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20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 17:24
Roberto FERRI

Voilà un peintre italien, Roberto Ferri, apparemment papadolâtre, si l’on en croit le portrait du titulaire actuel du poste et bigot avec son chemin de croix qui a de quoi ravir toutes les grenouilles de bénitier d’Italie et d’ailleurs, qu’on pourrait prendre, si le pape n’était contemporain, comme un artiste des siècles passés.

Et bien non, ces toiles méticuleusement peintes à l’huile, sont l’œuvre d’un quarantenaire, né en 1978 à Tarente, dans les Pouilles et qui, après des études au lycée artistique Lisippo de la ville, a commencé à étudier la peinture en autodidacte, si l’on en croit sa biographie sur son propre site. Arrivé à Rome en 1999, il est entré à l’école des Beaux-Arts de Rome où il a étudié la scénographie pendant 4 ans, avec Gaetano Castelli et Francesco Zito.

Roberto FERRI

Il s’est intéressé à la peinture du Cinquecento à la fin de l’Ottocento (du XVIe siècle à la fin du XIXe siècle). Et il se place sous le patronage du Caravage d’abord et de la peinture académique de David, Ingres, Girodet, Géricault, Gleyre et Bouguereau (Bouguereau champion de l’art pompier et qui refusait les œuvres impressionnistes dans les expositions officielles).

Roberto FERRI
Roberto FERRIRoberto FERRI
Roberto FERRIRoberto FERRI
Roberto FERRIRoberto FERRI

Le Caravage, David, Ingres, Girodet, Géricault, Gleyre et Bouguereau.

Dans sa veine religieuse, on peut noter ce Saint François-de-Paul très orthodoxe.

Roberto FERRI

On reste dans l’imagerie religieuse avec deux Saint Sébastien, aux blessures très insolites.

Roberto FERRI
Roberto FERRI

Sa Sainte Rosalie a l'extase lascive.

Roberto FERRI

Mais le Saint Jean-Baptiste, apparemment tout aussi orthodoxe avec sa croix prémonitoire et son agneau, a déjà sa tête décapitée bizarrement posée à côté de lui.

Roberto FERRI

Et bien sûr Salomé ne tarde pas à apparaître brandissant cette tête.

Roberto FERRI

"Le chant de la Vierge" est un cantique funèbre sans doute.

Roberto FERRI

Le Christ du chemin de croix perd son voile pudique.

Roberto FERRI

Et le martyr anonyme git, nu.

Roberto FERRI

Sa pieta n'a vraiment plus rien d'orthodoxe, à faire frémir les punaises de sacristie.

Roberto FERRI

Et son art sacré devient franchement baroque avec des compositions complexes et des collages.

Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI

Les anges, déchus ou pas, prennent une grande place dans son oeuvre. A commencer par Lucifer.

Roberto FERRI

"Fixant l’abîme, Lucifer déchu semble jeter un regard humilié, perplexe, ou arrogant. Ce personnage au corps sensuel, peint dans un style romantique, exerce sur les contemplateurs-rices un certain charme suranné. Roberto Ferri assume pleinement son inspiration baroque et romantique au moment même où le mode d’expression figuratif paraît désuet."

Ferri, maître du baroque contemporain

 

Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI

Et comme on le voit, Roberto Ferri a tranché la question du sexe des anges : ils en ont bien un ! Anges qui semblent parfois - sont-elle si jointes qu'elles se confondent ? - n'avoir qu'une aile.

Roberto FERRI
Roberto FERRI

Et on trouve même une succube aux ailes de chauve-souris.

Roberto FERRI

KITSCH ?

"Peintre associé au mouvement kitsch qui encourage, entre autres, un retour à l’art figuratif, ses compositions obscures et érotiques sont beaucoup plus marquées que dans la tradition classique dont il s’inspire. Malgré sa manière traditionnelle de peindre, son œuvre est provocatrice et très moderne dans sa fascination pour le gore et la sexualité." nous dit le magazine Raise

Eros et Thanatos, thème inépuisable, où il peut convoquer la Déesse Ishtar...

Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI

Des nus féminins de facture classique deviennent des femmes plantes, des chimères diverses forment une faune inquiétante, et on passe parfois du kitsch au gore.

Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI
Roberto FERRI

Avec le serpent présent dans de nombreux tableaux, il puise à nouveau dans la veine d'inspiration chrétienne, le serpent tentateur, le mal.

Où se niche la tête du serpent ?

Où se niche la tête du serpent ?

Reptilarium

Reptilarium

Vitriol

Vitriol

Eclipse

Eclipse

Cette "Eclipse", sous l'apparent réalisme de cette peinture figurative, comporte des anomalies anatomiques flagrantes : la musculature des deux hommes est plus qu'insolite, l'homme de dos semble même avoir un serpent sous cutané faisant relief, surtout la jambe droite de la femme est dans une position invraisemblable.

Naissance du mal

Naissance du mal

Cette scatologique "naissance du mal" évoque deux oeuvres de Montoya : Esfuerzo et Productos de mi tierra.

Roberto FERRI

Délivre-nous du mal

Pour terminer sur une note plus profane, ce baiser en Hommage à Rodin.

Roberto FERRI

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 17:19
Nonnes violées par des prêtres !

Des fabliaux aux pubs Benetton ou d’Antonio Federici, en passant par toute une littérature, les nonnes friponnes se faisant allègrement trousser par un curé lubrique ont peuplé dessins et récits paillards. Mais là, il ne s’agit plus de péchés de chair entre adultes jetant de concert leurs vœux de chasteté aux orties, mais de harcèlements et de viols. Et, même si elles ne subissent pas de violences sexuelles, beaucoup de religieuses sont traitées par les prêtres, des évêques, des cardinaux comme des boniches à leur service (et gratuites). Le pape vient de le reconnaître : "des prêtres se sont servis de religieuses comme esclaves sexuelles".

La loi du silence et du secret

Deux ex-nonnes, Rocío Figueroa et Doris Wagner Reisinger, ont rompu la loi du silence et fondé une association Voices of Faith pour amener leurs consœurs à dénoncer la violence exercée par une partie des prêtres et évêques. Elles ont déjà obtenu que l’Union internationale des supérieures générales (UISG), organisme qui représente plus d’un demi-million de religieuses dans le monde, fasse part de sa "profonde tristesse et indignation" face aux abus qui règnent au sein de l’église. Mais ces « Supérieures » n’ont-elles pas, naguère, fait prévaloir la loi du silence et du secret ? C’est ce qui ressort en tout cas des témoignages de Wagner et Figueroa.

Nonnes violées par des prêtres !

Rocío Figueroa, péruvienne, fut durant 21 ans, religieuse dans la Fraternité mariale de la réconciliation rattachée à la Congrégation de la vie chrétienne (Sodalitium Christianae Vitae), un des groupes les plus conservateurs des églises d’Amérique latine. Rocio souffrit des abus du vicaire de la congrégation, German Doig, au su du fondateur Luis Fernando Figari.

Rocio conte que dès ses 15 ans, elle sentit l’appel de dieu et elle rencontra cette congrégation ultra-conservatrice. German Doig devint son directeur spirituel. Au bout de quelques mois, il l’amena à pratiquer le yoga. Peu à peu les sessions de groupes se transformèrent en duo, lui et elle. Il lui enseigna des exercices spéciaux destinés à renforcer son autocontrôle sur sa sexualité. Graduellement, ils devinrent de plus en plus intimes et les exercices de plus en plus spéciaux… Mais elle n’en dit rien à personne, se sentant coupable.

