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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 16:12

En l'espace d'une demi-heure, de deux pourvoyeurs suffisamment éloignés pour que l'un ne transfère pas le message de l'autre, je reçois ce message :

"CRISE DES SUBPRIMES : une explication très simple pour ceux qui essayent encore de comprendre*
Alors voilà, Mme. Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de Calais.Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée.
Vu qu'elle vend à crédit, Mme. Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du "calva" et du ballon de rouge.

Le jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui, pense que les "ardoises" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme. Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie.
Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre.
Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme. Ginette).
Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays.
Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les alcoolos du troquet de Bertincourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes.
La buvette de Mme. Ginette fait faillite.
Et le monde entier l'a dans le cul.... "

 

En bon centre de redistribution, je transfère ce message, tel Larousse, à tous vents.

 

Mal m'en prit, car en retour boomerang, un des destinataires rétorque : « Un tout petit détail,... mais qui me semble avoir son importance, c'est que les gens à qui on a fait crédit, d'une manière certes inconsidérée, n'était pas des alcoolos, des imbéciles, des moins que rien,.... mais des gens comme toi, moi ou nos enfants qui ont juste envie de vivre comme tout le monde, qui partagent les rêves de chacun, une maison bien à soi, les enfants à l'école, etc. mais qui ne gagnent pas assez, plus assez, pour se payer même ces rêves relativement modestes. Toute la valeur ajoutée est pour les actionnaires et non pour ceux qui travaillent, bêtement, et sans boire pour autant....
La vision ginette du monde du travail me semble un peu légère.
 »

 

Pour moi, cette petite fable était partie d'un exemple volontairement caricatural pour montrer toute l'absurdité d'un système bâti sur du vent et nous éclairer sur ces fameux produits dérivés qu'on nous assénait sans expliquer de quoi il s'agissait.

 

Devrais-je battre ma coulpe pour envoi « politiquement incorrect » (doublement, puisque l'exemple est une atteinte à l'honneur du peuple ch'ti) ?

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 16:43

Attendons que la CNIL ait fait connaître son point de vue sur la nouvelle mouture du décret de l'ex-edvige (bien que tout laisse craindre que le fichage des mineurs « susceptibles de », dès 13 ans, soit maintenu).

Mais les roquets de la majorité ont trouvé un nouvel os à ronger : le fichage policier ne serait rien à côté du fichage de fait sur internet.

 

Certes dans ce deblog notes je livre un certain nombre de renseignements personnels : cédétiste, social-démocrate, ouiiste, anticlérical mais combattant aussi les pseudos-laïcs soi-disant rrrrépublicains, érotomane, pro-pédagogue contre les rétropenseurs, péremptoire, etc. de quoi remplir une fiche des ex-RG si ma modeste personne attirait leur éminente attention. Et comme, en plus, j'ai semé des messages sur x blogs, commis quelques sites, des adversaires qui ont parfois une âme de flics, surtout quand ils se réfugient  derrière un pseudo ou dans l'anonymat, savent s'en servir. Mais, comme ceux qui vont encore plus loin (peut-être) dans des espaces comme « facebook », c'est volontairement, dans une conception, sans doute vieillotte, du débat citoyen qui rejette le lâche anonymat, que je m'expose à un éventuel flicage.

Assimiler un fichage policier avec le choix volontaire - peut-être imprudent parfois - de confesser ses goûts, ses amitiés, ses choix... est une imposture.

 

Mais, second aspect d'internet (et d'autre outils : cartes de crédit, téléphones mobiles, caméras de surveillance, ADN, etc.) : mettre potentiellement chacune et chacun sous contrôle, instaurer, sous les plus nobles prétextes (lutte contre la délinquance, le terrorisme, pour la fluidité du trafic,...), le « meilleur des mondes » !

En attendant cette « panoptique » universelle, moins menaçant peut-être pour la liberté (?),  s'est développé sur internet un véritable trafic d'adresses électroniques d'abord, puis de profilage de consommateurs virtuels que l'on bombarde non seulement de spams divers et avariés, mais aussi de messages publicitaires plus ciblés. Ce fichage privé est bien sûr condamnable.

 

La diversion - à laquelle se sont prêtés certains médias - est donc grossière. Que des moteurs de recherche permettent d'obtenir un portrait plus complet peut-être (mais pas plus fiable pour autant) d'une personne que celui d'une fiche de police, ne donne aucune légitimité à un fichage policier. D'autant qu'il repose sur des critères totalement flous et s'ajoute à de nombreux fichiers déjà existants.

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 16:36

C'est un beau dimanche de mi-septembre, le 14 pour être précis, dans la bonne ville de Lyon. Une BAC (les Brigades Anti Criminalité sont un peu nos « Brigades du Tigre » contemporaines) patrouille. Arrive un monstrueux 4X4 (Q7 de chez Audi à la calandre de camion américain) conduit par un black lui-aussi mahousse. « Contrôlez-moi ce suspect » (c'est promis, je vous épargnerai la calamiteuse devinette Qu'est-ce qui est pire qu'un lèche cul ?) a dû dire le chef.

C'est là que les versions vont diverger.

