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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 14:34
La revanche de Pedro Sánchez

Tableau allégorique :

Pedro Sánchez,  drapeau du PSOE à la main, connaît l'ascension miraculeuse vers la Présidence du gouvernement, tandis qu'en bas du tableau Felipe González et Jose Luis Zapatero réconfortent Susana Diaz, patronne du PSOE en Andalousie, grande rivale de Sánchez.

Voir le nouveau gouvernement en fin d'article

Qui, au moment où Pedro Sánchez la déposait, aurait parié un bolivar vénézuélien dévalué sur la réussite de sa motion de censure. Au terme d’à peine deux jours de débats, qui ont vu le Président du gouvernement, Rajoy, déserter l’assemblée pendant huit heures, la motion l’emportait par 180 voix. Pari gagnant pour le secrétaire général du PSOE. Défaite bien sûr pour le Parti Popular (PP). Mais aussi pour Ciudadanos. Et situation ambiguë pour Podemos.

Pour ceux qui ne sont pas familiers de la vie politique espagnole reportez-vous à  Dans le labyrinthe de la vie politique espagnole

Il aura fallu que le scandale Gürtel arrive à sa conclusion judiciaire qui s’est soldée par des dizaines d’années de prison pour des caciques du PP, dont Barcenas son ex-trésorier, mais aussi la condamnation formelle du Parti Popular en tant que tel, pour que ses alliés – Ciudadanos (C’s) et PNV (basque) - soient forcés de prendre leur distance. C’s appelle à de nouvelles élections générales, tandis que Sánchez, au nom du PSOE, mais en se gardant bien de solliciter l’avis des barons et en ne recueillant que scepticisme de la part de Felipe González et Zapatero, dépose une motion de censure.

Il faut 176 voix. Le PSOE ne compte que 85 députés. Podemos contraint et forcé appuie mais ses 71 députés, avec ses alliés, ne suffisent pas. Et un plan B était sans doute préparé en coulisse avec C’s à la manœuvre pour aboutir à une dissolution des Cortes et une nouvelle élection. Le PNV basque, soutien de Rajoy jusqu’alors, fut le premier à apporter son soutien. Les partis nationalistes catalans voulaient monnayer le leur. Mais Sánchez n’a semble-t-il rien cédé si ce n’est une volonté de renouer le dialogue. Et ERC et PDeCat ont finalement accepté de voter la motion.

La revanche de Pedro Sánchez

"Pedrito" el patito feo – Pierrot, le vilain petit canard – comme le qualifiait Público, el guapo – le beau gosse - plutôt méprisé par les ex-présidents PSOE et par les barons du parti, à commencer par Susanna Diaz, accède donc à la Présidence du gouvernement, après avoir prêté serment, une première, sans bible ni crucifix.

Il a longtemps mené une carrière de second couteau. Adhérent du PSOE en 1993, il a commencé sa carrière à Bruxelle où il avait décroché un Master en économie politique. Il a commencé à travailler comme assistant de la députée européenne socialiste Bárbara Duhrkop. Il se liera d’amitié avec Oscar López. Il deviendra chef de cabinet de Carlos Westendorp, Haut Représentant international en Bosnie-Herzégovine, pendant la guerre du Kosovo.

En 2000, il forme avec Oscar López et Antonio Hernando l’équipe de confiance de José Blanco, nouveau secrétaire général du PSOE. Mais il est le moins connu des trois. Il se retrouve aux élections municipale de Madrid, en 2003, sur la liste PSOE mais à une place de l’élection : il ne deviendra conseiller qu’après une démission. Il va subir le même sort aux élections générales de 2008, mis sur la liste PSOE à une place qui ne lui garantit pas l’élection, il n'entrera aux Cortes qu'en 2009, quand Pedro Solbes abandonna la politique. Il commence enfin à accéder à une certaine notoriété, les journalistes parlementaires l’ayant élu comme la révélation comme nouveau député en 2010. Mais l’histoire se répète puisque aux élections de 2011 il se retrouve encore à une place de l’élection. Il se prépare à se reconvertir en prof d’université, quand début 2013, Cristina Narbona laisse son siège. Et voilà que ce député de raccroc, quand le secrétaire général du PSOE, Rubalcaba, démissionne, se met en tête de se présenter à sa succession. Bien qu’il sillonne les territoires, personne n’aurait parié un kopeck sur lui. Eduardo Madina, député basque, était le favori.

