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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 18:27
FN Son vrai visage

Marine Le Pen, son père et son parti devraient crouler et s’écrouler sous les affaires qui les accablent plus que le cul-bénit de Solesmes. Mais cela a autant d’effet sur leur électorat que l’eau sur les plumes d’un canard.  Le faux patriotisme qu’elle arbore et le FRANCEXIT qu’elle propose – sortie de l’Europe, retour au franc – ne peut conduire qu’à une catastrophe économique dont pâtiraient d’abord ceux qui la soutiennent. Qu’importe, ils clament que « Nous sommes au bord du gouffre, mais nous allons faire un grand pas en avant ! ».

FN Son vrai visage

Questions casseroles, les Le Pen et leur(s) parti(s) n’ont rien à envier à Fillon. Sauf que leurs emplois fictifs d’assistants parlementaires européens n’avaient pas pour but – au moins connu, car il y eut des emplois familiaux ou concubinaux – un enrichissement personnel, mais de détourner les fonds d’une Europe qu’ils exècrent au profit de leur parti. La brochure de la Fondation Jean Jaurès sur le vrai visage du FN, vu du Parlement européen, nous précise que :  

"Dès le début de cette mandature, les services du Parlement ont eu des soupçons (…), tout laissait penser que les fonds du Parlement étaient détournés pour rémunérer et former les cadres du FN. L’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OLAF) a alors été saisi pour mener une enquête pour abus de confiance. De son côté, le Parquet de Paris a lancé une enquête judiciaire concernant pas moins de 29 assistants de parlementaires FN (…) le 15 décembre 2016, une information judiciaire a été ouverte en France pour abus de confiance, escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé. Si les faits reprochés sont attestés, cela pourrait représenter un préjudice de plusieurs millions d’euros pour l’institution. (…) Jean-Marie Le Pen a déjà été mis en cause pour une affaire d’emploi présumé fictif entre 2007 et 2014 et doit rembourser 320 000 euros. Le Parlement européen réclame également 340 000 euros à Marine Le Pen, toujours pour des  soupçons d’emplois fictifs. Marine Le Pen a vu son indemnité parlementaire ainsi que ses indemnités de séjour divisées de moitié et la totalité de son enveloppe des frais généraux supprimée. Sa cheffe de cabinet financée par le Parlement européen, Catherine Griset, a été mise en examen pour recel d’abus de confiance fin février 2017."

Et qui sait que chez les proches de Marine Le pen, quelques noms figurent sur les fameux Panama Papers ? Ainsi une agence de communication, Riwal, travaillant pour le FN et dans laquelle on trouve notamment Nicolas Bay ou Jean-François Jalkh, ferait dans les fausses factures et les sociétés écrans, dans des lieux exotiques comme Panama, bien sûr, les îles vierges britanniques, Hong-Kong ou Singapour.

Le mandataire du compte en suisse du papa – eh oui ! le patriote borgne aurait mis à l’ombre helvétique un petit viatique de plus de 2 millions d’euro – Gérald Gérin, ainsi qu’un certain Crochet, figure sur ces panama papers.

Les prêts russes

Le Gérald Gérin mérite une double attention car il était le trésorier d’un micro-parti, Cotelec, par où a transité un des prêts russes dont MLP a bénéficié. En effet, pour financer la campagne européenne, Aymeric Chauprade, avait négocié un prêt de 2 M€ auprès de la société chypriote Vernonsia, émanation de la banque d’État russe VEB Capital.

L’eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser avait précédemment négocié un prêt de 9 millions d’euros accordé au FN par la First Czech Russian Bank, touchant au passage, une belle commission.

On comprend mieux la connivence à l’égard de la la Russie ! Le FN soutient – appuyé il est vrai par des ripoublicains style Mariani – la politique de l’ex KGBiste Poutine en Ukraine et en Syrie.

Par une sorte d’inversion historique, qui relève de la totale imposture, c’est l’Europe, cette anti-France, que le FN qualifie d’« Union soviétique européenne » ou de « système oligarchique ». « L’Europe est une machine à broyer les peuples dans un déni permanent de démocratie ».

« L’Union européenne est en effet constamment présentée par le FN comme la source de toute perte de souveraineté et la seule responsable de tous les maux dont souffre le pays. L’Union favoriserait ainsi une prétendue submersion migratoire, menacerait l’identité française, nuirait à la sécurité des citoyens, plongerait les États dans l’austérité ; l’euro serait synonyme de chômage et de baisse de compétitivité, etc. Le FN a développé un profond rejet du projet européen, relayé quotidiennement par ses eurodéputés. Et plus encore que de nier la souveraineté, l’Union européenne nierait la démocratie, les eurodéputés FN qualifiant volontiers l’Union de régime totalitaire. L’intégration européenne ferait subir à notre pays le diktat allemand et les ordres des technocrates de Bruxelles – nous privant de toutes nos souverainetés, de toutes nos libertés.»

FN Son vrai visage

Laïcité à la mode racines chrétiennes

Si l’on en croit Mme Badinter «En dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité». Une laïcité style Riposte raciste alors ! Car l’ennemi c’est avant tout le communautarisme islamique qui menace la laïcité républicaine et surtout l’identité française, fondés sur nos racines chrétiennes ! « Plus de kippa, plus de turban, plus de voile, plus de barbe dans aucun métier. ».

Anti-féminisme et homophobie

La même imposture existe en ce qui concerne le féminisme ou l’abandon de l’homophobie.

