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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 16:34
Le F_Haine a voulu interdire un spectacle à La Roche-sur-Yon

Brigitte Neveux, candidate FN aux municipales, appelle à manifester ce jeudi, 20/02/14, à 19 h 30, devant la scène nationale contre la représentation du spectacle Tragédie, d'Olivier Dubois. Une chorégraphie où les danseurs évoluent, nus, sur le plateau : « Le théâtre du Grand R est financé par la ville de La Roche au travers de l'association du Grand R, donc par les impôts des Yonnais. Toute personne peut avoir ainsi l'opportunité de venir contester les choix dits « cul-turels » de la mairie et revendiquer la mise en place d'un répertoire non limité aux choix de créateurs décadents se revendiquant hypocritement de la culture. »

Serait-ce atteindre le point Godwin que de noter que ces créateurs décadents font fâcheusement penser à l'art dégénéré fustigé par le nazisme ?

Le F_Haine a voulu interdire un spectacle à La Roche-sur-Yon

Pour ceux qui l’ignoreraient La Roche-sur-Yon est le chef-lieu de la Vendée. Le F-Haine était, naguère, peu présent car de Villiers et son parti (MPF) siphonnaient les voix d’extrême-droite. La retraite politique (toute relative d’ailleurs, on le voit avec sa polémique sur les acteurs bénévoles*) du super neu-neu du bocage a laissé de l’espace aux « bleu-Marine » et leur éternelle candidate, totalement incompétente au demeurant, espère faire un score moins ridicule que du temps du Vicomte.

 

Pas à un paradoxe près, alors que le vieux Le Pen défend la liberté d’expression en faveur de Dieudonné, le F-Haine vendéen s’en prend donc à un spectacle de danse présenté en 2012 au 66e Festival d’Avignon. Le syndrome « Tous à poil » a dû encore frapper : neuf femmes et neuf hommes nus en scène, so shocking ! Oh ! cachez-moi ces corps que je ne saurais voir. Mais Madame la tartuffe, nul n’est obligé d’aller voir ce spectacle.

A voir en plein écran

D’autant que, contrairement à ce que cette ignare imagine, ce n’est pas de la gaudriole. « A l’instar de Nietzsche, Olivier Dubois interroge d’un côté le rêve, pulsion proprement apollinienne et de l’autre l’ivresse, pulsion dionysiaque. Apollon, c’est la contemplation sereine du rêveur. Le dieu de l’individualité, de la mesure, de la conscience. Dionysos lui, incarne le principe contraire et nie toute forme d’individualité. Il célèbre, sauvagement, avec sa malléabilité extraordinaire, la réconciliation de l’homme avec la nature, s’oubliant à l’intérieur du tout cosmique, n’existant plus dans son état individuel. » nous explique un critique. « Olivier Dubois dit vouloir faire surgir de ce grand rassemblement une «humanité», un vivre ensemble. Ça marche. Et l’on ne peut que remercier les danseurs de leur confiance absolue dans le projet, eux qui ressortent du spectacle comme d’un cataclysme, ne réalisant pas ce qu’ils viennent d’offrir. Secoués, ils ont laissé tomber les masques, ceux grimaçant qui lors d’une péripétie les défigurent, et forment ce chœur si cher à la musique.(…) Dans le crescendo, le répétitif, l’énervement, l’épuisement, la jouissance, Olivier Dubois signe avec Tragédie son Sacre du printemps, ou bien son Boléro. » Marie-Christine VERNAY (envoyée spéciale de Libé à Avignon 2012).

 

 

Olivier Dubois est évidemment stupéfait de cet appel à interdiction. Comme il l’exprime dans Ouest-France.

Article 20/02/14 (cliquer pour agrandir)

Article 20/02/14 (cliquer pour agrandir)

Jusqu’à présent, sauf erreur, le F-Haine laissait le soin à des groupuscules cagots, style Civitas ou Agrif – parfois appuyés par des intégristes musulmans – de jeter l’interdit sur une œuvre (Piss-Christ), une exposition, une pièce de théâtre. Mais, Copé jetant l’interdit sur un livre pour enfant autorise toutes les surenchères politiques, dans l’espoir de capter l’électorat bigot. Le F-Haine n'allait pas, dans l'interdit, se laisser déborder par la droite décomplexée !

 

 

 

 

 

 

* Aurélie Filippetti a dénoncé vendredi 7 février les mensonges diffusés à des fins politiciennes, notamment par de Villiers, qui menace de stopper ses spectacles du Puy-du-Fou. Alors que le Ministère s'emploie à développer et valoriser la pratique artistique en amateur, source incomparable de lien social, de développement personnel et de valorisation des territoires. Il ne s'agit en aucune façon ni de limiter le bénévolat, ni, a fortiori, de l'interdire, mais bien au contraire de permettre son rayonnement et sa sécurisation juridique au regard du Code du travail. Contrairement aux allégations de certains, le texte précise que l'artiste amateur ne perçoit pas de rémunération. Il légitime le recours aux artistes amateurs bénévoles en autorisant leur présentation dans le secteur lucratif, comme c'est le cas au Puy du Fou et dans d'autres manifestations de ce genre.

Ouest-France 20/02/14 (cliquer ^pour agrandir)

Ouest-France 20/02/14 (cliquer ^pour agrandir)

En guise de postface, l'article rendant compte de la squelettique manif des F-Haineux vendéens;

Ouest-France 21-02-14

Ouest-France 21-02-14

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 12:13

Cher Jf,
J'ai retrouvé dans mes archives cet hommage à Gérard de Villiers qui retrouve peut-être avec la disparition de cet immense écrivain une certaine actualité.
Bien à toi
Yoland

 

Hommage à Gérard de Villiers

La sécurité de nos états était menacée. Pire, la dignité de la personne humaine.

 

Alors le Chevalier à noble phallus se mit en branle. Feulements des filles chavirées, crissements des nylons lacérés, halètements des créatures empalées… Sans relâche, il porta le fer dans la plaie, brandissant toujours plus haut le sexe occidental et levant de poignants orgasmes chez les femelles racées infiltrées dans son lit pour le retourner.

 

Et l’ennemi céda sous ses assauts furieux, brûla dans cette incandescence tous les complices du complot, sussura dans un moite abandon le numéro du code, livra dans un ultime soupir tous les secrets de ses contre-espionnages.

 

Il y allait – que voulez-vous ? – de la sécurité de nos états, de la dignité de la personne humaine.

 

Yoland SIMON

 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 22:05

C’est Benoist Magnat qui m’a donné l’idée de ce « palmarès » 2010.

Choix tout-à-fait arbitraire de personnalités, à mes yeux, marquantes en 2010, dont certaines, on le devinera aisément, ne m’inspirent aucune sympathie (voire plutôt une franche antipathie). On n’y verra pas le Numéro 1 car l’Homme fort du Sarkozistan est en état de faiblesse, fillonisé, copéisé….

Dix côté féminin, dix côté masculin et en cadeau Bonux, un couple…


1Hessel 

Stéphane Hessel s’impose (et pas seulement parce qu’il fait la une de Libé). « Indignez-vous !» pulvérise les ventes. Et c’est un total émerveillement de voir ce juif allemand naturalisé, grand résistant et déporté, grand diplomate, très proche de Mendès-France puis soutenant Rocard et, plus récemment, Europe-écologie, toujours engagé, toujours militant.


