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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 18:37

Avec Judas, pardon Besson, on n’est jamais déçu. Toujours mieux et toujours plus dans l’ignoble !


Après le démantèlement de la « jungle de Calais », il a donné dans le renvoi d’Afghans dans leur pays en guerre. Mais l’infatigable traître, nous sort – un peu pour chasser la désastreuse affaire du Prince Jean, beaucoup pour resiphonner les voix frontistes (et donner un peu de grain à moudre au Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon, le rallié, qui doit avaler la couleuvre de la réforme territoriale) – un débat sur l’identité nationale. Débat qu’il commence à trancher avant même de l’avoir lancé. Ainsi, comme son nouveau maître, il déclare que la burqa serait contraire « aux valeurs de l’identité nationale » (dont on avait cru comprendre qu’elle était l’objet du débat). Aphatie, l’interviewer agréé de l’UMP, tout esbaudi de déclarer « c’est fort, ce que vous venez de dire. Vous pouvez répéter ». Lui a-t-il rappelé qu’il y avait une « Mission parlementaire sur le voile intégral » et que cette péremptoire déclaration pouvait passer pour du mépris à l’égard de ses travaux ? Pour faire bonne mesure le Ganelon nous a fait un couplet sur la Marseillaise que chaque écolier devrait chanter au moins une fois dans sa scolarité !


Alain Juppé cite Renan : “L’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de coeur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation.

L’essence d’une nation est que tous les individus aient beaucoup de choses en commun, et aussi que tous aient oublié bien des choses…Aucun citoyen français ne sait s’il est burgonde, alain, wisigoth…”

Une nation est un principe spirituel, une famille spirituelle, non un groupe déterminé par la configuration du sol.” Il conclut : « Tout est dit. A quoi bon relancer un débat ? »

 

Joffrin dans Libé, feint de ne pas voir que, lancé par ce tartuffe, le débat pré-cadré, ne peut que donner, comme le relève l’Huma, dans « l’offensive sur le thème bien connu des immigrés qui poseraient problème à l’identité de la France. » Il a certes raison d’affirmer que « La France future sera tissée, en même temps que de christianisme ou de laïcisme, de culture musulmane, d’esprit africain ou de tradition ultra-marine. Ces apports sont un enrichissement et non une menace. Se contenter de dénoncer la burka, ce qui peut certes se comprendre, c’est refuser de voir cette réalité nouvelle et à bien des égards positive. La dénonciation du communautarisme - fondée en théorie - finit par couvrir une forme d’allergie à la différence. La France est d’ores et déjà plurielle. On ne saurait le nier, à l’heure de l’Europe et de la mondialisation, qui sont par nature mélange et métissage. »

 

Mais compter sur Besson, bien que né au Maroc de père français et de mère libanaise, ou Sarkozy, bien que né de père hongrois et comptant une grand-mère grecque dans ses ascendants, pour mener une réflexion de ce type, c’est faire preuve d’une naïveté qu’on ne soupçonnait pas chez lui.

 

Gageons qu’Hortefeux, bien que son bilan soit calamiteux, lancera aussi le débat sur la sécurité, à l’occasion d’un fait-divers bien saignant, juste avant les régionales !

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 11:08

Souvenez-vous début août, la laïcité était une fois de plus en danger : M. André Gérin, ex-maire, venait de croiser sur un marché de Vénissieux des femmes en burqa (plus sûrement en niqâb). Celui que les laïcards avaient surnommé l’Iman rouge (car Maire il feignait de soutenir un projet de mosquée), un coco donc, recevait le soutien de l’UMP à commencer par Eric Raoult, adepte de la peine de mort. Avec ces appuis, il s’est retrouvé président d’une Mission parlementaire sur le voile intégral (dont Raoult est le rapporteur).


La bulle « politico médiatique » -comme dit celui qui fait président – a gonflé, plus que la grenouille de La Fontaine, en août ! Elle s’est dégonflée, sans bruit. Mais gageons que, quand un trou dans l’actualité émotive ou un fait-divers quelconque se présentera, la bulle se regonflera.



En attendant, au lieu de se coincer la bulle, les membres de ladite mission poursuivent leurs auditions. Ainsi, le 21 octobre, ils ont dû se fader un parpaillot, titulaire de la seule chaire qui traite de laïcité, l’horrible, que dis-je, l’abominable Jean Baubérot  (honni des laïques, les vrais, auto-estampillés). Ils n’ont pas été déçus de l’audition, les membres de la Mission.


« Le savoir disponible sur le voile intégral montre que celles qui le choisissent le relient à une contestation, une prise de distance maximale, un refus de la société.

Une société qui refuserait d’être critiquée ne serait plus démocratique. Pour autant le voile intégral n’est certainement pas la bonne manière de mener une mise en question. » Il faut avouer qu’il démarrait mal, car contrairement à des maires précédemment audités, dont certains avouaient que le voile intégral était inexistant sur leur commune, il introduisait sournoisement comme un brin de pensée dialectique dans le débat.


« Partons d’un constat : Le port du voile intégral provient de plusieurs raisons, conjointes ou non.

Il peut signifier, explicitement ou implicitement, que la société est ressentie comme une menace, dont il faut se protéger au maximum.

Il peut constituer une façon d’affirmer, avec une visibilité hypertrophiée, une identité radicale face à ce qui est perçu comme une uniformisation sociale, un primat de la logique de l’équivalence sur des valeurs morales et religieuses.

Il peut manifester une volonté de « retour aux origines », liée à une lecture littéraliste de textes sacrés, séparer le « pur », c'est-à-dire ceux qui seraient les vrais croyants, et « l’impur », l’ensemble de la société.

Il peut également être une manière extrême de retourner un stigmate face à des discriminations ressenties. » Comme disait, je crois, l’ado attardé qui fait président (et qui lui a dit sans ambages que le « voile intégral, ce n’est pas fait pour nos « climats »), le sociologue essaie d’expliquer l’inexplicable, sans doute pour justifier l’injustifiable !


« Le souci de la pureté se manifeste aujourd’hui de façons multiples, dans diverses croyances religieuses et non religieuses. Une certaine façon de mettre en avant la laïcité participe même de cette logique. » ajoute-t-il, aggravant son cas.

Mais ce n’est rien à côté de ce qui va suivre : « La première et la plus forte exigence de laïcité concerne la République elle-même, qui doit être indépendante des « religions et des convictions » philosophiques particulières, n’en officialiser aucune, assurer la liberté de conscience et l’égalité dans l’exercice du culte.

