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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 17:45

Ou de l’art de fabriquer quelque chose à partir de rien

Pogba en procès pour un prétendu bras d'honneur !

Honte et scandâââle dans la famille fouteuse. Paul Pogba, un des grands espoirs de l’équipe de France, aurait fait un bras d’honneur, après le 2e but de son équipe contre l’Albanie. Et L’équipe d’y consacrer une bonne page et surtout 20 h foot d’i-Télé de s’enflammer le 16 et d’en remettre une couche le 17 juin pendant 25 minutes.

Pour les sportifs de haut niveau non pratiquants de mon genre qui ne fréquentent que le Canal football club, la découverte de ce 20hfoot sur I-télé peut surprendre.

Autant Hervé Mathoux dirige son émission  avec maestria, recadrant Pierre Menès avec humour, autant Pascal Praud sème la zone avec persistance dans sa propre émission, coupant la parole, contredisant, avec une constance qui l’honore, les participants à sa propre émission. Et si l’on peut deviner en filigrane les points de vue de Mathoux, il impose, lui, les siens sans vergogne et sans retenue.

Mais, masochisme sans doute, le côté foutraque de ce 20 h foute et la mauvaise foi assez fréquente de son animateur m’avaient attiré après que, ayant dit pis que pendre de l’équipe de France lors d’un match aller qualificatif d’une compétition internationale, il avait osé dire à l'issue du match retour flamboyant de la même : « vous n’allez quand même pas me faire un procès » et, tel Clovis recevant le baptême, il s’etait mis à adorer ce qu’il avait vilipendé.

Or donc, à l’issue d’un match des plus crispants, France-Albanie, où il avait fallu attendre la 90e minute pour voir Griezman marquer, puis, dans les arrêts de jeu, Payet doubler la mise. Pogba, qui avait fait la passe décisive, traverse le terrain en agitant les bras. Malédiction, certains ont vu dans ses gesticulations un bras d’honneur.

Bras d’honneur

La technique de base est simple : la main gauche s’abat sur la saignée du bras droit provoquant une sorte de réflexe rotulien inversé qui voit se dresser verticalement l’avant-bras droit. La signification évidente, comme son modèle réduit dit « doigt d’honneur » - index ou majeur dressé verticalement – est « Va (ou allez) te (vous) faire voir chez les grecs ». Car le peuple grec a la réputation, lors de ses banquets, de pratiquer, en conclusion, une sorte de danse des canards à la mode hellène : « Après le dessert, on s’encule en couronne ».

  Coluche nous en donne un exemple éclairant, où l’on voit que le jeune foutebaleur a encore des progrès à faire pour une réalisation techniquement parfaite du geste.

A noter que les experts peuvent combiner bras et doigt d’honneur !

Or donc 20 h foot du lendemain lui consacre déjà toute son introduction avec un Pascal Praud...cureur, son rôle favori (Nasri, Benzema, Aurier et d’autres ont eu droit à ses impitoyables réquisitoires) appuyé par un Jacques Vendroux jouant le père sévère.

Et, comme à son habitude, Praud en remet une couche le lendemain. Pas moins de 25 minutes. Ça démarrait pourtant bien, avec le journaliste qui suit l’équipe de France à Clairefontaine qui dénonce une polémique complètement ridicule car on a cru voir un bras d’honneur. Praud ne le contredit pas, mais quelques minutes après il rétorque à un de ses invités « ne me dites pas qu’il n’a pas fait un bras d’honneur, c’en est un ! »

Et le malheureux avocat de Pogba de se faire tacler par Vendroux qui affirme, sans rire, « des millions de téléspectateurs ont vu ce bras d’honneur*, vous êtes le seul être au monde à ne pas l’avoir vu ! » Et comme ce jeune noir, éducateur du côté de Mantes-la-Jolie, ose persister, il s’entend dire « c’est pas sérieux, il suffit de voir l’image ».

Stéphane Guy, journaliste sportif, ose dire que tout cela ne l’intéresse pas et qu’il était là pour parler de football, il se fait lui aussi renvoyer dans les cordes : « vous n’allez pas revendiquer et soyez heureux d’être là ! » Ça part même complétement en quenouille quand Praud intervertit sa place avec Guy feignant de lui laisser la direction de l’émission.

Mon masochisme ayant quand même des limites, après 25 minutes de cette palinodie, j’ai abandonné la partie pour rejoindre un 28 minutes sur Arte, piloté lui de main de maître et où Claude Askolovitch a fait un rapprochement éclairant entre hooligans russes et casseurs.

Outre donc Olivier Le Foll, le journaliste qui avait entamé l’émission et qui, contrairement à Praud et Vendroux, était pour le moins sceptique on peut lire « Paul Pogba aurait été l’auteur d’un supposé bras d’honneur à destination de la tribune de presse » ici ou « le monde du foot s'embrase sur l'éventuel bras d'honneur de Pogba » sans oublier un billet humoristique intitulé Ceci n’est pas un bras d’honneur !

Et ce qui peut confirmer le démenti du joueur c’est que sa sarabande se conclut par un joyeux plongeon sur ses partenaires qui félicitent le buteur.

Eternel dilemme : en dénonçant cet art de fabriquer quelque chose à partir de rien - avec l’exemple, il est vrai facile car au-delà de la caricature, de 20 h foot - je tombe dans le piège que je dénonce. Et j’endosse à mon tour la robe rouge du procureur à l’encontre de Praud, Vendroux et consorts.

 

* A noter qu'aucun téléspectateur du match n'a vu cette séquence ; elle n'a été diffusée, plus tard, que par une chaîne belge et sur les fameux réseaux sociaux...

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 16:49
Aurier, à bannir ? Benzema, affaire d'état ?

Aurier à bannir à vie ! Benzema : une affaire d’état ! Tout ce qui est excessif est insignifiant, disait Talleyrand. Beaucoup de journalistes – et pas que sportifs – font assaut d’insignifiance.

