Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 17:38
Hijab et délire

Des étudiantes de Sciences Po lancent donc une journée du voile, pardon un Hijab Day ! Aussitôt toute la réac-sphère de réagir, mais aussi, bille en tête un BHL en mal d’amalgame, relayé par un Bruno Masure en général plus inspiré.

Faut-il rappeler que l’école de Sciences Politiques de Paris ne compte que des étudiant-e-s ? Qu’ils-elles ne sont donc pas concerné-e-s par la loi de 2004 qui concerne des élèves de primaire ou secondaire. Faut-il rappeler que même Caroline Fourest, grande pourfendeuse du frère Tarik (Ramadan), qu’on ne soupçonnera pas de donner dans une laïcité accommodante, rejette l’idée d’interdire le fichu à l’Université ?

Les jeunes filles à l’initiative de cette journée invitaient donc leurs camarades à porter un foulard : « Nous pensons que se couvrir les cheveux d’un foulard, même une petite journée, en cours, dans la rue, permet de prendre conscience du regard de l’autre, de ses propres appréhensions, et mieux comprendre […]  l’expérience de la stigmatisation vécue par de nombreuses femmes voilées en France ».

Dans un communiqué, la direction a estimé « légitime » de porter ce débat au sein de l’établissement, l’école étant « depuis sa création, un lieu de débats ouverts et de libre expression ». Elle a toutefois souligné que la tenue de cette initiative « dans les murs de Sciences-Po ne saurait être interprétée comme un quelconque soutien de l’école ».

Hijab et délire

L’angle d’attaque choisi par le faux-cul de Bruno Le Maire fut le prosélytisme (assorti d’un très identitaire « en France » suivi d’une stupidité, puisque le port d’un fichu ne rend pas invisible). Nicolas Dupont-Aignan fit chorus osant parler d’un « acte de prosélytisme religieux sans précédent ».

Mensonge éhonté ! Mais finalement, nos politiciens de droite assez extrême ont trouvé plus fort encore avec l’ineffable ex nouveau philosophe, BHL !

Hijab et délire

Dans l’art de l’amalgame outrancier – vexé sans doute d’être débordé par Onfray – il a fait fort le dandy-philosophe !

Hijab et délire

Et comme, d’aucuns osent lui rétorquer qu’il est gonflé de s’en prendre au foulard alors qu’il défend la kippa, il rétorque que ça n’a rien à voir. Superbe et imparable argument d’autorité, d’autant que si vous le mettiez en doute vous seriez assimilé à la dame Le Pen !

Copie d'écran : le touitte du bas est à lire en premier

Copie d'écran : le touitte du bas est à lire en premier

Maître Eolas, avec humour, remet donc les pendules à l’heure en deux mots : symbolique (et non prosélyte) et légale (n’en déplaise aux liberticides).

Á Science Po même, il semble que l’opération n’a eu qu’un impact léger, mais grâce aux BHL, mais aussi Bruno Roger-Petit ou Bruno Masure (ce dernier généralement mieux inspiré contrairement à l’autre Bruno) et tous les agités du bulbe qui voient un salafiste au cimeterre entre les dents derrière le voile, le succès médiatique est assuré.

Et leur démonstration rapelle que la vigilance face à une offensive de faux laïques s’impose plus que jamais.

Repost0
25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 17:11
Les girafes n’aiment pas les tunnels

Ce quatrième opus des œuvres d’Auguste Derrière vient enfin s’ajouter aux indispensables Les moustiques n’aiment pas les applaudissements, Les fourmis n’aiment le Flamenco et Les mites n’aiment pas les légendes. Cette livraison nous apporte donc son nouveau lot de maximes, dictons, aphorismes, apophtegmes sans oublier les réclames pour la montre Tamoule et autres Calèches Nikov…

Les girafes n’aiment pas les tunnels
Les girafes n’aiment pas les tunnels

Auguste Derrière a inspiré Méliès !

