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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 13:19


La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a remis son rapport pour 2008, principalement axé sur les mineurs. Le sommaire donne déjà une idée d'un contenu accablant : les recours excessif à la coercition, les violences illégitimes commises contre des mineurs, le non-respect des dispositions légales du droit des mineurs, les fouilles de sécurité injustifiées, l'enregistrement audiovisuel des interrogatoires : une obligation légale souvent méconnue, etc. Nous sommes bien face à des forces dites de l'ordre hors la loi, comme le dénonçait un rapport récent d'Amnesty International.

A propos d'une interpellation lyonnaise, la Commission rappelle fermement que les personnes exerçant une mission de sécurité sont placées au service du public et doivent se comporter envers celui-ci d'une manière exemplaire.


Les exemple donnés dans le dossier de presse sont affligeants :


Le 12 février 2008, B-A.F., âgé de 9 ans, élève en CM1 dans une école élémentaire du 18ème arrondissement de Paris, s'est disputé avec sa camarade C., qu'il a giflée et bousculée. Suite au dépôt de plainte de la mère de C., B-A.F. a été interpellé dans l'enceinte de son école. Il a été par deux fois auditionné au commissariat, dont une fois sans la présence de sa mère.

Avant de quitter le commissariat, un fonctionnaire a fait entrer B-A.F. dans une cellule de garde à vue vide, en lui disant que, s'il continuait dans la même voie, il y serait enfermé.

Le maintien dans les locaux d'un commissariat pendant près de quatre heures, ainsi que la visite d'un local de garde à vue par un mineur de 9 ans, sans l'accord de sa mère, pour le dissuader de commettre des actes de délinquance, sont des situations potentiellement traumatisantes pour l'enfant.

La Commission rappelle que, conformément à la législation, un mineur de moins de 10 ans ne peut être ni emmené au commissariat, ni entendu, sans l'accord préalable des personnes exerçant l'autorité parentale ou intervention d'un magistrat spécialisé, et ce, quelle que soit la gravité des faits reprochés.


Dans le quartier de la Goutte d'Or dans le 18ème arrondissement de Paris, des policiers interpellent cinq jeunes (âgés de 15 à 18 ans) au motif qu'ils les auraient insultés et menacés quelques heures plus tôt, avant de s'enfuir. Les jeunes, allongés face contre terre, déclarent avoir été frappés, insultés, gazés et laissés au sol les mains menottées dans le dos.

Ils restent quarante-huit heures en garde à vue, suspectés d'outrage, d'incitation à l'émeute, de menace de mort sur une personne chargée d'une mission de service public et de rébellion en réunion.

La CNDS a tenu pour établi, au regard des nombreuses blessures détaillées dans des certificats médicaux corroborant les déclarations des cinq jeunes et en totale contradiction avec les déclarations des fonctionnaires auditionnés, que les cinq interpellés ont été victimes de violences illégitimes[...]  la Commission a transmis son avis au procureur de la République, afin qu'il envisage l'opportunité d'engager des poursuites pénales. (Cette affaire date de 2007 : le procureur a-t-il donné suite ?).


Un adolescent de 15 ans, soupçonné de dégradations d'affiches électorales à Oullins (69), a été invité à se déshabiller complètement, à s'accroupir et à tousser en présence d'un fonctionnaire de police.

La fouille à nu, dans de telles circonstances, ne peut, à l'évidence, qu'être ressentie comme une mesure inutilement vexatoire et humiliante et constitue un manquement à la déontologie.

 

R.H. et T.P., âgés de 13 et 14 ans, ont été menottés dès leur interpellation (pour dégradation d'un véhicule) jusqu'à leur présentation devant l'officier de police judiciaire au commissariat de Montpellier. Les deux adolescents ont de surcroît été soumis à une fouille à nu, totalement injustifiée.

Eu égard à la gravité relative des faits reprochés aux deux adolescents, à l'âge de ces derniers, à leur faible corpulence, à l'absence de raison objective de craindre une tentative de fuite, des violences ou une suppression de preuves, la Commission a considéré que l'usage des menottes n'était pas nécessaire.

 

Un policier de la brigade anti-criminalité de Strasbourg, suspectant un trafic de résine de cannabis, a interpellé un mineur, qui n'avait eu aucun geste d'agression à son égard, en lui portant un coup de diversion ou « atemi » qui a occasionné au lycéen un préjudice corporel sérieux (perforation du tympan).


Le menottage abusif, qui constitue une atteinte à la dignité des personnes, est particulièrement dommageable dans le cas des mineurs, notamment à cause de la dimension symbolique que comporte le port d'entraves et l'humiliation qu'elle peut représenter. Il convient de rappeler une fois encore que les mineurs sont psychologiquement plus fragiles que les autres, même lorsque leur apparence physique est proche de celle d'un adulte.

