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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 16:49
Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

'La capsa vermella': 5000 clichés d'un photographe barcelonais sur la guerre civile espagnole retrouvés, 80 ans après.

Antoni Campañà meurt en 1989. Trente années après sa mort, la famille décide de vendre sa maison de Sant Cugat. Un de ses petit-fils inspecte le garage et y découvre, planqués, des cartons rouges - capsa vermella -  avec des négatifs et quelques tirages, 5000 clichés de la guerre d'Espagne, ce trésor déniché est bien conservé, un fond aussi intéressant que ceux de Centelles ou Branguli.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Antoni Campañà, né en 1906, ne fut pas un reporter de guerre, c’est la guerre qui est venue à lui. Ce vendeur d’appareils Leica, cet artisan expert en développement et tirage – il tire les photos des grands photographes de presse de Barcelone – fait aussi des portraits, des photos sportives, des reportages sur la culture populaire et les tenues traditionnelles catalanes. Il est aussi reconnu comme artiste avec des prix et des parutions dans des revues internationales : il fut l’un des photographes des plus exposés du mouvement pictorialiste en Espagne ; une de ses photos fit la une d’'American Photography', une prestigieuse revue de l’époque.

Campañà était un républicain et un catalaniste, mais aussi un fervent catholique barcelonais. Dès les premiers instants de la rébellion militaire de juillet 1936, le photographe, armé de son Leica, a parcouru sa ville et ses environs. Durant la guerre civile, ses images paraîtront notamment dans 'La Vanguardia' (quotidien auquel il continuera de collaborer sous la dictature) ou dans la revue 'Catalunya'.

Le mouvement anarchiste CNT-FAI a reproduit ses photos dans ses brochures et cartes postales de propagande. Mais les publications phalangistes, après la défaite de la République, reproduiront aussi certaines de ses photos, pour illustrer les méfaits de la ‘terreur rouge’.

Peu de scènes effroyables, reflétant la cruauté de la guerre, dans ses clichés : la grande majorité se centre sur la vie quotidienne et les souffrances de ses concitoyens catalans. Le catholique fut aussi sensible aux  églises incendiées par les anticléricaux républicains.

Devant la défaite imminente de la République, Campañà, comme des milliers de catalans, a pris le chemin de l’exil, vers la frontière française. Cependant, arrivé à Vic, il décide de faire demi-tour et de se livrer aux autorités rebelles. Dans le quartier de Bruc, il tombe sur son ami José Ortiz Echagüe, un photographe aussi et ingénieur militaire, mais du camp ennemi, qui lui évite d’être victime de la répression (et devenu président de SEAT le fit travailler pour sa marque d’automobiles).

À son retour à Barcelone, déjà sous drapeau franquiste, Campañà, avec son Leica, photographia tout ce qu’il croisait, de la misère de la vie quotidienne aux fastes des défilés militaires fêtant la victoire des insurgés et de leurs alliés fascistes et nazis.

Cependant, à la fin de la guerre, Campañà semble vouloir tirer un trait sur toutes les années du conflit. Il ne détruit pas les négatifs, mais les planque au fin fond d’un garage.

Durant les années de la dictature, il collabora à divers périodiques, dont ‘La Vanguardia’ – un de ses clichés fut le premier à sortir en rotogravure en couleur à la une de ce journal - mais également la presse sportive (il fonda même un périodique sportif).

 

D'après

Salen a la luz 5.000 fotos nunca vistas de la Guerra Civil: el tesoro que estaba en un garaje

Las fotos de la Guerra Civil que no se han visto nunca: bombas, cadáveres y desfiles en Barcelona

 

Aujourd’hui une sélection de ces photos miraculées vient de faire l’objet d’un livre, en catalan, publié par l’éditeur barcelonais Comanegra : La Capsa Vermella (“La Boîte rouge”). Les photos ont été sélectionnées, expliquées et contextualisées par le journaliste Plàcid Garcia-Planas, l’historien Arnau Gonzàlez i Vilalta et le photographe David Ramos.

(Courrier international)

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Jumelage nationaliste : Basques et Catalans 11 septembre 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

La Catalogne rurale dans la grande ville : des habitants du village natal de Companys, El Tarròs (Urgell).

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Des citoyens écoutent le discours de Lluis Companys, président du gouvernement autonome catalan.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

 Un  homme refuse un insigne républicain qu'une jeune fille lui offre, dans les premiers jours de la guerre civile, sur la Rambla barcelonaise. 

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Détente sur l'Avenue Diagonale de Barcelone en attendant un défilé de la FAI (été 1936)

 

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Défilé de la CNT-FAI (paru dans La Vanguardia du 26 octobre 1936)

 

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

L'hôtel Colón place de Catalogne (aujourd'hui disparu) orné de portraits de Lénine et Staline en 1937

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Un jeune peint des slogans antifascistes sur un wagon dans la gare de Sant Andreu (août 1936)

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

 Milicienne dans le quartier Bakounine (Bruc) 27 août 1936 

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Milicien dans le quartier Bakounine (Bruc)  27 août 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Milicienne sur une barricade au carrefour des Ramblas et de la rue de l’Hôpital 25 juillet 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Femme qui lève le poing au passage de la colonne anarcho-syndicaliste catalane des Aiglons sur l’avenue de la Diagonale 28 août 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Les premiers volontaires républicains montent vers le front (Place de Catalogne 28 août 1936)

 

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Militants de Estat Català independentistas, le 11 Septembre 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Gamins jouant aux barricades pendant l’été 1936, le long du mur de l’Université de Barcelone.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Barricades dans l'Eixample. Juillet 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Fillette qui mange au casino de Saint-Sébastien (Barcelone) 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Réfugiés républicains de Malaga dans le stade de Montjuïc Barcelone. 1937

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Réfugiés de Malaga dans le stade de Montjuïc. Février 1937

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Saccage du siège de la compagnie italienne Cosulich Lloyd Triestina sur la Rambla en juillet 1936.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Les cloches de Bujaraloz (Zaragoza) après la destruction de l’église par les anarchistes de la CNT-FAI. 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Une église détruite.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Ruines de l’église de l’Immaculée conception (Barcelone)

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Des citadins observent en détail les momies de moniales exposées à l’entrée de l’église et couvent  des Salésiennes du Passeig de Sant Joan (Barcelone). Juillet 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Une femme conduit un tramway de la ligne Plaza Catalunya-Vallvidrera

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Voiture criblée de balles ou d'éclats de bombes dans une rue de Barcelone.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

DCA

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Deux pilotes de l’aviation républicaine.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Effets des bombardements aériens italiens sur La Barceloneta, 29 jun 1937

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Deux femmes constatent les dégâts du bombardement de La Barceloneta en 1937.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Des femmes fouillent les décombres de leurs habitations détruites par un bombardement en mai 1937.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

On transporte à l'hôpital un enfant blessé par un bombardement italien en 1937.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

La mise en échec de la rébellion à Barcelone le 19 juillet 1936 fit des victimes collatérales.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Un croquemort avec un masque à gaz pour se protéger de l’odeur que répandent les cadavres les premiers jours caniculaires de la guerre.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Un croquemort du cimetière Nou (Montjuïc) montre le cadavre d’un des morts pendant les affrontements pour stopper le coup d’état.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Un groupe de miliciens quitte le cimetière de Montjuïc après un enterrement en 1936.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Manifestation de femmes exigeant de meilleures rations de pain à l’édifice de la Pedrera siège du Conseil de l’approvisionnement de la Generalitat

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Véhicule abandonné par les Républicains lors de la ‘retirada’, l’exil vers la France, après l’avancée finale de l’armée franquiste

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Troupes 'mores' de l'armée franquiste au défilé de la victoire en 1939.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Les troupes franquistes défilent à Barcelone.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Un jeune phalangiste sous un drapeau espagnol dans un Festival de la FET et des JONS en hommage au ministre italien des affaires étrangères, Galeazzo Ciano. Barcelona, 11 juillet 1939  

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

La Guardia Civil 11 juillet 1939

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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 17:00
28A : PSOE premier parti espagnol

Malgré une campagne d’une extrême virulence- le Parti Popular et Ciudadanos faisant de la surenchère sur VOX dans les attaques contre Sánchez accusé de pactiser avec les indépendantistes - le PSOE est largement en tête de l’élection, emportant même la majorité absolue du Sénat. A droite, la déconfiture du PP est totale et si VOX apparaît, c’est Ciudadanos qui tire le mieux son épingle du jeu. Reste qu’aucune majorité ne se dessine vraiment et que l’hypothèque catalane continue de peser.

