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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 14:45
Photo Sud-Ouest

Photo Sud-Ouest

Edmond Maire à la librairie Mollat à Bordeaux en compagnie de Dédé Dorléans (ex-action revendicative au Sgen-CFDT, au côté de Roger Lépiney)  le 29 avril 1987

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Georges Marchais, François Mitterrand, Robert Fabre, Edmond Maire et Michel Rocard à la manifestation contre le coup d'état au Chili le 12 septembre 1973 à Paris, France.

Le petit secrétaire national de la branche PEGC-Voie III - le dernier - du Sgen-CFDT ne croisa Edmond Maire qu'à l'occasion de manifs (à l'époque unitaire avec la CGT) ou lors du Congrès d'Annecy en 1976, congrès du recentrage syndical. Mais il donnait une image de simplicité et, pour reprendre un terme de son ami Michel Rocard, il parlait vrai et sobre.

MANIF 1975

Edmond Maire
Edmond Maire

MANIF Printemps 1976

Edmond Maire
Edmond Maire
Edmond Maire
Edmond Maire
Edmond Maire
Edmond Maire
Edmond Maire
Edmond Maire

MANIF Fonction Publique automne 76

Edmond Maire
Edmond Maire

"J'apprends à l'instant le décès d'Edmond Maire.
A mes yeux, c'est le syndicaliste le plus exigeant et l'homme de gauche le plus original que j'aie jamais connu. Il appartenait à une génération de syndicalistes intellectuels qui faisaient du débat et de la compréhension des enjeux un préalable indispensable. L'indépendance syndicale était pour lui une pierre angulaire, tout autant que le "syndicalisme de transformation" où la pensée de l'intérêt général doit primer sur l'étroitesse des corporatismes. « Le socialisme, disait-il, n’est pas un taux de croissance mais une manière de vivre. » Pour lui, la fin était dans les moyens, point barre. Mitterrand et lui se sont supportés mais jamais compris, et pour cause.
Quand Patrick Rotman et moi avons publié "La deuxième gauche", Pierre Mendès France m'a appelé, souhaitant nous rencontrer. Il avait lu le livre et l'avait jugé utile. "Edmond Maire, nous a-t-il dit, est l'homme le plus courageux de la gauche actuelle". Mendès est mort six jours plus tard.
C'est Edmond, à présent, qui s'en va. Toujours six pieds au-dessus de ses pairs, c'était un fameux joueur de poker."

Hervé Hamon

Congrès d'Annecy 1976

Edmond Maire
Edmond Maire
Edmond Maire
Edmond Maire
Edmond Maire
Edmond Maire
Edmond Maire
Edmond Maire

Avec Eugène Descamps, son prédécesseur qui avait mené la déconfessionnalisation.

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A l'époque Jacques Julliard était proche d'Edmond Maire et partageait les options du Sgen-CFDT, qu'il vilipenderait aujourd'hui.

Edmond Maire

SALUT CAMARADE

Edmond Maire

En complément

Une tribune d'Edmond Maire dans Le Monde diplomatique

Le Monde diplomatique

 

Système de décision, conception du développement, méthodes d’action

Une voie nouvelle : enrichir la revendication

 

Face à l’explosion scientifique et technique, au développement du nombre des salariés très qualifiés, à la croissance du secteur tertiaire, à l’extension du travail en continu, à la condition des ouvriers spécialisés, à la prise de conscience grandissante de millions de femmes, aux 2 millions de travailleurs immigrés, le syndicalisme français est-il adapté dans sa conception, ses revendications, ses structures ?

La C.F.D.T. a conscience des modifications à apporter au syndicalisme français, encore dominé par les ouvriers qualifiés d’industrie qui l’ont construit, pour le rendre représentatif de la classe ouvrière de notre temps. Elle pense même avoir emprunté la bonne direction pour le faire.

D’abord en introduisant, dans sa pratique et ses structures l’ensemble des salariés et anciens salariés qui subissent l’exploitation et la domination. Les laissés-Pour-compte de la société briseront leur isolement et leur surexploitation s’ils s’insèrent à part entière dans les luttes, si le mouvement ouvrier se révèle capable de mettre en cause le conditionnement culturel millénaire qui subordonne la femme à l’homme, le racisme que subissent les immigrés, la loi d’airain qui réduit à la misère économique et sociale la masse des personnes âgées.

