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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 21:49

Et pas seulement parce qu’ils flirtent avec les 700 pages ou les dépassent :

une-femme-fuyant-lannonce

·        UNE FEMME FUYANT L’ANNONCE  (de l’Israélien David Grossman)

 

243davidgrossma1Il s’agit d’un livre bouleversant où la guerre est sournoisement présente dès le début avec un prologue surréaliste  (daté de 1967) puis tout au long du récit avec l’angoisse maternelle d’Ora, les séquelles qui affectent le comportement d’Avram, les stèles funéraires qui jalonnent le parcours des randonneurs, le malaise et/ou la peur qui imprègnent les relations avec les Arabes… Mais Ora, à la fois fragile et volontaire est bien le personnage central du roman. Dans sa jeunesse, elle a formé avec Avram et Ilan un trio fantasque à la Jules et Jim mais après son mariage avec Ilan, elle défendra bec et ongles la cellule familiale (ce qui causera sans doute la lassitude des trois hommes du foyer) tandis que les liens avec Avram, brisé par une terrible épreuve pendant la guerre du Kippour se distendent.

Après la défection de son cadet, Ofer, elle maintient, pour être inaccessible à une annonce funeste le concernant, son projet de randonnée en Galilée et, pour l’accompagner, elle réussit à convaincre-contraindre Avram. Sur le trajet, elle reconstitue oralement et par notes l’histoire familiale (dans le cadre du conflit israélo-arabe). Son cheminement mental est aussi tortueux que le parcours terrestre et laisse peu de place au départ aux interventions de son compagnon de route qu’elle parvient cependant à ré-apprivoiser petit à petit et l’évocation des souvenirs heureux ou malheureux est comme une réplique aux splendeurs et aux tourments des paysages galiléens. C’était par ailleurs une gageure pour l’auteur de privilégier dans ces conditions l’expression d’une sensibilité féminine en évitant l’écueil du pathos. Et c’est une superbe réussite qui fait la part belle à l’amour maternel, à l’ «amourtié » à l’espoir, sans nier la difficulté des rapports humains.

David Grossman a achevé ce roman, commencé en 2003, dans la douleur. Ce militant de la paix a trouvé la force d’en poursuivre l’écriture après l’annonce de la mort de son fils de 20 ans en 2006, dans une opération militaire. Il a confié ensuite dans un entretien :

« Je me sentais comme en exil à l’intérieur de ma propre vie… Le pouvoir de l’écriture, la vitalité de l’écriture m’ont rendu la vie. »

 Dans-la-grande-nuit-des-temps

·        DANS LA GRANDE NUIT DES TEMPS(Antonio Muñoz Molina)

 

AVT Antonio-Muoz-Molina 2588Toujours difficile d’aborder un roman de Muñoz Molina ! Quand on feuillette rapidement son dernier ouvrage, la quasi-absence de dialogues saute aux yeux. Mais j’ai déjà dit toute l’admiration que j’éprouve pour cet auteur, aussi pas question de se laisser rebuter et mon obstination a été une nouvelle fois récompensée. Ce n’est pourtant pas une œuvre d’un optimisme délirant et même si les dernières pages laissent entrevoir une lueur d’espoir, le roman est marqué par la désillusion et la rupture :

-Après une ascension sociale méritée qui a conduit cet homme d’extraction modeste à d’importantes responsabilités professionnelles à Madrid, Ignacio Abel mesure la vacuité de ses relations conjugales et familiales (à l’exception de son attachement pour ses enfants) et tombe follement amoureux de Judith, une jeune Etatsunienne.

-Parallèlement, côté politique, c’est aussi le désenchantement pour cet adhérent du Parti Socialiste qui ne comprend pas les errements du Frente Popular dont les conséquences sur la vie socio-économique (et sur son travail) sont gravissimes. Il pressent la guerre civile.

Pour redonner un sens à sa vie, il choisit dans l’urgence l’exil aux Etats-Unis où il pourra continuer d’exercer son métier qui le captive et essayer de retrouver Judith, sa passion amoureuse.

Ce rapide canevas ne peut rendre compte de la densité de ce très beau livre. Muñoz Molina y jongle avec le temps : vrai défi, il ne s’écoule que quelques poignées d’heures entre la première et la dernière page mais à travers les retours sur l’itinéraire fragmenté d’Ignacio Abel, on baigne dans l’Espagne pré-franquiste tandis que les espaces géographiques de la Castille puis de Pennsylvanie s’inscrivent magnifiquement dans le parcours de l’architecte. Il jongle avec les points de vue, n’hésitant pas à y impliquer ponctuellement par le JE l’auteur-narrateur. Il jongle avec les personnages réels (qui ancrent le roman dans la réalité historique) et imaginaires dont la complexité fait écho à l’enchevêtrement de la situation politique.

UN ROMAN EXCEPTIONNEL que je recommande vivement !

 

 

 bataille-de-chats

NB Dans la foulée et concernant la même période à Madrid, j’ai lu  BATAILLE DE CHATS (titre original : Riña de gatos, gatos désignant traditionnellement les Madrilènes) d’Eduardo Mendoza. C’est très enlevé, ironique, avec un héros à la Mendoza,  un British un peu naïf qui provoque involontairement catastrophe sur catastrophe dans l’atmosphère de la pré-guerre civile mais de mon point de vue Mendoza n’atteint pas ici la très belle réussite que constituait La ville des prodiges.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A-la-trace-DMeyer

 

·        A LA TRACE(polar de Deon Meyer)

 

 Trois sujets juxtaposés dans trois parties et réunis dans la quatrième : Deon Meyer rompt avec la technique d’imbrication qui avait emporté mon adhésion dans Le pic du diable  (ou encore dans 13 heures) mais c’est palpitant, ça fonctionne parfaitement et, comme pour ne pas déconcerter ses fidèles lecteurs, il leur fait croiser, à côté de nouveaux personnages, de vieilles connaissances comme Matt Joubert et Lemmer.

En plus de la triple intrigue, parfaitement contrôlée, Meyer nous offre un panorama de l’Afrique du Sud postapartheid encore plus ample que dans ses précédents romans. Dans un entretien, il avoue privilégier toujours l’intrigue mais lorsqu’on constate la fluidité avec laquelle il intègre les éléments sociopolitiques et décrit les paysages de l’Afrique du Sud contemporaine, on sent davantage la parenté avec Mankell qu’avec les faiseurs de polars de gare (ch’uis charitable et ne citerai personne).

 

 

 

 

 

 

 

 

DEUX GÂTERIES

Nettement moins volumineuses, mais délectables :

·        Catégorie roman noir

 

les-brumes-du-passe

LES BRUMES DU PASSE(de Leonardo Padura)

 

            J’avais découvert et apprécié l’écrivain cubain avec ADIOS HEMINGWAY. C’est J. Vénuleth (merci à lui !) qui m’a signalé cet excellent roman où j’ai retrouvé Mario Conde ex-flic désabusé mais non dénué de tendresse et d’humour.             

