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23 mars 2022 3 23 /03 /mars /2022 21:09
Regards sur l’Islam

Cet ouvrage, sous la direction d'Alain Ruscio, réunit 13 autres contributeurs, pour 17 contributions. Ces regards se complètent, se recoupent parfois. Et même si les différents articles s’arrêtent à l’ère coloniale – 60 ans déjà que le cessez-le feu a été déclaré en Algérie – ils ont toujours des échos dans la société française actuelle.

Regards sur l’Islam

Prise de Jérusalem

Regards sur l’Islam

Bataille de 'Poitiers'

Ainsi de la réaction de Charles Maurras à l’édification de la grande mosquée de Paris en 1926 (financée par l’état français, dérogeant à la loi de 1905, en hommage aux dizaines de milliers de morts de confession musulmane  pendant la guerre de 1914-18) : « Il y a un réveil de l’Islam et […] un trophée de la foi coranique sur cette colline Sainte-Genevieve [qui] représente plus qu’une offense à notre passé : une menace pour notre avenir […]. Qui colonise désormais ? Qui est colonisé ? Eux ou nous ? »

Regards sur l’Islam

Conquête de l'Algérie

La Mise au point historico-sémantique : le mot et les maux de l’islamophobie vise explicitement les errances historiques de Caroline Fourest et Fiametta Venner. Elles affirmaient, dans un dossier intitulé « Islamophobes ou simplement laïques » que « Le mot "islamophobie" a une histoire, qu’il vaut mieux connaitre avant de l’utiliser à la légère. » À les en croire, le mot aurait été lancé par les mollahs, au moment de la Révolution iranienne, en 1979, et repris par des obscurantistes musulmans (et bien sûr par les islamo-gauchistes) un peu partout en Occident pour dénoncer toute critique de l’islam. Roland Laffitte et Alain Ruscio démontrent que cette datation est manifestement fausse. La première utilisation du mot retrouvée – sous réserve de nouvelles investigations – figure en 1910, selon ces chercheurs, sous la plume d’un certain Alain Quellien : « L’islamophobie : il y a toujours eu, et il y a encore, un préjugé contre l’Islam répandu chez les peuples de civilisation occidentale et chrétienne. Pour d’aucuns, le musulman est l’ennemi naturel et irréconciliable du chrétien et de l’Européen, l’islamisme est la négation de la civilisation, et la barbarie, la mauvaise foi et la cruauté sont tout ce qu’on peut attendre de mieux des mahométans ». On croirait lire du de Villiers.

 

Ismaÿl Urbain « De la tolérance dans l’islamisme ».

Il s’attaque à la plus grave des accusations  dont les Européens poursuivent les musulmans, à savoir "leur fanatisme", et il le fait d’une façon étonnamment moderne. Il ne se contente pas en effet des affirmations dogmatiques de la religion fondée sur la révélation mohammedienne.

Il replace d’abord dans leur contexte les versets violents dont on accuse volontiers le Coran. Se référant par exemple au verset coranique vouant au malheur les non-musulmans (III,79), il soutient qu’il ne concerne ni les juifs ni les chrétiens, mais exclusivement  les Arabes convertis à l’islam qui persévèrent dans certains rites et certaines superstitions rejetés par la nouvelle religion. Il s’attache ensuite a confirmer son jugement sur la doctrine par celui des faits, en rappelant que la religion islamique a été, au cours du temps, généralement bien plus tolérante que ne l’a été la chrétienne. Il n’étudie pas seulement, à ce propos, l’attitude des grands empires arabes et celle de l’Empire ottoman dans l’histoire, mais encore celle de l’émir Abd el-Kader dans l’Algérie contemporaine. Cela ne l’empêche pas de relever qu’à  l’instar de toute religion, l’islam est condamné à affronter les circonstances présentes, et il appelle à revenir au noyau mohammedien en se débarrassant des étroitesses et lectures exclusivistes où l’ont souvent réduit - mais l’islam n’est pas le seul dans ce cas - nombre d’exégètes, de commentateurs des différentes écoles théologiques et juridiques.