Il faudrait cantonner les femmes au foyer, prône un de leurs eurodéputés : « Cela aurait l’avantage de libérer des emplois, de donner une meilleure éducation à nos enfants, de sécuriser nos rues parce qu’ils ne traîneraient pas dans les rues et ne seraient pas soumis à la drogue ».

Et certains élus FN affirment que le lobby LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexe) est l’un des plus puissants au sein du Parlement européen et dénoncent, dans des termes que ne renierait pas Ludivine de la Rochère, une « idéologie mortifère » qui menace « notre civilisation » en s’attaquant aux mariages homme-femme, au modèle familial traditionnel. Cette idéologie conduirait même à une forme moderne d’esclavage. Selon eux, une famille ne peut être fondée que sur un couple composé par un homme et une femme.

Le vernis de la dédiabolisation craque !

Veaux, vaches, cochons... et chasse...

Imposture encore le bien-être animal, style Brigitte bardot. Là-dessus le groupe FN fait crouler le Parlement européen sous des textes. Philippot s’est fait une spécialité du meulage des dents de cochons. Les lévriers, les pièges à glu, les expérimentations sur les rongeurs, les animaux de cirques, les courses de chiens, les éléphants, les vaches allaitantes, les vaches laitières, les veaux, les boeufs, la castration du cochon, etc. sans oublier les volailles : cailles, pintades, poules, poussins, dindes, poulets, canards, oies… tout y passe !

Mais ils sont aussi les défenseurs fanatiques de la chasse, cette noble tradition de nos campagnes et dénoncent les réglementations qui pourraient en entraver l’exercice. Dans leur élan, ils se mobilisent pour les tireurs sportifs ou les collectionneurs d’armes à feu. Pour eux, en effet, la libre circulation des armes, comme aux États-Unis, est un idéal qui permettrait de se défendre face aux terroristes.

Quant à l’écologie, dont le FN n’hésite pas à se réclamer, elle se traduit par le refus des accords de Paris (COP 21), et la demande de l’arrêt des subventions aux énergies renouvelables pour les réorienter vers des investissements nécessaires dans le nucléaire.

Faut-il montrer la catastrophe à laquelle aboutirait l’objectif du Francexit et du retour au Franc ?

Il est malheureusement à craindre que, pas plus que les casseroles, cela ne fasse vaciller l’électorat du FN dans son aveuglement.

FN Son vrai visage

Refile leur donc ton petit écu...

Le cycle inflation/dévaluation du franc est-il si lointain ? Faut-il avoir fait sciences éco pour comprendre que le retour au Franc provoquerait immédiatement une fuite de capitaux ? donc un contrôle des changes ! Que la dévaluation immédiate par rapport aux autres monnaies pénaliserait les industries dépendant de matières premières étrangères ? Le FN – ils ont quand même, tout antisystème qu’ils sont quelques énarques comme Philippot – conscient du problème promet de remettre en place une monnaie de change, inventée par Giscard (et ancêtre de l’Euro) l’Ecu ! Encore faudrait-il que les partenaires en veuillent de notre Ecu.

Terra Nova "Sortie de l'euro : les petits paieront !"

Terra Nova "Sortie de l'euro : les petits paieront !"

Le seul exemple de l’agriculture est assez éclairant sur la méthode yaka-focon du FN.

Postulat de départ, tout est de la faute du diktat de Berlin relayé par Bruxelles. Donc remplaçons la PAC honnie, par la bienheureuse PAF de cheux nous.

FN Son vrai visage

L’agriculture est la seule politique sectorielle complétement intégrée au niveau communautaire. La Politique agricole commune (PAC) représente 40% de son budget soit 55 Md€. Les agriculteurs français en touchent près de 10 Md€. Se pose sans doute un problème de répartition de cette manne, car si les gros agrariens, voire des industries agro-alimentaires, palpent gros, les petits paysans n’ont que des miettes, voire rien.

Le FN prétend, comme le faisaient les partisans du Brexit, Boris Johnson ou Nigel Farage, que la fin de la contribution européenne permettra d’alimenter une Politique agricole française (PAF). L’après Brexit a montré que c’était de la foutaise de l’aveu même de Farage.

Faut-il rappeler que notre agriculture, même si elle se plaint de l’invasion de tel ou tel produit, dégage un solde d’échanges positif ? Autrement dit, elle exporte plus ses produits que nous importons de produits agricoles. Et plus des 2/3 des exportations au sein de l’Europe. Inutile donc de dire que si nous fermons la porte aux produits étrangers, les étrangers fermeront leurs portes aux nôtres. Pour les consommateurs hausse assurée. Pour les agriculteurs crise assurée !

C’est donc par le prisme du Parlement européen, que les eurodéputés PS ont, à partir des votes et prise de positions des représentants du FN, analysé les positions et contradictions du FN pour en dévoiler « SON VRAI VISAGE ».

FN Son vrai visage

Document téléchargeable sur le site de la Fondation Jean Jaurès

 

 

A lire :

Marine Le Pen passe son temps à dire qu’elle ne sait rien des affaires du FN : c'est faux” Télérama

 

La France de Marine Le Pen : affaiblie, isolée, divisée Terra Nova

Sortie de l'euro : les petits paieront ! Terra Nova

A noter que Terra Nova fait toujours et encore l'objet d'un procès, instruit d'abord, il faut le rappeler, par d'obscurs membres des instances de l'UMP du temps de Sarkozy, mais repris à foison par des BOGÔs, dont l'ineffable Frédéric Lordon et orchestré une fois encore par Arrêt sur images !

