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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 16:42

En complément : une lettre ouverte à Manuel VALLS (20/03/17)

Chers camarades députés,

 

Bien que chacun et tous, vous affirmez, sans doute, votre profond désir d’être à l’écoute de vos concitoyens, je n’ignore pas que cette volonté affichée vous rend cependant sourd aux remarques de ceux qui sont censés être les plus proches de vous, les membres de votre propre parti. Car tout élu, c’est humain, oublie, le plus souvent, que son élection est due, pour une part, au travail obscur de militants. Il oublie même – voire nos vaillants « frondeurs » - qu’elle s’est jouée aussi sur la victoire présidentielle. Son élection, l’élu finit, souvent, par l’attribuer à ses seules vertus, à son charisme, à sa personnalité étincelante. La surdité frise d’ailleurs parfois la grossièreté quand un vieil élu ne répond même pas à un courriel qui lui signale qu’il s’attribue une élection avec quelques années d’avance.

Lettre ouverte aux députés PS

Donc ma missive risque fort de passer, directement, de la réception à la poubelle, sous les doigts agiles d’un-e assistant-e plus actif-ve que ne le fut la dame Penelope.

Qu’importe !

Adhérent du PS en 1973, j’ai donc avec tant d’autres camarades, collé des kms d’affiches, distribué des tonnes de tracts, j’en ai aussi rédigé pas mal, et des articles… Tout rocardien que j’étais, j’ai, bien sûr, fait les campagnes de Mitterrand en 1974, 81 et 88. Tout rocardien que j’étais, j’ai, avec discipline, fait une campagne législative pour un candidat CERES, quasi sosie de Georges Marchais.

Et dans ma vie militante de syndiqué, j’ai aussi fait des grèves dont je n’ignorais pas l’inutilité…

C’est vous dire, combien j’étais – mais à cette époque je partageais cette naïveté avec la plupart des camarades socialistes et/ou syndiqués – old fashion, comme on dit, vieux croûton donc, avec cette discipline militante.

Plus de saison, si je comprends bien.

Comme la discipline républicaine qui faisait qu’au 2e tour on votait pour le candidat de gauche le mieux placé. Vieillerie enterrée par un ex-sénateur PS qui se la joue insoumis !

Lettre ouverte aux députés PS

Eh oui. Á juste titre, les légitimistes peuvent reprocher aux frondeurs d’avoir oublié qu’ils ne devaient leurs sièges qu’à leur étiquette PS+majorité présidentielle ; autrement dit, combien d’entre eux auraient été élus s’ils ne s’étaient présentés, en 2012, comme socialistes se réclamant du Président fraîchement élu ?

Et si le 49.3 a dû être employé, n’est-ce pas parce qu’ils ont manqué à cette discipline de groupe qui doit souder une majorité ?

Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne, disait Chevènement (qui a glissé de la gauche du PS jusqu’à la droite de Dupont-Aignan).

Un député, après débats internes, aussi vifs soient-ils, s’il est minoritaire dans le groupe parlementaire, ça suit la majorité. Ou ça quitte le groupe et ça démissionne pour soumettre son choix aux suffrages de ses électeurs.

Jacques Auxiette Régionales 2010 Luçon

Jacques Auxiette Régionales 2010 Luçon

Mais les manquements des uns ne justifient pas les trahisons des autres.

 

Les primaires socialistes impliquaient, pour ceux qui s’y sont présentés, et pour ceux qui y ont participé, l’engagement de soutenir celui qui l’emporterait.

Qu’un de Rugy ne respecte pas cet engagement, qu’importe, il n’est pas du PS. Mais que des PS attitrés, et pour qui, comme Auxiette, j’ai, avec d’autres bien sûr, milité comme candidat à la Présidence régionale, abandonnent le candidat régulièrement élu par la primaire me déçoit, pour rester dans l’euphémisme. Et surtout m’inquiète. Car, plus sûrement que les rodomontades de l’imprécateur Mélenchon, ils signent l’arrêt de mort du PS.

Pour n’avoir rien écrit sur le sieur Macron*, dans mon blog, j’ai été soupçonné d’en être partisan, par un prétendu insoumis . Je n’en dirai pas trop tout le mal que j’en pense, car il me semble que Marine Le Pen d’abord et François Fillon ensuite méritent plus des attaques. Et aussi, mais là pour sa volonté claire et nette de ne viser que la destruction d’un parti, qui, pour moi, est le pire à l’exception de tous les autres, le nôtre, le PS, Mélenchon !

Quant à notre candidat, bien que n’ayant pas voté pour lui aux primaires, je tairai mon scepticisme sur certaines de ses propositions, pour souligner sur les questions sociétales – légalisation du cannabis, droit à une mort digne, par exemple – mon plein accord.

Grâce à Fillon, Les Républicains risquent d’exploser – notez quand même, chers camarades, tentés par la trahison, que Juppé n’a pas quitté son camp, lui, pour en préserver l’avenir– faut-il que, grâce à certains, le PS sombre ?

Si vous pensez qu’il a fait son temps, qu’il doit, en quelque sorte, se modemiser d’un côté et se mélucher de l’autre, dites-le franchement. 

Et si vous voulez jouer les fossoyeurs du PS, on vous laisse le soin de mettre la dernière pelletée.

 

* Ce qui est d'ailleurs faux puisque j'ai ironisé sur le passage du jeune homme au Puy-du-fou et comparé la traîtrise du Brutus-du-bocage, Retailleau, avec celle du Judas de l'Elysée, Macron ! mais je ne m'en suis pas trop vanté car je prévoyais un destin à la Jobert, à l'ex-chouchou de Hollande.

Lettre ouverte aux députés PS

 

Lettre ouverte à M. Manuel VALLS,

Alors qu’un Juppé qui – toute chose égale par ailleurs – a connu le même sort que vous, M. Valls, face à un outsider qui lui l’a débordé par la droite, alors qu’Hamon l’a fait par la gauche, Juppé donc, fait savoir clairement qu’il reste loyal à son camp, vous, vous gargarisez de votre « cohérence » pour savonner allégrement la planche du candidat PS.

Et votre cohérence montre surtout, derrière les grands mots, une vision bornée, étriquée de la politique faite de préjugés, qu’en d’autres temps on eût qualifié de petits bourgeois.  Votre affiché attachement viscéral à la République n’est que prétexte à promouvoir une pseudo laïcité liberticide contraire à l’esprit qui a présidé à l’élaboration de la Loi de 1905.

Cet attachement viscéral à la République eût d’ailleurs pu s’exercer en mettant fin à cette pratique ô combien anti républicaine, car discriminatoire, que constitue le contrôle d’identité au faciès.

Mais, c’est dans le prétendu abandon des règles et des interdits par la légalisation du cannabis que vous manifestez le plus votre état d’esprit petit bourgeois qui fait de vos préjugés vertus.

Que ne vous donnez-vous la peine de lire la rapport de la Commission mondiale pour la politique des drogues de juin 2011, commission formée de personnalités comme Kofi Annan, ex-secrétaire général de l’ONU, Paul Volcker ex-directeur de la Réserve fédérale US, Georges Papandreou, Javier Solana, Ruth Dreifuss et quelques autres ex-chefs d’état ou de gouvernement ? Figurez-vous que ces sages encouragent l’expérimentation par les gouvernements de modèles de régulation légale des stupéfiants (par exemple avec le cannabis) conçus pour contrecarrer le pouvoir du crime organisé et protéger la santé et la sécurité de leurs citoyens. Il est absurde d’ignorer ceux qui argumentent en faveur d’un marché taxé et réglementé des stupéfiants actuellement illicites. La politique répressive que vous, comme vos prédécesseurs, avez mené n’empêche pas la France d’être, avec le Danemark, championne d’Europe de la consommation de cannabis !

Comme j’ai eu l’audace de l’écrire dans une lettre ouverte aux députés PS, les manquements passés des uns ne justifient pas les trahisons actuelles des autres. La règle du jeu de la primaire était claire. Qu’un de Rugy la bafoue, qu’importe, il n’est pas socialiste. Mais, vous, vous seriez grandi d’apporter un soutien sans faille au vainqueur, mettant ainsi du panache, de la noblesse même, dans votre défaite.