L’application de ces principes connaît toutefois, en France, certaines dérogations.

Ainsi, en Alsace-Moselle, malgré l’article 2 de la loi de 1905, il existe 3 « cultes reconnus » : catholicisme, judaïsme, protestantisme. 

Les lois de séparation elles-mêmes, votées de 1905 à 1908, prévoient une mise en pratique accommodante, puisque (entre autres) elles autorisent la mise à disposition gratuite et l’entretien d’édifices du culte existant alors.

Mais l’islam n’était pas présent dans l’hexagone. Et, sans intention discriminatrice, la République peine pourtant à réaliser l’égalité entre religions, au détriment de l’islam.

Malgré certains progrès,  elle est encore loin d’y parvenir. » N’est-il pas en train de mettre en doute le principe sacro-saint – car il faut savoir que pour nos super-laïques, qui ignorent tout d’Aristide Briand, les 2 premiers articles de la loi de 1905 sont sacrés – du non financement des cultes ?

 

« La laïcité est régulièrement invoquée face au voile intégral. Les exigences de laïcité sont, en fait, très différentes suivant les secteurs de la société. Dans son Avis de 1989, le Conseil d’Etat interdisait un port ostentatoire de signes religieux à l’école publique qui serait lié à des manifestations de prosélytisme, mais tolérait un port ne s’accompagnant pas de comportements perturbateurs. 

La loi de mars 2004 est allée plus loin, pour l’enseignement primaire et secondaire, mais – significativement - pas pour l’Université où les personnes sont majeures. Elle a donc introduit une dérogation, dont les effets se sont avérés ambivalents puisque cela a notamment induit un processus de création d’écoles privées à « caractère propre » musulman. »

« Cela montre en tout cas que les conséquences d’une loi ne sont jamais univoques et que certaines n’ont pas été, sur le moment, forcément totalement prévues. » Voilà donc, à nouveau, ce Baubérot maudit, seul membre de la commission Stasi à s’être abstenu sur l’idée de proposer une loi sur les signes religieux (entendez le foulard dit « islamique ») à l’école, qui en remet une couche. 

« Un troisième secteur de la société est l’espace public de la société civile, qui est à la fois un prolongement de la sphère privée et un lieu de débat, de pluralisme, de grande diversité d’expressions. Là, l’exigence principale de la laïcité consiste à assurer la liberté. Liberté et pluralisme dont nous avons une conception plus large qu’il y a 50 ans.

Est-ce à dire, pour autant qu’il n’y aurait aucune exigence de laïcité dans cet espace public de la société civile, et dans la sphère privée ? Je ne le pense pas.

Le Préambule de la Constitution donne les principes qui forment l’idéal de notre république, parmi lesquels l’égalité des sexes.

Chacun sait bien qu’il y a une distance entre réalité idéale et  réalité empirique.

L’objectif consiste à agir sans cesse pour réduire cette distance. Comment le faire ? Il est nécessaire d’opérer une distinction entre l’irréversible et le réversible. 

L’irréversible atteint l’individu dans sa chair, dans son être même.

Il induit une sorte de destin.

La puissance publique doit empêcher, autant que faire se peut, l’irréversible de se produire pour que les individus qui le subiraient ne se trouvent pas marqués à vie, pour qu’ils puissent avoir librement des choix personnels.

L’excision constitue un exemple-type d’irréversible.

La loi peut contraindre et réprimer. 

Pour le réversible, le respect de la liberté individuelle est une priorité, priorité limitée seulement par un trouble manifeste à l’ordre public démocratique ou par une atteinte fondamentale aux droits d’autrui.

Le réversible, concerne l’extérieur de la personne : ainsi, quelque couverte ou découverte qu’elle soit, il s’agit non pas d’elle-même mais d’une image qu’elle donne à voir à un moment précis.

Les vêtements, on les met et on les ôte, ils ne vous collent pas à la peau. »

« Depuis longtemps, la sagesse des nations a émis un constat d’une portée sociologique indéniable : « l’habit ne fait pas le moine ». » « Entre le permis et l’interdit, existe le toléré, où l’on combat par la conviction et l’exemplarité,  où l’on agit au cas par cas, pour veiller à ne pas être à terme contre productif.

Pour ce qui est réversible, réglementer, quand certaines nécessités de la vie publique l’exigent, est beaucoup plus approprié que légiférer.

Améliorer le dispositif social pour lutter contre des tenues subies est également important.

Mais une loi qui conduirait celles qui subissent le port du voile intégral à ne plus pouvoir se déplacer dans l’espace public induirait une situation pire que la situation actuelle.

Et, pour le voile intégral choisi, contraindre irait le plus souvent à l’encontre de convaincre, or il s’agit essentiellement de convaincre. »


Restons en à ce beau verbe « convaincre », user de la raison et non de l’émotion, de l’argumentation et non de l’anathème, de la conviction et non de la contrainte !

 

Source : http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2009/10/21/mon-audition-a-la-commission-voile-integral.html

 

 

La vidéo de l’audition : http://www.assemblee-nationale.fr/13/commissions/voile-integral/voile-integral-20091021-1.asp

Les commentaires de Jean Baubérot : http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2009/10/28/une-mission-parlementaire-boumerang.html

 

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 16:32

Cette célèbre phrase de Francis Blanche est reprise par le Sénateur Carle, à l’adresse des communes, dont des parents envoient leur progéniture dans une école privée hors commune. Ce sénateur  UMP, rédacteur d’une PROPOSITION DE LOI tendant à garantir la parité de financement entre les écoles primaires publiques et privées sous contrat d'association lorsqu'elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence*, n’est pourtant qu’un épigone de son collègue Michel Charasse.


En effet, sans doute à l’issue d’un bon repas où un marc d’Auvergne accompagnait les volutes du havane, l’ultra-laïc sénateur (PS à l’époque, depuis il en a été viré pour de sombres magouilles) avait déposé un amendement de la même encre (l'article 89 de la loi du 13 août 2004 "relative aux libertés et responsabilités locales"). Les communes qui n’avaient pas d’école publique devaient participer au financement de ou des écoles publiques qui accueillai(en)t leurs enfants. Charasse eut donc la géniale idée d’étendre cette participation au bénéfice des écoles privées sous contrat. Le fait que les sénateurs de droite unanimes votèrent pour cet amendement aurait dû dissiper les vapeurs d’alcool de marc qui, à l’évidence, encombrait le cerveau du sénateur auvergnat.  Ce fut pain bénit pour le privé. Charasse eut cette explication surréaliste : c’était pour pousser les communes à créer une école publique sur place. Outre que beaucoup d’entre elles n’auraient même pas suffisamment d’enfants pour ouvrir une classe unique, celles qui s’y refusent, comme dans le bocage vendéen, ne peuvent que se réjouir de cet amendement qui les autorise à mieux favoriser encore l’école privée.