 

 

Pour compléter :

 

 

FN Son vrai visage

Présidentielle 2017 : la CFDT combat le FN

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 16:23

  Légalisez tout - Legalize It All – écrit  Dan Baum dans le Harper’s Magazine* d’Avril ! Car la guerre des drogues, déclenchée par Nixon-le-truqueur, a totalement échoué.

 

Bryan Lewis Saunders : autoportrait

Bryan Lewis Saunders : autoportrait

L’invention de la guerre antidrogue était une manoeuvre cynique de Nixon !

 

Comment les Etats-Unis se sont-ils empêtrés dans une politique de prohibition des stupéfiants qui a provoqué tant de souffrances et donné si peu de résultats ?

C’est le président républicain Richard Nixon, qui a déclaré la première guerre contre la drogue et a engagé le pays dans la voie répressive extrêmement contre-productive qu’il poursuit encore.

Vous voulez vraiment savoir ce qui s’est passé­?” [a dit en 1994 Ehrlichman, protagoniste du Watergate] . “Nixon avait deux ennemis ­: la gauche pacifiste et les Noirs. Nous savions que nous ne pouvions mettre hors la loi ni les manifestants contre la guerre du Vietnam ni les Noirs. Mais en associant dans l’esprit du public les hippies à la marijuana et les Noirs à l’héroïne, puis en les présentant comme de dangereux criminels, nous pouvions déstabiliser leurs communautés – arrêter leurs dirigeants, perquisitionner leurs domiciles, interrompre leurs meetings et les vilipender chaque soir au journal télévisé. Savions-nous que nous mentions sur leur rapport avec les drogues ? Bien entendu.

La dépendance aux drogues est certes effroyable, mais elle est rare.

Ce que nous craignons le plus en matière de drogues – la violence, les overdoses, la criminalité – provient de la prohibition et non des drogues elles-mêmes. Et nous ne pourrons jamais gagner sur ce front. Même l’agence fédérale de lutte contre le trafic de stupéfiants (DEA) admet que les drogues qu’elle cherche à éradiquer sont de plus en plus abordables et faciles à se procurer.

Quand on mène une guerre pendant quarante ans sans la gagner, il faut prendre le temps de réfléchir à d’autres solutions plus efficaces”, a déclaré le président colombien, Juan Manuel Santos.

Une commission de 22 experts médicaux réunis par l’université Johns Hopkins et la revue britannique The Lancet a rendu ses conclusions en mars dans un rapport : les politiques prohibitionnistes menées ces cinquante dernières années “ont directement ou indirectement contribué à des violences meurtrières, des maladies, des déportations de population, des injustices et ont miné le droit des populations à la santé”.

Le Washington Post a retenu quatre de leurs arguments :

– la croissance inquiétante des homicides au Mexique depuis que le gouvernement a décidé de mener une guerre militaire contre le trafic de drogue. Cette augmentation a été si importante qu’elle a grevé l’espérance de vie du pays ;

– l’incarcération excessive, premier facteur de contamination par le VIH et le virus de l’hépatite C chez les consommateurs de drogue ;

– la discrimination raciale induite par l’application des lois antidrogue, notamment aux Etats-Unis ;

– la violation des droits de l’homme dans l’application de mesures punitives, et notamment la torture et le mauvais traitement de prisonniers au Mexique.

Les experts appellent en conséquence à décriminaliser l’usage non violent et la possession de toutes les drogues et invitent les Etats à “basculer progressivement vers un marché régulé des drogues en appliquant une méthode scientifique pour leur évaluation”.

Ils insistent notamment, explique le Washington Post, sur la différence entre la simple consommation de drogue (drug use) et l’abus de drogue (drug abuse). D’après leurs estimations, 11 % “seulement” des consommateurs de drogue seraient réellement dépendants.

"49 % des détenus dans les prisons fédérales étatsuniennes en 2013 l’étaient pour des activités liées à la drogue"

Nous devons maintenant tenir compte du fait que Washington ne peut plus faire appliquer à l’intérieur de ses frontières ce qu’il prône à l’étranger” dit un expert. Vingt-trois Etats des EU, ainsi que le district fédéral de Columbia [la région qui englobe la capitale fédérale, Washington], autorisent la marijuana à usage thérapeutique et quatre autres – le Colorado, Washington, l’Oregon et l’Alaska – ont légalisé le cannabis. D’autres encore, dont l’Arizona, la Californie, le Maine, le Massachusetts et le Nevada, devraient soumettre la question à un référendum en novembre prochain.

Ainsi le Colorado, depuis 2000, autorise le cannabis thérapeutique, distribué à travers un système de dispensaires privés agréés. Puis, en novembre 2012, le cannabis à usage récréatif a été légalisé. Les citoyens du Colorado de plus de 21 ans pouvaient détenir et consommer du cannabis en toute légalité. Dans le Colorado, l’économie du cannabis légal commence déjà à ressembler à celle de l’alcool : les fumeurs quotidiens ne constituent que 23 % des usagers, mais consomment 67 % de la production. Le marché du cannabis, comme celui de l’alcool, repose essentiellement sur les gros consommateurs. En 2015, le Colorado a engrangé près de 135 millions de taxes sur la marijuana.

