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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 21:52

Cette contribution repose sur un malentendu.

Histoire de titiller les mélenchonnistes, j’avais, malicieusement je le confesse, fait suivre l’adresse d’un article d’un chevènementiste – eh oui ! ça existe, ils ne sont pas tous passés chez la Le Pen – intitulé J'avais voté Mélenchon en 2012, sans espoir : j'en ai de moins en moins, publié sur Le Plus, filiale du Nel Obs, signé d’un certain Elie Arié, que je ne connais ni des lèvres ni des dents, pour reprendre une vieille plaisanterie.

 

Bien sûr, le voir écrire « Chevènement n’ayant pas été candidat, j’avais voté pour Mélenchon au premier tour de 2012. Non pas dans l’espoir qu’il soit élu (son programme comportait trop d’incohérences, j’y reviendrai) […] Bien sûr, je me méfiais beaucoup de lui et de la sincérité de son "anti-libéralisme" soudain ; voilà un homme politique qui est tout sauf un naïf, qui avait derrière lui une longue carrière au PS, qui avait appelé à voter "oui" à Maastricht (contrairement à moi) en toute connaissance de cause, qui avait été ministre délégué à l'Enseignement professionnel, dans le gouvernement Jospin, le gouvernement qui... [je vous épargne toutes les horreurs de ce gouvernement] C’est à partir de la victoire électorale de Hollande que Mélenchon est progressivement tombé dans une dérive qui m’apparaît de plus en plus incompréhensible ; loin de tenter d’agir sur la politique de Hollande (…) Mélenchon s’est lancé dans une démagogie...

- populiste dans la forme : quelle différence entre son "Qu’ils s’en aillent tous (sauf moi, ancien sénateur, ancien ministre, député européen, etc. ) !" et le "Tous pourris (sauf moi, mais je n'ai jamais été au pouvoir) !" de Le Pen ?

- irréaliste dans le fond, tout son programme étant basé sur la capacité illusoire qu’aurait la France à imposer ses idées et sa ligne politiques à l’ Allemagne, à l’ Union Européenne, voire au monde entier - digne de la "démondialisation" d’Arnaud Montebourg qui ne lui aura servi qu’à faire un score suffisant aux primaires socialistes pour s’assurer un poste de Ministre, et oubliée aussitôt après. » …

le voir écrire cela, disais-je ne déplaisait à l'anti-mélenchon primaire et secondaire que je suis.

 

Ceci dit, comme on dit à Rabat, la diatribe de Gilbert est la bienvenue sur le DEBLOG NOTES !

MELENCHON, ARIE, LAUNAY : EGO ET POLITIQUE

Je lis le blog de Jean-François Launay, en particulier les articles sur la politique. Celui du 26 décembre 2013 sur Mélenchon a retenu mon attention pour au moins deux raisons. JFL confirme sa fixette sur JLM et donne un témoignage intéressant sous la plume d’Élie Arié. Les deux cas illustrent la difficulté de sortir des jugements ad hominem.

 

Élie Arié montre que chevènementiste échaudé craint l’eau tiède, celle du privatiseur Jospin, de l’antifinancier Hollande et du démagogue Mélenchon. Ce dernier n’a pas refusé le gouvernement du premier ni tiré un bilan accablant de son action.

 

Mélenchon a créé le Parti de Gauche et le Front du même nom en constatant la dérive socio-libérale du PS sous le secrétariat hollandais, la compromission du MDC chevènementiste avec des « souverainistes » fascisants, la descente en vrille du PCF et l’atomisation LCR/NPA (dont une partie a rejoint le FG). Il pensait que les socialistes néo-jospinistes ou rocardiens, même avec Henri Emmanuelli ou Marie-Noëlle Lienemann comme cautions « populaires », offraient un boulevard à une autre gauche de gouvernement. Son résultat au premier tour de 2012, quoique moindre qu’espéré, confirmait l’entrée au club des > 10 %.

 

Vive le roi d’Europe !

 

« Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre ». Avec ou sans Olympe, Jean-Luc Mélenchon a perdu ses codes de comportement. L’injure n’est pas argument, et le parler « cru et dru » confine à la beuglante de fin de meeting. Le partisan du Front de Gauche que je suis réprouve la grossièreté gratuite, tout simplement parce qu’elle est politiquement improductive.

 

Je suis moins d’accord avec Élie Arié quand il parle d’un programme « irréaliste dans le fond », parce que basé sur la « capacité illusoire de la France à imposer ses idées et sa ligne politiques à l’Allemagne, à l’Union européenne et au monde entier ». S’il veut dire que convaincre Angela Merkel, Mariano Rajoy ou José Manuel Barroso des bienfaits d’une Europe sociale est illusoire, il a raison. Mais si la France avait attendu que l’Europe soit d’accord pour abolir la monarchie, la capitale serait encore à Versailles. Le fait que les populations européennes « plus durement affectées par la crise » ne se soulèvent pas en masse confirme le mot prêté à Lénine : « La misère n’est pas révolutionnaire ».

 

Dessine-moi une révolution…

 

Encore faut-il s’entendre sur le mot « révolution ». Aucun citoyen politique ne devrait la voir comme un opéra chinois sous Mao-Ze-Dong. Le Parti Communiste a « fait son deuil depuis longtemps » des drapeaux rouges dans le palais du tsar. Cela n’interdit pas de proposer une politique fiscale davantage basée sur l’IRPP que la TVA, l’imposition au même niveau que les PME des profits du CAC 40 et des actionnaires stériles, le strict contrôle des 250 milliards annuels de fonds publics vers le patronat et la formation professionnelle, la lutte sans merci contre la bureaucratie et la dictature libérale des mandarins inoxydables de Bercy. Ce n’est peut-être pas « révolutionnaire » à Pyongyang, mais efficace à Paris. Le PCF ne propose pas une économie soviétique, mais contrôlée, munie d’outils de prévision, d’incitation et de correction sous le contrôle de pouvoirs publics décentralisés et responsables devant les populations.