Hélas, vous ne faites que remâcher mesquinement l’échec.

 

J.F. Launay

Adhérent PS

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 18:59
Ne diabolisons pas le 49.3

Le 49.3 est né en réaction à l’instabilité gouvernementale de la 4e République. 

Si Rocard  et, à un moindre degré, Cresson et Beregovoy, l’ont beaucoup utilisé, c’est qu’ils se sont trouvés devant une Assemblée Nationale ne dégageant qu’une majorité socialiste relative : 258 sièges, la majorité absolue étant à 270. La conjonction de la droite et du PCF dans des votes négatifs eût pu bloquer toute action gouvernementale. Le 49.3 en obligeant à un vote majoritaire d’une motion de censure a permis aux trois gouvernements socialistes de 1988 à 1993 de faire passer un certain nombre de textes.

Depuis 2008, le 49.3 ne peut être utilisé que sur la loi de finances et le financement de la Sécurité sociale, plus un texte par session (une session correspond à une (petite) année scolaire).

Il s’agit bien d’un passage en force, mais qui ne prive pas le Parlement de toute riposte, puisqu’une motion de censure peut faire tomber le gouvernement.  C’est arrivé une seule fois mais la chambre élue après dissolution a été un désaveu cinglant pour les votants de cette motion.

"Le fameux 49.3 s’inscrit dans ce système de contrôle et d’équilibre des pouvoirs, quoiqu’on en dise, puisque l’exécutif met le législatif face à ses responsabilités, en disant “c’est cette loi ou moi”. Soit le législatif renverse le gouvernement, soit il ne le fait pas, et dans ce cas, il est regardé comme ayant adopté la loi casus belli. Mais il ne peut refuser au gouvernement les moyens de son action tout en prétendant le soutenir (ce qui était le mode de fonctionnement habituel de la IVe république)."

Maître Eolas

La satanique Loi travail s’est heurtée donc à la double opposition de la droite, qui ne la trouvait pas assez à droite, et de frondeurs qui, eux, pensaient  l’inverse. Mais qui, prudemment, n’ont pas déposé de motion de censure – que la droite eût été capable de voter – pour éviter une dissolution qui aurait renvoyé la plupart d’entre eux dans leurs foyers (ce qui risque de se passer aux futures législatives, mais n’anticipons pas).

Prôner la suppression du 49.3 peut s’entendre dans la bouche d’Hamon qui, après avoir été démissionné pour cause d’abus de la cuvée du redressement, a rejoint les frondeurs. Mais, c’est plus surprenant dans celle d’un ex-premier Ministre qui en a usé.

A noter que P. Mendès-France (Pour une République moderne)  préconisait un contrat de législature, avec dissolution en cas de rupture du contrat. Bien sûr, dans une architecture institutionnelle très différente. Mais reste le principe d’asseoir une majorité sur un véritable engagement qui suppose une discipline.

Et, finalement, quand une minorité, dans la mesure où elle a pu faire valoir ses arguments, n’accepte pas la position majoritairement adoptée, qu’elle fronde, elle oblige à utiliser l’arme du 49.3 ou à dissoudre, suicidairement, l’Assemblée.

Reste à savoir si, dans la phase préparatoire, le 1er Ministre a été ouvert au dialogue et a eu le sens du compromis…

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 11:12
BURKINI la course à l'interdit !

Manuel Valls n’a rien trouvé de mieux, histoire d’animer sans doute l’actualité politique estivale, que d’apporter son soutien aux Maires anti-burkini et de juger cette tenue, incommode et ridicule certes, contraire, cramponnons-nous, aux valeurs de la France, aux valeurs de la République ! Garde à vous ! colonne par deux ! pas cadencé ! et chant patriotique ! C’est à ces hautes et brûlantes préoccupations qu’on juge l’homme d’état que se croit être notre premier ministre !

BURKINI la course à l'interdit !
BURKINI la course à l'interdit !
BURKINI la course à l'interdit !

Voilà les trois maires ripoublicains soutenus par Manuel Valls !

Avec un sens de l’amalgame à la hauteur de l’indécence dont ont fait preuve ses compagnons ripoublicains après l’attentat de Nice, le Maire de Cannes ose rapprocher cette tenue de plage assez grotesque des attaques terroristes contre « la France et les lieux de culte religieux » (pluriel assez singulier puisque un seul attentat terroriste a eu lieu dans un lieu de culte). Et son arrêté d'interdire "l'accès aux plages et à la baignade (...) à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité". Ces « bonnes mœurs » ont un côté cagot des plus plaisants et on peut comprendre que le monokini ou le string de bain qui, pourtant réjouissent l’œil de l’esthète, vont être pourchassés par les pandores ou les gardes pas champêtres mais plagistes. En revanche, on peut se demander quelle tenue de bain est conforme à la laïcité ?

BURKINI la course à l'interdit !
BURKINI la course à l'interdit !

Une course sans fin à l’interdit

Ce burkini manifesterait « de manière ostentatoire une appartenance religieuse ». Certains même, qui s’y connaissent en Islam comme moi en physique quantique, y voient une tenue, salafiste, wahhabite, pour tout dire islamiste. Et même, ajoute un Thierry Migoule, Directeur général des services de la ville de Cannes, "une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre" !

En fait, cette tenue est surtout grotesque et se veut provocatrice. Et ce n’est pas faire preuve d’une intelligence politique très futée que de tomber à pieds joints dans cette assez puérile provocation. Et de se lancer dans une course infinie à l’interdit. On l’a déjà vu avec les jupes ou robes longues.

Mais tôt ou tard les barbes trop fournies seront aussi considérées comme manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse voire à une allégeance à des mouvements terroristes !

BURKINI la course à l'interdit !

D’autant que comme le rappelle justement C. Fourest, cette histoire d’ostentatoire est hors sujet : la plage n’est pas une salle de classe et les burkineuses ne sont pas des élèves. Et chacun est libre de manifester son appartenance religieuse, sur l’espace public ! Ainsi le soir du 15 août, quelques dizaines de bigot-te-s ont parcouru les rues de notre évêché crotté, dans une sorte de retraite aux flambeaux, en chantant d’archaïques cantiques, derrière des prêtres ensoutanés (peut-être même notre très réac évêque).

Inutile de dire – quoique… - que l’esthète que je suis préfère de loin d’autres spectacles sur les plages, pour le plaisir des yeux. Mais prôner de tels plaisirs n’est-ce pas risquer d’attirer les foudres des intégristes… féministes ?

BURKINI la course à l'interdit !
BURKINI la course à l'interdit !

Nadine Morano organise aujourd’hui une assemblée populaire pour l’interdiction du burkini à Béziers, une ville déjà ralliée à sa cause puisqu’elle est très à droite et dirigée par le sympathisant FN Robert Ménard.

La candidate à la primaire des Républicains a également abordé un sujet qui l’est trop peu selon elle : le burkini masculin, qui s’impose de plus en plus dans nos mers.

 

Extraits de sa déclaration:

"De nombreux musulmans portent ces tenues et s’en servent pour nager en profondeur et on ne sait pas si ce sont des hommes ou des femmes dessous. En plus, ils pourraient se servir de leurs burkinis masculins pour nager sous la France et poser des bombes sous le territoire de l’Hexagone. Et la France ne possédant pas de système de surveillance sous-marin, comment identifier ces radicalisés dont on ne voit pas le visage ?"

 

Pour les femmes qui le portent, le burkini est un compromis entre la modernité et la foi

Les arguments utilisés par les antisémites dans les années 1920 sont aujourd’hui repris à propos de l'islam : incompatibilité culturelle et une loyauté plus grande accordée à la religion qu'à la nation.

 

Le groupe Etat islamique ou les talibans n’autoriseraient jamais le burkini. Au contraire, cette tenue est l’exemple même de la gentrification de la pratique religieuse musulmane dans l'espace occidental. Ce maillot de bain couvrant est symboliquement lié l’ascension sociale de certaines musulmanes. Le porter représente une tentative, pour des femmes, plutôt jeunes, de poser un signe religieux sur une pratique moderne, c'est-à-dire la baignade en famille.

