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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 10:46

AN questgouv 03

 

Questions au gouvernement. Séance houleuse à l’Assemblée nationale, mercredi  14 décembre 2011. Offensive concertée des députés UMPistes et du gouvernement. Ras du bitume, côté caniveau.

 

Morano Nadine (notre Sarah Palin), remplace Xavier Bertrand, répondant sur les hôpitaux, la retraite à 60 ans… Dans son style poissonnière, elle ne répond rien, elle agresse. Mais c’est une apprentie à côté de Guéant-qui-ment qui, sur le vote des étrangers en situation régulière aux élections locales, y va, bien sûr de sa xénophobie habituelle : l’éligibilité au conseil municipal permet à l’évidence une représentation communautaire, et une représentation communautaire ouvre tout simplement la voie au communautarisme ; or nous, nous refusons le communautarisme, parce que nous tenons à l’unité de nos valeurs et au mode de vie qui est le nôtre. Bel exemple de syllogisme : droit de vote=éligibilité=représentation communautaire=communautarisme. Mais il va plus loin, accusant le PS de proposer la régularisation des étrangers qui se trouvent chez nous en situation irrégulière  et il insinue que c’est pour qu’il y ait davantage d’étrangers qui votent pour qu’il y ait davantage de voix pour le PS. Avec le cynisme dont il ne craint pas de taxer le PS, il lance une accusation mensongère. Jeanne-Marine La Pen, comme dans les guignols, pourra se plaindre : « Peupâ, Guéant m’a encore piqué mes jouets ».

 

AN questgouv 01L’offensive des députés UMPistes – dans des questions au gouvernement ! – a porté sur Bouches-du-Rhône et Pas-de-Calais. Ainsi, M. S. Huygue  s’inquiète auprès du garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés. Après l’affaire Guérini dans les Bouches-du-Rhône, après l’affaire de la fédération socialiste de l’Hérault, c’est au tour de la région Nord-Pas-de-Calais d’être entachée par les affaires du parti socialiste et de se retrouver sous les feux de l’actualité judiciaire. En effet, dans le Pas-de-Calais, les révélations de M. Dalongeville, ancien maire socialiste d’Hénin-Beaumont, relayées par la presse, mettent gravement en cause les conditions de financement de la fédération départementale du parti socialiste. Dans le Nord, l’affaire du Carlton met gravement en cause d’éminents responsables du parti socialiste, qui auraient bénéficié de prestations financées par un grand groupe de BTP. (…)

Monsieur le ministre, dans ces affaires qui nuisent gravement à la réputation du Nord-Pas-de-Calais, pouvez-vous nous indiquer où en sont ces enquêtes judiciaires, et nous assurer que la justice pourra faire son travail sans entraves(sic) ? (Manque pas d’air l’UMPiste, car pour les entraves, il devrait se renseigner auprès de Courroye.)

 

Une affaire d’état : l’affaire Karachi

 

 

 

 

Mais le PS, comme l’a décrypté Nicolas Domenach dans « La nouvelle édition » (Canal +), a décidé de rendre coup pour coup et de riposter en soulevant une affaire d’une toute autre gravité, une affaire d’état, qui a fait 14 victimes dont 11 français, l’affaire Karachi. Ainsi Delphine Batho a mis les points sur les i : «  hier, un ancien ministre a été placé en garde à vue pour être entendu dans l’enquête sur le financement illicite de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995, en lien avec des contrats d’armement signés en 1994, puisque la justice privilégie désormais la piste politico-financière dans l’affaire de l’attentat de Karachi, qui a coûté la vie de quatorze personnes.

AN questgouv 02Dans cette affaire, deux autres proches de Nicolas Sarkozy, M. Thierry Gaubert et M. Nicolas Bazire – auquel le Président de la République a d’ailleurs renouvelé sa confiance à la télévision le 27 octobre dernier – sont mis en examen pour recel et complicité d’abus de biens sociaux, de même qu’un intermédiaire bien connu des chefs de l’UMP, Ziad Takieddine.

Le 22 septembre dernier, l’Élysée a publié un communiqué de presse indiquant, au mépris des règles du secret de l’instruction, que « s’agissant de l’affaire dite "de Karachi", le nom du chef de l’État n’apparaît dans aucun des éléments du dossier ». Outre que c’est factuellement faux, il est établi qu’à l’époque où Nicolas Sarkozy était ministre du budget, son ministère a autorisé la création des sociétés Heine et Eurolux, sociétés-écrans basées dans un paradis fiscal et ayant servi à dissimuler l’argent des rétrocommissions. De nombreux indices démontrent que ces rétrocommissions présentent des liens avec le financement illégal de la campagne d’Édouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole. J’ajoute que cette affaire a donné lieu à une intrusion illégale dans le déroulement de la justice d’un ancien ministre, conseiller de Nicolas Sarkozy, chef de la cellule riposte de l’UMP, Brice Hortefeux, qui a cherché à prévenir l’un des protagonistes de sa prochaine mise en cause. Malgré les entraves à la justice, malgré le secret défense qui n’est toujours pas levé – contrairement à ce que vous avez dit, monsieur le garde des sceaux –, à l’évidence l’affaire Karachi concerne Nicolas Sarkozy. ! »

 

Le message à Buisson-Peltier, les animateurs des mauvais coups de Sarkozy qu’orchestre Guéant, est clair. Sur le terrain des affaires – un de leurs terrains privilégiés avec la xénophobie – le PS rappellera cette affaire d’état qu’est Karachi.

 

Quant aux éléments de langage déversés à profusion par Morano encore, Hortefeux et les autres, sur le prétendu flou des propositions de F. Hollande, il faudra toujours et encore y opposer les déclarations contradictoires et les reculs de celui qui fait président. Ses rodomontades perpétuelles ne peuvent faire oublier que, telle la girouette chère à Edgar Faure, souvent Sarko varie, bien fol est qui s’y fie. Ainsi du vote des étrangers aux municipales : contre en 2001, pour en 2005, contre en 2011.  Quant au bouclier fiscal, il a fini par manger son chapeau ! Et sa politique de sécurité n’est qu’une gigantesque imposture !

 

 

 

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 18:05

contole-au-facies

Le Sénat a bien changé de majorité !

En témoigne une proposition de loi relative aux contrôles d'identité et à la lutte contre les contrôles au faciès, présentée par Mme Esther Benbassa et neuf autres collègues.

 

controle-au-facies-benbassa.jpgUn article unique :

« Les contrôles d'identité réalisés en application du présent article donnent lieu, sous peine de nullité, à l'établissement d'un document mentionnant :

1° Les motifs justifiant le contrôle ainsi que la vérification d'identité ;

2° Le jour et l'heure à partir desquels le contrôle a été effectué ;

3° Le matricule de l'agent ayant procédé au contrôle ;

4° Les observations de la personne ayant fait l'objet du contrôle.

Ce document est signé par l'intéressé ; en cas de refus de signer, mention en est faite. Un double est remis à l'intéressé… »

 

Et l’exposé des motifs fait clairement allusion à une étude menée par des chercheurs du CNRS : « Les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent (…) non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être. Les résultats montrent que les personnes perçues comme « Noires »  (d’origine  subsaharienne  ou  antillaise)  et  les personnes  perçues  comme « Arabes » (originaires du Maghreb ou du Machrek) ont été contrôlées de manière disproportionnée par rapport aux personnes perçues comme « Blanches ». Selon les sites d’observation, les Noirs couraient entre 3,3 et 11,5 fois plus de risques que les Blancs d’être contrôlés (…). Les Arabes (…) couraient quant à eux entre 1,8 et 14,8 fois plus de risques que les Blancs d’être contrôlés par la police (ou la douane) (…). Un autre facteur déterminant a été le style de vêtements portés par les personnes contrôlées. Bien que les personnes portant des vêtements aujourd’hui associés à différentes « cultures jeunes » françaises (« hip-hop, » « tecktonic, » « punk » ou « gothique », etc.) ne forment que 10% de la population disponible, elles controleidentite.jpgconstituent jusque 47% de ceux qui ont été effectivement contrôlés(…) l’apparence vestimentaire des jeunes est aussi prédictive du contrôle d’identité que l’apparence raciale. (…) il est probable que les policiers considèrent le fait d’appartenir à une minorité visible et de porter des vêtements typiquement jeunes comme étroitement liés à une propension à commettre des infractions ou des crimes, appelant ainsi un contrôle d’identité.

