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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 13:50
CATALOGNE : UN REFERENDUM NI TRANSPARENT NI CREDIBLE

Comme un réflexe pavlovien, référendum et indépendance : deux mots qui provoquent l’adhésion quasi religieuse à gauche. Surtout quand il s’agit de la Catalogne auréolée de souvenirs légendaires de la Guerre d’Espagne. Oubliant que si la majorité du peuple catalan s’est soulevée contre le putsch des généraux félons, la grande bourgeoisie, elle, le soutenait. Oubliant aussi que ce soulèvement se faisait au côté des autres républicains espagnols.

Alors que, comme le souligne le chanteur Joan Manuel Serrat, le scrutin indépendantiste du 1er octobre n’est ni transparent ni crédible. Imposé aux forceps par une majorité, qui ne représente que 47,7 % des voix, au parlement catalan, sans aucun effort de concertation avec les autres groupes de droite comme de gauche, il ne propose qu’un référendum entre le OUI et le OUI.

Boycotté par les autres partis, son résultat n’aura guère plus de valeur que le précédent référendum bidon d’Artur Mas du 9 novembre 2014. Mais il risque de nourrir un contentieux qui va pourrir la vie politique espagnole.

Et une proclamation unilatérale d’indépendance – là on comprend que tous les anti-européens s’en réjouissent – aurait des conséquences bien plus graves pour l’UE que le Brexit !

CATALOGNE : UN REFERENDUM NI TRANSPARENT NI CREDIBLE

El País, dans un dossier, dont vous ne trouverez qu’un aperçu ci-dessous, démonte les mythes et mensonges qui nourrissent l’indépendantisme catalan.

Mythes et mensonges de l’indépendantisme

10 affirmations avancées par les souverainistes catalan et qui ne sont pas vraies

L’indépendantisme catalan se fonde sur quelques affirmations catégoriques et répétées ad libitum. Cela va de légendes historiques (en 1714 une guerre de sécession se conclut par une Catalogne soumise) jusqu’à des divagations économiques (l’Espagne nous vole, hors d’Espagne nous serions plus riches). Tout cela est faux.

Il n’est pas certain, par exemple, au regard des traités européens, qu’une Catalogne indépendante intégrerait automatiquement l’Union européenne. Au contraire, elle risque fort d’être soumise à un périple institutionnel et international complet et hasardeux, avec l’ONU comme première étape. Pas certain non plus que voter soit toujours démocratique ou que le scrutin convoqué le 1er octobre (1-O) soit légal (il est illégal dans son contenu, par son traitement par le Parlement catalan et il viole plusieurs dispositions de la Commission de Venise du Conseil de l’Europe). De même, la Catalogne ne pourrait se séparer légalement de l’Espagne en invoquant le droit à l’autodétermination, car ce droit est réservé aux « peuples soumis à une domination coloniale ». Et prétendre que la Constitution de 1978 est hostile aux catalans est faux.

1. LA GUERRE DE 1714 FUT DE “SECESSION”

La légende indépendantiste, basée sur la vieille historiographie romantique, prétend que la guerre de succession du début du XVIIIe siècle fut une guerre de sécession, d’indépendance de la Catalogne vis-à-vis de l’Espagne. Mais, à l’inverse des colonies américaines qui se libérèrent du joug britannique en 1773, la Catalogne fut soumise au joug espagnol.

 

Il n’en fut rien. Charles II L’ensorcelé étant mort sans descendance directe, deux candidats revendiquèrent la succession. Philippe V de Bourbon, petit-fils de Louis XIV et l’archiduc, Charles d’Autriche. Les Habsbourg comptaient sur l’appui de l’Angleterre (avec les Pays-Bas) qui ne voulait pas d’une hégémonie continentale des Bourbons. Au-delà de la querelle des candidats s’affrontaient déjà le libre-échangisme anglo-hollandais et le protectionnisme physiocrate français, le vague confédéralisme autrichien et le centralisme absolu du roi soleil…

En principe, Barcelone, mercantile, eût dû soutenir le Habsbourg. Mais, au départ, le Bourbon, habilement, sut leur faire miroiter la promesse de deux navires annuels pour les Amériques et surtout Barcelone port franc. Et cela devant le parlement (Cortes) catalan réuni en 1701 (il ne l’avait plus été depuis 1599) et en jurant sur des Constitutions datant du Moyen-Âge. Mais, poussé par le syndrome anti-français, dû à la récente annexion par la France de 1640 à 1652, ils changèrent de camp et rallièrent l’archiduc… qui les abandonna pour aller se faire couronner empereur à Vienne.

S’est donc déclenchée une guerre internationale, doublée d’une guerre civile, qui opposait les partisans du Bourbon à ceux du Habsbourg. Et une guerre civile dans la guerre civile opposant les classes aisées pro-bourbon, aux classes modestes, artisans et boutiquiers, formant une milice pro-Habsbourg et qui furent défaites à Barcelone. La fin de la guerre amorça la révolution économique de la Catalogne, agricole et marchande d’abord, pré-industrielle ensuite.

CATALOGNE : UN REFERENDUM NI TRANSPARENT NI CREDIBLE

Les pères de la Constitution de 1978 : parmi eux Miquel Roca, 1er à droite et Jordi Solé Tura, de dos, deux catalans.

2. LA CONSTITUTION DE 1978 EST HOSTILE AUX CATALANS

Les indépendantistes prétendent que la constitution de 1978 est hostile aux catalans. Et fort des 1,9 millions de voix obtenus aux élections régionales de 2015 par les indépendantistes, 47,7% des votants, veulent l’abroger. Mais la Constitution fut approuvée par 2,7 millions de catalans, 91,09% des votants.  

Et cette constitution est typique d’un état profondément décentralisé, bien plus proche du modèle fédéral allemand que de la centralisation française de l’époque. Ainsi l’article 2 garantit le droit à l’autonomie des nationalités et régions qui composent le pays. Les textes de 1978 et 1979, en ce qui concerne la Catalogne, se sont largement inspirés du statut de 1932, sous la République.

Et les catalans ont joué un rôle pivot dans la vie politique espagnole. Outre bien sûr le PS Catalan – autonome – appuyant Felipe González, les nationalistes modérés de la CiU ont voté quasiment toutes les lois importantes et ont appuyé des gouvernements du PSOE comme du PP.

CATALOGNE : UN REFERENDUM NI TRANSPARENT NI CREDIBLE

Carles Puigdemont, Président et Oriol Junqueras, vice-président de la Generalitat

3. L’AUTONOMIE A ÉCHOUÉ

Les indépendantistes disent que les presque 40 années d’autonomie se soldent par un échec, qu’il y a un processus d’étouffement et de recentralisation et donc qu’il faut dépasser l’autonomie pour aller à l’indépendance.

Le statut de 1979 a établi un système d’autogouvernement sans précédent dans l’histoire de l’Espagne. La reconnaissance officielle de la langue catalane a permis son notable rétablissement ; la responsabilité fiscale et la collecte des impôts sont partagés ; éducation et santé et pour une large part la police sont des compétences du gouvernement autonome. Et le statut de 2006, approuvé par les trois quarts des votants catalans, a encore élargi l’autogouvernement.

Certes, le PP, qui était contre, a essayé de le rogner. Mais certains comme la gauche catalane (ERC) ou la CUP sont mal venus de s’en plaindre qui, comme le PP, ont appelé à voter Non au référendum de 2006 !

"Il existe en Catalogne un nationalisme historique, porté par les élites bourgeoises. Mais maintenant il y a autre chose. Les classes populaires, avec CUP [Candidatura d’Unitat Popular, extrême gauche séparatiste], ne veulent pas connaître l’histoire de la Catalogne mais promouvoir un mouvement révolutionnaire. Le mouvement pour l’indépendance de la Catalogne a toutes les caractéristiques du populisme. Il s’est construit sur une dualité ami-ennemi, sur l’idée d’identité et avec des références vides."