01FSazzeddine 

Saphia Azzeddine, romancière, scénariste et réalisatrice a connu une très riche année 2010. La pièce tirée de son livre Confidences à Allah a été joué en tournée. Elle réalise un film avec François Cluzet à partir de son deuxième roman Mon père est femme de ménage. Elle joue dans un film avec Kad Merad (L’Italien). Mais surtout elle sort son troisième roman La Mecque-Phuket dont je me promets de rendre compte.


02Faubryroyal 

B. Magnat avait choisi Duflot-Joly, j’opte plutôt pour Martine et Ségolène, Aubry-Royal. Certes, c’est « je t’aime, moi non plus », mais, malgré les embrassades un peu forcées, elles ont pris conscience que, quel que soient les inimitiés, ni l’une, ni l’autre n’ont à gagner à un affrontement.

 2Assange

Assange et Wikileaks, rien d’original. La publication de courriers diplomatiques – bien que filtrées par de grands organes de la presse internationale – a déclenché des réactions paradoxales. S’y ajoute maintenant la sulfureuse histoire de viols à la suédoise sur fond de menaces étatsuniennes.

  3cherequethibault

Un duo encore avec Chérèque-Thibault. Certes le mouvement contre la réforme des retraites, malgré le soutien de l’opinion, s’est heurté à l’intransigeance bornée de la droite au pouvoir. Ils ont su cependant provoquer une mobilisation prolongée et garder le cap unitaire.


 03Fbettencourt

La dame Bettencourt, son majordome, ses enveloppes, son chargé d’affaires, son platonique gigolo, Eric Woerth et son épouse, sa fille, les avocats ennemis des deux parties, sans oublier bien sûr le procureur Courroye ni Guéant livrant à Mougeotte le PV d’un interrogatoire de la comptable : un scénario à la fois grotesque et inquiètant.


4bessonhortefeux 

Restons, si l’on peut dire, dans la même veine avec Besson-Hortefeux. Besson, avec son débat foireux sur l’identité nationale et ses charters. Hortefeux- à nouveau condamné pour atteinte à la présomption d’innocence, souteneur de policiers hors la loi - avec sa circulaire anti-Roms. Tous les deux excellent dans les déclarations délibérément provocantes.


04Faudreypulvar

Pour Audrey Pulvar, la pugnace intervieweuse de Sarko naguère, il ne fait pas bon avoir un compagnon socialo, surtout quand celui-ci annonce qu’il pourrait être candidat à la candidature à des primaires qui auront lieu à… l’automne 2011. I-télé puis France Inter la sanctionnent (mais, non, voyons, ce n’est pas une sanction… Ah oui ? et comment ça s’appelle ?).


 5nobelsakharov

Liu Xiaobo et Guillermo Farinas deux militants, non violents, qui illustrent héroïquement le « Indignez-vous ! ». L’un purge des années de prison totalement arbitraires pour se battre pour les droits de l’homme contre la dictature totalitaire et ultra-libérale qui dirige la Chine. L’autre, après une très longue grève de la faim, a obtenu la libération de prisonniers politiques dans la dictature brejnévienne des frères Castro.


 05Faubenas

Florence Aubenas, réapparaissant auprès des parents d’un des deux journalistes de FR3 enlevés en Afghanistan, était bien placée pour rappeler la scandaleuse attitude de l’Elysée aux lendemains de l’enlèvement : elle avait subi des allégations de la même encre au moment de son propre enlèvement. Mais c’est à la journaliste d’investigations avec Le quai de Ouistreham que s’adresse l’hommage.


 6devilliers

Un Vicomte chassé de sa Vicomté, après avoir transformé en affaire politique une histoire de famille, en toute hypothèse, sordide, chassé par un manant qu’il prétend avoir élevé et nourri, voilà qui mérite une mention. Après avoir cru, en vain, siphonner les voix du FN aux présidentielles, donné, tout aussi en vain, dans l’anti-Europe aux Européennes (seul élu de l’ensemble des listes qu’il présentait allié avec « Chasse pêche nature et réaction »), de Villiers a été lâché par ses affidés dans son propre fief.


06Fbachelotyade 

Un duo comique : Bachelot et Yade en Afrique du Sud. La dame Bachelot qui, pour sa brillante campagne anti-H1N1, méritait déjà une citation à l’ordre de l’incompétence, a su, avec sa sous-ministre aux sports, Rama Yade, mettre un peu de rigolade dans la déroute des fouteux. Les deux femmes se détestent cordialement. Yade s’est ridiculisée en dénonçant le luxe de la résidence des bleus, alors que sa chambre réservée était encore plus luxueuse. Mais pour le ridicule Roselyne fit mieux encore : après avoir prétendu avoir fait pleurer les petits bleus dans leurs vestiaires, l’attendrissante ministre s’est transformée en impitoyable harpie, dénonçant les caïds qui terrorisaient le reste de la troupe !


 7Polanski

Roman Polanski, avec cette arrestation inattendue, dans une Suisse où il possédait de longue date un chalet, a déchaîné un torrent de haine hystérique autant qu’anonyme. Cette absurde détention puis assignation à résidence a fait découvrir une Justice suisse assez incohérente. Elle a rappelé aussi les défauts flagrants du système étatsunien où des juges et procureurs, avides de notoriété gage de réélections, ne se soucient guère de Justice.

C’est ce système que celui qui fait président rêve de nous imposer.


07Fsaraforestier 

Le poète qui m’a recommandé Le nom des gens mérite toute ma gratitude. Outre un excellent film, il m’a permis de découvrir une actrice étincelante de dynamisme, de naturel aussi – ô, cette scène, où elle prend le métro dans le plus simple appareil et s’assoit devant un barbu et une niqabée, avant de s’apercevoir de sa nudité et d’interpeler le type d’un « Vous n’avez jamais vu de femme ? » d’une plaisante agressivité  – qui vous emporte comme une tornade. Bravo Sara Forestier.


 8DSK

Jamais silence n’a fait couler autant d’encre et de salive. Dominique Strauss-Kahn (DSK), qui ne fut pas maire de Neuilly, mais de Sarcelles, ne dit rien de ses intentions pour les primaires socialistes. Ça lui vaut, à titre préventif sans doute, d’être insulté par l’ex-Sénateur Méchanlon. Plus drôle encore, un illustre inconnu (sauf de ses intimes), qui ne doit d’être à la tête du groupe UMP de l’Assemblée qu’au bon vouloir de Copé, de l’interpeler dans le style cour de récré de CP : « Même pas cap ! »


 08Fmorano

Morano Nadine, notre Sarah Palin, pour l’ensemble de son œuvre ! Dans le rôle de pitbull elle fit concurrence à Lefebvre (lequel, privé de ce rôle par une promotion sous ministérielle, ne s’en est pas remis). Contrairement à lui, elle a eu, sur l’euthanasie par exemple, des prises de positions qui ne relèvent pas que de l’imprécation anti PS. Ses numéros de danse sont toujours d’un grand plaisir. Et le sketch de vociférations envers un Maurice Leroy, présidant à l’époque l’Assemblée, après avoir été mise en minorité sur un amendement votée par une partie de la droite, est un grand moment de pétage de plomb.