… Les différentes forces de police pratiquent ce que l’on appelle couramment en France le contrôle au faciès (ou, au plan européen, « profilage racial »). Ceci est en contradiction avec la législation nationale française anti-discrimination et le Code de déontologie de la police. Cela contredit aussi les normes européennes sur les droits de l’Homme, qui interdisent les distinctions fondées sur l’apparence si elles sont dépourvues de justification objective et raisonnable. »

 

controle-au-facies-axiom.jpgLe travail effectué par les chercheurs s’est déroulé dans des lieux de grande affluence (Gare du Nord par exemple) et le contrôle se passe donc de façon généralement correcte. Mais c’est tout autre chose dans les quartiers comme on dit : «J’avais 13 ans, je jouais au foot avec mes copains, je me suis retrouvé la tête plaquée contre un mur… C’était mon premier contrôle d’identité.» témoigne Axiom, rappeur, qui lance avec d’autres rappeurs le collectif Contre le contrôle au faciès

 

Faut-il ajouter que ces contrôles arbitraires répétitifs sont totalement contre-productifs ? Ils mobilisent des forces de l’ordre qui seraient mieux occupées à sécuriser les lieux publics, où ils stationnent au lieu de patrouiller (pickpockets, vols à l’arraché, bagarres, etc.) ; leur efficacité est quasi-nulle ; et surtout ils provoquent un légitime sentiment de révolte face à cette discrimination harcelante.

 

L’action inédite et simultanée du Sénat et des rappeurs aboutira peut-être à enfin réglementer des contrôles qui déshonorent un état de droit.

 

P.S. Il n'en a malheureusement rien été et même Manuel Valls, Ministre de l'intérieur, comme son successeur, s'est farouchement opposé à la mise en place du récépissé, laissant la partie la plus malsaine de la police continuer de sévir !

 

N.B. Qui n'a rien, mais vraiment rien, à voir

Un message me signale :

 

À l'occasion de la sortie du livre de Siné "MON DICO ILLUSTRÉ", nous organisons avec l'Ecole Estienne l'exposition SINÉ L'INCORRIGIBLE ; celle-ci présentera un panorama des dessins et créations du célèbre illustrateur satirique.
• Dessins de presse (depuis ses débuts)
• Illustrations de presse en couleur
• Articles manuscrits à sa façon
• Edition (couvertures)
• Affiches diverses de toutes époques
• Séries sur les chats
• Projets de presse (Enragé, Siné hebdo, Siné Mensuel)
• Objets divers
• Petits clips réalisés pour Groland
Le vernissage aura lieu le mercredi 7 décembre dès 18h30 à l'École Estienne (18 bd Blanqui - Paris 13ème - métro Place d'Italie).
Amis hédonistes et autres buveurs de tout poil, soyez les bienvenus ; ce soir, c'est Siné qui tient le bar!!

Merci de bien vouloir nous confirmer votre présence.

Tél. : 01 42 84 83 73 / 06 70 79 86 61
cecilepleux@hoebeke.fr

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 22:05

Sarko-RSA.jpg

Ne reculant devant aucune indécence, celui qui fait président (et qui fait campagne à nos frais), ose se présenter comme l’héritier du Conseil national de la résistance. Et relance la guerre contre les sybarites du RSA, vautrés, si l’on en croit Wauquiez – la droite sociale ! – dans leur canapé devant l’écran géant de leur télé. La guerre aussi contre ces fainéants de salariés en arrêts maladies.


Passons sur la mesure la plus populiste consistant à imposer 7 h de travail obligatoire aux bénéficiaires du RSA. Outre qu’une partie d’entre eux, en particulier les mères seules avec enfants en bas-âge, ne pourra être astreinte à une telle obligation, outre son caractère gratuitement vexatoire, qui organisera un machin aussi débile.


Pour ce qui est des arrêts de travail, comme le montre une étude menée par deux chercheurs du CNRS sur la période 1994 à 2001 le taux d'absence globale (pour raisons de santé ou non) oscillait, en France, entre 10 % et 11 %, contre 20 % à 28 % au Danemark, 15 % au Royaume-Uni ou 16 % à 18 % aux Pays-Bas (Le Monde).


Et le crypto-candidat ne fait que reprendre l’offensive lancée en plein mois d’août par un de ses plus fieffés courtisans Xavier Bertrand, reprise d’ailleurs d’offensives plus anciennes : en 2004 déjà, le même Bertrand demandait un renforcement des contrôles.


Or, il faut aussi rappeler qu’en Juin 2001, un rapport signé d’un député UMP, M. Tian, disait : « le Conseil des prélèvements obligatoires et l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale font état d’une fraude comprise entre 8 milliards d’euros et 15,8 milliards d’euros pour les prélèvements, et la Cour des comptes estime que la fraude aux prestations est comprise entre 2 milliards d’euros et 3 milliards d’euros. Le Rapporteur considère donc que la fraude sociale représente près de 20 milliards d’euros. » Outre la bizarre arithmétique du rapporteur (l’addition des estimations les plus élevées ne donne que 18,8), on notera que la fraude aux prélèvements fait 4 à 5 fois plus que celle aux prestations !


Mais bien sûr, le plus urgent est de s’attaquer à ce qui coûte… le moins. Pas question non plus de s’attaquer à la fraude fiscale (au moins égale à la fraude aux prélèvements sociaux). Car dans les deux cas, ce serait s’attaquer au cœur de l’électorat de droite, héritiers du vieux fond poujadiste qu’André Daguin héraut des métiers de l’industrie hôtelière incarne parfaitement. Pas touche au travail au noir, aux paiements sans facture, etc.


Sauf que, dans la lutte aux arrêts de travail abusifs, les UMPistes en campagne risquent de faire des dégâts collatéraux dans leur électorat. Car, sauf erreur, ce sont les médecins qui délivrent ces fameux arrêts. Et la logique voudrait qu’ils soient jugés co-responsables ou complices en cas de congés maladies estimés frauduleux.


Et si le discours populiste des Wauquiez, Bertrand et leur maïtre sur ces salauds de RSAistes, ces fainéants de chômeurs, ces tire-au-flancs de soi-disant malades peut séduire les beaufs de comptoirs lepenisés, il va peut-être finir par indigner l’ensemble des salariés soupçonnés de fraude en cas de grippe ou de maux plus graves et les milliers et milliers d’entre eux menacés de licenciements boursiers.


Et le sortant-candidat devrait commencer à se demander si Buisson et Peltier, dont il applique les conseils pour tenter de re-siphonner les voix lepenistes, ne sont pas en fait des sous-marins FN. Car qui mieux que Jeanne-Marine Le Pen peut tenir ce discours anti-pauvres (et pimentés d’anti-allochtones, comme disent nos xénophobes).


En attendant, ce cynisme électoral stigmatise une fois encore les plus fragiles et instaure une nouvelle taxe sur la santé en ajoutant aux congés maladies un jour non payé.

 

 

 

 

CFDT.JPGEn "bonus" un communiqué de la CFDTdu 15/11/11


Arrêts maladie

Le gouvernement instrumentalise la fraude

et punit les malades

  

Après la taxe sur les complémentaires santés, les ponctions sur le budget de l’assurance maladie, les ponctions sur les allocations familiales et les allocations logement… le gouvernement s’en prend directement aux salariés malades sous couvert de lutte contre la fraude.

  

Pour la CFDT, il faut pourchasser et punir la fraude dans un système de solidarité.

  

Pour autant, il est inacceptable de désigner les salariés en arrêt maladie comme responsables des déficits de la Sécurité sociale (les indemnités journalières représentent 2,5% du budget de la Sécurité sociale).

  

Il est plus inacceptable encore de désigner tous les salariés comme des fraudeurs potentiels et d’envisager de les sanctionner tous au travers de la mise en place de jours de carence supplémentaires.

  

Si la fraude existe, elle doit être recherchée là où elle se trouve : dans le travail non déclaré (9 à 15 milliards d’euros), ainsi que chez les praticiens complaisants qui déshonorent leur profession.

  

Il est inadmissible d’utiliser les malades comme bouc-émissaire quand on refuse de remettre en cause les exonérations sur les heures supplémentaires (4 milliards d’euros) et qu’on laisse prospérer des paradis fiscaux qui détournent des dizaines de milliards d’euros à l’échelle de la France.

  

La CFDT s’indigne, qu’au cœur de cette crise, le gouvernement choisisse le populisme et la dénonciation calomnieuse plutôt que la solidarité et la cohésion sociale.

  

La CFDT demande le retrait immédiat des mesures qui s’en prennent à la santé de nos concitoyens : la taxe sur les complémentaires-santé (en débat au parlement), la création de nouveaux jours de carence (envisagée par le gouvernement).

