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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 21:38
Cardinal Rivera : un super-Barbarin mexicain !

L’archevêque de Mexico ne se contente pas de jeter l’opprobre sur le mariage gay, porte ouverte à la polygamie et l’inceste, en sexologue averti, il explique que l’homosexualité est contre nature. Il ne se contente pas, non plus, d’oublier de dénoncer les curés pédophiles, il les couvre de son manteau pourpre de Cardinal et accuse même les victimes de provocation.

Comme en France, l’église et ses fidèles les plus virulents, se sont lancés, sur le thème du mariage pour tous, dans une croisade où l’intégrisme le dispute à l’intolérance envers les couples du même sexe. Et pour appuyer cette croisade, au mépris absolu des connaissances sur la sexualité humaine, des arguments moyenâgeux sont avancés pour prévenir les fidèles sur les grands dangers du mariage gay.

Desde la fe” (litt. Depuis la foi), l’organe de propagande du Cardinal Norberto Rivera Carrera, archevêque de Mexico, prêche, du haut de sa chaire épiscopale, sur la fonction de l’anus !

Le corps humain n’est pas destiné à une relation homosexuelle.

« La femme possède une cavité spécialement préparée pour la relation sexuelle, qui se lubrifie pour faciliter la pénétration et supporter la friction, elle secrète des substances qui protègent le corps féminin de possibles infections transmises par la semence ». On suppose que cette mystérieuse cavité est le vagin quoique ça ne soit pas précisé.

« En revanche, l’anus de l’homme n’est pas destiné à recevoir, seulement à expulser. Sa membrane est délicate, se déchire facilement et manque de protection contre les agents externes qui pourraient l’infecter. Le membre qui pénètre l’anus le blesse sévèrement et peut causer saignements et infections. »

Cardinal Rivera : un super-Barbarin mexicain !

Donc, selon le grand sexologue et cardinal, l’anus ne peut qu’expulser, autrement dit déféquer, mais ne peut se faire pénétrer, surtout pas par un pénis ! mais il a dû échapper au prélat que le sexe anal se pratique aussi dans les couples hétéros et il semble ignorer que les vrais sexologues, comme ceux qui écrivent dans le “Journal of Sexual Medicine” proposent toute une gamme de techniques pour pratiquer le sexe anal sans risque. Certes le sphincter offre une résistance : relaxation et lubrification – la vaseline ‘Monseigneur’ – permettent ce sexe anal qui offre, d’après eux, « de grandes satisfactions érotiques et sexuelles », pour tous les couples homos comme hétéros !

“Dios ya perdonó a los sacerdotes pederastas”

“Dios ya perdonó a los sacerdotes pederastas”

Et si l’anus de l’adulte est si fragile pour notre Cardinal que ne devrait-il pas dire sur celui des enfants fussent-ils de chœur ?

Or la journaliste Sanjuana Martínez a démontré, documents et photos à l’appui, que le prélat connaissait les crimes d’un curé pédophile, Nicolás Aguilar Rivera, et que, malgré ça, il l’a laissé poursuivre son ministère, ce qui lui a permis pendant 30 ans de continuer à abuser d’enfants, entre 5 et 13 ans. Quelques 60 enfants au Mexique, 26 en Californie !

Cardinal Rivera : un super-Barbarin mexicain !

« Il n’y a pas eu de la part de l’église mexicaine la volonté que les prêtres pédophiles répondent de leurs actes devant la Justice. En les masquant, en pratiquant la loi du silence, elle pensait que le problème allait disparaître. »

Cardinal Rivera : un super-Barbarin mexicain !

A la parution de l’article, la réaction de l’archevêque fut grotesque, pour ne pas dire odieuse : il n’a pas eu une phrase de compassion pour les victimes, aucune reconnaissance de leur souffrance.

Comme dans beaucoup d’autres pays, la pédophilie cléricale fut tolérée par la hiérarchie de l’église mexicaine. Les prêtres pédophiles étaient transférés d’un diocèse à l’autre comme si de rien n’était et continuaient d’exercer leur ‘sacerdoce’ au contact d’enfants. On demanda même aux victimes de pardonner à leurs agresseurs qui échappaient à la justice !