Ensuite, exiger l’égalité totale des droits entre les travailleurs de races et sexes différents, revendiquer la mixité de toutes les professions, les équipements et les prestations nécessaires à l’exercice du droit au travail des femmes, un revenu pour les retraités au moins égal au minimum vital arraché à grand-peine pour le travailleur actif, c’est bien sûr lutter pour les droits matériels et moraux de catégories sociales délaissées. Mais c’est en même temps lutter pour une société excluant la domination, où chacun puisse vivre, individuellement et collectivement, dans des relations diversifiées et égalitaires d’où seront bannis les modèles culturels privilégiant les détenteurs de la force.

Contre toutes les conceptions hiérarchiques

Deuxième angle d’attaque : le système de décision. Partout, dans l’organisation de l’entreprise, comme dans la vie sociale, dans l’école, la famille ou l’armée, la hiérarchie fait ses ravages.

Comment en serait-il autrement dans un monde où l’autorité s’est toujours imposée d’en haut, au nom de Dieu d’abord du temps de la monarchie, puis en vertu de l’argent dont le règne n’a été vaincu dans une partie du monde que pour laisser la place à l’appareil du parti et au clan des technocrates ?

Les prérogatives accordées au commandement déterminent à la fois l’échelle des revenus, l’organisation dite scientifique du travail qui sépare conception et exécution, le système de qualification et le statut social. Par rapport à cette situation de fait, réduire l’éventail des salaires, contester fondamentalement le contenu des emplois et de l’organisation du travail, montrer au personnel « d’encadrement la logique impitoyable à laquelle le système le contraint, relèvent du même combat.

Alors que l’entrée progressive des jeunes dans l’enseignement supérieur constitue une conquête majeure des travailleurs, tout exige la transformation des rapports et systèmes hiérarchiques. Les explosions de révolte ne peuvent faire échec à la sélection sociale. Accès massif à l’enseignement supérieur et refus de toute sélection sociale ne sont conciliables qu’en réinventant toute la conception des emplois et de l’organisation du travail.

A l’heure où l’innovation collective est la clé du progrès, où la liberté devient une technique de production, selon le mot de David Rousset, les revendications anti-hiérarchiques réconcilient progrès technique et progrès humain. Mais il ne leur suffit pas d’être dans le courant de l’histoire pour s’imposer, car c’est l’« ordre » capitaliste lui-même qui est enfin et de plein fouet frappé par cette dynamique.

Troisième front : le type de développement.

La lutte pour les salaires, aussi énergique et nécessaire soit-elle, si elle se limite là, n’est rien d’autre qu’une puissante incitation à l’expansion capitaliste et à la modernisation.

Mais lier la progression du niveau de vie à la transformation du mode de vie a un tout autre sens. La croissance considérée comme celle des seuls biens rentables, l’augmentation du pouvoir d’achat conçue comme devant être absorbée totalement par le besoin d’évasion de la ville polluée, encombrée et déshumanisée, ou par la nécessité inculquée dans la tête des gens de consommer les produits imposés par la publicité, autant d’aberrations masquant le besoin fondamental de rapports sociaux égalitaires et désaliénés dans un environnement construit pour le développement de la personnalité de chacun.

L’action pour une augmentation du salaire minimum plus rapide que celle du salaire moyen, pour la priorité aux équipements collectifs, pour une fiscalité correctrice des inégalités et orientée en fonction de la satisfaction des besoins essentiels, pour le développement de l’emploi non industriel, par exemple dans la santé et la culture, pour des transports collectifs primant la voiture individuelle, pour la prise en compte du coût humain des activités économiques, pour l’introduction de l’impératif de non-pollution dès la conception de l’usine, pour une ville qui soit celle des contacts humains, de l’enrichissement social et culturel, pour l’utilité sociale de l’emploi en même temps que le plein emploi, ces quelques pistes d’action encore largement explorées deviennent progressivement celles du travailleur-usager, du citoyen-producteur.

A l’échelle de l’Europe occidentale, la convergence commence à apparaître entre un nombre croissant de travailleurs et d’organisations pour qui la tour de Babel des mots autogestion, cogestion, contrôle ouvrier, démocratie industrielle, collective bargaining, recouvre une réalité proche : celle de la révolte contre le type de travail et le mode de vie imposés.