  

La CFDT exige la réunion d’une table ronde avec les partenaires sociaux pour envisager les moyens efficaces d’une lutte contre la réalité de la fraude.

 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 22:24

Filoche reims

 

Gérard Filoche, Inspecteur du travail maintenant retraité, a été relaxé le 12 octobre, par le tribunal correctionnel, pour une accusation d’entrave au CE portée en 2004 ! Accusation soutenue par sa hiérarchie qui se trouve donc désavouée.

 

« Le tribunal correctionnel m'a relaxé ce jour dans l'affaire dite Guinot. c'est évidemment une victoire juridique et politique. Pas seulement pour moi, mais pour toute l’inspection du travail, qui, au-delà de ma modeste personne, était visée. » se réjouit Gérard Filoche, dans un courriel à ceux qui l’ont soutenu.

 

Retour sur l’affaire Guinot 

 

G. Filoche, en 2004, pour s’opposer à un licenciement d’une déléguée du personnel revenant de congés de maternité –double raison pour estimer le licenciement illégal – avait provoqué la réunion du C. E. de l’entreprise Guinet (C.E. de 2 personnes) pour qu’il donne son avis indispensable pour boucler le dossier. Quant à cette réunion, les avis divergent : Filoche dit qu’il était dans le bureau du patron quand le CE votait à bulletins secrets dans une pièce à côté (pour le licenciement), le patron lui affirme que Filoche s’est imposé à cette réunion et a porté plainte pour chantage au CE. La plainte était si mal ficelée que le juge saisi, après quand même cinq heures d’interrogatoire du prévenu, apprenant que le chantage était absolument inutile puisque l’avis du CE-croupion n’était que consultatif, inclinait pour classer l’affaire.

 

C’était sans compter sur son supérieur hiérarchique, Jean-Denis Combrexelle, Directeur Général du travail,  qui a “chargé” l’inspecteur dans une lettre accusatrice très virulente  et le procureur d’en profiter pour faire un “réquisitoire supplétif”, que le juge suivra. Plus de chantage, mais une « entrave au CE ». Non content de cela, Combrexelle a refusé à sa bête noire le bénéfice de l’aide juridictionnelle : une disposition qui veut que tout membre de la fonction publique, attaqué en justice dans l’exercice de ses fonctions, voit sa défense assurée par son administration. Sauf s’il s’agit d’une affaire privée ou si le subalterne a commis une faute personnelle injustifiée dans l’exercice de sa fonction.

 

L’illégalité du licenciement a été reconnue

 

Filoche guinotDepuis la jeune femme concernée a gagné les 12 procédures engagées contre son patron qui s’est acharné contre elle depuis 2004. Taulier qui reconnaît cyniquement que des cadres font des « heures philanthropiques », c’est-à-dire des heures supplémentaires non rémunérées (c’est un des slogans de celui qui fait président : Travailler plus pour que le patron gagne plus). Elle a été réintégrée en 2010 par la Cour d’appel du tribunal administratif. C’est la Cour d’appel qui, par un jugement devenu définitif, a établi que la salariée avait été discriminée, et qui a cassé les décisions de la hiérarchie de Filoche (le DDTE de Paris Ricochon, le directeur général du travail Combrexelle) et rétabli les siennes comme étant juridiquement fondées. La salariée a dû subir 7 ans de procédure à cause de la façon dont l’administration s’est montrée incompétente et de mauvaise foi, ne reconnaissant pas la validité des interventions et décisions prises par G. Filoche. L’entreprise Guinot a été obligé de concéder une transaction très avantageuse pour les 7 années d’injustice vécues par cette déléguée syndicale CGT, discriminée à son retour de congé maternité. De ce côté-là, justice est faite, conclut le relaxé.

 

« En fait, Combrexelle est désavoué, il a fait preuve d’incompétence en cassant mes décisions fondées, d’arbitraire politique en ne me défendant pas face à un patron délinquant, en m’accusant et en me refusant de m’accorder une légitime protection fonctionnelle. », ajoute-t-il. Mais il est peu probable que ce personnage fasse l’objet de quelque sanction, ni même qu’il soit placardisé.

 

Patrons délinquants impunis ?

 

Filoche contagieuxL’entreprise est parfois dans un état de non droit et les patrons délinquants bénéficient trop souvent du laxisme du Parquet : à Paris, en 2002, la conjonction des PV sans suite, des classements assumés par le Parquet, des relaxes et des dispenses de peine atteignent 71,25 % des procédures, en 2003 : 61,65 % des procédures, en 2004 : 62,03 % de procédures ! Depuis des années, pour plus de 60 % des infractions au Code du Travail relevées par procès-verbaux, le patronat parisien délinquant reste impuni. » (Siné Hebdo n° 21) Sur ce terrain, on n’entend guère, ceux qui dénoncent les zones de non droit des quartiers et le laxisme des magistrats. Au contraire, puisqu’ils détricotent le droit du travail (comme ils essaient de dépénaliser les fraudes financières).

 

Tout n’est pas fini, l’avocat du patron, le célèbre Me Varaut qui traite en ce moment un fils de Villiers de « mythomane », laisse entendre que cet acharné de procédures va faire appel.

 

Mais ce jugement calmera peut-être le zèle de la direction générale et de certaines directions départementales à entraver l’action de leurs propres inspecteurs du travail. Encore faudrait-il, aussi, que le Parquet ne classe pas sans suite des entorses- voire des violations – au droit du travail. Et que les forces de l’ordre viennent à la rescousse quand des patrons empêchent, par la force parfois, les Inspecteurs du travail de faire leur travail.

 

N.B.Le Parquet ne fait pas appel contre la relaxe de Gérard Filoche

Mais le patron délinquant et son avocat Maître Varaut si !

Cette affaire a connu son épilogue - sauf recours en cassation - le 3 juillet :

 

Victoire par KO contre Guinot et Combrexelle ! 14 à 0


La Cour d’appel a déclaré « irrecevable » la plainte du « CE » Guinot contre Gérard Filoche

L’inspecteur du travail, déjà relaxé en première instance le 12 octobre 2011 obtient complète satisfaction le 3 juillet 2012 après 8 ans de procédure acharnée : la plainte attribuée au « CE » Guinot est jugée « irrecevable » par la Cour d’appel du TGI de Paris.

En fait Gérard Filoche avait été poursuivi depuis 2004 par les patrons de Guinot parce que dans l’exercice de ses missions, il avait refusé par trois fois l’autorisation de licenciement d’une salariée protégée, déléguée CGT, de retour de congé maternité.

Ces patrons Guinot (condamnés à plusieurs reprises pour différents délits) avaient voulu à la place de leur “Comité d’Entreprise” (instance bidon qui leur était acquise et ne fonctionnait pas, ne prenait pas d’heures de délégation, ne prenait pas de budget de fonctionnement, ne se réunissait pas, composée en fait d’un seul homme) poursuivre, Gérard Filoche pour « chantage » envers le « CE » (sic).

Puis, conseillés en décembre 2007 par le Directeur général du travail, le dénommé Jean-Denis Combrexelle (celui qui a commis la « recodification » du Code du travail pour le compte du Medef) et même, pendant un temps, (on se demande encore pourquoi) par le Parquet, le « chantage » a été remplacé par « entrave » au « CE ».(resic)

Pareille ineptie ne s’était jamais vue, depuis 1945, en 66 ans : un inspecteur du travail qui a poussé à ce que le CE soit créé, élu, et fonctionne (sans l’intervention de Gérard Filoche en 2003 il n’y aurait même pas eu l’ombre d’un CE au siège de Guinot), est accusé de « l’entraver » (sic).

Et au lieu de défendre son subordonné, le DGT, pour le compte direct des patrons Guinot, sans s’informer et sans même s’enquérir des faits auprès de l’inspecteur concerné, a « chargé » l’inspecteur de façon violente et partiale dans une lettre accusatrice, juridiquement inepte à un niveau de mauvaise foi incroyable.

Et le Parquet (qui n’a jamais le temps de juger les procès-verbaux de l’inspection, trois sur quatre sont classés sans suite par la Parquetière concernée), a trouvé le temps de poursuivre… non pas Guinot mais Gérard Filoche, par un « réquisitoire supplétif » (sic), pour un « délit d’entrave » malgré le fait que le juge d’instruction – après cinq heures d’interrogatoire le 7 mars 2007) y avait renoncé !

Et depuis 2004, la procédure est poursuivie, par les patrons Guinot avec le même avocat M° Varaut qui annonce à la presse que l’inspecteur du travail « va être moins fier que lorsqu’il s’en prend aux employeurs »… Pure visée politique !