Les fouilles à nu abusives constituent une atteinte condamnable et choquante à la dignité des mineurs et un manquement à l'article 10 du Code de déontologie de la police nationale, selon lequel une personne gardée à vue ne doit subir aucun traitement « inhumain ou dégradant » de la part des fonctionnaires. La Commission insiste donc depuis plusieurs années pour que la mise en oeuvre de ce type de fouilles à l'encontre des mineurs soit exceptionnelle et dûment justifiée. La généralisation de la vidéosurveillance dans les cellules de garde à vue (pourtant prévue par la loi, mais souvent défaillante) et d'équipements de détection sur les personnes des objets pouvant être dangereux permettrait d'ailleurs d'obtenir des garanties de sécurité tout aussi efficaces.


Réquisitoire clair et net ; mais hélas, la CNDS n'a aucun pouvoir de sanction, ni même de faire engager réellement des poursuites.

 

PS Contrôles policiers au faciès : http://www.mediapart.fr/journal/france/290609/controles-policiers-au-facies-la-preuve-scientifique

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 16:31
P. de Villiers, lanterne rouge des députés européens sortants !
Lanterne rouge : ça doit bien être la 1ère fois que notre hobereau se voit affublé d'un tel adjectif !

Certes, tout classement est sujet à caution, mais là, pas de doute : le Vicomte Le Jolis de Villers de Saintignon, dit l'agité du bocage, est bel et bien le dernier de la classe. Marine Le Pen partage avec lui un zéro (qui n'est hélas pas éliminatoire) mais pour la présence en commission - plutôt l'absence - une seule et la présence aux sessions, 50,7 % , notre neu-neu vendéen est plus nul que la fille du borgne. (Le Monde L'activité des eurodéputés sortants à nouveau candidats)

Cela ne l'empêche pas de se représenter sur la liste anti-européenne de l'homme d'affaires irlandais Declan Ganley, fondateur du parti Libertas, auquel Frédéric Nihous de Chasse Pêche Nature et Tradition (CPNT) s'est aussi rallié.


Or, sous le pseudo L pour Libertas, un anonyme a mis en ligne sur Dailymotion, deux vidéos, parodies de Star Wars et X-men (à noter que pour des défenseurs farouches de nos traditions et identité nationales, l'emprunt à des œuvres états-uniennes est cocasse). « Dans les deux cas, les images sont utilisées telles quelles, mais un nouveau doublage a été réalisé. Dans le premier film, la jeune et jolie Marianne, représentant un peuple indépendant, affronte Dark Barroso et Dark Pöttering (en référence à José-Manuel Barroso, président de la commission européenne, et Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen), au sein du "moulodrome" européen. La seconde vidéo montre le docteur Libertas suppliant "la banque centrale bullocratique" de baisser ses taux directeurs. Le discours est plutôt transparent : il illustre les positions souverainistes du parti conservateur et anti-européen Libertas. » explique Arrêt sur images.


Libertas assure que non, ces vidéos n'ont rien à voir avec une campagne organisée. "Il ne répond pas à nos mails. C'est sans doute un militant qui veut rester anonyme", a-t-on indiqué à Lexpress.fr.

Dans une note du 21 avril, le blogueur Versac met en doute ce démenti. Il rappelle que de Villiers s'est adjoint récemment pour sa campagne les services de la boîte de communication "L'Enchanteur des nouveaux médias"*, dirigée par Arnaud Dassier (qui a notamment à son actif la campagne Web de l'UMP). "Alors, L pour Libertas, indépendant, sorti de nulle part, initiative d'un soutien chasseur ou vendéen traditionaliste tout d'un coup frappé par la révélation du buzz ? Pas grand chose pour prouver [le contraire], sinon que je tiens d'une source personnelle que, oui, c'est bien du Libertas, pur jus, commandé. Et que, de toute façon, c'est une opération qui sent l'enchanteur à plein nez, avec son groupe facebook associé", ajoute-t-il.


Mais pourquoi, si c'est bien la boîte au service du neu-neu qui a fait ce détournement de clips, une telle cachotterie ? Première explication : les sociétés états-uniennes, propriétaires des vidéos détournées, pourraient plus facilement porter plainte contre une société (la fameuse « L'enchanteur ») que contre un particulier !

Mais surtout, selon Versac, il pourrait s'agir d'un moyen efficace de contourner les lois sur le financement des campagnes électorales. "Il y a un truc, c'est le budget de campagne. Dans ce budget, plafonné en France un peu au-dessus d'un million d'euros par liste, les soutiens à une liste, individuels mais non commandés par la liste, ne sont pas décomptés : si vous montez un site internet de soutien à Frédéric Nihous, de votre propre chef, genre touspournihous.com, il ne sera pas décompté."


Donc un moyen de contourner la législation sur les comptes de campagne ? Comment peut-on soupçonner notre très (ultra) catholique vendéen d'une telle infamie ? Et, de toutes façons, l'évêque de Luçon sera là pour l'absoudre !