Regards sur l’Islam

Prise de la Smala

On pourrait aussi sur la politique française sur le hajj (le pèlerinage à La Mecque), ironiser sur l’instrumentalisation des épidémies de choléra, si ce n’était risquer de donner des armes à tous nos complotistes actuels sur le covid. Mais cet article est emblématique de tous les errements de cette politique coloniale. Manque peut-être une sorte d’aide-mémoire sur les doctrines successives de la colonisation algérienne, sur les luttes d’influence au Moyen-Orient entre Angleterre et France, sur les luttes pour le contrôle des lieux saints en Arabie…

Dans la même veine – les errements de la politique coloniale française – l’article de Catherine Coquery-Vidrovitch sur Comment l’incompréhension coloniale facilita l’expansion de l’islam en Afrique de l’ouest francophone mérite une attention, mêlée de consternation devant une telle sottise.

En 1908, quatre ans avant l’instauration du Protectorat, Jean Jaurès mit en garde contre un effet pervers des brutalités coloniales : « Vous savez bien que ce monde musulman, meurtri, tyrannisé tantôt par le despotisme de ses maitres, tantôt par la force de l’Européen envahisseur, se recueille et prend conscience de son unité et de sa dignité. Deux mouvements, deux tendances inverses se le disputent : il y a les fanatiques qui veulent en finir par la haine, le fer et le feu, avec la civilisation européenne et chrétienne, et il y a les hommes modernes, les hommes nouveaux […], il y a toute une élite qui dit : “L’Islam ne se sauvera qu’en se renouvelant, qu’en interprétant son vieux livre religieux selon un esprit nouveau de liberté, de fraternité, de paix” […]. Et c’est à l’heure où ce mouvement se dessine, que vous fournissez aux fanatiques de l’Islam le prétexte, l’occasion de dire : “Comment se réconcilier avec cette Europe brutale ? Voilà la France, la France de justice et de liberté, qui n’a contre le Maroc d’autre geste que les obus, les canons, les fusils !”. Vous faites, messieurs, contre la France, une politique détestable.  On se demande si tout n’est pas calculé pour exaspérer l’Islam, pour le jeter aux résolutions extrêmes, et si la propagande religieuse ne veut pas s’ouvrir par des moyens de force des champs d’action nouveaux comme le capitalisme colonial et aventurier. On ne peut s’étonner en tout cas que partout, de l’Inde au Maroc, le monde musulman s’émeuve »

Regards sur l’Islam

« Les Arabes nous échappent parce qu’ils dissimulent leurs femmes à nos regards » : cette phrase, attribuée au général Bugeaud (1840) traduit bien l’obsession du dévoilement chez le colonialiste. Et ce voile ne se réduit pas un foulard sur les cheveux, mais cache le visage.

Est-ce un hasard si c’est au Maroc que le sultan, commandeur des croyants, Mohammed V, incita sa fille, Lalla Aïcha, à prononcer tête (presque) nue, un discours à Tanger, en 1947 ? Lyautey avait eu pour principe de ne jamais attenter aux traditions de la société marocaine, encore moins de tenter de réformer les pratiques religieuses ou culturelles. Donc contrairement à la Tunisie et encore plus à l’Algérie, ce dévoilement au Maroc relevait de l’appréciation du souverain  estimant  que ça « ne contrevenait pas aux valeurs de l’islam et n’était pas contraire aux traditions marocaines ».

En revanche, en Tunisie, bien que ce dévoilement fut prôné par une féministe tunisienne, Habiba Menchari, il provoqua le rejet d’un jeune journaliste, Habib Bourguiba, non pas sur le principe -  en 1957 il qualifiera ce voile de "chiffon" "épouvantable" et "misérable" – mais étant donné les « circonstances spéciales », c’est-à-dire le protectorat, il récuse ce qui appelle l’antivoilisme.

En Algérie, c’est au lendemain du 13 mai 1958, que le Général Massu lance une campagne de ce qu’il appelle dévoilage. Des dévoilements publics sont organisés. Cette rage du colonialiste à vouloir dévoiler va provoquer l’arc-boutant de l’autochtone. A l’offensive colonialiste autour du voile, le colonisé oppose le culte du voile. (Frantz Fanon)

Regards sur l’Islam

Alger 1961 (Raymond Depardon)

Pierre Bourdieu, qui avait vécu en Algérie (Kabylie) de 1958 a 1960, avait très bien saisi cette signification. Le refus des valeurs imposées par les maitres « ne pouvait s’exprimer que sur le mode symbolique »  : « L’attachement à certains détails vestimentaires (le voile ou la chéchia par exemple), à certains types de conduites, à certaines croyances, à certaines valeurs, pouvait être vécu comme manière d’exprimer,symboliquement, c’est-à-dire par des comportements implicitement investis de la fonction de signes, le refus d’adhérer à la civilisation occidentale, identifiée a l’ordre colonial, la volonté d’affirmer la différence radicale et irréductible, de nier la négation de soi, de défendre une personnalité assiégée ».