 

Les débats sur le port du burkini et de la burka, par exemple, doivent être distingués, car le burkini est une invention récente [créé en 2003 en Australie], qui fait sauter les fondamentalistes au plafond. Pour ces derniers, une femme n’a pas à se promener sur la plage, et encore moins se baigner ! Donc le burkini est, au contraire, une tenue moderne, qui n'a rien de traditionnel ou de fondamentaliste.

 

De plus, l’acceptation de signes religieux, comme le burkini, dans l’espace public, est la meilleure manière de saper l’influence des fondamentalistes. Plus on éloigne la pratique religieuse de l’espace public, plus on laisse le champ libre aux extrémismes religieux. Il faut donc, au contraire, laisser aux individus une certaine forme de liberté dans l'expression de leur religiosité.

 

Nous n’avons aucune preuve qu’une longue pratique religieuse pousse au jihadisme. Selon moi, c’est même exactement le contraire. Tous les terroristes, que ce soit les frères Kouachi, Amedy Coulibaly, ou encore Adel Kermiche, sont ce que l’on appelle des "born again", des personnes qui font un soudain retour au religieux, dans une perspective de radicalisation.

 

On peut, bien entendu, se poser de nombreuses questions théologiques sur l’islam. Mais le port du foulard à l'université, du burkini, ou le débat sur la viande halal ne sont pas des problématiques propres à l'islam. Elles sont liées à l'évolution de l'acceptation des signes religieux en France, au même titre que la soutane, la kipa ou la viande casher.

 

La conception de la laïcité française a considérablement évolué depuis la loi de 1905, sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Cette législation ne dit rien sur les religions. Il n'y a donc pas lieu d'interdire le voile à l'université ou le burkini. Dans son essence, la laïcité ne devait pas chasser le religieux de l’espace public, mais seulement organiser la gestion des lieux de culte. Mais la laïcité est devenue une idéologie politique, qui sert à exclure la religion vers l'espace privé. Il y a désormais une "morale laïque".

 

Olivier ROY Extraits

 

Reçu par courriel d’un membre éminent de l’AAA, un texte de Fawzia Zouari, écrivaine et journaliste tunisienne, docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne, paru dans « Jeune Afrique », avec la photo d’interdiction de burkini à l’entrée du parc aquatique Oasiria de Marrakech.

BURKINI la course à l'interdit !

Or le Maroc n’interdit pas le burkini – au demeurant rare – sur les plages. Pour justifier l’interdiction dans des piscines sont invoquées les raisons d’hygiène, qui ne jouent guère pour des bains de mer. Cet interdit serait-il général – ce qui n’est pas le cas – qu’il ne justifierait pas le nôtre, en raison même de la laïcité dont les bases restent la Loi de 1905, une loi libérale (au sens politique du mot) qui se refusait à faire la police de l’habillement ou d’interdire les manifestations publiques des cultes.

« Il y a des jours où je regrette d’être née arabe. »

Les jours où je me réveille devant le spectacle de gueules hirsutes prêtes à massacrer au nom d’Allah et où je m’endors avec le bruit des explosions diffusées sur fond de versets coraniques.
Les jours où je regarde les cadavres joncher les rues de Bagdad ou de Beyrouth par la faute des kamikazes; où des cheikhs manchots et aveugles s’arrogent le droit d’émettre des fatwas parce qu’ils sont pleins comme des outres de haine et de sang; où je vois des petites filles, les unes courir protéger de leur corps leur mère qu’on lapide, et les autres revêtir la robe de mariée à l’âge de 9 ans.
Et puis ces jours où j’entends des mamans chrétiennes confier en sanglotant que leur progéniture convertie à l’islam refuse de les toucher sous prétexte qu’elles sont impures.
Quand j’entends pleurer ce père musulman parce qu’il ne sait pas pourquoi son garçon est allé se faire tuer en Syrie. À l’heure où celui-ci parade dans les faubourgs d’Alep, kalachnikov en bandoulière, en attendant de se repaître d’une gamine venue de la banlieue de Tunis ou de Londres, à qui l’on a fait croire que le viol est un laissez-passer pour le paradis.
Ces jours où je vois les Bill Gates dépenser leur argent pour les petits Africains et les François Pinault pour les artistes de leur continent, tandis que les cheikhs du Golfe dilapident leur fortune dans les casinos et les maisons de charme et qu’il ne vient pas à l’idée des nababs du Maghreb de penser au chômeur qui crève la faim, au poète qui vit en clandestin, à l’artiste qui n’a pas de quoi s’acheter un pinceau.
Et tous ces croyants qui se prennent pour les inventeurs de la poudre alors qu’ils ne savent pas nouer une cravate, et je ne parle pas de leur incapacité à fabriquer une tablette ou une voiture.
Les mêmes qui dénombrent les miracles de la science dans le Coran et sont dénués du plus petit savoir capable de faire reculer les maladies.
Non ! L’Occident, ces prêcheurs pleins d’arrogance le vomissent, bien qu’ils ne puissent se passer de ses portables, de ses médicaments, de ses progrès en tous genres.
Et la cacophonie de ces « révolutions » qui tombent entre des mains obscurantistes comme le fruit de l’arbre.
Ces islamistes qui parlent de démocratie et n’en croient pas un mot, qui clament le respect des femmes et les traitent en esclaves.
Et ces gourdes qui se voilent et se courbent au lieu de flairer le piège, qui revendiquent le statut de co-épouse, de complémentaire, de moins que rien !
 
 Et ces « niqabées » qui, en Europe, prennent un malin plaisir à choquer le bon Gaulois ou le bon Belge comme si c’était une prouesse de sortir en scaphandrier ! Comme si c’était une manière de grandir l’islam que de le présenter dans ses atours les plus rétrogrades.
Ces jours, enfin, où je cherche le salut et ne le trouve nulle part, même pas auprès d’une élite intellectuelle arabe qui sévit sur les antennes et ignore le terrain, qui vitupère le jour et finit dans les bars la nuit, qui parle principes et se vend pour une poignée de dollars, qui fait du bruit et qui ne sert à rien !
Voilà, c’était mon quart d’heure de colère contre les miens... Souhaitons que l'Occident ouvre les yeux....
 
Fawzia Zouari
 
 
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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 16:49
Aurier, à bannir ? Benzema, affaire d'état ?

Aurier à bannir à vie ! Benzema : une affaire d’état ! Tout ce qui est excessif est insignifiant, disait Talleyrand. Beaucoup de journalistes – et pas que sportifs – font assaut d’insignifiance.

Or donc, pour les ceusses qui ne suivent pas trop l’actualité fouteuse, précisons que le jeune Serge Aurier, joueur du PSG, sur « Periscope », avec un complice fumant un narguilé, pardon chicha, avait non seulement traité quelques collègues de guez (nuls) mais surtout, crime de lèse-coche, traité Laurent Blanc, son entraîneur, de fiotte. Il croyait – l’innocent ivoirien - que ce Periscope n’était vu que par quelques interlocuteurs et ne laissait pas de trace. Evidemment, ce fut enregistré par un participant et fort sympathiquement diffusé urbi et orbi.

  Tout cela n’eût mérité que quelques coups de pieds au cul de la part des insultés ou des dizaines de pompes en bramant « Pourvu que ça dure, c’est la vie de château », mais les châtiments corporels sont interdits, même dans le foute (sauf sur le terrain et en dehors du regard des arbitres). Au lieu de ça un déchaînement  dont 20 h foot sur I-Télé fut notamment l’écho : le bannissement à vie* était la moindre des sanctions. Touche pas à ton coche ! clamait le chœur des indignés.  Choeur qui, cependant, ne dépassait guère le cercle des journalistes spécialisés, dans les medias.

Rien à voir donc avec le tsunami – cliché employé ad nauseam – de l’affaire Benzema !

Images de vacances en 2013 : avec un chapeau Valbuena, puis vers la droite Gomis et Benzema

Si on reprend l’histoire, il y en a déjà un qui doit regretter de s’être fort civiquement adressé à la police, c’est la victime du chantage, Valbuena. Car pour le traitement discret de son affaire, il repassera.