John Mensah, ledit suspect, un étranger (Ghanéen d'origine : c'est où le Ghana chef ?), mais peut-être pas en situation irrégulière (son employeur l'olympique lyonnais a dû régulariser ses papiers) prétend que les policiers le soupçonnaient d'avoir volé son propre véhicule. «Quelle incompréhension ? On ne m'a même pas demandé mes papiers. Je n'étais pas en situation d'excès de vitesse, ni rien d'autre. Je rentrais à mon hôtel pour manger. Les policiers m'ont arrêté et m'ont alors demandé de sortir de ma voiture. J'ai été jeté à terre, menotté. Je n'oublierai jamais ce pistolet qu'ils m'ont posé sur la tête. Je ne comprenais pas. Ils m'ont traité comme un criminel avant de me placer en garde puis de me libérer. Depuis que je suis en France c'est le pire moment de ma vie. Les policiers disent qu'ils m'ont parlé et que je n'ai pas compris. Je ne parle peut-être pas très bien français, mais je comprends tout. Après je me suis retrouvé en garde à vue» (toute la nuit jusqu'au lundi 11 h).

«En tant que chrétien je suis supposé pardonner. C'est ce que j'ai fait même si c'est dur. Au début, j'avais envie de porter plainte. Mais le club et mon conseiller m'ont incité à ne pas le faire».

 

A noter le bal des faux-culs qui a suivi la garde à vue : le procureur parle d'incompréhension (Mensah n'aurait pas vu qu'il s'agissait de policiers !) et le club, pour expliquer qu'il n'ait pas joué contre la Fiorentina, a invoqué une gastro-entérite.

 

Le 27 septembre, un des policiers de la Brigade anti criminelle est sorti (anonymement) de l'ombre pour rectifier le tir : "On a voulu contrôler son identité mais il a refusé en prenant la fuite" explique ce policier en ajoutant : "Du coup, on a été obligé de se lancer dans une véritable course-poursuite avec lui. Il a alors grillé plusieurs feux rouges. Mais on a fini par le coincer. Et son arrestation a été très difficile car il s'est rebellé. En plus Mensah est un vrai colosse. Du coup, un de mes collègues a été blessé, ce qui lui a valu plus de dix jours d'arrêt de travail ! Mais finalement, on a réussi à le maîtriser au sol et à lui passer les menottes. Puis on l'a emmené en garde à vue. Mais il répétait sans arrêt qu'il était un joueur de l'Olympique lyonnais et qu'on allait avoir des ennuis ! Effectivement, on a été contacté par l'OL, qui nous a expliqué qu'on ferait mieux de le relâcher car sinon, cette affaire allait faire de sacrées vagues dans la presse. Résultat, on l'a remis en liberté en fin de matinée."

Voyez le topo : refus d'obtempérer, délit de fuite, menues infractions qui valent normalement une suspension immédiate du permis plus quelques euros d'amende, plus une rébellion caractérisée avec agression d'un agent de la force publique, pour beaucoup moins que cela une championne olympique, Eunice Barber, a été poursuivie. Comme quoi, il vaut mieux être un joueur de foot, qu'une championne d'athlétisme.

 

Serait-ce faire preuve de racisme anti-flic que d'émettre un soupçon de doute sur la version policière ? Il y manque au moins une explication préalable : pourquoi cette brigade a arrêté cet impressionnant 4X4 dont le malus doit permettre de s'acheter une Logan neuve ? Le Q7 eût-il été conduit par Toulalan*, nos brigadiers l'eussent-ils interpellé ?

 

 

* Pour un non fouteux : Toulalan, pur produit du FC Nantes du temps où ce club jouait encore au foot, est un joueur de l'Olympique Lyonnais, ni black, ni beur.

 

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 18:12

Un ami de 40 ans m'a transmis une pétition intitulée « La laïcité ne doit pas plier devant Benoît XVI ». Outre que la formulation est un peu incongrue  (Les laïcs ne doivent pas plier devant Benoît XVI  ou La laïcité ne doit pas plier devant le cléricalisme de Benoît XVI m'auraient paru plus logiques), le problème n'est pas B. XVI mais Sarko.

 

Que B. XVI réinstaure la messe en latin, remette des habits sacerdotaux à la somptuosité indécente et veuille que ses fidèles s'agenouillent devant lui langues tendues pour recevoir une petite rondelle de pain azyme... en bref veuille tirer un trait sur Vatican II (comme d'autres veulent le faire sur Mai 68), me semble navrant. Mais les cathos pourront me rétorquer que c'est leur problème et pas le mien. Qu'il veuille interdire le divorce, la contraception, les relations homosexuelles, etc. à ses ouailles, là aussi, c'est leur problème.

 

En revanche, si, affirmant que ces prescriptions obéissent à une "loi naturelle", son église tente, comme en Italie, comme en Espagne, de remettre en cause des lois votées par les pouvoirs législatifs de ces pays (ou de bloquer la discussion de ces lois), on est en droit  d'attendre, d'exiger même, de nos gouvernants que, comme Zapatero en Espagne, ils sachent dire non à ce cléricalisme* agressif.

Notre Chanoine de Latran avait servi sur un plateau une "laïcité positive" dont B. XVI s'est empressé de se saisir. Accoler un adjectif à laïcité ne serait pas un crime, si, en parlant d'avènement, on ne laissait entendre que la laïcité serait négative. Démontrant soit leur ignorance, soit leur cynisme, le pape et le chanoine inversent les rôles. Ne leur en déplaise, entre Aristide Briand et Pie X, le libéral (au sens politique du terme) et l'homme de compromis fut le premier, l'esprit obtus et sectaire, le second.

