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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 09:59

A chaque saison de foot, il y a toujours quelques joueurs qui arrivent à marquer contre leur camp. Mais les malheureux ne le font pas volontairement (sauf peut-être du temps où Tapie achetait des joueurs adverses pour faire gagner l'OM).

Au lendemain d'un congrès où des retouches constitutionnelles n'ont été adoptées que grâce à Jack Lang, quatre députés (que nous ne qualifierons pas comme les quatre généraux d'une célèbre chanson des Républicains espagnols) jouent sciemment contre leur camp*.

La forme même - une tribune dans un organe de presse - est, pour le militant de base qui cotise au PS, choquante. Je sais, je suis d'un archaïsme indécrottable qui persiste à penser qu'on débat en interne, sans donner des os à ronger aux pitbulls de la majorité, par ces prises de position publiques tonitruantes. Décidément les éléphanteaux méprisent encore plus l'adhérent de base que les éléphants qu'ils vilenpident.

Or donc, le parti auxquels ils appartiennent, leur groupe parlementaire auraient cru à tort que la majorité des trois cinquièmes pouvaient ne pas être atteinte. Erreur grossière... qui s'est jouée à une voix, voix d'un député socialiste qui ne doit de l'être que grâce à un parachutage doré de la part de son parti. A cela s'ajoute une autre erreur, celle, rendez-vous compte, de poser « des conditions, notamment sur le Sénat, qu'il savait impossible à satisfaire par le gouvernement et la majorité »**. Mais le principe de contradiction n'étant pas apparemment acquis, cela n'empêche pas nos mousquetaires d'écrire un peu plus loin le contraire : « En suivant la majorité sénatoriale dans sa volonté choquante d'empêcher toute évolution du mode de désignation du Sénat, la droite a bloqué, sur un point qu'elle savait essentiel, toute possibilité de discussion avec l'opposition. Elle a privilégié sa cohésion au détriment de la recherche d'un compromis. »

Ignorant les pressions assez scandaleuses dont ont été victimes des parlementaires de droite de la part de l'Élysée ou de l'UMP*** (une élue MPF a dit clairement dans Ouest-France que promesses et menaces avaient été maniées à son encontre, à un autre député on a agité la menace d'un redécoupage de circonscriptions défavorable, ce qui laisse bien augurer du charcutage électoral qui se prépare), la bande des quatre affirme que c'est la politisation (sic) du débat par le PS qui aurait ressoudé la droite !

 

Que François Mitterrand, pendant quatorze ans (dont il faudrait soustraire la cohabitation) se soit accommodé d'une constitution, qu'il avait pourtant condamnée sévèrement, est indéniable. Mais eût-il voulu la modifier, qu'il n'aurait jamais eu de majorité des trois cinquièmes avec un Sénat majoritairement et structurellement à droite et une opposition de droite sans états d'âme dans l'anti-union de la gauche viscérale. Quant à la voie référendaire, sur une question institutionnelle, c'est totalement casse gueule.

  « Plutôt que de se réfugier dans une attitude négative et stérile, il valait mieux se mettre en disposition de les discuter sérieusement afin d'aboutir à un compromis. » Affirmation un petit peu osée, quand tous ont pu constater qu'après que la majorité a non seulement refusé toute avancée, mais même rogné des propositions de la commission Balladur (49.3, par exemple), Sarkozy, dans les mêmes colonnes du Monde a feint de condescendre à donner quelques miettes de concession alors que le texte était bouclé.  Affirmation d'autant plus cocasse qu'au paragraphe suivant, les quatre déplorent que la droite « a privilégié sa cohésion au détriment de la recherche d'un compromis. »

Le clou est bien sûr cet anti-sarkozysme pavlovien ! Ce qui décrébilise ce parti, c'est justement ce type d'affirmation, ce qui décrébilise le PS, c'est cet étalage indécent de dissensions internes ! Ce qui décrébilise le PS c'est  de ne pas jouer son rôle d'opposition. Il faut que ce soit un Bayrou, qui pourtant avait essuyé comme ministre de l'éducation nationale la dernière grande manifestation laïque, qui condamne nettement les propos du chanoine de Latran. Est-ce faire preuve d'anti-sarkozysme pavlovien que de dénoncer les mœurs claniques de sa clique, l'agitation vibrionesque de celui qui « fait président », l'échec patent et les dangers de sa politique sécuritaire, sans parler de l'attentat contre l'audio-visuel public (au profit des ses amis du privé), une politique étrangère qui aboutit à l'humiliation de la France par Kadhafi puis par l'ambassadeur de Chine, etc.

Certes les Français n'attendent pas seulement que l'on condamne une politique qu'ils sont de plus en plus nombreux à dénoncer, mais ils demandent que l'opposition fasse son boulot qui est d'abord celui-là.

 

Pour tout dire, une opposition qui s'oppose !

 

* « Occasion manquée pour le Parti Socialiste » Les députés Christophe Caresche (PS, Paris), Jean-Marie Le Guen (PS, Paris), Gaëtan Gorce (PS, Nièvre), Manuel Valls (PS, Essonne). Le Monde 22/07/08

** A noter que la commission Balladur proposait pour le Sénat une représentation des collectivités territoriales en fonction de leur population (ce qui en bonne démocratie devrait aller de soi).

*** A la soupe : ça n'a pas tardé, le sénateur UMP, Alain Lambert, qui a viré du non au oui le lundi, vient d'être nommé au conseil de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations.

 

Pour compléter :

Des socialistes civilisés se répandent pour demander que cesse "l'antisarkozysme pavlovien". Il faudrait que l'opposition cesse de s'opposer. Il faudrait qu'elle salue comme elles le méritent les heureuses initiatives présidentielles, injustement décriées. Ils sont partout. On n'entend qu'eux. La jeune garde socialiste antipavlovienne squatte les colonnes du Monde et le micro de France Inter. Qu'ils parlent, et les caméras frétillent. On le comprend. Pourquoi donner la parole aux 99% de tristes pavloviens que compte le Parti Socialiste, quand 1% antipavlovisent si talentueusement ?

Un aspect trop méconnu des expériences de Ivan Petrovitch Pavlov sur son chien, est le rôle qu'y jouait la nourriture. Pavlov faisait saliver son chien, en faisant tinter une sonnette avant de lui apporter sa nourriture. Au bout d'un moment, la sonnette seule suffit à le faire saliver. C'est ce que l'on appelle "le réflexe pavlovien".

On voit donc l'importance dans le phénomène du pavlovisme, de la salive, et de la soupe.  Allez savoir pourquoi, cela nous ramène à l'actualité. Au premier rang des antipavloviens, se dresse Sa Cohérence Jack Lang,  véritable Rin Tin Tin de l'antipavlovisme, comme l'ont montré les dernières semaines. On l'a entendu  en rafale défendre Sarkozy injustement mis en cause par Royal dans la libération de Bétancourt, s'émerveiller  au milieu des petits fours de la garden party de l'Elysée du succès du Sommet pour la Mediterranée, ou assurer le vote de la réforme constitutionnelle.  De quoi faire naitre une certaine perplexité. On se gardera bien de traiter un ancien ministre de cabot, de toutou ou de chien de garde. Mais entre l'antisarkozysme pavlovien et le sarkozysme pavlovien, la distance est parfois mince. Il faudrait demander à une commission d'experts  indépendants, ou  à quelque tribunal arbitral irréprochable, de se pencher sur le sujet.