C’est un roman d’atmosphère en même temps que d’action : l’enquête est le prétexte d’un va-et-vient surprenant entre La Havane des années cinquante et l’actuelle. Même si la mélancolie pointe à l’évocation des années Batista, le régime n’est pas idéalisé : corruption, mafia, jeux, emprise étatsunienne, prostitution constituent la toile de fond. Quant à la ville actuelle, le tableau n’en est pas flatteur : décrépitude avancée, corruption (encore !)  misère, faim, développement des gangs et économie souterraine ; mais il s’agit plus d’un constat affligé que d’une dénonciation et le pessimisme qui s’en dégage est tempéré par la joyeuse fraternité qui anime le Conde et ses comparses (tous finement caractérisés) comme dans ce banquet, où il claque tout le fric qu’il a miraculeusement empoché et que Padura décrit avec une minutie gourmande (on pense évidemment à Montalban ou à Camilleri). La vénération que le flic reconverti porte aux livres accentue encore ce côté épicurien. Il faut souligner aussi le rôle de la musique : les deux parties du livre s’intitulent respectivement  Face A : Quitte-moi, Face B : Tu te souviendras de moi, les deux seuls titres enregistrés par la mystérieuse Violeta del Rio dont la lointaine disparition est l’objet de l’enquête de Mario Conde.  Notons enfin que Padura manie aussi bien la poésie que la trivialité (dans les moments d’action). Aussi je fais mienne cette déclaration que le Conde adresse dans une semi-inconscience à celui qu’il nomme J.D. (Salinger) :

« Lorsque je te lis, j’ai envie de continuer à te lire »

 

·        Catégorie Polar atypique

meurtre-aux-poissons-rouges

camilleri aMEURTRE AUX POISSONS ROUGES (Camilleri ET Lucarelli)

J’ai d’abord lu la note de l’éditeur avant de me plonger dans ce court roman. Les deux auteurs transalpins, fort populaires dans lucarellileur pays (et au-delà) ont réuni leur talent et leurs héros récurrents pour concocter cette enquête réalisée à quatre mains et … à distance ! C’est un petit exploit, chacun faisant assaut d’imagination pour surprendre l’autre … et le lecteur.

Ils font mouche. Bravo !

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 17:03

cadixJ’ai découvert Arturo Perez Reverte grâce à Charo, une copine madrilène avec qui j’adorais parler bouquins sur une plage de Tarifa. Elle m’avait dit que les aventures du capitaine Alatriste constituaient une lecture idéale sur le sable. J’ai suivi son conseil et guetté ensuite les parutions de l’auteur (dont François Maspero est le traducteur quasi attitré et savoureux). Son dernier ouvrage, CADIX, OU LA DIAGONALE DU FOU, m’a tenue en haleine pendant quelques soirées.

 

Il s’agit pourtant d’un roman inclassable tant il mêle les genres :

·        Fresque historique puisque le récit se déroule pendant le siège de Cadix (1810-1812) par l’armée napoléonienne. Alors que Ferdinand VII a abdiqué, que Joseph Bonaparte occupe le trône d’Espagne, que les villes du royaume tombent les unes après les autres, Cadix résiste, épaulée par les Anglais (non dépourvus d’arrière-pensées). C’est remarquablement documenté, même si l’auteur précise dans la postface que s’agissant d’un roman, il a pris quelques libertés avec la vérité historique. On apprécie, grâce à une carte régionale et à un plan de ville d’époque de pouvoir localiser précisément les événements.

·     SitiodeCadiz   Chronique de guerre que l’on suit tant du côté des assiégés -qui ne sont pas à l’abri des bombardements des «gabachos»** malgré leurs puissantes murailles mais qui font face avec détermination ou fatalisme, en ne dédaignant pas les petits trafics-  que du côté de l’armée impériale –bien plus misérable que la population gaditane et que Perez Reverte, fort de son expérience de grand reporter de guerre, décrit avec un réalisme parfois très cru comme dans la sinistre exécution de prétendus déserteurs.

·        Tableau très vivant de la société gaditane de l’époque dominée par une bourgeoisie entreprenante, enrichie par le commerce avec les colonies (mais les menaces d’indépendance commencent à poindre) instruite (même les filles !) ouverte (mais respectueuse de certains codes) et dont l’empreinte sur la ville constituait une exception dans une Espagne figée entre la monarchie absolue et l’Eglise omniprésente. Cadix, c’est aussi alors des gens de mer, des «émigrés» désœuvrés et souvent ruinés de l’Espagne vaincue et tout un petit peuple coloré qui tente de survivre. S’y ajoute la présence des membres des Cortes qui ont refusé de reconnaître Joseph Bonaparte et qui s’appliquent, piano piano, à  rédiger la première constitution espagnole (que Ferdinand VII se hâtera d’enterrer à son retour). Le tout donne l’impression d’une vie grouillante malgré les circonstances.

·      El asedio perez reverte  Intrigue policière captivante avec les assassinats barbares, répétés et comme rituels de très jeunes filles aux endroits où tombent, intra muros, les bombes des gabachos. Le commissaire local est sur les dents  et le lecteur se livre à d’improbables spéculations.

·        Intrigue sentimentale avec l’attirance –sans issue- entre la belle et riche propriétaire d’une compagnie maritime et un «corsaire du roi».

·        Roman maritime enfin : une partie de l’action se déroule en mer et Perez Reverte puise abondamment dans le vocabulaire spécifique de la navigation : là, j’ai dû m’accrocher ! Mais lorsqu’il décrit la cité portuaire lumineuse ou tourmentée, c’est un régal.


 Les principaux protagonistes sont remarquablement campés, qu’il s’agisse du commissaire Tizon, professionnel méthodique mais peu scrupuleux, passionné d’échecs et dont le cynisme fait frémir, de Lolita Palma, femme de tête et d’affaires qui devient dame de cœur sans perdre de vue ses intérêts, de Lobo le corsaire ombrageux, conscient de ses modestes origines mais aussi de sa compétence, du capitaine d’artillerie français, un original selon sa hiérarchie, bien plus soucieux du calcul de la trajectoire de ses projectiles que de son avancement, du taxidermiste minutieux, admirateur des «Lumières» ou du saunier, résistant par patriotisme mais aussi par intérêt.

 

arturo-perez-reverte1Ces intrigues et ces destinées vont bien sûr se croiser grâce au brio de l’auteur dont la construction narrative maîtrisée ménage le suspense tout au long des 750 pages. Le plaisir de la lecture est encore accru pour ceux qui ont déjà apprécié Perez Reverte par les résonances qui évoquent des œuvres antérieures :

·        Le tableau du maître flamand pour la symbolique du jeu d’échecs.

·        La reine du Sud pour le personnage de femme forte et déterminée.

·        Le cimetière des bateaux sans nom pour les épisodes de navigation.

·       Un jour de colère et Le Hussard pour l’expédition napoléonienne.

 

Une épopée brillante, foisonnante et érudite donc où, à travers les multiples péripéties, la belle et rebelle cité andalouse s’impose comme l’héroïne du récit, même si, au final, la retraite pitoyable des gabachos sonne paradoxalement le glas de sa splendeur.


Cadix, ou la diagonale du fou Arturo Perez Reverte, traduit par F. Maspero, Seuil

 

 

* Formule empruntée à feu Michel Crépeau qui qualifiait ainsi La Rochelle…


** Terme péjoratif pour désigner les Français.

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 17:50

Aderriere 02 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après l'inoubliable "Les moustiques n'aiment pas les applaudissements"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aderriere 01Auguste Derrière, fils de Just et de Prudence, nous propose l'incontournable "Les fourmis n'aiment pas le flamenco"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux ouvrages indispensables à tous les amateurs de jeux de mots laids, à tous ceux qui ont inscrit ce précepte au frontispice de leur conscience "Ne faites pas aux truies, ce qui est laie" et qui se demandent : "Si le travail c'est la santé, pourquoi ne pas le confier aux malades ?"