 

* Arrêt sur images, qui suit l'affaire, révèle une autre piste potentielle Image et Stratégie d'Edouard Fillas, conseil en communication Internet et en veille stratégique, et fondateur et ancien président du parti Alternative libérale. Image et stratégie est en contrat avec L'enchanteur des nouveaux médias. Fillias a démenti tout en ajoutant : "Il y a un très grand nombre d'IP derrière L_pour_Libertas, car il s'agit d'un groupe de militants".  D'un groupi solitaire, on passe à un groupe !

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 17:46


Dans un pays où des intellectuel(le)s dénoncent la bien-pensance des droits de l'hommistes (et oui, dans la patrie des « droits de l'homme et du citoyen » ses défenseurs sont affublés de cette appellation péjorative), le rapport d'Amnesty International « France : des policiers au dessus des lois » ne peut que provoquer le rejet !

Union sacrée des syndicats policiers : la réaction (c'est le cas de le dire) d'Alliance qui se dit «scandalisé» par ce rapport «c'est un moyen pour eux (Amnesty International) de faire parler d'eux. Ils n'ont aucun pouvoir d'enquête. Nous sommes une des institutions les plus contrôlées» ne surprend pas ; mais l'UNSA-police dit presque la même chose : « La police française est la plus contrôlée des administrations ». Le Ministère de l'intérieur clame « qu'aucun policier n'est au dessus des lois » et celui de la justice qu' « il n'y a aucune tolérance sur le sujet des violences policières ». Quant à la recommandation faite à la Ministre de l'intérieur de ne pas s'exprimer tant qu'une affaire impliquant des policiers n'est pas jugée, MAM revendique le droit de dire n'importe quoi !

Rien de nouveau hélas : déjà en 2005, Amnesty International dénonçait l'impunité des forces de l'ordre qui « se sentent au dessus des lois », mais en 2009 le rapport  note « l'accentuation d'un phénomène inquiètant : les personnes qui protestent ou tentent d'intervenir lorsqu'elle sont témoins de mauvais traitements infligés par des responsables de l'application des lois sont elles-mêmes accusées d'outrage ou de rebellion envers un représentant de l'autorité. Dans d'autres cas , des personnes qui se sont plaintes d'avoir subi de mauvais traitements sont accusés de diffamation par les agents concernés. »

"Les sanctions pour les policiers qui s'écartent des règles d'éthique ou de déontologie sont extrêmement sévères", affirme sans rire le porte-parole du ministère de l'Intérieur

En France les plaintes pour passages à tabac, injures racistes, usage abusif de la force (qui peut aller jusqu'à l'homicide) « ne sont pas souvent suivies d'enquêtes effectives » et les condamnations sont rarissimes. « Sur 663 plaintes examinées par [la police des polices] en 2005, seules 16 ont conduit à la radiation des agents concernés », en 2006, 8 sur 639.

"Ni le système pénal, ni les dispositifs d'inspection internes de la police, ni la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) ne répondent totalement aux exigences des normes et du droit internationaux relatifs à l'obligation de mener des enquêtes impartiales, indépendantes et effectives dans les plus brefs délais", peut-on lire dans le rapport.

"C'est la police qui fait des enquêtes sur la police, parfois même des gens du même service", a souligné lors d'une conférence de presse David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

Un entretien avec David Diaz-Jorgeix : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/04/02/la-police-francaise-mise-en-cause-dans-un-rapport-d-amnesty_1175522_3224.html

Le rapport téléchargeable : http://www.amnesty.fr/_info/rapport_france/pdf/French%20report%20complete_WEB%20french.pdf

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 16:17

Une enseignante-chercheuse (ou l’inverse) d’origine hispanique réagit à « On était prévenus ! » et apporte un témoignage :


