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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 17:02
Retour tardif sur les élections européennes
Retour tardif sur les élections européennes

Le grand vainqueur hélas est le F-Haine, bien sûr. Mais, à gauche, le grand perdant n’est pas le PS mais les Verts. Et le Front de gauche a complétement perdu son pari, dans une élection pourtant, a priori, favorable.

 

"On aimerait doubler notre score, passer la barre des 10%, au moins atteindre le score que j'ai réalisé à l'occasion de l'élection présidentielle de 2012, à savoir 11,10%", voilà ce qu’affirmait Mélenchon avant l’élection. Au bout du compte, stagnation en % et même perte d’un siège. Plus à gauche encore, si Lutte ouvrière est stable dans un score de témoignage (1,20 %), sa rivale trotskyste, la Ligue communiste, rebaptisée NPA, a disparu des écrans radars, alors qu’elle frisait les 5 % en 2009. Tout additionné, l’extrême-gauche ne fait pas 8,5 %. Guère plus du tiers du F-Haine.

Si le PS perd encore des plumes, le grand perdant à gauche est bien Europe Ecologie les Verts qui, pratiquement divise son score par deux et perd plus de la moitié des sièges, alors que le PS n’en perd qu’un. En 2009, il faisait pratiquement jeu égal avec le PS.

L’alliance centriste, dans un scrutin qui aurait dû le favoriser puisque non laminée par le scrutin majoritaire, fait à peine mieux que le MODEM seul en 2009.

L’UMP peut juste se réjouir d’être restée largement au-dessus du PS et d’avoir limité la casse, d’autant que peu après éclatait l’affaire Bygmalion qui aurait pu entraîner une totale déconfiture.

Quant au F-Haine, on peut tenter de relativiser son poids, compte tenu de l’abstention – en nombre de voix il ne pèse que 10 % des inscrits – considérer que ce type d’élections dont les enjeux sont peu perceptibles est propice au vote protestataire, il n’empêche qu’après la percée des municipales, il s’installe. Et les fausses querelles de famille pour accréditer la dédiabolisation ne doivent pas faire oublier que ce parti est fondamentalement xénophobe.

Jaurès au Pré-Saint-Gervais, mai 1913

Jaurès au Pré-Saint-Gervais, mai 1913

La gauche peut mourir ?

 

Le centenaire de l’assassinat de Jaurès est là pour nous montrer que, sous divers avatars, la gauche socialiste non bolchevique, de congrès de Tours en congrès d’Epinay, de 1936 en 1981, a su survivre voire renaître. Mais de grands partis, comme le parti Radical, ne sont plus que des buttes témoins. Et c’est le PS qui, naguère, a plumé la volaille communiste et non l’inverse. Mais le PS peut, à son tour, connaître le sort des radicaux.

Sauf qu’à gauche, aucune autre force ne paraît prête à prendre le relais.

Les Verts semblent avoir hérité de tous les défauts de feu le PSU. Le calcul consistant à prendre le large du gouvernement juste avant les européennes a été un complet échec. Et même l’élection de 2009 est apparue comme n’étant due qu’au charisme de leur tête de file, Dany Cohn Bendit, et non à l’attractivité des idées écologiques.

Le calcul du Front de Gauche, ou plutôt de Mélenchon, était clair : taper à bras raccourcis sur les socio-libéraux, comme ils disent, pour rallier tous les déçus du socialisme. Sauf que ces déçus ne se sont pas déplacés (ou, marginalement, ont même pu voter F-Haine). Mélenchon, pour expliquer cet échec de sa stratégie s’en prend à ses alliés PCF qui ont eu l’outrecuidance d’estimer que, quand au niveau municipal, on avait loyalement œuvré ensemble à gauche, il était logique de repartir ensemble*. Les électeurs étaient capables de comprendre que les enjeux locaux ne se confondaient pas avec les nationaux. Sauf si un imprécateur leur brouillait l’écoute, en criant à la traîtrise. Quant à clamer, comme il le fait, que c’est la faute de Valls-Hollande qui ont naufragé toute la gauche, c’est l’aveu que son discours ne convainc pas et, qu’à tort ou à raison, les électeurs estiment qu’il n’offre pas une alternative crédible.

 

Aux élections européennes, la gauche – tout confondu – fait un peu plus d’un tiers des voix. Dans une logique de scrutins majoritaires – surtout si, comme le préconise Mélenchon, le vieux réflexe dit de « discipline républicaine », le vote pour le candidat de gauche le mieux placé, s’efface – elle peut être complétement et durablement laminée.

 

Avec un paysage politique inquiétant où seule la droite dite républicaine sera en mesure de disputer le pouvoir au F-Haine.

 

* Et aussi, dans des communes, comme notre évêché crotté, où une seule liste de gauche s’opposait à la liste de droite sortante, participer ou, au moins soutenir, la liste de gauche et non, comme cela a été fait ici, se livrer à une campagne souterraine pour la discréditer. Variante du vote dit révolutionnaire qui consiste à faire passer la droite !

 

Pour illustrer : Edouard Martin PS, Marielle de Sarnez UDI-Modem, Nadine Morano UMP, Florian Philippot F-Haine, José Bové EELV, Marie-Christine Vergeat FG

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 22:31
Effet Perrichon

Brière. Il y a presque un quart de siècle. Soir de réveillon. Bien arrosé comme il se doit. Nous avons migré de la haute Normandie à la basse Loire et une collègue de notre ex-collège et son compagnon, appelons-les Aude et Lucien, sont venus, pour la deuxième année consécutive, finir l’année et commencer la suivante avec nous.

Banalement, la conversation d’après réveillon dérive sur les autres collègues de là-bas (ou là-haut, si l’on préfère). Après les évocations joyeuses de fiestas mémorables, puis plus moqueuses sur tel ou telle, Aude se lance dans une attaque, aussi inattendue que rugueuse, contre le chef d’établissement, appelons-le Robert. Attaque à laquelle je riposte avec une violence digne d’un Mélenchon s’en prenant aux journalistes. « C’est fini ! » -entendez "fini ces rendez-vous annuels" – décréta Lucien d’une voix blanche. J’avais été l’adjoint de Robert, un Principal qui respirait et donc inspirait l’empathie. Robert, dont Aude ne pouvait ignorer que je savais qu’il lui avait donné un très sérieux coup de main quand son mari s’était tué dans un accident de la route. D’où mon ire trop bruyante et emphatique. Inutile de dire que nous n’avons plus eu de nouvelles d’Aude…

 

Ce n’est que beaucoup plus tard – esprit de l’escalier – que j’ai baptisé la réaction de l’amie Aude ‘effet Perrichon’.

 

Dans un des résumés de la pièceLe voyage de M. Perrichon - on nous explique que « Deux jeunes gens qui les accompagnent se battent pour épouser sa fille. Sur le glacier, Perrichon glisse, l'un des deux jeunes le sauve, mais l'ingrat Perrichon préfère l'autre jeune homme, car celui ci, malin, a fait mine de glisser. Perrichon est intervenu, et croyant le sauver, il se vit en héros et sympathise avec l'imposteur, le croyant redevable. »

 

Ce que j’appelle « effet Perrichon » se situe bien sûr dans cette détestation de son sauveur. Et encore, dans la pièce, le sauveur n’est pas dénué d’arrière-pensée : sauvant le père, il espère avoir la fille. Tandis que dans le cas de figure que j’évoque – l’effet Perrichon chimiquement pur – celui que j’ai baptisé Robert n’escompte ni ne demande aucune contrepartie. Insupportable d’être redevable sans pouvoir s’acquitter.

 

S’acquitter d’une dette sans débiteur…

 

Robert quand il a aidé Aude à devenir Maîtresse Auxiliaire de ce qui devait s’appeler à l’époque E. M. T. (Education manuelle et technique) n’a rien demandé. Ça n’a pas même dû lui venir à l’esprit. Á tort. Car c’est de cela qu’Aude lui en voulait, de ce que – par sa faute inconsciemment imputée – il n’était pas possible de se libérer de cette pénible dette de reconnaissance.