Or donc, pour les ceusses qui ne suivent pas trop l’actualité fouteuse, précisons que le jeune Serge Aurier, joueur du PSG, sur « Periscope », avec un complice fumant un narguilé, pardon chicha, avait non seulement traité quelques collègues de guez (nuls) mais surtout, crime de lèse-coche, traité Laurent Blanc, son entraîneur, de fiotte. Il croyait – l’innocent ivoirien - que ce Periscope n’était vu que par quelques interlocuteurs et ne laissait pas de trace. Evidemment, ce fut enregistré par un participant et fort sympathiquement diffusé urbi et orbi.

  Tout cela n’eût mérité que quelques coups de pieds au cul de la part des insultés ou des dizaines de pompes en bramant « Pourvu que ça dure, c’est la vie de château », mais les châtiments corporels sont interdits, même dans le foute (sauf sur le terrain et en dehors du regard des arbitres). Au lieu de ça un déchaînement  dont 20 h foot sur I-Télé fut notamment l’écho : le bannissement à vie* était la moindre des sanctions. Touche pas à ton coche ! clamait le chœur des indignés.  Choeur qui, cependant, ne dépassait guère le cercle des journalistes spécialisés, dans les medias.

Rien à voir donc avec le tsunami – cliché employé ad nauseam – de l’affaire Benzema !

Images de vacances en 2013 : avec un chapeau Valbuena, puis vers la droite Gomis et Benzema

Si on reprend l’histoire, il y en a déjà un qui doit regretter de s’être fort civiquement adressé à la police, c’est la victime du chantage, Valbuena. Car pour le traitement discret de son affaire, il repassera.

Or donc, ayant changé de téléphone mobile, il a confié le transfert des données du mobile ancien au neuf à un parasite marseillais, un peu homme à tout faire des joueurs. Ce parasite a prétendu avoir découvert et copié une sextape – entendez, si vous débarquez d’une autre planète et n’avez jamais entendu parler de sextape, une petite auto-vidéo sur une partie de zizi-panpan avec sa partenaire - sur le mobile ancien. Et avec deux complices, il a donc entrepris de faire chanter le petit international.

Idée pas si stupide que cela, un des policiers chargé de l’enquête se fait passer pour le chargé d’affaire de Valbuena. Sauf qu’au lieu de confondre les trois pieds-nickelés et de boucler cette minable affaire en pas plus de temps qu’elle n’en méritait, notre policier va lambiner. Les minables maîtres-chanteurs vont chercher à joindre leur victime par un autre intermédiaire. Et c’est ainsi qu’ils vont tomber sur un autre parasite, mais lui voué au seul Benzema, un ami d’enfance.

Aurier, à bannir ? Benzema, affaire d'état ?

Les calvitos (chauves) ironisent sur l'affaire Benzema :

Le Benzema il est cousu de pèze, il gagne des millions, il va pas se salir pour 150 000 euros ! dit celui de gauche.

Impossible ! ce serait comme si un dirigeant de banque, garni de thunes, gagnant des millions, se commettait à payer son parking avec une carte de crédit "au noir" ! T'imagines ? répond le deuxième;

Hahaha ! conclut celui de tête

 

Traduction très approximative. La "tarjeta black" fait allusion à un scandale qui a concerné des dizaines d'administrateurs des banques Caja Madrid et Bankia : ils bénéficiaient d'une carte de crédit, en principe pour régler leurs frais de représentation, mais qui servait en fait à tous leurs frais personnels et familiaux, jusqu'à 60 000 € annuels, revenus "au noir" non déclarés ! 

 

Police, Justice travaillent à ciel ouvert !

Qu’a dit Karim à son collègue Mathieu dans une chambre de Clairefontaine à un rassemblement de l’équipe de France, on n’en saura que ce que Karim conte lui-même à l’autre Karim, le copain d’enfance, car ils sont sur écoutes. Entre autres gracieusetés, il traitera son coéquipier de tarlouze et, de cet échange, à la syntaxe hardie, il ressortait qu’il proposait à Valbuena de le mettre en relation avec ledit ami – « tu veux régler tes histoires, donne ton numéro, je lui donne et tu vois avec lui » - mais que « s’il veut pas, bah laisse, il va se démerder avec ces piranhas. » Ce qui vaut donc à notre avant-centre du Real, après 24 h de garde à vue, une inculpation de complicité de tentative de chantage et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement !

Et bien sûr, la retranscription de l’écoute policière de cet échange entre Zenati – l’ami – et Benzema se retrouve miraculeusement à Europe 1 et à L’équipe. Plus tard, ce sera le PV de l’audition de Benzema par la juge d’instruction qui arrivera du coup à Lhomme et Daviet, les grands journalistes d’investigation du Monde !

Que des journalistes sportifs se transforment en procureurs implacables ne surprendra que ceux qui n’assistent pas au retournement à 180° entre un match aller minable en éliminatoires pour une coupe du monde et un retour flamboyant : d’indignes les joueurs devenaient des Zhéros avec un Z très majuscule (n’est-ce pas Pascal Praud ?).

Que les hyaineux qui pullulent sur les réseaux plus asociaux que sociaux se déchaînent contre le beur, rien que d’hélas prévisible.

Mais que le premier ministre lui-même vienne y mettre son grain de sel est assez affligeant.

En tant qu’ex-ministre de l’intérieur, il ferait mieux de s’interroger sur ces policiers, non seulement incapables de boucler une affaire simple en quelques semaines, mais faisant fuiter les PV en toute impunité. Et les citoyens que nous sommes, au lieu, pour certains, de se focaliser sur le degré de bêtise et de culpabilité du joueur inculpé, feraient mieux de prendre conscience que l’encombrement de la justice tient aussi des juges eux-mêmes : faut-il des mois d’instruction pour régler une minable affaire de chantage ?

Quant à savoir si le galopin d’Aurier doit rejouer dans son club, le coche a tranché : il a joué ; pari risqué, pari perdu ; et Paris en mauvaise posture. Quant à cette caillera de Benzema, le problème de sa sélection ne se poserait guère s’il jouait aussi bien en équipe de France que dans son club. Le plus souvent, ce fut loin d’être le cas et, contrairement à Valbuena qui se dépense, lui, il donne l’impression d’y traîner son ennui, sur le terrain...