Et une majorité de catholiques ne veulent pas entendre parler de ces histoires, et se sentent même agressés quand on leur montre la réalité. Ils ne veulent rien entendre, rien voir et obéissent à la loi du silence !

 

 

En complément, cette nouvelle trouvée sur "20 minutes" qui vaut son pesant d'hosties

Cardinal Rivera : un super-Barbarin mexicain !

Une lettre papale que le Cardinal mexicain ferait bien de méditer :

 

 

 

Le pape François demande la tolérance zéro pour les prêtres pédophiles

Le pape François a demandé la tolérance zéro envers les prêtres pédophiles dans une lettre adressée aux évêques à l’occasion du jour des Saints Innocents, 28/12/16, et publiée le 02/01/17.

« Écoutons les pleurs et les lamentations de ces enfants ; écoutons aussi les pleurs et les lamentations de notre mère l’Église, qui pleure non seulement devant la souffrance causée à ses enfants les plus petits, mais aussi parce qu’elle connaît le péché de certains de ses membres: la souffrance, l’histoire et la douleur des mineurs qui ont été abusés sexuellement par des prêtres. Péché qui nous fait honte. Des personnes qui avaient la responsabilité de prendre soin de ces enfants ont détruit leur dignité. Nous déplorons cela profondément, et nous demandons pardon. Nous nous unissons à la souffrance des victimes et, à notre tour, nous pleurons le péché. Le péché de tout ce qui est arrivé, le péché d’avoir omis de porter assistance, le péché de taire et de nier, le péché d’abus de pouvoir. L’Église aussi pleure avec amertume ce péché de ses fils, et elle demande pardon. Aujourd’hui, faisant mémoire des Saints Innocents, je veux que nous renouvelions tout notre engagement pour que ces atrocités ne se produisent plus parmi nous. Trouvons le courage indispensable pour promouvoir tous les moyens nécessaires et protéger, en toute chose, la vie de nos enfants pour que de tels crimes ne se répètent plus. Faisons nôtre, clairement et loyalement, la consigne "tolérance zéro" dans ce domaine. »

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 14:20
Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe
Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Adoption par les couples mariés d'un même sexe

Dix ans après l’adoption d’une loi pour le mariage pour tous, 3 Espagnols sur 4 sont pour permettre l’adoption à des couples homosexuels. Après quatre décennies de national-catholicisme franquiste et malgré le poids d’un haut clergé particulièrement obscurantiste, une majorité de catholiques, y compris les catholiques pratiquants, est aussi d’accord. Et quand la question est posée sous l’angle de l’intérêt de l’enfant, ils sont huit sur dix à estimer que l’orientation sexuelle des adoptants n’a pas à être prise en compte.

Dix ans après l’adoption du mariage pour tous, les Espagnols sont de plus en plus nombreux à approuver cette loi : 68 % en juin 2015 contre 58 en mai 2013 et ceux qui s’opposent à toute forme d’union pour des personnes du même sexe tombent de 10 à 4%. Reste que ceux qui approuvent le mariage pour tous sont majoritairement à gauche : 85% des votants potentiels du PSOE, 91 % de ceux de Podemos, alors qu’au PP ils ne sont que 42 % et à Ciudadanos (C’s) 48% (49% admettant cet union mais pas sous le nom de mariage).

Par âge c’est quasi unanimement que les 18-34 ans approuvent ce mariage (90%), le pourcentage tombe à 51 chez les plus de 55 ans.

Même chez les catholiques pratiquants une majorité relative (48 %) admet le mariage homo et seuls 11% sont farouchement opposés à toute union homosexuelle. Chez les non croyants l’approbation est massive à 87%.

Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Adoption par des couples du même sexe : répartition par courants politiques

Mais le paradoxe est qu’alors que le mariage homo n’est encore approuvé que par les 2/3 des espagnols, 3/4 sont cependant d’accord pour que les couples de même sexe puissent adopter des enfants ! Ce qui veut dire qu’une partie de ceux qui n’admettent pas encore que l’on nomme « mariage » un couple du même sexe sont cependant d’accord pour qu’ils puissent adopter.

On retrouve les clivages entre une gauche massivement d’accord (PSOE 89%, Podemos 93%) mais C’s se montre nettement plus libéral avec 61% que le PP où, néanmoins, une majorité relative est pour à 48%).

Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Adoption par des couples du même sexe : répartition par tranches d'âge.