Or donc, ayant changé de téléphone mobile, il a confié le transfert des données du mobile ancien au neuf à un parasite marseillais, un peu homme à tout faire des joueurs. Ce parasite a prétendu avoir découvert et copié une sextape – entendez, si vous débarquez d’une autre planète et n’avez jamais entendu parler de sextape, une petite auto-vidéo sur une partie de zizi-panpan avec sa partenaire - sur le mobile ancien. Et avec deux complices, il a donc entrepris de faire chanter le petit international.

Idée pas si stupide que cela, un des policiers chargé de l’enquête se fait passer pour le chargé d’affaire de Valbuena. Sauf qu’au lieu de confondre les trois pieds-nickelés et de boucler cette minable affaire en pas plus de temps qu’elle n’en méritait, notre policier va lambiner. Les minables maîtres-chanteurs vont chercher à joindre leur victime par un autre intermédiaire. Et c’est ainsi qu’ils vont tomber sur un autre parasite, mais lui voué au seul Benzema, un ami d’enfance.

Aurier, à bannir ? Benzema, affaire d'état ?

Les calvitos (chauves) ironisent sur l'affaire Benzema :

Le Benzema il est cousu de pèze, il gagne des millions, il va pas se salir pour 150 000 euros ! dit celui de gauche.

Impossible ! ce serait comme si un dirigeant de banque, garni de thunes, gagnant des millions, se commettait à payer son parking avec une carte de crédit "au noir" ! T'imagines ? répond le deuxième;

Hahaha ! conclut celui de tête

 

Traduction très approximative. La "tarjeta black" fait allusion à un scandale qui a concerné des dizaines d'administrateurs des banques Caja Madrid et Bankia : ils bénéficiaient d'une carte de crédit, en principe pour régler leurs frais de représentation, mais qui servait en fait à tous leurs frais personnels et familiaux, jusqu'à 60 000 € annuels, revenus "au noir" non déclarés ! 

 

Police, Justice travaillent à ciel ouvert !

Qu’a dit Karim à son collègue Mathieu dans une chambre de Clairefontaine à un rassemblement de l’équipe de France, on n’en saura que ce que Karim conte lui-même à l’autre Karim, le copain d’enfance, car ils sont sur écoutes. Entre autres gracieusetés, il traitera son coéquipier de tarlouze et, de cet échange, à la syntaxe hardie, il ressortait qu’il proposait à Valbuena de le mettre en relation avec ledit ami – « tu veux régler tes histoires, donne ton numéro, je lui donne et tu vois avec lui » - mais que « s’il veut pas, bah laisse, il va se démerder avec ces piranhas. » Ce qui vaut donc à notre avant-centre du Real, après 24 h de garde à vue, une inculpation de complicité de tentative de chantage et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement !

Et bien sûr, la retranscription de l’écoute policière de cet échange entre Zenati – l’ami – et Benzema se retrouve miraculeusement à Europe 1 et à L’équipe. Plus tard, ce sera le PV de l’audition de Benzema par la juge d’instruction qui arrivera du coup à Lhomme et Daviet, les grands journalistes d’investigation du Monde !

Que des journalistes sportifs se transforment en procureurs implacables ne surprendra que ceux qui n’assistent pas au retournement à 180° entre un match aller minable en éliminatoires pour une coupe du monde et un retour flamboyant : d’indignes les joueurs devenaient des Zhéros avec un Z très majuscule (n’est-ce pas Pascal Praud ?).

Que les hyaineux qui pullulent sur les réseaux plus asociaux que sociaux se déchaînent contre le beur, rien que d’hélas prévisible.

Mais que le premier ministre lui-même vienne y mettre son grain de sel est assez affligeant.

En tant qu’ex-ministre de l’intérieur, il ferait mieux de s’interroger sur ces policiers, non seulement incapables de boucler une affaire simple en quelques semaines, mais faisant fuiter les PV en toute impunité. Et les citoyens que nous sommes, au lieu, pour certains, de se focaliser sur le degré de bêtise et de culpabilité du joueur inculpé, feraient mieux de prendre conscience que l’encombrement de la justice tient aussi des juges eux-mêmes : faut-il des mois d’instruction pour régler une minable affaire de chantage ?

Quant à savoir si le galopin d’Aurier doit rejouer dans son club, le coche a tranché : il a joué ; pari risqué, pari perdu ; et Paris en mauvaise posture. Quant à cette caillera de Benzema, le problème de sa sélection ne se poserait guère s’il jouait aussi bien en équipe de France que dans son club. Le plus souvent, ce fut loin d’être le cas et, contrairement à Valbuena qui se dépense, lui, il donne l’impression d’y traîner son ennui, sur le terrain...

 

* Ce bannissement à vie a provoqué une réaction indignée de François Pinet

Aurier, à bannir ? Benzema, affaire d'état ?

Exagération toute relative car sur le plateau il était bien question de ne plus faire jouer du tout le jeune homme au PSG.

A noter que F. Pinet, qui prend la mouche, n'a jamais joué au procureur et que P. Praud, l'animateur, s'il s'est lancé dans un délire anti-Benzema, a été au contraire très modéré sur le cas Aurier, le ramenant à une gaminerie.

PS Aurier, bien sûr, porte la responsabilité de l'échec du PSG en quart de finale - l'équipe va jusqu'à écrire que Blanc s'est trompé tactiquement et moralement en le retenant lors des deux rencontres avec Manchester City - du journaliste sportif en moraliste !

Et le Karim lui est éliminé de l'Euro au grand plaisir de nos autres moralistes style Bruno Roger-Petit - il faudra quand même qu'il se relise car il me semble qu'il a affirmé que le vilain Le Graet, Président de la fédé de foute, était prêt à tout pour sauver le soldat Benzema - ou Pascal Praud !

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 16:01
Charlie : Couacs marocain et étatsunien, Sarko sans-gêne, Bibi en campagne

Le Maroc, par le biais de son ministre des affaires étrangères a raté le rendez-vous de l’histoire ! L’ex-président Sarkozy lui, s’est distingué par son sans-gêne. Bibi Netanyahu était en campagne électorale. Minables couacs aussi du côté de l'extrème-gauche.

 

Stefan K. Le ministre des Affaires étrangères marocain, Salaheddine Mezouar, n'a finalement pas pris part à la marche contre le terrorisme dimanche à Paris en raison de la présence de caricatures blasphématoires du prophète dans le défilé, selon un communiqué officiel diffusé par l'ambassade marocaine.

En effet, S. Mezouar, après s’être rendu à l’Elysée a finalement renoncé à représenter son pays dans le défilé parisien. Outre qu’exiger l’absence de caricatures dites du prophète* dans un rassemblement de plus d’un million de personnes était parfaitement ridicule, le Ministres des affaires étrangères ne pouvait ignorer que cette gigantesque manifestation avait pour but de défendre la liberté d’expression, que sa stupide exigence bafouait !

Couac étatsunien ?

Pourquoi, alors que Eric Holder, Minsitre de la Justice était présent à Paris – et annoncé comme devant représenter le Président Obama au défilé – les Etats-Unis n’ont finalement envoyé que leur ambassadrice au rassemblement de dimanche ?

Version "Petit journal" avec aussi un n° sur le perron de l'Elysée

Stefan K. Plus anodine est l’indécence de Sarkozy qui, tel un Dupont-Aignan fourrant sa bobine dès qu’une caméra se fixe sur un de ses collègues député, a joué des coudes pour se retrouver au 1er rang du défilé. Paris-Match, qu’on ne soupçonnera pas d’anti-sarkozysme primaire, avait d’abord titré « Comment Sarkozy s’est invité sur la photo » : "Pas question pour Nicolas Sarkozy de se laisser encore éclipser par François Hollande. Il arrive à se glisser entre le président malien et le premier ministre isrélien. Puis il parvient même à faire passer son épouse à ses côtés". L’auteur de la brève qui dénonçait l’incruste a dû se faire taper sur les doigts, puisque une nouvelle version nous explique  que "en une poignée de secondes il progresse dans les rangs. propulsé par la cohue, Nicolas Sarkozy se retrouve entre le président malien et le premier ministre israélien".  

