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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 21:37
Michel Onfray : de la victimisation de soi !

Hasard des lectures : Michel Onfray, le sombre, l’inconsolé, le vilipendé, hantait cependant les colonnes de L’Obs du 19/03 (entre autres) où, pour présenter son dernier opus, il jouait son rôle favori de victime. Or, dans le Libé du samedi suivant, Joffrin livrait une chronique dont le premier paragraphe semblait écrit pour le soi-disant philosophe bas-normand.

 

« Encore un martyr de la pensée unique ! La victimisation de soi est devenue une figure obligée pour tous ceux qui se piquent d’originalité intellectuelle, au risque de tomber désormais dans la banalité la plus monotone. De nos jours, on n’est plus franc-tireur, dissident, rebelle, iconoclaste. On est une victime, un réprouvé, un opprimé, un zek de la vie intellectuelle, enfermé, écrasé, humilié, bafoué par les maîtres-penseurs de l’idéologie totalitaire qui gouverne la France. Drôle de pensée unique, d’ailleurs : chacun désigne la sienne, à l’extrême gauche, à l’extrême droite, ou même à l’extrême centre, comme Jean-François Kahn. Chacun fustige son tyran, la droite, la gauche, la fausse droite, la fausse gauche, le droit-de-l’hommisme, le socialisme, le libéralisme ou «l’UMPS», tous catéchismes uniques et impérieux. Il y a, ainsi, plusieurs pensées uniques sur la scène intellectuelle, ce qui tend à fragiliser le concept. » Libé 20/03/15

« On peut dire que la définition de la gauche pour Michel Onfray commence à Michel et s’arrête à Onfray. »

Baptiste Rossi

« Depuis dix ans j’ai eu droit à tout : « antisémite »* parce que j’ai écrit en faveur de l’athéisme, pour une psychanalyse débarrassée des mensonges de Freud (…) ; « pédophile refoulé », dixit les freudiens de Paris, parce que j’ai écrit pour m’insurger contre le soutien de nombreux intellectuels français à Polanski (…) ; « d’extrême-droite » parce qu j’ai écrit que je préférais une analyse juste, fût-elle d’Alain de Benoist à une analyse fausse de BHL (…) j’ai été également « blasphémateur »  (…) et « islamophobe » (…) Que peut-il m’arriver de pire ? Zoophile ? Nécrophage ? Je m’y attends… Fasciste viendra sûrement ! » (et l’article est intitulé « On ne manquera pas de me criminaliser à nouveau » !).

Fils de Pétain ?

Présentant un livre intitulé Cosmos il prévoit déjà qu’on lui enverra à la figure « La terre, elle, ne ment pas ». Phrase écrite par un très temporaire nègre de Pétain, Emmanuel Berl qui, de fait, a commis deux discours du Maréchal. Ce qu’avec un brin de pédanterie Onfray rappelle, mais qui n’enlève rien au caractère réactionnaire de la phrase. Et qui, comme P. Assouline le montrait, a eu des échos lointains chez un autre nègre, Guano, qui faisait dire à nabotléon, comme le surnommait un de ses éminents conseillers, « La France a un lien charnel avec son agriculture, j’ose le mot : avec sa terre. Le mot "terre" a une signification française et j'ai été élu pour défendre l'identité nationale française. ». Accents barrèsiens que l’on retrouve dans la piété filiale de l’athéologue, décrivant son père comme « un enfant de la terre, un fils de la glèbe, un paysan enraciné dans sa Normandie natale, une terre que ses ancêtres vikings ont abordée il y a mille ans »**.

 

Sera-t-il, comme il l’annonce, criminalisé ?

En tout cas les assises médiatiques sont des plus indulgentes. Marianne l’adule. Le Point, qui en a fait sa couverture, confie à son ex-patron, Frantz-Olivier Giesbert – oui, FOG lui-même qui le dit être son « vieux pote » – le soin de l’interviewer. Et même Christine Boutin, toujours dans Le Point lui pardonne son athéisme, car « sa volonté de chercher la vérité à partir du réel rejoint l’incarnation chrétienne » (?) et tombe en pamoison : « Il ose même proclamer la fin de la gauche ! » (voir Le blog de JAM). Et La Pravda de la gauche sociale traître, comme il le baptise, Libération, lui ouvre ses colonnes pour des tribunes.