 

La passion de l’irréalisme

 

Le prétendu « réalisme » du moment rend impossible tout changement réel de ce type. Cet « illusoire » pragmatisme se fonde sur une économie de casino mondial vampirisant les services publics, déconnectée de la réalité du plus grand nombre. Le tandem Hollande-Ayrault l’accompagne d’un discours à la fois « irréel » sur la courbe du chômage et « passionnel » sur les « génocides » en Afrique ou l’affaire Léonarda. En même temps, l’ex-maire de Nantes applique une stupide Écotaxe, capitule devant quelques poujadistes hérissés de bonnets rouges, puis relance son inutile aéroport de Notre-Dame des Landes. Matignon monte une énième version du Grand Paris en flinguant la petite couronne francilienne au profit d’un fouillis technocratique et électoraliste à masque de métropole. Hollande appelle au « choc de simplification » en compliquant les échelons territoriaux sans toucher aux coûteux Comités Théodule qui recasent les copains battus aux élections et leurs familles. «La France est sur-administrée et sous-gouvernée ». C’est le « think tank » socio-libéral Terra Nova qui le dit. Le Président n’écoute plus les amis ?

 

La sortie, svp !

 

C’est en sortant la France de ces vasières administratives que les autres Européens pourraient se dire que la politique française n’est pas si mauvaise. Qui pleure sur la disparition des fiches d’état-civil, de la vignette automobile ou de cette pitoyable Écotaxe publique-privée ? Qui sangloterait sur la retenue à la source de l’IRPP, libérant plus de 4000 fonctionnaires des finances pour renforcer l’inspection du travail, les contrôles sanitaires, les hôpitaux publics, les flics en civil à Marseille et Pôle Emploi ? Qui regretterait, sauf leurs auteurs déjà gavés, les milliers de sondages, de rapports et d’études commandés chaque année et enterrés sitôt que remis, au détriment de la recherche universitaire et de l’action culturelle ? Qui s’accrocherait à un porte-avions nucléaire aussi  souvent en panne qu’en mer ? Qui déplorerait le contrôle des sociétés d’autoroutes et des consortiums privés qui plombent financièrement l’aménagement du territoire ?

 

Si Mélenchon s’est enfermé, satisfait ou non, dans une « impasse politique », c’est son affaire. Personne n’est obligé de le suivre, pas plus que d’en faire son punching-ball quotidien.  La présentation d’une politique de gauche, argumentée et chiffrée, est plus urgente. Elle se fait cependant attendre. J’ai lu en 2012 le programme du Front de Gauche et de son candidat avec attention. Aucun chiffre n’y figurait, aucune date d’application non plus. Les autres programmes, dont celui de François Hollande, étaient du même bois creux.

 

C’est là une similitude avec les bons auteurs du déblog-notes de JFL, où l’ego prend largement le pas sur l’analyse. Les crocodiles sont dénoncés, la sortie des marécages n’est pas indiquée. J’ai essayé de donner quelques fléchages plus haut. J’attends ceux des camarades Arié et Launay.

 

Gilbert Dubant

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 21:06

Les arrière-cuisines de l’auberge espagnole

 

Poser la question «  Rajoy en a-t-il croqué ? » revient à se demander si les alligators aiment la viande faisandée. Mais pourquoi l’Espagne attire-t-elle les scandales financiers à répétition ? Réalité politique ou structurelle ?

 

Les juges espagnols qui travaillent sur la délinquance financière espagnole sont peu connus, mais ils existent. Cependant, l’Espagne n’a pas connu d’opération « Mani pulite ». Les affaires marseillaises et parisiennes doivent inciter les Français à la modestie, mais leurs voisines ibériques se différencient par des structures administratives et judiciaires où l’État et sa justice sont théoriquement puissants et en fait mineurs.

 

L’AUTONOMIE À TOUT PRIX

 

Barcenas_champ.jpg  L’essentiel des fonds publics et des fonctionnaires n’est pas géré par les Cortes, l’Assemblée nationale de Madrid, mais dans les 50 provinces et les 17 « Communautés autonomes » qui les regroupent (plus Ceuta et Melilla). Les « ayuntamientos » (mairies) sont dirigés comme des entreprises privées, avec des personnels sans garantie d’emploi et des impôts locaux très faibles par rapport à la France. Certaines Communautés, comme le Pays basque et la Catalogne, ont leurs polices régionales (Ertzaintza ou Mossos d’esquadra). Les relations avec le pouvoir central, accusé de vampiriser les richesses locales ou de manquer de solidarité, sont exécrables en cas d’opposition politique, méfiantes en situation inverse, toujours fondées sur le marchandage.

Le maigre budget national ne permet guère à un Premier ministre, quel qu’il soit, de financer largement son parti, ses permanents et ses obligés. Comme l’a fait son prédécesseur, Jose Maria Aznar, Mariano Rajoy doit donc se tourner vers ses relais provinciaux et riches.

 

UNE BANQUE AU SERVICE DU PEUPLE POPULAIRE

 

L’argent ? Depuis une vingtaine d’années, il était dans le BTP et les banques. Les fonds politiques viennent des deux, et particulièrement des marchés publics, où les réseaux bancaires jouent un rôle déterminant comme financeurs des collectivités territoriales. Ce n’est pas un hasard si les régions les plus « scandaleuses » (Valence, Andalousie, Baléares, Catalogne, Madrid) sont liées à l’immobilier et au tourisme. Qui diable pourrait reprocher à des élus populaires modernes de construire des centaines de tours à Majorque ou à Benidorm et de favoriser des entreprises locales pour ce faire? Unjesus-gil-y-gil cas d’école est celui de Jesus Gil, maire PP de Marbella entre 1996 et 2002, qui mariait corruption, immobilier et mafia dans un système familial néo-franquiste.