 

* Ce bannissement à vie a provoqué une réaction indignée de François Pinet

Aurier, à bannir ? Benzema, affaire d'état ?

Exagération toute relative car sur le plateau il était bien question de ne plus faire jouer du tout le jeune homme au PSG.

A noter que F. Pinet, qui prend la mouche, n'a jamais joué au procureur et que P. Praud, l'animateur, s'il s'est lancé dans un délire anti-Benzema, a été au contraire très modéré sur le cas Aurier, le ramenant à une gaminerie.

PS Aurier, bien sûr, porte la responsabilité de l'échec du PSG en quart de finale - l'équipe va jusqu'à écrire que Blanc s'est trompé tactiquement et moralement en le retenant lors des deux rencontres avec Manchester City - du journaliste sportif en moraliste !

Et le Karim lui est éliminé de l'Euro au grand plaisir de nos autres moralistes style Bruno Roger-Petit - il faudra quand même qu'il se relise car il me semble qu'il a affirmé que le vilain Le Graet, Président de la fédé de foute, était prêt à tout pour sauver le soldat Benzema - ou Pascal Praud !

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 16:24

De profundis circonflexus ?

 

Ô Muse prête ta lyre à Pascal Praud et consorts, lancés dans un des combats des plus fameux qui se déroule sous nos cieux : la disparition de l’accent circonflexe !

En effet, ce grand journaliste sportif, se lance dans un sport de combat très pratiqué dans l’hexagone : la lutte contre toute retouche, fût-elle minime, de l’orthographe !

La bataille du cirCONflexe

Kôlôssâle finesse que ce chomage qui ne baisserait pas plus s’il avait perdu son accent inutile ! D'autant plus Kôlôssâle que le o n'est pas concerné !

 

Aussitôt le chœur des rétropenseurs se déchaine !

Et à lire les réactions on constate que la microcéphalie a fait des ravages bien avant le virus Zika.

La bataille du cirCONflexe

Un appel martial à la mobilisation générale est lancé par un grand défenseur de la langue française qui a choisi un pseudo anglo-saxon et qui s’emmêle dans ses majuscules (marseillais, Chti).

La bataille du cirCONflexe

Madame Parisot donne dans une sobriété très Sully-Prudhommesque : « Le vase où meurt cette verveine/D'un coup d'éventail fut fêlé » ; pour elle c’est sa douce âme qui est fêlée ; âme qui, cependant, gardera son accent !

La bataille du cirCONflexe

Passons sur le brave garçon qui n’ayant rien lu a peur que l’on confonde sur et sûr !

La bataille du cirCONflexe

Dans le même style de stupidité on a la touitteuse qui redoute que l’on confonde et du sauf que comme sûr l’accent est maintenu.

La bataille du cirCONflexe

Ne passons pas, en revanche, sur ce gâs de la marine qui révèle ses tendances pédophiles ! Et comme le prédécesseur il n’a pas lu le texte qu’il attaque sottement.

La bataille du cirCONflexe

Subtilement un autre réussit à rapprocher l’accent prétendument exclu avec  des migrants reconduits à la frontière (humour de droite ?), sauf qu’il met en cause le pôv Finkie qui n’y est, du coup, strictement pour rien !

La bataille du cirCONflexe

Outre que le texte académique – au sens propre – ne prévoit pas la suppression de ce vénérable accent pondre un # en anglais de bazar pour le défendre est cocasse.

La bataille du cirCONflexe

Là on va atteindre le sublime ! le Môsieu, dont la réflexion sur la langue doit tendre asymptotiquement vers le zéro, nous annonce le commencement de la fin : l’anarchie nous menace, comme les chars soviétiques en 1981!

La bataille du cirCONflexe

Ce semi-lettré qui n’a pas dû lire une ligne du paragraphe sur ce fameux accent, donne dans la même veine catastrophiste. Un seul accent vous manque et la langue est ravagée !

La bataille du cirCONflexe
La bataille du cirCONflexe

Là, avec nos deux ripoublicains, on atteint le sommet de l’abjection qu’on frôlait avec la comparaison avec les migrants : « Je suis Charlie », détourné par ces deux gaillards qui récitent visiblement des éléments de langage*, c’est assez indigne.

La bataille du cirCONflexe
La bataille du cirCONflexe

On peut noter au passage que notre grand journaliste sportif n’hésite pas à relayer de grands défenseurs non seulement de l’accent prétendument menacé, mais aussi de la nation qui ne l’est pas moins ! Qu'il reçoive leurs messages, soit, mais qu'il les reprenne à son compte montre que les préventions à l'encontre du FN ont disparu, en tout cas les siennes, s'il en a jamais eu !

La bataille du cirCONflexe

Le mur du çon cher au Canard est pulvérisé par ce personnage (qui a quand même oublié de fustiger la fossoyeuse du latin, du grec et du français, la remplaçante de Madame Taubira comme tête de turc de la droite et de l’extrême-droite, Madame Najat Valaud-Belkacem, mais c’est implicite).

L’immortel auteur des Rois maudits, l’ex Ministre de la Culture de Pompidou qui fustigeaient les directeurs de théâtres qui venaient avec la sébile dans une main et le cocktail molotov dans l’autre, doit se tordre de rire dans son tombeau de passer pour un fourrier de l’anarchie ! Car c’est lui, Maurice Druon, secrétaire perpétuel de l’Académie française, qui avait officiellement présenté le rapport sur les rectifications de l’orthographe, le 19 juin 1990 devant de Conseil supérieur de la langue française.

Ce texte publié au Journal Officiel de la République Française le 6/12/90 était en fait déjà applicable en principe depuis cette date.

Extraits du rapport concernant l'accent circonflexe.

