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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 20:43
SAINT FRANCO

Non ce n’est pas un canular : Pilar Gutiérrez, fille d'un ministre de la dictature, a envoyé cette demande de canonisation, signée par plus de 5000 nostalgiques du franquisme, à tous les évêques d’Espagne. Évêques qui font profil bas Et pour instruire ce procès en béatification la dame Pilar fait état de miracles accomplis par le défunt, comme d’avoir ressoudé la queue fracturée de son chat !

L'exaltation de la dictature franquiste a aussi son côté ultra-catholique. Au moins 5 200 personnes pensent que le dictateur Francisco Franco doit non seulement être admiré et applaudi, mais aussi vénéré comme saint à cause de ses « miracles ». Cette demande de canonisationn est défendue par le Mouvement pour l'Espagne dirigé par Pilar Gutiérrez , fille de l'ancien ministre du régime Joaquín Gutiérrez Cano. Les évêques, loin de condamner cette initiative, ont opté pour la voie du silence officiel. 

La voyante Luz Amparo Cuevas

La voyante Luz Amparo Cuevas

Les miracles de Franco

L'action supposée miraculeuse du dictateur est défendue bec et ongles par Gutiérrez. Ayant lancé son mouvement le 20 novembre 2018, en réaction au projet, d’exhumer la dépouille du caudillo, elle a recueilli des témoignages qui attestent d’actes miraculeux réalisés par le dictateur après sa mort. Entre autres, des apparitions présumées du dictateur  au Prado Nuevo , le domaine madrilène où la voyante Luz Amparo Cuevas , aujourd'hui décédée, a affirmé avoir vu la Virgen de los Dolores. Ainsi, Mari Luz Gómez, originaire de Madrid, cite le témoignage de Dolores Moreno - sur laquelle aucune autre information n'est fournie -, qui lui a assuré que « plusieurs personnes présentes aux apparitions de Notre-Dame au Prado Nuevo, ainsi que la voyante Amparo Cuevas, ont contemplé, dans une vision, le général Franco au plus haut dans le ciel ».

Une autre femme, Sonsoles Sánchez del Corral , assure que "la Sainte Vierge" a montré à la voyante "où était Franco ". Ce n'était pas exactement sa tombe dans la vallée des morts, mais une vision fantomatique à Prado Nuevo.

Dans le chapitre sur les « bienfaits » effectués par le dictateur, un autre événement incroyable est relaté : le don anonyme d'une importante somme d'argent pour une campagne anti-avortement menée par le mouvement ultra-catholique « Unidos por la Vida ». C'est arrivé, si l’on en croit la plate-forme qui appelle à la sainteté de Franco, en 1998. Les ennemis de l'avortement avaient besoin d'argent pour mener à bien leur initiative, et juste à ce moment-là, la chef du groupe a décidé de se confier au dictateur. « Franco, tu n'aurais jamais permis que l'avortement soit légalisé, aide-nous ! » fut sa prière.

"Trois jours plus tard, j'ai reçu dans mon courrier une lettre avec un chèque d'un million de pesetas , d'un donateur anonyme. Avec cet argent, nous avons pu payer les dettes et étendrer la campagne, cette fois dans 8 autres villes, avec un avion pour survoler les plages des îles Canaries", assure-t-il.

Scatologie ou la merde de Yuko

En 2009, Pilar Gutiérrez a dénoncé le maire de Madrid  Alberto Ruiz-Gallardón  pour avoir autorisé la célébration de la Gay Pride. Cinq ans plus tard, en tant que présidente de la plate-forme anti IVG "Unidos por la Vida", elle a apporté au Sénat un plateau d'argent rempli de "merde de chat" pour signifier que la loi sur le délai d'avortement "est une merde".

Le 14 mai 2015, l'avocat madrilène Eduardo Ranz, expert en mémoire historique, a porté plainte en tant que victime d'une autre de ces performances scatologiques. Deux femmes ont laissé une boîte d'excréments à la porte de son bureau madrilène. La boîte portait également une note qui disait :  « C'est un petit échantillon de la merde que vous jetez sur l'Espagne en  persécutant les victimes du terrorisme rouge même après la mort ! Le comble de l'infamie ! qui sème récolte ».

La queue du chat

Passons sur une malheureuse chômeuse, qui, grâce à Franco, aurait gagné 100€ à la loterie. Venons-en à Yuko, le chat de Pilar. Yuko doit tout à Franco. Si aujourd'hui il remue joyeusement la queue, c'est par l'intercession du dictateur. C'est ce qu'assure Pilar Gutiérrez. "La franquiste de Telecinco", raconte que son chat s'est cassé la queue près du coccyx. Le vétérinaire a recommandé de l'amputer, mais la militante franquiste s'est méfiée de la science et s'est remise entre les mains de son idole bien-aimée. Franco pourrait-il faire quelque chose pour la queue de son animal de compagnie ? Selon elle, oui : "Je me suis confiée à Franco un jour devant sa photo, voyant mon chaton si triste : ' Franco, aide-moi, je t'aide. Que sa queue guérisse, s'il te plaît'. Et quatre mois plus tard , voila !" La femme accompagne son témoignage de la photo de Yuko et sa queue relevée, dressée vers le ciel où siège certainement le thaumaturge.

Plus politique est cet autre miracle, la décision des juges à libérer 11 des 14 membres d’un commando d’extrême-droite condamnés pour l'attaque du centre culturel Blanquerna en septembre 2013. Le 11 septembre 2013, alors qu’environ 70 personnes célébraient la Diada (fête nationale catalane), un commando d’une quinzaine de personnes avait attaqué ce centre culturel catalan à Madrid au cri de « La Catalogne, c’est l’Espagne ». Gutiérrez et son groupe d'adeptes ont décidé d'ouvrir une "chaîne de prière" pour demander que les ultras de Blanquerna ne finissent pas en prison. Les premières prières ont eu lieu dans une paroisse située près du siège de La Phalange à Madrid. « Quand ils ont découvert pourquoi nous priions, ils nous ont mis à la porte », dit-elle. Les ultra-catholiques franquistes ont continué les prières chez eux. Aujourd'hui Gutiérrez sourit : elle pense que si ces nervis sont libres, c'est grâce à leurs prières et à la grâce de Francisco Franco.

SAINT FRANCO

Elle a attribué au caudillo un autre miracle : l’échec du transfert de sa dépouille de la Valle de los Caidos. Les procédures lancées par les nostalgiques du franquisme n’ont fait que retarder le transfert.

Canonisons Franco

Forte de ses éclatants miracles, la fille du ministre a donc envoyé une demande d’ouverture d’un processus de canonisation pour Franco, par une lettre adressée à tous les évêques d’Espagne. "Révérend Monseigneur, nous désirons demander au nom des 5.241 signataires de notre Manifeste catholique de présenter devant le Saint-Siège, avec les autres évêques d'Espagne auxquels nous adressons cette demande, notre demande d'ouvrir la cause de béatification du Serviteur de Dieu et de l'Église Francisco Franco Bahamonde »

SAINT FRANCO

Une cause de canonisation doit passer par quatre étapes, supervisées par le Vatican à travers la Congrégation pour la Cause des Saints. Un décret Nihil Obstat ouvre le processus après avoir considéré le postulat Serviteur de Dieu. Plus tard, il est déclaré vénérable, si le pape dicte un décret d'héroïcité des vertus. Avant la promotion à Bienheureux, cinq médecins et huit théologiens examineront s'il a accompli des miracles. Le bienheureux devient saint si un second miracle lui est attribué.

La demande n'a pas reçu de réponse officielle des évêques, qui n'en ont pas profité pour rejeter catégoriquement l'idée de canoniser le dictateur Gutiérrez assure que certains représentants de l'Église lui ont fait savoir « personnellement » qu'ils soutenaient son initiative"Je ne vais pas donner leurs noms pour ne pas leur faire de tort", a-t-elle déclaré. 

 

« La Conférence épiscopale n'a pas donné signes de vie, car elle représente une Église qui a cessé d'être la garante de la Loi de Dieu pour être une institution au service du mondialisme et contre la souveraineté des nations, contrairement à ce que Franco a réussi. rendre l'Espagne souveraine », critique la promotrice de cette campagne. « C'est pourquoi ils n'ont pas répondu, et je ne pense pas qu'ils le feront, mais ce n'est pas nécessaire, car tous les saints ne sont pas sur des autels. »

 Pilar Gutiérrez

Pilar Gutiérrez

Dans sa supplique aux évêques, Gutiérrez a présenté six arguments. Le plus cynique est la magnanimité, qu’elle prête  à Franco envers ses ennemis, pour avoir commué des milliers de condamnations à mort ; elle exalte son « combat acharné contre la pauvreté endémique en Espagne », « la paix sociale et l’unité fraternelle et politique » des Espagnols,  « la régénération morale de la nation » et surtout d’avoir sauvé l’Église de l’extermination en Espagne et d’avoir « établi le Royaume du Christ en Espagne en appliquant la doctrine sociale de l’Église » !