 

Cette inversion se retrouve s'agissant de la science où B. XVI voudrait nous faire croire que la raison est du côté de la recherche de Dieu** et non de celui de la science. Comme le rappelle Y. Quiniou (« Le pape contre la science », Le Monde 20/IX/08), la science n'a pu « se développer qu'en s'appuyant sur une raison qui a fait abstraction des croyances religieuses ». Galilée (qui ne fut jamais réhabilité au prétexte que le tribunal qui l'avait condamné n'existait plus) ou Darwin furent la preuve de l'obscurantisme de l'Église catholique. Il eût été bien inspiré, ce pape, de lire Jean Baubérot, un parpaillot il est vrai, qui distingue l'agnosticisme en quelque sorte méthodologique auquel il s'astreint dans son travail scientifique et le plan du symbolique où il se situe comme croyant.

 

Et c'est Alfred Grosser, dans un éditorial d'Ouest-France (23/IX/08) qui interpelle le pape sur la morale : « Pénétré de ses certitudes, Benoît XVI savait-il vraiment que, dans le public qui l'écoutait [...] au collège des Bernardins, nombreux étaient ceux qui ne croyaient en aucun dieu et surtout pas en un fils de dieu ressuscité ? [...] Sa raison n'était pas leur raison. [...] Benoît XVI a paru considérer que le Dieu de l'Écriture était la seule source de la morale ». Évoquant une dimension fondamentale, à ses yeux, de la morale - la tolérance, le respect de l'autre - Alfred Grosser ajoute : « Le pape se veut "semeur de charité". Mais l'Église catholique n'a accepté la liberté religieuse et n'a condamné la coercition que le 7 décembre 1965 » au concile Vatican II.

 

Peu me chaut que M. Ratzinger, dit Benoît XVI, affirme que la raison est du côté de la foi ou qu'il n'y a de morale que fondée sur sa croyance, serait-on tenté de dire. Sauf que, s'agissant de la morale, dans sa comparaison entre le curé et l'instituteur, le chanoine de Latran disait à peu près la même chose.

 

Le problème n'est pas Benoît XVI, le problème c'est Sarkozy !

 

* Cléricalisme, volonté obstinée des papes et du clergé à subordonner la société civile à la société religieuse, à vouloir étendre à la société politique les règles et méthodes de cette Église, à utiliser des armes spirituelles à des fins temporelles, à se servir du pouvoir politique pour imposer sa vision morale, individuelle ou collective (d'après Marc Ferro).

** Une  « culture purement positiviste » qui relèguerait dans le subjectif la question de Dieu constituerait un abandon de la raison, autant qu’un abandon de Dieu et que la recherche de Dieu constitue « le fondement de la culture véritable » (Discours des Bernardins)

Le premier montage est l'oeuvre de Maître Eolas (www.maitre-eolas.fr)

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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 20:27

Faudra-t-il bientôt fonder l'amicale des Rocardiens historiques ?

Certes, je n'y aurais qu'un strapontin pour avoir représenté le Courant C, au lendemain du congrès de Metz, à la fédération de l'Eure, face à un ex-LCR, devenu à vitesse grand V 1er secrétaire sous l'ombrelle protectrice du duc de (haute) Normandie, FABIUS, et à un suifeux CERES (parisien possédant une maison secondaire, avec un pseudo, qui deviendra très temporairement directeur d'une banque nationalisée et lorraine au lendemain de 1981).


Mais quand je vois Cambadélis se rallier, apparemment, à Martine Aubry, alliée, elle-même, à Fabius, quand je vois Michel Rocard, lui-même, appuyer Delanoë et ses amis jospiniens, sans parler du pôvre Moscovici qui, peut-être, dans une manoeuvre hardie, orchestrée par Manuel Valls, va se retrouver, sous l'égide de grands provinciaux (Collomb, Guérini...), allié à Ségolène Royal, objet de tous les opprobres de tous les autres, l'angoisse m'étreint... y-a-t-il encore des rocardiens dans l'avion ?
Je veux dire : les rocardiens, ou leur avatar strauss-kahnien, existent-ils encore ?


Peut-on être plus rocardien que Rocard ?


Pour moi, il est en tout cas clair que l'alliance avec Fabius - j'ai trop subi les moeurs féodales du personnage en Haute Normandie (sans parler du référendum européen) - est imbitable. Le ralliement à Bertrand Delanoë de Rocard et quelques autres me semble plus le fruit d'un anti-royalisme viscéral (l'ex compagnon, un peu démonétisé, faisant partie du paquet, conforte cette impression) que d'un accord de fond avec les jospinistes.
Et si je condamne les attaques inconsidérées à l'égard de la candidate du PS à l'élection présidentielle, si je partagerais avec elle - avec précaution - la recherche d'une alliance  avec Bayrou, je ne suis pas sûr qu'elle représente cette "deuxième gauche" pour laquelle je me suis battu, à mon humble niveau, au sein du PS, de 1973 à maintenant.


Alors, oui, faudra-t-il fonder l'amicale des "orphelins" du rocardisme ?

En complément, trois courriels reçus :

 

"bien ton article.D'accord avec toi avec mes modestes connaissances politiques". commente une modeste amie.