La revanche de Pedro Sánchez

C’était sans compter sur l’andalouse, Susana Diaz, qui, trouvant Madina trop à gauche, fit voter Sánchez qui l’emporta à la surprise générale. Aux élections générales de 2015, le PSOE obtint le pire résultat de la démocratie post-franquiste. Et ses tentatives de prendre la tête d’une majorité échouèrent. Et aux élections générales suivantes, juin 2016, le score du PSOE fut pire encore, mais il évita le “sorpasso” – le dépassement - par Podemos. Dans la situation de blocage, comme il refuse de laisser Rajoy être investi, les barons du PSOE, Susana Diaz en tête, le mettent en minorité dans les instances : il démission du secrétariat général mais aussi de son si-ge de député pour ne pas avoir, par discipline de groupe, à cautionner l’investiture de Rajoy ! Pour tous, il était fini. Mais non, il va repartir à la reconquête du PSOE et va à nouveau sillonner le pays avec comme slogan « non c’est non » à Rajoy. Et la toute puissante Susana Diaz va être écrasée par le vote des militants.

Et c’est donc ce miraculé qui a su, défiant une fois encore les pronostics, faire passer une motion de censure qui le propulse à 46 ans à la tête de l’Espagne. Comme dans le conte, le vilain petit canard s’est transformé en cygne.

La revanche de Pedro Sánchez

Mariano Rajoy est évidemment le grand perdant, puisque le premier à être déchu par une motion de censure. Sa vie politique se termine donc sans gloire.  Les catalanistes et l’extrême-gauche, dans une sorte de point godwin à la sauce ibérique, en font une réincarnation de Franco. Il serait plutôt un disciple du petit père Queuille : « Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. » Malgré un charisme de bigorneau, une propension à sortir des vérités premières, les coups sournois d’Aznar, le cretino aura quand même tenu 6 ans et son parti, le PP, malgré toutes ses casseroles, sera resté le 1er parti espagnol. Sa fin cependant n’aura pas été très glorieuse – mais finalement à l’image d’un personnage qui au dernier épisode de l’affaire Gürtel a tenté de faire croire qu’il en ignorait tout – qui a fui le débat aux Cortes en disparaissant pendant 8 heures dans un restaurant proche.

La revanche de Pedro Sánchez

Un jour terrible pour Ciudadanos aussi. La convocation d’élections anticipées, dont il comptait sortir en tête non seulement de la droite mais de tous les partis, est repoussée à une date ultérieure que Sánchez s’est bien gardé de préciser. C’s, si on en croit Lluís Bassets, aurait été victime d’une coalition souterraine de fait. Rajoy se serait résolu à cette chute pourtant humiliante, plutôt que de décider des élections anticipées où un PP à la dérive risquait d’être phagocyté par son ex-allié. Le PNV basque comme évidemment les partis nationalistes catalans haïssaient l’idée que ce parti qu’ils qualifient d’espagnoliste soit hégémonique. Podemos même, quelque soit son animosité envers le PSOE, craignait encore plus que C’s passe devant lui.

Rivera n’a plus qu’à espérer que le « gouvernement Frankeinstein » comme il l’appelle échoue et que le PP ne profite pas de sa cure d’opposition pour se refaire la cerise. Mais, pour le moment, il a perdu la main, faute d’avoir su ou pu négocier son appui à la motion de censure contre une dissolution à très court terme.

La revanche de Pedro Sánchez

Podemos a su faire contre mauvaise fortune bon cœur en se ralliant d’entrée à une motion qui l’a sans doute pris de court. Mais sans obtenir aucune contrepartie. Aucune place dans un gouvernement qui, outre des PSOE, ne s’ouvrira qu’à des personnalités ‘civiles’ comme on dit. Et obligé d’appuyer toutes propositions –retraites, salaires, dialogue avec les nationalistes – qu’il préconise, même s’il les juge trop timides.