La répartition par âge offre une petite surprise puisque les 18-34 ans sont un peu moins nombreux à approuver l’adoption qu’ils n’étaient à le faire pour le mariage entre personnes du même sexe (87% contre 90%) ; les 35-54 sont dans la moyenne ; les plus de 55 ans, bien que plus réticents, sont majoritairement pour à 64 %.

Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Adoption par des couples du même sexe : l'opinion des catholiques.

Mais la révélation de ce sondage est que les catholiques pratiquants sont une majorité à être d’accord avec l’adoption pour les couples homosexuels. De quoi faire frémir d’horreur nos grenouilles de bénitiers – Bourge, de la Rochère, Boutin et les autres – mais également Mme Agacinski, farouchement opposée aussi à l’ouverture du droit à l’adoption aux couples homosexuels, qu’elle oppose à une parentalité « naturelle » ! Certes, ils ne sont que 51%. Loin donc des 87% des non croyants. Mais dans un pays marqué par le cléricalisme d’une église non défranquisée – et même compte tenu de la marge d’erreur – ce résultat est un désaveu pour les prélats ultra-réactionnaires.

Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Le bien de l'enfant prime

Et quand la question est posée sous l’angle de l’intérêt de l’enfant, le oui est encore plus franc et massif puisque presque 9 Espagnols sur 10 estiment que c’est le climat protecteur et aimant offert à l’enfant qui est primordial ! Le clivage par famille politique subsiste avec l’unanimité à Podemos et 94 % au PSOE, mais même ceux qui se reconnaissent dans le PP sont plus de 7 sur 10 à privilégier l’intérêt de l’enfant et 65 % à considérer que l’orientation sexuelle des adoptants ne doit pas entrer en ligne de compte.

La société espagnole évolue donc dans le sens d’une ouverture à plusieurs modèles familiaux, guidée par le sort de l’enfant. Pour autant la situation n’est pas encore idyllique. Si l’on en croit l’analyse de Violeta Assiego, les cas d’harcèlement et d’agressions sur l’orientation sexuelle ont augmenté dans les écoles et ces agressions sont aussi en tête des plaintes déposées à la police.

Sommes-nous sûrs cependant que la société française, dans un pays qui se targue d’être à l’avant-garde de la laïcité donc le moins soumis au cléricalisme, ait évolué aussi profondément dans l’ouverture aux nouveaux types de famille et le respect du droit de l’enfant ?

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 22:17
Bonnet blanc ou blanc bonnet ?

Bonnet blanc ou blanc bonnet ?

Grâce à ou par la faute d’une candidature de pur sectarisme du Front de gauche, dans notre évêché crotté du Bas-Poitou, le 2e tour des départementales va se réduire à un duel entre droite-extrême et extrême-droite. A ma droite donc la doublette Coulon-Charpentier, enfants de Boutin. Quant à la paternité le test ADN n’a pas permis de départager Peltier (« La droite forte »), de Castet (évêque néo-intégriste).

 

Passons sur le 1er tour pour ne pas trop raviver les rancœurs. Juste rappeler quand même, que la Vendée fut le fief du Vicomte de Villiers ; que la gauche est ultra-minoritaire ; qu’à part La Roche-sur-Yon, le Sud Vendée est le seul endroit où une gauche unie ait une infime chance de l’emporter.

Dans ce contexte, deux jeunes candidats, non encartés, mais se réclamant de la gauche, se sont présentés. Tous deux employés du privé. In extremis, le Front de gauche a présenté sa propre doublette, sachant pertinemment qu’elle signait l’absence de la gauche au 2e tour. Résultat, 24% pour les uns, un peu plus de 10% pour les autres. Moins de 12,5% des inscrits pour les mieux placés. Eliminés.

Reste donc, face aux ectoplasmes du F-Haine (au soir du 1er tour, Ouest-France n’avait même pas leurs photos à afficher), le duo Anne-Marie Coulon-Arnaud Charpentier.

Le jeune homme a les dents qui rayent le parquet. Professeur de SVT à Notre-Dame du Roc, mais surtout ‘jeune populaire’ – c’est comme cela que se baptisent les jeunes UMPistes - il a réussi à se faire adouber par le Maire de Luçon, secrétaire départemental de l’UMP. Comme adjoint d’abord, puis comme candidat aux départementales.