José Luis Villacañas

4. L’ESPAGNE EST UN ÉTAT AUTORITAIRE

L’Espagne est une démocratie que toutes les institutions internationales reconnaissent comme garantissant les libertés fondamentales et les droits individuels et collectifs. L’état de Droit et la séparation des pouvoirs sont garantis par les tribunaux. Elle est signataire de toutes les conventions de l’ONU sur les droits de l’homme et les libertés politiques et civiques ; membre du Conseil de l’Europe elle adhère à ses conventions de protection des droits ; en tant que membre de l’UE elle a signé sa Charte des droits fondamentaux.

Ni le gouvernement de la Generalitat, ni aucune entité indépendantiste n'a déposé un quelconque recours auprès d’instances internationales pour dénoncer une quelconque violation des droits et l’État espagnol n’a jamais été cité et encore moins condamné pour ce type de faits.

Et le Haut commissariat de l’OSCE pour les droits des minorités s’est uniquement penché sur l’intégration des gitans, mais n’a formulé aucune remarque sur le respect des droits linguistiques des minorités.

5 L’ESPAGNE NOUS VOLE

C’est en 2012, du temps d’Artur Mas, que la Generalitat publia un calcul dont il ressortait que la Catalogne apportait 16,4 Milliards nets au budget commun, soit 8,4% du PIB catalan. Et l’ex-président Jordi Pujol d’arrondir à 9% en qualifiant cette contribution de spoliation.

Ce calcul est de la foutaise. Deux économistes catalans font état, pour 2015, d’un apport net au budget commun espagnol de 3,2 milliards, soit 1,6% du PIB.

En fait, la Catalogne contribue au budget commun, en fonction de ses richesses, de son potentiel fiscal plus élevé que la plupart des régions espagnoles, celle de Madrid exceptée.

6 SEULS NOUS SERONS PLUS RICHES

La thèse selon laquelle les catalans seuls seraient plus riches tient beaucoup de l’imagination.

Il est sûr, qu’avec Madrid, le Pays Basque et les Baléares, c’est une des communautés les plus prospères.

Il est sûr aussi qu’en terme de PIB par habitant son niveau se compare à la région Rhône-Alpes en France, la Lombardie en Italie ou le Bade-Wurtenberg en Allemagne.

Mais sûr aussi que c’est au sein de l’économie espagnole, de cet état considéré comme étranger, ennemi ou hostile, que la Catalogne n’a cessé de prospérer.

En cas de sécession, les nationalistes peignent un scénario rose, minimisant ses coûts directs et indirects : augmentation du PIB, de l’emploi, de la capacité d’endettement, donc des pensions et dépenses sociales.

A l’inverse, scénario noir pour le gouvernement espagnol qui estime entre 19 et 30% du PIB l’impact négatif de la sécession.

Entre le rose et le noir, il est plus que probable que la Catalogne, comme le reste de l’Espagne, en cas de séparation, connaîtrait une crise au moins égale à la grande dépression de 2008 à 2013.

La Catalogne pourrait être viable économiquement seule, comme l’est l’Uruguay, mais avant cet hypothétique paradis, elle risque de connaître un aventureux et douloureux purgatoire.

CATALOGNE : UN REFERENDUM NI TRANSPARENT NI CREDIBLE

7 LE DROIT Á L’AUTODÉTERMINATION

La loi sur le référendum, dans son exposé des motifs, invoque le droit imprescriptible et inaliénable à l’autodétermination qui serait reconnu par le droit international.

Or, pour l’ONU le droit à l’autodétermination, face à un état, donc le droit de faire sécession, se limite à la situation particulière des peuples soumis à la domination coloniale ou à d’autres formes de domination ou occupation étrangère.

Mais ce droit à l’autodétermination n’autorise en rien à fomenter des actions mettant en cause l’intégrité territoriale des états souverains, s’ils se conforment au principe d’égalité des droits et dont le gouvernement représente la totalité du peuple sur son territoire. En résumé, les démocraties.

Dans le cas précis de la démocratie espagnole, elle s’est construite avec les catalans, ils ont pu participer à 38 consultations électorales à tous les niveaux, dont quatre référendums (dont deux portaient sur leur statut) et ils participent de plein droit aux institutions du pays. Il est donc difficile d’invoquer un joug colonial ou dictatorial !

L’Ecosse, le Québec ont certes connu des référendums d’autodétermination mais en accord avec le gouvernement central et le Parlement, pas de façon unilatérale. A contrario, le pseudo référendum d’annexion de la Crimée par la Russie a été condamné par le conseil de l’Europe et l’Assemblée générale de l’ONU.

sondage metroscopia

sondage metroscopia

8 PAS DE SORTIE DE L’UE

Rien ne garantit qu’une Catalogne indépendante serait membre de l’Union Européenne d’entrée comme le prétendent les sécessionnistes.

Les présidents successifs de la Commission européenne, Prodi, Barroso et Juncker ont dit, en substance, que si un territoire d’un état membre s’en séparait pour devenir indépendant, ce nouveau pays se convertirait en pays tiers. Il serait donc soumis au processus d’adhésion qui demande l’accord des pays membres, y compris donc l’Espagne.

Même la reconnaissance par l’ONU ne serait pas automatique, puisque qu’il faut l’accord du Conseil de sécurité et un vote des 2/3 de l’Assemblée générale.

Et le maintien dans la zone euro n’est pas plus assuré, donc le recours aux moyens de financement offerts par la BCE.

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Les députés de l’opposition, avec en tête Inés Arrimadas (Ciudadanos), quittent le parlement catalan après le vote de la loi sur le référendum d’indépendance, le 6 septembre 2017.

9 LE REFERENDUM du 1-O EST LÉGAL

Le vote du 1er octobre est légal, selon le gouvernement autonome catalan (Generalitat). Faux.

Pour qu’une décision de scrutin électoral soit légale, vérité première, il faut qu’elle soit prévue par la loi. Or la Constitution n’octroie le droit de provoquer un référendum qu’au Parlement national et au gouvernement. Le scrutin du 1-O a été décidé unilatéralement par décret de la Generalitat.

Même du point de vue de la légalité propre à la Catalogne, les lois votées en septembre sur le référendum et la transition vers la République catalane sont contraires au Statut, puisqu’ils auraient dû réunir les 2/3 des suffrages. Par un tour de passes-passe, cette disposition a été gommée par une modification du Règlement intérieur du Parlement catalan, malgré les avis des juristes du Parlement et du Conseil de garanties statutaires (l’équivalent, au niveau catalan d’un conseil constitutionnel, pour le contrôle de légalité).

Quant à la loi de transition qui devrait entrer en vigueur après le référendum supposé positif – prévoyant l’instauration d’une République catalane – elle préfigure un état autoritaire mettant fin à l’état de Droit puisqu’elle met fin à l’indépendance du pouvoir judiciaire : le Président du Tribunal suprême serait désigné par le Président de la république et toutes les charges judiciaires par une commission mixte où le gouvernement serait majoritaire, tout-à-fait en phase avec l’évolution dictatoriale de la Pologne.

CATALOGNE : UN REFERENDUM NI TRANSPARENT NI CREDIBLE

10 VOTER EST TOUJOURS DÉMOCRATIQUE

« Le référendum est démocratique » c’est le slogan de la campagne sécessionniste du 1-O.

Formulé ainsi, sans nuances, ce principe peut prêter à confusion. Certes, les consultations référendaires, comme mécanisme de démocratie directe, peuvent constituer un bon complément à la démocratie représentative.

Mais les référendums ont aussi été utilisés par les pires dictatures. Le franquisme a ainsi fait approuver sa Loi organique du 13 décembre 1966 par 95% des votants (certains bureaux réussissant l’exploit de dépasser les 100% !).

De plus prétendre que la seule solution pour traiter du sort de la Catalogne au sein de l’Espagne est un référendum d’indépendance n’a aucun sens. Cette revendication ne figurait même pas dans le programme électoral de Junts pel Sí. Ce fut le prix à payer pour souder l’alliance avec la CUP.

Le Président de la Commission de Venise a averti le 2 juin la Generalitat qu’un référendum quelconque devait être négocié avec le gouvernement espagnol et en pleine conformité avec la Constitution, ce qui n’est à l’évidence pas le cas.