Et oui, un gendarme pour deux habitants (si l'on met de côté les nourrissons terroristes). Cela me rappelle quelque chose. Jeudi dernier, je me trouvais place de la Sorbonne vers 18h, en compagnie d'une petite centaine d'étudiants et d'enseignants (plus les badauds), venus soutenir les collègues (Enseignants-Chercheurs et administratifs) qui avaient occupé ladite Sorbonne quelques heures plus tôt. Ambiance bon enfant, quelques slogans, des chansons. On était éparpillés sur toute la place lorsqu'on voit arriver plus d'une centaine de CRS (et gendarmes mobiles, m'a-t-on dit), qui bloquent les issues et nous encerclent avec leurs boucliers, leurs casques, et leurs matraques. De vrais robocops, quoi. Ils se rapprochent, nous reculons et finalement ils nous coincent tous dans un coin de la place. Là, on formait un attroupement et, du coup, ils nous ont expliqué qu'on troublait l'ordre public et nous demandent nos papiers. Les étudiants ont essayé un petit slogan gentillet: "On s'appelle tous Nicolas Sarkozy", mais les robocops nous serraient de plus en plus et, finalement, nous avons présenté nos cartes d'identité (y compris les badauds). Ils ont noté sur des bouts de papier merdeux nos noms et adresses.
Provocation stupide et gratuite, car une fois sortis du cercle on s'est tous retrouvé sur la même place, derrière les CRS à surveiller les contrôles, au cas où un étudiant un peu paumé aurait oublié sa documentation et se serait fait embarquer. Une fois l'opération terminée, ils se sont mis à jouer aux petits soldats de plomb: ils avançaient et nous faisaient sortir de la place, ils reculaient et on revenait. Pendant ce temps, on a vu arriver 10 minicars pleins de CRS et plusieurs paniers à salade "géants", sans doute pour embarquer les 150 "casseurs" qui se trouvaient à l'intérieur de l'édifice. Finalement, ils les ont fait sortir vers 21h, avec leurs cravates, leurs sacoches et leurs airs de vieux profs, ce qu'ils étaient pour la plupart, sous les applaudissements des trois pelés qui attendaient encore sur le trottoir de la place de la Sorbonne. Renseignements pris, pas de contrôle d'identité pour les occupants.
Quelques photos souvenir: http://www.flickr.com/photos/sorbonnemobilisee/sets/72157615869317259/show/

Ça, c'est une petite anecdote, qui montre néanmoins la ressemblance entre la France Sarkozyste et l'Espagne franquiste. Pour le reste, le malaise des enseignants, tout le monde s'en fout. Les politicards* de droite veulent faire passer leurs "réformes", quelles qu'elles soient, à n'importe quel prix et les politicards de gauche, toujours prêts à critiquer le gouvernement du bout des lèvres, sont sans doute trop flemmards pour se pencher sur un dossier un peu compliqué pour leurs petites cervelles. Je ne parle pas des médias, qui reproduisent les mensonges flagrants des ministres sur des "concessions" et des "reculs" inexistants, depuis 9 semaines. Y compris Le Monde, eh oui! http://www.fabula.org/actualites/article29887.php.
On n'arrête pas le progrès!


* Ce terme ne fait pas partie de mon vocabulaire (en tout cas pour désigner globalement femmes et hommes politiques, pour des cas bien précis, je ne dis pas) et la conclusion qui le suit semble un peu trop tranchée : sur le peu que je comprenne, la formation des futurs enseignants, Darcos, finalement, a reculé (peut-être pour mieux faire passer son projet demain, à moins qu’il n’ait sauté d’ici là). Comme disait Thorez, il faut savoir terminer une grève et cela passe aussi par des compromis !

 

Commentaires de l'enseignante-chercheuse sur cette notule : Je n'ai pas écrit que tous les hommes et femmes politiques sont des politicards. Certes, j'ai parlé des "politicards de droite" et des "politicards de gauche", cela veut dire simplement qu'il existe des politicards dans les deux groupes que j'a déterminé et, même si ce mot ne fait pas partie de ton idiolecte, il appartient à la langue française (vu que je ne suis pas "d'origine", j'ai vérifié). Cela dit, par les temps qui courent, j'ai envie de désigner par ce gros mot l'immense majorité des hommes et des femmes politiques que les Français moyens (d'origine ou pas) ont l'occasion de voir à la télé, entendre à la radio ou lire dans le journal (pardon pour l'anacoluthe). S'il ce ne sont pas des " Politicien(s) arriviste(s), sans scrupule." (Petit Robert), je ne comprends pas comment il peuvent se fiche royalement de la formation des jeunes. A moins que... la classe politique (ça, c'est la classe!) n'ait intérêt à ce que les universités professionnalisent à tout va, au lieu d'essayer de développer tant soit peu l'esprit critique de nos ouailles.
Et, à propos d'esprit critique, moi aussi je lis les titres de Le Monde (avant de la balancer à la poubelle). Il ressemble de plus en plus à la presse contrôlée par Franco. http://www.le-grand-barnum.fr/nicolas-sarkozy-la-destruction-de-luniversite-et-le-cholera-mental-du-journal-le-monde/
Dans les faits, Pécresse réécrit son décret en changeant la place des virgules et Darkosy n'a pas reculé d'un centimètre: il maintient le contenu des concours pour un an, mais il n'arrête pas le rouleau compresseur de la mastérisation (dont tu connais les effets pernicieux). Les candidats qui seront reçus au concours l'année prochaine n'auront pas leur stage payé. Il feront, après, une année de master 2 et donc paieront une année de plus d'études avant de valider le concours (s'ils le valident). Ceux qui auront le master sans avoir le concours pourront toujours chercher des CDD pour boucher les trous. La course à la privatisation de l'enseignement publique est ouverte et, bien sûr, cela ne provoque pas la joie de tout le monde. 

