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8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 16:56
Pourquoi ? Ô ! Mes amis dites-moi pourquoi…

Pas un coin de souriante campagne où les peintres du dimanche posent leur chevalet…

 

Pas une seule enclave de naïve nature où poussent en liberté des plantes réputées sauvages…

 

Pas un seul de ces hectares de bonne terre où, paisibles, paissent des moutons et des bœufs blancs…

 

Pas un mètre carré d’arides garrigues où des troupeaux de chèvres grignotent des arbustes griffus…

 

Pas un sillon de ces labours, tranché par d’antiques charrues et où s’impriment les sabots de lourds chevaux…

 

Pas un pré de moine soigneusement cadastré où l’âne de la fable céda pour son malheur à la tentation…

 

Pas  la moindre parcelle de blé émaillée de coquelicots et de marguerites que les petites filles cueillent pour la maîtresse…

 

Pas un grain de sable posé par le vent sur les dunes des déserts où vont des hommes bleus sur leur dromadaire…

 

Pas un champ de pierrailles et d’argiles recuites où des serpents et des lézards se faufilent sous d’atroces soleils…

 

Pas la plus petite étendue de savane où se pavanent des animaux de cirque, de la Prairie où couraient les bisons du cinématographe, de la steppe où des lynx au regard froid guettaient leurs malheureuses proies…

 

Pas une haie bordant de verts bocages, pas un petit chemin qui sente la noisette, pas un sentier s’enfonçant sous les frondaisons, pas une route traversant une plaine radieuse et prospère.

 

Pas un trou de verdure, pas une forêt, pas un taillis, pas un arbre, pas une plage, pas une île, pas une colline, pas un coteau, pas une montagne…

 

Oui, mes amis, nul endroit qui ne fût au cours des siècles ravagé, dévasté, défoncé, éventré, à jamais défiguré.

 

Pas une cité, pas un village, pas un hameau, pas une paillote, pas une étable qui n’aient été brutalement démolis, détruits, incendiés…

Pas un océan, un bras de mer, une rivière, un étang que n’ait teinté le sang d’hommes et de bêtes massacrés.

 

Pas le plus humble des refuges, l’asile le plus sacré, la plus modeste place d’un marché de village qui n’aient connu le bruit des bottes, le galop de montures caparaçonnées, le tintamarre des épées, le cliquetis des fusils, le crépitement des mitraillettes, le tumulte des canons, le fracas des bombes, le déferlement des panzers, le vrombissement des avions,  le feu du ciel, du phosphore et du napalm…

 

Pas un endroit, encore une fois, pas un lieu si reculé soit-il, si loin, croyait-on du théâtres dit des opérations, qui ne se soit vu un beau jour, une cruelle nuit, traversé, piétiné, envahi, anéanti par des reitres, des sbires, des mercenaires, des janissaires, des uhlans, des légionnaires, des Mamelouks, des samouraïs, des miliciens, des régiments mis au pas, des hordes farouches, des traîneurs de sabre, des soldatesques déchaînées, des barbares hirsutes surgis de tous les horizons…

 

Pourquoi ? Ô ! Mes amis, dites-moi pourquoi ?

 

Yoland Simon

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22 décembre 2019 7 22 /12 /décembre /2019 15:53
Les Français malades de la grève

Un mal qui répand la terreur,

Mal que le peuple en sa fureur

Inventa pour punir le monde des affaires

La grève (puisqu’il faut l’appeler par son nom)

Capable de ruiner en un jour la Nation

Faisait aux usagers la guerre.

Ils n’en souffraient pas tous, mais tous étaient chagrins.

Macron tint conseil et dit : mes amis

Je crois que la France a permis

Pour nos erreurs cette infortune ;

Que chacun d’entre vous s’explique

Et que le premier Ministre

D’abord, fasse son auto-critique.

Hé bien, déclara celui-ci,

Satisfaisant mon goût pour la réformation,

J’ai tondu comme des moutons

Le chômeur et le salarié.

Et même il m’est quelquefois arrivé

D’agacer le Berger.

Edouard, tu es un trop bon chef

Répondit sitôt le Medef.

Tondre le salarié, le chômeur,

Sottes espèces,

Est-ce une erreur ? Non, non

Et vous leur fîtes, mon cher Philippe,

En les tondant beaucoup d’honneur.

Quant au Berger, l’on peut dire

Qu’il est bon de le houspiller

Étant de ces gens-là qui sur le patronat

Se font un chimérique empire.

Ainsi dit le Medef, et médias d’applaudir.

On n’osa trop approfondir

Des ministres et leurs conseillers

Du moindre secrétaire d’Etat,

Les moins pardonnables décrets.

Tous ces gens de pouvoir,

Aux dires des rois de l’encensoir,

Étaient de bons petits soldats.

Une caissière vint à son tour et dit : J’ai souvenance

Qu’en un jour de bonté, qui sait ?

Et poussée par quelque pitié

Devant une telle détresse

Je détournai pour une pauvresse

Un petit pain au chocolat

Que j’offris à la malheureuse.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.

À ces mots on cria haro sur la vendeuse.

Un D.R.H. plutôt sévère

Livra aussitôt la caissière

À nos forces de police.

Et fut nommé pour ce haut-fait,

Ministre de plein exercice.

Ainsi que vous soyez

Gens de rien ou bien en cour

Les accidents de vos parcours

Vous feront graine de gréviste

Ou un potentat de service.

 

LA FONTAINE

pcc Yoland Simon

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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 08:26

Le chercheur obstiné que je suis a encore déniché un nouvel inédit. Cette fois, c'est Molière. Bien-sûr, il faudra que tu pardonnes à ce grand maladroit, qui fit un jour Alceste, de se moquer, Oh gentiment, d'un leader syndical qui t'es cher.

Y.S.

Molière au chevet du pays

Le Médecin : Dîtes-moi quels sont vos maux ?

Le Pays : Voilà mon cher médecin, je souffre de malaises dans les finances et de troubles de mon budget.

Le Médecin : Et que vous dit-on à ce propos ?

Le Pays : Certains me disent que ce sont des kystes de salariés, d’autres des phlegmons d’assistés.

Le Médecin : Ce sont des ignorants. C’est le cheminot qui est la cause de votre mal.

Le Pays : Le cheminot ?

Le Médecin : Le cheminot, vous dis-je. De quoi souffrez-vous précisément ?

Le Pays : D’un déficit chronique des dépenses publiques.

Le Médecin : Le cheminot !

Le Pays : De parasites qui me sucent le sang.

Le Médecin : Le cheminot !

Le Pays : D’entêtements de certains qui me montent à la tête.

Le Médecin : Le cheminot !

Le Pays : Parfois de thromboses dans la circulation de mes humeurs.

Le Médecin : Le cheminot !

Le Pays : De certains organes qui fonctionnent au ralenti et  prennent les autres en otage.

Le Médecin : Le cheminot ! Le cheminot ! Le cheminot !