L’umpiste Carle reprend donc cette imbécillité charassienne. En y ajoutant bien sûr quelques assouplissements supplémentaires. L’un d’eux est particulièrement hypocrite. Même si la commune a la possibilité d’accueillir un enfant dans son école publique, la prise en charge d’un gosse dans le privé sera obligatoire dans la mesure où un frère ou une sœur y est déjà ! Donc, la famille paye plein pot pour le premier, mais après a droit à une participation communale. Assez vicelarde aussi est l’autorisation, pour les communes qui n’y seraient pas tenues, d’accorder volontairement cette participation à une école privée extérieure.  Sinon, s’appuyant sur une notion de parité plus que douteuse, il cadre le montant de cette participation.


L’article 89 comme la proposition de loi Carle rompt avec la Loi Debré (1959) qui ne mettait à la charge des communes que les écoles privées sous contrat d’association sur leur territoire. Les laïcs qui ont combattu l’article 89 ne peuvent que se battre contre l’adoption de la loi Carle qui l’aggrave. « La liberté d’enseignement invoquée par certains  n’implique aucunement de financement public. » (La Ligue de l’enseignement).

Mais n’oublions pas que c’est un soi-disant laïc qui a ouvert cette brèche.


* Adoptée par le Sénat, elle va être soumise à l’Assemblée nationale dans quelques jours.

 

Pour ceux qui gardent un souvenir ému de Francis Blanche, quelques extraits d'un spectacle hommage : http://cbhg.org/?p=5688

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 17:07

Toujours au hasard d’une recherche, je tombe sur un site belge (Le blog d’Henri Goldman) dont un article traite du voile et de la neutralité de l’état après l’élection au parlement régional de Bruxelles d’une députée* « voilée ». Plus que l’article, m’a intéressé le premier commentaire (reproduit intégralement ci-dessous) et le fait que les 70 commentaires étaient tous réellement signés (et non sous des pseudos plus ou moins ridicules). J’ai découvert que c’était une exigence** du blogueur dont Le Post et autres sites d’information, qui se veulent sérieux, feraient bien de s’inspirer. Gageons que par les laïcards congelés dans le permafrost républicain, ces belges seront traités avec le même mépris dont ils accablent les Québécois.


La laïcité s’accommode mal d’interdits. Son objet est l’apprentissage de la liberté, de l’égalité et de la fraternité et non de bâtir une forteresse fermée au reste du monde.

Ceci n’est pas un voile

posté le 5 septembre 2009 par Bernard De Backer

"Un signe a toujours deux faces", affirmait le fondateur de la linguistique moderne Ferdinand de Saussure. Le signifiant c’est la face matérielle, visible : un son, un dessin, un mot, un objet, un vêtement. Quant au signifié, c’est le concept, la représentation mentale d’une chose, auquel renvoie le signifiant dans un système symbolique (linguistique ou, plus largement, sémiotique). Ainsi, le signifiant « pipe » renvoie dans notre langue au concept regroupant une collection d’objets comprenant un fourneau et un tuyau, et avec lequel on aspire du tabac. Il y a évidemment d’autres signifiés pour ce même signifiant, c’est ce que l’on appelle la polysémie qui permet notamment les mots d’esprit. Quant à la pipe de mon grand-père maternel et toute autre pipe existante ou ayant existé, c’est le référent. C’est bien pour cela que le tableau du dénommé Magritte n’est pas une pipe comme il s’amuse à le peindre.


Venons-en au voile. Ma mère, née en 1913, portait un foulard (dénommé « fichu » à l’époque) très similaire à celui de Madame Özdemir*, notamment quand elle allait à la messe ou faire ses courses (elle n’était pas parlementaire). De même, la plupart des babouchkas que j’ai pu croiser dans les confins est-européens portaient un foulard. J’ai même vu des fonctionnaires d’autorité arborant le foulard en Ukraine, notamment derrière un guichet. Remarquez : on utilise le mot « voile » dans le premier cas, « foulard » dans le second. Le signifié est-il le même ? Dit-on des babouchkas qu’elles sont « voilées » ? Pas que je sache. Et quand on veut désigner spécifiquement le foulard porté par des femmes musulmanes, on précise « foulard islamique ». Donc le problème n’est pas du côté du signifiant matériel (le bout de tissu) mais bien du côté du signifié, c’est-à-dire de l’image mentale à laquelle renvoie dans l’esprit de beaucoup de gens l’objet symbolique en question. Un autre exemple est la svastika. En Inde, ce symbole renvoie à un signifié religieux, en Europe, après 1930, au nazisme. Dès lors, arborer une svatsika en Inde n’a pas le même sens qu’en Europe.


Quand le dalaï-lama rend visite à des chefs d’Etats et autres représentants de l’autorité dans nos démocraties, il leur file une écharpe blanche autour du cou. Ainsi pouvait-on voir récemment le maire de Paris se pencher devant le hiérarque de l’école Gelukpa pour recevoir « le voile tibétain ». Cela ne semble pas poser de problèmes (sauf pour les autorités chinoises et quelques laïcards congelés dans le permafrost républicain) et personne ne s’offusque de voir le maire socialiste faire une génuflexion devant l’océan de sagesse. C’est que « bouddhisme tibétain » est un signifiant dont le signifié est - aujourd’hui - auréolé de positivité, ce qui n’est pas le cas de « islam », pour diverses raisons. Dès lors, on peut difficilement imaginer la reine d’Angleterre se pencher devant l’Ayatollah Khamenei pour recevoir le voile islamique, même à usage très temporaire.


Le problème n’est donc évidemment pas le voile et le « bout de tissu » mais bien ce qu’il représente pour une population donnée à un moment de l’histoire. Si le policier UK peut porter le turban sikh, c’est que, dans le contexte anglais, ce couvre-chef ne symbolise aucune menace pour la démocratie anglaise, à tort ou à raison, peu importe. Cela peut changer dans les deux sens. Ainsi, il n’y a pas si longtemps, le bouddhisme tibétain avait très mauvaise réputation et les lamas étaient dépeints comme des monstres assoiffés de sang (voir les aventures de Buck Danny au Tibet : « Mission vers la vallée perdue »). Le maire de Paris n’aurait certainement pas reçu le Grand Lama et son écharpe blanche à cette époque. Si le signifié du voile change, ce fichu foulard ne posera pas plus de problèmes que la queue de cheval d’une policière ou la moustache d’un fonctionnaire d’autorité. Et comment faire pour changer le signifié, me direz-vous ? Et bien il suffit que l’image mentale à laquelle renvoie cet objet se modifie.