Aderriere pages

Deux pages du premier opus

 

Aderriere chien

Un avertissement parmi beaucoup d'autres...

 

Aderriere allah

Rien à voir avec les restos du Caire

 

Aderriere pensees

 

Aderriere turlutte

 

Spécial DSK

 

 

Et puis quelques réclames :

ADerriere litBidau-650

 

Avec les draps KULA

 

ADerriere Meubles-650

Pour pyromanes

 

 

ADerriere Moutarde-650

Une boutade de Dijon

 

 

ADerriere NiceToMeat-650En vente à la boucherie Devaux

 

 

ADerriere taverne-650

Ancêtre de l'ivrognus à quatre pattes, l'Homme des tavernes s'inscrit dans l'évolution de l'Homosaboa-saboa !

 

Et pour finir deux belles photos de Ronis et Cartier-Bresson, avec légendes, dont une dédiée aux huguenots :

 

Aderriere willy-ronis

 

 

 

Aderriere cartier-bresson

 

Auguste Derrière Les moustiques n'aiment pas les applaudissements et Les fourmis n'aiment pas le Flamenco

Le Castor Astral éditeur

 

PS Le 3e opus des oeuvres d'Auguste Derrière est paru : "Les mites n'aiment pas les légendes"

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 14:24

Un été où la maisonnée a été bien remplie et une nouvelle « bécane » qu’il a fallu apprivoiser m’ont fait délaisser cette rubrique mais non la lecture. Voici donc quelques ouvrages et auteurs que j’ai sélectionnés pendant cette période.

 

BUdall destinmiraculeuxD’abord, une confirmation : Brady Udall est bien un grand. Après Le polygame solitaire,  j’ai enchaîné avec Le miraculeux destin d’Edgar Mint (10/18 : 9,40 €) qui met en scène un gamin métis (né d’un père blanc -et absent- et d’une mère apache -et alcoolique-) Orphelin, rescapé -avec des séquelles Brad Udallhandicapantes- d’un terrible accident, il est ballotté de l’hôpital à l’orphelinat et à la famille d’accueil, de la cruauté enfantine à l’ambiguïté du médecin qui l’a tiré d’affaire, sans guère rencontrer reconnaissance ou affection. Mais le récit n’est ni misérabiliste ni pleurnichard, il est très tonique, souvent teinté d’humour féroce  et on s’attache à ce drôle de petit bonhomme, un peu barboteur,  qui s’accroche à la vie comme à son antique machine à écrire et à son surprenant « doudou ». Du même auteur, je recommande chaudement aux amateurs de nouvelles le recueil Lâchons les chiens  (10/18 : 7€) première œuvre d’Udall, bourrée de pépites.

 

 

Ensuite, trois découvertes :


jo nesbo leopard1.   L’auteur norvégien Jo Nesbo, avec Le jo nesbo gp2léopard  (Gallimard : 21€) un gros thriller bien saignant qui entraîne le lecteur de Hong Kong aux montagnes norvégiennes et aux volcans africains en compagnie d’Harry Hole, flic alcoolo et toxico sur fond de guerre des polices ; ça peut paraître caricatural mais c’est bien ficelé (un peu trop barbare toutefois à mon goût) et la psychologie du héros est plus complexe que prévu.

 

 

 

 

 


 

mcliamwilson eureka2.   L’auteur nord-irlandais Robert Mc Liam Wilson pour Eureka street publié en 1996 et offert par 10/18 pour deux bouquins achetés, une aubaine ! (Prix en librairie : 8,60€). La quatrième de couverture est éloquente :

mcliamwilson_eureka4.JPG 

 

mcliamwilson1C’est un bouquin truculent en dépit des circonstances mais non dépourvu d’émotion, un hymne à l’amitié interconfessionnelle et à Belfast. Une réserve cependant : la traduction française m’a paru parfois laborieuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

MConnelly defenseLincoln3.   La réputation de Michael Connelly n’avait pas encore suscité ma curiosité. J’ai ouvert La défense Lincoln (Points : 8€) sur un transat gadiri et je dois avouer que j’ai été captivée par ce thriller judiciaire. Le héros, Mickey Haller, est en effet un avocat MConnellycalifornien, voué aux causes minables, qui se voit enfin proposer une défense juteuse. L’intrigue est très bien conduite mais ce que j’ai surtout apprécié, c’est d’y voir décortiquer le fonctionnement surprenant de la justice étatsunienne au moment où l’affaire que vous savez occupait nos médias.

 


 

alix-saint-andre enavantroutebisA présent, un coup de cœur : il va à En alix-saint-andreavant, route !  (Folio : 6,80€) d’Alix de Saint-André. Ce petit livre relate les trois pèlerinages que la journaliste-écrivaine a effectués à Saint Jacques de Compostelle. C’est très alerte, pétri d’humour, plein d’enseignements sur les rapports humains et surtout, dénué de tout prosélytisme.

 


 alexis jenni prix goncourt 2011

Terminons par le Goncourt. J’ai achevé la (longue) lecture de L’art français alexis-jennide la guerre   (Gallimard* : 21€) d’Alexis Jenni la veille de l’attribution du prix. Le propos en est assez simple : un ancien engagé (par hasard) de la « guerre de vingt ans » (Résistance, Vietnam, Algérie) confie au narrateur le soin de rédiger son histoire en échange d’une initiation au dessin à l’encre qu’il maîtrise parfaitement. Mais le narrateur -doux  glandu difficile à cerner- ne se contente pas de rapporter le parcours de Victorien Salagnon : il alterne comme un métronome les séquences « ROMAN » qui évoquent les guerres de Salagnon et des « COMMENTAIRES » qui sont comme un prolongement, un écho de l’Occupation (la queue dans une pharmacie de garde) ou des guerres coloniales dans la France contemporaine. Certes, cela justifie le titre mais autant le récit des mémoires de Salagnon  sauvé par son art sonne juste (rythmé, bien documenté, bref convaincant) autant les « COMMENTAIRES » souvent répétitifs, alourdis par un style ampoulé me semblent rater leur cible. Dommage ! L’auteur m’a paru éminemment sympathique dans ses interviews.

 


  * Comment Gallimard, qui passe pour un éditeur sérieux, a-t-il pu laisser estropier ainsi une conjugaison (p. 200) : «  Salagnon se rencoignit » ?


PS Un grand merci à P. Bouchard pour avoir signalé le livre  d’Ali Magoudi dont je termine la lecture enthousiaste.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 15:03

11-unsujetfrancais

 

11-a-un-sujet-francais-d-ali-magoudi-albin-michelAli est le fils de l'union improbable d'un ouvrier algérien musulman et d'une couturière polonaise et catholique, qui se sont rencontrés en 1942. Abdelkader Magoudi a sommé le dernier de ses enfants d'écrire un jour l'histoire de sa vie, un vrai roman, sauf qu'il ne lui a rien dit, rien expliqué. Ali est aussi le parfait symbole d'une époque où les enfants de milieux très populaires pouvaient réussir. Il fait médecine, il est repéré comme un futur chirurgien brillant, opte pour la psychiatrie, la psychanalyse, fréquente les présidents de la République, devient écrivain, fait les portraits de Mitterrand, de Chirac, et, dans un autre genre, une formidable présentation psychiatrico-politique de Le Pen ("Les dits et les non-dits de Le Pen", La Découverte). Tout roule. Il arrive à la soixantaine. Et il a cette blessure intime: "comment mon père a-t-il pu rencontrer ma mère? et qui était cet homme?"