 

 

 

 

 

 

 

 

LE BUSINESS DE DON FELIPE

felipe-gonzalez-rey-juan-carlos.jpg Felipe Gonzalez et le roi Juan-Carlos

 

Ces affaires ont été révélées depuis la mort de Franco en 1975. Auparavant, la corruption en faveur de l’Église catholique et son Opus Dei, des organisations phalangistes et de la nomenklatura d’affaires établie par le Caudillo, était énorme, mais impubliable sous peine de mort. Le développement économique et politique du « felipismo » a fait du PSOE et de son leader Felipe Gonzalez* des modèles  démocratiques, pendant que se mettait en place le « système Guerra » (du nom des deux frères socialistes Juan et Antonio) qui assurait de l’intérieur du PSOE une rente au parti, avec les méthodes habituelles (marchés publics, pots-de-vin, clientélisme). La recette était bonne, elle a duré. D’autre part, les entreprises espagnoles peuvent donner des fonds aux partis politiques, suivant des procédures spéciales rarement appliquées.  Enfin, un juge qui s’attaque au pouvoir régional a peu de relais et d’appuis locaux, même légaux.

 

LA COURONNE DÉVALUÉE

 

izquierda-unida-cumple-25-anos-L-KXfWxj.jpegLa seule organisation politique ayant échappé jusqu’ici aux enquêtes financières du journal « El Païs » (« El Mundo » est plus discret sur le PP) est « Izquierda Unida »** (Gauche Unie), regroupement de communistes et d’associatifs liés aux CCOO** (Commissions Ouvrières, voisines de la CGT française).

Jusqu’à 2010, la seule institution épargnée par les tourmentes criminelles et régionalistes était la monarchie constitutionnelle, garante de l’unité nationale. Depuis le safari africain de Juan-Carlos payé par le pays et les frasques financières de son gendre, le prestige royal s’est terni.

Les coupes budgétaires, la ruée du chômage, une solidarité nationale en panne, un Premier ministre aussi impuissant que son prédécesseur Zapatero, un PSOE à EEG plat, des Indignados aussi efficaces qu’un verre d’eau tiède, font de l’Espagne un pays en perdition.

 

LES FORMALITÉS

 

La situation a un seul avantage : prouver une fois de plus que la gestion par les banques privées et les « recortes » de la dépense publique ont deux effets principaux, détruire la démocratie et enrichir des créanciers gavés. Pour en sortir, il faut virer Angela Merkel et son collaborateur Rajoy, autoriser des prêts directs aux états par la BCE, relancer l’activité européenne par des financements d’infrastructures associant l’Espagne, le Portugal et l’Italie, et peut-être la Grèce. Y arriver nécessite quelques formalités, comme des élections amenant une (vraie) gauche au pouvoir.

 

Gilbert Dubant

 

 

 

* Séville, 6 mai 1994, 18 h 30. (…) quelque 5 000 militants socialistes arrivent au Palais des sports pour assister à un meeting du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).  (…) un homme s’avance seul sur l’immense scène. Chemise déboutonnée, sans cravate, en blouson sombre, M. Felipe Gonzalez, président du gouvernement espagnol (...) sur un ton grave, il aborde le thème que toute la salle (et toute l’Espagne) attend, celui de la corruption qui menace d’emporter son gouvernement et de ruiner son avenir politique : « Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir en 1982, nous étions préparés pour lutter en faveur des libertés et du progrès, mais nous n’étions pas préparés pour vivre avec des gens, issus parfois de nos propres rangs, qui ont utilisé leurs fonctions dans l’administration publique pour s’enrichir ; des gens qui ont fait passer l’appât du gain avant le souci de la solidarité. J’éprouve un profond dégoût et une profonde honte pour avoir fait confiance à des personnes qui ne le méritaient pas. »  Ignacio Ramonet, juin 1994. Parmi ces corrompus Luis Roldàn, directeur général de la Guardia civil qui va fuir et va connaître une arrestation rocambolesque à Bankok.

Mais le grand scandale fut celui du GAL – groupe antiterroriste de libération – qui mena une « guerre sale » en France contre l’ETA. Une ETA qui, faut-il le rappeler, a causé beaucoup plus de morts sous la démocratie que sous le franquisme.

 

** Aux dernières élections 6,09 % des voix.

Depuis, l'affaire dite des cartes de crédit opaques (fournies à des administrateurs de caisses d'épargne) a touché aussi des membres d'IU et des CC OO En principe, elles devaient servir à régler des 'frais de représentation', en fait elles semblent avoir servi à des frais personnels. (note du 21/11/14)

 

 

Petit commentaire du déblogueur

On l’aura compris, il y a la « vraie » gauche, estampillée par les auto-proclamés décerneurs de diplômes de 100 pour 100 pure gauche, garantie sans additifs socio-démocrates (qui nuisent gravement à la santé du peuple) et lesdits socio-traîtres PSOE au delà des Pyrénées, PS dans l’hexagone. Même la gauche de plein air, élevée aux bons grains des manifs géantes ou des actions anti-expulsions, ne trouve pas grâce à leurs yeux. Il est vrai que leurs hauts faits d’armes ne nuisent guère à la bonne droite, style PP. Au contraire.

Mais comment expliquer l’impuissance de la « vraie » gauche, IU en l’occurrence mais on laisse deviner son nom en France, à fédérer ces indignés pour leur ouvrir les yeux et leur faire découvrir la beau royaume du yakafokontoutésimple ?

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 21:18

cochon3Le dernier article de Jean-François Launay sur « J’ai défendu tout le monde, je défends Iacub… » me laisse perplexe. J’y vois une générosité d’esprit fourvoyée dans un mélange gluant de judiciaire, de politique et de coup éditorial. Mais je ne suis ni partie civile, ni défenseur…

 

Je n’achèterai ni ne lirai le livre de Marcela Iacub. Non par bigoterie ou par dégoût des cochons, mais tout simplement parce que la vie privée de cette femme ne m’intéresse pas. Qu’elle couche avec Dominique Strauss-Kahn ou Shrek m’indiffère. Je suis d’autant plus surpris de la position de JFL, qui se signale d’ordinaire par une analyse plus fine.