 

Mais, de fait, l’effet Perrichon, tel que je l’ai défini, rend imaginairement redevable d’une dette de reconnaissance. Il faut donc tenter de sortir de cet imaginaire. Ainsi dans des actions associatives qui rendent leurs bénéficiaires aussi ‘redevables ‘, il faut penser à leur permettre de se retrouver ‘créditeurs’.

 

D’ailleurs Aude qui avait autrefois accueilli son Lucien, chien perdu sans collier, s’était, si c’était nécessaire, acquittée de la dette fictive qu’elle croyait avoir contractée.

 

Sortir de l’effet Perrichon, c’est transformer une dette en don… à l’infini.

 

M'est revenu un épisode plus personnel qui illustre aussi cet "effet Perrichon"

SETTAT, entre Casa et Marrakech, sans doute en 1970 ou 1971.

Des cousins, arrivés au Maroc en même temps que nous, mais nommés, les pauvres, dans ce coin sans attrait, nous reçoivent à l'occasion de petites vacances de printemps. Je ne conterais pas comment, à l'occasion d'un gigantesque couscous dans leur lycée, je me suis ridiculisé en essayant de faire des boulettes de semoule.

Les vrais réseaux sociaux de l'époque - bouche à oreille - ont fait que nous avons appris qu'une 403 de coopérants s'était fait amocher par une voiture de location pilotée par des amerloques kiffés jusqu'à la moelle. Et, renseignements pris, qu'il s'agissait de coopérants d'Ifrane.

403, Ifrane : ils ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour filer à l'hôpital, quasi sûrs que nous étions qu'il s'agissait de nos amis, appelons les Kerrichon. Le mari et le fils étaient intacts. L'épouse, enceinte, avait, elle, le ventre constellé d'éclats de verre du pare-brise. Eclats que MF a extirpé un à un à la pince à épiler.

De retour au boulot, à Azrou pour nous, Ifrane pour eux, en attendant que la 403 sérieusement accrochée se retrouve en état de rouler, je ravitaillais nos amis en viande, légumes et fruits, au moins une fois par semaine. Avec le mari, appelons-le Yann, j'avais, entre autres, participé à la réalisation d'une série de fiches pédagogiques sur les films pour enfants et adolescents proposés gratuitement aux enseignants par les services culturels français.

Le Yann Kerrichon se lança dans un projet de film sur Volubilis, auquel il m'invita à participer. Comme qui dirait que je ne fis sans doute pas preuve de l'enthousiasme qu'il attendait de moi. Toujours fut-il que je ne fus plus associé au projet et à sa réalisation. Et qu'alors que nous nous rencontrions chez les uns et chez les autres régulièrement, toutes relations cessèrent.

Mais plus curieusement, alors qu'un club photo se mettait en place - club auquel je fus associé au départ ne serait-ce que dans l'achat d'un agrandisseur- Yann Kerrichon en étant devenu le maestro - il avait, de fait, une maîtrise de la photo bien supérieure à celle des autres membres - il m'en a exclu. Je m'en suis remis. Mais ce qui à l'époque m'a le plus déçu c'est que les autres membres de ce club naissant aient avalisé cette arbitraire exclusion.

Une illustration quasi caricaturale de cet effet Perrichon.

 

 

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 21:52

Cette contribution repose sur un malentendu.

Histoire de titiller les mélenchonnistes, j’avais, malicieusement je le confesse, fait suivre l’adresse d’un article d’un chevènementiste – eh oui ! ça existe, ils ne sont pas tous passés chez la Le Pen – intitulé J'avais voté Mélenchon en 2012, sans espoir : j'en ai de moins en moins, publié sur Le Plus, filiale du Nel Obs, signé d’un certain Elie Arié, que je ne connais ni des lèvres ni des dents, pour reprendre une vieille plaisanterie.

 

Bien sûr, le voir écrire « Chevènement n’ayant pas été candidat, j’avais voté pour Mélenchon au premier tour de 2012. Non pas dans l’espoir qu’il soit élu (son programme comportait trop d’incohérences, j’y reviendrai) […] Bien sûr, je me méfiais beaucoup de lui et de la sincérité de son "anti-libéralisme" soudain ; voilà un homme politique qui est tout sauf un naïf, qui avait derrière lui une longue carrière au PS, qui avait appelé à voter "oui" à Maastricht (contrairement à moi) en toute connaissance de cause, qui avait été ministre délégué à l'Enseignement professionnel, dans le gouvernement Jospin, le gouvernement qui... [je vous épargne toutes les horreurs de ce gouvernement] C’est à partir de la victoire électorale de Hollande que Mélenchon est progressivement tombé dans une dérive qui m’apparaît de plus en plus incompréhensible ; loin de tenter d’agir sur la politique de Hollande (…) Mélenchon s’est lancé dans une démagogie...

- populiste dans la forme : quelle différence entre son "Qu’ils s’en aillent tous (sauf moi, ancien sénateur, ancien ministre, député européen, etc. ) !" et le "Tous pourris (sauf moi, mais je n'ai jamais été au pouvoir) !" de Le Pen ?

- irréaliste dans le fond, tout son programme étant basé sur la capacité illusoire qu’aurait la France à imposer ses idées et sa ligne politiques à l’ Allemagne, à l’ Union Européenne, voire au monde entier - digne de la "démondialisation" d’Arnaud Montebourg qui ne lui aura servi qu’à faire un score suffisant aux primaires socialistes pour s’assurer un poste de Ministre, et oubliée aussitôt après. » …

le voir écrire cela, disais-je ne déplaisait à l'anti-mélenchon primaire et secondaire que je suis.

 

Ceci dit, comme on dit à Rabat, la diatribe de Gilbert est la bienvenue sur le DEBLOG NOTES !

MELENCHON, ARIE, LAUNAY : EGO ET POLITIQUE

Je lis le blog de Jean-François Launay, en particulier les articles sur la politique. Celui du 26 décembre 2013 sur Mélenchon a retenu mon attention pour au moins deux raisons. JFL confirme sa fixette sur JLM et donne un témoignage intéressant sous la plume d’Élie Arié. Les deux cas illustrent la difficulté de sortir des jugements ad hominem.

 

Élie Arié montre que chevènementiste échaudé craint l’eau tiède, celle du privatiseur Jospin, de l’antifinancier Hollande et du démagogue Mélenchon. Ce dernier n’a pas refusé le gouvernement du premier ni tiré un bilan accablant de son action.

 

Mélenchon a créé le Parti de Gauche et le Front du même nom en constatant la dérive socio-libérale du PS sous le secrétariat hollandais, la compromission du MDC chevènementiste avec des « souverainistes » fascisants, la descente en vrille du PCF et l’atomisation LCR/NPA (dont une partie a rejoint le FG). Il pensait que les socialistes néo-jospinistes ou rocardiens, même avec Henri Emmanuelli ou Marie-Noëlle Lienemann comme cautions « populaires », offraient un boulevard à une autre gauche de gouvernement. Son résultat au premier tour de 2012, quoique moindre qu’espéré, confirmait l’entrée au club des > 10 %.

 

Vive le roi d’Europe !

 

« Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre ». Avec ou sans Olympe, Jean-Luc Mélenchon a perdu ses codes de comportement. L’injure n’est pas argument, et le parler « cru et dru » confine à la beuglante de fin de meeting. Le partisan du Front de Gauche que je suis réprouve la grossièreté gratuite, tout simplement parce qu’elle est politiquement improductive.