 

Comme on le voit le réprouvé, prompt à jouer El desdichado (« Je suis le ténébreux, - le veuf, - l'inconsolé… »), a table ouverte dans nos magazines. « Les cosmos qu’il faut ne se trouvent nulle part ailleurs que dans l’épicentre de chacun » devrait faire, si la genriste Najat Valaud-Belkacem ne s’y oppose pas, un excellent sujet de philo au bac : expliquez et commentez !

Croyant être profond, il n'est que creux.

 

* Cette accusation d’antisémitisme vient d’un éloge d’un livre de Jean Soler Qui est Dieu ?. Selon Onfray, Jean Soler aborde l'extermination des Cananéens par les juifs et parle à ce propos d'"une politique de purification ethnique à l'encontre des nations de Canaan", ce qui lui permet d'affirmer que les juifs inventent le génocide - "le premier en date dans la littérature mondiale". "Le nazisme selon Mein Kampf (1924) est le modèle hébraïque auquel il ne manque même pas Dieu : Hitler est le guide de son peuple, comme Moïse". Jean Soler ajoute que la Shoah ne saurait être ce qui est couramment dit : "Un événement absolument unique".

Il est accusé d’amateurisme, de dérapage en roue libre. Même un défenseur le tance : « ne puis-je pas passer sous silence les différents anachronismes et autres amalgames qui parcourent ce texte, tel celui, aberrant, consistant à faire de la loi mosaïque l’ancêtre théologico-politique de l’hitlérisme: non, Moïse, quel que soit son extrémisme religieux, voire son fanatisme guerrier, n’est pas l’archaïque préfiguration d’Hitler, si ce n’est au prix d’une interprétation exagérément partisane, et donc fausse sur le plan de l’herméneutique, du texte biblique. Davantage : la Shoah, par son ampleur comme par son mobile, demeure un crime unique dans les annales de l’(in)humanité ! »

 

** Comme un écho à Pierre Dac qui concluait un Discours parodique par cette phrase : Je lève mon verre en formant le voeu sincère et légitime de voir bientôt se lever le froment de la bonne graine sur les champs arrosés de la promesse formelle enfouie au plus profond de la terre nourricière, reflet intégral d'un idéal et d'une mystique dont la liberté et l'égalité sont les quatre points cardinaux en face d'une fraternité massive, indéfectible, imputrescible et légendaire."
 

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 16:21

 

marcela_iacub_dsk3.jpg

Eh oui ! j’ai osé commettre dans feu Le Post, un « Roman Polanski et les cagots déchaînés ». Cela m’a valu un déchaînement des hyènes, avec «On enquête sur vous ». La défense de DSK nécessitait aussi la port d’un casque de chantier. Se lancer maintenant dans celle de Marcela Iacub relève de l’absolu masochisme. Inutile d’argumenter, les hystérico-moralistes qui n’ont pas lu une demi-ligne du dossier de Roman Polanski, ni suivi celui de DSK, ni lu non plus les bonnes feuilles du livre de Marcela Iacub, font retentir leurs mêmes cris de lyncheurs.

marcela_iacub.jpg

Honte et scandale !

 

Un bref relevé  non exhaustif des commentaires sur un article du Nel Obs en ligne - DSK par Marcela Iacub : une stupéfiante puissance littéraire -  est révélateur.

« Je suis journaliste de presse écrite. Il me semble que Le Nouvel Obs vit ses dernières années. Comment est-il possible de tomber aussi bas en journalisme ? » écrit un Torn Ventura qui doit être moins journaliste que moi. Il ajoute « Non seulement jamais plus je n'achèterai cet hebdo, mais l'idée même de travailler pour ce genre de presse me devient abjecte. Et je me demande même comment les journaleux qui y bossent peuvent continuer à se regarder dans la glace et se dire : je suis un journaliste » !