La préface nous apprend qu’après la Grande Guerre, il aurait rencontré Jean-Baptiste Botul, le grand philosophe kantien, cher à BHL. Ainsi, le 2 octobre 1925, Botul n’ayant pu assister à la Revue Nègre avec Joséphine Baker, à cause d’ennuis intestinaux, Derrière le rassure : « Ne t’en fais pas, Jean-Ba, la diarrhée est une chose de la vie courante. ».  Il est attesté que Derrière a fait la connaissance de Lacan qui lui empruntera cette forte pensée : « Quand les sentiments  disparaissent, c’est de l’usure-passion »

Les girafes n’aiment pas les tunnels

Et, au lendemain de la COP 21, il serait bon de se souvenir qu’"Un paiement en nature est un geste pour l’environnement".

Les girafes n’aiment pas les tunnels
Les girafes n’aiment pas les tunnels
Les girafes n’aiment pas les tunnels

"Les girafes n'aiment pas les tunnels"

Auguste DERRIERE

Le Castor Astral

Préface Hervé Le Tellier

http://www.augustederriere.com/

Et une dernère de Derrière (vrai sujet de philo) :

Dieu a créé l'Homme... et pour le remercier l'Homme a créé Dieu.

Repost0
3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 20:43

 

Le 29 avril, sur la page "Rebonds" de Libé je tombe sur une opinion « Le Dalaï Lama et l'honneur nazi ». Du « mao-spontex » pur : on éponge de la propagande post-maoïste et, nous prenant pour des éviers, on l'essore sur nos cerveaux que je n'ose dire affamés  d'âneries.

 

Qu'importe, me dis-je, in petto : un tibétologue (attention M'sieu Mélenchon  j'ai bien écrit tibétologue, pas tintinologue) distingué va faire pièce de ce poulet. On arrive au 3 mai, rien n'est venu.

D'autant plus surprenant que ce Dalaï Lama crypto nazi arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Eh quoi ! le sieur Dispot qui dispose de la revue de BHL (La règle du jeu) pour nous asséner « L'honneur des catholiques », ne pouvait-il pas y écrire, de longue date, « Le déshonneur du Dalaï Lama » ?

 

Comme il arrive souvent, le jus propagandiste de l'éponge s'est coloré. Rendons un vibrant hommage à cette réhabilitation du style pompier.

« Heinrich Harrer a accompli sa mission de confiance hitlérienne, malgré la défaite militaire de1945, en la transformant en un logiciel pseudo «spirituel» installé dans des têtes affamées de servitude.

L'«Océan de Sagesse» ne doit pas servir à noyer le poisson de la mémoire et de l'histoire : à relancer en contrebande le «Hitler connais pas» et «la Shoah détail de la Seconde Guerre mondiale». Le négationnisme n'est pas soluble dans les neiges éternelles.

Il jette la Shoah à la poubelle du «karma». »

 

Ah ! ce logiciel, ces têtes affamées de servitude, cet océan qui noie le poisson, ce négationnisme non soluble dans les neiges éternelles - mais la Shoah et le Karma relèvent plus du style abject que pompier - c'est d'un prudhommesque qui doit réjouir les mânes d'Henri Monnier.

 

Certes le "logiciel" est un peu anachronique. Il fait partie de ces mots à la mode (le PS doit changer de logiciel, nous assène-t-on, nous les sociaux-traîtres-libéraux et tutti quanti) dont M. Dispot use et abuse (on notera le quasi parallélisme de la phrase suivante avec la phrase ci-dessus) : « Dieudonné M'Bala a eu toute licence d'installer un logiciel de la haine dans les têtes de milliers de spectateurs, dont chacun sert ingénument de profanateur des sépultures mémorielles de la Shoah. »

On notera aussi la propension inquiètante qu'il a à mettre la Shoah à toutes les sauces de sa plume imprécatrice.

 

Mais il use de procédés plus triviaux. Si j'écrivais - pur exemple - à propos d'un sénateur, laïc pur sucre, mais qui s'est distingué par un amendement imbécile favorisant l'enseignement privé, « ce sénateur auvergnat et magouilleur », il est peu probable que l'amicale des auvergnats de Luçon m'accuse d'assimiler l'ensemble des auvergnats à des tripatouilleurs de votes dans un Conseil général, fût-il du Puy-de-Dôme. « C'est pas de la Realpolitik, ce mot germanique violent », a dit le ministre des Affaires étrangères. Ces deux épithètes, énoncées avec un mépris agressif et théâtral, s'entendaient comme synonymes, associées en pléonasme : « germanique » serait forcément « violent ». Loin de moi, l'idée de défendre Kouchner, l'avaleur de couleuvres, mais ça donne une idée du style de notre chroniqueur. Car à partir de là, il va se déchaîner dans une sorte d'auto-allumage délirant. Ainsi, à propos d'un des trop nombreux dérapages de Frèche, cette fois sur l'équipe de France de foot, trop black selon l'histrion septimaniaque, il se lance à son tour dans un dérapage incontrôlé sur le PS (oubliant d'ailleurs, Finkielkraut et son "équipe de France black, black, black").