 

Je suis moins d’accord avec Élie Arié quand il parle d’un programme « irréaliste dans le fond », parce que basé sur la « capacité illusoire de la France à imposer ses idées et sa ligne politiques à l’Allemagne, à l’Union européenne et au monde entier ». S’il veut dire que convaincre Angela Merkel, Mariano Rajoy ou José Manuel Barroso des bienfaits d’une Europe sociale est illusoire, il a raison. Mais si la France avait attendu que l’Europe soit d’accord pour abolir la monarchie, la capitale serait encore à Versailles. Le fait que les populations européennes « plus durement affectées par la crise » ne se soulèvent pas en masse confirme le mot prêté à Lénine : « La misère n’est pas révolutionnaire ».

 

Dessine-moi une révolution…

 

Encore faut-il s’entendre sur le mot « révolution ». Aucun citoyen politique ne devrait la voir comme un opéra chinois sous Mao-Ze-Dong. Le Parti Communiste a « fait son deuil depuis longtemps » des drapeaux rouges dans le palais du tsar. Cela n’interdit pas de proposer une politique fiscale davantage basée sur l’IRPP que la TVA, l’imposition au même niveau que les PME des profits du CAC 40 et des actionnaires stériles, le strict contrôle des 250 milliards annuels de fonds publics vers le patronat et la formation professionnelle, la lutte sans merci contre la bureaucratie et la dictature libérale des mandarins inoxydables de Bercy. Ce n’est peut-être pas « révolutionnaire » à Pyongyang, mais efficace à Paris. Le PCF ne propose pas une économie soviétique, mais contrôlée, munie d’outils de prévision, d’incitation et de correction sous le contrôle de pouvoirs publics décentralisés et responsables devant les populations.

 

La passion de l’irréalisme

 

Le prétendu « réalisme » du moment rend impossible tout changement réel de ce type. Cet « illusoire » pragmatisme se fonde sur une économie de casino mondial vampirisant les services publics, déconnectée de la réalité du plus grand nombre. Le tandem Hollande-Ayrault l’accompagne d’un discours à la fois « irréel » sur la courbe du chômage et « passionnel » sur les « génocides » en Afrique ou l’affaire Léonarda. En même temps, l’ex-maire de Nantes applique une stupide Écotaxe, capitule devant quelques poujadistes hérissés de bonnets rouges, puis relance son inutile aéroport de Notre-Dame des Landes. Matignon monte une énième version du Grand Paris en flinguant la petite couronne francilienne au profit d’un fouillis technocratique et électoraliste à masque de métropole. Hollande appelle au « choc de simplification » en compliquant les échelons territoriaux sans toucher aux coûteux Comités Théodule qui recasent les copains battus aux élections et leurs familles. «La France est sur-administrée et sous-gouvernée ». C’est le « think tank » socio-libéral Terra Nova qui le dit. Le Président n’écoute plus les amis ?

 

La sortie, svp !

 

C’est en sortant la France de ces vasières administratives que les autres Européens pourraient se dire que la politique française n’est pas si mauvaise. Qui pleure sur la disparition des fiches d’état-civil, de la vignette automobile ou de cette pitoyable Écotaxe publique-privée ? Qui sangloterait sur la retenue à la source de l’IRPP, libérant plus de 4000 fonctionnaires des finances pour renforcer l’inspection du travail, les contrôles sanitaires, les hôpitaux publics, les flics en civil à Marseille et Pôle Emploi ? Qui regretterait, sauf leurs auteurs déjà gavés, les milliers de sondages, de rapports et d’études commandés chaque année et enterrés sitôt que remis, au détriment de la recherche universitaire et de l’action culturelle ? Qui s’accrocherait à un porte-avions nucléaire aussi  souvent en panne qu’en mer ? Qui déplorerait le contrôle des sociétés d’autoroutes et des consortiums privés qui plombent financièrement l’aménagement du territoire ?

 

Si Mélenchon s’est enfermé, satisfait ou non, dans une « impasse politique », c’est son affaire. Personne n’est obligé de le suivre, pas plus que d’en faire son punching-ball quotidien.  La présentation d’une politique de gauche, argumentée et chiffrée, est plus urgente. Elle se fait cependant attendre. J’ai lu en 2012 le programme du Front de Gauche et de son candidat avec attention. Aucun chiffre n’y figurait, aucune date d’application non plus. Les autres programmes, dont celui de François Hollande, étaient du même bois creux.

 

C’est là une similitude avec les bons auteurs du déblog-notes de JFL, où l’ego prend largement le pas sur l’analyse. Les crocodiles sont dénoncés, la sortie des marécages n’est pas indiquée. J’ai essayé de donner quelques fléchages plus haut. J’attends ceux des camarades Arié et Launay.

 

Gilbert Dubant

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 17:23
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Au lendemain du bidonnage mélenchonnien, j’avais mis en annexe d’un article sur la révolte des profs de prépas (« Prenez garde, prenez garde, vlà les profs de prépas sur le pavé ») l’extrait du Petit journal ci-dessus. Avec en légende : bidonnage grotesque, avec deux vedettes, le Mélenchon, la Chazal plus les comparses !

 

Comment ces deux complices - et du coup Mélenchon le pourfendeur des journalistes a bien dû s'acoquiner avec TF1 - ont-ils pu imaginer une mise en scène aussi minable ? Comment des militants de la gauche, la vraie, la pure, garantie grand teint, ont-ils pu se prêter à cette assez piteuse mise en scène ? Comment surtout, ces rigolos n'ont pas pensé que ce bidonnage risquait fort d'être démasqué ?

Mélenchon : la grande illusion
Mélenchon : la grande illusion

Pour le journaliste néerlandais Stefan de Vries qui a photographié depuis son balcon l'interview du leader du Front de gauche, organisée avant la manifestation : « C'était clairement une mise en scène, c'était flagrant. En plus ils ont utilisé un zoom, ce qui donne l'impression que Mélenchon est entouré d'une énorme foule, alors qu'il s'agissait de 20 à 30 personnes ».

 

Extraits de la chronique de S. Guillon dans Libération du 07/12/13

Extraits de la chronique de S. Guillon dans Libération du 07/12/13

Stéphane Guillon, soyons-en sûr, va être vilipendé par tous les petits Philippe VAL mélenchonnistes. En bon ironiste, il pousse le bouchon assez loin en évoquant « le syndrome Dieudonné ». Gageons que ça va provoquer des sursauts d’indignation chez les séïdes de l’ex-sénateur socialiste.

Sauf que, d’excès de langage en mise en scène ridicule…

 

 

PS Rencontre avec un militant mélenchonnien qui vient de lire l’article : « C’est normal, tous les leaders politiques font cela.

- Ah bon ?

- Oui, j’ai participé à de nombreuses manifs, c’est toujours comme cela… »

Le lieu ne se prêtait pas à un plus long échange.

Donc, il me récite les éléments de langage sortis par les lieutenants de Mélenchon dès que le bidonnage fut révélé. Tout le monde fait cela. Sauf que "tout le monde" c’est personne de précis.

Qui donc a déjà, en cheville avec une chaîne de télé, convoqué, à l’écart du lieu de rassemblement, une trentaine de comparses, censés jouer la foule ? Des noms, des images, SVP.

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 15:58
Leonarda et le Hollande bashing !

Hollande « tranche dans la chair d’une famille » aboie Schneidermann, plus fort que l’Huma qui consacre sa UNE au « chantage inhumain de François Hollande ». Valls, pour le donneur de leçons, « incarne sans complexe la lepénisation des esprits » et quiconque ne partage pas son « incrédulité et son dégoût » à l’écoute de la proposition présidentielle est voué aux gémonies.

 

Si on revenait tout platement aux faits.