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 20:00
Le fonctionnaire de Valence qui n'a jamais travaillé pendant 10 ans

10 années de salaire sans aller travailler (L’homme qui n’était jamais là)

Un lupanar gay et des bédés érotiques : les fols hobbies d’un fonctionnaire qui a été 10 années sans aller travailler

Je ne sais plus quel homme politique prétendait que, dans son ministère, les fonctionnaires qui partaient en avance croisaient ceux qui arrivaient en retard.

Carlos Recio était digne d’en être un agent. El Mundo avait révélé que ce fonctionnaire aux archives générales et photographiques de la région de Valence venait pointer tous les matins dès 7 h 30, s’éclipsait pour la journée et revenait vers 15 h 30-16 h pour pointer sa sortie.

Bien qu’il fut connu dans le service comme l’homme qu’on ne voyait jamais nulle part, Recio fut nommé chef d’un service bibliographique avec un salaire annuel de près de 50 000 €. Il n’avait ni bureau, ni ordinateur et selon ses collègues, il n’avait aucune relation avec les employés de son service où on ne le voyait que pour négocier ses dates de vacances.

Le fonctionnaire de Valence qui n'a jamais travaillé pendant 10 ans

Le journal Unidad Editorial a depuis révélé que notre zélé chef de service était très occupé par deux hobbies : il gérait un lupanar gay dans sa propre maison et avait créé une revue de bédés 'Fallerela'.

Recio se présentait sur le web comme Docteur en Droit, avocat, politique, écrivain, historien spécialiste de Vicente González Lizondo (fondateur d’un parti Valencien régionaliste de droite), journaliste, professeur d’Université et Directeur des publications de la région de Valence.

On comprend qu’avec un tel CV il n’avait pas le temps de se consacrer à son vrai boulot.

D’autant que le charitable homme était venu en aide de quatre jeunes gays, qui se prostituaient misérablement, en les accueillant dans une maison lui appartenant et en publiant des petites annonces pour offrir les services de ces « gars sportifs, baraqués, juvéniles, actifs, passifs ou les deux, supermontés ». Ces pubs étaient payées avec le compte courant de sa mère. Et Recio n’avait pour but, bien sûr, que de permettre à ces jeunes de vivre plus confortablement de leur activité, ne serait-ce qu’en leur assurant un compte courant.

Les jeunes prostitués ont assuré qu’il ne percevait aucune part de leurs prestations tarifées, se contentant de toucher le loyer.

Cet ex-militant d’un Groupe d’action valencieniste (GAV) qui se donnait pour but de défendre le patrimoine culturel et artistique de Valence et sa langue, différente pour eux du catalan, au moyen d’actions revendicatives, violentes au besoin, a prouvé sa puissance créative en créant une héroïne de bédé, Fallera, dans une série baptisée Fallerela, qui, dans un monde apocalyptique, défend la survie des Fallas de Valencia à coups d’oranges explosives !

Le fonctionnaire de Valence qui n'a jamais travaillé pendant 10 ans
Le fonctionnaire de Valence qui n'a jamais travaillé pendant 10 ans

Une autre héroïne, aussi peu habillée que sa Fallera, est paradoxalement nommée Espanisima, Espagnolissime ! Elle, elle agit à coups d’œillets explosifs, de guitares volantes et de ventilateurs ! Paradoxe apparent car notre fonctionnaire est contre les catalans qui veulent s’annexer la région de Valence.

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 17:23
Photo empruntée au site de la fédération espagnole de naturisme.

Photo empruntée au site de la fédération espagnole de naturisme.

Un arrêté municipal de cette municipalité de la région de Murcie crée la polémique en interdisant le nudisme sur des plages où il était pratiqué depuis des décennies, mais aussi de faire pipi dans la mer.

San Pedro del Pinatar interdit le nudisme sur toutes ses plages

A partir du 24 juillet le nudisme cessera d’être possible sur toutes les plages de San Pedro del Pinatar, alors que pour l’une d’elle la tradition naturiste remonte aux années de la dictature ! Il sera aussi interdit de se réserver une place en plantant son parasol, de circuler en vélo sur la promenade maritime, de venir avec des animaux domestiques, d’écouter de la musique trop forte ou de pratiquer des jeux gênants pour les autres. Toutes ces infractions étant passibles d’amendes jusqu’à 750 € !

San Pedro del Pinatar interdit le nudisme sur toutes ses plages

C’est ce que prescrit le nouvel arrêté municipal qui a été approuvé par la majorité, PP, refusant tout amendement de l’opposition – PSOE, Ciudadanos, IU - qui a donc unanimement condamné ce texte, le considérant comme excessivement restrictif. « Un des plus durs d’Espagne » ont-ils estimé, alors que la majorité prétendait qu’il calquait les normes en vigueur le long de tout le littoral.  

San Pedro del Pinatar interdit le nudisme sur toutes ses plages

Le point le plus discuté de cet arrêté est son article 10 qui  prohibe la nudité intégrale et décide qu’il n’y a aucune plage naturiste sur la commune, faisant fi de la tradition nudiste sur deux de ses six plages. Il s’agit d’abord de La Lana sur laquelle, selon les témoignages des locaux mêmes, le nu total est apparu dès les dernières années de la dictature franquiste. Sur la deuxième, La Torre Derribadan le naturisme a pris de l’ampleur dans les dix dernières années.

Les deux sont situées loin de l’environnement urbain, dans le parc naturel de Las Salinas et la coexistence entre textiles et nudistes ne posaient aucun problème jusqu’alors.

San Pedro del Pinatar interdit le nudisme sur toutes ses plages

Cependant, Silvia Egea, conseillère responsable de l’ensemble des plages, explique que ces plages connaissent maintenant une affluence d’un public beaucoup plus large : ce ne sont plus les paradis isolés d’il y a quelques dizaines d’années La municipalité mise sur un tourisme majoritairement familial et sportif. La Lana n’est pas une plage fermée, ce n’est pas une crique isolée, elle fait trois kilomètres de long et il y a de plus en plus de monde qui la fréquente. Cet été un poste de secours a été installé sur le secteur le plus proche du centre urbain. Il y a un passage continu de personnes ce qui a conduit à réguler la pratique du nudisme, a-t-elle conclu. Régulation qui se traduit par interdiction donc.

A son avis, la mesure ne devrait pas affecter l’attraction touristique, même si elle reconnaît que les touristes adeptes du nudisme devraient logiquement éviter de venir, puisque la nudité leur coûterait une amende entre 100 et 750 euros.

San Pedro del Pinatar interdit le nudisme sur toutes ses plages

Pour la Fédération espagnole de naturisme (FEN), cette prohibition est illégale et inconstitutionnelle. Son Président, Ismael Rodrigo, allant jusqu’à affirmer que la législation espagnole permet le nudisme dans tout espace public et pas que sur les plages et donc, qu’aucune municipalité ne peut l’interdire.

Valladolid a tort d'interdire la nudité dans les rues : ça attire les touristes !

Valladolid a tort d'interdire la nudité dans les rues : ça attire les touristes !

En effet, si la nudité intégrale dans les espaces publics fut considérée comme un délit de scandale public jusqu’en 1988, cette disposition a été supprimée du Code Pénal.

San Pedro del Pinatar interdit le nudisme sur toutes ses plages

Cependant, des arrêtés limitatifs existent dans d’autres villes. Ainsi, Barcelone interdit de se promener nu, ou en slip de bain et torse nu, dans les rues de la ville, mais cette interdiction ne s’étend pas aux plages, promenades le long de la mer ou zones voisines. A Cadiz, le nudisme est interdit depuis 2009, mais seulement sur les plages urbaines, pas celles éloignées de la ville. Valladolid, bien que sans plage, a pondu un arrêté en 2012 interdisant la nudité dans ses rues !

Les recours de la FEN n’ont abouti qu’à une décision du Tribunal suprême* (Supremo) d’éliminer les termes imprécis, tels que semi-nudité ou quasi nudité de ces arrêtés municipaux.