 

Mais revenons à notre Dalaï Lama (fils secret de Hitler ?).

 

Or donc Harrer, alpiniste autrichien, SA d'abord, puis SS ensuite a bien été un « précepteur » du Dalaï Lama.

 

A-t-il participé à la « nuit de cristal » ? Faute de références précises, difficile à vérifier. Ce qui est sûr, en revanche, c'est qu'Himmler l'avait envoyé, en 1939, au Cachemire, pour vaincre, pour la plus grande gloire de l'Allemagne nazie, un sommet himalayen de plus de 8000 m. La guerre éclatant, les anglais (l'Inde était sous domination anglaise à l'époque) le font prisonnier. Il s'évade en avril 1944 et, après 2000 km et des dizaines de cols autour de 5000 m se retrouve à Lhassa début 1946, après l'effondrement du nazisme.

« Précepteur » certes mais le Dalaï Lama, onze ans à l'époque, est surtout instruit dans son rôle spirituel par des moines tibétains. Il semble bien qu'Harrer ait plus été influencé par le boudhisme Tibétain que l'inverse. Mais avec l'art de l'amalgame qui le caractérise et dans son style si particulier, il faut comprendre que, pour Dispot, l'idéologie nazie d'Harrer s'est transformée en un logiciel pseudo «spirituel» installé dans des têtes affamées de servitude. L'amalgame est poussé au bout de l'absurde quand il écrit : « Son rapport de mission, Sept ans au Tibet, était bourré de mensonges grossiers et de fascination pour le «Führerprinzip» impitoyable du théocratisme lamaïque. » Suivez bien : le bouquin de Harrer, revenu en Europe, est un « rapport de mission » (à qui ? Himmler ? Hitler ?) et en accolant un Fürherprinzip à théocratisme, cela doit suffire à démontrer le caractère nazi du boudhisme tibétain.

 

En fait, M. Dispot, s'est contenté d'éponger les critiques du très démocratique et néanmoins populaire régime chinois qui ont accompagné la sortie, en 1997, du film de J.-J. Annaud (tiré du bouquin d'Harrer). A noter que Brad Pitt, acteur principal de ce film, est interdit de J.O. par ce très libéral - au point de vue économique, c'est même du libéralisme sauvage - régime.

 

Que le Tibet ait été soumis à un régime féodal avant la colonisation chinoise est avéré. Mais que tous nos néo-maoïstes veuillent bien nous expliquer en quoi le régime totalitaire, au culte de la personnalité exacerbé, de Mao et suivants a libéré le peuple tibétain !

Repost0

Présentation

  • : Deblog Notes de J. F. LAUNAY
  • Deblog Notes de J. F. LAUNAY
  • : Education, laïcité, politique et humeurs personnelles, en essayant de ne pas trop se prendre au sérieux.
  • Contact

Nota Bene

Le deblog-notes, même si les articles "politiques" dominent, essaie de ne pas s'y limiter, avec aussi le reflet de lectures (rubrique MLF tenue le plus souvent par MFL), des découvertes d'artistes ou dessinateurs le plus souvent érotiques, des contributions aux tonalités diverses,etc. Pour les articles que je rédige, ils donnent un point de vue : les commentaires sont les bienvenus, mais je me donne bien sûr le droit d'y répondre.

Recherche

Archives

Nelle Formule

Overblog - hébergeur du deblog-notes - a réussi l'exploit de lancer une nouvelle formule qui fait perdre des fonctions essentielles de la version précédente. Ainsi des liens vers des sites extérieurs disparaissent (désolé pour  Koppera, cabinet de curiosités, ..). Les albums se sont transformés en diaporamas, avec des cadrages coupeurs de têtes. La gestion des abonnés et des commentaires est aussi transparente que le patrimoine de Copé. Et toutes les fonctions de suivi du deblog-notes - statistiques notamment - sont appauvries.