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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 16:04

Maison d'Ariane ou de la croisade anti-IVG avortée

Un Principal de collège qui joue les exhibitionnistes : nos télés nationales s'en font l'écho. Un ex-directeur d'un foyer pour femmes enceintes de La Roche-sur-Yon (Vendée) condamné vendredi 28/03/08 à 15 ans de réclusion criminelle pour viols aggravés, agressions sexuelles aggravées, harcèlement sexuel et moral, par la cour d'assises d'appel de Poitiers, pas une image, pas un mot.

L'histoire de la Maison d'Ariane (c'était le nom de ce foyer) vaut quand même d'être rappelée. Or donc, le 26 octobre 1994, un raid de cathos intégristes vient « prier sur les lieux du crime, dans l'avortoir », entendez le service IVG de l'hôpital de La Roche-sur-Yon (le seul à ne pas avoir porté plainte après cette agression !). Deux jours plus tard, le Vicomte Le Jolis de Villers de Saintignon, Président du Conseil général, annonce la création d'une maison d'accueil pour écarter les jeunes filles enceintes de la tentation d'avorter. Voire de «les accompagner dans les démarches de consentement à l'abandon». Sa gestion sera confiée à l'Association vendéenne pour l'Accueil de la Vie et la Promotion de la Famille (AVAVPF) dont l'objet précise «la conviction que la vie est sacrée et inviolable dès la conception jusqu'à la mort naturelle». Mais c'est le département qui offre les locaux et le budget (avec donc l'argent du contribuable vendéen pour un foyer qui étend sa sainte mission à toute la France).

La maltraitance est telle au sein de la Maison d'Ariane que la Pastorale des migrants du diocèse de Vendée s'en émeut ! Mais une plainte déposée par une Association de défense des femmes, en 2000, sera classée sans suite.

Cependant, une enquête de la DDASS, l'année suivante, menaçant l'établissement de fermeture, aboutit à la nomination d'un directeur diplômé. Il n'a pas fait long feu, car, non content d'ouvrir la Maison d'Ariane vers l'extérieur, il décide de décrocher les crucifix qui ornaient le saint lieu, pire encore, il informe une jeune fille enceinte de l'existence de la loi Veil ! Il ne terminera même pas sa période d'essai.

Son successeur sera donc, un certain Jean-Pierre Baudry, le 6e directeur en 8 ans ! Un beau CV, avec notamment une condamnation pour abus de confiance, faux et usage de faux : il avait, en 1993, détourné 4,5 millions de francs alors qu'il dirigeait une maison de l'enfance dans l'Oise, à Coye-la-Forêt ; arrivé en Vendée, il avait été licencié d'un centre de cure pour femmes alcooliques, pour fautes graves, en 1997 ; il avait cependant réussi à se faire employer au service de l'enfance du conseil général.

Quand il sera mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur des résidentes et du personnel du foyer, le conseil général, responsable de fait de sa nomination, se défausse immédiatement. Franck Vincent, directeur de la solidarité et de la famille, affirme «n'avoir aucune raison de penser que le fonctionnement n'a pas été bon» et a la «conviction que personne ne savait rien». Véronique Besse, chargée des affaires sociales du département, dégage sa responsabilité sur les lampistes: «Nos travailleurs sociaux ne nous ont jamais rien fait remonter.» Il est vrai que, pour tirer au clair les dysfonctionnements, la préfecture de la Vendée ne trouvera rien de mieux que de mener ses auditions à la Maison d'Ariane et en présence du fameux Franck Vincent, manière de libérer la parole des travailleurs sociaux et des associations dépendant des subventions départementales.

La chape de plomb s'est donc abattue, le conseil général n'a pas été inquiété pour une opération idéologique (contre la loi Veil) et une gestion catastrophique d'un foyer qui ne vivait que de ses subventions.

 

Cœurs sacrés de la Vendée

Olonne-sur-Mer digne représentante du pays des Olonnes qui avait su résister à l'armée vendéenne chère au cœur de notre vicomte, qui avait toujours eu une municipalité de gauche à sa tête, vient de tomber entre les mains d'un jeune loup du villièrisme de combat. A peine élu Maire, il s'est écrié qu'Olonne venait de réintégrer la Vendée ! Et, sans doute pour symboliser cette réintégration, il a fait descendre le drapeau européen, pour le remplacer par celui de la Vendée (ce qui ne manquera pas de réjouir les pseudo-républicains laïcistes, car notre hobereau est un farouche défenseur du département et un jugement d'un tribunal a conclu que les deux cœurs croisés n'étaient pas surmontés d'une croix, comme nos yeux voudraient nous le faire croire !).

 

BORLOO : RIGOLOO !

Samedi dernier (29/03/08), de DAMVIX (côté Vendée) et d'ARÇAIS (côté Deux-Sèvres), deux marches se sont formées, avec à leur tête Jacques AUXIETTE, Président de la région des Pays de la Loire et Ségolène ROYAL, Présidente du Poitou-Charentes, pour réclamer la labellisation du Parc Naturel du Marais Poitevin.

En effet, Borloo avait retoqué la Charte de ce Parc, adoptée par les deux régions concernées, mais à laquelle s'oppose farouchement le vicomte, confiné dans son sectarisme anti-gauche, mais aussi défenseur acharné des agrariens qui étendent leur maïs sur le marais.

Dans un échange téléphonique avec S. Royal, puis dans un échange direct (lors de sa venue sur l'embouchure de la Loire, victime d'une pollution due à la raffinerie Total de Donges) avec J. Auxiette, Borloo leur a avoué, qu'il avait signé sans la lire la lettre de rejet, qu'il s'était fait avoir par son propre cabinet ! Il serait peut-être temps qu'il y fasse du ménage.



N. B. Nouvel article dans le
Bêtisier Laïciste : Libertaire

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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 19:15

Ne boudons pas notre bonheur !

Même si on peut regretter, qu’à presque rien, Marseille n’ait pas basculé ; même si on peut regretter, qu’à Paris, Delanoë, pour un futur positionnement tactique dans la conquête du PS, ait refusé la main tendue par le MODEM (qui n’aurait pas plus gêné son action que Les Verts puisqu’il a la majorité absolue) pour débarrasser Paris du couple Tibéri…

Non, ne boudons pas : Angers sauvegardé, malgré un pitoyable appel de Jean Monnier en faveur de l’adversaire de son propre successeur, Quimper qui retrouve l’élégant Bernard Poignant à l’humour so British (quel dommage qu’il ait rasé sa fine moustache qui lui donnait un style encore plus britannique), Amiens et Périgueux où échouent l’ancien et l’actuel Ministre de l’éducation nationale, Toulouse, bien sûr, qui sera vraiment ville rose

Quelque tristesse cependant à voir l’ami Jacques Lambert, élu à Pornichet en 1995 à la faveur d’une triangulaire, réélu sans peine en 2001, sévèrement battu cette fois-ci ; déception aussi à Saumur, qui avait connu un scénario identique, mais qui retombe sous la coupe d’une droite locale presque aussi bornée que celle qui sévit en Vendée.

Il est aussi des victoires qui font particulièrement plaisir.

logo_ps.jpgVernon, dans l’Eure, longtemps dirigée par un cacique SFIO, puis qui avait connu une période agitée avec un maire PCF, minoritaire dans la liste PCF-PS (un cas de figure) et où, ensuite, une liste, dont j’étais membre, avait été battue en 1983, Vernon repasse à gauche. Satisfaction d’autant plus grande que j’avais côtoyé le maire UMP sortant au Centre de formation des PEGC de Mont-Saint-Aignan où il jouait, sans complexe ni retenue, le rôle huileux du parfait lèche-cul. Rôle qu’il a continué à jouer auprès d’un très vieux maire à Pacy-sur-Eure dont il est devenu le successeur. Conseil général, sénat et il s’était parachuté à Vernon en 2001. Le leader de la liste de gauche – le docteur Nguyen Thanh – est, pour moi, un parfait inconnu, mais j’ai retrouvé avec plaisir, assez loin dans la liste ma grande amie Claire et aussi, avec un amusement teinté d’inquiétude l’ex grand soixante-huitard local, qui a ensuite navigué dans la gauche extrême mais rarement dans l’unité, Jean-Claude Mary (et lui en haut de la liste) ainsi que Jean-Luc Lecomte, de mon temps secrétaire de la section PCF, style super sectaire. Souhaitons au docteur que le temps ait fait son œuvre…

 

Evreux, chef lieu de l’Eure, fut dirigée par un maire communiste de 1977 à 2001, Roland Plaisance (pas sectaire du tout, lui), qui fut battu par Jean-Louis Debré. Le candidat de droite à sa succession a été battu par un dissident PS, Michel Champredon. Tout jeune militant (une vingtaine d’années), il m’avait sévèrement attaqué alors que je défendais, dans une réunion départementale, les thèses rocardiennes. Il était, à l’époque, un brave petit soldat de la mitterrandie fabiusienne ! Je ne sais pourquoi, il m’a fait parvenir ses lettres électroniques de campagne, campagne apparemment très dynamique puisqu’il a largement distancé le candidat officiel de la gauche. Il a cependant commis une petite facétie, pendant la campagne, en allant piquer un paquet d’affiches de ce concurrent dans le local PS. Pourvu qu’il garde cette jeunesse d’esprit !

N'oublions pas Gaillon où Nanard Le Dilavrec redonne la ville à la gauche, après l'échec cuisant de Maurice Maire, que l'on pouvait croire inamovible, en 2001. Un seul regret : trouver Viviane en 2e position sur la liste du maire sortant (ce n'est pas parce que M. Maire lui avait préféré naguère un 1er adjoint imposé par Fabius qu'il fallait virer de bord !).

 

Toujours dans l’Eure : Les Andelys ! Longtemps le fief inexpugnable du digne représentant de ce qu’un connaisseur, le Prince Ladislas Poniatowski, baptisait la République des copains et des coquins, René Tomasini* : il y régna de 1965 à 1983. Le député, dont j’avais été le collaborateur de 1981 à 1984, Freddy Deschaux-Beaume**, après avoir échoué à Vernon en 1983, l’avait emporté aux Andelys en 1989 pour disparaître subrepticement de la scène et laisser la place à un RPR, ex-assistant parlementaire de Tomasini. Il vient d’être battu : espérons que la gauche fera plus qu’un sexennat.