En Europe, Les Pays-Bas ont officiellement dépénalisé la consommation et la possession de cannabis en 1976, suivis de près par la République tchèque, l’Italie et l’Allemagne (et, hors d'Europe par l'Australie). Dans aucun cas le cannabis n’a posé de problème sanitaire ou sécuritaire significatif. Mais le cannabis étant une drogue douce qui ne provoque pas de dépendance physique.

Le Portugal, lui, a dépénalisé le cannabis, mais aussi la cocaïne et l’héroïne, ainsi que d’autres stupéfiants. La consommation des adolescents portugais a brièvement augmenté avant et après la dépénalisation, puis elle s’est stabilisée, sans doute lorsque l’effet de nouveauté est retombé. La consommation régulière de drogues dures a également régressé après la dépénalisation, passant de 7,6 ‰ à 6,8 ‰. Le nombre de prisonniers incarcérés pour des délits liés aux drogues a chuté de plus de moitié et ne représente plus aujourd’hui que 21 % des détenus. Comme le préconise le Rapport de la commission mondiale sur la politique des drogues, le Portugal a considéré les drogués dépendants comme des malades et a donc mis en place des programmes médicaux-sociaux.

Le fait que les pouvoirs publics tirent profit d’un produit qu’ils cherchent à décourager peut paraître hypocrite, mais c’est actuellement le cas avec le tabac, l’alcool et les jeux d’argent.

La vie de toxicomane est un parcours du combattant : trouver un dealer, négocier, trouver un endroit pour se shooter…” Si le système légal réglementé est bien pensé – pour que les drogues soient fiables, que la procédure ne soit pas trop lourde et que les taxes sur les produits ne soient pas trop prohibitifs –, les consommateurs finiront par le préférer au marché noir.

 

Une guerre lancée cyniquement par un politicien des plus pourris - Nixon - n'a abouti qu'à aggraver la situation en fragilisant notamment toute l'Amérique latine. Faut-il continuer, à coups d'affirmations mensongères comme celles de la Sénatrice Ghali, cette guerre nuisible ?

 

* D'après la traduction de COURRIER INTERNATIONAL du 14 avril 2016.

 

  Voir aussi Se rendre au lendemain : un rapport sur les politiques canadiennes sur les drogues

Ce rapport examine l’échec accablant des lois sur les drogues au Canada et fournit des recommandations concernant la façon dont nous pouvons améliorer la santé et la sûreté des Canadiens en matière de drogues.
Le rapport constate que l’application de la loi demeure la principale méthode utilisée au Canada pour remédier au problème de l’utilisation de drogues illégales, et que cette confiance excessive envers le système de justice pénale omet toutes les preuves recueillies à l’effet qu’une approche de santé publique face aux drogues serait plus efficace et avantageuse pour les canadiens.

 

Et voir la prise de position de Justin Trudeau

 

Une nouvelle note de TERRA NOVA

Contrôler le marché légalisé du cannabis en France - l'exemple fondateur de l'ARJEL -

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 16:21
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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 18:32
Cannabis, drogues et réflexe pavlovien

NB L'OBS du 30 juin 2016 sort un dossier (voir en annexe)

 

Le rapport de Terra Nova, Cannabis : Réguler le marché pour sortir de l’impasse, a déclenché, comme en un réflexe pavlovien, les critiques umpenistes. Mais aussi de la vice-présidente de l’UDI (mais si) Rama Yade, qui a sorti quelques niaiseries. Nul n’a rappelé un rapport de la Commission mondiale pour la politique des drogues de juin 2011 !

Les membres de la commission pour la politique des drogues

Les membres de La commission (de haut en bas et de gauche à droite) : 1 Asma Jahangir, 2 Carlos Fuentes, 3 César Gaviria, 4 Ernesto Zedillo, 5 Fernando Henrique Cardoso, 6 George Papandreou, 7 George P. Shultz, 8 Javier Solana, 9 John Whitehead, 10 Kofi Annan, 11 Louise Arbour, 12 Maria Cattaui, 13 Mario Vargas Llosa, 14 Marion Caspers-Merk, 15 Michel Kazatchkine, 16 Paul Volcker, 17 Richard Branson, 18 Ruth Dreifuss, 19 Thorvald Stoltenberg

 

La guerre mondiale contre la drogue a échoué. Avec des conséquences dévastatrices pour les hommes et pour les sociétés du monde entier, écrivent-ils d’entrée. Et ils préconisent de mettre un terme à la criminalisation, à la marginalisation et à la stigmatisation des consommateurs de drogues qui ne causent pas de préjudice à autrui.

 

Mme Yade jugera-t-elle donc stupide ce rapport commis, entre autres, par un ex-secrétaire général de l’ONU, cinq ex-chefs d’état ou de gouvernement, sans oublier de joyeux bambocheurs comme un ancien président de la réserve fédérale des E-U ; certes le patron de Virgin a un louque un peu à la Beigdeber (le vrai, celui de Lui, pas son franginde droite extrême), mais à part lui, même les deux grands écrivains s’ils sont accros à une ligne c’est à celle qu’ils tracent sur la page blanche.

 

Eh bien Mme Yade figurez-vous qu’ils encouragent l’expérimentation par les gouvernements de modèles de régulation légale des drogues, de manière à réduire le pouvoir du crime organisé et à protéger la santé et la sécurité de leurs citoyens. Et, tenez-vous bien ils ajoutent que si cette recommandation s’applique particulièrement au cannabis, pour d’autres drogues ils encouragent également d’autres expériences en matière de dépénalisation et de réglementation capables d'atteindre les mêmes objectifs.