Le Pays : Vraiment ! Et qu’importe-t-il de faire ?

Le Médecin : Dites-moi ce que vous conseille le docteur Martinez ?

Le Pays : De ne pas renoncer à mes droits acquis.

Le Médecin : Ignorant !

Le Pays : De me battre contre les projets du gouvernement.

Le Médecin : Ignorant !

Le Pays : De faire grève jusqu’à Noël, s’il le faut.

Le Médecin : Ignorant !

Le Pays : Et de battre le pavé dans toutes les villes et tous les villages du pays.

Le Médecin : Ignorantus ! Ignoranta ! Ignorantum ! Il faut au contraire vous purger à ma façon. D’abord, chaque matin lire une pleine page des Echos. Puis, le soir, avaler une cuillerée de la bonne potion calmante du Révèrend Père Berger. Surtout, suivre les ordonnances du docteur Macron et prendre tous les remèdes concoctés par Monsieur Philippe, son apothicaire attitré.

Le Pays : Et quand dois-je …

Le Médecin : Dès aujourd’hui

Le Pays : Et jusqu’à quand ?

Le médecin : Jusqu’à leur date de péremption.

Le Pays : C’est à dire ?

Le Médecin : Jusqu’à complète guérison, quand sera mort le dernier cheminot.

 

Yoland Simon. Cc Le Malade imaginaire.

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 18:55
"DICTEE DU MAROC" IFRANE

DICTEE DU MAROC 15ème EDITION

DEMI-FINALES D'IFRANE

Le samedi 9 février 2019, à l'université Al Akhawayn d'Ifrane, s'est merveilleusement déroulée la manifestation (nous pourrions presque dire la fête) des demi-finales de la 15ème édition de la Dictée du Maroc, organisée par l'Union des conseils des parents d'élèves (UCPE) et le Club UNESCO. Demi-finales au pluriel, disions-nous..., car quatre niveaux d'âge, d'expérience et de formation étaient représentés pour concourir : minimes, cadets, juniors et seniors.

A 14 heures, un nombre impressionnant de candidats (accompagnés de leurs professeurs) de ces quatre groupes, issus des sévères sélections de plusieurs établissements scolaires de la région, se sont retrouvés dans un agréable amphithéâtre de la belle université Al Akhawayn et ce, grâce à l'abnégation efficace de Mme Souad Haouam (CUAM) et de M. Ali Adnani (UCPE Ifrane).

"DICTEE DU MAROC" IFRANE

Après l'accueil chaleureux des organisateurs, et l'explication du déroulement des épreuves, un texte humoristique, Les Bleus des "bleus", préparé sur mesures, par M. Jean-Pierre Colignon*, a été dicté d'une voix experte, à l'ensemble des candidats, répartis dans la salle selon leurs qualifications. Tous les participants et observateurs peuvent attester du niveau d'exigence de cette épreuve, dont il est à craindre qu'une fraction importante des citoyens français ne se serait pas tirée sans dommages.

"DICTEE DU MAROC" IFRANE

En effet, il n'y avait rien de moins à affronter que jeux de mots, majuscules des noms propres géographiques, accords grammaticaux et de conjugaison, noms communs d'emplois rares ou difficiles, tels que onomatopée, lascars, zigzaguant, coccyx, coquart, ecchymose ou encore jactance. La contrepèterie** finale, lents ternes pour lanternes n'a pas manqué également de plonger  même les meilleurs, dans de profondes et énigmatiques réflexions.      

Malgré ces exigences, les candidats ont relevé, avec courage, les défis respectivement et harmonieusement dosés, avant de laisser les seuls seniors finaliser la dictée entière. Leurs résultats, dans la langue de Molière, ont été admirables.

"DICTEE DU MAROC" IFRANE
"DICTEE DU MAROC" IFRANE

La correction multiple a eu lieu sur place, de manière entièrement professionnelle, et a désigné deux vainqueurs de chaque catégorie. Il est à noter que cette correction ne pardonnait aucune faute d'accent, de majuscule, d'usage ou de grammaire, comme c'est trop souvent l'usage dans nos collèges. Un questionnaire linguistique supplémentaire devait être utilisé pour départager d'éventuels ex æquo.

"DICTEE DU MAROC" IFRANE

Dans une cérémonie de récompenses, des diplômes ont été remis officiellement, aux personnalités et lauréats, afin de les féliciter pour le dévouement dont ils ont fait preuve pour le rayonnement de la langue française. Le tout s'est déroulé dans une excellente ambiance amicale et musicale, au cours de laquelle beaucoup de photos souvenirs ont été prises, pour le plus grand bonheur des parents. Nos huit lauréats se rendront à Casablanca pour participer à la grande finale.

En cette époque de menaces sur la langue française et la francophonie, et où il est devenu de bon ton de mépriser son orthographe, nous ne pouvons que saluer l'amour que le Maroc et les  Marocains portent à cette langue, et les encourager à persévérer. Dans la mondialisation, il semble évident que la connaissance intime de plusieurs langues ne peut être qu'un atout essentiel. Aussi espérons-nous que cette manifestation se renouvellera régulièrement dans les années à venir.

 

Donc, bravo et félicitations, à Souad Houam, Ali Adnani, Jean-Pierre Colignon, et à toute l'équipe !

 

                                                                                       Gérard Chalaye

 

Gérard Chalaye a enseigné pendant plusieurs années au Lycée Tarik ibn Zyad, à AZROU (ville très proche d'Ifrane, dans le Moyen-Atlas) ; il a déjà contribué au "deblog-notes" avec deux savants articles :

Berbérisme et littérature

GENS DE GUERRE AU MAROC (1912) Emile Nolly (1880-1914)

 

 

* Jean-Pierre Colignon a été durant une vingtaine d’années chef du service correction du journal Le Monde. Il participe à ces championnats marocains d'orthographe depuis leur création (2005). Il est membre de l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire. (Biographie plus complète ici).

 

** Plutôt que "contrepèterie" ne serait-ce pas une holorime ?

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 16:29

S’envoler

                    juste pour la saveur de l’ailleurs

                    sans l’onde d’un remord

                    et sous l’aile du levant.

            L’Inde , une nouvelle planète

Au retour de l’ailleurs

                     je pense aux chevaux des frises de Mandawa

                     le poitrail bombé vers des conquêtes

                     tandis que du haut des terrasses des havélis 

                     des enfants dirigent leur cerf-volant solitaire.

La route de la soie est devenue muette

                      délaissée par ceux qui préférèrent la mer

                      aux pistes de poussières millénaires.

                      Reste la corrosion du temps.

Je pense à l’ocre jaune de la citadelle de Jaisalmer

                       masse crénelée abritant des temples de dentelles.

                       Quand la pierre protège et défend autant qu’elle sait émouvoir.

 

Plus élevés que l’homme debout

                       les naseaux pointés vers l’horizon

                       les dromadaires ont des réserves d’eau de constance et de sagesse.