 

PS Dans un autre genre un exemple flagrant de violation de l'état de droit par des responsables du Muséum d'Histoire naturelle (Jardin des Plantes) : http://horreurecologique.blogspot.com/2009/03/au-jardin-des-plantes-il-est-desormais.html

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 11:44


Si l'on en croit le site d'Ouest-France,  il y avait près de 15000 manifestants (12 000 selon la police) à défiler à La Roche sur Yon, capitale (de gauche) de la Vendée d'ultra droite villiériste. Inutile de dire que dans ce défilé bon enfant les sifflets ont fusé en passant devant l'hôtel du département , dont le Vicomte avait fait fermer les grilles (de peur, peut-être que la foule envahisse l'ancien hôpital militaire napoléonien pour lui faire subir le sort qu'a connu, un certain 14 juillet, le Marquis de Launay, gouverneur de la Bastille).


Outre évidemment une floraison de drapeaux syndicaux, CFDT en tête, CGT en suite, puis FO, sans oublier le SNES ou la FCPE, de banderoles syndicales également, beaucoup de pancartes plus ou moins bricolées à la tonalité très anti-sarko, jusqu'à des slogans lui promettant de lui faire subir ce que les supporters de foot indignés promettent à l'arbitre.



Proportionnellement à la taille de la ville, certainement une des plus fortes manifestations de ce 19 mars. Rien d'étonnant cependant :  pour être moins spectaculaires que les suppressions d'emplois qui touchent des grandes entreprises, les licenciements se multiplient dans le tissu des PME.


















L'accompagnement musical est dû, d'abord, à un artiste inconnu qui chante "ça nous défoule", puis à une version très originale et néanmoins japonaise de 'Internationale.


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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 10:26

0uest-France publie, ce jour (07/03/09) un sondage sans appel. Les 2/3 des  sondés des Pays-de-la-Loire sont contre le dépeçage de leur région.  Plus surprenant, même les sondés de Loire-Atlantique sont majoritairement contre (53 %) et les sondés de la région Bretagne ne sont qu'un tiers à demander le rattachement de la Loire Atlantique.


Un article sur ce thème - Pour une Bretagne « historique » dépeçons les Pays-de-la-Loire - m'avait valu, outre mon record de lectures sur Le Post (plus de 5000, alors que le dernier article sur la question plus cruciale du partage travail/capital ne fait pas 500), des commentaires bêtes et méchants, mais pas du tout dans le style Hara-Kiri !


Les causes de ce résultat sont bien analysées par l'IFOP :

1° tout d'abord, la conjoncture : il y a plus urgent à faire que de bricoler les découpages administratifs (à noter que les bas normands sont contre l'unification de la Normandie à 58 % des sondés)

2° quand on passe du virtuel au réel (d'une unification rêvée à une possible unification) le principe de réalité reprend le dessus et les sondages précédents sont ainsi démentis.

S'y ajoute aussi, avec l'augmentation de la population de la Loire Atlantique, une modification sociologique et aussi une défiance vis-à-vis de ce qui apparaît comme un "tripatouillage politique".


Pour autant, des coopérations interrégionales sont indispensables ; sur le plan des transports ferroviaires c'est en bonne voie et implique également la région Poitou-Charentes. Mais le champ de ces coopérations est beaucoup plus vaste et permettra de dépasser des querelles passéistes.


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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 16:50

Libération de ce jour (05/03/09) revient sur la polémique engagée par un de ses rédacteurs avec Besancenot et Hamon, sur le partage salaires/dividendes.

En oubliant bizarrement un entretien du Nel Obs avec Michel Rocard, en décembre 2007, où il disait : « En gros, les salaires sont passés de 71% du PIB en 1981 à 60% en 2005. Près de 11 points de chute ! Aujourd'hui, en France, si le produit intérieur brut avait conservé le même partage qu'en 1981, les ménages auraient dépensé en salaires et revenus de Sécurité sociale 130 milliards d'euros de plus. Affectés à la consommation, ces 130 milliards auraient donné au moins 1 point de plus de croissance chaque année. Et nous aurions eu en France un demi-million de chômeurs de moins. » Certes, il compare un moment M à un moment M'. Mais il considère, courbe de tendance à l'appui que le mouvement de 1960 à 1981 était à la hausse de la part des salaires.

« Arrêt sur images » dans un dossier, reprend les propos de Biseau qui considère que dans les vingt dernières années la part des salaires est restée stable. Et que la situation des dix années précédentes étaient une anomalie, liée à l'inflation (et aussi, peut-être, à un rapport de force moins défavorable aux salariés ?). Le journaliste en conclut que "le partage salaire-profit est non seulement stable depuis vingt ans, mais presque inchangé par rapport à la période des années 60." Si l'on exclut, bien sûr, les dix ans d'anomalies !