Terminons donc par un extrait de la prière pour Franco : : "Notre Père qui êtes aux cieux,  pour votre fils préféré Francisco Franco,ayez pitié de cette Espagne qui  vous a offensé  (...) donnez-nous une autre chance de (…) pouvoir débarrasser l'Espagne de ceux qui veulent la détruire".

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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 14:40
L’évêque exorciste et la satanique écrivaine érotique

Qu’un cureton aille courir la gueuse, depuis des siècles – souvenez-vous de cette délicieuse chanson enfantine « il court, il court, le furet du bois joli » qui chante les exploits de l’abbé Dubois sous le Régent – c’est un éternel sujet de rigolade pour les vieux anti-calotins paillards de mon espèce. Quand c’est un évêque, et le plus jeune d’Espagne, c’est encore plus délicieux. Mais quand cet évêque est aussi exorciste et qu’il s’entiche d’une autrice de romans érotiques à résonances satanistes, ça devient sublime. D’autant plus que certains de ses coreligionnaires pensent qu’il est possédé et qu’il devrait se soumettre lui-même à l’exorcisme.

La décision de l’évêque du diocèse de Solsona, Xavier Novell de jeter sa soutane aux orties et de donner de l’exercice à ses parties génitales ne devrait pas provoquer plus qu’un sourire, presque attendri. Sauf que le précoce évêque tonitruait sur l’avortement comparé à l’holocauste nazi, fustigeait le mariage homosexuel, prenait l’homosexualité pour une maladie relevant de thérapies de conversion. Il a également critiqué la loi sur l'euthanasie adoptée par le parlement. 

L’évêque exorciste et la satanique écrivaine érotique

Xavier Novell i Gomà  (1969, Lleida) ingénieur agronome à 21 ans, décide de devenir « pasteur » des âmes et entre au séminaire. Petite lueur progressiste, il défend la fin du célibat des prêtres, dans un concile provincial en 1995. Mais un séjour à Rome le ramène dans une ligne parfaitement orthodoxe à la Jean-Paul II.

À 41 ans, il est nommé évêque, le plus jeune d'Espagne. Et ce jeune prélat, qui s’est donc inscrit dans la plus étroite rigueur dogmatique, devient un prélat fort cathodique, interviewé ici et là. Dans cette tournée médiatique il y défendait les positions les plus orthodoxes. Il s’y opposait aux préservatifs, préconisant « la chasteté pour prévenir les maladies »

Dans la ville de Solsona, les habitants se souviennent qu’il n’hésitait pas à chasser de l’Eglise des jeunes filles venues faire leur confirmation avec des jupes trop courtes. (Le Monde).

Alors qu’au départ il était contre le nationalisme catalan, il va complètement virer de bord appelant au vote au référendum du 1er octobre 2017, dans ses textes pastoraux. Il a également, toujours dans une lettre pastorale, soutenu les indépendantistes emprisonnés.

Il s’est en 2015 auto-nommé exorciste du diocèse, la fonction étant vacante. Outre des affaires de possessions ne nécessitant que prière et eau bénite, il s’est impliqué dans des cas plus graves nécessitant de nombreuses séances !

 

SATAN L’HABITE

Les voies de dieu sont impénétrables, celles du démon ne le sont pas moins ! Car, selon une source bien informée, c’est sur la question de l’exorcisme et du satanisme que l’évêque et la sulfureuse autrice de deux œuvres érotico-sataniques, Silvia Caballol,  ont commencé leurs échanges. Et que la diabolique écrivaine aurait pris possession de l’âme du prélat.

L’évêque exorciste et la satanique écrivaine érotique

Silvia Caballol Clemente a 38 ans, 14 ans de moins que l’évêque. Caballol est diplômée en psychologie clinique de l' Université autonome de Barcelone . Elle a complété avec un diplôme d'études supérieures en psychologie de la santé et s'est depuis consacrée à ce domaine, que ce soit en évaluation clinique ou en ressources humaines. Marié à un Marocain – elle a vécu au Maroc – elle a eu deux enfants, avant de divorcer.

En dehors du monde de la santé mentale , la native de Súria  a fait ses premiers pas dans la littérature. Son premier livre, Trilogía amnesia,  est paru en 2015. C'est un roman érotico-romantique qui selon la maison d'édition Altera, bouleverse « toutes nos considérations morales et éthiques ».

El infierno en la lujuria de Gabriel (« L’enfer dans la luxure de Gabriel »), est le deuxième et dernier livre, publié deux ans plus tard. Voyage "à travers le monde carcéral, la psychopathie, les sectes, le sadisme , la folie, la luxure et, petit à petit, au cours de l'avancée de l'histoire, aussi vers l'irréalité de l' immortalité et de la lutte crue entre le bien et le mal, entre Dieu et Satan, et entre les Anges et les Démons », selon son éditeur.

Elle se définit « comme une personne créative, qui aime aimer et être aimée ». 

Quelques citations tirées de Trilogía amnesia

  • "Empiezo a empalarla como si no hubiera un mañana, y aunque intento controlarme, mis caderas no cesan en sus brutales acometidas"
    • "Je commence à l'empaler comme s'il n'y avait pas de lendemain, et bien que j'essaye de me contrôler, mes reins n’arrêtent pas d’asséner des coups brutaux"
       
  • "Como poseído por el demonio de la lujuria, empiezo a chupar y besar su cuello, sus labios, sus pechos y sus hombros"
    • "Comme possédée par le démon de la luxure, je commence à sucer et à couvrir de baisers son cou, ses lèvres, ses seins et ses épaules"

 

  • "No recuerdo haberme sentido tan enardecido y desbocado en mi vida, no pudiendo dejar de gemir como un poseso aunque lo intente"
    • "Je ne me souviens pas m'être jamais senti aussi excité et hors de moi de ma vie, je ne pouvais m’arrêter de gémir comme un possédé. "
  •  
  •  
  • "Es el mismísimo demonio con un cuerpo que parece hecho para sucumbir al pecado"
    • "C'est le diable même avec un corps qui semble fait pour succomber au péché "
       
  • "Su vaivén torturador no se hace esperar. Mientras me cabalga puedo ver todos sus músculos tensarse y aflojarse con cada embestida"
    • "Son va-et-vient tortionnaire ne tarde pas à se lancer. Alors qu'il me chevauche, je peux voir tous ses muscles se bander et se relâcher à chaque assaut."
       
  • "Nuestros cuerpos incandescentes y excitados, y nuestros sexos inflamados y palpitantes. Estoy al límite y muy enardecida y ello hace que mis ojos no dejen de llorar a causa de la impotencia de haberme entregado a un hombre al que no amo"
  • "Nos corps incandescents et excités, et nos sexes enflammés et palpitants. Je suis à fleur de peau et les larmes me montent aux yeux de me sentir incapable de me refuser à un homme que je n'aime pas."

Traduction très approximative.

Illustrations empruntées à Poulton

"Je suis tombé amoureux d'une femme et je veux bien faire les choses." C'est la phrase que l'illustre prélat catalan aurait prononcée à son entourage proche après sa démission. 

Résistera-t-il à la pression d’une partie du clergé catalan – et dit-on du pape lui-même - qui le pousse à subir à son tour l’exorcisme, victime qu’il serait d’une subjugation démoniaque ? Ou bien se livrera-t-il avec sa compagne à de sataniques messes noires ? Ou bien, plus prosaïquement, retourné à l’agronomie, se confrontera-t-il à une vie conjugale ordinaire, après les premiers feux de la luxure ?

Dans le même style la douce romance du Padre Alberto Cutié et de sa belle Ruhama Canellis :

Amores Santos (Saintes Amours)

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13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 17:14
MANUAL DEL SILENCIO

"Aucune institution n'a protégé autant de criminels depuis autant d'années que l'Église catholique"

Miguel Hurtado, victime d'abus sexuels par un moine, dénonce dans 'El manual del silencio' les pratiques de prédateurs sexuels que l'Église cache.

Miguel Hurtado n'aurait jamais imaginé que sa vie changerait le jour où il a décidé de rejoindre un groupe de scouts à l'abbaye de Montserrat, l'un des lieux les plus sacrés et emblématiques de Catalogne.

Ce qui a commencé comme une évasion pour un garçon de 16 ans, plongé dans un océan de doutes, au milieu d'une crise personnelle et familiale, finira par l'entraîner dans un trou beaucoup, beaucoup plus profond et plus sombre. Le moine Andreu Soler après avoir gagné la confiance de Miguel , a commencé à l'abuser sexuellement. Le jeune homme, paralysé par la peur, n'a pas pu réagir. Au bout d'un moment, Miguel en a eu marre de se taire, mais personne n'a voulu le soutenir. Ni ses parents n'ont voulu signaler l’agression, ni l'Abbaye n'a vu de raisons de traduire le prédateur en justice. 

Abbaye de MONTSERRAT

Abbaye de MONTSERRAT

Plus de vingt ans plus tard, Miguel Hurtado publie El manual del silencio. L'histoire de la pédophilie dans l'Église que personne n'a voulu entendre  (Planète).  