* Mahinur Özdemir  Elue au Parlement Bruxellois

** "Le forum de ce blog est accessible par abonnement, ce qui implique notamment que chacun communique sa véritable identité : on débat ici à visière découverte. Bien que la polémique, même dure, soit admise et même encouragée, l'administrateur du site se réserve le droit de supprimer les messages dans trois cas de figure : 1. En cas de défaut manifeste de courtoisie et de recours à l'injure en lieu et place d'argument. 2. Quand le message sort trop manifestement du cadre du sujet traité. 3. Quand l'intervenant intervient de façon répétitive en utilisant ce blog comme une tribune et non comme un lieu d'échange."

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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 17:14

En guise d'épilogue, la CEDH condamne la France  pour "négligence" dans la mort d'Ali Ziri

Voir en fin d'article

 

La petite phrase de B. Hortefeux (« un beur, ça va ! beaucoup, bonjour les problèmes !») buzze à plein sur Internet. Et le ministre de l’intérieur, à vouloir faire prendre les vessies pour des lanternes, se brûle !

 

Mais Michel Monpontet, dans son excellente rubrique « Mon œil » (FR2 samedi 13 h 15), nous conte une histoire mille fois plus scandaleuse.

 

L’histoire de Tonton Ali.

 

Ali Ziri, 69 ans, est né en Kabylie, du temps de la colonisation. Comme beaucoup de kabyles, il est parti dans la métropole pour gagner sa vie. Pendant quarante ans, il a marné, vivant dans un foyer à Argenteuil et envoyant de l’argent à sa famille restée en kabylie. Une vie sans histoire.

A la retraite, il y a deux ans, il a rejoint sa Kabylie natale. Mais bien sûr, celui que, pour sa gentillesse, on avait surnommé Tonton Ali, avait gardé des copains à Argenteuil.

 

Pour fêter le futur mariage d’un fils, il revient donc en France. Le 9 juin 2009, après un apéro, avec son ami Arezki Kerfali (61 ans), sans doute un peu plus que doublé, il se fait raccompagner en voiture par cet ami.

Une patrouille de police les intercepte. Très vite, le contrôle aurait dégénéré. "Les trois agents nous ont menottés en nous brutalisant. Ils m'ont plaqué au sol et appuyé la tête contre le bitume", raconte Arezki Kerfali, en montrant les photos de ses hématomes. Il retrouve son ami Ali menotté comme lui et jeté sur le sol du fourgon de police. Lui et son ami auraient été victimes de coups et d'insultes racistes dans le fourgon. "Les policiers nous ont battus et traités de sales bougnoules".

 

Areski ne reverra pas Ali quand il sortira du commissariat : son ami a été emmené aux urgences (où il n’aurait été pris en charge qu’au bout de 40 minutes). Sa mort sera annoncée le 11 juin.

 

Une première autopsie conclura à un décès dû à l’alcool. Mais la famille obtiendra une deuxième autopsie qui relèvera de nombreux hématomes et une mort par asphyxie.

 

Dans quelques jours, Areski Kerfadi comparaîtra devant un tribunal pour outrage à agents. Les trois policiers n’ont pas été inquiétés. M. Hortefeux, prompt à châtier un préfet aux propos guère plus racistes que les siens, ne les a pas même suspendus par mesure conservatoire.

 

Et l’assassinat de Tonton Ali n’a pas provoqué de buzz.

 

http://13h15-le-samedi.france2.fr/index-fr.php?page=accueil

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/vie-et-mort-de-tonton-ali_786131.html

Voir aussi : http://deblog-notes.over-blog.com/article-30779749.html

 

 

En guise d'épilogue :

9 ans plus tard, alors qu'un tribunal de Rennes a prononcé un non lieu (deux sexagénaires un peu émêchés, jetés menottés dans le dos dans un fourgon par des policiers, c'est normal dans notre beau pays), la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), tout en avalisant la décision de la Cour d'appel rennaise, pointe quand même une "négligence", ce qu'on appellerait normalement "non assistance à personne en danger". Il en coutera 30 000 € à l'état français : le prix d'une bavure !

Tonton Ali
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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 21:01


Un « convent » (dans une association, on dirait Assemblée Générale) du Grand Orient de France, principale obédience Franc-maçonne vient de trancher contre la liberté pour les loges d’initier des femmes ; les cinq loges qui avaient, en 2008, osé initier six femmes sont donc désavouées. La masculinité du GOF est donc sauvegardée !

 

Il est vrai que l’âge d’or du GOF fut la troisième République : il joua un rôle de laboratoire d’idées notamment sur la laïcité et, en particulier, la loi de 1905. Mais une République qui, tout en concrétisant la déclaration des droits de l’homme et du citoyen par ses grandes lois sur la liberté d’expression, d’association, etc., contredisait le mythe de l’homme abstrait et asexué, car la citoyenneté, pas si asexuée que cela, ne s’élargit à la moitié féminine de l’humanité qu’en avril 1945, à l’orée de la quatrième République.

Le Monde fait parler un délégué du convent : « Dans sa loge parisienne, une "immense majorité ne souhaitait pas travailler directement avec des femmes. La loge est un endroit fermé, particulier, et nous souhaitons y travailler en masculinité", indique-t-il, récusant tout "sexisme". » (misogynie, ça serait plus juste ?) "Si nous initions des dames, rien ne dit qu'elles ne postuleront pas au conseil de l'ordre et deviennent, pourquoi pas, grande maîtresse !", rajoute un délégué bordelais de 68 ans. Honte et scandale ! imaginez une grande maîtresse !


Le grand maître, qui ne déparerait chez les jésuites, d’expliquer benoîtement : "Le travail des loges avec les femmes existe depuis 1974. Dans nos activités maçonniques et sociétales, nul ne peut dire que nous nous coupons de 50 % de la société. Seules 12 % des loges refusent encore de recevoir les femmes." 1945 vote des femmes, 1974 invitation de femmes dans ce que dans leur jargon, je crois, ils appellent « tenue blanche » qui n’a rien à voir avec la vraie réunion de loge.