Une confrère du Monde diplomatique a beau jeu de rétorquer ironiquement que si, de fait, on exclut les années de hausse, la moyenne sera plus basse ! « Les données de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) témoignent d'une autre réalité. La part des salaires augmente lentement de 1960 à 1970, passant de 66,3% à 69,7% de la valeur ajoutée brute; puis elle grimpe plus rapidement (notamment après les hausses de 1968) pour atteindre 74,1% de la valeur ajoutée en 1982. Après le tournant de la rigueur de 1983, elle chutera à 63,5% en 1998, avant de remonter très légèrement depuis. En 2007, elle était de 65,1%. ».

Sophie Gindensperger, la rédactrice du dossier d'ASI, ajoute pertinemment : « Il ne faut pas oublier que des éléments externes jouent sur cette répartition, comme la généralisation du travail à temps partiel, mais aussi les inégalités salariales qui font que les très haut salaires captent un morceau de plus en plus important de l'ensemble. Selon une étude de l'économiste Camille Landais, qui se base sur les travaux de Thomas Piketty (à lire sur le site de l'observatoire des inégalités), entre 1998 et 2005, les 0.01% des foyers les plus riches ont vu leur revenu réel croître de 42.6% sur la période, contre 4.6% pour les 90% des foyers les moins riches. Des données qui montrent que la stabilité de la part salariale au sein de la valeur ajoutée ne signifie pas forcément une stabilité des salaires eux-mêmes. »

Mais revenons à M. Rocard qui lui voit un basculement « dans les années 1990 avec l'apparition des fonds et d'abord des fonds de pension. L'actionnaire s'est organisé et, s'agissant de sa retraite, a exigé un retour sur investissement de plus en plus élevé. Corollaire : une pression de plus en plus forte sur les salaires qui ont cessé de progresser au rythme d'antan avant de décroître en valeur absolue. Les fonds d'investissement - moins du quart des fonds de pension mais plus agressifs - ont intensifié la tendance. Et les fonds d'arbitrage ou hedge funds jouent le même jeu. Pour garantir aux actionnaires une rémunération élevée, tous n'hésitent pas à démanteler leur proie et à vendre par appartements.

Au grand dam des salariés réduits à la dimension de variable d'ajustement. Le nouveau système - tout pour les actionnaires, le moins possible pour les salariés - est devenu presque caricatural avec les hedge funds, ces fonds spéculatifs. L'ensemble de ces fonds sont présents désormais dans toutes les entreprises du monde occidental de plus de 2 000 salariés. Leur pression s'est d'abord exercée sur les PDG qui ne distribuaient pas assez de dividendes : ils ont très vite valsé.

Elle s'est traduite ensuite par l'externalisation des toutes les fonctions - entretien, maintenance, services sociaux internes -, dont les salariés étaient indexés sur les personnels qualifiés qui faisaient le renom de l'entreprise. Tous ces gens-là ont été chassés et recasés dans des PME désyndicalisées, soumises à des contraintes salariales énormes parce que les fabricants, les donneurs d'ordre, peuvent changer de sous-traitants sans préavis. C'est comme ça que s'est instituée la précarisation du marché du travail (16% des salariés français aujourd'hui) ».


Le modeste citoyen qui n'a même pas fait la section ES, si méprisée par celui qui fait président, tentera de tirer quelques fragiles conclusions.

1°) il y a bien eu un point haut où le partage travail/capital était significativement plus avantageux pour le travail

2°) les dividendes distribués, sous la pression de fonds spéculatifs ont explosé

3°) cette augmentation s'est faite aux dépens des salaires mais surtout des investissements

4°) au sein du salariat, les écarts s'accroissent et la précarisation s'accroît.

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 15:13

Nicolas Sarkozy qui n'a pas été un élève brillant, fut aussi un étudiant médiocre. Cette médiocrité, mal ressentie par le vindicatif personnage, explique peut-être sa maladive hantise de La Princesse de Clèves ou ses paroles gratuitement provocatrices envers les universitaires. Expliquerait aussi un CV quelque peu gonflé !

 

On se souvient de la véritable animosité que voue l'ado attardé qui fait président à La Princesse de Clèves. Ainsi, le candidat, dans un meeting lyonnais s'épanchait : « Dans la fonction publique, il faut en finir avec la pression des concours et des examens. L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La Princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle ! En tout cas, je l'ai lu il y a tellement longtemps qu'il y a de fortes chances que j'aie raté l'examen ! » Précisons pour les non spécialistes de la fonction publique que les « Attachés » ont des postes d'encadrement et qu'on en croise donc aucun  aux guichets. Devenu Président, il remettra cela dans un discours des plus officiels sur la modernisation des politiques publiques et la réforme de l'état où il préconisait, pour améliorer la qualité de vie du fonctionnaire (sic) il valait mieux reconnaître le mérite, l'expérience, etc. que de « faire réciter par cœur La Princesse de Clèves » (ce « par cœur » relève à l'évidence du mensonge gratuit).