San Pedro del Pinatar interdit le nudisme sur toutes ses plages

La mer c’est dégueulasse, les baigneurs pissent dedans, ont dû se dire les édiles de San Pedro del Pinatar. Car outre les interdictions qu’on peut juger justifiées, comme ne pas tympaniser les voisins avec sa musique ou lui balancer un ballon toutes des 10 secondes, il en est une qui interdit d’uriner sur la plage – ce qui s’entend – et dans la mer, sous peine encore d’amende jusqu’à 750 euros. On peut se demander comment les policiers municipaux, chargés de faire respecter la réglementation, vont pouvoir vérifier si un baigneur a pissé ou pas dans les flots.

* El País fait aussi allusion à un jugement du tribunal européen des droits de l’homme – affaire Gough contre Royaume Uni – mais lui fait dire, pour autant que j’ai pu comprendre, le contraire de ce qu’il conclut.

 

 

 

 

Source : El País.

Voir aussi le résumé dans Courrier International

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Publié par JFL J.-F. Launay - dans naturisme Espagne interdit El País.
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 15:23
Alphonse XIII un roi porté sur le porno !

Alphonse XIII,roi d'Espagne (1886-1931), le grand-père de Juan-Carlos Ier, mais aussi le petit-fils d’Isabel II, a lancé la production des films pornos espagnols. Il a financé des dizaines de courts et moyens métrages dont seuls trois sont parvenus jusqu’à nous : 'El confesor', 'El consultorio de señoras' (Le cabinet de consultation des dames) et 'El ministro'.

Alphonse XIII un roi porté sur le porno !

L’Espagne, si on en croit El Plural, est un des pays les plus friands de films pornographiques du monde. Une addiction qui vient de loin. Car il y a près d’un siècle les espagnols, avant de connaître la chape de plomb moralisatrice du franquisme, ont commencé à consommer de la pellicule pornographique. Et à en produire grâce à Alphonse XIII, grand-père de Juan-Carlos Ier.

Ce monarque constitutionnel, petit-fils lui-même de la sulfureuse Isabel II, de la dynastie des Bourbons, en compagnie d’amis aristocrates, organisait dans son palais royal des projections de films pornographiques venus de France ou de l’Amérique latine ; cette production plus ou moins clandestine avait une clientèle aisée*. Alphonse XIII n’était pas un cas isolé. Farouk roi d’Egypte, le Shah d’Iran, des membres de la famille royale de Russie étaient aussi amateurs de ce genre de projection.

Alphonse XIII un roi porté sur le porno !

Cependant, Alphonse XIII alla plus loin que ses pairs étranger dans sa passion pour la pornographie. Sans doute lassé de ces courts métrages aux scènes dénudées trop furtives ou au flou artistique, il décida de financer lui-même une série de films pornos plus naturalistes pour son usage personnel. Par le biais du Comte de Romanones, homme politique proche du monarque qui fut chef du gouvernement en trois occasions, Alphonse XIII commanda la réalisation d’une cinquantaine de courts-métrages pornographiques dans les années 20 du siècle passé. Seulement trois d’entre eux sont arrivés jusqu’à nous, sauvés de l’oubli dans un couvent (!) et restaurés par la Cinémathèque de Valence : Consultorio de señoras, El ministro et El confesor.

Alphonse XIII un roi porté sur le porno !

La production fut confiée aux frères Ramón y Ricardo de Baños, à la tête de Royal Films, à Barcelone. Ils avaient à leur actif les deux superproductions les plus chères du cinéma espagnol de l’époque : « La vie de Christophe Colomb et la découverte de l’Amérique » et « Don Juan Tenorio ».

El confessorEl confessorEl confessor

El confessor

Si leurs films méritent la qualification de pornographiques – ou d’obscènes, comme on les nommait à l’époque – c’est à cause des scènes de sexe explicites. Le cabinet de consultation des dames montre une série de rencontres sexuelles dans le cabinet d’un gynécologue ; El ministro nous raconte comment un caballero envoie son épouse plaider sa cause auprès d’un ministre en usant de ses charmes ; El confessor, certainement le plus intéressant des trois quand on pense que le souverain donnait des indications sur les thèmes, nous montre un prêtre, profitant de son emprise spirituelle, pour obtenir les faveurs de pénitentes.

Alphonse XIII un roi porté sur le porno !Alphonse XIII un roi porté sur le porno !Alphonse XIII un roi porté sur le porno !

Ces films muets en noir-et-blanc peuvent surprendre par le physique de leurs interprètes : femmes replètes– des pensionnaires de maisons closes – voire en surcharge pondérale nette et hommes plutôt minces (et qui ne quittent jamais leur liquette même quand ils copulent).

Alphonse XIII un roi porté sur le porno !Alphonse XIII un roi porté sur le porno !

Ce qui ne fait aucun doute c'est le goût du financeur pour ces œuvres, ô combien contraires aux valeurs morales affichées par le régime politique de l’époque et celles que prêchait l’église catholique. Alphonse XIII – noceur avéré et coureur de jupons impénitent –transgressa sans vergogne, dans le privé, les mœurs qu’il feignait de suivre et même de défendre en public.

 

* Cependant, les films dits de bordel – projetés dans le salon d’attente des maisons closes de l’époque – touchaient une clientèle bourgeoise plus large.

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Publié par JFL J.-F. Launay - dans Espagne pornographie Bourbon
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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 14:53
Cassandra Vera condamnée pour des blagues sur Carrero Blanco

Après le rapeur Cesar Strawberry, c’est une jeune touitteuse, Cassandra  Vera, qui est condamnée à une année de prison pour 13 touittes sur Carrero Blanco ! Cette étudiante de Murcie de 21 ans a été condamnée parce que ses messages humoristiques offensaient la mémoire de l’ex premier ministre du dictateur Franco, victime d’un attentat de l’ETA.

L’Audience Nationale (AN), tribunal suprême espagnol, l’a condamnée en vertu d’une loi mémorielle qui interdit d’offenser la mémoire des victimes de l’ETA.

Loi qui peut se comprendre quand elle vise à protéger la mémoire des victimes, les plus nombreuses, quand l’organisation terroriste basque a continué ses assassinats et ces attentats après la mort de Franco* et surtout après les 1ères élections libres. Loi tout-à-fait justifiée même, si elle visait à poursuivre les jeunes voyous se réclamant de l’ETA qui narguaient les familles et proches des victimes, mais hélas les salopards qui agitaient une balle de pistolet sous les yeux d’une veuve n’ont jamais été poursuivis, dans un Pays Basque plongé dans la loi du silence.

Cassandra Vera condamnée pour des blagues sur Carrero Blanco

En revanche, l’ETA qui se battait sous la dictature franquiste peut être considérée comme un mouvement de Résistance. Et l’attentat spectaculaire qui a envoyé en l’air la voiture de l’amiral-premier ministre, rue Claudio Coello en décembre 1973, a été célébré par toutes les gauches européennes.

La condamnation, qui prive, en outre, la jeune fille de ses droits civiques pour 7 ans, est d’autant plus bizarre que les plaisanteries qu’elle a diffusées existaient avant qu’elle soit née. Presque tous les chauffeurs de taxi madrilènes répliquaient quand vous demandiez à aller rue C. Coello « Á quelle hauteur ? » et celles sur l’Amiral cosmonaute ne datent pas de l’invention de twitter.

Cassandra Vera condamnée pour des blagues sur Carrero Blanco

Elle montre qu’au plus haut niveau judiciaire en Espagne subsiste encore une frange de magistrats ultra réactionnaires qui opte pour une interprétation très extensive, et donc très répressive, de l’article 578 du code pénal espagnol dont le but affiché était de sanctionner une intention délibérée, directe et sans équivoque de causer une souffrance aux victimes d’attentats terroristes. Comme le faisaient en toute impunité les petites frappes de la Kale borroka s’attaquant à la veuve d’une victime.

Kissinger le regaló a Carrero Blanco un trozo de la luna, ETA le pagó el viaje a ella

Kissinger a fait cadeau d’un morceau de lune à Carrero Blanco, ETA lui a payé le voyage.

Le paradoxe de cette condamnation c’est que les touites de la jeune femme ont été reproduits par de nombreux sites leur donnant un écho démultiplié par rapport à l’audience de la touitteuse.

Image illustrant un message visant Alberto Garzón

Image illustrant un message visant Alberto Garzón

Le deuxième paradoxe c’est que ce parquet si prompt à traîner devant les tribunaux une jeune femme qui ne fait qu’exercer sa liberté d’opinion, est, en revanche, d’une totale passivité face à des menaces de mort à l’encontre d’élus ou leaders de gauche.