Si M. Praud et ses émules s’étaient donné la peine d’aller LIRE le texte de l’Académie française, ils auraient pu, dans la partie concernant le fameux accent circonflexe, constater que la réforme est des plus timides. On conserve donc cet accent sur la a, e et o ! L’âme de Mâme Parisot (comme dirait Sarko) doit être rassurée. On ne le supprime que pour i et u, sauf dans les mots pris pour faux exemples par les supporters de Praud : jeûne, sûr, dû, etc.  (et bien sûr dans les conjugaisons).

 

Je laisse la conclusion à M. Luc Cedelle.

La bataille du cirCONflexe

* éléments de langage : la preuve en est donnée avec les deux frères (ennemis) de la côte Estrosi et Ciotti, unis dans la sottise crasse !

Tiré d'Arrêt sur images

Tiré d'Arrêt sur images

Le Figaro mérite une mention spéciale dans l'ordre de la çonnerie qui est surpris par une réforme qui date de 1990 !

Tiré d'Arrêt sur images

Tiré d'Arrêt sur images

Les ripoublicains ont donc foncé à l'assaut. On trouve aussi, bien sûr, Brighelli et le SNALC. Et, à l'extrême droite, le groupusculaire syndicat étudiant UNI qui trouve le moyen de faire deux fautes d'ortografe dans son communiqué.

A noter que Mme Valaud-Belkacem, à qui s'en prennent les imbéciles d'UNI, avait 13 ans quand ces rectifications de l'orthographe ont été adoptées, non pas par le Ministère de l'Education nationale qui n'a pas pouvoir en la matière, mais par le Conseil supérieur de la langue française.

Tiré des Décodeurs du Monde

Tiré des Décodeurs du Monde

Cerise sur le gâteau, Florian PHILIPPOT, le faraud du FHaine, qui croit subtil de faire une belle phrase avec pas moins de quatre ^ qui, tous les quatre, restent, démontrant, si besoin était, qu'il n'a pas lu une demie ligne du texte qu'il attaque bêtement.

La bataille du cirCONflexe

Rassurons Estrosi, Ciotti, Brighelli, Philippot et les autres : le mot ÂNE garde bien son accent circonflexe !

En complément :

A lire Du génie françois et de la querelle du tilde circonflexe

 

Extrait

 

"Pour un tilde circumflexe, un trait d’union, et de menus changements, ce sont les troubles de religion que l’on déclenche. Et l’on invoque, contre tout sens commun, l’histoire, les racines, Dieu, Mont-joie et saint Denis. Pour une Pipistrelle devenue chauvesouris et une feuille de lotus, grimée en nénufar, on crie à Valmy, à la Patrie en danger, à la ligne Maginot."

 

Johan HUFNAGEL

 

La ridicule et dérisoire nouvelle guerre de l'orthographe

 

Extrait

 

"La bataille de l’orthographe est donc relancée, mais de façon particulièrement dérisoire. Quel tintamarre en effet! Toutes les oies de la capitale criaillent, comme si les barbares étaient dans nos murs, qu'ils menaçaient d’égorger les enfants, de violer les femmes, de mettre le feu à notre civilisation. Les vaches sacrées meuglent à fendre l’âme de la France, tel l’académicien Jean d’Ormesson qui dénonce une réforme de l’orthographe, pourtant validée il y a plus de vingt ans par l’Académie française à laquelle il appartenait déjà, ce qui devrait être une sérieuse garantie d’immobilisme. Ça n’empêche pas "Jean d’O" de faire rouler des yeux bleus du tonnerre et des imprécations éclairs : « On ne réforme pas l’orthographe quand il y a des paysans qui se suicident », a-t-il tonné sur RTL. Pardon, Saint Jean Bouche d’OOOOOR, mais qu’est-ce que cette tragédie sociale de la paysannerie  a à voir avec l'orthographe ? Rien, cela va de soi. Les agriculteurs en souffrance servent juste à D'Ormesson d'effets de manche - ou  de mouchoir - pour régler d’autres comptes, mener d’autres combats!"

 