De la galerie de portraits de convertis outre le peintre Etienne Dinet que j’ai évoqué, quelques figures méritent de retenir l’attention.

Le destin météorique et tragique d’Isabelle Eberhardt, d'abord. Suisse, elle a 20 ans quand elle découvre l’Algérie en 1897, deux ans plus tard elle y revient, va aussi en Tunisie, se convertit, apprend l’arabe, épouse un spahi, sur les confins algéro-marocains, elle fait la connaissance d’un colonel, Lyautey ; et est emportée en 1904 par la crue subite d’un oued. C’est Lyautey qui fera mener des recherches qui permettront de retrouver ses carnets.

Le plus cocasse fut assurément le Dr Grenier. « Converti a l’islam après plusieurs voyages en Algérie, et l’ayant fait savoir, hadj (ayant fait le pélerinage à La Mecque), il se lança dans la vie politique dans sa ville natale, Pontarlier. Lors d’une élection partielle, il fut élu député (20 décembre 1896). Quelle ne fut pas la surprise de ses collègues de le voir se présenter, le 12 janvier 1897, en burnous, puis faire ses ablutions en public. » Même s’il ne fut pas réélu, les pontilassiens de l’époque l’ont choisi comme représentant.

Le plus surprenant reste Henri Gustave Abdou’l Karim Jossot. Jossot, grand dessinateur de L’assiette au beurre, pourfendeur des sabreurs, des bourgeois, des gavés, et des curés, après deux séjours en Tunisie (1904, 1906) dont il tire un "roman-farcesque"  qu’est Viande de borgeois, (illustré de la main de l’auteur), s’y installe en 1911. « A la surprise de ses amis parisiens qui connaissaient son irréligiosité et son esprit de dérision » Abdou’l-Karim Jossot, en 1913, dans un article intitulé « La conversion de Jossot » raconte « J’ai accompli, hier soir, un acte d’une extrême gravité : devant plusieurs témoins, j’ai prononcé, en toute conviction, la formule de la Chaada : Lailahail Allah. Mohammed racoul Allah. De ce fait je suis musulman. » Il va même, en 1923, se tourner vers le soufisme et aller à Mostaganem suivre les enseignements d’un cheikh. Mais dans les années 30 il reprend des habits européens, cesse de fustiger les « néos », les Tunisiens adoptant une tenue européenne, et en 1939 publie « Le Fœtus récalcitrant » où il dit n’avoir jamais cru à aucune religion.

Regards sur l’Islam
Regards sur l’Islam

Alger 1961 (Raymond Depardon)

« Selon les Autorités supérieures de l’Enseignement et de la Recherche, l’Université française serait menacée de submersion dans son universalisme fondamental sous l’effet de deux courants conjugués qui trouveraient leurs racines intellectuelles dans le communautarisme étasunien, instersectionnaliste et déconstructionniste, prônant la cancel culture, et un islamogauchisme autochtone, deux courants qui communient dans un racialisme décolonial et indigèniste. » Ces « Regards français sur l’Islam, des Croisades à l’ère coloniale » viennent (essayer de) mettre un peu de raison dans ce contexte assez hystérique ; une mise en perspective aussi, par les contributions de quatorze auteurs et autrices spécialistes de périodes et d’aires géographiques différentes.  Ils pourraient, notamment, éclairer certains républicains qui ont la fâcheuse tendance de confondre musulmans et islamistes, antivoilistes, comme disait Bourguiba, dont l’intransigeance ne peut que provoquer l’effet inverse.

 

Regards sur l’Islam

 

Le Dictionnaire de pédagogie de Ferdinand Buisson (2e édition 1911) donne des articles sur le système éducatif en

Algérie colonisée

Tunisie sous protectorat

Maroc encore indépendant

 

Jossot Charmeur de serpent

Jossot Charmeur de serpent

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 16:41
Onfray et Bourge même combat !

Onfray et Bourge même combat !