Quand l’avocat de Gérard Filoche, Me Tricaud, dépose des conclusions fin 2008, qui font remarquer aux patrons de Guinot que leur prétendu « CE » ne s’est jamais plaint lui-même, et que sa plainte est irrecevable, ils feignent d’organiser une réunion de celui-ci, tenez-vous bien, le 9 mars 2009, 5 ans après les faits, pour qu’il se porte lui-même partie civile. Mais même ça, ça ne réussit pas, car ils ne font pas de convocation, de compte-rendu de ladite réunion (il n’y en a jamais), et c’est cette plainte (que le Parquet ni le DGT n’avaient sans doute pas examinée ?) qui est finalement déclarée « irrecevable » le 3 juillet 2012.

Le même avocat du patron de 2004 à 2009 devenu avocat du CE de 2009 à 2012, est donc battu sur toute la ligne : car le jugement en 1ere instance relaxe Gérard Filoche de tout fait fautif, et le jugement en appel annule la procédure depuis 2009, laissant le DGT et le Parquet à leur honte de 2004 à 2012.

Le DGT Jean-Denis Combrexelle est particulièrement responsable : sans jamais demander à entendre l’inspecteur à ce sujet, il l’a chargé en douce, dans son dos, par une lettre au juge qui devait ne pas être rendue publique…mais qui l’est, et qui, pour des juristes experts en droit du travail est particulièrement scandaleuse.

La salariée concernée dans cette affaire à du subir et engager 12 procédures : elle les a toutes gagnées, 12 sur 12. La Cour d’appel du Tribunal administratif (TA) a donné raison à cette salariée et à l’inspecteur du travail, elle a reconnu qu’il y avait discrimination à son égard et à imposé sa réintégration, de même le Tribunal correctionnel a condamné les patrons de Guinot pour entrave à l exercice du mandat de cette déléguée CGT.

Guinot l’avait accusée (entre autres) de « faux en écriture » au pénal, elle a été blanchie définitivement. Ce prétendu « faux » était censé être un formulaire interne à Guinot, la salariée fut accusée d’avoir « imité » la signature de son chef de service pour un congé ordinaire de 8 jours par ailleurs non contesté. Ledit chef de service, devant l’inspecteur, lors de l’enquête contradictoire du 24 juillet 2004, avait affirmé ne plus se souvenir s’il avait signé ledit formulaire, et ne pas reconnaître si c’était ou non sa signature… Puis quatre ans après, le même chef de service, viré de l’entreprise Guinot, avait avoué au juge qu’il avait bel et bien autorisé le congé… Ce qui fit perdre Guinot bien sûr, malgré l’attestation devenue bidon d’un graphologue ami des patrons. En fait c’était un réel complot, une accusation fabriquée comme certains salauds de patrons sans scrupule peuvent en faire pour virer une déléguée syndicale : cela arrive plus souvent qu’on ne croit. Cela visait la salariée et ensuite l’inspecteur qui refusa de cautionner cette machination !

Finalement Guinot à été contrainte au bout de six ans de proposer une transaction avantageuse à la salariée discriminée, ce qui est une victoire pour les droits des femmes de retour de maternité qui ont de plus en plus de mal à retrouver leur poste ! Cette jeune femme a été extraordinairement courageuse d’avoir tenu bon malgré ce qu’elle a enduré !

Gérard Filoche, lui, jugé une première fois le 6 juillet 2011, à été relaxé le 12 octobre 2011. Il avait exercé donc normalement sa mission comme inspecteur du travail. La Cour d’appel du Tribunal administratif en reconnaissant la « discrimination » qui existait contre la salariée a cassé les décisions de Combrexelle lesquelles avait cassé les décisions de refus d’autorisation de licenciement de Filoche ! C’est une faute professionnelle de Combrexelle sur toute la ligne. C’est jugé et définitif !

On se demande pourquoi les patrons Guinot se sont entêtés. Mais ils ont fait appel de la décision du 12 octobre 2012 de relaxe en faveur de Filoche. C’est donc cet appel qui a eu lieu le 5 juin 2012 et le tribunal, cette fois a tranché en évidence : le 3 juillet, il a jugé définitivement que le CE Guinot n’a pas été “entravé » : sa plainte est déclarée « irrecevable » ! Tout cela était illégitime, une intox, une manipulation.



C’est une victoire par KO. 14 à 0.



Car sur le fond en première instance, comme sur la forme juridique en appel, toute cette procédure Guinot est balayée – à moins qu’ils n’aillent en Cassation !

Il restera à comprendre comment et pourquoi une telle machination si longue a pu être ourdie sans aucun fondement contre l’inspecteur du travail !

Il reste à comprendre pourquoi il n’a pas obtenu le soutien de sa hiérarchie. Y a t il eu complicité de Combrexelle avec les patrons Guinot ? Bien que Combrexelle ait travaillé trois ans Place Vendôme et que Guinot soit juste au coin au n° 1 rue de la Paix. Bien que le DGT rencontre régulièrement le patronat, (il déjeunait selon Liaisons sociales régulièrement avec Denis Gautier-Sauvagnac, l’homme de la caisse noire de 600 millions d’euros de l’UIMM) on n’a pas de preuve de ce qu’il échangeait avec l’UIC (Union des industries chimiques, branche à laquelle appartient Guinot, proche de l’UIMM).

Mais sans être « parano » il faut bien expliquer comment une telle procédure, aussi creuse, aussi vaine, a pu prospérer si longtemps !

Guinot a dû dépenser 300 000 à 400 000 euros dans l’ensemble de ses 12 procès. Mais ils ont gagné 8 ans de non contrôle de l’inspection, de non-fonctionnement du CE, de non-présence d’un syndicat, et ils ont pu continuer de ne pas payer les heures supplémentaires pendant ces 8 ans aux 280 salariés du siège. Il faut savoir qu’ils font faire 41 h payées 35 h et que les salariés, contraints, appellent ces heures des « heures philanthropiques ». En dépensant plusieurs centaines de milliers d’euros à poursuivre une salariée et un inspecteur, Guinot a dû gagner quelques millions d’euros à ne pas respecter le droit du travail chez eux !

Pourquoi ce tracassin professionnel, moral, avec de lourds effets financiers a t il été organisé par la haute administration, sous la droite, contre un inspecteur ?

Pourquoi le parquet (généralement capable de « classer » sans suite 3 PV sur 4 de l’inspection) a t il suivi ?

Pourquoi Guinot s’est-il acharné ?

Pour que ça terrorise toute l’inspection du travail ?

Pour atteindre la personne de Gérard Filoche dans ses missions, dans ses fonctions ?

Pour encourager d’autres patrons a résister ainsi et a systématiquement accuser les inspecteurs qui les contrôlent (car depuis, c’est arrivé pour plusieurs autres affaires moins médiatisées, – dont celle de l’inspecteur Serge Lavabre, à Montpellier le 29 mai 2012) les patrons délinquants pris la main dans le sac, portent plainte… contre les inspecteurs ?

Gérard Filoche est rétabli dans son honneur et il est confirmé pour son respect, son efficacité dans l’exercice de ses missions de service public. Par 14 jugements et 8 ans de procédure coûteuse !

Car la « protection fonctionnelle » que Gérard Filoche avait demandé en le 20 novembre 2008 lui a été refusée le 20 janvier 2009 SANS MOTIF, par « rejet implicite » lâchement, par Combrexelle.

C est aussi une victoire pour toute l’inspection du travail qui était mise en cause derrière cette affaire et qui aurait été éclaboussée, c’est sans doute ce que doivent regretter le plus les patrons Guinot, Me Varaut, l’UIC, et le Medef.

Je remercie avec force et affection toutes celles et tous ceux qui m’ont apporté leur soutien militant et financier tout au long de cette épreuve. Merci aux témoins, amis et camarades. Merci à Me Dominique Tricaud. Merci à ceux qui furent là aux procès des 6 juillet 2011 et 5 juin 2012. Merci aux collègues dont l’appui et la confiance ne se sont jamais relâchés. Merci aux syndicats CGT, Sud, SNU, CFDT, CFTC, FO UNSA de l’inspection. Impossible de répondre aux 42 000 signataires, ni individuellement aux 4000 messages de soutien militant et de solidarité financière inouïe venue de toute la France, de salariés, de syndiqués de partout, de toutes les branches, de tous les syndicats. Impossible hélas, de faire un mot à chacun, mais le cœur y est, ce fut une émotion de découvrir tant de chaleur, tant d’appuis, tant d’amitiés. Merci, merci, merci, cette victoire est due à cette mobilisation fraternelle. Bien à vous, Gérard Filoche



Toutes infos sur sur le site dédié, pétition, soutien financier : http://www.solidarite-filoche.fr <http://www.solidarite-filoche.fr/>

 

PS Les deux dessins sont tirés de :

http://www.solidarite-filoche.fr

 

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 18:07

sarkochambery-une

Des moyens de transports extravagants, des cités en état de siège avec une mobilisation policière démesurée, des visites-Potemkine en coup de vent, des meetings UMP déguisés en réunions thématiques, c’est la pré-campagne à la charge du cochon de payant.