Nicolas Domenach

L'Académie française UNANIME

Grave ou circonflexe


Voici une bonne polémique comme la Frrrrâââânce éternelle en a le secret !
L’académie française (repaire de gauchistes comme chacun sait...) a voté il y a 25 ans en 1990 une "orthographe rectifiée". Le bulletin officiel spécial de l’Education nationale n°11 du 26 novembre dernier (celui où sont publiés les nouveaux programmes) rappelle (pages 23, 114 et 236) que “L’enseignement de l’orthographe a pour référence les rectifications orthographiques publiées par le Journal officiel de la République française le 6 décembre 1990.”. TF1 dans un texte sur son site (le 03/02/16) puis un reportage présente comme un scoop le fait que les manuels scolaires vont devoir enfin en tenir compte et porter un macaron portant la mention "Nouvelle orthographe". Il semblerait que des éditeurs de manuels, en mal de publicité et dans des stratégies de concurrence, aient communiqué sur ce fait comme le souligne Marie Estelle Pech dans Le Figaro du Vendredi 5 février : “Comment faire parler de soi à peu de frais lorsqu’on est un éditeur de manuel scolaire en quête de ventes ? Promettre que la « réforme de l’orthographe » sera appliquée dès la prochaine rentrée dans tous les manuels de primaire…”. En fait, c’est en principe déjà le cas depuis 2008 (même si c’était plus discret et que tous les manuels ne le faisaient pas). Notons par ailleurs que le nouveau socle commun et les nouveaux programmes de 2014-2015 ont eux-mêmes été rédigés en respectant ces recommandations orthographiques (et les Cahiers Pédagogiques l’appliquent aussi depuis longtemps !). Donc, si on résume, il n’y a rien de neuf et d’original dans cette information, ce qui est présenté comme une “réforme” (le mot qui fait peur aujourd’hui) est la continuité d’un processus engagé depuis 25 ans ! Mais tout le monde (ou presque) s’est engouffré dans ce pseudo buzz qui combine tous les ingrédients des polémiques actuelles notamment dans l’éducation : immédiateté, non vérification des sources et copiage circulaire, nostalgie, déploration, sentiment d’expertise de tous...
Si cette polémique est le résultat d’une stratégie marketing et d’une logique médiatique, elle a aussi un soubassement politique et idéologique. Très vite, on a vu sur les réseaux sociaux des hommes politiques et des syndicats de droite s’indigner contre cette “réforme” (pourtant initiée par Maurice Druon !) et fustiger la “baisse du niveau”, le “nivèlement par le bas” et la politique égalitariste et laxiste de la Ministre (qui devait être elle même à l’école primaire en 1990) parce que l’on rectifie l’orthographe de 2000 mots et qu’on supprime quelques accents circonflexes. On retrouve des ingrédients déjà présents dans la composition de la polémique autour du latin : défense de la “Culture éternelle” forcément menacée, référence à l’élitisme républicain, déploration, attaque contre des experts jugés irresponsables et méconnaissant le terrain. Michel Lussault, président du Conseil Supérieur des Programmes interviewé par Sandrine Chesnel de L’Express y voit clairement une manipulation politique et déclare “Je suis très choqué de voir que des enseignants, des éducateurs, n’hésitent pas à falsifier la réalité en faisant un rapprochement qui n’a pas lieu d’être avec la réforme du collège. Chacun a le droit de critiquer l’action du ministère, mais cette critique ne peut pas reposer sur des mensonges éhontés. ”. Plus largement, cette polémique sert aussi de révélateur à tout un tas de rancœurs exprimées de manière de plus en violente et excessive. Et on a même l’impression que la Ministre semble désormais catalyser sur sa personne les haines qui étaient jusque là concentrées sur Christiane Taubira...
Le cabinet de la Ministre devant l’emballement a aussi été obligé de produire un communiqué. A moins que la manipulation politique et médiatique l’emporte, on peut espérer que le soufflé retombe aussi vite qu’il est monté. Heureusement, à côté des articles et reportages télévisés surfant sur la nostalgie on a vu très vite apparaitre (sans ^) des articles faisant un vrai travail d’investigation et de mise en contexte et dégonflant le buzz et les fausses rumeurs. Ainsi, c’est le cas, d’un article de la rubrique “Les Décodeurs sur le site du Monde ou encore une intervention sur Europe1 ou on parle de “ tempête dans un verre d’eau”. Plus surprenant, le titre de Marianne : Quand Twitter s’excite pour rien. Signalons aussi le texte de Louise Tourret sur Slate.fr ainsi qu’un billet du blog Charivari à l’école J’enseigne en nouvelle orthographe et... tout va bien. et pour finir on peut aller lire le texte plein d’humour et d’ironie de Johan Hufnagel dans Libération . Je vous le laisse découvrir, un pur régal.
Pour nous résumer, ce qui se passe depuis trois jours est le produit d’une double logique. D’abord une logique de marketing : certains éditeurs de manuels scolaires ont décidé de communiquer là dessus pour relancer un peu de publicité et surtout reconquérir des parts de marché en mettant en difficulté ceux qui ne voulaient pas appliquer ces recommandations. Ensuite une logique médiatique. TF1 a construit de A à Z le " buzz" autour de cette info en prospérant sur terreau très fertile de la nostalgie et de la déploration (" tout fout le camp, ma bonne dame, même les accents circonflexes !”) et tous les journaux et les réseaux sociaux s’y sont engouffrés.
Débat classique dans l’éducation aux médias : si on peut rétorquer que dès l’instant où c’est en débat dans l’opinion il faut que la presse en parle, on peut aussi considérer que les journalistes ont une responsabilité dans le choix de ce qu’ils mettent à l’agenda ou pas et dans la hiérarchie de l’information…
On aurait pu se dispenser de tomber dans ce double piège et éviter de s’exciter sur le circonflexe pour mettre l’accent sur des difficultés plus aigües et des causes bien plus graves...

P. Watrelot

Revue de presse du CRAP Cahiers pédagogiques

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 13:43
Ne pas souffler sur la Breizh

Coup d’œil sur touitteur. Je tombe sur un message relayé entre autres par l’exquis Pascal Praud, avec la photo de cette inauguration d’une pancarte foklorique Breizh 5/5. Vieille antienne : il faut rattacher la Loire Atlantique à la Bretagne. Les députés Le Fur et Molac honoraient cette guignolade de leur présence. J’ironise donc sur cette sacrée alliance entre l’ex-UMP Le Fur et l’écolo Molac, sous l’étendard de la bretonnitude bretonnante. Et ne peux me dispenser de contester la thèse du 44 arraché à la Bretagne, en rappelant cette évidence : les provinces d’Ancien Régime ont disparu avec la Révolution Française.

Inutile de vous dire que les réactions ne se sont pas fait attendre et que la variante Bretonnante du fameux point Godwin – les Pays-de-la-Loire création de Pétain – était au rendez-vous.

Reprenant la belle photo ci-dessus, j’avais donc envoyé ce message :

« Bravo à M. Molac – député écolo – qui se commet avec Le Fur – UMP grand teint – dans une guignolade “Breizh 5/5”, c’est-à-dire demandant d’abolir 1789.

Eh oui, à cette lointaine époque les “provinces” d’ancien régime furent abolies.

L'histoire ne s'est pas arrêtée en  1514 (ou plutôt 1515 année où Claude, fille d'Anne, fit don de son duché à son époux François I). »

Réponse rapide du député :

« Jean François, tu es mal renseigné. Je ne suis pas un député EELV mais régionaliste.

Si tu me parles d"Ancien Régime. Je te parlerai colonialisme.

L'esprit "Grand Français" on connaît. Si ça t'emmerde que je sois breton faudra t'habituer, j'ai pas l'intention de changer. Quant à la culture bretonne, sous ses formes romanes et celtiques, visiblement on est plus sur des poncifs que sur la réalité. A la revoyur, kenavo. Paul Molac. »

Le tutoiement, s’il ne me choque pas, peut surprendre. Mais comme il fut prof, peut-être est-ce un camarade syndiqué CFDT.