Arrêt sur images

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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 20:05

Rappelez-vous, c'était sur la « Grande Muraille », Ségolène Royal - en blanc, couleur de deuil pour le chinois, nous disaient doctement les sinologues, comme si nous ne portions jamais du noir en dehors des enterrements  - parlait de « bravitude » ! Presqu'au même moment, Sarkozy, Ministre de l'Intérieur, candidat, déclarait au Mont-Saint-Michel : «Il y a quelques années, François Mitterrand, dans une réplique superbe, avait dit : "Vous n'avez pas le monopole du cœur."  Libé, très indulgent de commenter cette bêtise « Rien de bien terrible, certes ». Un néologisme hardi d'un côté, le témoignage d'une inquiétante inculture politique de l'autre, c'est évidemment sur le néologisme que les médias ont lourdement ironisé !  

 

Le jeudi 10 juillet, Libé titrait sur « La Gaffitude »  de Mme Royal.

Cherchez bien, si vous trouvez la une du Figaro sur les gaffes de Sarkozy faites signe. Il a pu, sans que ce soit relevé parler d'un plaquiste au chômage refusant 60 offres d'emploi, de dockers de Barcelone ou d'ailleurs travaillant 4000 h par an, il écorche la langue française avec constance (confondant parler populaire avec vulgaire) maniant le néologisme avec moins de talent que son ex-concurrente en parlant d'héritation pour héritage. S'il n'y avait pas Le Canard Enchaîné, dans les médias traditionnels, ça passerait inaperçu. Et ce n'est que grâce à Internet que « Casse-toi, pauvr' con ! » a dû être repris par télés et presse.

Non, il fallait que le seul quotidien de gauche qui nous reste titre sur la gaffitude de Ségolène Royal.

 

Ayant commis une « Lettre ouverte à Jack Lang »* qui, quand déjà S. Royal s'était fait agresser par les pitbulls de Sarko après un entretien avec des journalistes au moment de la libération d'Ingrid Betancourt**, en avait ajouté une louche, sans même se préoccuper de ce qu'avait dit sa camarade, j'ai reçu un mot d'un député « c'est en direct, sans coupure, que trois jours plus tard nous avons entendu Ségolène commencer à délirer sur son cambriolage... J'ai eu des frissons... car je me suis demandé si elle n'était pas complétement tombée dans la paranoïa profonde... Je me demande comment tout cela va se terminer ». Voilà donc la gaffitude suprême qui lui a valu un déchaînement de haine des pitbulls.

 

Libé dans une subtile analyse (bien analysée par Arrêt sur images »), titrait « L'opposante favorite de l'UMP » : si Estrosi, dit bac-5, la traite de bigorneau, si Lefebvre, bave aux babines, se déchaîne contre elle, c'est, bien sûr, pour valoriser cette opposante favorite de notre Ouf 1er. Et n'oublions pas Fillon, le larbin souffre-douleur, qui, sans doute pour faire oublier qu'il s'était drôlement pris les pieds dans le tapis au Québec (sans grands échos médiatiques), ose la traiter de « petite fille ».

 

Toujours est-il que la gaffitude a fait bouger les choses.

La police, qui avait clos l'enquête infructueuse pour un premier cambriolage en 2006, rouvre le dossier pour découvrir que des empreintes digitales correspondaient à une voleuse yougoslave. Ètonnant, non ? L'information sur cette identification vient non pas du Ministère de l'intérieur, mais de Claude Guéant, secrétaire général de l'Èlysée (au lendemain des déclarations de Royal). J. P. Mignard, avocat de S. Royal, a beau jeu d'ironiser sur cette suspecte providentielle, présentée comme voleuse, qui n'a rien volé et qui aurait donc ce soir-là exercé son activité habituelle à titre bénévole, mue par la seule curiosité.

Délire, paranoïa ? Comme le dit finement Joffrin, directeur de Libé, des millions de français ont été cambriolés et ne mettent pas en cause Sarkozy, sauf qu'ils n'ont pas été candidats contre Sarko et qu'en général on les a cambriolés pour leur piquer quelque chose.

 

Pour preuve de la bonne foi sarkozyenne, Libé encore, je crois, cite tout le mal qu'il a pu dire des officines et son engagement de ne pas y avoir recours. Il s'était aussi engagé à être le Président du pouvoir d'achat et à défendre les droits de l'homme dans le monde !

 

* 09/07/08 Lettre ouverte à M. Jack Lang

Cher camarade,

Puis-je dire mon étonnement et ma réprobation, quand je t’ai entendu condamner Ségolène Royal, pour une phrase que, comme d’habitude, de pseudos journalistes – de ceux qui s’esclaffent aux saillies médiocres de celui qui, comme il dit, « fait président » - avaient ôté de son contexte et qui, de toutes façons, ne disait rien d’autre que ce que Claude Guéant avait admis. Les autorités françaises ne furent pour rien du tout dans l’action qui a libéré Ingrid Betancourt ! Elles ne furent d’ailleurs mises au courant que par une dépêche d’agence. Dire cela est-ce scandaleux ?

Que les pitbulls de Sarkozy, Lefebvre, Estrosi, Guaino, etc. se livrent à de basses  attaques contre celle qui fut – ai-je besoin de le rappeler ? – la candidate de gauche face à Sarkozy, c’est indigne mais c’est au diapason de leur patron. Mais que le réflexe premier d’un membre du même parti que celle qui est ainsi agressée ne  soit pas, a priori, de la défendre heurte ma conception, sans doute vieillotte,  de ce que doit être un parti.

Il est vrai que cette conception est bien dépassée. Alors que la discipline de vote – nul n’est obligé d’adhérer à un parti et encore moins de se présenter aux élections sous telle ou telle étiquette, cette discipline est donc bien librement consentie – est essentielle, surtout quand on est dans l’opposition, on a encore vu, il y a quelque temps, une dizaine de parlementaires se prononcer dans la presse pour la réforme constitutionnelle de Sarkozy, affaiblissant immanquablement la capacité de négocier du groupe. (Il est vrai, que l’on avait vu pire, avec des personnes faisant fi d’un vote clairement majoritaire des adhérents du PS et cela en toute impunité).

Oui, je le confesse, j’en suis resté à une vision totalement rétrograde de la vie d’un Parti qui demanderait aux élus un minimum de respect des votes des militants, de la discipline d’un groupe, etc.

Je te prie donc d’excuser cette bouffée d’archaïsme et je n’oserais conclure sur mes craintes que le futur congrès voit la victoire d’une coalition hétéroclite cimentée uniquement par le « sus à Royal ».

Socialistement,

 

** "Elle dit son admiration pour «le courage physique» et «la force» de Betancourt. Elle parle d'une «lumière» que porte en elle l'otage libérée, d'un «message d'amour qui déplace les montagnes». Pour Royal, Ingrid Betancourt «a tenu parce qu'elle a senti que des millions de gens attendaient sa libération».

Alors qu'on lui fait remarquer que l'otage libérée a notamment remercié Nicolas Sarkozy, elle répond qu'il s'est agi d'une «opération colombienne rondement menée qui a bien marché». Et que cela prouve que «les négociations avec les Farc étaient inutiles et n'avaient débouché sur rien». Ne craint-elle pas, lui demande-t-on encore, que cette libération donne lieu à une «récupération politique»? Il ne peut y avoir, répond-elle, «ni polémique ni récupération» et ce d'autant moins que Nicolas Sarkozy n'est «absolument pour rien» dans cette libération." Libé 10/07/08 http://www.liberation.fr/actualite/politiques/338187.FR.php

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 21:20

Association d'idées ? Ce tour de France que je ne prise plus - où sont les Bartali et les Copi, les Robic et les Bobet, les Kubler et les Koblet, les Bahamontes et les Gaul, Anquetil et Poulidor... - m'a rappelé cette formule qu'emploient quelques uns de mes ex collègues : on a la tête dans le guidon. Pour dire qu'ils sont débordés, surbouqués, stressés... Et que les niaiseries gauloises dont je les accable - moi l'oisif parasitaire - voire les références, liens, articles, messages dont je les abreuve - moi le parasite oisif - ils n'en ont que faire.