La revanche de Pedro Sánchez

Reste que pour Sánchez cette prise du pouvoir va être un exercice de haute voltige. D’autant que Susana Diaz et les autres dirigeants régionaux, s’ils l’ont assuré de leur loyauté et félicité de rendre au pays sa dignité et sa décence, le soutiennent comme la corde soutient le pendu. Ses marges de manœuvres sont d’autant plus réduites que le budget a été voté par l’ex-majorité et qu’il s’est engagé de ne pas toucher aux largesses concédées au Pays Basque par Rajoy pour prix du soutien du PNV. Guère plus de marges côté catalan, puisque les poursuites et emprisonnements sont entre les mains de la justice et que, de plus, sur ce dossier les barons du PSOE le guettent. Cependant de sa réussite, qui ne peut être que relative, dépend l’avenir du PSOE. Et tous – barons ou militants – n’ont plus qu’à souhaiter que cette miraculeuse présidence ne soit pas… le chant du cygne !

 

 

 

 

Pour compléter :

Le nouveau gouvernement de Sánchez

La revanche de Pedro Sánchez

De gauche à droite et de bas en haut :

Pedro Sánchez, Carmen Calvo, José Luis Ábalos, María Jesús Montero, Meritxell Batet

Teresa Ribera, Josep Borrell, Margarita Robles, Nadia Calviño, Pilar Cancela : pressentie n'a finalement pas été retenue.

Carmen Calvo, vice-presidente, ministre de l’égalité et chargée des relations avec le parlement.

José Luis Ábalos, ministre du développement des territoires

María Jesús Montero, ministre des finances

Meritxell Batet, ministre des Administrations Publiques

Teresa Ribera, ministre de la transition écologique

Josep Borrell, ministre des affaires étrangères

Nadia Calviño, ministre de l’économie

Margarita Robles, ministre de la défense

 

Carmen Montón, ministre de la santé

 

 

Pedro Duque, ministre de la science

 

 

 

Magdalena Valerio, ministre du travail

 

 

 

 

 

Isabel Celaá, ministre de l'éducation 

 

 

 

 

Dolores Delgado , ministre de la justice

 

 

 

 

 

Luis Planas, ministre de l'agriculture

 

 

 

 

 

 

 

Reyes Maroto, ministre de l'industrie

 

 

 

 

Fernando Grande-Marlaska, ministre de l'intérieur

 

 

 

 

Màxim Huerta, ministre de la culture et des sports

 

 

 

 

 

Fonctions complètes :

Composición del Gobierno de Pedro Sánchez

La revanche de Pedro Sánchez

Un gouvernement franchement féminin

Une majorité nette de femmes, dans un cabinet où les compétences sont affirmées, avec un subtil équilibre géographique.

Deux signes forts sont envoyés à l'Europe avec la nomination de Josep Borell, ex-président du Parlement européen, aux affaires étrangères et celle de Nadia Calviño, actuellement directrice générale des finances à la commission européenne, comme Ministre de l'économie.

En revanche, la nomination du même Borell, ex-ministre de Felipe González, va déplaire souverainement aux souverainistes catalans auxquels ce catalan lui-même est clairement opposé.

María Jesús Montero a été empruntée à la région andalouse où elle était déjà chargée des finances, elle aura à mettre en oeuvre la réforme de la financiarisation des régions autonomes.

Carmen Calvo, sera seule à la vice-présidence : femme d'expérience, cette andalouse a été ministre de la culture de Zapatero ; docteure en droit constitutionnel c'est elle qui a négocié l'appui du PSOE pour l'application de l'article 155 en Catalogne ; comme ministre de l'égalité elle devra notamment s'atteler à la lutte contre les violences de genre.

A noter que sept membres sont de formation juridique dont deux magistrat-e-s et, à la tête du ministère de la Justice, une procureure.

 

La revanche de Pedro Sánchez
La revanche de Pedro Sánchez
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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 16:01
Anatomie d'un HOAX

Fessebouc et touitteur sont les vecteurs privilégiés des "post vérités" et autres "faits alternatifs", chers à Trump et à ses séïdes.  Mais, le courriel continue, à bas bruit, de diffuser ce qu’on appelle HOAX, traduit parfois par canular, alors que ce sont souvent des mensonges sinistres. Et ils ont une durée de vie quasi infinie : la même saloperie, qui a atterri dans votre Boîte à lettres électroniques il y a 2 ou 3 ans, va réapparaître maintenant, à peine modifiée par d’autres salopards. Et diffusée de bonne foi par vos correspondants.

 

Ainsi, ai-je vu un assez lointain article concernant la prétendue direction de Biogaran (filiale de Servier) par un frère Sarkozy, retrouver une audience spectaculaire au moment des primaires de la droite, avant leur 1er tour : visiblement cet hoax avait refait un tour de manège.