 09Fniqab

L’affaire de la niqabée de Nantes a été encore plus un grand moment. Une conductrice donc conteste une contravention : le côté râleur du gaulois ? A priori non, puisque le PV était dressé pour port du niqab au volant. Immédiatement, on apprend que son concubin, Lies Hebbadj, est un polygame qui fraude les assurances sociales. Tiens donc, et pourquoi n’a-t-il pas été déjà poursuivi, puisque les faits sont connus ? Comme il en met une bonne couche dans la provoc, on va lui en mettre une bonne couche dans les charges : 3  gardes à vue, accusations de viols, d’escroquerie et on en passe. Finalement le tribunal de police a annulé la prune de Sarah-la-mouquère, pardon de Sandrine Moulères, une convertie qui fait du zèle avec ses chiffons, comme d’autres empruntaient les chemins de Katmandou dans des tenues folkloriques (mais plus seyantes).   

 

9sineval 

Encore un duo : Siné-Val (le choix aurait aussi pu être d’un quatuor : Guillon-Porte-Hees-Val). Val donc, avant d’aller sévir à France Inter, vire le vieux Siné de Charlie-Hebdo pour antisémitisme. Aussitôt BHL, vous savez celui qui prend les pastiches à la lettre et confond les Cassen, de commettre un « De quoi Siné est-il le nom ? ».  Trois jugements après, tous favorables à Maurice Sinet dit Siné, Charlie Hebdo est condamné à verser 40 000 € au diffamé !

 

010Fchabot 

L’outrage fait à Chabot ! Souvenez-vous, Vincent Peillon lui fait faux-bond pour une émission bien ficelée, comme elle sait le faire, avec Ganelon-Besson et Marine Le Pen. Aussitôt, l’infâme Peillon est enchaîné au banc d’infamie, par les collègues de Chabot-la-bise-à-Copé. Le Grand Inquisiteur Aphatie fait son procès. Mais peu après, Chabot, dont la courtisanerie était pourtant exemplaire, est victime de l’ingratitude du Numéro 1. Les mœurs du Sarkozistan sont parfois cruelles.


010julliatd 

Jean-François Julliard a succédé à Robert Ménard, à la tête de Reporters sans frontières. Son prédécesseur, roi de l’agit prop, co-fondateur de RSF, a tenu des propos affligeants sur l’homosexualité, la torture et la peine de mort. Il eut cependant le mérite de ne pas s’accrocher, comme beaucoup de fondateurs, à son poste. J.-F. Julliard, également journaliste au Canard Enchaîné, fait preuve de plus de retenue. Mais il vient de montrer qu’il était aussi capable d’action spectaculaire avec la projection des portraits d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sur l’Arc de Triomphe.

 


kouchner-ockrent 

La palme du couple de l’année revient sans conteste à Kouchner-Ockrent. Le flamboyant Bernard et la Reine Christine font grise mine. L’un est viré, l’autre dans la panade. Ayez une pensée charitable, car, pour eux, le champagne risque d’avoir goût de vinaigre, à la Saint-Sylvestre !

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 22:36

« De Villiers n'entre pas encore dans les ordres mais le MPF lui pénètre l'évêché de sa foi » écrit le « Sans culotte 85* » mensuel dont on se doute qu'il n'est pas en odeur de sainteté chez le Vicomte.

 

En effet, le nouvel évêque de Luçon, évêché de la Vendée, s'est choisi, début février, un secrétaire général adjoint, jeune et laïc (au sens de non clerc, bien sûr), Jean-Baptiste Doat.

 

Ce nom ne vous dira sans doute rien si vous n'êtes vendéen ou tourangeau. Car ce brillant et croyant jeune homme, fan du président tchèque Vaclav Klaus ou encore du cardinal Giuseppe Siri**, a dirigé les Jeunes Pour la France (JPF), mouvement de jeunesse du Mouvement Pour la France (MPF) du Vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon, regroupant les adhérents de 18 à 30 ans. Or ce JPF a été créé par un expert, Guillaume Peltier qui avait précédemment dirigé les jeunes Le Pennistes (FNJ). Guillaume Peltier fut aussi le directeur de la glorieuse campagne présidentielle du Vicomte. Doat, non content de lui succéder, a été son suppléant pour les législatives de 2007, puis sur sa liste aux élections municipales, tout cela à Tours.

 

« J'ai choisi Jean-Baptiste Doat parce que je le connais très bien et qu'il est compétent. » se défend l'évêque, qui succède à Michel Santier, un prélat qui, lui, devait sentir le soufre aux narines du Président du conseil général. Phiphi, qui voit des mosquées partout, avait dû déjà attraper des boutons en lisant un courrier adressé aux musulmans de France, au début de Ramadan, au nom d'une commission épiscopale, qui commençait ainsi : « Vous venez d'entrer ce dimanche dans le mois du Ramadan, temps de jeûne, de prière et de partage pour les croyants en Dieu sur le chemin de l'Islam.

C'est une joie pour moi, au nom des évêques de France, de m'adresser à vous pour vous dire le désir profond que nous avons de continuer à tisser des liens de fraternité et d'amitié partout où nous vivons, particulièrement là où vivre ensemble n'est pas facile à cause des difficultés qui touchent les jeunes dans leurs perspectives d'avenir, de la violence, du refus des autres, différents par leur culture ou leur religion. » Rien d'hérétique dans cela, mais ça avait valu au malheureux une accusation de « dhimmitude » de la part d'intégristes (ce type d'accusation se retrouve d'ailleurs sous la plume de rrrrrépublicains, faux-laïcs et vrais xénophobes). Mais l'arrogant neu-neu avait dû voir rouge, ce qui chez lui est très mauvais signe, en lisant une sorte de repentance exprimée en par le Monseigneur en 2006 : "Dans le passé, en Vendée, l'Eglise était trop présente, occupait l'espace social et laissait peu de place à des manières de penser et de vivre la vie humaine et la foi d'une manière différente. Des hommes et des femmes ont souffert de cette emprise de l'Eglise sur leur vie personnelle et sociale. Je pense aussi aux personnes séparées, divorcées, divorcées remariées, à d'autres qui vivent une orientation sexuelle qu'ils n'ont pas choisie".

 

Rien à craindre de ce genre de la part d' Alain Castet, ancien curé de la paroisse Saint-François-Xavier à Paris (7e). Les cagots se sont réjouis de le voir ensoutanné dans sa cathédrale ; mieux, pour la cérémonie d'ordination, il a refusé les filles qu'on lui présentait comme servantes d'autel (autrement dit, enfants de chœur) ! Avec Doat comme collaborateur, on devine qu'il n'ira marcher dans les pas sulfureux de son prédécesseur.

 

* http://www.lesansculotte85.com

** Un des prélats les plus conservateurs de Vatican II, décédé en 1989 ; les « sédévacantistes », groupuscule catho anti Vatican II, prétendirent qu'il avait été élu pape en 1958 et 1963.

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 16:37

« Edvige fait la une d'Ouest-France (1er quotidien de France) du 10 septembre 2008. Le Décret n° 2008-632 du 27 juin 2008 portant création d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « EDVIGE » est paru au J. O. du 1er juillet. Il a immédiatement provoqué des réactions hostiles d'un grand nombre d'organisations. La pétition, qu'elles ont lancée, a reçu une centaine de milliers de signatures pendant l'été. Mais ce n'est que maintenant qu'il fait grand bruit !