Ce n'est heureusement - je l'espère - qu'une mauvaise image. Car pour un chef d'établissement le diriger la tête dans le guidon serait aller droit dans le mur. C'est aussi, assez clairement, signifier au non-actif que l'on n'a pas le temps de s'intéresser aux réflexions qu'il propose et encore moins de distraire une parcelle d'un temps si précieux à des insanités qui se veulent distrayantes.

 

Tout cela comme si ce fameux oisif n'avait pas, lui aussi, pendant quelques lustres, avant d'obtenir son inscription dans le grand livre de la dette, gage de versements de la pension, été à la tête d'établissements (certes plus modestes, moins exposés, planqués pour tout dire).

 

Il est vrai que, dans cette profession, il est difficile de mesurer la charge de travail : le(la) principal(e) d'un mini collège sans adjoint, qui doit jouer l'homme(la femme) orchestre est-il, dans son environnement rural, plus privilégié que le proviseur d'un beau lycée de centre ville, véritable chef d'état-major ? le principal d'un collège moyen avec internat a-t-il moins de stress que celui d'un plus gros collège ZEP ? Poser le problème montre son absurdité car on peut multiplier les comparaisons à l'infini... sans parler de situations locales internes ou externes qui peuvent pourrir un poste !

 

Reste le dernier argument. Comme le niveau des élèves ne cesse de baisser, la situation ne cesse d'empirer pour les chefs d'établissement.

Sur le niveau, globalement comme aurait dit Georges Marchais, c'est faux. En revanche, pour la direction des établissements des éléments objectifs inclinent à le penser. Les proviseurs doivent gérer, d'année en année, des mouvements lycéens. Tous, proviseurs et surtout principaux, sont confrontés à une baisse drastique des moyens humains qui ne fait que commencer. L'empilement des lois et décrets sécuritaires n'a absolument pas changé le climat de certains quartiers et, ici ou là, la situation se détériore. Le consumérisme scolaire gagne du terrain socialement et géographiquement et ce qui se joue sur la carte scolaire ne fait qu'aggraver les choses...

Les personnels de direction ont donc de bonnes raisons d'avoir le moral dans les chaussettes !

 

Mais ils ont d'autant plus besoin de sortir la tête du guidon. Par hygiène mentale - et presque physique - d'abord : un stage ou un séminaire avec des collègues de divers horizons, un colloque d'une association vont permettre de se décentrer, de mettre en perspective et aussi, tout bêtement de décompresser. Prendre au moins, quelque soit la pression du quotidien, les urgences qui s'accumulent, chaque jour, le temps d'ouvrir l'expresso du café pédagogique et de jeter un coup d'œil à une revue de presse, et de temps en temps, prendre aussi le temps de vivre, pour arrêter un peu de courir après un temps qui manquera toujours.

 

Bon, j'arrête de jouer le Père Hampe-Thouars, le donneur de leçons de toute façons récusé puisque n'ayant plus les mains dans le cambouis.

Et je souhaite à ceux qui vont rejoindre nos rangs de pensionnés une excellente et active retraite*. Et aux autres qui sont encore sur la brèche, d'excellentes vacances où, s'ils s'adonnent aux joies de la pédale, ils auront le temps de regarder le paysage.

 

* Avec un amical clin d'oeil à l'un d'entre eux, dont on peut être sûr qu'il sera un retraité actif et qui n'a jamais gardé la tête dans le guidon, Gérard Chemit. Ce plasticien, photographe, lancé dans des initiatives humanitaires, fut aussi un chef d'établissement dynamique !

 

 

 

 

 

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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 18:29

Décret n° 2008-632 du 27 juin 2008 portant création d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « EDVIGE »

« Art. 1

Le ministre de l'intérieur est autorisé à mettre en oeuvre un traitement automatisé et des fichiers de données à caractère personnel intitulés EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) ayant pour finalités, en vue d'informer le Gouvernement et les représentants de l'Etat dans les départements et collectivités :

1. De centraliser et d'analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l'exercice de leurs responsabilités ;

2. De centraliser et d'analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public ;

3. De permettre aux services de police d'exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour déterminer si le comportement des personnes physiques ou morales intéressées est compatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées. »

L'article 1 résume bien l'esprit et le but de ce texte.

Il s'agit d'abord d'un fichier politique portant sur les personnes exerçant ou ayant exercé un mandat politique, syndical ou économique (secrétaire local d'une section politique : fiché ; élus aux prud'hommes : fichés...) ou un rôle (notion on ne peut plus floue et extensible) économique, social et même religieux. Pourquoi ficher ces citoyens qui s'engagent dans la vie de la cité, ces élus, ces représentants syndicaux ou patronaux, ces personnes qui dynamisent la vie économique ? Pour l'information du gouvernement ou de ses représentants ! Le sous-préfet de Bécon-la-Chapelle a besoin d'un fichier policier pour connaître les coordonnées des élus de son arrondissement ?

Le deuxièmement est encore plus inquiètant puisqu'il s'agit du fichage d'individus ou groupes « susceptibles de » ! Et ce fichage peut commencer dès 13 ans (il est vrai que l'on avait envisagé un fichier de gosses « susceptibles de » dès 3 ans).

Cet amalgame, dans un même décret, entre militants et hypothétiques potentiellement possibles délinquants est, en soi, symptomatique de l'état d'esprit du clan au pouvoir.

La ministre de l'Intérieur était si fière de ce décret qu'elle envisageait de ne pas le publier. La CNIL a obtenu cette publication. Elle a aussi obtenu que le « comportement » (encore un critère très objectif) et les « déplacements » des personnes ayant un mandat ou un rôle ne soient pas notés. Mais, à titre exceptionnel, on pourra s'intéresser à leur orientation sexuelle ou à leur santé ! On se demande bien à quel titre l'orientation sexuelle d'un délégué syndical, d'un conseiller municipal peut être une information utile pour un représentant de l'état. De même d'ailleurs que les informations fiscales et patrimoniales...

Comme le rappelle Evelyne Sire-Marin, Présidente du Syndicat de la Magistrature : « Le prétexte de ce fichage massif est l'affrontement de deux bandes rivales dans le 19ème arrondissement de Paris, le 21 juin, laissant un blessé grave sur le trottoir, victime en outre d'insultes antisémites. Rachida Dati avait immédiatement annoncé qu'elle allait créer un fichier des "bandes". Et elle en profite pour l'étendre aux bandes ...de militants politiques ou syndicaux.

Comme d'habitude, on se saisit d'un fait divers malheureusement banal pour donner à la police des pouvoirs disproportionnés. » Elle rappelle aussi que la police dispose déjà de fichiers tels que STIC: système de traitement des infractions constatées ou FNAEG: fichier National automatisé des empreintes génétiques, créé par la loi Vaillant du 15 nov. 2001, dite "sécurité quotidienne", et étendu par la loi sécurité intérieure du 18 mars 2003. Il contient déjà 500 000 ADN. Plus un fichier CANNONGE permettant des recherches rapides par critères précis de tris.