Ô divine cohue. Miraculeuse même. Car le groupe des officiels était totalement isolé du reste du rassemblement. (La vidéo du Petit Journal étant amputée par over-blog, vous pouvez la voir ici ; à noter qu'aucune personnalité n'était accompagnée de son-sa conjoint-e, sauf Sarko dont la Carlita visiblement faisait la gueule; voir tout en bas un excellent montage qu'une commentatrice a titré "Je suis partout").

 

Stefan K. Bibi Netanyahu aurait pu profiter de ce moment de Paix pour saluer symboliquement Mahmoud Abbas. Non, il a préféré appeler les Français de confession juive à l’alyah, à l’émigration en Israël, obligeant le 1er ministre, Valls, à dire que leur place est en France. Sa visite à la synagogue a pris l’allure d’un meeting du Likoud. Le politicien en campagne électorale n’a pas su se hisser à la stature d’un homme d’état. (voir plus bas le communiqué de l'UJRE et de La Paix maintenant)

 

Couacs sectaires à l'extrême-gauche

 

Stefan K. Plus secondaires sont les couacs du côté de l’extrême-gauche. Passons sur les niaiseries de Besancenot ou de LO, absents de ce rendez-vous historique par sectarisme hystérique.

   Côté Front de gauche, c’était mieux parti avec un P. Laurent appelant  à l’Union nationale contre la barbarie. Mais Mélenchon, aveuglé par sa haine anti Hollande et Valls (« On ne va pas faire bras dessus, bras dessous avec eux ») et même Autin Clémentine qu’on a connu plus fine (« L’union sacrée bvise à brouiller les repères pour mieux récupérer politiquement » de la langue de bois massif) sont restés, indécrottablement, dans ce moment où les clivages sont transcendés, dans la politique politicienne qu’ils dénoncent pour mieux la pratiquer.

Petits positionnements de boutique à l'heure de l'Histoire.

 

* Puisque, sauf erreur, il n'y a aucune représentation - dessin, peinture - du prophète Mohammed de son vivant, parler de caricature du prophète est incongru. A noter toutefois que des représentations de Mohammed existent, avec des miniatures qui ornaient le Coran.. Mais elles sont postérieures à la mort de Mohammed.

Miniatures persanesMiniatures persanes
Miniatures persanes
Miniatures persanesMiniatures persanes

Miniatures persanes

Charlie : Couacs marocain et étatsunien, Sarko sans-gêne, Bibi en campagne

Quelques "unes" de la presse internationale

Une sélection plus large sur "Courrier international"

Charlie : Couacs marocain et étatsunien, Sarko sans-gêne, Bibi en campagne
Le rêve de Sarko... un cauchemar !

Le rêve de Sarko... un cauchemar !

Charlie : Couacs marocain et étatsunien, Sarko sans-gêne, Bibi en campagne

Communiqué de l'Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide

La Paix Maintenant

 

Juifs de France... Chair à implantations ?

Thème : Appels au départ

Communiqués LPM
mis en ligne le 17 janvier 2015
par La Paix Maintenant

 

COMMUNIQUÉ

 

« Il ne fait aucun doute que les Juifs français se sentent profondément solidaires de l’entreprise de construction en Judée et Samarie... Ils voudront certainement y fixer leur demeure ». C’est ce qu’a osé prétendre le ministre israélien de la Construction et du Logement, Uri Ariel, après une déclaration plus que déplacée de Benyamin Nėtanyahou incitant les Juifs à quitter la France pour émigrer en Israël.

Certes, on ne peut que se féliciter de la mise au point de Reuven Rivlin, président de l’État d’Israël, assurant que les Juifs de France sont les bienvenus en Israël mais ne devraient pas s’y installer par peur des attentats.

Non, Monsieur Ariel, ceux des Juifs de France qui aspirent à vivre en Israël ne désirent pas vivre dans les colonies ! Certains y sont disposés mais d’autres, sans doute les plus nombreux, pour peu qu’on leur laisse le choix et qu’on ne les “achète” pas en leur accordant force avantages et facilités qui leur seraient refusés à l’intérieur des lignes de 1967, veulent quant à eux vivre dans un État juif et démocratique.

Ils ne viennent pas en Israël pour saper les chances d’implantation d’une solution, encore possible, basée sur le principe de "deux peuples / deux États". Les Juifs de France sont divers et n’entendent pas se laisser instrumentaliser par un gouvernement dont la politique aventureuse place Israël en marge du concert des nations.

La Paix Maintenant

 

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 22:24
Un flic raciste mais qui ne le sait pas !

Un policier accusé de racisme, copies d’écran de son compte fessebouque à l’appui, se défend, sans se rendre compte qu’il en rajoute une couche. Et épaisse.

 

Un site de surveillance de la police – « cop watch » s’intitule-t-il – a découvert une page fessebouque de Vincent X., policier de son état. Outre des plaisanteries de mauvais goût, une affiche antiraciste détournée, les membres du gouvernement étiquetés, un fichier de bâtards, comme il dit, pour identification par ses collègues, totalement illégal !

 

Averti de l’article, loin de faire profil bas, le flic répond « Oui, je suis policier et patriote » « non, je ne suis pas raciste ». La preuve, ses copains s’appellent Nordine, Rachid, Jamal, Mouad, d’autres sont juifs et sa compagne, ça ne s’invente pas, est roumaine !

Mieux encore « Le collègue avec lequel je me suis le mieux entendu, et avec qui j’ai partagé la photo détournant une campagne antiraciste (une main blanche serrant une main de singe) est noir. » Vous êtes un peu sceptique ? Comment oser mettre en doute la parole de ce policier patriote ?

 

Pas d’extrême-droite non plus qui nous ressort le meurtre de Méric : « j’aime la justice, et lorsque l’on voit Clément Méric sur la vidéo prendre un pain après avoir agressé le néo-nazi, je trouve qu’il l’a cherché au même titre que le braqueur du bijoutier de Nice. » Sauf que l’histoire de la vidéo où on était censé voir le freluquet Méric attaquer dans le dos le gentil Morillo est bidon, mais relayée bien sûr par les fafs.

 

Sur un trombinoscope du gouvernement, il indique pour chaque ministre son étiquette occulte supposée : « franc-maçon », « groupe Bilderberg », « sioniste ». « Il s’agit d’un post que j’ai partagé, et une fois encore il n’y a rien d’antisémite dans ma démarche. Je voulais juste mettre en exergue le système de réseaux et de copinage qui unit ceux qui nous gouvernent. » Ben voyons, réseaux, copinage, ça ne vous dit rien ? comme qui dirait le complot judéo-maçonnique ? mais qu’allez-vous chercher là ?

 

« Quand je pense qu’il suffirait de supprimer tous les Noirs et les Arabes pour qu’il n’y ait plus de racisme... », lit-on aussi. Ah, là, quand même, M. Vincent ? C’est juste une phrase détournée de Coluche qui disait « Les Noirs, c’est comme le racisme, ça ne devrait pas exister » et donc je le répète, ça n’est que de l’humour. Je ne sais pourquoi, ça me rappelle un très ancien sketch de Guy Bedos, intitulé Marrakech qu’il avait dû retirer de ses spectacles, car les beaufs le prenaient au 1er degré.

 

Passons sur « C’est quand la fin du Moyen Age... pour les musulmans ? » Lorsque je trouve “moyenâgeuses” les traditions des musulmans, je suis en droit de dire qu’égorger des moutons pour une cérémonie c’est un peu hard ! riposte-t-il. Oubliant peut-être que, pour chanter le fameux air de la légion Tiens t’auras du boudin !, il faut aussi égorger le cochon.

En revanche, rien sur le « Ça lui fait la bite ! ! Qu’il crève... » en commentaire d’une image d’un homme dans le coma après un contrôle de police dans le métro. Mais comme il dit : Je suis un ancien militaire, avec son franc-parler, ce qui peut choquer lorsqu’on ne me connaît pas, mais qui pour mon entourage est tout à fait normal.

Pas islamophobe, certainement, mais attaché aux racines chrétiennes « La France est une terre chrétienne d’origine celtique... elle n’a a jamais été islamique et ne le sera jamais».