A 18 ans avec 5 autres jeunes filles, elle décide de se consacrer à la vie religieuse, devenant la branche féminine du mouvement. Elles furent très durement traitées par la branche masculine, avec un Figari misogyne qui considérait les femmes comme moins intelligentes. Comme Rocio devenait de plus en plus critique sur le traitement subi, elle fut envoyée à Rome.

Doig mourut en 2002, et Figari, sans vergogne, voulut qu’elle l’aide à obtenir sa béatification. Mais, ayant découvert qu’elle n’était pas la seule victime de Doig, qu’il était un abuseur en série, elle eut la néfaste idée d’en informer le fondateur et se retrouva, elle-même, accusée de mensonge. Et quand elle raconta au Cardinal Rylko les abus dont elle avait été victime, il lui répondit qu’elle avait le choix entre quitter la communauté ou garder le silence. Il a fallu l’aide d’un journaliste pour que, bien des années après, les abus commis par Doig, Figari et au moins deux autres membres de la direction de cette congrégation deviennent publics.

Nonnes violées par des prêtres !

Doris Wagner entre dans la vie religieuse à 19 ans. Dès le départ, elle subit ce qu’on pourrait appeler une dépersonnalisation progressive (du même style que celle subie par les petits séminaristes de Vendée) : confesseur et directeur de conscience imposés, interdiction de parler librement avec les autres membres de la communauté, de lire des livres… Cinq ans plus tard, à Rome, le supérieur de la communauté religieuse, L’Œuvre, est entré dans sa chambre, l’a dénudée, et comme elle protestait, l’a frappée et l’a pénétrée. Quelque temps plus tard, un autre responsable de L’Œuvre, « aujourd’hui chef de bureau à la Congrégation pour la doctrine de la foi », précise-t-elle, demande à sa supérieure d’être son confesseur et se sert de cette position pour l’agresser. Elle demande à sa supérieure de changer de confesseur mais quand celle-ci lui en fait expliquer les raisons, elle trouve des justifications à son agresseur: « Elle ma dit savoir quil avait une certaine faiblesse pour les femmes et que nous devions essayer de supporter cela ». (La Croix)

Abus sexuel : abus de pouvoir

Comme le dit Figueroa, tout abus sexuel dont est victime une religieuse est avant tout un abus de pouvoir. Et que la victime ressent comme une trahison : le prêtre, consacré, ‘représente’ la voix de dieu ; la trahison de la confiance amène la victime à se sentir abandonnée de ce dieu ; l’abus sexuel au sein de l’église génère un conflit théologique et existentiel, déstabilisant la foi de la victime, son identité spirituelle, sa conception de dieu.

Selon Doris Wagner, près de 40 % des religieuses auraient été victimes d’agressions sexuelles. Elle ajoute qu’il y a de nombreux cas où des prêtres ayant mises enceintes des religieuses les ont forcées à avorter*.

Nonnes à tout faire

Et, scandale moins spectaculaire – mais qui peut se cumuler avec les abus sexuels – de nombreuses religieuses du tiers monde ont été en quelque sorte importées en Europe et en particulier à Rome : ces sœurs qui ont quitté leur pays en croyant servir le ‘‘Seigneur’’ en se mettant au service des pauvres, ont été réduites à être de pauvres servantes des seigneurs évêques et des princes cardinaux !

Nonnes violées par des prêtres !

Si l’on ajoute que Sodoma révèle l’emprise non plus d’un lobby mais d’un système gay sur le Vatican – ce qu’affirmait déjà un Alberto R. Cutié, et que semblait démontrer Amores Santos documentaire brésilien - on plaint le pauvre pape François face à ce mur d’hypocrisie.

* L’article mis en lien fait état d’un rapport de 1995, dans lequel sœur Maura O’Donohue rapporte l’histoire d’une religieuse morte au cours d’un avortement : le prêtre qui l’avait mise enceinte, et conduite à l’hôpital pour y remédier, a célébré sa messe de funérailles !

Sur ARTE, le mardi 5 mars 2019 à 20 h 50

Nonnes violées par des prêtres !

Documentaire sur les religieuses abusées, la justice contraint Arte à cesser toute diffusion

À la suite de la plainte d’un prêtre allemand, un tribunal de Hambourg a contraint Arte à retirer de sa plate-forme de vidéos à la demande le documentaire « Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Église ».

 

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19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 16:04
PENNSYLVANIE : le Vatican était au courant depuis 1963

« C’est toujours le même scénario. Il faut attendre un séisme médiatique pour que le pape François soit enfin contraint à prendre la parole – et ce ne sont que des mots, aucun acte. »

François Devaux

Le pape François a pu faire illusion, mais du coup le jésuite est démasqué. Déjà au Chili, il avait apporté son soutien à des prélats qu’il a ensuite condamnés quand preuve fut archi-faite de leur duplicité devant des actes pédophiles de leurs prêtres. Il nous rejoue le grand scénario de la honte et de la pitié après le scandale de la Pennsylvanie. Or le Vatican était au courant depuis 1963 ! et a couvert les prélats qui couvraient les prêtres pédophiles.

Les 1356 pages de l’horreur du rapport du Grand Jury de Pennsylvanie révèlent des réseaux sado-masochistes, des viols de mineurs dans des hôpitaux ou sous somnifères et cela commis pendant des dizaines d’années. Des descriptions crues et effroyables.

Par exemple, dans le diocèse d’Erie, un prêtre a avoué avoir commis, dans les années 80, des viols anaux et oraux sur au moins quinze gamins, un d’entre eux n’avait que sept ans. Quand il rencontrait ce prédateur sexuel, l’évêque du diocèse, Donald W. Trautman, le félicitait : cette personne « candide et sincère » faisait des progrès dans le contrôle de son addiction. Et quand finalement ce curé fut quand même expulsé, l’évêque refusa d’en expliquer le motif.

PENNSYLVANIE : le Vatican était au courant depuis 1963

Les investigations démontrent une volonté délibérée de tolérer les actes pédophiles dans 54 des 67 comtés de Pennsylvanie avec parfois la complicité des procureurs. Cependant la plupart de ces abus sont soit prescrits soit éteints par la mort de leurs auteurs. Seuls deux cas sont instruits. Mais ces révélations vont peut-être aboutir à inculper des prélats comme le Cardinal Donald Wuerl, ex-évêque de Pittsburgh de 1988 à 2006, pour avoir occulté ces actes.

Les exemples les plus scabreux abondent. Ainsi de ce curé qui viole une petite fille quand il lui rend visite à l’hôpital après une opération des amygdales. Un prêtre obligea un enfant de neuf ans à pratiquer le sexe oral en lui disant qu’une eau bénite allait jaillir pour lui purifier la bouche. Un autre saoula un enfant pour lui faire oublier qu’il l’avait violé analement. Et même, un religieux qui avait été obligé de démissionner après trois années d’accusations bénéficiait de sa hiérarchie d’une recommandation pour obtenir un emploi dans un … Disney land !

Le procureur Shapiro a aussi raconté que l’un des prédateurs remettait des croix en or aux enfants qu’il avait abusés pour les distinguer des autres. Il conte aussi le cas d’une jeune fille qui fut violée par un prêtre et, tombée enceinte, dut avorter.

