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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 22:16
Espagne : Ciudadanos progresse encore

A même pas deux mois des élections générales, le baromètre électoral de Metroscopia reflète une double évolution : Ciudadanos (C’s) semble poursuivre son ascension, tandis que les socialistes rétrogradent.

Et 69% des sondés estiment qu’il serait bon que l’Espagne ne soit plus dirigée par le PP ou le PSOE.

Ainsi, le PP, stable d’un mois à l’autre, retrouve cependant la première place à 23,5%, C’s passe en 2e position avec 22,5%, le PSOE lui perd 2 points à 21%, au profit de Podemos qui reprend des forces à 17% presque 3 points de plus en moins d’un mois. IU résiste bien avec 6,3%.  

Une situation des plus indécises donc puisque les trois premiers sont en-deçà de la marge d’erreur de ± 2,7 points.

Transferts de voix

Le PP quasi stable depuis trois mois à 23-23,5% semble tenir un éléctorat solide, avoir atteint son socle. Si C’s a su séduire une part importante de ceux qui ont voté PP en 2011, sa capacité d’attirer d’autres électeurs du PP semble avoir atteint ses limites. Et il n’est pas impossible même que d’ici les élections une partie de ces transfuges reviennent au PP. La montée de C’s ces derniers mois est dû à l’apport d’électeurs d’autres partis entre autres de 11% d’ex-électeurs du PSOE.

Podemos qui, en Octobre était tombé au plus bas depuis un an, après des résultats catalans décevant, remonte la pente au détriment aussi du PSOE, puisque le flux des ex-électeurs socialistes passe de 11 à 16%. Si podemos ne remonte pas plus c’est qu’IU contrairement à son calcul résiste.

Espagne : Ciudadanos progresse encore

Cependant ce résultat est cohérent avec les choix des sondés sur le parti qu’ils souhaitent voir gagner les élections : PP, C’s et PSOE recueillent 18% chacun, contre 14% pour Podemos.

Albert Rivera (C’s) est le préféré des sondés comme chef de gouvernement avec 22%, devant Mariano Rajoy (PP) à 17% et Pedro Sánchez à 16 % ou o Pablo Iglesias à14 %.

Espagne : Ciudadanos progresse encore

Ce qui correspond parfaitement à l’image des principaux leaders puisque Albert Rivera reste le seul à obtenir un solde d’opinions positif (ceux qui approuvent son action politique sont plus nombreux que ceux qui la désapprouvent). En revanche Pedro Sánchez reste dans le négatif (-24), et si Pablo Iglesias (-37) et Mariano Rajoy (-42) ont un solde encore pire, ça l’est un peu moins qu’au début octobre. Et Sánchez reste aussi celui qui s’impose le moins dans son propre parti (+66). Alors que Rivera, lui, est plébiscité à +90. Il obtient même des soldes positifs chez les électeurs potentiels du PP (+40) et du PSOE (+17) ; mais pas de réciproque pour Rajoy (-41) et Sánchez (-30) chez les électeurs potentiels de C’s.

Rivera obtient le meilleur solde dans l’électorat qui se situe au centre (5 sur une échelle de 0 extrème-gauche à 10 extrême-droite) : +31 points ; mais il dépasse largement Sánchez dans l’électorat de centre-gauche (+11 contre -18 pour le socialiste !) et au centre-droit face à Rajoy (+48 contre +16).

Espagne : Ciudadanos progresse encore

Et dans l’hypothèse souhaitée par plus des deux tiers où ni le PP ni le PSOE dirigent le gouvernement, une large moitié des sondés (58%) opte pour C’s, un quart (26%) seulement pour Podemos.

Système électoral

Le Congrès des députés compte 350 membres élus tous les quatre ans au suffrage universel direct. Le mode de scrutin est proportionnel (méthode d’Hondt) et les circonscriptions sont les cinquante provinces espagnoles ainsi que les villes de Ceuta et Melilla. Un quorum est fixé à 3% au niveau de la circonscription électorale.

 

    Les provinces se voient attribuer un nombre de sièges proportionnel à leur population, mais en ont au minimum deux, créant ainsi un léger avantage pour les provinces les moins peuplées. Le système donne par ailleurs un avantage aux grands partis, qui sont presque sûrs d’obtenir un siège dans chaque circonscription alors que les plus petits partis ne peuvent espérer être représentés que dans les grandes circonscriptions.

    Les villes de Ceuta et Melilla comptent chacune un député élu au système majoritaire à un tour.

Espagne : Ciudadanos progresse encore

Metroscopia, avec forces précautions – l’estimation ne pronostique pas le résultat final du 20D –a tenté de traduire les estimations des votes en projections en sièges. Cela à partir de données collectées à divers moments dans les provinces, mais aussi sur la base de 18400 entretiens téléphoniques.

L’estimation des forces dans le futur parlement mat le PP en tête avec une fourchette de 93-100 élus, suivi de près par Le PSOE qui obyiendrait entre 88 et 98 députés. Ciudadanos, bien que 2e en voix, serait en 3e position avec 72-84. Cela s’explique par le système électoral qui favorise les formations politiques qui ont une implantation homogène sur tout le territoire national. Ce qui est le cas des vieux partis avec ses militants, ses élus locaux. Mais les données disponibles semblent indiquer que C’s a progressivement gagné en transversalité et on ne peut écarter que d’ici l’échéance électorale son implantation s’améliore sur toutes les circonscriptions électorales et donc qu’il rivalise avec les deux autres en nombre d’élus.

Les autres partis nationaux –Podemos 42-46 et IU 5 – avec le système électoral n’obtiennent pas un nombre d’élus proportionnel à leur score. Ainsi IU avec seulement -0,6% de voix par rapport à 2011 perdrait plus de la moitié de ses sièges.

Un analyste explique cette montée de C’s, supplantant Podemos par un changement du climat politique espagnol qui serait passé de l’indignation à ce qu’il appelle l’oxygénation. Si l’indignation se situe hors du système qu’il attaque, l’oxygénation joue en son sein pour le rénover profondément. L’une est une force centrifuge, l’autre une force centripède.

L’indignation s’est incarnée dans Podemos et Pablo Iglesias, l’oxygénation s’incarne dans Ciudadanos et Albert Rivera, avec l’appui des électeurs de moins de 55 ans, actifs et habitants des grandes villes. Mais les deux forces ont en commun le slogan du mouvement du 15M : « Ni face A, ni face B, nous voulons changer de disque ».

La montée en puissance de C’s déclenche bien sûr des contre-attaques. Mais relativement modérées du côté du PP ou du PSOE, car c’est un allié potentiel pour un futur gouvernement de coalition. Plus vigoureuse donc à l’extrême-gauche.

Sur le mode humoristique on détourne sa première affiche quand C’s a démarré petitement aux avant-dernières élections catalanes.

Mais des attaques beaucoup plus sévères le visent. Ainsi est-il accusé d’avoir sympathisé avec un club de supporters ultras – du style de ceux qui sévissaient dans le kop de Boulogne –du club de foute l’Espanyol de Barcelone, la Brigada Blanquiazule. Un journal Catalan, El Periódico de Catalunya, affirme qu’il a été membre du mouvement de jeunes du PP. Plus grave est l’accusation d’être lié à Libertas, un mouvement eurosceptique qui comptait notre Vicomte vendéen, de Villers, comme tête de liste en France aux élections européennes de 2009.

Surtout, il est présenté comme un sous-marin de FAES, un think-thank à la dévotion de José María Aznar, ancien 1er ministre du PP.

Dans le jeu électoral espagnol, si l’on peut faire quelques rapprochements avec un Parti socialiste qui a peine à se mettre en ordre de bataille derrière sa tête de liste ou avec un ancêtre du front de gauche plus apte à mettre en difficulté la gauche – mais ici c’est Podemos – que le centre ou la droite, pour le reste rien à voir avec nous. Pas de FN : le PP, contrairement à l’UMP, a couvert tout le spectre de la droite avant que Ciudadanos vienne chasser sur son centre. Ni Podemos, ni Ciudadanos n’ont d’équivalents français. Qui pourrait comparer Pablo Iglesias à Mélenchon ou Albert Rivera à Bayrou ? Certes, ni l’un ni l’autre, malgré leur jeunesse, ne sont des perdreaux de l’année. Mais, eux, démarrent vraiment au plus haut niveau politique. Et, quel que soit le résultat, l’un ou l’autre sera impliqué dans le futur gouvernement espagnol.

 

 

Pour essayer d'y voir plus clair (?) Dans le labyrinthe de la vie politique espagnole

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 16:55

A 70 jours des élections générales, Ciudadanos fait une percée spectaculaire, tandis que Podemos, piégé par IU régresse. PSOE et PP sont au coude à coude.  Mais l’électorat semble très volatil. Le PSOE présente des éléments de faiblesse et le PP, bien qu’accablé de scandales, ne décroche plus.