 

Cela en solidarité avec un de ses collègues injustement persécuté par l’IGPN – vous savez les bœufs carottes dont les impitoyables enquêtes gomment toutes les bavures policières – qui avait affiché sur sa page Facebook (qu'il a fermée depuis) une photo du groupe "Les femmes blanches sont les plus belles" où  on voit en premier plan une femme en niqab noir, avec en arrière-plan une grande mosquée, le logo officiel de la ville de Trappes ainsi que l'inscription "la douceur de vivre sous des lettres en alphabet arabe qui n'ont pas de sens. Mais le collègue, lui, petit bras, n’assume pas : il prétend que son compte fessebouque a été piraté.

 

Broutilles direz-vous que ces petites anecdotes. Peut-être que cet appel aux collègues - « Salut, pour les collègues qui bossent dans le Val-d’Oise je vais créer une page verrouillée pour partager des infos. Le SIT de Paris (service qui centralise toutes les plaintes et les infos suite aux VU [violences urbaines] du Trocadéro) vient de m’envoyer pas mal de photos de bâtards à identifier, donc je me dis qu’en partageant ces photos on va peut-être réussir à faire accélérer les choses si on s’y met tous... Le but pour le moment est surtout de tenter d’identifier et de “loger” ces MEC [mis en cause]... Par la suite les possibilités sont multiples... Demande en MP [message privé] pour les volontaires... » - va quand même vous interpeller, comme on dit chez les flics.

 

D’autant que la justification du message n’est pas piquée des hannetons.  Pour ce qui est du SIT (l’affaire du fichier parallèle publié sur Facebook) je vous explique. Au soir des échauffourées au Trocadéro, j’ai contrôlé un individu qui se baladait tranquillement à Garges-lès-Gonesse avec une caméra de surveillance dans la main. Étant sur un dispositif, je lui ai juste confisqué sans trop savoir ce que c’était. Par la suite j’ai donc contacté le SIT [Service d’investigation transversale] pour savoir s’ils avaient eu une plainte concernant cette caméra. Réponse négative de leur part. Comme de leur côté ils avaient besoin d’identifier des mis en cause dans des agressions, l’idée m’est venue de créer une sous-page pour tenter de mettre un nom sur certains visages, mais en aucun cas pour d’éventuelles représailles. Il s’agissait d’une page Facebook secrète, partagée avec des collègues, (“une sorte d’Intranet familial”).

 

Donc, si on résume, il confisque arbitrairement une caméra à un quidam qui se baladait tranquillement – pour quelles raisons ? en vertu de quelle législation ? – caméra apparemment non volée. Il en extrait cependant des images qu’il met en ligne pour les faire identifier.

 

Sauf erreur, le policier patriote est en plein délire et en totale illégalité, saisissant une caméra sans motif, exploitant ses images et les mettant en ligne sans mandat. Aveu sidérant. Une totale inconscience de son énormité. Un sergent Kronenbourg à la Cabu qui étale son racisme et son ignorance des règles et des lois.

 

Que des policiers de notre belle République soient un peu racistes sur les bords, commettent quelques bavures (tout en sachant qu’ils ne risquent rien), avant même nos « copwatchers », on en avait une petite idée. Mais ici, on a à faire, de fait, à un brave mec qui, tout-à-fait dans l’air d’un temps décomplexé, ne se rend même pas conpte des énormités qu’il a affichées. Et même, en rajoute une louche quand il se justifie. Un policier ordinaire… ça fait froid dans le dos.

Valls, il y a du boulot en interne.

 

Source : Rue89

Sur Facebook, un policier étale son racisme et appelle au fichage illégal

Bonjour, je suis le policier « raciste » épinglé par Copwatch

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 21:30

Lette ouverte à Bernard Roman, député.

 

(voir le Post Scriptum qui complète et corrige cette lettre après la remise du rapport de l'IGA au ministre de l'intérieur)

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Monsieur le député et cher camarade,

 

Je n’ignore pas que les extraits de déclarations sont toujours réduits aux fameuses “petites phrases”; je comprends, pour la partager, l’émotion que l’on ressent en apprenant qu’une collégienne de 3e a pu être arrêtée dans un voyage scolaire ; il y a cependant des mots qu’on n’emploie pas.

Rafle” est de ceux-là. Au sens où vous l’avez employé il signifie : “Arrestation massive opérée par la police à l'improviste” (CNTRL). Et vous ne pouvez ignorer que ce mot est historiquement fortement connoté.

 

Pour avoir commis une “lettre ouverte à mon camarade Valls*”, je ne suis pas le mieux placé pour fustiger les attaques dont il est l’objet.

Cependant, je n’ai pas la prétention de croire que ma modeste philippique d’adhérent de base ait le même poids que les attaques publiques de la direction du PS, du Président de l’Assemblée, de parlementaires et même, en plus nuancé cependant, d’un ministre au moins. Comme le remarquait, un observateur chevronné de la vie politique, Nicolas Domenach, cette offensive publique et qui peut paraître orchestrée, contre le ministre de l’Intérieur d’un gouvernement socialiste, par le Parti socialiste, le président socialiste de l’assemblée, des parlementaires socialistes est totalement inédite et quasi démente voire suicidaire.  

 

Dans cette affaire, il n’était pas totalement interdit de s’interroger sur le rôle du préfet.

Si l’on considère que la famille avait épuisé tous les moyens de droit et que donc l'expulsion vers le pays d’origine était fondée – hypothèse qui reste à vérifier – quel besoin y avait-il, toutes affaires cessantes, de faire stopper un autocar en sortie scolaire pour en extirper une élève ? La procédure - de rejets en appels, de recours en rejets - avait duré plus de quatre ans. Le préfet était-il à un jour près ?

Ne serait-il pas plus judicieux, comme a su le faire, par exemple, le sénateur Placé, de s’interroger sur le comportement de ce préfet qui ne pouvait ignorer que cette arrestation en milieu scolaire risquait de provoquer des remous. Et mettrait son ministre dans une position inconfortable, puisqu’il ne pourrait désavouer une expulsion légale (toujours dans l’hypothèse où elle était bien fondée en droit), même s’il n’était pas tout-à-fait dupe de la manoeuvre vicieuse du préfet. Car s’il le sanctionne, je vous laisse imaginer l’exploitation qui en serait fait non seulement au F-Haine mais à l’UMP.

 

Une réaction émotionnelle outrée et surtout mal ciblée ne peut faire que des dégâts.

J. F. LAUNAY

 

* Elle portait néanmoins, puisqu’on parle de valeurs, non pas sur une bavure (ou pire bien sûr si la procédure entière était entachée d’illégalité), mais sur un propos quasi ontologique sur la “vocation” des Roms à s’intégrer ou pas.

Complot anti-Valls ?
P. S. Pour compléter – et corriger : le préfet n’a pas été informé des conditions d’interpellation de la collégienne – cette "lettre ouverte", on peut lire la synthèse de l'affaire par P. Watrelot, dans la revue de presse des cahiers pédagogiques et, bien sûr, le rapport de l'IGA, remis au Ministre de l’intérieur le 19 octobre 2013.
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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 10:59
Tract des cagots envoyé à une adresse professionnelle

Tract des cagots envoyé à une adresse professionnelle

Surprise d’un personnel de l’éducation nationale : il reçoit à son adéle professionnelle (@ac-nantes) un appel d’une officine faussement intitulée « solidarité pour tous ».

 

Soutenez Nicolas et les victimes de la répression d'Etat !

2 mois ferme et 2 mois avec sursis. 1000€ pour les policiers qui l'ont étranglé. Mandat de dépôt dans la foulée.
Est-ce un délinquant qu'on emprisonne ?
Non, il s'agit du jeune Nicolas, devenu prisonnier politique pour avoir pacifiquement exprimé son opposition au mariage pour tous.

Comme lui, de nombreuses personnes sont actuellement inquiétées par la justice et par les forces de police, aux ordres du duo Valls/Taubira, dont les mesures répressives augmentent jours après jours. Pour aider les inculpés, les embastillés, les persécutés judiciaires, Solidarité pour tous, association loi 1901, a été créée. Elle est le lien entre les victimes de la répression, leur famille et leurs avocats. Aujourd'hui, c'est Nicolas qui est emprisonné : demain, cela pourrait bien être vos enfants que le gouvernement embastillera sans aucune raison, si ce n'est celle de contester pacifiquement une loi portant atteinte à la famille.

