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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 16:42

En complément : une lettre ouverte à Manuel VALLS (20/03/17)

Chers camarades députés,

 

Bien que chacun et tous, vous affirmez, sans doute, votre profond désir d’être à l’écoute de vos concitoyens, je n’ignore pas que cette volonté affichée vous rend cependant sourd aux remarques de ceux qui sont censés être les plus proches de vous, les membres de votre propre parti. Car tout élu, c’est humain, oublie, le plus souvent, que son élection est due, pour une part, au travail obscur de militants. Il oublie même – voire nos vaillants « frondeurs » - qu’elle s’est jouée aussi sur la victoire présidentielle. Son élection, l’élu finit, souvent, par l’attribuer à ses seules vertus, à son charisme, à sa personnalité étincelante. La surdité frise d’ailleurs parfois la grossièreté quand un vieil élu ne répond même pas à un courriel qui lui signale qu’il s’attribue une élection avec quelques années d’avance.

Lettre ouverte aux députés PS

Donc ma missive risque fort de passer, directement, de la réception à la poubelle, sous les doigts agiles d’un-e assistant-e plus actif-ve que ne le fut la dame Penelope.

Qu’importe !

Adhérent du PS en 1973, j’ai donc avec tant d’autres camarades, collé des kms d’affiches, distribué des tonnes de tracts, j’en ai aussi rédigé pas mal, et des articles… Tout rocardien que j’étais, j’ai, bien sûr, fait les campagnes de Mitterrand en 1974, 81 et 88. Tout rocardien que j’étais, j’ai, avec discipline, fait une campagne législative pour un candidat CERES, quasi sosie de Georges Marchais.

Et dans ma vie militante de syndiqué, j’ai aussi fait des grèves dont je n’ignorais pas l’inutilité…

C’est vous dire, combien j’étais – mais à cette époque je partageais cette naïveté avec la plupart des camarades socialistes et/ou syndiqués – old fashion, comme on dit, vieux croûton donc, avec cette discipline militante.

Plus de saison, si je comprends bien.

Comme la discipline républicaine qui faisait qu’au 2e tour on votait pour le candidat de gauche le mieux placé. Vieillerie enterrée par un ex-sénateur PS qui se la joue insoumis !

Lettre ouverte aux députés PS

Eh oui. Á juste titre, les légitimistes peuvent reprocher aux frondeurs d’avoir oublié qu’ils ne devaient leurs sièges qu’à leur étiquette PS+majorité présidentielle ; autrement dit, combien d’entre eux auraient été élus s’ils ne s’étaient présentés, en 2012, comme socialistes se réclamant du Président fraîchement élu ?

Et si le 49.3 a dû être employé, n’est-ce pas parce qu’ils ont manqué à cette discipline de groupe qui doit souder une majorité ?

Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne, disait Chevènement (qui a glissé de la gauche du PS jusqu’à la droite de Dupont-Aignan).

Un député, après débats internes, aussi vifs soient-ils, s’il est minoritaire dans le groupe parlementaire, ça suit la majorité. Ou ça quitte le groupe et ça démissionne pour soumettre son choix aux suffrages de ses électeurs.

Jacques Auxiette Régionales 2010 Luçon

Jacques Auxiette Régionales 2010 Luçon

Mais les manquements des uns ne justifient pas les trahisons des autres.

 

Les primaires socialistes impliquaient, pour ceux qui s’y sont présentés, et pour ceux qui y ont participé, l’engagement de soutenir celui qui l’emporterait.

Qu’un de Rugy ne respecte pas cet engagement, qu’importe, il n’est pas du PS. Mais que des PS attitrés, et pour qui, comme Auxiette, j’ai, avec d’autres bien sûr, milité comme candidat à la Présidence régionale, abandonnent le candidat régulièrement élu par la primaire me déçoit, pour rester dans l’euphémisme. Et surtout m’inquiète. Car, plus sûrement que les rodomontades de l’imprécateur Mélenchon, ils signent l’arrêt de mort du PS.