Marcela Iacub raconterait donc une liaison avec DSK après sa chute du Sofitel. Tout ça pour dire que c’est un porc. Cette dame est grossière, mais elle a peut-être raison. Peu importe. Où JFL va loin, c’est sur Polanski, inculpé pour avoir baisé une mineure consentante fournie par sa mère. On ne joue pas dans le même film.

 

Soyons politiques !

 

Jean-François dit avoir « défendu DSK ». Pourquoi pas ? J’ignore ce qui s’est passé au Sofitel de New-York. Mon seul intérêt a porté sur les conséquences de l’affaire en politique française, qui me concerne  davantage que les pleurnicheries de Tristane Banon ou l’image d’Anne Sinclair en visiteuse de prison. Un DSK sans histoire aurait-il conquis la primaire socialiste et l’Élysée ? Sujet en or pour des auteurs de politique-fiction…

 

Les affaires Polanski et Strauss-Kahn ont quand même un point commun : l’opprobre jeté par une bande de cagots américains sur des Juifs célèbres (et riches) qui auraient violé la civilité ad usum puellarum dans un pays dans un pays  où « We trust in God », mais celui du Good Book…

 

On ne peut faire ce reproche à Marcela Iacub, argentine et arrière-petite-fille de rabbin. On connaît la dame pour ses positions atypiques sur les aspects traumatiques du viol, et d’une manière générale son travail sur la sexualité. Le nom de DSK n’est pas cité dans l’ouvrage, mais abondamment « révélé » par la chroniqueuse de « Libération » lors de ses multiples interviews, jusqu’à la « Une » du Nouvel Obs’ qui fait du bouquin l’événement de la semaine.

 

Envoyez la thune !

 

On est dans une opération classique de marketing « littéraire », supposé opérer la rencontre d’un esprit provocateur et talentueux, de punaises de sacristie à l’haleine puante, de professionnels de la profession qui s’émerveillent de la transgression (laquelle ?), de cireurs de pompes payés pour louer l’originalité du style et de clients potentiels désireux de connaître les détails de la fornication chez les êtres dotés de queues en tire-bouchon.

 

La technique est au point et les relais fonctionnent. Le Nouvel Obs, l’Express et le Figaro s’envoient des piques et font monter le buzz-mayonnaise. Il est donc hautement possible que ce livre soit un succès financier. Tant pis.

 

Gilbert Dubant

 

 

 

 

NB Je n’achèterai ni ne lirai le livre de Marcela Iacub. Voilà qui me fait penser à un humoriste – Tristan Bernard ? – qui était aussi critique littéraire et qui affirmait « Je ne lis jamais les livres que je critique, ça pourrait m’influencer ».

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 18:09

Une quiche vert bobo peut-elle poser une question pertinente ? La réponse est oui, on ouvre l’enveloppe and the winner is… Cécile Duflot !

 

 

La question sur le cannabis vient tout au début de l'entretien

 

Que la ministre du Logement soit dévorée d’ego et de « télé-addiction » en fait un être politique normal. Qu’elle flingue son gouvernement avant législatives sans se faire virer sur le champ montre la fragilité de accord électoral PS-EELV. Pourquoi parler du cannabis et de sa légalisation, en provoquant un bal des faux culs tous partis confondus ? Par le goût de se montrer à son public néo-baba ? Peu importe. La question mérite examen, même si elle n’est pas vitale politiquement.

Que veut dire « légalisation » du cannabis ? Quelle différence avec « dépénalisation » ? Si son commerce était légal, vendeurs et acheteurs ne seraient pas poursuivis ? L’état français s’attribuerait l’autorisation et la taxation du produit, comme pour l’alcool, le tabac et les médicaments ? Ou délèguerait-t-il le commerce au privé, comme dans les « coffee shops » néerlandais, d’ailleurs remis en question ? Mais qui achèterait le cannabis, et à qui ? Qui le conditionne et le met en vente ? Qui en fixe le prix TTC ? Qui en contrôle les effets sanitaires et les fraudes ?

 

QUESTION DE QUALITÉ

 

Il y a au moins deux aspects : la morale et la réalité. Pour le premier, quasi-unanimisme : la drogue est mauvaise. Sauf celle qui est autorisée et chère : tabac, alcool, psychotropes, graisses saturées, glucides et régimes à la con, qui  font partie « under control »  du monde officiel et rentable.

kif_champsenterrasse.jpg

Cultures en terrasse dans le Rif

 

 

Le cannabis est-il plus mauvais pour la santé ? Les professionnels de la profession disent oui. Je ne sais pas. Après avoir consommé pendant plusieurs années, et quotidiennement, du kif marocain, je m’estime à un degré de dégradation mentale compatible avec la moyenne nationale (française, évidemment). J’ai arrêté pour ne pas finir ruiné, les prix français m’étant hors de portée pour un produit correct. Évidence méconnue : la mauvaise qualité n’est pas bonne. Ce qui est vrai pour les hamburgers et le poisson pané l’est pour le cannabis, la cocaïne et le reste. Comment assurer la qualité dans la clandestinité ? La réponse de Guéant et Valls est abstinence et répression. What else, dit le (dangereux) café Clooney, au prix exorbitant.

 

UN BOULOT COMME LES AUTRES ?

 

Policièrement, c’est intéressant. Les centaines de keufs qui passent du temps à choper quelques barrettes de shit pour les refiler ensuite à leurs indics (politique du chiffre oblige !), seraient mieux employés dans le vrai renseignement judiciaire, comme les braquages de transports de fonds ou l’anti-terrorisme.