À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, les loges discutaient de séparation des églises et de l’état, en ce début de XXIe siècle, elles s’emparent de l’importantissime problème de la burqa, au nom de la dignité de la femme, indigne de fréquenter pour de vrai leurs loges !

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 11:16

André Gérin, l’Iman rouge ? Difficile de croire que ce grand défenseur de la laïcité en péril, parce que quelques centaines d’encapuchonnées de chiffons noirs hantent nos grandes villes, a été affublé du surnom d’Iman Rouge.


C’est un drôle de coco, André Gérin, Maire de Vénissieux jusqu’à il y a peu.


Nous sommes aux lendemains de la « Marche pour l’égalité et contre le racisme », maladroitement rebaptisée « Marche des beurs », en 1983. Cette marche avait pris naissance aux Minguettes, à la suite d’une bavure  où le jeune Toumi Djaida avait été blessé au ventre par un tir policier. Sur la suggestion d’un prêtre (Christian Delorme) et d’un pasteur (Jean Costil), des habitants du quartier ont l’idée d’une longue marche pacifique, inspirée de Martin Luther King et de Gandhi. Des dizaines de milliers de petites mains marquées « touche pas à mon pote » allaient se répandre en France.


Mais l’euphorie passée, des pionniers de la marche se sont retrouvés aux Minguettes inchangées, voire encore plus ghettoïsées. Quelques uns d’entre eux, vont trouver refuge dans la religiosité en créant l’Union des jeunes musulmans (UJM 1987). « Très vite, l'UJM et les autres associations musulmanes deviennent les interlocuteurs privilégiés du maire (PC), André Gerin. Celui-ci y gagne le surnom d'"Imam rouge". "Les imams et les croyants ont compris que, pour compter sur le marché électoral, il fallait se compter, constituer une force politique", confirme Azouz Begag. Au même moment, les imams s'autoproclament. » Le Monde 13/01/05.


Les intégristes vont s’implanter dans les années nonantes. Le maire « a espéré pouvoir construire la paix sociale aux Minguettes, estime le Père Delorme, mais le fait de laisser s'implanter des petites mosquées* est révélateur d'une politique qui favorise le religieux au détriment de l'écoute des familles musulmanes. » Pendant vingt ans, il a promis une mosquée à Vénissieux (la première pierre a été posée en sa présence en novembre 2008). Deux jeunes originaires des Minguettes, arrêtés en Afghanistan, ayant été transféré à Guantanamo, il a soutenu leurs familles.

Il s’est défendu face aux attaques de l’extrême-droite bien sûr, mais aussi de prétendus laïcs :  « J'ai toujours opté pour un discours sans complaisance. Si des associations musulmanes sont si dangereuses, que fait le préfet ? Et la police ? Il faut arrêter de tirer sur les maires ! Personne n'est venu m'aider pour arrêter la montée de l'islamisme à Vénissieux depuis vingt ans. Je n'obtiens aucune information officielle des RG. J'en ai ras-le-bol. Les pouvoirs publics n'en ont rien à foutre parce que ce sont des musulmans. Moi, je vois des jeunes à qui il faut tendre la main. Et si c'était à refaire, je le referais. ».


Mais comme le FN gagne du terrain, il n’hésite pas non plus à jouer sur la corde populiste. Son « appel à la population » en 2006 (avec encart publicitaire dans Libé et L’Huma) lui vaudra, outre une protestation indignée de Gollnisch pour vol du fond de commerce du FN, une volée de bois vert de son camarade ( ?) Patrick Braouzec : « Je veux dire publiquement mon indignation sur ce texte.[…] Mon indignation à la tonalité populiste, néo colonialiste, méprisante adoptée par un élu. Mon indignation à voir la République et la Résistance associées à une telle démarche. Je veux dire ma consternation à ce qu’un tel texte émane d’un Député communiste, premier magistrat d’une commune. »


On pourrait rétorquer que cette rugueuse critique est liée à des luttes internes au sein du PCF. Sauf que, avec Les Ghettos de la République, livre préfacé par Eric Raoult, UMP, il n’y a plus aucun doute possible. Selon lui, dès les années 70, "même si tout cela n’a pas été perçu à l’époque, les motifs d’exaspération ne manquaient pas : le bruit, les odeurs, les portes qui claquent, les gens dans les escaliers, les animaux dans la baignoire, les hommes entre eux des heures durant, le chômage les ayant souvent frappés les premiers". Tous les poncifs éculés (pléonasme) sont là avec le soutien aux propos nauséabonds de Jacques Chirac sur les "odeurs" des étrangers, le mouton de l’Aïd dans la baignoire cher à BB. Et aussi, un formidable aveuglement ou un incroyable cynisme, car, si ce qu’il décrit date des années 70, comment se fait-il que le maire de Vénissieux, dans les années 80 et 90 (le basculement a dû se faire vers 1995, quand le FN a atteint 30% dans sa commune) se soit bien arrangé avec les représentants(?) religieux de ces bruyants, puants, fainéants barbaresques. Mais il avoue avoir la comprenoir un peu lente : "Pour ma part, je prends peu à peu conscience de l’étendue du problème. Il s’agit de différences de modes de vie, de différences culturelles entre le monde judéo-chrétien et le monde islamique".


Voilà donc ce délicat personnage – qui ferait passer Maxime Gremetz, autre coco hors des clous, pour ce qu’il est : un clown un peu grotesque – qui part en guerre contre les niqâbs qui envahissent nos villes et nos campagnes. La chasse au voile intégral  - que beaucoup des souteneurs du populiste veulent transformer en chasse au voile tout court – est donc la priorité d’un député PCF à l’heure du chômage et des fermetures d’entreprises, de la dette exponentielle, du trou de la sécu ou de l’allongement indéfini de l’âge de la retraite !

 

 

 

* En fait des salles de prière.

 

Voir aussi :

Azrou, niqab, Ile-de-France et ignorance

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 21:42

Souvent phiphi varie

Bien fol est qui s'y fie !