Car l’hoax politique est un grand classique. Comme on a pu voir avec le Falcon présidentiel et les fabuleuses rétributions de Jospin et Bachelot, il y a toujours du vrai : de fait la Présidence de la République a bien un Falcon, de fait Jospin et Bachelot co-présidaient bien une commission. Cela pour donner un vernis d’authenticité. On trouve aussi, souvent, une caution scientifique du Docteur X ou du Professeur Y, sommités réelles, mais qui n’ont absolument pas dit ce qu’on leur prête.

L’hoax dont il est question – quasi chimiquement pur puisqu’il se réduit à une photo avec une pseudo information et un proverbe chinois ou prétendu tel – venait en conclusion d’un envoi plutôt centré sur le #penelopegate (copies de touittes vertueux de Fillon, chaise longue représentant le bureau de l’épouse).

Comme un cheveu sur la soupe, puisqu’il visait Hamon. Venant d’un correspondant partisan affiché de Mélenchon.

Pas besoin d’avoir fait Sciences Po pour déchiffrer le message : Hamon est un faux-cul.

Anatomie d'un HOAX

Ce qui est absolument vrai, c’est que Hamon n’a pas voté la censure de la Loi Travail dite Loi El Khomri.

Sauf que personne n’a voté la motion de censure de gauche, ni lui, ni M. Mamère, ex EELV, ni Mme Filipetti, PS, virée du gouvernement en même temps que lui, etc.

Tous pourtant cosignataires d’une motion de censure*.

Anatomie d'un HOAX

Sont donc fous ces frondeurs ? Et bien non : la motion de censure* n’a pu être déposée faute du nombre de signatures nécessaire. Donc il n’y a pas eu de vote sur cette motion de censure.

Et la citation – sans doute controuvée – prend tout son sel, parlant de tromper, venant de ceux qui instillent une contre-vérité !

Anatomie d'un HOAX

Il y a pire, et venant, du coup, du sein même de son parti, du PS, avec ceux qui reprennent la calomnie qui a si bien marché à droite avec Juppé, rebaptisé Ali Juppé, en clamant qu’Hamon est le candidat des Frères musulmans** !

 

* Il s'agit bien sûr de la motion de censure des gauches et de l'écologie, comme elle se présentait, cosignée par Laurence Abeille, Sylviane Alaux, Brigitte Allain, Pouria Amirshahi, François Asensi, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Philippe Baumel, Laurent Baumel, Huguette Bello, Jean-Pierre Blazy, Michèle Bonneton, Alain Bocquet, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Fanélie Carrey-Conte, Patrice Carvalho, Nathalie Chabanne, Gaby Charroux, André Chassaigne, Dominique Chauvel, Pascal Cherki, Sergio Coronado, Marc Dolez, Cécile Duflot, Hervé Feron, Aurélie Filippetti, Jacqueline Fraysse, Geneviève Gaillard, Linda Gourjade, Edith Gueugneau, Benoït Hamon, Mathieu Hanotin, Christian Hutin, Serge Janquin, Romain Joron, Régis Juanico, Jérôme Lambert, Jean Lassalle, Christophe Léonard, Jean-Luc Laurent, Noël Mamère, Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor, Philippe Noguès, Christian Paul, Michel Pouzol, Patrice Prat, Barbara Romagnan, Jean-Louis Roumegas, Nicolas Sansu, Eva Sas, Gérard Sebaoun, Suzanne Tallard, Thomas Thévenoud, Paola Zanetti

Une autre motion de censure fut, évidemment, présentée par la droite et malheureusement votée par ce qui se baptisait "Front de gauche" (essentiellement PCF, et disparu aujourd'hui) qui n'eurent pas honte de mêler leurs voix à celles de Bourdouleix, Collard ou de la nièce Le Pen.

"On ne va pas mêler nos voix à des gens qui ne veulent pas de la loi El Khomri pour des raisons opposées aux nôtres" avait heureusement prévenu Laurent Baumel,  au nom des frondeurs PS.

 

** Inutile de dire que cette belle saloperie a fait les délices de l'extrême-droite (voire de la droite) qui, certes, n'avait pas besoin de ça pour sévir, mais qui est en quelque sorte cautionnée par des membres du PS.