« C'est ainsi des principes tels que la présomption d'innocence, le droit à la protection de ses données personnelles, le droit à la sûreté sont déjà fortement mis à mal par l'existence d'innombrables fichiers de police, au nom de la "sécurité".

Pourquoi donc créer ce nouveau fichier EDVIGE, si ce n'est pour permettre à la Garde des Sceaux, Rachida Dati, de réoccuper l'espace médiatique qu'elle a perdu, en faisant d'une pierre deux coups: le fichage des mineurs des cités et celui des militants ? »

« L'utilisation politique de la sécurité et de l'idéologie victimaire est un ressort constant de ce gouvernement, dès qu'il s'agit de masquer le tragique échec des promesses présidentielles en matière de chômage et de pouvoir d'achat. »

« Le véritable objet des lois sécuritaires est bien là: Il ne s'agit pas de lutter réellement contre la délinquance. Les chiffres calamiteux de la hausse des violences contre les personnes attestent d'ailleurs de l'inefficacité totale de la politique de tolérance zéro du gouvernement. Les violences contre les personnes ont augmentées de 14,1% depuis 2005 (sur la Seine Saint-Denis la délinquance a augmenté de 7,6 % depuis janvier 2006), chiffres de l'observatoire national de la délinquance. »

Le Syndicat de la magistrature n'a pas été le seul à dénoncer ce décret liberticide.

Pour le PS, Delphine Batho a stigmatisé un dispositif "porteur de nombreuses dérives" et ne visant "qu'à masquer l'impuissance du gouvernement face à une escalade des violences qui se poursuit...".

Dénonçant le "fichage des mineurs" et celui de "personnalités élues ou appartenant au monde syndical et associatif", le PCF a demandé que la Parlement soit saisi.

La LCR y a vu "l'espionnage généralisé de la population, dont le fichier Edvige n'est qu'un élément".

Pour le premier syndicat d'éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (Snpes-PJJ/FSU), "sans qu'aucune infraction ne soit commise, des mineurs dès 13 ans seront fichés en raison de leur activité individuelle ou collective, sans aucune définition ni encadrement juridique de cette activité".

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a jugé Edvige "incompatible avec l'Etat de droit", s'inquiétant d'une "redoutable extension du fichage politico-policier des citoyens".

"En clair, tous les citoyens ayant un jour souhaité s'investir pour leur cité", résume le Syndicat de la magistrature, soulignant que la police est aussi autorisée à consulter Edvige en cas d'"enquêtes administratives pour l'accès à certains emplois ou à certaines missions".

"L'enregistrement des données à caractère personnel n'a aucune limite, ni dans le temps ni dans son contenu", dénonce le syndicat.

Selon le SM, qui examinera toute forme d'action juridique pour empêcher sa mise en oeuvre", Edvige est "un moyen puissant de dissuasion de toute forme de contestation ou d'opposition citoyenne".

Les journalistes, qui ironisent sur le silence de la gauche, n'ont donné qu'un écho très assourdi de ces condamnations.

Alors, plutôt que de se mobiliser sur une "base élèves", il serait sans doute opportun de se centrer sur les vrais dangers. Ce décret qui vient s'ajouter à une quinzaine de lois sécuritaires en est un, majuscule.

 

 

Signature en ligne de l'Appel pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE (appel reproduit ci-dessous)

Pour les organisations, il faut envoyer un mail à contact@nonaedvige.ras.eu.org

Pour les signatures individuelles, cela se fait sur http://nonaedvige.ras.eu.org

Pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE

instituant le fichage systématique et généralisé, dès l'âge de 13 ans, par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux


 Signer la pétition   -   Voir les signataires  


Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l'avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).

 

A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d'EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.

 

En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l'avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l'ordre public ».

Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que :
état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …

La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d'enquêtes administratives pour l'accès à certains emplois.

Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l'âge de 13 ans et cela sans qu'aucune infraction n'ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.

Cette initiative gouvernementale, porteuse à l'évidence de nombreuses dérives, s'inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d'une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.

Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.

 

C'est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel : 

Ø  exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de Surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l'état de droit, 

Ø  sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l'enfant,  

Ø  s'engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu'ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.   

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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 17:05

Souvenez-vous, il y a quelque temps, un terrible accident : une fillette qui traversait la route pour rentrer chez elle, retrouvée morte par son papa. Un couple qui se promenait avec son enfant, un peu plus loin, avait dû se jeter sur le bas-côté pour ne pas être heurté par une automobile roulant à vive allure. Grande indignation contre le lâche chauffard coupable non seulement de rouler trop vite sur une route campagnarde mais aussi de délit de fuite. La nouvelle est passée, l'indignation a cédé la place à d'autres indignations. Du chauffard, sauf erreur, plus de nouvelles.

 

L'affaire de la GIFLE revient sur le devant de la scène. Elle fait même la une du Nel Obs, avec ce titre « Pour ou contre la gifle ». L'affaire remonte pourtant à Janvier dernier. Un prof de techno, se faisant traiter de connard, balance une gifle au gamin insulteur. Le père gendarme, qui vient au collège en uniforme, dépose plainte. Le prof a droit à 24 h. de garde à vue. Le procureur parle, à son sujet, de violences aggravées.

 

Aussitôt, le premier ministre lui-même, monte au créneau, non pas côté procureur, mais côté prof.

La grande vague d'émotion retombée on apprend que, si le gendarme était en uniforme, c'était qu'il était de service ; et surtout que les faits étaient un chouïa plus compliqués que l'écho qu'en donnait la télé. Le procès qui vient d'avoir lieu (prétexte du dossier du Nel Obs : dis coco qu'est-ce qu'on pourrait bien mettre en dossier dans le prochain n° ? Ben... y'a peut-être cette histoire de gifle qui revient sur le tapis devant un tribunal) tourne plutôt en défaveur du gifleur. En revanche, le double scandale d'une garde à vue de 24 h., alors que l'intéressé reconnaissait les faits, et d'une déclaration d'un procureur qui faisait fi du secret de l'instruction est passé aux oubliettes.

 

L'affaire du pucelage manquant, cause d'annulation de mariage a aussi soulevé sa vague d'indignations, teintées parfois d'un soupçon de xénophobie. Notre télé publique nous apprend tout de go qu'un mari borné, bien qu'ingénieur (mais est-ce contradictoire ?), a demandé et obtenu l'annulation de son mariage parce que, le soir de la nuit de noces, il s'était aperçu que l'épouse avait déjà perdu son pucelage, alors qu'elle se disait vierge.

Le Canard enchaîné, qui lui avait fait son boulot de journalisme, nuançait fortement l'information. La juge n'avait pas reconnu l'absence d'hymen comme cause d'annulation, mais constatée qu'il y avait bien eu mensonge et que les deux parties étaient d'accord pour cette annulation.

L'affaire, déjà lointaine, n'aurait d'ailleurs pas eu un quelconque écho, si l'avocat du Monsieur n'avait pas signalé la décision à son frère lui-même avocat, rédacteur chez Daloz : la publication dans cette bible du droit en faisait un arrêt jurisprudentiel. Le ramdam causé fit que des imbéciles - le fanatisme n'est pas que d'un bord - menacèrent de mort la juge. Et, sur le fond, des chroniqueurs ont eu raison de rappeler que, même dans des affaires privées, le Droit n'avait pas à être plié aux intérêts particuliers, mais, dit au nom du Peuple Français, il devait respecter les valeurs de notre société laïque.