Un témoignage ensuite d'un ancien du PSU :
"Rocard. Un monument incontournable que j'ai suivi dans les années soixante, à l'époque florissante du PSU où j'étais actif (après le PSA, l'UGS et divers avatars). Un visionnaire qui voyait juste tant qu'il avait Beregovoy pour le conseiller et limiter ses élans. Un visionnaire qui s'est parfois trompé. Par exemple lorsqu'il était ministre de l'agriculture et qu'il a tout fait pour favoriser le remembrement. On en a vu le résultat : dégradation des terres, plus de haies donc plus de bocage et plus d'oiseaux se nourrissant des nuisibles. Il a également été à la remorque de la FNSEA, tout faire pour favoriser la production et les rendements à l'hectare. On en voit aujourd'hui le résultat.
  J'ai souvent été d'accord avec lui... jusqu'au jour où, ralliant le PS, il a alimenté la guerre des "courants". C'était dans les années 80, j'étais toujours rocardien mais j'espérais qu'il aurait suffisamment d'envergure pour réaliser une synthèse qui ramènerait l'unité au sein du PS. Non seulement ça ne s'est pas fait mais il a alimenté la querelle. Déjà qu'après 68 j'avais espéré que le PSU encore très actif deviendrait le PPCM des courants de la gauche agissante, au lieu de cela, c'est la LCR et les syndicalistes actifs qui l'ont emporté. Rocard, premier secrétaire du PSU, n'a pas réagi assez vite. Peut-être a-t-il eu tort d'avoir raison ?
  Un souvenir anecdotique. Il habitait Meudon, nous avions tous son adresse et son téléphone. Il voulait passer au moins une soirée en famille avec ses enfants. Pour ce faire, il laissait courir le bruit qu'il entretenait une liaison et qu'il ne fallait pas appeler chez lui le mercredi soir. Plus tard, il a réellement eu une liaison, mais c'est une autre histoire".

"Tu peux me compter parmi les membres de l'amicale, même si je ne suis plus depuis longtemps membre du PS, et donc si je ne m'apprête pas à voter en faveur d'une alliance Strauss-Kahn + Martine, malgré le strapontin concédé à l'immonde Fafa..." déclare un ami.

"Bien vu ton papier sur les Rocardiens ; mais dis-moi tout cela c'est mort depuis longtemps, du côté de 1988; c'était alors qu'il fallait l'association des anciens pour boire à la mémoire  de 20 années perdues. Depuis Cambadélis - un ancien trotskyste, sans parler du reste - fait la pluie et le beau temps tactiques du côté des "Strauss-kahniens" en se fichant éperdument des questions de fond; il n'est d'ailleurs pas le seul. Franchement si tu es encore au PS dis-moi ce que tu voteras au prochain congrès ; et si tu n'y es plus, ce que tu voterais. Pour le reste, il y a des moments où on se demande s'il ne faudrait pas réinventer un PSU, histoire au moins de s'amuser..."  m'écrit un autre ami que j'ai côtoyé dans mon engagement syndical.


 
 


Un nouvel article sur le blog deblog-notes.over-blog.com

 

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 16:37

« Edvige fait la une d'Ouest-France (1er quotidien de France) du 10 septembre 2008. Le Décret n° 2008-632 du 27 juin 2008 portant création d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « EDVIGE » est paru au J. O. du 1er juillet. Il a immédiatement provoqué des réactions hostiles d'un grand nombre d'organisations. La pétition, qu'elles ont lancée, a reçu une centaine de milliers de signatures pendant l'été. Mais ce n'est que maintenant qu'il fait grand bruit !

La genèse de ce fichier (que même un de ses défenseurs, Alain Bauer, juge écrit avec les pieds) peut se reconstituer ainsi : la fusion RG-DST obligeait à actualiser un précédent décret (1991)* qui autorisait déjà les RG à ficher des militants ; au passage on en rajoute une couche dont une partie sera rejetée par la CNIL (comportement, déplacements) et dont une autre (santé, orientation sexuelle) provoque la surprise à retardement de Morin ou Yade. Mais surtout, comme l'a bien montré la Présidente du syndicat de la magistrature, on a greffé un autre fichage, celui des mineurs dès 13 ans, pour complaire à Rachida Dati qui, au lendemain de "l'affrontement de deux bandes rivales dans le 19ème arrondissement de Paris, le 21 juin, laissant un blessé grave sur le trottoir, victime en outre d'insultes antisémites avait immédiatement annoncé qu'elle allait créer un fichier des "bandes"".  

La méthode employée est classique. Si la CNIL n'avait protesté, le décret n'était même pas publié. Paraissant début juillet, le pari était fait qu'une fois passée les protestations quasi inaudibles en période estivale, il s'instaure finalement sans trop d'encombres. Calcul déjoué : Bayrou notamment a su relancer le refus par une lettre aux élus.

Mais autre méthode classique, celle des deux pas en avant et du pas en arrière. Celui qui « fait président » l'a esquissée : on lâche du lest sur le fichage des personnes ayant exercé ou exerçant un mandat politique, syndical et économique, mais sur l'ajout du fichage des mineurs dès 13 ans, on ne concède qu'un vague droit à l'oubli. Alors qu'il faudrait oublier l'idée même d'un fichage ne reposant sur aucune donnée objective (quel ado n'est pas, peu ou prou, susceptible de troubler l'ordre public ?). »

 

Réaction envoyée sur le Forum du Café pédagogique, le 10/IX.

Ça n'a pas raté : le pitbull de l'UMP - Frédéric Lefebvre - a immédiatement jappé. Pas question d'abandonner le fichage des mineurs dès 13 ans ("Que ceux qui espèrent en profiter (...) pour remettre en cause le fichage des mineurs ayant troublé l'ordre public (mensonge ou ignorance : voir plus bas)  et donc affaiblir les moyens de lutte contre les nouvelles formes de délinquance, n'aient pas de doute sur la détermination de la majorité à maintenir les avancées d'Edvige").