Mais la revendication ne s’enrichit pas spontanément. Un travailleur aliéné ne trouve de solution qu’aliénée. L’objectif de l’action collective n’est pas dissociable de sa forme. C’est aussi dans l’entreprise que doit être conquis le droit d’expression, de réunion. En 1968, la discussion collective est entrée en France dans l’entreprise. Elle n’en sortira plus.

On ne peut construire une société de liberté et de responsabilité par des moyens d’action qui maintiennent le mode hiérarchique, la chape de plomb qui pèse sur l’intelligence, la sensibilité, la capacité d’innovation de chacun. Les droits d’expression et d’action sont à conquérir pour tous les travailleurs et pas seulement pour leurs délégués. Les mots d’ordre commandés du sommet doivent faire place à des propositions élaborées en fonction du mûrissement des luttes de base.

La grève devient active, moment privilégié qui n’est plus celui de la révolte précédant la passivité, mais de la prise de conscience entraînant l’action pour des objectifs plus riches.

La marche au socialisme autogestionnaire réclame des acteurs et non des exécutants. La lutte pour un pouvoir partagé entre tous ne peut se satisfaire de structures syndicales où le pouvoir ne soit pas diffusé égalitairement, où les responsables du mouvement ouvrier jouiraient de privilèges, où l’on ferait fi de l’apport de chacun à la construction quotidienne de l’avenir, où l’on freinerait la possibilité pour chacun de faire émerger sa liberté à travers l’action collective.

Telle est la voie nouvelle. Mais est-elle vraiment originale ou ne fait-elle que revenir à l’inspiration originelle du mouvement ouvrier français ?

On a pris l’habitude, tant avec la tradition léniniste qu’avec la social-démocratie, de considérer que le parti jouait le rôle majeur dans la transformation sociale, le syndicat étant là pour faire mûrir, à travers la lutte de classe, la victoire du parti.

Mais la tradition syndicaliste française est celle qui lie revendication immédiate et réforme profonde, qui définit elle-même le type de société à bâtir et la stratégie pour y parvenir, qui sait que l’efficacité suppose à la fois convergence de but et de luttes avec les partis de gauche et totale autonomie de pensée et d’action.

La C.F.D.T., à partir de cette conception, a élaboré à travers sa pratique son projet de société socialiste démocratique et autogestionnaire. C’est cette démarche qui lui a permis de lutter contre l’asservissement à un parti et contre son corollaire, la réduction de la société à l’Etat, caractéristique de la vision sociale des courants léninistes ou sociaux-démocrates. C’est cette démarche qui lui a en même temps évité les pièges de l’intégration. C’est ainsi que, à travers les tâtonnements et les difficultés, mais portée par l’espérance autogestionnaire fondamentale – la maitrise de l’avenir par chacun et par tous – l’action collective s’enrichit peu à peu et propose des solutions d’aujourd’hui aux problèmes de notre temps.

Il reste bien du chemin à parcourir. Tant mieux. Car il reste bien du monde à associer à ce combat...

Edmond Maire

Secrétaire général de la C.F.D.T
 
MAI 1973
 

Emprunté à CFDT Cadres

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 18:59
Ne diabolisons pas le 49.3

Le 49.3 est né en réaction à l’instabilité gouvernementale de la 4e République. 

Si Rocard  et, à un moindre degré, Cresson et Beregovoy, l’ont beaucoup utilisé, c’est qu’ils se sont trouvés devant une Assemblée Nationale ne dégageant qu’une majorité socialiste relative : 258 sièges, la majorité absolue étant à 270. La conjonction de la droite et du PCF dans des votes négatifs eût pu bloquer toute action gouvernementale. Le 49.3 en obligeant à un vote majoritaire d’une motion de censure a permis aux trois gouvernements socialistes de 1988 à 1993 de faire passer un certain nombre de textes.

Depuis 2008, le 49.3 ne peut être utilisé que sur la loi de finances et le financement de la Sécurité sociale, plus un texte par session (une session correspond à une (petite) année scolaire).