Je pense à ces épices intenses

                       enflammant chaque met

                       à ce plaisir nouveau entre la fulgurance d’un arc électrique

                       et le dévoilement d’un autre univers.

Foules en déplacement

                          Tuks-Tuks têtus et tenaces

                          s’insérant  entre des hordes de camions

                          scooters élaborant des stratégies de contournement

                          dans une forêt de klaxons dépareillés                  

                          et la cohue qui cependant respecte toute vie.

Je pense à la valeur de l’eau

                          aux marbres taiseux des palais

                          emprisonnant l’univers des rivalités sanglantes

                          même lorsque le vent se lève pour espérer la vie.

Amber aux miroirs sertis

                          dans la toute puissance de sa forteresse

                          et le goût du raffinement

                          sous les pas lourds des éléphants.

Dans le tourbillon du trafic

                           je pense à toutes les nonchalances

                           celles sacrées des vaches

                           et des chiens assoupis en bord de route.

                           Sous les ponts rôdent, grises, les misères.

                           Un matin, le soleil commençait seulement

                           à éclairer les remparts du City Palace d’Udaipur

Je voudrais comprendre les pensées des autres

                            de ceux de l’ailleurs, penser leurs pensées

                            et me perdre dans le nuage blanc du Taj-Mahal.

 

 

                             Janvier 2019.  François Déron

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 15:38
REVITALISER LA DEMOCRATIE FRANCAISE

Ces observations partent du postulat que depuis 1958 les éléments permettant un fonctionnement satisfaisant d’une démocratie active se sont peu à peu affaiblis jusqu’à créer une sorte dévitalisation de celle-ci.

PRINCIPES GENERAUX SUR LE FONCTIONNEMENT D’UNE BONNE DEMOCRATIE

 

Des partis politiques actifs dont la réflexion nourrie par des adhérents relativement nombreux conduit à l’élaboration de programmes appréhendables par les électeurs.

Des partis proposant des coalitions s’entendant sur un minimum consensuel connu des électeurs

Un corps électoral qui, dûment informé, s’implique massivement dans ces choix par ses votes.

Un parlement composé de députés à la fois représentatifs du nombre de voix reçus par ses partis, de la diversité territoriale du pays et de la composition en âge et en origine sociale de la population.

Un parlement dont les prérogatives soient clairement établies en regard des autres pouvoirs (exécutif et judiciaire).

Un pouvoir exécutif (le gouvernement) dont les rapports soient clairement définis avec, d’une part le Président de la République et, d’autre part, avec le Parlement.

SUR CES SIX POINTS LES OBSERVATION SUIVANTES

 

SUR LES PARTIS POLITIQUES

 

Progressivement les partis politiques français se sont vidés de leur substance. Les raisons tiennent à des éléments qui seront traités plus loin (Présidentialisme, prééminence de l’Exécutif, non respect dans ses fondements d’un régime qui demeure en principe parlementaire). Evidemment on peut voir ces évolutions comme des processus historiques qui se sont développés sur le long terme. Je pointerai d’abord l’obsession et une certaine perversion du fait majoritaire. La marque du gaullisme, sa méfiance congénitale à l’encontre du fameux régime des partis ont conduit à instaurer dans la pratique politique la notion de Majorité présidentielle (Celle-ci explicitement revendiquée dans le sigle UMP par exemple). Le fondement constitutionnel de cette notion est plus que discutable et notamment contradictoire avec le fait que la constitution demeure de type parlementaire. (Je n’entends pas ici ouvrir le débat constitutionnel, mais montrer que la façon biaisée dont on envisage ainsi le rôle des partis n’est pas pour rien dans leur progressif affaiblissement).

REVITALISER LA DEMOCRATIE FRANCAISE

DE LA CONSTITUTION DE COALITIONS

 

La constitution des coalitions s’est trouvée largement obérée par les dysfonctionnements de l’opposition traditionnels entre la droite et la gauche. D’abord, par la manière dont s’est opéré le rassemblement de la gauche. D’une part le parti socialiste qui se voulait l’axe fédérateur de cette union en est devenu l’élément totalement  dominant traitant son partenaire principal, le parti communiste au départ, comme un pourvoyeur de voix (nécessaire eu égard au mode de scrutin) dont il est chichement récompensé à partir de 1981 par de maigres responsabilités ministérielles. Je n’entends pas ici rendre principalement responsable l’un ou l’autre de ces deux partis. A la tentation du P.S. de marginaliser ses partenaires, aidé en cela par le mode de scrutin instaurant la fameuse notion de vote utile dont on n’a pas fini de mesurer les dégâts, donc à cette tentation du P.S. on peut apporter l’excuse des lignes pour le moins contradictoires adoptées par le parti communiste, avec ses replis sectaires et son obstination à lier la promotion d’une politique de classe à son appui, même modestement critique, aux pays du bloc de l’Est. Quoi qu’il en soit, les évolutions s’accélérant, on a vu devenir très discutable la notion de coalition permettant encore le succès de Lionel Jospin, mais qui est surtout devenue totalement illusoire avec l’élection de François Hollande dont la majorité présidentielle ne tiendra qu’à la prééminence du PS (si l’on exclut le modeste concours de Radicaux de gauche ou d’écologistes qui ne tarderont pas à s’éloigner.) On voit donc à gauche la distorsion se créer entre la réalité de la force électorale du Président Hollande (28,60% au premier tour) et l’ampleur de sa majorité parlementaire (environ 300 députés). Ceci rend insignifiant le fait de savoir si la gauche du PS (les électeurs de Jean-Luc Mélenchon) avec une autre stratégie auraient pu contrebalancer la dominante, dite alors social démocrate, de François Hollande. Le problème est en effet secondaire et c’est la logique de la fameuse Majorité présidentielle qui est la cause principale de cette situation (J’entends par là, la fameuse obligation de ratifier le choix présidentiel par l’envoi d’une majorité de députés de son camp.)

Ce qui est impressionnant c’est de voir combien les choix politiques doivent s’opérer dans un système contraint qui met en cause jusqu’à la liberté fondamentale de tout choix électoral. On voit d’ailleurs comment ces contraintes faussement partidaires ont fini par agir de façon délétère au sein même de la majorité parlementaire de François Hollande. 

