Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 21:15
Ferdinand Buisson Dictionnaire de pédagogie

Touitte, a priori insolite de Philippe Meirieu : « Le "DICTIONNAIRE" de Buisson reparait bientôt : une mine ! Consultez-en déjà des extraits. »  En effet, le Dictionnaire pédagogique de Ferdinand Buisson, dont la dernière édition date de 1911, est libre d’accès. Et, outre le fac similé à la BNF (Gallica, édition de 1887, peu lisible) une version électronique de la version 1911 a été mise en ligne par l’INRP.

Meirieu annonce une reparution dans la collection Bouquins, de l'édition première, en fascicules d'abord, celle de 1887.

Ferdinand Buisson Dictionnaire de pédagogie

Ferdinand Buisson (1841-1932).

Il est directeur de l’enseignement scolaire de 1879 à 1897 et participe à l’élaboration des lois Ferry. Dreyfusard, il est en 1898 l’un des fondateurs de la Ligue des droits de l’Homme, qu’il préside de 1913 à 1926. Après la Première Guerre, il est un fervent promoteur de la création de la Société des Nations et du rapprochement franco-allemand : c’est notamment pour cette raison qu’il obtient le Prix Nobel de la paix en 1927, conjointement avec l’écrivain et homme politique allemand Ludwig Quidde (1858-1941).

Ferdinand Buisson est une des grandes figures de la 3e République. Fondateur de la Ligue française des droits de l’homme, il est aussi, en tant que Président de la commission dont Aristide Briand était rapporteur, l’un des pères de la Loi de 1905. Cet Inspecteur général de l’instruction publique en 1878, à partir de 1890 enseigne la pédagogie à la Sorbonne.  

Il sera de 1879 à 1896,nommé Directeur de l’Enseignement primaire par Jules Ferry.

Le Dictionnaire de pédagogie de Ferdinand Buisson, cathédrale de l’école primaire

Pierre Nora, dans Les lieux de mémoire, fera du « Dictionnaire de pédagogie » de Ferdinand Buisson, la cathédrale – mot un peu ironique pour ce protestant libéral et ô combien laïque – de l’école primaire. La première version, sortie en 1887, compte plus de 300 auteurs et 2600 articles. la seconde, plus ramassée, intitulée Nouveau dictionnaire de pédagogie, sort en 1911.

« Une œuvre monumentale (et improbable) qui, dans le mouvement général de réforme de l’enseignement populaire engagé après 1870, tente de rassembler pour les maîtres tout le savoir utile, entendu maximalement, encyclopédique et pédagogique, en engageant dans l’aventure, entre autres 350 collaborateurs, les meilleurs hommes de science du temps, les Victor Duruy, Gaston Maspero, Camille Flammarion, Lavisse, Marcellin Berthelot, Viollet-le-Duc… »

P. Dubois

Ferdinand Buisson Dictionnaire de pédagogie

C’est avec une certaine appréhension que l’on parcourt l’article Dictée, dans les extraits proposés par P. Meirieu, "la dictée, le plus beau et le plus intelligent (sic) des exercices" comme finkielkrautait Jacques Julliard, pour y lire avec gourmandise ces lignes qui font un sort anticipé à la fameuse querelle du circonflexe :

Ce serait grand dommage, à nos yeux, que de retenir de longues heures un [écolier] sur la question de savoir s’il devra écrire des à compte en deux mots ou des acomptes en un seul mot, comme le veut aujourd’hui l’Académie ; s’il devra unir les deux termes de porte-plume ou de porte-monnaie, à l’exemple de portefeuille ou de portemanteau ; si tels ou tels des fameux verbes en eler ou eter doubleront leur consonne ou prendront un è quand leur dernière syllabe deviendra muette ; si suprême, extrême doivent avoir le circonflexe, quand système et emblème n’obtiennent que le grave, etc., etc.

Nous ne voudrions pas non plus le voir se préoccuper outre mesure de la présence ou de l’absence d’une s quand il s’agit d’écrire de la confiture de groseilles ou de la marmelade d’abricot ; nous voudrions qu’il pût rester indifférent devant les problèmes qu’on a soulevés au sujet de la dictée récemment envoyée par le ministère de l’instruction publique aux candidats au brevet simple de tous les ressorts académiques : faut-il écrire des avocats en sabots et en casquette, casquette avec le singulier, ou bien casquettes avec le pluriel, quand l’auteur écrit lui-même quelques lignes plus bas : les hommes en grands chapeaux et les femmes en bonnets plats ? Nous souhaiterions que, pour notre élève de l’école primaire, ce fût tout un. Nous pensons, enfin, que c’est lui rendre un bien mauvais service que de lui torturer la cervelle avec des phrases baroques comme celles-ci : Les insensés ! ils se sont laissé mettre en désordre, ils se sont laissé envelopper et fait tailler en pièces sur les champs de batailles mêmes qu’ils avaient crus favoriser leurs manœuvres. Leurs stratagèmes, les ruses de guerre qu’ils avaient également crues devoir leur réussir ont tourné contre eux-mêmes ou ont eu une tout autre issue que celle qu’ils avaient pensé ; enfin, les villes qu’ils avaient jugées pouvoir leur servir de refuge en cas de retraite se sont empressées de fermer leurs portes aux fuyards, dès qu’elles se sont aperçues que la fortune s’était déclarée de notre côté, etc., etc. (nous avons suivi, sans prétendre la justifier, l’orthographe de l’auteur). Le temps employé à résoudre ces indéchiffrables logogriphes ne serait-il pas mieux employé à tant d’autres études plus utiles et plus élevées, qu’on n’aborde pas ou qu’on effleure à peine dans l’école, pour cette seule raison que les  heures manquent ?

NB C'est moi qui surligne

La version dite électronique de l’INRP – jugée fautive par des anti-pédagos qui ont essayé de récupérer Ferdinand Buisson – offre l’avantage d’un butinage au gré des centres d’intérêt ou de la seule fantaisie.

Il faut, évidemment, plonger dans le substantiel article sur la Pédagogie, complété par un autre article : histoire de la pédagogie.

Ferdinand Buisson Dictionnaire de pédagogie

 

 

 

Quant à la Laïcité, le dictionnaire de 1911 nous apprend que ce mot est nouveau

« Ce n'est que par le lent travail des siècles que peu à peu les diverses fonctions de la vie publique se sont distinguées, séparées les unes des autres et affranchies de la tutelle étroite de l'Eglise. La force des choses a de très bonne heure amené la sécularisation de l'armée, puis celle des fonctions administratives et civiles, puis celle de la justice. Mais la sécularisation n'est pas complète quand sur chacun de ces pouvoirs et sur tout l'ensemble de la vie publique et privée le clergé conserve un droit d'immixtion, de surveillance, de contrôle et de veto.

Un seul domaine avait échappé jusqu'à ces dernières années à celte transformation : c'était l'instruction publique, ou plus exactement l'instruction primaire L'enseignement primaire public restait essentiellement confessionnel : non seulement l'école devait donner un enseignement dogmatique formel, mais encore, et par une conséquence facile à prévoir, tout dans l'école, maîtres et élèves, programmes et méthodes, livres, règlements, était placé sous l'inspection ou sous la direction des autorités religieuses.

La législation française est la seule qui ait établi le régime de la laïcité d'une façon logique et complète : laïcité de l'enseignement, laïcité du personnel enseignant. C'est la séparation, si longtemps demandée en vain, de l'église et de l'école.

L'instituteur à l'école, le curé à l'église, le maire à la mairie.