La genèse de ce fichier (que même un de ses défenseurs, Alain Bauer, juge écrit avec les pieds) peut se reconstituer ainsi : la fusion RG-DST obligeait à actualiser un précédent décret (1991)* qui autorisait déjà les RG à ficher des militants ; au passage on en rajoute une couche dont une partie sera rejetée par la CNIL (comportement, déplacements) et dont une autre (santé, orientation sexuelle) provoque la surprise à retardement de Morin ou Yade. Mais surtout, comme l'a bien montré la Présidente du syndicat de la magistrature, on a greffé un autre fichage, celui des mineurs dès 13 ans, pour complaire à Rachida Dati qui, au lendemain de "l'affrontement de deux bandes rivales dans le 19ème arrondissement de Paris, le 21 juin, laissant un blessé grave sur le trottoir, victime en outre d'insultes antisémites avait immédiatement annoncé qu'elle allait créer un fichier des "bandes"".  

La méthode employée est classique. Si la CNIL n'avait protesté, le décret n'était même pas publié. Paraissant début juillet, le pari était fait qu'une fois passée les protestations quasi inaudibles en période estivale, il s'instaure finalement sans trop d'encombres. Calcul déjoué : Bayrou notamment a su relancer le refus par une lettre aux élus.

Mais autre méthode classique, celle des deux pas en avant et du pas en arrière. Celui qui « fait président » l'a esquissée : on lâche du lest sur le fichage des personnes ayant exercé ou exerçant un mandat politique, syndical et économique, mais sur l'ajout du fichage des mineurs dès 13 ans, on ne concède qu'un vague droit à l'oubli. Alors qu'il faudrait oublier l'idée même d'un fichage ne reposant sur aucune donnée objective (quel ado n'est pas, peu ou prou, susceptible de troubler l'ordre public ?). »

 

Réaction envoyée sur le Forum du Café pédagogique, le 10/IX.

Ça n'a pas raté : le pitbull de l'UMP - Frédéric Lefebvre - a immédiatement jappé. Pas question d'abandonner le fichage des mineurs dès 13 ans ("Que ceux qui espèrent en profiter (...) pour remettre en cause le fichage des mineurs ayant troublé l'ordre public (mensonge ou ignorance : voir plus bas)  et donc affaiblir les moyens de lutte contre les nouvelles formes de délinquance, n'aient pas de doute sur la détermination de la majorité à maintenir les avancées d'Edvige").

Et MAM - l'ineffable ministre de l'intérieur qui endosse les gamineries de notre OUF 1er en Corse - d'ajouter, benoîtement, que lesdits mineurs seront rayés du fichier à leur majorité, s'ils n'ont pas commis de nouvelle infraction. Elle n'a même pas dû lire le décret qu'elle a signé : il n'est pas question d'infraction (pour cela un fichier existe déjà, de longue date : le casier judiciaire), mais de mineurs « susceptibles de troubler l'ordre public ».

 

* Ce décret avait été initié par M. Rocard, 1er ministre, qui l'avait retiré devant les protestations ; Edith Cresson l'avait repris. Outre qu'il était beaucoup plus limitatif, ce fichier, issu d'un gouvernement de gauche, avait pour but premier de cadrer des pratiques illégales des RG (qui ont cependant perduré, avec les notes blanches). Il ne concernait pas les mineurs susceptibles de...

 

PS (qui n’a rien à voir… quoique…) Ça n’a pas tardé, ceux qu’un internaute cité par Libé du 11/10/08 nomme les pseudos-laïcs ont violemment réagi à l’ajournement d’un procès prétendument pour cause de Ramadan, au grand plaisir de notre Vicomte, Le Jolis de Villiers de Saintignon.

 

 

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 20:33

Souvenez-vous, 2007. D'accord, c'est loin.

Un incertain Besson, qui avait commis un argumentaire au fiel contre Sarko, passe, en pleine campagne électorale, du côté de celui qu'il vilipendait la veille. Il tenait la corde assurément pour l'obtention du JUDAS d'OR de l'année qui récompense le plus beau retournement de veste.

C'est sans crainte qu'il aurait pu voir arriver un Jouyet et même un Bockel, mais  Bernard Kouchner a raflé la mise haut-la-main.

 

En 2008 (ne parlons pas de Bernard Tapie qui lui a depuis longtemps retourné son pantalon), Claude Allègre, qui avait déjà fait un tour de chauffe l'année précédente  ne semblait risquer que la concurrence de Baylet, le leader de ce qui reste de radicaux dit de gauche (auxquels appartiendrait justement Tapie) pour voir s'échapper un prix apparemment moins disputé.

C'était sans compter sur l'ineffable Jack Lang. L'ex-professeur de droit international se pique d'être un spécialiste de droit constitutionnel. Sans autre mandat que sa propre décision, il a donc siégé dans une commission Balladur, chargée de faire des propositions de révisions constitutionnelles. Bien que les propositions, déjà insuffisantes, de cette commission ont été encore rognées par la majorité sarkozyenne, se considérant (avec cette touchante modestie qui le caractérise) comme co-auteur du projet, il a donc voté OUI à une révision de la constitution qui ne passe que d'une voix. (La comparaison avec l'amendement Wallon qui instaure la 3e République à une voix également est totalement indécent, vu le contenu de ce texte).

 

Certes, on pourra arguer des méthodes quasi mafieuses employées pour convaincre les députés de droite de voter droit (les cris de pucelle effarouchée du Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon à l'encontre de méthodes que lui et ses séides emploient constamment dans notre belle Vendée furent un pur moment de bonheur) : quelques uns ont baissé leur pantalon. Mais c'est la droite et ses problèmes.

Tandis que Jack Lang se disait de gauche (bien qu'il ait de longue date donné quelques signes d'ouverture à l'ouverture).  Il n'est resté parlementaire que grâce à un parachutage dans une circonscription imperdable.

Il a donc acquis sans conteste la presque certitude d'emporter le JUDAS d'OR 2008 pour un magnifique retournement de sa veste en cachemire.

 

 

Petit montage de 2007

 

 

L'opportuniste

Je suis pour le communisme
Je suis pour le socialisme
Et pour le capitalisme
Parce que je suis opportuniste
Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je n'ai pas peur des profiteurs
Ni même des agitateurs
J'fais confiance aux électeurs
Et j'en profite pour faire mon beurre
Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je suis de tous les partis
Je suis de toutes les patries
Je suis de toutes les coteries
Je suis le roi des convertis
Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je crie vive la révolution
Je crie vive les institutions
Je crie vive les manifestations
Je crie vive la collaboration
Non jamais je ne conteste
Ni revendique ni ne proteste
Je ne sais faire qu'un seul geste
Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
Toujours du bon côté

Je l'ai tellement retournée
Qu'ell' craque de tous côtés
A la prochaine révolution
Je retourn' mon pantalon

Paroles: Jacques Lanzmann & Anne Segalen. Musique: Jacques Dutronc   1968

 

Jacques Dutronc - L'opportuniste sélectionné dans N.C.
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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 16:04

Maison d'Ariane ou de la croisade anti-IVG avortée

Un Principal de collège qui joue les exhibitionnistes : nos télés nationales s'en font l'écho. Un ex-directeur d'un foyer pour femmes enceintes de La Roche-sur-Yon (Vendée) condamné vendredi 28/03/08 à 15 ans de réclusion criminelle pour viols aggravés, agressions sexuelles aggravées, harcèlement sexuel et moral, par la cour d'assises d'appel de Poitiers, pas une image, pas un mot.