Coulon-Charpentier : les enfants de Boutin

Anne-marie Coulon, fonctionnaire, est surtout, en tant que Maire de sa petite commune, signataire de la Charte de la Manif anti mariage pour tous. Notre bigote s’est donc engagée à    « Préserver l'enfant de toute expérimentation basée sur les concepts de Genre, diffusés sous couvert de lutte contre les stéréotypes et pour l'égalité Homme / Femme, en particulier en maternelle, dans les crèches et dans les temps périscolaires à l'école. » Autrement dit, elle adhère aux mensonges d’une Farida Belghoul (qui, il est vrai, ne sont pas loin de ceux des évêques de France, voire du philosophe de comptoir Onfray).

Coulon-Charpentier : les enfants de Boutin

Mais le Maire de Luçon, Pierre-Guy Perrier, qui ne semblait pourtant pas manifester un attachement fanatique aux « valeurs de la famille, cellule de base de la société [qui] assure son avenir et son progrès »(!), a, lui aussi, souscrit à cette charte. Il a donc délégué « une personne en accord avec cette Charte dans les Conseils des Écoles et, le cas échéant, dans les Conseils d'administration des collèges et lycées de sa commune ». Qui trouve-t-on dans ce rôle ? Notre jeune UMPiste Charpentier.

 

COULON PERRIER ANTI MARIAGE POUR TOUS

 

Ajoutons que les signataires de cette charte, Coulon et Perrier, s’engagent à soutenir aux élections sénatoriales, ou à parrainer lors de l'élection présidentielle, des candidats qui eux-mêmes s'engageront à abroger la Loi Mariage et Adoption pour Tous sans rétroactivité pour préserver et restaurer la filiation père-mère-enfant et favoriser l'éducation des enfants par leurs parents, à   refuser la marchandisation du corps, en particulier via l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux célibataires ainsi que la GPA quelle que soit la composition du couple, à inscrire dans le droit la reconnaissance pour les élus de se prévaloir de la liberté de conscience dans l'application de la Loi Mariage et Adoption pour Tous. Le dernier engagement est assez incongru puisque si la Loi est abrogée, la liberté dite de conscience n’a plus lieu d’être.

 

Entre droite-extrême et extrême droite, entre droite forte bigote et F-Haine, l’électeur de gauche du canton de Luçon se trouve confronté à un sérieux dilemme au 2e tour des départementales. Entre deux maux, choisir le moindre…

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 17:08
Si le mariage gay vous débecte, rien ne vous oblige à épouser un gay !

Il ne faut pas dire que la votation suisse est xénophobe ; que les électeurs F-Haine le sont aussi ; et que ceux qui s’opposent au mariage pour tous sont bornés. Ceux-là même qui ironisent sur la bienpensance doivent être traités avec indulgence. Variante peut-être de l’appel de Jésus « Pardonne-leur mon père car ils ne savent pas ce qu’ils font » ? En témoigne cet « entre nous » de G. Malaurie, empreint de bénévolence.

Nouvel Obs 20-02-14

Nouvel Obs 20-02-14

Votre « entre nous », « conflit de famille », fait preuve d’une indulgence envers les contempteurs du mariage pour tous qui, de mon point de vue bien sûr, frise la complaisance. « Sachons reconnaître à ceux qui (…) hésitent et s’interrogent le droit d’avancer à leur rythme… ». Et pour appuyer votre propos vous nous citez un lecteur « militant CGT » qui était en 1968 contre « le droit à l’avortement ».

 

Faut-il rappeler qu’en 1956, Jeannette Vermeersch, épouse de Maurice Thorez, vice-présidente de l'Union des femmes françaises (PCF), prenait parti contre le "contrôle des naissances" : "Le « Birth control », la maternité volontaire, est un leurre pour les masses populaires, mais c'est une arme entre les mains de la bourgeoisie contre les lois sociales". Et, anticipant sur Jean Foyer, se battant contre la Loi Neuwirth, pour ne pas donner aux pauvres les vices des riches, elle ajoutait : « Depuis quand les femmes travailleuses réclameraient le droit d’accéder aux vices de la bourgeoisie ? Jamais ».