La hiérarchie catholique est-elle l'une des organisations criminelles les plus opaques et les plus puissantes de la planète, comme vous le dites dans le livre ?

 

Il est important de regarder les faits. Quelle autre organisation a couvert des crimes pendant des décennies dans des dizaines de pays sur les cinq continents ? L'église catholique. Aucune institution n'a protégé autant de criminels dans autant de pays pendant autant d'années. Et malgré cela, ce n'est qu'au cours des dernières années que nous avons appris que cela se produisait. pourquoi? Parce que tous les cas ont été traités de façon très opaque et dans le plus grand secret.    

Un pédophile est jugé et va en prison, mais un prêtre pédophile est transféré dans une autre paroisse et en pénitence doit réciter 20 Notre père et 50 Je vous salue Marie.

MANUAL DEL SILENCIO

D'après ce que vous expliquez dans Le Manuel du silence , au sein de l'Église, ils ont leur propre modus operandi et ne sont pas non plus régis par les règles qui s'appliquent au reste de la population. 

 

Fondamentalement, ce que le Vatican a fait au cours des cent dernières années, c'est de dire : « Il y a des règles pour les autres citoyens, basées sur la Constitution ; mais pour le clergé, nous voulons un traitement privilégié. » Un pédophile, dans la famille, à l'école, dans le sport, est jugé et va en prison, mais un prêtre pédophile est transféré dans une autre paroisse et en pénitence doit réciter 20 Notre père et 50 Je vous salue Marie.

Ils ont obtenu un traitement de faveur, mais comme ils ne peuvent pas le dire ouvertement, ils l'ont fait de manière opaque et secrète, établissant le secret pontifical, c'est-à-dire : « Quand on apprendra qu'on a un pédophile, on va se débrouiller en interne, avec quelques procédures canoniques classées top secret. Et si un évêque veut aller à la police, faites-lui savoir qu'il va être excommunié et viré de son poste. »

[…]

A ce jour, la Conférence épiscopale espagnole n'inclut pas dans son protocole d'action la dénonciation automatique des cas de pédophilie à la justice. Ils disent que les évêques n'ont pas à dénoncer la maltraitance des enfants à la police.

En lisant le livre, il semble que pour signaler l’agression que vous avez subie, vous devez surmonter une série d'obstacles énormes, à commencer par votre propre famille.

Les barrières psychologiques et les barrières culturelles sont très, très, très puissantes. Par exemple, ma mère est issue des baby-boomers [en Espagne : les années franquistes]; culturellement, ce qu'on lui avait appris, c'était de ne pas affronter les puissants, car « si vous dénoncez, vous n'obtiendrez rien et ils vous écraseront ». Pour survivre, le mieux est d'essayer d'oublier ce qui s'est passé et d'aller de l'avant, pensa-t-elle. Moi, par contre, je suis le fils de la démocratie, je suis né en l'an 82. Donc choc des cultures entre le catholicisme national de ma mère — le secret, l'opacité, la soumission à les puissants — contre ma mentalité de « nous sommes tous égaux devant la loi, les criminels ne peuvent pas être protégés, les crimes ne peuvent pas être réduits au silence ». Ce choc reflète les mentalités de deux époques.

La hiérarchie catholique a dit aux parents qu'au nom de Dieu, ils devaient trahir leurs enfants.

MANUAL DEL SILENCIO

Il y a un an, vous avez déposé une pétition avec d'autres victimes. Y a-t-il eu des progrès cette année ?

 

Cela fait des années que nous réclamons la réforme du délai de prescription. Nous avons collecté un demi-million de signatures. Nous les avons présentés au Congrès et le gouvernement n'a eu d'autre choix que d'inclure une réforme du délai de prescription. 

 

[Un désaccord existe sur l’âge de départ du délai de prescription, le projet de loi prévoyant la 30e année, or, d’après l’auteur l’âge moyen de ceux qui dénoncent les abus dont ils ont été victimes serait de 44 ans]

Toi, par contre, tu as dénoncé avant d'avoir 40 ans. Et, même ainsi, le crime avait déjà été prescrit. 

(…). La première fois que je me suis plaint à Montserrat, c'était en 1999 et j'ai déposé une plainte en 2019. 

Les abus ont eu lieu en 1998...

Cet homme était un prédateur sexuel qui a abusé d'au moins 12 mineurs pendant au moins 30 ans, et ce n’est pas moi qui le dis, c’est l'Abbaye de Montserrat qui le dit. Il y a déjà eu des victimes dans les années 70, il y a eu des victimes qui ont porté plainte à l’abbaye à cette époque, et Montserrat n'a rien fait. J'ai été la dernière victime à porter plainte en 1999, et j'ai porté plainte jusqu'à quatre fois au cours des 20 années suivantes, auprès de deux abbés différents. Eh bien, non seulement ils n’ont pas dénoncé le prédateur à la justice, mais ils n'ont même pas ouvert de procédure disciplinaire catholique pour l’expulser de la vie religieuse, ils n'ont pas essayé de trouver d'autres victimes, ils n'ont pas informé le Vatican. 

Ils n'ont réagi que lorsque plusieurs militants ont brandi une banderole le jour de la messe à Montserrat et invité les médias. Si le premier cas de pédophilie à Montserrat remonte à la fin des années 60 et que ma plainte date de 2019, on parle de 50 ans de dissimulation.

D'après ce que vous commentez, l'abbaye elle-même a reconnu qu'il était un prédateur sexuel, mais n'a pas remis en question sa propre dissimulation en tant qu'institution.

Pour cela ils n'ont pas de réponse ?

Non. Ils ont mis en place une Commission dont les membres étaient triés sur le volet par l'abbé. La Commission n'a pas d'indépendance, il y a un conflit d'intérêts. Et, d'après ce que nous avons vu dans d'autres pays, ces commissions ne sont d'aucune utilité. Ce qu'ils font, c'est reconnaître l'abus, mais ils n'enquêtent jamais sur la dissimulation. La seule chose qu'ils ont faite à Montserrat a été de demander pardon. Mais ils n'ont pas établi de mécanismes pour indemniser les victimes. Et ce n'est pas dû à un problème économique, car ils ont des actifs importants et ils reçoivent chaque année deux millions d'euros de la Generalitat de Catalunya. S'ils le voulaient, ils pouvaient se le permettre. Pourquoi ne le font-ils pas ? Car s'ils créent un système d'indemnisation financière, des abus cachés feront surface, et peut-être qu'au lieu d'avoir à indemniser douze victimes, ils devront en indemniser cinquante, voire cent.

Comment est-il possible qu'ils aient eu un prédateur sexuel dans leurs rangs pendant 40 ans et qu'ils ne l'aient pas découvert ?

Andreu Soler

Andreu Soler

[…], Un an avant la mort, d’Andreu Soler [son agresseur] l'abbaye de Montserrat avait publié  un mémoire dans lequel le pédophile se vantait du grand travail qu'il avait fait en quarante ans d'éducation des enfants, et la préface avait été écrite par Jordi Pujol

Pour aggraver les choses, dans le livre il y avait des photos, et j’étais sur l'une d'entre elles, à l'époque où j'ai été agressé. En m’y voyant avec d'autres enfants, j'ai pensé combien d'enfants sur ces photos ont été victimes de ce prédateur ? 

[…] En raison du secret, nous ne savons pas combien de pédophiles il y a en Espagne, qui ils sont, où ils sont et ce qu'ils ont fait. Il n'y a pas de registre public des prêtres pédophiles en Espagne, nous ne pouvons donc pas connaître l'ampleur du problème. Combien y a-t-il de « germà Andreu » [père Andreu] ? Si je n'avais pas combattu pendant 20 ans, si je n'avais pas dénoncé en 2019, la société catalane et la société espagnole n'auraient jamais découvert que la pédophilie était pratiquée à Montserrat.

Y avait-il un profil particulier des victimes ?

Au début, je pensais que mon cas était représentatif. Il m'a pris au mauvais moment, dans une situation de vulnérabilité due à une série de problèmes personnels et familiaux, et il a gagné ma confiance, il s'est progressivement approché de moi, et ce n'est que lorsqu'il y a eu un lien d'affection que les abus ont commencé. Mais ensuite, lorsque l'affaire a été révélée et que d'autres victimes ont émergé, on a vu qu'il qu’il avait abusé de mineurs très vulnérables, comme cette victime qui avait eu un cancer des os, avait été amputée d'une jambe et avait fait une tentative de suicide. Les parents l'avaient emmené à Montserrat pensant qu'il y trouverait consolation et soutien spirituel et le germà Andreu en a profité pour en abuser. Il y avait ce profil de victime très vulnérable, mais il y avait aussi des mineurs dont il a abusé le premier jour où il les a rencontrés.

Pensez-vous que les choses ont changé quelque chose dans l'Église avec le Pape François ?