 

Sous le titre « Chaumont et merveilles », Le Canard enchaîné (26/X/11) nous conte un de ces innombrables déplacements provinciaux de celui dont on se demande quand il a le temps de faire président. Il s’agissait d’inaugurer la « pompimobile* » chez le courtisan Chatel, maire de la cité.

 

Comment faire compliqué ?

 

« Comment faire compliqué et très cher pour parcourir les 262 km séparant Paris de Chaumont ( Haute-Marne) ? Sarkozy aurait pu prendre un Falcon et atterrir directement sur l’aérodrome de Chaumont-Semoutiers. Mais il a préféré emprunter son Air Sarko One pour atterrir sur la base militaire de Saint-Dizier, à 75 km de là, puis monter à bord d’un des 2 hélicos spécialement acheminés de Paris pour se rendre à Chaumont, où l’attendait une voiture blindée.

Or, comme la météo était incertaine, une autre voiture blindée l’attendait aussi sur la base de Saint-Dizier, au cas où Sarkozy aurait dû faire le tronçon Saint-Dizier-Chaumont par la route ! Et un gendarme avait été posé à chaque carrefour, sur les 75 km séparant les 2 villes… Pour rien, au bout du compte. »


Dans le genre, l’ado capricieux avait fait plus cocasse encore. Le Canard toujours avait repris le témoignage d’un commandant de gendarmerie, dans la revue des retraités de ce noble corps, L’essor, sur le déplacement du personnage dans la Drôme, le 3 mars 2009. « Nous montons la garde 24h/24 à l'aérodrome de Chabeuil et à la gare TGV. Son altesse ne voulant pas venir en Falcon , il vient en Airbus (plus spacieux et nettement plus "digne" de son rang, du moins le pense-t-il). Seulement, il n'y a pas de rampe pour le faire descendre de l'avion ; ce n'est pas grave, on en fait venir une, vite fait, par convoi exceptionnel depuis Lyon », écrira le gradé qui, dit-il, n’avait jamais vu cela du temps de Mitterrand et Chirac. « Pour ne pas être gêné , l'Empereur aura la voie rapide Valence/ Romans coupée dans les deux sens pendant 30 mn […]   Et si jamais il y avait un contretemps, ce ne serait pas grave : un hélico Puma est tenu à sa disposition avec son hélico Gazelle en appui.... »

Tout cela pour trois heures de visite.

 

Visite à très grande vitesse

 

Car, l’agité passe en coup de vent. Ainsi en 2010 décide-t-il de célébrer le 8 mai à Colmar, accompagné de Fillon. 11 h 40 : atterrissage à l’aéroport de Colmar-Houssen des avions respectifs du président de la République et du Premier ministre ; 12 h 30 : départ du président ; affaire bâclée en moins d’une heure. Pour une visite dans l’Aube, il traînera un peu : 9h50 Pose de l’hélicoptère à Nogent-sur-Seine ; 12h40 Décollage en hélicoptère depuis Barberey ; il est vrai qu’entre temps, il aura visité une usine, un port fluvial et fait un monologue – pardon une table-ronde – à Troyes.

 

Etat de siège

 sarko le peuple

« Comme à chaque déplacement de Sarkozy en province ( 2 par semaines, bientôt 3), la ville avait été transformée en forteresse : rues barrées, flics à chaque carrefour, badauds tenus à distance… » L’état de siège décrit à Chaumont est constant. Le déploiement démesuré de forces de l’ordre aussi.

A Colmar, le 8 mai 2010, les voies concernées par la visite sont bloquées dès 6 h du matin. Le 25 mars 2009, à Saint-Quentin dans l’Aisne, huit compagnies de CRS, deux escadrons de gendarmes mobiles, des démineurs, des membres du GIPN, plus 400 policiers locaux avaient été mobilisés ; le centre-ville paralysé dès 13 h 30 (L’Union).

S’il le faut, on procède en toute illégalité, à des arrestations préventives. Dans l’Allier, Frédéric Le Marrec, un militant du syndicat SUD, sera « invité » à suivre les gendarmes à 9 h 30 et ne repartira de la gendarmerie que quand l’hélico présidentiel sera reparti, à 14 h. Depuis, qu’un préfet de la Manche s’est fait virer après que les échos d’une manifestation avaient troublé un métinge UMP du président (cf Sarko m’a tuer), toute manifestation est illégalement interdite.

 

Visite-Potemkine

 

« La visite de Sarkozy au pied de la montagne de Lure, c’était un peu Disneyland. On a fait redescendre les brebis des cimes où elles sont à l’estive, pour qu’il ait quelque chose à tripoter dans l’exploitation bio d’Arlette Martin, à Noyers-sur-Jabron. D’autres moutons, journalistes équipés de caméras, filmaient, et ça promettait un joli clip promotionnel. Mais à son approche, les biquettes se sont esquivées. » persiffle LibéMarseille du 28/08/10.

Eh oui ! une visite d’élevage ovin sans brebis, ça ferait pas de belles images dans le 13 h de Pernaut.

sarko-saint-nazaire2-groizeleau-juillet-2010

Mais les visites d’usine – 2e lieu de prédilection du sortant – sont toujours un sujet d’étonnement. Ces beaux ouvriers aux tenues de travail juste sorties du pressing, aux casques immaculés, qui écoutent sagement le soliloque du personnage et que l’on devine prêts à chanter « Merci Sarko », sur l’air de « Merci patron » des Charlots, laissent un peu dubitatifs.

Le déplacement dans l’Aube, commençait par une visite à une malterie. Visite qui perturbait deux journées de travail. « Pourquoi deux jours me direz vous ? Et bien, figurez vous que les "volontaires désignés" pour assister à la course élyséenne (on sélectionne les figurants ! ) doivent "répéter" mercredi la visite. J’aimerais bien être là pour voir les gens repérer leur place et s’entrainer aux applaudissements... (J’espère qu’ils ont prévus un bon chauffeur de salle.) » explique un autre persiffleur.

 

Les grands métinges… du pas encore candidat

 

Revenons à Chaumont, « Sarkozys’est ensuite rendu dans le gymnase du lycée Charles-de-Gaulle pour présider une table ronde sur la culture. En présence de 1000 invités, dont nombre de militants UMP, Sarkozy a en fait tenu un long monologue. […] Mais Sarkozy s’est dit heureux, à la fin, d’avoir « partagé ».

Or, pour éviter que Sarkozy ne fasse un petit détour en passant par l’entrée principale afin d’arriver dans ce gymnase, un escalier spécial de ciment, avec rampe, et un chemin goudronné avaient été spécialement construits à son usage exclusif. Sarkozy a ainsi pu rejoindre directement les vestiaires des filles, transformés en loge présidentielle, où il a été coiffé et maquillé ! »

La cour des comptes avait déjà relevé, lors d’un voyage en Haute-Marne, l’aménagement d’une voie d’accès et la location d’un chapiteau !


Le tri sélectif des « invités » aux tables rondes et autres manifestations est partout de mise. Ainsi à Alès « Devant le Cratère, le théâtre national où Nicolas Sarkozy devait s'exprimer, […] seule une foule d'invités se pressait aux entrées du bâtiment. Principalement des sympathisants UMP, en témoignent les applaudissements sans équivoque à son arrivée et les difficultés évoquées par les habitants pour obtenir une invitation. Il faut dire que les deux principaux parkings de la ville, les parkings Gabriel Péri et Gardons, leur étaient réservés, et interdits aux Alésiens et aux journalistes. » (Le Midi Libre)

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A Carcassonne : « Certains étaient arrivés dès 9 h 30 du matin, serrant dans leur main leur carton estampillé "Elysée" {…] Et puis, tout au long de la matinée, sans rien savoir du déroulement de la visite présidentielle (à l'hôpital, puis à Montredon), en ignorant tout des retards, ils ont attendu sagement. Il n'était pas loin de 13 h quand, finalement, les 1 200 invités de la "table ronde" se sont levés pour accueillir le président de la République. Une véritable entrée de meeting, musique en moins, la salle debout (certains hissés sur les chaises, appareil photo ou portable à bout de bras) scandant "Nicolas, Nicolas, Nicolas"… » (L’Indépendant 26/10/11)

Lors d’un déplacement en Franche-Comté, électoral lui-aussi, mais en faveur de Joyandet (un autre adepte des voyages aériens dispendieux) candidat aux régionales, la Présidente de Région, qu’il avait bien fallu inviter à la pseudo table-ronde, avait été huée quand elle avait tenté de prendre la parole, par une « salle apprêtée comme un meeting ».