 

Il se lance dans sa quête des origines, et ne nous épargne rien des heures passées aux archives de la police parisienne, ni de tous les autres fonds qu'il explore, méthodiquement. Il ne nous cache pas non plus ses moments de doute et de découragement, et la petite voix qui lui dit, "laisse tomber, ce n'est pas bien glorieux ce que tu vas trouver, laisse les morts enterrer les morts, as-tu vraiment envie de connaître les faiblesses de ton père?"

 

Et c'est bien cela qui est fascinant. Car nous sommes tous comme les fils de Noé, qui doivent recouvrir la nudité du père lorsqu'il a sombré. Nous sommes tous fascinés et pas sûrs d'avoir envie de savoir, quand il s'agit de nos parents. Aucun père n'est aussi glorieux, ni parfait que nous l'avons rêvé. Les aventures de celui-ci sont à la fois invraisemblables, "acadabra...esques", et parfaitement banales, comme toutes les aventures humaines, même si elle l'est un peu plus. Tous les pères s'appellent Abdelkader, et c'est une raison suffisante pour lire "Un sujet français".

 

"Un Sujet français", Ali Magoudi, Albin Michel

 

Pascal Bouchard*

 

* Pascal Bouchard, esayiste et romancier, a créé un site d'information et de débat sur l'éducation, ToutEduc ; il est notamment l'auteur d'un Anti-manuel d'orthographe ; il est un des contributeurs de MLF

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 16:56

11 sarko-m-a-tuer-ecrit-par-deux-journalistes-du-monde-sur-L’affaire de l’infirmière qui confie à la greffière avoir vu remettre une enveloppe de liquide à Sarko est un peu l’arbre (un baobab, il est vrai) qui risquait de cacher toute la richesse de Sarko m’a tuer. Heureusement, le tir de barrage des UMPistes a fait long feu, empêtrés qu’ils sont par la confirmation d’enquête illégale sur les appels téléphoniques d’un journaliste du Monde. La juge Prévost-Desprez n’est qu’un des 27 cas étudiés par G. Daviet et F. Lhomme : préfets, journalistes, policier ou gendarme, magistrat, politiques, voire quidam... tous ces "damnés du sarkozysme" jettent une lumière crue sur les mœurs de Sarkozy et de ses sbires.

 

11 sarkotuer Isabelle-Prevost-DesprezL’affaire Bettencourt est évoquée dans trois cas, la juge bien sûr qui d’ailleurs dit avoir elle-même recueilli une confidence hors PV*, David Sénat membre du cabinet de la ministre de la Justice et surtout Claire Thibout la comptable. On y voit se déployer une violence d’état au service en fait de l’intérêt personnel de Nicolas Sarkozy.

Claire Thibout, faut-il le rappeler, était la comptable de Mme Bettencourt, qui avait notamment révélé avoir, à la demande de Patrice de Maistre, retiré 150 000 € remis à Eric Woerth, trèsorier de l’UMP, pour financer la campagne présidentielles. Son mari, pour avoir numérisé les enregistrements fameux du Maître d’hôtel, est mis en garde à vue 48 H. Kiejman, avocat de L. Bettencourt, vraisemblablement de mèche avec le procureur Courroye, dépose une plainte pour vol. Son logement est perquisitionné devant ses enfants, puis une maison en Normandie avec des policiers qui se la jouent western. Mais qui ne savent pas précisément de quel vol il s’agit, si ce n’est de documents. Elle est interrogée, réinterrogée, à la demande du Parquet. « Dès qu’on faisait un PV, ça remontait (…) au Parquet qui demandait à ce qu’on repose des questions ». Après un interview à Mediapart – révélant la fameuse enveloppe à Woerth – elle va chez un parent pour éviter le harcèlement des journalistes. Mais le lendemain, son avocat lui demande de revenir à Paris. Elle part prendre un train à Avignon. Mais là on lui demande de rester. Retour dans le village du parent « Et là je découvre, ahurie deux cars de CRS et plusieurs estafettes de gendarmerie devant la maison… » « Claire Thibout ignore à ce moment-là que, à Paris, au sommet du pouvoir, la mobilisation générale a été décrétée. La consigne est claire : il faut « s'occuper » en urgence de cette petite comptable qui a osé mettre en cause le président. Nicolas Sarkozy lui-même prend l'affaire en main. Dans son livre M. le Président, Franz-Olivier Giesbert écrit, à propos de l'interview donnée à Mediapart 11 sarkotuer CThiboutpar Claire Thibout : « Après la diffusion de ses déclarations [par Mediapart], tous les moyens de l'État sont déployés, toutes affaires cessantes, pour retrouver la comptable, partie en vacances du côté d'Arles. Le chef de l'État harcèle son ministre de l'Intérieur au téléphone : "Qu'est-ce que tu fous ? Qu'attendez-vous pour la localiser ?" » Brice Hortefeux, comme toujours, a exécuté sans discuter l'injonction de son mentor.

Finalement, au bout de plusieurs heures d'une attente angoissée, Claire Thibout est informée par téléphone qu'une équipe de la BF [brigade financière] va descendre de Paris tout spécialement. Ils débarquent à 19 heures. « Ils m'ont fait peur, ils étaient quatre hommes et une femme et ont surgi par la cuisine plutôt que par l'entrée principale. Ils ont dit à mes cousins de "dégager", puis m'ont lancé : "Vous savez pourquoi on vient." Ils m'ont dit qu'ils voulaient me questionner sur l'interview accordée à Mediapart, qu'ils allaient m'interroger au commissariat de Nîmes où, disaient-ils, ils ne pourraient pas me mettre en garde à vue. Ils me font comprendre que je peux refuser, mais que cela risque de m'attirer des ennuis. Ils m'informent que, après une nouvelle audition, ils me laisseraient retourner à Fourques mais me ramèneraient à Paris le lendemain matin ! Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. J'ai pris mon portable avec moi car ils m'avaient dit qu'ils ne me reconduiraient pas à Fourques, qui est à une trentaine de kilomètres de Nîmes. » « Dans la matinée du jeudi 8 juillet, alors que Claire Thibout n'est sortie du commissariat de Nîmes que depuis quelques heures, le site Internet du Figaro met en ligne un papier titré : « Claire Thibout dénonce "la romance de Mediapart" ». L'article n'est pas signé, ce qui est parfaitement aberrant pour une information de cette importance, et s'appuie sur des extraits tronqués de la déposition de la comptable recueillie quelques heures plus tôt seulement par la PJ. Jamais sans doute un procès-verbal n'avait fuite aussi rapidement. Ce n'est pas tout : le site reproduit un extrait soigneusement choisi du PV en fac-similé (l'édition papier du quotidien fit de même, en une, le lendemain). » Et la fuite fut, quasi explicitement, signée Guéant. Claire Thibout simple témoin a donc été traitée comme une criminelle et quasiment contrainte de revenir sur une partie de ses propos accusateurs.