Ainsi le 27 janvier 2016, la Justice a classé sans suite une procédure contre un radical d’extrême-droite qui menaçait de mort Narciso Romero, Maire de San Sebastián de los Reyes. Le porte-parole du Front de gauche hispanique - Izquierda Unida – à la Chambre des députés, Alberto Garzón, reçut, entre autres touittes, la menace de l’assassiner et de violer toutes les femmes de sa famille ; l’auteur, Jaime A. Mora, militant d’un groupe d’extrême-droite, ne fut pas poursuivi. Et même les attaques ignobles contre la Présidente de l’Association des victimes des attentats du 11M, Pilar Manjón, la traitant de rouge et de putain, se félicitant que son fils soit bien mort, qui entraient tout-à-fait dans le cadre du fameux article 578, sont restées sans suite.

Cassandra Vera condamnée pour des blagues sur Carrero Blanco

Reste que, comme le souligne Maître EOLAS, cette jeune femme voit son avenir s’assombrir, puisque la privation de droits civiques lui interdit la fonction publique, donc le professorat.

Et, pour marquer votre solidarité envers Cassandra vous pouvez signer la pétition « Yo también me río con los chistes de Carrero y su viaje espacial financiado por ETA » - Moi aussi j’ai ri des blagues sur Carrero et son voyage spatial financé par ETA – qui affirme que la satire n’est pas un délit, l’humour noir, même de mauvais goût n’est pas un délit, une opinion n’est pas un délit !

* Y compris contre d’ex-membres, comme Yoyes, qui avaient quitté ETA après l’avènement de la démocratie.

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 21:42

79 ans après, les Reines Mages – Liberté, Égalité et Fraternité –étaient de retour à Valence.

Dimanche 3 janvier 2016, le Maire de Valence, , Joan Ribó, a l’issue d’un défilé dans les rues de la ville, a reçu à l’Hôtel de ville, les trois Reines Mages. Cette “Setmana de la infantesa” – semaine de l’enfance – faisait revivre une célébration laïque qui avait eu lieu pour la deuxième et dernière fois en 1937. Cette initiative a profondément déplu au PP (Parti Popular) qui l’a considérée comme une provocation.

« Digne touche finale de la semaine de l’enfance organisée par le ministère de l’instruction publique » titrait le journal El Mercantil Valenciano du mardi 12 janvier 1937 pour saluer la parade qui la concluait. Cette semaine avaient pour but de distraire les nombreux enfants qui, fuyant la guerre civile, étaient réfugiés à Valence, avec des activités distractives mais aussi artistiques.

La Societat Coral el Micalet, qui a ressuscité cette semaine de l’enfance a expliqué qu’elle voulait récupérer la fête du solstice d’hiver qui se célébrait à Valence en janvier 1937 et que ces trois Mages, Liberté, Égalité, Fraternité, représentaient les trois principes de bases de sa vision du monde : liberté d’expression et possibilité de critiquer toutes les idées, égalité de tous devant la loi et dans la société quelles que soient la race les croyances ou le sexe, et fraternité pour partager avec tous toutes les merveilles du monde !

Des centaines d’enfants étaient réunis dans les rues du centre de Valence pour assister à ce joyeux défilé qui a donc abouti à la Place de l’Hôtel de Ville où les trois dames, Mages de Janvier, comme on les nomme pour gommer toute référence religieuse, sont apparues au balcon au côté du Maire. Mais la cavalcade de dimanche concluait une semaine riche d’activités incluant des concerts – avec notamment des chants des années 1936 et 37 - les lectures de poèmes, des expositions et des ateliers de bricolage ou d’origami pour les enfants.

Le PP local, sans vergogne, a crié au scandale ! Alors que Valence du temps des « bigotes » a été l’épicentre de l’affaire Gürtel avec un Camps plongé dans la corruption jusqu’aux cheveux, le PP local, loin de faire profil bas clame par la voix de sa secrétaire générale, Beatriz Simón, que ces manifestations offrent un spectacle ridicule et provocateur qui offense nos traditions ! Pour la dirigeante du PP, ce que Ribó a mis en scène n’est autre que son refus personnel de la nativité et des Rois mages ! Et selon un procédé politicien des plus déplacés, elle a lancé qu’il ferait mieux de s’occuper des problèmes des Valenciens, toujours là depuis 1937, quand les espagnols et en particulier les jeunes n’ont rien à faire d’une époque historique dont personne ne peut être fier. Faut-il rappeler qu’entre 1937 et 2015, outre le franquisme bien sûr, le PP a été à la tête de Valence depuis la transition démocratique (1979) et, en particulier, avec la calamiteuse Rita Barberá de 1991 à 2015 ?

Ribó a réaffirmé, dans son discours du haut du balcon, les valeurs de la seconde République. Il a rappelé que 2016 marque le 80e anniversaire du soulèvement franquiste. Le Maire a souligné que dans toutes les cultures proches une fête dédiée aux enfants était traditionnelle. La crèche comme les rois Mages sont liés à la religion chrétienne. Le multiculturalisme, la diversité des religions, mais aussi l’existence de nombreuses familles sans aucune croyance religieuse, donnent une signification particulière à cette caravane des Mages de janvier et à leur arrivée à Valence.

« Nous voulons être une ville où tout le monde s'insère, où tout le monde se sente à l'aise, où les enfants pourront obtenir leur bien-être sans aucune forme de discrimination ».

 

 

Sources :

El Plural

via Saltimblanquiclicclic

El Mundo

Libertad digital

Diario información

El Diario

 

 

En complément

Les ROIS MAGES traditionnels ont défilé dans les rues le 5 janvier 2016.

En Espagne, ce sont eux qui apportent les cadeaux aux petits enfants.

 

Les Rois Mages débarquent sur la plage de La Zurziola à San Sebastian

 

Le Roi Balthazar recueille les lettres des enfants au Moll de la Fusta - promenade le long de la mer - à Barcelone.

Quelques bédouins participant au défilé des Rois Mages d'Orient à Séville.

 

Les Rois Mages à Pampelune sur le pont romain La Magdalena avant d'emprunter une large avenue vers le centre-ville.

 

Les Rois Mages saluent les centaines d'enfants qui les attendent au port de Valence.

 

Le Roi Gaspar salue du haut de son char sur l'Avenue de la Castellana à Madrid.

 

 

Des danseuses de l'Inde accompagnent le Dragon Patacas durant le défilé sur la Castellana à Madrid..

 

Le Roi Melchior salue l'assistance à Barcelone.

 

Le Roi Gaspar et son page saluent l'assistance à Madrid.

 

 

Manuela Carmena, Maire de Madrid, est attaquée par le PP - comme son collègue de Valence - pour avoir fait défiler des Rois Mages peu orthodoxes ! La bêtise au front de taureau semble être l'apanage des ce parti frère de nos Ripoublicains !

 

 

 

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 21:59
Sanctissime Con insoumis

L'affaire du Con insoumis (Coño Insumiso), classée d'abord sans suite, connaît un rebondissement en appel !

Péché ou délit ? Blasphémer équivaut-il à commettre un délit dans un état en principe non confessionnel ? Une prétendue offense religieuse doit-elle être poursuivie en vertu du code pénal ? Question que pose la plainte d’une Association d’avocats chrétiens contre un groupe de féministes (et des syndicalistes) pour un supposé délit d’atteinte aux sentiments religieux : le 1er mai 2014, dans une parodie des manifestations de la semaine sainte, elles avaient organisé la Procesión del "Coño Insumiso" !

Trois féministes et deux responsables syndicaux (CGT) ont été inculpés par la juge d’instruction 10 de Séville pour un délit contre les sentiments religieux pour avoir porté en procession un vagin géant en plastique durant une manifestation du 1er Mai ! A la suite de la plainte de l’Association des avocats chrétiens, elle avait demandé à la police d’identifier formellement les organisatrices de cette joyeuse mascarade. Les femmes inculpées sont membres d’une Association du Sabbat féministe sévillan qui rend un culte au « Santísimo Coño Insumiso », au Sanctissime con insoumis !