Trois partis sont dans un mouchoir de poche, en deçà de la marge d’erreur de ± 2,9 points : PSOE, PP et Cirudadanos (C’s). Si le PSOE garde un léger avantage, l’écart est infinitésimal avec le PP. Mais la révélation de ce sondage du 7 et 8 octobre 2015, c’est l’inversion nette des positions des deux partis émergents.  C’s  gagne plus de 5 points d’un mois à l’autre. Podemos en perd 4,5. 

Espagne : Ciudadanos, le vent en poupe

Intentions directes de vote exprimées par les sondés

Espagne : Ciudadanos, le vent en poupe

Cote de popularité des principales têtes de liste

Espagne : Ciudadanos, le vent en poupe

Hypothèses et voeux pour le gouvernement issu des élections générales

Ciudadanos : une percée spectaculaire

Albert Rivera - 2e - salue le couple royal à l'occasion de la fête nationale

La percée de C’s confirme son bon résultat aux élections catalanes du 27 septembre : 18%, 2e parti du parlement catalan, et champion des partis dits constitutionnels (anti-sécession).

Dans la stratégie des forces émergentes de se présenter comme des forces transversales, hors des vieilles étiquettes et idéologies, disqualifiant les vieux partis qui se partagent le pouvoir depuis une trentaine d’années, C’s semble avoir mieux réussi son coup que Podemos. D’autant que son leader, Albert Rivera, est toujours le seul a avoir un solde d’opinions positives. Et, dans une opinion qui souhaite à plus des deux tiers que les prochaines élections mettent fin à l’alternance PP/PSOE en mettant un autre parti en tête, c’est encore C’s qui est largement préféré, y compris par l’électorat PSOE qui le préfère nettement à Podemos (61% vs 25%).

Podemos dans la nasse

Pablo Iglesias et Alberto Garzón

Podemos semble incapable de se dépêtrer du piège, tendu par IU, de l’union des forces populaires, pour reprendre une vieille formule du camarade Marchais. L’appel d’Alberto Garzón, IU, à des candidatures d’union populaire, relayé par des personnalités comme Almodovar, appuyé par des groupes divers, sous des étiquettes style Ahora en Común, a été repoussé par Pablo Iglesias. Il le paie d’un surcroît d’impopularité puisque son solde d’opinions, qu’on n’ose qualifier de positives, tombe à -44, presque aussi bas que Rajoy ! Les élections catalanes n’ont pourtant pas démontré l’intérêt de la formule unitaire puisque Si que es Pot, liste d’union Podemos+ICV (équivalent catalan d’IU avec des Verts), fait moins qu’ICV seul aux élections précédentes.

Dans cette partie de bras de fer où Iglesias signifie à Garzón qu’il veut bien l’accueillir sur ses listes, mais sous l’étiquette Podemos, IU tire pour le moment son épingle du jeu à 5,6%. Car l’équipe dirigeante de Podemos veut absolument se débarrasser de l’étiquette d’extrême-gauche pour se recentrer sur une ligne finalement plutôt réformiste.

PSOE fragile

Le PSOE lui, loin de décoller, stagne, se tasse même. Il est certes le parti que les sondés préfèreraient voir gagner les prochaines élections, mais de peu. Et son leader, Pedro Sánchez, qui semblait en septembre, enfin, acquérir plus de visibilité, retombe dans un score de popularité nettement négatif (-22). Elément aggravant, il perd des plumes dans son propre parti : il est le moins bien coté en interne (+54, même Rajoy, pourtant discuté au sein du PP, est à + 69). Et surtout 60% de ses électeurs potentiels estiment que ce serait bon que l’Espagne soit gouvernée par un parti qui ne soit ni le PP, ni le PSOE ! Electeurs potentiels dont on a vu que leur préférence irait dans ce cas à Ciudadanos.

Et si c’était le PP ?

Le PP semble avoir atteint son étiage autour de 23%. Bien qu’accablé de scandales de corruptions divers (où le PSOE est hélas parfois compromis), il s’accroche. Il a atteint le noyau dur de son électorat. Ses électeurs potentiels sont les plus attachés à sa victoire, les moins sensibles aux sirènes de l’alternance au PP et PSOE. Et en cas de malheur, opte pour C’s et rejette absolument Podemos.

Et si finalement il ne se passait rien ? si finalement Rajoy restait à la Moncloa, siège du chef de gouvernement ? s’interroge, dans un apparent paradoxe, Ramiro Feijoo, professeur d’Histoire Culturelle. Il constate que les populares se sont gavés d’argent sale, à travers des réseaux parfaitement organisés, et que, quand ces montages furent découverts, ils ont assumé leur culpabilité sans faire preuve d’aucun regret, sans vergogne.

Malgré cela il estime que le conservatisme qui préfère le mal connu à un bien hypothétique – le familier à l’inconnu, le réel au possible, le proche au distant, etc. – s’appuie en Europe du Sud sur le mythe du péché originel. Les racines du conservatisme plongent dans une vision radicalement pessimiste de la nature humaine. L’homme est par essence imparfait, voire mauvais et ne peut être amendé. Cette vision anthropologique se combinerait avec un fatalisme essentialiste selon lequel il n'y a aucune possibilité de changement ou de progrès. Ces électeurs restent donc disposés à soutenir un parti dont les placards sont pourtant encombrés d’immondices. Pour eux il n’y a pas d’alternative et ceux qui proposent quelque chose d’autres sont au mieux des naïfs et au pire des faux prophètes tentant de tromper les oreilles candides.

Cette vision pessimiste, ce fatalisme pourrait donc reconduire le PP à la Moncloa.

Rien n’est heureusement joué. Et les évolutions assez brutales des deux partis émergents montrent que les cartes ne sont sans doute pas distribuées. Mais, pour le moment au moins, l’hypothèse d’une large majorité de gauche – PSOE+Podemos - s’éloigne. Celle d’une majorité de centre gauche – PSOE+C’s – a actuellement les faveurs des électeurs potentiels du PSOE. Reste l’hypothèse d’un C’s en tête avec deux alliances possibles : s’il continuait sur sa lancée, ce serait sûr.

Mais le vent électoral tourne vite en Espagne.

 

 

En complément

 

Homme ou femme, âges, quels sont les caractéristiques des électeurs(trice) du PP, du PSOE, de C's et de Podemos ?

 

 

 

 

 

 

  Le PP est un parti de vieux mâles : le pourcentage d’hommes est supérieur à celui des femmes dans toutes les tranches d’âge et sa force principale se situe chez les hommes de plus de 65 ans.

Le PSOE lui est un parti féminisé et équilibré sur les différentes tranches d’âge, sauf chez les plus jeunes. C’est la seule formation où le pourcentage de femmes est plus fort que celui des hommes sur tous les âges. Les femmes jeunes – 18-34 ans – sont son point fort, mais, en revanche, son point faible porte sur les jeunes hommes : 20% de femmes contre 6% d’hommes, une différence de 14 points !

Ciudadanos est un parti légèrement plus masculin, assez équilibré pour les âges, sauf chez les plus de 65 ans. Les hommes jeunes (19%) sont sa force principale, mais il a de grandes difficultés à attirer les électrices de plus de 65 ans qui ne sont que 5% à pencher pour le parti d’Albert Rivera.

Podemos est le parti qui montre la plus grande assymétrie dans les âges. Sa force ce sont les jeunes (18-34 ans), surtout les hommes avec 16% contre 13% aux jeunes femmes. Sa grande faiblesse se trouve chez les électeurs potentiels de 55 ans et plus où il ne dépasse pas 6%.

Espagne : Ciudadanos, le vent en poupe

Les électeurs déclarés de chaque parti sont invités à se situer sur une échelle de 0=extrême-gauche à 10=extrême-droite.

Ça se bouscule au centre

A part donc ceux de IU, ces électeurs potentiels se situent majoritairement au centre. PP et PSOE forment presque une image inversée, avec un sommet à 5, partant ver le 7 ou 8 pour le PP, en pente aussi douce vers le 3 pour le PSOE.

Mais à côté de ces reliefs érodés des vieux partis, Ciudadanos est une montagne jeune qui s’érige en plein centre, dans un triangle quasi isocèle. Même les sondés de Podemos ont la gauche timide et leur nombre s’érode. 

 

Cette course au centre est un dilemme aussi bien finalement pour le PSOE que pour Podemos.

Le recentrage auquel tente de procéder le parti d’Iglesias risque de lui faire perdre ses militants ancrés à la gauche extrème, d’où un discours qui tente de se situer en dehors de ce clivage gauche-droite.