« C'est une ignominie. Je n'acheterai plus jamais le nouvel obs que je lis pourtant depuis des décennies et qui est désormais, grâce aux diligences de M. Joffrin, digne des pires tabloïds anglo-saxons » (copié/collé des textes) ajoute Hunkeler Bernard. Il est rejoint par J. M. Matthieu « le NouvelObs tombe dans la fange la plus nauséabonde, à l'instar de Voici et autres ! » « C est pitoyable minable honteux , honte au nouvel obs » s’écrie Stépahane Perraud !

 

Ce n’est rien évidemment à côté des attaques ad hominem infligé à Marcela Iacub. Un certain Guy S. donne le ton « Bon pour se faire du pognon ! Que cette...........(au choix because censure) ait couché avec cet homme que he respecte ». « Prendre DSK pour amant d'un temps pour profiter de sa réputation sulfureuse en écrivant un livre sur leur relation amoureuse qui, espère t-elle, se vendra, c'est une forme de prostitution. » ajoute Bernard M. « La différence entre cette "dame" et une prostituée, est que cette dernière assume de le faire pour de l'argent. » (Mac Gyv). Mais Phil Ren fera plus fort « C 'est dans l'aile d'un asile psychiatrique que cette fouilleuse de poubelles et de slips aurait du être réduite a ecrire sa serpiliére... ». Plus fort encore dans l’ignoble, le Xavier Gallet  « et toujours les médiats vont valoriser des putes ou des escrocs; elle en a mis du temps a 'écrire' ( a plusieurs mains un livre la fille du rabin. des histoires de culs mal torchés rien de plus. » copié/collé rappelons-le, donc ortografe et sintaxe d’origine. Le lyncheur qui sommeille chez le beauf de comptoir se réveille : « il est heureux que cette femme ne propose pas de sessions de signature; elle aurait sans doute risqué de recevoir au choix oeufs, tomates ou farine ».

 

Et Sultanetta fera la synthèse des attaques anti Nel Obs et anti Marcela Iacub, avec une grande élégance : « En ce qui concerne Mme. Marcela Iacub (spécialiste de la philosophie du droit), elle a du apprendre la philosophie dans des paquets Mac Do. Je ne cracherai pas plus mais franchement là... le Nouvel Obs a dépassé l'éditeur de Mme Yaqua Cub. ce qui est choquant est la caution que Nouvel Pub offre à ce livre torché-torchon ET à son auteur hallucinante rossinante de philo et de droit. »

 

Ce relevé ne concerne qu’un article ; on a sur « Le Plus » des commentaires de la même encre. Anonymes le plus souvent et par des inconnus qui n’ont jamais été capables d’écrire une seule contribution.

 

On pourrait y ajouter un Bourdin qui joue les déontologues ou un Aphatie qui, la lippe hautainement méprisante, qualifie un livre qu’il n’a pas lu « d’histoire de coucherie ».

 

Marcela Iacub, talentueuse provocatrice

 

marcela_iacub2.png  Mais il faut avouer qu’elle l’a bien cherché, Marcela Iacub. Une intelligence brillante et provocatrice rien de tel pour faire baver de haine nos beaufs aux fronts de boeufs. Et sa liberté d’expression - à contre-pied des féministes de stricte obédience, elle va défendre le droit de vendre son corps – lui vaut les aboiements des chiennes de garde. Elle synthétisera cette double hostilité quand elle osera – avant de le rencontrer – défendre DSK dans l’affaire du Sofitel (« Une société de violeurs ? » Fayard 2011). Inutile de dire qu’elle a su aussi déclencher la vindicte des bigot-te-s, puisqu’elle a défendu le droit à l’adoption pour les couples homos.

 

Fallait-il faire la UNE du Nel Obs sur « Belle et bête » ? « Ça se discute », comme disait feu Delarue. Fallait-il en publier les « bonnes feuilles » dans le Nel Obs ? Oui, de mon point de vue. Cet entretien et ces extraits le méritent cent fois plus que ceux de Marc Fiorentino, un ultra-libéral qui ferait passer Cameron pour un collectiviste. Peut-on ajouter que Mme Iacub a une plume, un vrai talent d’écriture ? Non riposte le chœur antique des indignés.

