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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 16:57
Frieze : œuvres féministes maudites

La foire d’art contemporain Frieze à Londres a réservé pour son édition 2017 une section pour les œuvres de quelques artistes féministes que la censure avait longtemps occultées.

Cactus couronné par un godmiché double, une ode sainte au pénis ou le dessin hyperréaliste d’une pénétration, des torses dénudés d’un homme et d’une femme, des toisons pubiennes, des tétons ou une bouche entr'aperçus à travers une vitre ternie. Des images plus ou moins surréalistes, assemblant des éléments étrangers pour générer un sentiment de malaise. Et, pour beaucoup, une grande liberté sexuelle, écho de l’explosion féministe des années soixante et soixante-dix. Et encore aujourd’hui, toujours.

Le conservatisme sur tout ce qui touche au sexe instaure une censure, parfois hypocrite, parfois explicite, envers une multitude d’artistes qui veulent analyser, approfondir et théoriser la situation des femmes, les préjugés sexistes, les stéréotypes, le machisme, la soumission ou la rébellion. Leur volonté de créer se heurte au refus des galeries et musées de les accueillir, à une myopie de de la critique qui ne vont pas au-delà de l’impact de l’image et au veto social et moral qui les écarte des expositions et des publications.

Pour justement combattre ce confinement, cette édition de la Frieze, la foire d’art contemporain de Londres, a réservé un espace, intitulé Sex Work: Feminist Art & Radical Politics, qui a accueilli neuf de ces créatrices qui ont passé près d’un demi-siècle dans une semi-clandestinité pour cause de productions artistiques politiquement incorrectes. Un situation sur laquelle ont débattu les artistes Renate Bertlmann, Cosey Fanni Tutti, Marilyn Minter, Penny Slinger et la commissaire et universitaire Alison M. Gingeras, la responsable de la sélection.

Travail sexuel : art féministe et politique radicale est donc le nom choisi par la commissaire pour mettre un coup de projecteur sur quelques femmes qui se meuvent à la frontière du moralement, socialement et culturellement acceptable depuis les années soixante et qui de ce fait trouvent peu de lieux qui les acceptent ; en même temps, c’est une sorte d’hommage aux rares galeries qui accueillent ces œuvres alors que ni les mouvements féministes ni les rétrospectives ne le font.

Une visiteuse devant le récapitulatif de la section

Une visiteuse devant le récapitulatif de la section

Gingeras, durant la foire, a expliqué qu’il est important de comprendre que le féminisme n’est pas un mouvement monolithique, mais qu’il est pluriel et divers. Cette section a donc pour but de montrer au public par les œuvres qui la composent la diversité de ces créations, la manière dont elles expriment une critique politique et comment le contexte montre que le sexe vu sous cette perspective est une question humaine et pas seulement féministe.

La promenade entre ces mondes du désir, de l’érotisme et de la dissection critique des inégalités et du patriarcat ne doit pas rester au stade de l’anecdote ou du choc visuel de certaines de ces pièces. Gingeras a souhaité que le désir de montrer la complexité de ces oeuvres et leurs contextes respectifs pourra servir à construire une histoire qui considère que le féminisme ne peut se réduire à un hashtag !

Dorothy Iannone (Massachusetts, 1933)

Frieze : œuvres féministes maudites

Iannone a migré à Berlin au milieu des années soixante-dix puis a vécu dans diverses cités européennes. Elle a pu voir, au fil des ans, comment son travail a été censuré avant d’être connu et reconnu. Dessins, objets, photos et livres qu’elle a créé depuis les début des années soixante sont marqués par une forte empreinte narrative et autobiographique dans l’exploration de l’amour, de la sexualité et de la beauté.

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Betty Tompkins (Washington D.C., 1945)

Frieze : œuvres féministes maudites

Le réalisme de ses images et la netteté avec laquelle elle recrée le désir et les relations sexuelles du point de vue de la femme* lui ont valu d’abord l’ignorance la plus absolue. Mais aujourd’hui l’œuvre de cette artiste résidant à New-York se retrouves dans différentes galeries et des musées, dont le Centre Pompidou.

http://bettytompkins.com/default.aspx site

* Ses gros plans de pénétrations sont cependant à rapprocher de l’œuvre du nantais Dubigeon

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Mary Beth Edelson (Chicago, 1933)

Frieze : œuvres féministes maudites

Sculpture, dessin, peinture et photographie dans lesquels, souvent, elle se sert de son propre corps comme base créative : ainsi de Woman Rising, une série de photographies sur lesquelles l’artiste peint pour créer de nouvelles identités en relation avec la nature, la culture populaire ou l’histoire de l’art. Elle vit à New-York depuis quelques années et a participé à de nombreuses rétrospectives dans les musées du monde entier, comme le MOMA.

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Natalia LL (Żywiec, 1937)

Frieze : œuvres féministes maudites

Natalia Lach-Lachowicz a adopté ce double L en 1971, quand, après des années où elle s’était heurtée au mur idéologique et moral qui régne sur la Pologne, son pays, elle fut reconnue internationalement. La série, à la fin des années soixante, Intimate Records, s’est élevée comme un cri pour une nouvelle sexualité féminine. Ses œuvres sont présentées maintenant dans des lieux comme le Musée d’Art Moderne de Paris ou le Centre international de photographie de New-York.

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Renate Bertlmann (Vienne, 1943)

Frieze : œuvres féministes maudites

L’artiste féministe Renate Bertlmann se sert, comme Natalia LL, de son corps comme outil artistique. Sexualité, genre et stéréotypes sont quelques uns des concepts les plus traités (et critiqués) par Bertlmann, à travers des objets qui, normalement, sont associés à d’autres rôles. Depuis la fin des années soixante-dix elle travaille avec le dessin, la peinture, la photographie, le collage et le sculpture. C’est une des artistes féministes en activité des plus importantes.

http://bertlmann.com/ site

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Marilyn Minter (Shreveport, Louisiane, 1948)

Frieze : œuvres féministes maudites

Minter a vu plus d’une fois se fermer les portes des galeries et moyens de communication. Jusqu’à  Playboy, en 2014, après lui avoir commandé un travail. Minter fit une série de photographies en gros plan où se voyaient des doigts caressant la toison pubienne. Ces photos ne furent jamais publiées par la revue ; cependant l’espace (maintenant fermé) Fulton Ryder édita le projet dont le tirage fut épuisé peu après son lancement. La pornographie est un thème dont l’artiste a joué et rejoué. Pornographie comme véhicule du désir et représentation d’une sexualité avec ses rites et ses pièges.

http://www.marilynminter.net/ site

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Judith Bernstein (Newark, 1942)

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Ses dessins proches du graffiti sont d’un érotisme de combat.  Ainsi de son portrait de Georges Wallace – gouverneur raciste de l’Alabama – en tête de nœud ! Mais elle s’attaque aussi avec vigueur au machisme et en particulier en son expression miltariste ! Victime de la censure en 1973 à Philadelphie, elle n’exposera plus jusqu’en 2008. Cette féministe de combat est l'une des membres fondatrices de la A.I.R Gallery et l'une des premières militantes au sein d'organisations activistes comme les Guerrilla Girls, la Art Workers' Coalition, et Fight Censorship.

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Penny Slinger (Londres, 1947)

Frieze : œuvres féministes maudites

Au sein d’un surréalisme féministe, Penelope dite Penny Slinger se sert aussi de son propre corps comme base de sa création. Photographie, sculpture, film et récit sont quelques-uns des moyens d’expression que l’artiste, installée en Californie, utilise pour rompre avec l’ordre établi et créer son propre équilibre entre sexualité et esthétique, désir et sexe. Et pour explorer comment la femme est vue par son entourage et comment elle se voit elle-même.

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Birgit Jürgenssen (Vienne, 1949 - 2003)

 

 

Frieze : œuvres féministes maudites

Toute la force du corps féminin : ce qu’il est, ce qu’il peut être, ce qu’il semble avoir à être… La force du surréalisme pour analyser, disséquer les stéréotypes à travers les mains, les pieds, la bouche de la femme. Elle se livre à une destruction en règle des assignations imposées aux femmes, celle en particulier de la « femme au foyer ». Et cela dès les années 70, de Vienne, en Autriche.

http://birgitjuergenssen.com/en/ site

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 10:18
Les exploits d'un jeune Don Juan

On ne prête à Guillaume Apollinaire que deux œuvres érotiques – pornographiques diront certains – les Onze mille verges et Les exploits d’un jeune Don Juan. C’est oublier qu’il a entre autres ‘traduit’*, dans une double version, Les mémoires d’une chanteuse allemande : une version style veillées des chaumières pour une édition légale et une version autrement croustillante sous le manteau. Et il n’est pas impossible que pour des raisons alimentaires il n’ait pas commis quelques autres œuvres licencieuses.

La poète même, quand il chantait sa Lou, avait la plume allègre.

Mon très cher petit Lou je t’aime


Mon très cher petit Lou je t’aime
Ma chère petite étoile palpitante je t’aime
Corps délicieusement élastique je t’aime
Vulve qui serre comme un casse-noisette je t’aime
Sein gauche si rose et si insolent je t’aime
Sein droit si tendrement rosé je t’aime
Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime
Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau
qui vient de naître je t’aime
Nymphes hypertrophiées par tes attouchements fréquents je vous aime
Fesses exquisément agiles qui se rejettent bien en arrière je vous aime
Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t’aime
Toison claire comme une forêt en hiver je t’aime
Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
Chute des épaules adorablement pure je t’aime
Cuisse au galbe aussi esthétique qu’une colonne de temple antique je t’aime
Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
Chevelure trempée dans le sang des amours je t’aime
Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
Reins chevaucheurs reins puissants je vous aime
Taille qui n’a jamais connu le corset taille souple je t’aime
Dos merveilleusement fait et qui s’est courbé pour moi je t’aime
Bouche Ô mes délices ô mon nectar je t’aime
Regard unique regard-étoile je t’aime
Mains dont j’adore les mouvements je vous aime
Nez singulièrement aristocratique je t’aime
Démarche onduleuse et dansante je t’aime
Ô petit Lou je t’aime je t’aime je t’aime.

 

Plume qui a été franchement transgressive, pour les canons de l’époque, quand il chante, comme une préface à son jeune Don Juan, ce « con large comme un estuaire » aux senteurs marines.

Con large comme un estuaire

Con large comme un estuaire
Où meurt mon amoureux reflux
Tu as la saveur poissonnière
l’odeur de la bite et du cul
La fraîche odeur trouduculière

Femme ô vagin inépuisable
Dont le souvenir fait bander
Tes nichons distribuent la manne
Tes cuisses quelle volupté
même tes menstrues sanglantes
Sont une liqueur violente (…)

 

Ces exploits, parfois titrés « Les mémoires d’un jeune Don Juan », peuvent choquer de nos jours même un pornocrate. Foin, c’est le cas de le dire, de ces chattes lisses : même les aisselles sont velues. Point non plus de déodorants : les odeurs fortes sont prisées.

« Le poète du Pont Mirabeau est à l’aise dans ce genre d’ébats. Cependant, le trait le plus original de son érotisme « littéraire » est peut-être dans un certain don d’écriture qui le pousse à une extrême précision descriptive dans l’évocation des détails sexuel […]. Ce pouvoir d’exhibition de l’écriture, il en use sans retenue et parfois avec une insistance qui prend curieusement la forme d’une obsession – s’agissant notamment des seins, des fesses, des cuisses et des croupes – du « gros » et du surabondant. Tout Apollinaire est là si on le connaît un peu, avec sa truculence, sa démesure, son rire, ses fantasmes et son énorme « obscénité » caractérielle. »

Jean Raymond, La Poétique du désir « Apollinaire ».