Face au PP, parti caméléon, qui apparaît modéré à ses électeurs modérés et d’extrême-droite aux extrémistes, le PSOE déçoit ses électeurs de gauche qui le trouve trop centriste sans obligatoirement convaincre un électorat centriste qui le trouve trop à gauche.

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 15:29
ESPAGNE : léger avantage au PSOE

Metroscopia : baromètre électoral septembre 2015

Le baromètre électoral de Metroscopia du 11 septembre – réalisé donc avant les élections catalanes – ne marque pas une grande évolution par rapport à celui de fin juillet. Léger avantage du PSOE sur le PP, plus net de Podemos sur Ciudadanos. Et un jeu à quatre partis qui obligerait à des alliances (voir en annexe un sondage sur les coalitions souhaitées par les électeurs potentiels de ces quatre formations).

Contrairement à CIS, l’autre institut de sondages, Metroscopia plaçait, déjà en juillet, le PSOE en tête. Il le confirme en septembre. Et si l’écart reste très en deçà des ± 2,4 points de marge d’erreur, c’est donc la 2e fois consécutive où les sondeurs placent le PSOE devant le PP. Et avec un écart un peu plus net.

La comparaison avec les dernières élections générales de 2011 est défavorable aux deux partis qui se sont partagé le pouvoir depuis la transition. Le PSOE, qui y avait obtenu le pire résultat historique, perdrait encore 4 points. Le PP qui, à l’inverse avait obtenu son meilleur score, perdrait 21 points. Les pertes du PSOE vont vers Podemos et celles du PP vers Ciudadanos.

 

Ces deux partis émergents qui viennent casser l’alternance bi-partisane PP/PSOE n’ont cependant pas pris l’ascendant.

Podemos progresse légèrement et Ciudadanos stagne d’un sondage à l’autre. Mais jamais les quatre premiers partis n’ont été aussi proches : entre PSOE et C’s : huit points. Si les élections avaient eu lieu au moment du sondage, ce serait cependant le PSOE ou le PP qui aurait été appelé à former un gouvernement. Mais l’un comme l’autre seraient obligé de trouver un ou plusieurs alliés.

Même si Izquierda Unida (IU), bien que Podemos lui ait siphonné une partie de ses électeurs, réussit à sauver les meubles à 5%, il ne peut être qu’une force d’appoint à gauche. Et il cherche toujours à imposer à Podemos des candidatures d’unité populaire (l’exemple catalan où l’alliance de l’IU local –ICV - avec Podemos a fait moins bien qu’ICV seul ne démontre pas l’intérêt électoral de cette union). Quant à UPyD (centre gauche), il a été phagocyté par Ciudadanos.

L’ambiguïté du résultat catalan risque moins de cristalliser des votes nationalistes espagnols, hostiles à la sécession, en faveur du PP. Le prochain baromètre dira si la nette progression de Ciudadanos en Catalogne et si l’échec de Podemos et ses alliés à ces élections ont des répercussions nationales ou restent des phénomènes locaux.

Le jeu politique espagnol est donc bien plus ouvert et surtout pas plombé par le FN, avec des leaders politiques jeunes : seul Mariano Rajoy (PP), chef du gouvernement sortant, atteint la soixantaine, Alberto Garzón candidat d’IU a 30 ans, Albert Rivera (C’s) 36, Pablo Iglesias (Podemos) 37, Pedro Sánchez (PSOE) 43.

 

 

ANNEXE

ESPAGNE : léger avantage au PSOE

Majorité absolue ou coalition ?

ESPAGNE : léger avantage au PSOE

Majorité absolue ou coalition (détails) ?

Paradoxe apparent, ce sont les électeurs potentiels de Podemos qui sont les plus favorables à une alliance, et avec le PSOE. Ceux qui prétendent qu’un conglomérat Front de gauche-verts duflotistes-dissidents socialos pourraient faire un Podemos hexagonal, alors que leur ciment est justement l’anti-socialisme, feraient bien de regarder cette étude de metroscopia.

 

Le Partido Popular (PP) est le seul parti dont les sympathisants déclarés se manifestent clairement (et sans doute aveuglément) pour une majorité absolue de leur parti comme future forme de gouvernement (65%). Cependant, au cas où la seule possibilité offerte serait un gouvernement de coalition, la solution de repli serait l’alliance avec Ciudadanos (C’s) à 84 %. La perspective d’une grande coalition à l’allemande (PP-PSOE) est très peu prisée. Et il y a peu de différence selon l’âge ou le sexe.

 

A l’inverse, les trois quarts des électeurs socialistes (PSOE) optent plus réalistement pour une coalition comme forme future de gouvernement. Mais les deux options – PSOE-Podemos ou PSOE-Ciudadanos – sont envisagés avec le même score (59% : les options n’étant pas présentées comme exclusives, bien sûr). Cependant, l’alliance avec Podemos a gagné des points par rapport aux sondages précédents. Les électeurs les plus âgés (+ de 55 ans) sont plus favorables à un gouvernement de coalition que les plus jeunes (10 points) et les hommes que les femmes (15 points).

 

Les futurs électeurs de Ciudadanos sont aux deux tiers en faveur d’un gouvernement de coalition. Ils privilégient un peu l’alliance avec le PP (77%) à celle avec le PSOE (72%), mais depuis janvier c’est l’option PP qui a grimpé de 12 points. Les plus jeunes sont les plus réticents à une coalition à 43%, de même que les femmes par rapport aux hommes : 14 points de moins.

 

  Globalement Podemos est le parti dont les électeurs déclarés ont été de sondage en sondage les plus portés vers une coalition : depuis mars – avant donc les élections municipales et régionales – cette option est passée de 72 à 86%. L’accord privilégié est clairement PSOE-Podemos qui est passé de 62 à 82 %. Podemos est la seule formation où l’électorat féminin est plus unitaire que le masculin : 90% contre 83% et elles appuient l’hypothèse PSOE-Podemos à 86% contre 80% pour les hommes.

 

Dans l’état actuel des sondages une alliance PSOE-Podemos, avec ou sans l’apport d’IU (Izquierda Unida qui continue le forcing pour obliger Podemos à des candidatures communes), serait majoritaire en sièges vraisemblablement. Mais les difficultés rencontrés en Andalousie ou dans les Asturies laissent craindre que les dirigeants de Podemos ne soient pas au diapason de leurs sympathisants. C’est Ciudadanos qui a débloqué la situation en Andalousie – Podemos votant contre la socialiste S. Diaz avec le PP – et IU dans les Asturies.

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 20:23
La "une" d'El Jueves du 23/07 (avec une traduction approximative : cet 'hostias' voulant dire baffes ou quelque chose comme cela)

La "une" d'El Jueves du 23/07 (avec une traduction approximative : cet 'hostias' voulant dire baffes ou quelque chose comme cela)

Coup de mou ou coup dur pour Podemos ? Alors que début Juillet, il était à égalité pratiquement avec les partis de la caste, il décroche fin juillet. Perdant plus de trois points. Surtout, les primaires pour désigner les candidats aux prochaines élections générales ont montré une nette démobilisation de ses sympathisants.  Les causes de cette désaffection n’ont que peu à voir avec les déboires de Syriza. Mais beaucoup avec l’habile proposition d’IU de large union populaire des forces alternatives. Le refus d’Iglesias le fait apparaître comme diviseur. Et IU se refait un peu la cerise, alors qu’il était en voie de marginalisation.

Podemos : coup de mou ou début de la fin ?

Metroscopia : baromètre électoral 26 juillet 2015

En à peine 3 semaines – 2-3 juillet, 20-22 juillet – Metroscopia a réalisé deux sondages aux résultats contrastés. Dans celui, paru le 6/07, PP, PSOE et Podemos, dans l’ordre, sont dans un mouchoir de poche, en-deçà de la marge d’erreur de 3,2 points, dans celui paru le 26/07, les deux partis que Podemos dit de la caste ont pris la tête, Podemos décroche de 3 points et Ciudadanos (C’s) après sa baisse brutale de 6 points en juin, reprend du poil de la bête et se rapproche de Podemos. Symptomatique aussi le redressement d’Izquierda Unida (IU), alors que cette gauche unie traditionnelle semblait partir dans les oubliettes de l’histoire.

Podemos : coup de mou ou début de la fin ?

Intentions de votes brutes

Même si le PSOE ne devance le PP que d’une courte tête (0,4%), il prend aussi première place dans les intentions directes de vote, passant donc devant le PP et Podemos qui le précédaient en début de mois. Et Podemos perd aussi des plumes dans ces données brutes (NB Pour comprendre pourquoi et comment se fait la cuisine des enquêtes d’opinion voir vers le bas de l’article PODEMOS renversera-t-il l’échiquier politique espagnol ?)