Si par laïcité de l'enseignement primaire il fallait entendre la réduction de cet enseignement à l'étude de la lecture et de l'écriture, de l'orthographe et de l'arithmétique, à des leçons de choses et à des leçons de mots, toute allusion aux idées morales, philosophiques et religieuses étant interdite comme une infraction à la stricte neutralité, nous n'hésitons pas à dire que c'en serait fait de notre enseignement national. »

Extraits de la version 1911

Et certains articles ont une valeur historique. Ainsi de ceux consacrés soit à notre protectorat de Tunisie, soit au Maroc à l’aube, lui, du protectorat et qui décrivent leurs systèmes scolaires.

D’Abbot John à Zwingli Ulrich, en passant par Babeuf ou Rabelais, le Dictionnaire recense toutes les personnalités qui ont pu jouer un rôle dans le domaine de la pédagogie.

Cette cathédrale de l’école primaire a été aussi baptisée bible des hussards noirs de la République, les instituteurs. Témoignage d’une foi laïque ?

Peillon rappelle que Buisson, dans son propre camp radical et franc-maçon, se heurtait à ceux qui conçoivent la laïcité ou la libre pensée comme « une orthodoxie à rebours » : il craignait par-dessus tout un catéchisme républicain et rejetait l’orthodoxie laïque du « catholique à rebours qui fait de l’athéisme un credo ». (Ferdinand Buisson et La Foi laïque, Liliane Maury)

Ferdinand Buisson Dictionnaire de pédagogie

La couverture de la future réédition dans la collection Bouquins, présentée par P. Meirieu, annoncela première version, celle de 1887, plus ample, comme me le signale J. Baubérot.

Ainsi vagabondage électronique et feuilletage de la version papier se complèteront.

Repost0
21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 22:53
Fillon le candidat du parti dévôt

Nul ne l’a vu venir : l’alliance avec le tea party à la française, les ratichons de la manif anti mariage pour tous, a été décisif. Ni de la Rochère, ni Bourge (et encore moins la pauvre Frigide Barjot complètement démonétisée) n’ont fait de déclarations solennelles en faveur du paroissien de Solesmes. Mais, à bas bruit, le parti dévôt des chaisières s’est mobilisé. Et le sourcilleux sarthois, à la surprise générale – sa remontée finale n’a permis à personne de prévoir sa victoire du premier tour – a largement pris la tête, nous laissant augurer d’un duel du 2e tour en 2017 entre extrême-droite et droite extrême.

Fillon le candidat du parti dévôt

« Sens commun » - l’avant-garde obscurantiste de la Manif anti mariage pour tous – ce Tea Party à la Française - a noyauté la direction LR grâce à… Sarkozy ! Ils ont accédé à six postes-clés dans l’organigramme LR. « Leur leadeur, Sébastien Pilard, ou leur porte-parole, Madeleine Bazin de Jessey — issue du mouvement des Veilleurs qui restaient statufiés, des heures durant, devant le ministère de la Justice pour protester contre le mariage gay — sont devenus délégués nationaux LR, intégrant ainsi le "gouvernement" du parti. Tout comme Catherine Giner, qui s'est illustrée dans les défilés de la Manif pour tous et par ses positions anti-IVG, à qui l'ancien président a confié début février le dossier de la... famille ! » (Le Parisien) Leur objectif affiché : « peser sur la primaire » !

Sarkozy a constaté leur efficacité à ses dépens. Juppé, qui avait refusé de les recevoir, l’a bien compris qui se réfère au pape – intransigeant certes sur la doctrine mais charitable sur l’application – contre ce faux sens commun ! Mariton, leur féal, éliminé, Fillon a su les attirer. Bien lui en a pris, car eux ont su activer tous les réseaux réac-cathos !

Sarko a multiplié les provocations identitaires des plus puériles comme avec sa double ration de frites. Mais le vrai candidat identitaire c’était Fillon. Lui ce n’était pas Neuilly, mais Sablé-sur-Sarthe et surtout Solesmes avec les plus réacs des moines bénédictins. Pas deux divorces et trois épouses, mais sa seule Pénélope. Et, discrètement mais constamment, sur une ligne boutinienne : il s’est opposé à la dépénalisation de l’homosexualité, au PACS et, bien sûr, au mariage pour tous !

Toujours avec cette ternitude, si on me permet ce néologisme, qui le caractérise, il veut bien sûr abolir les 35 h pour 39 h : style travailler plus pour gagner au mieux autant. Il est sur la même ligne que Wauquiez ou Le Maire sur ces sybarites de profiteurs du RSA à qui on doit imposer des travaux d’intérêt général. Quant aux chômeurs, obligation d’accepter tout offre de pôle emploi. Tous des feignasses ces salauds de pauvres et de sans emploi !

Inutile de dire que dans la course à la suppression du plus grand nombre de fonctionnaires, il n’a pas laissé sa part aux chiens (pardon à ses concurrents de la primaire). 500 000 en moins ! sans toucher évidemment aux policiers et gendarmes. Et cela en maintenant les services publics dans la ruralité, bien sûr !

Fillon Ministre de l'éducation nationale (avec Raffarin et Darcos)

Fillon Ministre de l'éducation nationale (avec Raffarin et Darcos)

Le ton quasi bénin ne cache pas la dureté du discours sur l’école ! Il proclame “L’échec de l’école, c’est la faute d’une caste de pédagogues prétentieux qui ont imposé des programmes jargonnants ”. C’est lui le plus déchaîné contre les pédagogos comme dit si finement Jacques Julliard ! Et cet ex-ministre de l’Education nationale qui a, par la loi de 2005 qui porte son nom, créé le socle commun de connaissances et de compétences pour tous les élèves de collège, demande maintenant un examen d’entrée au collège : «  Il faut que les enfants qui ne maîtrisent pas les fondamentaux n’aillent pas au collège tant qu’ils ne les maîtrisent pas » ! Il faudra donc recréer CPPN et CPA pour accueillir ces élèves bloqués en primaire !

Philippe Seguin et François Fillon

Philippe Seguin et François Fillon

 

On est loin du temps où l’encore jeune sarthois était le porte-parole d’un Philippe Seguin, Président du RPR, gaulliste de gauche (et qui, lui, sur le PACS s’était abstenu). Et ce prétendu héritier du gaullisme copine outrageusement avec Poutine et l’absout, ainsi qu’Assad, de tout crime de guerre à Alep.

Fillon et son ami Poutine !

Fillon et son ami Poutine !

Et comme les surprises – Brexit, Trump, Fillon... – sont nettement orientées le plus à droite, on ne peut s’attendre à un miraculeux sursaut de la gauche pour faire, si on peut dire, front. Le pire est donc sûr. Un duel au 2e tour entre droite extrême et extrême-droite – blanc bonnet et bonnet blanc – s’annonce pour mai 2017.

Pour compléter une excellente analyse de Claude Askolovitch

"Il y a quelques jours le site Atlantico, de bonne droite autrefois buissonienne, depuis émancipée, publiait cette tribune au ton de chattemite. «Islamisme politique: la double erreur d'Alain Juppé». Elle est signée Patrick Karam, activiste multicarte, jadis dans le militantisme DOM, aujourd’hui porte-parole de Nicolas Sarkozy chargé des chrétiens d’orient. Elle explique en substance qu’Alain Juppé, en mars 2011, adouba les frères musulmans égyptiens, et serait donc responsable, le lien était fait, des souffrances des Coptes d’Egypte..." Lire la suite

Il faut noter que cette campagne sur "Ali Juppé", comme disent ces fumiers, tendant à le faire passer pour un allié des Frères musulmans a été orchestrée par les sarkozystes et que c'est Fillon qui en a tiré profit, prêt à soutenir Assad-le-boucher et à s'allier avec les Mollahs iraniens.