Vous pouvez agir dès à présent, en faisant un don à l'association, don qui servira à payer les frais de justice, les condamnations et les frais imposés aux familles (transport, logement, etc.). Un don qui permettra également à Nicolas, et aux autres qui risquent malheureusement de suivre, de tenter de survivre et de s'en sortir en prison, au milieu des vrais délinquants. Un don qui, grâce au système de la déduction fiscale que propose l'association Solidarité pour Tous, vous permettra de mettre à contribution l'Etat, et de le faire payer pour les victimes de sa répression folle. En effet, vos dons sont défiscalisables à hauteur de 66%.

Les victimes de la répression politique comptent sur vous dès à présent. N'hésitez plus, venez-leur en aide !

Association Solidarité pour tous
solidaritepourtous@laposte.net
www.solidaritepourtous.fr


 

 

Peut-être s’agit-il d’un collègue bigot qui lui fait suivre cet appel à cracher au bassinet pour la défense d’un sauvageon – pardon d’un « prisonnier politique » - un certain Nicolas qui, bien que visiblement gaulois de souche, s’était conduit comme une racaille basanée, renversant une pizzeria, fuyant la police, refusant de donner empreintes et ADN ? Mais tout laisse à craindre qu’il s’agisse d’un piratage d’adéles à grande échelle.

Nicolas, menotté et étouffé sur le ventre, durant son transfert en Garde à Vue

Nicolas, menotté et étouffé sur le ventre, durant son transfert en Garde à Vue

N’en jetez plus : étranglé par les policiers, puis étouffé, le martyr est toujours vivant ! Après un tel traitement, Tonton Ali ne s’en est pas remis. Faut-il parler aussi de Mohammed Boukrourou, victime d’une « altération cardiaque » ?

 

Que répondre à ce tract débile ? Eh quoi, cette belle police du temps de MAM, Hortefeux, Guéant s’est transformée en guépéou, aux ordres du socialo-bolchevik Manuel Valls ? Et les inamovibles juges du siège se plierait à de clandestines instructions de Christiane Taubira ? Oubliant que tout ce qui est excessif est insignifiant, nos cagots n’hésitent pas à parler d’embastillés, de persécutés judiciaires, victimes de la répression politique, répression folle !

 

Et cette pseudo-association prétend que ces dons (incontrôlés) auraient droit à la déduction fiscale de 66 % : que fait l’administration fiscale de la quasi dictature, car cette déduction n’est pas automatique, mais soumise à des conditions que visiblement cette officine ne remplit pas ?

 

PS Comme d'habitude Maître EOLAS fait une analyse extrêmement pointue du cas Nicolas B. qui anéantit tous les mensonges de ces cagots !

 

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 16:10

Il n’y a pas que Mélenchon pour faire le bouzze avec des saillies incontinentes. Les chochotteries Bruniesques, l’épectase Boutinienne, sans oublier le germanopratin supplantant le bobo, méritent aussi d’être relevés.


Una lacrima sul viso

 carla_Bruni_parisien.jpg

Sur son visage une larme
Vient de couler en silence
Douloureuse, la pauvre Carlita
Car son Nicolas
Par l’affreux juge Gentil
Est mis en examen.
Quand ce cauchemar prendra-t-il fin ?

Tapie, Khadafi, Karachi*…

Et maintenant mamy-zinzin !

 

Mais ces pleurs feront-ils  changer d’avis

L’affreux juge (pas) gentil !

 

Et soudain Carla Bruni verse une larme. A l’évocation de la mise en examen de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bettencourt, elle est submergée par l’émotion puis défend « son homme », son « Raymond », comme elle l’appelle dans une chanson… nous informe Le Parisien qui dans le bas-Poitou s’appelle Aujourd’hui. « C’est douloureux d’en parler et aussi douloureux de ne pas en parler. C’est douloureux pour la famille (elle essuie une larme). Pardonnez-moi… Ce que je peux vous dire c’est que c’est impensable d’imaginer qu’un homme comme lui puisse abuser de la faiblesse d’une dame qui a l’âge de sa mère. » Les grandes douleurs laissent muets…

 

* Je ne sais si Carlita est amatrice de foute mais chouchou lui rapporte une sacrée batterie de casseroles…

 

Sainte Christine, martyre

 boutin-comedie.jpg

Gazée, par les escadrons de la mort* de Valls, elle garde un visage serein comme en épectase. Et revient à elle, comme illuminée, et, contrairement à Carlita, sans aucune larme. « Les larmes qui coulent sont amères mais plus amères encore sont celles qui ne coulent pas. » dit un proverbe gaélique. Des lacrymos sans lacryma : miracle. Sainte Christine B. aura, en tout cas fait un admirable effort pour reprendre le dessus sur la canularesque Frigide Barjot, d’ailleurs débordée sur son extrême-droite, par une certaine Bourge qui veut jouer les Printemps arabes (modèle frères musulmans ?).

 

 

* « J’ai moi-même été victime de cette violence inadmissible et monstrueuse des forces de l’ordre, envoyées comme des escadrons de la mort par le gouvernement français contre les familles françaises, contre le peuple français. Forces de l’ordre qui n’ont pas hésité sur ordre du ministre de l’Intérieur, monsieur Manuel Valls, à gazer des enfants jusque dans leurs poussettes ! »

 

Y-a-t-il un après à Saint-Germain-des-Prés ?

  Aphatie-Stgermaindespres-2.jpg

Il n´y a plus d´après
A Saint-Germain-des-Prés

 

Guy Béart aurait-il tort ? car Télérama nous parle de « journalisme d’opinion, tendance germanopratin »*. Comme le rapport direct entre Aphatie – prototype de ce journalisme d’opinion - et les caves enfumées de l’après-guerre, où Boris Vian jouait de la trompinette, est peu évident, faut-il y voir une variante d’un « bobo », pas « baba cool », adepte de la « pensée unique » et de la « bienpensance » ?

 

Ce petit texte envoyé au courrier de l’hebdomadaire, m’a valu une réponse de la journaliste qui avait sorti ce « germanopratin » : Vous avez parfaitement résumé le sens que je voulais donner à ce terme. j'y ajouterais "journaliste assis qui ne sort pas du périphérique, et plus précisément des beaux quartiers arpentés par nos élites, culturelles, journalistiques et politiques." (Emmanuelle Anizon)

 

 

* « On fête quoi chez Mediapart ? » Télérama 27/03/13

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 18:20

Aristide-Briand3

Charles Chabert* Député de la Drôme, dans cette riche séance du 26/06/1905 présenta un amendement : « Les ministres des différents cultes ne pourront porter un costume ecclésiastique que pendant l’exercice de leurs fonctions. »

 

« Il est étrange, il est véritablement incompréhensible, qu’un projet de loi si longuement et si mûrement étudié […] ne dise pas un mot d’une question qui a une importance extrême, capitale, le port du costume ecclésiastique.

Cette omission est-elle voulue ? […] En tout cas elle a surpris bien des gens dans tous les camps.

Pour tous les républicains, pour nombre de catholiques et pour nombre de prêtres, il est clair dans leur pensée, qu’aussitôt le nouvel ordre des choses établi, aussitôt voté la loi de séparation, le costume ecclésiastique, s’il n’était pas radicalement aboli, serait rangé parmi les vieux accessoires démodés et hors d’usage, disparaîtrait des places publiques et ne sortirait plus de l’ombre des sacristies et des sanctuaires.

antisoutane Est-ce que par hasard la Chambre estime indigne d’elle de s’occuper de tels détails ?  Veut-elle laisser libre le port de la soutane ? […]

 

Dans les premiers siècles de la chrétienté, les ecclésiastiques s’habillaient comme tout le monde et ce n’est que plusieurs siècles après la naissance de la religion nouvelle qu’ils jugèrent à propos de se différencier des autres citoyens.

 

[…] Pourquoi maintiendrait-on aux ecclésiastiques le privilège de conserver et de porter un costume qui jure si étrangement avec les mœurs et les goûts modernes ? […] sous le régime que nous allons installer, alors que l’État se sera installé dans la neutralité la plus absolue serait-il possible que nous aurions quand même le port d’un costume spécial. […]

Il importe d’autant plus de statuer sur ce sujet que le costume ecclésiastique [soulève des controverses nombreuses et donne lieu à des polémiques].