Non. Le pape François a mené une campagne de marketing et de relations publiques. Un an après qu'il est devenu pape, les Nations Unies ont mené une enquête sur la façon dont l'Église avait traité les cas de pédophilie et son rapport a été dévastateur. Il y est fait des recommandations précises : signaler les cas à la Police, remettre les dossiers canoniques, mettre fin à l’activité des agresseurs et des complices, indemniser les victimes... Des choses très basiques. Le pape François a non seulement refusé d'accepter le rapport, mais il a également refusé de mettre en œuvre les recommandations. Le pape François et le Vatican ont refusé de rendre des comptes à l'ONU et ont refusé de présenter un rapport de suivi, comme le font tous les États confrontés à une telle situation.

En 2019, au lieu de comparaître devant les Nations Unies, ils ont dû tenir un sommet anti-pédophilie à la va-vite car des scandales éclatent un peu partout dans le monde : en Australie ils jugeaient le cardinal Pell comme pédophile, en France ils jugeaient le cardinal Barbarin en guise de camouflage, au Chili, il y a eu le cas de l'évêque Barros, qui avait protégé l'un des plus grands pédophiles du pays... La merde accumulée au fil des décennies couvait sur les quatre continents. S'ils avaient bien fait les choses lorsque les Nations Unies les ont réveillés en 2014, ils n'auraient pas eu à faire face à cette crise. Et ils savent ce qu'ils ont à faire, mais ils ne le veulent pas, car cela signifierait perdre le pouvoir.

[...]

À ce jour, pouvez-vous dire que vous avez surmonté le traumatisme ?

Je pense que la blessure est cicatrisée ; la cicatrice est là et ça fait moins mal. Après avoir écrit le livre, je suis plus en paix avec le passé et plus concentré sur mon présent et mon avenir. Mais (…) même si tu vas bien, [tu te dis] que pendant la jeunesse, dans les plus belles années de ta vie, quand tes amis faisaient Erasmus, faisaient des randonnées ou faisaient la fête, tu étais traumatisé à la maison, amer, triste, angoissé. Personne ne te le rendra et vous devez pleurer la partie de votre vie qui vous a été volée.

MANUAL DEL SILENCIO
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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 16:49
Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

'La capsa vermella': 5000 clichés d'un photographe barcelonais sur la guerre civile espagnole retrouvés, 80 ans après.

Antoni Campañà meurt en 1989. Trente années après sa mort, la famille décide de vendre sa maison de Sant Cugat. Un de ses petit-fils inspecte le garage et y découvre, planqués, des cartons rouges - capsa vermella -  avec des négatifs et quelques tirages, 5000 clichés de la guerre d'Espagne, ce trésor déniché est bien conservé, un fond aussi intéressant que ceux de Centelles ou Branguli.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Antoni Campañà, né en 1906, ne fut pas un reporter de guerre, c’est la guerre qui est venue à lui. Ce vendeur d’appareils Leica, cet artisan expert en développement et tirage – il tire les photos des grands photographes de presse de Barcelone – fait aussi des portraits, des photos sportives, des reportages sur la culture populaire et les tenues traditionnelles catalanes. Il est aussi reconnu comme artiste avec des prix et des parutions dans des revues internationales : il fut l’un des photographes des plus exposés du mouvement pictorialiste en Espagne ; une de ses photos fit la une d’'American Photography', une prestigieuse revue de l’époque.

Campañà était un républicain et un catalaniste, mais aussi un fervent catholique barcelonais. Dès les premiers instants de la rébellion militaire de juillet 1936, le photographe, armé de son Leica, a parcouru sa ville et ses environs. Durant la guerre civile, ses images paraîtront notamment dans 'La Vanguardia' (quotidien auquel il continuera de collaborer sous la dictature) ou dans la revue 'Catalunya'.

Le mouvement anarchiste CNT-FAI a reproduit ses photos dans ses brochures et cartes postales de propagande. Mais les publications phalangistes, après la défaite de la République, reproduiront aussi certaines de ses photos, pour illustrer les méfaits de la ‘terreur rouge’.

Peu de scènes effroyables, reflétant la cruauté de la guerre, dans ses clichés : la grande majorité se centre sur la vie quotidienne et les souffrances de ses concitoyens catalans. Le catholique fut aussi sensible aux  églises incendiées par les anticléricaux républicains.

Devant la défaite imminente de la République, Campañà, comme des milliers de catalans, a pris le chemin de l’exil, vers la frontière française. Cependant, arrivé à Vic, il décide de faire demi-tour et de se livrer aux autorités rebelles. Dans le quartier de Bruc, il tombe sur son ami José Ortiz Echagüe, un photographe aussi et ingénieur militaire, mais du camp ennemi, qui lui évite d’être victime de la répression (et devenu président de SEAT le fit travailler pour sa marque d’automobiles).

À son retour à Barcelone, déjà sous drapeau franquiste, Campañà, avec son Leica, photographia tout ce qu’il croisait, de la misère de la vie quotidienne aux fastes des défilés militaires fêtant la victoire des insurgés et de leurs alliés fascistes et nazis.

Cependant, à la fin de la guerre, Campañà semble vouloir tirer un trait sur toutes les années du conflit. Il ne détruit pas les négatifs, mais les planque au fin fond d’un garage.

Durant les années de la dictature, il collabora à divers périodiques, dont ‘La Vanguardia’ – un de ses clichés fut le premier à sortir en rotogravure en couleur à la une de ce journal - mais également la presse sportive (il fonda même un périodique sportif).

 

D'après

Salen a la luz 5.000 fotos nunca vistas de la Guerra Civil: el tesoro que estaba en un garaje

Las fotos de la Guerra Civil que no se han visto nunca: bombas, cadáveres y desfiles en Barcelona

 

Aujourd’hui une sélection de ces photos miraculées vient de faire l’objet d’un livre, en catalan, publié par l’éditeur barcelonais Comanegra : La Capsa Vermella (“La Boîte rouge”). Les photos ont été sélectionnées, expliquées et contextualisées par le journaliste Plàcid Garcia-Planas, l’historien Arnau Gonzàlez i Vilalta et le photographe David Ramos.

(Courrier international)

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Jumelage nationaliste : Basques et Catalans 11 septembre 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

La Catalogne rurale dans la grande ville : des habitants du village natal de Companys, El Tarròs (Urgell).

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Des citoyens écoutent le discours de Lluis Companys, président du gouvernement autonome catalan.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

 Un  homme refuse un insigne républicain qu'une jeune fille lui offre, dans les premiers jours de la guerre civile, sur la Rambla barcelonaise. 

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Détente sur l'Avenue Diagonale de Barcelone en attendant un défilé de la FAI (été 1936)

 

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Défilé de la CNT-FAI (paru dans La Vanguardia du 26 octobre 1936)

 

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

L'hôtel Colón place de Catalogne (aujourd'hui disparu) orné de portraits de Lénine et Staline en 1937

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Un jeune peint des slogans antifascistes sur un wagon dans la gare de Sant Andreu (août 1936)

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

 Milicienne dans le quartier Bakounine (Bruc) 27 août 1936 

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Milicien dans le quartier Bakounine (Bruc)  27 août 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Milicienne sur une barricade au carrefour des Ramblas et de la rue de l’Hôpital 25 juillet 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Femme qui lève le poing au passage de la colonne anarcho-syndicaliste catalane des Aiglons sur l’avenue de la Diagonale 28 août 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Les premiers volontaires républicains montent vers le front (Place de Catalogne 28 août 1936)

 

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Militants de Estat Català independentistas, le 11 Septembre 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Gamins jouant aux barricades pendant l’été 1936, le long du mur de l’Université de Barcelone.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Barricades dans l'Eixample. Juillet 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Fillette qui mange au casino de Saint-Sébastien (Barcelone) 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Réfugiés républicains de Malaga dans le stade de Montjuïc Barcelone. 1937

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Réfugiés de Malaga dans le stade de Montjuïc. Février 1937

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Saccage du siège de la compagnie italienne Cosulich Lloyd Triestina sur la Rambla en juillet 1936.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Les cloches de Bujaraloz (Zaragoza) après la destruction de l’église par les anarchistes de la CNT-FAI. 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Une église détruite.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Ruines de l’église de l’Immaculée conception (Barcelone)

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Des citadins observent en détail les momies de moniales exposées à l’entrée de l’église et couvent  des Salésiennes du Passeig de Sant Joan (Barcelone). Juillet 1936

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Une femme conduit un tramway de la ligne Plaza Catalunya-Vallvidrera

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Voiture criblée de balles ou d'éclats de bombes dans une rue de Barcelone.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

DCA

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Deux pilotes de l’aviation républicaine.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Effets des bombardements aériens italiens sur La Barceloneta, 29 jun 1937

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Deux femmes constatent les dégâts du bombardement de La Barceloneta en 1937.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Des femmes fouillent les décombres de leurs habitations détruites par un bombardement en mai 1937.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

On transporte à l'hôpital un enfant blessé par un bombardement italien en 1937.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

La mise en échec de la rébellion à Barcelone le 19 juillet 1936 fit des victimes collatérales.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Un croquemort avec un masque à gaz pour se protéger de l’odeur que répandent les cadavres les premiers jours caniculaires de la guerre.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Un croquemort du cimetière Nou (Montjuïc) montre le cadavre d’un des morts pendant les affrontements pour stopper le coup d’état.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Un groupe de miliciens quitte le cimetière de Montjuïc après un enterrement en 1936.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Manifestation de femmes exigeant de meilleures rations de pain à l’édifice de la Pedrera siège du Conseil de l’approvisionnement de la Generalitat

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Véhicule abandonné par les Républicains lors de la ‘retirada’, l’exil vers la France, après l’avancée finale de l’armée franquiste

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Troupes 'mores' de l'armée franquiste au défilé de la victoire en 1939.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Les troupes franquistes défilent à Barcelone.