 

Un chercheur, Bernard Suchaut, lance un nouveau pavé dans la mare bi-centenaire du bac ! Rien de bien original : même en mathématiques, les écarts de notes entre correcteurs sont très élevés et les commissions d’harmonisation, censées définir des critères communs, n’y changent rien. Le même correcteur peut d’ailleurs faire varier ses propres critères en cours de correction !  Laugier et Piéron l’avait mis en relief pour le certif dès 1922, pour le bac dès 1932 : c’est Piéron qui baptisa ce domaine de recherches docimologie. Parmi les phénomènes mis en relief par ces chercheurs, on peut noter l’effet de contraste : l’élève moyen, si ça copie arrive juste après un devoir particulièrement faiblard a toutes chances d’être beaucoup mieux noté que si elle tombe après une production très brillante.

 

Il y a quelques années, une jeune fille 1er prix de philo au vénérable Concours général, s’était vue infliger une note médiocre dans cette matière au bac (ses protestations n’y ont rien changé : le correcteur même philosophe – j’allais dire surtout – est insensible au doute et se drape dans la toge de l’infaillibilité). Il est vrai que dans cette matière, il avait été calculé qu’il faudrait 127 correcteurs pour stabiliser la note.

Les recteurs de Besançon et Dijon protestent, se tournent vers le CNRS : le travail de l’IREDU ne serait pas rigoureux… Il est surtout inutile : qu’ils relisent toute la littérature scientifique en docimologie. Sans oublier le travail d’Antibi, sur la constante macabre.


La fève ne passe pas

L'affaire remonte à Janvier mais n'a fait l'objet d'une dépêche que récemment. On ne dira pas où ça s'est passé, ne souhaitant pas compliquer les affaires de ce pauvre pâtissier, mais disons que c'est quelque part en Vendée... Le dimanche de l'épiphanie un couple de clients, fidèles de l'établissement vient y faire un véritable scandale, le ton monte, on est à deux doigts d'en venir aux mains à ce point que le pâtissier se voit contraint d'appeler la police.
En fait le client reprochait au commerçant d'avoir placé dans la galette, une petite bite en guise de fève. Le couple avait invité le curé du coin qui s'est retrouvé avec une mini bite dans la bouche et qui a paraît-il frôlé l'apoplexie !


Le commerçant a bien sûr cherché à savoir d'où venait cette farce ! L'apprenti pâtissier était là depuis 10 jours et s'entendait bien avec ses patrons... il n'avait aucune raison de faire ça... sauf que, devant les menaces de plaintes, il a lâché le morceau : il avait été payé pour placer les fèves en forme de zizi par l'apprenti précédent qui lui avait eu des mots avec le pâtissier... Et on chuchote même que s'ils s'étaient querellés, c'est que la pâtissière n'avait pas été insensible à ses jeunes charmes (mais ce sont là des choses qui ne nous regardent pas).


Le pâtissier interrogé dit " L'apprenti nous a avoué avoir truffé 25 galettes avec des zizis, nous n'avons eu qu'une seule réclamation, extrêmement violente, sinon rien, même pas un commentaire... bien qu'il soit possible que deux ou trois personnes ne viennent plus dans ma boutique. J'ai mis un panneau expliquant que je n'étais pas responsable des plaisanteries de mon apprenti et que celui-ci avait été viré... je n'ai pas porté plainte, ça me gonfle, et celle du mec qui voulait tout casser n'a pas été jugé recevable. L'incident est clos... et je vais vous dire, je ne sais même pas comment elles étaient ces bites, je ne les ai pas vues, il parait qu'elles étaient jolies"

 
*Tartarin ramasse sa casquette (01/09/72)

Ça y est : René Tomasini a quitté son bureau de la rue de Lille. Sans fleurs, ni couronnes. Plutôt dans la semi-clandestinité, à la faveur d'une opération chirurgicale vraiment bien venue.

      Déjà sur pieds vendredi dernier, Tomasini est parti en convalescence pour six semaines, dans sa villa de Noyers-les-Andelys. Il y coulera des jours tranquilles, loin des vicissitudes et des turpitudes d'un secrétariat général de l'U.d.r., aujourd'hui trop lourd pour ses épaules. Il y méditera à loisir sur l'ingratitude du Prince. Mieux que personne, René Tomasini sait que les artisans de sa chute se trouvent plus dans l'entourage présidentiel que dans l'opposition. Il s'est accroché, avec l'énergie arrière des condamnés, à son poste. Mais, dès l'arrivée de Pierre Messmer à Matignon, il plaçait ses amis et les membres de son cabinet dans les nouveaux ministères, avec ce conseil : « Allez-y. Ce coup-ci, ils m'auront ».

      «Ils» l'ont eu. Peu importent les moyens et les arguments que d'aucuns ont utilisés pour « vider Toto ». Cela relève plus des ragots de bas étage que de la politique. Somme toute, cela ne s'est traduit que par un communiqué ampoulé de 18 lignes.

      Maintenant, il s'agit pour l'Elysée, par l'entremise de Pierre Juillet et de Marie-France Garaud, de trouver, avant le 5 septembre, un remplaçant pour diriger l'U.d.r. Alain Peyrefitte ou André Fanton, Michel Herson ou François Missoffe ? En tout cas, ce sera un homme sûr. Un politique plus qu'un baroudeur, un fin stratège plus qu'un spécialiste des coups tordus, un hâbleur télégénique plus qu'une « grande gueule », un incorruptible plus qu'un affairiste. Georges Pompidou aimerait bien que le prochain secrétaire général de l'U.d.r. n'occupe pas trop souvent la « une » du « Canard enchaîné ».

      Les bourdes de "Toto"

      Et pourtant ! Lorsque Tomasini devint secrétaire général de l'U.d.r., le 14 janvier 1971, les services de presse de l'Elysée, toujours prêts à commenter l'action présidentielle, soulignaient que ce choix provenait d'en haut. C'était il y a 18 mois. Aujourd'hui, pour expliquer la disgrâce et la chute du secrétaire général de l'U.d.r., un proche de l'Elysée confie : « Toto n'est ni un politique ni un battant. Il a contre lui un grand nombre de bourdes, le tort de ne pas écouter assez les hommes de l'Elysée, et des activités peu compatibles avec ses fonctions ».

      Il est vrai qu'à 53 ans, René Tomasini a derrière lui un joli passé dans les allées sombres du Pouvoir et de l'administration. Il réussit cet exploit peu commun de faire sa carrière dans la préfectorale sous Vichy tout en maintenant de bonnes relations avec la Résistance. Ce qui lui valut le poste envié de directeur du cabinet de Michel Debré, alors commissaire de la République à Angers.

      Quand le Général quitta la présidence du conseil pour les chênes centenaires de Colombey, René Tomasini sut encore progresser à l'ombre des tenants du Pouvoir. Après un séjour dans l'administration marocaine, il se retrouva, en 1957, directeur du Centre d'orientation des Français rapatriés du Maroc et de la Tunisie. Poste qu'il dut quitter après l'enquête d'un inspecteur des finances sur le fonctionnement de ses services.

      Enfin, vint le gaullisme. Un siège de député de l'Eure en 1958, puis la mairie des Andelys. Et la lente ascension dans l'appareil des partis gaullistes qui changent de dénomination aussi facilement que de secrétaire général. Une biographie presque sans tache, s'il n'y manquait quelques détails qui, depuis trois mois, sont venus enrichir le dossier Tomasini ouvert sur le bureau présidentiel.

      Argent vite gagné

      Car Tomasini a aussi le goût des affaires et de l'argent vite et facilement gagné. P.d.g. en titre d'une société de travail intérimaire, Industra — qui a réalisé cette année un milliard et demi de francs anciens de chiffre d'affaires — contrôlant deux autres sociétés du même type par prête-noms interposés, Intertra et la Société de régie spécialisée, sises 66, rue de Provence à Paris, Tomasini sait faire rentrer l'argent. C'est à un certain Robert Roussel, mort depuis dans un accident de voiture, membre du conseil d'administration d'Industra et de la S.r.s., employé donc du P.d.g. Tomasini, qu'on doit le scandale du fichier de l'O.r.t.f. Roussel proposa le fichier de l'O.r.t.f. de Rennes — soit onze à douze millions de noms et adresses — à des firmes de vente par correspondance.

      Petits services

      Autre problème pour le P.d.g. René Tomasini : deux des fondateurs de la société Industra le traînent actuellement devant les tribunaux. Ils l'accusent, ni plus ni moins, d'être devenu P.d.g. d'Industra par des moyens parfaitement illégaux. Puis d'avoir transféré des actifs de l'entreprise Industra à sa nouvelle société Intertra pour éviter l'hypothèque judiciaire. Est-ce un hasard si, aujourd'hui, dans les milieux dits bien informés, on murmure que ce procès pourrait venir avant deux mois ? Est-ce encore un hasard si ces mêmes milieux racontent que Tomasini avait la fâcheuse habitude de recommander aux élus gaullistes de son département les services de certaines entreprises ? Mais cela doit être pure calomnie.

      Abandonnons Tomasini, homme d'affaires, pour le politique. Brusque, volontiers familier et bourru, ce fin judoka avait un style qui plaisait aux militants de l'U.d.r. Ses qualités incontestables d'organisateur font qu'aujourd'hui l'U.d.r. a su se doter d'une machine de parti plus efficace, qu'elle a recruté plus de membres et sera plus apte à lutter contre la gauche d'ici à mars 1973. Ceux que Toto appelait ses « compagnons », les gaullistes de base, plus activistes que démocrates, regretteront sa faconde. Lui qui, comme eux, ne s'embarrassait ni ne se payait de mots. Lui qui comme eux « aimait les copains » et savait rendre des petits services. Lui qui préside l'association Solidarité corse.