Le Grand Jury a révélé que Thomas Skotek, un prêtre du diocèse de Scranton s’attaqua à une jeune fille de 1980 à 1985 : il la viola, la mit enceinte et l’aida à se faire avorter.

Les documents des archives épiscopales indiquent qu’en 1986 l’évêque était « pleinement conscient » des actions de ce prêtre. Skotek démissionna de son poste et fut envoyé dans un centre de traitement catholique pour le clergé.

Dans une lettre de 1986, l’évêque exprime ses condoléances au prêtre : « C’est un moment difficile dans ta vie […] Je partage ta douleur (…) Avec l’aide de dieu, qui jamais ne nous abandonne et qui toujours est près de nous quand nous en avons besoin, ceci néanmoins passera » et la vie pourra reprendre son cours.

Une année après, en 1987, Skotek fut réaffecté à une autre paroisse de Pennsylvanie.

La même année, Timlin envoya un courrier au Vatican où il reconnaissait que le prêtre avait aidé à organiser un avortement – ce qui selon la loi canonique devrait amener à le relever de toute tâche sacerdotale – mais il plaida pour que le coupable soit épargné par cette loi ! Le fait que, si avortement il y avait eu, était dû au fait que Skotek avait engrossé une jeune fille n’était pas évoqué dans la lettre.

Le prêtre put continuer à exercer son sacerdoce jusqu’en 2002.

Les enquêteurs qui ont témoigné devant le grand jury ont décrit une sorte de manuel pour cacher la vérité en quelques points.

D’abord utiliser des euphémismes pour décrire les abus sexuels, par exemple, au lieu de parler de viol on dira contacts inappropriés. Si une enquête doit être lancée on la confiera à des personnes inexpérimentées, comme d'autres religieux. Et ces enquêteurs, sans souci de crédibilité, vont recueillir les seuls témoignages des prédateurs sexuels, exfiltrés dans des centres psychiatriques religieux. Si le diocèse estime que le scandale est tel qu’il faut retirer de la paroisse le prêtre agresseur, on évite d’en donner la cause : on évoquera des raisons médicales comme la fatigue nerveuse. Cependant, le plus souvent, quand les abus vont être découverts, on transfère le délinquant dans une autre paroisse où personne ne sait que c’est un pédophile. Même dans des cas gravissimes, l’église préfère  mettre le curé sur la touche, mais en lui donnant toujours de quoi vivre et surtout n’informe jamais la police ou la justice de quoi que ce soit.

Par exemple, dans le diocèse d’Erie, l’évêque a découvert en 1986 qu’un révérend avait masturbé à plusieurs reprises des adolescents, dans les dix années précédentes, sous prétexte de leur apprendre à découvrir de possibles signes précurseurs d’un cancer. Quand le père d’une des victimes s’était plaint, il lui fut conseillé la discrétion et donc d’éviter de répandre l’information car ce serait préjudiciable et inutile.

À Harrisburg, un curé a abusé de cinq sœurs et il recueillait des échantillons de leur urine et de leur sang menstruel. L’église ne prêta aucune attention aux plaintes de la famille, jusqu’à ce que, des années plus tard, le religieux fit des aveux quand la police enquêta. A Pittsburgh, le diocèse négligea les plaintes d’un jeune de 15 ans, estimant que le mineur avait cherché à séduire le prêtre. Il existait même dans cette ville, selon le rapport, un réseau de prêtres se livrant à des actes sadiques avant de violer leurs victimes.

Les enquêteurs se sont plaints de ne pas avoir reçu de documentation récente. Ils supposent que, malgré les réformes promises par la hiérarchie ecclésiastique étatsunienne après le scandale de Boston en 2002, les habitudes de dissimulation n’ont pas disparu. Et selon le Procureur général de Pennsylvanie, Josh Shapiro, beaucoup de cas sont remontés jusqu’au Vatican.

PENNSYLVANIE : le Vatican était au courant depuis 1963

Le premier de ces cas fut celui de Raymond Lukac, prêtre du diocèse de Greensburg. En 1963, Lukac a cumulé au moins trois cas d’abus sexuels sur mineurs : non content d’avoir une relation avec une organiste de 18 ans, il avait eu un enfant avec une fille de 17 ans, s’était marié clandestinement et avait abusé d’une autre fille de 11 ans. Lukac, envoyé dans un centre religieux aux environs de Chicago et interdit de recevoir des confessions, sollicita William Connare, évêque de Greensburg, pour être rétabli dans ses fonctions. Connare transmis le cas au Saint Office qui donna son approbation. Donc l’évêque, avec le feu vert du Vatican, a pris le risque délibéré de remettre en activité ce prêtre prédateur.

Selon le Grand Jury, le Vatican était en contact avec les évêques de Pennsylvanie et recevait des informations sur les cas d’abus sexuels pédophiles. Mais il n’a pas trouvé trace des répercussions de ces révélations. En 1988, par exemple, une femme a envoyé une lettre au diocèse de Pittsburgh et au Vatican pour dénoncer le prédateur de son enfant, elle n’a jamais reçu de réponse.

Un Parquet complice

L’enquête a révélé que la hiérarchie ecclésiastique a aussi bénéficié de l’énorme pouvoir social de l’église. En 1962, Ernest Paone, prêtre de Pittsburgh, a été convaincu d’abus sexuels sur des enfants qu’il menaçait d’une arme. Le diocèse l’a transféré dans une autre ville. Et en 1964, le procureur du district, Robert Masters, envoya une lettre au diocèse pour l'informer qu’il cessait son enquête sur Paone, pour éviter une publicité nuisible à l’église. En 2017, devant le Grand Jury, Masters allégua qu’il avait agi ainsi par respect envers l’évêque, mais aussi pour obtenir son appui pour sa carrière politique.

Le Vatican a dit éprouver « honte et colère » après les révélations du Procureur Shapiro, comme s’il découvrait l’affaire. « Les victimes doivent savoir que le pape est de leur côté. Ceux qui ont souffert sont sa priorité et l’Eglise veut les écouter pour éradiquer cette horreur tragique qui détruit la vie des innocents ».  Sauf que jusqu’à la publication du rapport du Grand Jury, l’Église a protégé les prédateurs en se fichant bien du sort des victimes.

 

 

 

 

 

 

 

PENNSYLVANIE : le Vatican était au courant depuis 1963

 

Voir aussi

Pédophiles catholiques

 

 

 

 

Un article d'un journaliste catholique de Philadelphie :

Pédophilie. Si l’Église ne change pas, nous la déserterons

 

 

 

 

PENNSYLVANIE : le Vatican était au courant depuis 1963

Proposé par Géhèm :

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 20:25
Le Monsignore est tout émotionné !

Le Monsignore est tout émotionné !

02/03/2017 Krzysztof Charamsa invité de 28 minutes Arte à l'occasion de la sortie de son livre La première pierre

Le synode sur la famille commence comme un film d’Almodovar, titre un journal italien, après le coming out d’un Monsignore. Le théologien, Krzysztof Charamsa, membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, est sorti du placard : dans un long entretien à Il Corriere della Sera, il a affirmé son homosexualité. Là-dessus, un curé de Trente, lui, excuse la pédophilie !