Podemos : coup de mou ou début de la fin ?

Cote des personnalités politiques

La mesure de l’audience et de la popularité des personnalités politiques, si elle confirme de sondage en sondage, la place de chouchou de Rivera (C’s) le seul avec un solde positif, confirme aussi la désaffection que subit Pablo Iglesias, le leader de Podemos ; seul Rajoy est plus désapprouvé par les sondés, si l’on met de côté Artur Mas, le Président de la Catalogne qui prône son indépendance* et donc, à ce titre, est rejeté par une majorité d’Espagnols. Alberto Garzón (IU) comme Pedro Sánchez (PSOE) ont un moindre solde négatif d’un sondage à l’autre. Mais Sánchez reste toujours à la traîne en ce qui concerne la popularité chez les sympathisants de son propre parti : 66%, contre 80% pour Iglesias à Podemos et même 77% pour Rajoy au sein du PP !

Toutefois, dans l’enquête du début du mois, Pedro Sánchez apparaissait parmi les quatre principaux candidats à la présidence du gouvernement, comme celui qui serait le plus à même de mener une réforme de la constitution acceptable pour une large partie des Espagnols ; à égalité avec Rivera quand à la capacité de dialoguer et de s’allier avec ceux dont il ne partage pas les idées ; et il serait aussi le meilleur président du gouvernement ; il y a juste pour la capacité de réduire les inégalités qu’il est devancé par Iglesias.

Podemos : coup de mou ou début de la fin ?

Coefficient de répulsion des partis politiques et positionnement sur une échelle gauche/droite

Le PSOE est aussi, après cependant C’s, le parti provoquant le moins de répulsion. Seuls 13% des sondés disent n’envisager de voter PSOE en aucun cas. Ils sont 52% pour le PP et 32% pour Podemos. A noter que 1% de sondés se disant électeurs potentiels du PP ont dû subir la canicule ibérique puisqu’ils disent aussi ne voter PP en aucun cas.

Pour les sondés, le PSOE apparaît bien comme un parti de centre gauche (fort proche d’ailleurs du point moyen où l’enquête situe la population espagnole). Ciudadanos, lui, est placé au centre-droit et aux deux extrêmes on trouve donc Podemos à gauche et le PP à droite.

 

 

Extraits d'une série de dessins ("chistes") sur les relations IU-Podemos

Extraits d'une série de dessins ("chistes") sur les relations IU-Podemos

Ces deux dessins (comme celui qui suit) sont tirés de 18 chistes sobre las puyas entre IU y Podemos

Le premier dessin fustige la bataille d'égos à gauche, le second dénonce la dispersion de la gauche et une misérable qui contemple la dispute leur dit à peu près "Bon, quand vous aurez fini de discuter entre vous vous pourriez vous occuper de nos problèmes."

SYRIZA ou IU ?

Le coup de mou de Podemos, si l’on en croit un éminent spécialiste de la politique ibérique à Médiapart serait dû aux déboires de Syriza. « Les derniers épisodes grecs risquent de ralentir l’ascension que connaît Podemos depuis son succès aux élections européennes l’an dernier et aux municipales de juin. Selon Lamant, "à court terme, l'accord conclu lundi avec Athènes, et l'énième crise politique qui s'ouvre en Grèce, ne vont pas faciliter la dynamique de Podemos d'ici aux élections" » rapporte arrêt sur images. Outre que le succès de Podemos aux municipales relève de la lubie paresseuse de journalistes d’investigations qui n’ont même pas pris la peine de consulter les résultats, les soubresauts de la crise grecque n’expliquent guère l’actuelle baisse d’attractivité de Podemos.

 

Baisse qui se traduit non seulement dans le baromètre électoral de Metroscopia, mais aussi, surtout, dans la démobilisation de ses sympathisants. A peine 60 000 d’entre eux ont participé aux primaires désignant les candidats aux élections générales. Moitié moins que pour la désignation d’Iglesias à la tête de Podemos. Primaires dont la règle du jeu – liste de candidatures à l’échelle nationale – a été contestée par cinq régions : Madrid, Aragon, Baléares, Asturies et Pays Basque. Règle du jeu assez révélatrice du véritable centralisme démocratique mis en place par l’état-major du parti.

Traduction à la louche de cette "chiste"

Traduction à la louche de cette "chiste"

Outre ces fissures internes, c’est surtout au jeu subtil d’IU que les experts en sciences politiques à la tête de Podemos se sont laissé piéger. IU, le bon apôtre, relayé par une nébuleuse, Ahora en Común,  inspirée des coalitions de gauche dite alternative qui l’ont emporté aux municipales comme Ahora Madrid, Barcelona en Comú, Zaragoza en Común ou Compromís à Valence, a proposé de présenter des candidatures communes de large union. Iglesias, pour avoir frayé dans les eaux d’IU, n’a pas été dupe. Pas question de servir de bouée de sauvetage et surtout, par cette alliance, de justifier l’étiquette d’extrême-gauche, collée par le PP, alors que Podemos prône un dépassement du vieux clivage droite/gauche, synonyme de l’alternance des partis de la caste (PP/PSOE). Il a donc décidé que Podemos partirait sous ses couleurs et non dans une coalition informelle. Mais Ahora en Común qui se réclame aussi du Movimiento 15-M (ce que nous avons appelé Mouvement des indignés) clame haut et fort sa volonté farouche d’aboutir à un rassemblement d’unité populaire (unidad popular).

Là-dessus, 150 idiots utiles, pardon, je veux dire 150 personnalités du monde des arts, de la culture et du spectacle, Pedro Almodóvar en tête lancent un vibrant appel "Mover ficha por la unidad popular" – en gros Bougeons les pions pour l’unité populaire mais en traduction plus libre Bougeons-nous le fion pour l’unité populaire – qui place le pauvre Iglesias dans la position inconfortable du Schtroumpf grognon (pitufo gruñón). Anti-unitaire pour défendre son enseigne !

Rien n’est joué. D’autant que la date des élections n’est pas encore fixée et que Rajoy, plutôt que de les anticiper, peut être tenté de jouer la montre en tablant sur une amélioration amplifiée de la reprise de l’emploi. D’ici là les présumés spécialistes des sciences politiques à la tête de Podemos auront peut-être su se dépêtrer du piège unitaire tendu par IU. Mais si Sánchez et le PSOE ne commettent pas trop d’erreurs, le jour d’après les élections mettra Podemos au pied du mur. Front populaire ou pas ?

 

 

* Artur Mas veut faire de l'indépendance l'enjeu des élections régionales catalanes qui auront lieu en septembre - donc avant les élections générales ; il a réussi à fédérer plusieurs partis indépendantistes. Le résultat de ces élections - surtout si les indépendantistes obtiennent une victoire nette - peut avoir des répercussions difficiles à mesurer, mais une crispation nationaliste espagnole risquerait de profiter plus au PP qu'au PSOE...

En complément :

Le baromètre électoral de juillet 2015 du Centro de Investigaciones Sociológicas (CIS)

Podemos : coup de mou ou début de la fin ?

Estimation des votes aux élections générales

Le baromètre électoral du CIS diverge sur certains points de celui de Metroscopia*. A commencer par l’ordre des deux premiers et le poids des forces émergentes. Même s’il confirme plus nettement que les partis de la « caste » comme dit Podemos, reprennent du terrain sur les partis émergents.

Le CIS a constamment placé le PP en tête des intentions de votes. Et loin de constater un tassement pour le PP il marque un net progrès (mais par rapport à avril, puisque son baromètre est trimestriel). Et surtout le PP, d’après le CIS, creuse l’écart avec le PSOE.

Les nouveaux partis ont des scores nettement moins flatteurs que sur Metroscopia. : Podemos est à 15,7% contre 18,1%, Ciudadanos (C’s) 11,1% contre 16%.

Podemos : coup de mou ou début de la fin ?

Intentions de votes spontanées

Les différences sur les réponses spontanées sont moins fortes, puisque pour CIS comme Metroscopia le PSOE passe en tête avec 17,3% contre 16%, le PP suit à 16% contre 15%, Podemos est même mieux traité avec 12,6% contre 11,1%, en revanche C’s est dévalué 7,7% contre 10,4%, quant à IU il est à 2,9% contre 3,5%.

Podemos : coup de mou ou début de la fin ?

Les coalitions souhaitées

S’agissant de la suite des élections – a priori aucun parti n’arrivera à la majorité absolue – la coalition PSOE-Podemos est la préférée. La seconde option, le PP seul, ne regroupe que les affidés les plus optimistes.

