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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 21:30
Cher Pays de notre enfance

"Il y a deux Histoires : l'Histoire officielle, menteuse, qu'on enseigne, puis l'Histoire secrète, où sont les véritables causes des événements, une histoire honteuse."

Robert Scarpinato, procureur général de Palerme

 

NB Ce qui n'implique pas qu'il faille céder aux démons du complotisme

Cher Pays de notre enfance

Assassinat d’un juge en 1975, assassinat d’un ministre, déguisé en suicide, en 1979. Et derrière au moins la deuxième affaire, celui qu’on veut nous faire passer pour quasiment un saint homme… Jacques Chirac.  L’ouvrage est singulier qui se sert de la BD non pour mener une reconstitution ou illustrer un pan d’histoire, mais pour décrire une enquête.

La BD et l’Histoire font bon ménage. Alix le Gaulois, de Jacques Martin, reconstituait la vie gallo-romaine. Et combien de BD moyenâgeuses, avec des chevaliers sans peur et sans reproche massacrant allègrement les infidèles, ont nourri nos fameuses racines chrétiennes ? Plus sérieusement, le livre de Preston sur la Guerre d’Espagne a été illustré avec son accord. Quant à Enki Bilal avec Les Phalanges de l’Ordre Noir, en 1979, l’année même de l’assassinat de Boulin, il imagine un sinistre combat entre un groupuscule d’ex-phalangistes s’en prenant encore aux survivants républicains.

Cher Pays de notre enfance

Mais Etienne Davodeau – auteur de bandes dessinées – et Benoît Collombat – journaliste - nous font vivre leur enquête sur les meurtres du juge François Renaud le 3 juillet 1975, puis sur celui de Robert Boulin, maquillé en suicide, le 30 octobre 1979. Entre les deux ils font parler les témoins des méfaits des milices patronales du CSL. Et derrière cela le SAC, l’oxymorien Service d’action civique – qui n’avait rien de civique – et qui sera dissous après le massacre d’Auriol, le 18 juillet 1981.

Cher Pays de notre enfance

Nos deux enquêteurs interrogent François Loncle, membre de la commission d’enquête parlementaire sur le SAC. Bizarrement, on lui fait dire « je suis devenu député en 1976 », alors que, s’il a fait une campagne fort bien appuyée par Mitterrand et Mauroy (alors qu’il était à l’époque Radical de Gauche) en 1978, il ne fut élu qu’avec la vague rose de 1981.

Il évoque le « système Tomasini ». René Tomasini qui fut secrétaire général de l’UDR (qui deviendra RPR, UMP et LR), Maire des Andelys, sévissait dans la circonscription voisine, à l’époque IVe de l'Eure, devenue Ve.

Incidemment on croise les noms du Juge Fenech et du Juge Bruguière : le premier enterra l’affaire Renaud, l’autre ne donnera pas suite à un dossier d'agressions anti-syndicales impliquant le SAC.

Le juge Renaud comme le ministre Boulin avaient été de grands résistants. Les deux furent victimes d’une officine, ce SAC, qui se réclamait du gaullisme !

Cher Pays de notre enfance

Et ces « années de plomb » sont celles où Chirac, de trahison en trahison – Chaban-Delmas en 1974, Giscard d’Estaing en 1981 (où le vote chiraquien pour Mitterrand a dû compenser le « vote révolutionnaire » du PCF pour… Giscard) – avait pris la tête du parti dit gaulliste !

Certes au moment de l’affaire, en Juin 1971 - le hold-up, jamais vraiment, résolu de la Poste de Strasbourg qui, dix ans après, faisait encore bouillir Robert Galley, ex-Ministre des Postes de l’époque et Trésorier de l’UDR - qui entraînera l’assassinat du juge Renaud 4 ans plus tard, le chouchou de Pompidou, Ministre délégué auprès du Parlement, n’est pas à la tête de l’UDR.

Mais, au moment de son assassinat, Robert Boulin représentait un potentiel concurrent. Ce résistant, gaulliste authentique, était annoncé comme futur premier ministre de Giscard, avant qu’une sombre histoire de terrain acheté à Ramatuelle ne vienne ternir son image.

Histoire ancienne ?