Krzysztof Charamsa, comme son prénom l’indique, est d’origine polonaise. Mais vit à Rome depuis 17 ans. Outre son appartenance à la Congrégation pour la doctrine de la foi, il enseigne la théologie à l’université pontificale grégorienne. Et la veille de l’ouverture du synode sur la famille, il accorde donc un long entretien à Il Corriere della Sera, dans lequel il se présente sereinement comme un prêtre homosexuel, heureux et fier de son identité ! Scène touchante également quand il présente son amant, Edouard, à qui il a dédié ce qu’il appelle sa sortie du placard. Sortie à laquelle il invite les nombreux autres prêtres gays à se livrer. Il a adressé une lettre personnelle au Sandro Padre, au pape, pour lui révéler son identité sexuelle ; il l’a fait savoir également à l’université romaine où il enseigne. Et il prévoit, à sa grande douleur, qu’il ne pourra plus travailler dans une institution catholique.

Un prêtre qui excuse la pédophilie

 

D’un niveau beaucoup plus trivial est l’entretien de ce Don Gino Flaim, prêtre de la ville de Trente.

“La question de l’homosexualité dans l’Eglise, c’est un problème réel ?” demande une journaliste de La7

Je ne sais pas, répond le prêtre. La pédophilie, je peux comprendre. L’homosexualité, je ne sais pas. Je suis beaucoup allé dans les écoles, les enfants je les connais, et malheureusement il y a des enfants qui cherchent de l’affection parce qu’ils n’en reçoivent pas chez eux. Ils peuvent parfois tomber sur un prêtre qui cède, et ça je peux le comprendre.

— Donc ce seraient les enfants qui…

En bonne partie, oui.

— Donc les accusations à l’égard de la pédophilie sont injustifiées ?

Accusations… C’est un péché, et comme tous les péchés il doit être accepté.

— Et en ce qui concerne l’homosexualité ?

Je n’ai pas de connaissances directes, je ne pourrais pas me prononcer. Je ne m’étonne pas que de telles choses arrivent, puisque l’Eglise est une communauté de pécheurs. Ce n’est pas pour rien que Jésus-Christ est mort pour les péchés. Comment expliquer, d’ailleurs, que surviennent des maladies ?

— Parce que l’homosexualité est une maladie ?

Je pense vraiment… que oui.

(traduction Courrier International)

Le Don a été suspendu. Pourtant il ne faisait que reprendre ce qu’affirmait Bernardo Alvarez, évêque de Ténérife 

Les confessions du Monseigneur : coming out à la veille du synode !

Krzysztof Charamsa, lui, s’adressant au synode, affirme que toute personne, même lesbienne, gay ou transexuelle, porte dans son cœur une aspiration à l’amour et un désir de famille. Chacun a le droit d’aimer. Le christianisme est la religion de l’amour, c’est le message apporté par Jésus. Un couple d'homosexuels doit pouvoir dire à l’église son amour en accord avec leur nature.

Message inaudible. Le Vatican a immédiatement condamné le coming out, le qualifiant de "très grave et irresponsable" et a révoqué Krysztof Charamsa de ses fonctions auprès de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Et, bien que Romain depuis 17 ans, comme il dépend d’un évêché polonais, son supérieur hiérarchique local lui a demandé de faire amende honorable, faute de quoi il sera suspendu 'a divinis', c’est-à-dire viré.

Le Monsignore ne se faisait pas d’illusions. Il a prévu d’aller s’installer, avec son amant, à Barcelone. Perfidement, l’obs laisse subodorer une opération marketing de la part du futur ex-prélat :

« Que va devenir ce monseigneur gay qui revendique publiquement son homosexualité, et qui samedi soir était au bord des larmes lorsqu’il a quitté le restaurant romain siège de sa conférence de presse improvisée ?

 

Il répond :

"J’irai en Espagne, j’ai déjà mon billet, je remplirai deux valises avec mes livres, mes papiers et mes effets personnels, le reste je le laisserai aux bonnes sœurs du couvent où je vis. Et à Barcelone, je me chercherai un boulot."

 

Ce ne devrait pas être trop difficile, vue la clameur suscitée dans les médias du monde entier par son geste, et par l’annonce qu’il a faite hier soir d’avoir déjà écrit un livre en italien, avec traduction polonaise, "prêt à être publié". Les éditeurs intéressés ne manqueront pas. »

En envoyant son gros caillou dans la mare synodale, il n’est pas sûr que ce sémillant et jeune – pour un évêque, au moins, 43 balais – ait rendu un fier service à François, le pape. Il est peu probable que, de toutes façons, l’église bouge quelque peu sur le fond. Tout au plus, à propos des homosexuels, des divorcés, arrivera-t-elle à se souvenir de ce message que le catholique zombie* que je suis dans la nomenclature toddienne a encore en mémoire : « Que celui qui n’a pas péché jette la première pierre ».

Mais c’est son problème, à l’église, pas celui d’une société laïque.

Autrement dit, et il faut le répéter ad libitum, les confessions peuvent imposer leurs dogmes à leurs religionnaires, dans le respect quand même des lois en vigueur, comme l’interdiction de la contraception, a fortiori de l’IVG, du mariage entre personnes du même sexe, etc., sous réserve de ne pas chercher à imposer ces dogmes, ces interdits, à l’ensemble de la société civile !

 

* "Grâce à dieu, je suis athée" comme disait malicieusement Luis Bunuel.

ARTE 28 minutes

La première pierre

 

Entretien de 28 Minutes fait à l'occasion de la sortie du livre

 

La première pierre
Moi, prêtre gay, face à l'hypocrisie de l'église

Krzysztof CHARAMSA

La pierre angulaire est la première à être posée quand on construit un édifice. C’est la plus importante, celle qui doit tout soutenir. Pour Krzysztof Charamsa, cette première pierre a été son coming out du 3 octobre 2015. Alors qu’il exerçait depuis de nombreuses années de hautes fonctions au sein du Vatican, ce prêtre polonais a annoncé publiquement son homosexualité à la veille du synode sur la famille, afin de dénoncer l’hypocrisie de l’Église catholique. Une institution qui, depuis des siècles, instrumentalise les questions sexuelles pour imposer son propre pouvoir.
À travers ses préceptes et doctrines, l’Église conditionne ses fidèles à ne pas vivre sereinement leur sexualité. Ainsi, et alors même qu’elle parvient à dissimuler parfaitement les crimes de pédophilie, elle alimente, dans le secret du confessionnal, le sentiment de soumission des femmes à leurs époux, la culpabilisation de l’amour, la stigmatisation des homosexuels et des transsexuels, qu’elle considère comme des pestiférés. Or, selon K. Charamsa, le clergé catholique est lui-même composé en très grande partie de prêtres homosexuels. Qui se trouvent réprimés et contraints à la clandestinité.
Démis de ses fonctions par le Vatican, K. Charamsa souhaite avec ce livre secouer les consciences et poser les bases d’un nécessaire renouveau de l’Église. Une institution en laquelle il veut toujours croire, mais qui, si elle veut continuer à exister comme guide spirituel, doit commencer par respecter chaque personne.
 
