Hasard des lectures : Michel Onfray, le sombre, l’inconsolé, le vilipendé, hantait cependant les colonnes de L’Obs du 19/03 (entre autres) où, pour présenter son dernier opus, il jouait son rôle favori de victime. Or, dans le Libé du samedi suivant, Joffrin livrait une chronique dont le premier paragraphe semblait écrit pour le soi-disant philosophe bas-normand.
« Encore un martyr de la pensée unique ! La victimisation de soi est devenue une figure obligée pour tous ceux qui se piquent d’originalité intellectuelle, au risque de tomber désormais dans la banalité la plus monotone. De nos jours, on n’est plus franc-tireur, dissident, rebelle, iconoclaste. On est une victime, un réprouvé, un opprimé, un zek de la vie intellectuelle, enfermé, écrasé, humilié, bafoué par les maîtres-penseurs de l’idéologie totalitaire qui gouverne la France. Drôle de pensée unique, d’ailleurs : chacun désigne la sienne, à l’extrême gauche, à l’extrême droite, ou même à l’extrême centre, comme Jean-François Kahn. Chacun fustige son tyran, la droite, la gauche, la fausse droite, la fausse gauche, le droit-de-l’hommisme, le socialisme, le libéralisme ou «l’UMPS», tous catéchismes uniques et impérieux. Il y a, ainsi, plusieurs pensées uniques sur la scène intellectuelle, ce qui tend à fragiliser le concept. » Libé 20/03/15
« On peut dire que la définition de la gauche pour Michel Onfray commence à Michel et s’arrête à Onfray. »
Baptiste Rossi
« Depuis dix ans j’ai eu droit à tout : « antisémite »* parce que j’ai écrit en faveur de l’athéisme, pour une psychanalyse débarrassée des mensonges de Freud (…) ; « pédophile refoulé », dixit les freudiens de Paris, parce que j’ai écrit pour m’insurger contre le soutien de nombreux intellectuels français à Polanski (…) ; « d’extrême-droite » parce qu j’ai écrit que je préférais une analyse juste, fût-elle d’Alain de Benoist à une analyse fausse de BHL (…) j’ai été également « blasphémateur » (…) et « islamophobe » (…) Que peut-il m’arriver de pire ? Zoophile ? Nécrophage ? Je m’y attends… Fasciste viendra sûrement ! » (et l’article est intitulé « On ne manquera pas de me criminaliser à nouveau » !).
Fils de Pétain ?
Présentant un livre intitulé Cosmos il prévoit déjà qu’on lui enverra à la figure « La terre, elle, ne ment pas ». Phrase écrite par un très temporaire nègre de Pétain, Emmanuel Berl qui, de fait, a commis deux discours du Maréchal. Ce qu’avec un brin de pédanterie Onfray rappelle, mais qui n’enlève rien au caractère réactionnaire de la phrase. Et qui, comme P. Assouline le montrait, a eu des échos lointains chez un autre nègre, Guano, qui faisait dire à nabotléon, comme le surnommait un de ses éminents conseillers, « La France a un lien charnel avec son agriculture, j’ose le mot : avec sa terre. Le mot "terre" a une signification française et j'ai été élu pour défendre l'identité nationale française. ». Accents barrèsiens que l’on retrouve dans la piété filiale de l’athéologue, décrivant son père comme « un enfant de la terre, un fils de la glèbe, un paysan enraciné dans sa Normandie natale, une terre que ses ancêtres vikings ont abordée il y a mille ans »**.
Sera-t-il, comme il l’annonce, criminalisé ?
En tout cas les assises médiatiques sont des plus indulgentes. Marianne l’adule. Le Point, qui en a fait sa couverture, confie à son ex-patron, Frantz-Olivier Giesbert – oui, FOG lui-même qui le dit être son « vieux pote » – le soin de l’interviewer. Et même Christine Boutin, toujours dans Le Point lui pardonne son athéisme, car « sa volonté de chercher la vérité à partir du réel rejoint l’incarnation chrétienne » (?) et tombe en pamoison : « Il ose même proclamer la fin de la gauche ! » (voir Le blog de JAM). Et La Pravda de la gauche sociale traître, comme il le baptise, Libération, lui ouvre ses colonnes pour des tribunes.
Comme on le voit le réprouvé, prompt à jouer El desdichado (« Je suis le ténébreux, - le veuf, - l'inconsolé… »), a table ouverte dans nos magazines. « Les cosmos qu’il faut ne se trouvent nulle part ailleurs que dans l’épicentre de chacun » devrait faire, si la genriste Najat Valaud-Belkacem ne s’y oppose pas, un excellent sujet de philo au bac : expliquez et commentez !