Pour n’avoir rien écrit sur le sieur Macron*, dans mon blog, j’ai été soupçonné d’en être partisan, par un prétendu insoumis . Je n’en dirai pas trop tout le mal que j’en pense, car il me semble que Marine Le Pen d’abord et François Fillon ensuite méritent plus des attaques. Et aussi, mais là pour sa volonté claire et nette de ne viser que la destruction d’un parti, qui, pour moi, est le pire à l’exception de tous les autres, le nôtre, le PS, Mélenchon !

Quant à notre candidat, bien que n’ayant pas voté pour lui aux primaires, je tairai mon scepticisme sur certaines de ses propositions, pour souligner sur les questions sociétales – légalisation du cannabis, droit à une mort digne, par exemple – mon plein accord.

Grâce à Fillon, Les Républicains risquent d’exploser – notez quand même, chers camarades, tentés par la trahison, que Juppé n’a pas quitté son camp, lui, pour en préserver l’avenir– faut-il que, grâce à certains, le PS sombre ?

Si vous pensez qu’il a fait son temps, qu’il doit, en quelque sorte, se modemiser d’un côté et se mélucher de l’autre, dites-le franchement. 

Et si vous voulez jouer les fossoyeurs du PS, on vous laisse le soin de mettre la dernière pelletée.

 

* Ce qui est d'ailleurs faux puisque j'ai ironisé sur le passage du jeune homme au Puy-du-fou et comparé la traîtrise du Brutus-du-bocage, Retailleau, avec celle du Judas de l'Elysée, Macron ! mais je ne m'en suis pas trop vanté car je prévoyais un destin à la Jobert, à l'ex-chouchou de Hollande.

Lettre ouverte aux députés PS

 

Lettre ouverte à M. Manuel VALLS,

Alors qu’un Juppé qui – toute chose égale par ailleurs – a connu le même sort que vous, M. Valls, face à un outsider qui lui l’a débordé par la droite, alors qu’Hamon l’a fait par la gauche, Juppé donc, fait savoir clairement qu’il reste loyal à son camp, vous, vous gargarisez de votre « cohérence » pour savonner allégrement la planche du candidat PS.

Et votre cohérence montre surtout, derrière les grands mots, une vision bornée, étriquée de la politique faite de préjugés, qu’en d’autres temps on eût qualifié de petits bourgeois.  Votre affiché attachement viscéral à la République n’est que prétexte à promouvoir une pseudo laïcité liberticide contraire à l’esprit qui a présidé à l’élaboration de la Loi de 1905.

Cet attachement viscéral à la République eût d’ailleurs pu s’exercer en mettant fin à cette pratique ô combien anti républicaine, car discriminatoire, que constitue le contrôle d’identité au faciès.

Mais, c’est dans le prétendu abandon des règles et des interdits par la légalisation du cannabis que vous manifestez le plus votre état d’esprit petit bourgeois qui fait de vos préjugés vertus.

Que ne vous donnez-vous la peine de lire la rapport de la Commission mondiale pour la politique des drogues de juin 2011, commission formée de personnalités comme Kofi Annan, ex-secrétaire général de l’ONU, Paul Volcker ex-directeur de la Réserve fédérale US, Georges Papandreou, Javier Solana, Ruth Dreifuss et quelques autres ex-chefs d’état ou de gouvernement ? Figurez-vous que ces sages encouragent l’expérimentation par les gouvernements de modèles de régulation légale des stupéfiants (par exemple avec le cannabis) conçus pour contrecarrer le pouvoir du crime organisé et protéger la santé et la sécurité de leurs citoyens. Il est absurde d’ignorer ceux qui argumentent en faveur d’un marché taxé et réglementé des stupéfiants actuellement illicites. La politique répressive que vous, comme vos prédécesseurs, avez mené n’empêche pas la France d’être, avec le Danemark, championne d’Europe de la consommation de cannabis !

Comme j’ai eu l’audace de l’écrire dans une lettre ouverte aux députés PS, les manquements passés des uns ne justifient pas les trahisons actuelles des autres. La règle du jeu de la primaire était claire. Qu’un de Rugy la bafoue, qu’importe, il n’est pas socialiste. Mais, vous, vous seriez grandi d’apporter un soutien sans faille au vainqueur, mettant ainsi du panache, de la noblesse même, dans votre défaite.

Hélas, vous ne faites que remâcher mesquinement l’échec.