Un échantillon des attaques subies par Sánchez

"Triste aussi de les [les électeurs du PP et de C’s] voir tous désigner Vox comme le grand coupable en puissance si jamais, suprême malheur pour l’Espagne, le socialiste Pedro Sánchez, homme politique sans scrupule et dépourvu de tout sens moral, avait de nouveau la majorité pour gouverner. Tous s’accordent sur une évidence : un gouvernement Sánchez serait une catastrophe pour l’Espagne ; pire, une catastrophe potentiellement irréversible si le socialiste venait à remplir tous les engagements qu’il a pris avec des forces qui ont pour objectif de détruire le régime démocratique, la monarchie parlementaire et l’unité nationale [allusion aux indépendantistes catalans]. Sánchez est déjà sans conteste un traître à la Constitution et à l’Espagne. (…) Il a ouvert des accords de coopération avec tous les ennemis de l’Espagne et de son identité historique, tels les putschistes catalans et les terroristes basques qui font déjà campagne pour Sánchez."

Hermann Tertsch

ABC 14/04/19 (traduit dans le Courrier International du 25/04/19)

La participation fut de presque 76 %, la meilleure à des élections générales depuis 1996 (77,38 %) et il faut remonter au début de la transition démocratique pour trouver plus élevé, comme en 1982 où ça frisait les 80%.

La grande inconnue des sondages était l’existence ou pas d’un vote masqué pour VOX, les sondés cachant leur attirance : il n’en était rien puisque, si le parti d’extrême-droite fait son entrée, il obtient score et élus inférieurs aux sondages. Sondages assez justes, notamment celui de CIS, pour ce qui est du PSOE (fourchette 123-138 députés), du PP (fourchette 66-76) et proche pour Podemos (fourchette 33-41). En revanche sous-évaluation de Ciudadanos et on l’a vu surestimation de VOX.

28A : PSOE premier parti espagnol

Le PSOE remplace quasiment le PP pour ce qui est du nombre de provinces où il arrive en tête. En 2016, le PP finissait premier dans 40 provinces. En 2019, il ne l’est plus que dans quatre. Il disparait même au Pays basque. Et il obtient le pire résultat d’un parti arrivé second à des élections générales avec 66 élus, le chiffre le plus bas jusqu’alors était celui du PSOE de Pedro Sánchez en 2016, avec 85. PSOE qui arrive donc en tête dans 39 provinces dont certaines où il n’avait jamais été premier même du temps de Felipe González en 1982 : Pontevedra, Burgos, Soria et Segovia. La victoire la plus symbolique est quand même celle de Ceuta où l’unique député sera PSOE, Ceuta dans l’ex Maroc espagnol d’où Franco lança le coup d’état.

28A : PSOE premier parti espagnol

Il faut s’appeler Mélenchon pour voir dans le résultat de Podemos une « remontada » alors que c’est une caída, une dégringolade. La coalition de Pablo Iglesias a perdu près de 1,4 million d’électeurs et 31 députés. Alors, qu’après les législatives de décembre 2015, Unidos Podemos visait le « sorpasso » du PSOE, il perdait déjà des plumes en juin 2016 et il n’est plus, au mieux, qu’une insuffisante force d’appoint dans une coalition gouvernementale. Cette chute est certes due au vote utile en faveur du PSOE, mais aussi à ses propres divisions.

28A : PSOE premier parti espagnol

Ciudadanos a joué un drôle de jeu depuis les élections régionales andalouses où il s’est allié avec le PP et VOX. Rivera a tout autant que Casado (PP) ou Arrascal (VOX) attaqué avec violence Pedro Sánchez, traité de traître pour prétendument avoir pactisé avec les indépendantistes catalans, alors même que c’est son refus de céder à leur chantage pour faire voter le budget qui a amené à ces élections anticipées. Ces électeurs ne lui en ont donc pas voulu de ses outrances, puisque C’s progresse plus que prévu et talonne donc un PP, il est vrai, en pleine décrépitude. Cependant, Rivera semble s’être bloqué la possibilité de transformer l’essai d’alliance de début 2016 avec le PSOE en réalité majoritaire. D’autant que son attitude agressive a provoqué une réaction de rejet chez les militants socialistes : ¡Con Rivera no! ¡Con Rivera no!”.

 Gabriel Rufián celebre la victoire de ERC à Barcelone

Gabriel Rufián celebre la victoire de ERC à Barcelone

Les partis régionaux, et particulièrement basques et catalans – l’hypothèse PSOE+C’s étant en principe écartée – décideront d’une éventuelle majorité.  Si les indépendantistes catalans ont su mobiliser leur électorat, il n’en reste pas moins que leurs scores cumulés n’atteignent même pas 40 %. Dans leur jeu de rapports de forces internes, c’est ERC (gauche) qui l’emporte, gagnant 6 sièges, JxCAT (droite) sauvant les meubles avec 7 élus. Le Partit dels Socialistes de Catalunya (PSC) progresse aussi. S’il refuse le référendum d’auto-détermination, il écarte aussi la mise sous tutelle de la Catalogne prônée par la droite et propose à ERC de s’atteler à une véritable reconstruction d’une région fracturée et paralysée. Pour le moment ERC reste sur les exigences qui ont provoqué les élections générales, donc dans le blocage.

28A : PSOE premier parti espagnol

Même si les comparaisons Espagne/France sont risquées, on peut noter que la stratégie à la Wauquiez, menée par Casado (PP), consistant à chasser sur les terres de l’extrême-droite pour tenter de récupérer les électeurs qui s’y sont égarés, ne marche pas. Bien que le PSOE ait largement consolidé son assise, le quadripartisme qui, finalement, favorise les petits partis qui peuvent jouer de leur rôle de force d’appoint indispensable, rend toujours la mise en place d’un gouvernement stable très difficile. Mais Pedro Sánchez, avec le succès de sa motion de censure face à Rajoy, a démontré qu’impossible n’est pas Espagnol !

SOURCES

El Pais du 29/04/19

El Plural du 29/04/19

Voir aussi :

Courrier International

Pedro Sanchez, nouvelle superstar de la social démocratie européenne

 

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 19:00
Toledo le blasphémateur

Semaine sainte, immaculée conception, sans oublier la Virgen del Pilar et dieu lui-même qu’il conchie, le cas du blasphémateur et acteur Willy Toledo est grave aux yeux d’un procureur, lointain successeur de Torquemada.

"Yo me cago en dios y me sobra mierda para cagarme en el dogma de la santidad y virginidad de la Virgen María. Este país es una vergüenza insoportable. Me puede el asco. Iros a la mierda. Viva el coño insumiso" Willy Toledo

 

Traduit mot à mot, par un éminent professeur émérite de littérature espagnole : « Je chie en dieu et j'ai de la merde à revendre pour chier sur le dogme de la sainteté et de la virginité de la Vierge Marie. Ce pays est une honte  insupportable. Ça me fait vomir. Allez-vous en à la merde. Vive le con insoumis. »

Il faut savoir que si en France on nique la mère de l’adversaire, en Espagne on chie dans le lait de sa mère et que « leche » ne désigne donc pas que le lait mais est une abréviation de cette délicate injure.