 

  La plainte des fondamentalistes cathos contre la procession blasphématoire à leurs yeux se fonde sur un article 525 du Code pénal espagnol, objet de controverses entre juristes, qui stipule qu’encourrent une peine de prison de 8 à 12 mois ceux qui, pour offenser les sentiments des membres d’une confession religieuse, se livrent, en paroles, par écrit ou par tout autre moyen, à des railleries sur les dogmes, croyances, rites ou cérémonies ou s’en prennent à ceux qui les professent ou les pratiquent.

Le secrétaire général de la CGT de Séville, Miguel Sevillano, et le Secrétaire à l’organisation de la CGT en Andalousie, Félix Cervera, sont aussi inculpés de délit contre les sentiments religieux et de délit de provocation à discrimination, la haine et la violence pour des motifs liés à la religion ou aux croyances. Ils se défendent en disant que des associations qui ne dépendent pas de la CGT se sont jointes librement à la manifestation du 1er mai.

Mais l’instruction a eu beau jeu de rappeler que le 10 avril, la CGT avait déjà organisé une procession de l’Anarcofradía del Santísimo Coño Insumiso y el Santo Entierro de los Derechos Sociolaborales (L’anarcho-fraternité du con insoumis et du saint enterrement des droits sociaux des travailleurs) !

Et l’Association des avocats cagots de s’indigner de cette parodie des processions de la Semaine Sainte, mise en scène sur le ton de la dérision, avec de fausses pénitentes, marchant au rythme des tambourins et portant sur leurs épaules le présentoir d’un vagin en plastique de plus d’un mètre de haut, drapé comme une Sainte Vierge !

La Fraternité du Sacré Con Insoumis à l’exploitation et à la précarité proclame : « Nous sommes les louves, les folles, les étudiantes, les putains, les précaires, les chômeuses, les hétéros insoumises, les vieilles, les fillettes, les grosses, les maigres, les mauvaises et incorrectes, les migrantes, les sorcières, les mères, les avorteuses, les noires, les lationoaméricaines, les gitanes et les musulmanes, nous sommes les violées, les mortes, les battues, les écorchées, les cachées, les interdites, les insensées, les féminazis, les radicales, dignes d’être brûlées sur le bûcher… »

La défense stupéfaite

Luis de los Santos, avocat des inculpés a exprimé sa stupéfaction pour cette utilisation du droit pénal basée sur des intérêts politiques prédémocratiques de la part des l’association des avocats chrétiens ! Il réclame le non-lieu. Il n’y aucun délit. Cette manifestation était dénuée de tout caractère religieux (“no tiene nada que ver con la religión”). Le code pénal est instrumentalisé pour criminaliser la liberté syndicale et la liberté d’expression.

Sources :

  • El PLural (27/11/2015) : Imputadas las tres feministas que procesionaron el ‘Santísimo Coño Insumiso’ en Sevilla
  • Kaosenlared (02/12/2015) : ¿Delito o pecado? Un vídeo evidencia el tono festivo del ‘Santísimo Coño Insumiso
  • Saltimbanqui (El circo) (26/11/2015) : Imputadas las tres feministas que sacaron en procesión el ‘Santísimo Coño Insumiso

Des membres de la confrèrie

 

Le tribunal de Séville ordonne de ré-ouvrir l’affaire de la Procession du ‘Con insoumis

Sanctissime Con insoumis

La Cour Provinciale de Séville a décidé de rouvrir l’affaire de la procession d’un vagin de plastique* de 1m de large sur 2m de haut, imitant une statue de Vierge Marie, dans la manifestation du 1er mai 2014, organisée par la CGT, d’après l’Association des avocats chrétiens à l’origine de la plainte.

Ainsi, dans une ordonnance le tribunal a estimé partiellement recevable le recours présenté par cette association contre la décision du 7 juin 2016 de la juge d’instruction de classer l’affaire sans suite considérant que « ne pas croire dans les dogmes et le manifester publiquement fait partie de la liberté d’expression ».

Devant cette affirmation des inculpés que leurs actes relevaient de la liberté d’expression, le tribunal a allégué que ce droit n’est pas absolu, mais qu’il était soumis aux « droits fondamentaux reconnus par le titre I de la Constitution espagnole dont celui de liberté idéologique, religieuse et de culte ».

L’Association des avocats bigots, par la voix de sa présidente Polonia Castellanos – la même qui a mené la croisade contre les Drag queens – que la seule chose qu’ils exigent c’est « le respect de la foi des chrétiens, leurs dogmes et leurs croyances ». « Nous acceptons la critique, mais toujours dans le dialogue, non dans la vexation, la moquerie ou l’offense. » a-t-elle ajouté.

Bilbao

La juge Pilar Ordóñez, qui avait classé la plainte, avait considéré que les faits dénoncés par cette association ne constituaient pas un délit et avait donc relaxé les trois femmes qui avait été identifiées comme porteuses du vagin en plastique et les secrétaires syndicaux CGT de Séville et de l’Andalousie, Miguel Sevillano et Félix Cervera.

La magistrate dans ses attendus s’appuyait elle aussi sur la Constitution espagnole qui garantit certes la liberté religieuse, mais dans un état a-confessionnel : les pouvoirs publics doivent aussi bien garantir que les citoyens puissent professer, en privé comme en public, une religion déterminée que d’empêcher que quiconque soit obligé de professer une religion, la Constitution proclame également le principe d’égalité et interdit une quelconque discrimination pour cause de religion ou d’opinion.

De son point de vue, cette parodie n’avait pas pour but de porter atteinte aux sentiments religieux, ni d’humilier ou blesser. Ne pas croire dans les dogmes d’une religion et le manifester publiquement fait partie de la liberté d’expression. La juge constatait l’absence de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence dans la manifestation.

Quant aux deux cégétistes, elle constatait que si ce syndicat avait bien provoqué la manifestation du 10 avril 2014, elle avait pour objectif de protester contre les licenciements dans l’entreprise Damas. Quant au 1er mai 2014, le groupe féministe s’était joint à la manifestation syndicale à la hauteur du Parlement andalou, après avoir eu son propre parcours, indépendamment donc de la CGT.

Ce sont donc ces attendus de la Juge d’instruction que remet en cause le Tribunal Provincial, qui s’appuie sur le fameux article 525.1 du Code pénal espagnol pour cette raillerie publique des dogmes et rites religieux. La magistrature espagnole est bien divisée entre une aile conservatrice et une aile libérale. La destitution, naguère, du juge Garzón montre que l’héritage du franquisme dans ce corps judiciaire est encore bien pesant. Et les actions répétées des avocats bigots montrent aussi que le national catholicisme est toujours prêt à réapparaître.

* Ce vagin en plastoc massif eût-il été signé Jeff Koons qu'il eût été acheté à prix d'or par François Pinault et même exposé à Versailles où il aurait plus que "Dirty corner" mérité d'être baptisé "le vagin de la reine" !

 

Source : http://www.huffingtonpost.es/2017/03/31/la-audiencia-de-sevilla-ordena-reabrir-la-causa-por-la-procesion_a_22020500/

 

 

Pour compléter :

La Procesión del Coño Insumiso y el Virgo de sus Cofrades

 
Se ha reabierto la causa contra las autoras de la protesta, que en su día fue archivada al reconocer su carácter festivo y reivindicativo. Se les juzga ahora por "escarnio al dogma de la santidad y virginidad de la Virgen María"
https://saltimbanquiclicclic.blogspot.fr/2017/07/la-procesion-del-cono-insumiso-y-el.htmlhttps://saltimbanquiclicclic.blogspot.fr/2017/07/la-procesion-del-cono-insumiso-y-el.html
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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 10:12
Cañizares, un cardinal espagnol, antipape, contre les réfugiés

Le cardinal archevêque de Valence, Antonio Cañizares, sorte de drag queen ecclésiatique, feint de s’interroger : « Est-ce que cette invasion de migrants et de réfugiés c’est toujours du ‘bon grain’ ? » Et, tel un Finkielkraut, un Zemmour, sans parler de Renaud Camus, chantre du grand remplacement, il considère que c’est un cheval de Troie dans les sociétés européennes. L’antithèse parfaite du pape François qui lui appelle chaque paroisse à accueillir un réfugié. Mais l’incarnation caricaturale d’une église espagnole non défranquisée.