Je n’ai pas compris tout de suite ce qui se passait, j’ai cru que c’était la mère de Léonarda qui voulait être rassurée et en fait, c’était le maire de Levier, [confusion de l’enseignante : il s’agissait de son prédécesseur, M. Philippe] commune de résidence de Léonarda, qui m’a précisé qu’il savait que nous nous rendions à Sochaux et il me demandait expressément de faire arrêter le bus. Dans un premier temps j’ai refusé en précisant que ma mission était d’aller à Sochaux avec tous les élèves inscrits pour cette sortie pédagogique (visite de lycées + visite de l’usine Peugeot). Le maire de Levier, Albert Jeannin, m’a alors passé au téléphone un agent de la PAF qui était dans son bureau [en fait au domicile de la famille] : son langage était plus ferme et plus directif, il m’a dit que nous n’avions pas le choix que nous devions impérativement faire stopper le bus là où nous étions car il voulait récupérer une de nos élèves en situation irrégulière : Léonarda Dibrani cette dernière devait retrouver sa famille pour être expulsée avec sa maman et ses frères et sœurs ! […] nous avons décidé d’arrêter le bus sur le parking d’un autre collège (Lucie Aubrac de Doubs). […] Une voiture de police est arrivée, deux policiers en uniforme sont sortis. Je leur ai dit que la façon de procéder à l’interpellation d’une jeune fille dans le cadre des activités scolaires est totalement inhumaine et qu’ils auraient pu procéder différemment, ils m’ont répondu qu’ils n’avaient pas le choix, qu’elle devait retrouver sa famille [...] ” (à noter qu’une personne qui fait partie des soutiens de la famille Dimani est présente). C’est ce témoignage de la professeure responsable de la sortie scolaire, paru le 14 octobre, qui va déclencher « l’affaire Leonarda ». (témoignage tiré de la Revue de presse de P. Watrelot)

 

Car la reconduite hors de France de la famille Dibrani n’aurait eu d’échos que sur le réseau Education sans frontière (RESF) si, le 9 octobre, Leonarda avait été présente dans sa famille.  Il se trouve que la veille, elle avait découché.  C’est une personne du comité local de soutien aux sans papier qui joindra Leonarda sur son portable. Il saura ainsi qu’elle est dans un car pour une sortie scolaire et  donnera donc l’information aux forces de l’ordre. Non pas que cet ex-Maire de la commune de résidence de la famille soit un horrible complice des expulsions, mais parce que, sachant que le père, en rétention dans un autre département, allait être renvoyé au Kosovo, des soutiens locaux de la famille avaient demandé que soit organisé rapidement le transfert du reste de la famille pour permettre le regroupement familial au Kosovo.

 

« Essentiellement focalisés sur l’objectif de parvenir à regrouper la famille et de ramener la jeune fille auprès de sa mère, l’attention des forces de l’ordre n’a pas été éveillée par le fait que Leonarda DIBRANI se trouve dans un bus dans le cadre d’une sortie scolaire. Elles n’ont pas pris la mesure des enjeux que représenterait une intervention pour interrompre cette sortie. Elles n’ont pas considéré être dans le cadre des instructions interdisant toute interpellation dans des établissements scolaires ou à proximité de ceux-ci. En ce sens, elles n’ont pas fait preuve du discernement nécessaire. » (Rapport sur les modalités d’éloignement de Léonarda Dibrani)

Pour le reste, n’en déplaise à Schneidermann, l’opération s’est déroulée dans le calme et en toute légalité. Et – mea culpa – après le sénateur vert Placé, j’ai cédé à la complotite en soupçonnant le préfet du Doubs d’une opération assez vicieuse pour mettre Valls en difficulté. Il n’y est pour rien.

La courte intervention du chef de l’état a résumé clairement la situation. Compte tenu des circonstances de la récupération de la collégienne de 3e en sortie scolaire, le Président a ouvert la possibilité de son retour si elle le désirait. Celle-ci, harcelée d’ailleurs par une meute de journalistes, a décliné l’offre.

 

Que le RESF qui, dès qu’il y a des enfants et adolescents scolarisés, se bat contre les reconduites hors de France, demande le retour de toute la famille c’est dans la logique de son action constante.

Mais cela n’a rien à voir avec les outrances verbales très mélenchonniennes d’un Schneidermann ou le dérapage de Bernard Roman. Il n’y a eu ni rapt, ni rafle. Tout s’est passé en présence de soutiens locaux de la famille. Et l’offre faite à Léonarda est à la juste mesure d’un manque de discernement dans ce qu’il est un peu abusif d’appeler une interpellation.

Il est vrai que dans le climat d'hystérisation du débat politique tout propos qui n'est pas totalement manichéen, toute proposition quelque peu nuancée ne peut qu'agréger les critiques outrées et outrancières des deux bords.

 

PS Quelques mises au point sur des déclarations inexactes : http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2013/10/21/laffaire-leonarda-et-son-flot-de-declarations-inexactes

Mélenchon, Vociferator Ier

D’Imprecator, Mélenchon vire à Vociferator.  Valls pour lui, est à la droite de Marine Le Pen dont Hollande est l’agent électoral. La maladresse de forces de l’ordre, faisant arrêter le car en sortie scolaire pour récupérer une enfant d’une famille en voie de reconduite hors de France, devient rafle. La décision des adhérents parisiens du PCF de repartir, comme aux deux municipales précédentes, dans une liste commune avec le PS parisien, en fait des « traîtres ».

Entre deux mots, il choisit toujours le pire !

 

Blog de Jean-Pierre Rosenczveig

Blog de Jean-Pierre Rosenczveig

Léonarda : indignation(s) sélective(s). F Hollande a raison (542) Blog de Jean-Pierre Rosenczveig, Président du Bureau international des droits de l'enfant

Extraits

19 octobre 2013

On conçoit aisément combien a pu choquer l’expulsion d’une adolescente scolarisée en France depuis presque 5 ans et amenée alors qu’elle était en sortie scolaire à suivre des policiers pour retrouver sa mère et ses frères et sœurs à l’aéroport pour rejoindre le Kosovo […]

[Le gouvernement] coalise quasiment tout le monde contre lui. Dans son camp bien évidemment tous ceux qui attendent autre chose au nom d’une certaine morale et des droits humains ; ceux qui à l’autre bord appellent plus que jamais à une politique très stricte en direction des étrangers en situation irrégulière et bien sûr ceux qui se réjouissent de dénoncer la cacophonie, l’incertitude sinon la faiblesse dans la gouvernance de l’Etat. […]

 

Bonjour le piège ! Il faut retrouver de la raison et déjà prendre le temps de réunir les informations quand beaucoup sont partis à 150 à l’heure sans en disposer. […]

 

De fait, la famille, à juste titre ou non, je suis incapable de l’apprécier, a échoué dans sa demande de reconnaissance du droit d’asile ou d’un droit de séjour commun sur le territoire français. Elle a épuisé tous les recours de droit. La décision est mise à exécution comme bien d’autres le sont tous les jours. Comment faire autrement ?

Le père a déjà été reconduit il y a quelques jours. Sa femme et les enfants devaient le suivre au nom de ce grand principe fondamental, consacré par la convention internationale des droits de l’enfant, que les familles ne doivent pas être éclatées. […]

En d’autres termes l’expulsion d’une famille n’est pas illégale. Séparer parents et enfants contre leur gré le serait.

 

Deuxième élément-clé: une personne mineure n’est pas expulsable. Elle peut être refoulée à l’entrée du territoire français : à l’aéroport notamment […]

Léonarda aurait pu demander à rester en France ou sa mère souhaiter qu’elle reste en France.

On peut donc concevoir qu’au regard de l’émotion suscitée par son départ, Leonarda, désormais au Kosovo, soit autorisée à y revenir au nom du droit personnel dont elle jouissait de ne pas être expulsée [rappel : texte écrit avant l'intervention présidentielle, le 19/X], mais dont elle n’a pas fait usage, et dans la foulée dotée d’une titre de séjour régulier.

On imagine plus difficilement que les pouvoirs publics français acceptent que la famille de Léonarda revienne au prétexte que Leonarda y serait présente. Il suffirait dès lors d’entrer en France avec un enfant pour obtenir l’autorisation d’y séjourner ad vitam aeternam ! […]

Pour autant, au risque de détonner, Léonarda n'a pas un droit de vivre en France avec sa famille comme on le revendique aujourd'hui.