Michel Onfray, fils naturel de Jean-Paul Brighelli et de Farida Belghoul ? s’interroge L’Express après ses propos sur France Inter, le 12/09/2014. Du lourd, il est vrai ! Puisque non content de déplorer « la disparition des notes, la disparation des copies, la disparition des profs », il prétend qu’à l’école « il faut apprendre la théorie du genre ». Enfoncé Finkielkraut, enfoncée Polony. Avec Onfray, le pire est toujours sûr.

 

Propos de comptoir tenus de bon matin après un café trop arrosé, comme on en boit aux petites heures en Normandie, que ces affirmations qu’à l’école on n’apprend plus à lire et à compter ? Que nenni ! Car sauf à imaginer que le penseur normand ne carbure qu’au calva, il a écrit pire dans le un, n° 23.

Vers 6'

« Si je suis devenu ce que je suis devenu, je le dois à l’école républicaine et aux bourses… Aujourd’hui, un enfant issu des classes modestes n’a sociologiquement presque aucune chance de sortir de son milieu. Les analyses de Bourdieu (…) restent d’une cruelle actualité : l’école ne permet quasiment plus à un élève de s’élever l’âme, l’esprit, le cœur, l’intelligence. Panne d’ascenseur social… 

J’ai eu la chance d’apprendre à lire avec la méthode syllabique… j’ai pris connaissance de l’histoire de France avec les images d’Epinal… »

 

 

Les héritiers de Bourdieu et Passeron date de 1964, donc la réalité que ce livre analyse est bien sûr celle d’avant Mai 68 dont Onfray nous compte tous les méfaits qu’il a subis de plein fouet. Un prêtre salèsien aux méthodes pédagogiques mystérieuses, une université de Caen où sévissaient des soixante-huitards décoiffés !

Et figurez-vous que dans l’école où ses malheureux compagnons de fac  de philo, devenus instits, sévissent le tableau noir et la craie ont disparu, plus de plume et d’encrier, plus d’armoire avec un crâne (?), plus de carte de France… mais rassurons-nous « Pas question, bien sûr, de tenir des propos réactionnaires » !

 

Pas plus de théorie du genre que de beurre en branche !

 

Faisons un sort d’abord, à la néfaste théorie du genre qui, la vilaine, nous vient des Etats-Unis et qui nous dirait que la nature n’existe pas ! sauf qu’il n’y a pas plus de théorie du genre que de beurre en branche, malgré ce que disent nos prélats, les dirigeants de l’école privée, ou Mmes Boutin, Bourge et de La Rochère et les cagots. « Il existe en revanche un champ de recherches universitaires, nommé "études de genre", qui s’intéresse à la construction des identités féminine et masculine, et à la perpétuation de clichés qui font, par exemple, qu’une fille qui fait du rugby ou un garçon qui fait de la danse classique sont jugés "anormaux" ». (Le Monde 12/09/14)

Certes on trouve le mot "genre" à l’école, mais en grammaire !

 

Le principe de non contradiction ne doit pas faire partie de l’arsenal méthodologique du philosophe bas-normand. En effet, il est certes le fruit de l’école républicaine, mais aussi d’un enseignement secondaire et supérieur absolument pervertis par un mai 68 négativiste, nihiliste. Et ce sont donc les salèsiens ou les soixante-huitards décoiffés qui ont contribué à faire de lui ce qu’il est. Et quand il évoque Bourdieu, à propos de l’ascenseur social, il oublie que ce que le sociologue étudie c’est une société, une école, d’avant Mai 68, et même si La Reproduction est postérieure, elle ne peut pas, dès 1970, mesurer les supposés méfaits des chevelus dans les écoles.

Mais quand il dit que de nos jours on s’autorise de soi-même à parler de livres qu’on n’a pas lus*, peut-être pratique-t-il l’autocritique.

 

Au moyen âge ... la masse espérait en Dieu et maintenant la masse espère qu’elle va être massivement promue par l'école : à l’ancien jeu, il suffisait d’être pauvre pour être élu et l’on n’avait même pas besoin des bourses.

 

Michel Delord, Marx et les sciences de l’éducation, Octobre 1998

Le mythe de l’ascenseur social tombé en panne par la faute de Mai 68 et des pédagogogues, comme dit Julliard, est un grand poncif de la rétropensée. Combien de fils d’ouvriers agricoles de la fin des années 50 ont connu un destin à la Onfray ?