 

Donc, si vous vouliez dire que le conservatisme moral n’est pas l’apanage des cathos-tradis, pas plus que les références à de prétendus modèles anthropologiques (c’est fou de voir des prélats jouer aux experts en anthropologie), soit !

 

"Avancer à son rythme"

 

Mais s’agissant pour chacun, comme vous dites, d’avancer à son rythme, en quoi, un nouveau droit ouvert les en empêche ? Que je sache, aucun couple marié, catholique ou pas, n’est obligé de divorcer. Que je sache, aucune femme n’est obligée d’utiliser un contraceptif chimique ? Que je sache et a fortiori, aucune n’est obligée d’avoir recours à l’IVG ? Votre militant CGT-PSU, inquiet devant la « libération sexuelle » n’était pas obligé d’en user. Et même, tenez-vous bien, les couples homosexuels ne sont pas forcés de se marier !

 

Autrement dit, des lois ont permis successivement le divorce dit « par consentement mutuel », la contraception, l’IVG, le mariage pour tous et, à chaque fois, l’église catholique s’y est fermement, pour ne pas dire plus, opposée. Cherchant donc à imposer à l’ensemble de la société ses propres préceptes qui ne sont pas anthropologiques mais théologiques.

 

Au lieu de s’attendrir sur les braves gens qui piétinent devant des évolutions, il faut leur dire et redire qu’elles ne touchent pas à leur libre arbitre, à leurs intimes convictions. Catholiques, musulmans, juifs, etc. fervents, suivez les règles de vos religions, tant qu’il vous plaira. Si pour vous la capote est à l’index ne l’enfilez pas (et, cela va de soi, évitez les conduites à risques). Mais n’imposez pas vos dogmes et vos interdits à ceux qui ne partagent pas votre foi.

 

 

Pour compléter : La cerise sur le catho

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 17:49
La députée, cheville ouvrière de la loi sur le mariage homo en Nouvelle Zélande, regarde les tribunes où les spectateurs ont entonné un chant Maori.

La députée, cheville ouvrière de la loi sur le mariage homo en Nouvelle Zélande, regarde les tribunes où les spectateurs ont entonné un chant Maori.

Travail de Sisyphe : il faut inlassablement répondre aux contre-vérités que martèlent les contempteurs d’une réforme qui ouvre des droits à certains sans en priver les autres. Car leurs mensonges répétés finiraient pas passer pour vérités.

 

Dans un pays où le précédent président adorait tellement l’institution du mariage qu’il en a déjà usé trois fois (en ajoutant demi-frère puis demi-sœur à ses deux aînés) et où son successeur a eu quatre enfants sans se marier, essayer de faire croire que mariage à l’ancienne papa, maman, la bonne et moiet procréation sont liés relève de l’imposture.

 

Les pseudos découpages, plus infantiles qu’enfantins, qui ornent les T-shirts roses des anti-mariage pour tous – censés représenter un couple marié à vie et leurs deux enfants – ne symbolisent qu’une fraction de la réalité. Plus de la moitié des naissances ont lieu hors mariage. Pour deux mariages (ou-remariages) il y a un divorce. Près d’un enfant sur cinq vit dans un foyer dit monoparental. La bigamie de fait – illustrée aussi par un président de la République – si elle reste marginale, existe et pas que chez les vilains barbus de la banlieue nantaise.

 

Prétendre que la réforme qui va être votée dénature le mariage relève aussi de l’imposture. Le mariage catholique – prétendument inspiré par Jésus, donc non pas naturel mais divin – n’est instauré qu’au début du XIIIe siècle. Les voies du seigneur sont non seulement impénétrables, mais lentes : l’inspiration divine a mis du temps à souffler sur les esprits des prélats réunis en concile à Latran, 4e en ce lieu. Sa vocation à la “génération” des enfants a été précocement contournée en France, dès le XVIIIe siècle où la natalité baisse beaucoup plus vite que dans les pays voisins. Nos aïeux sautaient du train en marche, avant l’invention du chemin de fer !

 

Quant au mariage civil – le seul en débat – il n’a rien de naturel : c’est une institution qui a évolué. L’histoire du divorce en témoigne : en 1792, à sa fondation en France, il peut se faire par consentement mutuel ; il faudra attendre 1975 pour voir réapparaître ce consentement ; entre temps il sera limité au divorce pour faute, interdit même à la Restauration, rétabli en 1884…  Faut-il rappeler que, sauf évidemment avec la loi Bonald qu’elle a inspirée en 1816, l’église s’est toujours opposée à la législation sur le divorce civil ?