 

On peut admirer le haut nivô de maîtrise du Français (avec ce verbe "stigmatismer" et ces "bonne-femmes"). Le "ganja" désigne le chanvre indien - le mot viendrait en quasi droite ligne du sanscrit - autrement dit le cannabis qu'Hamon, à juste titre, propose de légaliser. Quant à Amaq, il s'agit de l'agence de presse de DAECH censée donc soutenir Hamon, bien sûr. Ces ordures anonymes ne reculent devant rien.

 

 

 

 

 

 

 

 

En complément :

Mélenchon victime d'un redressement politique des sondages ?

Un autre HOAX et là directement signé par les mélenchonistes attitrés et par Mélenchon lui-même, le grand homme serait systématiquement victime d’un redressement politique de la part des sondeurs en général et de l’IFOP en particulier.

Jour après jour, les séïdes lancent sur les réseaux, une prétendue comparaison des intentions brutes comparées aux résultats corrigés de l’IFOP. Pour faire bref, les instituts recueillent les intentions de votes de leur échantillon, et, comme l’explique assez bien Metroscopia, institut espagnol, en fonction de l’échantillon – sous ou sur représentation de telles catégories - mais aussi des votes exprimés aux précédentes élections et des réponses aux autres questions posées, ils corrigent ces résultats bruts.

Anatomie d'un HOAX

Cette dernière mouture se situe dans la lignée des hoax précédents qui ont été décortiqués par DESINTOX de Libération (les chiffres ont bougé mais le mensonge est le même). Dans ce rolling quotidien, ce jour-là, 08/01/17, l’Ifop aurait fait passer Mélenchon de 17% d’intentions de vote à 10,5%, en raison de ce «redressement politique» évidemment abusif. Libération a pu consulter le document transmis par l’Ifop à la Commission des sondages, où l’on trouve les chiffres bruts et les redressements de chaque candidat. Pour le baromètre daté de mercredi 8 janvier, Mélenchon était donc crédité avant redressement de... 10,0% des intentions de vote. Le chiffre de 10,5% publié par l’Ifop a donc été redressé de +0,5% en faveur du candidat. Loin, très loin, des -7% avancés !

Mais selon le principe qu’un mensonge répété finit par passer pour une vérité, un affidé de Mélenchon (Le Bonnet Révolution un pseudo cocasse avec bonnet phrygien en guise d'avatar) persévère dans la contre-vérité. Et ce n’est pas un hasard si la comparaison ne se fait qu’avec Benoît Hamon : pour Mélenchon et les siens le seul ennemi c’est lui et le PS.

 

PS L’IFOP a pour principale actionnaire Mme Laurence Parisot (avec sa famille 95%) ; elle en est Vice-Présidente. De là à soupçonner que l’ex-Présidente du MEDEF est l’auteure des affreuses (et imaginaires) manips anti-méluche, il n’y a qu’un pas que franchit allègrement notre bonnet révolutionnaire. Sauf qu’on voit mal, si on regarde sa comparaison, pourquoi elle favoriserait Hamon. Fillon, Macron, ça se conçoit, mais Hamon ?

Et si l’on se reporte aux sondages de 2012, avant le premier tour des présidentielles, on constate que l’IFOP, comme d’ailleurs son concurrent CSA, créditait Mélenchon de 14,5%, alors qu’il n’a fait que 11,10% (il semble me souvenir qu’à l’époque l’imprécator fulminait contre une surévaluation jugée sans doute démobilisatrice).

Faut-il ajouter,outre que c’est faire injure à des travailleurs – les sondeurs – que de laisser entendre qu’ils abandonneraient toute déontologie professionnelle pour obéir à de fantasmatiques lubies patronales, l’IFOP est sur un marché de plus en plus concurrentiel où sa fiabilité est le seul argument de vente pour les contrats qui rapportent, ceux des entreprises ?

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 16:33

LE MONDE 20 février 2015

Avec ce parler cru et dru dont il se réclame, Mélenchon se déchaîne une fois de plus contre un journaliste (et le journal qui l’emploie bien sûr) pour crime de lèse-imprecator. En termes d’une grande mais méritée sévérité,  il se livre à une féroce attaque ad-hominem, dont il a l’art. Applaudi par son fan club !

 

Or donc, les plumitifs du Journal de Plantu* – ah ! ce dessin de Plantu véritable caricature du prophète de la gôche ! il lui est resté sur le jabot – ont osé persifler sur le Front de gauche.