On constate certes, depuis les années 90 un blocage, voire une régression ces dernières années, de la proportion des enfants d’ouvriers et d’employés dans l’enseignement supérieur. Mais imputer cet échec à Mai 68, plutôt qu’aux difficultés économiques – même boursier l’étudiant fils d’ouvrier connaît des conditions matérielles difficiles – voire une inhibition de l’ambition scolaire - avec un baccalauréat scientifique obtenu à l’heure ou en avance (soit une population relativement triée), plus de la moitié des fils de cadres (contre 30,5% pour les filles) s’orientent en classe préparatoire aux grandes écoles, ce qui n’est le cas que de 20,8% des fils d’ouvriers (et 9,3% des filles) (M. Duru-Bellat) -  est assez douteux. Et on peut même ajouter que les enfants d’ouvriers obtenant un mastère de philo doivent être plus nombreux aujourd’hui  que du temps d’Onfray, car si la proportion est moindre, ils sont, en valeur absolue, plus nombreux.

 

La baisse de niveau n’atteint jamais l’étiage !

Sauf que, là encore, les faits démentent ces assertions chères à nos contempteurs de l’école. Si l’on en croit l’INSEE, les personnes âgées de 18 à 29 ans ont de meilleurs résultats que les générations plus âgées en lecture et en compréhension orale. En 2011, en compréhension orale, seulement 11 % des moins de 30 ans ont réussi moins de 60 % des exercices proposés contre 17 % des 50-59 ans et 24 % des 60-65 ans. Les plus jeunes ont également de meilleurs résultats à l’écrit, la part des personnes sans difficulté allant de 76 % pour les 60-65 ans à 89 % pour les moins de 30 ans. Donc la méthode syllabique chère à M. Onfray n’a pas porté, chez tous, les bénéfices qu’il lui prête.

Onfray, philosophe de comptoir !

Pour autant, la situation de l’école française est loin d’être satisfaisante. Les vagues successives de résultats de PISA montrent un système de plus en plus inégalitaire. En schématisant, une moitié des élèves de 15 ans est au niveau des petits finlandais – ou presque – mais le dixième du bas est à celui des péruviens. Ce qu’expliquaient déjà C. Forestier et J. C. Emin, dans « Que vaut l’enseignement en France ? » (Éditions Stock, coll. «Essais - Documents»,‎ 2007) : Notre système est parfaitement adapté pour la moitié de nos élèves, pour les autres nous ne sommes pas capables de les aider correctement. (entretien avec J.C. Forestier).

 

Mais il n’est pas sûr que la conception méritocratique de M. Onfray, cible déjà de Bourdieu-Passeron, que F. Dubet considère comme américaine, entendez étatsunienne (La seconde conception de la justice sociale, plutôt américaine, considère que la justice sociale est avant tout la promotion de l’égalité des chances méritocratique : chacun doit pouvoir réussir en fonction de son mérite.) permette de résoudre ce problème. Au contraire !

 

* Quand il réduit Roland Barthes à un lapidaire « la langue est fasciste », on peut se demander s’il en a lu une ligne.

M le magazine du Monde 20/11/2014

M le magazine du Monde 20/11/2014

Voir aussi les Décodeurs du Monde qui ont inspiré le titre de l'article.

Prof de philo de 1983 à 2002 au Lycée technique Sainte-Ursule (Caen)

Prof de philo de 1983 à 2002 au Lycée technique Sainte-Ursule (Caen)

Notre philosophe de comptoir persiste et signe dans un débat*, qui l’oppose à Fabienne Brugère, sur la prétendue théorie du genre dont il fait une « idéologie d’état ».

Il se contente de redire les contre-vérités déjà énoncées, tout en en ajoutant une. « J’ai démissionné de l’éducation nationale », affirme-t-il. Or M. Onfray a été enseignant de 1983 à 2002 dans le lycée technique privé catholique Sainte-Ursule de Caen.  Certes, établissement sous contrat, donc avec des enseignants payés par l’état (mais pas fonctionnaires). Mais s’il a bel et bien « renoncé à un salaire », il a démissionné de l’enseignement confessionnel et non de l’enseignement public, comme le laisserait supposer sa formulation volontairement ambigüe.

 

* Le Monde 12-13/10/2014 « Une rébellion d’un nouveau genre ? »

 

Quelques exemples d'études de genre pour l'édification de M. Onfray :

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