Repost0
17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 17:04
L'école des réac-publicains

D'où viennent les "réac-publicains" et comment dépasser le conflit pro et anti-pédagogues ? (G Chambat)

Grégory Chambat* ne fait pas mystère de son engagement politique. Pour cet enseignant d'un collège de Mantes-la-Ville, ville passée récemment au FN, "une pédagogie démocratique (...) ne se contente pas d'observer le monde (...), elle forge des outils pour le transformer". Reste à savoir pourquoi s'expriment un certain nombre de résistances à un tel programme, d'où viennent ceux qu'il appelle les "réac-publicains", et qui se réclament de la République pour, analyse-t-il, maintenir un ordre scolaire élitiste, ou y revenir. Certains, tel Alain Avello sont membres du collectif Racine, d'autres, comme François Bayrou, sont centristes, tandis que Farida Belghoul veut défendre "la famille traditionnelle". Dans ses notices biographiques, l'auteur cite encore Jean-Paul Brighelli, Alain Finkielkraut, Jacques Julliard*, Jacqueline de Romilly, ainsi que des mouvements comme "Espérance banlieues" ou "La Fondation pour l'école"... Mais il se garde bien de les confondre. Il est évidemment inquiet de la progression du vote "Front national" au sein du corps enseignant, qui pourrait dépasser les 10 % en 2017, et il connaît le pouvoir de séduction de formules comme "redresser l'Ecole, redresser les corps pour redresser la nation".

Mais le courant "anti-pédagogique" vient aussi de la gauche. Il vient aussi de loin. Déjà le concile de Trente, en 1563, donnait pour finalité à l'Ecole la normalisation du comportement social. Pour Victor Cousin, l'instruction est "une sorte de conscription intellectuelle et morale", François Guizot veut "développer l'esprit d'ordre", les écoles normales adoptent le principe des "Frères des écoles chrétiennes" avec "la méthode simultanée" aux dépens de "la méthode mutuelle" qui privilégie les relations entre pairs.

Beaucoup sont passés par l'entourage de J-P Chevènement

 

Pour Grégory Chambat, l'école de Jules Ferry "distille ses valeurs conservatrices (...) en célébrant l'ordre établi" tandis que Paul Robin tente de créer un "enseignement intégral" inspiré du projet éducatif de l'Association internationale des travailleurs, mais se heurte à Drumont et à l'extrême droite. Très documenté, cet historique met en évidence la continuité d'une pensée sur laquelle se brisent les tentatives pour fonder une alternative émancipatrice. Les forces attachées au modèle traditionnel viennent du Grece d'A. de Benoist comme des "trotskistes lambertistes" et beaucoup de ses hérauts sont d'anciens maoïstes passés par le chevènementisme, avant de réjoindre, pour certains le FN, et pour d'autres le libéralisme.

Car c'est là que le paysage se brouille. Certains courants du libéralisme revendiquent le soutien d'une école autoritaire, tandis que d'autres s'accommodent au contraire d'une pédagogie qui individualise et qu'une partie de la gauche s'est "convertie au libéralisme". Le piège serait donc pour lui de s'enfermer dans l'opposition entre pédagogues et républicains "au détriment de l'héritage des luttes et des pratiques pour une autre école". L'ouvrage est d'ailleurs publié dans la collection "N'Autre école".

A noter que l'auteur co-anime le site "Questions de classe(s)" (ici)

 

  "L'Ecole des réac-publicains, la pédagogie noire du FN et des néoconservateurs", G. Chambat, Libertalia, 264 p., 10€

 

Pascal Bouchard

avec l'aimable autorisation de ToutEduc

* Assez plaisamment l’anarchiste G. Chambat – membre de CNT-éducation - et le très rétropenseur qu’est devenu, hélas, Jacques Julliard partagent un intérêt pour Fernand Pelloutier :

- Fernand Pelloutier et les origines du syndicalisme d'action directe, Seuil, «L'univers historique» 1971 (version allégée «Points»), fut la thèse de Jacques Julliard

- Instruire pour révolter, Fernand Pelloutier et la pédagogie d’action directe, Éditions CNT-RP, 2001, est le premier ouvrage de G. Chambat.

Note du déblogueur

Repost0
29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 17:00
L'art saintsulpicien dans toute sa sainte splendeur !

L'art saintsulpicien dans toute sa sainte splendeur !

Double canonisation, doublette d'officiants, deux papes en saints d’un côté, deux papes de l’autre. Notre premier ministre qui avait l’air de s’emmerder comme un rat mort. Les cagots de la manif pour tous qui l’ont sifflé. Un inventaire à la Prévert qui donne envie de le citer : « Notre Père qui êtes aux cieux/ Restez-y/ Et nous nous resterons sur la terre/ Qui est quelquefois si jolie… »

Une belle paire de saints ?

Quasi unanimité pour le bon pape Jean XXIII. Certes il n’a qu’un maigre miracle à son actif. Mais c’est lui qui a lancé Vatican II, cet aggiornamento qui rompait avec la période Pie XII. Le personnage même, capable d’autodérision et bon vivant respire la bonhomie.

Sauf que… la vilaine BBC a sorti une lettre confidentielle aux évêques et cadres des ordres religieux - Crimen sollicitationis 1962 – interprétée comme une consigne de loi du silence sur les affaires de mœurs en général et les actes de pédophilies en particulier, concernant les clercs. Les défenseurs du bon pape affirment que la menace explicite d’excommunication, dans ce texte, ne visait que les participants aux procés internes de l’église visant les prêtres fautifs.Il n’en reste pas moins que la loi du silence a prévalu jusqu’au règne de son co-saint Jean-Paul II avec un Cardinal Ratzinger qui centralisait toutes ces affaires douteuses en tant que responsable de  la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Du côté de Jean-Paul II, malgré les deux miracles réglementaires, le consensus n’est pas là.

Déjà un des miracles – une bonne sœur guérie de la maladie de Parkinson – concernant une religieuse prête à polémique. Le saint potentiel n’avait pas mieux à guérir et la miraculée n’avait-elle pas à offrir ses maux à Dieu, plutôt que de prier pour sa propre guérison ?

Le deuxième miracle, une costaricaine fanatique d’art saint-sulpicien, ne fera ricaner que les mécréants.

Cependant, la chute malencontreuse sur la tête d’un jeune pèlerin d’une bizarre croix élevée, si on peut dire, en son honneur dans la ville de Cevo, ne plaide guère pour ses dons de thaumaturge.

Mais laissons cela aux exégètes et experts en théologie et en miracles.

 

 

Jacques Julliard, devenu un finkielkhrétien, nous assénait, dans son hommage funèbre au pape Polonais, qu’il avait réconcilié l’église avec la raison, en proclamant l'unité indissoluble de "la connaissance par la foi et de la connaissance par la raison" (encyclique "Fides et Ratio", 1998). Certes, sans à proprement le réhabiliter au prétexte que le tribunal qui l’a condamné n’existe plus, il a reconnu que l’église avait peut-être commis une légère erreur en obligeant le sieur Galilée à se rétracter sur ses théories héliocentriques (en 1633 !).  Sinon, son encyclique forme  "un mur d’idées préconçues, un langage cryptique, un exposé chaotique sans structure intérieure mais habité d’une farouche volonté : avoir raison contre tout et tous” (Pierre Pescatore).

Marcial Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ

Marcial Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ

Dans le même éloge funèbre, le thuriféraire Julliard, après avoir fustigé d’anonymes anticléricaux français, pathétique expression de notre exception nationale, [qui] ont trouvé le moyen de se rapetisser encore eux-mêmes aux yeux du monde, nous assénait aussi que Jean-Paul II a réconcilié l'Eglise avec la démocratie !

Or, marqué par son combat de prélat polonais contre le communisme, devenu pape, il a, au contraire, accepté toutes les compromissions au service du refus catholique de la philosophie marxiste et du communisme athée. Il a donné priorité en Amérique Latine au combat contre la Théologie de la Libération qu’il jugeait polluée par des thèses et des méthodologies issues du marxisme. Plutôt Marcial Maciel, fornicateur, pédophile, prévaricateur que Dom Helder Camara ou Oscar Romero !