Et le héros, Roger, parfaitement amoral, non content de s’adonner au voyeurisme en perçant un trou sur les lieux d’aisances (nous sommes au début du 20e siècle, dans un château sans confort du 17e siècle), espionne le confessionnal où sa mère se confie à un vieux moine, regarde sa sœur pisser, exige que sa tante lui bichonne sa quéquête, et va faire pire encore…  Et surtout, plus choquant peut-être, notre jeune futur Don Juan, use de mots les plus crus pour nous décrire ses découvertes successives des ‘mottes’ de sa jeune sœur puis de l’épouse enceinte du régisseur, etc.

Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don Juan

Sorti en 1911 – une édition clandestine – il va notamment reparaître dans une édition, supposée être de Cologne, ornée de 12 lithographies peut-être de Gaston-Louis Roux. Edition beaucoup plus tardive puisque l’illustrateur présumé est né en 1904. Je n’ai retrouvé que quatre des illustrations.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Encore plus tardive fut la transcription en bédé par Georges Pichard : mon édition date de 1991. Un Pichard dont les personnages féminins sont quasi des doubles de son héroïne Blanche Epiphanie, mais qui, en revanche, sait planter un décor avec précision et profusion.

* Les Exploits d'un jeune don Juan est aussi une traduction libre d’un livre érotique allemand Kinder-Geilheit oder Geständnisse eines Knaben, (Lascivité juvénile ou confes­sions d'un garçon), Berlin, 1891, sans mention d'éditeur.

EXTRAITS

(le texte intégral est téléchargeable gratuitement : cliquer ici)

 

Or donc, Roger, jeune garçon de 16 ans, se retrouve, en compagnie de sa mère, de sa tante, une de ses sœurs et leur bonne dans la maison de campagne. Cette demeure est une grande propriété divisée en un nombre impressionnant de pièces et de recoins, sans parler des dépendances et des installations nécessaires au travail des champs, si bien que les habitants du coin l'avaient appelé "le château". Une chapelle attenante à la bâtisse permet quelquefois à un prêtre d'un couvent voisin de venir confesser en ce lieu maîtres et serviteurs.

Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don Juan

Roger et sa sœur Berthe jouent à cache-cache dans les immenses greniers.

L’escalier de bois qui menait au grenier était très raide. Un jour j’étais descendu devant Berthe et je m’étais caché entre deux tuyaux de cheminées où il faisait très sombre, tandis que l’escalier était éclairé par une lucarne donnant sur le toit. Lorsqu’elle parut, descendant avec circonspection, je m’élançai en imitant avec force l’aboiement du chien. Berthe qui ne me savait pas là perdit pied de la grande frayeur qu’elle eut et, manquant la marche suivante, elle tomba de telle sorte que sa tête était au pied de l’escalier tandis que ses jambes se trouvaient encore sur les marches.

Naturellement sa robe était retournée et lui couvrait le visage, laissant ses jambes à découvert.

Lorsque je m’approchai en souriant, je vis que sa chemise avait suivi sa robe jusqu’au-dessus du nombril.

Berthe n’avait pas mis de pantalon (…) C’est ainsi qu’il arriva que je vis pour la première fois ma soeur dans une nudité impudique.

[…]

Mes yeux ne pouvaient se détourner de sa nudité. Je voyais à la place où son bas-ventre rejoignait ses cuisses, une éminence bizarre, une motte grasse, en forme de triangle, sur laquelle on voyait quelques poils blonds. Presque à l’endroit où les cuisses se rejoignaient, la motte était partagée par une grosse fente de près de trois centimètres et deux lèvres s’écartaient à droite et à gauche de la fente. Je vis l’endroit où finissait cette fente lorsque ma soeur s’efforça de se relever.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Roger a déjà entraperçu sa sœur nue quand sa mère et sa tante leur donnaient le bain. Mais l’érection du jeune homme amène à ne plus les baigner ensemble et Roger se retrouve seul avec sa tante Marguerite.

Ma tante Marguerite avait dix ans de moins que ma mère et comptait par conséquent vingt-six ans ; mais comme elle avait vécu dans une tranquillité de coeur très profonde, elle était très bien conservée et semblait une jeune fille. Ma nudité semblait lui faire beaucoup d’impression, car chaque fois qu’elle me baignait, elle ne me parlait que d’une voix flûtée.

Une fois qu’elle m’avait fortement savonné et rincé, sa main frôla mon petit vit. Elle le retira brusquement, comme si elle avait touché un serpent. Je m’en aperçus et lui dis avec un peu de dépit : « Gentille petite tante chérie, pourquoi ne laves-tu plus tout entier ton petit Roger ? »

Elle rougit beaucoup, et me dit d’une voix mal assurée : « Mais je t’ai lavé tout entier !

– Allons donc, ma petite tante, lave aussi ma quéquette.

– Fi ! le vilain garçon ! Tu peux bien la laver toi-même.

– Non ma tante, je t’en prie, lave-la toi-même. Je ne sais pas le faire comme toi.

– Oh ! le polisson ! dit ma tante en souriant et, reprenant l’éponge, elle lava soigneusement mon vit et mes couilles.

– Viens, ma petite tante, dis-je, laisse-moi t’embrasser pour la peine que tu as été si gentille. »

Et je l’embrassai sur sa jolie bouche, rouge comme une cerise et ouverte sur de belles dents saines et appétissantes.

« Maintenant, essuie-moi aussi, lui demandai-je, les mains jointes, dès que je fus sorti de la baignoire. »

Alors ma tante m’essuya et s’attarda à l’endroit sensible peut-être plus qu’il n’était nécessaire. Cela m’excita au plus haut point ; je me tenais au bord de la baignoire pour pouvoir tendre le ventre davantage et je me remuais tellement que ma tante me dit doucement :

« C’est assez, Roger, tu n’es plus un petit garçon. Dorénavant, tu te baigneras seul.

– Oh non ! ma petite tante, je t’en prie, pas seul. Tu dois me baigner. Quand c’est toi qui le fais ça me produit beaucoup plus de plaisir que lorsque c’est ma mère.

– Habille-toi, Roger !

– Sois gentille, ma tante, baigne-toi aussi une fois avec moi !

– Habille-toi, Roger, répéta-t-elle en allant à la fenêtre.

– Non, dis-je, je veux aussi te voir baigner.

– Roger !

– Tante, si tu ne veux pas te baigner, je dirai à papa que tu as de nouveau pris ma quéquette en bouche. »

Ma tante rougit brusquement. En effet, elle l’avait vraiment fait (...)

Les exploits d'un jeune Don Juan

Après la chute de Berthe, pour la remettre, Roger l’entraîne vers un étang. Et il s’exhibe à son tour, dans l’espoir d’en voir davantage.

« Vois-tu, Berthe, c’est par le petit trou du bout que je pisse, mais maintenant je ne peux pas, bien que j’en aie envie.

– Moi aussi, j’en ai envie, depuis longtemps, dit doucement Berthe, mais j’ai honte, tu ne dois pas me regarder, Roger !

– Voyons, Berthe, ne sois pas méchante, si l’on se retient trop longtemps, la vessie crève et l’on meurt. C’est ce que nous disait notre vielle bonne.»

Berthe se leva, regarda de tous côtés, puis s’accroupit près du banc et commença à pisser. Je me penchai vite pour tout voir et vis en haut de sa fente un jet mince et large qui tombait obliquement sur le sol. (…) Je vis le jet qui tombait sur le sol en faisant des éclaboussures. À la fin il devint plus faible. Finalement, il me sembla que ma soeur faisait des efforts, sa fente s’ouvrait tout en haut et l’on voyait la chair rouge. Cela n’avait duré que quelques secondes, le jet cessa et quelques gouttes en tombèrent seules encore.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Mais du coup c’est Berthe qui l’instruit en lui contant ses jeux avec la femme de chambre.

– Qu’est-ce que ça veut dire : le mettre ? demandai-je.

– Eh bien, oui ! quand on se les frotte l’un à l’autre. Kate me l’a déjà fait et j’ai dû le lui faire aussi. Elle m’a fait bien plus de plaisir que toi tout à l’heure. Elle se mouille toujours le doigt. J’ai dû lui mettre le pouce parce qu’il paraît que c’est le doigt qui entre le plus loin. Alors je l’ai remué vite d’avant en arrière et ça lui a fait plaisir. Elle me l’a fait et ça m’a fait plaisir aussi, mais la première fois qu’elle se l’est fait faire, elle m’a beaucoup effrayée. Elle a commencé à soupirer, à souffler, elle s’est mise à crier en se secouant, si bien que j’allais cesser croyant qu’elle avait mal : “Ne cesse pas,  Berthe”, m’a-telle dit, et elle s’est secouée en criant : “Berthe, ça vient, oh ! oh ! oh !...”

« Puis elle est retombée sur le lit, comme évanouie. Quand j’ai retiré mon doigt de sa fente, il était comme plein de colle. Elle m’a fait laver et m’a promis de me faire venir aussi cela, lorsque je serai plus vieille et que j’aurai du poil sur ma motte. »

Les exploits d'un jeune Don Juan

Le lendemain, après mon café, la femme du régisseur vint pour faire ma chambre. J’ai dit qu’elle était enceinte et je pus contempler l’énorme masse de son ventre et aussi la grosseur inaccoutumée de ses tétons dont on pouvait apercevoir le ballottement sous la légère blouse qu’elle portait.

La régisseuse était pressée. Elle n’avait fermé qu’un bouton de sa blouse et il arriva qu’en se courbant pour faire mon lit, ce bouton se défit et j’aperçus toute sa poitrine parce qu’elle portait une chemise très échancrée.

Je fis un bond : « Madame ! vous allez vous refroidir ! » Et faisant semblant de vouloir reboutonner la blouse, je défis le ruban qui retenait sa chemise sur les épaules. Au même moment, les deux tétons semblèrent bondir de leur cachette et je sentis leur grosseur et leur fermeté.

Les boutons qui se tenaient au milieu de chaque sein ressortaient, ils étaient rouges et entourés d’une aréole très large et de couleur brunâtre.

Elle sentait la sueur, mais d’une façon assez agréable qui m’excitait. C’était cette odor di femina qui, je l’ai su plus tard, émane du corps de la femme et qui, suivant sa nature, excite le plaisir ou le dégoût.

« Ah ! hou ! À quoi pensez-vous ?... Non... cela ne se fait pas... je suis une femme mariée... pour rien au monde... » (…)

Mon excitation ne connaissait plus de bornes. Je soulevai ses robes, sa chemise et vis une belle paire de cuisses qui m’enthousiasmèrent plus que celles des paysannes. Entre les cuisses fermées, j’aperçus un petit buisson de poils châtains mais dans lequel on ne pouvait distinguer de fente.

Je soulevai sa chemise et regardai avec étonnement l’énormité de son ventre, où le nombril était en relief au lieu d’être en creux comme chez ma soeur. (…)

Son con m’apparut. Je m’effrayai d’abord en voyant les deux grandes lèvres, épaisses et enflées, dont la couleur rouge tournait au brun. (…) En haut des grandes lèvres le trou à pipi se montrait surmonté d’un petit grain de viande, c’était le clitoris, comme je m’en rendis compte, par ce que j’avais appris dans l’atlas anatomique. (…)

Tout en moi tendait vers le plaisir. Je me plaçai entre les cuisses de la régisseuse assise, mais elle s’écria : « Pas sur moi, cela me fait mal. Je ne peux plus me le laisser faire par devant. »

Elle descendit du lit, se tourna et se courba, le visage sur le lit. Elle n’ajouta pas une parole, mais mon instinct me donna le mot de l’énigme. Je me souvins d’avoir vu deux chiens à l’oeuvre. Je pris aussitôt Médor comme exemple et soulevai la chemise de Diane, c’était le nom de la régisseuse.