 

J.F. Launay

Adhérent PS

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 18:59
Ne diabolisons pas le 49.3

Le 49.3 est né en réaction à l’instabilité gouvernementale de la 4e République. 

Si Rocard  et, à un moindre degré, Cresson et Beregovoy, l’ont beaucoup utilisé, c’est qu’ils se sont trouvés devant une Assemblée Nationale ne dégageant qu’une majorité socialiste relative : 258 sièges, la majorité absolue étant à 270. La conjonction de la droite et du PCF dans des votes négatifs eût pu bloquer toute action gouvernementale. Le 49.3 en obligeant à un vote majoritaire d’une motion de censure a permis aux trois gouvernements socialistes de 1988 à 1993 de faire passer un certain nombre de textes.

Depuis 2008, le 49.3 ne peut être utilisé que sur la loi de finances et le financement de la Sécurité sociale, plus un texte par session (une session correspond à une (petite) année scolaire).

Il s’agit bien d’un passage en force, mais qui ne prive pas le Parlement de toute riposte, puisqu’une motion de censure peut faire tomber le gouvernement.  C’est arrivé une seule fois mais la chambre élue après dissolution a été un désaveu cinglant pour les votants de cette motion.

"Le fameux 49.3 s’inscrit dans ce système de contrôle et d’équilibre des pouvoirs, quoiqu’on en dise, puisque l’exécutif met le législatif face à ses responsabilités, en disant “c’est cette loi ou moi”. Soit le législatif renverse le gouvernement, soit il ne le fait pas, et dans ce cas, il est regardé comme ayant adopté la loi casus belli. Mais il ne peut refuser au gouvernement les moyens de son action tout en prétendant le soutenir (ce qui était le mode de fonctionnement habituel de la IVe république)."

Maître Eolas

La satanique Loi travail s’est heurtée donc à la double opposition de la droite, qui ne la trouvait pas assez à droite, et de frondeurs qui, eux, pensaient  l’inverse. Mais qui, prudemment, n’ont pas déposé de motion de censure – que la droite eût été capable de voter – pour éviter une dissolution qui aurait renvoyé la plupart d’entre eux dans leurs foyers (ce qui risque de se passer aux futures législatives, mais n’anticipons pas).

Prôner la suppression du 49.3 peut s’entendre dans la bouche d’Hamon qui, après avoir été démissionné pour cause d’abus de la cuvée du redressement, a rejoint les frondeurs. Mais, c’est plus surprenant dans celle d’un ex-premier Ministre qui en a usé.

A noter que P. Mendès-France (Pour une République moderne)  préconisait un contrat de législature, avec dissolution en cas de rupture du contrat. Bien sûr, dans une architecture institutionnelle très différente. Mais reste le principe d’asseoir une majorité sur un véritable engagement qui suppose une discipline.

Et, finalement, quand une minorité, dans la mesure où elle a pu faire valoir ses arguments, n’accepte pas la position majoritairement adoptée, qu’elle fronde, elle oblige à utiliser l’arme du 49.3 ou à dissoudre, suicidairement, l’Assemblée.

Reste à savoir si, dans la phase préparatoire, le 1er Ministre a été ouvert au dialogue et a eu le sens du compromis…

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 21:10
Lettre ouverte aux ‘frondeurs’

A noter, un courriel de Mme M.-N Lienemann, sénatrice, en réponse à cette lettre, en annexe.

 

Chers camarades (pour autant que vous considériez un vieux rocardien, comme tel),

 

Je ne vous ferai pas le coup du vieil adhérent de 1973 qui, question attente et déceptions, aura vécu 1973 justement, 1974 ensuite puis 1978, mais qui, avec combien d’autres, a continué à y croire. Cependant, permettez-moi de vous rappeler, à ceux d’entre vous à qui ça évoque quelque chose, qu’aux législatives de 1981, comme on disait, on aurait présenté une chèvre avec une rose en travers du museau, elle était élue !

Autrement dit, la vague rose était portée par l’élection présidentielle et non par les magnifiques talents des futurs parlementaires.

J’entends bien. Vous avez été élus sur des idées, un programme, dont vous vous sentez redevables devant vos électeurs.