Cañizares, un cardinal espagnol, antipape, contre les réfugiés

Ce cardinal s’était déjà distingué par sa condamnation de l’IVG !

Tout en prétendant ne pas interférer sur les votes des électeurs catalans, le prélat, avant les élections en Catalogne,  avait appelé les fidèles du diocèse à « prier pour l'Espagne et son unité » et convoqué à cet effet une veillée à la Cathédrale et demandé à toutes les paroisses des prières dans cette même intention à toutes les messes. À son avis, il n'y a aucune justification morale à la sécession. Exemple quasi chimiquement pur de cléricalisme, d’immixtion  dans le débat citoyen.

Cañizares, un cardinal espagnol, antipape, contre les réfugiés

Mais là, il atteint sans conteste les sommets de l’odieux. Faisant référence à la parabole du bon grain et de l’ivraie, et en employant sciemment le mot invasion il feint de s’interroger : tous ces migrants et réfugiés sont-ils vraiment du bon grain (todo trigo limpio) ? Plutôt de l’ivraie, car il appelle les gouvernements à la prudence face à ce cheval de Troie pour les sociétés européennes ! Et cela devant un Fórum Europa-Tribuna Mediterránea. Pour être bien compris il demande ce que l’Europe deviendra avec ce qui se passe maintenant : c’est son histoire et son identité qui se jouent. Et quand on lui objecte que ces réfugiés sont persécutés, il rétorque que bien peu le sont !

Pour le porte-parole du HCR (Haut-Commissariat aux Réfugiés –ONU), en Espagne où le racisme et la xénophobie sont moins ancrés que dans d’autres pays, ce type de message est très négatif, puisque encourageant des attitudes de rejet agressif des réfugiés. Alors que des organisations laïques et religieuses de toutes confessions sont mobilisées pour aider les réfugiés, les doutes du cardinal peuvent causer des dégâts significatifs. Et le HCR rappelle à cet archevêque peu chrétien que les valeurs de tolérance, de solidarité, de respect de la diversité sont des valeurs fondamentales de l’Europe !

Mais plutôt que de se référer à Zemmour, Finkielkraut et son ami Renaud Camus, c’est dans l’histoire séculaire de l’église espagnole que ce cardinal-archevêque s’inscrit. Cette église qui au lendemain de la chute de Grenade exigea des rois catholiques - Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille - qu’ils violent leur engagement, pris lors de la reddition de la ville, de laisser les musulmans pratiquer librement leur culte.

  Ce Cañizares est un héritier de Jiménez de Cisneros, l’archevêque de Tolède, conseiller de la reine, qui la convainquit de convertir de force, les musulmans d’Espagne.

Ce « cheval de Troie » qu’il redoute ce sont les réfugiés musulmans. Ils viennent altérer la limpieza de sangre*pureté du sang ») que les bûchers de l’inquisition, instaurée en Espagne dès 1478, avait obtenu en grillant morisques et marranes.

Digne héritier aussi de cette église qui bénissait les canons de la rébellion franquiste ! Eglise complice active du vol ou du martyre des enfants sous Franco !

 

* Certes cette pureté de sang est d’ordre religieux : un vieux sang chrétien doit couler dans les veines de ceux qui aspirent à de hautes charges. Mais la suspicion perpétuelle qui pesait sur les morisques – musulmans convertis – ou les marranes – juifs convertis – et l’interdiction de fait pour leur descendance d’accéder à certains postes faute d’un sang chrétien ancien ne fait guère de différence avec le racisme !

Sous domination musulmane, chrétiens et juifs– les dhimmis –  étaient soumis à un statut inférieur mais ceux qui le dénoncent anachroniquement maintenant oublient que le code indigène qui sévissait dans nos belles colonies était pire.

 

Sources :

El cardenal Cañizares: "¿Esta invasión de emigrantes y de refugiados es todo trigo limpio?"

La ONU ve “preocupantes” las declaraciones del cardenal Cañizares sobre los refugiados políticos

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 14:20
Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe
Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Adoption par les couples mariés d'un même sexe

Dix ans après l’adoption d’une loi pour le mariage pour tous, 3 Espagnols sur 4 sont pour permettre l’adoption à des couples homosexuels. Après quatre décennies de national-catholicisme franquiste et malgré le poids d’un haut clergé particulièrement obscurantiste, une majorité de catholiques, y compris les catholiques pratiquants, est aussi d’accord. Et quand la question est posée sous l’angle de l’intérêt de l’enfant, ils sont huit sur dix à estimer que l’orientation sexuelle des adoptants n’a pas à être prise en compte.

Dix ans après l’adoption du mariage pour tous, les Espagnols sont de plus en plus nombreux à approuver cette loi : 68 % en juin 2015 contre 58 en mai 2013 et ceux qui s’opposent à toute forme d’union pour des personnes du même sexe tombent de 10 à 4%. Reste que ceux qui approuvent le mariage pour tous sont majoritairement à gauche : 85% des votants potentiels du PSOE, 91 % de ceux de Podemos, alors qu’au PP ils ne sont que 42 % et à Ciudadanos (C’s) 48% (49% admettant cet union mais pas sous le nom de mariage).

Par âge c’est quasi unanimement que les 18-34 ans approuvent ce mariage (90%), le pourcentage tombe à 51 chez les plus de 55 ans.

Même chez les catholiques pratiquants une majorité relative (48 %) admet le mariage homo et seuls 11% sont farouchement opposés à toute union homosexuelle. Chez les non croyants l’approbation est massive à 87%.

Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Adoption par des couples du même sexe : répartition par courants politiques

Mais le paradoxe est qu’alors que le mariage homo n’est encore approuvé que par les 2/3 des espagnols, 3/4 sont cependant d’accord pour que les couples de même sexe puissent adopter des enfants ! Ce qui veut dire qu’une partie de ceux qui n’admettent pas encore que l’on nomme « mariage » un couple du même sexe sont cependant d’accord pour qu’ils puissent adopter.

On retrouve les clivages entre une gauche massivement d’accord (PSOE 89%, Podemos 93%) mais C’s se montre nettement plus libéral avec 61% que le PP où, néanmoins, une majorité relative est pour à 48%).

Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Adoption par des couples du même sexe : répartition par tranches d'âge.

La répartition par âge offre une petite surprise puisque les 18-34 ans sont un peu moins nombreux à approuver l’adoption qu’ils n’étaient à le faire pour le mariage entre personnes du même sexe (87% contre 90%) ; les 35-54 sont dans la moyenne ; les plus de 55 ans, bien que plus réticents, sont majoritairement pour à 64 %.

Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Adoption par des couples du même sexe : l'opinion des catholiques.

Mais la révélation de ce sondage est que les catholiques pratiquants sont une majorité à être d’accord avec l’adoption pour les couples homosexuels. De quoi faire frémir d’horreur nos grenouilles de bénitiers – Bourge, de la Rochère, Boutin et les autres – mais également Mme Agacinski, farouchement opposée aussi à l’ouverture du droit à l’adoption aux couples homosexuels, qu’elle oppose à une parentalité « naturelle » ! Certes, ils ne sont que 51%. Loin donc des 87% des non croyants. Mais dans un pays marqué par le cléricalisme d’une église non défranquisée – et même compte tenu de la marge d’erreur – ce résultat est un désaveu pour les prélats ultra-réactionnaires.

Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Le bien de l'enfant prime

Et quand la question est posée sous l’angle de l’intérêt de l’enfant, le oui est encore plus franc et massif puisque presque 9 Espagnols sur 10 estiment que c’est le climat protecteur et aimant offert à l’enfant qui est primordial ! Le clivage par famille politique subsiste avec l’unanimité à Podemos et 94 % au PSOE, mais même ceux qui se reconnaissent dans le PP sont plus de 7 sur 10 à privilégier l’intérêt de l’enfant et 65 % à considérer que l’orientation sexuelle des adoptants ne doit pas entrer en ligne de compte.