Ne pas souffler sur la Breizh
Ne pas souffler sur la Breizh

En retour, envoi de deux copies d’écran, pour montrer que si je suis « mal renseigné » sur l’étiquette* de M. Molac, je partage cette erreur avec Le Monde et surtout le site officiel de l’Assemblée Nationale.

Le « si ça t’emmerde que je sois breton » est étrange, vu que j’ironisai sur son accointance avec Le Fur et non sur sa bretonnitude. Il devrait écouter Brassens qui a écrit une belle ballade sur « La race des chauvins, des porteurs de cocardes ».

Quant au colonialisme, cet ex prof d’histoire devrait réviser l’histoire du colonialisme, le vrai, ou juste lire Gide « Voyage au Congo » ; ça lui permettrait de relativiser l’affreuse domination coloniale des « grands français » sur la pauvre Bretagne.

Clémentel, Pétain, Pfimlin, De Gaulle, Deferre...

 

Côté touittes, j’ai eu droit au grand classique sur le péché originel : les Pays-de-la-Loire sont une création de Pétain.

   C’est un mensonge délibéré – repris de bonne foi par des militants bornés – puisque le découpage, qui aboutira bien après Pétain aux bientôt ex-régions, date de 1919, œuvre d’un certain Etienne Clémentel, considéré comme le père de la technocratie.

Le décret du 30 juin 1941 reprenait donc ce découpage, au demeurant purement administratif. Prétendre que ce décret (et non décret-loi) a arraché la Loire-Inférieure à la Bretagne n’a aucun sens, puisque, faut-il le marteler, les provinces d’Ancien Régime ont été abolies en 1789. Donc, la Bretagne, en tant que collectivité territoriale, n’existait ni en 1919, ni en 1941, ni après.

 

Décret du 30 juin 1941 attribuant à certains préfets les pouvoirs des préfets régionaux et portant division du territoire pour l'exercice de ces pouvoirs.

 

Nous, Maréchal de France, chef de l'Etat français,

Vu la loi du 19 avril 1941 instituant des préfets de régionaux ;

Sur le rapport du ministre secrétaire d'Etat à l'intérieur,

 

Décrétons :

 

Art. 1er.- Sont attribués aux préfets du Loiret, d'Ille-et-Vilaine, de Maine-et-Loire et de la Vienne les pouvoirs de préfets régionaux définis par la loi du 19 avril 1941.

Les régions placées sous l'autorité des préfets régionaux désignés au paragraphe 1er du présent article prennent respectivement le nom de région d'Orléans, de Rennes, d'Angers et de Poitiers.

 

Art. 2.-Pour l'exercice de ces pouvoirs le territoire est divisé de la façon suivante :

Région d'Orléans. : Loiret, Eure-et-Loir, Loir-et-Cher, Indre, Cher.

Région de Rennes : Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan.

Région d'Angers : Maine-et-Loire, Loire-Inférieure, Mayenne, Sarthe, Indre-et-Loire

Région de Poitiers : Vienne, Deux-Sèvres, Vendée, Charente-Inférieure, Charente.

 

Art. 3.-Le vice-président du conseil, ministre secrétaire d'Etat à l'intérieur, est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel.

 

Fait à Vichy, le 30 juin 1941.

 

Ce décret est donc purement administratif. Les régions confiées à ces préfets régionaux sont désignées par la ville-siège. La région d’Angers ne correspond d’ailleurs pas aux actuels Pays-de-la-Loire. Le mensonge est donc bien délibéré !

S’il faut faire naître les encore actuelles régions, il faudrait les faire remonter à 1956, avec les programmes d’action régionales, ou à 1960 – De Gaulle – avec les circonscriptions d’action régionale.

Mais elles ne deviennent collectivités territoriales qu’en 1982. De Clémentel à Deferre, en passant par Pfimlin, la paternité des Pays-de-la-Loire semble disputée.

 

Les honorables parlementaires Le Fur et Molac, « républicains » unis sous l’étendard aux mouchetures d’hermine, peuvent clamer que la Loire Atlantique est terre bretonne. Réclamer donc son rattachement à l’actuelle région Bretagne. Soutenus par les autonomistes, voire des indépendantistes. S’appuyant sur une histoire millénaire (oubliant cependant que les Bretons, finalement, étaient des envahisseurs et donc, pour reprendre l’anachronisme de M. Molac, des colonisateurs).

 

Des élus, tout aussi légitimes que MM Le Fur et Molac, peuvent aussi juger que leur région des Pays-de-la-Loire fonctionne bien, qu’il n’y a donc aucune raison de la dépecer. Et que des convergences, des actions communes peuvent être trouvées avec les régions voisines. Ce qui est d’ailleurs le cas !

 

 

* De fait, dans sa laudative notice wikipedia, il se revendique de l’étiquette UDB (Union démocratique bretonne). Il se dit "autonomiste républicain" (« Autonomiste, oui, mais dans un cadre national. Il faut donner des pouvoirs aux régions. Mais avant tout, et contrairement à l'étiquette que l'on peut parfois me coller, je suis républicain »). Il ne doit cependant d'être élu que parce qu'il fut le candidat unique de la gauche, soutenu donc par le PS et EE-LV.

Ballade des gens qui sont nés quelque part

 

C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages

Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités

Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages

Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est d'être habités

Et c'est d'être habités par des gens qui regardent

Le reste avec mépris du haut de leurs remparts

La race des chauvins, des porteurs de cocardes

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

 

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie

Empalés une fois pour toutes sur leur clocher

Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie

Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher

Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète

Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar

Ou même de Montcuq ils s'en flattent mazette

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

 

Le sable dans lequel douillettes leurs autruches

Enfouissent la tête on trouve pas plus fin

Quant à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches

Leurs bulles de savon c'est du souffle divin

Et petit à petit les voilà qui se montent

Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par

Leurs chevaux même en bois rend jaloux tout le monde

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

 

C’ n’est pas un lieu commun celui de leur connaissance

Ils plaignent de tout coeur les malchanceux

Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence

La présence d'esprit de voir le jour chez eux

Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire

Contre les étrangers tous plus ou moins barbares

Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

 

Mon Dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes

Si l’on n’y rencontrait cette race incongrue

Cette race importune et qui partout foisonne

La race des gens du terroir des gens du cru

Que la vie serait belle en toutes circonstances

Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards

Preuve peut-être bien de votre inexistence

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 20:41
Luis Suarez : sanction scandaleuse de la FIFA

9 matches de suspension, mais en fait bien plus puisque Luis Suarez est interdit de stade et d’entraînement pendant quatre mois, voilà la sanction FIFAesque qui rime avec grotesque. Résultat d’une assez indécente campagne d’une presse britannique qui ne s’est pas remise d’avoir été définitivement éliminée par deux buts de Suarez !