Le système de mesure du CIS pour les hommes politiques est plus rustique que celui de Metroscopia : ils sont notés de 0 à 10 ! Si l’on excepte deux politiques locaux, le mieux placé est Pedro Sánchez, PSOE, avec … 3,84/10 ! Loin (?) devant Rajoy avec 2,68 ! Mais ni Rivera (C’s) ni Iglesias (Podemos) ne sont pris en compte…

 

* La comparaison est difficile puisque Metroscopia a réalisé deux enquêtes en juillet, tandis que l’enquête trimestrielle du CIS s’est étalée du 1er au 9 juillet. Leur prochain baromètre risque d’arriver en pleine campagne électorale générale (sondage réalisé en octobre mais publié en novembre !). Cependant  El diario pronostique des élections le 20 décembre !

Le sondage s’est fait sur 2.486 entrevues et sa marge d’erreur est de 2%.

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 14:20
Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe
Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Adoption par les couples mariés d'un même sexe

Dix ans après l’adoption d’une loi pour le mariage pour tous, 3 Espagnols sur 4 sont pour permettre l’adoption à des couples homosexuels. Après quatre décennies de national-catholicisme franquiste et malgré le poids d’un haut clergé particulièrement obscurantiste, une majorité de catholiques, y compris les catholiques pratiquants, est aussi d’accord. Et quand la question est posée sous l’angle de l’intérêt de l’enfant, ils sont huit sur dix à estimer que l’orientation sexuelle des adoptants n’a pas à être prise en compte.

Dix ans après l’adoption du mariage pour tous, les Espagnols sont de plus en plus nombreux à approuver cette loi : 68 % en juin 2015 contre 58 en mai 2013 et ceux qui s’opposent à toute forme d’union pour des personnes du même sexe tombent de 10 à 4%. Reste que ceux qui approuvent le mariage pour tous sont majoritairement à gauche : 85% des votants potentiels du PSOE, 91 % de ceux de Podemos, alors qu’au PP ils ne sont que 42 % et à Ciudadanos (C’s) 48% (49% admettant cet union mais pas sous le nom de mariage).

Par âge c’est quasi unanimement que les 18-34 ans approuvent ce mariage (90%), le pourcentage tombe à 51 chez les plus de 55 ans.

Même chez les catholiques pratiquants une majorité relative (48 %) admet le mariage homo et seuls 11% sont farouchement opposés à toute union homosexuelle. Chez les non croyants l’approbation est massive à 87%.

Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Adoption par des couples du même sexe : répartition par courants politiques

Mais le paradoxe est qu’alors que le mariage homo n’est encore approuvé que par les 2/3 des espagnols, 3/4 sont cependant d’accord pour que les couples de même sexe puissent adopter des enfants ! Ce qui veut dire qu’une partie de ceux qui n’admettent pas encore que l’on nomme « mariage » un couple du même sexe sont cependant d’accord pour qu’ils puissent adopter.

On retrouve les clivages entre une gauche massivement d’accord (PSOE 89%, Podemos 93%) mais C’s se montre nettement plus libéral avec 61% que le PP où, néanmoins, une majorité relative est pour à 48%).

Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Adoption par des couples du même sexe : répartition par tranches d'âge.

La répartition par âge offre une petite surprise puisque les 18-34 ans sont un peu moins nombreux à approuver l’adoption qu’ils n’étaient à le faire pour le mariage entre personnes du même sexe (87% contre 90%) ; les 35-54 sont dans la moyenne ; les plus de 55 ans, bien que plus réticents, sont majoritairement pour à 64 %.

Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Adoption par des couples du même sexe : l'opinion des catholiques.

Mais la révélation de ce sondage est que les catholiques pratiquants sont une majorité à être d’accord avec l’adoption pour les couples homosexuels. De quoi faire frémir d’horreur nos grenouilles de bénitiers – Bourge, de la Rochère, Boutin et les autres – mais également Mme Agacinski, farouchement opposée aussi à l’ouverture du droit à l’adoption aux couples homosexuels, qu’elle oppose à une parentalité « naturelle » ! Certes, ils ne sont que 51%. Loin donc des 87% des non croyants. Mais dans un pays marqué par le cléricalisme d’une église non défranquisée – et même compte tenu de la marge d’erreur – ce résultat est un désaveu pour les prélats ultra-réactionnaires.

Les Espagnols pour l’adoption par des couples de même sexe

Le bien de l'enfant prime

Et quand la question est posée sous l’angle de l’intérêt de l’enfant, le oui est encore plus franc et massif puisque presque 9 Espagnols sur 10 estiment que c’est le climat protecteur et aimant offert à l’enfant qui est primordial ! Le clivage par famille politique subsiste avec l’unanimité à Podemos et 94 % au PSOE, mais même ceux qui se reconnaissent dans le PP sont plus de 7 sur 10 à privilégier l’intérêt de l’enfant et 65 % à considérer que l’orientation sexuelle des adoptants ne doit pas entrer en ligne de compte.

La société espagnole évolue donc dans le sens d’une ouverture à plusieurs modèles familiaux, guidée par le sort de l’enfant. Pour autant la situation n’est pas encore idyllique. Si l’on en croit l’analyse de Violeta Assiego, les cas d’harcèlement et d’agressions sur l’orientation sexuelle ont augmenté dans les écoles et ces agressions sont aussi en tête des plaintes déposées à la police.

Sommes-nous sûrs cependant que la société française, dans un pays qui se targue d’être à l’avant-garde de la laïcité donc le moins soumis au cléricalisme, ait évolué aussi profondément dans l’ouverture aux nouveaux types de famille et le respect du droit de l’enfant ?

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 11:21

Ceuta le 16 mai 2015, à huit jours des élections municipales et régionales espagnoles.

Les candidats s’affichent donc sur des véhicules : remorque pour l’un, fourgonnette pour l’autre ; utilisent l’affichage publicitaire ; tendent d’immenses calicots aux endroits stratégiques et, bien sûr, ont des locaux attitrés.

Campagne électorale à CEUTA
Campagne électorale à CEUTA
Campagne électorale à CEUTA
Campagne électorale à CEUTA
Campagne électorale à CEUTA
Campagne électorale à CEUTA
Campagne électorale à CEUTA
Campagne électorale à CEUTA

24 mai 2015 : résultats des élections à CEUTA

Le PP a gardé, ric-rac, la majorité absolue. Mohamed Ali et Caballas ont obtenu 4 élus, mais Tarek Mizzian et le PDSC, avec à peine 2% des suffrages, ont fait chou blanc ; Ciudadanos a réussi à placer un élu.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 07:47

Le baromètre de metroscopia en avril place quatre partis dans une fourchette d’à peine 3 points. Ciudadanos poursuit son ascension, tandis que Podemos s’effrite tout en gardant la tête. Les deux champions du bipartisme PSOE et PP se redressent un peu. Mais presque huit Espagnols sur 10 veulent voir la fin de l’hégémonie de ces partis qui ont alterné au pouvoir depuis la transition démocratique.

 

Le quadripartisme qui s’était amorcé au sondage de février, avec l’apparition quasi instantanée de Ciudadanos dans le jeu politique national, se confirme. Les sondés d’Avril placent les quatre formations – PP et PSOE, Podemos et Ciudadanos – entre19,4 et 22,1%, à peine 3 points d’écarts entre les deux nouveaux acteurs qui encadrent les partis anciens.

Espagne : quatre partis dans un mouchoir de poche

La fin du bipartisme

A l’évidence les Espagnols sont las du bipartisme qui a rythmé leur vie politique depuis la transition démocratique. 77%, presque 8 sur 10, souhaitent que le jeu politique s’ouvre. Et ils le démontrent donc dans les sondages électoraux.

Mais quant à ce que ça pourra donner, c’est plus flou. Un gouvernement minoritaire, assuré par le parti arrivé en tête, qui après jongle pour obtenir des majorités ponctuelles, est la solution la plus envisagée. Seule une coalition PSOE-C’s obtient un faible assentiment majoritaire. Mais les sympathisants C’s semblent prêts à manger à tous les râteliers puisque les 2/3 envisagent aussi bien une alliance avec le PSOE qu’avec le PP.

 

L’enquête menée en le 7 et le 9 avril place toujours Podemos en tête avec 22,1%, position quasi stable après une chute de 4 points au baromètre de mars. A l’inverse, le PSOE, après une baisse nette en février confirme le redressement de Mars. L’hémorragie du PSOE vers Podemos semble stoppée. Est-ce l’effet de la victoire andalouse ? Mais le PP, qui y fut sévérement défait, reprend aussi 2 points par rapport à mars. Quant à Ciudadanos (C's), après sa spectaculaire montée de février et surtout mars, il progresse encore un peu. En revanche IU et surtout UPyD, complétement phagocytée par C’s,  se marginalisent.