Présentation de l'éditeur La découverte
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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 20:38
L’église considère que boire du mojito est une pratique homosexuelle

Le pape François estime qu’il faut aider les consommateurs de cette boisson à « arrêter d’absorber l’urine de Satan »

L’église se modernise pour se rapprocher de la jeunesse. Dans le cadre des XXIIIe journées de la jeunesse et du mariage qui cette année se déroulaient avec pour slogan Enrôle-toi avec Jésus, le pape François a tenu à lancer un message de conciliation : « L’église n’est pas homophobe, a-t-il affirmé. D’ailleurs, j’ai moi-même des amis qui boivent du mojito. Quelques-uns même avec de la fraise ! Devons-nous les punir pour cela ? Non. Nous devons leur pardonner. Parce que Dieu, qui est toute miséricorde, se chargera de les faire brûler comme bottes de paille dans les flammes éternelles et purificatrices de l’enfer. »

Durant toute cette journée, Bergoglio s’est montré spécialement animé et extraverti. En particulier après son quatrième verre de maté. « Cette mierda est le nectar de Jésus-Christ, mes frères ! » s’est-il exclamé. Le pape a convenu  que, comme on dit, le diable est dans les détails. Pour cela, dans le souci de bien préciser les choses par les temps qui courent, François Ier a énuméré, apparemment au pied levé, une liste des nouvelles pratiques qui, aux yeux de Dieu, comptent comme expériences homosexuelles. Entre autres, le saint Père en a cité certaines assez populaires comme s’épiler les avant-bras, porter un jean trop grand, cuisiner des cupcakes, jouer au badminton ou être uruguayen.

Dans un geste de rapprochement avec les fidèles, le pape a tenu à terminer son homélie nu-pieds, monté sur une table. Dans sa conclusion il s’est montré ferme mais non inflexible. « Dieu ne veut pas la mort du pêcheur, assura-t-il. » Malgré la fermeté de ses convictions, le délégué de Dieu en ce bas monde a affirmé que les âmes des jeunes qui se sont laissé entraîner dans la spirale infernale de ce rafraîchissant cocktail nommé Mojito pourront toutefois être sauvées. « L’espérance est toujours là. L’espérance du salut pour tous ! Sauf pour ceux qui boivent de la caipiroska ! Maudits pédés, c’est du vice pur ! »

 

 

D’après El jueves : La Iglesia considera que beber mojito es una «práctica homosexual»

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 14:50
That God is angry with Liberia, and that Ebola is a plague. Liberians have to pray and seek God’s forgiveness over the corruption and immoral acts (such as homosexualism, etc.)...  L-R: Catholic Archbishop Lewis J. Zeigler

That God is angry with Liberia, and that Ebola is a plague. Liberians have to pray and seek God’s forgiveness over the corruption and immoral acts (such as homosexualism, etc.)... L-R: Catholic Archbishop Lewis J. Zeigler

Quand on lit ce que déclare Lewis J. Zeigler, archevêque de Monrovia, faisant d’Ebola un fléau de dieu pour punir le Libéria de sa corruption et des actes immoraux, tels que l’homosexualité, on comprend mieux que le synode ait accouché d’une souris, alors qu’il y a peu on se faisait une montagne d’une prétendue évolution.

N’accablons pas d’ailleurs ce prélat africain. Son collègue de Bruxelles, André-Joseph Léonard, estimait que le sida relevait de la justice immanente (inutile de préciser envers qui).  Quant à un autre encore plus éminent collègue, puisque cardinal, Barbarin de Lyon, il prétendait que le mariage gay était la porte ouverte à l’inceste et à la polygamie. Citons encore deux prélats espagnols qui font dans la surenchère, puisque le premier,  Juan-Antonio Reig Pla, évêque d’Alcala de Henares, prétend que l’éducation sexuelle dans les écoles se réduit à exalter l’homosexualité et que le second, l’accapareur de la Mosquée de Cordoue, Demetrio Fernandez, prétend que l’UNESCO vise à ce que la moitié de la population soit homosexuelle !

Pour autant qu’ils soient présents à ce synode, ce ne sont certainement pas eux qui ont approuvé les modestes avancées, présentées comme un pas de géant, du rapport d’étape du 13 octobre. Changement de paradigme, pour La Vie, naguère catholique,  mieux encore "Le pape François force l'église à faire sa révolution sur la famille", proclamait Le Monde à la une ! "« Entendre le cri du peuple », dit carrément le pape, avec des accents à la Jules Vallès", nous apprend le directeur de La Vie.

 

Les raisons de cet emballement, avant tout des propos moins caricaturaux que ceux de Zeigler et cie : « Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne  (...) Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires. De plus, l’Eglise prête une attention spéciale aux enfants qui vivent avec des couples du même sexe, en insistant sur le fait que les exigences et les droits des petits doivent toujours être au premier rang. »

Rien de plus, finalement, que les paroles du pape François en juillet 2013 (« Si une personne est gay, qui suis-je pour juger ? ») Mais déjà trop pour les prélats homophobes. Même si, sur le fond, ces phrases ne changeaient rien : la seule union conforme au dessein de dieu restait celle d’un homme et d’une femme. Dessein qui se confond avec une prétendue « loi naturelle », celle que prônent les affidés de la manif anti mariage pour tous, celle d’un idéal de la famille avec un père, une mère et des enfants. « Pourtant, dans les Evangiles, rien ne justifie l’existence d’une loi naturelle de laquelle découlerait un idéal familial comme celui de la sainte famille, dont la fête n’a d’ailleurs été instituée qu’au XVIIIe siècle », rappelle une théologienne.

 

Ces débats, comme ceux qui touchent aux divorcés, ne concernent que les fidèles de cette religion, diront certains. Voire. Car, outre que ces propos odieux de prélats entretiennent un climat homophobe, ils deviennent carrément criminels quand, comme au Libéria, ils désignent des boucs émissaires, dans un contexte lourd de craintes donc d’émotions avec la propagation de l'ébola.

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 21:23
Editorial de François-Régis HUTIN, Ouest-France 07/09/13

Editorial de François-Régis HUTIN, Ouest-France 07/09/13

Par la plume de ses saints éditorialistes de la famille Hutin – ô ces prêches dominicaux de sœur Jeanne-Emmanuelle, les lire devrait valoir indulgence plénière – Ouest-France supplante La Croix et par l’audience et par l’absence totale de recul.

 

Or donc, le dernier édito du papa (07/09/13) se faisait l’écho de l’appel du pape, des prélats états-uniens et moyen-orientaux, de Pax Christi ou Sant Egidio, à abandonner, dans l’affaire syrienne la vaine solution militaire. Il cite néanmoins, Ban ki-Moon qui proclame : « Il est impératif de mettre fin à cette guerre ». Ah bien, Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU, mais comment ? serait-on tenté de demander. Et M. Hutin, de clamer lui qu’il faut « obtenir que le gouvernement syrien comme l’armée de libération cessent le feu, fassent une trêve qui permette d’organiser les secours humanitaires ».

Syrie : Ouest-France concurrence l’Osservatore Romano

Vœux pieux, dans tous les sens de l’expression !

 

Ni les insurgés ni les forces d’Assad ne sont décidés à quelque trêve que ce soit. Et, même si le régime syrien l’acceptait, mettre en place des « couloirs humanitaires », comme le préconisait François-Régis Hutin dans un édito précédent ne ferait qu’accroître un exode qui déstabilise de plus en plus les états voisins et particulièrement la Jordanie et le Liban.

 

On peut comprendre l’attitude de l’église catholique et des églises chrétiennes en général. Les chrétiens d’Irak étaient plus en sûreté du temps de Saddam Hussein – Tarek Aziz, longtemps ministre des affaires étrangères était chrétien – qu’après sa chute. Pour ce qui est des coptes en Egypte Moubarak, sur la fin, était moins protecteur, mais sa chute s’est accompagnée d’une persécution accrue. Et les chrétiens de Syrie craignent visiblement la chute d’Assad.