Certes ils n’ont pas bénéficié de votre expertise. "En plus le cannabis, on peut m'expliquer tout ce qu'on veut, c'est nocif pour la santé; on ne peut pas m'expliquer que le cannabis c'est bon pour la santé. Ça envahit les poumons, ça se fixe dans les graisses du cerveau et ça reste là longtemps, il n'y a rien qui l'arrête. L'alcool, c'est dangereux mais l'alcool est ingéré par le système digestif. Je ne suis pas de ceux qui pensent que le cannabis ce n'est pas si grave". (L'Express) Pour l’alcool, vous n’avez pas dû entendre parler du delirium tremens, trouble neurologique du sevrage alcoolique, qui prouve que le cerveau est en état de manque.

Evaluation du niveau de risques

Droits de l'Homme et santé publique

 

Mais surtout vous n’avez pas compris ce qu’affirme Terra Nova, après la commission mondiale : Les faits démontrent de façon éclatante que les stratégies répressives ne résolvent pas la problématique des drogues, la «guerre à la drogue» est vouée à l’échec.

 

Et nos chenus experts mondiaux énoncent comme principe que les politiques des drogues doivent être basées sur les droits de l’homme et la santé publique. Il faut cesser la stigmatisation et la marginalisation des personnes qui consomment des drogues, et de celles impliquées aux niveaux inférieurs de la production et de la distribution. Il faut traiter les personnes dépendantes comme des patients, non pas comme des criminels. Autrement dit, l’objet des ces préconisations n’est pas de discuter de la nocivité relative de telle ou telle substance, mais d’agir dans une optique de santé publique. Ainsi préconisent-ils des mesures ayant fait leurs preuves de "réduction des risques" : une approche incluant l’échange de seringues et les traitements ayant démontré leur efficacité comme la méthadone ou la buprénorphine, pour réduire le risque de décès par overdose, ainsi que la transmission du VIH et d’autres infections véhiculées par le sang. Tout ce que vous et vos amis rejettent.

L'échec d'une politique répressive

Le constat est clair et net, ne vous en déplaise.

 

Durant la majeure partie du siècle dernier, c’est le gouvernement états-unien qui a imposé le développement et le maintien de politiques répressives contre les drogues. La France, malgré une politique répressive à grand spectacle dans les années Sarko, est en tête de la consommation de drogues avec le Danemark, en Europe. Loin devant les laxistes Pays-Bas. Un élève de troisième sur quatre a fumé du shit.

 

Les statistiques mondiales qu’affiche le rapport de 2011 confirment l’échec de cette politique répressive que les Etats-Unis eux-mêmes commencent à mettre en doute. Vingt états y admettent l’usage thérapeutique du cannabis et deux son usage ludique. Les États ayant introduit ces réformes n’ont pas connu une plus forte augmentation de l’usage du cannabis parmi les adultes ou les adolescents que les états restés dans une politique répressive.

Il y a actuellement 250 millions de consommateurs de stupéfiants illicites dans le monde et des millions de personnes impliquées dans la culture, la production et la distribution. Nous ne pouvons simplement pas tous les traiter comme des criminels. Sur les 250 millions de consommateurs de stupéfiants estimés dans le monde, l’organisation des nations unies estime que moins de 10% peuvent être classés comme dépendants, ou « consommateurs problématiques de stupéfiants », constate la commission.

Arrêter et condamner les consommateurs de stupéfiants a très peu d’impact sur la réduction du niveau de consommation de stupéfiants, évincer les dealers de bas niveau crée simplement une opportunité de marché pour d’autres. L’éradication de la culture de l’opium, du cannabis ou de la coca déplace seulement la culture illicite vers d’autres régions.

La majorité des vendeurs de drogues à petite échelle arrêtés ne sont pas des gangsters ni des membres du crime organisé – ce sont des jeunes qui sont exploités pour faire le travail risqué de vente dans la rue, des toxicomanes qui tentent de faire de l’argent pour leur propre consommation, ou encore, des « mules » menacées ou intimidées afin de faire passer des drogues à la frontière.

Les gouvernements remplissent les prisons de délinquants mineurs, de « petits poissons », purgeant de longues peines, à grands frais, et sans aucun impact sur l’échelle ou la rentabilité du marché, car facilement remplacés.

Des milliards de dollars sont gaspillés dans des programmes inefficaces. Des millions de citoyens sont envoyés en prison inutilement. Des millions d’autres souffrent de la toxicomanie de leurs proches qui n’ont pas accès aux soins de santé et aux services sociaux. Des centaines de milliers de personnes meurent de surdoses et de maladies qui auraient pu être évitées grâce à la réduction des risques.

 

Le réquisitoire de ces sages est donc sans appel. Et ils encouragent l’expérimentation par les gouvernements de modèles de régulation légale des stupéfiants (par exemple avec le cannabis) conçus pour contrecarrer le pouvoir du crime organisé et protéger la santé et la sécurité de leurs citoyens. Il est absurde d’ignorer ceux qui argumentent en faveur d’un marché taxé et réglementé des stupéfiants actuellement illicites.

 

C’est-à-dire ce que propose le stupide rapport de Terra Nova qui s’inscrit dans le droit fil de celui de la commission mondiale et ses vénérables membres. Et ce qui est mis en place dans le stupide état d'Uruguay*.

