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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 17:00
28A : PSOE premier parti espagnol

Malgré une campagne d’une extrême virulence- le Parti Popular et Ciudadanos faisant de la surenchère sur VOX dans les attaques contre Sánchez accusé de pactiser avec les indépendantistes - le PSOE est largement en tête de l’élection, emportant même la majorité absolue du Sénat. A droite, la déconfiture du PP est totale et si VOX apparaît, c’est Ciudadanos qui tire le mieux son épingle du jeu. Reste qu’aucune majorité ne se dessine vraiment et que l’hypothèque catalane continue de peser.

Un échantillon des attaques subies par Sánchez

"Triste aussi de les [les électeurs du PP et de C’s] voir tous désigner Vox comme le grand coupable en puissance si jamais, suprême malheur pour l’Espagne, le socialiste Pedro Sánchez, homme politique sans scrupule et dépourvu de tout sens moral, avait de nouveau la majorité pour gouverner. Tous s’accordent sur une évidence : un gouvernement Sánchez serait une catastrophe pour l’Espagne ; pire, une catastrophe potentiellement irréversible si le socialiste venait à remplir tous les engagements qu’il a pris avec des forces qui ont pour objectif de détruire le régime démocratique, la monarchie parlementaire et l’unité nationale [allusion aux indépendantistes catalans]. Sánchez est déjà sans conteste un traître à la Constitution et à l’Espagne. (…) Il a ouvert des accords de coopération avec tous les ennemis de l’Espagne et de son identité historique, tels les putschistes catalans et les terroristes basques qui font déjà campagne pour Sánchez."

Hermann Tertsch

ABC 14/04/19 (traduit dans le Courrier International du 25/04/19)

La participation fut de presque 76 %, la meilleure à des élections générales depuis 1996 (77,38 %) et il faut remonter au début de la transition démocratique pour trouver plus élevé, comme en 1982 où ça frisait les 80%.

La grande inconnue des sondages était l’existence ou pas d’un vote masqué pour VOX, les sondés cachant leur attirance : il n’en était rien puisque, si le parti d’extrême-droite fait son entrée, il obtient score et élus inférieurs aux sondages. Sondages assez justes, notamment celui de CIS, pour ce qui est du PSOE (fourchette 123-138 députés), du PP (fourchette 66-76) et proche pour Podemos (fourchette 33-41). En revanche sous-évaluation de Ciudadanos et on l’a vu surestimation de VOX.

28A : PSOE premier parti espagnol

Le PSOE remplace quasiment le PP pour ce qui est du nombre de provinces où il arrive en tête. En 2016, le PP finissait premier dans 40 provinces. En 2019, il ne l’est plus que dans quatre. Il disparait même au Pays basque. Et il obtient le pire résultat d’un parti arrivé second à des élections générales avec 66 élus, le chiffre le plus bas jusqu’alors était celui du PSOE de Pedro Sánchez en 2016, avec 85. PSOE qui arrive donc en tête dans 39 provinces dont certaines où il n’avait jamais été premier même du temps de Felipe González en 1982 : Pontevedra, Burgos, Soria et Segovia. La victoire la plus symbolique est quand même celle de Ceuta où l’unique député sera PSOE, Ceuta dans l’ex Maroc espagnol d’où Franco lança le coup d’état.

28A : PSOE premier parti espagnol

Il faut s’appeler Mélenchon pour voir dans le résultat de Podemos une « remontada » alors que c’est une caída, une dégringolade. La coalition de Pablo Iglesias a perdu près de 1,4 million d’électeurs et 31 députés. Alors, qu’après les législatives de décembre 2015, Unidos Podemos visait le « sorpasso » du PSOE, il perdait déjà des plumes en juin 2016 et il n’est plus, au mieux, qu’une insuffisante force d’appoint dans une coalition gouvernementale. Cette chute est certes due au vote utile en faveur du PSOE, mais aussi à ses propres divisions.

28A : PSOE premier parti espagnol

Ciudadanos a joué un drôle de jeu depuis les élections régionales andalouses où il s’est allié avec le PP et VOX. Rivera a tout autant que Casado (PP) ou Arrascal (VOX) attaqué avec violence Pedro Sánchez, traité de traître pour prétendument avoir pactisé avec les indépendantistes catalans, alors même que c’est son refus de céder à leur chantage pour faire voter le budget qui a amené à ces élections anticipées. Ces électeurs ne lui en ont donc pas voulu de ses outrances, puisque C’s progresse plus que prévu et talonne donc un PP, il est vrai, en pleine décrépitude. Cependant, Rivera semble s’être bloqué la possibilité de transformer l’essai d’alliance de début 2016 avec le PSOE en réalité majoritaire. D’autant que son attitude agressive a provoqué une réaction de rejet chez les militants socialistes : ¡Con Rivera no! ¡Con Rivera no!”.