Et, plutôt Pinochet bien sûr, que celui qu’il avait éliminé, Allende ! S'appuyant sur des milieux le plus souvent conservateurs comme l'Opus Dei, comme le concède Julliard, le néo sanctifié peut difficilement passer pour le Saint-Patron de la démocratie.

Restent les critiques plus classiques, des affreux anticléricaux, que pourfendait l’ex éditorialiste du Nouvel Obs, sur ses positions traditionnelles en matière de mœurs, notamment son intransigeance sur le mariage, la sexualité, la famille…  Mais là, on voit bien, avec les drapeaux anti-mariage pour tous qui s’agitaient chez les pèlerins français qui sifflaient leur premier ministre, Valls, que c’est pour eux un motif absolu de sanctification sinon subito au moins pronto.

Alors Jean-Paul II, saint patron de nos cagots ?

 

 

 

Annexe

"D'une copine italianisante : des voies italiennes discordantes sur 'notre' Saint Jean-Paul II

Certes en Italien mais compréhensible" m’écrit P. L.

 

 

 

Roncalli e Wojtyła santi: un enorme ossimoro

di don Paolo Farinella

Per la proclamazione della santità ufficiale, Giovanni XXIII, il papa del concilio Vaticano II, si trova accomunato con papa Giovanni Paolo II, il grande oscurantista che scientemente e scientificamente quel concilio l’ha abolito. Wojtyla è stato il peggior pontefice del secondo millennio. Papa Francesco avrebbe dovuto impedirne la santificazione.

 

Perché Wojtyła non è un santo

di Giovanni Franzoni

Giovanni Franzoni, già abate di San Paolo fuori le Mura (nella cui veste – equiparata a quella di vescovo – ha partecipato al Concilio Vaticano II), è stato convocato agli inizi del 2007 dalla Postulazione per la causa dei santi per portare la sua testimonianza nel processo di beatificazione di Karol Wojtyła. Il ritratto del pontefice che emerge dalla sua deposizione giurata, che qui riproduciamo fedelmente, è assai distante dall’iconografia ufficiale.

 

Wojtyła santo subito? Il caso Maciel e altre ombre

di Hans Küng

La titubanza nell’intervenire sugli abusi sessuali, il pieno sostegno ai Legionari di Cristo del ‘discusso’ Maciel, la crociata sul celibato ecclesiastico, la carenza di miracoli e l’inflazione di santificazioni dal grande valore mediatico. Uno dei teologi messi all’indice da Wojtyła ricorda i motivi per cui Giovanni Paolo II non è un santo.

 

 

“A Saint, He Ain’t”: il New York Times contro la canonizzazione di Wojtyla

CALAMANI Roncalli e Wojtyla santi: cronache dal Medioevo

 

 

 

 

 

En supplément quelques images sur Marcial Maciel

Une belle paire de saints ?
Une belle paire de saints ?
Une belle paire de saints ?
Une belle paire de saints ?

 

Avec Alain Souchon, une hommage aux seins :

Attention, si le symbole du son en bas à gauche est barré cliquez dessus pour écouter A. Souchon

En supplément supplémentaire cet édifiant ouvrage

En supplément supplémentaire cet édifiant ouvrage

Repost0
30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 22:14
Têtes d’Haineux

Haters (Ceux qui haïssent)

 

Don't spit on me and shame yourself

Ne me crache pas dessus et honte à toi

Because you wish you were someone else

Car tu rêves d'être quelqu'un d'autre

You look so clean but you spread your dirt

Tu sembles si propre mais tu étales ta saleté

And do you think that words don't hurt

Et penses-tu que tes mots ne me font pas mal

 

 

Les “haters” – anglicisme que je traduis donc, grâce à P. Dac et F. Blanche, par « Têtes d’haineux » - prolifèrent  sur la toile.

Sur les sites de la mouvance du Nouvel Obs, le pire des hebdos à l’exception de tous les autres, je me suis heurté à un(des)anonyme(s) aux pseudos divers  - Serpico, Search and destroy, Autist je ne sais plus quoi et quelques autres - même hargne, mêmes obsessions, mêmes citations. S’il ne s’agit de la même personne sous ces pseudos, ils chassent en bande en hyènes qu’ils sont.

 

Mais il arrive de tomber sur le hater solitaire.

 

Un incertain Jacques Gaillard avait attiré mon attention pour un réquisitoire assez bien senti sur les fameux « bonnets rouges », dans Bakchich. Coup d’œil sur ses articles. Je tombe sur « HISTOIRES D’HISTOIRE » qui démarre sec avec : « On commémore, et ça ricane. Evaporée des programmes scolaires, l’Histoire passe pour être le dernier refuge des réacs. C’est à voir… » Le chapô laisse présumer de la suite.

 

Je me contente de laisser un bref commentaire :

« Pauvre Cicéron convoqué en conclusion de ce galimatias d’un imprécateur en mal de copie.

Grandes affirmations, fortes accusations, qui ne s’appuient que sur une citation soigneusement choisie. Pourfendons donc le « politiquement correct », en anglais political correctness : ça fait plus chic ! Inventons un adversaire caricatural que l’on pourra facilement contrebattre : quel est ce fameux "political correctness de gauche" qui a décrété « que l’histoire de France était l’apprentissage du nationalisme, l’éloge du colonialisme et la célébration de l’inégalité. » ? En toute bien-pensance, bien sûr.

Inventons aussi un enseignement de l’Histoire tout aussi caricatural où on parlerait « de moins en moins de la Révolution et de plus en plus de la Terreur ». Evolution de l’enseignement d’autant plus bizarre que l’imprécateur affirme d’entrée que l’Histoire s’est « évaporée des programmes scolaires ».

Du Finkielkraut, avec tous les poncifs habituels. »

 

Le premier commentateur – « Anonyme (hélas) »(sic) - approuve l'article :

« Merci pour cette analyse du désastre que je subis au quotidien dans mon métier (professeur d'histoire en collège et lycée). (…) ma matière d'étude a basculé vers une domination de la repentance gauchiste (…) Mais ces gens-là, qui prétendent limiter notre liberté pédagogique au nom d'un égalitarisme niveleur, possèdent un pouvoir que je n'ai pas.

Alors il ne reste plus à certains, comme moi même, que la résistance passive, dans notre coin, en dépit des invectives de tout bord : élèves incultes qui prétendent imposer ou refuser des thèmes d'étude ; parents tout aussi vindicatifs que leurs rejetons (depuis quand les chiens font-ils des chats ?) ; et administration veule, sans autre charisme que celui donné par leurs supérieurs hiérarchiques, qui font la pluie et le beau temps de leurs carrières, but ultime et indépassable de leur (in) conscience. (…) La bataille de l'instruction semble perdue. Le triomphe de la lobotomisation des conscience* semble écrasant. Mais un certain général, un certain 18 juin, a prouvé que du plus profond des abysses, il est toujours possible de se relever...»

 

A un tel degré de débilité arrogante, je me contente d’un « Affligeant.

Ce prétendu prof nous sort tous les clichés ressassés sur les élèves qu'il méprise.

Quel est donc cet "égalitarisme niveleur" qui limiterait sa "liberté pédagogique" ? Le vilain inspecteur ? il ne passe au mieux qu'une fois tous les trois ans (en annonçant sa venue, d'ailleurs) ? La veule "administration" - entendez le principal ou le proviseur ? Elle n'a aucun droit de regard sur la classe.

Commentaire méprisant donc méprisable. »

 

Que n’avais-je fait ?