 

Le mariage civil étendu aux couples homosexuels ne changera rien pour les hétérosexuels et rien aux mariages religieux. Pas plus que les lois sur l’égalité homme-femme n’ont obligé l’église catholique à accepter d’ouvrir la prêtrise aux femmes, la réforme du mariage civil n’obligera l’église à bénir l’union de deux femmes ou de deux hommes. L’instauration du divorce n’oblige personne à rompre les liens conjugaux. Comme aujourd’hui, les hétéros procréeront ou pas, mariés ou pas, auront recours à la PMA si besoin est et s’ils le jugent conforme à leurs convictions. Leurs droits actuels sont complètement respectés. Ils pourraient même être élargis si l’on traite avec sérieux les problèmes de co-parentalité qui ne concernent pas que les couples de lesbiennes, mais les nombreuses familles recomposées.

Adoption de la loi sur le mariage pour tous en Nouvelle Zélande

A voir l’image du Parlement Néo-zélandais et celle lamentable qu’ont offerte quelques députés UMP dans notre assemblée, on se dit que s’il y a encore des voix républicaines au Centre et à droite il est temps qu’elles se fassent entendre, au lieu de laisser les cyniques continuer à jeter de l’huile sur le feu.

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 11:09

Les religions se trompent dès l'instant qu'elles font de la morale et qu'elles fulminent des commandements (Camus, Chute,1956)

 

Lettre ouverte à Monsieur André Vingt-trois

A23 01Le cardinal A. Vingt-trois : 2e à droite

Monsieur,

 

Vous m’excuserez d’abord de ne pas utiliser des formules rituelles telles que Monseigneur, vu que je ne vous considère pas comme tel, ni Votre éminence, vu que, si aux yeux de vos fidèles votre fonction peut être considérée comme éminente, elle ne rend pas votre personne même éminente.

 

Mais laissons cette terminologie bien obsolète de côté. Venons-en au fait.

 

Vous avez donc envoyé, si j’ose dire, urbi et orbi, au nom je pense de vos collègues, une prière à prononcer le 15 août, dans toutes les paroisses en activité. Sur le texte même de la prière, le nul en orthographe que je suis ne vous reprochera pas  dans le deuxièmement (« Pour celles et ceux qui on été récemment élus pour légiférer et gouverner ») un "on" que j’eusse pu commettre.

  En revanche, c’est le contenu du paragraphe qui pose problème.  Il est explicité, si besoin était, par l’introduction à l’envoi de votre texte : «  Compte tenu de la situation et des probables projets législatifs du gouvernement sur la famille, il me semble opportun de donner un signe national à l’occasion du 15 août qui rassemble des foules de catholiques à travers le pays. C’est pourquoi je vous propose une formule de prière des fidèles à utiliser lors des célébrations du 15 août 2012. L’unité de la formule devrait faire signe et on peut espérer que certains de nos fidèles seront sensibilisés, même parmi des parlementaires... ». Et il est formulé, comme souvent, de la plus jésuitique façon, en voulant faire passer comme le « bien commun » ce qui n’est que la conception que vous avez de ce bien ; et de qualifier de « requêtes particulières » ce qui, du point de vue de ceux qui les formulent, est une demande de justice.

 

Qu’en tant que responsable de votre institution vous rappeliez à vos ouailles que l’église s’oppose au préservatif et plus globalement à la contraception (ne parlons pas de l’IVG), au divorce, au mariage des prêtres, aux femmes-prêtres* et, bien sûr, au mariage homosexuel, pourquoi pas ? Que certains de vos fidèles, voire même de vos propres clercs – je n’aurai pas la cruauté de rappeler les scandales qui ponctuent la vie de votre église -  aient de la peine à suivre ces préceptes, voire les violent allégrement, c’est votre problème. J’entends le vôtre et celui de vos collègues.