L'histoire de la Maison d'Ariane (c'était le nom de ce foyer) vaut quand même d'être rappelée. Or donc, le 26 octobre 1994, un raid de cathos intégristes vient « prier sur les lieux du crime, dans l'avortoir », entendez le service IVG de l'hôpital de La Roche-sur-Yon (le seul à ne pas avoir porté plainte après cette agression !). Deux jours plus tard, le Vicomte Le Jolis de Villers de Saintignon, Président du Conseil général, annonce la création d'une maison d'accueil pour écarter les jeunes filles enceintes de la tentation d'avorter. Voire de «les accompagner dans les démarches de consentement à l'abandon». Sa gestion sera confiée à l'Association vendéenne pour l'Accueil de la Vie et la Promotion de la Famille (AVAVPF) dont l'objet précise «la conviction que la vie est sacrée et inviolable dès la conception jusqu'à la mort naturelle». Mais c'est le département qui offre les locaux et le budget (avec donc l'argent du contribuable vendéen pour un foyer qui étend sa sainte mission à toute la France).

La maltraitance est telle au sein de la Maison d'Ariane que la Pastorale des migrants du diocèse de Vendée s'en émeut ! Mais une plainte déposée par une Association de défense des femmes, en 2000, sera classée sans suite.

Cependant, une enquête de la DDASS, l'année suivante, menaçant l'établissement de fermeture, aboutit à la nomination d'un directeur diplômé. Il n'a pas fait long feu, car, non content d'ouvrir la Maison d'Ariane vers l'extérieur, il décide de décrocher les crucifix qui ornaient le saint lieu, pire encore, il informe une jeune fille enceinte de l'existence de la loi Veil ! Il ne terminera même pas sa période d'essai.

Son successeur sera donc, un certain Jean-Pierre Baudry, le 6e directeur en 8 ans ! Un beau CV, avec notamment une condamnation pour abus de confiance, faux et usage de faux : il avait, en 1993, détourné 4,5 millions de francs alors qu'il dirigeait une maison de l'enfance dans l'Oise, à Coye-la-Forêt ; arrivé en Vendée, il avait été licencié d'un centre de cure pour femmes alcooliques, pour fautes graves, en 1997 ; il avait cependant réussi à se faire employer au service de l'enfance du conseil général.

Quand il sera mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur des résidentes et du personnel du foyer, le conseil général, responsable de fait de sa nomination, se défausse immédiatement. Franck Vincent, directeur de la solidarité et de la famille, affirme «n'avoir aucune raison de penser que le fonctionnement n'a pas été bon» et a la «conviction que personne ne savait rien». Véronique Besse, chargée des affaires sociales du département, dégage sa responsabilité sur les lampistes: «Nos travailleurs sociaux ne nous ont jamais rien fait remonter.» Il est vrai que, pour tirer au clair les dysfonctionnements, la préfecture de la Vendée ne trouvera rien de mieux que de mener ses auditions à la Maison d'Ariane et en présence du fameux Franck Vincent, manière de libérer la parole des travailleurs sociaux et des associations dépendant des subventions départementales.

La chape de plomb s'est donc abattue, le conseil général n'a pas été inquiété pour une opération idéologique (contre la loi Veil) et une gestion catastrophique d'un foyer qui ne vivait que de ses subventions.

 

Cœurs sacrés de la Vendée

Olonne-sur-Mer digne représentante du pays des Olonnes qui avait su résister à l'armée vendéenne chère au cœur de notre vicomte, qui avait toujours eu une municipalité de gauche à sa tête, vient de tomber entre les mains d'un jeune loup du villièrisme de combat. A peine élu Maire, il s'est écrié qu'Olonne venait de réintégrer la Vendée ! Et, sans doute pour symboliser cette réintégration, il a fait descendre le drapeau européen, pour le remplacer par celui de la Vendée (ce qui ne manquera pas de réjouir les pseudo-républicains laïcistes, car notre hobereau est un farouche défenseur du département et un jugement d'un tribunal a conclu que les deux cœurs croisés n'étaient pas surmontés d'une croix, comme nos yeux voudraient nous le faire croire !).

 

BORLOO : RIGOLOO !

Samedi dernier (29/03/08), de DAMVIX (côté Vendée) et d'ARÇAIS (côté Deux-Sèvres), deux marches se sont formées, avec à leur tête Jacques AUXIETTE, Président de la région des Pays de la Loire et Ségolène ROYAL, Présidente du Poitou-Charentes, pour réclamer la labellisation du Parc Naturel du Marais Poitevin.

En effet, Borloo avait retoqué la Charte de ce Parc, adoptée par les deux régions concernées, mais à laquelle s'oppose farouchement le vicomte, confiné dans son sectarisme anti-gauche, mais aussi défenseur acharné des agrariens qui étendent leur maïs sur le marais.

Dans un échange téléphonique avec S. Royal, puis dans un échange direct (lors de sa venue sur l'embouchure de la Loire, victime d'une pollution due à la raffinerie Total de Donges) avec J. Auxiette, Borloo leur a avoué, qu'il avait signé sans la lire la lettre de rejet, qu'il s'était fait avoir par son propre cabinet ! Il serait peut-être temps qu'il y fasse du ménage.



N. B. Nouvel article dans le
Bêtisier Laïciste : Libertaire

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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 17:15

Campagne électorale, interrompue par un séjour à Monastir avec Julie (de l’art d’être grand-père ?), puis la dernière semaine… pour aboutir à une forte déception au soir du 9 mars. Non pas en tant que « candidat cantonnier », suppléant de surcroît - il eut fallu une déferlante de mécontentement pour mettre en péril le MPF sortant – mais aux municipales ; 55/45 la défaite est nette ; le vote protestataire annoncé ne s’est pas fait sentir dans l’évêché crotté ; son souffle a d’ailleurs été plus léger que prévu : c’est le parti des abstentionnistes qui est le grand vainqueur.

Pas trop eu le temps donc de débloguer. D’autant que les articles dithyrambiques d’Ouest-France sur les vainqueurs locaux (municipales et cantonales) ont provoqué mon ire et ma plume vengeresse.