      Seulement, la popularité de Toto ne dépassait guère le milieu restreint des militants. U.d.r. En 18 mois de secrétariat général, l'U.d.r. doit à Tomasini quelques propos musclés qui ont su encore dévaloriser, si besoin était, son image de marque. En février 1971, « les magistrats sont des lâches ». Puis Information première est « domestiquée par les adversaires de la liberté». Quelques mois plus tard, c'est une longue apologie de la sinistre C.f.t. Dans une autre veine, quand Toto rejoignait Tartarin, il faut se souvenir de « Je suis un libéral très tolérant », « Je convie les Français à un surplus de citoyenneté. », Et de cette phrase extraite d'une interview au « Figaro », le 16 septembre 1971 : « Quant à l'U.d.r., elle n'a besoin de personne pour mettre, le cas échéant, choses et gens en ordre chez elle et de façon exemplaire ».

      Encore fallait-il ajouter que sous la Ve République, seul l'Elysée est habilité à faire le ménage du parti gaulliste.

Nicolas BRIMO L’Unité 01/09/72
 

** Il semble que FDB – devenu Maire d’un petite commune des Pyrénées orientales http://www.opoul-perillos.com/accueil.htm - ait viré dans le mystique, style DA VINCI CODE, avec cet ouvrage dont rend compte une mystérieuse société Perillos qui voit des mystères partout :

Jésus le triomphe de l’échec FDBjesus_echec.jpg

Un ouvrage incontournable et totalement nouveau pour une approche inattendue d’un sujet aussi vaste que celui de la personnalité et la vie d’un homme du nom de Jésus… qui bouleversa l’histoire il y a près de deux mille ans.
Freddy DESCHAUX-BAUME eut un parcours des plus riches en matière de lieux liés à notre recherche, bien qu’il se défende d’y voir autre chose que la marque du hasard. Le fait est qu’il connaît aussi bien Gisors qu’Opoul et ce n’est pas peu dire... Membre des premières heures de la Société Périllos, Freddy est un ‘curieux de nature’ dont la discrétion n’a d’égale qu’une érudition hors du commun. Un auteur à la hauteur d’une recherche documentaire titanesque, sans concession, dans les écrits religieux et auprès d’écrivains dont le sérieux n’est plus à démontrer.
Cet ouvrage de près de 550 pages est une source inépuisable d’informations et éléments sur ce thème qui nous intrigue depuis le tout début de nos travaux, il y a plus de 35 ans. Au fil de treize ( ?) chapitres, nous sommes conviés à une exploration minutieuse dans des domaines géographiques, religieux, historiques, insolites ou peu souvent abordés et développés.
Freddy DESCHAUX-BAUME ne pose pratiquement pas de questions, mais apporte de multiples réponses sur la personnalité de Jésus, ses objectifs… pourquoi et pour qui…

« Depuis deux mille ans, l’humanité s’interroge. Théologiens et exégètes expriment parfois des opinions concordantes, souvent complémentaires, voire divergentes.
Cette curiosité puise sa force dans l’ambiguïté du personnage ou les paradoxes relevés dans ses actes et paroles.
Un homme, dont la vie n’alerta pas les historiens, fut à l’origine d’une religion qui perdure depuis vingt siècles, s’étendit sur tous les continents et pesa sur des événements majeurs du monde.
Comment un juif de l’intérieur, agissant dans un pays à la superficie modeste, environ 25 000 km2, accéda-t-il au rayonnement universel ?
Entre deux thèses, foi et mythe, oscillent diverses interprétations du personnage historique.
Un Jésus politique, extrémiste, guerrier zélote, condamné puis exécuté par l’occupant romain dont il menaçait le pouvoir.
Un Jésus mystique, instruit, prédicateur talentueux, issu d’une des multiples sectes existantes à son époque ou du pharisiaïsme, condamné par le Sanhédrin, juridiction juive, dont il ébranlait le pouvoir religieux.
De nombreuses spéculations circulent sur sa naissance, sa vie publique et sa mort. Le crucifié était-il « Fils de Dieu » ou enfant naturel engendré par un Zélote ou un romain ? La loi mosaïque était-elle le fondement de sa profession de Foi ou la modifiait-il ? Ses miracles provenaient-ils de sa divinité ou de ses talents d’initié ? Devons-nous admettre sa résurrection comme une réalité, une affabulation ou une mise en scène ?
Comment dénouer cet écheveau ?
Sans conduire à une certitude impossible à établir, une analyse de textes aux origines diverses - Bible, apocryphes, Talmud et païens – les références aux contextes politique, économique, social, religieux de l’époque de Jésus pourront nous aider à dessiner le parcours, les objectifs et la personnalité de celui-ci.
Cet ouvrage n’affiche pas d’ambition didactique, aucune interprétation, aussi cohérente puisse-t-elle paraître, ne débouchera sur l’élucidation du mystère qui entoure Jésus. Au mieux parviendrons-nous, par la synthèse des analyses effectuées à une explication admissible.
Dans les pages suivantes, les experts pourront contester mes analyses et mes interprétations. Je m’en excuse par avance. Je ne suis ni un exégète, ni un scientifique, mais un homme passionné pour un personnage que l’Histoire, à défaut des historiens, a placé hors du commun. »
… explique Freddy DESCHAUX BEAUME dans la préface de son livre, sur lequel on lit encore en dos de couverture :
« Les Evangiles ont perpétué le souvenir de Jésus et propagé son nom dans le monde. Mais qui était ce « Fils de l’homme » ? Dieu incarné selon les chrétiens, missionnaire rebelle pour les juifs, prophète chez les musulmans, guerrier ou prédicateur mystique ?
Juif, il le fut de sa naissance à sa mort. L’auteur nous présente un Jésus à la fois nationaliste et pacifique. Toute son énergie tendit à convaincre ses compatriotes de croire en sa doctrine, seule voie possible à la concrétisation d’une espérance séculaire de son peuple : la venue du royaume de Dieu !

Quels critères motivèrent le choix de ses apôtres ?
Pourquoi son charisme s’exerça-t-il en particulier sur les femmes ?
Quelles furent ses relations avec sa disciple préférée, la Magdaléenne ?
Pourquoi et comment accomplit-il des miracles ?
Comment vécut-il durant les années qui précédèrent sa vie publique ?
Qui était Jean le Baptiste ?
Qui était-il lui-même ?
Pourquoi concentrera-t-il ses attaques sur des pharisiens et le clergé de Jérusalem ?
Que représentait pour lui le royaume de Dieu ?
Pourquoi célébrera-t-il la Cène le mercredi soir au lieu du jeudi soir ?
Pourquoi fut-il arrêté ?

Par les réponses à ces interrogations, cet ouvrage apporte un éclairage original sur la personnalité de Jésus et les objectifs qu’il poursuivait.
A lire et… à relire ! »

Pour les informations et références historiques que nous apporte cet ouvrage majeur dans la continuité de nos travaux sur ce sujet, nous ne pouvons que recommander de le consulter et l’avoir à portée de main dans le cadre de nos recherches.

A. Douzet
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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 17:15

Campagne électorale, interrompue par un séjour à Monastir avec Julie (de l’art d’être grand-père ?), puis la dernière semaine… pour aboutir à une forte déception au soir du 9 mars. Non pas en tant que « candidat cantonnier », suppléant de surcroît - il eut fallu une déferlante de mécontentement pour mettre en péril le MPF sortant – mais aux municipales ; 55/45 la défaite est nette ; le vote protestataire annoncé ne s’est pas fait sentir dans l’évêché crotté ; son souffle a d’ailleurs été plus léger que prévu : c’est le parti des abstentionnistes qui est le grand vainqueur.

Pas trop eu le temps donc de débloguer. D’autant que les articles dithyrambiques d’Ouest-France sur les vainqueurs locaux (municipales et cantonales) ont provoqué mon ire et ma plume vengeresse.

 
Un ami m’avait cependant invité à signer l’appel (assez anodin au demeurant, mais qui avait provoqué une réaction hystérique des courtisans) de J. F. Kahn, cosigné notamment par Bayrou, Royal et Villepin, appel à la vigilance républicaine. A mon tour, j’avais utilisé le formulaire pour inviter des connaissances à signer. Message de mon ancien chef (j’en ai eu deux quand j’étais adjoint, mais la première était une cheftaine) : j’ai beau cliquer, ça ne marche pas. Je clique, ça marche, je récupère l’URL… mais, chez lui, ça ne marche toujours pas (mystère informatique épais)… je fais donc une recherche par google : Mes opinions et je découvre un site qui héberge des pétitions de toutes sortes… Parmi elles, une perle : « Bienvenue au gouvernement (Philippe de Villiers et tous les autres) ». Ironique ? Non. « Nous subissons les pressions démagogiques de groupes sans scrupules qui veulent dicter notre pensée. Notamment une pétition anti-entrée de de Villiers au gouvernement. (…) Philippe de Villiers est taxé "d'extrême droite anti-arabo-musulmane". Lui même se définit dans un courant de valeurs, il refuse de se positionner sur l'échiquier. (…) Les valeurs de la République ont toujours été portées avec force par Philippe de Villiers, autour d'un projet fédérateur et constructeur. » Et des propos laudateurs sur un prétendu programme pour faire une France aux couleurs de la Vendée. Le courageux auteur est un anonyme citoyen.
De fait le Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon était annoncé comme futur entrant au gouvernement (sans doute dans le cadre d’une ouverture vers la droite extrême), lui qui se disait pendant la campagne présidentielle n’étant pas « Sarko compatible ». Souvent Phiphi varie : il flirtera successivement avec une nouvelle action royaliste qui se voulait de gauche, Chrétienté solidarité de Bernard Anthony (FN), bien qu’ayant démissionné de son poste de sous-préfet à l’arrivée de Mitterrand (prêt, sans doute, à soulever le bocage contre les socialo-communistes), il aura quelques relations avec la « gauche caviar », il ralliera les quadras de la bande à Léo (François Léotard), puis Raymond Barre avant de s’associer à Seguin au moment de “Mastric”, avant de s’acoquiner avec Pasqua dans un éphémère néo-RPF, avant d’aller témoigner contre lui devant le juge Courroye. Finalement, il a fondé son MPF et essayé, en vain – le nabot fut plus habile que lui – de siphonner les voix du borgne.
Futur secrétaire d’état aux racines chrétiennes ou pas, il a déjà obtenu, avant le 1er tour des élections des soutiens ministériels. Ainsi, promet-il à Montaigu, son fief, un collège modèle pensionnat de Chavagnes, avec, dit-il, le soutien de Xavier Darcos. Si cela reste à vérifier, en revanche, il est sûr que Jean-Louis Borloo, qu’il a rencontré (« Ils ont été copains comme cochons » raconte un témoin, dixit L’Express du 29/02/08), a retoqué le « Parc régional du marais poitevin » soutenu par les Présidents régionaux concernés (S. Royal et J. Auxiette) mais vilipendé par le Vicomte, grand défenseur des agrariens qui assèchent le marais pour cultiver leur maïs. Bizarrement, à peine Ouest-France annonçait-il la nouvelle, avec des attendus sévères que Borloo téléphonait à la rédaction pour dire que ce n’était que purement formel, pour être bien sûr qu’aucun article ne pourrait être juridiquement fragile : principe de précaution en quelque sorte. (Il semble bien qu’au-delà de la rencontre avec le vicomte – avec qui Borloo ne serait pas copain comme cochon ? - le fumiste ministre se soit laissé circonscrire par un membre de son cabinet, ancien directeur général adjoint du Conseil général de la Vendée, style catholique et français toujours).
 