Faut-il rappeler les anathèmes jetés par le hobereau souverainiste contre le fils d’immigré hongrois A Nice, le 21/02/07 il mettait dos à dos les candidatures de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal : « Il y a des petites différences sur la dépense et sur les impôts mais c’est simplement une question de tempo. La droite va dans le sens de la gauche mais en un peu moins vite. Sur le droit opposable au logement, idée de Léon Trotski, la gauche avait hésité, en avait rêvé et la droite l’a fait. » Le président du conseil général de Vendée se montre sévère envers Nicolas Sarkozy : « Je me méfie de quelqu’un qui dit : Ayez confiance en moi parce que je ferais demain, quand j’aurais le pouvoir, ce que je n’ai pas fait aujourd’hui alors que j’avais ce pouvoir. »


Cependant, aux présidentielles, après avoir déclaré « Je ne suis pas propriétaire de mes voix » et « les Français sont libres. », le 22 avril au soir du premier tour pour se dispenser de donner une consigne de vote, il a finalement décidé à se prononcer pour... Sarkozy. Le candidat de l'UMP honni dans les rangs du MPF pouvait donc compter sur les 800.000 électeurs de PdV. Au nom de la solidarité familiale de la droite, et surtout sous la pression de ses lieutenants qui veulent rester en bon terme avec l'UMP, il mettait fin à sa fronde anti-sarko.
Cela lui fait perdre sa crédibilité de patriote, 10 jours avant il fustigeait avec virulence Nicolas Sarkozy, qui était infréquentable car, européiste, mondialiste voulant mener une politique d'immigration choisie et laissant proliférer les mosquées sur le territoire.


Cela ne l’empêcha pas, pendant la campagne des européennes,de reprocher à notre umpereur de jouer de la "flûte turque" en pratiquant un double langage sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et sur la préférence communautaire.


Mais, une main devant, une main derrière l’agité du bocage annonce qu’il "accepte" la "proposition de Nicolas Sarkozy" d’"intégrer à la rentrée le comité de liaison de la majorité présidentielle", installé officiellement le 30 juin par l’UMP et ses partenaires.

Il affirme que ses relations avec Nicolas Sarkozy et le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand ont "toujours été bonnes et amicales(sic)", et ajoute qu’il s’agit d’une "entrée durable dans la majorité présidentielle pour les prochains combats électoraux. A commencer par les régionales de mars prochain".

 

 

Sa haine à l’encontre de la pharmacienne angevine, Roselyne Bachelot, date de plus loin encore. Le 14 mars 2002, le Mouvement pour la France, présidé par Philippe de Villiers, a affirmé que Jacques Chirac "paiera dans les urnes" d'avoir choisi comme porte-parole de campagne la RPR Roselyne Bachelot, qui vient de se prononcer à titre "personnel" pour le droit d'adoption pour les couples homosexuels. "Jacques Chirac a fait le choix déconcertant de confier une responsabilité essentielle (celle de porte-parole) à une élue acharnée à détruire les bases de la société et à voter contre son camp. Il en paiera les conséquences dans les urnes", a déclaré Alexandre Varaut, porte-parole du MPF, dans un communiqué. Le MPF reproche à Mme Bachelot, qui a été la seule députée de droite à voter pour le PACS, "d'avoir voulu séduire la gauche libertaire et provoquer les électeurs de droite [en] prônant l'adoption par les couples homosexuels". Menace sans grande conséquence, puisque au 2e tour, comme en 1995, l’agité du bocage appelle à voyer… Chirac, bien sûr !


Mais la dame Bachelot est restée dans le collimateur : "Philippe de Villiers donne le ton et prévient que si l'UMP confie la conduite d'une liste à Roselyne Bachelot pour les régionales de 2010, ce sera sans son soutien. « Si elle était candidate, un grand nombre d'élus de terrain de la droite régionale se rassembleraient derrière un autre candidat incarnant une véritable alternative » à la majorité actuelle de Jacques Auxiette (PS).

Le président du conseil général de Vendée reproche à la ministre de la Santé d'être « fantasque ». Elle serait, selon lui, « plus à l'aise dans les émissions de télévision de MM. Ruquier ou Fogiel que sur le terrain » et « créatrice de division ».

Après cette charge, le leader du MPF s'interroge sur cette annonce et ironise : « Si l'UMP est à ce point en panne de candidats, il faut me consulter... En fait, je me demande si ce n'est pas Jacques Auxiette qui a soufflé le nom de Roselyne Bachelot. Car, si c'est elle, il est sûr d'être réélu. »"


Interrogé sur ses intentions pour les régionales de mars 2010, retournant sans vergogne sa veste, le Vicomte La girouette etc. se dit prêt à se mettre sous la bannière de Roselyne Bachelot, investie en mars dernier comme chef de file UMP, "dans toute la mesure du possible". "L’objectif est de battre la gauche et le seul moyen c’est l’union de la majorité présidentielle", ajoute-t-il.

 

Comment c'était déjà la chanson... ah ! oui "Je retourne ma veste et même mon pantalon"


Pour compléter : Philippe La girouette de Villiers s'explique

Un "pensionnat de Chavagnes" à la mode de Villiers !

De Villiers essaie-t-il de masquer ses frais de campagne ?

De Villiers pirate des fichiers !

Un évêque sur mesure pour de Villiers

Mélenchon-de Villiers mêmes contre-vérités !

Neu-neu, 3e millénaire, Yoland Simon

De chez le neu-neu : Maison d’Ariane, Vendée contre Europe, Borloo=rigoloo !

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 21:21
Expansion arabe sous Mahomet (I) et les trois premiers califes, Abou Bakr (II), Omar (III) et Uthman (IV)

Expansion arabe sous Mahomet (I) et les trois premiers califes, Abou Bakr (II), Omar (III) et Uthman (IV)

Ce mot m'est apparu dans un article d'un prétendu philosophe qui, dénonçant la mise en parallèle de l'antisémitisme et de l'islamophobie, par notre umpereur, l'accusait de dhimmitude. Ce terme venait donc enrichir les insultes et anathèmes de la secte xénophobe : à côté de la bien pensance ou de la pensée unique, il y avait déjà les idiots utiles, les gauchistes compassionnels dégénérés, les gaucho-islamistes, les collabos des fascistes politico-religieux, sans oublier Baubérot et consorts et j'en passe.

 

Ce néologisme aurait été forgé par une « historienne », juive d'origine égyptienne, expulsée d'Egypte sous le régime nationaliste de Nasser, Giselle Littman, qui a pris pour pseudo Bat Ye'or (fille du Nil).

Cette historienne a une vision assez peu historique de ce qu'étaient les dhimmis sous les empires musulmans et porte des jugements moraux sur la « corruptibilité des chefs chrétiens ». Elle parle du calife Omar (première moitié du VIIe siècle) comme s'il s'agissait du célèbre Mollah Omar, vélomotoriste et compagnon de Ben Laden, notre contemporain.

 

Il suffit de comparer la prise de Jérusalem en 637 par cet Omar, avec celle des croisés en 1099, pour se demander de quel côté étaient les barbares sanguinaires*.