Et MAM - l'ineffable ministre de l'intérieur qui endosse les gamineries de notre OUF 1er en Corse - d'ajouter, benoîtement, que lesdits mineurs seront rayés du fichier à leur majorité, s'ils n'ont pas commis de nouvelle infraction. Elle n'a même pas dû lire le décret qu'elle a signé : il n'est pas question d'infraction (pour cela un fichier existe déjà, de longue date : le casier judiciaire), mais de mineurs « susceptibles de troubler l'ordre public ».

 

* Ce décret avait été initié par M. Rocard, 1er ministre, qui l'avait retiré devant les protestations ; Edith Cresson l'avait repris. Outre qu'il était beaucoup plus limitatif, ce fichier, issu d'un gouvernement de gauche, avait pour but premier de cadrer des pratiques illégales des RG (qui ont cependant perduré, avec les notes blanches). Il ne concernait pas les mineurs susceptibles de...

 

PS (qui n’a rien à voir… quoique…) Ça n’a pas tardé, ceux qu’un internaute cité par Libé du 11/10/08 nomme les pseudos-laïcs ont violemment réagi à l’ajournement d’un procès prétendument pour cause de Ramadan, au grand plaisir de notre Vicomte, Le Jolis de Villiers de Saintignon.

 

 

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 20:53

Edvige, décret du 27 juin paru (grâce à la CNIL) au J. O. le 1er juillet, émerge enfin sur les « étranges lucarnes ». Zappant sur les sites je suis tombé sur celui de Jacques Attali où un « Attila » (quelle imagination pour trouver ce pseudonyme !), dans les commentaires d'un billet pas très clair, proclame que, si un tel fichier avait existé, Fourniret n'aurait pas sévi. A un tel degré de débilité les bras en tombent. Fourniret, sauf erreur, n'a pas fait parti de bandes (les bandes en question, dans Edvige, peuvent être une bande de copains), ni n'a été un responsable syndical ou associatif. Donc Edvige ne l'aurait pas fiché. Et même, si d'aventure il était entré dans un des critères de fichage, cela n'aurait pas permis d'en déduire qu'il était coupable de ses crimes.  

 

Le mois de Ramadan* a encore gagné 11 jours. Bientôt, il se déroulera en plein été (signalons, pour ceux qui l'ignorent, que le calendrier musulman est lunaire et donc que ses mois sont de 29 ou 30 jours et qu'il grignote peu à peu ses 600 ans et des broutilles de retard par rapport à notre calendrier solaire).

 

La « une » de Libé de samedi 6/09/08 (Le tribunal fait le ramadan), même si les articles qui suivent (sur deux pages !) sont plus nuancés, dit clairement qu'un tribunal aurait reporté un procès pour cause de ramadan.

 

À y regarder de plus près un avocat, entre autre moyens de défense**, aurait mis en avant l'état de faiblesse de son client musulman faisant ramadan. Nous ne sommes déjà donc plus dans une généralité (demande de report de tout procès concernant des prévenus musulmans pour cause de ramadan) mais dans un cas précis de M. X qui a peut-être des antécédents médicaux qui font que, ramadan en plus, il soit très affaibli. D'un cas particulier, faut-il crier d'entrée au risque de jurisprudence. D'autant que moult musulmans pratiquants ont clamé haut et fort que ramadan ne voulait pas dire inactivité. D'autant que, dans le dossier précis, d'autres causes de reports ont été évoqués par la défense. Un gendarme enquêteur aurait harcelé sexuellement un témoin ; deux autres témoins seraient prochainement en jugement pour une autre affaire ; et les faits incriminés remontent à 2000 et 2001 : on n'est donc plus à un report près.

 

Si les avocats des parties civiles - dans une affaire dont on ne sait guère en quoi elle consiste exactement - sont en général mécontents, l'un au moins, si j'en crois Ouest-France, a dit comprendre ce report.

Parions cependant, sans grand risque, que les officines laïcistes vont nous en faire tout un fromage (à consommer après le coucher du soleil, pour les adeptes du ramadan).

 

* Paradoxalement, ce mois de jeûne se traduit par une surconsommation alimentaire (pour ceux qui en ont les moyens).

** Dans un état de droit les avocats ont celui de mettre en avant tous les moyens de défense qu'ils jugent utiles pour leur client.

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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 16:48

« Généalogie

"J'avais quitté Paris au début de l'affaire Val-Siné et, dès mon retour, je m'avise que le front de cette guerre de tranchées a peu évolué. Lu, entre-temps, l'essai limpide de Jacques Julliard ("L'Argent, Dieu et le diable", à paraître en septembre chez Flammarion) qui, plus efficace qu'une rafale de pétitions, permet de comprendre à quel point cette bataille - dans laquelle je me range résolument aux côtés de Val - a une longue histoire. Dans ce livre, où il détaille sa dette intellectuelle et morale à l'endroit de trois écrivains (Péguy, Claudel, Bernanos), Julliard explore surtout leur idée fixe : la haine de l'argent et du monde moderne - avec son corollaire diffus : les Juifs (Julliard, citant Claudel, écrit plutôt: «le mystère d'Israël»). A l'argent, ces trois écrivains catholiques reprochaient, en gros, de trop bien tenir son rôle d'équivalent général, de n'être qu'une forme païenne de la trans-substantiation, de rivaliser trop efficacement avec le Saint-Esprit dans l'art de rendre semblable ce qui est distinct. Et, bien entendu, la «banque juive» était toujours mêlée à ce mauvais coup, même si ce phantasme n'interdisait pas à certains de se démarquer d'une postérité trop zélée {«Hitler a déshonoré l'antisémitisme», écrira Bernanos...). Jacques Julliard, plus lucide que ses maîtres, permet alors d'extrapoler utilement vers l'incroyable fouillis de phobies, de répétitions colériques, de chassés-croisés idéologiques, de lapsus qui semble aujourd'hui gagner la nébuleuse anarcho-gauchiste, elle-même inspirée sans le savoir par ce qu'il y a de plus archaïque dans une France maladroitement chrétienne. Je connais, à cet égard, nombre d'anticléricaux et d'antiracistes patentés qui seraient bien surpris de se découvrir une incontestable, mais fâcheuse, généalogie."