 

Flagrant délire

 

J’ai droit en riposte à un déferlement que je cite intégralement:

« Mon pauvre Monsieur... Votre violence verbeuse n'est que le reflet de votre aveuglement et de votre haine à l'égard de chose* que vous ne comprenez pas. Oui, je suis réellement professeur, depuis 11 ans et actuellement TZR (remplaçant) pour être exact, et que ce soit des principaux ou des proviseurs, tous se complaisent dans la lâcheté, ou presque. Qu'ils soient en collège, en lycée, en lycée pro (j'y ai enseigné aussi, et avec plaisir, contrairement à ce que vous pourriez en dire) ; cela ne change rien à l'affaire. Certes, en théorie, ils n'ont aucun droit de regard sur la classe, mais croyez-moi, la théorie et la pratique, ça fait deux. Je ne compte même plus les fois où mes cours sur la laïcité ont été contesté* dans leur existence même, mes notes ou appréciations modifiées à mon insu, une moyenne une fois carrément annulée car une élève de la classe avait raté un devoir, étant malade. Toute la moyenne de toute la classe a été annulée par le principal, dont j'ai appris après coup qu'il était ami personnel de cette famille. Et tout cela je l'ai découvert au conseil de classe !

Quant aux inspecteur*, je vous rejoins sur ce point, ils passent rarement et sont complètement à côté de la plaque. Ils n'ont que le pédagogisme éculé à la bouche, quand ce n'est pas leurs sempiternels programmes. De véritables incapables. Une professeur que j'ai remplacé* il y a trois* (elle devenait inspectrice) me l'a d'ailleurs confirmé : elle ne supportait même plus les élèves dans un bon lycée de centre-ville ...

Sur le mépris dont j'aurai fait preuve, sachez monsieur, que je ne méprise que ceux qui le méritent, et certainement pas les élèves (dont ce n'est pas la faute), mais plutôt les pervers qui ont saboté l'école de la république par un noyautage systématique des leviers de commande, contre l'avis majoritaire des personnels de terrain. Elle est belle la démocratie... Alors on pourra toujours me dire que nous sommes d'affreux conservateurs, et c'est en partie vrai. Mais vouloirs faire table rase du passé n'est rien d'autre qu'une idéologie criminelle, surtout en histoire-géo.

Et enfin, sur votre deuxième post, tout aussi haineux que le premier, il n'y manque plus que la reductio ad hitleram pour être complet. Mais heureusement que vous êtes là pour démasquer les "crypto" facho et consort. Le monde avait besoin de vous pour cela ...

Ce n'est parce qu'on n'est pas de votre avis, Monsieur, que ça fait de nous des hitléro-trotskistes, des hyènes dactylographes et j'en passe ! La caricature n'est pas un argument, c'est l'expression d'une pensée appauvrie, sauf quand elle est à vocation humoristique. Mais en possédez-vous seulement le sens ?

Voilà, j'en ai fini avec vous. Vous ne méritiez pas tant d'attention, mais votre outrance m'était insupportable. Je retourne à mes copies, elles méritent plus d'attention que vous. Votre esprit borné est déjà irrémédiablement pollué. Mes élèves, eux, ont (encore) l'avenir devant eux. Et je vais essayer encore plus de leur inculquer cet esprit critique des Lumières, qui seul, donne accès à la Raison dont vous êtes si visiblement dépourvu. Salutations, Monsieur l'outrancier ! ».

 

Ce « Monsieur l’outrancier » final s’imposait. Le personnage s’est donc enfermé dans une sorte de délire verbal totalement dément. Que veut dire cette haine à l’égard de chose singulièrement singulière que je ne comprendrais pas ? Faut-il mentionner ces principaux ou ces proviseurs qui tous se complaisent dans la lâcheté (venant d’un anonyme, cette accusation de lâcheté prend tout son sel) ! Les exemples qu’il donne laissent dubitatif.  Des notes et appréciations modifiées : de fait si ses appréciations sont du style « esprit borné déjà irrémédiablement pollué », on peut comprendre que le chef d’établissement corrige ses excès. Faut-il mentionner l’attaque sur le pédagogisme éculé si ce n’est pour inciter ce soi-disant prof à lire l’ouvrage d’un grand historien Eloge des pédagogues !

 

Mais tout cela n’est que broutilles, à côté de ce reductio ad hitleram et le déchaînement qui suit, sans aucun rapport avec les commentaires que j’ai laissés où, ni de près, ni de loin, je frôle le fameux point Godwin et encore moins les outrances staliniennes qu’il écrit. Et ça se conclut par des injures hyaineuses.

 

Une diatribe inquiétante quant à la santé mentale de son auteur. Mais révélatrice du climat de plus en plus haineux qui sévit sur la toile.

 

Ici, visiblement, l’auteur de l’article, le dénommé Gaillard, donne – c’est sa marque de fabrique en quelque sorte – dans le style polémique. Il peut cogner juste ou ne révéler, comme ici, que des préjugés assez répandus au demeurant (Brighelli, Polony, Fanny Capel et même Caroline Brizard dans ses fréquents mauvais jours, sans oublier bien sûr Finkielkraut et Jacques Julliard illustrent bien cette rétropensée).

 

Style polémique qui muscle les commentaires.

Qui n’autorise pas à écrire n’importe quoi. Mais l’anonymat, presque automatiquement, amène à toutes les outrances. Ici, on a en quelque sorte un phénomène d’auto-allumage où le personnage visiblement très perturbé se débonde. Peut-être d’ailleurs que cet épandage a pour lui une vertu en quelque sorte purgative. Du commentaire en guise de lavement !

 

Mais c’est de la guimauve par rapport à ce qu’on peut lire chez les souchiais prétendument laïcs ou franchement cagots !

 

* Toutes les citations sont des copiés-collés ; mais c’est moi qui ai mis en relief quelques passages.

 

 

   P S J'ai même eu droit à la "Corée du Nord", mais le gâs visiblement est à l'Ouest !

Repost0
31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 19:58

Les titres auxquels vous avez échappé :

 

Le sgen fait des râles…

 

L’eau ferrugineuse oui…

Congrès 1982

Congrès 1982

Dans l’histoire du syndicalisme de la seconde moitié du siècle passé, ce fut sans doute un des congrès les plus alcoolisés, dans cette ville réellement célèbre pour son eau ferrugineuse. Le calva coulait comme du petit lait ; légal pour les congressistes, cadeau d’un bouilleur de cru clandestin pour les organisateurs (chargés entre autres du décompte des votes à mains levées).

 

Pour les historiens du syndicalisme enseignant, il faut noter que le syndicat des pédagogos -comme dira plus tard Jacques Julliard, un de ses plus prestigieux adhérents - au moment où le ministère Savary sortait les rapports Prost (encore un ancien adhérent, encore plus prestigieux) et Legrand, ne trouvait pas mieux que de faire… du Deferre en lançant sa décentralisation. De syndicat national il allait se transformer en fédération de syndicats. Syndicat national, au demeurant, peu jacobin, puisque les sections académiques avaient pratiquement les attributs d’un syndicat.

 

Des fouilles curieuses m’ont fait redécouvrir plus de 7 rouleaux d’il y a 31 ans. Occasion pour les vieillards plus ou moins cacochymes de ranimer la flamme vacillante du souvenir. Pour les plus jeunes, sguénards ou pas, de découvrir le louque – look si vous préférez - des années 80 du siècle dernier.

 

Le côté capillairo-pilositaire est particulièrement intéressant.

 

Passons sur un cas particulier d’un clone de Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine !

Jean-Claude Guérin-Lénine
Jean-Claude Guérin-Lénine
Jean-Claude Guérin-Lénine

Jean-Claude Guérin-Lénine

Au côté de notre Lénine vous avez pu remarquer la calvitie aristocratique d’un de ses émules et sa belle moustache.

Mais avant tout la moustache croate !