villierschretin.jpg  Ces élections furent aussi l’occasion de la parution d’un ouvrage qui décrit le microcosme politique d’une Vendée sous la botte du hobereau. Ô, ce ne sera pas un livre qui figurera au palmarès des essais politique, ce Mouton noir de Stéphane Frimaudeau. L’auteur, membre du RPR, avait eu le culot, lors d’élections cantonales de se présenter contre un séide du château (c’est ainsi qu’on nomme l’hôtel-Ceausescu du département), au risque de faire passer la gauche (ce qui fut le cas) : ce crime de lèse vicomté lui valut d’être traité de « connard » dans un discours du tribun du bocage, au langage de soudard !
Ce RPR pour qui le R de République voulait dire quelque chose, au lendemain d’une université d’été du MPF à Grasse, en 2005, où de Villiers passant de la droite extrême à l’extrême droite durcit son discours "contre l’islamisation, la déferlante migratoire, la France aux français", fonda avec un membre local du PS un collectif politique  « Vendée Vigilance République ». La dérive du Vicomte fut confirmée par le ralliement de Jacques Bompart, ex-cadre du Front national (et malheureusement réélu à Orange) et le choix comme directeur de campagne des Présidentielles du « très agité Guillaume Peltier », ex-FN aussi.
Non seulement, le jeune homme dû subir des courriers anonymes orduriers, l’envoi de couche culottes polluées et autres infamies, de la part des très chrétiens (aime ton prochain comme toi-même : ils doivent se détester ces intégristes cathos !) affidés de l’agité du bocage, mais il eut droit à un procès que l’on n’ose qualifier de stalinien, de la part de ses compagnons locaux de l’UMP (UMP à Paris, Villiériste en Vendée) : le secrétaire général départemental jugera les propos du président du MPF à Grasse excessifs et maladroits, mais « Je n’ai pas à juger », ajoutera-t-il ! En revanche, le jugement sur le trop républicain compagnon sera clair et net « On ne peut accepter qu’on s’allie avec des gens qui travaillent contre l’intérêt de la France », c’est-à-dire le PS ; on est revenu à l’anti-France et à une conception quasi de guerre civile (fort proche de celle du vicomte). Plutôt l’UMPF que l’UMPS conclura ce potard au sourire de benêt qui, hélas, a été réélu à la tête de notre ville-évêché.
 
 
 

Je reçois régulièrement une « newsletter », comme on dit, d’une « revue du 3e millénaire » dont voici un extrait :

Apprendre à construire la réalité à partir de ses pensées
On peut découvrir en soi l'existence de scénarios de création. Il suffit simplement de ne pas mettre d'entrave à la poussée issue de notre être. Les choses se forment toutes seules dans notre esprit, car la conscience est un espace d'apparition qui laisse être le monde. Il s'agit de remplacer la raideur de la volonté et du désir brut par la souplesse de ce "laisser être". Quand nous comprenons que connaître c'est agir de façon appropriée, la connaissance devient une pratique et celle-ci comble nos désirs. Nous ne nous sentons plus séparés.

André Moreau Philosophe du bonheur et chasseur d’évidences sauvages. Docteur en philosophie (Sorbonne) et auteur de plusieurs traités, il a été progressivement écarté des milieux universitaires à cause de l'originalité troublante de sa pensée. Son érudition, son sens de l'humour et sa capacité à surprendre ne laissent pas indifférent, d'autant plus que son œuvre écrite de 47 ouvrages intrigue et séduit à la fois. En conférence et en séminaire, ses thématiques et son langage coloré se rapprochent de U.G. Krishnamurti et de Nisargadatta Maharaj. André Moreau est un hédoniste avec de la profondeur. Étant un moniste dans la tradition de la non-dualité, il ne se sent pas séparé.

A lire cette prose, on comprend que ce « chasseur d’évidences sauvages » ait été écarté de l’université. Il fait partie de tout ce fatras de pseudos sciences, proche des sectes, qui connaît un certain succès. Inutile de dire à ses adeptes que l’homéopathie est de la pure foutaise : un lourd silence méprisant suivra ce sacrilège. Essayer d’expliquer, à celles et ceux qui prétendent ne pas dormir si leur pieu n’est pas orienté est-ouest, que toutes nos villes et quartiers ne sont pas construits sur le modèle du camp romain, que certaines maisons sont orientées Nord-Ouest Sud-Est par exemple et que, sauf à mettre le pajot en diagonale, impossible d’atteindre l’orientation somnifère, ne vous attirera qu’un mépris silencieux. Tout récemment, encore, une militante verte (bien que rousse) m’expliquait qu’avant de faire construire avec des amis une maison écologique, ils allaient faire venir un expert pour déterminer le meilleur emplacement en fonction de courants souterrains.

Du triomphe de l’irrationnel !
 
Pendant notre séjour dans la cité de Bourguiba, est arrivé l’Ephéméride de Yoland Simon (Editions Quartier libre, à commander à Groupe Jeu Thèmes, 9 rue de l’Aviation, 76600 Le Havre, 20 €, port compris). Je dois à ce Simon-là une certaine gratitude, car il est le seul écrivain qui m’ait mis en scène dans un de ses bouquins. Le rôle que j’y joue n’est pas très flatteur, bien que les paroles qu’il me prête soient justes. Qu’importe ! avoir son nom dans un livre…
Ce haut-normand, bien que petit, nous conte donc, du 1er janvier au 31 décembre, l’an 2007. Scènes de la vie quotidienne croquées sur le vif, pour employer un cliché, réflexions des petits enfants, souvenirs d’enfance, notations politiques et surtout – professeur de littérature, auteur de théâtre, d’essais, de récits et de poésies oblige – beaucoup de réflexions sur le théâtre, la poésie et leurs auteurs, le style, etc.
Je ne résiste pas à la tentation de le citer quand il parle du cher Finkielkraut : « Lâchez-le, tiens, sur les problèmes de l’Education nationale où il excelle en général. Impossible, alors, d’endiguer le flot furieux de ses diatribes, tout ce fatras de pétitions de principe, d’explications à l’emporte-pièce, de statistiques hallucinantes, de bilans définitifs, d’épouvantables constats, de généralisations hâtives, de citations accablantes, d’exemples soigneusement montés en épingle, de coupables impitoyablement désignés par ce rottweiler de la pensée qui va déchirer à belles dents un système scolaire sur lequel il se fait les crocs depuis des années. »
   
 
 
 
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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 11:44

Qui élit-on aux cantonales ? Les cantonniers. (perle de cancre)

Me voilà donc candidat cantonnier suppléant. Car j’ai découvert qu’il y avait maintenant un(e) suppléant(e) au (à la) candidat(e) aux élections cantonales (du sexe opposé : si le candidat est un homme, le suppléant est une suppléante et inversement ; en principe c’est pour favoriser la féminisation des conseils généraux : pour ce faire, il suffisait d’adopter dans les départements le même système que pour les municipales ou les régionales, mais non c’eût été trop simple).

 

D’abord candidat putatif sur une liste municipale et alors même que j’avais généreusement laissé ma place toute virtuelle pour éviter une élimination toujours délicate, je me suis donc retrouvé suppléant d’une candidate de la gauche unie (bien sûr) mais verte (même si elle est rousse).

 

Hasard et nécessité.

Quand, il s’agissait, aux élections précédentes, de recueillir l’héritage d’un conseiller sortant en principe PS (mais fortement teinté de « chasse, pêche, nature et tradition »), pas de problème pour trouver un volontaire (mâle, bien sûr). Mais le canton ayant été gagné haut-la-main par un Villiériste grand teint, Villiériste qui se représente, ça s’est si peu bousculé au portillon, que la candidature a été généreusement cédée aux Verts. Un suppléant était pressenti, mais il était lui présent et incontournable sur la liste municipale. Pour ne pas mélanger les deux élections qui, pour se dérouler le même jour, n’en sont pas moins de nature différente, on s’est retourné vers celui qui… (voir plus haut).

Il n’est pas besoin d’espérer, pour résister. Même si les chances de faire échec au sortant sont très faibles, il ne pouvait être question de le laisser sans adversaire de gauche.

peintpol23.jpgCet ex-diplomate se présente comme le meilleur « ambassadeur » du canton : cela reflète bien la réalité du fonctionnement d’un conseil général aux ordres. Le candidat MPF l’avoue cyniquement : ce sud Vendée qui n’a pas appartenu à la Vendée militaire*, la Vendée bocagère, qui d’ailleurs a son cœur en Anjou dans les Mauges, est étranger donc aux préoccupations de not bon maîtr Philippe : il lui faut un ambassadeur !

 

Principal à Montaigu, le canton où le Vicomte Le Jollis de Villiers de Saintignon se fait élire par les manants, j’ai assisté pendant trois ans, lors de l’inauguration de la foire-exposition annuelle au ballet des maires du canton venant quémander quelques subventions, tandis que le hobereau écoutait leurs requêtes avec condescendance.