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

Un jeune phalangiste sous un drapeau espagnol dans un Festival de la FET et des JONS en hommage au ministre italien des affaires étrangères, Galeazzo Ciano. Barcelona, 11 juillet 1939  

Antoni Campañà : 5 000 photos cachées de la guerre civile espagnole

La Guardia Civil 11 juillet 1939

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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 17:00
28A : PSOE premier parti espagnol

Malgré une campagne d’une extrême virulence- le Parti Popular et Ciudadanos faisant de la surenchère sur VOX dans les attaques contre Sánchez accusé de pactiser avec les indépendantistes - le PSOE est largement en tête de l’élection, emportant même la majorité absolue du Sénat. A droite, la déconfiture du PP est totale et si VOX apparaît, c’est Ciudadanos qui tire le mieux son épingle du jeu. Reste qu’aucune majorité ne se dessine vraiment et que l’hypothèque catalane continue de peser.

Un échantillon des attaques subies par Sánchez

"Triste aussi de les [les électeurs du PP et de C’s] voir tous désigner Vox comme le grand coupable en puissance si jamais, suprême malheur pour l’Espagne, le socialiste Pedro Sánchez, homme politique sans scrupule et dépourvu de tout sens moral, avait de nouveau la majorité pour gouverner. Tous s’accordent sur une évidence : un gouvernement Sánchez serait une catastrophe pour l’Espagne ; pire, une catastrophe potentiellement irréversible si le socialiste venait à remplir tous les engagements qu’il a pris avec des forces qui ont pour objectif de détruire le régime démocratique, la monarchie parlementaire et l’unité nationale [allusion aux indépendantistes catalans]. Sánchez est déjà sans conteste un traître à la Constitution et à l’Espagne. (…) Il a ouvert des accords de coopération avec tous les ennemis de l’Espagne et de son identité historique, tels les putschistes catalans et les terroristes basques qui font déjà campagne pour Sánchez."

Hermann Tertsch

ABC 14/04/19 (traduit dans le Courrier International du 25/04/19)

La participation fut de presque 76 %, la meilleure à des élections générales depuis 1996 (77,38 %) et il faut remonter au début de la transition démocratique pour trouver plus élevé, comme en 1982 où ça frisait les 80%.

La grande inconnue des sondages était l’existence ou pas d’un vote masqué pour VOX, les sondés cachant leur attirance : il n’en était rien puisque, si le parti d’extrême-droite fait son entrée, il obtient score et élus inférieurs aux sondages. Sondages assez justes, notamment celui de CIS, pour ce qui est du PSOE (fourchette 123-138 députés), du PP (fourchette 66-76) et proche pour Podemos (fourchette 33-41). En revanche sous-évaluation de Ciudadanos et on l’a vu surestimation de VOX.

28A : PSOE premier parti espagnol

Le PSOE remplace quasiment le PP pour ce qui est du nombre de provinces où il arrive en tête. En 2016, le PP finissait premier dans 40 provinces. En 2019, il ne l’est plus que dans quatre. Il disparait même au Pays basque. Et il obtient le pire résultat d’un parti arrivé second à des élections générales avec 66 élus, le chiffre le plus bas jusqu’alors était celui du PSOE de Pedro Sánchez en 2016, avec 85. PSOE qui arrive donc en tête dans 39 provinces dont certaines où il n’avait jamais été premier même du temps de Felipe González en 1982 : Pontevedra, Burgos, Soria et Segovia. La victoire la plus symbolique est quand même celle de Ceuta où l’unique député sera PSOE, Ceuta dans l’ex Maroc espagnol d’où Franco lança le coup d’état.

28A : PSOE premier parti espagnol

Il faut s’appeler Mélenchon pour voir dans le résultat de Podemos une « remontada » alors que c’est une caída, une dégringolade. La coalition de Pablo Iglesias a perdu près de 1,4 million d’électeurs et 31 députés. Alors, qu’après les législatives de décembre 2015, Unidos Podemos visait le « sorpasso » du PSOE, il perdait déjà des plumes en juin 2016 et il n’est plus, au mieux, qu’une insuffisante force d’appoint dans une coalition gouvernementale. Cette chute est certes due au vote utile en faveur du PSOE, mais aussi à ses propres divisions.

28A : PSOE premier parti espagnol

Ciudadanos a joué un drôle de jeu depuis les élections régionales andalouses où il s’est allié avec le PP et VOX. Rivera a tout autant que Casado (PP) ou Arrascal (VOX) attaqué avec violence Pedro Sánchez, traité de traître pour prétendument avoir pactisé avec les indépendantistes catalans, alors même que c’est son refus de céder à leur chantage pour faire voter le budget qui a amené à ces élections anticipées. Ces électeurs ne lui en ont donc pas voulu de ses outrances, puisque C’s progresse plus que prévu et talonne donc un PP, il est vrai, en pleine décrépitude. Cependant, Rivera semble s’être bloqué la possibilité de transformer l’essai d’alliance de début 2016 avec le PSOE en réalité majoritaire. D’autant que son attitude agressive a provoqué une réaction de rejet chez les militants socialistes : ¡Con Rivera no! ¡Con Rivera no!”.

 Gabriel Rufián celebre la victoire de ERC à Barcelone

Gabriel Rufián celebre la victoire de ERC à Barcelone

Les partis régionaux, et particulièrement basques et catalans – l’hypothèse PSOE+C’s étant en principe écartée – décideront d’une éventuelle majorité.  Si les indépendantistes catalans ont su mobiliser leur électorat, il n’en reste pas moins que leurs scores cumulés n’atteignent même pas 40 %. Dans leur jeu de rapports de forces internes, c’est ERC (gauche) qui l’emporte, gagnant 6 sièges, JxCAT (droite) sauvant les meubles avec 7 élus. Le Partit dels Socialistes de Catalunya (PSC) progresse aussi. S’il refuse le référendum d’auto-détermination, il écarte aussi la mise sous tutelle de la Catalogne prônée par la droite et propose à ERC de s’atteler à une véritable reconstruction d’une région fracturée et paralysée. Pour le moment ERC reste sur les exigences qui ont provoqué les élections générales, donc dans le blocage.

28A : PSOE premier parti espagnol

Même si les comparaisons Espagne/France sont risquées, on peut noter que la stratégie à la Wauquiez, menée par Casado (PP), consistant à chasser sur les terres de l’extrême-droite pour tenter de récupérer les électeurs qui s’y sont égarés, ne marche pas. Bien que le PSOE ait largement consolidé son assise, le quadripartisme qui, finalement, favorise les petits partis qui peuvent jouer de leur rôle de force d’appoint indispensable, rend toujours la mise en place d’un gouvernement stable très difficile. Mais Pedro Sánchez, avec le succès de sa motion de censure face à Rajoy, a démontré qu’impossible n’est pas Espagnol !

SOURCES

El Pais du 29/04/19

El Plural du 29/04/19

Voir aussi :

Courrier International

Pedro Sanchez, nouvelle superstar de la social démocratie européenne

 

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 19:00
Toledo le blasphémateur

Semaine sainte, immaculée conception, sans oublier la Virgen del Pilar et dieu lui-même qu’il conchie, le cas du blasphémateur et acteur Willy Toledo est grave aux yeux d’un procureur, lointain successeur de Torquemada.

"Yo me cago en dios y me sobra mierda para cagarme en el dogma de la santidad y virginidad de la Virgen María. Este país es una vergüenza insoportable. Me puede el asco. Iros a la mierda. Viva el coño insumiso" Willy Toledo

 

Traduit mot à mot, par un éminent professeur émérite de littérature espagnole : « Je chie en dieu et j'ai de la merde à revendre pour chier sur le dogme de la sainteté et de la virginité de la Vierge Marie. Ce pays est une honte  insupportable. Ça me fait vomir. Allez-vous en à la merde. Vive le con insoumis. »

Il faut savoir que si en France on nique la mère de l’adversaire, en Espagne on chie dans le lait de sa mère et que « leche » ne désigne donc pas que le lait mais est une abréviation de cette délicate injure.