 11 sarkotuer sarko courroye

Cette violence d’état au service du fait du prince (ou de sa protection judiciaire, voire privée), on la retrouve tout au long des autres cas. Ici, le préposé aux basses œuvres est Courroye.

Il est remarquable de voir, alors que Guéant, à l’époque son plus proche collaborateur faisait fuiter des photocopies de PV en direct au Figaro, que Sarkozy entre dans une violente colère quand il découvre que Le Monde révèle une audition de P. de Maistre mettant en pièces des mensonges de Woerth. Il ordonne à Péchenard et à Squarcini de trouver l’origine des fuites. En toute illégalité, la DCRI se fera remettre les fameuses fadettes, relevés des appels, d’un journaliste qui permettront de remonter jusqu’à David Sénat, magistrat, au cabinet de MAM. Non content de le virer, on le fera mettre en examen pour une sombre affaire dont il sortira innocenté.

 

Car Sarkozy ne se contente pas de sanctionner arbitrairement, il en rajoute toujours, quand il peut, dans l’humiliation, l’avilissement. « Lui fonctionne au mépris, à l’intimidation. Et cela ne fait que poser le problème de sa capacité à exercer son métier, celui de Président de la République. » confiera un des enquêtés. Un autre dira : « Sarkozy, si on n’a pas les moyens de lui résister, il écrase. Sinon, il s’incline, car c’est un trouillard. » « Mettre plus bas que terre quelqu’un pour montrer qu’on est fort, c’est une forme de lâcheté ».

 « Quand il prend quelqu’un en grippe il veut le tuer », dit Y. Bertrand.

 

Le personnage n’est capable d’aucune maîtrise de soi. Sarko fou furieux, fulmine, peste, livide, au bord de l’explosion ; en furie, il éructe ; déferlement de violence verbale ; il débarque  tout fulminant, il ne décolère pas ; crises de rage folles, lit-on au fil des témoignages. « Cécilia le décrivait comme un homme colérique capable d’une incroyable violence, au moins verbale » V. Donain (auteure d’un livre pilonné sur pression de Sarko). « II fait preuve d'une impulsivité pour le moins étrange à ce niveau de responsabilité. » (D. Bouton, ex-patron de la Société générale)

 

11 sarkotuer didier porteOn aurait donc pu taxer de caricatural le portrait que fait de lui l’humoriste Didier Porte, si tous les témoignages ne le confortaient pas : « Je suis frappé par la dimension pathologique du personnage, il a la mentalité d'un gamin de 14 ans. Pour moi, en tant qu'humoriste, ça sautait aux yeux dès le début. On a tous connu des gens comme ça au lycée. Moi, je fais 1 m 68 mais j'ai arrêté les talonnettes à 16 ans et demi, lui, il continue d'en mettre à 56 ans, c'est hallucinant ! J'ai toujours trouvé incroyable que l'on confie les rênes du pays à un type manifestement immature. C'est comme quand il a dit que, s'il était si bas dans les sondages, c'était parce qu'il avait un super job et une super femme, et que tout le monde était jaloux de lui ! »

 

11_sarkotuer_Havrin.jpgLe récit de J. P. Havrin, commissaire de police à Toulouse, expérimentateur de la police de proximité, est instructif. Après avoir salement humilié devant les caméras de TV les policiers de base  qui œuvraient au Mirail, le ministre de l’intérieur demande « Où est la BAC ? » (…) d'un ton plein de reproche, sans doute désireux de se faire présenter les effectifs de la brigade anti-criminalité. « Et moi, un peu insolemment je l'avoue, mais il était tellement désagréable que je n'ai pas pu m'empêcher, je réponds : "La BAC ? Mais comme tous les jours, monsieur le ministre, elle est sur le terrain, elle arrête les voyous." Je l'ai vu pâlir, il était déjà énervé, mais ma réponse l'a rendu encore plus furax. "Vous vous foutez de ma gueule en plus ?" m'a-t-il lancé. En fait, je l'avais vu à l'œuvre toute la journée, c'est quelqu'un qui arrive à s'auto-énerver, il s'était chauffé tout seul pour être le plus cassant possible », estime Jean-Pierre Havrin.

Pour lui, l'affaire ne fait évidemment pas de doute : « Toute cette journée avait été parfaitement organisée, les incidents mis en scène. Sarkozy est venu à Toulouse dans le seul but de nous faire passer pour des guignols. C'était un coup monté contre la pol'prox'. »

 

11 sarkotuer Cecilia-AttiasSes sbires policiers sont aussi employés dans ses affaires privées. Ainsi, quand les bruits commencent à courir sur ses mésaventures conjugales avec Cécilia – bruits en fait répandus par le bavard Charon, un de ses proches – un pauvre sous-préfet, chargé de communication à la préfecture de police, G. Dubois, sera accusé de « délit de ricanement » par C. Guéant. Et viré. Il est vrai qu’il avait le tort d’être un fidèle de Philippe Massoni, ex-Préfet de police que Guéant ne peut piffrer. Car, en arrière plan, il ya aussi un panier de crabes policiers, où les sarko boys règlent leurs comptes avec les flics fidèles à Chirac et Villepin. Le mari trompé exercera aussi sa hargne contre Genestar, patron de Paris-Match, coupable d’avoir mis à la une l’épouse avec son amant. Plus tard, « l’affaire Dati [illustrera bien] ce jusqu’au-boutisme, celui d’un homme prêt à tout pour éviter la propagation d’indiscrétions » sur sa vie privée. La DCRI de Squarcini, sur ordre de Péchenard, Directeur général de la police, va donc enquêter sur des rumeurs sur sa vie conjugale avec sa 3e épouse. Là encore, saisie illégale de fadettes et mise en cause de Rachida Dati. (Mais celle-ci devait avoir des biscuits, car elle n’hésita pas à dénoncer publiquement cette suspicion.) Le plus cocasse sera quand même le limogeage d’un préfet pour n’avoir pas su régler les problèmes de ch…… de sa belle-doche, au Cap Nègre.

Mais cet homme, si soucieux de la préservation de sa vie privée, n’hésitera pas à faire fuiter une plainte tout-à-fait privée d’Aurélie Filipetti, députée proche à l’époque de Mme Royal, contre son compagnon : elle avait eu l’impudence extrême de rappeler des promesses faites aux sidérurgistes de Gandrange et non tenues.