 

Notons, au passage, qu’après plus d’un millénaire de domination musulmane, le Moyen Orient reste une sorte de conservatoire des églises nées de schisme divers et/ou avec des rites particuliers. Aziz était un catholique chaldéen. On trouve les églises nestorienne, syriaque orthodoxe, maronite, melkite, copte… Allez donc trouver trace de communautés musulmanes (ou juives) dans l’Espagne d’après la Reconquista ! Et les soi-disant djihadistes ou frères musulmans qui mettent le feu aux églises coptes, voire massacrent les chrétiens au Nigeria, trahissent des siècles de tradition musulmane de respect des « gens du livre ».

 

Mais ces chrétiens d’Orient, quand ils ne se déchirent pas comme au Liban, ont parfois fait preuve de plus que de la complaisance envers des dictateurs sanguinaires. Et les prières dans les églises qui, apparemment, réunissaient moins de monde que les manifs anti mariage homo, ne risquent guère de dissuader Assad de continuer à massacrer.

Insurgés à Alep

Insurgés à Alep

Tigres de papier ?

 

Frapper ou ne pas frapper ? Admirons ceux qui tranchent avec autorité. Ainsi d’opposants absolus qui ressortent leur vieux prêt à penser sur l’affreux impérialisme américain et son valet français. J’ai même lu, dans un commentaire, qu’Obama voulait mettre la main sur le pétrole syrien qui doit représenter 0,5% de la production mondiale ; les Etats-unis, grâce au gaz et huiles de schistes, vont d’ailleurs bientôt recouvrer leur indépendance énergétique. De l’autre il y a eu les va-t-en-guerre : souvenons-nous que Sarkozy blâmait son successeur de rester l’arme au pied devant les massacres du boucher de Damas. Il y a aussi les partisans de la realpolitik qui constatent qu’aucune solution, victoire d’un camp ou de l’autre, n’est favorable aux intérêts géo-politiques de l’occident et préconisent cyniquement d’aider les rebelles s’ils sont sur le point d’être vaincus mais de cesser cette aide s’ils prenaient le dessus.

Syrie : Ouest-France concurrence l’Osservatore Romano

Pas de preuves, disent d’autres. Des journalistes du Monde déjà avaient rapporté ces preuves d’utilisation d’armes chimiques. Une polémique s’en était suivi : est-ce aux journalistes de jouer ce rôle-là ? Obama en août 2012, avait dit que  le recours à de telles armes par Assad constituerait le franchissement d'une "ligne rouge" ! Ces preuves avaient été poussées sous le tapis. Le dernier méfait semble trop massif pour être rangé sur l’étagère petit franchissement de ligne rouge. Mais que doivent faire les gendarmes (sachant que les gendarmes, en toute logique, devraient être tous les pays signataires de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques de 1993 - que la Syrie n’a pas signée).

Un sac de noeuds

 

Si les menaces ne sont que paroles verbales, comme le préconise le RP Hutin, Assad sera du coup assuré d’une totale impunité. Mais des frappes autres que symboliques ne sont pas sans danger. La capacité de nuisances du régime syrien sur notre territoire est sans doute très limitée. En revanche, il peut mettre le Liban à feu et à sang via le Hezbollah. La Jordanie peut être déstabilisée. Pour l’Irak, pire est-il possible ?

 

En même temps, le syndrome libyen est là pour nous rappeler qu’il ne suffit pas d’aider à abattre – c’est le cas de le dire – un dictateur, pour instaurer un régime plus proche de la démocratie. Un ambassadeur états-unien assassiné, un consul français visé, le moins qu’on puisse dire est qu’en Libye la reconnaissance envers ceux qui ont plus qu’aidé à renverser Khadafi n’étouffe pas certains ex-rebelles. Et les grandes promesses de contrats en tout genre que faisaient miroiter Sarkozy ne sont plus que mirages dans le Fezzan ! La Libye exporte plus de terroristes islamistes que de pétrole, dans une anarchie intérieure totale.

 

Aucune solution n’est bonne. Mais, celle que préconise Hollande est peut-être la moins mauvaise : des frappes significatives pour notamment priver Assad de la plus grande partie possible de son potentiel aérien. Mais ne pas tenter de faire chuter le régime à la place de ses adversaires.

 

 

Nota Bene (rappel) : comme tous les articles de ce genre, celui-ci exprime un point de vue (en essayant de l'étayer par des faits et/ou arguments). Je suis bien sûr prêt à le partager, Commentaires, voire contribution, peuvent le contester.

 

 

 

P.S. Mou Barack et habile Vladimir

Un carton rouge pour de rire, doit ricaner Assad.

Les grands pourfendeurs de l'impérialisme états-unien aurait pu déjà observer que l'Obama était un peu mou du genou ! Certes pour les martiales paroles pas de problème. Mais il était urgent d'attendre... l'avis du congrès. Et la ruse russe apparaît comme une planche de salut. Pour les discussions, les promesses, les atermoiements, les feintes reculades (et les vrais camouflets), on peut faire confiance au régime syrien et à son allié Poutine. Et quand tout cela aura tourné en eau de boudin, il sera difficile de balancer de beaux missiles pour sanctionner l'utilisation des armes chimiques.

D'autant que la libération de deux otages - le reporter italien Domenico Quirico et l'enseignant belge Pierre Piccinin Da Prata,  - ne va pas redorer la cause déjà bien écornée des révoltés. Le belge sème en plus le doute sur l'origine de l'attaque aux gaz en assurant que Ce n’est pas le gouvernement de Bachar Al-Assad qui a utilisé le gaz sarin ou autre gaz de combat dans la banlieue de Damas. Le Journaliste italien aura beau fortement nuancer cette affirmation, le mal est fait, que les pro-Assad ne manqueront pas d'exploiter...

Tout cela pue la manip et il faudrait un John Le Carré pour décrypter les jeux souterrains d'un régime capable de fabriquer de faux rebelles avec de vrais bandits.

 

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 10:20
León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin
León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin

Hoy, viernes 26, a las 15 hs en la puerta de Jorge Newbery del Cementerio de Chacarita despedimos a León con su familia, amigos y quienes sientan compartir.

Annonciation...

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Comme ça, on apprend, par Rue89, que León Ferrari, artiste blasphématoire selon, non pas le pape François, mais Jorge Bergoglio, est mort le 25 juillet, pas très loin de ses 93 ans (il était né le 3 septembre 1920 à Buenos Aires). A ma grande honte j’ignorais l’existence, donc l’œuvre, de cet artiste aux multiples talents.

León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin

“Es una especie de favor que me hizo Bergoglio”, commentait León Ferrari, après que Jorge Bergoglio, archevêque, avait qualifié une rétrospective de ses œuvres (2004), d’une honte pour Buenos Aires. "Aujourd'hui je m'adresse à vous profondément peiné par le blasphème en train d'être perpétré au centre culturel Recoleta sous couvert d'une exposition plastique" écrivait le cardinal dans une lettre pastorale. Cette exposition est réalisée dans un centre culturel subventionné par l’argent du peuple chrétien et des personnes de bonne volonté (sic) avec leurs impôts, ajoutait le futur pape. Un groupe de fidèles entra bruyamment dans l’exposition pour y détruire des œuvres de Ferrari. Les mêmes méthodes que Civitas à Avignon !