 

Trotro, le croate !Trotro, le croate !
Trotro, le croate !Trotro, le croate !

Trotro, le croate !

Mais cette moustache se décline en des modes variés, de la gauloise autochtone à la distinguée britiche.

Rappel : pour agrandir cliquez sur la photo.Rappel : pour agrandir cliquez sur la photo.
Rappel : pour agrandir cliquez sur la photo.Rappel : pour agrandir cliquez sur la photo.
Rappel : pour agrandir cliquez sur la photo.Rappel : pour agrandir cliquez sur la photo.
Rappel : pour agrandir cliquez sur la photo.Rappel : pour agrandir cliquez sur la photo.

Rappel : pour agrandir cliquez sur la photo.

Bien sûr, cette pilosité domestiquée ne reflète qu'une partie de nos congressistes.

Colliers, barbes quasi "ostentatoires" de nos jours, quasi à l'état sauvage. Mais d'autres pratiquent une taille de vrais jardiniers, tandis que d'autres feignent la fausse anarchie avec une coiffure permanentée, voire des friselis au fer à friser. Mais la plus belle réussite fut, au micro, ce coup de peigne artistique sur une mèche voilant l'oeil.

Chapeau l'artiste !

Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.
Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.
Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.
Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.
Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.
Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.
Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.
Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.
Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.
Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.
Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.
Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.
Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.

Le petit gilet, en accessoire vestimentaire, montre un dandysme affirmé.

Les camarades syndiquées étaient beaucoup plus sobres : en quelque sorte retour à la nature sauvage où le mâle exhibe ses attributs - plumage et vocalise - pour séduire la femelle.

Quoique...

Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux

En ce temps là, le tabagisme sévissait...

Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux

Et, bien sûr, l'eau ferrugineuse était remplacée par "l'eau de feu" locale !

Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux

La "sécurité" est assurée !

Les nourritures spirituelles, avec force ouvrages pédagogiques à faire pâlir d'effroi un Finkielkraut, sont proposés aux congressistes..

 

Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux

Les moules à la normande sont préparés dans d'immenses chaudrons.

Un congressiste venu de la Réunion se restaure et trinque avec des collègues hexagonaux.

Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux

Aux attaques d'une "revue de presse" calomnieuse pour le grand timonier du sgen, répond une basse vengeance de ses séïdes, politiquement très incorrecte, à l'encontre des personnes à croissance limitée.

A noter qu'il n'a manqué qu'un dadaïste pour transformer cette faïence au rôle indispensable mais méprisé en oeuvre d'art !

Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux

Arrivée, pas assez remarquée à l'époque, de deux futurs secrétaires généraux bretons !

Les deux barbus à gauche.

Les deux barbus à gauche.

D'autres figures marquantes du Sgen-CFDT

Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux

Mais un congrès c'est aussi une tribune vivante, avec des plaignants qui viennent solliciter ou protester, une salle qui réagit, des orateurs pas tous barbus et même des votes.

Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux

Comme il se doit, le congrès s'amuse.

Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eauxSgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux

Tout à une fin, même les meilleurs congrès, comme celui-ci qui a donné une nouvelle vie à un ancien syndicat national.

 

Et sous l'intellectuel, il y a un bricoleur qui se révèle.

Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux

Pour éviter tout malentendu, précisons pour les mal-comprenant que cette évocation d'un congrès lointain doit être prise au grand second degré. Cela devrait aller sans dire, mais la fréquentation de nombreux forums m'incite à le préciser !

Sgen-CFDT : 1982 la fédéralisation à Forges-les-eaux
Repost0
26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:22

Un mystérieux collectif de citoyens (associations familiales, enseignants, historiens, ingénieurs, étudiants…) lance une pétition contre la « théorie du gender » (sic) en assurant aux signataires Votre nom n’apparaitra pas sur la pétition.

Anti-genre-petition 

 

Cette pétition, que dis-je cet ultimatum, adressé à Nicolas Sarkozy et visant le « ministre irresponsable » (Luc Chatel qui, avec X. Bertrand, rivalise de courtisanerie), sera donc déposée par un collectif sans nom avec des milliers de signatures … sans noms !

Une personne – une seule – affiche un  nom dans la diffusion de cet « appel », une certaine Isabelle Marcaurd, sauf qu’une recherche ne fait apparaître cette dame (?) qu’à propos de cette pétition.

 

Ce nouvel avatar de la lutte obscurantiste s’inscrit dans celle des évêques et de la droite populiste UMP.

Le texte même est d’une grande niaiserie.  Cette théorie, dite du « genre » est sans aucun fondement scientifique : vous pensez, l’anonyme collectif, avec ses associations familiales et ses historiens inconnus, est compétente pour décerner un brevet de scientificité* ! Et plutôt que de mettre de telles horreurs au programme « ne serait-il d’ailleurs pas plus utile, pour les élèves, de savoir lire, écrire et compter ? » Rappelons que cette petite partie du programme de SVT n’est pas pour les élèves de CP et CE1, mais pour ceux de 1ère L et ES qui, comme chacun sait, ne savent ni lire ni écrire. Il n’est pas sûr que Finkielkraut ou J. Julliard oseraient aller jusque là… quoique…

 

Cependant, avec un sens du compromis qui les honore, nos anonymes admettraient que cette fraction de programme ne soit pas censurée sous réserve que le Ministre ne refuse plus « de s’engager à ce que ce sujet ne puisse pas tomber au baccalauréat ». C’est aussi ce qu’exigent les représentants de l’enseignement confessionnel. Une des revendications du Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique est la sortie du cadre national des programmes "Ce qui compte ce n'est pas le respect des programmes mais la progression des élèves et la réussite aux examens" (E. de Labarre). Mais comment assurer la réussite aux examens sans respecter les programmes : simple, on exige que les parties squeezées ne sortent pas au Brevet ou au bac. 

 

Les signataires feraient quand même bien de se méfier de la phrase qui suit celle où on leur promet l’anonymat. « Vos coordonnées ne seront pas transmises à des tiers. » Elles seront cependant en possession d’un « collectif » sans autres coordonnées que un-ministre-irresponsable et aux composantes inconnues. Il y a comme un risque que, sous l’excellent prétexte de prévenir les signataires anonymes de la suite de cette campagne, un courriel ne les invite à cracher au bassinet pour permettre au collectif d’amplifier son action. Dans ce style-là, ils ont de qui s’inspirer. 

 

* Pour appuyer leur thèse les anonymes font état d’un sondage IFOP dans lequel une majorité des sondés dénierait une valeur scientifique aux études de « genre ». Ce type de sondage est à l’évidence une pure foutaise. Il donne une opinion majoritaire peut-être, mais pas un jugement rationnel.

 

 

N.B. Sur les études de genre la MGEN a fait un bon article avec une bibliographie.

Voir aussi le Programme PRESAGE (Programme de Recherche et d’Enseignement de Savoirs sur le Genre), MAGE (Marché du travail et genre) CNRS et Paris Descartes, Centre Louise Labé (Université Lumière de Lyon), Fédération des recherches sur le genre, RING (Université Paris 8), Portail Genre (Université de Toulouse 2), Genre, sciences et sociétés-CEDREF (Université Paris Diderot - Paris 7), Association de Jeunes Chercheuses et Chercheurs en Études Féministes, Genre et Sexualités EFiGiES (url tirés de la revue papier de la MGEN qui, bizarrement, ne les reproduit pas sur son site). Voir encore un article sur le livre de Lise Eliot Cerveau rose, cerveau bleu.

La revue Sciences humaines consacre son n° 23 de mars 2012 aux Identités sexuelles.

 

Repost0
26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 14:28

NelObs 21-10-10Peu après que M. Jean-Marcel Bouguereau, qui dirige la rubrique « parole de lecteurs » du Nel Obs m’a fait l’honneur insigne de citer quelques phrases d’un envoi sur les finkielkrauttes de J. Julliard (21/10/10), c’est Ouest-France qui publie une lettre dans son courrier des lecteurs (25/10/10).