Mais, vous le savez bien, soit vous avez été élus sur de vieilles terres socialistes, quasi inexpugnables (et là, sans tenir compte de ce qui adviendra des autres députés socialistes, vous pouvez jouer les frondeurs jusqu’au bout) ; soit vous avez été les élus de la majorité présidentielle, de la vaguelette rose de 2012, et quoi que vous chantiez, vous serez balayés comme les autres en cas d’élections anticipées.

 

Je ne suis pas tout-à-fait persuadé que François Hollande ait su donner, comme on dit, un cap. Je regrette que, sur des sujets de société comme le vote des étrangers non communautaires (moyennant bien sûr des conditions de présence sur le territoire) aux élections municipales, il en soit resté à des promesses. Si vous me poussez, je dirais presque que je regrette qu’il n’ait pas eu l’audace, d’entrée, de mener la réforme fiscale que préconisait Piketty. On pourrait multiplier les exemples de déceptions (droit de mourir dans la dignité, dépénalisation du cannabis, PMA et adoption pour les couples lesbiens, voire GPA, etc.).

Donc, vous le voyez, même si mes sujets de mécontentements ne sont pas obligatoirement les vôtres, je ne suis pas un parfait godillot.

 

Sauf que, dans ma modeste expression publique, je cible la droite et surtout l’extrême-droite. Et si je dis tout le mal que je pense de Mélenchon, c’est justement parce que lui oublie quel est l’adversaire dans une version, à peine modernisée, de bonnet et blanc bonnet.

Sauf que mes états d’âme n’entraîneront aucune crise.

 

Imaginez, ce n’est pas dur et c’est ce à quoi vous pousse justement Mélenchon, que dans le vote du budget, vous mettiez le gouvernement en minorité absolue ! Dissolution presque obligatoire. Combien de députés de gauche dans la future assemblée ? Un tsunami de droite et d’extrême-droite garanti. Et une gauche, toutes nuances et divergences confondues noyées pour des lustres !

 

Laissons du temps au temps ! Bien qu’il y en ait peu. Soit la politique lancée – et surtout la conjoncture économique  internationale – permet d’inverser enfin la courbe du chômage, et l’échéance 2017 ne sera pas une catastrophe. Soit…. Mais on n’est pas obligé de forcer les étapes.

 

Reste un dernier petit point : dans ma conception de la vie syndicale et politique, si, après libres débats, votes non truqués, on est minoritaire, on se plie à la décision majoritaire. Conception, je le confesse totalement archaïque !

 

Vox clamentis in deserto ! et qui n’aura, sans doute pas d’écho.

 

Socialistement vôtre,

 

J.F. Launay

Les 'frondeurs' à la fête de l'Huma

Courriel de M.-N. LIENEMANN Mercredi 17/09/2014

Cher camarade, plusieurs remarques rapides. Les temps changent et hélas notre parti vote de moins en moins. Quand a-t-on voté l’alignement a la politique de l'offre? Le renoncement à la modification du tscg* (programme PS et F hollande), l'allongement cotisations pour les retraites, l'alignement à la vision de Schröder alors qu'on a tjrs dit l'inverse. Et même nous n'avons pas élu notre premier secrétaire désigné par l’Elysée. La perspective d'un congrès est repoussée sans cesse. Qui ne respecte pas les votes? Et quels votes ne sont pas respectés? Ensuite depuis 1973 les dégâts de la 5eme république se sont accrus avec l'inversion du calendrier et le quinquennat... Car si une chèvre étiquetée PS pouvait être élue en 1981ce ne fut pas le cas en 86 d'où la cohabitation ni en 1989 ou le PS ne fut pas majoritaire seul! Malgré tout les parlementaires ne procédaient pas du seul président. Mais les dérives s'aggravent et la neutralisation du Parlement par l'alignement caporalise au président est un grave danger. Redonner au Parlement son rôle central et aux forces politiques, aux représentants du peuple un vrai pouvoir face à l'homme providentiel est essentiel pour notre démocratie menacée pas un décrochage massif avec la société et le peuple. Toi qui fus rocardien, tu dois mesurer ce décalage croissant entre les appareils et les citoyens. Et ça vient de loin. Comment concevoir un parti qui hier a voté en interne oui au projet de constitution européenne quand une très grande majorité de ses électeurs et même sympathisants proches voir adhérents votent non au moment décisif. Et à force de se répéter, cette situation nous a coupé des ouvriers, maintenant des employés, désormais des jeunes et d'une large partie des fonctionnaires. Il reste les csp+ ! Ne t étonne pas de l’abandon de la réforme fiscale! Évidemment le combat contre la droite est important mais en politique surtout au pouvoir les actes comptent plus que les paroles. Combattre la droite ce n'est pas jeter des invectives contre ses leaders c'est refuser sa logique, la triangulation qui nous fait perdre notre amé et mener une toute autre politique. Voilà l’enjeu. Aucun appel à la discipline ne peut régler ces problèmes politiques que l'exécutif veut éluder quand il ne veut pas nous faire abandonner des convictions qui fondent l'idéal socialiste. On comprend qu'il veuille abandonner le nom! Hier mon programme n'est pas socialiste** nous a fait beaucoup de mal... Aujourd’hui il faudrait que notre parti ne le soit plus... Attention aux dégâts! Amitié Marie Noëlle Lienemann