 

DSK.jpg  DSK n'est pas content, ça se comprend, mais il a tort. Anne Sinclair n'est pas contente, ça se comprend et elle n'a pas tort. M. Iacub donne un éclairage très cruel. Mais elle sait faire preuve d'humour, voire d'auto-dérision.  Son analyse au scalpel n'est peut-être pas "vraie", mais elle est vraisemblable en ce qu'elle éclaire un comportement pour le moins incohérent.

 

 

M. Iacub reprend à sa façon le mythe du Dr Jekyll et de Mr Hyde, FMI et partouzes, l’homme Stauss-Kahn et Dominique le cochon. Sauf que pour elle, c’est le cochon qu’il faut garder - - « Le cochon, c’est la vie qui veut s’imposer sans aucune morale, qui prend sans demander ni calculer, sans se soucier des conséquences. […] Le cochon, c’est le présent, le plaisir, l’immédiat, c’est la plus belle chose qui soit, la plus belle part de l’homme. […] L’idéal du cochon, c’est la partouze: personne nest exclu de la fête, ni les vieux, ni les moches, ni les petits. […] » - et cette défense et illustration du cochon bien éveillé est dans le droit fil de ses plaidoiries antérieures pour DSK. Son analyse de l’affaire dite du Carlton de Lille est remarquable.

 

Aussi, se décrivant comme « une nonne qui tombe amoureuse d’un cochon (…) qui se détourne de la grandeur de l’amour divin pour se vautrer dans les ordures », elle devient une lointaine petite cousine de Geneviève Le Theil, l’héroïne du « Repos du guerrier » de C. Rochefort. « Je suis une sainte et…je voulais le sauver » ajoute-t-elle dans l’entretien.

 

 

 

anne-sinclair1.jpg  Reste le rôle qu’elle attribue à Anne Sinclair. Et là, on comprend que son analyse puisse cristalliser l’hostilité de celles et ceux qui admirent cette grande journaliste, cette mendèsite, comme la décrit BRP. Mais la contradiction que croit avoir décelé l’écrivaine entre des idées de gauche et son comportement, n’est pas inédite. Karl Marx a bien engrossé sa bonne (et refusé de reconnaître le gosse). Que cette mendèsiste ait eu envie de cornaquer un éléphant rose d’une « intelligence analytique incontestable » explique qu’elle ait pris de l’ascendance sur son mari dont elle aurait fait « son caniche ». Il s’agissait de l’amener à dépasser un certain dilettantisme, pour le conduire au sommet. Elle a cependant oublié de brider un peu le cochon trop éveillé qui allait causer la perte de l’éléphant. Cette analyse du rôle de l’épouse venant d’une amante est évidemment suspecte de subjectivité. Elle a le mérite de donner de la cohérence à cette histoire qui, sinon, serait… « une histoire contée par un idiot, pleine de bruit et de fureur et qui ne veut rien dire. » (Shakespeare).

 

Le livre de Marcela Iacub peut et doit être discuté. En laissant de côté cette histoire de UNE, prétexte justement à le négliger. Outre ses qualités d’écriture, cet objet littéraire non identifié – auto-fictionnel, allégorique, fantasmatique… - est une véritable enquête de terrain que l’on peut qualifier d’obscène par sa crudité, son dévoilement de l’intime, mais qui n’a rien apparemment d’une « histoire de cul » (les amateurs de livres qu’on lit d’une main seront déçus). Il nous montre un DSK obligatoirement inconnu.  

 

L’analyse très aigue que tire l’auteur de cette enquête semble donner des clés de compréhension d’un comportement paradoxal où le « libertinage » ostensible pour ne pas dire ostentatoire auquel se livrait DSK était en totale contradiction avec ses ambitions présidentielles. Où même l’épisode du Sofitel – qu’il avait pourtant prévu – ressemble à un suicide de ces ambitions.

Quant à savoir si la littérature autorise ce viol de la vie privée, c’est à la Justice de le dire.