 

Le témoignage de l’horrible agresseur de Brax (Lot-et-Garonne) est révélateur : « J'ai essayé de passer une première fois par une entrée du village gardée par des gendarmes, qui m'ont refoulé. J'ai trouvé une autre entrée plus loin et, cette fois, c'est le service de sécurité de l'Elysée qui m'a repéré. Ils m'ont dit : « T'as pas de carte UMP, tu rentres pas. » Je m'apprêtais à retourner chez moi quand j'ai aperçu un chemin de terre… » (Le Parisien 11/07/11). Ça se passe comme cela au Sarkozistan.

 

       

« C’est ma tournée »… électorale

 

sarkozy-dans-la-creuseEntrant dans un café creusois, le 12 octobre, Sarkozy clame « C’est ma tournée », mais s’il repart en oubliant de payer, il n’oubliera pas, en revanche, de rappeler la baisse de la TVA à 5,5 % dans la restauration, dont il est l’artisan. Il en a profité pour tacler le PS, qui veut annuler la mesure : « Ne vous souvenez pas de ceux qui vous l’ont obtenue, mais de ceux qui veulent vous la retirer! ». (Sud-ouest)


C’est une constante de ses voyages provinciaux : attaquer le PS. Ainsi en avril à Issoire Il a défendu  son dispositif de suppression des charges sur les heures supplémentaires et reproché au PS de vouloir le supprimer dans son programme. La gauche s'expliquera avec les 5 300 000 salariés qui en ont bénéficié. (Radio-totem).


A Chaumont, il attaque bille en tête : "J'ai vu qu'on demandait une augmentation de 50% du budget de la Culture. Pourquoi pas 100%, 150%? Ca n'a pas de sens. Ce qui a du sens, ce sont les projets, les initiatives", a-t-il affirmé. Autre pique: "l'avenir des jeunes, ce n'est pas des faux emplois mais de nouvelles activités". (L’Express

Et avant de le ressortir devant le duo Calvi-Pernaut, il s’était déjà exclamé, à propos du projet de F. Hollande de (re)créer 60 000 emplois dans l’Education Nationale : « Mais où va-t-on trouver l’argent ? C’est l’argent des Français. »


L’argent des Français

 

En attendant, l’argent des Français finance sa campagne électorale.

La cour des comptes notait dans son rapport, « à titre d’exemple, un voyage en Haute-Marne qui [a duré] du début de la matinée au début de l’après-midi, [qui] aura, en coût complet, représenté une dépense de 284 614,65 €, dont 121 289,60 € pour l’aménagement d’une voie d’accès et la location d’un chapiteau ; [un] déplacement en Dordogne a représenté une charge de 129 544,29 €. »  Et le ministère de l’intérieur refuse de communiquer le coût du déplacement des CRS et/ou des gendarmes mobiles mobilisés à chaque occasion. René Dosière, député, tente en vain d’avoir un chiffrage. Et ce coût n’est pas seulement financier, mais il se paye aussi en récupérations diverses, donc en missions supplémentaires non effectuées.


Comme le souligne à nouveau, Le Canard, pourquoi se gêner. Crise ou pas, il maintient un rythme de 2 voyages hebdomadaires. Si l’écho dans les médias nationaux est réduit, FR3 et la presse régionale sont aux rendez-vous. Les comptes de campagne sont ouverts depuis le 1er Juillet, et le candidat du PS a déjà son compteur qui tourne.


Mais le sortant, lui, n’est pas pressé de se déclarer, puisque pour le moment il bat la campagne aux frais de la République, en attendant que ses amis du 1er cercle crachent au bassinet.

 

 

* La « pompimobile » est un micro-musée à roulettes, blindé comme une papamobile qui apporte la culture – des œuvres du centre Pompidou – aux populations incultes de nos provinces.

 

Pour compléter

Sarkozy canard non candidat

En complément, un témoignage sur une visite de Sarko à Pamiers en Ariège : "Quand sarko se balade en France..."

Attention, il faut descendre dans la note, c'est après la blague, un problème dentaire et une recette de curry au porc

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 13:41

00 Bruno-Masure-un-mort-bien-vivant image article paysage nComment résister à citer Bruno Masure, l’ex-homme-tronc de la télé, qui, de passage en Belgique, passe en revue ses successeurs à la présentation des journaux télévisés ? La « Dernière Heure » le recevait pour son livre Journal d’une curée de campagne (Éd. Chiflet&Cie), où il se glisse dans la peau (ou plutôt la tête) de Sarkozy et signe le vrai-faux journal du président français. Mais, finalement, il est assez indulgent (notamment avec Ferrari, championne des cuirs et bafouillages).

 

00-PernautJean-Pierre Pernaut : “C’est la honte de la profession. Il est tout sauf un journaliste. Je donne parfois des conférences et j’explique que pour faire un vrai JT, il suffit de faire exactement l’inverse de Pernaut et ça sera à peu près correct. Il ne traite absolument pas l’info.”


00 FerrariLaurence Ferrari : Je ne suis pas fan. Elle gagne très bien sa vie. Mais le rapport qualité/prix n’y est pas. Je la trouve transparente.”


00 PujadasDavid Pujadas : “Je trouve qu’il fait un peu trop de place à mon goût au fait divers sordide. On sent qu’il y a une course aux téléspectateurs. Mais il fait un JT correct.”


00_marie_drucker_reference.jpgMarie Drucker : “Elle est un peu trop sérieuse. Elle se la pète comme on dit, même si les gens qui la connaissent disent qu’elle peut être une déconneuse. Mais sur le plan journalistique, c’est très propre. Il n’y a rien à redire.”


00 ChazalClaire Chazal : “Je la préfère largement à Ferrari. Claire Chazal a un passé de journaliste économique. Là où j’ai le sentiment que Ferrari ne comprend pas toujours de quoi elle parle, ce n’est pas le cas avec Chazal, même si son interview de DSK était très mauvaise.”


00 Laurent-DelahousseLaurent Delahousse : “J’aime beaucoup. C’est mon préféré. Il fait des efforts pour renouveler le JT, avec de nouvelles séquences.”

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 17:21

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Prudemment j’avais acheté L’Equipe et emporté le Hessel-Morin (« Le chemin de l’espérance » Fayard) pour prendre ma place d’assesseur au bureau de vote de la primaire citoyenne à Luçon, « l’évêché crotté » du Bas-Poitou, comme disait son plus célèbre évêque, Richelieu. Crotté, il l’est resté vu le nombre de déjections canines sur les trottoirs. Eh bien pas eu le temps d’entrouvrir l’Equipe et encore moins de lire Hessel-Morin : les citoyens et citoyennes ont voté sans discontinuer.


Cette primaire m’avait obligé à renouer avec la distribution de tracts sur la voie publique, la veille, au marché. Juste un petit papier précisant le lieu du vote. Bon accueil général. Peu de réactions hostiles. Quelques refus pincés et trois remarques désobligeantes, auxquelles je n’ai évidemment pas manqué de riposter, mais l’échange a tourné court. Réactions d’un bord difficile à cerner. A priori, j’y voyais de la droite extrême (nous sommes en Vendée ex-fief de P. de Villiers), mais le plus virulent a évoqué Marchais…


Ce matin donc dès 9 heures, un défilé quasi ininterrompu de citoyen-ne-s, déposant leur obole, s’engageant sur des valeurs de gauche, puis faisant leur choix et déposant leur bulletin dans l’urne, beaucoup laissant aussi leurs coordonnées avec le stylo magique, pardon électronique, après avoir été clairement averti que c’était tout-à-fait facultatif.


primaire2Cette démarche inédite – toutes ces personnes peuvent se dire qu’elles ont participé aux premières primaires en France – a été attaquée, vilipendée, caricaturée. Bien malin aurait été celui qui aurait parié sur un tel succès. Rien ne disait qu’à part des sympathisants connus, des hommes et femmes de gauche  dans le secret de l’isoloir des élections générales, s’afficheraient publiquement comme tels.  Surtout dans une ville d’à peine 10 000 habitants. Demain, avec tel et telle voisin et voisine les salutations habituelles auront un autre sens. Et ce Monsieur d’allure renfrognée que je croise quasi journellement, je suis presque sûr qu’il répondra à mon salut.