La société espagnole évolue donc dans le sens d’une ouverture à plusieurs modèles familiaux, guidée par le sort de l’enfant. Pour autant la situation n’est pas encore idyllique. Si l’on en croit l’analyse de Violeta Assiego, les cas d’harcèlement et d’agressions sur l’orientation sexuelle ont augmenté dans les écoles et ces agressions sont aussi en tête des plaintes déposées à la police.

Sommes-nous sûrs cependant que la société française, dans un pays qui se targue d’être à l’avant-garde de la laïcité donc le moins soumis au cléricalisme, ait évolué aussi profondément dans l’ouverture aux nouveaux types de famille et le respect du droit de l’enfant ?

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 13:56

Les affaires sexuelles qui agitent l’opinion et l’église catholique ne doivent pas masquer des scandales encore plus graves et qui ne mettent pas en cause des individus défaillants – même couverts par leur hiérarchie - mais l’institution elle-même. « L’église était le franquisme » dit un historien qui raconte l’enlèvement de milliers d’enfants sous Franco. Tout un système de maltraitances d’enfants – amérindiens arrachés à leur famille au Canada, orphelins ou enfants de « filles-mères » (à qui on les avait arrachés) en Irlande et ailleurs – mis en place par une église arrogante et inhumaine.

 

 

brillantinedrrojaPetite anecdote pour commencer : ça se passe à Saint-Jo, l’école privée de mon bled, nous sommes en 9e (car les « chers frères » ne parlent pas de CP, CE ou CM), J.-C., fils d’un entrepreneur local (qui crache généreusement au bassinet de l’église), arrive avec ses cheveux blonds luisant de brillantine ; le Frère Hubert, fou de rage, fonce vers la cuisine, revient avec une bassine d’eau froide et un bloc de savon et, vitupérant, shampouine sauvagement le malheureux, avant de le traîner de classe en classe, vociférant, pour achever son humiliation ! Ce psychopathe pouvait, en toute impunité, terroriser toute sa classe.

Nous étions dans les années 50, en Anjou.

 

 

 

 

 

 

 

 

Rien à voir avec « Les enfants volés du franquisme ».

O-F 13-04-10 franquisme

Ouest-France 13 avril 2010

 

 

espagnoleL’historien Ricard Vinyes chiffre à 21 000, rien que pour 1942 et 1943, les enfants enlevés de force à des mères républicaines par le régime franquiste avec la complicité active de l’église catholique.

 

Un document d'une institution religieuse, cité par Baltazar Garzon, chiffre à 30.960 au cours de la décennie 1944-1954 le nombre d'enfants de prisonnières politiques placés sous tutelle de l'Etat. Selon ce magistrat, c'est "un nombre indéterminé" d'enfants qui, de manière "systématique, préconçue et avec une volonté véritablement criminelle", auraient été soustraits à des familles "qui ne s'ajustaient pas au nouveau régime [franquiste]". Des milliers de femmes républicaines venues accoucher dans les hôpitaux ressortent sans bébés. ("La madre biológica entraba por un lado y la adoptiva salía con un bebé por otro").  Tous, sont déclarés morts nés. En fait, l'enfant, bien vivant, est placé sous la tutelle d'une famille proche du régime franquiste, pour être rééduqué. Ce sont les religieuses qui sont chargées de voler les enfants, elles utilisaient leur influence et l'autorité de l'Eglise pour faire taire les plaintes des mères. C'étaient elles aussi qui venaient annoncer « votre enfant est mort ».

 
Garzon relate cet épisode du début des années 40 basé sur le témoignage de espagne milicienne guerre civile espagnoleFélix Espejo, ancien mineur des Asturies: "Un jour, les mères [prisonnières] sortirent avec leurs enfants dans la cour [de la prison de Saturraran]. Les religieuses leur dirent que les enfants devaient rester à l'intérieur pour une révision médicale. Il y en avait une centaine. Lorsque les mères rentrèrent, ils n'étaient plus là. Concepcion [une prisonnière], qui n'avait pas d'enfant, fut impressionnée par les scènes de douleur et par les cris des mères qui réclamaient leurs petits. Ils les menacèrent en leur disant de se taire si elles voulaient rester en vie. Une femme d'Oviedo libérée peu après vit sa fille dans une maison de militaires, à Valence, mais on ne sait pas si elle a pu la récupérer ou non".

 

EspagneCette politique d'enlèvements, pour rechristianiser les enfants de mères rouges, s’est ensuite, avec toujours la complicité des « bonnes sœurs » et de leur hiérarchie, transformée en véritable trafic d’enfants.  «Ce qui commence comme une sorte de vengeance politique et de mise au pas de la société se transforme au fil des années en un vrai «commerce» qui aurait perduré y compris jusqu’au début des années 80», explique Hector Rojo (revue Diagonal). Ainsi Isabel, mineure et enceinte, dans la très catholique Espagne de 1974, a dû obéir à ses parents : accouchement discret et un bébé qui disparaît, confié par les religieuses, sous une fausse identité, à une famille bien sous tous rapports. (http://www.tdg.ch/actu/monde/enquete-vols-enfants-espagne-franquiste-2009-10-14).

 

Cette église franquiste, loin de tout repentir, continue d’afficher son cléricalisme avec la même morgue, pour tenter de bloquer les lois qui lui déplaisent. Le soutien du Vatican ne lui a jamais fait défaut. La radio contrôlée par la Conférence épiscopale espagnole prend très systématiquement position contre le gouvernement de Zapatero, défend, sur un ton souvent très violent, des positions proches du PP. (http://www.regards.fr/article/print/?id=3157).

 

J’ai déjà évoqué le sort fait à 150 000 enfants amérindiens, enlevés à leur famille et confiés à des pensionnats majoritairement dirigés par l’église catholique. En Irlande si 2000 enfants et adolescents furent victimes d’agressions sexuelles, au moins 35 000 furent placés dans les institutions catholiques où beaucoup subirent de mauvais traitements.

 

 

santiermIl arrive cependant, parfois, rarement, que, pour un comportement moins criminel que celui d’enlèvements systématiques d’enfants, un prélat fasse entendre la voix du repentir : "Dans le passé, en Vendée, l'Eglise était trop présente, occupait l'espace social et laissait peu de place à des manières de penser et de vivre la vie humaine et la foi d'une manière différente. Des hommes et des femmes ont souffert de cette emprise de l'Eglise sur leur vie personnelle et sociale. Je pense aussi aux personnes séparées, divorcées, divorcées remariées, à d'autres qui vivent une orientation sexuelle qu'ils n'ont pas choisie". M. Michel Santier, ancien évêque de Luçon, pourrait servir d’exemple à la grande majorité de ses collègues du monde entier. Mais l’acte de contrition n’est pas une pratique courante par l’église catholique.

 

24/XII/2010

Le Monde daté du 24/XII titre en page 3 "Les enfants volés d'Espagne"

Les associations de victimes estiment à 300 000 adoptions irrégulières et vols d'enfants entre 1940 et 1990 (donc le trafic a continué après la fin du franquisme). L'article raconte qu'une femme, sur les conseils du curé de la paroisse, a simulé la grossesse, avant d'"adopter" un enfant.

"Le vol de bébés a surgi en Espagne avec le franquisme mais, par la suite, il semble qu'il se soit transformé en un pur commerce, extrêmement lucratif, qui se serait nourri de la vulnérabilité de certaines catégories de personnes : mères célibataires ou mineurs, couples analphabètes [...] Ce qui a commencé comme un crime idéologique s'est transformé en une véritable mafia"  Enrique Vila cité par Le Monde.

 

En complément :

Espagne ou les mémoires interdites

Espagne: reportage sur les enfants volés du franquisme, l'un des derniers grands tabous d'Espagne

 

Un documental que muestra la crueldad del franquismo a la hora de reprimir principalmente a los niños de republicanos que lucharon para defender la democracia, todo ello se hizo desde el principio con la convivencia de la iglesia católica que, era parte fundamental de aquel sufrimiento que el régimen dio todo lo que fuera, republicano, ateo, sindicalista, comunista, anarquista y un largo etc... En conclusión, todo lo que no fuera el Nacional-Catolicismo era despojado de su humanidad para luego ser aniquilados.

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