Au bout de trois ans, non sans discussion opiniâtre (le service des collèges s’appuyait sur des textes techniques qui dataient des années 70 : j’ai pu le contourner pour discuter avec le directeur de cabinet du tout puissant président), j’ai pu obtenir une rénovation complète avec notamment un CDI digne de ce nom.

 

Passant à Luçon, il m’a bien fallu mes sept années de direction pour obtenir une rénovation extérieure d’un bâtiment béton (mais les pignons ont été oubliés) et si le principe de la remise en état intérieure était, en principe, acquis, plus de quatre ans après rien n’est fait ! Et là plus question de m’adresser au cabinet ni même d’obtenir un rendez-vous, quant au courrier, sans réponse. Jusqu’au jour où, à l’occasion d’une réunion du conseil général décentralisé (un gadget qui a fait long feu), dans son discours d’ouverture, du haut de son estrade, not bon maîtr apprit à la plèbe, dont j’étais, que le collège que je dirigeais allait être rénové de fond en comble. Et un peu après, le Directeur adjoint des services, un fonctionnaire donc, pas un politique, de m’interpeler avec morgue : « Vous voyez bien, ça ne servait à rien de nous envoyer vos courriers inouïs ! » Le rappel au minimum de politesse, consistant à répondre au courrier, n’en fit pas un ami.    

 

Eh oui, avec le Vicomte, on est loin de l’élégance aristocratique : ce sont plutôt des mœurs de spadassins dans ce régime quasi-féodal.

Mœurs qui s’étalent presque au grand jour dans notre tranquille « évêché crotté du bas Poitou ». Notre ex-diplomate, bien que totalement parachuté, avait réussi à conquérir la municipalité de Luçon, ville longtemps dirigée par un radsoc modèle Crépeau (le Maire voisin de La Rochelle, à l’époque). Devenu député européen sur la liste de Villers et visant donc le conseil général, il avait cédé, aux dernières municipales, la tête de liste à un premier adjoint qui jouait les benêts avec un tel naturel qu’il lui semblait un successeur inoffensif et manipulable à l’envi. Mais le benêt s’est libéré de la tutelle ; certes son accès à la tête d’une UMP départementale squelettique s’est traduit par une grande docilité envers le seigneur de Vendée, mais lorsqu’il a fallu construire une liste, il n’a pas cédé au diktat pas du tout diplomatique de son prédécesseur. L’heure est donc aux menaces des plus violentes, le raffiné président des actions culturelles est prêt pour la baston contre le traître à qui il avait trop généreusement cédé le fauteuil de maire !

Les luttes fratricides sont les plus féroces !

Les chances de voir la gauche reprendre sa place dans le sud-Vendée sont évidemment faibles. Mais les électeurs seront peut-être tentés d’envoyer les frères ennemis continuer à se battre comme des chiffonniers, mais sur la touche. Le candidat MPF a tout à perdre. La candidate de gauche pourra témoigner d’une conception de l’élue digne et non courtisane.

Bon, j’arrête de vous lasser avec mes petites histoires bas-poitevines…

 

* Lors de l’inauguration d’un collège ex-Pailleron complétement rénové, dans son discours, le Vicomte se tourne vers un élu local en lui dit en substance : « Vous voyez que, malgré l’histoire, le pays des Olonnes n’est pas oublié » ; esprit de l’escalier, ce n’est qu’après coup que j’ai compris qu’il faisait allusion à la résistance républicaine des Sables-d’Olonne qui n’étaient pas tombés aux mains des « vendéens » !

 
 
 
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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 19:04

La presse étrangère n’est pas tendre pour notre Ouf 1er : comment résister à la tentation de reprendre quelques passages que le Canard enchaîné a tiré de Courrier international et qui vont dans le sens d’un article précédent (Le pays dont le Président est un gosse capricieux?

 « Depuis sa conférence de presse du 8 janvier Nicolas Sarkozy est devenu le lauréat incontesté du prix Silvio Berlusconi de l’hommebidochon.jpg politique européen le plus embarrassant du moment. Le problème de son histoire d’amour c’est qu’on le juge en France assez minable, plus Bidochon que Flaubertienne. De ce côté-ci de la Manche, les maladresses du chef de l’état français, son côté nouveau riche et ses faux pas nous paraissent tout bonnement comiques. » écrit le Times.

Le Daily Telegraph n’est pas en reste : « La France a réussi à élire un ado attardé à la présidence » ajoutant même, à propos de son entrevue avec Benoît XVI qu’« au fond de lui Nicolas ressemble à une gamine de treize ans » car il « a passé l’essentiel de son temps à loucher sur son portable, pour voir s’il avait reçu des SMS de la Bruni sans doute. C’est tout-à-fait le genre de chose que Paris Hilton ou Britney Spears, par exemple, pourraient faire, sauf que, pour leur rendre justice, aucune d’entre elles ne dirige la sixième économie du globe. » Mais abandonnons cette perfide Albion toujours prête à se gausser de notre little big man !

Passons non plus outre Manche, mais outre Atlantique où « Terra Magazine » n’est pas plus tendre : « Comme Sarkozy est à la fois un ploutocrate et un démocrate, pour lui, qui dit plus de pouvoir dit plus de femmes » Et lors de son voyage égyptien, ajoute ce web magasine, « nous venons de découvrir qu’il n’a aucun sens du ridicule » (on s’en était déjà aperçu bien avant). Et de nous décrire « un homme qui s’agite comme une marionnette, avance comme un char d’assaut et aime certainement comme une machine à sous. » L’homme de la pampa est sans pitié !

 

 

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22 janvier 2008 2 22 /01 /janvier /2008 16:46

Un collègue et néanmoins ami, à moins que ce soit l’inverse, nouvellement nommé dans un collège ZEP décrit une situation très inquiétante : inscriptions odieuses visant une collaboratrice, cailliassage des logements de fonction, début d’incendie de nuit dans le collège, ce qui démontre qu’après des années de rodomontades de l’ex-ministre de l’intérieur, la situation loin de s’améliorer, se dégrade encore.

 

Implicitement, il met cette montée de la violence en parallèle avec une montée de l’ "islamisme" : maman maintenant voilée alors qu’elle ne l’était pas, demande de viande hallal, réaction de bigotisme musulman d’une élève, tag « vive l’Algérie et le Maroc » (l’union de ces deux pays dans la même inscription ne reflète pas la franche inimitié qui les unit !). Ce qui montrerait, que contrairement à ce que semble croire notre chanoine de Latran, la montée de l’emprise du religieux n’est pas synonyme d’apaisement, pour autant que les deux phénomènes soient corrélés.

Un autre ami et néanmoins collègue, lui aussi en ZEP, constate que le trafic de substances interdites est plus garant de la tranquillité du quartier. L’opium du peuple est moins efficace que les marchands d’opium (bien sûr, il s’agit plutôt de shit ou de coke).

 

Trouvé sur un site de droite extrême (à noter que la photo a été pillée sur un ancien site d'Education & devenir, prise à Lille en 2003 par votre servieteur)

 

Le 1er invitait à une relecture du « rapport Obin ». Dans ma réponse – bien qu’il se défendait de généraliser, c’était, de mon point de vue, le sens général de son message et de cette référence – je lui disais assez banalement : ton expérience - et tu le sais, venant comme tu dis, d'un établissement dans un contexte plus serein - ne décrit pas obligatoirement la réalité, tout aussi difficile mais autre, que certains peuvent vivre dans d'autres ZEP.

Ce que confirmait son collègue qui lui se trouve face au conflit entre enseignants qui veulent enseigner et élèves qui ne veulent ou ne peuvent faire les efforts demandés et affronte donc de nombreuses difficultés de vie scolaire.

 

Puisque le rapport Obin était cité, je rappelais que, d’entrée, il y était indiqué qu’il n’avait pas valeur de sondage scientifique, même si son auteur a eu tendance à oublier cette précaution méthodologique*.

 

Quelle politique de civilisations ?

Etait cité aussi une opinion de Samir Naïr, dans Libé (http://www.liberation.fr/rebonds/304626.FR.php) Quelle politique de civilisations ? qui était supposée me faire hurler. Je répondais donc que certes, en filigrane, on pouvait retrouver des thémes propres aux soi-disant Rrrrrrépublicains (« un rôle accru de l’Etat en tant que vecteur du bien-être collectif » comme si les autres collectivités territoriales, sous réserve d’un système de péréquation, ne pouvaient aussi être ces «vecteurs », mais tu le vois, tu me pousses à chercher la petite bête). Remplacer la très mauvaise traduction d’affirmative action, cette discrimination positive, par redistributions ciblées non pas sectorielles mais vers les banlieues stigmatisées, les quartiers marginalisés ou les zones urbaine abandonnées pourquoi hurler ?

Puis-je avouer que cette idée d’un espace public laïc, qui respecte croyants et non-croyants, constituant l’horizon indépassable de la liberté de conscience est d’une généralité telle que je ne vois là rien qui puisse me faire sortir de mes gonds ?

Mais le fait même que ce point de vue soit supposé me faire bondir démontrait un sérieux malentendu sur ce que j’ai pu commettre sur la laïcité.

 

Laissons de côté, la conception des soi-disant rrrépublicains qui, dans un amalgame qui ressemble à de la bouillie pour les chats, récusent le droit à se réclamer de la laïcité si, par exemple, on n’est pas noniste. Ce n’est plus de laïcité qu’il s’agit, mais de sectarisme.

En revanche, la distinction entre public (« espace public laïc » écrit Sami Naïr) et privé (domaine des convictions religieuses et/ou philosophiques), que j’ai récusée, en m’appuyant notamment sur la Loi de 1905 et les débats qui l’accompagnèrent, a peut-être été la cause de ce malentendu.

 

une-marianne.jpg

Entre deux trains, je me suis laissé attirer par la couverture de Marianne (hebdo que je ne prise guère : le centrisme imprécateur de son fondateur me hérissant, sans parler de la dame Polony, plus Brighellienne que Brighelli).

Dans un long article sur le discours du chanoine de Latran (discours qui date du 20 décembre, l’article du 19 janvier), je suis tombé sur un encadré « Propos blessants » de Catherine Kintzler**. Il permet de bien éclaircir cette question en distinguant la puissance publique et l’espace civil. « La loi, la puissance publique, les affaires politiques sont disjointes de toute croyance et de toute incroyance […] en conséquence la puissance publique s’oblige à un devoir d’abstention. C’est précisément en vertu de cette abstention […] que, partout ailleurs dans la société civile, les opinions, les croyances et incroyances sont libres » dans le respect de la loi.