Demain – ce soir même peut-être – il y aura le chœur habituel des pisse-vinaigre pour clamer tout le mal qu’il faut penser de ces primaires. Dans les sites que je fréquente, il est probable qu’un Forum d’Arrêt sur images accueillera les propos fielleux des habituels détenteurs de la vraie croix, pardon de la « vraie gauche », les mélenchonnistes plus virulents à l’encontre du PS que contre Sarkozy ; le + du Nel Obs donnera à lire son lot habituel de pseudos articles critiques (hier, l’un des rédacteurs attitrés balançait un papier sur « pourquoi je ne voterai pas aux primaires ») ; le Post aura son troupeau de trolleurs UMPistes d’autant plus déchaînés qu’ils ne pourront crier à l’échec…


Preuve aura été faite qu’il faut faire confiance à la citoyenneté, que la désignation d’un candidat n’est pas obligatoirement chasse gardée des encartés voire des seuls appareils.

 


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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 11:26

Ce deblog-notes est une bonne invention. Il permet à d’obscurs plumitifs d’intervenir à côté de beaux esprits. Je ne m’en prive donc pas. Le numéro intitulé « Sénatoriales/Primaire citoyenne » a démangé mon clavier. Grattons !

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D’abord un retour sur les sénatoriales. Les tremblements du président Larcher, alias Gros Gégé, devant ses deux micros au soir de la raclée, consolent de bien des crapuleries de l’UMP. Voir la satisfaction de Copé à peine masquée devant la débâcle justifie l’expression « Cache ta joie ! ». Assister à la lamentable prestation du conseiller spécial aux conseils, le pathogène Henri Guaino, mangeant son chapeau chez Yves Calvi lundi 26 dans « Mots croisés », devant un Edwy Plenel déchainé par les « affaires », vaut tous les anxiolytiques. Quant à l’application mécanique des élections précédentes concédée par les Uhèmepistes les moins stupides, elle ne peut cacher les fractures de leur organisation, qu’Isabelle Balkany et Pierre Charon illustrent à leur façon. Ne boudons donc pas notre plaisir…

 

Times are a-changin’ (Bob Dylan)

 

Certaines analyses de ce réjouissant numéro valent pourtant d’être nuancées. Si le grand électeur reste en effet plus rural qu’urbain, la différence entre rat des champs et cousin des villes s’estompe. D’abord parce que la « rurbanité » est là, que la campagne n’est plus seulement peuplée d’agriculteurs, et que la réforme catastrophique des collectivités territoriales frappe tout le monde. On peut être « modéré » et vouloir garder son département. Quant aux « sans étiquette », ils veulent tout simplement ne pas se fâcher avec leurs voisins dans les communes où le panachage est permis aux municipales.


Un mot sur le scrutin sénatorial jugé « archaïque »*. Le suffrage universel direct, majoritaire à deux tours, est-il si « moderne » à côté d’une représentation proportionnelle, la seule à protéger du bipartisme sans nuances ? Et le constitutionnaliste Guy Carcassonne avance un argument fort : si les deux chambres étaient élues comme l’Assemblée nationale, elles auraient la même légitimité et le bicamérisme serait ingouvernable.

 

Sous le patronage de Charles Pasqua

 

Passons aux commentaires vifs de Jean-François Launay sur les propos du « frontdegauchiste » qui soutient les « profs à poil » et attaque les « primaires citoyennes » du PS. Étant moi-même « frontdegauchiste », je suis d’autant plus consterné devant les bêtises de mon camarade d’isoloir. Évidemment, personne ne doit s’engager à voter quoi ou qui que ce soit, Constitution oblige. Quant à l’engagement de se « reconnaître dans les valeurs de la Gauche et de la République », il n’est pas opposable aux tiers et l’expert en promesses qui n’engagent que ceux qui les croient, nommé Charles Pasqua, en ferait un bon mot.

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Les primaires du PS sont intéressantes et facultatives. Intéressantes au vu du premier débat télévisé où, mis à part le roi du cassoulet de gauche, les cinq autres tenaient la route, avec un Arnaud Montebourg novateur, et des échanges avec assaisonnement mais sans boîte à gifles.

 

Le club des petits bras

 

Facultatives, bien sûr, mais plutôt faciles à utiliser. Les minables obstructions des maires de droite refusant des bureaux de vote rejoignent l’argument du mélenchoniste acariâtre sur le « numéro surtaxé pour trouver son bureau de vote ». Le seul point positif est que les soutiens du Front de Gauche ont le droit de jouer petit bras, les rapprochant ainsi des socialistes qui considèrent Moody’s et Standard & Poor’s comme des oracles progressistes. Les sociaux-démocrates effrayés par la taxation du capital et les vieux staliniens obsédés par le fantôme de Guy Mollet ont au moins un point commun : un sens critique proche de la réflexion du bulot en rut.


Pour ne pas paraître totalement jobard, j’ajouterai que l’image de la grande  consultation démocratique ouverte à tous est un peu jaunie par les moyens impartis à chacun pour mener campagne, entre autres la capacité de se payer des sondages qui, comme en 2006-2007, vont déterminer le choix du candidat. Même si Martine Aubry est supposée tenir le parti, donc la caisse, on sait que François Hollande est beaucoup mieux considéré par les milieux économiques et financiers. Après tout, il n’a pas touché aux 35 heures… Il touche donc les dividendes de son inaction, comme dit la mère de ses enfants.

 

Gilbert Dubant

 

 

 

*  Le système actuel des "grands électeurs", bizarrement baptisé "suffrage universel indirect", qui donne 70 % des électeurs pour une moitié de la population et donc 30 % à l'autre moitié, est pour le moins baroque. Le scrutin majoritaire à deux tours offre, jusqu'à présent, l'avantage de dégager des majorités à l'Assempblée nationale. Il me semble qu'A. Montebourg propose de faire élire le Sénat à la proportionnelle. Le suffrage serait vraiment universel. Pour garder l'aspect "territoire", cela pourrait se faire sur la base régionale, et on assurerait, outre la représentation de toutes les familles politiques, une quasi parité.(JFL)

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 17:36

0_senat.jpgNe boudons pas notre plaisir, certes ce n’est pas encore le matin du « Grand soir », certes l’art de la combinazione peut réserver de mauvaises surprises dans un vote à bulletins secrets, certes, certes… Mais qu’une majorité de gauche, avec le mode de scrutin archaïque des sénatoriales, arrive enfin au Sénat, pour la 1ère fois depuis 1958, faisant sauter un frein en cas de victoire de la gauche de gouvernement en 2012, est réjouissant.


Et contrairement aux éléments de langage répétés à l’envie par la droite – une victoire absolument prévisible disent maintenant les UMPistes après les municipales, cantonales et régionales – ce n’était pas gagné d’avance. Car le grand électeur est proportionnellement beaucoup plus rural qu’urbain. Ainsi une commune de 99 habitants ou moins a 1 représentant, une ville de 20000 habitants en a 33 (le conseil municipal) : le rural pèse là au moins 6 fois plus que l’urbain et c’est pire encore pour les grandes villes. Et l’élu de la verte campagne fait le plus souvent partie des sans étiquettes, dans lesquels la partage entre droite et gauche est au mieux équivalent à la proportion de gauchers et de droitiers dans la population. La poussée de la gauche aux municipales ne garantissait pas des bataillons suffisants de grands électeurs : la Mayenne où la gauche a conquis Laval garde ses sénateurs de droite. Le Morbihan est une énorme surprise qui montre le ras-le-bol d’élus dits modérés.


Quel rapport avec la primaire socialiste ? Aucun de très évident si ce n’est que cette victoire de la gauche a suscité des commentaires au mieux ironiques des détenteurs autoproclamés de la vraie gauche. Ainsi, dans Arrêt sur images où le prolo ne doit pas proliférer, lit-on dans un commentaire, à propos de la victoire de la gauche : « Une certaine gauche, dirons-nous. Maintenant, on va vraiment voir ce qu'ils vont faire, soit bloquer de façon radicale toutes les merdres balancées par ce gouvernement, soit naviguer, procrastiner, tergiverser, s'accommoder de lois et projets liberticides, socialicides (oui, bon...), économicides (hein ?), etc. » Il ignore que le Sénat n’a pas pouvoir de « bloquer ». Et ce n’est pas le pire, dans ce style.