 

Pour Podemos – qui paie sans doute les attaques violentes qu’il a subies sur ses liens avec le Chavisme vénézuélien – C’s devient un concurrent dangereux.

   El Plural, périodique digital progressiste, comme il se définit, descend Ciudadanos avec vigueur. Il serait issu, non de la cuisse de Jupiter, mais de la main d’Aznar, via le FAES (un ‘think thank’ comme on dit fondé par l’ancien 1er ministre).

Il le décrit comme l’asile et le fortin de l’españolismo en Catalogne : de fait Ciutadans-Partit de la Ciutadania est né en Catalogne contre les indépendantistes. Non seulement il aurait eu la bénédiction d’Aznar, mais aussi celle de la radio des évêques, la COPE, avec notamment les applaudissements enthousiastes de Federico Jiménez Losantos, un ex-communiste puis socialiste passé à droite, mais très anti-Rajoy. Car pour le rédacteur en chef de Plural, C’s serait en fait une machine de guerre dans un jeu interne à la droite contre l’actuel premier ministre qu’Aznar mépriserait !

Que les fervents défenseurs de l’Espagne une et indivisible aient soutenu un parti naissant qui affichait son attachement à ce que la Catalogne reste espagnole (et corrélativement à la corrida comme symbole de cette hispanité) se conçoit. Que ce nouveau parti draine les déçus du PP, les analyses le prouvent. Mais de là à n’en faire qu’une marionnette, avec Aznar tirant les ficelles mériteraient des preuves plus tangibles que l’appui d’un Losantos qui avait aussi applaudi l’UPyD, dissidence centre-gauche du PSOE, UPyD complétement ou presque vampirisé par C’s.

Espagne : quatre partis dans un mouchoir de poche

Notoriété et popularité

Le baromètre des personnalités – notoriété, solde approbation-désapprobation – confirme la chute d’opinions favorables du leader de Podemos, Pablo Iglesias : son image ne cesse de se dégrader passant de -13 en janvier à -30, 4 mois après. Victime sans doute des attaques dont il a été l’objet, mais peut-être aussi d’une gestion assez léniniste du nouveau parti.

Mais la chute la plus spectaculaire est celle de Rosa Diez fondatrice d’UPyD : de -12 en janvier à -49 en avril (pire que Rajoy !) et surtout avec un score famélique dans son propre parti (+23) ; elle paie la lutte interne sur le rapprochement/fusion avec C’s.

Rajoy est constant dans l’impopularité. Pedro Sanchez ne décolle pas dans son propre parti, le PSOE : si l’on met à part l’accident industriel de Rosa Diez, il reste le leader qui recueille le moins d’approbation dans son camp.

Albert Rivera reste le seul qui affiche un solde positif ! Mais sa notoriété reste bloquée à à 77%.

Espagne : quatre partis dans un mouchoir de poche

Le désaveu de la politique de Rajoy

Rajoy parie que comme un soufflé, après les percées spectaculaires, Podemos et C’s vont se dégonfler. Il table sur les signes de reprise économique pour reprendre un peu de poil de la bête.

Pour le moment au moins, les sondés restent très sceptiques sur les vertus de sa politique. Seul un quart sont satisfaits de la gestion menée depuis trois ans par le gouvernement. Et les trois quarts estiment que les inégalités se sont creusées pendant la même période.

 

 

Après les élections anticipées en Andalousie, l’année va être ponctuée par les élections municipales et les élections des régions autonomes (sauf en Catalogne, Galice et Pays Basque et, on l’a vu, Andalousie qui ont un autre statut) le 24 mai. Le 27 septembre ce seront les élections en Catalogne, dont Artur Mas, l’actuel président, veut faire un referendum pour l’indépendance.

Enfin, entre le 20 novembre et le 20 décembre*, les élections générales.

 

Quoique rêve Clémentine Autain, le jeu politique espagnol n’a rien à voir avec celui de la France et le Front de gauche encore moins avec Podemos. Comme si on comparait le Modem à Ciudadanos.

Il n’est que de voir l’inventivité du mouvement social espagnol avec ce défilé d’hologrammes pour protester contre une loi baîllon, que veut imposer le PP pour rallier sa vieille garde nostalgique du franquisme, avec la traditionnelle journée de protestation contre l’austérité d’une partie des syndicats en France, pour comprendre qu’il y a encore des Pyrénées.

Comparer aussi la jeunesse des leaders des partis politiques espagnols avec l’âge des nôtres. Albert Rivera a 36 ans, Bayrou pourrait être son père. Iglesias en a 37, Mélenchon pourrait être son père. Et Cambadelis aurait pu être, mais plus précocement, le père de Sanchez, 43 ans…

 

Ce quadripartisme est porteur d’incertitudes.

Avec sa majorité relative, le PSOE andalou va être obligé de surfer jusqu’au moins les élections générales, car d’éventuelles alliances sont gelées jusque-là.

Mais ces élections générales peuvent aussi aboutir, si les quatre partis sont quasi à égalité à une situation inextricable ou bien à une instabilité modèle IVe république française.

 

Reste l’espoir qu’un PSOE vigoureux soit capable de fédérer une alliance réformatrice où Podemos joue le jeu de l’union de la gauche.

On a le droit de rêver, comme Clémentine.

 

* Date précise non encore fixée (avec possibilité de jouer les prolongations jusqu'à mi-janvier)

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 22:35
L’Andalousie reste socialiste

Les élections andalouses anticipées ne nous consoleront pas de la poussée de l’extrême-droite aux départementales françaises. Elles ne sont pas, cependant, anodines. Elles confirment – pour de vrai pourrait-on dire – l’émergence de Podemos et Ciudadanos, deux formations surgies de nulle part. Elles montrent la résistance du PSOE. Elles annoncent la chute du Parti Popular au pouvoir.

 

Le coup de poker de Suzana Diaz, présidente sortante de la Junte Andalouse, a réussi. Les élections de 2012 avaient fait du Parti Popular (PP) le 1er parti andalou. Mais la coalition de gauche avait la majorité. Le PSOE s’alliant avec Izquierda Unida (IU), un ancêtre du Front de gauche, agglomérant autour du PCE des groupuscules de gauche divers avec une pincée de verts : 50 pour le PP, 47+12 pour la gauche. Mais à l’approche d’une année électorale qui va concerner des régions, les municipalités, avant des élections générales, l’IU andalou a eu tendance à s’aligner sur un IU national presque aussi anti PS que le parti dit de gauche en France. D’où la dissolution et les élections anticipées prenant de court IU.

Il est de bon ton de moquer les sondages. Metroscopia est sans doute plus fiable que les instituts français. 45 sièges prévus pour le PSOE avec 36,7% résultat réel 47 sièges, 35,6%. Mieux encore avec Podemos : 15 sièges prévus, 15 sièges obtenus, 14,7% annoncés, 14,85% obtenus !

Reste une surestimation de Ciudadanos et surtout de IU donc une sous-estimation du PP qui obtient 33 sièges au lieu des 29 prévus avec 28,6% au lieu de 25,1%. Le PP n’en est pas moins le grand perdant avec 17 sièges de chute. IU aussi qui ne peut plus faire l’appoint pour une majorité absolue.

L’Andalousie reste socialiste

Le désastreux résultat du PP a inspiré une revue satirique “El Jueves” (Le Jeudi). A l’approche de la semaine sainte – la semana santa occasion de multiples processions et surtout en Andalousie – elle a réalisé un montage où le visage de Rajoy, président du gouvernement PP, vient prendre la place de celui d’un christ crucifié, pour symboliser le calvaire politique que vit le leader national de la droite. A noter que sur le balcon, regardant la procession, avec un décolleté avantageux, on voit Susana Diaz qui, il est vrai, est enceinte.

« Je ne suis pas un taliban, mais il est du plus grand mauvais goût d’utiliser une image qui provoque une dévotion profonde » a dit à peu près le dévot responsable de la confrérie de la crucifixion de Malaga. La confrérie envisage de poursuivre  “El Jueves” en justice.

"Podemos et Ciudadanos (C’s) seront les nouvelles forces de cette chambre parlementaire. S'il y a deux mois un ‘tarotiste’ avait dit à Albert Rivera [fondateur de Ciudadanos] qu’il entrerait au parlement andalou avec 9 sièges et qu'il aurait la possibilité d’être la force charnière pour ouvrir la porte des alliances, Rivera ne lui aurait sûrement pas payé la séance de tarot”, écrit El Correo de Andalucía, cité par Courrier International.