Socialement, ça se discute. Si on légalise la vente du cannabis, avec ou sans monopole d’État, comment vont se nourrir les milliers de familles qui vivent du trafic, entre les gamins qui font les « choufs », les cousins qui dealent et les mamans qui font les paquets ? Une anecdote : dans les années 90, les flics kif-vente.jpgsaisissent près d’une tonne de shit dans une cité de Saint-Denis 93. Les jours suivants, des dizaines de mères de famille sans ressources officielles squattent le bureau d’aide sociale de la mairie pour demander des secours, en cash et tout de suite. Les flics ont arrêté le massacre, à la demande officieuse des élus. Le chômage et la déqualification étaient déjà là.

Autre question sociale, l’aggravation potentielle des trafics. Les dealers de cannabis vont-ils se recycler avec enthousiasme dans la formation professionnelle pour toucher peut-être le Smic en conduisant un chariot chez Auchan, après avoir gagné 150 euros par jour en matant les entrées de cité ? Ou vont-ils se convertir à des activités plus rentables comme le trafic d’organes humains, de Kalashnikov, de putes moldaves ou nigérianes, déjà existantes mais moins développées, ou même de coke fumable et de molécules de synthèse, beaucoup plus dangereuses (et chères) que le shit ?

 

 

 

MORT AUX IRRESPONSABLES !

 

Sur le fond, l’interdiction est aujourd’hui une vision de société. Nous devons beaucoup à toutes les bonnes âmes, droite et gauche mêlées, qui veulent le bonheur du peuple volens nolens, citant à tout va mai 68, l’amour de la vie, l’éducation des enfants, la croissance non productiviste et le principe de précaution. Vous ne vous rendez pas compte que vous avez dépassé les 130 km/h sur autoroute par temps sec et faible trafic ? Trois points en moins, misérable déviant ! Vous avez consommé chez vous et sans modération une bouteille de Chablis sans penser à l’exemple désastreux que vous donnez à vos enfants ? Honte à vous, père indigne ! Étonnez-vous si vous en faites des drogués ! À moins de tuer préalablement votre famille par tabagisme passif !

Vous avez des problèmes de nerfs et de sommeil ? Prenez des benzodiazépines, légales et remboursées ! Ce n’est pas comme votre cannabis, qui détruit les neurones en rendant euphorique ! Vous avez lu « Le nom de la rose » ? Vous avez compris que le rire et la joie sont la mort de la morale sociale ?

Dans le papier « Légalisation du cannabis, sujet tabou ? », à côté d’éléments pertinents, je ne partage pas la proposition « de réunir, dans un climat politique serein, des commissions de consensus* » pour discuter de tout ça. Quand a-t-on vu pour la dernière fois un tel climat ? Plus grave, qui sont les membres de cette commission qui vont décider de ce que je peux fumer, boire, ingérer et penser ? Je revendique la liberté d’information, qui m’avertira si je le souhaite des risques encourus dans l’état actuel de la science. Je revendique la liberté de pensée et d’action, si je ne porte préjudice à personne. Un fait me rassure : les Khmers verts, végétariens buveurs d’eau, moralistes implacables, finissent par mourir, et pas forcément centenaires. C’est rassurant.

 

Gilbert Dubant

 

* Note du déblogueur : Pour le moment, la consommation de cannabis est - en principe - prohibée, donc une commission de consensus tentant de faire des propositions sur ce sujet ne peut pas faire "pire" que de maintenir le statu quo et, au "mieux" permettre, sans l'imposer bien sûr, la consommation d'un produit aujourd'hui interdite. Mais de telles commissions pourraient aussi se pencher sur d'autres questions de société, comme les "mères porteuses", l'euthanasie, qui, pour le moment, ne donnent lieu qu'à des échanges caricaturaux

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 21:21

Jusqu’à maintenant, sauf un « chapô » ou un commentaire final, j’ai publié les contributions de Gilbert comme elles me parvenaient.

Mais là, non ! Les divergences – pour employer un euphémisme – ne peuvent justifier, à mon sens bien sûr, des attaques personnelles outrancières et des mensonges délibérés. J’ai donc ajouté, au fil du texte quelques remarques et précisions. Le social-traître que je suis, mou comme il se doit, ne pousse cependant pas la complaisance jusqu’au masochisme.

 

I have a dream… Je crois être le seul participant au DeblogNotes à ne pas considérer Jean-Luc Mélenchon comme un velléitaire prétentieux, à côté de tant de nobles prétendants à l’Élysée. Pas haut peut-être, mais tout seul, je m’y recolle, après les « rodomontades de Méluche » signées Jean-François Launay. Ce vieil ami social-démocrate a contracté très jeune un strabisme convergent, qui a ôté de son champ de vision tout ce qui s’écarte du rocardisme primitif. Il faut aider les handicapés, même légers, et notre mot d’ordre est « solidarité ». [« strabisme », « handicapé », bien sûr, ça doit être de l’humour Front de gauche.]

 

Mélenchon n’est pas plus l’avatar de Georges Marchais que François Hollande n’est celui de Guy Mollet. Et Jérôme Cahuzac, avec sa modestie de Ministre des Finances du Lot-et-Garonne, n’est pas davantage l’épigone du génial DSK, que ses amis socialistes, si nombreux en avril 2011, encensaient avant de se barrer comme des rats quittant le Sofitel. S’il fallait un palmarès des Rodomont* de gauche (à droite, c’est fait !), on hésiterait entre le timide Manuel Valls, la douce Ségolène Royal ou la tendre Martine Aubry [un peu d’amalgame, vieille ficelle]. Mais, bon, il faut respecter ses amis de gauche, des fois qu’il y aurait des alliances entre les deux tours…

 

Qui est candidat ?

 

Traiter ses concurrents de fiers-à-bras ou de Matamores** (ignorons le sens propre du mot !) n’est pas la meilleure façon de se concilier des gens dont on pourrait avoir besoin. Au-dessus de 10 %, snober le titulaire devient de l’idiotie politique. Même à 5 %, on peut discuter… Et le camarade Hollande pourrait bien avoir besoin du Parti de Gauche, présidentielles et législatives incluses. Sinon, il devra se contenter du superbe accord avec EELV, et des scores fleuves de sa copine Éva.