Donc Willy Toledo, acteur, athée revendiqué, a affiché sur sa page fessebouc ces paroles impies, qui n’ont pu que provoquer la sainte indignation de l’Asociación de Abogados Cristianos (Association des avocats chrétiens) qui a déposé plainte  pour délit contre les sentiments religieux (article 525 du Code Pénal espagnol qui prévoit une peine de 8 à 12 mois de prison pour toute raillerie publique sur les dogmes, croyances, rites et cérémonies d’une religion ou  pour qui se moque publiquement de quiconque la professe ou la pratique).

Et cette association très procédurière est tombée sur un procureur qui mériterait de fonder l’association du parquet catholique. En effet, il a saisi le juge pour élargir son enquête à d’autres déclarations de Toledo.

Toledo le blasphémateur

Et d’abord sur la semaine ô combien sainte, pour avoir rétorqué à qui défendaient ce « cirque des horreurs » avec comme argument que si ça ne vous plaît pas vous n’y allez pas, que ce show néfaste, se déroulait dans la rue de tous, et non dans leur rue privé ;  qu’il se faisait avec l’argent public, non le leur ! Que s’ils chérissaient cette obscurantiste superstition misogyne et masochiste, il n’avait qu’à se flageller dans leurs putains d’églises et le payer avec leur putain de pèze. Que s’il offensait leurs sentiments religieux, eux offensaient ses sentiments athées. Et que si le spectacle d’un homme torturé sur une croix les branche, lui il s’en tamponne le coquillard ! (Et je ne donne qu’un faible aperçu de la diatribe.)

Un autre post de fessebouc retint l’attention du procureur « Entre 1854 et 1962, la sainte église apostolique, pédérastique et romaine a inventé l’avant-dernière histoire de science fiction [l’immaculée conception]. »

La demande d’élargissement de l’inculpation a été rejetée par le juge, mais l’avocat de l’accusé a fait valoir qu’elle se situe aux antipodes de la défense de la liberté d’expression en essayant de formuler une charge plus en accord avec les préceptes de l’inquisition qu’avec les principes d’un état aconfessionnel du XXIe siècle. 

La juez absuelve al actor Willy Toledo

La magistrada reconoce “la falta de educación, el mal gusto y el lenguaje soez utilizado por el acusado”, pero insiste en que este estilo que “caracteriza sus publicaciones” no acredita que haya incurrido en un delito.

La magistrate a reconnu le manque d'éducation, le mauvais goût et le langage grossier utilisé par l'accusé, mais elle a noté que ce style qui caractérisait ses publications n'impliquait pas qu'il  est commis un délit (traduction très approximative).

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 21:27
Carlos Saura, Photographe

Carlos Saura, plus connu pour sa carrière cinématographique, réalisateur entre autres de Crias Cuervos, Maman a cent ans, Noces de sang, Ay, Carmela !, etc., fut aussi un grand photographe, dont l’œuvre décrit notamment une Espagne des années 50.

Carlos Saura, Photographe

Carlos Saura est né à Huesca en 1932. Âgé de seulement 9 ans, il emprunta l’appareil de son père, un ICA 6X9,  pour, secrètement, tirer le portrait de la fillette dont il était amoureux. Il pensait que cet hommage à ses charmes serait la meilleure façon de déclarer sa flamme. Hélas l’envoi de cette photo n’eut aucun écho. Mais s’il oublia cet amour d’enfance, il resta fidèle à la photo.

Carlos Saura, Photographe

Dès qu’il eut suffisamment d’économies, tout en s’appropriant l’appareil de son père, il acheta un des premiers Leica M3 qui arrivaient à Madrid et bien qu’il se dise « photographe occasionnel », il se consacra à la photo, plus qu’à ses études d’ingénieur.

Carlos Saura, Photographe

Á peine âgé de 19 ans, l’artiste présenta ses premiers travaux dans une exposition à Madrid. Il eut droit à la couverture d’ABC ; et même Paris-Match lui proposa de collaborer. Il fut le photographe officiel de festivals de musique à Grenade et Santander. Mais, comme  photographe indépendant, dans les années 50, il parcourut l’Espagne, avec sa voiture, pour dépeindre la réalité crue de l’après-guerre civile. Une Espagne qu’occultaient journaux et radios. Un précieux témoignage sur un pays qui a disparu : l’Espagne cadenassée par la dictature de Franco et maintenue dans une misère et un sous-développement inimaginable aujourd’hui. Mais une Espagne qui évoque aussi celle que montrait Luis Buñuel dans Las Hurdes. Tierra sin pan.

« Je suis un photographe occasionnel qui, trop timide pour être un photo-reporter et pas assez patient pour être un paysagiste à la manière de Weston ou de Ansel Adams, s’est contenté de se promener avec un appareil et de prendre les images qui attiraient son attention : la photographie a été mon carnet de notes. »

Carlos Saura, Photographe

En 1953, il s'inscrivit à l’Instituto de Investigaciones y Experiencias Cinematográficas en section “réalisation”, où il fut Professeur pendant six ans, après avoir terminé ses études en 1957. Cette année-là, il découvrit le cinéma de Buñuel. Le cinéaste prit le pied sur le photographe.

Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe

Pleureuses

Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe

 

Une aire de battage (comme on pouvait encore en voir dans les années 70*)

Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe

 

Sketch avec un taureau à l'entrée d'une église

Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe

"El 90 por ciento, por no decir el 100 por 100 de estas fotos, están hechas sobre la marcha y no están preparadas"

90% pour ne pas dire 100% de ces photos ont été prises sur le vif, sans mise en scène.

Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe

 

 

Le bal du dimanche après-midi ("tarde")

Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe

* Une aire de battage photographiée dans les années 70 à Mudrián dans la province de Ségovie.

Photos JFL
Photos JFL
Photos JFL

Photos JFL

LAS HURDES

 

Pour compléter, Nicolás Muller, photographe hongrois, d'origine juive, fuyant l'antisémitisme, se retrouve d'abord à Tanger et dans le Maroc sous protectorat espagnol, puis dans l'Espagne des lendemains de la guerre civile.

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9 août 2018 4 09 /08 /août /2018 17:35
Sexualité et Art Roman

Femme qui montre ses organes sexuels sur un chapiteau du presbytère de la collégiale de San Pedro de Cervatos (Cantabrique).

Les obscénités romanes sont-elles des paratonnerres contre le diable ?

Personnages priapiques, femme exhibitionniste, couple coïtant, etc. ornent aussi bien l’extérieur que l’intérieur, les chapiteaux comme les modillons, des édifices religieux romans.

Sexualité et Art Roman

Exhibitionniste dans l'église de Sequera del Fresno (Province de Ségovie).

Qu’un sculpteur farceur donne à une gargouille les traits d’un compagnon ou d’un religieux peut se concevoir ; mais il est peu probable que la représentation d’une femme exhibant sa vulve ou d’un homme au priape monstrueux puisse être une espièglerie de l’anonyme artiste. Les cohortes nomades des tailleurs de pierre, sous la responsabilité d’un Maître artisan, ne pouvaient que se plier aux ordres du commanditaire, seigneur ou prélat.

Sexualité et Art Roman

Chevalier et sa dame échangeant un baiser avent de se quitter : portail principal du monastère de San Pedro de Villanueva en Cangas de Onís (Asturies).