 

11 sarkotuer jacques-dupuydaubyBizarrement, alors que l’infirmière et la greffière ont capté l’attention, le témoignage de Jacques Dupuydauby n’a pas été relevé. Il dévoile pourtant le cynisme et l’absence de scrupules du jeune Sarkozy qui venait de ravir la mairie de Neuilly au nez et à la barbe de son protecteur Pasqua. Il s’invite presque chez cet homme d’affaires dirigeant une grande entreprise, à son siège social à Neuilly. Il lui sort : « "Maintenant, parlons de la suite de ma carrière." Et là, il a commencé à me décrire, avec un aplomb invraisemblable pour un type de son âge, ce qu'il pensait que serait son parcours politique. Il m'a dit qu'une fois élu député, il serait secrétaire d'État, puis ministre. Ensuite, bien sûr, il viserait Matignon. Et enfin, pourquoi pas l'Elysée ! Je n'en revenais pas, j'étais soufflé. »

 « Après m'avoir déroulé son projet de carrière, il m'a dit : "Vous le savez, pour une carrière politique d'envergure, il faut de l'argent, beaucoup d'argent." Il a enchaîné par cette phrase que je n'oublierai jamais : "II y a deux catégories de personnes: celles qui vont m'aider, qui seront mes amies, et celles qui ne vont pas m'aider, qui seront mes ennemies." Il a poursuivi : "J'ai un cabinet d'avocats. Prenez-moi comme avocat-conseil et tous les mois je vous enverrai une facture." Je lui ai répondu : "Mais notre société a déjà des avocats, vous ferez quoi ?" Il a souri et m'a lancé : "Allons, vous comprenez bien ce que je veux dire, non ?" Bien sûr que j'avais compris. Il voulait une convention d'honoraires pour des prestations fictives. »

D'un geste du bras, Jacques Dupuydauby mime Nicolas Sarkozy : « II a sorti un papier de sa poche : il avait préparé un projet de contrat ! (…) Il y avait un montant mensuel inscrit dessus, c'était très élevé. Mais en même temps très malin : il savait bien que, pour une boîte aussi énorme que la SCAC (…) ce serait passé comme une lettre à la poste. (…) Je lui ai dit que je ne mangeais pas de ce pain-là, que quand je payais des avocats, c'était pour qu'ils travaillent. Il l'a très mal pris, le repas s'est fini là-dessus Avant de partir, il m'a lâché : "Je m'en souviendrai." Il a tenu parole**, effectivement, il s'en est souvenu ! Ce déjeuner m'a coûté cher, il m'a même pourri la vie ! »

 

A 28 ans, tout Sarkozy est là : des dents qui rayent le parquet, une impudence extrême, aucune valeur morale.

 

11 Sarkotuer apathie grand journal* Non content de donner des leçons de Code Pénal à la juge Prévost-Desprez, Jean-Michel Aphatie, l’insupportable donneur de leçons de RTL-Canal +, s’en prend à ses confrères : "Cette histoire d'Isabelle Prévost-Desprez, c'est une faillite totale du journalisme. Isabelle Prévost-Desprez dit quelque chose et les journalistes répercutent ce quelque chose sans vérifier ». Il s’agit d’un entretien : ces journalistes auraient fait une faute professionnelle s’ils n’avaient pas transcrit ces propos de la juge (qu’elle a relu attentivement). Le démenti de l’infirmière s’auto-dementit quand elle ajoute qu’elle a subi de fortes pressions (voir le cas de C. Thibout).

 

** Plus tard, en concurrence avec Bolloré en Afrique, notamment la concession des ports, Dupuydauby perd celle de Lomé "Fin 2007, Faure Gnassingbé [président du Togo], m'explique, très embarrassé, qu'il a rencontré Sarkozy à Lisbonne, qui lui avait qu'il fallait me retirer la concession du port et la donner à Bollré, sinon il empêcherait sa réélection."

 

11 sarkotuer-finSarko m’a tuer _ Gérard Davet et Fabrice Lhomme _ éditions Stock

 

 

 

 

Pour compléter : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4271

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4274

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 21:12

polygame-solitaire 

polygame-gde-librairieEntre deux voyages, j’ai pu assister à la dernière transmission de la saison de « La grande librairie » et c’est l’enthousiasme d’un libraire qui y participait qui m’a convaincue d’acquérir Le polygame solitaire de Brady Udall ( d’origine mormone).

 

Plus de sept cents pages en compagnie d’une famille de mormons de l’Utah, adepte en toute illégalité du  « mariage plural » ça peut paraître au premier abord rébarbatif et , de surcroît, un peu suspect. On est vite rassuré : le rythme est échevelé et le quotidien  de cette extravagante famille de 33 membres (un tableau préliminaire aide à les identifier) ne constitue en rien une apologie de la polygamie

 

Golden Richards, le père, brave géant quadragénaire, est mormon et polygame par hasard mais très apprécié de sa hiérarchie religieuse qui a détecté chez lui un être influençable. Comme son entreprise de bâtiment n’est plus très florissante, il est obligé d’accepter des chantiers fort éloignés de ses domiciles familiaux (Vieille maison, Grande Maison et Petite Maison)  qu’il regagne irrégulièrement, épuisé, pour y retrouver des épouses et une marmaille au bord de l’explosion. Sa redoutable passivité lui sert de cuirasse mais non content de cumuler tous ces soucis , il se crée de nouvelles complications… en tombant amoureux ! Et voilà ce vieil ingénu obligé de ruser maladroitement pour tenter de se dépêtrer de situations rocambolesques, sans grand succès d’ailleurs vu qu’il agit souvent à contretemps.

 

Comme le reste de la famille, il est enfermé dans le carcan des préceptes religieux auxquels s’ajoutent, pour les enfants, des consignes éducatives (parfois désopilantes). On y déroge en douce, les gamins en se lançant des piques fielleuses, les femmes en maniant la perfidie ou en s’adonnant en catimini à la lecture (prohibée) de romans de la collection Harlequin.

Deux des protagonistes se rebellent cependant plus ouvertement :

·        Trish, la quatrième épouse et la plus jeune, en manque d’amour et d’attentions sera tentée par une intrigue extra conjugale puis apostrophera Golden en tête à tête en faisant fi de l’exigence de décisions communautaires..

·        Rusty, surtout, « le terroriste de la famille » le garnement pré-ado pour qui la famille est un« filet à singes », son père « le Yeti » et le reste du monde constitué de « trouducs ». Son inconduite, toute relative, lui vaut un transfert expiatoire de la maison maternelle à celle de « tante » Beverley, mère n° 1 et femme à poigne (et seule épouse légitime). Elle impose un isolement et un traitement insupportables à celui qui est seulement en quête d’affection que seul, du point de vue du gamin, le teckel  familial bâtard lui accorde et pourtant « le chien puait encore plus de la gueule que lui de pieds ». Pour exister aux yeux d’autrui, il fabriquera une invention… fatale.

 

polygame brady-udall-hector-udallDans cette tribu, personne n’échappe d’ailleurs à la solitude, à commencer par le polygame solitaire qui, paradoxalement, déplore de ne disposer d’aucune intimité :

« De même que les enfants, les… maisons appartiennent en propre et en esprit aux épouses ; le Père n’a pas son mot à dire sur la manière dont elles sont gérées ou meublées, et dans aucune d’elles il n’a un lit, un fauteuil ou un coin à lui ».

Les échanges sont limités, souvent superficiels et traduisent « une résignation empreinte de lassitude ». Pourtant, la solidarité se manifestera au moment de la tragédie familiale et les langues se délieront. Mais passé ce moment et celui des velléités d’incartades, la soumission et la passivité reprennent leurs droits dans la scène finale pour donner l’illusion d’ « une grande famille heureuse ».