Podemos, lui, devient la 3e force de l’assemblée andalouse. Ses voix viennent plutôt d’un électorat de gauche (ex-PSOE, ex-IU), tandis que C’s siphonne plutôt celles du PP et d’UPyD (une dissidence centre gauche du PSOE qui s’interroge d’ailleurs, après ces élections, sur une fusion avec C’s).

 

Le PSOE andalou est à 8 voix de la majorité absolue. Mais, tant que le train des futures élections ne sera pas passé, la situation est bloquée. C’s et encore moins Podemos n’iront s’allier, avant les élections générales, avec un Parti de la « caste », du système bipartisan que ces deux forces veulent faire voler en éclats. Susana Diaz a d’ailleurs annoncé, contrainte et forcée, qu’elle se contenterait de la majorité relative. Aucune majorité alternative ne risque d’ailleurs de la renverser.

 

Bien que l’Andalousie soit la région la plus peuplée, la plus frappée aussi par le chômage, ses résultats ne sont pas prédictifs de ceux des élections générales. Si ce n’est la fin du bipartisme pratiquement assuré. Mais Podemos et Ciudadanos seront au pied du mur.

L’Andalousie reste socialiste

D'où viennent et où vont les électeurs d'un scrutin à l'autre ?

Lecture : sur les 1 528 000 électeurs du PSOE, on estime que 49 000 sont décédés entre 2012 et 2015, que 27 000 ont choisi le PP en 2015, 44 000 IU, 144 000 Podemos, etc., en tout 319 000 ont changé d’options (y compris 58 000 en abstentions) ; en revanche 88 000 électeurs du PP en 2012 ont choisi le PSOE en 2015, 29 000 d’IU, etc. et 18 000 nouveaux électeurs, en tout 249 000 électeurs gagnés en 2015. Podemos et Ciudadanos ne concourant pas en 2012 ne peuvent avoir que des gains.

 

Le PSOE est, des trois partis qui se disputaient les suffrages en 2012, celui qui a les électeurs les plus fidéles. Presque 8 sur 10 des andalous (78%) qui ont voté socialiste en 2012 ont gardé leur confiance en ce parti en 2015. Le PSOE a cependant perdu plus d’électeurs qu’il n’en a gagné sur les nouveaux ou venant de ces concurrents de 2012. Le plus gros des départs se fait au bénéfice de Podemos (144 000) ou vers l’abstention (58 000). Mais 88 000 abstentionnistes de 2012 se sont déplacés pour lui en 2015.

 

Le PP perd lui un demi-million d’électeurs. Il perd nettement la 1ère place détenue en 2012. Les pertes profitent d’abord à Ciudadanos (223 000). Elles nourrissent l’abstention (130 000). Et une fraction va même vers le rival historique socialiste (88 000).

 

Le grand perdant est cependant IU qui avait provoqué la crise donc l’élection anticipée. La coalition d’extrême-gauche obtient son pire résultat en Andalousie avec 6,9% des suffrages. La chute est de plus de 60% de 2012 à 2015. Pour l’essentiel au profit de Podemos (143 000).

 

Ciudadanos se nourrit essentiellement d’ex-électeurs du PP (223 000 = 60%).

 

Podemos est donc devenu la 3e force andalouse. Il puise à gauche de façon quasi égale : PSOE (144 000) et IU (143 000). Et il a capté près de la moitié des abstentionnistes de 2012 qui ont voté en 2015 (185 000), réinjectant donc dans le jeu électoral un grand nombre d’électeurs qui étaient restés chez eux en 2012.

 

(Source : De dónde vienen y a dónde van los votos. Elecciones Andaluzas 2015)

PS

No era una broma: el PP ofreció un pacto a Podemos en Andalucía

Ce n'est pas une plaisanterie : le PP offrirait un pacte à Podemos en Andalousie

Seul El Plural affiche cette information qui est donc à prendre avec des pincettes. "Las cabeceras ‘tradicionales’ de papel la ignoran en sus webs y, sin embargo, es la noticia política del año: el Partido Popular ha ofrecido un pacto a Podemos para arrebatar la Presidencia del Parlamento andaluz al PSOE y dársela ¡a alguien e Podemos!. Pensé que era una broma, una intoxicación contra el PP, pero no es cierto y real." Donc, les organes traditionnels ont ignoré ce qui est la nouvelle politique de l'année - là El Plural oublie qu'on entame seulement le 2e trimestre - le Parti Populaire a offert un pacte à Podemos pour faucher la présidence du Parlement Andalou au PSOE et le donner à un membre de Podemos. On peut penser que c'est une plaisanterie, une intoxication contre le PP, mais ce ne n'est pas si sûr que cela.

 

Finalement, c'est bien un socialiste qui a été élu Président du Parlement andalou.

 

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 19:01
PODEMOS renversera-t-il l’échiquier politique espagnol ?

Un parti né il y a huit mois a d’ores et déjà bousculé un échiquier politique bipartisan né il y a trente-sept ans. Il s’installe dans le jeu politique espagnol  en se structurant en véritable parti. Non sans ambiguïté, se disant ni de gauche ni de droite, mais transversal. Un récent sondage le place en tête avec 27,7 % des votes, devançant le PSOE d’1,5 point et distançant le PP de 7 points. Mais il est loin de convaincre de la crédibilité de ses propositions.

Les principaux graphiques sont agrandis plus bas.

Les principaux graphiques sont agrandis plus bas.

L’étude de Metroscopia pour El País a eu lieu en plein cœur d’une nouvelle vague de scandales qui secouent l’Espagne ! Cartes noires de la Caja de Madrid et de Bankia où sont impliqués Miguel Blesa et Rodrigo Rato (ancien Directeur général du FMI), mais aussi des dirigeants syndicaux,  et l’opération Púnica, réseau de corruption actif dans les régions de Madrid, Murcia, Leon et Valence, mettant en cause au moins quatre maires issus du PP, mais aussi un maire PSOE.

 

Elle ne se contente pas de faire un instantané des intentions de votes, mais, outre une explication de la méthode, elle complète le sondage sur les intentions de votes par celui sur la popularité – en général il s’agit plus d’impopularité – du couple royal et des leaders des partis politiques nationaux et en donnant un coup de projecteur sur Podemos et sur le nouveau leader du PSOE, Pedro Sánchez.

 

L’échiquier politique espagnol, depuis la première véritable élection en 1977 a connu une alternance entre la droite (UCD de Suarez puis Parti Popular) et la gauche (PSOE, le PCE, bien que seul parti véritablement actif dans la clandestinité sous Franco, n’a jamais fait plus du tiers des voix du PSOE).

L’IU est une sorte de Front de gauche avec un fort noyau PCE. UPyD ou UPD, fondée par une ex-députée européenne PSOE, est marquée par la lutte contre le terrorisme de l’ETA (avec Francisco Savater) donc contre les nationalismes et un de ses axes de lutte premier est la Laïcité.

A noter l’absence des Verts en tant que force politique autonome et de l’équivalent du Front National, le PP couvrant tout le spectre de droite du national-catholicisme, héritier du franquisme, jusqu’au centre-droit, d’autre part Podemos ralliant les mécontents.

Projection des votes
Projection des votes

Estimation des résultats électoraux sur les suffrages exprimés au cas où les élections générales se passeraient au moment du sondage.

L’estimation des résultats électoraux – si le vote avait lieu au moment du sondage – sur les suffrages exprimés, place PODEMOS en tête avec près de 28 %. Certes le PSOE devance de plus de 5 points un PP nettement plombé par la série de scandales qui le touchent prioritairement, mais il ne retrouve même pas le score des élections générales de 2011. A ce jeu IU et UPyD sont marginalisés, à moins de 4%. On note que les votes « blancs » sont décomptés et dans les « autres » se retrouvent les partis nationalistes divers. Le taux d’abstention est très proche de celui de 2011. Mais ce ne sont pas obligatoirement les mêmes, puisque des ex-électeurs PP s’abstiendraient, donc remplacés par d’ex-abstentionnistes.

 

Il manque la projection en sièges, mais, a priori, ça aboutirait  à une chambre quasi ingouvernable (si PODEMOS, comme c’est le cas actuellement reste dans une position ni gauche, ni droite).

Cote des personnalités
Cote des personnalités

La question porte d'abord sur le degré de connaissance des personnalités (elles sont donc classées en ordre décroissant selon ce critère, ainsi le couple royal et le 1er ministre sont connus de tous, en revanche le coordinateur d'IU n'est connu que de quatre espagnols sur cinq), puis sur le degré d'approbation de leur action.

La mesure de l’approbation ou désapprobation de l’action politique des personnalités, pour autant qu’on les connaisse, marque la remontée des royaux : l’opération abdication est donc positive. 

Le classement par ordre de connaissances des personnes par les sondés fait apparaître un déficit net pour le nouveau leader du PSOE.