Le cul m’apparut, mais un cul comme je n’en avais jamais rêvé. Si le cul de Berthe était gracieux, vraiment il était sans importance auprès de celui-là. (…)

Au-dessous du cul colossal, entre les cuisses, apparaissait le con gras et juteux dans lequel je fouillai d’un doigt rigoleur. (…)

Je plaçai ma pine brûlante dans son con, comme un couteau dans une motte de beurre. Puis je me démenai comme un beau diable en faisant claquer mon ventre contre le cul élastique.

Cela me mit complètement hors de moi. Je ne savais plus ce que je faisais et j’arrivai ainsi au terme de la volupté en éjaculant pour la première fois ma semence dans le con d’une femme.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Le charmant jeune homme, frais dépucelé, ayant découvert un passage condamné vers la chapelle d’où on peut tout entendre de ce qui se dit dans le confessionnal, va espionner les aveux des pénitents, dont sa mère. Mère qui après avoir avoué que son mari voulait la voir –l’avoir –nue poursuit :

Mais mon mari me fait aussi toujours prendre certaines positions dont j’ai honte.

Dernièrement, il a fallu que je me mettre nue à quatre pattes, et il m’a regardée par derrière. Chaque fois il faut que je me promène nue autour de la chambre, il me donne une canne et commande : « En avant, marche ! » ou bien : « Halte ! » ou bien : « Par le flanc droit ou gauche », comme à l’exercice.

LE CONFESSEUR. – Cela ne devrait pas avoir lieu mais si vous le faites seulement par obéissance, vous ne commettez pas de péché.

MA MÈRE. – Ah ! j’ai encore quelque chose sur le coeur, mais j’ai honte de parler.

LE CONFESSEUR. – Il n’y a pas de péché qui ne puisse être pardonné, ma fille. Soulagez votre conscience.

MA MÈRE. – Mon mari veut toujours me prendre par derrière et il se conduit d’une telle façon que je manque de m’évanouir de honte. Dernièrement donc, je sens qu’il m’introduit son doigt, couvert de pommade, dans... dans... l’anus. Je veux me relever, il me calme, mais je sens bien qu’il introduit son membre. Cela m’a d’abord fait mal, mais je ne sais pourquoi, au bout d’un moment, cela me fut agréable, et lorsqu’il eut fini j’eus la même sensation que s’il eût agi par la voie naturelle. (Le reste fut murmuré à voix trop basse pour que je l’entendisse.)

LE CONFESSEUR. – Ceci est un péché. Envoyez-moi votre mari à confesse.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Sa sœur, elle, ne se confesse pas car elle est alitée, il va donc lui rendre visite.

…lorsque je voulus la toucher sous les couvertures, elle se tourna en disant : « Non, Roger, depuis avant-hier, j’ai mes affaires... tu sais bien... et j’ai trop honte. – Ah ! dis-je, tes menstrues, ainsi tu n’es plus une fillette, mais une femme. Je suis aussi devenu un homme, Berthe », ajoutai-je fièrement et, me déboutonnant, je lui montrai mes poils et mon vit décalotté. « Et je l’ai fait aussi, tu sais ! mais je n’ai pas le droit de dire avec qui.

– Tu l’as fait ? demanda Berthe, mais quoi donc ? »

Alors j’expliquai le coït à ma soeur attentive.

« Et tu sais, papa et maman le font aussi toujours.

– Va donc, c’est trop dégoûtant. » Elle dit cela d’un ton qui signifiait le contraire, et j’ajoutai : « Dégoûtant ? Pourquoi donc deux sexes ont-ils été créés, Berthe ? Tu ne peux pas croire comme ça fait du bien, beaucoup plus de bien que quand on le fait tout seul. (…)

– Allons, Berthe, faisons-le, et je l’embrassai et la pressai contre moi.

– Ne me fais pas de mal à la poitrine, dit Berthe, je suis maintenant très sensible. » Mais elle ne s’opposa pas à ce que j’ouvrisse sa chemise pour voir ses petits tétons dans la première période de leur développement.

(…)

Après quelques refus elle me permit de voir son con, mais elle roula auparavant sa chemise ensanglantée.

Elle avait déjà beaucoup plus de poils que moi. Un peu de sang aqueux coulait sur ses cuisses ; certes, ce n’était pas très appétissant, mais j’étais trop excité pour y prendre garde.

Elle tenait les cuisses serrées, mais mon doigt trouva bientôt son clitoris. Ses cuisses s’ouvrirent sous la pression de ma main. Enfin, je pus mettre mon index dans son con humide, mais pas très loin, car elle se contractait. J’appuyai contre son hymen, au milieu duquel il y avait déjà un petit trou. Berthe poussa un petit cri de douleur et se contracta encore.

Très excité, je me déshabillai, levai ma chemise et me mis sur ma soeur pour pénétrer dans son con avec mon membre toujours plus dur. Berthe protesta à voix basse, se mit à pleurer, poussa un petit cri lorsque je fus bien entré dans son vagin. Mais la courte douleur sembla bientôt se changer en volupté. Ses joues étaient échauffées, ses jolis yeux brillaient, sa bouche était à demi ouverte. Elle m’enlaça et répondit avec force à mes secousses.

Avant que j’eusse fini, le nectar se mit à couler de son con. Ses yeux se fermèrent à moitié et clignotèrent nerveusement ; elle criait fort, mais de volupté : « Roger, ah ! ah ! ah ! Ro-o-ger, – je... – je... aah ! » Elle était complètement hors d’elle. J’avais dépucelé ma soeur.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Mais Kate, la femme de chambre, les surprend.

Lorsque Kate regarda mon vit de nouveau très présentable, elle se mit à rire : « Oh ! oh ! quelle grosse manivelle il a Roger, il faut tourner la manivelle ! » Elle prit mon vit dans sa main, le serra et le décalotta. Je n’y tins plus. J’empoignai Kate aux tétons, elle fit semblant de se défendre. Je mis alors la main sous ses jupes. Elle ne portait pas de pantalon. J’empoignai son abricot. Elle voulait se retirer, mais je la tenais aux poils. Avec le bras gauche j’enlaçai son cul. Je m’agenouillai et lui enfonçai dans son con chaud, le pouce de ma main droite, en le faisant entrer et sortir. (…)

Je lui soulevai la robe et mis son con à nu. Ses poils étaient roux, mais pas aussi épais que je l’eusse cru d’après les renseignements de Berthe, mais assez longs et humides de sueur. (…)

Je me jetai sur elle, poussai mon vit entre ses cuisses, pénétrai doucement dans son con, mais j’en ressortis aussitôt. Mes pieds ne trouvaient pas de point d’appui. La position était trop incommode.

Mais Kate, qui maintenant était en chaleur, sauta debout, me poussa sur la chaise, près du lit, et se jeta sur moi. Avant que j’eusse le temps de me reconnaître, mon membre était enfermé dans son con.

Je sentais ses longs poils contre mon ventre. Elle se remuait et me tenait les épaules. À chaque mouvement ses grandes lèvres touchaient mes couilles. (…)

La crise s’approchait chez Kate très excitée. Dans la violence des mouvements, mon vit était sorti deux fois de son con et en le rentrant elle me faisait très mal, bien qu’à elle cela semblât lui faire beaucoup de plaisir.

Je restai en retard sur elle, tandis qu’elle criait d’une voix extasiée : « Maintenant... maintenant... maintenant... ça me vient... Ah ! Oh ! mon Dieu... ton vit me fait du bi-i-en... » En même temps elle déchargea et je m’en aperçus à l’augmentation de l’humidité de son con. Au dernier moment de son extase, la sensible femme de chambre me mordit à l’épaule.

Kate avait rapidement repris ses esprits.

« Roger, ta queue devient toujours plus brûlante, tu vas décharger maintenant. » Et elle se dressa brusquement, saisit de la main droite mon vit humide de sperme et se mit à le frotter violemment, en disant : « Sans cela je pourrais devenir enceinte. »

Je m’étais levé aussi ; Kate me pressait contre elle avec son bras gauche ; je suçai ses tétons. Je dus ouvrir les jambes. Mon ventre se secouait convulsivement, complètement nu devant les deux curieuses filles. Tout à coup mon jet partit.

Berthe avait regardé attentivement l’éjaculation et contemplait avec curiosité le liquide blanc qui était tombé sur le lit.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Roger a accueilli sa grande sœur, Elise, à la gare et, tandis que son père et le prétendant de sa tante repartent avec la voiture à cheval, ils reviennent à pied au château. Il commence à l’entreprendre.

Nous entendîmes des voix. Elle eut peur. Je la poussai dans la hutte que je refermai sur nous. Nous regardâmes par une fente. Un valet et une servante s’approchaient en se lutinant. Il la jeta sur le sol, se mit sur elle, sortit son vit, releva les jupons, et ils s’enfilèrent en grognant comme des bêtes.

J’avais enlacé Élise et je la pressais contre moi. Son haleine parfumée m’échauffait les joues. Sa poitrine se soulevait fortement devant le spectacle que nous contemplions sans parler. Je sortis mon vit et le mis dans la main chaude et douce comme du satin. Le couple s’éloigna. Je ne pouvais résister et j’empoignai Élise. Malgré sa résistance, j’eus vite écarté le pantalon et la chemise. Ma main jouait avec ses poils. Ses cuisses étaient serrées, mais je sentais son clitoris dur.

(…)

Je m’assis sur une chaise et tirai ma soeur sur moi. Quand elle sentit l’énorme vit contre son con elle ne résista plus. Elle n’était plus pucelle et avoua l’avoir fait une fois avec son Frédéric. Son con était étroit, très chaud et agréablement humide.

Elle me rendit mes baisers. J’ouvris sa blouse et sortis ses deux tétons qui allaient et venaient tandis que je les suçais. Je mis mes deux bras à ses dures et grosses boules inférieures, ses deux fesses magnifiques. Elle se mit à jouir terriblement. Nous déchargeâmes ensemble. Ensuite, nous nous promîmes le silence.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Roger découvre Elise et sa tante jouant les voyeuses par une fente de la porte de la chambre conjugale, où Charles, son père, fait subir à Anna, sa mère, ses fantaisies conjugales, puis les derniers outrages. Les deux voyeuses sont fort excitées par le spectacle et Roger décide d’aller attendre sa tante.

J’entrai dans la chambre de ma tante. En rentrant, elle eut peur. Je lui dis tout. Elle ralluma la lumière. Je l’embrassai sans parler. Je sentais les jolies formes de son beau corps. Elle tremblait. Je saisis son con sous sa chemise. Elle se débattait. Je la consolai.

« Soyons mari et femme, chérie, jolie Marguerite ! »

Mon doigt jouait sur le clitoris. Elle s’abandonna. Je découvris ses beaux tétons pareils à des boules de neige. Je la poussai vers le lit. Elle se mit à sangloter. Je lui proposai de partir pour nous marier. Ça la fit rire. Je mis mon vit nu. Elle était aussi excitée par le champagne qu’elle avait bu. Elle éteignit la bougie. Je mis mon vit dans sa belle main, puis je lui fis minette ; le plaisir était trop grand, elle s’agitait, son clitoris se gonfla. Je mis un doigt dans son con et suçai ses tétons. Puis je lui enlevai la chemise, je la pressai contre moi et, bouche à bouche, je poussai à coups redoublés ma pine dure dans sa fente virginale.

Un seul cri léger précéda la jouissance qui l’accabla aussitôt. C’était maintenant une femme enflammée et elle s’abandonna à la volupté.

Un court combat, mais dont les sensations furent infinies, nous amena tous deux aux bornes de l’extase la plus voluptueuse , et c’est avec les plus violentes secousses que je répandis dans son sein le baume vital.

Le plaisir avait été trop grand, je bandais toujours. Je la caressai puis je rallumai la bougie. Elle se cacha le visage dans les coussins ; sa pudeur était revenue, mais je tirai la couverture pour voir son corps de Vénus. Une légère trace de sang se voyait sur les poils du con, mêlée avec notre sperme. Je la nettoyai avec mon mouchoir, la retournai, lui chatouillai le dos, le cul et lui mis la langue dans le trou du cul.