 

Reste que je suis choqué de l’ampleur médiatique et politique prise par cette affaire, sans doute liée au fait qu’on peut mettre un prénom et un visage sur cette jeune fille et bien évidemment au fait d’avoir donné le sentiment de remettre en cause le sanctuaire de l’école, mais encore plus par ces indignations sélectives. Ainsi depuis plusieurs années nous nous efforçons de faire prendre conscience à l’opinion publique du sort souvent préoccupant réservé aux quelques milliers d’enfants étrangers non accompagnés qui arrivent chaque année sur le territoire français. (Voir mes blogs sur les MIE)

[…] Tous les jours des Léonarda se trouvent, à la rue, à la merci de tous les dangers. Qui s’y intéresse ? Quand les médias éclairent le sujet que les relais trouvent-ils un relais ? Que nenni. Pas de manifestations de lycéens ou d’autres !

 

PS Après l'intervention du chef de l'état

[…]

Leonarda refuse de revenir seule. C'est son droit. Comme c'est le droit de la France de maintenir la décision qui résulte de l'échec des procédures de régularisation qui ont respectées les règles applicables dans ce pays. Sa présence en France n'ouvre pas droit à ses parents d'y séjourner[…] il me paraît irresponsable de soutenir que dès lors qu'un enfant est scolarisé sa famille est inexpulsable. Nous nous tirerions une balle dans le pied s'agissant du contrôle des flux migratoires. Tout enfant de moins de 16 ans présent sur le territoire français a le droit d'être scolarisé. Les procédures d'asile sont longues,trop longues, il faut donc encore plus veiller à ce que les enfants soient scolarisés et que les parents puissent travailler, mais scolarisation des enfants et travail des parents ne valent pas titre de séjour même s'ils peuvent en faciliter l'octroi.

 

Militer pour les droits des enfants ne veut pas dire démagogie ou angélisme. La décision du président s'imposait.

 

N.B. C'est moi qui ai grossit certains passages.

http://jprosen.blog.lemonde.fr/2013/10/19/leonarda-indignations-selectives-542/

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 10:39

Les titres auxquels vous avez échappé :

 

Style western-spaghettis :

Le cynique, la brute et le F-Haine

 

Style moralisateur :

Les petits esprits se rencontrent

 

Style marxiste belle époque :

Copé-Mélenchon alliés objectifs...

 

Quand Copé mélenchonne...
Quand Copé mélenchonne...
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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 15:10
Beppe Grillo et les arabes

« Si tu veux calmer un arabe qui te pète les couilles, tu l’emmènes discrètement dans ta voiture et tu lui mets de grandes claques. Impossible de le faire dans la rue, parce qu’on peut te filmer avec un téléphone et après tu auras 1 milliard de musulmans sur le dos !

Ce sont des couillons !

Ce sont des couillons ! »

 

Le tout hurlé ! Et pas du second degré. C’est, en 2006, un sketch, qui apparemment laisse les spectateurs pantois plutôt qu’hilares, de Beppe Grillo, clown sinistre ! Cette séquence est tirée d’un reportage intitulé « Qui est vraiment Beppe Grillo ? », présenté dans Dimanche + !

Beppe Grillo et les arabes

Dans les séquences où on le voit, il semble ne savoir faire que ça, crier, beugler, vociférer, en bref gueuler ! Mélenchon, à côté, peut se rhabiller. Même si sa thématique du coup de balai rejoint celle de l’italien. « Ces politiques qui vont à la télé avec leurs faces de cons, qu’ils s’en aillent tous ! ». A noter que lui, Grillo, s’il vilipende avec la même outrance les « médiacrates » et autres journalistes, ne court pas, comme notre tribun national, les studios pour dire à des journalistes masochistes tout le mal qu’il pense d’eux. Grillo ne met pas les pieds à la Télé. Ni à la radio. N’accorde pas d’entretien. Et interdit même à ses élus de s’adresser à la presse. On voit, un contrevenant, tout marri, se faire exclure par SMS ! Elus qui ont d’ailleurs l’air tout déboussolé. Car le discours aux accents libertaires cache un autoritarisme fort peu démocratique.

Beppe Grillo et les arabes

Et derrière Grillo, la grande gueule, se cache un gourou, Gianroberto Casaleggio*, 58 ans, au look de vieux baba cool, qui aurait gardé sa chevelure des années Woodstock.  Il fait dans l’Internet et l’édition, mais ses affaires sont tout sauf  transparentes.

Beppe Grillo et les arabes

Son livre de chevet serait « Thriving on chaos, manuel de management de la révolution » d’un certain Tom Peters (Le chaos management, Dunod, Paris, 1988). Et son idéologie est une lointaine resucée du complot judéo-maçonnique tristement en vogue dans les années 30. Sauf que là, si les Francs-maçons sont toujours visés, les religions dans leur ensemble et la finance sont les agents de ce complot. Bizarrement ce triptyque vient percuter une étude menée en France par une think thank britannique qui étudie le populisme à partir de l’adhésion aux théories conspirationnistes. Et, pour ses adeptes, on retrouve les francs-maçons, les groupes religieux et surtout la finance internationale pour tirer les ficelles**.

Beppe et Gianroberto, racistes, populistes, complotistes, faute d’avoir su utiliser leur capital de voix et d’élus – en le stérilisant, ils ont juste concouru à remettre leur concurrent en populisme, Berlusconi, en piste – vont sans doute n’avoir que le destin d’un Poujade. Mais savoir que la moitié des suffrages en Italie s’est porté sur les partis populistes fait peur, très peur !

 

PS (20/06/16) La conclusion était optimiste puisque Rome vient d'élire une avocate candidate du Mouvement cinq étoiles de Grillo et que ledit mouvement est toujours bien présent dans la vie politique italienne...

 

 

 

* Gianroberto Casaleggio est mort mardi 12 avril 2016 à l’âge de 61 ans à Milan d'une tumeur au cerveau.

 

** L’étude complète sur le site britannique est bourrée de graphes assez difficile à déchiffrer pour les non initiés. De la synthèse qu’en a tiré Le Monde, avec un article papier (04/05/13) et sur le site, qui se complètent plus qu’ils ne se recoupent,  il ressort que 51 % des français adhèrent à cette théorie. Mais selon leurs votes aux présidentielles, les proportions diffèrent. Ainsi, ils ne sont que 35% chez les électeurs de Hollande, mais 72% chez ceux de Le Pen suivi de ceux de Mélenchon à 56 %.

  

Beppe Grillo et les arabes

Pour les conspirationnistes, c’est d’abord et de loin la finance internationale (75%) qui tire les ficelles, suivie d’autres pays qui cherchent à nous dominer 44%, les groupes secrets style Francs-maçons, malgré les efforts des hebdos et en particulier de L’Express, et les groupes religieux sont loin derrière (27 et 20%).

Reste un paradoxe, les médias (télés, presse écrite) sont crédités de 45%, alors qu’ils sont présentés comme manipulés (assujettis à la « pensée unique », la « bienpensance » d’un côté, peuplés de journalistes « tous de gauche » de l’autre). On aurait donc des marionnettes qui tireraient les ficelles des marionnettistes qui les manipulent. De quoi se prendre les pieds dans les ficelles.

Les enfants de Marine sont un tiers à soupçonner des groupes religieux (mais le pluriel est sans doute de trop). Qu’il soit encore un peu plus à se méfier des francmacs ne surprend pas trop, mais qu’il y en ait 31% chez les mélenchonnistes étonne.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 20:53

habemuspapam.jpgLes cardinaux ont  élu un pape qui est contre l'homosexualité, l'avortement et la pauvreté (dit-on). Mais, s’il a su manifester avec violence son opposition à la Présidente Kichner sur le mariage pour tous, il n’avait pas fait preuve de la même pugnacité face à Videla et à la dictature militaire. Au contraire. A tel point que ce rival de Ratzinger, au conclave précédent, semblait complétement grillé. Mais par l’intercession de Chavez auprès du Christ, court-cicuitant le Saint-Esprit, un pape latino-américain accède au trône de Saint-Pierre.