 

Cette lettre visait des déclarations d’un certain Michel Godet (professeur au CNAM) qui, s’il avait vécu à l’époque, aurait critiqué les congés payés et les 40 h, en 1936. Là il s’en prenait aux grèves et à Jospin (on échappait quand même à mai 68). Un autre courrier laudatif lui – mais creux – suivait le mien.

 

 

 

O-F25-10-10 Cdl

Mais, en dessous, une lettre beaucoup plus longue répondait… à la mienne, qui venait de paraître ! Un peu fortiche ! D’où mon interrogation :

 

« Courriel envoyé le 25-10 à 17h21

Je vous remercie de la publication de mon point de vue sur un entretien de Michel Godet du 14 octobre,  dans le journal de ce jour (25/X/10).

Cependant, j’ai été quelque peu surpris de voir, le même jour, une réponse à mon propre courrier, par M. René Cadiou (de Quimperlé). En effet, ma contribution ayant été envoyée par courriel et non mise en ligne sur un quelconque Forum ou même sur mon blog, je me demande par quel miracle M. Cadiou a pu répondre à un texte non encore paru ?

Pourriez-vous m’éclairer sur ce mystère ? »

Réponse à 17h24

 

« Bonsoir Monsieur,

 

Les courriers de lecteurs paraissent dans les douze départements. Seulement, ils ne paraissent pas en même temps, c’est selon la place que nous avons dans les différentes éditions.

Votre courrier a dû paraître en premier dans le Finistère, M. Cadiou a réagi rapidement … »

 

La célérité de la réponse (3 mn) laisse pantois. L’explication est techniquement parfaite.

Reste qu’elle n’explique pas que cette réaction, aussi rapide soit-elle, paraisse, dans l’édition vendéenne, simultanément avec le texte auquel elle répond. C’eût été M. Godet qui se défendait, pourquoi pas. Mais un autre lecteur…

Sauf que ce lecteur, qui bénéficie d’un tel traitement, n’est pas n’importe qui.

O-F25-10-10 CdLRC 

On notera que ce personnage qui se dit « le plus ancien membre des mouvements gaullistes de la région », qui fait des remarques acerbes sur Villepin à Chirac, est présenté comme un « ancien haut fonctionnaire ». Ce qui rend plus que sceptique quant à son entrée "sur le marché du travail" en 1945, à 14 ans.

 

Il commence par émettre une approximation qui peut difficilement être jugée involontaire, en faisant démarrer la négociation suédoise en 1984. De fait une commission a bien été mise en place en 1984, mais ses conclusions ont été rejetées en 1990 ! Le travail a donc été repris en 1991 pour aboutir à une loi en 1998 (on est loin de 1984) et le nouveau système est mis en place très, très progressivement depuis 2003 (http://www.institutmontaigne.org/medias/la_reforme_du_systeme_public_de_retraite_en_suede.pdf).

 

Sarkozy, non seulement ne l’a pas annoncée, cette réforme, mais j’ai cité la phrase où il niait qu’il y ait problème avant 2020.

 

Le jeu de passe-passe avec les milliards est assez grossier car jeter 250 milliards aux lecteurs ne veut rien dire. Ce qui compte, ce sont bien les besoins de financement qui vont – selon les hypothèses (croissance, chômage, etc.)  - de 40,7 Milliards à 48,8 Milliards en 2020 (http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-1327.pdf).

 

Les syndicats ne nient pas ce besoin de financement : ils constatent que l'allongement de la durée de cotisations est une forte contribution des salariés et que d'autres sources sont à trouver (il ne s'agit donc pas comme le suggère caricaturalement M. Cadiou de pourvoir aux besoins de financement par les seuls "riches"). 

 

Notre « ancien haut fonctionnaire » ne démontre pas une honnêteté intellectuelle à toute épreuve. 

Repost0
24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 21:10

Jacques-Julliard-

Dans sa dernière chronique du Nel Obs, le camarade Julliard, sous un titre d’une finesse d’esprit remarquable (« La curée contre les curés ») s’adonne à un de ses sports favoris : l’imprécation.

 

« Je fus éveillé l'autre matin, sur une chaîne du service public

Laquelle ?

par l'un de ces humoristes qui ? que l'on rencontre désormais à tous les carrefours de l'information

Ah bon à combien de carrefours, combien de temps ? sur France-Inter un seul chaque jour, 4 mn -

comme si celle-ci était réputée à ce point indigeste qu'il faudrait toujours quelque condiment pour la faire passer. Le sujet était le pape. Après quelques plaisanteries d'un goût exquis (si Jésus, aux noces de Cana, a transformé l'eau en vin, c'est qu'il avait oublié de passer chez Nicolas... - oui, oui !

mais qui a donc dit cela ?

la voix se fit plus grave : les religions sont facteurs de violence ; c'est à elles que l'on doit ces attentats aveugles qui endeuillent notre monde. Comme le seul sujet traité était le christianisme, il était clair que c'était lui et lui seul qui était responsable de toutes ces bombes que la malveillance attribue aux islamistes

on remarquera l’honnêteté intellectuelle : l’anonyme humoriste aurait démarré sur le christianisme pour conclure, de l’aveu même de notre chroniqueur, sur les religions, ce qui n'implique donc pas qu'il attribue au christianisme les attentats islamistes.

Courageux, ces « humoristes » ! Pour un Plantu, combien de chacals ! Comme dit Alain Finkielkraut : « Ils ne réclament pas la liberté mais l'impunité..., ils ne narguent pas la police de la pensée, ils la font..., ce Finkyblague.jpgsont les inquisiteurs du nouvel ordre moral» (« Causeur », avril 2010).

Remarquable citation de cet humoriste, prétendument philosophe (il est prof de philo à Polytechnique où la matière doit être récréative) immortel auteur de la saillie sur l’équipe de France de foot victorieuse de la coupe du monde « Black, black, black ». Qui de mieux qualifié pour fustiger les « inquisiteurs du nouvel ordre moral » ?

Ces gens-là sont la fiente de l'esprit. Dire qu'ils se réclament de Pierre Desproges ! Ils ne moralisent pas, ils lynchent. Ils ne commentent pas, ils travestissent. Ils n'imitent pas, ils dénaturent. Ils n'amusent pas, ils avilissent. Et pas seulement leurs victimes. Après les avoir entendus**, c'est chacun qui se sent avili. »

 

 

Après avoir écrit cela, on comprend que J. Julliard se sente avili par sa propre prose.

 

Elle mérite cependant qu’on y revienne. Procédé habituel : mettre en procès un anonyme adversaire ; dans le genre finkielkrautte ce seront les pédagogogues. Ici, ce sont ces gens-là ! Est-ce Guillon, cible de Besson ? Porte ? Morin ? Morel ? ou Bigard ? Nul ne le saura, mais tous seront amalgamés dans l’opprobre !

 

Mais ce n’est pas fini. Ne reculant devant rien, l’imprécateur élargi son champ d’action :

« De l'anticlérical de toujours jusqu'au bouffe-curés de sacristie, genre « Golias », en passant par ce pauvre Hans Küng qui croit que l'on se débarrasse de la pédophilie par le mariage, c'est l'hallali. Le pape est comme une bête à terre, saoulée de coups, qui n'a plus guère la force de réagir quand on lui tape dessus, et sur laquelle les passants, comme dans un lynchage de banlieue, viennent en rajouter quelques-uns. »

Golias revue catho pas assez orthodoxe, Hans Kung, théologien rebelle, sont descendus plus vite qu’un Besson, par Guillon. Et dans l’hyperbole, le chroniqueur ne craint personne : hallali, bête (!) à terre, lynchage de banlieue… ça frise les propos de comptoirs !