 
Un ami m’avait cependant invité à signer l’appel (assez anodin au demeurant, mais qui avait provoqué une réaction hystérique des courtisans) de J. F. Kahn, cosigné notamment par Bayrou, Royal et Villepin, appel à la vigilance républicaine. A mon tour, j’avais utilisé le formulaire pour inviter des connaissances à signer. Message de mon ancien chef (j’en ai eu deux quand j’étais adjoint, mais la première était une cheftaine) : j’ai beau cliquer, ça ne marche pas. Je clique, ça marche, je récupère l’URL… mais, chez lui, ça ne marche toujours pas (mystère informatique épais)… je fais donc une recherche par google : Mes opinions et je découvre un site qui héberge des pétitions de toutes sortes… Parmi elles, une perle : « Bienvenue au gouvernement (Philippe de Villiers et tous les autres) ». Ironique ? Non. « Nous subissons les pressions démagogiques de groupes sans scrupules qui veulent dicter notre pensée. Notamment une pétition anti-entrée de de Villiers au gouvernement. (…) Philippe de Villiers est taxé "d'extrême droite anti-arabo-musulmane". Lui même se définit dans un courant de valeurs, il refuse de se positionner sur l'échiquier. (…) Les valeurs de la République ont toujours été portées avec force par Philippe de Villiers, autour d'un projet fédérateur et constructeur. » Et des propos laudateurs sur un prétendu programme pour faire une France aux couleurs de la Vendée. Le courageux auteur est un anonyme citoyen.
De fait le Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon était annoncé comme futur entrant au gouvernement (sans doute dans le cadre d’une ouverture vers la droite extrême), lui qui se disait pendant la campagne présidentielle n’étant pas « Sarko compatible ». Souvent Phiphi varie : il flirtera successivement avec une nouvelle action royaliste qui se voulait de gauche, Chrétienté solidarité de Bernard Anthony (FN), bien qu’ayant démissionné de son poste de sous-préfet à l’arrivée de Mitterrand (prêt, sans doute, à soulever le bocage contre les socialo-communistes), il aura quelques relations avec la « gauche caviar », il ralliera les quadras de la bande à Léo (François Léotard), puis Raymond Barre avant de s’associer à Seguin au moment de “Mastric”, avant de s’acoquiner avec Pasqua dans un éphémère néo-RPF, avant d’aller témoigner contre lui devant le juge Courroye. Finalement, il a fondé son MPF et essayé, en vain – le nabot fut plus habile que lui – de siphonner les voix du borgne.
Futur secrétaire d’état aux racines chrétiennes ou pas, il a déjà obtenu, avant le 1er tour des élections des soutiens ministériels. Ainsi, promet-il à Montaigu, son fief, un collège modèle pensionnat de Chavagnes, avec, dit-il, le soutien de Xavier Darcos. Si cela reste à vérifier, en revanche, il est sûr que Jean-Louis Borloo, qu’il a rencontré (« Ils ont été copains comme cochons » raconte un témoin, dixit L’Express du 29/02/08), a retoqué le « Parc régional du marais poitevin » soutenu par les Présidents régionaux concernés (S. Royal et J. Auxiette) mais vilipendé par le Vicomte, grand défenseur des agrariens qui assèchent le marais pour cultiver leur maïs. Bizarrement, à peine Ouest-France annonçait-il la nouvelle, avec des attendus sévères que Borloo téléphonait à la rédaction pour dire que ce n’était que purement formel, pour être bien sûr qu’aucun article ne pourrait être juridiquement fragile : principe de précaution en quelque sorte. (Il semble bien qu’au-delà de la rencontre avec le vicomte – avec qui Borloo ne serait pas copain comme cochon ? - le fumiste ministre se soit laissé circonscrire par un membre de son cabinet, ancien directeur général adjoint du Conseil général de la Vendée, style catholique et français toujours).
 
villierschretin.jpg  Ces élections furent aussi l’occasion de la parution d’un ouvrage qui décrit le microcosme politique d’une Vendée sous la botte du hobereau. Ô, ce ne sera pas un livre qui figurera au palmarès des essais politique, ce Mouton noir de Stéphane Frimaudeau. L’auteur, membre du RPR, avait eu le culot, lors d’élections cantonales de se présenter contre un séide du château (c’est ainsi qu’on nomme l’hôtel-Ceausescu du département), au risque de faire passer la gauche (ce qui fut le cas) : ce crime de lèse vicomté lui valut d’être traité de « connard » dans un discours du tribun du bocage, au langage de soudard !
Ce RPR pour qui le R de République voulait dire quelque chose, au lendemain d’une université d’été du MPF à Grasse, en 2005, où de Villiers passant de la droite extrême à l’extrême droite durcit son discours "contre l’islamisation, la déferlante migratoire, la France aux français", fonda avec un membre local du PS un collectif politique  « Vendée Vigilance République ». La dérive du Vicomte fut confirmée par le ralliement de Jacques Bompart, ex-cadre du Front national (et malheureusement réélu à Orange) et le choix comme directeur de campagne des Présidentielles du « très agité Guillaume Peltier », ex-FN aussi.
Non seulement, le jeune homme dû subir des courriers anonymes orduriers, l’envoi de couche culottes polluées et autres infamies, de la part des très chrétiens (aime ton prochain comme toi-même : ils doivent se détester ces intégristes cathos !) affidés de l’agité du bocage, mais il eut droit à un procès que l’on n’ose qualifier de stalinien, de la part de ses compagnons locaux de l’UMP (UMP à Paris, Villiériste en Vendée) : le secrétaire général départemental jugera les propos du président du MPF à Grasse excessifs et maladroits, mais « Je n’ai pas à juger », ajoutera-t-il ! En revanche, le jugement sur le trop républicain compagnon sera clair et net « On ne peut accepter qu’on s’allie avec des gens qui travaillent contre l’intérêt de la France », c’est-à-dire le PS ; on est revenu à l’anti-France et à une conception quasi de guerre civile (fort proche de celle du vicomte). Plutôt l’UMPF que l’UMPS conclura ce potard au sourire de benêt qui, hélas, a été réélu à la tête de notre ville-évêché.
 
 
 

Je reçois régulièrement une « newsletter », comme on dit, d’une « revue du 3e millénaire » dont voici un extrait :

Apprendre à construire la réalité à partir de ses pensées
On peut découvrir en soi l'existence de scénarios de création. Il suffit simplement de ne pas mettre d'entrave à la poussée issue de notre être. Les choses se forment toutes seules dans notre esprit, car la conscience est un espace d'apparition qui laisse être le monde. Il s'agit de remplacer la raideur de la volonté et du désir brut par la souplesse de ce "laisser être". Quand nous comprenons que connaître c'est agir de façon appropriée, la connaissance devient une pratique et celle-ci comble nos désirs. Nous ne nous sentons plus séparés.

André Moreau Philosophe du bonheur et chasseur d’évidences sauvages. Docteur en philosophie (Sorbonne) et auteur de plusieurs traités, il a été progressivement écarté des milieux universitaires à cause de l'originalité troublante de sa pensée. Son érudition, son sens de l'humour et sa capacité à surprendre ne laissent pas indifférent, d'autant plus que son œuvre écrite de 47 ouvrages intrigue et séduit à la fois. En conférence et en séminaire, ses thématiques et son langage coloré se rapprochent de U.G. Krishnamurti et de Nisargadatta Maharaj. André Moreau est un hédoniste avec de la profondeur. Étant un moniste dans la tradition de la non-dualité, il ne se sent pas séparé.

A lire cette prose, on comprend que ce « chasseur d’évidences sauvages » ait été écarté de l’université. Il fait partie de tout ce fatras de pseudos sciences, proche des sectes, qui connaît un certain succès. Inutile de dire à ses adeptes que l’homéopathie est de la pure foutaise : un lourd silence méprisant suivra ce sacrilège. Essayer d’expliquer, à celles et ceux qui prétendent ne pas dormir si leur pieu n’est pas orienté est-ouest, que toutes nos villes et quartiers ne sont pas construits sur le modèle du camp romain, que certaines maisons sont orientées Nord-Ouest Sud-Est par exemple et que, sauf à mettre le pajot en diagonale, impossible d’atteindre l’orientation somnifère, ne vous attirera qu’un mépris silencieux. Tout récemment, encore, une militante verte (bien que rousse) m’expliquait qu’avant de faire construire avec des amis une maison écologique, ils allaient faire venir un expert pour déterminer le meilleur emplacement en fonction de courants souterrains.