Puis je me mis sur elle, la tête enfouie dans ses cheveux parfumés. Je mis mes bras autour de son corps, la soulevai un peu et replongeai ma pine dans sa fente humide. Un long combat s’ensuivit qui nous fit transpirer par tous les pores. Elle déchargea la première en criant de volupté comme une folle. Ma décharge suivit dans une volupté presque douloureuse. C’était assez, nous nous séparâmes.

Les exploits d'un jeune Don Juan

Épilogue

Un jour, Élise et ma tante entrèrent dans ma chambre en pleurant. Elles étaient enceintes. Mais elles n’osaient l’une devant l’autre dire que j’étais le malfaiteur. Mon parti fut vite pris.

« Élise, épouse Frédéric, et toi, tante, marie-toi avec M. Franck. Je serai votre garçon d’honneur. »

Le matin du jour suivant, ma porte s’ouvrit. Ursule entra. Elle aussi était enceinte. Je lui dis d’épouser le cousin du régisseur qui lui faisait les yeux doux et promis d’être le parrain de son enfant. Puis je la mis nue et lui léchai le con et le cul. Ensuite je me lavai avec de l’eau de Cologne et me fis lécher le cul par elle. Cela m’excita énormément. Je la baisai avec de telles secousses que ses cheveux flottaient sur le lit.

Nous eûmes bientôt les trois mariages. Tout se termina amoureusement et je couchai tour à tour avec les femmes de mon harem.

Les exploits d'un jeune Don Juan

 

 

En complément :

« Les exploits d’un jeune Don Juan » ont inspiré un réalisateur italien, Gianfranco Mingozzi. Et bien que l’excellent Jean-Claude Carrière ait mis la main au scénario, il a un rapport assez lointain avec l’œuvre d’Apollinaire. Le titre italien, L'Iniziazione, est plus judicieux. Et il y a un peu du Diable au corps dans ce film. En effet, c’est après la mobilisation de 1914 que le jeune coq se retrouve, à 16 ans, seul petit mâle au milieu de femmes esseulées.

Le film est plus polisson que transgressif.

Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don JuanLes exploits d'un jeune Don Juan
Les exploits d'un jeune Don JuanLes exploits d'un jeune Don Juan
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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 20:26
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Il est des auteurs aux pseudos multiples, comme MacOrlan, des dessinateurs érotiques dont on ne découvre l'oeuvre que post mortem ou qui se cache aussi derrière des pseudos. Mais dont on connaît l'identité et au moins un bout de biographie. 

De Fameni, on ne sait quasi rien, si ce n’est qu’il est né en 1885 ou en 1888. Donc ses dessins datent de la première moitié du XXe siècle. Il semble qu’il ait illustré des ouvrages érotiques sous le manteau, en particulier du marquis de Sade, mais mes fouilles curieuses ne m’ont pas permis de découvrir mention d’un quelconque livre avec ses illustrations et l’origine des dessins glanés sur internet.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Bien que ce ne soit pas la mode alors de l’épilation complète, ses personnages femmes ou hommes ont peu ou pas de pilosité.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Il aborde les amours lesbiens aussi bien qu’hétérosexuels. Mais pas d’homosexuels, même si certaines situations de groupes sont un peu ambigües.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Pas de scènes de fouets, très prisées à l’époque, mais des scènes assez crues de viols, ainsi du mari attaché tandis que sa femme au trois quarts dénudée se fait prendre par l’un tandis que le complice la cramponne ; d’autres plus ambigües, notamment cette femme, mains liées, prise en sandwich par deux noirs et faisant une fellation à un troisième.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Seules deux images sont clairement inspirées par le Divin Marquis.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Les visages des femmes assaillies dans des coïts sauvages reflètent-ils vraiment la montée du plaisir ou l’agression, seul l’ouvrage illustré donnerait la clé.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Le voyeurisme peut se transformer en véritable gang bang plus ou moins consenti par la victime. Une série avec un personnage plus âgé et ventripotent dirigeant des jeunes aussi nus que lui devait illustrer une œuvre plus ou moins sadienne.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Plus joyeuses sont les illustrations style XVIIIe siècle. En particulier, celle dans la barque avec une utilisation inédite des manches de rames.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

A trois ou à plus et parfois en plein air, les joyeux groupes s’ébattent.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu
Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Un peu inclassables sont les deux dessins mettant en scène des personnages religieux.

Le plus classique est celui des cinq moines paillards à l’assaut d’une religieuse fort occupée à satisfaire leur lubricité. Mais ô combien plus scabreuse l'image de ce frère ou prêtre enseignant, proie d’une classe de jeunes filles – très jeunes – des plus délurées et dénudées.

Fameni Leporini : l'illustrateur érotique  inconnu

Tout aussi inclassable mais dans un autre genre, ce dessin d’une salle de gym ou de danse ou des adolescentes nues, suspendues à une barre, l’une même jambes relevées par des cordes qui ouvrent ses cuisses, se font lécher ou saillir par des adolescents tout aussi nus qu’elles, mais coiffé d'un fèz*. Difficile de décider, aux visages des jeunes filles, s’il s’agit de violences subies ou d’extases souhaitées, d’agression ou de jeux érotiques. Un site italien y voit de jeunes immigrés nord-africains agresser des jeunes françaises. De quoi nourrir les fantasmes de nos souchiais. Mais légèrement anachroniques, nos italiens, puisqu’à l’époque c’était les nord-africain-e-s qui étaient colonisés !

 

* Tarbouche ou Fèz : couvre-chef en feutre (à noter que le fèz était aussi porté en Grèce)

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Publié par JFL J.-F. Launay - dans Art et érotisme Sade
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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 18:25
Milo Moiré : de l'art ou du cochon
Milo Moiré : de l'art ou du cochon

Réservé aux + de 18 ans

Hasard d’un vagabondage sur El Paîs, je tombe sur un article dont le titre, traduit à la truelle, pose la question : l’art dénudé de Milo Moiré ‘performance’ ou porno camouflé ? Et c’est ainsi que j’ai découvert cette artiste suisse qui se balade à poil dans la rue ou les musées, fait des selfies toujours nue avec des passants au Trocadéro, se fait aussi palper les seins ou le pussy comme dirait Trump, toujours par des passants dans les rues de Londres et pratique une curieuse peinture à l’œuf expulsé de son vagin où elle l’avait niché ! Une actiste – contraction d’artiste et activiste – comme elle se baptise qui n’hésite pas à donner de sa personne !

Milo Moiré : de l'art ou du cochon

Sa biographie sur wikipedia est des plus succinctes : Née en Suisse en 1983, d'origine slovaque et espagnole, Milo Moiré est diplômée en psychologie de l’Université de Berne et vit et travaille à Düsseldorf, en Allemagne, avec son compagnon et agent, le photographe allemand Peter H. Hergarten (alias Peter Palm), dont elle est aussi muse et modèle.

Milo Moiré : de l'art ou du cochon

Assez classiques, pourrait-on dire sont les calendriers. Si le dernier évoque une tarzane dans une jungle peu hostile, les deux précédents étaient plus audacieux. S’y ajoute une parution dans le Play-Boy teuton, avec reprise, d’ailleurs, en partie, d’un de ses calendriers. Mais là on est dans un classique de la photo dite de charme : une modèle et son photographe (avec parfois quelques comparses).

12 photos pour les 12 mois...
12 photos pour les 12 mois...
12 photos pour les 12 mois...
12 photos pour les 12 mois...
12 photos pour les 12 mois...
12 photos pour les 12 mois...
12 photos pour les 12 mois...
12 photos pour les 12 mois...
12 photos pour les 12 mois...
12 photos pour les 12 mois...
12 photos pour les 12 mois...
12 photos pour les 12 mois...

12 photos pour les 12 mois...

Les 12 muses : la complexité de la féminité et ses infinies facettes.

The script system

Plus intéressant et véritable ‘performance’ furent les tournages vidéos de « The script system ». Milo Moiré va se balader nue, mais avec inscrit sur le corps le nom des vêtements manquants (en anglais : bra, panties, etc.) dans les rues et tramways de Düsseldorf ; les passants et voyageurs, dans le montage, semblent totalement indifférents ; elle se voit cependant refuser l’entrée du musée

The Naked Life

C’est dans un autre Musée, celui de Munster qu’est tournée « The Naked Life » : comme Charlotte Rampling au Louvre, mais aux heures d’ouverture, Milo Moiré, un beau et sage bébé dans les bras, déambule nue dans les salles du Musée. Là encore, les visiteurs qui la croisent paraissent indifférents à ce spectacle insolite.

The Naked Life est aussi le titre de l'exposition.

The Split Brain

Très différent est « The Split Brain » (La bruja de nieve : La sorcière des neiges). Visage caché par un masque, la sorcière nue semble naître de la neige, puis se promène et danse dans une rue enneigée de Düsseldorf, cependant qu’une femme dans son bain semble torturée et paniquée, comme habitée par cette sorcière.

 

Nackt Selfies

Autre performance où, là, elle provoque et l’intérêt et la participation des passants, celle de “Nackt Selfies” (selfies nue) avec des volontaires, dans différentes villes et en particulier à Paris, au Trocadéro. C’est là qu’elle fut arrêtée et passa la nuit au poste, en vertu, c’est le cas de le dire, de l’article 222-32 du code pénal qui réprime "l'exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux regards du public".

Milo Moiré : de l'art ou du cochon

Une caricature du phénomène de masse des self-portraits à l'âge des médias sociaux

Mirror Box

A la fois plus pudique, puisque les parties dites intimes offertes à la lubricité des passants sont masquées par une Mirror Box (littéralement une boîte miroirs) et nettement plus osée puisque lesdits passants sont invités pendant 30 secondes à palper et/ou caresser les seins ou la vulve totalement épilée, dans ladite boîte équipée de caméras, fut cette performance qui valut à notre actiste d’être encore envoyée au poste, mais du coup à Londres. Notre performeuse, vêtue donc de cette espèce de jupe trapèze invitait chacun et chacune, à glisser ses mains par une double ouverture à l’avant masquée par un rideau rouge, afin de toucher, durant 30 secondes, son lisse pubis.

Milo Moiré : de l'art ou du cochon

Milo Moiré, ce faisant, affirmait agir pour les droits des femmes à décider de leur vie sexuelle. « Les femmes comme les hommes ont une sexualité. Et c’est à elles de décider quand et comment elles veulent être touchées ou pas »

Cette performance venait en écho de sa protestation, le 8 janvier 2016, sur le parvis de la cathédrale de Cologne, après les les agressions sexuelles de la nuit de la Saint-Sylvestre : elle s’était postée nue devant la cathédrale de Cologne avec une pancarte sur laquelle on peut lire « Nous ne sommes pas du gibier, même lorsque nous sommes nues ».

La "bande annonce" de la vidéo en vente

Peinture vaginale

Mais là où Milo Moiré, sauf erreur, innove, c’est dans sa technique picturale qu’on ne peut que conseiller à toutes celles qui veulent renforcer le périnée et les muscle vaginaux : ce qu’elle baptise Plop Egg. La première de ces performances a lieu en public à l’entrée de la Foire d’art contemporain de Cologne en 2014. Cachée par une sorte de demi isoloir pour se les enfiler, Milo Moiré, perchée sur un double échafaudage, pond sur sa toile des œufs remplis de colorants qu’elle éjecte de son vagin.

 

Milo Moiré : de l'art ou du cochon

«C’est une expérience personnelle, intuitive dans laquelle, je peux développer une profonde intensité, mais aussi la sincérité de mon art. Je crée et j’utilise la source originale de la féminité, mon vagin

Elle va renouveler cet exploit, en particulier sur une falaise d’une magnifique côte sauvage, pour une œuvre intitulé Blue Mauritius (ce blue, est-ce un clin d'oeil à Yves Klein ?)