Détail

Détail

Quelle interprétation donner donc à cette iconographie scabreuse (située ici au Nord de l’Espagne mais que l’on peut trouver aussi en France et sans doute plus abondante car en des temps plus pudiques une partie a dû être détruite ou modifiée) ? D’autant plus scabreuses que les œuvres étaient peintes : ainsi a-t-on découvert des traces de peinture noire sur le pubis de la femme.

Sexualité et Art Roman

Modillon de la collégiale de San Martín de Elines (Cantabrique).

Faut-il y voir une visée doctrinale quasi pédagogique : la représentation de ce qu’il ne faut pas faire sous une forme vigoureusement explicite ? Interprétation pour le moins bizarre, comme si on donnait à un adolescent des revues pornos en lui disant « Regarde, voilà ce qu’il ne faut pas faire ! ».

On peut y voir aussi une représentation d’une vie quotidienne moins corsetée que les époques ultérieures. Voire une incitation à la procréation dans une période marquée par une très grande mortalité infantile ?

Sexualité et Art Roman

Détail d’un chapiteau de la Collégiale de Santa Juliana, en Santillana del Mar (Cantabrique).

Mais un expert espagnol propose une hypothèse plus religieuse. Ce serait comme une espèce de paratonnerre contre les méfaits du Malin qui tombent sur les humains. Comme un leurre pour le démon.

Sexualité et Art Roman

Un couple faisant l’amour : décoration de l’ermitage de San Pedro de Tejada (Puente-Arenas, Province de Burgos).

Une image récurrente dans les églises romanes est celle d’une femme nue tenant dans ses mains deux serpents qui s’attaquent à ses seins, dans un douloureux châtiment éternel de la pécheresse. Au-delà d’Eve et du mythe misogyne du péché originel, on retrouve celui de Pandore qui apporte tous les maux à l’humanité.

Sexualité et Art Roman

Chapiteau de l’église de Santa María de Uncastillo (Province de Zaragoza) avec un prêtre tonsuré à droite en train de coïter.

Ces sculptures sont aussi révélatrices de leur époque. On imagine à tort que tout ce qui était sexuel était considéré comme mal. Or les médecins prescrivaient la pratique régulière du coït pour les époux. Même pour le clergé*, on tolérait que les prêtres aient des relations sexuelles. Les nonnes, que l’abstinence amenait à des suffocations utérines, étaient autorisées à se masturber, y compris en usant d’un godemichet.

Sexualité et Art Roman

Modillon avec une scène de coït dans l’église de San Miguel de Fuentidueña (Province de Ségovie).

Quelles que soient les explications, ces œuvres montrent que cette période du Moyen-Âge ne fut pas une ère d’obscurité et d’horreur et que, sur la sexualité, elle était plus ouverte que les périodes ultérieures. Les phallus, que les hommes montraient sans complexe, depuis se sont dissimulés.

 

*Si la rigoureuse réforme du XIIe siècle établit le célibat des  prêtres ce ne fut qu’en partie pour des raisons théologiques – quelqu’un dont les mains seraient tachées de sperme, considéré comme impur, ne peut distribuer le sacrement de l’eucharistie – ce fut surtout pour des raisons économiques que les possibles disputes d’héritage des enfants de curés menacent les biens de l’église.

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 14:34
La revanche de Pedro Sánchez

Tableau allégorique :

Pedro Sánchez,  drapeau du PSOE à la main, connaît l'ascension miraculeuse vers la Présidence du gouvernement, tandis qu'en bas du tableau Felipe González et Jose Luis Zapatero réconfortent Susana Diaz, patronne du PSOE en Andalousie, grande rivale de Sánchez.

Voir le nouveau gouvernement en fin d'article

Qui, au moment où Pedro Sánchez la déposait, aurait parié un bolivar vénézuélien dévalué sur la réussite de sa motion de censure. Au terme d’à peine deux jours de débats, qui ont vu le Président du gouvernement, Rajoy, déserter l’assemblée pendant huit heures, la motion l’emportait par 180 voix. Pari gagnant pour le secrétaire général du PSOE. Défaite bien sûr pour le Parti Popular (PP). Mais aussi pour Ciudadanos. Et situation ambiguë pour Podemos.

Pour ceux qui ne sont pas familiers de la vie politique espagnole reportez-vous à  Dans le labyrinthe de la vie politique espagnole

Il aura fallu que le scandale Gürtel arrive à sa conclusion judiciaire qui s’est soldée par des dizaines d’années de prison pour des caciques du PP, dont Barcenas son ex-trésorier, mais aussi la condamnation formelle du Parti Popular en tant que tel, pour que ses alliés – Ciudadanos (C’s) et PNV (basque) - soient forcés de prendre leur distance. C’s appelle à de nouvelles élections générales, tandis que Sánchez, au nom du PSOE, mais en se gardant bien de solliciter l’avis des barons et en ne recueillant que scepticisme de la part de Felipe González et Zapatero, dépose une motion de censure.

Il faut 176 voix. Le PSOE ne compte que 85 députés. Podemos contraint et forcé appuie mais ses 71 députés, avec ses alliés, ne suffisent pas. Et un plan B était sans doute préparé en coulisse avec C’s à la manœuvre pour aboutir à une dissolution des Cortes et une nouvelle élection. Le PNV basque, soutien de Rajoy jusqu’alors, fut le premier à apporter son soutien. Les partis nationalistes catalans voulaient monnayer le leur. Mais Sánchez n’a semble-t-il rien cédé si ce n’est une volonté de renouer le dialogue. Et ERC et PDeCat ont finalement accepté de voter la motion.

La revanche de Pedro Sánchez

"Pedrito" el patito feo – Pierrot, le vilain petit canard – comme le qualifiait Público, el guapo – le beau gosse - plutôt méprisé par les ex-présidents PSOE et par les barons du parti, à commencer par Susanna Diaz, accède donc à la Présidence du gouvernement, après avoir prêté serment, une première, sans bible ni crucifix.

Il a longtemps mené une carrière de second couteau. Adhérent du PSOE en 1993, il a commencé sa carrière à Bruxelle où il avait décroché un Master en économie politique. Il a commencé à travailler comme assistant de la députée européenne socialiste Bárbara Duhrkop. Il se liera d’amitié avec Oscar López. Il deviendra chef de cabinet de Carlos Westendorp, Haut Représentant international en Bosnie-Herzégovine, pendant la guerre du Kosovo.

En 2000, il forme avec Oscar López et Antonio Hernando l’équipe de confiance de José Blanco, nouveau secrétaire général du PSOE. Mais il est le moins connu des trois. Il se retrouve aux élections municipale de Madrid, en 2003, sur la liste PSOE mais à une place de l’élection : il ne deviendra conseiller qu’après une démission. Il va subir le même sort aux élections générales de 2008, mis sur la liste PSOE à une place qui ne lui garantit pas l’élection, il n'entrera aux Cortes qu'en 2009, quand Pedro Solbes abandonna la politique. Il commence enfin à accéder à une certaine notoriété, les journalistes parlementaires l’ayant élu comme la révélation comme nouveau député en 2010. Mais l’histoire se répète puisque aux élections de 2011 il se retrouve encore à une place de l’élection. Il se prépare à se reconvertir en prof d’université, quand début 2013, Cristina Narbona laisse son siège. Et voilà que ce député de raccroc, quand le secrétaire général du PSOE, Rubalcaba, démissionne, se met en tête de se présenter à sa succession. Bien qu’il sillonne les territoires, personne n’aurait parié un kopeck sur lui. Eduardo Madina, député basque, était le favori.