 

Ce passage est extrait du journal de la semaine, confié par Libé* à une personnalité, en l'occurrence, le 23 août, l'écrivain et éditeur Jean-Paul Einthoven (un des ex-compagnons de Carla Bruni à qui succédera auprès de la future première dame son propre fils : quatre consonnes et trois voyelles, Raphaël, philosophe).

 

Je ne reprocherai certes pas à Jacques Julliard la comparaison qu'il prêterait à Péguy, Claudel et Bernanos, entre argent et Saint-Esprit « dans l'art de rendre semblable ce qui est distinct ». Grâce à dieu, je suis athée, comme disait malicieusement Luis Bunuel. Mais, pour autant que j'ai compris ce qu'insinue l'éditeur, la haine de l'argent a entraîné celle de la « banque juive » (où l'on retrouverait d'ailleurs l'accusation injustifiée faite à Siné d'assimiler juif et argent). Et par une extrapolation hardie (prêtée à Julliard), Einthoven conclut à une sorte de filiation entre « nombre d'anticléricaux » et nos grands (et assommants) écrivains catholiques dont leur église faisait preuve d'un antisémitisme (le peuple déicide) totalement assumé. Faut-il rappeler qu'au moment de l'Affaire Dreyfus la hiérarchie catholique fut farouchement antidreyfusarde (comme elle était d'ailleurs antirépublicaine) : l'anticléricalisme du XIXe siècle, même s'il prolonge une tradition gauloise qui remonte au moins aux fabliaux du Moyen-Âge (et dont on trouve moult exemples au XVIIIe siècle, comme ce succulent et libertin Dom Bougre, Portier des Chartreux) est né de ce combat contre une église arrogante. Le génie d'Aristide Briand fut, contrairement à Combes, de prendre de la distance avec les plus farouches anticléricaux pour promouvoir une loi de 1905 d'apaisement et d'équilibre (ce dont les cléricaux bornés ne lui furent guère reconnaissants).

Quant à trouver aux antiracistes une « incontestable, mais fâcheuse généalogie » chez nos écrivains quelque peu antisémites, il faudrait que notre chroniqueur de la semaine nous explique.

 

Ce passage tendrait plutôt à démontrer que l'amalgame, mieux que l'argent et le Saint-Esprit, veut rendre semblable ce qui est opposé.

 

* Lu à Agadir : avec juste un jour de retard, on trouvait chez les marchands de journaux Libé et Le Monde (sauf une fois pour Libé : avait-il commis un article critique sur le Maroc ?)

Photo tirée du site du photographe Kai Jünemann

 

 

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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 15:48

Le seul Léotard que j'ai croisé était « Léotard, le vrai », Philippe, l'acteur, le chanteur, dans un quatre pentes sur l'autoroute, visage ravagé par l'alcool, mais avec un regard bouleversant. L'autre, l'UDF, ne gagna une vague estime que quand il se retira de la vie politique. Mais qui n'alla pas jusqu'à lire son livre sur celui qu'il tutoie et pour qui il a voté. A tort. Car ces quelques courts extraits, dans une langue ciselée, sont d'une lucidité extrème.

« Ça a débuté comme ça. Une élection, une fête, du Champagne. Et du chiffre d'affaires au mètre carré. C'était pétillant. Je n'allais pas bouder mon plaisir puisque j'avais voté pour lui. [...] Naturellement mon côté gaulliste avait quelques regrets. La France prenait des allures de grande surface, et parmi les candidats mon produit était en tête de gondole. La publicité et les promesses s'accompagnaient l'une l'autre comme deux petites voleuses qui font les sacs à main. Ensemble tout était possible. J'étais heureux qu'on soit ensemble. C'est étonnant comme on aime à croire ce qui n'est pas croyable.

Il a fallu plusieurs mois pour entendre parler de faillite. L'homme de Matignon, Mon* le velouté, s'était laissé aller. Faillite ! C'est un mot que l'on aurait aimé entendre au mois de mars, avant l'élection... Au moment des giboulées. On s'y serait fait. Moi, je pensais à Churchill : "Je n'ai à vous offrir que de la sueur, des larmes et du sang." Et Londres bombardée tous les soirs. Nous, on allait très bien. Merci. La dette faisait à peu près l'équivalent du budget de l'Éducation nationale. Les intérêts seulement ! Pas le capital. Je me disais : ça va être bien. On pourra faire deux fois plus de lycées... Il suffira de rembourser ce que nous devons, de revenir à l'équilibre et le tour sera joué ! D'autres le font autour de nous. C'aurait été une promesse de grande qualité. Un millésime rare au rayon de l'œnologie politique. J'avais oublié que la dette, c'est comme la morphine : du bonheur immédiat ! On a donc choisi la béatitude. [...] Dès le lendemain on ne fut pas déçu : la retraite monastique bercée par le clair de lune sur un scénario de Fitzgerald, le clapotis des flots au large de Malte, puis aussitôt après le déferlement des milliardaires, la chasse aux nigauds baptisée modestement "ouverture", les infirmières bulgares, le drapeau tricolore relooké par Prada, les intermittences du cœur sous les ombrages de la Lanterne, un gouvernement tétanisé par les engueulades, les escapades à Saint-Tropez, enfin les bien-aimés du pouvoir, le gratin du Bottin mondial : Chavez, El-Assad, Kadhafi, Poutine... les cancres du passage en terminale de la démocratie. Je commençais, petit à petit, à bouffer mon bulletin de vote.