León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin

"La religion a une grande influence sur notre culture, une influence néfaste. La religion est d'une intolérance extrême, qui se transmet à toute notre culture, sans oublier que les exterminations ont une origine religieuse", déclarait León Ferrari en 2008.

León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin
León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin

Le fondateur du Club des impies, hérétiques, apostats, blasphémateurs, athées, païens, agnostiques et infidèles, avait été dès 1965 censuré en Argentine pour son œuvre Civilisation occidentale et chrétienne où il représentait un Christ crucifié sur les ailes d’un bombardier américain au Vietnam. Andrés Duprat, commissaire de l’exposition des Rencontres d’Arles 2010 se réjouira de la voir exposée dans un endroit privilégié, le choeur de l’église Sainte-Anne. Jamais dans son histoire cette remarquable pièce n’a été montrée dans un endroit aussi significatif et pertinent que celui-ci.

León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin

Ferrari a dû s'exiler au Brésil sous la dictature (1976-1983) au cours de laquelle son fils Ariel fit partie des milliers de disparus. Son œuvre témoigne évidemment de cette noire période avec des montages de photos et de dessins ou tableaux. Les rapprochements entre militaires argentins et Hitler sont évidents. Mais est aussi clairement mis en scène le rôle des prélats argentins. Ainsi du Cardinal Antonio Quarracino, dont les lunettes reflètent le visage de Videla.

Cardinal Antonio Quarracino (et Videla)

Cardinal Antonio Quarracino (et Videla)

León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin
Lieutenant Antonio Pernía bourreau de l'ESMA + Grabado del  libro 'Enchiridion' de Joost Damhourdert, 1554

Lieutenant Antonio Pernía bourreau de l'ESMA + Grabado del libro 'Enchiridion' de Joost Damhourdert, 1554

Fragata Escuela Libertad + Amiral Massera (Foto: Secretaría de Informaciones Públicas) + Noticias de los diarios: 'La Razón' 6/9/76, 'La Opinión' 29/5 y 11/5/76 y 'La Prensa' 3/5/76

Fragata Escuela Libertad + Amiral Massera (Foto: Secretaría de Informaciones Públicas) + Noticias de los diarios: 'La Razón' 6/9/76, 'La Opinión' 29/5 y 11/5/76 y 'La Prensa' 3/5/76

Nuncio Monsignor Calabresi, Cardinal Aramburu, Viola, Lambruschini and Galtieri (Photo: Loiácono) + 'Banner of the Spanish Inquisition',

Nuncio Monsignor Calabresi, Cardinal Aramburu, Viola, Lambruschini and Galtieri (Photo: Loiácono) + 'Banner of the Spanish Inquisition',

Hitler con chicos + Videla y Massera con chicos

Hitler con chicos + Videla y Massera con chicos

Diluvio' de Doré, 1860 + Junta Militar

Diluvio' de Doré, 1860 + Junta Militar

El Nuncio Pío Larghi saluda a Massera, Videla y Agosti el 9/7/77  + El Nuncio Torregrossa saluda a Hitler

El Nuncio Pío Larghi saluda a Massera, Videla y Agosti el 9/7/77 + El Nuncio Torregrossa saluda a Hitler

Peut-on discerner une influence dadaïste, dans ses combinaisons de ready made ? statuettes saint-sulpiciennes de vierges Marie, de Christ, d’anges et autres saints, mis en cage, dans une poêle à frire, au-dessus d’un camping gaz, christ passé au moulin à viande cher à J.C. Averty, ou dupliqués éjectés du grille-pain, vierge sortant de la bouilloire, etc. Photos montages aussi, voire combinaison des deux. On n’ose imaginer la réaction de nos cagots que des statues de vierges gentiment déguisées poussent déjà à l’hystérique intolérance.

León Ferrari, blasphémateur et artiste argentinLeón Ferrari, blasphémateur et artiste argentin
León Ferrari, blasphémateur et artiste argentinLeón Ferrari, blasphémateur et artiste argentin
León Ferrari, blasphémateur et artiste argentinLeón Ferrari, blasphémateur et artiste argentin
León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin
León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin
León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin

"La seule chose que je demande à l’art, c’est de m’aider à exprimer ce que je pense avec la plus grande clarté, à inventer un langage plastique et critique qui me permet de condamner avec la plus grande efficacité la barbarie de l’Occident. Il est possible que quelqu’un me prouve que cela n’est pas de l’art, et cela ne poserait aucun problème, je ne prendrais pas un autre chemin, je me limiterais tout simplement à changer le nom de cet art que j’appellerais politique, critique corrosive, ou n’importe quoi d’autre"

León Ferrari

  

Un aspect plus complet des talents multiples de L. Ferrari

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 07:21
Le pape dénonce "La mondialisation de l’indifférence"

« La mondialisation de l’indifférence nous rend tous « innommés », responsables sans nom et sans visage ». Le pape François, dans sa visite dans l’île de Lampedusa, a pris une dimension humanitaire qu’aucun de ses  prédécesseurs n’avait osé prendre. Un pape de plain  pied avec des immigrés survivants, serrant les mains sans aucune onctuosité papale. Et souhaitant un bon ramadan à ceux d’entre eux qui pouvaient être de confession musulmane.

« Qui est le responsable de ce sang? Dans la littérature espagnole, il y a une comédie de Lope de Vega qui raconte comment les habitants de la ville de Fuente Ovejuna tuèrent le Gouverneur (…) et le font de façon à ce qu’on ne sache pas qui l’a exécuté. Et quand le juge du roi demande : « Qui a tué le Gouverneur? », tous répondent : « Fuente Ovejuna, Monsieur ». Tous et personne! Aujourdhui aussi cette question émerge avec force: qui est le responsable du sang de ces frères et sœurs? Personne! Tous nous répondons ainsi: ce nest pas moi, moi je ne suis pas dici, ce sont dautres, certainement pas moi. (…)  Aujourd’hui, personne dans le monde ne se sent responsable de cela; nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle; (…)  nous regardons le frère à demi mort sur le bord de la route, peut-être pensons-nous « le pauvre », et continuons notre route, ce n’est pas notre affaire; et avec cela nous nous mettons l’âme en paix, nous nous sentons en règle. La culture du bien-être, qui nous amène à penser à nous-même, nous rend insensibles aux cris des autres, nous fait vivre dans des bulles de savon, qui sont belles, mais ne sont rien; elles sont lillusion du futile, du provisoire, illusion qui porte à lindifférence envers les autres, et même à la mondialisation de lindifférence. Dans ce monde de la mondialisation, nous sommes tombés dans la mondialisation de l’indifférence. Nous sommes habitués à la souffrance de l’autre, cela ne nous regarde pas, ne nous intéresse pas, ce n’est pas notre affaire! » (extraits du texte complet)

Le pape dénonce "La mondialisation de l’indifférence"

« Grâce à dieu, je suis athée » disait malicieusement Luis Buňuel. On ne me soupçonnera pas de quelque complaisance à l’égard de Bergoglio. Au mieux, il a fait preuve d’une prudence très jésuitique sous la dictature des généraux. Et il ne résiste guère à la tentation du cléricalisme.

 

Mais là, sur le terrain de ce que d’aucuns nomment avec mépris le « droit de l’hommisme », il parle clair et fort.