Croyant être profond, il n'est que creux.
* Cette accusation d’antisémitisme vient d’un éloge d’un livre de Jean Soler Qui est Dieu ?. Selon Onfray, Jean Soler aborde l'extermination des Cananéens par les juifs et parle à ce propos d'"une politique de purification ethnique à l'encontre des nations de Canaan", ce qui lui permet d'affirmer que les juifs inventent le génocide - "le premier en date dans la littérature mondiale". "Le nazisme selon Mein Kampf (1924) est le modèle hébraïque auquel il ne manque même pas Dieu : Hitler est le guide de son peuple, comme Moïse". Jean Soler ajoute que la Shoah ne saurait être ce qui est couramment dit : "Un événement absolument unique".
Il est accusé d’amateurisme, de dérapage en roue libre. Même un défenseur le tance : « ne puis-je pas passer sous silence les différents anachronismes et autres amalgames qui parcourent ce texte, tel celui, aberrant, consistant à faire de la loi mosaïque l’ancêtre théologico-politique de l’hitlérisme: non, Moïse, quel que soit son extrémisme religieux, voire son fanatisme guerrier, n’est pas l’archaïque préfiguration d’Hitler, si ce n’est au prix d’une interprétation exagérément partisane, et donc fausse sur le plan de l’herméneutique, du texte biblique. Davantage : la Shoah, par son ampleur comme par son mobile, demeure un crime unique dans les annales de l’(in)humanité ! »
** Comme un écho à Pierre Dac qui concluait un Discours parodique par cette phrase : “Je lève mon verre en formant le voeu sincère et légitime de voir bientôt se lever le froment de la bonne graine sur les champs arrosés de la promesse formelle enfouie au plus profond de la terre nourricière, reflet intégral d'un idéal et d'une mystique dont la liberté et l'égalité sont les quatre points cardinaux en face d'une fraternité massive, indéfectible, imputrescible et légendaire."
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Pire, une commission présidée par André Varinard, un ex-Recteur de l'Éducation Nationale, préconise l'incarcération des mineurs dès 12 ans (en gros, ce qu'aurait dû savoir notre Recteur, fin de 6e-début 5e). Certaine d'être dans le droit fil de la politique sarkozyste, qu'elle a à cœur de mener à bien, notre pôvre R. Dati estime que cette proposition relève du « bon sens ». Comme celle, sans doute, toujours de notre ex-Recteur, d'une prison de week-end pour les ados scolarisés (collège du lundi au vendredi, tôle le samedi et le dimanche : motivé qu'il sera le gamin !). Du coup, c'est le Fillon qui s'y est mis : intronisant le loufoque Ministère des dépenses, sans que ça ait donc un quelconque rapport avec cette guignolade, il a annoncé solennellement qu'il était « totalement hostile » à la prison dès 12 ans.
Rachida Dati symbolise toute une période de la présidence de Sarkozy, la période bling-bling. Elle en a adopté tous les défauts, on serait tenté de dire jusqu'à la caricature si son mentor n'était pas lui-même caricatural. Elle n'a jamais craint, à l'instar de son maître, de manier les plus énormes contre-vérités. Ainsi, chez M'ame Chabot (complaisante dame qui avait reçu dans son émission le ministre de l'Intérieur de l'époque, la veille du jour où on décomptait le temps de parole des candidats à la présidentielle) elle déclarait sans vergogne : « Il y a 204 000 mineurs qui sont mis en cause pour des actes graves. Des mineurs délinquants, Arlette Chabot, c'est des violeurs, des gens qui commettent des enlèvements, des trafics de produits stupéfiants, qui brûlent des bus dans lesquels il y a des personnes. Les mineurs délinquants qui sont incarcérés ou placés en CEF y sont majoritairement pour des actes de nature criminelle.» Or en 2007, sur les 203 699 mineurs mis en cause seuls 2650 (1,3 %) le furent pour des faits criminels** ! Et pour ne pas être en reste avec son chef qui invente un
Le jeudi 10 juillet, Libé titrait sur « La Gaffitude » de Mme Royal.
d'une «lumière» que porte en elle l'otage libérée, d'un «message d'amour qui déplace les montagnes». Pour Royal, Ingrid Betancourt «a tenu parce qu'elle a senti que des millions de gens attendaient sa libération».