 

Ce qui est comique, c’est que le vitupérant Julliard, après s’être livré à ces inutiles imprécations, les deux tiers de sa chronique, aboutit à une conclusion que ne désavouerait pas Golias.

 

Ce qui est encore plus drôle, pour un agnostique ou un athée, c’est que Julliard, Kung et les membres de Golias sont censés tous appartenir à une douce religion qui proclame « Aimez-vous les uns les autres » !

C’est de l’amour vache !

 

* Du pur Finkielkraut d'abord un "ils" anonyme, ensuite un procédé rhétorique assez usé qui sert à écrire des niaiseries : liberté vs impunité ; ensuite ça devient franchement cocasse, avec la police de la pensée et les inquisiteurs de l'ordre moral : comme d'habitude des affirmations aussi grandiloquentes que grotesques qui ne reposent sur rien et proférées par un Monsieur qui condamne à tout va, tel site - qu'il n'a pas regardé (Arrêt sur images) - tel film qu'il n'a pas vu (Entre les murs), par exemple...

 

** Notons au passage le masochisme du chroniqueur que personne n'obligeait à écouter jusqu'au bout le spécimen de "ces gens-là" qui...

 

PS Un petit coup d'oeil sur gogol m'a fait découvrir des infamies sur Jacques Julliard - par exemple, un article d'Agoravox avec des commentaires débiles, style Julliard un "fanatique du TCE" : et oui, ne vous en déplaise MM les nonistes, on peut être viscéralement attaché à une union européenne que, déjà, Aristide Briand appelait de ses voeux et essayait de construire - et m'amène donc à préciser que le cédétiste que je suis, le social-démocrate (qui sous la plume des "coucous" sera qualifié au mieux de social-libéral ou plutôt de social-traître) que je suis aussi, est beaucoup, beaucoup plus proche de Jacques Julliard sur ce plan, que des éternels donneurs de leçons de l'extrème-gauche (?).

Repost0
30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 16:48

« Généalogie

"J'avais quitté Paris au début de l'affaire Val-Siné et, dès mon retour, je m'avise que le front de cette guerre de tranchées a peu évolué. Lu, entre-temps, l'essai limpide de Jacques Julliard ("L'Argent, Dieu et le diable", à paraître en septembre chez Flammarion) qui, plus efficace qu'une rafale de pétitions, permet de comprendre à quel point cette bataille - dans laquelle je me range résolument aux côtés de Val - a une longue histoire. Dans ce livre, où il détaille sa dette intellectuelle et morale à l'endroit de trois écrivains (Péguy, Claudel, Bernanos), Julliard explore surtout leur idée fixe : la haine de l'argent et du monde moderne - avec son corollaire diffus : les Juifs (Julliard, citant Claudel, écrit plutôt: «le mystère d'Israël»). A l'argent, ces trois écrivains catholiques reprochaient, en gros, de trop bien tenir son rôle d'équivalent général, de n'être qu'une forme païenne de la trans-substantiation, de rivaliser trop efficacement avec le Saint-Esprit dans l'art de rendre semblable ce qui est distinct. Et, bien entendu, la «banque juive» était toujours mêlée à ce mauvais coup, même si ce phantasme n'interdisait pas à certains de se démarquer d'une postérité trop zélée {«Hitler a déshonoré l'antisémitisme», écrira Bernanos...). Jacques Julliard, plus lucide que ses maîtres, permet alors d'extrapoler utilement vers l'incroyable fouillis de phobies, de répétitions colériques, de chassés-croisés idéologiques, de lapsus qui semble aujourd'hui gagner la nébuleuse anarcho-gauchiste, elle-même inspirée sans le savoir par ce qu'il y a de plus archaïque dans une France maladroitement chrétienne. Je connais, à cet égard, nombre d'anticléricaux et d'antiracistes patentés qui seraient bien surpris de se découvrir une incontestable, mais fâcheuse, généalogie."

 

Ce passage est extrait du journal de la semaine, confié par Libé* à une personnalité, en l'occurrence, le 23 août, l'écrivain et éditeur Jean-Paul Einthoven (un des ex-compagnons de Carla Bruni à qui succédera auprès de la future première dame son propre fils : quatre consonnes et trois voyelles, Raphaël, philosophe).

 

Je ne reprocherai certes pas à Jacques Julliard la comparaison qu'il prêterait à Péguy, Claudel et Bernanos, entre argent et Saint-Esprit « dans l'art de rendre semblable ce qui est distinct ». Grâce à dieu, je suis athée, comme disait malicieusement Luis Bunuel. Mais, pour autant que j'ai compris ce qu'insinue l'éditeur, la haine de l'argent a entraîné celle de la « banque juive » (où l'on retrouverait d'ailleurs l'accusation injustifiée faite à Siné d'assimiler juif et argent). Et par une extrapolation hardie (prêtée à Julliard), Einthoven conclut à une sorte de filiation entre « nombre d'anticléricaux » et nos grands (et assommants) écrivains catholiques dont leur église faisait preuve d'un antisémitisme (le peuple déicide) totalement assumé. Faut-il rappeler qu'au moment de l'Affaire Dreyfus la hiérarchie catholique fut farouchement antidreyfusarde (comme elle était d'ailleurs antirépublicaine) : l'anticléricalisme du XIXe siècle, même s'il prolonge une tradition gauloise qui remonte au moins aux fabliaux du Moyen-Âge (et dont on trouve moult exemples au XVIIIe siècle, comme ce succulent et libertin Dom Bougre, Portier des Chartreux) est né de ce combat contre une église arrogante. Le génie d'Aristide Briand fut, contrairement à Combes, de prendre de la distance avec les plus farouches anticléricaux pour promouvoir une loi de 1905 d'apaisement et d'équilibre (ce dont les cléricaux bornés ne lui furent guère reconnaissants).

Quant à trouver aux antiracistes une « incontestable, mais fâcheuse généalogie » chez nos écrivains quelque peu antisémites, il faudrait que notre chroniqueur de la semaine nous explique.

 

Ce passage tendrait plutôt à démontrer que l'amalgame, mieux que l'argent et le Saint-Esprit, veut rendre semblable ce qui est opposé.

 

* Lu à Agadir : avec juste un jour de retard, on trouvait chez les marchands de journaux Libé et Le Monde (sauf une fois pour Libé : avait-il commis un article critique sur le Maroc ?)

Photo tirée du site du photographe Kai Jünemann

 

 

Repost0

Présentation

  • : Deblog Notes de J. F. LAUNAY
  • Deblog Notes de J. F. LAUNAY
  • : Education, laïcité, politique et humeurs personnelles, en essayant de ne pas trop se prendre au sérieux.
  • Contact

Nota Bene

Le deblog-notes, même si les articles "politiques" dominent, essaie de ne pas s'y limiter, avec aussi le reflet de lectures (rubrique MLF tenue le plus souvent par MFL), des découvertes d'artistes ou dessinateurs le plus souvent érotiques, des contributions aux tonalités diverses,etc. Pour les articles que je rédige, ils donnent un point de vue : les commentaires sont les bienvenus, mais je me donne bien sûr le droit d'y répondre.

Recherche

Nelle Formule

Overblog - hébergeur du deblog-notes - a réussi l'exploit de lancer une nouvelle formule qui fait perdre des fonctions essentielles de la version précédente. Ainsi des liens vers des sites extérieurs disparaissent (désolé pour  Koppera, cabinet de curiosités, ..). Les albums se sont transformés en diaporamas, avec des cadrages coupeurs de têtes. La gestion des abonnés et des commentaires est aussi transparente que le patrimoine de Copé. Et toutes les fonctions de suivi du deblog-notes - statistiques notamment - sont appauvries.