 

 

 

 

P. S. Certains commentateurs des articles de Joffrin ou Garcin sortent (sans donner leur source) cette phrase tirée de Wikipedia :

"Le 21 avril 2012, lors de l'émission Répliques d'Alain Finkielkraut sur France Culture, elle explique que le viol n'est pas toujours traumatique, ce qu'elle illustre par cette comparaison : « Il y a des gens qui ont été à Auschwitz qui ont été traumatisés et d'autres non »."

Cette assertion, reprise pour évidemment dénoncer la vilaine Iacub - voyez ce qu'elle a dit ouh ! ouh ! l'arrière petit fille de rabbin - n'est assortie d'aucun lien. Bien que le moteur de recherche de France culture ne soit pas très performant, on peut retrouver l'intégralité de l'émission : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4409267

On constatera que la présentation de wikipedia est pour le moins biaisée. C'est vers la fin de l'émission. Echange un peu confus entre Muriel Salmona, psy, et M. Iacub : la psy parle d'une "mémoire traumatique" qui minerait la personne pour toujours et Iacub met en doute non le traumatisme mais le "toujours" de la psy qui parle même d'atteintes neurologiques et la phrase qu'on lui prête est pour le moins reconstruite. Rien de bien original d'ailleurs puisqu'elle évoque en fait la résilience (cf B. Cyrulnik). De scandaleuse la demi-phrase réelle devient banale.

Toujours se méfier des citations qui ne renvoient pas explicitement au contexte dont elles sont tirées. C'est ainsi que l'on continue de faire dire à Rocard le contraire de ce qu'il a dit sur la misère du monde.

 

En complément :

 

LA MÈRE DENIS

Je suis un inconditionnel de Christine Angot. C’est qu’elle a le don de me faire rire aux éclats. En particulier quand, s’inspirant de Frigide Barjot, elle surjoue les pétroleuses, comme dans le Monde de samedi que nous ne découvrons en province que le lundi.

Longtemps, je l’ai rangée aux côtés de Saint-Exupéry, partisan lui aussi de l’expérience vécue, poil au cul ! En quoi, piètre exégète, je me trompais, Christine Angot ne pouvant se réclamer d’aucun mâle, fût-il mort. Son plaidoyer pro domo dans le Monde vient enfin de me le faire comprendre. Cette façon qu’elle a, rigolote en diable, d’enfoncer le clou sur la tête des Lançon, Lefort et Garcin, et de porter aux nues le vertueux Aphatie, m’a soudainement remis en mémoire la regrettée mère Denis. Tout le plaidoyer de Christine Angot est en effet un remix du réjouissant «Ah, oui, c’est [ben] vrai, ça !» par quoi la fausse lavandière concluait ses démonstrations en l’honneur de Vedette. J’en veux pour preuve cette phrase proprement denisienne : «Les maîtres du monde sont les gens riches et haut placés, c’est comme ça, il faut s’y faire.» Ou cette autre, pas moins clownesque, surtout si on la médite, les narines farcies à l’encens : «La littérature, c’est donner une forme même à ce qui est vide dans la tête, sans rien substituer à ce vide, en recréant l’état de vacance de l’esprit pendant que le corps est touché par un autre.» Mais un autre quoi ? Animal, végétal ou minéral ?

L’actualité de la semaine vu par Gérard Guégan

Le Monde des livres, déchaîné, attaque à la grosse Bertha "Belle et bête" et après Angot-mère Denis c'est V. Despentes, méprisante donc méprisable qui s'y colle.

 

 

En complément :

Marcela Iacub parle enfin : « Je suis honorée de ce lynchage »

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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 18:25

« Elle pince, elle griffe, elle mord », voilà ce que nous disions de Christine C., à la maternelle (qu'on appelait "asile" à l'époque), fille d'un notable de notre charmante cité des roses. La non moins charmante Christine, aux mœurs enfantines assez sauvageonnes, n'a pas sombré, autant que je sache, dans la délinquance ni juvénile, ni adulte.

Avec un Frédéric Lefebvre, dit le pitbull sans rouge à lèvres, elle aurait été classée, fichée, dès ses trois ans, comme à risques. Mais ne jetons pas la pierre à cet aboyeur, il ne fait que reprendre une idée de son maître (celui qui fait président), appuyée par un rapport de l'Inserm, idée mise au placard devant le torrent de protestations.