Primaire citoyenne : un pari démocratique.

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Ce qui m’amène à ce que j’ai découvert sur un blog d’un collègue « honoraire », certes frontdegauchiste, mais aux propos jusqu’à présent mesurés. Il est vrai qu’il venait déjà de me surprendre en appelant à signer le manifeste des profs à poil et qu’il avait assez mal pris ma réponse (que j’ai développée sur le deblog-notes).


Il attaque donc ces primaires où le PS « en appelle à l’ensemble de la population pour résoudre les problèmes qu’ils n’ont pas réussi à évacuer en congrès (?). » Puis il enchaîne dans le style « Je ne l’ai pas lu, je ne l’ai pas vu, mais j’en ai entendu causer ». Là c’est « si j’en crois ce que j’ai entendu. » Et il enchaîne : « Les électeurs (PAYANTS !!!) devront signer un engagement à voter pour le candidat choisi par l’ensemble des participants au deuxième tour de la présidentielle. Et c’est bien ce qui m’interdit de participer à cette mise en scène, car si au deuxième tour  le choix est entre BAYLET et MELENCHON, je voterai (GRATUITEMENT) pour le candidat que je soutiens déjà depuis plusieurs mois. » Mais peut-être est-ce du 2éme degré, l’hypothèse du 2e tour le laisse fortement à penser.


Or donc, profitons en pour rectifier quelques menues erreurs : les citoyennes et citoyens qui participeront volontairement à cette primaire inédite devront s’acquitter d’un (1) euro (ils peuvent donner plus s’ils le veulent : mais il est peu probable que Mme Bettencourt verse 7500 € à un bureau de vote de la primaire citoyenne). Ils doivent aussi signer ce terrible engagement : « Je me reconnais dans les valeurs de la Gauche et de la République, dans le projet d’une société de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire. »


Le réquisitoire continue : « le PS a mis en place un numéro surtaxé pour trouver son bureau de vote : il faut vraiment avoir envie de payer pour s’exprimer. »Or pour savoir où voter, il suffit de consulter le site (on tape le code postal… et pis c’est tout). Ce ne sont donc pas les problèmes financiers qui empêcheront les citoyennes et citoyens qui le désirent de voter. En revanche, les petites mesquineries de certaines municipalités UMPistes sont une gêne plus grande. Ainsi à Luçon, sud Vendée, le maire (secrétaire départemental de l’UMP), au lieu d’accorder la salle des fêtes qui a pignon sur rue et qui est un bureau de vote traditionnel, a concédé une salle (Obalsky) dans un bâtiment caché par une belle haie, dans un recoin du jardin public. Autre difficulté, l’impossibilité matérielle d’installer des bureaux de vote partout obligera les citoyen-ne-s des petites communes à se déplacer à la ville-centre.


C’est une opération casse-gueule. Si l’affluence n’est pas au rendez-vous on devine déjà les commentaires convergents de la droite et de la gauche de la gauche. On peut y préférer la méthode plus classique : un parti, un-e chef-taine, donc un-e candidat-e. Mais, le PS et ses alliés Radicaux de gauche ont décidé de faire un pari démocratique un peu fou : ne pas confiner le choix à des discussions d’appareil ou au vote des seuls adhérents, mais inviter tous ceux qui le veulent à y participer. 

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 07:21

12 lionnel-lucaRappelez-vous, au début de l’été, la cathosphère, mitres en tête, partait à l’assaut de la diabolique théorie du genre (gender studies). Mauvais genre qui se pointait dans les manuels de SVT de 1ère L et ES.

 «À l'Assemblée, on sait qu'il y a les lobbys religieux qui agissent» dit Olivier Dussopt, député PS.

 

On l’a constaté, la droite populiste UMP, appuyée par les deux députés villiéristes, a relayé les évêques pour crosser le programme de SVT et les manuels sulfureux.

12 cope Copé, pour qui tout ce qui fait clivage est pain bénit, a repris à son compte la controverse :

« Ce qui est profondément choquant dans cette affaire, c'est que la théorie du genre, qui est une théorie défendue par des personnes mais combattue par d'autres, soit présentée comme une vérité scientifique alors que ça ne l'est pas », a affirmé Jean-François Copé, dont on ne connaissait pas la compétence épistémologique. « C'est comme si on présentait dans les manuels d'économie la théorie marxiste [horresco referens] comme une vérité scientifique», a-t-il ajouté. « Cela justifie que des députés s'en émeuvent et je pense qu'ils ont raison et il serait absolument inacceptable que l'on fasse des procès d'intention d'homophobie ou autres, ce qui n'est absolument pas le cas, à des parlementaires qui s'interrogent »

Et ce n’est pas Lionnel Luca qui le contredira : « Ce qui est grave, c’est que cette théorie, sous couvert de reconnaître différentes identités sexuelles, veut légitimer à terme la pédophilie, voire la zoophilie… »

 

Dans l’outrance et l’ignorance, Luca n’a pas son égal (quoique Vanneste, Myard…).

 

L’insistance sur le mot « théorie » que l’on trouvait déjà dans la cathosphère est a priori étonnante. Copé mettrait-il en doute la théorie de la relativité générale d’Einstein ? Ignorerait-il qu’en mathématiques, en sciences, les théories, c’est-à-dire un ensemble de lois formant un système cohérent et rendant compte d’un ensemble de faits, sont des outils indispensables ? Mais non, nos compères lui donnent un sens péjoratif, qualifiant ainsi ces gender studies de spéculations contestables.

 

Mais, comme le rappelle Erwan Desplanques (Télérama 07/09/11) « Le nouveau cours de SVT ne propose pas non plus de choisir son sexe à la carte. Ni n'encourage l'homosexualité, comme le redoutent quelques associations catholiques. Il distingue juste l'identité biologique (naturelle) de l'identité sexuelle (en partie liée à notre culture) et de l'orientation sexuelle (qui relève de la sphère privée). Il invite enfin à se méfier des « stéréotypes » qui collent à la peau des hommes et des femmes. »

12 PPicq Il ne s’agit donc pas d’affirmer cette totale absurdité qu’il n’y a pas de sexe biologique. Il est déterminé par les fameux chromosomes XX et XY (un pourcentage infime de personnes naissent avec diverses formes d’indéterminations sexuelles). « Par-delà le sexe (biologique), il y a la sexualité, c'est-à-dire la diversité et la plasticité des comportements qui amènent des individus à avoir des relations sexuelles. » écrit Pascal Picq dans Le Monde 04/09/11 :  article assez ambigu, au demeurant, puisqu’il prête « à une partie des sciences humaines » « un antibiologisme » qui lui ferait nier la différenciation sexuelle, alors que ce sont les contempteurs des gender studies qui les accusent de nier cette différenciation.

 

12 CVidal C’est une neurobiologiste, Catherine Vidal, qui nous explique très clairement que pour « les fonctions supérieures du cerveau - les fonctions cognitives comme l’attention, la mémoire, le raisonnement - c'est la diversité cérébrale qui règne indépendamment du sexe. » «  Cette variabilité s’explique par les extraordinaires propriétés de "plasticité" du cerveau, c'est-à-dire sa capacité à se modifier en permanence en fonction de l'apprentissage et l'expérience vécue. A la naissance seuls 10% de nos 100 milliards de neurones sont connectés entre eux. Les 90% des connexions restantes vont se construire progressivement au gré des influences de la famille, de l'éducation, de la culture, de la société. »

Elle ajoute : « A la naissance, le bébé humain ne connaît pas son sexe. Il va certes apprendre très tôt à distinguer le masculin du féminin, mais ce n'est qu'à partir de deux ans qu'il devient capable de s'identifier à un des deux sexes. Or bien avant l'âge de deux ans, il évolue dans un environnement sexué […] Cette influence de l’entourage, qui est ensuite renforcée par l’école et la société, contribue à forger progressivement l’identité sexuée avec les stéréotypes qui y sont associés. »

 

Tout cela, on en conviendra, est trop compliqué pour nos 80 parlementaires qui se croient populaires et même pour Copé. Pensez : distinguer sexe, sexualité, genre ! Retour aux fondamentaux, quand, comme le rappelle Eric Fassin, sur le PACS on entendait éructer « Les pédés au bûcher » (comme jeanne d’Arc ?) ou, style Luca, « Les homosexuels d’aujourd’hui sont les pédophiles de demain ».

 

 

En complément, une tribune "Défendons les études de genre à l'école" Le Monde 16/09/11

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