Puisque le camarade Launay veut parler fric, allons-y ! Mais pas avant d’avoir rappelé que le secrétaire général du PCF, Pierre Laurent, n’est pas le candidat du Front de Gauche, alias Jean-Luc Rodomont. « Au-dessus de 30 000 €, je prends tout ! ». Qui a dit ça ? Personne ! [Sur le propre blog de J.L. Mélenchon est mis en ligne une vidéo d’un entretien dudit avec Aphatie où il dit « Il est prévu que tout ce qui sera au-dessus de 30 000 euros sera pris » et la vidéo ci-dessous dit la même chose] La référence au Georges Marchais des années 70, Rodomont authentique, et son « Au-dessus de 40 000 francs, j’prends tout ! », est donc fausse.

 

 

 

Deuxième observation préalable, je confirme que Pierre Laurent « n’est pas un orateur ». Quant à son père, méchamment cité (Qui est responsable de ses parents ?) et que j’ai personnellement connu, il avait en effet une « lente diction », mais un discours précis. [« méchamment cité » on frise le puéril, mais de fait pour le discours « précis » le fils a des progrès à faire]

 

Aphasique ou apathique ?

 

Donc, sur une mesure fiscale, Pierre Laurent se serait « emmêlé les pinceaux » à la radio. C’est vrai. Et alors ? En pleine émission « Mots Croisés » sur France 2, le vaniteux Jérôme Cahuzac se fait prendre en flag d’ignorance crasse quand Yves Calvi lui annonce la tranche au-dessus du million d’euros imposable à 75 %, que François Hollande vient de sortir de son sac sans prévenir ses copains. L’ami Launay l’a-t-il déblognoté [question stupide : lémédias, comme dit Schneidermann, ont suffisamment relevé le couac, ce qui n’est pas le cas pour Laurent] ? Tu me fais les archives, coco, et tu me sors un mémo…

Sur les taux d’imposition et la réforme fiscale, le programme du Front de Gauche indique des principes, pas des chiffres. La discussion sur les 360 000 euros annuels, par revenus individuels ou par foyer fiscal, est donc hors de propos. [c’est beau comme de l’antique : réécouter l’entretien de Laurent sur RTL permet de l’entendre – certes il n’est pas candidat, mais quand même secrétaire général du principal parti du FdG – parler des 360 000 euros, comme Mélenchon d’’ailleurs, voir plus haut, mais nier l’évidence est un vieux truc] Quant au spécialiste fiscaliste Jean-Michel Aphatie, dont la science financière s’arrête au casino de Biarritz, ses questions sont à son image : Rodomont avec les invités inexpérimentés, Sancho Pança avec ses employeurs. [aucune sympathie particulière pour Aphatie, mais ni le casino de Biarritz (?) ni ses employeurs n’ont grand-chose à voir avec une question tout-à-fait basique : part ou foyer]

Politiquement et juridiquement, cette querelle est byzantine. Une imposition à 100 % est un taux confiscatoire, et Jean-Luc Mélenchon ne l’a jamais proposé. Le lui attribuer relève donc de l’ignorance ou de la mauvaise foi. Pourquoi pas les deux ? [le mensonge délibéré poussé à ce point devient du grand art : « nous proposons de prendre tout au-dessus de 360 000 euros annuels » dit Laurent, Mélenchon promet à Ferrari de lui prendre 760 000 euros et il n’aurait jamais proposé un taux d’imposition à 100 % ?]

Enfin, je dois confesser que je n’ai rien à foutre des affres de spoliation de gens qui gagnent 30 000 euros par mois. S’ils ont tellement la trouille, qu’ils lancent une pétition ! Jean-François Launay demandera-t-il à François Hollande de la relayer ? [ce genre d’attaque ad hominem, sur un sujet dont on vient de nous expliquer – faussement – qu’il n’a jamais été porté par le candidat est absurde et ce n’était d’ailleurs pas le sujet de mon article]

 

Bienvenue à Canossa !

 

Quant aux propos sur le comportement de Mélenchon à l’égard de Cuba et de la Chine, ils sentent le rance. On n’est pas obligé de chanter laudes pour Fidel Castro en regrettant que le peuple cubain soit victime d’un embargo américain, inacceptable en droit international, et cependant ignoré par le PS. Il rejoint par là Benoît XVI, qui dit comme son prédécesseur polonais que Cuba doit s’ouvrir, mais omet de demander la clef à Obama.

Cette détestation constante d’une gauche successivement qualifiée de stalinienne, anti-européenne, nationaliste, protectionniste [où ai-je employé ces termes ? c’est au bateleur et aux bogôs que je m’attaque] et pour tout dire stupidement sectaire, risque de se heurter à la réalité. Celle d’un Front de Gauche crédité d’un score à deux chiffres fin avril, et dont les électeurs deviendraient d’un coup fréquentables, voire précieux. Je dois reconnaître que François Hollande, sauf ses bêtises anticommunistes à Londres, se garde d’invectiver ses concurrents de gauche [si le tribun avait pu s'inspirer de cette attitude, cette polémique n'aurait pas eu lieu]. Certains de ses soutiens médiatiques sont moins prudents. Ils devraient se calmer en regardant une carte d’Italie. Ils y verraient que Solferino n’est pas si loin de Canossa…

 

Gilbert Dubant

 

 

Petit rappel : faire de moi  « un soutien médiatique » du candidat des primaires citoyennes me flatte, cependant je ne suis mandaté par personne et j’exprime toute l’antipathie que je ressens pour Mélenchon en dehors de toute considération tactique.