 

Faudra-t-il défendre, pour de meilleures raisons que Greilsamer, la soldate Dati ?

En bonne continuatrice de la politique ultra répressive de l'ex-ministre de l'intérieur, qui fait maintenant président, dans la droite ligne aussi de ses agressions contre la presse (qui ne se souvient de son agression verbale contre Joffrin, Libé déjà, en conférence de presse), elle défendait la magistrate qui avait ordonné l'imbécile arrestation d'un autre journaliste de Libé. Mal lui en a pris : l'ex-favorite qui accompagnait, dans sa période bling bling et Cécilia, son maître, à chaque voyage à l'étranger, voire dans de luxueuses vacances états-uniennes, s'est vue désavouée par ledit maître.

Pire, une commission présidée par André Varinard, un ex-Recteur de l'Éducation Nationale, préconise l'incarcération des mineurs dès 12 ans (en gros, ce qu'aurait dû savoir notre Recteur, fin de 6e-début 5e). Certaine d'être dans le droit fil de la politique sarkozyste, qu'elle a à cœur de mener à bien, notre pôvre R. Dati estime que cette proposition relève du « bon sens ». Comme celle, sans doute, toujours de notre ex-Recteur, d'une prison de week-end pour les ados scolarisés (collège du lundi au vendredi, tôle le samedi et le dimanche : motivé qu'il sera le gamin !).  Du coup, c'est le Fillon qui s'y est mis : intronisant le loufoque Ministère des dépenses, sans que ça ait  donc un quelconque rapport avec cette guignolade, il a annoncé solennellement qu'il était « totalement hostile » à la prison dès 12 ans.

 

Si ces basses manœuvres internes pour déstabiliser l'arrogante Madame Dati aboutissent à mettre au placard les grotesques et surtout dangereuses propositions du rapport Varinard, nous évitent donc  une régression démocratique de plus d'un demi-siècle, à quelque chose magouilles seraient bonnes.

Mais gageons que, comme pour le fichage des gamins dès trois ans, à coups de chiffres mensongers sur la délinquance juvénile, exploitant comme à l'accoutumée un fait divers*, le sarkozysme nous ressortira des mesures semblables.

Rachida Dati symbolise toute une période de la présidence de Sarkozy, la période bling-bling. Elle en a adopté tous les défauts, on serait tenté de dire jusqu'à la caricature si son mentor n'était pas lui-même caricatural. Elle n'a jamais craint, à l'instar de son maître, de manier les plus énormes contre-vérités. Ainsi, chez M'ame Chabot (complaisante dame qui avait reçu dans son émission le ministre de l'Intérieur de l'époque, la veille du jour où on décomptait le temps de parole des candidats à la présidentielle) elle déclarait sans vergogne : « Il y a 204 000 mineurs qui sont mis en cause pour des actes graves. Des mineurs délinquants, Arlette Chabot, c'est des violeurs, des gens qui commettent des enlèvements, des trafics de produits stupéfiants, qui brûlent des bus dans lesquels il y a des personnes. Les mineurs délinquants qui sont incarcérés ou placés en CEF y sont majoritairement pour des actes de nature criminelle.» Or en 2007, sur les 203 699 mineurs mis en cause seuls 2650 (1,3 %) le furent pour des faits criminels** ! Et pour ne pas être en reste avec son chef qui invente un plaquiste chômeur qui refuse des dizaines d'emplois ou des dockers d'Anvers qui travaillent 4000 heures par an, elle fabrique un mineur aux 190 forfaits et aux 52 condamnations (il est vrai que c'est à Marseille où parait-il une sardine gigantesque a eu bouché le Vieux Port) !

 

Ne soyons pas hypocrite, le départ probable de Madame Dati ne nous fera pas verser un torrent de larmes. Mais, il y a quand même quelque chose d'indécent  dans cet hallali, de la part de celui qui fait président et de ces féaux, à l'encontre d'une ministre qui n'a fait que poursuivre la politique bornée de l'ex-ministre de l'intérieur.