 

Terrible agression contre un jeune avec kippa qui allait ou revenait (les versions ont différé) de la synagogue par quinze jeunes qui l'ont laissé dans le coma. Et tout cela en plein jour ! Grande émotion face à ce lynchage, visiblement antisémite.

Ça se passe à Paris, du côté des Buttes Chaumont : du reportage d'investigation pour le prix d'un ticket de métro. Mais l'investigation se limite à radio trottoir. Ce n'est que dans la presse qu'on apprendra que la victime participait à des combats opposant des bandes : jeunes juifs d'un côté, jeunes noirs de l'autre, et qu'aux injures antisémites de ces derniers répondaient des insultes racistes chez les premiers*. Il y avait déjà eu deux affrontements dans la journée. Que fait la police serait-on tenté de dire au passage, car ça se passe en plein jour ? Cela n'enlève rien à la lâcheté (plusieurs contre un) et à la violence de ce tabassage d'un jeune isolé et à terre, absolument condamnables (en revanche, quand c'est une championne olympique - un peu noire de peau - qui se fait jeter à terre et quelque peu, disons, secouer, il faut la condamner pour violences à agent... mais qu'est-ce que je raconte ?).

 

Je vais encore m'attirer un « tu roules pour Sarko » car c'est des journaux de la télé publique que j' cause (je ne regarde qu'eux ou des chaînes d'infos continues qui donnent, même de façon sommaire, un regard sur le monde). Mais, le service public n'aurait-il pas gagné, justement, à se différencier du privé d'abord en hiérarchisant l'information, ensuite en la traitant vraiment ? La réalité, le plus souvent, n'est pas réductible à du blanc/noir bon/méchant, etc. et il vaut mieux ne pas confondre cerveau et viscères.

 

 

 

* Il est intéressant de noter que si l'on parle de « communauté juive », pour les beurs et les blacks, on dénoncera les « communautarismes ».

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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 10:00

Des nouvelles se télescopent parfois. Ainsi, le même jour, nos journaux parlaient d'un tournoi de basket féminin inter-mosquées interdit aux spectateurs masculins et de la comparution, devant je ne sais quelle instance de la principale obédience maçonnique, le Grand Orient de France, d'un vénérable d'une loge (entendez, profanes, le président d'un groupe local) pour avoir initié une dame (ne vous méprenez pas lubriques et consorts, elle a été initiée aux rites de la Franc-Maçonnerie qui n'ont rien de franchement coquin, mais le GOF est réservé aux mâles). Parmi les farouches laïcs qui se sont, à juste titre d'ailleurs, élevés contre l'accueil de ce fameux tournoi par une salle municipale, gageons qu'il y avait quelques honorables membres du G.O.F. Et ajoutons cependant que, de toutes les obédiences, le GOF est la moins misogyne.

 

Ouf ! Malgré les prédictions de François Bégaudeau - comme disait un de ses détracteurs un touche-à-tout, foot, cinoche, rock, écriture et même enseignement - l'Italie a terminé son parcours en coupe d'Europe. Cela, malgré l'aide un peu gênante d'un arbitre teuton qui fermait les yeux sur les fautes grossières de Grosso. Mais, il est à craindre que la fameuse définition du foot - un jeu qui se joue à onze et où l'Allemagne gagne à la fin - se révèle encore juste. Tendons les paumes vers le ciel pour implorer tous les dieux et tous les diables pour que le truculent Luis Aragonés, qui dit plus souvent Puta que Gracias, mène son équipe jusqu'à la victoire.

 

Marronnier de saison : le bac. Il nous a cependant permis de découvrir le Raphaël de la chanson de Carla (vous savez 4 consonnes et 3 voyelles, c'est le prénom de... mais non, pas de Nicolas... de Raphaël) : eh ben ! plutôt beau gosse le philosophe ! Et pas agité de tics et accro du portable. Dans ce temps là, la dame Bruni avait bon goût, choisissant beauté, distinction et intelligence (je n'en dis pas plus car maintenant que l'Elysée a mis en place une cellule de veille Internet, ça craint).

Pour en revenir à ce bac philo, les sujets sont toujours un pur moment de bonheur. Le Raphaël a planché sur quelque chose comme « La perception peut-elle s'éduquer ».  Souvenirs d'une lointaine terminale philo où j'ai toujours eu l'impression d'un jeu intellectuel, un peu gratuit, pour ne pas dire vain. Il a aussi fallu s'attendrir sur le sort inhumain fait aux pauvres correcteurs : la dame que l'on voyait avait récolté un lot de 110 ou 120 copies à corriger en dix jours ! A bas les cadences infernales !

 

Le tout sauf Ségo du pire parti, à l'exception de tous les autres, le PS, commence à me les briser menues, comme disait Lino Ventura dans Les tontons flingueurs. Et Martine qui accueille Bertrand à la gare de Lille, avec plus de journalistes que de troupes et mes strauss-kahniens chéris qui s'accoquinent avec les fabiusiens honnis et le Montebourg qui promène sa suffisance. (Je ne parle pas de Mélenchon qui mélenchonne comme devant, c'est-à-dire joue contre le parti auquel il est censé appartenir, quand est-ce qu'on va virer ce sinistre personnage ?).  Et le Jack Lang qui joue sa partition sur l'accueil du dictateur sanguinaire de Syrie, feignant de ne pas comprendre que ce que le PS dénonce c'est l'invitation au 14 juillet qui est symboliquement choquante.

 

Espagne encore, mais il ne faut pas confondre Rajoy, le chef du P. P. (Parti « Populaire » qui rassemble la droite espagnole des nostalgiques de Franco, jusqu'aux centristes) et Aragonés. Alors qu'avec Aznar, on était plus proche de la droite extrême, il semble que le P.P. penche maintenant vers une droite modérée, civilisée. En témoigne la nomination comme n° 2 d'une femme - nos archevêques et évêques d'une église pas du tout défrankystée doivent encore en frémir d'horreur - d'une femme disais-je, non seulement divorcée, mais ayant fait un enfant toute seule (par fécondation in-vitro). Satan a réussi à glisser une patte de bouc velu dans l'entrebaîllement de la porte du PP et Aznar ne reconnaît plus l'héritier qu'il s'était donné. Mais les ratichons locaux n'ont hélas pas dit leur dernier mot.

 

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 11:12
Accommodements raisonnables, interculturalisme et laïcité

21/09/16 :  Alain Juppé est la cible de Sarkozy et de Le Maire pour avoir, naguère, parlé d'"accommodements raisonnables" ! Souvenir sans doute de son séjour canadien. Ces "accommodements" sont la cible des faux laïques et vrais identitaires que nos deux lascars - Sarkozy et Le maire - caressent dans le sens du poil, en vue des primaires de la droite.

Mais si on y regardait de plus près pour savoir ce que sont vraiment - et dans le contexte québécois - ces accommodements raisonnables ?

 

 

 

Grace à Jean Baubérot, j'ai découvert les travaux d'une commission québécoise sur, finalement, la laïcité.

Certes, l'histoire du Québec, dont la population canadienne-française à longtemps été sous la coupe d'une église catholique aussi peu ouverte que celle qui sévissait dans une partie de l'Ouest de la France, population elle-même soumise à un Canada à majorité anglophone, population qui s'est sécularisée et dont la fécondité a chuté, un Québec pour qui l'immigration n'est pas subie, mais acceptée, souhaitée même, n'est pas la nôtre.

Cependant ces quelques extraits d'une réflexion sereine montrent qu'il ne serait peut-être pas tout-à-fait inutile de sortir de notre position arrogante de détenteurs de la Vérité laïque universelle et, pour une fois, accepter de prendre des leçons chez nos cousins québécois.