La revanche de Pedro Sánchez

C’était sans compter sur l’andalouse, Susana Diaz, qui, trouvant Madina trop à gauche, fit voter Sánchez qui l’emporta à la surprise générale. Aux élections générales de 2015, le PSOE obtint le pire résultat de la démocratie post-franquiste. Et ses tentatives de prendre la tête d’une majorité échouèrent. Et aux élections générales suivantes, juin 2016, le score du PSOE fut pire encore, mais il évita le “sorpasso” – le dépassement - par Podemos. Dans la situation de blocage, comme il refuse de laisser Rajoy être investi, les barons du PSOE, Susana Diaz en tête, le mettent en minorité dans les instances : il démission du secrétariat général mais aussi de son si-ge de député pour ne pas avoir, par discipline de groupe, à cautionner l’investiture de Rajoy ! Pour tous, il était fini. Mais non, il va repartir à la reconquête du PSOE et va à nouveau sillonner le pays avec comme slogan « non c’est non » à Rajoy. Et la toute puissante Susana Diaz va être écrasée par le vote des militants.

Et c’est donc ce miraculé qui a su, défiant une fois encore les pronostics, faire passer une motion de censure qui le propulse à 46 ans à la tête de l’Espagne. Comme dans le conte, le vilain petit canard s’est transformé en cygne.

La revanche de Pedro Sánchez

Mariano Rajoy est évidemment le grand perdant, puisque le premier à être déchu par une motion de censure. Sa vie politique se termine donc sans gloire.  Les catalanistes et l’extrême-gauche, dans une sorte de point godwin à la sauce ibérique, en font une réincarnation de Franco. Il serait plutôt un disciple du petit père Queuille : « Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. » Malgré un charisme de bigorneau, une propension à sortir des vérités premières, les coups sournois d’Aznar, le cretino aura quand même tenu 6 ans et son parti, le PP, malgré toutes ses casseroles, sera resté le 1er parti espagnol. Sa fin cependant n’aura pas été très glorieuse – mais finalement à l’image d’un personnage qui au dernier épisode de l’affaire Gürtel a tenté de faire croire qu’il en ignorait tout – qui a fui le débat aux Cortes en disparaissant pendant 8 heures dans un restaurant proche.

La revanche de Pedro Sánchez

Un jour terrible pour Ciudadanos aussi. La convocation d’élections anticipées, dont il comptait sortir en tête non seulement de la droite mais de tous les partis, est repoussée à une date ultérieure que Sánchez s’est bien gardé de préciser. C’s, si on en croit Lluís Bassets, aurait été victime d’une coalition souterraine de fait. Rajoy se serait résolu à cette chute pourtant humiliante, plutôt que de décider des élections anticipées où un PP à la dérive risquait d’être phagocyté par son ex-allié. Le PNV basque comme évidemment les partis nationalistes catalans haïssaient l’idée que ce parti qu’ils qualifient d’espagnoliste soit hégémonique. Podemos même, quelque soit son animosité envers le PSOE, craignait encore plus que C’s passe devant lui.

Rivera n’a plus qu’à espérer que le « gouvernement Frankeinstein » comme il l’appelle échoue et que le PP ne profite pas de sa cure d’opposition pour se refaire la cerise. Mais, pour le moment, il a perdu la main, faute d’avoir su ou pu négocier son appui à la motion de censure contre une dissolution à très court terme.

La revanche de Pedro Sánchez

Podemos a su faire contre mauvaise fortune bon cœur en se ralliant d’entrée à une motion qui l’a sans doute pris de court. Mais sans obtenir aucune contrepartie. Aucune place dans un gouvernement qui, outre des PSOE, ne s’ouvrira qu’à des personnalités ‘civiles’ comme on dit. Et obligé d’appuyer toutes propositions –retraites, salaires, dialogue avec les nationalistes – qu’il préconise, même s’il les juge trop timides.

La revanche de Pedro Sánchez

Reste que pour Sánchez cette prise du pouvoir va être un exercice de haute voltige. D’autant que Susana Diaz et les autres dirigeants régionaux, s’ils l’ont assuré de leur loyauté et félicité de rendre au pays sa dignité et sa décence, le soutiennent comme la corde soutient le pendu. Ses marges de manœuvres sont d’autant plus réduites que le budget a été voté par l’ex-majorité et qu’il s’est engagé de ne pas toucher aux largesses concédées au Pays Basque par Rajoy pour prix du soutien du PNV. Guère plus de marges côté catalan, puisque les poursuites et emprisonnements sont entre les mains de la justice et que, de plus, sur ce dossier les barons du PSOE le guettent. Cependant de sa réussite, qui ne peut être que relative, dépend l’avenir du PSOE. Et tous – barons ou militants – n’ont plus qu’à souhaiter que cette miraculeuse présidence ne soit pas… le chant du cygne !

 

La revanche de Pedro Sánchez

De gauche à droite et de bas en haut :

Pedro Sánchez, Carmen Calvo, José Luis Ábalos, María Jesús Montero, Meritxell Batet

Teresa Ribera, Josep Borrell, Margarita Robles, Nadia Calviño, Pilar Cancela : pressentie n'a finalement pas été retenue.

Carmen Calvo, vice-presidente, ministre de l’égalité et chargée des relations avec le parlement.

José Luis Ábalos, ministre du développement des territoires

María Jesús Montero, ministre des finances

Meritxell Batet, ministre des Administrations Publiques

Teresa Ribera, ministre de la transition écologique

Josep Borrell, ministre des affaires étrangères

Nadia Calviño, ministre de l’économie

Margarita Robles, ministre de la défense

 

Carmen Montón, ministre de la santé

 

 

Pedro Duque, ministre de la science

 

 

 

Magdalena Valerio, ministre du travail

 

 

 

 

 

Isabel Celaá, ministre de l'éducation 

 

 

 

 

Dolores Delgado , ministre de la justice

 

 

 

 

 

Luis Planas, ministre de l'agriculture

 

 

 

 

 

 

 

Reyes Maroto, ministre de l'industrie

 

 

 

 

Fernando Grande-Marlaska, ministre de l'intérieur

 

 

 

 

Màxim Huerta, ministre de la culture et des sports

 

 

 

 

 

Fonctions complètes :

Composición del Gobierno de Pedro Sánchez

La revanche de Pedro Sánchez

Un gouvernement franchement féminin

Une majorité nette de femmes, dans un cabinet où les compétences sont affirmées, avec un subtil équilibre géographique.

Deux signes forts sont envoyés à l'Europe avec la nomination de Josep Borell, ex-président du Parlement européen, aux affaires étrangères et celle de Nadia Calviño, actuellement directrice générale des finances à la commission européenne, comme Ministre de l'économie.

En revanche, la nomination du même Borell, ex-ministre de Felipe González, va déplaire souverainement aux souverainistes catalans auxquels ce catalan lui-même est clairement opposé.

María Jesús Montero a été empruntée à la région andalouse où elle était déjà chargée des finances, elle aura à mettre en oeuvre la réforme de la financiarisation des régions autonomes.

Carmen Calvo, sera seule à la vice-présidence : femme d'expérience, cette andalouse a été ministre de la culture de Zapatero ; docteure en droit constitutionnel c'est elle qui a négocié l'appui du PSOE pour l'application de l'article 155 en Catalogne ; comme ministre de l'égalité elle devra notamment s'atteler à la lutte contre les violences de genre.

A noter que sept membres sont de formation juridique dont deux magistrat-e-s et, à la tête du ministère de la Justice, une procureure.

 

La revanche de Pedro Sánchez
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8 avril 2018 7 08 /04 /avril /2018 20:27
Le gredin autrichien qui arnaqua Franco

Ignacio Martínez de Pisón raconte dans un livre sans fiction les hauts faits d’Albert von Filek  qui réussit à faire croire à Franco qu’il pouvait transformer l’eau du río Jarama  en pétrole.