[...] Sarkozy, c'est Glenn Gould en moins délicat. Il joue avec les mots sur son piano. Un artiste. Comme l'interprète canadien, il accompagne ses partitions de soupirs, de mouvements du visage qui donnent à la pièce jouée la permanente allure d'un chef d'œuvre. Mais ce n'est pas du Bach. Prenons l'exemple de ses rapports avec la police. Ils ont séduit une droite qui ne plaisante pas avec ces choses-là, ils ont alimenté ses nombreux discours, et sans doute, comme pour tous les enfants, marqué son parcours. Voilà une institution qu'il aime. Il s'y plaît. [...] Sarkozy ne parle pas de la police. Il est la police. Il est l'ordre. L'ordre seulement, mais l'ordre complètement. Sa doctrine est faite : les loubards des banlieues n'ont pas de problèmes sociaux, ni de logement, ni de culture, ni d'emploi. Les pédophiles n'entrent pas dans la catégorie de l'acquis mais dans celle de l'inné, les récidivistes que la prison a largement amochés doivent y retourner le plus vite possible. Ils ont été jugés ? Aucune importance. Pour le même délit, déjà purgé, on va inventer 'un suivi' en milieu fermé, c'est-à-dire une deuxième prison qui s'ajoute à la première, mais sans jugement. A quoi bon ? C'est l'Etat qui doit décider, c'est-à-dire l'exécutif, c'est-à dire la police. Il semble que notre président n'ait lu ni Tocqueville, ni Montesquieu, ni Benjamin Constant, il semble que la séparation des pouvoirs lui soit une énigme. Si l'on rend la justice Place-Beauvau, ce sera plus rapide. Et surtout plus près de l'Élysée. [...] On se souvient qu'il répétait volontiers qu'on ne faisait appel à lui que dans les moments désespérés. Alors il arrivait, soulevait le RPR et l'exaltait en quelques jours, redressait le budget de la nation, rendait à la police la confiance qui lui manquait. [...]

C'est vrai, on aurait dû se méfier. Dans le monde sauvage des animaux politiques, il ne faut pas être sur le passage d'un prédateur. Je le sais, j'ai traversé imprudemment la savane. Chirac était un carnassier débonnaire. Avec lui, on était mort, mais c'était sans rancune. Chacune de ses victimes, antilope déchiquetée et consentante, devenait digne d'une amitié nouvelle définitivement inoffensive. Avec Sarko, c'était différent. Le fauve avait - si l'on peut dire - une mémoire d'éléphant. Un jour, me parlant justement de Chirac, il m'avait dit : "François, n'oublie jamais ceci : je suis fidèle à mes ennemis." J'en ai encore froid dans le dos. L'ouverture n'a rien changé à cela.

      Elle donne à la victime un côté comestible qui la fait s'aplatir avec une docilité déconcertante. La douceur de Jack Lang dans ses approches concentriques du pouvoir fait penser aux roucoulements des pigeons qui ne voient pas, dans la casserole, les olives dont ils seront bientôt entourés. [...] Et je crains que la belle histoire qui nous est racontée du haut de Élysée ne se termine mal. Parfois je ne peux empêcher un certain malaise de venir en moi. J'essaie de le chasser et il revient. Je prends un livre et ça revient de plus belle. [...] Depuis que tu es à Élysée je suis inquiet. Qu'est-ce qui t'a pris exactement ? Je lis dans un journal que désormais la police française arrête des enfants... J'ai suivi avec consternation le morceau de Grand-Guignol qui t'a mis dans les bras de Kadhafi... J'apprends que tu as une « plume » qui te fait dire des bêtises... Il paraît que tu n'écoutes plus ceux qui t'entourent... Tu aurais même traité mon ami Martinon d''imbécile"... Et ce pauvre Mon* avec ses beaux yeux de labrador... C'est pas bien tout ça, Nicolas. Je te le dis parce que nous avons grandi ensemble. [...] Et puis ces histoires d'ADN pour le regroupement familial, ce n'est pas toi ! Tu t'es fait déborder par quelques malades de l'UMP. Des frénétiques... [...]

Tu as eu raison de citer Guy Môquet. Cette jeunesse-là, intacte et fervente, qui s'abat d'un seul coup, laissant derrière elle le grand silence du courage, cette jeunesse-là, elle est belle et sans doute plus belle que la nôtre... J'aurais aimé qu'à côté de Guy Môquet tu cites Aragon, celui de 'l'Affiche rouge'. Parce qu'il parle de Manouchian et que le poème d'Aragon est lové dans l'écriture de la dernière lettre du futur fusillé. Pourquoi dis-je cela ? Parce que ces étrangers "mais nos frères pourtant" ont davantage honoré la France que ces "bons Français" qui tranquillement la salissaient à Vichy. Parce que ce sont souvent des étrangers qui ont aimé notre pays plus que nous ne l'avons fait. Parce qu'ils portaient "des noms difficiles à prononcer", parce qu'ils considéraient que peut-être dans le mot France il y avait un désir de droit et - qui sait - une résistance cachée. »

 

"Ça va mal finir", par François Léotard, Grasset, mars 2008.