Pourtant comme des échos à une histoire toute récente. Foccart et la françafrique (Gabon notamment) alimentant les caisses de l’UDR puis UMP : les valises de Takieddine débarquant chez Guéant… sans oublier Alexandre Djouhri…

Et les petits meurtres entre amis sont moins sanglants, mais peut-être aussi efficaces. Fillon aurait dû lire « Cher Pays de mon enfance ».

Cher Pays de notre enfance

CHER PAYS DE NOTRE ENFANCE

Enquête sur les années de plomb de la Ve République

Scénario d'Etienne Davodeau et Benoît Collombat

Dessin d'Etienne Davodeau

FUTUROPOLIS

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 15:24
MITTERRAND 1978 et 1979

26 octobre 2016 centième anniversaire de la naissance de François Mitterrand

8 janvier 1996, 20 ans donc, François Mitterrand mourrait d’un cancer diagnostiqué peu après son élection en 1981.

 

Mes clichés remontent à 17 et 18 années plus tôt.

De janvier et février 1978 à Bernay et Louviers dans l’Eure.

Puis, l’année suivante, du Congrès de Metz en avril.

BERNAY (Eure) 17 janvier 1978
BERNAY (Eure) 17 janvier 1978
BERNAY (Eure) 17 janvier 1978

BERNAY (Eure) 17 janvier 1978

Mitterrand fut sans doute avec De Gaulle, le seul homme d’état de la Ve république. Ni Pompidou, ni Giscard n’ont eu cette stature. Encore moins Chirac. Ne parlons pas de Sarkozy !

BERNAY (cliquer pour agrandir)BERNAY (cliquer pour agrandir)BERNAY (cliquer pour agrandir)
BERNAY (cliquer pour agrandir)BERNAY (cliquer pour agrandir)
BERNAY (cliquer pour agrandir)BERNAY (cliquer pour agrandir)

BERNAY (cliquer pour agrandir)

Hollande s’y est hissé il y a un an, après les attentats de Charlie et de l’Hyper Casher. Lors de la manifestation géante où il avait su réunir de nombreux chefs d’état et de gouvernement, le comportement grotesque et indécent, eu égard aux circonstances, de son prédécesseur, eût dû le disqualifier à jamais.

Hélas, en septembre, Hollande n’a pas su retrouver le souffle de janvier. Il s’est enlisé dans une opération politicienne à courte vue.

LOUVIERS (Eure) 22 février 1978

LOUVIERS (Eure) 22 février 1978

LOUVIERS (cliquer pour agrandir)LOUVIERS (cliquer pour agrandir)
LOUVIERS (cliquer pour agrandir)LOUVIERS (cliquer pour agrandir)
LOUVIERS (cliquer pour agrandir)LOUVIERS (cliquer pour agrandir)
LOUVIERS (cliquer pour agrandir)LOUVIERS (cliquer pour agrandir)

LOUVIERS (cliquer pour agrandir)

Certes De Gaulle comme Mitterrand savaient aussi, en laissant faire pour l’un ou en s’y employant pour l’autre, s’adonner à de petites manœuvres politiciennes. Voire à de franches crapuleries. Le SAC, officine de basses œuvres, est apparu sous l’œil distrait de De Gaulle.  Comment excuser Mitterrand d’avoir mis sur orbite Tapie uniquement pour savonner la candidature de Rocard à des élections européennes et ainsi le disqualifier pour les présidentielles ?

 

Gageons que les roquets habituels des deux extrêmes remettront la Francisque sur le tapis. Alors que Mitterrand fut un indéniable résistant*. L’Algérie aussi reviendra sur le tapis, comme si, en 1954, beaucoup avaient pris conscience de l’enjeu des évènements.

 

En face, les thuriféraires mettront, en avant, à juste titre, l’abolition de la peine de mort. 1981 s’inscrivit aussi dans la continuation de 1936 avec la 5e semaine de congés, les 39 h, la retraite à 60 ans. Il vaut mieux oublier, en revanche, les calamiteuses nationalisations à 100 %, qu’un Bérégovoy puis un Jospin liquidèrent plus tard.

Mais homme d’état il le fut lors du fameux virage de 1983 en faisant le choix de l’Europe.

Choix qui se symbolisera dans la fameuse image de Mitterrand et Kohl à Verdun : le couple Franco-Allemand devint vraiment le moteur de la construction européenne.