 

Je n’échapperais pas, cependant, à une lecture symptomale, comme disait le camarade J. Julliard, à laquelle je dois sans doute aussi me livrer. Nobody is perfect !

 

* "Un commentaire méthodologique s’impose ici. Le panel d’établissements visités ne constitue donc en aucun cas un échantillon représentatif des établissements français, ni sur le plan de l’étude ni d’ailleurs sur aucun autre. […]

Cette étude ne peut donc prêter à généralisation et à dramatisation excessive : les phénomènes observés l’ont été dans un petit nombre d’établissements. Pour autant, les établissements visités constituent sans doute un panel assez représentatif de cette marge particulièrement active du système éducatif quant à l’objet de notre étude : ce sont le plus souvent des collèges, lycées et lycées professionnels qui recrutent la totalité ou une partie significative de leurs élèves dans des quartiers dont la « ghettoïsation » est largement entamée, voire achevée ; ce qui s’y joue, insistons-y, ne peut donc être généralisé." (page 6)

** Cette distinction ne règle évidemment pas tout car il faut savoir où se situe la "frontière" puissance publique/espace civil : en témoigne la nouvelle pseudo affaire du voile (Sus à la halde)

 

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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 22:00

Tout d’abord, ce message reçu, d'un ami proviseur, qui décrit le monde ubuesque créé par les effets d’annonce d’un ministre de l’éducation nationale qui a pourtant l’air propre sur lui et surtout plus au fait des dossiers que son pitoyable prédécesseur de Robien, le fatal Picard.

 

vachefolle2.gif

« Les amusements de ces messieurs de l'Olympe nous pompent de plus en plus de temps (et, d'ailleurs, nous pompent tout court). Entre La journée "Guy-Moquet" qui est à faire mais sans conséquence si on ne la fait pas, le bac "hors les murs", puis "dans les murs" mais avec cours de secondes "hors les murs" puis "démerdez vous pour qu'on ait l'impression qu'il y a des cours jusqu'au 20 juin" (après avoir annoncé le 4 juillet, puis le 30 juin...), les Bac Pros en 3 ans qui apparaîtront à la rentrée 2008 puis "p'têt' ben qu'à la rentrée 2009", ça prend du temps, "ça s'en va et ça revient...".

On n'est pas des bœufs, mais on tourne en rond comme des vaches folles.

 Un espoir : que les activités des Perdir* fassent l'objet d'une comptabilité analytique.

 Bref, comme disait de Gaulle : "Mort aux cons ? Vaste programme !" »

  * Perdir : Personnels de direction


 sarkobruni2.jpg



Que le nabot qui fête une élection au poste suprême de notre République au Fouquet’s avec Johnny, Mireille, Enrico et les autres, qui fait son jogging habillé d’un teeshirt à la gloire de la police nouillorquaise, s’exhibe aux côtés d’une ex-top modèle à Eurodisney désole pour la fonction qu’il est censé incarner mais ne surprend pas ; mais que Carla Bruni, femme cultivée, intelligente, se commette dans un tel lieu, avec un tel personnage, surprend et déçoit !

 




Rocardien : s’avouer rocardien quoi de plus ringard ?

Surtout pour les contempteurs de la pensée unique (à croire qu’ils n’ont pas de pensée propre), de la bien pensance ou du politiquement correct (deux formules très pratiques qui évitent d’avoir à avancer un quelconque argument). Or donc, Michel Rocard a donné un entretien au Nel Obs (aggravation nette de mon cas : n’est-il pas de bon ton de dénigrer le Nel Obs et Libé, organes de la « gauche libérale ?). Je ne tenterai pas de résumer l’entretien (http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2249/articles/a362300-.html) mais je retiendrai :

1°) que les Etats-Unis vivent avec un crédit fabuleux qu’ils ne rembourseront jamais, autrement dit ils ne sont la 1ére puissance du monde que parce que le reste du monde les finance

2°) que la part des « salaires » (au sens large : salaires+prestations sociales) est passée de 71 % du PIB en 1981 à 60 % en 2005

3°) que cela est dû à la main mise des fonds spéculatifs qui ne jurent que par le profit à court terme et qui vont scier la branche sur laquelle ils sont assis, puisque, comme le gars Henry Ford le savait, un bon niveau de salaire assure une forte consommation donc une saine économie (ce que n’assurent absolument pas les dividendes démentiels qui alimentent, en cercle vicieux, la spéculation).

Oh ! certes, les propos de Rocard sont moins sexy que les ritournelles anti-tout (OGM, mondialisation, libéral, et surtout socialos) des nonistes qui crient à la dictature parce que le nabot va faire ce qu’il avait dit qu’il ferait avant de se faire élire ! Mais du grain à moudre pour des sociaux-démocrates conséquents.

dansedesos.gifL’économie de marché – le pire des systèmes sans doute, quand il n’est plus régulé comme c’est le cas actuellement par la faute notamment de Reagan et Thatcher et à leurs épigones, mais, hélas, le système concurrentiel pendant 70 ans (le système soviétique) a implosé en continuant de démontrer à Cuba sa totale inefficacité – est totalement dénaturée par la commission européenne elle-même avec le pseudo jeu de libre concurrence dans l’électricité et le gaz. Des sociétés (Poweo par exemple) ne produisent pas un kWh. EDF est sommée par la commission européenne de leur faire un meilleur prix pour qu’elles puissent mieux la concurrencer. Tout cela en utilisant l’infrastructure payée par… le contribuable !  A terme (court) avec un service moindre : les suédois en font la démonstration qui se sont débarrassés des horribles sociaux démocrates au profit de libéraux (des vrais) de droite. Ils ont dégraissé la fonction publique. Résultat : la poste, par exemple a perdu la moitié de ses troupes et les concurrents proposent leurs services à des tarifs bien plus élevés et uniquement là où c’est rentable.

 

 

 

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 19:00

Deux sondages, à peu de temps d’intervalle, portant sur le même thème Les Français et l’école, réalisés par le même institut (tns SOFRES) avec un questionnaire proche au départ, aboutissent à des résultats significativement différents : le 6 septembre* 89% des parents se disaient satisfaits (voire très satisfaits) de leur école ; le 26 et 27 septembre ils n’étaient plus que 59% à trouver la qualité de l’école satisfaisante.

 

Certes la question était plus centrée dans le 2e cas.

Certes la méthode d’enquête divergeait aussi : sondage téléphonique de 4000 personnes de plus de 15 ans élèves, étudiants et parents d’élèves le 6, sondage en tête-à-tête, à domicile portant sur un échantillon de 1000 personnes de 18 ans et plus les 26 et 27.

Mais ça n’explique pas la perte en ligne de 30 points, en à peine trois semaines.

 

La seule conclusion sûre sera qu’une majorité de parents(et dans les deux cas plus encore les parents de maternelle 94 % et 64%) sont satisfaits de l’école.

Un des chevaux de bataille des déclinistes – la formation des enseignants – ne semble pas (avec bien sûr toutes les précautions qu’implique ce qui précède) accrocher l’opinion des parents qui à 88% l’estiment satisfaisante.

 

Le second sondage présente une fiche technique (http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/france2_ecole.pdf) avec des tableaux détaillés. Leur analyse (rapide et non exhaustive) n’est pas dépourvue d’intérêt.

Les taux de satisfaction les plus élevés sont dans la tranche d’âge 25-34 ans et toujours plus élevés que l’ensemble pour les tranches de 18 à 49 ans, les taux de satisfaction les plus bas sont dans la tranche 50-64 (48%) et restent inférieurs à la moyenne pour les 65 ans et plus (49%) : autrement dit les moins concernés – les pépés et les mémés – sont les moins satisfaits. La satisfaction croît avec le niveau d’études : de sans diplôme ou certif à 51% jusqu’à enseignement supérieur 60%. On trouve une minorité de satisfaits aussi bien chez les électeurs PCF (44%) que FN (45% et avec 20 % de très insatisfaits).

 

Chez les parents d’élèves le taux de satisfaction décroît de la maternelle au lycée de 64 à 44% (le collège toujours présenté comme le ventre mou de l’école s’en tire à 50 %).

Ces mêmes parents jugent satisfaisante la qualité de l’enseignement à 69%. Mais le soutien des élèves en difficulté ne leur semble pas satisfaisant à 55%. Le respect de la discipline par les élèves (c’est-à-dire leurs enfants) est aussi estimé insatisfaisant à 68 %. A noter que les non parents sont partout plus sévères pour l’école.

 

Sur l’utilisation des nouvelles technologies, pour un taux de satisfaction global de 59% ce sont les plus jeunes (18-24 ans) qui sont les plus satisfaits avec 70%, les moins enthousiastes étant les plus âgés (65 ans et +) avec 50% (1/3 se réfugiant prudemment dans les sans réponses).

Pour le nombre d’élèves par classe l’insatisfaction domine, mais ce sont les électeurs PC qui pulvérise les records avec 97% d’insatisfaits (de Peretti avait fait une étude là-dessus démontrant que la question de l’effectif de classe n’était pas déterminante).

 

Si de forts écarts peuvent exister dans deux sondages proches d’un institut considéré comme sérieux, il faut, a fortiori, se méfier de nouvelles officines qui procèdent à des sondages par Internet. Là on a affaire à du charlatanisme (le taux de couverture Internet est autour de 50 %, sans parler d’une fiabilité des réponses très fragile). Ainsi quand le sieur Pernaut, de TF1, reprenant un sondage publié dans Le Figaro, proclame que 69% des Français demandent de ne pas céder aux revendications des grévistes, il émet une contre-vérité. Quant aux sondages (ou pire, voir en Suisse : les votations) qui portent sur des questions techniques – lecture, grammaire, évaluation… - ils ont autant de valeurs que ceux qui porteraient sur la meilleure façon de soigner l’asthme ou le diabète !

 

* http://www.tns-sofres.com/etudes/pol/060907_ecole.htm

 

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 14:49

La question me titillait un peu :  le Jean-François, du Canard enchaîné était-il le fils de Jacques, du Nouvel Obs* ?