 

Une mouette argentée posée sur la cheminée de la Chapelle Sixtine  : signe annonciateur de la fumée blanche et du pape argentin qui se nommera François, comme celui d’Assise qui parlait aux oiseaux ? On l’aura vu et revu, le volatile.

Puis, 19 h, la fumée gris clair. Mais ensuite, suspense. Les TV d’infos de nous passer des images de la foule, avec quelques gros plans. Un groupe de pélerins qui saute sur place : « qui ne saute pas, ne saute pas,  n’est pas catho », scandent-ils ? Une rumeur qui s’enfle comme au vélodrome de Marseille : est-ce « Satan, satan, on t’enc…. » ? Et ça dure, ça dure… enfin là-haut, derrière les vitres éclairées, serait-il en train de rejouer le film de Nano Moretti ? Ce n’est qu’à 20 h 12 – aucun respect pour les sacro-saints 20h qui ont dû aussi meubler pendant 12 minutes avec les routes enneigées – que Jean-Louis Tauran, le « protodiacre », silhouette rouge tremblotante, a prononcé le fameux Habemus papam, avant de sortir un nom que la traductrice de la Une n’a même pas saisi : Annuntio vobis gaudium magnum ; habemus Papam : Eminentissimum ac Reverendissimum Dominum, Dominum Georgium Marium Sanctae Romanae Ecclesiae Cardinalem Bergoglio qui sibi nomen imposuit Franciscum. Bergoglio ? Un outsider à faire rêver les frères Karabatic en quête de paris juteux. Vite les fiches.

 

Suspense à nouveau. Avant que n’apparaisse, comme malgré lui, un papy à la croix de travers comme la cravate de notre François à nous, entouré d’ensoutanés qui semblent lui jeter des regards inquiets. Mais non, pas de panique, il va parler… il ne va pas tarder à parler... il parle et il commence par une petite blague : « la tâche du Conclave était de donner un Évêque à Rome. Il semble bien que mes frères Cardinaux soient allés le chercher quasiment au bout du monde… » Il ne vient quand même pas de Patagonie, le jésuite. Une première. Comme le choix du nom François, qui ne peut que réjouir tous les François, Jean-François, Francis, sans oublier les Françoise, Francine, etc. Pas Nicolas, ça c’est bon pour les tsars et peut-être les popes poutiniens. François d’Assise, bien sûr, disent les vaticanologues. Pourquoi pas François Xavier, co-fondateur des jésuites ?

 

Parce que, le povorello colle avec l’image d’archevêque des pauvres : il déserte le palais épiscopal de Buenos-Aires, se fait lui-même la cuisine (d’origine italienne : on espère que ses lasagnes ne sont pas à la carne des canassons des gauchos), prend le bus ou le métro,  est très proche des pauvres… Un pape ordinaire !

Mais, on ne peut dire que François soit un fringant espoir. Un Cardinal – prudemment anonyme – aurait révélé qu’il était en piste au conclave précédent avec 40 voix, mais qu’il aurait dit qu’il ne se sentait pas prêt. A plus de 76 ans, près de 8 ans après, il s’est donc estimé prêt. Et les Cardinaux n’ont visiblement pas voulu s’encombrer d’un nouveau Jean-Paul II qui a occupé le trône trop longtemps.

 

GOLIAS : digitum in oculum

 

Golias, dans un article de mai 2010, considérait que le Cardinal Bergoglio était « définitivement “grillé” » car rattrapé par son passé sous la dictature. Mais dès le 28 février 2005 – au précédent conclave donc – un site d’information argentin, La Red21, rappelait que ce possible successeur de Juan-Pablo II s’était sans doute compromis avec les généraux argentins. Il s’appuyait sur un livre de Horacio Verbitsky, “El Silencio”, qui conte les liens entre la hiérarchie ecclésiastique argentine et la dictature sanglante des années 70 et notamment ceux du sommet de l’église avec la Marine qui gérait le centre de tortures et d’assassinat qu’était la Escuela Mecánica de la Armada (ESMA).

Parmi les victimes des religieux-ses fidèles aux idéaux de Vatican II. La complicité des prélats alla jusqu’à vendre une propriété ecclésiastique dans une île pour permettre aux tortionnaires de déplacer leurs victimes pour échapper à une inspection de la ESMA par la Commission interaméricaine des droits de l’homme en 1979.

 

Jorge Bersoglio, à l’époque Provincial des jésuites, est mis en cause dans les cas de deux prêtres, jésuites comme lui, Orlando Virgilio Yorio et Francisco Jalics. L’article argentin de 2005 se concluait par : «En 1977, ils exerçaient leur ministère dans les quartiers misérables de Bajo Flores. Ils ont été enlevés. Bergoglio a prétendu avoir demandé leur libération. D’après Verbitsky, le jésuite aurait joué un double jeu. Recommandant à ses collègues de s’adresser à l’évêque de Moron, Mgr Miguel Raspanti, pour trouver refuge dans son diocèse, il écrivit en même temps une lettre à Raspanti, négative à l’encontre des deux religieux. Même libéré, il aurait poursuivi Jalics de sa vindicte. Il s’était réfugié aux Etats-Unis. Bergoglio se serait opposé à son retour en Argentine ! Et il l’aurait fait savoir aux évêques argentins susceptibles d’accueillir le religieux dans leurs diocèse : Sería bueno que los cardenales que se reunirán en Roma, antes de que digan “papa habemus”, lean lo que revela Verbitsky. Mais le livre n’a pas dû être traduit en latin. Et Golias s’est mis le digitum in oculum, en croyant le jésuite grillé !

 

Chavez a remplacé le Saint-Esprit

 

L'intervention de Nicolas Maduro se situe vers 6mn 55 s

 

Tout cela n’était sans doute que calomnies impies. Si le conclave a désigné un pape latino-américain c’est grâce à Chavez ! "Nous savons que notre commandant est monté aux cieux, et qu'il se trouve face au Christ. Il a fait quelque chose pour influencer le choix d'un pape sud-américain.", a déclaré M.Maduro, Président par intérim du Venezuela, lors de la cérémonie d'ouverture de la foire internationale du livre à Caracas. "Il pourrait même aller jusqu'à convoquer une assemblée au paradis pour changer l'Eglise sur terre, afin que le peuple, le vrai peuple du Christ, dirige le monde", a poursuivi l'héritier politique de Chavez.

 

Mélenchon, qui a repris les basses calomnies que j’ai honteusement relayées, n’a plus qu’à battre sa coulpe et se couvrir la tête de cendres.

 

 

BONUS

 

 

 

 

En super bonus

 

 

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 22:11

chavez 03Victorin Lurel a déchaîné les foudres de Copé-Mélenchon. Copé gaulliste défenseur de la vraie croix (de Lorraine) est aussi crédible que Frigide Barjot en chaisière de St Nicolas du Chardonnay. Avec Mélenchon, c’est l’éructation permanente : comme il a des aigreurs perpétuelles, il a le rot verbal acide.

Et Chavez, dictateur … ou pas ?

chavez 02

Melenchon Front de Gauche 2009-03-08Or donc, l’homme des Caraïbes* a dit fort sereinement, après s’être recueilli devant la dépouille d’Hugo Chavez "Il était tout mignon (...), frais, apaisé comme peuvent l'être les traits de quelqu'un mort, on avait un Hugo Chavez pas joufflu comme on le voyait après sa maladie". Sacrilège ! « Comment a-t-il pu avoir l’audace de parler d’un mort sur le ton de la blague comme il a osé le faire devant le cadavre d’Hugo Chavez ? » s’est écrié l’imprécateur, agrémentant son indigne propos d’insultes comme à l’accoutumée.