Luis Suarez : sanction scandaleuse de la FIFA

Pour Pascal Praud et sa clique Suarez était coupable, forcément coupable. Ne parlons pas de la presse britannique, dont l’équipe a été battue par deux buts de Suarez, qui se déchaîne et le condamne déjà à deux ans d’exclusion. « Make bitter Suarez a pariah »- faites du mordant Suarez un paria ! -  titre le Daily Mail. La presse italienne est finalement plus modérée qui déplore plus l’éviction de la squadra azzura que la morsure dont aurait été victime Giorgio Chiellini.

L’excellent Président Uruguayen Pepe Mujica contre-attaquait : "Yo no vi que Suárez haya mordido a nadieMoi, je n’ai pas vu Suarez mordre quiconque.

Luis Suarez : sanction scandaleuse de la FIFA

Certes, on ne prête qu’aux riches. Et Praud toujours ne s’est pas fait faute de repasser les exploits de Luis Suarez qui, de fait, le 22 novembre 2010, pendant le choc néerlandais entre l'Ajax Amsterdam et le PSV Eindhoven, avait mordu au cou l'ailier marocain du PSV, Otman Bakkal ; il avait récidivé, en avril 2013, mordant Branislav Ivanović au bras lors d'un duel. Force est aussi de convenir que sa dentition proéminente, même si elle ne s’orne pas de canines vampiresques, nourrit, si l’on peut dire, les soupçons.

Luis Suarez : sanction scandaleuse de la FIFA

Mais on conviendra aussi que l’explication qu’il donne est parfaitement recevable. Ce n’est pas sa mâchoire qui se jette sauvagement sur l’innocente épaule du joueur transalpin, mais ladite épaule qui remonte brutalement vers son visage heurtant violemment son innocente mâchoire supérieure.

 

Certes encore, la courte séquence de l’incident met un peu en défaut l’explication fournie par l’accusé. A la première vision, pendant le match, on a bien l’impression que c’est l’Uruguayen qui se penche vers l’Italien, comme pour un coup de boule. Qu’à cela ne tienne, Luis explique qu’il a glissé ce qui explique son penchant. Et les experts de son pays de montrer que l’épaule complaisamment exhibée aurait subi un traitement photoshop comme les bourrelets d’un petit Président Français de naguère. On y aurait ajouté des traces de dents imprimées dans la chair, alors qu’au départ il n’y aurait que la marque légère d’un choc.

Luis Suarez : sanction scandaleuse de la FIFA

Même en admettant que le pistolero du Rio de la Plata, concession purement rhétorique, ait un peu trop appuyé ses incisives sur l’épaule de son adversaire, on conviendra qu’il n’y a pas mort d’homme. On objectera que dans une étude publiée en 1990 par le British Journal of Surgery, le médecin Mohannad Al-Fallouji, qui travaillait à l’époque au Royal Victoria Hospital de Belfast, que les morsures peuvent provoquer des inflammations d’origine bactérienne, nécessitant parfois un traitement antibiotique et antitétanique ! A noter que les cas abordés dans cette étude portent sur des ébats amoureux se concluant par des claquements de dents un peu trop appuyés (Les mordus de l’amour).

Au pire, donc, Suarez ne voulait que montrer son amour à cet adversaire qui lui avait prouvé le sien en l’enlaçant plus d’une fois dans la surface dite de réparation. Le cher Giorgio aurait même ajouté quelques mots doux sur la maman de Luis. Ce sont les Uruguayens qui l’affirment ajoutant que les remplaçants italiens l’avaient aussi abreuvé de ce style de gentillesses.

Luis Suarez : sanction scandaleuse de la FIFA

Faut-il dire que la Fédération Uruguayenne de foute a plaidé non coupable auprès de la commission de discipline bidon ? Elle arguait d’abord que l’arbitre n’a pas jugé bon de sanctionner les faits qui se sont déroulés sous ses yeux. Il ne s’agit d’ailleurs que d’un choc accidentel dû à la perte d’équilibre de l’un des joueurs.

Luis Suarez : sanction scandaleuse de la FIFA

La FIFA, certainement plus sensible à la campagne de presse britannique qu’aux arguments de la fédération uruguayenne, a donc sévèrement sanctionné El Pistolero : suspendu pour neuf matches de la sélection uruguayenne (donc de tous les matches éventuels de la coupe du monde à commencer par celui contre la Colombie) ; en plus, il ne pourra avoir aucune activité footballistique dans les quatre prochains mois y compris l’entraînement et même l’entrée dans un stade ! L’amende de 100 000 Francs suisses – Blatter oblige – vient comme une guigne sur le gâteau au poivre de la FIFA !

 

Combien de casseurs de tibias ont récolté une telle sanction ?

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 18:02
Cette magnifique affiche, après le match aller calamiteux, n'a pas eu toute la diffusion qu'elle méritait.

Cette magnifique affiche, après le match aller calamiteux, n'a pas eu toute la diffusion qu'elle méritait.

Dans le concert de louanges dû à la divine surprise – Rio, bravo ! Samba pour les bleus, etc. – de sages esprits ont su garder heureusement le recul nécessaire et ne pas céder à un enthousiasme suspect, à la hauteur des sarcasmes qui accablaient les traîtres à la patrie l’avant-veille. Nous n’aurons pas la cruauté de rappeler le « coup de sang de Serge Raffy » qui, dans un but peut-être de rédemption, clamait « France - Ukraine : pourquoi la défaite des Bleus est indispensable ».