REVITALISER LA DEMOCRATIE FRANCAISE

Les causes du dysfonctionnement de nécessaires coalitions ont été d’abord moins évidentes à droite. En effet les forces qui la composent comme l’UDF d’une part et les variantes du parti gaulliste (UNR, UDR, RPR) apparaissent comme bien formelles et les rivalités personnelles y jouent souvent un grand rôle. Tout change avec l’apparition du Front National de plus en plus important (même avec certaines variations comme son affaiblissement à la Présidentielle de 2007) On assiste ainsi à un certain parallélisme entre la gauche et la droite et sensiblement le même écart entre la Majorité présidentielle et la Majorité parlementaire. Le dernier avatar électoral caractérisé par l’apparition d’un mouvement qui se veut « et de droite et de gauche » ne va guère modifier  la distorsion subie par la notion de coalition (écart entre les 24,O1% de Macron et les 300 députés de la République en Marche.) Il est à ce point de vue curieux de constater que la notion de « Et de droite et de gauche » semblait impliquer cette notion de coalition. Il n’en fut rien car le Président, dans l’esprit du présidentialisme dominant préféra à une majorité parlementaire vraiment « Et de Droite et de gauche » assurer une large majorité au parti créé pour sa campagne électorale. On aurait pu imaginer qu’il ait laissé courir sous leurs propres couleurs des éléments issus du Centre gauche (anciens PS et anciens écolos et macroniens de ce bord) ceux plus proches du Centre droit (anciens UMP, centristes de tous poils) enfin, comme seuls ils l’ont fait, des éléments du Modem. Il eût été ainsi nécessaire que des choix s’opèrent entre les différents partenaires, mais le Président a préféré tout faire dépendre de ses choix personnels en dépit des aspirations variées de son électorat. Et l’on voit sans doute ici une des origines des difficultés actuelles.

REVITALISER LA DEMOCRATIE FRANCAISE

DE LA PARTICIPATION DES ELECTEURS

 

En principe, les éléments dont nous avons parlé ne sont pas censés expliquer de façon suffisante la diminution de l’esprit civique et l’augmentation des abstentionnistes. Certes il y a l’affaiblissement des partis politiques évoqués dans le point 1. Ceux-ci cependant continuent à nourrir des traditions, des positionnements voire des réflexes politiques, mais cette forme de rémanence ne va pas jouer sur une catégorie d’électeurs vivant sur des territoires qui n’ont pas connu leur action (notamment par des institutions de proximité, petites mairies, cantons ruraux, parties des centres villes). On aura reconnu l’impressionnante abstention dans ces fameux quartiers qui défraient souvent la chronique.

Il convient d’ajouter dans ces lieux la disparition de forces culturatrices  (le PCF et dans une moindre mesure la S.F.IO.) qui instauraient ce qu’on a pu appeler la culture des camarades avec ses valeurs, ses comportements, ses habitus dirait Bourdieu. On voit donc que ces populations, de surcroît souvent issues de l’immigration, ne s’inscrivent dans aucune tradition et ne trouvent aucun repère dans un paysage politique qui leur est parfaitement étranger. De plus, les motivations économiques, qui sous-tendent largement des choix électoraux, sont affectées par les effets d’une économie parallèle dont l’Etat n’a su vraiment ni réglementer ni organiser ni, a fortiori, abolir la pratique. Et à cet égard l’Institution n’est apparente pour ce jeune de banlieue que par son appareil répressif dont la présence ou les méthodes ne sont pas, de façon visible, liées à telles ou telles forces présentes au gouvernement. Ces phénomènes vont créer dans l’expression du corps électoral et sa participation aux scrutins de nouvelles distorsions. Entre les lieux d’habitation et les catégories d’âge liées aux structures démographiques des territoires  (à titre d’indication 74% des 18-24 ne voteront pas au second tour des législatif de 2017 et on voit ce que ce désengagement peut signifier comme symptôme d’un malaise démocratique).

REVITALISER LA DEMOCRATIE FRANCAISE

DES INEGALITES LIEES AU MODE DE SCRUTIN

 

Il est banal de constater les inégalités de traitement des diverses forces se confrontant lors des élections législatives du fait de notre mode de scrutin. Cette inégalité n’a cessé de s’accroitre au fil des diverses consultations. Elle atteint aujourd’hui une telle ampleur que l’on pourrait, en caricaturant à peine, évoquer les bourgs pourris dans l’Angleterre de la fin du XVIIIème. On me dira que finalement l’électeur choisit. Mais on reconnaîtra que c’est un curieux choix qui consiste à se résigner à être mal représenté, voire pas du tout représenté, comme ce fut le cas pour les électeurs du Front National lors des élections législatives de 2012. On m’objectera aussi que «  la formule au premier tour, on choisit au deuxième on élimine » laisse entendre qu’après avoir émis une préférence parmi les candidats de son propre camp, l’électeur se rallie à celui que le suffrage a désigné pour être celui qui affrontera le candidat du camp adverse. Ce système a très vite montré ses limites. Celle du fameux vote utile dont je parlais. Les traditions électorales de la circonscriptions, voire les sondages préfigurant le second tour conduisent l’électeur à moins affirmer ses convictions qu’à se conduire en stratège. A choisir celui qui aurait les meilleures chances de gagner. Et, au fil des ans, on a vu que cela conduisit à la prééminence de plus en plus en plus affirmée du Centre gauche d’une part, au détriment des partis se trouvant à la gauche du P.S dont le P.C.F. ou plus tard les écologistes.  Tout cela s’est accentué avec la décision prise par Jospin et Chirac d’inverser le calendrier électoral prévu et de commencer par l’élection présidentielle. Ainsi vont se cumuler les effets du scrutin uninominal à deux tours et celui de devoir apporter une majorité au Président. Cependant la fameuse bi-polarisation entre la droite et la gauche limitait en partie ces effets. La gauche et la droite dites de gouvernement conservant des places fortes et de ce fait une représentation honorable, même en cas de défaite aux Présidentielles. Ces deux forces s’accommodaient d’autant plus du système qu’il leur assurait un quasi monopole dans leur camp en éliminant ce qu’il fut convenu d’appeler les extrêmes. Mais depuis le paysage politique s’est singulièrement modifié. La République en marche a largement cannibalisé le Centre gauche et dans une moindre mesure le Centre droit. De ce fait, le sentiment que les législatives ne sont qu’une façon d’avaliser les Présidentielles et que, pour parler simplement, les jeux sont faits conduit à une abstention considérable et à des députés élus avec une part très faible des inscrits. On peut constater les problèmes créés par ces faits dans la crise actuelle des gilets jaunes. Chaque fois qu’un député de la majorité excipe de son statut d’élu pour donner du poids à ses décisions ou ses positions, il est entouré d’un certain scepticisme, comme si le verdict des urnes était peu convaincant.

L’autre aspect de notre mode de scrutin est qu’il aggrave le caractère très peu représentatif du corps social. On a souvent dit qu’il favorise les notables. Le scrutin de liste permettait de corriger les choses en plaçant à des situations éligibles des catégories variées. Ce que l’on voit, par exemple, dans les élections municipales. Le scrutin actuel pour les législatives aboutit au contraire  à une Assemblée contenant très peu d’employés et aucun ouvrier. A cet égard, il fut souvent reproché au scrutin de liste (plus ou moins proportionnel) de laisser trop de place aux manipulations des appareils des partis. Mais aujourd’hui, on voit  que le rôle joué par ces partis, devenus de vagues écuries présidentielles, est à revoir complétement. (cf plus haut) Il est également assez curieux de constater que La République en Marche qui n’avait guère en son sein (sauf les transfuges d’autres partis) de personnes ayant des positions acquises n’en a pas moins choisi dans son immense majorité des membres issus des classes sociales supérieures. Le poids ici du scrutin uninominal a sans doute joué, mais il faut ajouter à ceci une certaine conception techniciste de l’élu, choisi pour des compétences dans des domaines particuliers et non pour ses valeurs ou ses idéaux, comme citoyen. Enfin la cinquième République a manifesté dès ses débuts une fixation sur la nécessité absolue du fait majoritaire. Cette obsession s’est maintenue avec l’alternance, à l’exception des élections de 1986 où la chambre fut élue à la proportionnelle.