Milo Moiré : de l'art ou du cochon
Milo Moiré : de l'art ou du cochon
Milo Moiré : de l'art ou du cochon
Milo Moiré : de l'art ou du cochon
Milo Moiré : de l'art ou du cochon

Beaucoup de ses vidéos, dont ce très bel hymne à sa nudité qu’est Fluid Ecstasis, sont censurées ou n'ont qu’une amorce ; leurs versions intégrales sont accessibles sur le site de son compagnon moyennant quelques euros (mais aussi sur des sites pornos).

Milo Moiré : de l'art ou du cochon

Alors de l’Art (avec un A majuscule) ou du cochon ?

Depuis la Fountain signée R. Mutt - à l’évidence canulart de Marcel Duchamp pour mettre en contradiction les organisateurs d’un Salon des Indépendants – est devenue grâce à de savants exégètes, comme d’autres « ready made », œuvre d’art (ce qui compte c’est le regard que l’artiste nous oblige à porter sur ces objets manufacturés) la jobartise est de mise. Jobartise qui se traduira par l’admiration éperdue du bleu Klein ou des outrenoirs de Soulages. Jobartise qui trouve son expression la plus caricaturale avec Jeff Koons et son écrevisse géante en plastoc mastoc ou son balloon dog.  

Milo Moiré, avec son art vaginal, sa peinture à l’œuf, rejoint, avec d’autres méthodes, les anthropométries de Klein et sa peinture au lance-flamme. « Naissance d’une toile » intitule-t-elle celle réalisée en public à Cologne, l’expulsions vaginale des œufs de couleurs métaphorisant l’accouchement de l’œuvre.

Les performances qu’on n’ose qualifier de pures, celles qui ne se traduisent pas en toile avec la ponte des œufs, comme toutes celles de ce style, ne laissent de traces qu’en vidéos. Le Script System est un peu l’antithèse de la pipe de Magritte : nommer le vêtement le remplace ; « soutif » vaut soutien-gorge ; et l’apparente indifférence des personnes croisées ou rencontrées semble accréditer l’expérience.

Milo Moiré, on l’a vu, est vraiment activiste militante avec sa boîte à miroirs qui inverse le voyeurisme, renvoyant l’image des passants. Même nue je ne suis pas un gibier, affichait-elle. Elle le concrétise en transformant les attouchements lâches au cœur d’une foule en gestes publics, codifiés selon les règles qu’elle instaure.

Et cette nudité qu'elle porte avec une tranquille élégance, cette ponte qui eût pu être scabreuse mais qu'elle pratique avec grâce et naturel, cette exhibition marine qui n'est pas exhibitionniste... ne peuvent choquer que les tartuffes et ne relèvent, pour reprendre l'interrogation d'El Pais, pas du porno camouflé. Pour l'Art à chacun d'en décider.

Milo Moiré : de l'art ou du cochon

" Chacun pense ce qu’il veut. Mon travail est de l’art. Il crée des métaphores, suscite des associations. "

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 16:42
Marseille : la cabale des fachos

Phénomène d’évaporation ? cette page de septembre 2015 a disparu du deblog.notes sans même que l’hébergeur daigne m’en avertir. Pour éviter une nouvelle censure, je ne donne donc que quelques images.

Marseille : la cabale des fachos

« Berlinhard Entre Pierre Louys, Clovis Trouille, Otto Dix et Elvifrance, les travaux érotiques des peintres Reinhard Scheibner et Stu Mead présentent la pornographie, la sexualité adolescente, avec une dose de grotesque proche de l’esprit du défunt magazine Hara- Kiri. Le Dernier Cri, Friche la Belle de mai Du 13 juin au 13 septembre [2015] » Telle était l’annonce d’une exposition qui a provoqué la sainte alliance des ultra cathos, des soi-disant « de souche » et du FHaine.  Y  étaient présentées les œuvres de ces deux artistes allemands, Reinhard Scheibner et Stu Mead (réunis au sein du collectif Le Mauvais Œil 23) dont les peintures et illustrations érotiques et grotesques s’inscrivent dans une tradition bédéiste ou illustrative proche d’Hara-Kiri ou de Bazooka.

Marseille : la cabale des fachos
Marseille : la cabale des fachos

Une cabale a été lancée contre Pakito Bolino et contre Le Dernier Cri pendant l’été, la Friche a reçu des coups de fils, la chargée arts visuels à la mairie de Marseille également. Lui-même a reçu des menaces. Les financements publics de la Friche ont été mis en cause alors que Le Dernier Cri touche tout au plus 7 500 euros par an de la ville. S’ils atteignent 20 000 euros par an toutes conventions confondues c’est un miracle”, raconte une responsable des associations d’art contemporain de la Friche. (Les inrocks) Un véritable harcèlement, une vague haineuse, ajoute Le Monde.

Marseille : la cabale des fachos
Marseille : la cabale des fachos

Stéphane Ravier, maire FHaine du 7e arrondissement de Marseille, qui ne peut ignorer que La Friche de la Belle de Mai est un immense complexe culturel aux activités multiples, veut faire croire que la subvention globale sert à monter de sulfureuses (à ses yeux) expositions. Un très mariniste SIEL –souveraineté, indépendance et libertés – s’interroge : Une exposition crypto-pédophile illégale avec les deniers publics ? Fdesouche, le site identitaire qui résonne comme un tronc, illustre sa diatribe d’une reproduction censée provoquer l’effroi des familles.

Marseille : la cabale des fachos

« Ceci n’est pas une pipe » !

Combien de fois faudra-t-il redire aux incultes que les travaux des artistes, aussi dérangeants soient-ils, ne sont pas le réel concret. Parler de pédopornographie révèle les obsessions perverses des harceleurs.

Faut-il ajouter que nul n’était obligé à aller dans le local du Dernier cri où se tenait l’exposition ?

Ceci est de la peinture, ou de l'illustration, du dessin, de l'art. Il est du droit de chacun d'aimer ou ne pas aimer. En outre, il est du devoir de chacun de se rappeler la liberté d'expression régulièrement mise à mal, qu'on aime ou non les œuvres, que ce soit de McCarthy, d'Anish Kapoor, de Balthus, de Klossowski ou de Bellmer. Mais il est surtout du devoir de chacun, respectant cette liberté, de comprendre que ce qui se présente comme art n'est pas et ne sera jamais la réalité mais de la FICTION, aussi réalistes soient les représentations, images, peintures, sculptures, films ou pièces de théâtre présentées au public. […] L'art n'est simplement PAS la réalité. Partant de là, il n'y a ni offense ni délit ni crime d'aucune sorte. Prêter aux artistes ou aux œuvres le premier degré des mises en scènes fictives qu'ils présentent c'est, au mieux, faire un contresens et, au pire, faire dans la diffamation, la calomnie…

(extraits de la pétition - Un Dernier Cri contre la censure)

Ce n’est, hélas, pas la première intimidation aboutissant à une censure de fait. Rappelons qu’un curé intégriste avait trouvé un tribunal complice en 1999 pour faire interdire d’affichage INRI, de Bettina Rheims et Serge Branly, dans les vitrines des librairies de Bordeaux ! Rappelons aussi la dégradation de l’œuvre de Serrano, Piss Christ, le sabotage de représentations théâtrales comme  celle de la pièce Romeo Castellucci 'Sur le concept du visage du fils de Dieu' au Théâtre de la Ville ou Golgotha Picnic au théâtre du Rond point. Même de très bénins détournements de kitschissimes statuettes de la sainte-vierge – rien à voir avec León Ferrari - sont l’objet de l’ire des ultra-cathos. Mais, jusqu’ici, la mobilisation concernait les intégristes cathos (parfois appuyés par les intégristes musulmans). Tandis qu’à Marseille, ces intégristes sont appuyés par les identitaires et le FHaine.

Peut-être un renvoi d’ascenseur de la petite Marion pour remercier l’évêque du Var – idole des cagots – de l’avoir invitée ?

Marseille : la cabale des fachos

Mais une conjonction des plus inquiétantes pour nos libertés.

 

 

Pour éviter une nouvelle - et clandestine - censure, j'ai regroupé quelques illustrations des deux artistes dans un document en *.pdf, donc téléchargeable : les cul-bénits, bigots, cagots et fachos sont priés de passer leur chemin, nul n'est obligé de voir ce document, mis à la disposition des esprits ouverts et éclairés.

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 16:23
Frank De Mulder

La partie du corps que tu aimes le plus photographier ?

- Le cul.

Frank De Mulder
Frank De Mulder
Frank De Mulder
Frank De Mulder

« Trouvé à partir d'une pub située dans un recoin du site de Courrier international : http://www.frankdemulder.com/books/#400 » me signale le camarade P.L.. Je découvre donc un deuxième photographe belge, passionné du nu et en particulier de la partie la plus charnue de l’anatomie féminine. Adepte aussi de décors et de lieux où tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté. Mais n’hésitant pas non plus à entraîner équipe et modèles dans le peu hospitalier désert du Kalahari.

Frank De Mulder est né le 22 Août 1963 à Ghent (Gand), Belgique. Son père lui offre son premier appareil photo à 12 ans. Il devient un passionné de l’image argentique. Il dépense tous ses sous en matériel photo et en bouquins de techniques photos. A 17 ans, il essaie de copier les photos de David Hamilton. Heureusement, il n’a pas trop persévéré dans cette voie.

Frank De Mulder Frank De Mulder Frank De Mulder
Frank De Mulder Frank De Mulder Frank De Mulder

Mais il va suivre une formation de réalisation cinématographique au RITS de Bruxelles, puis achève ses études à l’Académie royale des beaux-arts de Gand , dont il sort diplômé avec les félicitations du jury. Il effectue ensuite son service militaire au sein de la division cinématographique et réalise quelques « films de guerre » pour l’entraînement militaire.

Il commence ensuite une carrière de cameraman dans des pubs et des courts-métrages, avant de revenir à son premier amour, la photographie. Il va se faire un nom dans la pub et dans les magazines, dits de charme comme Play-Boy, GQ, FHM…

Quel est ton type de photographie favori ?

- La photographie de nu. Elle est beaucoup plus pure et éthérée que le reste.

Quelles sont tes principales influences ?

- Musicalement beaucoup de choses. De Enaudi jusqu’à ACDC. Ca dépend beaucoup de l’humeur dans laquelle je suis. Cinéma, beaucoup Tarantino, puis les films de Bertolucci ou Vittorio Storaro.

La partie du corps que tu aimes le plus photographier ?

- Le cul

Qu’apprécies-tu chez la femme, quand tu la photographies ?

- J’aime quand elle est enthousiaste, ouverte d’esprit et créative tout comme moi. En fait, j’apprécie quand elle prend des initiatives. J’aime quand je n’ai plus qu’à saisir l’instant plutôt que de diriger ou de manager une pose.

Quelle est ta vision du nu ?

- Quand la photographie de nu est bien faite, est bien réalisée, elle ne vieillît jamais, elle ne prend pas d’âge. Vous pouvez faire deux choses : un portrait sympathique mais quelconque, ou saisir quelques chose avec une histoire. Avec le nu, on peut faire les deux, et les deux sont complètement différents.

http://www.normal-magazine.com/frank-de-mulder.html

Frank travaille avec Michèle van Damme à qui il confie la direction artistique et la postproduction de ses œuvres.

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Le même cliché passe du N&B au technicolor !

Comme son collègue Lagrange, ses images peuvent construire des scénarios implicites. La Mustang ou la Jaguar servent à conter des petits récits, qu’il faut cependant (re)construire…

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Moins poussés cependant que ceux que proposait son collègue belge.

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Thelma et Louise

Thelma et Louise

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Pratiquement pas d’hommes, même comme faire valoir. Ses duos sont pratiquement tous féminins. Même quand l’action se se réfère aux thrillers, les protagonistes restent toutes des femmes.