 

*  Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dit aussi Pacte budgétaire européen ou Pacte de responsabilité

** Extrait d’une déclaration de Jospin en 2002, en tant que candidat à la présidentielle, expression malhabile certes, mais la défaite catastrophique de l’ex-premier ministre est sans doute plus due aux candidatures Taubira (qu’il avait laissé faire) et Chevènement.

Lettre ouverte aux ‘frondeurs’

A noter que Mme Lienemann fut, entre autres,  ministre déléguée au Logement et au Cadre de vie dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy, secrétaire d’État au Logement dans le gouvernement de Lionel Jospin. Elle s’y est accommodée d’une politique de reprivatisation des entreprises nationalisées, contraire aux dogmes du Congrès de Metz qui avait scellé la défaite de la 2e gauche à laquelle elle et moi, à l’époque, appartenions. Reprivatisations dont je n’ai pas un net souvenir qu’elles aient promues par un quelconque congrès socialiste.

Autrement dit, en 1982-83, le choix de la politique prônée par Delors, plutôt que celle de Chevènement, Poperen ou Joxe, n’a pas été le fruit d’une décision du PS, mais de celles de Mitterrand et Mauroy aux manettes. Le congrès de Valence, qui avait précédé, était dans l’exultation d’une victoire tant attendue, pas dans l'optique d'un virage. Beregovoy a amorcé un nouveau virage que les contempteurs habituels ou nouveaux du PS qualifient de libéral. Les mêmes accusent Jospin d’avoir été plus privatisateur que les gouvernements Balladur et Juppé.

 

Donc, quand, au pouvoir, il faut se colleter avec la dure réalité des choses, promesses et programmes peuvent subir de nets infléchissements.

 

Mme la sénatrice ne craint pas le paradoxe quand d’une part elle déplore que le PS soit hors course et d'autre part elle rappelle le vote des instances du PS en faveur du oui qui s’est soldé par la victoire du non au referendum sur la constitution européenne. Je ne dirais pas que cette victoire est en partie due à la pusillanimité du 1er secrétaire de l’époque – je reste néanmoins persuadé que, s’il avait constaté d’emblée que Dolez et Mélenchon s’étaient mis en dehors du parti, le camarade Fabius ne se serait pas livré à je ne sais quelle subtile manœuvre en appelant au non donnant du poids à ceux qui, à l’époque, n’en avaient guère – pour ne pas tomber sous l’accusation de vouloir refaire l’histoire. Mais sa conception est bien que les décisions de son parti ne l’engagent que si elles sont conformes à ce qu'elle prône.

 

Ma lettre ne portait pas, d’ailleurs, là-dessus.

Mélenchon a cruellement ironisé sur ces frondeurs à la mie de pain, à la fête de l’Huma. Son but est bien la complète déroute du PS et le plus tôt possible. Il escompte rebâtir une vraie gauche sur les ruines de la sociale démocratie. On peut croire à cette chimère. Mais si on n’a pas le goût du suicide, il faut cesser de jouer aux rebelles d’opérette !

Au Sénat, ce n’est pas grave, mais à l’Assemblée Nationale à jouer à voir jusqu’où on peut aller trop loin, ça peut aboutir à une dissolution. La gauche de gouvernement serait balayée. Et la gauche tribunicienne aussi !

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