DE L’AFFAIBLISSEMENT DU RÔLE DU PARLEMENT

 

La présidentialisation constante de notre système politique a conduit (hors les périodes dites de cohabitation) à un abaissement tout aussi constant des prérogatives du Parlement. Cependant, cette évolution a précédé l’avènement de la cinquième République. En effet, la tendance à substituer aux lois d’origine parlementaire des décrets lois d’origine gouvernementale n’a cessé de s’amplifier. Contrairement à une idée largement admise, l’instabilité ministérielle de la Quatrième République était moins le fait de la toute puissance du Parlement que de sa faiblesse (Ici, il faudrait revenir sur les manœuvres électorales de la coalition dite de troisième force comme par exemple la fameuse loi des apparentements). Aujourd’hui, c’est une banalité de dire que le parlement est devenue une chambre d’enregistrement où le groupe majoritaire est censé, selon la formule célèbre, se soumettre ou se démettre. On a pu voir comment cette absence de circulation démocratique dans le groupe majoritaire a conduit sous Hollande à la fronde de certains élus sans que des mécanismes de conciliation soient possibles. (Non par entêtement des uns et des autres mais parce que les choix politiques ne relevaient plus, autour du Président, que du gouvernement, le tout créant le blocage que l’on a vu.) Aujourd’hui cette prééminence, y compris pour la production des lois est plus évidente que jamais, les députés du Groupe majoritaire n’étant soudés par aucun consensus politique ou idéologique, mais par la fidélité à un Président dont les décisions programmatiques demeurent, même si l’expression est un peu sévère, le fait du Prince. (De façon anecdotique, on a pu voir comment la commission parlementaire sur l’affaire Benalla a pu être soigneusement verrouillée).

REVITALISER LA DEMOCRATIE FRANCAISE

DES RAPPORTS ENTRE L’EXECUTIF ET LE LEGISLATIF

 

Les rapports entre l’Exécutif et le Législatif, comme ceux entre les diverses instances de l’Exécutif manquent totalement de clarté. Un certain équilibre aurait voulu que, d’une part le gouvernement soit responsable devant le Parlement par le mécanisme de la motion de censure, que, d’autre part, le Président dispose de l’arme de la dissolution. Or, on a vu que la possibilité d’agir par le Parlement,  soit par entente entre les groupes, soit par une décision du groupe majoritaire, est quasiment nulle. (il faudrait ici revenir sur l’utilisation de l’article V comme arme de dissuasion massive*) On voit également d’autres incohérences. Si le Premier Ministre est responsable devant les chambres, pourquoi cette étrange pratique de la lettre de démission remise au Président dès qu’il est désigné et dont le Président peut user comme il le souhaite ? (Voir Mitterrand/Rocard) Ces démissions ne sont pas liées à un désaccord politique entre le Premier Ministre et la Majorité qui le soutient et dont il est soi-disant le Chef. (Aujourd’hui de façon étrange le Premier Ministre n’appartient même pas à cette majorité.) Il peut apparaître normal que des désaccords politiques existent entre le Président et son Premier Ministre. Il apparaîtrait alors normal que ceux-ci soient exposés sinon à l’ensemble de l’Assemblée, au moins au groupe majoritaire. Cette clarté des débats fut pourtant absente de tous les précédents connus. Les séparations relevaient davantage d’incompatibilité d’humeur, comme on voit dans les couples, mais où le Premier Ministre n’avait aucune carte en main.

 

PROP0SITIONS

 

  1. A REHABILITATION AU MOINS MORALE DES PARTIS POLTIQUES, PERMISE AUSSI PAR LES MESURES QUI SUIVENT
  2. B. INSTITUTION DU VOTE OBLIGATOIRE ET DE CE FAIT RECONNAISSANCE DU VOTE BLANC (notons que la seule reconnaissance du vote blanc sans l’institution du vote obligatoire est d’un intérêt quasi nul)
  3. C. RETOUR AU SCRUTIN PROPORTIONNEL (Même mixte comme dans le système allemand permettant après un vote par circonscription une correction entre les partis) Dans ce système, il importe que des partis déclarent appartenir à une coalition clairement présentée aux électeurs. D. Dans ce cadre UNE PRIME A LA COALITION ARRIVEE EN TETE PERMETTRAIT DE DEGAGER UNE MAJORITE.
  4. D. INSCRIPTION DANS LA CONSTITUTION D’UN CALENDRIER IMPLIQUANT QUE TOUTE ELECTION PRESIDENTIELLE DOIVE SUIVRE ET NON PRECEDER L’ELECTION LEGISLATIVE.
  5. E. INSTAURATION ENTRE LE PREMIER MINISTRE (toujours nommé par le Président) ET SA MAJORITE PARLEMENTAIRE D’UN CONTRAT DE LEGISLATURE. Celui-ci ne pouvant être rompu que de façon clairement explicitée  aux électeurs. Crise pouvant être dénouée par les instruments traditionnels. Dissolution de l’Assemblée, Motion de Censure, mais aussi par une libre discussion dans une instance à créer entre les trois protagonistes (Président, Groupe majoritaire, Premier Ministre)
  6. F. PRATIQUES PLUS NORMALES DE L’ASSEMBLEE AVEC DES LOIS MAJORITAIREMENT PROPOSEES PAR L’ASSEMBLEE (Y compris celles émanant de tel ou tel groupe de l’opposition).

Yoland SIMON

* Ne s’agit-il pas plutôt du fameux article 49 ? (Note du déblogueur)

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 16:10
GENS DE GUERRE AU MAROC  (1912) Emile Nolly (1880-1914)

Il y a peu de guerre dans Gens de guerre. Malgré son titre, ce n'est pas un livre de guerre, mais un livre dans la guerre. Le récit, plus qu'une Iliade, se veut une Odyssée terrestre menant le narrateur de Casablanca à Fès, aller-retour sinueux, contre les tribus Beni m'Tir, Zemmour ou Zaër.

Le capitaine Émile Joseph Détanger (1880-1914), alias Émile Nolly de son nom de plume, est un militaire-écrivain, déjà actif dans l'armée de Cochinchine, du Cambodge et du Tonkin bien avant 1908. Il édite en 1912, ses Gens de guerre au Maroc, roman-récit semi-autobiographique. Les événements décrits portent sur l'année 1911, à la veille de l'instauration du Protectorat français.