Donc en 637, le général byzantin défenseur de la ville s'étant enfui, le 2e calife, Omar, accorda sa protection aux habitants de la ville. Il garantit la sauvegarde des sites chrétiens et la liberté de culte.

En 1099. « Entrés dans la ville, les pèlerins poursuivaient, massacraient les Sarrasins jusqu'au Temple de Salomon... où il y eut un tel carnage que les nôtres marchaient dans le sang jusqu'aux chevilles ». La ville est pillée, sa population musulmane, juive et de chrétiens grecs, coptes, syriens, arméniens est massacrée.

 

La conversion très rapide de tribus entières à l'Islam, pendant la conquête arabe, est moins due à la force qu'à la simplicité de cette religion qui se résume pour ses adeptes à cinq grandes obligations. L'exemple du Maghreb est net. Si Oqba ibn Nafi, en 682, trempe les sabots de son cheval dans l'océan, croyant avoir atteint l'extrémité de la terre vers l'Ouest, il va se heurter à une résistance menée par la légendaire Kahina. Elle lui coûtera la vie. Mais, à peine la Kahina fut-elle vaincue (701) que des tribus berbères se  convertirent et sous la direction de l'un d'eux, Tarik ibn Zyad, en 711, ont conquis l'Espagne Wisigothe, qui devient Al Andalus. Les conquérants arabes, très peu nombreux, n'ont pu asseoir leurs conquêtes qu'avec le ralliement de larges fractions des populations conquises.

 

Les dhimmis étaient les « gens du livre », les chrétiens (de toute obédience, y compris ceux que la papauté persécutait) et les juifs. Ils étaient soumis à la capitation et à un impôt foncier, mais gardaient leur liberté de culte (sans prosélytisme, bien sûr) et leurs propres tribunaux.  Certes, comme le dit la « fille du Nil », ils furent humiliés, ainsi les abassides et leurs successeurs leur infligèrent des obligations vestimentaires, par exemple. Mais la culture des Juifs séfarades connut son âge d'or pendant l'ère musulmane d'Al-Andalus avec des érudits comme Maïmonide et Ibn Ezra.

 

Quand en 1492, les rois très catholiques, Isabel I de Castille et Ferdinand II d'Aragon s'emparent de la dernière possession musulmane, Grenade, promesse fut faite d'accorder aux musulmans du royaume vaincu un statut calqué sur celui des dhimmis. Dès 1502**, l'engagement fut renié et les musulmans, comme les juifs, n'eurent d'autre choix que l'exil ou la conversion. Les convertis de force, marranes pour les juifs, moriscos pour les musulmans, n'en furent pas quitte pour autant. L'inquisition de Torquemada, tortures aidant, fit avouer à beaucoup d'entre eux la pratique clandestine de leur ancienne religion. En 1535, est instaurée une condition dite de "propreté de sang" (limpieza de sangre) : toute personne désireuse d'accéder à certaines charges importantes en Espagne devait faire la preuve qu'elle ne possédait pas d'ancêtre juif ou musulman depuis au moins quatre générations. Cette condition deviendra une loi qui ne sera abrogée qu'en 1865. Philippe III signe le 22 septembre 1609 le décret d'expulsion de tous les Morisques d'Espagne (véritable déportation vers le magrheb).

 

  Faut-il rappeler aussi que notre république des droits de l'homme, en l'occurrence la troisième, affirmant que «les races supérieures ont le droit et le devoir de civiliser les races inférieures» (J. Ferry), ont dhimmisé les populations colonisées, avec un « droit indigène » qui préservait certes leurs tribunaux propres, mais les mettaient dans un état d'infériorité qu'on peut qualifier, sans exagération, d'humiliation !

 

Donc, comme de coutume - si l'on peut dire - nos pseudos laïcs et vrais xénophobes ont fait preuve d'une totale inculture historique - les dhimmis étant ceux qui, à travers les siècles, ont sauvegardé leurs « communautés » (et oui, c'est le mot qui convient) chrétiennes diverses, et dont l'entente n'est d'ailleurs pas toujours très évangélique, et juives. Les musulmans, contrairement aux catholiques (voire aussi les dragonnades), n'ont pas pratiqué de conversions forcées systématiques à l'encontre des gens du livre.

 

Le néologisme dhimmitude est une totale infamie.  

 

* Oui, je sais, ce disant je porte aussi implicitement un jugement moral, mais d'abord, je ne me prétends pas historien, ensuite, depuis les lois « mémorielles », les condamnations « achroniques » (sans mise en perspective avec l'époque) sont de mise.

 

** Léon l'Africain conte les tribulations de ce Léon-Hassan né à Grenade mais dont la famille a dû fuir à Fès avec la dernière étape de la Reconquista.

 

Al Andalus L'Espagne au temps des califes

Expulsion des Morisques en Espagne

Expulsion des Morisques en Espagne

 

"DHIMMA"

 

Etymologiquement, de la racine DhMM:  mettre sous tutelle,  être sous  protection.

 

 Dans les pays conquis par les musulmans, aux communautés monothéistes refusant de se convertir à l'Islam, et par voie de conséquence, ne faisant pas partie de la "Umma"(la communauté islamique), était imposé le statut de "dhimmi", c'est à dire un ensemble de dispositions humiliantes en contrepartie d’une protection et du droit à pratiquer leurs rites.

 

En gros, ces règles étaient les suivantes:

-Interdiction de porter la main sur le Coran.

-Interdiction de pactiser avec les ennemis de l'Islam.

- interdiction des mariages entre musulmanes et dhimmi (par contre un musulman peut épouser une dhimmi, les enfants doivent être musulmans).

-Interdiction de construire des édifices religieux ou des logements privés en quartier musulman.

-Interdiction d’élever des édifices religieux plus haut que les mosquées.

-Obligation de  port de vêtement distinctif.

-Interdiction de posséder des chevaux.

-Interdiction d'avoir des esclaves.

-Primauté de la Loi coranique dans tous les jugements.

-Irrecevabilité des témoignages des dhimmis contre les musulmans.

-Assujettissement des taxes et impôts particuliers.

- Interdiction d'apprendre l'arabe littéraire.

 

Il faut, toutefois, souligner que le  Judaïsme marocain, par exemple, a joui d'une autonomie culturelle assez large accordée par la plupart des sultans qui se sont succédés au Maroc.