 

 

* RODOMONT Personnage du Roland furieux de l'Arioste ; son nom signifie « ronge-montagne ». Ce roi d'Alger, brave mais altier et bruyant, rejoint sur les scènes comiques la famille des capitans italiens, insolents, fanfarons et toujours prêts à se targuer d'exploits imaginaires. De là, l'utilisation du terme de rodomontades pour caractériser le comportement de ces guerroyeurs forts en parole et prompts à prendre peur.

 

**MATAMORE Personnage comique du théâtre espagnol qui a les caractéristiques du Capitan de la commedia dell'arte : hâbleur, fanfaron mais pleutre devant la moindre menace. Son nom signifie tueur de Maures ; ses origines peuvent remonter au théâtre latin, où on trouve déjà ce personnage sous les traits du miles gloriosus de Plaute. Corneille l'introduisit en France dans L'Illusion comique, et il fut assimilé par les Italiens aux côtés de Rodomont, Fracasse, Fierabras.

Ce vantard peureux est devenu un type, et le nom commun de matamore désigne ceux qui se glorifient d'exploits imaginaires (exemple "Je vais terroriser les agences de notation").

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 17:15

HommesDieux

 

Christophe Carrière, dans un article intitulé « Il était une foi... Des hommes et des dieux », nous décrit la genèse de ce film qu’il dit « touché par la grâce […] protégé ou béni ».

 

tioum11016  Premier signe divin, le futur réalisateur, à Cannes ne dort pas et tombe sur un documentaire - Le Testament de Tibhirine, d'Emmanuel Audrain – sur la disparition des moines. Tel Saül sur le chemin de Damas, c’est l’illumination, il décide d’écrire un scénario sur la dimension humaine, morale et religieuse de l’engagement de ces clercs. D’autres signes sont perçus par ce mystique critique. Ainsi écrit-il que « Contre toute attente, le projet rencontre une adhésion immédiate [pour son financement]. Certains mettent cela sur le compte de la qualité du scénario, d'autres y voient une volonté divine. »  

 

Les acteurs subissent d’abord un stage dans un monastère savoyard, puis apprennent les chants religieux. « A partir d'une polyphonie, on atteint l'harmonie et, oui, l'élévation », fait-il dire à Lambert Wilson.

tioum8013

« Ainsi, quand l'équipe débarque, à l'automne 2009, au monastère bénédictin de Tioumliline, au Maroc, les acteurs, qu'ils soient catholiques pratiquants, comme Michael Lonsdale, ou agnostiques, comme Jacques Herlin, sont véritablement devenus des moines. A 1 600 mètres d'altitude, il fait un froid de gueux. » Eh oui, les célibataires et les deux couples qui ont logé à Tioum ont subi ce froid de gueux !

 

Comme l’armée marocaine aurait accepté de voir hisser le drapeau algérien et que leurs hélicoptères soient aux couleurs de l’armée algérienne, il fait encore dire au pauvre L. Wilson « Les frères – entendez les moines de Tibhirine – sont avec nous ».

tioum1006

MIRACLE : il neige à Tioum

Mais le plus fabuleux reste à suivre : « Et puis, au milieu du tournage, survient un énième signe, le plus improbable. Tandis que l'équipe tourne la scène où les terroristes explosent la porte du monastère, il se met à neiger, événement exceptionnel dans la région. ». Un tel miracle a son effet immédiat : le cinéaste qui voulait terminer sur une image des têtes décapitées, contre l’avis du moine qui le conseillait, y renonce : « Après cette tombée de neige, j'ai "entendu'' les frères. »  Il est vrai que « Le garçon est un écorché vif et son penchant pour l'alcool n'est un secret pour personne. » avait prévenu le critique.

 

tioum15020

Ce que semble ignorer notre critique, c’est que le Maroc n’est pas exactement sous les tropiques, qu’à Tioum (1600 m) et même à Azrou(1200 m), il neige presque tous les ans, d’autant que, selon d’autres sources, le tournage n’a pas eu lieu à l’automne*, mais en décembre 2009. Sait-il qu’il y a, juste au-dessus de Marrakech, une station de ski, comme d’ailleurs il y en a une proche de Tioumliline ? Et comme cinéaste et acteurs étaient en contact, notamment, avec un français, résidant à Azrou depuis des décades (et ayant connu le monastère du temps des bénédictins), ils n’ont pu croire longtemps à un « événement exceptionnel », tenant du miracle.

 

Mais les plus beaux articles sont ceux d’imagination qui transcendent la réalité triviale.

 

 

* Mais on a pu voir tomber de la neige fin octobre… et les coopérants qui ont habité à Tioum pourraient encore témoigner y avoir été bloqué par des congères.

 

NB Les images du monastère du temps des bénédictins (en noir et blanc) sont issues du fonds de cartes postales de Gilbert Dubant, grand contributeur et néanmoins caustique, de ce déblog notes. 

 

 

Pour compléter Tioumliline après le tournage

Tioumliline vu d'un satellite

Tioumliline vu d'un satellite

Les bâtiments du bas (à part les logements le long de la route, le reste est bien délabré)Les bâtiments du bas (à part les logements le long de la route, le reste est bien délabré)
Les bâtiments du bas (à part les logements le long de la route, le reste est bien délabré)Les bâtiments du bas (à part les logements le long de la route, le reste est bien délabré)

Les bâtiments du bas (à part les logements le long de la route, le reste est bien délabré)

Photos Julie Chezeau-Launay
Photos Julie Chezeau-Launay

Photos Julie Chezeau-Launay

Le monastère (entrée et cloître)
Le monastère (entrée et cloître)
Le monastère (entrée et cloître)

Le monastère (entrée et cloître)

cuisine, chambre de moine, vue d'une chambre (photo J. Chezeau-Launay), armoire à pharmacie...cuisine, chambre de moine, vue d'une chambre (photo J. Chezeau-Launay), armoire à pharmacie...
cuisine, chambre de moine, vue d'une chambre (photo J. Chezeau-Launay), armoire à pharmacie...cuisine, chambre de moine, vue d'une chambre (photo J. Chezeau-Launay), armoire à pharmacie...

cuisine, chambre de moine, vue d'une chambre (photo J. Chezeau-Launay), armoire à pharmacie...