Menteur, escroc, arnaqueur. Albert von Filek fut une fripouille méconnue qui a attiré l’attention de l’écrivain Ignacio Martínez de Pisón par sa mention, en quelques lignes, dans la monumentale biographie de l’historien Paul Preston, Franco, caudillo de España. Comme le démontre son livre Enterrar a los muertos, sur José Robles Pazos, traducteur et ami de John Dos Passos, Martínez de Pisón est attiré par les personnages secondaires à travers lesquels on peut conter l’Histoire avec un H majuscule. Avec ce livre, Filek El estafador que engañó a Franco (L’escroc qui a dupé Franco), il décrit comment le régime fraîchement installé a pu croire un gredin qui assurait avoir inventé un pétrole synthétique composé d’un mélange d’eau du rio Jarama, d’extraits végétaux plus des ingrédients secrets. A tel point que la première loi publiée dans le Bulletin Officiel du nouveau régime sur la protection de l’industrie nationale fut pour favoriser le développement de l’entreprise de Filek avec des expropriations de terrains à proximité de Madrid.

Albert Edward Wladimir Fülek Edler von Wittinghausen – une ribambelle de nobles appellations trop ronflantes pour être honnêtes – naquit en Autriche en 1889. Bâtard d’un aristocrate, avec la dislocation de l’Empire Austro-Hongrois, il a vu son monde s’écrouler. Il réalise ses premiers coups à Fiume (Rijeka) quand le mégalomane et néanmoins poète Gabriele D’Annunzio y fonda un Etat libre qui sombra au bout de 15 mois.

Les fraudes qu’il commit, seul ou avec des complices, lui firent découvrir diverses prisons. Entre deux arrestations, il va de capitale en capitale.

Il arrive à Madrid en 1931, un peu avant la proclamation de la République. C’est un type persuasif, bon acteur, un escroc à l’ancienne tout dans la rapidité pour agir avant que le dupe ne comprenne quoi que ce soit. Une riche veuve, un couple prospère, un commerçant prétentieux, etc. tous sont bons à plumer avant de disparaître. Un séducteur aussi, coureur de jupons. Il fut même soupçonné de bigamie. Quand il fut mis en prison à Madrid, il avait une fiancée à Béjar, mais après il s’est casé avec une grenadine, Mercedes Domenech, qui l’a accompagné jusqu’à la fin de sa vie à Hambourg en 1952.

Après quelques tromperies de médiocre importance, avec son pétrole magique, Filek se lança dans un super bluff. Il tenta sa chance avec le gouvernement républicain en 1935, mais sans succès. Pendant la guerre, il retenta le coup avec le gouvernement du socialiste Largo Caballero. Mal lui en prit. Quelqu’un examina ses antécédents et il finit par être incarcéré pour être le neveu du chef de l’espionnage autrichien pendant la 1ère guerre mondiale, bien qu’aucune preuve ne fût avancée. Il subit un procès à la Joseph K et, bien qu’acquitté, il est transféré de prison en prison pendant plus de deux ans.

Lors de cette réclusion, il entra en relation avec des protagonistes du régime franquiste, qui lui permirent d’approcher Ramón Serrano Suñer, le gendre de Franco. Quand la guerre se termine, les faucons d’une Espagne en manque de pétrole et de combustibles l’écoutèrent. La crédulité du franquisme fut à la mesure de son besoin en pétrole et le prétendu carburant de Filek fut vu comme un miracle. La presse contribua à l’euphorie titrant sur une grande invention nationale ou sur la future autarcie en matière de carburants. La presse française était plus sceptique sur ce nouveau carburant espagnol à base d’eau et d’extraits de végétaux.

Le gredin autrichien qui arnaqua Franco

https://elpais.com/cultura/2018/04/04/actualidad/1522878292_576782.htmlAlors que tout était prêt pour lancer la nouvelle industrie, une analyse d’une commission d’experts de l’Ecole des Mines découvrit que la filekina, comme l’appelait le caudillo lui-même, était de la pure foutaise, sans aucune base scientifique. Filek put ainsi faire connaissance avec les geôles franquistes en 1941, mais le régime préféra enterrer l’affaire pour ne pas sombrer dans le ridicule. Et l’escroc fut expulsé vers l’Allemagne cinq ans après, en lui prêtant un possible passé nazi pour lui assurer le meilleur accueil du côté des alliés. Un mensonge de plus – mais dont il n’était pas l’auteur – dans la vie de Filek.

D'après :

El pícaro austriaco que timó a Franco

 

Filek

El estafador que engañó a Franco
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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 19:01
Valle de los Caídos : le national-catholicisme y sévit toujours

Finalement, la décision de justice devrait se concrétiser à partir du 22/04/2018.

 

Un abbé bénédictin qui refuse d’exécuter une décision de justice et de se rendre à une convocation du Sénat ; des sénateurs PSOE qui demandent alors la comparution de l’évêque présidant la commission épiscopale ; des sénateurs qui, contre l’avis de leurs collègues PSOE, veulent se rendre dans la Valle de los Caídos ; un imbroglio où le national-catholicisme veut affirmer sa prééminence sur la nécropole franquiste.

Valle de los Caídos : le national-catholicisme y sévit toujours

Faisant un véritable bras d’honneur aux juges et aux institutions démocratique, le prieur du couvent qui administre la basilique de la Valle de los Caídos, Santiago Cantera*, a refusé de comparaître le 12 mars devant la Commission de Justice du Sénat espagnol, pour s’expliquer sur les raisons de son refus d’accomplir une décisions judiciaires demandant la restitution des corps des frères Lapeña, victimes du franquisme, à leurs familles.

A plusieurs reprises, des descendants ont souhaité récupérer la dépouille de leurs proches. En vain. Jusqu’à ce qu’en 2016 un juge de San Lorenzo del Escorial donne raison à la petite-fille d’un militant anarcho-syndicaliste de la Confédération nationale du travail (CNT), et ordonne l’exhumation de son grand-père et de son grand-oncle, les frères Lapeña. La victoire judiciaire est célébrée par les descendants de républicains.

Le Monde

Cantera invoque ses devoirs à la tête du monastère et sa condition religieuse pour justifier sa non-venue. Et, avec arrogance, il invite les membres de la commission à venir les rencontrer pour une visite guidée de la basilique les jours de fermeture aux touristes. Bien qu'il n'ait aucune autorité légale sur la nécropole elle-même, il prétend interdire l’accès aux cryptes au prétexte qu’il craint que les ossuaires ne soient détériorés et en arguant que d’autres familles lui auraient demandé de veiller sur l’intégrité de la sépulture de leurs proches.

Valle de los Caídos : le national-catholicisme y sévit toujours

Le PSOE n’a pas du tout apprécié le bras d’honneur du prieur. Face à cet affront, il demande la comparution du Président de la conférence épiscopale espagnole, le cardinal Ricardo Blázquez, pour qu’il affirme le droit des familles à récupérer les restes de leurs proches. Cardinal qui a depuis reconnu que les décisions judiciaires devaient s’appliquer. Mais le prieur ne reconnaît aucune autre autorité que le supérieur de son ordre, l’abbé de Solesmes, en France.

Valle de los Caídos : le national-catholicisme y sévit toujours

Faut-il dire que les sénateurs socialistes ont encore moins apprécié l’invitation de l’abbé bénédictin à se rendre dans ce mausolée d’un dictateur en catimini et au mépris des institutions démocratiques ? Ils considèrent même que cette visite serait comme un encouragement à l’attitude butée du prieur. Mais leurs collègues du PP répondent que si une chance d’ouvrir le dialogue existe, il faut la saisir.