 

Jose Pepe Mujica, Président sortant de l'Uruguay,  pays qui, sous son mandat, a initié le mouvement pour la légalisation de certaines drogues en Amérique latine, disait, modestement qu'il ne savait pas quel pourrait être le résultat de cette politique. Mais ce qu'il savait c'est que 70 ans de répression avaient échoué : pire que la drogue qui est un poison, c'est le narcotrafic qui empoisonne, l'état, la société, tout ! "Vale la pena que discutamos estas cosas pùblicamente." Est-ce si stupide, Mme Yade ?

 

ANNEXE

L'OBS du 30 juin publie un dossier :

Cannabis : et si on légalisait ?

La France est le pays d'Europe le plus répressif avec les joints… et aussi celui où l'on en fume le plus ! Comment sortir de cette absurdité ? Chez nos voisins européens comme aux Etats-Unis, le mouvement de dépénalisation, voire de légalisation est enclenché. Alors pourquoi pas chez nous ?

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 21:52

Cette contribution repose sur un malentendu.

Histoire de titiller les mélenchonnistes, j’avais, malicieusement je le confesse, fait suivre l’adresse d’un article d’un chevènementiste – eh oui ! ça existe, ils ne sont pas tous passés chez la Le Pen – intitulé J'avais voté Mélenchon en 2012, sans espoir : j'en ai de moins en moins, publié sur Le Plus, filiale du Nel Obs, signé d’un certain Elie Arié, que je ne connais ni des lèvres ni des dents, pour reprendre une vieille plaisanterie.

 

Bien sûr, le voir écrire « Chevènement n’ayant pas été candidat, j’avais voté pour Mélenchon au premier tour de 2012. Non pas dans l’espoir qu’il soit élu (son programme comportait trop d’incohérences, j’y reviendrai) […] Bien sûr, je me méfiais beaucoup de lui et de la sincérité de son "anti-libéralisme" soudain ; voilà un homme politique qui est tout sauf un naïf, qui avait derrière lui une longue carrière au PS, qui avait appelé à voter "oui" à Maastricht (contrairement à moi) en toute connaissance de cause, qui avait été ministre délégué à l'Enseignement professionnel, dans le gouvernement Jospin, le gouvernement qui... [je vous épargne toutes les horreurs de ce gouvernement] C’est à partir de la victoire électorale de Hollande que Mélenchon est progressivement tombé dans une dérive qui m’apparaît de plus en plus incompréhensible ; loin de tenter d’agir sur la politique de Hollande (…) Mélenchon s’est lancé dans une démagogie...

- populiste dans la forme : quelle différence entre son "Qu’ils s’en aillent tous (sauf moi, ancien sénateur, ancien ministre, député européen, etc. ) !" et le "Tous pourris (sauf moi, mais je n'ai jamais été au pouvoir) !" de Le Pen ?

- irréaliste dans le fond, tout son programme étant basé sur la capacité illusoire qu’aurait la France à imposer ses idées et sa ligne politiques à l’ Allemagne, à l’ Union Européenne, voire au monde entier - digne de la "démondialisation" d’Arnaud Montebourg qui ne lui aura servi qu’à faire un score suffisant aux primaires socialistes pour s’assurer un poste de Ministre, et oubliée aussitôt après. » …

le voir écrire cela, disais-je ne déplaisait à l'anti-mélenchon primaire et secondaire que je suis.

 

Ceci dit, comme on dit à Rabat, la diatribe de Gilbert est la bienvenue sur le DEBLOG NOTES !

MELENCHON, ARIE, LAUNAY : EGO ET POLITIQUE

Je lis le blog de Jean-François Launay, en particulier les articles sur la politique. Celui du 26 décembre 2013 sur Mélenchon a retenu mon attention pour au moins deux raisons. JFL confirme sa fixette sur JLM et donne un témoignage intéressant sous la plume d’Élie Arié. Les deux cas illustrent la difficulté de sortir des jugements ad hominem.

 

Élie Arié montre que chevènementiste échaudé craint l’eau tiède, celle du privatiseur Jospin, de l’antifinancier Hollande et du démagogue Mélenchon. Ce dernier n’a pas refusé le gouvernement du premier ni tiré un bilan accablant de son action.

 

Mélenchon a créé le Parti de Gauche et le Front du même nom en constatant la dérive socio-libérale du PS sous le secrétariat hollandais, la compromission du MDC chevènementiste avec des « souverainistes » fascisants, la descente en vrille du PCF et l’atomisation LCR/NPA (dont une partie a rejoint le FG). Il pensait que les socialistes néo-jospinistes ou rocardiens, même avec Henri Emmanuelli ou Marie-Noëlle Lienemann comme cautions « populaires », offraient un boulevard à une autre gauche de gouvernement. Son résultat au premier tour de 2012, quoique moindre qu’espéré, confirmait l’entrée au club des > 10 %.

 

Vive le roi d’Europe !

 

« Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre ». Avec ou sans Olympe, Jean-Luc Mélenchon a perdu ses codes de comportement. L’injure n’est pas argument, et le parler « cru et dru » confine à la beuglante de fin de meeting. Le partisan du Front de Gauche que je suis réprouve la grossièreté gratuite, tout simplement parce qu’elle est politiquement improductive.

 

Je suis moins d’accord avec Élie Arié quand il parle d’un programme « irréaliste dans le fond », parce que basé sur la « capacité illusoire de la France à imposer ses idées et sa ligne politiques à l’Allemagne, à l’Union européenne et au monde entier ». S’il veut dire que convaincre Angela Merkel, Mariano Rajoy ou José Manuel Barroso des bienfaits d’une Europe sociale est illusoire, il a raison. Mais si la France avait attendu que l’Europe soit d’accord pour abolir la monarchie, la capitale serait encore à Versailles. Le fait que les populations européennes « plus durement affectées par la crise » ne se soulèvent pas en masse confirme le mot prêté à Lénine : « La misère n’est pas révolutionnaire ».