Donc Willy Toledo, acteur, athée revendiqué, a affiché sur sa page fessebouc ces paroles impies, qui n’ont pu que provoquer la sainte indignation de l’Asociación de Abogados Cristianos (Association des avocats chrétiens) qui a déposé plainte  pour délit contre les sentiments religieux (article 525 du Code Pénal espagnol qui prévoit une peine de 8 à 12 mois de prison pour toute raillerie publique sur les dogmes, croyances, rites et cérémonies d’une religion ou  pour qui se moque publiquement de quiconque la professe ou la pratique).

Et cette association très procédurière est tombée sur un procureur qui mériterait de fonder l’association du parquet catholique. En effet, il a saisi le juge pour élargir son enquête à d’autres déclarations de Toledo.

Toledo le blasphémateur

Et d’abord sur la semaine ô combien sainte, pour avoir rétorqué à qui défendaient ce « cirque des horreurs » avec comme argument que si ça ne vous plaît pas vous n’y allez pas, que ce show néfaste, se déroulait dans la rue de tous, et non dans leur rue privé ;  qu’il se faisait avec l’argent public, non le leur ! Que s’ils chérissaient cette obscurantiste superstition misogyne et masochiste, il n’avait qu’à se flageller dans leurs putains d’églises et le payer avec leur putain de pèze. Que s’il offensait leurs sentiments religieux, eux offensaient ses sentiments athées. Et que si le spectacle d’un homme torturé sur une croix les branche, lui il s’en tamponne le coquillard ! (Et je ne donne qu’un faible aperçu de la diatribe.)

Un autre post de fessebouc retint l’attention du procureur « Entre 1854 et 1962, la sainte église apostolique, pédérastique et romaine a inventé l’avant-dernière histoire de science fiction [l’immaculée conception]. »

La demande d’élargissement de l’inculpation a été rejetée par le juge, mais l’avocat de l’accusé a fait valoir qu’elle se situe aux antipodes de la défense de la liberté d’expression en essayant de formuler une charge plus en accord avec les préceptes de l’inquisition qu’avec les principes d’un état aconfessionnel du XXIe siècle. 

La juez absuelve al actor Willy Toledo

La magistrada reconoce “la falta de educación, el mal gusto y el lenguaje soez utilizado por el acusado”, pero insiste en que este estilo que “caracteriza sus publicaciones” no acredita que haya incurrido en un delito.

La magistrate a reconnu le manque d'éducation, le mauvais goût et le langage grossier utilisé par l'accusé, mais elle a noté que ce style qui caractérisait ses publications n'impliquait pas qu'il  est commis un délit (traduction très approximative).

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 21:27
Carlos Saura, Photographe

Carlos Saura, plus connu pour sa carrière cinématographique, réalisateur entre autres de Crias Cuervos, Maman a cent ans, Noces de sang, Ay, Carmela !, etc., fut aussi un grand photographe, dont l’œuvre décrit notamment une Espagne des années 50.

Carlos Saura, Photographe

Carlos Saura est né à Huesca en 1932. Âgé de seulement 9 ans, il emprunta l’appareil de son père, un ICA 6X9,  pour, secrètement, tirer le portrait de la fillette dont il était amoureux. Il pensait que cet hommage à ses charmes serait la meilleure façon de déclarer sa flamme. Hélas l’envoi de cette photo n’eut aucun écho. Mais s’il oublia cet amour d’enfance, il resta fidèle à la photo.

Carlos Saura, Photographe

Dès qu’il eut suffisamment d’économies, tout en s’appropriant l’appareil de son père, il acheta un des premiers Leica M3 qui arrivaient à Madrid et bien qu’il se dise « photographe occasionnel », il se consacra à la photo, plus qu’à ses études d’ingénieur.

Carlos Saura, Photographe

Á peine âgé de 19 ans, l’artiste présenta ses premiers travaux dans une exposition à Madrid. Il eut droit à la couverture d’ABC ; et même Paris-Match lui proposa de collaborer. Il fut le photographe officiel de festivals de musique à Grenade et Santander. Mais, comme  photographe indépendant, dans les années 50, il parcourut l’Espagne, avec sa voiture, pour dépeindre la réalité crue de l’après-guerre civile. Une Espagne qu’occultaient journaux et radios. Un précieux témoignage sur un pays qui a disparu : l’Espagne cadenassée par la dictature de Franco et maintenue dans une misère et un sous-développement inimaginable aujourd’hui. Mais une Espagne qui évoque aussi celle que montrait Luis Buñuel dans Las Hurdes. Tierra sin pan.

« Je suis un photographe occasionnel qui, trop timide pour être un photo-reporter et pas assez patient pour être un paysagiste à la manière de Weston ou de Ansel Adams, s’est contenté de se promener avec un appareil et de prendre les images qui attiraient son attention : la photographie a été mon carnet de notes. »

Carlos Saura, Photographe

En 1953, il s'inscrivit à l’Instituto de Investigaciones y Experiencias Cinematográficas en section “réalisation”, où il fut Professeur pendant six ans, après avoir terminé ses études en 1957. Cette année-là, il découvrit le cinéma de Buñuel. Le cinéaste prit le pied sur le photographe.

Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe

Pleureuses

Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe

 

Une aire de battage (comme on pouvait encore en voir dans les années 70*)

Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe

 

Sketch avec un taureau à l'entrée d'une église

Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe

"El 90 por ciento, por no decir el 100 por 100 de estas fotos, están hechas sobre la marcha y no están preparadas"

90% pour ne pas dire 100% de ces photos ont été prises sur le vif, sans mise en scène.

Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe

 

 

Le bal du dimanche après-midi ("tarde")

Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe
Carlos Saura, Photographe

* Une aire de battage photographiée dans les années 70 à Mudrián dans la province de Ségovie.

Photos JFL
Photos JFL
Photos JFL

Photos JFL

LAS HURDES

 

Pour compléter, Nicolás Muller, photographe hongrois, d'origine juive, fuyant l'antisémitisme, se retrouve d'abord à Tanger et dans le Maroc sous protectorat espagnol, puis dans l'Espagne des lendemains de la guerre civile.

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9 août 2018 4 09 /08 /août /2018 17:35
Sexualité et Art Roman

Femme qui montre ses organes sexuels sur un chapiteau du presbytère de la collégiale de San Pedro de Cervatos (Cantabrique).

Les obscénités romanes sont-elles des paratonnerres contre le diable ?

Personnages priapiques, femme exhibitionniste, couple coïtant, etc. ornent aussi bien l’extérieur que l’intérieur, les chapiteaux comme les modillons, des édifices religieux romans.

Sexualité et Art Roman

Exhibitionniste dans l'église de Sequera del Fresno (Province de Ségovie).

Qu’un sculpteur farceur donne à une gargouille les traits d’un compagnon ou d’un religieux peut se concevoir ; mais il est peu probable que la représentation d’une femme exhibant sa vulve ou d’un homme au priape monstrueux puisse être une espièglerie de l’anonyme artiste. Les cohortes nomades des tailleurs de pierre, sous la responsabilité d’un Maître artisan, ne pouvaient que se plier aux ordres du commanditaire, seigneur ou prélat.

Sexualité et Art Roman

Chevalier et sa dame échangeant un baiser avent de se quitter : portail principal du monastère de San Pedro de Villanueva en Cangas de Onís (Asturies).

Détail

Détail

Quelle interprétation donner donc à cette iconographie scabreuse (située ici au Nord de l’Espagne mais que l’on peut trouver aussi en France et sans doute plus abondante car en des temps plus pudiques une partie a dû être détruite ou modifiée) ? D’autant plus scabreuses que les œuvres étaient peintes : ainsi a-t-on découvert des traces de peinture noire sur le pubis de la femme.

Sexualité et Art Roman

Modillon de la collégiale de San Martín de Elines (Cantabrique).

Faut-il y voir une visée doctrinale quasi pédagogique : la représentation de ce qu’il ne faut pas faire sous une forme vigoureusement explicite ? Interprétation pour le moins bizarre, comme si on donnait à un adolescent des revues pornos en lui disant « Regarde, voilà ce qu’il ne faut pas faire ! ».

On peut y voir aussi une représentation d’une vie quotidienne moins corsetée que les époques ultérieures. Voire une incitation à la procréation dans une période marquée par une très grande mortalité infantile ?

Sexualité et Art Roman

Détail d’un chapiteau de la Collégiale de Santa Juliana, en Santillana del Mar (Cantabrique).

Mais un expert espagnol propose une hypothèse plus religieuse. Ce serait comme une espèce de paratonnerre contre les méfaits du Malin qui tombent sur les humains. Comme un leurre pour le démon.

Sexualité et Art Roman

Un couple faisant l’amour : décoration de l’ermitage de San Pedro de Tejada (Puente-Arenas, Province de Burgos).

Une image récurrente dans les églises romanes est celle d’une femme nue tenant dans ses mains deux serpents qui s’attaquent à ses seins, dans un douloureux châtiment éternel de la pécheresse. Au-delà d’Eve et du mythe misogyne du péché originel, on retrouve celui de Pandore qui apporte tous les maux à l’humanité.

