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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 16:21
Espagne 26J même impasse !

Un site gauchiste peut afficher le montage ci-dessus, le PP est néanmoins le gagnant apparent de ces nouvelles élections générales espagnoles. Et Podemos, le perdant. Le PSOE sauvant la mise et Ciudadanos ne perçant pas. Mais l'impasse paraît totale.

 

Espagne 26J même impasse !
Espagne 26J même impasse !
Espagne 26J même impasse !
Espagne 26J même impasse !

Une proportionnelle parcellisée

Avec pratiquement le même nombre de voix le PNV obtient 5 députés, le Parti Animaliste (eh oui ! ça existe) aucun.

L’utilisation de la loi d’Hondt mais surtout la répartition des sièges entre provinces de tailles diverses favorisent les deux partis arrivés en tête dans les petites provinces. Ainsi le PP et le PSOE ont obtenu des sièges à Soria, Ceuta, Melilla, Ávila, Segovia et Teruel avec moins de 20 000 voix, tandis que Ciudadanos doit en réunir 100 000 pour chaque siège gagné à Madrid !

Les petits partis à vocation nationale sont pénalisés. En revanche, le PNV, qui concentre ses votes sur 3 provinces les rentabilise. Le PP, bien implanté dans les provinces les moins peuplées est le parti national le plus favorisé.

Un jeu de dupes que ces nouvelles élections provoquées par le blocage après celles de décembre.

Le PP malgré ses nombreuses casseroles gagne en voix et en sièges. Le PSOE, l’autre parti traditionnel, donné troisième derrière Podemos, reste 2e.

Les nouveaux partis ne percent pas. Ciudadanos, bien que mené par le dirigeant le moins impopulaire dans les sondages, victime sans doute du vote utile en faveur du PP, perd 8 sièges. Et Podemos alors que son leader Pablo Iglesias avec morgue moquait le PSOE, malgré une alliance avec Izquierda Unidad (rebaptisé en décembre 2015 Unidad Populares), maintient juste le nombre de sièges (69+2) et l’alliance perd nettement en voix et en pourcentage.

La moindre participation (69,84% contre 73,20% le 20 décembre) explique que malgré un nombre de voix légèrement plus faible, le PSOE gagne en pourcentage, mais perd cependant 5 sièges dans la bataille.

Podemos croyait pouvoir tirer le meilleur parti du blocage qu’il avait en grande parti provoqué.

En effet, après avoir poussé le PSOE vers une alliance minoritaire avec Ciudadanos par des exigences inaceptables, Podemos avait accepté la main tendue d’Izquierda Unida (gauche unie essentiellement PC)  qu’il avait dédaigneusement repoussé en décembre.  Certes il perdait l’image de parti transversal, transcendant le clivage droite/gauche, mais la deuxième place que semblait lui assurer l’addition des forces (plus de 24% contre 22% au PSOE le 20D) lui promettait des gains en sièges substantiels. Et les sondages successifs confirmaient la justesse de ce calcul. La dynamique de l’union poussait Unidos Podemos vers une 2e place qui en ferait le leader de la gauche. Pablo Iglesias, avec une ironie arrogante, proposait déjà une vice-présidence à Pedro Sánchez, le socialiste, dans une majorité de gauche.

Espagne 26J même impasse !

Jusqu’au sondage à la sortie des urnes, repris par les quelques médias français qui suivaient un peu ces élections, qui donnaient encore Podemos et ses alliés devant le PSOE en voix et en sièges.

Or  ce front de gauche ibérique perd 1 million de voix  du 20D au 26J, de décembre 2015 à juin 2016 ! Et ne gagne aucun siège. L’ex-dirigeant Juan Carlos Monedero ironise cruellement sur l’infantilisme d’un parti qui a cru dans les sondages, parce que ces sondages disaient ce qu’ils voulaient entendre. Les adversaires de la ligne d’Iglesias– à commencer par son second, Errejón – estiment que la convergence avec Izquierda Unida a été un handicap pour leur parti. L’identification de Podemos avec une gauche traditionnelle et caduque, qui ne fait pas rêver, a terni son image novatrice. En revanche, pour les proches d’Iglesaias, ce fut la campagne électorale, dont Errejón avait la charge, trop consensuelle , trop molle pour tout dire qui a été démobilisatrice.

Un qui échappe à une nuit de longs couteaux, c’est Pedro Sánchez. Non seulement, il a su surmonter la menace extérieure de Podemos qui voulait supplanter le PSOE, mais ainsi il conforte sa place de leader en interne face aux barons, à commencer par Susana Díaz, Présidente de l’Andalousie. Barons qui ont le plus souvent contracté alliance dans leurs régions avec Podemos ou ses alliés locaux, mais s’opposaient à cette éventualité au niveau national, donnant une image d’incohérence à leur parti. Sánchez a eu le courage de se lancer dans une démarche d’investiture qu’il savait perdu d’avance, mais qui permettait de lancer le processus institutionnel.

Pour autant, la stratégie constante d’humiliations menée par Pablo Iglesias à l’encontre du PSOE – se lançant par exemple dans une diatribe virulente et hors de propos contre Felipe González dans sa première intervention au Parlement – à laquelle s’ajoute l’hostilité du PCE envers les socialistes, rend une convergence à gauche très problématique.

Passons sur Ciudadanos qui ne peut-être, au mieux, qu’une force d’appoint, insuffisante pour obtenir une majorité. Juste pour souligner qu’il ne suffit pas d’avoir un leader apparemment populaire (le seul à obtenir un solde positif entre satisfaits et insatisfaits dans les sondages), Albert Rivera, pour faire un gros score.

La preuve inverse est donnée avec le PP, dont le leader, le chef de gouvernement sortant, bat lui les records d’impopularité. Bien que plombé en outre par une succession de scandales, le PP améliore nettement son score (+4,3%), gagne plus d’un demi-million de voix et 14 députés ! Le phénomène Barrabas à l’échelle d’un pays. Le Balkanysme pour un parti entier. Pourri mais en tête. Rajoy, le moins charismatique de tous les leaders, fort de ses presque 8 millions d’électeurs, affirme haut et fort sa volonté de reprendre la direction du gouvernement, soit avec des alliés (mais le PSOE rejette cette hypothèse et C’s rejette Rajoy), soit seul avec des majorités ponctuelles.

Sur le papier, à droite, une alliance PP+C’s+PNV+la coalition canarienne serait à 1 voix de la majorité ; à gauche, PSOE+Podemos devraient aussi convaincre C’s, car même l’apport problématique d’ERC (acceptation ou pas du référendum catalan) et d’EH Bildu ne donne pas de majorité.

L’Espagne semble donc toujours ingouvernable…

 

 

Sources : surtout El País et un peu La Vanguardia

Le Montage introductif (francisé à ma mode) est tiré de Saltimbanquiclicclic

 

A lire : Les Espagnols, fidèles conservateurs Courrier International

 

A noter que les Espagnols ont l'habitude de noter, non sans ambiguïté (le J de 26J peut être aussi bien juin que juillet) les grands évènements de la date du jour suivie de l'initiale du mois : 20D=20 Décembre 2015, 26J=26 Juin 2016 sans oublier le 23F comme Fondateur...

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commentaires

J. F. Launay 29/06/2016 17:36

Reçu par courriel :

"Merci pour cette trés bonne analyse de la situation politique espagnole.l'espagne est ingouvernable,comme la Grèce,comme l'Italie,comme la France, comme l'Angleterre..............Quelle est la solution .???" GT

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