 

Dessine-moi une révolution…

 

Encore faut-il s’entendre sur le mot « révolution ». Aucun citoyen politique ne devrait la voir comme un opéra chinois sous Mao-Ze-Dong. Le Parti Communiste a « fait son deuil depuis longtemps » des drapeaux rouges dans le palais du tsar. Cela n’interdit pas de proposer une politique fiscale davantage basée sur l’IRPP que la TVA, l’imposition au même niveau que les PME des profits du CAC 40 et des actionnaires stériles, le strict contrôle des 250 milliards annuels de fonds publics vers le patronat et la formation professionnelle, la lutte sans merci contre la bureaucratie et la dictature libérale des mandarins inoxydables de Bercy. Ce n’est peut-être pas « révolutionnaire » à Pyongyang, mais efficace à Paris. Le PCF ne propose pas une économie soviétique, mais contrôlée, munie d’outils de prévision, d’incitation et de correction sous le contrôle de pouvoirs publics décentralisés et responsables devant les populations.

 

La passion de l’irréalisme

 

Le prétendu « réalisme » du moment rend impossible tout changement réel de ce type. Cet « illusoire » pragmatisme se fonde sur une économie de casino mondial vampirisant les services publics, déconnectée de la réalité du plus grand nombre. Le tandem Hollande-Ayrault l’accompagne d’un discours à la fois « irréel » sur la courbe du chômage et « passionnel » sur les « génocides » en Afrique ou l’affaire Léonarda. En même temps, l’ex-maire de Nantes applique une stupide Écotaxe, capitule devant quelques poujadistes hérissés de bonnets rouges, puis relance son inutile aéroport de Notre-Dame des Landes. Matignon monte une énième version du Grand Paris en flinguant la petite couronne francilienne au profit d’un fouillis technocratique et électoraliste à masque de métropole. Hollande appelle au « choc de simplification » en compliquant les échelons territoriaux sans toucher aux coûteux Comités Théodule qui recasent les copains battus aux élections et leurs familles. «La France est sur-administrée et sous-gouvernée ». C’est le « think tank » socio-libéral Terra Nova qui le dit. Le Président n’écoute plus les amis ?

 

La sortie, svp !

 

C’est en sortant la France de ces vasières administratives que les autres Européens pourraient se dire que la politique française n’est pas si mauvaise. Qui pleure sur la disparition des fiches d’état-civil, de la vignette automobile ou de cette pitoyable Écotaxe publique-privée ? Qui sangloterait sur la retenue à la source de l’IRPP, libérant plus de 4000 fonctionnaires des finances pour renforcer l’inspection du travail, les contrôles sanitaires, les hôpitaux publics, les flics en civil à Marseille et Pôle Emploi ? Qui regretterait, sauf leurs auteurs déjà gavés, les milliers de sondages, de rapports et d’études commandés chaque année et enterrés sitôt que remis, au détriment de la recherche universitaire et de l’action culturelle ? Qui s’accrocherait à un porte-avions nucléaire aussi  souvent en panne qu’en mer ? Qui déplorerait le contrôle des sociétés d’autoroutes et des consortiums privés qui plombent financièrement l’aménagement du territoire ?

 

Si Mélenchon s’est enfermé, satisfait ou non, dans une « impasse politique », c’est son affaire. Personne n’est obligé de le suivre, pas plus que d’en faire son punching-ball quotidien.  La présentation d’une politique de gauche, argumentée et chiffrée, est plus urgente. Elle se fait cependant attendre. J’ai lu en 2012 le programme du Front de Gauche et de son candidat avec attention. Aucun chiffre n’y figurait, aucune date d’application non plus. Les autres programmes, dont celui de François Hollande, étaient du même bois creux.

 

C’est là une similitude avec les bons auteurs du déblog-notes de JFL, où l’ego prend largement le pas sur l’analyse. Les crocodiles sont dénoncés, la sortie des marécages n’est pas indiquée. J’ai essayé de donner quelques fléchages plus haut. J’attends ceux des camarades Arié et Launay.

 

Gilbert Dubant

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 11:16

cohnbenditduflot

Ayrault est en pétard. Valls fulmine. Et Rama Yade a fumé la moquette ! Cécile Duflot, erreur de jeunesse (?), a remis inopportunément la question de la dépénalisation du cannabis sur le tapis.

 

Guaino, le bafouilleur, Bertrand, le gros méchant mou, ont tout de suite clamé : « C’est un désastre moral », «si la gauche l’emporte, il y aura légalisation du cannabis ». Mais la plus comique fut Rama Yade qui dans un amalgame hardi a rapproché cette proposition des Verts, de celles de Peillon sur la notation et les évaluations des élèves, dénonçant une idéologie post-soixante-huitarde qui consiste à donner tous les pouvoirs aux élèves, à dire que l’enfant est roi, à estimer qu’il ne faut pas lui demander d’efforts, que le mérite ne compte pas , « le laxisme éducatif », c’est « le retour de Woodstock dans l’Education Nationale ».