 

Ce Jacques Julliard que j’avais côtoyé, j’allais écrire naguère mais autrefois s’impose, au bureau du sgen-CFDT où j’étais le modeste secrétaire de la branche PEGC-Voie III**, alors que lui-même était membre du bureau de la CFDT.

 

La note de lecture ci-dessous du dernier Canard (28/11/07) m’a enfin incité à lancer une recherche. J’y ai découvert que de fait ce Jean-François là (car il y a un autre journaliste homonyme) est bien le fils de son père, Jacques Julliard.

Le moins que l’on puisse dire est que sur l’éducation leurs approches divergent. Alors que le père donne dans le sous Finkielkraut, le fils ne cache pas son hostilité envers les « cavaliers de l’apocalypse scolaire » !

 
* Passé depuis à Marianne

** Branche que j’ai moi-même scié en faisant voter un texte de création du « grand second degré », seul titre de gloire (?) de mes trois ans de bureaucrate syndical, car « L’école en lutte » Petite collection Maspero 1977 dont j’ai été le « scripteur » n’a même pas été citée dans une brève histoire du sgen du regretté J. George

 

Déterminants et articles

Or donc, le 30/11/06, un an demain, le camarade Julliard commettait cet article, dont je ne cite que le 1er paragraphe (le masochisme a des limites) :

 

Sauver la grammaire


Un rapport prend le contrepied des linguistes en folie qui ont semé la panique dans le sujet-verbe-complément

 

Enfin ! Il fallait bien qu'éclate une fois en pleine lumière le grand divorce qui, depuis plus de trente ans, oppose les Français à l'enseignement officiel de la grammaire. Il fallait bien qu'à la fin on s'attaque à l'improbable galimatias qui, au pays de Molière et de Descartes, nous en tient lieu depuis qu'une bande de linguistes en folie et de cuistres de collège ont semé la plus inutile des révolutions dans le petit monde bien ordonné sujet-verbe-complément. Les inventeurs sont avant tout des nommeurs, dit Nietzsche, et l'on ne voit pas très bien en quoi la substitution des «déterminants» à l'article, de «groupes propositionnels obligatoires ou non» au classique complément circonstanciel, etc., ajoute à la connaissance de la langue. En outre, ces nomenclatures, variant d'un linguiste à l'autre, d'un manuel à l'autre, introduisent le désordre dans les esprits et le désespoir dans les familles….

Vous pouvez lire la suite : http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p20061130/articles/a325774-.html

 

Réaction immédiate de votre serviteur, avec ce courriel :

 

Brighelli-Julliard, même combat

 

"Sauver les lettres", dit l’un, sauver la grammaire répond l’autre. Et si Jacques Julliard nous épargne les khmers rouges chers au matamore logorrhéique, il ne cède rien dans l’invective et l’insulte, d’autant plus courageuse qu’elle vise d’anonymes « linguistes en folie et cuistres de collège ». Leur ennemi commun est là : « le lobby pédagogiste » qui a provoqué, par son « scientisme naïf » des « désastres mentaux ».

Quelques formules véhémentes ne sont pas à négliger, même si elles utilisent de vieilles ficelles rhétoriques : « La grammaire est à la langue, ce que la logique est à la pensée », « ce rapport n’est pas seulement une bonne action, c’est une délivrance » sans oublier la « cause nationale » conclusive.

Et cela fait trente ans que la « grammaire textuelle » commet ses « ravages » soit à peu prés avec l’instauration – encore assez théorique à l’époque (et même maintenant)  – du collège unique.

Dans le peu d’exemples qu’il donne (deux), il arrive néanmoins à commettre une erreur : « déterminants » n’est pas synonyme d’articles : eût-il consulté la neuvième édition du dictionnaire de l’Académie Française, qu’il eût appris que le déterminant est un « mot précédent le substantif, de même genre et de même nombre que lui, qui le caractérise, en précise la valeur dans la phrase. Les articles, les adjectifs possessifs, démonstratifs, indéfinis, interrogatifs, exclamatifs et numéraux sont des déterminants. »

En tout cas avec JJ la grammaire est loin d’être une chanson douce, ça tient plutôt du clairon à la Déroulède !

Jean-François Launay
Cuistre de collège retraité
Luçon

 

Une ou deux semaines après, le responsable du courrier des lecteurs donnait une sélection des réactions des lecteurs. L’une, de la présidente de l’AFEF, d’une hostilité très nuancée, les deux autres tout à fait favorables à l’éditorialiste. La 3e était censée venir d’un vieux couple de profs de collège qui enseignait clandestinement la grammaire modèle 1930, mais le samedi car les inspecteurs ne viennent pas ce jour-là !

 

Julliard et la grammaire

Votre sélection du courrier sur l’édito de Jacques Julliard aux accents brighelliens semble un peu biaisée. Le 1er extrait – qui rappelle l’étrange parenté du titre de l’article avec la dénomination d’un groupe des plus réactionnaires – est suivi d’un passage sur la terminologie où vous citez à nouveau une pure niaiserie de Julliard sur « la substitution des «déterminants» à l'article ». Or le dictionnaire de l’Académie Française dans sa 9e édition* (faut-il soupçonner nos académiciens d’être des « linguistes en folie » ?)  dit plus que clairement que déterminants et articles ne sont pas synonymes et qu’on ne peut substituer l’un à l’autre, puisque l’article fait partie des déterminants (pour le 2e exemple, il faudrait entrer dans une argumentation un peu technique qui ne manquerait pas d’être taxée de cuistrerie).

 

Quant à l’extrait final, de professeurs de français dans un petit collège rural, il est totalement bidon : clandestins depuis 30 ans, alors que l’observation raisonnée de la langue date des programmes de 2002, cela relève du pur délire ou du mensonge et quand on sait qu’on risque une inspection tous les 6 ou 7 ans, que cette inspection est annoncée une semaine avant, quel besoin de placer une heure de grammaire le samedi (à la plus grande joie des élèves, bien sûr) ; et ce couple d’enseignants si consciencieux ne tiendrait pas de cahier de textes (que ne manque pas de consulter l’Inspecteur) ou le maquillerait. Tout cela n’est pas sérieux !

Mais le but est atteint : la citation finale sera en faveur de l’édito.

JF launay
Ex-cuistre des collèges (PEGC lettres-histoire-géo)

 

* Le déterminant est un « mot précédent le substantif, de même genre et de même nombre que lui, qui le caractérise, en précise la valeur dans la phrase. Les articles, les adjectifs possessifs, démonstratifs, indéfinis, interrogatifs, exclamatifs et numéraux sont des déterminants. »

 

Cavaliers de l'apocalypse scolaire

 

En revanche, et ce n’est pas la 1ère fois, Jean-François Julliard ne s’en laisse pas conter par les rétropenseurs de tout poil.

 

La nouvelle question scolaire par Eric Maurin

(Editions du Seuil) 268 p., 18 €.

Trahison ! Etudes à l'appui, un économiste ose s'en prendre aux experts qui célèbrent sur tous les tons la « faillite de l'école ». Pour eux, l'accès massif au bac et à l'université est un fiasco conduisant à jeter sur le marché du travail des cohortes d'incultes (de « crétins ») aux diplômes bradés, dont le chômage ne fera qu'une bouchée.

Patient et rigoureux (lui), Eric Maurin s'est appuyé les 25 « enquêtes emploi » que l'Insee a réalisées entre 1982 et 2006, période durant laquelle le nombre d'étudiants a pratiquement doublé. Verdict : décrocher son bac ou un diplôme en fac décuple les chances de trouver un travail. Ainsi, en 1990 comme en 2000, « le taux de chômage des diplômés du supérieur est resté trois à quatre fois plus faible que celui des non-diplômés ». Et les jobs des premiers sont beaucoup mieux payés (50 % de mieux en moyenne) et nettement moins précaires que ceux des seconds.

Et chez les voisins ? Soutenu, là encore, par de volumineuses études, l'auteur prouve que la démocratisation scolaire a produit les mêmes bénéfices en Suède, Norvège, Finlande et Angleterre. Comme en France, elle a permis « l'accès d'un plus grand nombre d'enfants de milieux défavorisés à de meilleures carrières ».

Une démonstration anti-élitiste qui fera grincer quelques dents chez les cavaliers de l'apocalypse scolaire qui prônent le retour à un système de filières courtes et d'"orientations" précoces. Sauf pour leurs propres enfants.

J.-F. J.

 

Le fiston était quand même un peu à la bourre, car s’il avait lu l’hebdo du papa, il aurait découvert dès le 30 août 2007, des bonnes feuilles du livre dE. Maurin :

 

Ecole : vive la démocratisation !
Exclusif. Le sociologue et économiste publie une grande enquête, «la Nouvelle Question scolaire», qui bouscule nombre d'idées reçues. Extrait par Eric Maurin

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2234/articles/a352965-.html

 

nelobs.jpg  Mais dès la semaine suivante les cavaliers de l’apocalypse scolaire arrivaient au triple galop, avec une « une » cataclysmique, une Caroline Brizard, d’ordinaire nuancée, déchaînée et une série d’articles de la même encre que « Sauvez la grammaire ». Petite réaction dès le lendemain :

Une en noir - et tu porteras le deuil de l'école - "le scandale de l'illettrisme" ! Bon, la rentrée des classes, c'est le marronnier incontournable, et il faut bien un titre accrocheur (à tout point de vue) pour attirer le client.

Mais de là à concocter un "dossier" que Robien (ou Brighelli) aurait pu signer, voilà qui étonne et détonne.

Un grand spécialiste, dont on n'avait pas entendu parler pendant que la polémique sur l'apprentissage de la lecture faisait rage, y va de son couplet sur la méthode globale. Un sondage nous apprend qu'une majorité de français pense qu'on n'enseigne plus la grammaire, etc. Etonnant, non, qu'à force d'entendre dire cela, y compris par un ministre, ils finissent par le croire.

