dans une série professionnelle).

• autour de 50% d’accès au supérieur

• autour de 40% d’accès à un diplôme du supérieur

(source : Rapport final de la commission université-emploi, annexe 1 24 octobre 2006)

Donc, globalement, 1/5e d’échecs, dans le supérieur (ce qui est déjà trop).

Maintenant, faut-il supprimer ou pas le bac, on en reparlera sans doute encore dans dix ans !"

 

* http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2254/articles/a364598-.html

 

Ajoutons que la dame affirme incidemment : « En fait, le grand reproche des anti-bac vient de loin. Des années 1980. Quand la gauche rêvait d'un bac pour tous. » Il se trouve qu’à la fin des années 70 jusqu’au lendemain de 81, j’étais membre de la commission nationale éducation du PS (le nom exact m’échappe, elle était co-pilotée par Louis –dit loulou – Mexandeau et Jean-Louis Piednoir) : je serais extrêmement curieux de savoir où, quand, et par qui a été exprimé ce rêve.

Autre affirmation, que l’on trouve d’ailleurs fréquemment sous la plume des rétropenseurs : le nombre de bacheliers correspond tout bonnement à une politique des quotas (à l’appui de cette assertion elle cite un ancien chef du département génie électrique à l'IUT de Cachan qui s’y connaît en bac comme moi en génie électrique !). Les seuls documents qui accréditent ces thèses sont de classiques recommandations faites aux correcteurs pour tenter d’harmoniser les barêmes de corrections. Bien sûr sont aussi invoquées les commissions de « rattrapage » qui existaient déjà quand j’étais pion au vénérable Lycée de Garçons, David d’Angers, à Angers comme il se doit, en 1965-66 et 1966-67.

 

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23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 11:27

 

« L'annulation par le Conseil constitutionnel de l'article sur les «statistiques ethniques» ne clôt pas le débat. Elle le relance. Et obscurcit encore un peu plus un dossier déjà passablement embrouillé par les controverses juridiques, les passions et les procès d'intention.

La censure du Conseil s'appuie sur deux motifs. L'un de procédure : l'amendement parlementaire en cause était hors sujet. L'autre de fond : en autorisant à collecter, pour les besoins d'études sur la diversité et la discrimination, des données faisant apparaître «les origines raciales et ethniques», il contrevenait à l'article 1 de la Constitution, qui «assure l'égalité de tous les citoyens (...) sans distinction d'origine, de race ou de religion».

Cette lecture «républicaniste» de l'article 1 ne tue-t-elle pas l'esprit du texte en fétichisant la lettre ? On peut en discuter. En quoi est-ce attenter au principe d'égalité que de mesurer l'écart qui sépare les principes de la réalité ? Le but n'est ni de «ficher» les Français selon leurs origines, ni de «consolider des stéréotypes racistes» (SOS-Racisme), mais de poser un diagnostic objectif sur les phénomènes discriminatoires. » Claude Weill (Nel Obs 22/XI/07)

 

Daniel Schneidermann, à l’inverse, étrillant le pauvre Benoît Duquesne pour un complément d’enquête sur les « bandes ethniques » ne veut pas laisser déraper sur le terrain racial l’analyse de tensions qui sont avant tout sociales et économiques. (Libé 23/XI/07)

 

Donc, les contrôles au faciès pur fantasme, la discrimination à l’embauche invention de communautaristes, la discrimination au logement juste une question de cautions financières et, à l’évidence, vouloir mesurer ces discriminations fictives nous ramène deux siècles en arrière (cf http://deblog-notes.over-blog.com/article-13692545.html). Ce serait même, ultime perversité, inciter les enquêtés à raisonner en terme de discrimination, alors qu’ils n’y auraient pas pensé d’eux-mêmes, si la question n’était pas posée.

SOS Racisme loin de nier les discriminations, en fait un inventaire très large. Mais la seule méthode qu’il propose est le « testing ». Méthode nécessaire mais qui ne permet en aucun cas de tenter de mesurer l’extension de ces discriminations.  On pourrait penser que le sympathique « Touche pas à mon pote » a des combats un peu plus urgents que de lancer une pétition jetant l’anathème sur l’INED et l’INSEE, assimilant, avec une assez forte mauvaise foi, leur démarche scientifique avec un comportement anti républicain (alors même que SOS racisme est lui-même l’objet de ces attaques de la part des républicanistes).

Petit souvenir, dédié à D. Schneidermann : dans une ville moyenne de haute Normandie, à la fin des années 70, militant politique de gauche, nous distribuions des tracts dans les boîtes à lettres de la ZUP ; dans chaque cage les patronymes étaient divers. Puis, peu à peu, sont apparues des cages d’escalier beur, black et blanc. L’office d’HLM d’expliquer que c’était pour résoudre des problèmes de cohabitations entre… quel est le terme politiquement correct ?  

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