Sexualité et Art Roman

Chapiteau de l’église de Santa María de Uncastillo (Province de Zaragoza) avec un prêtre tonsuré à droite en train de coïter.

Ces sculptures sont aussi révélatrices de leur époque. On imagine à tort que tout ce qui était sexuel était considéré comme mal. Or les médecins prescrivaient la pratique régulière du coït pour les époux. Même pour le clergé*, on tolérait que les prêtres aient des relations sexuelles. Les nonnes, que l’abstinence amenait à des suffocations utérines, étaient autorisées à se masturber, y compris en usant d’un godemichet.

Sexualité et Art Roman

Modillon avec une scène de coït dans l’église de San Miguel de Fuentidueña (Province de Ségovie).

Quelles que soient les explications, ces œuvres montrent que cette période du Moyen-Âge ne fut pas une ère d’obscurité et d’horreur et que, sur la sexualité, elle était plus ouverte que les périodes ultérieures. Les phallus, que les hommes montraient sans complexe, depuis se sont dissimulés.

 

*Si la rigoureuse réforme du XIIe siècle établit le célibat des  prêtres ce ne fut qu’en partie pour des raisons théologiques – quelqu’un dont les mains seraient tachées de sperme, considéré comme impur, ne peut distribuer le sacrement de l’eucharistie – ce fut surtout pour des raisons économiques que les possibles disputes d’héritage des enfants de curés menacent les biens de l’église.

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 14:34
La revanche de Pedro Sánchez

Tableau allégorique :

Pedro Sánchez,  drapeau du PSOE à la main, connaît l'ascension miraculeuse vers la Présidence du gouvernement, tandis qu'en bas du tableau Felipe González et Jose Luis Zapatero réconfortent Susana Diaz, patronne du PSOE en Andalousie, grande rivale de Sánchez.

Voir le nouveau gouvernement en fin d'article

Qui, au moment où Pedro Sánchez la déposait, aurait parié un bolivar vénézuélien dévalué sur la réussite de sa motion de censure. Au terme d’à peine deux jours de débats, qui ont vu le Président du gouvernement, Rajoy, déserter l’assemblée pendant huit heures, la motion l’emportait par 180 voix. Pari gagnant pour le secrétaire général du PSOE. Défaite bien sûr pour le Parti Popular (PP). Mais aussi pour Ciudadanos. Et situation ambiguë pour Podemos.

Pour ceux qui ne sont pas familiers de la vie politique espagnole reportez-vous à  Dans le labyrinthe de la vie politique espagnole

Il aura fallu que le scandale Gürtel arrive à sa conclusion judiciaire qui s’est soldée par des dizaines d’années de prison pour des caciques du PP, dont Barcenas son ex-trésorier, mais aussi la condamnation formelle du Parti Popular en tant que tel, pour que ses alliés – Ciudadanos (C’s) et PNV (basque) - soient forcés de prendre leur distance. C’s appelle à de nouvelles élections générales, tandis que Sánchez, au nom du PSOE, mais en se gardant bien de solliciter l’avis des barons et en ne recueillant que scepticisme de la part de Felipe González et Zapatero, dépose une motion de censure.

Il faut 176 voix. Le PSOE ne compte que 85 députés. Podemos contraint et forcé appuie mais ses 71 députés, avec ses alliés, ne suffisent pas. Et un plan B était sans doute préparé en coulisse avec C’s à la manœuvre pour aboutir à une dissolution des Cortes et une nouvelle élection. Le PNV basque, soutien de Rajoy jusqu’alors, fut le premier à apporter son soutien. Les partis nationalistes catalans voulaient monnayer le leur. Mais Sánchez n’a semble-t-il rien cédé si ce n’est une volonté de renouer le dialogue. Et ERC et PDeCat ont finalement accepté de voter la motion.

La revanche de Pedro Sánchez

"Pedrito" el patito feo – Pierrot, le vilain petit canard – comme le qualifiait Público, el guapo – le beau gosse - plutôt méprisé par les ex-présidents PSOE et par les barons du parti, à commencer par Susanna Diaz, accède donc à la Présidence du gouvernement, après avoir prêté serment, une première, sans bible ni crucifix.

Il a longtemps mené une carrière de second couteau. Adhérent du PSOE en 1993, il a commencé sa carrière à Bruxelle où il avait décroché un Master en économie politique. Il a commencé à travailler comme assistant de la députée européenne socialiste Bárbara Duhrkop. Il se liera d’amitié avec Oscar López. Il deviendra chef de cabinet de Carlos Westendorp, Haut Représentant international en Bosnie-Herzégovine, pendant la guerre du Kosovo.

En 2000, il forme avec Oscar López et Antonio Hernando l’équipe de confiance de José Blanco, nouveau secrétaire général du PSOE. Mais il est le moins connu des trois. Il se retrouve aux élections municipale de Madrid, en 2003, sur la liste PSOE mais à une place de l’élection : il ne deviendra conseiller qu’après une démission. Il va subir le même sort aux élections générales de 2008, mis sur la liste PSOE à une place qui ne lui garantit pas l’élection, il n'entrera aux Cortes qu'en 2009, quand Pedro Solbes abandonna la politique. Il commence enfin à accéder à une certaine notoriété, les journalistes parlementaires l’ayant élu comme la révélation comme nouveau député en 2010. Mais l’histoire se répète puisque aux élections de 2011 il se retrouve encore à une place de l’élection. Il se prépare à se reconvertir en prof d’université, quand début 2013, Cristina Narbona laisse son siège. Et voilà que ce député de raccroc, quand le secrétaire général du PSOE, Rubalcaba, démissionne, se met en tête de se présenter à sa succession. Bien qu’il sillonne les territoires, personne n’aurait parié un kopeck sur lui. Eduardo Madina, député basque, était le favori.

La revanche de Pedro Sánchez

C’était sans compter sur l’andalouse, Susana Diaz, qui, trouvant Madina trop à gauche, fit voter Sánchez qui l’emporta à la surprise générale. Aux élections générales de 2015, le PSOE obtint le pire résultat de la démocratie post-franquiste. Et ses tentatives de prendre la tête d’une majorité échouèrent. Et aux élections générales suivantes, juin 2016, le score du PSOE fut pire encore, mais il évita le “sorpasso” – le dépassement - par Podemos. Dans la situation de blocage, comme il refuse de laisser Rajoy être investi, les barons du PSOE, Susana Diaz en tête, le mettent en minorité dans les instances : il démission du secrétariat général mais aussi de son si-ge de député pour ne pas avoir, par discipline de groupe, à cautionner l’investiture de Rajoy ! Pour tous, il était fini. Mais non, il va repartir à la reconquête du PSOE et va à nouveau sillonner le pays avec comme slogan « non c’est non » à Rajoy. Et la toute puissante Susana Diaz va être écrasée par le vote des militants.

Et c’est donc ce miraculé qui a su, défiant une fois encore les pronostics, faire passer une motion de censure qui le propulse à 46 ans à la tête de l’Espagne. Comme dans le conte, le vilain petit canard s’est transformé en cygne.

La revanche de Pedro Sánchez

Mariano Rajoy est évidemment le grand perdant, puisque le premier à être déchu par une motion de censure. Sa vie politique se termine donc sans gloire.  Les catalanistes et l’extrême-gauche, dans une sorte de point godwin à la sauce ibérique, en font une réincarnation de Franco. Il serait plutôt un disciple du petit père Queuille : « Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. » Malgré un charisme de bigorneau, une propension à sortir des vérités premières, les coups sournois d’Aznar, le cretino aura quand même tenu 6 ans et son parti, le PP, malgré toutes ses casseroles, sera resté le 1er parti espagnol. Sa fin cependant n’aura pas été très glorieuse – mais finalement à l’image d’un personnage qui au dernier épisode de l’affaire Gürtel a tenté de faire croire qu’il en ignorait tout – qui a fui le débat aux Cortes en disparaissant pendant 8 heures dans un restaurant proche.

La revanche de Pedro Sánchez

Un jour terrible pour Ciudadanos aussi. La convocation d’élections anticipées, dont il comptait sortir en tête non seulement de la droite mais de tous les partis, est repoussée à une date ultérieure que Sánchez s’est bien gardé de préciser. C’s, si on en croit Lluís Bassets, aurait été victime d’une coalition souterraine de fait. Rajoy se serait résolu à cette chute pourtant humiliante, plutôt que de décider des élections anticipées où un PP à la dérive risquait d’être phagocyté par son ex-allié. Le PNV basque comme évidemment les partis nationalistes catalans haïssaient l’idée que ce parti qu’ils qualifient d’espagnoliste soit hégémonique. Podemos même, quelque soit son animosité envers le PSOE, craignait encore plus que C’s passe devant lui.

Rivera n’a plus qu’à espérer que le « gouvernement Frankeinstein » comme il l’appelle échoue et que le PP ne profite pas de sa cure d’opposition pour se refaire la cerise. Mais, pour le moment, il a perdu la main, faute d’avoir su ou pu négocier son appui à la motion de censure contre une dissolution à très court terme.