Que l'illettrisme ait un taux plus élevé chez les plus âgés que chez les plus jeunes, importe peu : le catastrophisme fait vendre. Pourtant, ce n'est peut-être pas en prônant le retour à des méthodes du passé (passé d'ailleurs largement mythique) que l'on combattra l'illettrisme et plus globalement l'échec scolaire (dont les causes sont aussi socio-économiques comme le rappelait Eric Maurin... où ça ? mais dans le Nel Obs de la semaine dernière).

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2235/dossier/a353656-le_scandale_de_lilletrisme.html

 

Réponse illico presto, mais entre temps je roulais vers d’autres cieux :

Cher Monsieur,

Vos interventions sont d'ordinaires plus pertinentes, comme en témoigne vos parutions dans nos pages. Peu importe que Robien ait pu signer notre dossier. Le problème est de savoir s'il est vrai ou pas. Je vous joins le rapport éclairant du Haut conseil à l'éducation. Lisez le, et donnez moi des nouvelles. Quant à dire que nous ne faisons ce dossier que pour vendre, c'est plus que blessant. Bien sûr, nous préférons vendre que pas. Mais, pour l'essentiel ce n'est pas notre motivation principale   cordialement,

Jean-Marcel Bouguereau
Rédacteur en chef chargé de la "Parole aux lecteurs"

Ce n’est donc que 10 jours plus tard que je découvris cette réaction assez remarquable : gentille perfidie d’abord (interventions plus pertinentes : quoique intervention impertinente ne me déplaît pas) ; renvoi assez insultant au texte du HCE que je n’aurais pas lu ; faire dire, ce qui n’est pas dit (hélas, ce n’était pas « que pour vendre » qu’ils ont commis ce dossier !) ; surtout ne rien répondre sur le fond !

 

17/09 Profitant d'une liaison "wi-fi" dans un hôtel de Meknès, je dépouille les courriels et je suis surpris du ton "blessant" et surtout de l'absence d'arguments de votre réponse.
J'ai lu le rapport du HCE, ainsi que les dépêches et articles : pour l'AFP, si mes souvenirs sont bons, le chiffre mis en relief était 15 %, pour le Figaro 40 %...
Un sondage sur l'enseignement de la grammaire ou de la lecture a autant de valeur qu'un sondage sur le traitement de l'urticaire auprès de non praticiens : sous prétexte que tout le monde a peu ou prou fréquenté l'école, chacun peut donner son avis sur des questions "techniques" ; le cognitiviste qui nous ressort la nième diatribe sur la méthode globale, ça fait réchauffé !
Et on n'a pas attendu le HCE pour avoir des données sur l'école : le fait que l'illettrisme croît avec les tranches d'âge est avéré...
Et je redis que la couverture sur fond noir avec ce 40 % d'un jaune éclatant n'était pas innocente.
Et je redis encore ma surprise de lire un tel dossier une semaine après avoir publié quelques extraits du livre d'Eric Maurin bien plus éclairant* encore que le rapport du HCE. On peut relire aussi le livre de Forestier (membre du HCE) et Emin, bourré de données...
Très cordialement,
JFL
PS La pertinence d'une intervention est quelque chose de très subjectif...

* De mon point de vue, subjectif donc !

 

Réponse assez énervée de M. Bouguereau, mais toujours rien sur le fond (quand à la « ligne », je crois lui avoir répondu qu’il s’agissait de cohérence)

Excusez-moi si je vous ai blessé. Mais, comprenez moi, j'en ai un peu marre des pseudo-arguments les titres accrocheurs ou sur la volonté de vendre (style "  la couverture sur fond noir avec ce 40 % d'un jaune éclatant n'était pas innocente" ). Oui, nous preférons vendre que pas vendre !
C'est normal non ? Pour le reste je ne suis pas un spécialiste et je ne vois pas en le fait de publier ce dossier après l'article de Maurin vous gêne.
Vous préféreriez que l'Obs ait un "Ligne" dont il ne s'écarterait pas, quitte refuser de voir des pans entiers de la réalité
Cordialement,

Jean-Marcel Bouguereau

 

Presque un mois après, notre responsable du courrier mettait en relief (à côté de la miniature de la « une » du 06/09/07), la lettre d’un secrétaire général d’un obscur syndicat. Sachant que j’étais dorénavant classé dans les impertinents interdits de colonnes, j’ai interpelé directement M. Bouguereau :

Décidément ce dossier sur l'école vous tient à coeur.

Mis en relief, à côté de la couverture du n° du 6 septembre - et on est le 4 octobre - la réaction apparemment positive d'un certain F. Girard secrétaire général d'un syndicat dont on découvre, grâce à vous, l'existence, @venir.education.

Découverte qui nous permet d'apprendre que la CGC (Confédération Générale des Cadres) compte un syndicat enseignant.

Bien que non léniniste, on suppose, il semble mûr pour répondre à une des conditions : entrer dans la clandestinité, car, avant cette mise en avant, il ne doit pas y avoir beaucoup d'enseignants qui aient entendu parler de ce syndicat.

Alors comme réponse à tous ceux qui, comme moi, ont trouvé ce dossier plutôt indigeste (pour rester dans l'euphémisme), ce n'est peut-être pas si probant.

Et comme, cerise sur le gâteau, le Nel Obs de cette semaine offre du Finkielkraut pur jus (qui parle de l'école comme il parlait de l'équipe de France de football dans Haaretz), vous avez un autre renfort de poids !

Très cordialement,

JF Launay

 

NB Pour relativiser les affirmations du professeur Dehaene (qui n'a pas dû fréquenter depuis longtemps, d'autres collèges que le collège de France et encore moins d'écoles, car il saurait que la méthode globale pure - celle préconisée par Fourcambert - n'a eu qu'une vogue éphémère et limitée et est pratiquement inusitée maintenant) un texte signé de chercheurs reconnus : 22 Chercheurs affirment : Il n'y a pas lieu d'imposer une unique méthode d'enseignement de la lecture
http://education.devenir.free.fr/Lecture2.htm#22chercheurs

Voir aussi http://www.lscp.net/persons/ramus/lecture/lecture.html

Quant à la fiabilité des sondages ("Les familles ne s'y trompent pas" sic) si les 3/4 des parents qui, comme Mme Tatu, savent mieux que l'instit ou le prof comment s'y prendre, ne sont pas satisfaits de l'enseignement de la grammaire et de l'orthographe, ils sont autant à être globalement satisfait de l'école, score le plus élevé d'Europe occidentale disait Ouest-France...

 

Nous sommes loin de Julliard, fils et père, direz-vous.
Voire. Le Nel Obs semble bien traversé, s’agissant de l’école, par deux lignes antagonistes, que symbolisent bien les deux articles de Jacques et Jean-François, d’autant qu’Eric Maurin sera à nouveau présent dans le Nel Obs du 11/10/07 avec un Plaidoyer pour la démocratisation du supérieur présenté comme une réponse « chiffres à l'appui, aux «déclinistes» : oui, la poursuite des études est toujours rentable pour les jeunes et indispensable pour le pays ».

Donc d’un côté une ligne favorable aux cavaliers de l’apocalypse, Julliard père, Bouguereau, la spécialiste de l’éducation Caroline Brizard et quelques autres, de l’autre des responsables de la rubrique « réflexions », attentifs justement à des réflexions de fond et non à l’écume de leurs propres humeurs.

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23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 11:27

 

« L'annulation par le Conseil constitutionnel de l'article sur les «statistiques ethniques» ne clôt pas le débat. Elle le relance. Et obscurcit encore un peu plus un dossier déjà passablement embrouillé par les controverses juridiques, les passions et les procès d'intention.

La censure du Conseil s'appuie sur deux motifs. L'un de procédure : l'amendement parlementaire en cause était hors sujet. L'autre de fond : en autorisant à collecter, pour les besoins d'études sur la diversité et la discrimination, des données faisant apparaître «les origines raciales et ethniques», il contrevenait à l'article 1 de la Constitution, qui «assure l'égalité de tous les citoyens (...) sans distinction d'origine, de race ou de religion».

Cette lecture «républicaniste» de l'article 1 ne tue-t-elle pas l'esprit du texte en fétichisant la lettre ? On peut en discuter. En quoi est-ce attenter au principe d'égalité que de mesurer l'écart qui sépare les principes de la réalité ? Le but n'est ni de «ficher» les Français selon leurs origines, ni de «consolider des stéréotypes racistes» (SOS-Racisme), mais de poser un diagnostic objectif sur les phénomènes discriminatoires. » Claude Weill (Nel Obs 22/XI/07)

 

Daniel Schneidermann, à l’inverse, étrillant le pauvre Benoît Duquesne pour un complément d’enquête sur les « bandes ethniques » ne veut pas laisser déraper sur le terrain racial l’analyse de tensions qui sont avant tout sociales et économiques. (Libé 23/XI/07)

 

Donc, les contrôles au faciès pur fantasme, la discrimination à l’embauche invention de communautaristes, la discrimination au logement juste une question de cautions financières et, à l’évidence, vouloir mesurer ces discriminations fictives nous ramène deux siècles en arrière (cf http://deblog-notes.over-blog.com/article-13692545.html). Ce serait même, ultime perversité, inciter les enquêtés à raisonner en terme de discrimination, alors qu’ils n’y auraient pas pensé d’eux-mêmes, si la question n’était pas posée.

SOS Racisme loin de nier les discriminations, en fait un inventaire très large. Mais la seule méthode qu’il propose est le « testing ». Méthode nécessaire mais qui ne permet en aucun cas de tenter de mesurer l’extension de ces discriminations.  On pourrait penser que le sympathique « Touche pas à mon pote » a des combats un peu plus urgents que de lancer une pétition jetant l’anathème sur l’INED et l’INSEE, assimilant, avec une assez forte mauvaise foi, leur démarche scientifique avec un comportement anti républicain (alors même que SOS racisme est lui-même l’objet de ces attaques de la part des républicanistes).

Petit souvenir, dédié à D. Schneidermann : dans une ville moyenne de haute Normandie, à la fin des années 70, militant politique de gauche, nous distribuions des tracts dans les boîtes à lettres de la ZUP ; dans chaque cage les patronymes étaient divers. Puis, peu à peu, sont apparues des cages d’escalier beur, black et blanc. L’office d’HLM d’expliquer que c’était pour résoudre des problèmes de cohabitations entre… quel est le terme politiquement correct ?  

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