Au passage, une définition de "libéral" à laquelle, j'ose espérer, tout démocrate souscrira.

 

Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles

 

Dans toute société où se côtoient deux ou plusieurs cultures surgit inévitablement la question de la gestion de la diversité. Cette question s'est posée de tout temps. Jusqu'à récemment, elle était généralement résolue de façon autoritaire : une culture, plus puissante, tentait soit de dominer les autres en les marginalisant, soit de les supprimer en les assimilant. Des pratiques d'assouplissement ou de conciliation ont cependant toujours existé, et ce, même au sein des empires.

Depuis quelques décennies, en Occident surtout, les mentalités et le droit ont évolué. Davantage respectueuses de la diversité, les nations démocratiques adoptent maintenant des modes de gestion du vivre-ensemble fondés sur un idéal d'harmonisation interculturelle.

 

La conception classique de l'égalité, fondée sur le principe du traitement uniforme, a fait place à une autre conception plus attentive aux différences. Peu à peu, le droit a été amené à reconnaître que la règle de l'égalité commande parfois des traitements différenciés.

C'est cette conception que reflète la disposition juridique qu'on appelle l'accommodement raisonnable.

L'ajustement des règles vise donc à empêcher que des personnes soient désavantagées ou exclues, et que leur droit à l'égalité soit ainsi compromis. L'obligation d'accommodement créée par le droit n'exige pas d'annuler un règlement ou une loi, mais seulement d'atténuer ses effets discriminatoires sur certaines personnes en prévoyant une exception à la règle ou une adaptation particulière. Un traitement peut être différentiel sans être préférentiel.

 

On a donc affaire ici à deux conceptions non pas du droit à l'égalité, mais de ses modalités d'application, soit a) une conception formelle, doctrinale, très rigide ; ou b) une conception modulée, flexible, plus inclusive parce que plus attentive à la diversité des situations et des personnes. L'obligation d'accommodement n'est pas sans limites. Une demande peut être rejetée si elle entraîne un coût déraisonnable, si elle bouleverse le fonctionnement de l'organisme, si elle porte atteinte au droit d'autrui ou si elle nuit au maintien de la sécurité et de l'ordre public.

 

On voit émerger dans le milieu scolaire une véritable philosophie qui consiste à intégrer les pratiques d'harmonisation au sein d'une démarche générale d'accompagnement éducatif. Dans le cadre d'une démarche pédagogique centrée sur le cheminement de l'élève, les ajustements deviennent un élément parmi d'autres dans la somme des facteurs ou des variables dont il faut tenir compte. Ce modèle souligne l'importance d'une approche contextuelle qui, seule, permet de saisir la complexité et la singularité des situations (le "cas par cas"). Ouvert à la dimension interculturelle, ce modèle évite de marginaliser l'élève et favorise la discussion et les solutions de compromis qui respectent les valeurs fondamentales (égalité hommes-femmes, liberté de conscience, équité, laïcité...).

 

Un régime politique démocratique et libéral

Le régime politique québécois est à la fois démocratique et libéral. Il est démocratique en ce sens que le pouvoir politique y est placé, en dernière instance, entre les mains du peuple, lequel le délègue à des représentants qui l'exercent en son nom pour une période donnée. Notre démocratie est donc représentative. Mais elle est aussi libérale en ce sens que les droits et les libertés de la personne sont jugés "fondamentaux" et sont, à ce titre, affirmés et protégés par l'État. Nul ne voudrait, par exemple, qu'un gouvernement, même dûment élu, bafoue les droits fondamentaux d'un groupe de citoyens au nom des intérêts de la majorité. C'est précisément pour assurer une protection supplémentaire aux droits et libertés garantis à toutes les personnes qu'ils sont inscrits dans une charte, celle-ci posant des limites à l'action des gouvernants et encadrant les relations entre les citoyens. Elle garantit le droit à la vie et à l'égalité, la liberté de conscience et de religion, la liberté d'expression et d'association, ainsi que des droits politiques et des garanties juridiques. Elle proscrit aussi plusieurs formes de discrimination, dont celles fondées sur le sexe, l'origine ethnique et la religion. L'exercice de ces droits et libertés n'est pas absolu ; il doit respecter les droits des autres et l'intérêt collectif.

 

L'interculturalisme

    Au Québec, le français est la langue officielle. Mais l'État s'est engagé à faire la promotion du français dans un esprit de respect envers les minorités linguistiques présentes sur son territoire. L'immigration est essentielle au développement de la société québécoise. Quant à la diversité culturelle, elle est perçue comme une richesse, dans la mesure où son expression est balisée par les chartes des droits et libertés et où elle se réalise dans un esprit d'interaction plutôt que de cloisonnement. Les immigrants sont invités à apprendre le français et à contribuer au dynamisme culturel, économique et politique de la société. L'interculturalisme s'efforce de concilier la diversité ethnoculturelle avec la continuité du noyau francophone et la préservation du lien social.

 

  • Les membres du groupe ethnoculturel majoritaire (en l'occurrence, les Québécois d'origine canadienne-française), tout comme les membres des minorités ethnoculturelles, acceptent que leur culture soit transformée à plus ou moins long terme par le jeu des interactions.
  • Les différences culturelles (et en particulier religieuses) n'ont pas à être refoulées dans le domaine privé. La logique qui sous-tend ce choix est la suivante : il est plus sain d'afficher ses différences et d'apprivoiser celles de l'Autre que de les occulter ou de les marginaliser.
  • Le principe des identités multiples est reconnu, de même que le droit de préserver l'appartenance à son groupe ethnique.
  • Le plurilinguisme est encouragé, parallèlement au français comme langue publique commune.
  •  

La laïcité

L'argument selon lequel "la religion doit rester dans la sphère privée" a souvent été invoqué par les partisans de la laïcité. Bien qu'il semble clair à première vue, cet énoncé ne l'est pas autant qu'on pourrait le croire. En effet, le mot "public" peut être entendu au moins de deux manières distinctes. Selon le premier sens, est public ce qui relève de l'État et des institutions communes (on parlera ainsi des « institutions publiques »). Selon le deuxième sens, est public ce qui est ouvert ou accessible à tous (on parlera alors de « lieux publics » : par exemple, d'un « jardin public »).

Le premier sens s'accorde avec le principe laïque de la neutralité de l'État face aux religions. Selon ce premier sens, il est donc juste d'affirmer que la religion doit être "privée". Toutefois, il ne va pas de soi que la laïcité exige de la religion qu'elle soit absente de l'espace public au sens large. Si une institution publique doit être neutre, les individus qui la fréquentent doivent-ils être eux-mêmes soumis à cette exigence de neutralité ?

La notion de neutralité est aussi plus complexe qu'elle peut le sembler. Ainsi, il est communément admis que l'État laïque doit rester neutre face à toutes les religions. L'État ne doit pas prendre parti entre religion et non-religion. Il doit maintenir sa position de neutralité face à toutes les convictions morales profondes, qu'elles soient religieuses ou séculières. En revanche, l'État laïque et démocratique se fonde sur une morale politique et sur certains principes qui ne sont pas négociables. C'est le cas de la démocratie, des droits de la personne, de l'égalité entre tous les citoyens. Lorsque ces principes sont en jeu, l'État ne peut pas rester neutre.

 

Quatre principes fondent la laïcité.