Il s’agit bien d’un passage en force, mais qui ne prive pas le Parlement de toute riposte, puisqu’une motion de censure peut faire tomber le gouvernement.  C’est arrivé une seule fois mais la chambre élue après dissolution a été un désaveu cinglant pour les votants de cette motion.

"Le fameux 49.3 s’inscrit dans ce système de contrôle et d’équilibre des pouvoirs, quoiqu’on en dise, puisque l’exécutif met le législatif face à ses responsabilités, en disant “c’est cette loi ou moi”. Soit le législatif renverse le gouvernement, soit il ne le fait pas, et dans ce cas, il est regardé comme ayant adopté la loi casus belli. Mais il ne peut refuser au gouvernement les moyens de son action tout en prétendant le soutenir (ce qui était le mode de fonctionnement habituel de la IVe république)."

Maître Eolas

La satanique Loi travail s’est heurtée donc à la double opposition de la droite, qui ne la trouvait pas assez à droite, et de frondeurs qui, eux, pensaient  l’inverse. Mais qui, prudemment, n’ont pas déposé de motion de censure – que la droite eût été capable de voter – pour éviter une dissolution qui aurait renvoyé la plupart d’entre eux dans leurs foyers (ce qui risque de se passer aux futures législatives, mais n’anticipons pas).

Prôner la suppression du 49.3 peut s’entendre dans la bouche d’Hamon qui, après avoir été démissionné pour cause d’abus de la cuvée du redressement, a rejoint les frondeurs. Mais, c’est plus surprenant dans celle d’un ex-premier Ministre qui en a usé.

A noter que P. Mendès-France (Pour une République moderne)  préconisait un contrat de législature, avec dissolution en cas de rupture du contrat. Bien sûr, dans une architecture institutionnelle très différente. Mais reste le principe d’asseoir une majorité sur un véritable engagement qui suppose une discipline.

Et, finalement, quand une minorité, dans la mesure où elle a pu faire valoir ses arguments, n’accepte pas la position majoritairement adoptée, qu’elle fronde, elle oblige à utiliser l’arme du 49.3 ou à dissoudre, suicidairement, l’Assemblée.

Reste à savoir si, dans la phase préparatoire, le 1er Ministre a été ouvert au dialogue et a eu le sens du compromis…

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 10:42
Que sont tes rêves devenus ?

Quand l’actualité tourne, une fois de plus, au cauchemar, la question est encore  plus cruciale !

Comment ai-je hérité de ce petit livre de 186 pages ? Peut-être un 1er de l’an où, entre amis fidèles, nous avons l’habitude d’échanger, selon un protocole précis, des cadeaux.

Le bobo du bas-Poitou que je dois être, abonné donc à Télérama, n’a, je l’avoue, jamais trop flashé sur Mon œil, chronique qu’Alain Rémond a pourtant tenu  jusqu’en 2002. Et bien que le chroniqueur ait participé au premier Arrêt sur images, celui de France 5, celui qui nous a fait ensuite soutenir d’emblée le site, avant que la malhonnêteté intellectuelle de Schneidermann ne nous en éloigne – le bobo du bas-Poitou a la couenne hommededroitiste sensible – il ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable.

Le parti-pris d’auto-tutoiement – Rémond s’adresse à Alain ou l’inverse – est un peu irritant, mais, dans cet itinéraire d’un enfant du baby-boom (né en 1946) comment ne pas s’y reconnaître peu ou prou.

Et justement, il parle bien de la chance d’être un baby-boomer, la chance d’avoir eu vingt ans,  trente ans dans les années soixante, les années soixante-dix, les années où tout était possible. Il n’y avait ni crise, ni chômage (…)  aujourd’hui il est de bon ton de cracher sur les baby-boomers (qui, en plus, ont eu le mauvais goût d’être devenus des bobos), de les traiter de profiteurs, d’arrivistes, d’égoïstes, tout juste occupés à sauver leur peau et à faire de l’argent sur le dos des générations futures… Mais il rappelle ce que beaucoup d’entre nous ont connu une enfance dans des conditions matérielles qu’on imagine même plus aujourd’hui, sans rien de ce qui apparaît aujourd’hui normal, comme allant de soi, condition commune à, sans doute, une majorité dans les années 50.