 

PS Sur à peu près le même thème, mais avec un angle d'attaque beaucoup plus large, voir une tribune de Françoise CLERC : Qui a peur de la jeunesse ?

 

* L'épisode du schizophrène assassin a illustré une fois encore cette démarche démagogique et risque d'aboutir, une fois encore, à une loi de circonstance et de régression.

 

** Sur la délinquance des jeunes voir l'étude de Laurent Mucchielli : Note statistique de (re) cadrage sur la délinquance des mineurs  http://www.rue89.com/files/20081125Statistique.pdf

 

 

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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 20:05

Rappelez-vous, c'était sur la « Grande Muraille », Ségolène Royal - en blanc, couleur de deuil pour le chinois, nous disaient doctement les sinologues, comme si nous ne portions jamais du noir en dehors des enterrements  - parlait de « bravitude » ! Presqu'au même moment, Sarkozy, Ministre de l'Intérieur, candidat, déclarait au Mont-Saint-Michel : «Il y a quelques années, François Mitterrand, dans une réplique superbe, avait dit : "Vous n'avez pas le monopole du cœur."  Libé, très indulgent de commenter cette bêtise « Rien de bien terrible, certes ». Un néologisme hardi d'un côté, le témoignage d'une inquiétante inculture politique de l'autre, c'est évidemment sur le néologisme que les médias ont lourdement ironisé !  

 

Le jeudi 10 juillet, Libé titrait sur « La Gaffitude »  de Mme Royal.

Cherchez bien, si vous trouvez la une du Figaro sur les gaffes de Sarkozy faites signe. Il a pu, sans que ce soit relevé parler d'un plaquiste au chômage refusant 60 offres d'emploi, de dockers de Barcelone ou d'ailleurs travaillant 4000 h par an, il écorche la langue française avec constance (confondant parler populaire avec vulgaire) maniant le néologisme avec moins de talent que son ex-concurrente en parlant d'héritation pour héritage. S'il n'y avait pas Le Canard Enchaîné, dans les médias traditionnels, ça passerait inaperçu. Et ce n'est que grâce à Internet que « Casse-toi, pauvr' con ! » a dû être repris par télés et presse.

Non, il fallait que le seul quotidien de gauche qui nous reste titre sur la gaffitude de Ségolène Royal.

 

Ayant commis une « Lettre ouverte à Jack Lang »* qui, quand déjà S. Royal s'était fait agresser par les pitbulls de Sarko après un entretien avec des journalistes au moment de la libération d'Ingrid Betancourt**, en avait ajouté une louche, sans même se préoccuper de ce qu'avait dit sa camarade, j'ai reçu un mot d'un député « c'est en direct, sans coupure, que trois jours plus tard nous avons entendu Ségolène commencer à délirer sur son cambriolage... J'ai eu des frissons... car je me suis demandé si elle n'était pas complétement tombée dans la paranoïa profonde... Je me demande comment tout cela va se terminer ». Voilà donc la gaffitude suprême qui lui a valu un déchaînement de haine des pitbulls.

 

Libé dans une subtile analyse (bien analysée par Arrêt sur images »), titrait « L'opposante favorite de l'UMP » : si Estrosi, dit bac-5, la traite de bigorneau, si Lefebvre, bave aux babines, se déchaîne contre elle, c'est, bien sûr, pour valoriser cette opposante favorite de notre Ouf 1er. Et n'oublions pas Fillon, le larbin souffre-douleur, qui, sans doute pour faire oublier qu'il s'était drôlement pris les pieds dans le tapis au Québec (sans grands échos médiatiques), ose la traiter de « petite fille ».

 

Toujours est-il que la gaffitude a fait bouger les choses.

La police, qui avait clos l'enquête infructueuse pour un premier cambriolage en 2006, rouvre le dossier pour découvrir que des empreintes digitales correspondaient à une voleuse yougoslave. Ètonnant, non ? L'information sur cette identification vient non pas du Ministère de l'intérieur, mais de Claude Guéant, secrétaire général de l'Èlysée (au lendemain des déclarations de Royal). J. P. Mignard, avocat de S. Royal, a beau jeu d'ironiser sur cette suspecte providentielle, présentée comme voleuse, qui n'a rien volé et qui aurait donc ce soir-là exercé son activité habituelle à titre bénévole, mue par la seule curiosité.