* "Mon" : François Fillon

Images empruntées à sarkostique

 

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 20:58

Fille adoptive des Chirac, Anh Dao Traxel préside aujourd'hui une association de bienfaisance. La Franco Vietnamienne plaide en faveur des Jeux olympiques de Pékin.

 

« J'ai vécu l'enfer de la guerre et des camps de prisonniers, les coups de crosses et le Napalm. Ce n'est en rien comparable avec la Chine actuelle, qui a accompli énormément de progrès en quelques années. Aujourd'hui, je croise des gens heureux, loin des préjugés qu'on nous inflige en France, et fiers d'organiser les Jeux olympiques. J'ai vécu les J.O. en avant-première, car j'étais la marraine des Foulées de la Soie, une course pédestre qui a traversé la Chine, Tibet compris, du 7 au 22 juillet. Près de 700 sportifs, venus de toute la planète, y ont participé. De mon côté, j'ai couru le dernier relais en gravissant la Grande Muraille de Chine. Les autorités m'ont exceptionnellement autorisée à déployer une banderole, sur laquelle on pouvait lire : « Pour une paix internationale, dans l'esprit olympique. »

La demande [de Robert Ménard] de libérer les journalistes emprisonnés en Chine est légitime. Faut-il pour cela avoir recours à la violence morale (sic) ? La méthode est intolérable. En utilisant le symbole des menottes pour détourner le drapeau olympique, Ménard a trahi l'amitié franco-chinoise, sali l'image des J.O. et profondément vexé le peuple chinois. Le boycott* qu'il propose ne mène nulle part. Même le Dalaï-Lama, prix Nobel de la paix, s'y est opposé. »

http://www.ouest-france.fr/Anh-Dao-Traxel-fille-de-coeur-femme-de-combats/re/actuDet/actu_3635-676155------_actu.html

 

Hésitation d'abord à dénoncer une telle imposture : la malheureuse, réfugiée en France en 1979 (à 21 ans) et recueillie par le Maire de Paris de l'époque, a connu les horreurs de la guerre dans son Vietnam natal,  même si elle mélange un peu coups de crosses (que l'on suppose vietminh) et napalm (sans conteste états-uniens). 

Mais ça ne l'autorise pas à avancer des énormités dignes de l'agence Chine nouvelle sur l'état des droits de l'homme en Chine. Les tibétains, ouïgours ou simples paysans connaissent autant de coups de crosses, sinon pire que ce qu'elle a subi au Vietnam. Et oser affirmer que le Tibet, féodal, indépendant de fait avant 1950, a connu un régime pire que celui qu'a instauré Mao est une imposture. Répression sanglante de 1958, Révolution culturelle ont coûté énormément plus de morts qu'un régime féodal  dont aucun thuriféraire du totalitarisme post maoïste n'a donné un commencement de preuves de quelconques massacres. Et la situation actuelle au Tibet est aussi dramatique que du temps de la démence  de Mao (Le Tibet sous la botte, Nel Obs 24/07/08).

À côté de cela la censure d'Internet pour les journalistes étrangers relève d'un arbitraire totalement ridicule : que ces journalistes aient accès ou non à Amnesty International ne changerait, hélas !, rien à la situation des journalistes écroués, internautes pourchassés (un professeur qui diffusait des images d'établissements scolaires écroulés après le dernier tremblement de terre : un an de prison**) des paysans, révoltés par les exactions, sauvagement réprimés,  des ouvriers surexploités, etc.

Mais les faux-culs du Comité International Olympique ferment les yeux, au lieu d'exiger le respect des engagements pris. Et notre Ouf 1er, toute honte bue, ira se commettre à la cérémonie d'ouverture, sans en tirer aucun bénéfice, au contraire. 

Quand on baisse son pantalon, on risque un grand coup de pied au cul ! (Proverbe chinois)

 

* A noter que R. ménard et RSF ne prônent pas le boycott des J. O. proprement dits mais de la cérémonie d'ouverture par les chefs d'états et de gouvernements, ce que feint d'ignorer la dame.


** A la veille des J.O. Pékin envoie un prof au goulag

Professeur au collège Guanghan de Deyang, dans le Sichuan, Liu Shaokun ne verra pas les J.O. Arrêté dans son école le 25 juin, il vient d'être envoyé pour un an en "camp de rééducation par le travail". Il lui est reproché de "répandre des rumeurs et détruire l'ordre social". La décision d'emprisonnement est prise par la police, sans jugement, et ne peut faire l'objet d'aucun appel. Le système concentrationnaire des camps de rééducation internerait environ 300 000 personnes.

 C'est qu'effectivement Liu Shaokun a perturbé l'ordre chinois. Après le violent tremblement de terre de mai dernier, il a photographié les écoles du Sichuan, aplaties sous le choc, écrasant sous leur poids des milliers d'élèves, encadrées très souvent de bâtiments intacts. Publiées sur Internet, ses photos illustrent la mauvaise qualité de ces constructions scolaires, c'est-à-dire la corruption des officiels.

Sur le site de la FIDH

 

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