 

Ce costume favorise [l’autorité sur une partie de la population] et c’est précisément une des raisons principales pour lesquelles l’Église attache au costume de ses ministres une telle importance.

Par l’effet du costume qui les sépare et les distingue du vulgaire, les prêtres apparaissent aux yeux des fidèles – et c’est là ce que veut l’église – comme autre chose et plus que les hommes.

soutane-cure-nonne Le prêtre se considère comme l’intermédiaire entre Dieu et la créature […] d’un mot, il peut absoudre, d’un mot il peut réaliser les plus inouï des miracles : faire descendre son Dieu dans un morceau de pain.

[Il cite un passage d’un ouvrage d’un sulpicien pour les futurs prêtres : « L’avons-nous prise (la soutane) avec joie, comme un habit d’honneur qui nous dégage de l’ignominie de l’habit séculier… »]

Le costume religieux n’est-il pas essentiellement un emblème ? Son port n’est-il pas au premier chef une manifestation confessionnelle ? […] Les choses de la conscience, dans la conscience : tel est bien l’esprit de la loi que nous élaborons.  Mais la soutane en public, ce sont les choses de la conscience dans la rue.

 

D’autre part, vous avez pu être témoins des manifestations diverses que provoque assez souvent dans nos villes le passage d’une soutane […] ils exposent les prêtres à de désagréables surprises. Eh bien ! ne devons-nous pas empêcher que cet état de choses se perpétue ?

 

[En Suisse, en Angleterre, en Amérique] les ecclésiastiques s’habillent comme tout le monde…

 

Libre à chacun de s’habiller comme il lui plaît, voilà qui paraît simple et facile. Oui, quand vous aurez ôté à telle ou telle façon de se vêtir sa signification ou son prestige.

 

[…] Le prêtre obligé de sortir en soutane est aussitôt remarqué, ses moindres soutanedémarches sont connues et commentées. […] Supprimez le costume et aussitôt le prêtre devenu une unité ordinaire dans la foule immense, échappe à son supérieur, s’évade de cette tyrannie de tous les instants […] le costume le rend prisonnier de sa propre ignorance, je dirai presque de sa propre bêtise. […] c’est à cause du costume qu’il y a une telle distance entre les séculiers et les ecclésiastiques.

[…] Voyez ce jeune prêtre qui passe dans la rue : son regard est timide, presque fuyant, son pas est lent et compassé, sa tête est penchée sur l’épaule, ses mains qui se perdent dans de larges manches sont croisées sur sa poitrine : est-ce un homme ?

 

[…] Il y a des prêtres, je le reconnais, qui pour rien au monde ne consentirait à quitter leur habit, mais un plus grand nombre d’entre eux – et ce sont les plus intelligents, les plus instruits – attendent avec anxiété cette loi qui les rendra libres.

[…] De ce serf, de cet esclave faisons un homme. C’est ce que je vous demande au nom de la logique, au nom de l’humanité. »

 

Aristide-Briand2  Aristide Briand, rapporteur, lui répond : « Au risque d’étonner l’honorable M. Chabert, je lui dirai que le silence du projet de loi au sujet du costume ecclésiastique qui paraît le préoccuper si fort, n’a pas été le résultat d’une omission mais bien [celui] d’une délibération mûrement réfléchie. Il a paru à la commission que ce serait encourir, pour un résultat plus que problématique, le reproche d’intolérance et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule que de vouloir, par une loi qui se donne pour but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue confessionnel, imposer aux ministres des cultes de modifier la coupe de leurs vêtements.

 

[…] Ce que notre collègue voudrait atteindre dans la soutane, c’est le moyen qu’elle procure de se distinguer facilement des autres citoyens.

Mais la soutane une fois supprimée […] si l’église y trouvait son intérêt, l’ingéniosité combinée des prêtres et des tailleurs aurait tôt fait de créer un vêtement nouveau […] pour permettre au passant de distinguer au premier coup d’œil un prêtre de tout autre citoyen.

 

[…] Quant au prestige dont jouit la religion dans nos campagnes, je crois qu’il serait téméraire de l’attribuer uniquement [à la soutane].

 

[La commission] a pensé qu’en régime de séparation la question du costume ecclésiastique ne pouvait plus se poser. […] La soutane devient dès le lendemain de la séparation un costume comme un autre […] C’est la seule position qui nous ait paru conforme au principe même de la séparation. »

 

Extraits du débat du 26 Juin 1905 http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/sommaire.asp#compte_rendu.

On peut déplorer que les photos des pages de comptes rendus des débats soient d’une telle médiocrité technique rendant certaines colonnes illisibles et les autres difficiles à déchiffer.

 

Assietteaubeurresoutane

 

Tout est déjà dit. La soutane n’est pas une obligation religieuse, puisque dans certains pays les prêtres n’en portent pas. C’est donc l’expression d’un catholicisme obscurantiste, fanatique…fondamentaliste, pour tout dire. En portant cette soutane, les prêtres veulent établir une « barrière infranchissable entre eux et la société laïque ». Et en même temps, cette longue robe noire est une atteinte évidente à leur dignité masculine ! (cf Jean Baubérot) On croirait lire du Valls sur la burka !

 

chabert charles* Né le 16 décembre 1852 à Saint-Donat-sur-l'Herbasse (Drôme), mort le 30 septembre 1923 à Saint-Donat-sur-l'Herbasse.
Député de la Drôme de 1899 à 1908.
Sénateur de la Drôme de 1908 à 1923.
Sous-chef de bureau à la direction de la Caisse d'épargne postale, Charles Chabert militait dans les rangs du parti radical-socialiste et devint ainsi maire de sa commune natale et conseiller général de la Drôme.
Un siège de député s'étant trouvé vacant dans la deuxième circonscription de Valence pour le remplacement de M. Bizarelli élu sénateur le 9 avril 1899 et démissionnaire de son mandat le 15 mai suivant, une élection partielle eut lieu le 25 juin de la même année. Charles Chabert fut élu au premier tour de scrutin, par 10.012 voix contre 5.852 à M. Servan, son principal adversaire, sur 16.170 votants.
Dans son programme électoral il réclamait l'abrogation de la loi Falloux, se déclarait partisan de l'impôt progressif sur le revenu, de la réduction à deux ans du service militaire, des lois d'assistance et de solidarité sociales, de la réduction des dépenses, de la protection de l'agriculture, du petit commerce et de la petite industrie, de l'amélioration des chemins de fer, de la suprématie absolue du pouvoir civil sur tous les autres pouvoirs, du respect absolu de la liberté de conscience et de la laïcité complète de l'État.

Inscrit au groupe radical-socialiste et membre de diverses commissions, il participa à la discussion : du budget du Ministère de la Justice de l'exercice 1901, pour demander la suppression des « messes rouges » lors de la rentrée des tribunaux[…]
Lorsque vinrent en discussion le projet et les propositions de loi sur la séparation des Églises et de l'État, il déposa un amendement demandant l'interdiction du port du costume ecclésiastique en dehors des Églises (1905).
Il soutint constamment la politique des Ministères Waldeck-Rousseau, Combes, Rouvier, Clemenceau, et vota notamment la loi sur les associations (1901), la loi interdisant tout enseignement aux congrégations (1904), la loi de séparation des Églises et de l'État (1905), la loi militaire sur le service de deux ans (1905), la loi d'assistance aux vieillards et aux incurables.
Il fut encore réélu au premier tour de scrutin, aux élections générales du 6 mai 1906, par 10.609 voix, contre 6.114 à M. Vinay, sur 18.575 votants. Dans sa profession de foi, il réclamait le monopole de l'enseignement pour l'État, au moins pour les deux premiers degrés, un impôt unique et progressif sur le revenu et l'achèvement de la loi sur les retraites ouvrières et paysannes. …

http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=1589

 

PS Sans doute était-il Franc-Maçon, car plusieurs interruptions font clairement allusion à cette affiliation.

 

soutanes pretres 1932

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