1. L'égalité morale des personnes.

2. La liberté de conscience et de religion.

3. La séparation de l'Église et de l'État.

4. La neutralité de l'État à l'égard des religions et des convictions profondes séculières.

 

Tout régime de laïcité institue une forme d'équilibre entre ces quatre principes. Certains régimes posent des limites assez strictes à la liberté d'expression religieuse. La France, qui vient d'adopter une loi restrictive relativement au port de signes religieux à l'école, est considérée comme ayant un régime de ce genre, quoiqu'elle soit beaucoup plus souple dans la réalité que sa réputation ne le laisse croire. Ce type de régime définit la neutralité de l'État de façon très étendue, ce qui mène à l'exclusion de certaines expressions religieuses de la sphère publique. S'il en a été ainsi en France, c'est peut-être parce qu'une certaine conception de la neutralité de l'État, consacrée par la tradition nationale, a été élevée au rang de finalité profonde. Les débats récents qui ont eu lieu en France, où la laïcité a été souvent présentée comme un pôle identitaire essentiel de la République, illustrent ce déplacement. Pour certains républicains français, l'école laïque doit avoir pour mission d'émanciper les élèves de la religion. Pour d'autres, les identités culturelles et religieuses ne font que nuire à l'intégration sociale, laquelle devrait être fondée sur une citoyenneté excluant tout particularisme.

Nous croyons que ce type de laïcité restrictive n'est pas approprié pour le Québec, et ce, pour trois raisons :

a) il n'arrive pas vraiment à arrimer les structures institutionnelles aux finalités de la laïcité ;

b) l'assignation à l'école d'une mission émancipatrice dirigée contre la religion n'est pas compatible avec le principe de la neutralité de l'État entre religion et non-religion ;

c) le processus d'intégration d'une société diversifiée s'effectue à la faveur d'échanges entre les citoyens, qui apprennent ainsi à se connaître (c'est la philosophie de l'interculturalisme québécois), et non par la mise en veilleuse des identités.

 

EXTRAITS (c'est moi qui ai mis en gras)

 

  • Le rapport final abrégé :

http://www.ccpardc.qc.ca/documentation/rapports/rapport-final-abrege-fr.pdf

 

  • Le rapport intégral :

http://www.accommodements.qc.ca/documentation/rapports/rapport-final-integral-fr.pdf

 

  • Les 37 recommandations de la commission :

http://www.accommodements.qc.ca/communiques/2008-05-22c.html

 

  • Les rapports des experts :

http://www.accommodements.qc.ca/documentation/rapports-experts.html

Dont Éduquer au vivre-ensemble dans une perspective interculturelle- que faut-il attendre de l'école et de l'éducation dans le contexte actuel de la société québécoise caractérisée par un pluralisme culturel, religieux et linguistique croissant?

http://www.accommodements.qc.ca/documentation/rapports/rapport-4-saint-pierre-celine.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 10:43
Photo Ernst Schäffer

Photo Ernst Schäffer

Mon précédent article déplorait l'absence de réactions de tibétologues distingués. Elle s'est faite attendre, mais elle est là claire, précise, dans le Libé de ce jour. Elle confirme que Dispot s'est contenté d'accommoder avec son style néo-pompier la propagande post-maoïste

Quelques extraits :

 

 

 

Réponse sur les liens entre le dalaï-lama et les nazis

 

 

Anne-Marie Blondeau directeur d'études émérite, Ecole pratique des hautes études, Katia Buffetrille anthropologue, Ecole pratique des hautes études. Françoise Robin enseignante, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), section Tibet et Heather Stoddard professeur, Inalco, section Tibet.

 

Le mythe de la connexion entre le Tibet et les nazis est une création d'auteurs français : le premier, Teddy Legrand publia en effet en 1933 un roman intitulé les Sept têtes du dragon vert dont un passage fut repris et développé par Louis Pauwels et Jacques Bergier dans leur célébrissime le Matin des magiciens (1960).

 

  Dès les années 30, toutefois, Himmler, dont les idées mystiques et ésotériques étaient très fortement décriées par Hitler pensait que des descendants de l'Atlantide avaient migré pour fonder une grande civilisation en Asie centrale. Il proposa son aide à Ernst Schäfer (1910-1992), chercheur allemand qui désirait monter une expédition scientifique au Tibet. Schäfer refusa les pseudo-chercheurs que Himmler voulut lui imposer et l'expédition ne fut finalement pas financée par les SS.

 

L'expédition de Schäfer au Tibet (1938-1939) atteignit Lhassa le 19 janvier 1939 et y resta deux mois. Schäfer rencontra le régent, Reting Rinpoché. Sur l'insistance du scientifique allemand qui voulait une preuve de son succès, le régent adressa une simple lettre de courtoisie et quelques présents à Hitler. Malgré cela, il n'y eut jamais de contact officiel entre le gouvernement tibétain et les nazis.

 

Il semble que Laurent Dispot, dans le texte publié le 25 avril dans Libération, ait confondu deux personnages : Ernst Schäfer, le scientifique, et Heinrich Harrer, l'alpiniste Ce dernier, ayant rejoint les SS en 1938 dans le cadre sportif, quitta l'Allemagne un an plus tard pour une expédition d'alpinisme au Nanga Parbat (aujourd'hui au Pakistan). Il fut capturé, à Karachi, ainsi que tous ses compagnons par les Britanniques, trois jours avant le début de la guerre. Avec un compagnon de captivité, il s'échappa en 1944 et atteignit Lhassa en janvier 1946. La première entrevue entre Heinrich Harrer et le dalaï-lama n'eut lieu qu'en 1949. Ils se rencontrèrent ensuite durant un an avec l'autorisation du gouvernement tibétain qui encourageait ainsi l'ouverture du jeune hiérarque sur le monde extérieur, et ses dispositions pour les connaissances techniques. Néanmoins, aucune source n'a jamais fait apparaître Harrer chargé d'une mission par Hitler. Heinrich Harrer quitta le Tibet en 1951, à la suite de l'invasion chinoise.

 

Le texte de Dispot, comme tous les autres textes de cette sorte, relève de la théorie du complot. Il n'est pas étonnant qu'au moment des événements tibétains ces idées ressurgissent. Cependant, elles sont infondées scientifiquement.

 

http://www.liberation.fr/rebonds/324777.FR.php

 

 

N.B. : Deux nouveaux articles – Appel laïque et Pédagocrates – ont été ajoutés au Bêtisier laïciste

 

 

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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 20:43

 

Le 29 avril, sur la page "Rebonds" de Libé je tombe sur une opinion « Le Dalaï Lama et l'honneur nazi ». Du « mao-spontex » pur : on éponge de la propagande post-maoïste et, nous prenant pour des éviers, on l'essore sur nos cerveaux que je n'ose dire affamés  d'âneries.

 

Qu'importe, me dis-je, in petto : un tibétologue (attention M'sieu Mélenchon  j'ai bien écrit tibétologue, pas tintinologue) distingué va faire pièce de ce poulet. On arrive au 3 mai, rien n'est venu.

D'autant plus surprenant que ce Dalaï Lama crypto nazi arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Eh quoi ! le sieur Dispot qui dispose de la revue de BHL (La règle du jeu) pour nous asséner « L'honneur des catholiques », ne pouvait-il pas y écrire, de longue date, « Le déshonneur du Dalaï Lama » ?

 

Comme il arrive souvent, le jus propagandiste de l'éponge s'est coloré. Rendons un vibrant hommage à cette réhabilitation du style pompier.

« Heinrich Harrer a accompli sa mission de confiance hitlérienne, malgré la défaite militaire de1945, en la transformant en un logiciel pseudo «spirituel» installé dans des têtes affamées de servitude.