 

Mais pour « l’avenir de notre pays » essayez de comprendre que ce n’est pas à une église ou à une obédience spirituelle quelconque d’en décider. Vous succombez à la terrible tentation du cléricalisme. Cléricalisme, cette volonté obstinée des papes et du clergé à subordonner la société civile à la société religieuse, à vouloir étendre à la société politique les règles et méthodes de cette Église, à utiliser des armes spirituelles à des fins temporelles, à se servir du pouvoir politique pour imposer sa vision morale, individuelle ou collective (d'après Marc Ferro). Cléricalisme qui sévit à grande échelle en Espagne avec une église nostalgique du franquisme. Mais que l’on voit ressurgir en France, votre prière, comme des prises de position sur des programmes scolaires, en témoigne.

 

Notre République est dotée d’institutions démocratiques. C’est au Parlement, si possible préservé de la pression de lobbys, fussent-ils spirituels et religieux, de décider, comme il l’a fait avec la loi Neuwirth, puis avec la loi Veil, des lois dites de société. Mariage et adoption pour les homosexuels notamment. Bien d’autres sujets sont en question – mères porteuses, suicides assistés, recherche scientifique sur les embryons surnuméraires, ou, dans un autre domaine, légalisation du cannabis… – sur lesquels réflexions et débats, les plus dépassionnés possibles, s’imposent.

 

En revanche, aucune des lois citées (divorce, contraception, IVG) ne s’impose à qui que ce soit. Pour mettre les points sur les i, aucun couple catholique n’est obligé de divorcer, il peut pratiquer la sainte méthode Ogino ou, plus sûr, l’abstinence, et, en revanche, ne pas se livrer à des pratiques solitaires, ou, pire encore, à la sodomie ou à l’adultère, etc. De la même façon, l’église catholique ne sera pas obligée de bénir les mariages homosexuels s’ils deviennent légaux.

 

La liberté d’opinion autorise évidemment l’église, la libre pensée, les obédiences maçonniques, les laboratoires d’idées, etc. à défendre des points de vues, notamment sur des sujets délicats où la frontière de l’interdit est difficile à tracer. Le débat actuel sur la prostitution en est un exemple. Mais en ne confondant pas émettre une opinion et édicter un précepte.

 

Monsieur Vingt-trois, laissez au législateur le soin d’écrire la loi, sans essayer de la  lui dicter. Loi qui est faite non pour les croyants ou les agnostiques ou les athées, mais pour les citoyens. Lois qui peuvent ouvrir de nouvelles libertés offertes au libre choix de chacune et chacun. Lois qui peuvent reconnaître une égale dignité, aussi.

 

Je vous en prie, M. Vingt-trois, ne succombez plus à la tentation du cléricalisme.

 

J. F. Launay

Laïc laïque

 

 

* Ce cardinal est l'immortel auteur de cette déclaration : "Le plus difficile est d'avoir des femmes qui soient formées. Le tout n'est pas d'avoir une jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête." Le tout n'est pas d'avoir une soutane...

 

 

    Pour compléter une excellente opinion de YESHAYA DALSACE Rabbin de la communauté Dor Vador à Paris : "Un débat qui ne concerne pas la religion" (Libération 05/10/12), dont voici un extrait :

 

"Mais je m’étonne surtout de l’immixtion de la voix religieuse dans un débat civil. La République française a inventé le mariage civil totalement détaché de sa dimension religieuse, il y a ajouté le divorce contre l’approbation de l’Eglise. Les citoyens qui le désirent peuvent compléter la dimension civile par un mariage religieux de leur choix, à la condition de répondre aux critères émis par cette religion. Du point de vue de l’Etat, cette cérémonie religieuse est une affaire privée. Il va de soi que les conceptions religieuses de la famille, de la sexualité, de la procréation, de l’éducation ne concernent que ceux qui s’engagent dans un mariage religieux et s’y reconnaissent. Le mariage civil républicain a lui-même évolué au cours de ses deux siècles d’histoire. C’est dans ce contexte que le débat sur le mariage homosexuel doit avoir lieu. L’Etat doit traiter de cette question en tenant compte de la réalité de la société et dans l’intérêt de la protection de ses citoyens, homosexuels compris, des conjoints et des enfants et non pour défendre une conception religieuse de la famille. Il en est de même pour la question du divorce. Libre aux religions de suivre ou non.

La véritable question n’est donc pas celle des tabous religieux qui ne sont pas concernés par ce débat civil, mais celle du bien-fondé d’une décision qui touche la parentalité et le droit de la famille."

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