Frank De Mulder Frank De Mulder
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Frank De Mulder Frank De Mulder Frank De Mulder

En revanche, il attache un intérêt beaucoup plus grand pour des décors naturels soigneusement choisis, en hélico s’il le faut, avec des lumières les plus propices.

C’est la luxuriance de la République dominicaine.

Ou l’austérité du désert de Kalahari en Namibie.

Frank De Mulder manque peut-être d’un brin de folie et/ou de provocation dans ses nus sophistiqués. Mais son Bain de minuit, dans sa pureté esthétique reste dans l’œil…

Frank De Mulder

 

En bonus :

Les fesses

Version Frères Jacques

et Yvon Dechamps

 

Et Brassens...

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 15:52
Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?

Eric Fischl est souvent défini comme le peintre d’une classe moyenne étatsunienne banlieusarde, ou plutôt, comme ils disent, suburbaine. Vaste maison, gazon, piscine, intérieur aisé, rien du pavillon avec jardin étriqué. Une classe moyenne blanche – à une ou deux exceptions près – mais très post woodstock, pratiquant un nudisme sans érotisme. Et surtout, une atmosphère pesante et parfois plus que trouble.

April Gornik et la bande

April Gornik et la bande

Dans sa biographie (sur son site) Fischl indique qu’il a grandi en banlieue avec en arrière-plan l’alcoolisme familial dans un milieu au provincialisme étroit où il fallait sauver la face. Un fossé donc entre ce qui était vécu dans le foyer et l’image qu’il fallait afficher à l’extérieur.

Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?
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S’il est avant tout le peintre du suburban, de la banlieue à l’étatsunienne, il a cependant vagabondé hors des USA. Ainsi les arènes de Ronda, lieu de naissance de la corrida, lui ont inspiré une série de toiles. Et certaines images de plage viennent de photos prises à Saint-Tropez.

Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?
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Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?

Car comme Teddy Rodgers, il travaille beaucoup sur photos. Mais, en caricaturant, Rodgers avec sa jeunesse dorée est un peu le peintre des héritiers décadents de l’élite vouée aux gémonies par le milliardaire Trump, tandis qu’Eric Fischl, lui, peindrait une population moins huppée, plus péquenaude, plus proche donc de l’électorat que l’on prête à Trump.

Sauf que, si les jeunes blasés de Rodgers, ont l’air d’attendre que champagne et sans doute ligne de coke fassent leur effet pour se lancer dans une partouze, pardon partie fine, les personnages de Fischl, aux mœurs sans doute plus rustiques – les plaisirs du barbecue plutôt que les cocktails mondains – semblent tout aussi étrangers les uns aux autres.

Father and son

Father and son

Fischl, né en 1948, a grandi dans la banlieue de Long Island, dans l’Etat de New-York, coin typique d’une ‘Amérique’ bourgeoise, patriote et puritaine. Sa famille ayant migré à Phoenix, en Arizona, où ses parents se sont installés en 1967, il y commence ses études d’art. Il part ensuite étudier  au California Institute of Art où il obtient son diplôme en 1972. Ses expériences de jeunesse le marqueront à jamais. 

Il erre quelques temps à Chicago où il travaille comme gardien de musée. En 1974, il déménage à Halifax en Nouvelle-Ecosse où il enseigne la peinture au Nova Scotia College of Art and Design. Il regagne New-York en 1978.

Sleepwalker (somnanbule)

Sleepwalker (somnanbule)

Birthday-boy

Birthday-boy

Et quand il peint ses adolescents pratiquant masturbation et voyeurisme, on ne peut se défendre d’y voir comme un écho de sa propre adolescence. Car pour Fischl sa mère doit continuer de hanter son subconscient. Belle, mais dépressive, alcoolique, créative contrecarrée, sujette à des crises de rage violente où elle injuriait mari et enfants. Birthday-boy ou Bad boy* reflètent sans doute des souvenirs adolescents d’une mère qui se promenait nue dans et autour de la maison. Elle fut un jour ramenée par la police qui l’avait trouvée courant nue dans les rues de Long Island. Mère qui finira, après avoir menacé pendant des années de se tuer, par se suicider en jetant sa voiture contre un arbre.

Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?

« Bad boy » scène oedipienne ? En tout cas, c’est le titre de son livre autobiographique.

Sur, un lit aux draps bleuâtres froissés, éclairé par un store à lamelles, une femme nue, s’étend, et jambes ouvertes, semble prendre un pied dans sa main. Elle ne paraît pas avoir conscience de la présence d’un jeune voyeur – son fils ? – dans l’ombre, appuyé sur une commode, qui reluque sa toison offerte au regard. Tout en la matant le garçon lance une main derrière son dos pour atteindre un sac-à-main dont l’ouverture a une forme suggestive (un commentateur prétend que le sac-à-main se disait pussa en vieil anglais, mot qui aurait donné purse mais aussi pussy, la chatte chère à Trump). S’ajoute une nature morte, représentant pommes et bananes, au symbolisme appuyé !

Dog days (Diptyque)

Dog days (Diptyque)

La chaleur pèse sur le rivage. Le balcon surplombe une route côtière bordée de palmiers et une plage avec des vacanciers prenant le soleil. Malgré le vue exposée, une jeune femme est nue sur ce balcon, des sandales au pied, et un sac fourre-tout au bout du bras. Deux chiens la regardent attentivement et elle semble leur dire « Prenez bien soin des lieux jusqu’à mon retour ».

Sur la vue suivante, deux ados sont sur le même balcon. La jeune fille, nue, slip de bain aux pieds et le garçon juste vêtu d’un T-shirt noir, la touche timidement, tout en exhibant un gentil sexe érigé. L’une est rousse, l’autre est brun, comme si les deux chiens – roux et noir – du tableau de droite s’étaient, par magie, transformés en adolescents se livrant à des rites de la pubescence.

Le titre, faut-il le rappeler, est «Dog days ».

Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?
Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?
Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?
Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?
Un de ses tableaux préférés

Un de ses tableaux préférés

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La même pose sert d'une esquisse au tableauLa même pose sert d'une esquisse au tableau
La même pose sert d'une esquisse au tableauLa même pose sert d'une esquisse au tableau

La même pose sert d'une esquisse au tableau

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Piscine ou plage, celle de Saint-Tropez ou celles de la côte Est des Etats-Unis, travail fait le plus souvent à partir de ses propres photos, vont servir de cadre à de nombreux tableaux. Avec, comme dans « dog days » la présence canine fréquente. Et plutôt que du naturisme, du nudisme souvent épisodique, vues les traces de maillot.

Saint-Tropez

Saint-Tropez

The beginning of the end

The beginning of the end

Ce commencement de la fin illustre bien le travail de Fischl.  A partir d’une photo sursaturée, au cadrage insolite – tête d’homme au 1er plan à droite et pied isolé à gauche - une femme de dos en monokini, un gosse qui joue un ciel désespérément bleu, et voiliers, il recompose son tableau. Le cadrage subsiste, mais le pied devient paire, les voiliers disparaissent, la femme de dos est nue et la position de ses bras est ambiguë, et le gosse a laissé place à un autre nudiste cadré en contre-bas de la plage, entre ses jambes, comme stoppé dans sa marche par le spectacle invisible qu’elle lui donne. De quoi nourrir l’imagination.

Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?
Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?
Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?

La parade – extraite d’une série intitulée Scènes du dernier paradis – est aussi visiblement tirée de photos tropéziennes, comme cette séquence photoshoppée de quasi affrontement de deux groupes avançant l’un vers l’autre.

The philosopher chair

The philosopher chair

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Eric Fischl est un adepte des séries, ainsi de celle intitulée Le lit et le le siège (The bed, the chair) dont le tableau placé en premier est titré The philosopher chair. Chambre d’un hôtel de passe où des couples se succèdent ? Mais la même incommunicabilité règne entre les personnages…

Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?
Travel
TravelTravel
TravelTravel

Travel

Encore plus mystérieuse est la série Travel of Romance. Cette série en cinq épisodes, le voyage de Romance, représente des moments au cours d’une journée. Le premier, le seul avec deux personnages est le plus dérangeant, l’homme noir semblant esquisser un geste (caresse ?), la femme semblant ne même pas percevoir sa présence à quelques centimètres. Les quatre autres tableaux n’offrent plus dans des pièces aux décors changeants, comme pour marquer le voyage, qu’une femme seule, qui finit prostrée sur le sol. Fischl présente cette série comme la recherche vaine d’un objet indéfini « Ce qu’elle cherchait n’était-ce pas ce qu’elle a enfin accepté, qui était sa solitude ».

Un critique voit dans le traitement de la peinture comme un rappel de tableaux de Diego Velázquez ou d’Edouard Manet.

Eric Fischl peintre d’une ‘Amérique’ Trumpienne ?

Photographe, peintre, Eric Fischl est aussi sculpteur.

Son œuvre la plus marquante est certainement Tumbling Woman, conçue en hommage aux victimes du 11 septembre, mais qui fut totalement incomprise par une partie – trumpienne avant l’heure – du public, si bien qu’elle fut retirée d’une exposition.

Tumbling woman

Tumbling woman

« Pour nommer [la sculpture], j’ai choisi le mot “tumbling” (“qui chute”) et non “falling” (“qui tombe”) parce que je voulais communiquer une impression de mouvement latéral […] l’impression que nous bougeons, que nous allons dans une direction donnée, mais sans en décider », explique Fischl  « Je cherchais à exprimer le sentiment de vulnérabilité qui nous saisit quand on perd l’équilibre, qu’on ne touche plus à la terre ferme, qu’on est sans assises. J’ai aussi décidé d’en faire une femme au lieu d’un homme parce que d’après moi, dans une perspective historique et culturelle, la femme est toujours un symbole de vulnérabilité, d’instinct nourricier et de sollicitude. »

April Gornik

April Gornik

April in Paris

April in Paris

Eric Fischl est marié avec April Gornik, peintre également, mais qui se consacre aux paysages.

 

Alors la peinture d'une middle class trumpienne ?

En tout cas il est peu probable que les tableaux de Fischl ornent les prétentieux intérieurs, au mauvais goût kitschissime, de l'affairiste, devenu président des Etats-Unis !

 

 

* Cet ado confronté à une femme mûre peut évoquer des séquences de Ken Park de Larry Clark ; le côté oedipien présumé, avec une mère perturbée, évoquerait plutôt Leigh Ledare

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 18:20
Pierre MOLINIER transgenriste ?

"Notre mission sur la Terre est de transformer le monde en immense bordel"

La redécouverte de l’œuvre de ce « facteur Cheval de la jarretelle » risque de faire frémir tous les pourfendeurs de la prétendue « théorie du genre ». Molinier, pour autant qu’elles existaient à son époque, n’a pas dû lire une ligne d’une quelconque gender study. Mais cet adepte du transformisme, masochiste, s’est plu et complu à se photographier en porte-jarretelles, bas et talons aiguilles, parfois ornés d’un éperon-godemiché ! Se définissant comme lesbien, il a su captiver des belles sulfureuses, comme Emmanuelle Arsan ou Hanel Koeck. Et ce provocateur, non content de se faire censurer à titre posthume, par le Maire de Bordeaux, Alain Juppé, qui interdit une expo, avait réussi à choquer, André Breton, le « pape du surréalisme », de son vivant.

Pierre MOLINIER transgenriste ?

Il est né un vendredi saint, de surcroît vendredi 13, en avril de 1900 ! Fils d’un peintre, mais en bâtiment, et d’une couturière, il a été scolarisé chez les « chers frères » des écoles chrétiennes.

Dès 13 ans, il devient apprenti chez son père, tout en suivant des cours du soir à l’école des beaux-arts d’Agen.

Premier épisode sulfureux : sa sœur cadette, Julienne, est victime de la grippe espagnole en 1918 ; il la photographie sur son lit de mort ; et il prétend avoir dénudé ses jambes, couvertes d’une robe de communiante, et avoir joui sur elle lui donnant le meilleur de lui-même.