 

Ce roman insolite regorge de rebondissements et de trouvailles tordantes (ah ! l’épisode du chewing-gum ou l’invasion des puces, entre autres) mais la tendresse et la délicatesse sont aussi présentes et Udall utilise des flash-back fort bien venus. Il évite à la fois l’écueil du voyeurisme et  celui de la complaisance à l’égard d’un groupe humain peu banal Comme le soulignait le libraire cité plus haut, cela évoque John Irving ! La version française de Michel Lederer est très alerte, alternant avec bonheur un académisme parfaitement adapté au conformisme ambiant et une spontanéité qui cadre bien avec les moments délirants. Quelques erreurs de conjugaison des verbes en « oir »  m’ont fait sourciller mais sur une traduction aussi copieuse, on ne va pas chicaner.

 

Une très bonne lecture pour faire oublier les journées maussades de cet été capricieux !

 

polygame-solitaire-de-brady-udallLe polygame solitaire (Brady Udall Albin Michel 24 €)

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 16:56

fideliteslitterairesIl est des auteurs que j’achète les yeux fermés mais qui me les maintiennent ouverts «jusqu’à pas d’heure». Je vous livre mes impressions sur les dernières productions de mes «chouchous ».

 

 

andrea camilleriCommençons par l’ancêtre Camilleri (85 printemps) qui nous conduit une fois de plus dans le sillage de Montalbano sur La piste de sable*.

L’intrigue rebondissante, le commissaire quinqua et toujours vert qui se remet des vicissitudes de l’enquête en dégustant les savoureuses spécialités locales, la Sicile décrite avec une économie de mots magistrale (qui contraste avec des protagonistes hauts en couleurs) tout cela m’enchante et fait passer un excellent moment. Mais le petit plus, c’est la langue, mélange à l’origine d’italien et de dialectes siciliens dont le traducteur, Quadruppani, nous régale (on lui pardonnera quelques coquilles). Il faut lire son avertissement en tête de l’ouvrage pour comprendre «l’entreprise délicate» que constitue une telle restitution.

 

J’ai moins apprécié le roman intitulé Un samedi entre amis acheté en même temps et qui n’appartient pas à la série des enquêtes de Montalbano. Il m’a semblé plus poussif… 

 

*Fleuve noir 19,90€

 

 

john-irving-2Avec John Irving, j’ai été entraînée dans une traque qui se déroule sur plusieurs décennies après une mort violente et … bouffonne à l’origine de cette Dernière nuit à Twisted River* (j’avais déjà lu cinq romans d’Irving).

Dominic, «le Cuistot» et son jeune fils Danny vont devoir quitter en hâte et en douce ce hameau de bûcherons et de draveurs de l’extrême nord-est des Etats-Unis. Leur fuite est protégée par Ketchum, le bûcheron anar, grande gueule et ami indéfectible qui ponctue ses phrases rugueuses de «Bon Dieu de bouse de bison !»  «Ne me mets pas les couilles à l’envers»  «Immaculée Constipation»  et qui n’apprécie guère la compagnie de ses semblables : «J’aime autant rester chez moi à regarder péter mon chien». Les deux fugitifs nous font traverser le temps et les grands espaces, changent d’amours et d’identités  et c’est délectable d’autant que l’art culinaire occupe une place de choix dans le récit. Dans cette errance, la solidarité est toujours présente mais ce n’est jamais pontifiant et l’émotion côtoie l’extravagance : ah ! CETTE ange à poil et en parachute qui atterrit dans le fumier de cochons  (et qui rappelle des épisodes croustillants de précédents romans) ! Les figures féminines sont attachantes (comme l’inénarrable Pack de six) et, cerise sur le gâteau, Danny, devenu écrivain à succès, nous dévoile par procuration la démarche littéraire de l’auteur.

 

* Seuil 22,80€

 

 

 

RobertSoleAvant La Mamelouka, j’avais été enthousiasmée par Le Tarbouche de Robert Solé, véritable saga familiale d’Egyptiens d’origine syro-libanaise, les Batrakani qui se disperseront après la révolution nassérienne. On retrouve dans Une soirée au Caire*  un de leurs descendants, Charles, le narrateur, mandaté pour liquider sur place l’héritage familial. Désormais Français, il a, contrairement au reste de la famille, maintenu des liens forts avec son pays d’origine, y rejoint la vieille tante Dina qui le faisait autrefois fantasmer et qui tente d’y conserver l’usage du français et les traditions mondaines, mais bon enfant, d’antan. Charles retrouve une Egypte inéquitablement partagée entre richesse et profonde misère, entre modernité relative et tradition fataliste, entre majorité musulmane et minorité copte (la parution du livre date d’août 2010). Les souvenirs affluent et la nostalgie guette mais l’écriture est d’une pudeur extrême et l’apparition lumineuse de la jeune Amira, ses propos engagés, sa tranquille assurance permettent de clore la soirée sur une lueur d’espoir :

«Une autre histoire s’écrit aujourd’hui»  (p. 210)

Prémonitoire ?

 

*Seuil 17€

 

 

 

douglas-recadr-ISimonSipa-1-150932 LJe suis restée en terre égyptienne en compagnie de Douglas Kennedy Au-delà des pyramides*

Rien à voir avec L’homme qui voulait vivre sa vie  ou avec Les désarrois deNed Allen , ces carnets de voyage s’apparentent plus, pour la forme, à son enquête Au pays de Dieu.

Il s’agit de la première œuvre de Douglas Kennedy publiée en 1988 mais traduite fort tardivement dans notre langue (2010) et ce récit d’un voyage effectué en 1985 n’a rien d’une croisière touristique. Muni d’un petit pécule (en fait, une avance d’éditeur), l’auteur boude délibérément les sentiers battus par les touristes en utilisant auto-stop, train, felouque ; c’est carrément décalé, à l’image de ces Bédouins «accros » à une chaîne US dans une oasis. Les fréquentations de Kennedy, qui s’immerge avec de tout petits moyens dans la société égyptienne, nous ouvrent les yeux sur les réalités de l’époque, sur «les énergies contradictoires à l’œuvre en Egypte». Le futur romancier fait preuve d’une belle maîtrise : son témoignage est très construit et il associe habilement rigueur et humour, esprit critique et tolérance pour nous brosser un tableau non-conformiste mais convaincant de l’Egypte d’il y a un quart de siècle. Les événements récents nous prouvent que rien n’avait fondamentalement changé depuis lors…

Un excellent document qui se lit comme un roman !

 

*Belfond 19,50 €

 

 

 

AVT Henning-Mankell 5444Le dernier livre d’Henning Mankell est longtemps resté sur ma table de chevet. Sachant qu’il s’agissait, par la décision irrévocable de l’auteur, du « terminus » de la série Wallander, j’hésitais à l’ouvrir…appréhension d’une disparition annoncée sans doute.

L’homme inquiet* ne m’a pas tant passionnée par son intrigue que par le poignant retour que l’inspecteur d’Ystad y effectue sur lui-même. A trop se laisser envahir par son travail, il s’était pour le reste «enfoncé dans son cocon de paresse» , il avait négligé sa vie personnelle et celles d’autrui. Lorsqu’il en prend conscience, il est trop tard . Amer constat. Il peut juste remettre en ordre des affaires professionnelles avant que son esprit ne sombre dans le désordre.

 

Mankell, c’est un très mauvais coup que tu* nous fais là ! Au moment où tu donnes une sacrée consistance à ton personnage, tu le largues… et on se sent un peu orphelins. Mais il faut se faire une raison : les préoccupations de Wallander étaient sans doute trop éloignées de tes engagements.