Le séminariste Rémond – brillant semble-t-il puisqu’il est envoyé au Canada, puis à Rome au Collegio di Santa Cruce, même s’il raconte qu’enfant il avait quelques soucis avec les cantiques confondant chants et champs (Allez vers le seigneur parmi les chants d’allégresse que nous travestissions en un peu correct Allez vers l’équateur parmi les chants des négresses) – n’évoque aucun écho à l’ex-enfant de chœur passé au Lycée public et à l’athéisme.

En revanche, le coopérant qui vit Mai 68 en Kabylie est en résonance, si j’ose dire, avec le VSNA que j’étais dans le Moyen-Atlas. Puis le cinéphile découvrant Bergmann, Fellini, Antonioni, Kurosawa, Mizoguchi, Welles, Renoir et bien d’autres m’évoque L’année dernière à Marienbad quand j’animais la séance de ciné-club, au Lycée Tarik-ibn-Zyad, à Azrou vers 1970.

Puis son itinéraire politique recoupe, peu ou prou, celui d’une génération qui, comme lui, bien que plus rocardienne que mitterrandiste, a connu l’euphorie du 10 mai 1981 ! Quand apparaît, enfin, le visage de François Mitterrand sur l’écran de télévision, tu exploses de joie, tu pleures comme un gamin… Génération qui, depuis qu’elle était en âge de voter, n’avait connu que le pompidolisme et les années Giscard (précédées des années gaulliennes où elle s’était éveillée à la lutte anticoloniale).

Bien sûr, au-delà d’un itinéraire professionnel, c’est dans le rocardien convaincu – faire des promesses que l’on sait impossible à tenir, juste pour gagner les élections, c’est criminel. Là aussi, tu es d’accord avec Michel Rocard… - que je me retrouve.

Et, des années 60 à nos jours, à travers le parcours journalistique de Rémond, notre génération revisite son histoire, ses engagements, ses luttes, ses quelques succès, ses échecs aussi et surtout. Mais, ce que transmet surtout l’auteur c’est son fol amour de la vie.

Cette confession d’un enfant du demi-siècle, cet itinéraire d’un baby-boomer allergique à l’idéologie du malheur et dont la vie militante – même si par déontologie professionnelle il a quitté toute appartenance à un parti en devenant journaliste – lui permet d’affirmer qu’il n’a rien trahi, ni son enfance, ni ses origines, peut aussi captiver la génération suivante en donnant chair à l’histoire récente, 68 et 81, Rocard-Mitterrand, Martin Luther King et Bob Dylan, Vatican II…

We shall overcome… Années 60… Nous vaincrons le racisme… Espoir déçu, la xénophobie renaît. Mais tel Sisyphe, il faut poursuivre le combat et toujours croire, au plus profond de son cœur, que nous l’emporterons un jour. We shall overcome, some day.

 

 

 

 

 

 

 

 

Losing my religion

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 16:04

clairobscur

Qu’un Valls ou un Hollande mettent en cause un document élaboré par Hamon, et la presse de titrer sur les divisions du PS. Mais qu’un Rocard et un Jospin taillent en pièces un travail sur un sujet ô combien passionnel, la gestation par autrui (GPA), autrement dit « les mères porteuses » ne provoque aucun écho. La bioéthique ça ne buzze pas. Et pourtant le scénario a tout pour plaire : de vieux éléphants gardiens des valeurs face à des personnalités du monde bioéthique ayant produit un rapport qui a inspiré celui du PS sur ce thème. En caricaturant : dogmatisme vs pragmatisme.

 

En France, actuellement, la situation est claire : l'article 16-7 du Code civil dispose que  « Toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d'autrui est nulle ». Sauf que, les gestations par autrui qui ont donné lieu à un acte de naissance aux Etats-Unis sont parfois reconnus par l’état-civil conformément d'ailleurs au même code civil.

contrejour

Le rapport de Terra Nova, controversé jusque dans ses rangs, inscrit sa démarche dans un « droit à la parentalité ». Il prend en compte toutes les techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP) ainsi que l’accès à la parenté des couples homosexuels, les dons de gamètes anonymes ou pas… Il montre aussi que la frontière entre filiation charnelle et filiation adoptive est caduque avec l’AMP.