Du triomphe de l’irrationnel !
 
Pendant notre séjour dans la cité de Bourguiba, est arrivé l’Ephéméride de Yoland Simon (Editions Quartier libre, à commander à Groupe Jeu Thèmes, 9 rue de l’Aviation, 76600 Le Havre, 20 €, port compris). Je dois à ce Simon-là une certaine gratitude, car il est le seul écrivain qui m’ait mis en scène dans un de ses bouquins. Le rôle que j’y joue n’est pas très flatteur, bien que les paroles qu’il me prête soient justes. Qu’importe ! avoir son nom dans un livre…
Ce haut-normand, bien que petit, nous conte donc, du 1er janvier au 31 décembre, l’an 2007. Scènes de la vie quotidienne croquées sur le vif, pour employer un cliché, réflexions des petits enfants, souvenirs d’enfance, notations politiques et surtout – professeur de littérature, auteur de théâtre, d’essais, de récits et de poésies oblige – beaucoup de réflexions sur le théâtre, la poésie et leurs auteurs, le style, etc.
Je ne résiste pas à la tentation de le citer quand il parle du cher Finkielkraut : « Lâchez-le, tiens, sur les problèmes de l’Education nationale où il excelle en général. Impossible, alors, d’endiguer le flot furieux de ses diatribes, tout ce fatras de pétitions de principe, d’explications à l’emporte-pièce, de statistiques hallucinantes, de bilans définitifs, d’épouvantables constats, de généralisations hâtives, de citations accablantes, d’exemples soigneusement montés en épingle, de coupables impitoyablement désignés par ce rottweiler de la pensée qui va déchirer à belles dents un système scolaire sur lequel il se fait les crocs depuis des années. »
   
 
 
 
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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 11:44

Qui élit-on aux cantonales ? Les cantonniers. (perle de cancre)

Me voilà donc candidat cantonnier suppléant. Car j’ai découvert qu’il y avait maintenant un(e) suppléant(e) au (à la) candidat(e) aux élections cantonales (du sexe opposé : si le candidat est un homme, le suppléant est une suppléante et inversement ; en principe c’est pour favoriser la féminisation des conseils généraux : pour ce faire, il suffisait d’adopter dans les départements le même système que pour les municipales ou les régionales, mais non c’eût été trop simple).

 

D’abord candidat putatif sur une liste municipale et alors même que j’avais généreusement laissé ma place toute virtuelle pour éviter une élimination toujours délicate, je me suis donc retrouvé suppléant d’une candidate de la gauche unie (bien sûr) mais verte (même si elle est rousse).

 

Hasard et nécessité.

Quand, il s’agissait, aux élections précédentes, de recueillir l’héritage d’un conseiller sortant en principe PS (mais fortement teinté de « chasse, pêche, nature et tradition »), pas de problème pour trouver un volontaire (mâle, bien sûr). Mais le canton ayant été gagné haut-la-main par un Villiériste grand teint, Villiériste qui se représente, ça s’est si peu bousculé au portillon, que la candidature a été généreusement cédée aux Verts. Un suppléant était pressenti, mais il était lui présent et incontournable sur la liste municipale. Pour ne pas mélanger les deux élections qui, pour se dérouler le même jour, n’en sont pas moins de nature différente, on s’est retourné vers celui qui… (voir plus haut).

Il n’est pas besoin d’espérer, pour résister. Même si les chances de faire échec au sortant sont très faibles, il ne pouvait être question de le laisser sans adversaire de gauche.

peintpol23.jpgCet ex-diplomate se présente comme le meilleur « ambassadeur » du canton : cela reflète bien la réalité du fonctionnement d’un conseil général aux ordres. Le candidat MPF l’avoue cyniquement : ce sud Vendée qui n’a pas appartenu à la Vendée militaire*, la Vendée bocagère, qui d’ailleurs a son cœur en Anjou dans les Mauges, est étranger donc aux préoccupations de not bon maîtr Philippe : il lui faut un ambassadeur !

 

Principal à Montaigu, le canton où le Vicomte Le Jollis de Villiers de Saintignon se fait élire par les manants, j’ai assisté pendant trois ans, lors de l’inauguration de la foire-exposition annuelle au ballet des maires du canton venant quémander quelques subventions, tandis que le hobereau écoutait leurs requêtes avec condescendance.

Au bout de trois ans, non sans discussion opiniâtre (le service des collèges s’appuyait sur des textes techniques qui dataient des années 70 : j’ai pu le contourner pour discuter avec le directeur de cabinet du tout puissant président), j’ai pu obtenir une rénovation complète avec notamment un CDI digne de ce nom.

 

Passant à Luçon, il m’a bien fallu mes sept années de direction pour obtenir une rénovation extérieure d’un bâtiment béton (mais les pignons ont été oubliés) et si le principe de la remise en état intérieure était, en principe, acquis, plus de quatre ans après rien n’est fait ! Et là plus question de m’adresser au cabinet ni même d’obtenir un rendez-vous, quant au courrier, sans réponse. Jusqu’au jour où, à l’occasion d’une réunion du conseil général décentralisé (un gadget qui a fait long feu), dans son discours d’ouverture, du haut de son estrade, not bon maîtr apprit à la plèbe, dont j’étais, que le collège que je dirigeais allait être rénové de fond en comble. Et un peu après, le Directeur adjoint des services, un fonctionnaire donc, pas un politique, de m’interpeler avec morgue : « Vous voyez bien, ça ne servait à rien de nous envoyer vos courriers inouïs ! » Le rappel au minimum de politesse, consistant à répondre au courrier, n’en fit pas un ami.    

 

Eh oui, avec le Vicomte, on est loin de l’élégance aristocratique : ce sont plutôt des mœurs de spadassins dans ce régime quasi-féodal.

Mœurs qui s’étalent presque au grand jour dans notre tranquille « évêché crotté du bas Poitou ». Notre ex-diplomate, bien que totalement parachuté, avait réussi à conquérir la municipalité de Luçon, ville longtemps dirigée par un radsoc modèle Crépeau (le Maire voisin de La Rochelle, à l’époque). Devenu député européen sur la liste de Villers et visant donc le conseil général, il avait cédé, aux dernières municipales, la tête de liste à un premier adjoint qui jouait les benêts avec un tel naturel qu’il lui semblait un successeur inoffensif et manipulable à l’envi. Mais le benêt s’est libéré de la tutelle ; certes son accès à la tête d’une UMP départementale squelettique s’est traduit par une grande docilité envers le seigneur de Vendée, mais lorsqu’il a fallu construire une liste, il n’a pas cédé au diktat pas du tout diplomatique de son prédécesseur. L’heure est donc aux menaces des plus violentes, le raffiné président des actions culturelles est prêt pour la baston contre le traître à qui il avait trop généreusement cédé le fauteuil de maire !

Les luttes fratricides sont les plus féroces !

Les chances de voir la gauche reprendre sa place dans le sud-Vendée sont évidemment faibles. Mais les électeurs seront peut-être tentés d’envoyer les frères ennemis continuer à se battre comme des chiffonniers, mais sur la touche. Le candidat MPF a tout à perdre. La candidate de gauche pourra témoigner d’une conception de l’élue digne et non courtisane.