L'explication de cette obsession, il la donnera devant des animateurs bénévoles d'association : avoir fait du bénévolat, explique-t-il, devrait être une expérience reconnue par les concours administratifs, car après tout, "ça vaut autant que de savoir par cœur 'La Princesse de Clèves'". Après un silence, il ajoute : "Enfin... j'ai rien contre, mais enfin, mais enfin... parce que j'avais beaucoup souffert sur elle." Ce chef d'œuvre du XVIIème siècle serait-il donc à l'origine de son redoublement au lycée Chaptal de Neuilly ?


La même explication autobiographique est avancée par un professeur d'université* pour expliquer le ton acrimonieux et les propos méprisants envers les universitaires, le 22 janvier 2009. Propos en partie improvisés, dans la syntaxe approximative qu'il emploie dès qu'il sort du texte écrit par ses nègres.

« Les sociologues savent bien que les jugements en disent souvent plus sur leurs auteurs que sur les choses dont ils parlent. Or les études de Nicolas Sarkozy n'ont pas été si brillantes ni spécialisées qu'elles l'autorisent à juger de haut les questions d'orientation scolaire et de pédagogie. Par contre, elles ont été assez médiocres pour nourrir son ressentiment personnel qui, en affinité avec l'humeur anti-intellectuelle des milieux qui le soutiennent, explique largement la « petite guerre » faite aujourd'hui aux scientifiques et universitaires.»


N. Sarkozy, si l'on en croyait les sites officiels (Conseil Général des Hauts de Seine, Ministère de l'Intérieur...), aurait une Maîtrise de Droit Privé, un certificat d'aptitude à la profession d'avocat, serait ancien élève de l'Institut d'Etudes Politiques (Sciences Po), et aurait obtenu un DEA de sciences politiques avec mention.


« La mention [d'élève] à l'IEP de Paris est problématique puisque Nicolas Sarkozy n'y a pas poursuivi ses études jusqu'au bout comme il est aisé de le vérifier dans l'annuaire des anciens élèves. Or, selon les usages, le titre d'ancien élève ne vaut que pour les diplômés. Il fut donc abandonné. Toutefois, le site de l'Elysée porte toujours cette indication lapidaire : Institut d'Etudes Politiques de Paris (1979-1981). »


Une certitude cependant : l'étudiant Sarkozy a bien décroché son certificat d'aptitude d'avocat en 1980 avec la note de... 10/20 !


Le « avec mention » qualifiant le DEA fera ricaner tous ceux qui savent que tout diplôme universitaire obtenu comporte au moins une « mention passable » (ceux qui ont eu une mention plus honorifique - bien, très bien, etc. - la mentionnent explicitement).

Et pour l'obtention même de ce Diplôme d'Etudes Approfondies (DEA) de sciences politiques, censé avoir été passé à l'université Paris X Nanterre, c'est des plus problématiques.

« Sauf la même défaillance de mémoire des professeurs exerçant en 1979 dans le DEA de sciences politiques de Paris X Nanterre, Nicolas Sarkozy n'a pas obtenu son diplôme. Une petite enquête se heurte à la page noire du réseau intranet de l'université. L'auteur de ces lignes* a alors adressé une demande écrite à la présidence de l'université qui a confirmé que le service de scolarité disposait bien d'un document certifiant l'obtention du DEA. Il restait à vérifier avec la pièce qui fait foi en la matière, à savoir le procès verbal de délibération, document autographe au format A3, difficile à contrefaire. Le candidat apparaît bien dans le procès verbal de la première session : il est « ajourné » car absent de l'épreuve écrite terminale et n'ayant pas rendu son mémoire. Il restait à consulter le procès verbal de la deuxième session. Or, le procès verbal a disparu des archives de l'université. Il est même le seul procès verbal manquant de toute l'existence du DEA. »


* Alain Garrigou Professeur de science politique à l'université de Paris X Nanterre

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 08:15

Siné est donc lavé par la justice de cette infâme accusation d'antisémitisme, déclenchée par Philippe Val, en général mieux inspiré et orchestré par BHL qui trouvait là une occasion supplémentaire de se faire mousser !

Sur Le Post, par exemple, on trouve des articles où l'auteur anonyme explique, sans rire, que la politique israélienne est parfaite donc que la critiquer est faire preuve d'antisionisme et que l'antisionisme est de l'antisémitisme. Rappeler que Rabin n'a pas été assassiné par un vilain palestinien, mais par un juif fanatique, c'est évidemment en vouloir à Israel, donc être antisioniste donc... Mais, objectera-t-on tout cela n'est que la prose d'un esprit un peu borné.

Sauf que, pour Siné, on l'a vu, les amalgames hâtifs ont été immédiats et émis par non seulement Val et BHL, mais aussi par J. Julliard ou J.P. Einthoven. Et maintenant, c'est au tour de Péan de subir un procès de la même encre. Que ce procureur implacable de Kouchner soit attaqué ne chagrine guère. Son mépris affiché pour les « droits de l'hommistes », comme si tenter de défendre les « droits de l'homme » était devenu une tare, n'incline pas à l'indulgence. Mais, pour autant, ne conduit pas à le taxer d'antisémitisme, pour avoir employé le mot « cosmopolite » ; ce mot serait fortement connoté antisémite depuis les années 30 ; il s'est défendu  avec habileté, en rappelant que BHL lui-même se définit comme tel, « cosmopolite » !