La revanche de Pedro Sánchez

Podemos a su faire contre mauvaise fortune bon cœur en se ralliant d’entrée à une motion qui l’a sans doute pris de court. Mais sans obtenir aucune contrepartie. Aucune place dans un gouvernement qui, outre des PSOE, ne s’ouvrira qu’à des personnalités ‘civiles’ comme on dit. Et obligé d’appuyer toutes propositions –retraites, salaires, dialogue avec les nationalistes – qu’il préconise, même s’il les juge trop timides.

La revanche de Pedro Sánchez

Reste que pour Sánchez cette prise du pouvoir va être un exercice de haute voltige. D’autant que Susana Diaz et les autres dirigeants régionaux, s’ils l’ont assuré de leur loyauté et félicité de rendre au pays sa dignité et sa décence, le soutiennent comme la corde soutient le pendu. Ses marges de manœuvres sont d’autant plus réduites que le budget a été voté par l’ex-majorité et qu’il s’est engagé de ne pas toucher aux largesses concédées au Pays Basque par Rajoy pour prix du soutien du PNV. Guère plus de marges côté catalan, puisque les poursuites et emprisonnements sont entre les mains de la justice et que, de plus, sur ce dossier les barons du PSOE le guettent. Cependant de sa réussite, qui ne peut être que relative, dépend l’avenir du PSOE. Et tous – barons ou militants – n’ont plus qu’à souhaiter que cette miraculeuse présidence ne soit pas… le chant du cygne !

 

La revanche de Pedro Sánchez

De gauche à droite et de bas en haut :

Pedro Sánchez, Carmen Calvo, José Luis Ábalos, María Jesús Montero, Meritxell Batet

Teresa Ribera, Josep Borrell, Margarita Robles, Nadia Calviño, Pilar Cancela : pressentie n'a finalement pas été retenue.

Carmen Calvo, vice-presidente, ministre de l’égalité et chargée des relations avec le parlement.

José Luis Ábalos, ministre du développement des territoires

María Jesús Montero, ministre des finances

Meritxell Batet, ministre des Administrations Publiques

Teresa Ribera, ministre de la transition écologique

Josep Borrell, ministre des affaires étrangères

Nadia Calviño, ministre de l’économie

Margarita Robles, ministre de la défense

 

Carmen Montón, ministre de la santé

 

 

Pedro Duque, ministre de la science

 

 

 

Magdalena Valerio, ministre du travail

 

 

 

 

 

Isabel Celaá, ministre de l'éducation 

 

 

 

 

Dolores Delgado , ministre de la justice

 

 

 

 

 

Luis Planas, ministre de l'agriculture

 

 

 

 

 

 

 

Reyes Maroto, ministre de l'industrie

 

 

 

 

Fernando Grande-Marlaska, ministre de l'intérieur

 

 

 

 

Màxim Huerta, ministre de la culture et des sports

 

 

 

 

 

Fonctions complètes :

Composición del Gobierno de Pedro Sánchez

La revanche de Pedro Sánchez

Un gouvernement franchement féminin

Une majorité nette de femmes, dans un cabinet où les compétences sont affirmées, avec un subtil équilibre géographique.

Deux signes forts sont envoyés à l'Europe avec la nomination de Josep Borell, ex-président du Parlement européen, aux affaires étrangères et celle de Nadia Calviño, actuellement directrice générale des finances à la commission européenne, comme Ministre de l'économie.

En revanche, la nomination du même Borell, ex-ministre de Felipe González, va déplaire souverainement aux souverainistes catalans auxquels ce catalan lui-même est clairement opposé.

María Jesús Montero a été empruntée à la région andalouse où elle était déjà chargée des finances, elle aura à mettre en oeuvre la réforme de la financiarisation des régions autonomes.

Carmen Calvo, sera seule à la vice-présidence : femme d'expérience, cette andalouse a été ministre de la culture de Zapatero ; docteure en droit constitutionnel c'est elle qui a négocié l'appui du PSOE pour l'application de l'article 155 en Catalogne ; comme ministre de l'égalité elle devra notamment s'atteler à la lutte contre les violences de genre.

A noter que sept membres sont de formation juridique dont deux magistrat-e-s et, à la tête du ministère de la Justice, une procureure.

 

La revanche de Pedro Sánchez
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8 avril 2018 7 08 /04 /avril /2018 20:27
Le gredin autrichien qui arnaqua Franco

Ignacio Martínez de Pisón raconte dans un livre sans fiction les hauts faits d’Albert von Filek  qui réussit à faire croire à Franco qu’il pouvait transformer l’eau du río Jarama  en pétrole.

Menteur, escroc, arnaqueur. Albert von Filek fut une fripouille méconnue qui a attiré l’attention de l’écrivain Ignacio Martínez de Pisón par sa mention, en quelques lignes, dans la monumentale biographie de l’historien Paul Preston, Franco, caudillo de España. Comme le démontre son livre Enterrar a los muertos, sur José Robles Pazos, traducteur et ami de John Dos Passos, Martínez de Pisón est attiré par les personnages secondaires à travers lesquels on peut conter l’Histoire avec un H majuscule. Avec ce livre, Filek El estafador que engañó a Franco (L’escroc qui a dupé Franco), il décrit comment le régime fraîchement installé a pu croire un gredin qui assurait avoir inventé un pétrole synthétique composé d’un mélange d’eau du rio Jarama, d’extraits végétaux plus des ingrédients secrets. A tel point que la première loi publiée dans le Bulletin Officiel du nouveau régime sur la protection de l’industrie nationale fut pour favoriser le développement de l’entreprise de Filek avec des expropriations de terrains à proximité de Madrid.

Albert Edward Wladimir Fülek Edler von Wittinghausen – une ribambelle de nobles appellations trop ronflantes pour être honnêtes – naquit en Autriche en 1889. Bâtard d’un aristocrate, avec la dislocation de l’Empire Austro-Hongrois, il a vu son monde s’écrouler. Il réalise ses premiers coups à Fiume (Rijeka) quand le mégalomane et néanmoins poète Gabriele D’Annunzio y fonda un Etat libre qui sombra au bout de 15 mois.

Les fraudes qu’il commit, seul ou avec des complices, lui firent découvrir diverses prisons. Entre deux arrestations, il va de capitale en capitale.

Il arrive à Madrid en 1931, un peu avant la proclamation de la République. C’est un type persuasif, bon acteur, un escroc à l’ancienne tout dans la rapidité pour agir avant que le dupe ne comprenne quoi que ce soit. Une riche veuve, un couple prospère, un commerçant prétentieux, etc. tous sont bons à plumer avant de disparaître. Un séducteur aussi, coureur de jupons. Il fut même soupçonné de bigamie. Quand il fut mis en prison à Madrid, il avait une fiancée à Béjar, mais après il s’est casé avec une grenadine, Mercedes Domenech, qui l’a accompagné jusqu’à la fin de sa vie à Hambourg en 1952.

Après quelques tromperies de médiocre importance, avec son pétrole magique, Filek se lança dans un super bluff. Il tenta sa chance avec le gouvernement républicain en 1935, mais sans succès. Pendant la guerre, il retenta le coup avec le gouvernement du socialiste Largo Caballero. Mal lui en prit. Quelqu’un examina ses antécédents et il finit par être incarcéré pour être le neveu du chef de l’espionnage autrichien pendant la 1ère guerre mondiale, bien qu’aucune preuve ne fût avancée. Il subit un procès à la Joseph K et, bien qu’acquitté, il est transféré de prison en prison pendant plus de deux ans.

Lors de cette réclusion, il entra en relation avec des protagonistes du régime franquiste, qui lui permirent d’approcher Ramón Serrano Suñer, le gendre de Franco. Quand la guerre se termine, les faucons d’une Espagne en manque de pétrole et de combustibles l’écoutèrent. La crédulité du franquisme fut à la mesure de son besoin en pétrole et le prétendu carburant de Filek fut vu comme un miracle. La presse contribua à l’euphorie titrant sur une grande invention nationale ou sur la future autarcie en matière de carburants. La presse française était plus sceptique sur ce nouveau carburant espagnol à base d’eau et d’extraits de végétaux.

Le gredin autrichien qui arnaqua Franco

https://elpais.com/cultura/2018/04/04/actualidad/1522878292_576782.htmlAlors que tout était prêt pour lancer la nouvelle industrie, une analyse d’une commission d’experts de l’Ecole des Mines découvrit que la filekina, comme l’appelait le caudillo lui-même, était de la pure foutaise, sans aucune base scientifique. Filek put ainsi faire connaissance avec les geôles franquistes en 1941, mais le régime préféra enterrer l’affaire pour ne pas sombrer dans le ridicule. Et l’escroc fut expulsé vers l’Allemagne cinq ans après, en lui prêtant un possible passé nazi pour lui assurer le meilleur accueil du côté des alliés. Un mensonge de plus – mais dont il n’était pas l’auteur – dans la vie de Filek.

D'après :

El pícaro austriaco que timó a Franco

 

Filek

El estafador que engañó a Franco
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