Bon, j’arrête de vous lasser avec mes petites histoires bas-poitevines…

 

* Lors de l’inauguration d’un collège ex-Pailleron complétement rénové, dans son discours, le Vicomte se tourne vers un élu local en lui dit en substance : « Vous voyez que, malgré l’histoire, le pays des Olonnes n’est pas oublié » ; esprit de l’escalier, ce n’est qu’après coup que j’ai compris qu’il faisait allusion à la résistance républicaine des Sables-d’Olonne qui n’étaient pas tombés aux mains des « vendéens » !

 
 
 
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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 16:52

3) Maif, Pena-Ruiz, sphères publiques et privées, laïcité

2005, centenaire de la loi de 1905, a vu fleurir des commémorations diverses (et parfois divergentes). La MAIF pour célébrer l’évènement avait lancé une série de conférences dans les grandes villes.


En tant que sociétaire, je m’étais permis de poser deux questions :

1°) que la MAIF soit partie prenante de cet anniversaire certes, mais pourquoi, plutôt que cette initiative isolée, ne pas appuyer les initiatives des grandes associations laïques, telle que le Ligue de l’enseignement ?

2°) en admettant que cette initiative solitaire soit justifiée, pourquoi n’avoir choisi qu’un seul conférencier, M. Henri Pena-Ruiz.

Pas de réponse.

Le cycle de conférences se poursuivant en 2006, questions reposées, j’ai eu droit à une belle réponse très langue de bois, mais quand j’ai insisté sur le choix d’un seul conférencier, aussi éminent soit-il, à croire que pour la MAIF il n’y avait qu’un seul intervenant possible sur la Laïcité, silence total.

 

HPR est à la philosophie ce que Baubérot est à l’histoire « le » spécialiste de la laïcité. Mais, tandis que Baubérot sent le soufre (pensez il n’a pas approuvé la loi sur le foulard !), HPR est le guide suprême de toute une mouvance néo-républicaine défenseure farouche d’une laïcité tellement universelle qu’elle n’existe qu’en France.

 

Il est toujours étrange de lire que la religion, comme d’autres convictions spirituelles ou philosophiques, relèverait de la seule « sphère privée », alors qu’outre le fait que le culte catholique, par exemple, s’exerce publiquement, dans des édifices publics (entretenus d’ailleurs par l’état ou les communes), la déclaration universelle des droits de l’homme reconnaît le droit de manifester sa religion ou ses convictions (dans le respect des lois bien sûr). Si cette manifestation ne peut se faire que dans son « for intérieur » un tel droit serait bien inutile. Sauf à donner à cette sphère « privée » une extension qui débordera sur l’expression publique et donc privera la distinction public/privé de tout sens, cette césure est artificielle.

Faut-il ajouter que le Secours catholique – comme le Secours populaire, non confessionnel, lui – est reconnu d’utilité publique ? Qu’à la Libération et pendant toute la IVe République un parti politique, le MRP, se réclamait de la démocratie chrétienne ? La CFTC maintenue a toujours pignon sur rue.

 

En revanche, la puissance publique garantit à toutes les religions leur libre exercice, mais dans le respect du droit commun. Leurs dogmes doivent respecter ce droit et respecter le droit de leurs fidèles de s’y conformer ou pas. Et respecter le droit de quitter leur giron…

 

 

 

Mais puisque c’est mon « deblog » pourquoi résister à la tentation de m’autociter, dans une opinion parue dans Libé le 16 mai 2006 (intitulé par Libé « Vraie et fausse laïcité » et qui doit beaucoup à Aristide Briand) :

Le vicomte le Jolis de Villiers de Saintignon, qui voit des islamistes partout, aura eu le mérite d'obliger certains défenseurs de la laïcité à clarifier un peu leurs positions, dans une pétition "Contre un nouvel obscurantisme".

Certes cet appel à tous les citoyens, quelle que soit leur origine, à s'unir dans un combat républicain et laïque contre "l'intégrisme que représente l'islam politique liberticide et le racisme" n'a pas (encore ?) atténué chez certains des signataires un discours que l'on serait tenté de qualifier de sectaire. Ainsi "Respublica" dans le dernier envoi de sa Newsletter tombe à bras raccourcis sur le PS, avec des attaques violentes notamment contre Jean Glavany qui dit pourtant "la laïcité n'est pas un combat contre les religions mais contre les intégrismes" et, dans un esprit d'union, épingle "la girouette Manuel Valls" tournée vers La Mecque évidemment, pour conclure : "Si le PS peine à retrouver le chemin de la séparation des sectes et de l'Etat avec une telle équipe de bras cassés, les défenseurs de la laïcité sauront, eux, ne pas trouver le bulletin socialiste en 2007".

Cette loi de 1905, dont les signataires se prétendent les plus farouches défenseurs, on se demande parfois si certains l'ont lue. Ou au moins en ont saisi l'esprit. Qui mieux que celui qui fut la véritable cheville ouvrière de la commission qui l'a élaborée (Aristide Briand, bizarrement le grand oublié des "commémorateurs" purs et durs) pourrait le définir.

"Si minutieusement rédigée soit une loi aussi considérable, dont tous les effets doivent être prévus par des dispositions de droit civil, pénal et administratif, elle contient inévitablement des lacunes et soulève de nombreuses difficultés d'interprétation. Le juge saura, grâce à l'article placé en vedette de la réforme, dans quel esprit tous les autres ont été conçus et adoptés. Toutes les fois que l'intérêt de l'ordre public ne pourra être légitimement invoqué, dans le silence des textes ou le doute sur leur exacte application, c'est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur.

"Il n'y a plus d'autres limites au libre exercice des cultes que celles qui sont expressément édictées dans l'intérêt de l'ordre public par le projet de loi lui-même.

"Le projet que vous présente la majorité des membres de votre commission est de nature à vous faciliter la tâche. Conçu, discuté, voté avec un large esprit de tolérance et d'équité, il sauvegarde tout ensemble les légitimes respectables préoccupations des consciences et les intérêts des personnes et les droits supérieurs de l'Etat. Ce n'est pas une œuvre de passion, de représailles, de haine, mais de raison, de justice et de prudence combinées, à laquelle votre commission vous demande de vous associer.

"En le votant, vous ramènerez l'Etat à une juste appréciation de son rôle et de sa fonction ; vous rendez la République à la véritable tradition révolutionnaire et vous aurez accordé à l'Eglise ce qu'elle a seulement le droit d'exiger, à savoir la pleine liberté de s'organiser, de vivre, de se développer selon ses règles et par ses propres moyens, sans autre restriction que le respect des lois et de l'ordre public". Extraits de la présentation du projet de loi.

 

La clarification est donc à poursuivre : cette laïcité, sous la bannière de laquelle on nous invite à nous unir, est-ce bien celle qui a présidé à l'élaboration de la loi de 1905 ? Et l'adjectif "républicain" renvoie-t-il aux grands acquis de la République dont la liberté d'expression ? Ou se réfère-t-il à une conception étriquée qui pollue le débat sur l'école en opposant bizarrement les "républicains" aux "pédagogues" ?

 

Peut-être est-ce cela que mon IGEN, Jean-Pierre Obin, qualifiait de « violentes attaques anti-laïques » ?

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