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?

Installé à son compte, à Bordeaux, comme peintre en bâtiment, il expose ses premières toiles en 1927 puis, en 1928, fonde une société des artistes indépendants bordelais. Sage peinture de paysages, puis une évolution vers le post impressionnisme voire l’abstraction.

 

 

Mais il commence à s’éloigner des sages toiles, quand il annonce avoir reçu la visite d’envoyés du Dalaï-Lama l’incitant à reproduire des mandalas. Puis en 1950, après que sa femme l’a quitté, lasse sans doute du défilé de ses maîtresses, il érige sa « Tombe prématurée » surmontée d'une croix noire portant comme inscription: « Ci-gît Pierre MOLINIER né le 13 avril 1900 mort vers 1950 Ce fut un homme sans moralité il s'en fit gloire et honneur Inutile de P.P.L.[prier pour lui] ».

Le Grand Combat 2 variations

Le Grand Combat 2 variations

Pierre MOLINIER transgenriste ?

Et la rupture publique avec le monde des arts bordelais aura lieu en 1951 quand Le grand combat sera censuré au salon des artistes indépendants bordelais. Il voilera le tableau et clamera : « Allez donc enfanter dans la nuit par le coït honteux, seul permis par la morale publique faite à l'usage des cons! Que me reprochez-vous dans mon œuvre ? D'être moi-même ? Allez donc, vous crevez de conformisme ! Vous êtes des esclaves ! ».

Il broie ses pigments lui-même, mélangeant les poudres à son propre sperme, obtenant des glacis d’une transparence inégalable et se plaisant à dire : "Je mets sur mes tableaux le meilleur de moi-même".

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?

Mais quatre ans plus tard c’est la revanche : André Breton se prend de passion pour ses œuvres magiques !

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?

« Vous êtes aujourd’hui le Maître du Vertige, d’un de ces vertiges que Rimbaud s’était donné à tâche de fixer. Les photographies jointes sont aussi belles que scandaleuses, à l’unisson de tout ce que vous m’avez déjà fait entrevoir de votre oeuvre. J’ai sous les yeux le Château magique que vous m’avez adressé (…) Mais peut-être ai-je été en profondeur assez touché par votre premier envoi pour que s’ouvrît chez moi cette fenêtre bleue qui donne sur l’éperdu ».

André Breton à Pierre Molinier le 13 avril 1955 (le jour même de son anniversaire)

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?

Du coup le voilà sacré surréaliste, exposé dans la galerie de Breton, A l'Etoile scellée, collaborant à la revue Le surréalisme, fréquentant la poète Joyce Mansour et les peintres surréalistes Clovis Trouille et Gérard Lattier.

Sa vie privée ne manque pas de piquant, puisque, après que sa fille Françoise, dont il est amoureux, l’a quitté, qu’il ait acheté un bar louche à une fille naturelle Monique, tapineuse notoire, il a une violente altercation avec sa femme et tire des coups de feu au-dessus de la tête d’un cousin, ce qui lui vaut un mois de prison en 1960, puis une condamnation et un divorce à ses torts !

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?

En 1965, son tableau Oh!... Marie, mère de Dieu (où deux femmes pratiquent une fellation et une sodomie sur un Christ crucifié) est refusé à l'Exposition Internationale du Surréalisme.

Mais il semble qu’André Breton a encore plus été choqué par l’envoi de photo-montages d’auto-fellation.

« Je me baise moi-même, vous êtes au courant. J'ai fabriqué un instrument qui me permet de me faire des pompiers. C'est le seul au monde ! J'ai mis deux ans à l'inventer. Comme les yogis, j'ai passé 18 jours à ne rien manger d'autre que mon sperme. Les yogis appellent ça le circuit. C’est-à-dire que vous avalez, et donc ça vous nourrit. »

Entre temps, en 1964, séduit par son premier livre, il contacte Emmanuelle Arsan, qu’il appellera toujours de son vrai prénom Marayat.

"Emmanuelle Arsan : auteur petit-bourgeois de romans érotico-exotiques (…) Quelque chose en elle fascine Molinier comme tous les surréalistes : une (timide) tentative de féminisation consciente de l’érotisme, et surtout, une indéniable beauté physique."

Jean-Pierre Bouyxou

Pierre MOLINIER transgenriste ?

Molinier reprend des photos de Théo Lesoualc’h que lui transmet Marayat-Emmanuelle et qu’il retravaille et re-photographie. En retour il lui fera cadeau de nombreuses œuvres. Est-ce elle l’héroïne d’une fellation qu’il met en scène et que l’on retrouvera dans le fond Molinier d’Emmanuelle Arsan, l’art du maquillage cher à Molinier ne permet pas de l’affirmer.

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
S'agit-il de Marayat-Emmanuelle ? En tout cas il lui a envoyé ce cliché avec des indications techniques au dos.

S'agit-il de Marayat-Emmanuelle ? En tout cas il lui a envoyé ce cliché avec des indications techniques au dos.

Une autre muse tiendra un grand rôle dans sa vie et son œuvre : Hanel Koeck, une étudiant d’art allemande qu’il a rencontrée en 1967. Elle a 22 ans, lui 67. Seule, ou avec lui et avec des mannequins, Molinier en a fait une icône de l’androgynie juvénile.

Hanel Koeck
Hanel Koeck
Hanel Koeck

Hanel Koeck

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Hanel Koeck avec Pierre Molinier
Hanel Koeck avec Pierre Molinier

Hanel Koeck avec Pierre Molinier

Hanel Koeck a aussi été l’héroïne, comme en écho au blasphématoire à Oh ! Marie… mère de Dieu, d’une performance de l’artiste viennois Herman Nitsch, où elle est aussi crucifiée et sodomisée, dans la 31e action de l’Orgien Mysterien Theater, performance dont elle envoie les photos à Molinier.

Crucifixion d'Hanel Koeck
Crucifixion d'Hanel Koeck
Crucifixion d'Hanel Koeck
Crucifixion d'Hanel Koeck
Crucifixion d'Hanel Koeck
Crucifixion d'Hanel Koeck

Crucifixion d'Hanel Koeck

Tirages argentiques d'époque, d'après des photographies de Ludwig Offenreich qui ont été retouchées à l'encre par Pierre Molinier et rephotographiées.

Pierre Molinier à notamment rajouté les clous et les gouttes de sang à l'encre sur les tirages originaux.

Avec Claire, photographiés par le mari.

Avec Claire, photographiés par le mari.

Claire et Pierre Molinier

Claire et Pierre Molinier

Molinier ne fut jamais à court de modèles et complices féminines. Posant pour lui parfois avec l’accord du mari ou amant. Ainsi de cette Claire que le mari photographie à côté de Molinier, qu’elle dépasse d’une bonne tête, avant qu’il ne se penche pour lui embrasser les cuisses sous la mini jupe.

Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Pierre MOLINIER transgenriste ?
Le montage est fait à partir de photos d'un authentique transsexuel.
Le montage est fait à partir de photos d'un authentique transsexuel.
Le montage est fait à partir de photos d'un authentique transsexuel.

Le montage est fait à partir de photos d'un authentique transsexuel.

Outre une Colette, une Marie-Thérèse, on découvre une Xavière Gauthier – dite « Petit vampire » car elle mordait les tétons de l’artiste jusqu’au sang, ce que le masochiste appréciait. Il photographiera aussi des transformistes de son genre, comme Luciano Castelli, et un transsexuel authentique.

Pierre Molinier : double autoportrait, ses jambes, son cul...
Pierre Molinier : double autoportrait, ses jambes, son cul...
Pierre Molinier : double autoportrait, ses jambes, son cul...
Pierre Molinier : double autoportrait, ses jambes, son cul...

Pierre Molinier : double autoportrait, ses jambes, son cul...

Mais le centre de sa création fut avant tout lui-même. Mon cul, mes jambes – il en fit un film – il se met constamment en scène dans ses photo-montages.

Quelques montages
Quelques montages
Quelques montages
Quelques montages

Quelques montages

Technique du photomontage

Rappelons la méthode de l’artiste. Molinier découpe au ciseau les épreuves de ses portraits et de ses autoportraits. Puis avec des jambes, des bras, des têtes, il recompose des corps selon les canons de son esthétique idéale. Une fois le collage terminé, il le photographie, puis démonte l’ensemble pour de nouvelles compositions. Ce qu’on appelle photomontage chez Molinier est donc la photographie d’un collage, voire le contretype de cette photographie du collage original.

Technique de collage

Au début vers 1955, Pierre Molinier colle intégralement toutes les pièces découpées. Il adore le scotch qu’il utilise abondamment au dos des montages-collages. Il se contente bientôt d’un point de colle (pour mieux démonter en vue du réemploi des fragments découpés).

Très vite la méthode combine découpage, emboîtage des membres et colle ou scotch. Vers 1964-1965, pour les montages les plus élaborés, Molinier dispose à plat sur un tapis mousse les fragments découpés puis plaque une vitre maintenue en place par des pinces à dessin métalliques. Il photographie alors l’ensemble à travers la vitre. Puis, après photographie, récupère facilement les « morceaux » en vue d’autres compositions. On comprend que Molinier ait préféré le terme de « montage» à celui de « collage ». On sera ainsi passé du collage intégral des débuts au plaquage sans colle sous  vitre.

D'après le catalogue Drouot

Après l’altercation de 1960, deux experts psychiatriques commis pour l’examiner le décrivent comme de la catégorie du déséquilibré supérieur, puisqu’il exprime, sous une forme artistique, son angoisse et son manque d’harmonie. Pervers polymorphe dira de lui un neurobiologiste.

 

 

 

 

Alors transgenriste avant l'heure ?

Hypomanie, exhibitionnisme, masochisme... l’univers érotique de Molinier est celui d’un transvestite fétichiste, où le travestissement est le fétiche même, pour Claude Esturgie.

Il se veut à la fois femme et homme, femme phallique !

 

 

Il se suicide d'une balle dans la bouche, le 3 mars 1976, vers 19 heures 30.

« Je soussigné et déclare me donner volontairement la mort, et j'emmerde tous les connards qui m'ont fait chier dans toute ma putain de vie. En foi de quoi je signe, P. Molinier. »

Il avait fait don de son corps qui est transféré à l'Institut médico-légal puis à la Faculté de Médecine de Bordeaux. Après dissection, ses restes seront inhumés dans un cimetière bordelais.

Pierre MOLINIER transgenriste ?

Pour compléter ce courriel de PL qui est le fauteur de cet article :

"La Maison européenne de la photographie expose les archives du grand subversif Pierre Molinier avant qu'elles ne soient mises en vente le 14 novembre à Drouot
 
Expo :
 
 
Vente à drouot (catalogue téléchargeable en .pdf)) :
 
 
sinon le rechercher sur ce lien :
 
 
* Cet article doit beaucoup aux commentaires qui accompagnent le catalogue.
 
 
 
Notice du catalogue

Notice du catalogue

 

 

D'un artiste canadien, Bruce Labruce, visiblement inspiré par Molinier, cet hymne aux jambes : Legs

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 16:12

Géhèm, que j’aime – blogueur des plus inventifs – s’est attaqué à un autre artiste, mais d’un style beaucoup plus académique, Jean Léon Gérôme.

Géhèmrôme

Notre Gérôme a eu une carrière en tout point exemplaire, accumulant titres et honneurs. Peintre et sculpteur, il a, si l’on peut dire, une large palette. Sa première toile primée montre un combat de coqs dans la Grèce antique. On le verra avec Géhèm, les jeux du cirque à Rome ne lui sont pas étrangers. Il va même retrouver, en quelque sorte, une seconde jeunesse en inspirant des peplums cinématographiques.