"Moi je dis, et cela pourra m'être reproché, que le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez, puisqu'on prétend que c'est un dictateur. Il a pendant ces 14 ans respecté les droits de l'Homme (...) Toutes choses égales par ailleurs, Chavez c'est de Gaulle plus Léon Blum". Là c’est Copé – qui n’a pas choisi l’ironie en 1ère option linguistique, mais, comme Mélenchon, l’insulte et l’anathème – qui se déchaîne.


Question donc : el comandante fut-il un dictateur, oui ou non ? Question subsidiaire : fut-il un bon président du Venezuela ?


chavez ahmadinejadCohn-Bendit n’a certainement pas tort de lui reprocher ses amitiés sulfureuses avec El Assad ou Kadhafi (mais ces deux-là n’ont-ils pas été reçus en grandes pompes – à talonnettes - par le prédécesseur de F. Hollande ?), ou encore l’Iranien Ahmadinejad, sans oublier son quasi culte pour Castro.


Sauf que, contrairement à ses peu fréquentables amis, il a été pendant 14 ans élu et réélu, dans des élections au moins aussi démocratiques que celle qui a conduit Georges Bush junior à la Maison Blanche en 2000. Il a même dû affronter un coup d’état en 2002 soutenu par le même Bush, a accepté un référendum négatif et l’opposition détient des postes de gouverneurs de province. Les scores sont nets, mais n’ont rien de ceux des républiques bananières : 1998 : 56%, 2006 : 61,3%, 2012 : 54,4%.

Dans un article peu flatteur des Echos, Y. Bourdillon écrit : "Il faut toutefois reconnaître que le régime Chavez n'a jamais basculé dans la dictature absolue ; les partis d'opposition fonctionnent presque librement et les cas documentés d'arrestations arbitraires ou de tortures d'opposants sont quasi inexistants". Beaucoup de Cubains ou d’Iraniens aimeraient pouvoir en dire autant.


Mais la démocratie ne se résume pas à des élections. C’est aussi un état de droit.  S’agissant des médias audiovisuels, outre l’obligation d’interrompre tous les programmes pour passer ses discours, souvent à la Castro, de plusieurs heures, Chavez a muselé radios et télés privées. Ainsi interrogé sur le sort d'une chaîne nommée RCTV, il répond ne pas l’avoir fermée mais avoir refusé de renouveler la concession hertzienne, autrement dit de l’avoir quasiment privé d’audience. Un reportage d’Euronews, le 11/03/2013, intitulé « Globovisión la dernière chaîne rebelle » fait état de pressions sur les annonceurs, menaces physiques contre les personnels en reportage qui seraient le lot de cette TV. “L’un des aspects les plus sombres du chavisme réside dans ses liens avec la presse. En un peu plus d’une décennie, presque toutes les voix allant à l’encontre des idéologies qui soutiennent le gouvernement ont disparu, via la fermeture ou l’achat de dizaines de chaînes de radio et de télévision. Globovisión est la dernière chaîne rebelle, mais pour combien de temps?” demande Luis Carballo, l’envoyé spécial d’Euronews à Caracas.


chavez 01

Bilan globalement positif… comme disait Marchais ?

 

Les rues de Caracas sont à peu près aussi sûres qu’une sortie de prison à Marseille, si l’on en croit Paulo A. Panugua, journaliste du Monde. Le Venezuela est "le deuxième pays le plus meurtrier au monde", juste après le Honduras. Caracas est la ville la plus dangereuse du monde. Et la situation ne cesse d’empirer. Même Le Monde diplomatique – rien à voir avec Le Monde – est obligé, du bout des lèvres, de le reconnaître. Il rappelle cependant que la violence n’a pas attendu Chavez pour régner dans les rues de la capitale : en 1996, « Avec une moyenne de quatre-vingts morts par balles chaque fin de semaine, avec des attaques quotidiennes dans les transports en commun, avec sa pauvreté au développement exponentiel, avec enfin une crise économique qui ronge le pays depuis plus de quinze ans — l’inflation est de plus de 1 000 % par an —, Caracas est devenue depuis quelques années l’une des villes et peut-être même la ville la plus dangereuse du monde » (Raids). Sauf que là, l’équation mécaniste – pauvreté-à insécurité – ne devrait plus exister, ou au moins être nettement atténuée après 14 ans de chavisme. « Le gouvernement bolivarien ne serait-il pas tombé dans l’analyse réductionniste qui attribue la violence à la seule misère ? On peut le supposer. » Sécurité, échec patent donc !


Pour reprendre un cliché, Chavez a bénéficié d’une manne pétrolière qui lui a permis, si l’on en croit Le Monde diplo, de faire dégringoler le taux de pauvreté de 60 à 23% et l’indigence de 25 à 5%. Elle a permis la gratuité des soins et de l’école. Mais outre que l’histoire – à commencer par celle de Cuba – nous a rendu méfiant sur les bilans toujours triomphants des plans quinquennaux, il semblerait que la dernière des grandes « missions sociales », celle récente sur le logement a été quelque peu improvisée ; et aussi qu’il y a beaucoup de pertes en ligne, corruption aidant. Mais, quelles que soient les insuffisances de ces « missions », il faut aussi rappeler qu’entre 1984 et 1995, le nombre de pauvres était passé de 36 à 66%, 70% de la population n’avait aucune couverture sociale, la moitié des enfants et des adolescents étaient déscolarisé. Avec l’aide massive de médecins cubains, un système de santé a été mis sur pied qui accueille les pauvres. L’analphabétisme a été éradiqué et les efforts sont poursuivis pour hisser le niveau de formation. Une retraite minimum est assurée à des travailleurs qui n’avaient pu cotiser…


Cependant, comme le souligne Le Guardian, les infrastructures sont en déliquescence : “Les routes sont crevassées, les ponts s'effondrent et les raffineries explosent. Le réseau électrique, asthmatique, enchaîne les coupures de courant. Les hôpitaux publics sont rongés par l'humidité et dans les prisons d'une saleté répugnante la barbarie règne". Et la situation économique reste pétrodépendante donc soumise aux fluctuations d’un marché largement manipulé par l’ennemi suprême, les Etats-Unis.


Laissons donc Mélenchon à son adoration béate et hargneuse et Copé à son cynisme politicien. El comandante, comme le prévoit Ouest-France, va devenir une icône quelque part entre Eva Peron et Che Guevara. Son legs idéologique – le bolivarisme - est des plus flous. Comme son rôle à la tête du Venezuela, démocrate et autocrate, son bilan est assez mitigé. Mais il aura rendu sa fierté aux plus modestes de son pays et levé des espoirs dans toute l’Amérique latine.


pepeMUJICA2Mais quant à choisir une icône en Amérique latine, pourquoi pas José Mujica Cordano, surnommé « Pepe Mujica », le Président de l’Uruguay ? 

 

 

* Que sous-entend l’ex-sénateur PS avec ce « masque d’homme des Caraïbes ». En tout cas tous ceux qui écoutent l’extrait d’entretien donné à RTL constatent que les insultes grossières dont Méluche l’assaisonne – arrogance, mépris - s’appliquent tout-à-fait à celui qui les profère.  Quant à « solférinien » - outre la niaiserie de cette appellation – Lurel, homme des caraïbes, le fut sans doute moins que l’ex-membre du bureau national et même ex-secrétaire national et néanmoins sénateur PS qui a encore perdu une occasion de se taire – ça ne veut rien dire. Mais même ses alliés du PC commencent à se lasser de cette hystérisation permanente du débat public.