GENS DE GUERRE AU MAROC  (1912) Emile Nolly (1880-1914)
GENS DE GUERRE AU MAROC  (1912) Emile Nolly (1880-1914)
GENS DE GUERRE AU MAROC  (1912) Emile Nolly (1880-1914)
GENS DE GUERRE AU MAROC  (1912) Emile Nolly (1880-1914)

La porte interdite des jardins de Meknès  

 

Qu’est-ce que Gens de guerre ? À peine un roman […]. Pas d’intrigue et pas de héros si ce n’est un narrateur. Plutôt un récit, un témoignage autobiographique ou mieux un essai. …Ou encore une Odyssée terrestre, passant par Rabat, Kenitra, Fez, Meknès, El Hajeb ou Tiflet…, sur des sentiers qui pour ne pas être seulement les Sentiers de la guerre et de l’amour (pour reprendre un titre de Maurice Le Glay), sont souvent ceux de la souffrance et de la misère, physiques et morales. C’est l’œuvre patriotique, militariste (et militante) d’un écrivain-soldat, tombé au champ d’honneur à 33 ans, durant la Grande Guerre, participant, par la conquête impériale, à la puissance et à la grandeur de la France. Au Maroc où il « fait colonne » (selon l’expression de Pierre Khorat), Avesnes, le comte de Blois, atteste qu’il tire de ses notes de campagne, ses Gens de guerre. Nolly appartient au convoi n° 2, dit Deuxième colonne du général Moinier (suivant la première du colonel Brulard et avant le troisième échelon du général Dalbiez), qui sauvera Moulay Hafid, assiégé dans Fez par les tribus berbères insoumises. Gens de guerre est donc un chant à la gloire de l’Armée française ultra-marine. Une question pourtant se fait jour : pourquoi Nolly ne mentionne-t-il pas Fez, où il est censé être allé, avec la 2e colonne Moinier ? Étrangement, dans son récit, Meknès occupe la place symbolique de celle de Fez. Pas de doute que Meknès soit une « ville interdite », comme le dira Nolly au chapitre VII. Les combats ont lieu, à partir du 5 juin 1911, pour débuter la deuxième partie de la campagne en commençant par Sefrou, et le 8 juin, les troupes épuisées prennent Meknès, que le narrateur présente, à l’aube, comme une ville interdite. C’est que « sous les murs », on est « hors les murs » et qu’il y a bien là, une « Porte interdite », la porte de l’Aguedal, ce jardin fortifié avec bassin et appartenant au sultan. Pierre Ibos, alias Pierre Khorat, nous explique qu'il est impossible de pénétrer dans la ville sans forcer la porte du jardin (du paradis terrestre ?). Ce passage de En colonne est capital : « Cette porte fermée, emblème des sentiments indigènes, doit céder à la violence pour que les destins soient accomplis. […] La barrière morale dressée par la révolte vaincue s’ouvre toute grande sur les jardins déserts »[1]. Khorat éclaire ici, par avance, les silences de son camarade Nolly : les énigmes multiples de l’enfer d’El Hajeb, des murs de Meknès et de leur porte interdite, enfin du paradis de l’Aguedal. La porte interdite devrait s’ouvrir sur le jardin du paradis marocain. Après les trois premiers chapitres de Purgatoire, pourrait-on dire, viennent trois chapitres infernaux… Et puis le Paradis dans les jardins de Meknès !

C’est donc après le 9 juin que Nolly peut s’écrier : « J’ai franchi la porte interdite ! Et je me suis enfoncé dans les jardins de l’Aguedal » (p. 41). Nolly décrit un paradis terrestre qui s’oppose à l’enfer, dernier mot du chapitre précédent. En réalité, le thème de la porte interdite, ouvrant sur des jardins secrets, appartient à la culture marocaine, car le principe du jardin-paradis marocain est d’être un jardin secret, caché par des murs, des remparts en ruines, et c’est toujours l’effet de surprise qui fait la beauté du jardin. Nous sommes ici au cœur de Gens de guerre, qui est, au fond, par un moyen non militaire mais littéraire, la quête de l’âme marocaine (pour reprendre la formule de Bonjean). Cette dernière pourrait ainsi être figurée, dans les murs, par un jardin secret auquel donne accès une porte interdite. Ce paradis marocain se révèle, sinon hors des murs, au moins comme extérieur au Maroc. Est-ce la porte du paradis du Maroc DANS les murs comme on pourrait s’y attendre ? Non, c’est un au-delà du Maroc qui est franchi, le Maroc lui-même ne pouvant être pénétré.

 

 

[1]  Pierre Khorat, En colonne au Maroc, Rabat, Fez, Méquinez, impressions d’un témoin, illustrations d’après les dessins de l’auteur, prépublication 1912, Paris, Librairie académique Perrin, 1913, deux formes sur Gallica, p. 150.

Le Général Moinier recevant la soumission de Moulay Zine

Le Général Moinier recevant la soumission de Moulay Zine

« Hors des murs !… »

Ces trois mots résument toute l’œuvre, si on les prend au pied de la lettre. Ils rejettent l’auteur dans une situation d’extériorité violente, qui le transforme en agresseur (honteux ?), dans l’expérience d’une profonde déréliction autant culturelle que politique. Hors des murs… Le « cosmopolitisme malheureux » de Nolly se révèle une prodigieuse attention à autrui, pas seulement au soldat, au tringlot, mais à l’autre en tant que même. Dans et hors l’action, Nolly n’est jamais dans la simplicité univoque, mais toujours dans l’ambiguïté des intentions. Homme et auteur complexe, il ne s’identifie pas complètement, dans ses relations avec les autres, à sa fonction, ni même entièrement, à la situation dans laquelle il se trouve. L’attention de Nolly n’est pas réservée au seul camp national français. Depuis longtemps, et bien avant Gens de guerre, dans Hiên le maboul (1908), et surtout dans La Barque annamite (1910), l’écrivain est déjà partagé (intérieurement déchiré ?) par une double postulation contradictoire. D’une part, servir, ce qui ne peut pas avoir été un hasard, sa vocation militaire, guerrière, patriotique et conquérante – comme celle de ses amis, Khorat, Avesnes… D’autre part, le désir humain, intellectuel, artistique, de rencontrer l’Autre, de langue, religion, culture, histoire, différentes, de pénétrer « dans les murs, par la porte interdite ». Ces profondes interrogations ne sont-elles pas encore plus cruciales au Maroc, même sous couvert de Protectorat ? C'est sinon un questionnement moral sur la colonisation, encore très rare en ce début de XXe siècle, au moins une lancinante question sur l’incommunicabilité des cultures et des civilisations. Tâche impossible, à cause du problème contradictoire qu’elle implique ? Nolly en conclut au vice fondamental de la rencontre des cultures, sous le signe de la guerre et de la domination.