L’incident met en lumière le statut absurde du site – un incompréhensible méli-mélo civilo-religieux, public-privé, franquiste-démocratique. Le lieu est toujours régi par des décrets et normes non abrogées depuis la fin de la dictature.

Ce n’est pas un lieu de mémoire comme il en existe dans le reste de l’Europe, en souvenir des conflits. Aucun panneau pédagogique n’explique quoi que ce soit. Juste sur les deux portes : « Tombés pour Dieu et pour l’Espagne » (“Caídos por Dios y por España”).

* Des moines qui entretiennent les tombes de Franco et du fondateur de la Phalange José Antonio Primo de Rivera, et célèbrent une messe chaque 20 novembre, jour anniversaire de leurs morts. Ils sont devenus les gardiens de la mémoire du dictateur. C’est d’ailleurs Santiago Cantera qui a officié lors de la messe célébrée en l’honneur de la fille unique du caudillo, Carmen Franco, morte en décembre. Le Monde

 

 

 

D'après

El prior del Valle de los Caídos se niega a comparecer en el Senado

El PSOE pide que el presidente de los obispos comparezca en el Senado

¿Quién manda en el Valle de los Caídos?

Santos Juliá: “La única resignificación del Valle de los Caídos son sus ruinas”

 

 

Valle de los Caídos : le national-catholicisme y sévit toujours

 

Ce monumental ensemble, en partie enterré, se situe dans la vallée de Cuelgamuros, sur le territoire de la localité de la province de Madrid de San Lorenzo del Escorial.

Construit par les prisonniers politiques

Ce gigantesque monument a été construit entre 1940 et 1958, en plein franquisme, comme un hommage aux « héros et martyrs de la Croisade », c’est-à-dire à ceux qui luttèrent et moururent pour Franco pendant la guerre civile. Non pour la réconciliation comme le réinventa plus tard le franquisme.

Franco et son épouse visiatant le chantier.

Franco et son épouse visiatant le chantier.

En plus des ouvriers salariés, il y eut 20 000 prisonniers politiques, sur le chantier, sous l’égide d’un organisme de remise de peine par le travail (Patronato Central de Redención de Penas por el Trabajo).

Dans la vallée, il y a une basilique où sont enterrés dans des cryptes et des niches 38 833 cadavres, dont 12 410 inconnus, ce qui fait de la Valle de los Caídos la plus grande fosse commune d’Espagne. Le dernier transfert de corps a eu lieu en 1983. Les morts ont été extraits de fosses communes et cimetières de presque toute l’Espagne.

L’abbaye de bénédictins jouxte la basilique dont elle a la gestion. Un autre bâtiment héberge 50 petits chanteurs de 9 à 14 ans voués au chant grégorien (cher à Solesmes). En face de l’abbaye, une hôtellerie de 220 places, avec restaurant et bar.

Valle de los Caídos : le national-catholicisme y sévit toujours

Et au dessus de tout cet ensemble monumental s’érige une croix, la plus haute du monde chrétien.

Au départ, ce lieu était destiné aux morts franquistes, mais en 1958, il fut décidé d’y transférer des victimes sans distinction du camp où ils combattaient. C’est ainsi que des milliers de corps de républicains y furent envoyés le plus souvent sans en informer la famille. C’est ce qui s’est passé avec les frères Lapeña qui n’étaient plus dans la fosse que leur famille fleurissait depuis 60 ans.

Bien que les ossuaires et niches soient considérés comme cimetière public et que le reste du monument fasse partie du patrimoine national, les moines sont toujours à la barre (« Los monjes tienen la sartén por el mango » littéralement, ils tiennent la poêle par le manche) ! Ayant la gestion de la basilique, ils s’opposent aux exhumations puisque l’accès aux ossuaires se fait par cette église.

Valle de los Caídos : le national-catholicisme y sévit toujours

Francisco Franco (et José Antonio Primo de Rivera) y a été enterré en grandes pompes et sa tombe est en face du grand autel de la basilique. Cet emplacement est contraire au droit canonique puisque l’enterrement au pied d'un autel est réservé aux papes ou aux évêques du diocèse. Un petit-fils du dictateur a signalé que Franco désirait être enterré dans le caveau familial d’El Pardo.

Les sculptures et la basilique se dégradent

Pour les statues et la croix monumentale on a employé une pierre calcaire de Calatoroa, une carrière située dans cette commune d’Aragon, facile à travailler. Mais depuis un certain temps des fragments de la Vierge et même des avant-bras du christ se détachent, ainsi que des sculptures des évangélistes ou de la base de la croix. Le tunnel qui conduit à la basilique a des fissures. Une partie des fosses communes a été inondée. La réhabilitation est estimée à 13 millions d’euros.

Valle de los Caídos : le national-catholicisme y sévit toujours

Mais faut-il restaurer ce mausolée du franquisme ?

  Exhumation des frères Lapeña

Valle de los Caídos : le national-catholicisme y sévit toujours
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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 18:14
GIBRALTAR et le BREXIT

Gibraltar - Djebel Tariq, du nom du chef des conquérants, en 711, plus berbères qu’arabes, Tarik ibn Zyad – sous domination britannique depuis 1704, promet d’être un problème épineux, avec le Brexit. Moins, évidemment, que l’Irlande du Nord. Mais cependant compliqué car l’Espagne a obtenu une sorte de droit de veto sur toute solution pour le « Peñon », le Rocher.

GIBRALTAR et le BREXIT

L’Espagne revendique comme il se doit la souveraineté sur le « rocher ». Franco, après un référendum à Gibraltar qui avait donné 99,64% de voix pour le maintien dans le Royaume-Uni avait fermé la frontière en 1968. Elle ne sera réouverte qu’en 1985.

GIBRALTAR et le BREXIT

Mais l’Espagne revendique toujours sa souveraineté, oubliant qu’elle-même, de l’autre côté du détroit, occupe toujours Ceuta et Melilla plus quelques îlots, revendiqués eux par le Maroc. Mais, bien que des problèmes d’eaux territoriales provoquent souvent quelques tensions, l’aire métropolitaine de la baie d’Algesiras - Algesiras, La Línea, Tarifa, Castellar, Jimena, Los Barrios et San Roque – et en particulier La Linea, connaît des échanges économiques et humains essentiels avec Gibraltar.

GIBRALTAR et le BREXIT

96% des habitants du Rocher ont voté contre le Brexit.  

Certes les commerces gibraltariens auraient à souffrir d’une nouvelle fermeture des frontières, puisque les visiteurs, très majoritairement espagnols, laissent un peu plus de 160 millions de livres dans les tiroirs-caisses. Mais pour l’emploi transfrontalier ce serait une catastrophe. Rien que La Linea fournit 10 000 travailleurs, ils sont plus de 13 000 en tout.

GIBRALTAR et le BREXIT

Catastrophe bien sûr partagée, car Gibraltar pourrait difficilement compenser par un appel à la main d’œuvre marocaine, par exemple. La chute de la livre, après le Brexit, a eu des répercussions immédiates sur l’économie de la baie d’Algesiras, par la baisse du pouvoir d’achat des transfrontaliers. D’autre part, les 27 884 Gibraltariens, bien à l’étroit sur leurs 6,8 km2, sont aussi des clients pour le commerce espagnol et beaucoup possèdent des résidences secondaires tout autour de la baie.

GIBRALTAR et le BREXIT

Un Brexit dur serait donc dramatique côté baie d’Algesiras, zone où le chômage est déjà très élevé. Gibraltar, outre la pénurie de main d’œuvre, verrait peut-être son attractivité financière – c’est un des paradis fiscaux de la couronne britannique : 10 000 sociétés immatriculées – amoindri par des mesures de rétorsion de l’UE. Et surtout ses habitants auraient à pâtir d’une restriction de la libre circulation des personnes.