 

Si j’ai gommé dans cette longue citation les quelques passages explicitement religieux, j’ai gardé bien sûr, les références répétées aux « frères et sœurs », à la « responsabilité fraternelle ». La devise républicaine – la nôtre – n’est-elle pas « Liberté, égalité, fraternité ».

 

Ça serait rabaisser le message papal que de le rapprocher de propos nauséabonds – visant d’ailleurs des Français à part entière même si on veut les mettre complètement à part – mais combien d’hommes politiques ont eu le courage de parler ce langage de vérité ? Peut-être un Michel Rocard, à qui l’on a fait dire –sciemment – le contraire de ce qu’il affirmait : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre toute sa part ». Que mon camarade Manuel Valls n’oublie pas ce message.

 

Que les anti-calottins se rassurent : je n’abandonnerai pas cette veine dont les racines remontent au moins à un certain Rabelais (moine de son état, paraît-il). Encore moins l’anti-cléricalisme, le combat de plus en plus d’actualité contre l’intrusion du spirituel dans le temporel. Mais, quand un pape dit ce qu’il faut dire, on ne peut qu’applaudir !

  

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 20:51
“Le cléricalisme ? voilà l’ennemi ! ”

Le pape François, dont il ne faut pas évoquer la passivité (au mieux) ou la complicité (au pire) du temps de Videla et consorts, se révèlerait-il comme la réincarnation de Pie X* ? L’aggiornamento de Vatican 2, n’aura-t-il été, en fait, qu’un bref coin de ciel bleu ? La prétention de la hiérarchie catholique à faire passer ses dogmes pour lois générales le fait craindre. Les ténèbres du cléricalisme plombent à nouveau le ciel catholique. Mais, devenus Gramsciens, les prélats sont en train de gagner la bataille de l’hégémonie culturelle.

 

Pas de malentendu : qu’une religion demande à ses fidèles de se conformer à des règles et interdits, n’intéresse qu’elle et ses adeptes. Sous réserve toutefois que ses préceptes ne soient pas contraires à la loi et que leur observation ne se fasse pas par la contrainte. Ce que réclament de courageux laïques, au Maroc et en Algérie notamment, luttant contre l’obligation de fait du jeûne du ramadan.

Que les catholiques considèrent leur sacrement du mariage comme indissoluble, refusent l’utilisation de moyens contraceptifs et a fortiori de l’IVG, etc. ne concerne qu’eux. Mais ces choix qu’ils font, ils n’ont pas à les imposer aux autres.

Le cléricalisme, c’est justement cela : cette intrusion constante du clergé dans le domaine temporel et plus spécialement dans le domaine politique. Cette volonté de tenter de bloquer toute réforme sociétale que les prélats et leurs sbires jugent non conforme à leur charia, à leurs dogmes. Cette obstination à vouloir « subordonner la société civile à la société religieuse, à vouloir étendre à la société politique les règles et méthodes de cette Église, à utiliser des armes spirituelles à des fins temporelles, à se servir du pouvoir politique pour imposer sa vision morale, individuelle ou collective » (Marc Ferro)

Le pape et des parlementaires français

Le pape et des parlementaires français

L’audience accordée par le pape François à 45 parlementaires français est en quelque sorte la revendication affirmée de cette intrusion. Après un propos, que je n’ose qualifier de papelard, sur la laïcité il déclare : « L’Église désire ainsi apporter sa contribution spécifique sur des questions profondes qui engagent une vision plus complète de la personne et de son destin, de la société et de son destin. Cette contribution ne se situe pas uniquement dans le domaine anthropologique ou sociétal, mais aussi dans les domaines politique, économique et culturel. » « Votre tâche est certes technique et juridique, consistant à proposer des lois, à les amender ou même à les abroger. Il vous est aussi nécessaire de leur insuffler un supplément, un esprit, une âme dirais-je, qui ne reflète pas uniquement les modes et les idées du moment, mais qui leur apporte l’indispensable qualité qui élève et anoblit la personne humaine. »

"Monseigneur" Batut

"Monseigneur" Batut

Oh, qu’en termes choisis, ces choses-là sont dites. Mais parler de contribution s’agissant de prises de positions intransigeantes du style « l'adoption du projet de loi serait un grave recul anthropologique »,  en prétendant être le mieux à même d’«éclairer les consciences, dissiper les confusions, et formuler le plus clairement les enjeux », comme l’a fait l’épiscopat français, est, peut-être, un peu jésuitique.

 

Lecture symptomale d’un satanique athée ? Lisez donc un Monseigneur Batut, épinglé il y a peu par Le Canard Enchaîné : « Que faire maintenant que la loi est votée et entérinée par le Conseil constitutionnel ? (…) Nous souvenir d’abord, comme le rappelait Jean-Paul II dans son encyclique sur l’évangile de la vie, qu’"une loi injuste n’est pas une loi". Il n’y a pas plus injuste que la loi qui vient de détruire le mariage : ce n’est donc pas une loi, et ses dispositions n’obligeront jamais personne… ». Il est vrai que ce personnage est l’adjoint de Barbarin.

Parlementaires français offrant leur cadeau au pape

Parlementaires français offrant leur cadeau au pape

Nous sommes donc loin de l’innocente contribution du saint-père. Mais, cette brutale et insupportable intrusion des prélats sur le mariage pour tous – aidée, il est vrai, par les cyniques de l’UMP - a réussi à repousser tout débat démocratique serein sur la PMA et la GPA.

En ce sens le vote de la loi sur le mariage de personnes de même sexe est une victoire à la Pyrrhus. Le droit de mourir dans la dignité va être, si l’on peut dire, enterré. L’offensive anti IVG est relancée avec la prétention cléricale de décider que l’embryon est un être humain. Avec à nouveau la complicité cynique de Copé et sa clique, une proposition de loi des radicaux de gauche, fort prudente, sur l’utilisation pour la recherche scientifique des embryons in vitro a été bloquée. Les études de genre sont encore et toujours dans le collimateur de M. Vingt-Trois. Et même Peillon se fait prendre aux arguties mensongères du prélat.

Antonio Gramsci

Antonio Gramsci

Il serait peut-être temps que les vrais laïques se réveillent. Certes, baby loup… certes, le fichu dit voile islamique à interdire urbi et orbi… mais, pendant ce temps-là les intégristes de nos fameuses racines ont lu Gramsci et sont en train, si nous continuons de nous battre sur les terrains vagues d’une prétendue menace islamiste**, de gagner la bataille de l’hégémonie culturelle.

 

* Pape qui condamna la Loi de 1905 dans l'encyclique Gravissimo Officii Munere (10 août), que Mgr Louis Duchesne baptise malicieusement « Digitus in oculo » (« doigt dans l'œil »). Le pape y affirme alors que la « loi [...], en brisant violemment les liens séculaires par lesquels [la] nation [française] était unie au siège apostolique, crée à l'Église catholique, en France, une situation indigne d'elle et lamentable à jamais » (Wikipedia). Alors que la loi de séparation entre l’Eglise et l’Etat, grâce à l’entregent et à la clairvoyance d’Aristide Briand, n’avait rien d’un couperet anticlérical mais constituait un bon équilibre, dont se félicitent aujourd’hui in petto les évêques.

 

** Entendons bien, il ne s’agit pas de nier les menaces terroristes, style Merah, mais d’affirmer que l’équation musulman=islamiste=terroriste est xénophobe.

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