 

Mais la piste la plus sujette à controverse était celle qui proposait la reconnaissance – limitée et encadrée – de la gestation par autrui (GPA). Autrement dit des « mères porteuses ». Mères porteuses qui acceptent donc de recevoir, s’agissant de couples hétérosexuels, l’embryon fruit de la fécondation in vitro des gamètes des futurs parents.

 

epanouie

Les auteurs du rapport avait pleine conscience du caractère audacieux de la proposition : « Les réticences collectives autour de la GPA sont intenses. Elles dénoncent une technique de confort pour 'career women' qui n’ont plus de temps à consacrer à la grossesse, ou pour stars qui veulent garder le ventre plat. Une commercialisation du corps humain, un nouvel asservissement des pauvres qui louent leur ventre pour l’enfantement des enfants des riches. Une aliénation du corps de la femme, dont l’utérus est instrumentalisé et ravalé au rang de couveuse. La négation de la grossesse et du lien fondamental créé entre la femme et l’enfant à naître qu’elle porte. Enfin, au plan moral, la violation de l’ordre naturel et la manipulation de la vie. Les dérives constatées aux Etats-Unis montrent que ces réticences sont légitimes. »

 

Mais la proposition était très cadrée : insuffisance utérine de la mère d’intention, interdiction bien sûr de la commercialisation, sécurisation de la mère porteuse. « Ces femmes peuvent être heureuses de leur grossesse : elles aident des couples en détresse, souvent des amis ou des parents, dont elles sont le dernier espoir, là où la médecine a échoué, et elles en tirent une forte valorisation personnelle. »

 

Un réquisitoire implacable

 

Le contre-rapport est un réquisitoire implacable. Il inscrit sa lutte contre les « mères porteuses » dans un combat multi-séculaire,  « pour la cause des femmes et la défense des acquis progressistes.

 La disparition du servage et l’abolition de la domesticité au XVIIIème siècle, l’abolition définitive de l’esclavage au XIXème siècle, la fin de l’infériorité juridique de la femme au XXème siècle sont autant d’étapes essentielles dans la marche vers le progrès de la société française. L’inaliénabilité de la personne humaine doit être consacrée au XXIème siècle. »

 

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« Partout où elle a été légalisée dans le monde, la pratique des mères porteuses se traduit concrètement par une nouvelle exploitation, radicale, au sens où il s’agit de la prise de contrôle sur la vie d’une femme pendant neuf mois, et généralement d’un rapport inégalitaire et d’aliénation, entre commanditaires aisés et mères porteuses défavorisées souvent recrutées par des sociétés aux pratiques marchandes plus ou moins attentatoires à la dignité humaine.

Sa légalisation ouvrirait la voie à d’autres remises en cause : en donnant pouvoir à autrui sur la grossesse d’une femme, elle pourrait menacer le droit à l’avortement ; en reconnaissant le droit par contrat d’aliéner son corps à autrui, elle faciliterait l’émergence d’un cadre légal que ne manqueraient pas d’utiliser les promoteurs de la prostitution. »

 

La conclusion est donc nette : « Les mères porteuses, loin d’être un progrès, sont une cause régressive et un mauvais combat pour la gauche, la plus récente et peut-être la plus choquante des extensions du domaine contemporain de l’aliénation.»

 

Ici, comme souvent, affirmation vaut argumentation !

 

Un débat de société

 

Ce débat est finalement plus important que celui qui opposerait les réalistes (Valls, Hollande) au gauchisant Hamon : chacun sait que si la gauche revenait au pouvoir, il faudrait hiérarchiser les mesures à prendre pour une égalité réelle, en fonction des urgences et des moyens.

 

A priori, la thèse du refus adossée à des principes qui se veulent intangibles est beaucoup plus solide que celle, reprise par les rapporteurs du PS – Najat Vallaud-Belkacem et Bertrand Monthubert – qui, estimant que « la gestation pour autrui peut constituer un véritable don »,  préconisent une pratique très encadrée.

 

Mais les contempteurs de cette légalisation des mères porteuses (légalisation porteuse, elle, selon ces adversaires, de valeurs réactionnaires et ultralibérales) mettent aussi en cause une proposition de loi, déposée par des sénateurs socialistes, dont Michèle André et Robert Badinter (qu’on ne soupçonnerait pas de défendre de telles valeurs), tendant à légaliser et encadrer la gestation pour autrui.

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