GIBRALTAR et le BREXIT

Une solution de co-souveraineté a été envisagée, mais largement rejetée (98%) par les habitants du Peñon. Ils jouissent pourtant d’un statut dérogatoire au sein même de l’UE, puisqu’ils ne sont pratiquement soumis à aucune des politiques communes ni même à l’union douanière. Même si la revendication de cette pièce manquante au Royaume d’Espagne soulève moins de passions patriotiques qu’au temps de Franco, la tentation pour Madrid de jouer l’intransigeance pour des raisons de politique intérieure – détourner le regard d’autres problèmes – est grande.

Et comme la Grande-Bretagne est prête à donner dans le style intransigeant à la Malouines, un grand jeu de perdant-perdant est possible.

Vues côté Algésiras
Vues côté Algésiras
Vues côté Algésiras
Vues côté Algésiras
Vues côté Algésiras
Vues côté Algésiras

Vues côté Algésiras

Photos A. Coustaury : Gibraltar côté EST.
Photos A. Coustaury : Gibraltar côté EST.
Photos A. Coustaury : Gibraltar côté EST.

Photos A. Coustaury : Gibraltar côté EST.

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 14:26
JUAN CARLOS I LE ROI AUX 5000 CONQUÊTES

Le Monarque émérite n’a pas démérité de la tradition familiale des Bourbons d’Espagne. Digne successeur d’Isabel II et d’Alphonse XIII, il aurait usé de son royal chibre avec près de 5000 conquêtes. Et une femme et un homme prétendent être des bâtards royaux.

"Las más bellas vedettes y las más espectaculares representantes del alto estanding femenino español y extranjero pasaron por su cama de forma más o menos temporal, aunque tampoco despreció a féminas mucho más modestas"

Les plus belles vedettes et les plus attrayantes représentantes de la haute société espagnole et étrangère passèrent dans son lit pendant un temps plus ou moins long, mais il ne négligeait pas pour autant des femmes beaucoup plus modestes.

A-t-il inscrit Diana à son tableau de chasse ?

A-t-il inscrit Diana à son tableau de chasse ?

JUAN CARLOS I LE ROI AUX 5000 CONQUÊTES

Le décompte des amours du roi émérite – il a laissé le trône à son fils Felipe – établirait que tout au long de sa vie il aurait mis dans sa couche 4786 femmes, à faire pâlir de jalousie Casanova. Même Julio Iglesias ne se vante que d’avoir gravé 3000 encoches sur son bois de lit, boudins inclus.

La période la plus féconde, selon cet inventaire, fut celle qui alla de ses vingt ans aux premières années de son règne : une « période passionnelle », pendant laquelle il a accumulé 2154 conquêtes, avec une moyenne de 125 par an. Le féroce appétit de Son Altesse ne se serait interrompu que pendant son voyage de noces, lors duquel on ne trouve trace d’un flirt quelconque.

JUAN CARLOS I LE ROI AUX 5000 CONQUÊTES

L’auteur de ce singulier catalogue est le colonel retraité Amadeo Martínez Inglés qui a fait appel à un éditeur portugais pour publier ce Juan Carlos I Le roi aux 5000 maîtresses. Cette compilation qui démarre pendant l’adolescence de notre tombeur se serait nourrie, en partie, des rapports du réseau d’espions déployé par Franco pour surveiller les aventures de son effréné successeur pendant son passage par les différentes académies militaires, puis les six années après sa proclamation comme prince héritier.

Sa première conquête aurait été, à 16 ans, Marie-Gabrielle de Savoie.

Une des périodes les plus chaudes fut celle où il était censé étudier à l’Académie militaire de Saragosse, en 1955-57, à l’apogée du franquisme. Cela n’empêchait pas le cadet Juan-Carlos avec ses compagnons proches, toutes les fins de semaine, d’organiser des fiestas privées, qui tournaient en parties fines, avec des jeunes filles de la bonne bourgeoisie de Saragosse, qualifiées péjorativement de « filles à cadets », jeunes filles qui, malgré le haut niveau d’austère pudibonderie du national-catholicisme de l’époque, étaient toujours prêtes à satisfaire les distingués élèves de cette école militaire. Le jeune Bourbon disposait aussi d’une suite de luxe au plus grand hôtel du lieu pour s’y livrer à des galipettes avec des jeunes femmes.

JUAN CARLOS I LE ROI AUX 5000 CONQUÊTES

L’auteur, le Colonel Martínez Inglés, né à Saragosse en 1936, a lui-même été élève de l’Académie militaire de la ville. Il a ensuite servi pendant plus de 40 ans dans l’Armée de terre. Il a été cependant exclu du service actif après avoir été condamné à cinq mois de prison pour fautes disciplinaires.

Ensuite il a entamé une carrière politique au sein d’Izquierda Unida (coalition menée par le PCE), qui s’est achevée quand il a accusé une de ses leaders, Isabel Herreros, de malversation de fonds publics et le Président de la coalition, Julio Anglita, d’essayer de couvrir tout le système.

Martínez Inglés donne l’impression d’être un tant soit peu obsédé par l’ex-chef d’état auquel il a déjà consacré des livres. Pour l’avoir décrit comme le dernier représentant en Espagne de la bande d’ivrognes, de putassiers, d’idiots, de décérébrés, de salopards, nymphomanes, fainéants et bandits,  qui, au cours des siècles a caractérisé la lignée étrangère des bourbons. il a été condamné pour injures graves à la couronne.

Presque dix années avant que soit révélé que les fonds secrets avaient versés des centaines de millions de pesetas sur un compte au Luxembourg pour éviter que Bárbara Rey révèle sa liaison avec le roi et surtout diffuse de sulfureuses vidéos, le colonel avait déjà dénoncé l’usage des fonds spéciaux pour payer ces aventures galantes et en particulier ces quinze ans de liaison avec une belle vedette de la scène espagnole, près de 500 millions de pesetas payés par le contribuable. Il avait aussi accusé Juan Carlos d’être complice du coup d’état du 23 février 1981 (mais, comme le dit Javier Cercas, si ça avait été le cas, ce coup d’état eût réussi). Il en avait fait aussi le présumé assassin de son frère cadet Alfonso.

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La légende veut que l’épouse cocufiée – il n’avait fait une pause dans ses conquêtes que pendant le voyage de noces – n’ait découvert son infortune qu’en 1976, 14 ans après la célébration de leur mariage. Elle aurait déboulé inopinément dans une propriété aux environs de Tolède où son royal époux était censé se livrer à une de ses occupations favorites, la chasse, pour le découvrir en train de tirer un coup avec Sara Montiel (qui a toujours démenti).

Et depuis, la reine Sofia ne se serait plus cantonnée que dans son rôle public.

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Corinna zu Sayn-Wittgenstein, princesse par son 2e mariage avec le prince Casimir zu Sayn-Wittgenstein, est la dernière de ses conquêtes célèbres à l’hiver de sa vie. Elle fut même surnommée la reine de l’ombre, en tout cas la maîtresse la plus affichée de toutes. Leur relation fut cependant en montagnes russes, car la belle Corinna ne supportait pas les infidélités du monarque !

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Le plus surprenant de toutes ces aventures c’est que seules deux demandes de reconnaissances en paternité ont été enregistrées.

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Les principales femmes qui ont marqué la vie de Juan Carlos I.

De gauche à droite: la reine Sofía, Gabriela de Savoie, Corinna zu Sayn-Wittgenstein, Marta Gayà, Bárbara Rey y Olghina de Robilant.

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