 

D’après Saïd Sayagh

 

Le Pacte d’Omar est la toute première entente entre les autorités musulmanes et les non musulmans des territoires qu’elles occupent. Fondamentalement, c’est l’entente d’un occupant envers un conquis. C’est aussi l’entente d’un commandement sectateur envers une communauté d’ouailles qu’il ne considère ni mécréante (et, conséquemment pas athée non plus), ni idolâtre mais monothéiste comme lui, donc, par principe: tolérable. On y formule des procédés assez classiques d’encadrement coercitif des populations (interdiction du port d’armes et de la chevauchée, imposition de signes distinctifs, taxes spéciales, déférence affichée) mais, en échange, et ce n’est pas mince, les cultes non musulmans sont préservés et protégés par les autorités.

À une époque où la pure et simple mise en esclavage de peuples conquis en rébellion larvée permanente était chose commune, obligatoire presque, on a ici un véritable morceau de mutuelle bravoure dans l’effort de coexistence pacifique.

 

Ne discute avec les gens du livre

que de la manière la plus courtoise.

-Sauf avec ceux d’entre eux qui sont injustes-

 

Dites:

« Nous croyons à ce qui est descendu vers nous

et à ce qui est descendu vers vous.

Notre Dieu qui est votre Dieu est unique

et nous lui sommes soumis».

 

(Le Coran, Sourate 29, L’araignée, verset 46 traduction D. Masson)

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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 21:14

Remontée vers le pano, par la déviation poids-lourds (hôpital-marché couvert à peu près) et, à la hauteur de l'ex-maison de Michèle et Jean-Claude G., je croise un barbu modèle Ahmadinejad, suivi à trois mètres d'une femme (ou supposée telle) en niqab.  Mais coupant par la rue passant le long du logement du toubib du dispensaire (qu'est devenu Harrouard ?),  je débouche sur la sortie du lycée où se côtoient lycéennes têtes nues ou coiffées de fichus, discutant et riant ensemble sans aucune coupure entre voilées ou pas.

Certes nous sommes loin du temps d'antan, où les (peu nombreuses) jeunes filles de notre collège - dans les années soixante ou septante du siècle dernier - arrivaient en mini-jupes (comme leurs profs européennes). L'une d'elles, quasi en micro-jupe, jetait un voile pudique... sur ses cuisses !


Une fois encore, avec une délégation de notre (modeste) association d'anciens coopérants, nous revenions à Azrou, un peu notre deuxième "chez nous", où nous avions enseigné dans ces années soixante et septante (pour quelques uns jusqu'au début des années octante). Je ne pouvais m'empêcher de penser aux imbécillités lues sur un torchon virtuel sur les cinq prières censées paralyser la vie en pays musulman. Désolé pour le xénophobe attardé auteur de cette énormité, mais la vie ne s'arrête pas quand retentit le chant du muezzin et les quelques crapauds d'ablutions (équivalents de nos grenouilles de bénitiers) qui vont journellement à la mosquée, sont considérés, le plus souvent - à quelques croyants pieux et sincères près - comme des hypocrites (des tartuffes). Dans le périple, qui a suivi notre séjour au cœur du Moyen-Atlas, il nous est arrivé une fois de voir un chauffeur de poids lourd arrêté pour une prière. Les autres continuaient de rouler. Il n'y a qu'au moment du Ramadan, quand retentit la sirène indiquant la rupture du jeune, que tout s'arrête, le temps d'une bonne soupe ! 


La visite de nos ex-établissements, collège et lycée, a donc montré la diversité des vêtures des filles. Chez les collégiennes les têtes nues l'emportaient, et les autres ne portaient qu'un fichu. Chez les lycéennes, têtes nues et têtes voilées faisaient jeu égal. Mais seule une infime minorité portait le voile comme la guimpe d'une bonne sœur et beaucoup de voile aux couleurs chatoyantes étaient plus des accessoires de mode juvénile que des signes prétendument religieux.

Cette cohabitation sans heurt n'est peut-être pas générale. Une ancienne élève, devenue prof à Meknès, nous contait la pression insidieuse de collègues voilées.

Symbole de cette cohabitation pacifique : les deux sœurs N.L., toutes deux également profs (et ayant bénéficié de mesures de pré-retraite dites de départ volontaire) : l'une, Hadja - ayant fait le pèlerinage à La Mecque - arbore une tenue digne d'une carmélite, l'autre Marya, pétulante, chevelure au vent, habillée à l'européenne, et les deux tout aussi urbaines.

Seule ombre au tableau donc, ce barbu croisé avec quelque pas derrière une femme (ou supposée telle) vêtue d'un niqab, voilée de noir jusqu'aux yeux à peine visibles. Mais aucune dans une longue ballade dans la médina de Rabat, peu après. Faut-il ajouter que le mouvement Amazigh, ceux que nous baptisons berbères, revendique le droit à la laïcité condition de la citoyenneté dans un Etat de droit ? Et Azrou est au cœur d'une population restée  largement berbérophone.


Azrou n'est sans doute pas touché par l'explosion sexuelle au Maroc que décrit l'hebdomadaire Tel Quel. Cette libération sexuelle ne concernait, il y a une vingtaine d'années, qu'une minorité de privilégiés qui pratiquaient déjà le jeu des clés de contact (chaque épouse tirant au hasard une clé de voiture dans un vase et repartant avec son propriétaire - pas l'époux bien sûr - à l'issue d'une fête libertine). Mais ce que montre Tel quel, c'est que cette libéralisation des comportements sexuels touche aussi une frange de jeunes (et moins jeunes) célibataires ou divorcé(e)s, femmes et hommes, de la fraction la plus aisée de la classe moyenne. La (très relative) plus grande autonomie de la femme est en partie due à la nouvelle Moudawana (code de la famille) qui donne plus de droit aux femmes. La prolongation des études, le recul de l'âge du mariage, mariages de moins en moins arrangés dans cette bourgeoisie urbaine moderne, mais qui restent très coûteux, expliquent aussi cette libération, facilitée par internet.


On est donc loin, très loin, de cette caricature des pays musulmans que décrivent de pseudos laïcs qui ne démontrent que leur obscurantisme.


Tout cela est très fragile. Ainsi, à Azrou, des islamistes ont condamné la création d'un petit centre d'accueil d'enfants abandonnés, car cela encouragerait les filles-mères. Comme est fragile l'équilibre politique, monarchie de droit divin teintée de vraie démocratie, sur fond de bureaucratie tatillonne et assez largement corrompue, mais avec une presse, comme le démontre Tel quel, assez libre. Et s'agissant des mœurs, l'hétérosexualité extra-conjugale reste interdite, ne parlons pas de l'homosexualité (ce qui n'empêche évidemment pas la pratique de l'une et de l'autre).

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