GENS DE GUERRE AU MAROC  (1912) Emile Nolly (1880-1914)

Nous appelons l’attention du lecteur sur le fait que la dernière livraison de Gens de guerre, dans La Revue de Paris du 1er août 1912, ne contenait pas la dernière page du volume, après « Et puis des jours ont passé… » (p. 139), ajoutée intentionnellement pour l’édition originale, chez Calmann-Lévy. Ce ne peut donc être un hasard mais au contraire, un fait notable que la phrase ultime. Percevrions-nous dans cette petite phrase ajoutée in extremis, durant les mois précédents, une forme de pis-aller, de dédouanement, de repentir ? Ces jours qui ont passé constituent-ils la véritable expression d’une double postulation quasi simultanée, ouvrant le texte sur l’espérance d’une fin heureuse de la colonisation comme en Indochine ? Bien sûr, la dominante générale du texte est largement militaire (cf. la dédicace aux camarades), avec sa volonté d’exaltation de l’armée coloniale et de l’armée tout court, avec ses alertes, ses bivouacs, ses tringlots, soldats français ou indigènes, arabes et noirs. Telle est bien l'intention affichée, officiellement déclarée, constituant en cela, un témoignage d'époque irremplaçable. Mais un siècle après, nous nous donnons aujourd'hui, le droit d'une lecture polysémique contextualisée encore plus enrichissante, prenant en compte différents degrés de conscience : idéologique, existentiel, esthétique. Un second degré se dévoile avec ses soirs de nostalgie, sa porte interdite, son jardin caché, ses chanteuses, ces murs hors desquels on reste, faisant qu'au contraire de l'Extrême-Orient, Indochine, Tonkin, et pour des raisons  certainement historiques, notre écrivain ressent en 1911 au Maroc, un malaise et un trouble ni péjoratifs ni dépréciatifs mais plutôt à l'honneur de son intériorité fragmentée, divisée, profondément scindée. Le militaire et l'écrivain  constituent ainsi deux personnalités différentes en confrontation directe.

Les notations de dates sont rares dans gens de guerre. Celle du « soir tiède et morne de septembre » (1911, p. 136) dans le dernier chapitre, est la seule exceptée la mention du 14 juillet manqué avec Moulay Hafid. La suite de la phrase en est d’autant plus remarquable, annonçant le « jamais nous ne serions pleinement heureux » (p. 138 ; nos italiques). Pas de doute que nous ne nous trouvions ici au cœur du récit lorsque l’auteur perçoit parfaitement, à travers un chant arabe, la vie et la civilisation qu’en tant que colonisateurs, les soldats français affrontent. En effet, autant que la guerre, la religion ou la musique sont les manifestations les plus caractéristiques des civilisations, à l’occasion desquelles deux peuples peuvent mutuellement se démoraliser. C’est qu’il y a beaucoup de chanteuses dans l’œuvre, dès le deuxième chapitre, si capital qu’il offre, comme nous l’avons dit, toutes les clés, herméneutiques et heuristiques, des portes de l’ouvrage, et en particulier celles problématiques du « paradis marocain » (p. 10). Chaque fois, dans ces deux chapitres, s’effectue une curieuse alliance, exposée sous l’acétylène, entre la vulgaire sensualité européenne, et la vénale prostitution marocaine : maquillage et tatouage en sont les signes. C’est pourquoi lorsque retentit, d’un patio intérieur, « la voix de femme qui chantait dans la nuit » (p. 137), nous pensons bien avoir enfin trouvé l’intériorité de l’âme marocaine évoquée par Bonjean, souffrante, blessée, mais qui par là-même, exclut le conquérant. Voilà qui complexifie singulièrement le sens et la valeur de cette phrase que nous mettons en relief : « Jamais nous ne serions pleinement heureux, parce que nous étions condamnés à rôder éternellement, hors des murs… » (p. 138).

GENS DE GUERRE AU MAROC  (1912) Emile Nolly (1880-1914)

Un héroïsme du quotidien militaire

 

Nous insisterons sur la figure de Maurice Barrès, et sa mystique nationale enracinée, patriotique, antiparlementaire, mais ni monarchiste, ni catholique, pouvant supporter une forte dose de républicanisme, finalement très individualiste, et même aristocratique. Culture de guerre ? S’il y a une mystique (au-delà du catholicisme), c’est celle de la souffrance. Ce chant à la gloire de l’Armée française ultra-marine, est surtout à celui de l’abnégation des soldats conscrits. Plus que dans l’épopée militaire, c’est dans la description de la souffrance des tringlots, pour une cause qui les dépasse, que l’auteur excelle. Toutes les autres causes morales, sociales ou politiques sont poussées "aux oubliettes". Seul demeure un dévouement quasi mystique, une abnégation militaire et patriotique. Avesnes confirme que ce qui fait de l’héroïsme une mystique, ce ne sont pas les grands gestes, mais une série de réactions physiques quasi animales. Encore davantage qu’au cours de violents combats, c’est dans les petits faits de la vie quotidienne militaire (souvent sordide) que se révèle l’héroïsme de l’homme de troupe. Tribut ou fardeau de métier ? Certes… Mais reste à savoir au nom de quoi accepter toute cette souffrance et cet échec, en apparence absurdes ou inutiles ? Sinon celui d’une forme extrême d’héroïsme paradoxal, au sens où, comme chez Maurice Barrès, l’idée de patrie n’est justement plus qu’une idée, un simple prétexte, pour s’élever au-dessus de soi-même, pour « faire la pige » au destin. Le narrateur se demande pourquoi quatre goumiers algériens sont venus mourir sur la terre étrangère du Maroc, comme lui-même semble risquer sa vie pour un consortium de banques internationales (p. 74). Pour l’auteur, le nationalisme devient donc une manière de se donner à plus grand que soi, une mystique difficile à saisir tant son véritable objet semble échapper, mystique militaire du quotidien, mystique de la souffrance pour l’armée ou la patrie, ou plutôt quête de leur fantôme énigmatique dans leur absurdité même.

GENS DE GUERRE AU MAROC  (1912) Emile Nolly (1880-1914)
GENS DE GUERRE AU MAROC  (1912) Emile Nolly (1880-1914)

L'Harmattan 21 €

Cet article a été rédigé pour l'Encyclopédie de la colonisation française (sous la direction d'Alain Ruscio).