Cet emploi inconsidéré d'une étiquette infâmante s'il vise à déconsidérer l'adversaire, risque de rendre l'attaque, indispensable, des vrais antisémites plus difficile. Il s'inscrit aussi dans un climat où dérision et provocation sont sous le feu de tous les cagots, prêts à inventer un délit de blasphème.

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 19:02

En mettant en ligne l'article sur la Bretagne « historique », sur mon deblog notes et sur Le Post, je m'attendais, bien sûr, à des réactions hostiles. Mais le résultat a dépassé mes craintes.

Sur la quarantaine de réactions, à l'exception près, ce qui saute aux yeux c'est l'anonymat des commentateurs. Au mieux un prénom (Annie, Yann, Pierre, Erwann, Loïc), sinon des pseudos mystérieux (iffig, emsic,kidu, fanch) ou franchement ridicules style loup de mer, aureganne ou roudoudou29 !

Cet anonymat autorise toutes les dérives. Je passe sur les attaques personnelles : un incertain « brieuc » va jusqu'à se tromper sur mes initiales et me faire dire des choses que je n'ai pas écrites.  Mais on peut lire « Meme pas 200 ans d'existence et déja presque morte, votre république, plus personne n'y croit ou ne s'en revendique, votre hymne est sifflé sur votre sol, par vos jeunes concitoyens. » par Erwann, approuvé par le fameux roudoudou29 « Elle ne vaut pas tripette la république Jacobines des assassins. » Quant à tizef44, il ne recule devant rien dans l'outrance : « 20 ans après la chute du mur de Berlin, la Bretagne a toujours son mur de la honte depuis 67 ans. Ce vestige des nazis satisfait désormais de minables ambitions personnelles ou politicardes qui trouvent leur intérêt à faire perdurer ce tracé monstrueux qui arrange trop bien une poignée de hauts-fonctionnaires en mal de pouvoir ou de fauteuils confortables et juteux... ».

Ces 67 ans pourraient paraître bizarres, mais c'est le premier à réagir, Loïc, qui donne la clé : « Si je puis me permettre, tu as tout faux. Nantes est administrativement séparée de la Bretagne depuis la triste époque du maréchal Pétain et de ses amis. »

Car, figurez-vous, les Pays-de-la-Loire sont une création Pétainiste et estimer que leur disparition ne s'impose pas c'est, avec la logique implacable qui caractérise nos procureurs, être soi-même Pétainiste !

Mais cette histoire est une totale imposture.

Certes, par un décret du 30 juin 1941, il est créé 4 « préfets régionaux », mais il n'est question ni de Bretagne, ni de Pays-de-la-Loire, puisque lesdites régions sont désignées par le nom de la ville siège du super-préfet (région de Rennes, d'Angers, d'Orléans et de Poitiers).

En fait, ce décret ne faisait que reprendre un découpage de l'hexagone en « groupements économiques régionaux » instaurés par Clementel, ministre de Poincaré, en 1919 et repris dans un décret-loi de 1938 par Daladier.


Parler comme « tizef44 » des nazis est d'ailleurs assez téméraire : faut-il donc rappeler que des nationalistes bretons, déguisés en SS avec une croix celtique en place de croix gammée, ont collaboré avec les nazis ?




Beaucoup moins important est cet argument péremptoire d'un certain « aureganne » : « quand vous êtes à Nantes, en dessous c'est marqué NAONED ça résume ». Or le nom de « Nantes » n'a aucune origine celtique, Naoned est un nom tout droit sorti de forges contemporaines. L'étymologie la plus communément admise est une origine latine Portus Namnetus (port des Namnètes, tribu gauloise qui habitait là et dont les descendants seraient donc les plus historiquement fondés à en clamer la namnètitude !) ; une autre hypothèse serait nantos, en gaulois, signifiant "vallée", Nantes pourrait être définie comme la "ville du fleuve, de la vallée".

Cette double appellation (nom français de la commune, nom prétendument breton) est de la pure rigolade en « pays gallo », un parler d'origine latine (langue d'oïl), dont la variante ligérienne est fort proche de son voisin angevin.

Un « Office de la langue bretonne », dans une entreprise de celtisation du pays Gallo invente donc une toponymie assez délirante : Rennes devient Roazhon et Cesson-Sévigné devient un improbable Saozon-Sevigneg (même dans la partie bretonnante on observe de cocasses pancartes).

Assez drôle de voir comment, à l'instar de l'horrible France qu'ils abhorent, les bretonnants essaient d'imposer le breton de Basse-Bretagne en Haute-Bretagne, au détriment des langues gallèses !

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