Encore moins le délire verbal de Pascal Praud qui prétendait que les Français en avaient marre de cette génération « knysna », « ces gens insupportables » !

 

Commençons par le donneur de leçons, Schneidermann qui fustige « ce hooliganisme pépère, consensuel, sûr de l'impunité, de l'actualité footballistique, de l'imaginaire footballistique, sur tous les domaines contigus, la vie sociale, économique, familiale, tout ce qui n'aurait aucune vraie raison d'être ainsi annexé, et subit tout de même la loi de la chaussure à crampon. » « cette condescendance générale autour de la sambaïsation présumée du populo que l'on partage sans la partager tout en la partageant ». Qui veut-il dire exactement dans cette diatribe boursoufflée ? Qui vise-t-il ? En quoi la loi de la chaussure à crampon s’impose-t-elle, ailleurs que dans l’imaginaire schneidermannienn, à la vie sociale et économique (pour la vie familiale, on veut bien, la télé a été souvent monopolisée) ?

L’équipe de France de foute est-elle un concept racialiste ?

On peut deviner dans le « pèpère », le Président de la République qui a pourtant fait preuve de retenue dans son bref commentaire d’après-match. « Les victoires en ce moment on les goûte particulièrement. Surtout quand il y a une ambiance. On dit, cette équipe, elle n'y arrivera pas, elle ne peut pas y arriver. Parce que plein de chose ... elle y est arrivée. Et nous montre un exemple. Il faut y croire » « l'entraîneur, ça compte ».

 

Service minimum et il faut toute la bonne foi habituelle des UMP basheurs pour y voir une honteuse récupération. Ainsi d’un Geoffroy Didier qui touitte : « #Hollande essaie déjà de récupérer la victoire de la France... mais n'est pas Didier Deschamps qui veut! Pour Hollande, c'est carton rouge! ». Il est suivi par le fameux LioNNel Luca « FH pitoyable en pleine récupération sur le dos des bleus qui voudrait tant refaire le coup de Chirac en 1998 pour la coupe du monde... ».

L’équipe de France de foute est-elle un concept racialiste ?

Match truqué ?

 

Mais notre LioNNel ne se contente pas de cette minable mesquinerie, il ajoute : « 1 but hors-jeu, 1 but contre son camp, 1 joueur sorti et voilà comment on sauve les droits Tv de la FFF et les enjeux francophones pour la FIFA.. ». Il insinue donc clairement que le match était truqué.

Noël Le Graët, président de la FFF – il est vrai, un affreux socialo – aurait-il donc acheté l’arbitre ? Voire, tel un Tapie, acheté un joueur pour qu’il marque contre son camp ? Avec la complicité de Blatter qui dirige la FIFA ? Et tout cela, d’abord, au grand profit de TF1 de l’ami Bouygues, ami de Sarkozy s’entend, qui avait mis 130 patates, comme dit Pierre Menez, dans la diffusion des matches de l’équipe de France. Le patelin Nonce Paolini, qui faisait le faraud avant le match, doit quand même être bien soulagé : il est assuré d’engranger de la pub au moins jusqu’aux matches de poules au Brésil.

 

Mais la palme du commentaire revient, sans conteste, à un incertain Eric Domard, conseiller sport du F-haine. Non pas pour ses propos praudiens sur la "rédemption d’une équipe de France dont personne n’a oublié les frasques et le fiasco comportemental lors du dernier rendez-vous en Afrique du sud" avec "le douloureux souvenir de Knysna". Ni même pour avoir – mauvais Français ! – dévalorisé notre triomphe : "Cette victoire, face à une équipe ukrainienne qui n’a participé qu’à une seule phase finale de Coupe du monde dans son histoire n’est ni un exploit, ni une fin en soi." Mais pour ce jugement : « Ce n'est pas le concept racialiste de la France black, blanc, beur, qui a sauvé la France hier soir, c'est un collectif, un état d'âme, une abnégation et l'envie de se surpasser. » C’est beau comme du Finkielkraut ce concept racialiste ! Pour le reste des truismes : de fait il y eut, sur le terrain, enfin une équipe et des joueurs qui en voulaient. Et ça s’est concrétisé par un but de Sakho (black), un but de Benzéma (beur) et un contre son camp d’un ukrainien (blanc).

 

Que Schneidermann se rassure, la chaussure à crampon ne sera pas, comme le sabre de M. Prudhomme, le plus beau jour de la vie de François Hollande, annonce de temps souriant. Les emmerdes  - bonnets rouges plus ou moins bretons, rose bonbon des anti-mariage homo, sans oublier les poids-lourds et bientôt les tracteurs des agrariens encerclant la capitale, etc. – vont encore voler en escadrilles. Même le miracle ukrainien risque de n’être qu’un beau feu d’artifice. Mais au moins il a eu lieu !

 

 

Pour compléter : une analyse du sociologue Stéphane Beaud

et aussi De l’art de retourner sa veste, par Arnaud Tsamère :

"Bon, je préfère être très honnête, cette qualification de l’équipe de France pour le Mondial au Brésil n’arrange pas du tout mes affaires. Moi qui avais en tête d’écrire une chronique bien sentie à l’attention de ces joueurs que l’on aurait définitivement détestés et envoyés au cachot. Ça aurait donné à peu près cela :

"Alors voilà, nous y sommes ! Vous l’avez fait ! Vous avez réussi l’exploit de ne pas qualifier la France à la Coupe du monde au Brésil. Le Brésil, bon sang ! Avec ses… et ses… Je ne sais pas, je n’ai jamais mis un pied au Brésil, mais le Brésil, bon sang ! Capitale mondiale et historique de notre sport préféré ! Et la France sera la seule grande nation de football à rater cela…" Une parodie du Praud attendu en cas de défaite.

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