 

Pour compléter : http://www.courrierinternational.com/dossier/2013/03/06/le-venezuela-perd-son-leader voir notamment Hugo Chàvez ou la fabrication d'un mythe avec l'étonnante prière finale

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 15:02

ND-des-landes.JPG

 

D’un seul coup, un désaccord « acté » se transforme en casus belli ! Des dirigeants d’EELV – Bové, Mamère, Joly et Placé – jouent les squatters. Mélenchon, toujours à l’affût de tout ce qui affaiblit le PS, se pointe. Et on essaie de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, ND des Landes pour le Larzac !

 

Un peu plus d’un an déjà : prudemment EELV signe avec le PS, le 15 novembre 2011, un "contrat de mandature" ! Contrat qui vaut accord programmatique en cas de victoire de la gauche à la présidentielle de 2012. Un accord qui prévoit surtout aux « verts » plus de 60 circonscriptions et la garantie d’un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale.

 

Certes furent actés (comme on dit) quelques points de désaccord, l’EPR de Flamanville et l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Mais pas de quoi remettre en cause un accord qui fait la part belle à EELV pour les législatives, avant le verdict des présidentielles, sur lequel, à l’évidence ils ont des craintes.

 

Bien avant, aux régionales 2010, les verts ligériens, tout en actant – en français de naguère ‘prenant acte’ – le désaccord sur ce projet de futur aéroport, n’eurent aucun état d’âme pour s’allier avec la liste de Jacques Auxiette, Président socialiste sortant et chaud partisan de cet aéroport, et occuper quelques fauteuils de vice-président(e)s. Projet qui n’était pas, loin s’en faut, celui du seul Ayrault, à l’époque Maire de Nantes, puisque outre la Région des Pays de la Loire, celle de Bretagne était d’accord, sans parler des départements ou villes. Faut-il mentionner au passage que si le PCF a émis des réserves, ce n’est absolument pas sur la création de l’aéroport, mais sur la concession au privé (le groupe Vinci).

 

On peut légitiment s’interroger sur ce projet. A partir de positions de principes d’abord : bétonisation continue de la nature au détriment des terres agricoles, développement d’un moyen de transports au bilan carbone désastreux… Plus prosaïquement, l’interrogation peut porter sur les perspectives qui l’ont fondé : un aéroport qui se veut de dimension internationale est-il viable dans l’ouest ? subsidiairement, l’actuel aéroport pourra-t-il réellement être urbanisé, Airbus ayant toujours besoin de la piste ? Et géographiquement, les ligériens du Sud-Loire sont fondés de se demander s’ils ne seront pas les cocus de l’histoire. Sans oublier bien sûr les agriculteurs et l’ensemble des habitants locaux.

 

Questions qui n’ont pas attendu le 6 mai pour se poser. Oppositions multiples et multiples recours. Du côté des agriculteurs et autres propriétaires locaux, un accord a été trouvé dans presque 9 cas sur 10. Mais, pour ceux qui restent, l’accord semble impossible, puisqu’on est sur des positions de principe. Jusqu’à la veille du 6 mai, les manifestations, orchestrées surtout par la Coordination rurale (gros tracteurs pour gêner par exemple le lancement de la campagne des législatives du PS en Vendée avec déjà cet affichage débile d’Ayraultport), restaient locales.

 

ND-des-landes_joly-bove.jpgQui a dit que « Mamère Noël est une ordure » ? toujours est-il qu’avec Bové, qui oublie qu’au Larzac il était issu du terroir alors qu’ici il vient jouer les donneurs de leçons, de Mme Joly forte d’un score local au diapason de celui obtenu nationalement, sans oublier Placé, mais faux-derche, un peu en retrait, il fait tout pour créer un abcès de fixation, obligeant les ministres verts à quitter le gouvernement.

Le contrat de mandature il veut le transformer en chiffon de papier.

Faut-il mentionner Mélenchon pour qui tout ce qui affaiblira la gauche de gouvernement est pain bénit et qui fait fi des positions de son allié PC ?

 

Sur le terrain, les opposants du terroir sont noyés dans une faune qui, à quelques exceptions près, n’a pas beaucoup de connivences avec la non violence à la Gandhi ! Contrairement à l’habitude, ce n’est pas du côté des gendarmes mobiles que les journalistes se font refouler. Non, ils essuient crachats et insultes de la part d’une fraction des prétendus squatters. Ces pacifiques protestataires balancent joyeusement des cocktails molotov aux affreux « robotcops » qui, scandale, ont l’audace de les déloger de leurs cabanes plantées dans le bocage où elles n’ont rien à foutre.

Il arrive même que ces doux garçons – car ce sont essentiellement des mâles – se fassent un vigile local (à une vingtaine, il faut quand même être prudent : tabassage en règle, plus incendie de la voiture, mais qu’il ne se plaigne pas ce mercenaire de Vinci, après quelques hésitations, ils ne l’ont pas laissé griller dans la voiture).

 

Drôle de jeu des Verts, mais aussi du PCF. L’opposition à ce projet est légitime. Autant que celles qui naissent à chaque projet d’éoliennes terrestres ou maritimes. Les recours judiciaires existent (dont la complexité et la lenteur posent d’ailleurs problème). Ils sont, en l’occurrence, quasiment épuisés. Dans le respect de la loi, le droit de manifester, dont j’ai usé tout au long de ma vie militante, est inaliénable. Mais il s’agit ici, d’une part pour les professionnels de l’agit-pas-prop (puisqu’ils crachent sur les journalistes) de semer la merde et pour des politiques verts, une fois le bénéfice d’un accord encaissé, de trahir cet accord. Sans oublier le double langage du prétendu « front de gauche », plus écolo que les écolos avec Mélenchon, mais pour l’aéroport au PCF* !

 

Ayrault tique, à juste titre. En tant que Maire de Nantes, il a bien sûr défendu ce projet de transfert de Nantes-Atlantique à N-D des Landes. Mais, ni plus ni moins que Jacques Auxiette, Président de la région Pays-de-la-Loire, ou Jean-Louis Tourenne, Président du Conseil général d’Île-et-Vilaine, ou Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique, et bien d'autres. Le mercredi 28/11/12, les élus de l’Ouest sont allés à Paris défendre ce projet «  qui a traversé toutes les alternances politiques ».

 

Une commission de dialogue est vaine, car le stade de l’échange rationnel d’arguments - s'il a existé - est dépassé. Les opposants demandent pour prix de leur participation(?) à ce dialogue que leur point de vue l’emporte, puisqu’ils détiennent la vérité révélée. Et un leader d’EELV récuse l’initiative car on n’a pas débattu sur la création de cette commission vouée au débat.

 

Faut-il ajouter que ce bocage n’a pas grand-chose à voir avec le Larzac. Il ne s’agit pas d’une extension d’un camp militaire ayant pour but de donner plus d’espace à nos beaux chars de combat ou autres joujoux militaires, donc stérilisant des hectares sans aucun bénéfice. Il s’agit de transférer un aéroport, pour qu'il soit capable d’accueillir l’A380 et ses 500 à 800 passagers, donc de lancer des travaux importants puis, outre le transfert des personnels de l’actuel aéroport et ceux des activités annexes, créer de nouveaux emplois pérennes.

 

La résistance locale a été totalement phagocytée par les militants extérieurs et, malgré un noble vieillard à la barbe blanche,  leurs têtes de file se sont fait voler la vedette par Joly et… Bové ! Bové qui, justement avait émergé de la lutte locale du Larzac.

 

Situation entièrement bloquée. Ayrault ou pas, le gouvernement, sauf recours en justice perdant, ne peut, dans un état de droit, céder devant les opposants. Ceux-ci, persuadés de posséder la vérité, donc d’être au dessus des lois au nom de la terre vivrière, iront jusqu’au bout. Les « Verts » auront réussi à transformer un point de désaccord constaté en conflit insoluble.

 

Chapeau, les artistes !

 

 

* Entretien de P. Laurent PCF

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En complément , un extrait du "Petit Journal" (le sujet sur ND des Landes vient en 2e) 

 

 

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