 

L’article portait sur les désaccords, au sein dudit Front, sur le vote de la motion de censure de l’UMP déposée après l’utilisation du fameux 49-3 pour faire passer en force l’abominable loi Macron. André Chassagne, PCF, annonçait que le groupe FdG (en fait PCF) de l’Assemblée voterait cette motion. Mélenchon, dans son blog le 17/02 semblait d’accord puisqu’il appelait à « censurer le chantage ». « La seule façon de bloquer la loi (…) c’est de voter la censure. Soit celle déposée par la droite (…) soit en en déposant une autre de gauche. » Vérité le mardi, erreur le mercredi où il déclare à France info « qu’est-ce qu’on va se fourrer avec la droite dans une aventure pareille ».

 

Comme il dit « Du journalisme sans enquête ni recoupement des infos, entre deux tournée au bar du plazza. » On suppose que le bar en question est proche du Monde. Mais l’accoudé, comme il va désigner le journaliste, ne faisant que reprendre ses propres propos, n’a guère besoin de recoupements.

 

Pas plus quand il cite deux de ses seconds, l’un Coquerel clamant : « Si j’étais à l’Assemblée nationale, j’essaierais de m’opposer jusqu’au bout », l’autre Corbière se récriant « Les attendus de la motion de l’UMP demandent encore plus de réformes libérales ». Mais c’est cela être le Chef : se contredire, mais soi-même.

 

Et s’agit-il de « ragots et bruits de couloirs » quand la petite cervelle journalistique fait dire à l’Imprecator, à propos du Front de gauche,  que ce n’est qu’un « cartel de partis sans ancrage de masse ni volonté d’en avoir – à noter que dans ces partis il y a le sien, le parti de gôche – sans organe (sic) représentatif et sans volonté d’en avoir. »

 

Non, ce qui provoque l’ire jupitérienne du lider maximo, c’est que ses saillies sont qualifiées de bravades et qu’Olivier Faye fait donc dire à un élu communiste “Quand Tsipras parle, il a l’air sympathique. Quand c’est Mélenchon, on a l’impression de se faire engueuler”.  

 

Aurait-il voulu démontrer que ce n’était pas qu’une impression, qu’il ne parle pas mais qu’il éructe, il ne s’y serait pas pris autrement.

 

Le vilipendeur, en parlant de publi-reportages sur le FN, accuse clairement Le Monde d’être à la solde du FN. Ses journalistes stipendiés sont de plus portés sur la boisson, bâclant leurs articles sans enquête ni recoupemententre deux tournée au bar du plazza. Le Swissleaks, cette gigantesque affaire HSBC, dont les plumitifs du monde entier se sont saisis, en témoigne.

Olivier Faye est un accoudé de comptoir, bien sûr. Mais, bizarre révélation, le député européen, nous apprend qu’il est en CDD. Il sait qu’il ne passera pas en CDI sans montrer patte blanche à la chefferie. Car, bien sûr, il faut avoir son brevet d'antimélenchonnisme pour être engagé définitivement au Monde.

 

Et on est à mille lieux du Nous sommes tous Charlie quand, dans son délire,  il s’en prend à la presse écrite : personne n’est obligé de lire la presse écrite et, surtout pas « Le Monde ».

 

Je me garderais de tout autre commentaire sur cette réaction quelque peu excessive et un brin infamante, ayant pu apprendre à mes dépens, que les affidés de l’Imprecator ne supportent aucun commentaire sur leur idole qui ne soit laudatif. Il n’est que de voir les commentaires extasiés sur ce pet de souris sorti de son auguste derrière, pour en juger.

Quand Mélenchon s'en prenait à un stagiaire de la plus méprisante façon !

* En fin de diatribe, Mélenchon fait allusion aux propos de Plantu dans Haaretz ("Mieux vaut se promener sur internet, champ libre que monsieur Plantu, fou de rage de nous voir échapper à ses mantras haineuses dans « Le Monde », est allé à Jérusalem, comparer une dictature nazie") qui n'ont aucun rapport avec l'article d'O. Faye. Le fou de rage haineux le décrit mieux qu'il ne décrit le dessinateur, même si là, il semblerait que Plantu ait pulvérisé le fameux point Godwin, comme en témoigne son double dessin :

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