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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 16:56
Regina Martínez Pérez journaliste de l'hebdomadaire Proceso, assassinée le 28 avril 2012.

Regina Martínez Pérez journaliste de l'hebdomadaire Proceso, assassinée le 28 avril 2012.

Schneidermann, le donneur de leçons, a une fois encore pris la défense du Mexique que la presse Lagardère calomnie, en agitant l’affaire Versini comme autrefois lémédias français s’excitaient sur l’affaire Cassez. Et derrière la presse Lagardère qui découvre-t-il ? La dame Trierweiler qui à coup de touittes impose sa loi à la radio d’état, entendez France Inter et l’infâme Cohen.

 

Affaire Maude Versini : Florence Cassez le retour (une coproduction Trierweiler-Lagardère), titre Rue89 où Schneidermann a son rond de serviette. Le journal de 8h, sur France-Inter, lui a fait découvrir l’histoire de Maude Versini, dont l’ex-mari, Arturo Montiel, richissime Mexicain, a enlevé les trois enfants (l’affaire date quand même de noël 2011). « Reste une question : pourquoi ces feuilletons, avec belle Française persécutée, s'abattent-ils exclusivement sur le Mexique ? Mais enfin, réfléchissez deux secondes, c'est évident. Parce que le Mexique, on vous le dit, on vous le répète, "n'est pas une vraie démocratie". Parce que toute décision judiciaire y est présumée suspecte, tout reportage dicté par le pouvoir ou les cartels, tout politicien corrompu*. Et l'on n'est peut-être pas au bout de nos surprises. »

 

Eh bien, rendez-vous compte, Reporter sans frontières et une « World Association of Newspaper and News Publishers » (WAN-IFRA : sans doute un faux-nez de la CIA) ont osé demander que Hollande, lors de sa visite à Enrique Peña Nieto, Président du Mexique, aborde la préoccupante situation de la liberté de l’information au Mexique où 80 journalistes ont été assassinés et 17 ont disparu. Ces infâmes calomniateurs du Mexique osent prétendre que ces prétendus crimes restent impunis à cause de la collusion entre le crime organisé et certaines autorités politiques et administratives corrompues.

 

Ils osent aussi prétendre qu’il y a un climat hostile à la presse, les journalistes étant constamment victimes d’intimidations et même d’agressions de la part des forces de l’ordre : ils dénombrent 65 agressions lors de la couverture de manifestations dont celle de Melina Zurita de l’AFP.

 

Avec une arrogance insigne, ils estiment nécessaire de réformer en profondeur le système judiciaire afin de lutter contre l’impunité et garantir la protection de leurs collègues mexicains et, audace suprême, ils exigent qu’aient lieu de véritables enquêtes sur les assassinats, menaces et attaques des acteurs de l’information.

 

Et à qui demandent-ils de porter ces revendications ?

À un président qui a changé d'un claquement de doigt le chef du parti au pouvoir, dans un pays où un repris de justice a été bombardé ministre par commodité, et où la radio d'Etat est aux ordres d'un tweet de l'ex-favorite.

 

Délicieux numéro d’amalgame où l’honnêteté intellectuelle du chroniqueur étincelle une fois de plus. L’expression « repris de justice » désigne certes une personne qui a déjà subi une condamnation, mais qui risque d’en subir une nouvelle. Qui parle d’Alain Juppé comme d’un repris de justice ? On peut donc critiquer la nomination d’Harlem Désir comme sous-ministre (ou celle de Cambadélis comme successeur à la tête du PS) sans employer ce terme un poil péjoratif. Quant à cette radio d’état, qui fleure bon le totalitarisme qui nous accable, elle est comme un écho à cette STASI que dénonçait M. Bismuth-Sarkozy.

Mais on voit mal pourquoi elle serait aux ordres d’une « ex-favorite », là aussi expression raffinée, qui évoque un royal ancien régime.

Reporters sans frontières pire que la Presse Lagardère et la radio d’état pour salir le Mexique !

Faut-il préciser au passage que toutes les horribles calomnies énoncées par RSF sont tirées de « Proceso », hebdomadaire mexicain qui ne semble pas inféodé au groupe Lagardère et qui a longuement, depuis au moins 2012, parlé de l’Affaire Maude Versini ?

 

Car après avoir fait les choux gras de la presse du cœur mexicaine, le couple Versini/Montiel alimente du coup un feuilleton pipeul, sur fond de divorce, dont les trois enfants sont l’enjeu.

Pour faire vite, la belle Maude en publi-reportage à Mexico charme le gouverneur de l’état (le Mexique est une fédération) à l’allure aristocratique ; bien que de 30 ans son aîné, il la séduit ; lui fait des faux jumeaux d’abord (garçon et fille), puis un garçon. Mais l’ambitieux gouverneur, doit retirer sa candidature à la présidence sous le coup d’une accusation de fraude. Il sombre dans l’alcoolisme, devient violent.

Sa belle et jeune épouse divorce. Elle obtient de la justice mexicaine la garde des trois marmots. Retour en France. Mais après les vacances de Noël 2011-12, le père refuse de renvoyer les enfants. Il l’accuse de violences physiques et psychiques. Elle ne peut joindre ses enfants que quelques minutes par mois. Arturo Montiel, le père, est selon les sources le cousin, l’oncle ou le parrain de l’actuel Président du Mexique, Enrique Pena Nieto. Au bout du compte, la justice mexicaine lui aurait donné la garde des enfants, mais sans que la mère ait été entendue.

 

Proceso encore, met à la une sur son site le caso Montiel-Versini : le Ministre des affaires étrangères, Fabius donc, plaide pour une solution humaine, nous informe-t-il.

 

Ces deux affaires – si ce n’est qu’elles ont pour cadre le Mexique – sont très différentes. Dans le cas de F. Cassez une condamnation pour enlèvements avec une opinion publique poussée à vif par des reportages télévisés bidons. Dans le cas Versini/Montiel un conflit sur la garde des enfants, hélas assez classique dans les couples de nationalités différentes, où la mère ne semble pas avoir pu se défendre d’accusations graves de maltraitance.

 

Faut-il ajouter que Hollande s’est gardé d’attaquer bille en tête sur ce sujet, contrairement à son prédécesseur ? Et que, dans les deux cas, des médias mexicains sont en première ligne pour critiquer une justice trop sensible aux pressions.

 

 

* La Vanguardia (Espagnole) dans un article du 24 février 2005 écrivait : « Maints exemples confirment que le politique mexicain est le mieux payé du monde, le plus inefficace (incapable qu’il est de voter les réformes les plus indispensables) et l’un des plus corrompus. Les politiques mexicains conçoivent leur carrière comme une affaire juteuse. Une étude du Centre de recherche et d’enseignement économique a démontré que le salaire du président Vicente Fox était supérieur à celui que touchent les chefs d’Etat ou de gouvernement des pays les plus riches. » (traduction tirée de Courrier International).

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