C’est aussi un grand maître de l’orientalisme, orient qu’il a visité. Ainsi est-il à Istanbul, en 1875, et durant une dizaine d’années la Turquie va lui inspirer de nombreux tableaux. Il montre un intérêt particulier pour la ville de Brousse (Bursa) où il visite les bains de Sinan, dont il dessine l’intérieur pour sa Grande Piscine : « comme la température était extrêmement élevée, je n’hésitais pas à me mettre complètement nu ; assis sur mon trépied, ma boîte de couleurs sur les genoux et ma palette à la main, j’étais un peu grotesque… » (Verat) Ladite piscine s’est vendue en 2004, 2,5 millions d’euros. Pour un peintre qui a subi une longue éclipse, ce n’est pas si mal. Et quant à mettre des sommes folles dans une œuvre, le béotien que je suis préfèrerait celle-là à une écrevisse géante en plastoc mastoc à la Koons !

Ce peintre qualifié de « pompier » - à un interlocuteur qui critiquait l'enseignement de l'Ecole des Beaux-Arts, Gérôme rétorqua avec malice qu'il est sans doute bien plus commode d'être incendiaire que pompier – a su, grâce à son beau-père, diffuser largement son œuvre dans un public qui dépassait largement les amateurs d’art éclairés, grâce aux reproductions (héliogravure).

Gérôme scilpteur dans son atelier Cliquer pour agrandirGérôme scilpteur dans son atelier Cliquer pour agrandirGérôme scilpteur dans son atelier Cliquer pour agrandir

Gérôme scilpteur dans son atelier Cliquer pour agrandir

Et, par certains côtés il préfigure des hyperréalistes contemporains, car déjà, à côté des croquis, esquisses, etc. il utilisait aussi la photographie.

De Gérôme à Géhèm

Il vous est donc proposé de passer de l’œuvre originale de Jean-Léon Gérôme, à sa version enrichie par Géhèm, grâce à un lien fort judicieusement placé après chaque tableau.

 

A noter que les toiles enrichies peuvent être agrandies en cliquant dessus.

Géhèmrôme
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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 08:43
Femmes dans un cimetière Rabat

Femmes dans un cimetière Rabat

Voilà un pur angevin, puisque né à Angers à la fin du XIXe siècle, que j’avais déjà rencontré comme illustrateur d’une des éditions (1933) du Rideau levé ou L’éducation de Laure. Mais les hasards de mes errances sur internet m’ont fait retrouver ces illustrations et poussé à y regarder de plus près.

Mercier est donc né sur les bords de la Maine (qui, pour un angevin, valent bien ceux de la Seine) en 1899. Son nom de famille, assez commun, cache que la maman était née Cointreau, petite fille du fondateur de cette prestigieuse maison angevine.

En 1920, il entre à l’école des Beaux-Arts d’Angers mais dès l’année suivante il va aux Arts déco de Paris, formation qu’il complète à l’école Estienne où il s’initie aux techniques de l’eau-forte ou de la lithographie.

Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin

Et dès 1924, il décroche la timbale : son projet est retenu pour l’affiche de la Foire-exposition d’Angers. Il travailla d’ailleurs beaucoup pour les manifestations ou produits angevins.

Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin

Ce descendant Cointreau mit son talent au service de la firme familiale. Des nombreuses œuvres publicitaires, la plus plaisante – à mon sens – où il recommande à l’automobiliste, après avoir bien déjeuné, un petit dernier pour la route.

Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin

Il fut aussi un affichiste de cinéma extrêmement prolifique. Bien que lié à une maison de distribution, Lutétia, il s’arrangea pour travailler pour d’autres. Il illustra donc les films des plus grands réalisateurs de l’entre-deux guerre.

Illustration de couvercles de boîtes à gâteaux métalliques

Illustration de couvercles de boîtes à gâteaux métalliques

Buvard

Buvard

Images pour le chocolat Menier

Images pour le chocolat Menier

Livre pour enfants

Livre pour enfants

Chanson : "Gentil coquelicot"

Chanson : "Gentil coquelicot"

Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin

Mais le plus plaisant et que l’illustrateur d’œuvres pieuses comme une vie de Jésus par un cardinal Grente, d’œuvres pour la Jeunesse, de chansons traditionnelles, se commit, non seulement à illustrer Le Rideau levé, mais aussi trois autres œuvres que l’on peut qualifier de licencieuses, dont Mon Noviciat ou les joies de Lolotte, d’André-Robert Andrea de Nerciat (dit Andrea de Nerciat).

Illustration de "La Chatte" de Colette

Illustration de "La Chatte" de Colette

Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin

Il est vrai que ces lestes illustrations datent de l’entre-deux guerres et que les saintes images vinrent bien après-guerre. Et notre artiste angevin produisit des œuvres, dont la décoration de l’espace de jeu des enfants sur la paquebot France, jusqu’en 1993 et mourut deux ans après.

Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin

La jeune héroïne-narratrice suit sa mère, en instance de divorce, dans un couvent de province. Lolotte, qui a joui jusque là d’une éducation particulièrement libre, dispensée par d’immoraux instituteurs espérant bien en profiter un jour, emporte avec elle « deux volumes [...] ornés », cadeaux de ses premiers maîtres. Il s’agit de l’Histoire de Dom Bougre, Portier des Chartreux, écrite par lui-même (1741), d’une part, et du Rideau déchiré(sic), ou l’Éducation de Laure (1786), d’autre part. Le premier, (…) quasi entièrement située dans un cadre claustral (monastère masculin du narrateur principal Saturnin, couvent féminin de la longue histoire insérée de la sœur Monique) en fait, par excellence, le roman libertin des débauches conventuelles, véritable emblème de la veine anticléricale du roman pornographique de cette époque. Le rapport du roman de Mirabeau, (…) avec le roman de Nerciat peut d’abord apparaître moins évident : si la narratrice est supposée en rédiger le texte au couvent, la place que celui-ci occupe dans la narration proprement dite est minime, à la toute fin du texte. Mais l’on se rappellera que L’Éducation de Laure est centrée sur une relation père / fille, ou plus exactement beau-père / belle-fille. (…) Or, Lolotte s’avérera finalement bien l’histoire de cet inceste père-fille consommé ici sans remords. (…) la contemplation de leurs gravures sert de support, dans un premier temps, aux activités masturbatoires de la jeune fille, puis de sa mère lorsqu’elle se sera avisée de la présence de ces ouvrages (…) Une troisième référence [est] introduite plus obliquement dans le texte : Thérèse philosophe (1748) (…)

Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin

Dans le texte de Nerciat, la référence à Thérèse philosophe se fait sur le mode apparent du dénigrement et de l’ironie, dans le contexte du désappointement de la narratrice face à son entrée forcée au couvent et à la réduction de ses espérances érotiques à la seule activité masturbatoire qui caractérise le personnage de Boyer d’Argens.

 

« Cependant, dès qu’une fois j’eus passé le seuil de la funeste retraite ; dès qu’avec horreur je me senti prisonnière dans un lieu où tout homme est exclu ; réduite à n’en plus rien voir que dans les gravures dont mes deux volumes étaient ornés, je compris bien que la nécessité devait me forcer à suivre l’exemple de Thérèse, et je devins, à cet égard, tout aussi philosophe. ».

Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin

Le couvent qu’imagine Nerciat dans Mon noviciat est le double inversé de celui de Thérèse philosophe. La frustration de Lolotte n’y est que de courte durée, comme d’ailleurs celle de tous les autres personnages du roman qui, dès lors qu’ils sont surpris dans une situation de manque (rêve érotique, lectures libertines et onanisme, mélancolie), voient aussitôt celui-ci comblé par des interventions que Nerciat pare des codes du merveilleux et d’un surnaturel emprunté à l’Antiquité païenne. Ainsi, Lolotte est d’abord le témoin des effets d’un songe luxurieux de son chaperon, Félicité. La description semble presque celle de l’apparition d’un être invisible :

 

  «   Une nuit cette ardente créature eut un songe tellement agité que j’en fus éveillée.

    Elle était sur le dos, les cuisses écartées et respirant avec oppression ; ses reins s’élevaient et s’abaissaient périodiquement, toujours de plus en plus vite, ce fut enfin avec un trémoussement convulsif, à travers lequel elle se mit à prononcer, avec les accents de la plus extrême passion : « Pousse, pousse, mon cher Fanfare (Fanfare était le nom d’un domestique chasseur de mon père) mets tout… tout… avec moi… par…tons ensemble… Fou…ou…ou…outre !… tiens… tiens donc… ha !… ha !… »

    Ces derniers accents, d’une expression si déclinante, furent suivis d’une parfaite immobilité. Un moment après elle ajouta d’un ton triste : « Qu’avons-nous fait ! Ah, mon ami ! je suis prise… du coup tu m’auras fait un enfant, j’ai senti ton foutre à la pointe de mon cœur. »

Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin

(…) Avoir surpris cette scène donne à Lolotte un moyen de pression sur Félicité qui devient son amante, première étape de la satisfaction des désirs, déjà affirmés, de l’héroïne, et de ceux, ainsi révélés, de sa gouvernante. La seconde étape va se faire en basculant du mode fantasmatique au mode proprement fantastique, lorsqu’il s’agira d’obtenir la satisfaction d’un commerce avec un homme. La conversation entre Lolotte et Félicité est alors brusquement interrompue par l’intervention d’« une faible voix » venue de nulle part, qui manque « faire mourir de peur » les deux personnages, et qui leur promet la satisfaction de leurs désirs pour le soir même, à minuit, si elles laissent entrouverte la fenêtre de leur chambre donnant sur le jardin.

(…)

« À la fin, cependant, comme je revenais pour la centième fois à la fenêtre… quelle satisfaction ! J’entrevois quelque chose de mouvant dans le jardin... Cet objet s’avance ; j’appelle Félicité... Nous voyons d’abord une figure... ensuite une échelle... et c’est à nous qu’on en veut... comme le cœur me bat ! » Venu d’un extérieur indéfini et obscur, l’être apparaît d’abord sous les auspices du non-humain (« quelque chose de mouvant », « cet objet ») avant de se matérialiser. Le personnage apparaît déguisé en religieuse, mais « L’attirail de la béguine s’envole à l’instant de dessus le corps de notre visiteur »

 

«  Vous comprenez bien, mes amours, nous dit-on, que ce n’est pas pour filer un roman qu’on se réunit à minuit dans un couvent de filles ? Au fait. J’ai plus d’une fois écouté vos familiers entretiens et entendu vos ébats. Je suis donc parfaitement orienté sur tout ce qui vous regarde. Connaissant à fond ce que vous pensez, ce que vous désirez, je viens fournir ce qu’il vous faut »

(…)

« Aux ailes près, c’était un ange, ou bien que l’on se figure l’Apollon du Belvédère, mais pourvu d’un vit ! Ah quel vit ! C’était le premier en nature que je voyais de ma vie ; jamais, hélas je n’ai joui du bonheur de retrouver son pareil. »

(…)

 

 

Nerciat se détourne ici de la tradition d’un cloître qui serait le lieu du manque, de la frustration, de l’enfermement ; au contraire, il en ouvre grand les portes aux visiteurs venus tout à la fois y chercher leur propre satisfaction et répondre aux désirs et attentes des pensionnaires dès que ceux-ci sont exprimés (outre Félicité et Lolotte, la mère de cette dernière se retrouvera bientôt entraînée dans les ébats du groupe, juste après avoir été montrée cédant à la séduction du Portier des Chartreux) (…)  « sachez qu’ici, mes chères enfants, vous êtes à peu près... au bordel » ; et, plus loin, de la part de Lolotte qui parle de sa cellule, transformée en théâtre d’une nuit de débauches, comme d’« un lieu que je pourrais fort bien nommer notre bordel »

 

 "De Thérèse à Lolotte : édification et dissolution d’un couvent des plaisirs. Nerciat au terme de la tradition libertine" Extraits

 

Léopold Boyer

Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
Jean-Adrien MERCIER illustrateur angevin
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