Mitterrand, homme d’état, il le fut aussi lors de la crise des euromissiles. « Les pacifistes sont à l'Ouest et les euromissiles à l'Est. » ironisait-il en soutenant une réponse ferme à l’installation des SS-20 soviétiques en Europe de l’Est. Il le fut encore en appuyant la riposte états-unienne à l’annexion de Koweit par Saddam Hussein.

Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)
Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)
Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)
Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)

Congrès de METZ avril 1979 (cliquer pour agrandir)

Congrès de Metz : Michel Rocard et Jean-Pierre COTCongrès de Metz : Michel Rocard et Jean-Pierre COTCongrès de Metz : Michel Rocard et Jean-Pierre COT

Congrès de Metz : Michel Rocard et Jean-Pierre COT

Mitterrand en conciliabule avec Jospin, puis Chevènement enfin les deux Mitterrand en conciliabule avec Jospin, puis Chevènement enfin les deux Mitterrand en conciliabule avec Jospin, puis Chevènement enfin les deux
Mitterrand en conciliabule avec Jospin, puis Chevènement enfin les deux Mitterrand en conciliabule avec Jospin, puis Chevènement enfin les deux

Mitterrand en conciliabule avec Jospin, puis Chevènement enfin les deux

Congrès de Metz : Jean Poperen (anti rocardien convaincu)Congrès de Metz : Jean Poperen (anti rocardien convaincu)

Congrès de Metz : Jean Poperen (anti rocardien convaincu)

Congrès de Metz : intervention de Michel RocardCongrès de Metz : intervention de Michel Rocard
Congrès de Metz : intervention de Michel Rocard
Congrès de Metz : intervention de Michel RocardCongrès de Metz : intervention de Michel Rocard

Congrès de Metz : intervention de Michel Rocard

Congrès de Metz : intervention de François Mitterrand
Congrès de Metz : intervention de François Mitterrand
Congrès de Metz : intervention de François Mitterrand

Congrès de Metz : intervention de François Mitterrand

Pour en revenir à mes clichés, il est à noter qu’à Louviers Mitterrand venait soutenir un jeune loup Rad-Soc à l’époque, François Loncle – surnommé plus tard mini-tonton - qui obtiendra aussi la visite de Pierre Mauroy. Il avait de l’entregent le jeune journaliste qui devra cependant attendre la déferlante rose de juin 1981 pour conquérir l’ancienne circonscription de Pierre Mendès-France.

 

L’année suivante, le Congrès de Metz sera marqué par l’affrontement Mitterrand-Rocard. Mépris et haine réciproque marqueront leur relation.

Mitterrand saura cependant faire appel à Rocard comme 1er ministre, mais en faisant tout pour lui compliquer la tâche, avant de le démissionner pour le remplacer par la plus calamiteuse 1ère Ministre – la 1ère et unique dans la fonction – Edith Cresson.  

Panthéon 21 mai 1981

S’il faut garder une image de François Mitterrand c’est celle où, seul dans la crypte du Panthéon, ce 21 mai 1981, après Jean Moulin et avant Jean Jaurès, il va déposer une rose sur la tombe de Victor Schoelcher. Et toute cette cérémonie qui pouvait sombrer dans la pompe grandiloquente, pour tous ceux qui depuis des années œuvraient pour que cette victoire advienne**, fut un grand moment d’émotion. Comme une apothéose.

 

Même si nous savions qu’ « Enfin les difficultés commençaient pour nous ! » et que, contrairement à Marceau Pivert à qui Rocard prêtait cette citation, nous savions aussi que tout n’était pas possible.

 

* Proche il est vrai de Frenay et Bénouville dont Cordier a pu décrire le rôle nuisible qu’ils ont joué à l’encontre de Jean Moulin dont Mitterrand honorera la mémoire au Panthéon.

 

** Une pensée toute particulière pour les camarades de Mont-Saint-Aignan puis de Vernon avec qui j'ai collé des milliers et des milliers de Poing-et-la-Rose, distribué des tonnes de tracts, organisé des campagnes, etc. Sans oublier l'Avant-Seine brièvement évoquée avec Yvan Parrault.

D'un des contributeurs du site

Deux petites remarques histoire de polémiquer un peu.