 Gabriel Rufián celebre la victoire de ERC à Barcelone

Gabriel Rufián celebre la victoire de ERC à Barcelone

Les partis régionaux, et particulièrement basques et catalans – l’hypothèse PSOE+C’s étant en principe écartée – décideront d’une éventuelle majorité.  Si les indépendantistes catalans ont su mobiliser leur électorat, il n’en reste pas moins que leurs scores cumulés n’atteignent même pas 40 %. Dans leur jeu de rapports de forces internes, c’est ERC (gauche) qui l’emporte, gagnant 6 sièges, JxCAT (droite) sauvant les meubles avec 7 élus. Le Partit dels Socialistes de Catalunya (PSC) progresse aussi. S’il refuse le référendum d’auto-détermination, il écarte aussi la mise sous tutelle de la Catalogne prônée par la droite et propose à ERC de s’atteler à une véritable reconstruction d’une région fracturée et paralysée. Pour le moment ERC reste sur les exigences qui ont provoqué les élections générales, donc dans le blocage.

28A : PSOE premier parti espagnol

Même si les comparaisons Espagne/France sont risquées, on peut noter que la stratégie à la Wauquiez, menée par Casado (PP), consistant à chasser sur les terres de l’extrême-droite pour tenter de récupérer les électeurs qui s’y sont égarés, ne marche pas. Bien que le PSOE ait largement consolidé son assise, le quadripartisme qui, finalement, favorise les petits partis qui peuvent jouer de leur rôle de force d’appoint indispensable, rend toujours la mise en place d’un gouvernement stable très difficile. Mais Pedro Sánchez, avec le succès de sa motion de censure face à Rajoy, a démontré qu’impossible n’est pas Espagnol !

SOURCES

El Pais du 29/04/19

El Plural du 29/04/19

Voir aussi :

Courrier International

Pedro Sanchez, nouvelle superstar de la social démocratie européenne

 

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 16:37
Une Espagne ingouvernable ?

Au lendemain du 20 D – des élections générales – la politique espagnole semble frappée de balkaniysation. Balkanysation : un peu comme Balkany chez nous à Levallois-l’endettée, malgré ses innombrables casseroles, le PP avec presque 29 % des suffrages reste le 1er parti espagnol. Balkanisation : le paysage politique est éclaté et surtout aucune majorité de gouvernement ne semble possible.

Une Espagne ingouvernable ?

Le PP du sortant Rajoy, malgré une campagne très timide et bien qu’accablé par les scandales – Rajoy lui-même palpait des enveloppes au noir distribuées par Barcenas, le trésorier du PP – avec presque 29 % reste le premier parti espagnol. Mais il est loin, très loin, de la majorité absolue conquise en 2011.

Le PSOE sauve sa deuxième place aussi bien en sièges, ce qui était prévu, qu’en voix à 22 % ce qui l’était moins. Il fait, cependant, son pire score depuis la transition démocratique.

L’usure du bipartisme – plus qu’annoncé depuis l’irruption de Podemos aux Européennes – se traduit donc par l’émergence de deux nouveaux partis nationaux.

Podemos, avec des alliances locales fructueuses à Barcelone, à Valence notamment, a réussi son entrée arrivant en 3e position à 21 % et comptant plus d’élus que ne lui en promettaient les projections avec 69 sièges.  

Ciudadanos n’a pas tenu les promesses de l’automne où il semblait avoir le vent en poupe ; avec 14 % et 40 sièges, il ne jouera pas à lui seul, le rôle pivot auquel il aspirait.

Certes les partis de la caste comme disait Podemos ne font plus que 50% contre près de 75 % en 2011, mais de là à clamer comme Pablo Iglesias (Podemos) ou Albert Rivera (C’s) que ce vote historique ouvre une nouvelle phase d’espoir pour l’Espagne,  c’est faire fi d’une réalité arithmétique : aucune majorité absolue ne semble plausible.

Quant à la mi-janvier 2016 le nouveau Parlement sera officiellement installé, le Roi fera appel au leader du parti arrivé en tête, Rajoy, pour former le gouvernement.

Mais même en admettant qu’il puisse convaincre C’s, centre droit, à se joindre au PP, ce qui, a priori, est très improbable, il n’obtient pas la majorité absolue.

Une majorité alternative à gauche – PSOE plus Podemos – même avec l’appui d’Izquierda Unida, ne ferait pas mieux. Il lui faudrait l’appoint des partis catalans et basque (15 sièges) plus tentés normalement par cette potentielle coalition, plus ouverte sur les questions régionalistes.

Mais toutes ces hypothèses sont très fragiles. Les seules coalitions assurant une majorité absolue sont aussi improbables l’une que l’autre :

  • > soit une grande alliance à l’allemande, PP-PSOE, mais cette option a été rejetée par les deux partis avant le scrutin
  • > soit un cartel des non : PSOE-Podemos-C’s, mais Rivera (C’s) a déclaré que son parti ne soutiendrait pas ce qu'il appelle un « groupement de perdants ».

 

 “La menace de la non-gouvernabilité va marquer le jour d’après le 20 décembre, écrit El País, car il manque un accord de plus de trois partis pour obtenir les 176 sièges de la majorité absolue.” (cité et traduit par Courrier International).

 

Et il se pourrait que dès le Printemps les Espagnols soient appelés à reprendre le chemin des urnes.

 

 

Les différentes enquêtes et sondages : CIS fut le plus juste pour le score du PP, Metroscopia a le moins sous-estimé Podemos,mais tous ont largement surestimé Ciudadanos, CIS avait vu juste pour IU...

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