Délire, paranoïa ? Comme le dit finement Joffrin, directeur de Libé, des millions de français ont été cambriolés et ne mettent pas en cause Sarkozy, sauf qu'ils n'ont pas été candidats contre Sarko et qu'en général on les a cambriolés pour leur piquer quelque chose.

 

Pour preuve de la bonne foi sarkozyenne, Libé encore, je crois, cite tout le mal qu'il a pu dire des officines et son engagement de ne pas y avoir recours. Il s'était aussi engagé à être le Président du pouvoir d'achat et à défendre les droits de l'homme dans le monde !

 

* 09/07/08 Lettre ouverte à M. Jack Lang

Cher camarade,

Puis-je dire mon étonnement et ma réprobation, quand je t’ai entendu condamner Ségolène Royal, pour une phrase que, comme d’habitude, de pseudos journalistes – de ceux qui s’esclaffent aux saillies médiocres de celui qui, comme il dit, « fait président » - avaient ôté de son contexte et qui, de toutes façons, ne disait rien d’autre que ce que Claude Guéant avait admis. Les autorités françaises ne furent pour rien du tout dans l’action qui a libéré Ingrid Betancourt ! Elles ne furent d’ailleurs mises au courant que par une dépêche d’agence. Dire cela est-ce scandaleux ?

Que les pitbulls de Sarkozy, Lefebvre, Estrosi, Guaino, etc. se livrent à de basses  attaques contre celle qui fut – ai-je besoin de le rappeler ? – la candidate de gauche face à Sarkozy, c’est indigne mais c’est au diapason de leur patron. Mais que le réflexe premier d’un membre du même parti que celle qui est ainsi agressée ne  soit pas, a priori, de la défendre heurte ma conception, sans doute vieillotte,  de ce que doit être un parti.

Il est vrai que cette conception est bien dépassée. Alors que la discipline de vote – nul n’est obligé d’adhérer à un parti et encore moins de se présenter aux élections sous telle ou telle étiquette, cette discipline est donc bien librement consentie – est essentielle, surtout quand on est dans l’opposition, on a encore vu, il y a quelque temps, une dizaine de parlementaires se prononcer dans la presse pour la réforme constitutionnelle de Sarkozy, affaiblissant immanquablement la capacité de négocier du groupe. (Il est vrai, que l’on avait vu pire, avec des personnes faisant fi d’un vote clairement majoritaire des adhérents du PS et cela en toute impunité).

Oui, je le confesse, j’en suis resté à une vision totalement rétrograde de la vie d’un Parti qui demanderait aux élus un minimum de respect des votes des militants, de la discipline d’un groupe, etc.

Je te prie donc d’excuser cette bouffée d’archaïsme et je n’oserais conclure sur mes craintes que le futur congrès voit la victoire d’une coalition hétéroclite cimentée uniquement par le « sus à Royal ».

Socialistement,

 

** "Elle dit son admiration pour «le courage physique» et «la force» de Betancourt. Elle parle d'une «lumière» que porte en elle l'otage libérée, d'un «message d'amour qui déplace les montagnes». Pour Royal, Ingrid Betancourt «a tenu parce qu'elle a senti que des millions de gens attendaient sa libération».

Alors qu'on lui fait remarquer que l'otage libérée a notamment remercié Nicolas Sarkozy, elle répond qu'il s'est agi d'une «opération colombienne rondement menée qui a bien marché». Et que cela prouve que «les négociations avec les Farc étaient inutiles et n'avaient débouché sur rien». Ne craint-elle pas, lui demande-t-on encore, que cette libération donne lieu à une «récupération politique»? Il ne peut y avoir, répond-elle, «ni polémique ni récupération» et ce d'autant moins que Nicolas Sarkozy n'est «absolument pour rien» dans cette libération." Libé 10/07/08 http://www.liberation.fr/actualite/politiques/338187.FR.php

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