Adieu donc, Wallander, mais à bientôt, Mankell.

 

*Je m’autorise le tutoiement qui est généralisé en Suède depuis la fin des années soixante.

 

* Seuil policiers 22 €

 

 

 

AserhaneLes potes de l’AAA (et les autres) qui ont apprécié, parfois en grinçant des dents, Les enfants des rues étroites et Messaouda d’Abdelhak Serhane peuvent se plonger dans L’homme qui descend des montagnes* qui a de nouveau pour cadre Azrou où l’auteur a passé, il y a quelques décennies, une partie de son enfance qu’il évoque dans cet ouvrage.

Une réserve, d’entrée : la quatrième de couverture fait allusion à un village du Haut Atlas ! Pourtant, dès les premières pages, l’auteur cite nommément Azrou puis mentionne Titahcen, El Hajeb, Meknès. On conseille au rédacteur de la quatrième d’aller faire un tour sur Google Earth pour ne plus confondre Haut et Moyen Atlas et à Serhane de vérifier la présentation de l’éditeur. Il est vrai que Mme Duflot vient de rajouter une couche à notre pitoyable réputation en géographie, alors…

Le verbe de Serhane est toujours aussi impétueux (non exempt de scories parfois) pour traduire un quotidien misérable, voire sordide. Il le tempère en introduisant des contes de la tradition orale  ou en rapportant des échanges (quelquefois musclés) émaillés de dialectal. Retour sur un passé douloureux donc, dont l’approche et la virulence m’ont irrésistiblement évoqué Zoé Valdés (de celle-là, je vous entretiendrai sûrement un jour…) : même dénonciation virulente de la corruption , de la difficile condition féminine, des superstitions, même humour ravageur, même crudité du langage.

Nos ex-potaches nous diront que la situation a évolué au Maroc depuis les sixties. C’est vrai. Cette génération a, comme Serhane, plus ou moins bénéficié de l’ascenseur social et les filles que nous avons eues en classe et retrouvées ensuite ne sont pas des femmes soumises. Pour autant, on ne peut pas oublier la situation de la jeunesse actuelle dont l’avenir n’est pas précisément radieux.

 

* Seuil 18,50 €

 

 

Après ces petits comptes rendus, je vais pouvoir attaquer la lecture du dernier John le Carré que je fréquente depuis des lustres !

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 10:50

principalmaimepasDe certains livres, on se demande s'ils trouveront leur public, et on se dit qu'il est déjà étonnant qu'ils aient trouvé un éditeur, justement parce qu'ils sont exceptionnels.  C'est le cas de "Le principal, il nous aime pas", de Régis Félix. Celui-ci raconte, jour après jour, sa vie de chef d'établissement. Son bureau est le lieu où se manifestent les drames ordinaires d'une petite ville banale et d'un petit collège banal , même pas classé "ZEP", bien qu'il le mériterait. Certains sont spectaculaires, la plupart sont juste la manifestation silencieuse de tragédies minuscules qui n'intéressent pas grand monde. Ce sont seulement des adolescents dont la vie se joue. 


"Yann décroche contre son gré, douloureusement et lucidement. Il s'accroche toujours au collège Wresinski comme à une bouée. Il sait qu'il est en danger de couler. Mais, tel un bateau à bord duquel personne n'a vu qu'un passager est tombé à la mer, l'Ecole avance, imperturbable."


Régis Félix pourrait nous proposer ici un plaidoyer vibrant pour d'autres pédagogies, ou pour d'autres formes sociales. Militant d' "ATD Quart monde", il connaît manifestement tous les discours utiles. Il s'y refuse. Pour transcrire le quotidien, il ne dispose que de sa plume. Sa prose, d'une absolue simplicité, presque transparente à force de discrétion, est d'un véritable écrivain. On sent aussi, sans aucun pathos, une profonde humanité, qui fait qu'on attend le dénouement des drames avec toujours un peu d'espérance. 


Ce livre décevra tous ceux qui attendent des recettes pédagogiques, ou des proclamations militantes, bien des libraires hésiteront à le mettre dans le rayon littérature, où il devrait être.


"Le principal, il nous aime pas", Régis Félix, Chronique sociale et ATD Quart Monde, 208 p., 14,50 €


Tout Educ

Publié avec l'aimable autorisation de l'auteur, Pascal Bouchard

 

 

Un autre point de Vue sur ce livre avec Jean-François Chalot : Le Collège : ce n’est pas une promenade de santé !


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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 19:02

…à la lecture de L’écologie en bas de chez moi de Iegor Gran !

 iegorgran-ecologie

Sous le prétexte d’une « autofiction » qui rapporte la rupture d’une longue amitié pour cause de sévère incompatibilité d’appréciation en matière d’écologie, Iegor Gran fustige une forme de totalitarisme  (et de par ses origines, il sait de quoi il parle)  de « l’intégrisme écolo » qui envahirait notre quotidien ;

Mais ce qui aurait pu n’être qu’un réquisitoire pesant devient une satire mordante et réjouissante grâce à un auteur dont la verve puise abondamment, intentionnellement (et me semble-t-il avec délectation) dans le lexique religieux.

 

iegor-gran2Il dénonce tour à tour :

Les « mollahs du tri sélectif » (ses voisins)

Le « processus d’évangélisation »

La « bigoterie »

Les « signes de dévotion »

La « croisade »

Un « remake des indulgences » (pour la compensation carbone) … et la liste est loin d’être exhaustive pour ce qui concerne « les plus zélés des croyants » !

 

Il canarde « Yann-Dieu » (vous savez, l’hélicologiste) à propos de son film Home, du battage dont il a bénéficié, des retombées sonnantes et trébuchantes des produits dérivés, de l’ « onction écolo » accordée aux groupes qui ont participé à sa réalisation. Il ne ménage ni Nicolas Hulot « aux accents christiques » ni les « marchands du temple » ces enseignes qui surfent sur la vague, ainsi : J’agis responsable avec Carrefour !

 

Sa virée au Salon Planète Durable est un grand moment, bourré d’humour corrosif  (et bien plus convaincant, de mon point de vue, que les pages consacrées au réchauffement climatique). En revanche, « Nulle trace d’humour chez les prophètes ». Bon, là il pousse peut-être un peu : on connaît tous des écolos avec qui on peut se payer une bonne tranche de rigolade ! (mais tout athée a son curé, c’est bien connu).

 

La mécréante que je suis a fort apprécié ce pamphlet à forte connotation anticalottine. Cependant je confesse (ouaf ! ouaf ! ) que je trie mes déchets avec discipline : je dispose d’un vaste logement qui permet de stocker (la collecte ayant lieu toutes les deux semaines) journaux -et il y en a- et emballages recyclables et d’une voiture pour transporter les « verres » jusqu’au container le plus proche -qui n’est pas si proche que ça !- Si je n’avais qu’un studio et pas de bagnole, gageons que je serais sans doute moins écologiquement responsable.

 

Bravo à Iegor Gran pour cette cure de déculpabilisation (je n’écris pas désintoxication, hein !) administrée avec une bonne dose de provocation mais qui parie sur l’adaptabilité de l’homme et fait confiance « à la liberté, à la culture, à l’intelligence ».

 

 

brisdeverts canard

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