L'«Océan de Sagesse» ne doit pas servir à noyer le poisson de la mémoire et de l'histoire : à relancer en contrebande le «Hitler connais pas» et «la Shoah détail de la Seconde Guerre mondiale». Le négationnisme n'est pas soluble dans les neiges éternelles.

Il jette la Shoah à la poubelle du «karma». »

 

Ah ! ce logiciel, ces têtes affamées de servitude, cet océan qui noie le poisson, ce négationnisme non soluble dans les neiges éternelles - mais la Shoah et le Karma relèvent plus du style abject que pompier - c'est d'un prudhommesque qui doit réjouir les mânes d'Henri Monnier.

 

Certes le "logiciel" est un peu anachronique. Il fait partie de ces mots à la mode (le PS doit changer de logiciel, nous assène-t-on, nous les sociaux-traîtres-libéraux et tutti quanti) dont M. Dispot use et abuse (on notera le quasi parallélisme de la phrase suivante avec la phrase ci-dessus) : « Dieudonné M'Bala a eu toute licence d'installer un logiciel de la haine dans les têtes de milliers de spectateurs, dont chacun sert ingénument de profanateur des sépultures mémorielles de la Shoah. »

On notera aussi la propension inquiètante qu'il a à mettre la Shoah à toutes les sauces de sa plume imprécatrice.

 

Mais il use de procédés plus triviaux. Si j'écrivais - pur exemple - à propos d'un sénateur, laïc pur sucre, mais qui s'est distingué par un amendement imbécile favorisant l'enseignement privé, « ce sénateur auvergnat et magouilleur », il est peu probable que l'amicale des auvergnats de Luçon m'accuse d'assimiler l'ensemble des auvergnats à des tripatouilleurs de votes dans un Conseil général, fût-il du Puy-de-Dôme. « C'est pas de la Realpolitik, ce mot germanique violent », a dit le ministre des Affaires étrangères. Ces deux épithètes, énoncées avec un mépris agressif et théâtral, s'entendaient comme synonymes, associées en pléonasme : « germanique » serait forcément « violent ». Loin de moi, l'idée de défendre Kouchner, l'avaleur de couleuvres, mais ça donne une idée du style de notre chroniqueur. Car à partir de là, il va se déchaîner dans une sorte d'auto-allumage délirant. Ainsi, à propos d'un des trop nombreux dérapages de Frèche, cette fois sur l'équipe de France de foot, trop black selon l'histrion septimaniaque, il se lance à son tour dans un dérapage incontrôlé sur le PS (oubliant d'ailleurs, Finkielkraut et son "équipe de France black, black, black").

 

Mais revenons à notre Dalaï Lama (fils secret de Hitler ?).

 

Or donc Harrer, alpiniste autrichien, SA d'abord, puis SS ensuite a bien été un « précepteur » du Dalaï Lama.

 

A-t-il participé à la « nuit de cristal » ? Faute de références précises, difficile à vérifier. Ce qui est sûr, en revanche, c'est qu'Himmler l'avait envoyé, en 1939, au Cachemire, pour vaincre, pour la plus grande gloire de l'Allemagne nazie, un sommet himalayen de plus de 8000 m. La guerre éclatant, les anglais (l'Inde était sous domination anglaise à l'époque) le font prisonnier. Il s'évade en avril 1944 et, après 2000 km et des dizaines de cols autour de 5000 m se retrouve à Lhassa début 1946, après l'effondrement du nazisme.

« Précepteur » certes mais le Dalaï Lama, onze ans à l'époque, est surtout instruit dans son rôle spirituel par des moines tibétains. Il semble bien qu'Harrer ait plus été influencé par le boudhisme Tibétain que l'inverse. Mais avec l'art de l'amalgame qui le caractérise et dans son style si particulier, il faut comprendre que, pour Dispot, l'idéologie nazie d'Harrer s'est transformée en un logiciel pseudo «spirituel» installé dans des têtes affamées de servitude. L'amalgame est poussé au bout de l'absurde quand il écrit : « Son rapport de mission, Sept ans au Tibet, était bourré de mensonges grossiers et de fascination pour le «Führerprinzip» impitoyable du théocratisme lamaïque. » Suivez bien : le bouquin de Harrer, revenu en Europe, est un « rapport de mission » (à qui ? Himmler ? Hitler ?) et en accolant un Fürherprinzip à théocratisme, cela doit suffire à démontrer le caractère nazi du boudhisme tibétain.

 

En fait, M. Dispot, s'est contenté d'éponger les critiques du très démocratique et néanmoins populaire régime chinois qui ont accompagné la sortie, en 1997, du film de J.-J. Annaud (tiré du bouquin d'Harrer). A noter que Brad Pitt, acteur principal de ce film, est interdit de J.O. par ce très libéral - au point de vue économique, c'est même du libéralisme sauvage - régime.

 

Que le Tibet ait été soumis à un régime féodal avant la colonisation chinoise est avéré. Mais que tous nos néo-maoïstes veuillent bien nous expliquer en quoi le régime totalitaire, au culte de la personnalité exacerbé, de Mao et suivants a libéré le peuple tibétain !

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 15:20

« Pourquoi tant de haine ? », me demande en substance un anonyme folliculaire d'un des torche-culs virtuels qui alimentent le bêtisier laïciste. Pourquoi perdre son temps à dénoncer une telle bêtise, se demanderont la plupart d'entre vous ?

« La fausse monnaie chasse la bonne »

 

Certes, il est osé de comparer l'extrême-droite lepenniste ou la droite extrême villiériste avec une monnaie de bon aloi ! Mais au moins les choses sont claires : les idées qu'ils charrient (racistes pour le premier, xénophobes pour les deux, nationalistes donc  anti-européennes pour les deux aussi, l'immigration zéro en découlant ainsi que la non-régularisation des clandestins...) sont clairement étiquetées, même si la droite plus classique les pille allégrement.

 

   Que notre Vicomte, qui voit des mosquées partout, écrive : « Marre de l'énorme sur-représentation des musulmans dans la criminalité. Est-ce vrai, ou est-ce faux ? Un journaliste a-t-il le droit de faire le reportage diffusé à la télévision, en disant que 60 % des prisonniers*, en France, pratiquent l'islam, ou bien, pour reprendre l'argumentaire du Mrap, n'attaque-t-il pas, ainsi, de manière univoque, une partie de la population ? », reprenant pour démarrer les propos d'un collègues batave, ne nous surprendra pas. Mais que ce soit de prétendus RRRRRépublicains étonne (pour rester dans l'euphémisme). Comment les mêmes qui s'indignent de statistiques ethniques, admettent des décomptes faits sur la base d'appartenance religieuse ? Et surtout - abjection votre déshonneur de pseudos laïcs - que veulent-ils insinuer sinon que la religion musulmane est criminogène ? Aux Etats-Unis, la majorité des détenus sont noirs : nos RRRRRépublicains, français de souche, vont-ils en déduire que la couleur de la peau est criminogène ?

 

A tort ou à raison, dans mon modeste deblog notes, je crois nécessaire de combattre avec détermination ces faux-monnayeurs qui répandent une monnaie de droite extrême en voulant nous faire croire qu'elle est d'un aloi « laïque et républicain ».

 

* Une proportion importante des prisonniers sont en détention provisoire (donc présumés innocents) et parmi eux des immigrés clandestins qui n'ont commis d'autre crime que d'espérer gagner leur vie dans notre douce France.

Dans le même style voir Histoire belge et angélisme

 

 

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