La chapelleLa chapelle
La chapelleLa chapelle

La chapelle

"Des hommes et des dieux" à Tioumliline
"Des hommes et des dieux" à Tioumliline
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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 21:07

yabonzJe lis les deblog-notes de Jean-François Launay chaque fois que l’électronique m’en apporte. Je partage un grand nombre de points de vue et leur traitement ironique. Si le lecteur que je suis se transforme en intervenant, c’est à cause d’Éric Zemmour et du papier intitulé sobrement « Zemmour : flatulences et vomi ! ». Je parlerai aussi de la chronique de Caroline Fourest (Le Monde du 26-03-10) citée en référence.


J’ai un fort grief envers Éric Zemmour, celui d’être la cause indirecte d’une irritation contre le deblog-notes de JFL. Pour autant, la personnalité du comparse de Laurent Ruquier et de medias comme RTL ou le Figaro ne m’intéresse pas. Je suis en désaccord sur ses propos comme sur la manière de les tenir. Franchement, je ne suis pas sûr que ses dits et écrits méritent commentaire. Et encore moins dans un deblog-notes de bonne tenue.


On dit que pendant l’interminable et hypothétique guerre de Troie, les guerriers des deux bords s’abreuvaient d’insultes, proférées de loin. Cette forme de combat avait un avantage : zéro mort. Elle avait un inconvénient : ressembler à une cour de récréation où de grands va-de-la-gueule oscillent entre l’injure sexiste et le baratin pipi-caca hauteur CE1.


La méthode est classique sur le deblog-notes : commencer par déconsidérer l’adversaire. Il sort de l’égoût, trimballe des miasmes « nauséabonds, avec flatulences et vomi », c’est un « pseudo-laïcard » qui, non content de colporter de répugnantes sornettes, s’avance masqué tel un Fantomas qui se prendrait pour Descartes, bref c’est un mélange de fasciste rampant, de machiste tendance petite-bite, de voltigeur du Vatican liberticide, un immonde salaud à qui l’on aurait dû couper la langue et le clavier à la naissance. Moyennant quoi l’on charge la mule et la charrette de fumier verbal pour que la foule des bons esprits conspue l’infâme.


Apparemment, il ne vient pas à l’esprit du scribe vertueux que les gens comme Zemmour ont intégré la formule ancienne made in USA « Dites de moi ce que vous voulez, même du bien, mais parlez-en… ». Et le juif berbère de Sarcelles (sic) de faire son miel et d’approcher du but : « être le journaliste le plus détesté de France ». En termes de buzz télé, et par conséquent de chroniques grassement payées, c’est une mine d’or. Et si vous souhaitez publier le best-of, la promo est déjà faite.


CFourest.jpgLa chronique de Caroline Fourest est différente. D’abord, on n’y trouve pas une seule insulte ou grossièreté. Deuxièmement, au lieu de réfuter des évidences visuelles (le nombre de footballeurs noirs en équipe de France), elle tente de montrer l’intention de nuire. Le refus du progrès social et scientifique s’est toujours caché derrière d’épaisses banalités (chacun peut voir que la terre est plate, une femme ne peut travailler quand elle a des enfants, etc). Caroline Fourest ne se contente pas de montrer, elle démontre, en replaçant l’affaire dans sa réalité : « Il ne s’agit pas « d’hitlériser » Éric Zemmour, mais de démentir un cliché de plus. On peut être journaliste, cultivé et flatter l’instinct primaire ».


Où est l’efficacité : la puante insulte ou le réquisitoire implacablement argumenté ? Une question pour relancer une vieille polémique : faut-il autoriser la diffusion de « Mein Kampf », avec explications historiques, ou cacher le monstre comme Dracula dans un caveau des Carpates ? L’interdiction par la loi a-t-elle jamais ôté quoi que ce soit de certains esprits, racisme, nazisme, créationnisme, fanatisme pseudo-religieux, violence faite aux femmes au nom de la prééminence du « premier sexe » ? Le philosophe n’est-il pas plus efficace que le législateur pour épanouir la cervelle ? Faut-il enterrer une seconde fois Voltaire, qui se serait fait tuer pour que ses adversaires puissent parler ? Et se serait battu jusqu’à la mort pour pouvoir répondre.

 

Gilbert Dubant

 

clownParadoxe : le « déblogueur » obligé de commenter un article du « deblog notes ».


1°) la comparaison avec C. Fourest  me semble un peu injuste : outre que je n’ai pas la prétention d’avoir son talent, les textes sont de deux types assez éloignés sur deux « médias » encore plus éloignés : Mme Fourest, journaliste et essayiste, écrit une chronique d’un feuillet, dans l’encore prestigieux Monde, l’écrivaillon commet ce qu’il prétend être des articles dans un deblog-notes.

2°) Gilbert me prête des insultes que je n’ai pas commises à l’encontre de Zemmour, ainsi il ne me serait pas venu à l’esprit de le qualifier de pseudo-laïque, vu qu’il ne feint absolument pas de l’être (cf la citation sur l’école) et le « c’est un mélange de fasciste rampant, de machiste tendance petite-bite, de voltigeur du Vatican liberticide, un immonde salaud à qui l’on aurait dû couper la langue et le clavier à la naissance » relève non de ma prose insane de scribe vertueux, mais de la libre interprétation du commentateur.

3°) Je n’ai pas l’intention d’enterrer une 2e fois Voltaire, n’ayant en aucun cas demandé de censurer le polémiste (tout en rigolant sur l’attitude des faux-culs – ouille encore une insulte ! – de Mougeotte et Ruquier). Mais je revendique le droit d’appeler un chat, un chat et un coquin, un coquin.

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