Aussi sympathique soit son auteur le témoignage de Cordier n'est pas parole d'évangile et la personnalité un peu rugueuse de Frenay a conduit à instruire un peu vite son procès. (J'en conviens les communistes participèrent à ce sournois discrédit dont il fut la victime). Il râlait c'est vrai contre Jean Moulin mais il avait pour lui la connaissance du terrain intérieur, ce qui n'était pas toujours le cas des gens de Londres qui parfois se faisaient un peu tirer l'oreille pour apporter leur aide ou au moins qui sous estimaient l'ampleur des besoins.


Ton jugement très sévère sur Edith Cresson est juste sans doute mais il ne doit pas occulter la responsabilité de Bérégovoy, furieux de ne pas avoir été nommé, et qui ne cessa de lui savonner la planche (pas celle à billets). De surcroît, Edith ne disposait guère du soutien des barons du PS qui avaient, eux, leur propre écurie. Il est vrai qu'elle ne les ménageait pas et qu'elle n'avait pas, comme Rocard plus tard, l'art de passer entre les gouttes.

YS
 

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 13:54
Oierre Mauroy au Congrès de Metz

Oierre Mauroy au Congrès de Metz

Pierre Mauroy, c'était une voix, une voix grave, profonde et modulée, avec du coffre, du volume. Voix qui s'enflait, mais qui savait aussi prendre le ton de la confidence.

Un orateur, un vrai. 

 

C'est en tant que tel que j'ai eu l'occasion de la photographier à Louviers, ville ô combien chère à tous ceux qui ont admiré Mendès-France. Il venait y soutenir la candidature de François Loncle, le 25 janvier 1978. Il y a 35 ans. Il avait à peine 50 ans. Je l'ai revu au fameux Congrès de Metz qui a vu, grâce à Deferre, sa défaite avec celle de Michel Rocard auquel il s'était allié.

Puis il fut le 1er Premier ministre socialiste de 5e République...

Hommage à Pierre Mauroy
Hommage à Pierre Mauroy
Du temps du "programme commun" !

Du temps du "programme commun" !

Hommage à Pierre Mauroy
Hommage à Pierre Mauroy
Hommage à Pierre MauroyHommage à Pierre Mauroy
Hommage à Pierre Mauroy
Hommage à Pierre Mauroy

Dernier salut à ce grand camarade, persévérant défenseur de la recherche de la synthèse, de ce qui unit contre ceux qui divisent.

 

A lire :

Le témoignage de Pascal Lamy avec qui j'ai mené campagne dans le canton d'Ecos pour l'élection de Suzanne Deschaux-Beaume (1979)...

Celui de Jacques Delors bien sûr et l'entretien de Robert Badinter au Nel Obs

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 21:00

Je m'apprêtais à dire tout le mal que je pensais d'un « mao-spontex » (éponge à propagande chinoise style Mélenchon) quand, au hasard d'un zappage pour échapper à la Dame Laborde sur la 2, puis à Le Pen sur I-télé, je suis tombé sur la fin d'un documentaire sur la mort de Pierre Bérégovoy à Nevers, il y a quinze ans, sur la chaîne parlementaire. Sobre et clair, sorti il y a cinq ans. Avec cet extrait de l'éloge funèbre de François Mitterrand sur les chiens qui l'avaient poussé au suicide (une des rares taches du Canard enchaîné, une des nombreuses taches d'Edwy Plenel, pitbull attaché à sa perte).

Puis, dans un studio ascétique, un échange entre trois témoins. Que dire de Blondel ? sinon moâ, moâ et Beregovoy (quand je l'ai rencontré, je lui ai dit..., quand j'ai été à Nevers l'année précédente...) etc. etc. etc. comme il dit. Retrouver le « mini tonton » comme nous le surnommions impertinemment en 1981 et après, François Loncle, un moment nostalgique et une parole vraie, pour montrer comment Pierre Bérégovoy, qui succédait bien trop tard à la calamiteuse Edith Cresson, prenait sur lui la défaite cinglante des socialistes. Mais, le plus pertinent était Gérard Carreyou qui sut décrire comment Pierre Bérégovoy, s'enfermant dans son honneur bafoué, fut conduit au suicide.

En 1978, ce voisin à l'époque - il venait de Seine-Maritime - fut le principal orateur d'une fête de la Rose à Gaillon dans l'Eure : cet album sera un modeste hommage à ce grand honnête homme.

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