 

Certes, à quelques jours du 1er tour des législatives, ce n’était peut-être pas le moment de remettre cette question-là sur le tapis, même en prenant la précaution de préciser : « Je sais que ce n’est pas la position du gouvernement », ce qu’évidemment la meute UMPiste fait semblant de ne pas entendre.

 

Une répression coûteuse, arbitraire et surtout inefficace

 

Cependant, avec Daniel Vaillant ou François Rebsamen, hors échéance électorale directe, sera-t-il permis de demander à ce qu’on sorte de l’hypocrisie ?

 

La chasse aux consommateurs et aux petits dealers a été plus qu’encouragée par la politique du chiffre imposée par Sarkozy. Quoi de mieux pour les policiers, puisque, avec une seule interpellation, on obtient au tableau statistique : le délit, le coupable et une augmentation du pourcentage des affaires résolues. Elle a autorisé aussi des opérations à grand spectacle, mobilisant des centaines de membres des forces de l’ordre, sous les yeux des caméras, qui, au petit matin, se conduisent dans les quartiers comme une force d’occupation, pour un résultat quasi nul. Au bout du compte, l’économie parallèle, dans ces quartiers, dits zones de non droit, ne s’est jamais mieux portée. La vie des habitants y est toujours et encore pourrie par les petits dealers.

 

En revanche, le trafic global lui-même ne s’est jamais mieux porté : seulement 5 à 15 % des importations de cannabis clandestines sont interceptées. Les mafias locales s’entretuent comme au bon vieux temps d’Al Capone à Chicago. Et le vrai travail policier, consistant à remonter les filières pour les démanteler jusqu’au sommet est négligé, car peu rentable pour la politique du chiffre.

 

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% d'usagers de cannabis de 15 ans et + (la France championne avec le Danemark)

 

Et surtout, la consommation loin de régresser progresse ! D’après l'Observatoire européen des drogues et de la toxicomanie (OEDT) la consommation de cannabis a très largement augmenté chez les jeunes de l'Hexagone : +60% entre 2007 et 2011. La France arrive en première position en ce qui concerne le cannabis, deuxième au niveau des drogues en général. Et c’est dans une période – 2007-2011 – où les procureurs actuels de la gauche laxiste étaient aux manettes !

 

Subsidiairement, la lutte anti-drogue est arbitraire. La mobilisation contre la consommation touche beaucoup moins les sniffeurs de cocaïne que les fumeurs de joints. La possession de cannabis peut être aussi bien jugée comme relevant de la consommation individuelle ou du trafic : ce qui se traduit par des peines très différentes.

 

Addiction, dépendance : deux poids, deux mesures !

 

cannabis  Le camarade – en tout cas le mien qui l’ai côtoyé autrefois au côté de Stéphane Fouks et Alain Bauer, jeunes rocardiens – Manuel Valls, lors des primaires citoyennes, a eu en substance ces propos : l’idée que l’on puisse légaliser le cannabis est insupportable, car le cannabis crée de la dépendance et être de gauche c’est lutter pour la liberté contre les dépendances ! Outre que, contrairement à ce qu’il assène le cannabis ne crée pas de dépendance, sinon psychologique, faut-il lui rappeler que deux drogues, beaucoup plus addictives, sont, elles,  parfaitement légales : le tabac et l’alcool ?

 

Jacques Attali et Martine Perez sont conséquents qui préconisent d’interdire le tabac Mais ils ne poussent pas leur logique prohibitionniste jusqu’au bout. Attali n’ose pas écrire : il faut interdire la production, la distribution et la consommation de … vin ? (citation exacte au dernier mot près). Quant à l’inverse C. Duflot dit : « Il faut considérer que le cannabis, c’est comme l’alcool et le tabac, même régime : une politique de santé publique et de prévention, notamment vis-à-vis des plus jeunes » a-t-elle complètement tort ?

 

En Juin 2011, un rapport d’un groupe de travail PS, présidé par Daniel Vaillant, ancien Ministre de l’Intérieur se situait dans une optique pragmatique : "Il ne s'agit plus de prôner une abstinence illusoire mais de modérer la consommation des Français". Il prônait un certain nombre de mesures concrètes pour une "légalisation contrôlée" pour les personnes majeures qui permettrait, "grâce à l'encadrement de la production et de la distribution", d'"instaurer une politique de réduction des risques". Ce rapport provoqua les cris d’orfraies de la droite (Eric Raoult – celui qui propose Sarkozy comme prix Nobel de la Paix – en tête). Mais au PS, et pas que Valls, certains s’y opposaient. Jean-Marc Ayrault, président à l’époque du groupe PS à l'Assemblée, calmait le jeu, assurant que la question d'une légalisation "contrôlée" du cannabis n'était "pas tranchée" et que, si la gauche revenait au pouvoir, elle organiserait une "commission de consensus pour essayer de dégager des solutions".

 

Les contre-arguments ne sont pas que sophismes à la Valls. La prohibition limiterait malgré tout la consommation ; sa suppression n’éradiquerait pas ipso facto les mafias qui en vivent, puisque le tabac, bien que légal, connaît aussi des trafics, etc.

 

Sera-t-il possible, dans un climat politique serein, de réunir, sur des sujets de société, des commissions de consensus qui, au moins, permettraient de débattre sans outrance et caricature ?

 

 

Pour compléter

 

Rapport de la commission mondiale pour la politique des drogues

Cannabis : Réguler le marché pour sortir de l’impasse Note par Christian Ben Lakhdar, Pierre Kopp, Romain Perez.

Terra Nova Le 19/12/2014

 

 

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