 

Gérard Chalaye a enseigné au Lycée Tarik ibn Zyad, qui a succédé au collège berbère, à Azrou. G. Chalaye est un membre éminent de la Société internationale d'études des littératures de l'ère Coloniale (SIELEC) et membre de l'Association des amis d'Azrou (AAA)

Bibliographie sélective

Émile Nolly, pseudonyme du capitaine Émile Détanger

Hiên le Maboul, Ed. Originale, Paris, Calmann-Lévy, 1908, Rééd., Autrement Mêmes, Paris, L'Harmattan, 2011

La Barque annamite : roman de mœurs, Ed. Originale, Paris, Fasquelle, 1910, Rééd., Pondichéry-Paris, Kailash, 2008

Gens de guerre au Maroc, Ed. Originale, Paris, Calmann-Lévy, 1912, Rééd. , Présentation de Gérard Chalaye, Autrement Mêmes, Paris, L'Harmattan, 2018

Le Chemin de la victoire, Ed. Originale, Paris, Calmann-Lévy, 1913, Reprints, Nabu Press, 2010 (texte brut)

Le Conquérant : journal d'un indésirable au Maroc, Ed. originale, Paris, Calmann-Lévy, 1916, Rééd., Présentation de Guy Riegert, Autrement Mêmes, Paris, L'Harmattan, 2015 

 

Compléments très sélectifs

Avesnes, pseudonyme du Comte de Blois, Émile Nolly, capitaine Détanger, Revue des deux mondes, t. 29 (1915) et gallica

Chalaye Gérard, Présentation et annexes à Émile Nolly, Gens de guerre au Maroc, Rééd., Autrement Mêmes, Paris, L'Harmattan, 2018

Khorat Pierre, pseudonyme de Pierre Ibos, En Colonne au Maroc, Rabat, Fez, Méquinez : impressions d'un témoin, Paris, Librairie académique Perrin, 1913, et gallica

Khorat Pierre, pseudonyme de Pierre Ibos, Scènes de la pacification marocaine, Paris, Librairie académique Perrin, 1914, et gallica 

Voinot Colonel L ., Sur Les traces glorieuses des pacificateurs du Maroc, Paris, Charles-Lavauzelle & Cie, 1939

 

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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 08:04

Retraitées ou salariées, mariées ou pacsées, si, comme pour la majorité du sexe dit faible, vos revenus propres sont inférieurs à ceux de votre légitime, OPTEZ POUR LE PRELEVEMENT A LA SOURCE INDIVIDUALISE !

Je viens de me coltiner la déclaration de revenus (encore des bogues en plein milieu d’après-midi, mais moins que l’an passé !) J’avais auparavant surfé sur le net pour comprendre la différence entre les trois taux de prélèvement à la source et m’étais fait ma petite idée. Lorsque le site impôt gouv fr. m’a fait apparaître le montant dit PERSONNALISE* (tu parles !) au taux indifférencié qui ne tient aucun compte des écarts de rémunération et qui est le taux par défaut, je suis allée comparer avec le montant INDIVIDUALISE** qui propose LOGIQUEMENT un taux adapté aux revenus de chacun et que j’ai bien sûr sélectionné. Cela ne change rien au montant global (ni, pour nous, à notre mode fonctionnement : nous possédons des comptes joints) mais je trouve l’option par défaut inéquitable et de très mauvais goût. Longtemps considérées comme des MINEURES (je suis de celles qui ont dû présenter l’autorisation du conjoint pour ouvrir mon premier compte bancaire) voilà maintenant que par le biais de l’option par défaut  on nous MAJORE aujourd’hui les ponctions.

Basta !

Petit exemple simplifié (et rectifié car dans l'exemple c'était la dame qui gagnait le double du Monsieur ce qui est possible mais statistiquement beaucoup plus rare)

Petit exemple simplifié (et rectifié car dans l'exemple c'était la dame qui gagnait le double du Monsieur ce qui est possible mais statistiquement beaucoup plus rare)

Et puis il faut penser aux accidents de la vie : quid en cas de séparation ? Le délai de prise en compte d’une modification est de 3 mois ; dans une période où les difficultés financières sont bien souvent au rendez-vous, pas la peine d’en rajouter.

Enfin, je conseille bien entendu aux mecs qui seraient dans la même situation que la plupart des nanas de sélectionner le prélèvement individualisé

VOUS POUVEZ MODIFIER VOTRE CHOIX JUSQU’EN SEPTEMBRE. N’HESITEZ PAS.

MFL (dite MLF depuis le début des années 70)

*et** Par curiosité, je suis allée consulter le dictionnaire des synonymes http://www.crisco.unicaen.fr pour le terme personnalisé. Il affiche en proximité immédiate individualisé! No comment...

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9 décembre 2017 6 09 /12 /décembre /2017 14:38
Johnny et moi

C’était en 2000. Laetitia Masson tournait des scènes de Love me au casino d’Etretat. J’avais été choisi comme figurant pour une figure d’habitué du lieu. J’avais pour ce rôle – Oh combien délicat – revêtu un magnifique costume que mon gendre venait juste de m’offrir car il ne le mettait plus. Je devais traverser la salle du casino d’un pas ferme et déterminé si différent de la démarche chélonienne* qui est d’ordinaire la mienne. En attendant ce temps fort, Laetitia tournait quelques prises avec Johnny qui avait aussi un rôle dans le film. Il revenait de sa prestation pour s’asseoir dans le hall d’entrée, non loin du siège que la production – ou le hasard – avait placé pour moi à cet endroit. Cependant, les figurants avaient été auparavant  dûment admonestés. Ils étaient là pour les besoins du film et non pour importuner les vedettes. Donc, je respectai les consignes et, tout en regardant l’idole du coin de l’œil, j’évitai de lui adresser la parole. Il n’était toutefois pas interdit à Johnny de me parler. Il n’en fit rien et encore aujourd’hui j’admire cette délicatesse qui le conduisit à ne pas troubler mon recueillement ni à nuire à ma concentration. Hélas de tout ceci il ne reste rien, car ma majestueuse déambulation à travers le casino d’Etretat fut coupée au montage par cette maudite Laetitia Masson. Une même avanie se produisit quelques années plus tard avec Gérard Miller qui m’avait fait venir de Saint-Tropez à Paris pour un film sur Laurent Ruquier et qui finalement me supprima comme ce pauvre Léon sur les photos retouchées par son ami Joseph**. Mais la postérité un jour me vengera.

 

Yoland Simon

* Mot tiré du grec ancien χελώνη, khelônê (« tortue »).

 

** Il est à craindre qu'ici l'ami Yoland se compare à Lev Davidovitch Bronstein (en russe : Лев Давидович Бронштейн) plus connu sous le nom de Léon Trotsky et gommé des photos post 1917 par un certain Joseph Staline.

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 14:10

Supplique à Nicolas Sarkozy

Et à Zemmour, Finkie et consorts.

Supplique

Si vous aimez vraiment la France

Cessez à toutes occasions

De servir l’écœurante mélasse

De vos patriotiques protestations

Si vous aimez vraiment la France

Cessez de cuire et de recuire

D’insanes brouets maurassiens

Dans vos marmites électorales

Si vous aimez vraiment la France

Cessez de le beugler dans les micros

Et d’en pisser la copie

Dans toutes les librairies

Si vous aimez vraiment la France

Cessez d’en touiller l’Histoire

Pour en faire des contes bleus

Au service de votre gloire

Si vous aimez vraiment la France

Cessez d’en faire une chapelle

Où vos cohortes de fidèles

Saluent vos résurrections.

Si vous aimez vraiment la France

Oubliez là quelquefois

Car nous aussi on l’aime bien

Sans en faire tant de tintouin.

Yoland

 

Contribution de Yoland Simon

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