Solde
Solde

Solde entre les évaluations positives et négatives,

globalement (histogramme) et dans le parti du leader concerné (tableau).

A part le couple royal, seul Iglesias, figure de proue de Podemos a un solde d’opinions légèrement positif. Rajoy, le 1er ministre, atteint un score négatif quasiment hollandais, mais la défiance est grande pour Sánchez du PSOE, Diez d’UPyD et Lara d’IU. Et, au sein de son propre camp si Iglesias fait nettement la course en tête (+87), le pauvre Sánchez est le moins convaincant des leaders dans son propre camp (+40).

Focus sur Sanchez
Focus sur Sanchez

Après la démission d’Alfredo Pérez Rubalcaba, suite à l’échec du PSOE aux européennes, Pedro Sánchez a été élu en juillet 2014. Il est donc censé incarner le renouveau du PSOE.

Pedro Sánchez a, de fait, encore un gros problème de crédibilité, puisque seulement 40%, contre 49%, l’estime capable de rénover son parti et de lui donner une meilleure image (les plus sévères étant les, heureusement, rares sondés pro-IU : 22%), et ils ne sont guère plus nombreux (43% contre 45%) à le croire capable de convaincre les anciens électeurs socialistes à revenir voter pour le PSOE.

Focus sur Podemos
Focus sur Podemos

Une première question s'adresse à ceux qui ont opté pour Podemos sur les raisons de leur choix. Une série de questions, s'adressant à tous, mesure le degré d'adhésion aux positions de Podemos.

Seul un tiers des sondés ayant opté pour Podemos disent l’avoir fait parce qu’il est le parti le plus proche des leurs convictions, alors que 42% expriment par ce choix leur déception, leur désenchantement à l’encontre des partis pour lesquels ils ont pu voter en d’autres occasions.

Les 28% qui disent que Podemos, dans l’état actuel des choses, est le seul parti en lequel ils peuvent avoir confiance confirment le sondage électoral. Podemos se heurte cependant à un relatif scepticisme, puisque 35% (contre 54%) jugent ses propositions comme réalistes et pouvant être mises en œuvre et 39% (contre 50%) qu’il a des idées claires sur ce qu’il faut faire pour surmonter la crise économique.

En mai 2015, les élections municipales et régionales (qui ne concernent cependant pas l’Andalousie, la Galice, la Catalogne ou le Pays basque) seront un premier test pour le PSOE, car Podemos n'y sera que peu ou pas présent.

Mais - sauf si Podemos se dégonflait comme une baudruche piquée par une aiguille, ce qu’absolument rien ne laisse prévoir - aux prochaines élections générales, dans un an, le paysage politique espagnol sera bouleversé. Même si Sánchez redonnait un peu de couleurs au PSOE et donc lui faisait reprendre la tête, il n’aurait pas de majorité. Pas plus que Podemos, s’il continue la course en tête. Et là, le ni-ni ne serait plus tenable.

 

PS Après beaucoup de galères, il semble que la mise en place correcte et des graphiques et d'un commentaire lisible soit réalisé...

 

 

Touitte
Touitte

Mystère et boule de gomme !

PS Miracle - le seul - d'over-blog : l'annonce des nouveaux articles apparaît dans un compte touitte (dont je ne me sers pas d'aileurs).

Surprise, je reçois donc une réponse mystérieuse d'une "Cordula" que je ne connais ni des lèvres ni des dents....

En complément, une autre estimation faite un peu avant celle de Metroscopia

 

L’étude de CIS a été réalisée entre le 1er et le 13 octobre. Alors que Metroscopia a classiquement travaillé sur un échantillon d’un millier de personnes, CIS lui a sondé 2480 personnes, avec, non seulement le non moins classique effort de répartition en PCS, mais aussi géographique et de taille des villes.

PODEMOS renversera-t-il l’échiquier politique espagnol ?

Baromètre du CIS d'octobre 2014 :

estimations des votes si les élections avaient lieu au moment du sondage

La projection en % diffère sensiblement de Metroscopia, puisque le PP garde la tête, et que PODEMOS n’arrive qu’en 3e position. Mais entre les deux sondages les deux nouveaux scandales – cartes bleues dites noires et réseau Punica – ont eu tout leur retentissement. La dynamique de Podemos est cependant significative : +7.

Intentions "brutes"
Intentions "brutes"

Comparaison des intentions de votes spontanées dans les deux instituts.

Les fiches techniques des deux instituts de sondages donnent les réponses spontanées des sondés (ce qui, sauf erreur, ne se pratique pas chez leurs confrères hexagonaux). Dans les deux cas, Podemos arrive largement en tête.

 

Ensuite chaque institut va soumettre ces résultats bruts à sa cuisine, avec ses recettes propres et secrètes.

 

 

NB Cette alchimie particulière peut sembler de la basse manip chez les contempteurs des sondages. Un blogueur explique pourquoi et comment se cuisine une enquête d’opinions.

Il donne cet exemple :

Dans une enquête du CIS avant les européennes, à la question Pour qui allez-vous voter les réponses spontanées furent :

PP –> 14,1 %

PSOE –> 14,1 %

IU/ICV/ANOVA –> 5,2%

PODEMOS –> 0,8%

[...]

Abstentions annoncées –> 23,8%

Ne savent pas encore –> 20,6%

N’ont pas répondu –> 5,3%

Blancs –> 3,9%

 

Les résultats réels, le jour des élections furent :

PP –> 26,1%

PSOE –> 23,0%

IU/ICV/ANOVA –> 10,0%

PODEMOS –> 8,0%

[...]

Abstentions –> 54,1%

Blancs –> 2,3%

La cuisine va donc consister à recouper les résultats bruts avec d’autres indices.

PODEMOS renversera-t-il l’échiquier politique espagnol ?

Intentions de votes

pour chaque parti sur une échelle de 0 à 10 (0 jamais, 10 toujours)

Ainsi dans la fiche du CIS voit-on un tableau demandant aux sondés de classer leur possible vote pour différents partis sur une échelle de 0 à 10, 0 pour absolument pas voter, 10 pour voter sûrement. Ainsi, sont-ils 42 % à dire qu’ils ne voteront certainement pas pour le PSOE ou pour Podemos et 4,6% pour le PSOE et 6,1% pour Podemos, à affirmer qu’ils voteront pour eux quoi qu’il arrive.  D’autres questions sur la connaissance et la popularité des leaders, sur le degré d’intérêt pour l’actualité politique, sur les moyens d’information, etc. vont permettre de mieux corriger les données brutes.

 

S’ajoutent des pondérations diverses (âges, PCS, géographiques, etc.).

 

Puis sortent des estimations, photos plus ou moins bien retouchées de l’état de l’opinion à un moment donné et dont la succession peut cependant donner une tendance.

 

 

 

 

Schneidermann nous invite à prendre de l'avance sur PODEMOS

 

Je ne vous redirais pas pour la xième fois que nous fûmes (et ce n'était pas du belge) des premiers à nous abonner à "Arrêt sur images" quand, après avoir été lourdé de la 5, il s'est reconverti en site. Ni pourquoi la malhonnêteté intellectuelle de son fondateur nous a poussés dehors.

Je continue cependant de recevoir les annonces d'émission. La dernière est parfaitement "raccord" avec l'article et ose se conclure par "Prenez donc de l'avance", alors que Podemos a créé la surprise aux européennes !

 

 

Gazette d'@rrêt sur images, n° 360

Inclassable, ce mouvement Podemos, né d'une télé des Indignés espagnols, et qui crée un tremblement de terre politique. Inclassable, ce mouvement marginal, créé en janvier 2014 dans l'indifférence générale, et qui arrive en tête des sondages espagnols d'intentions de vote. Podemos combat la corruption, défend les services publics, va chercher ses modèles dans la série Game of thrones : cela suffit-il à faire un programme ? Le vide politique espagnol a-t-il accouché d'un mouvement lui-même dangereusement vide ? Et à propos, l'exemple espagnol est-il transposable ailleurs, et pourquoi pas en France ? Toutes questions posées cette semaine à Jorge Lago, porte-parole du mouvement. Podemos bouscule nos méninges, vous allez en entendre parler dans les prochaines semaines. Prenez donc de l'avance ! Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

 

 

 

En sur-supplément : extraits d'un article tiré de la revue La Marea, traduit par Courrier International

 

ESPAGNE Podemos prêt à prendre le pouvoir ?

 

Née il y a neuf mois seulement, cette formation, issue du mouvement des Indignés, a cassé l’hégémonie des deux partis traditionnels et monte en flèche dans les sondages.

Quand Podemos a fait irruption sur la scène politique, en janvier 2014, nombreux étaient ceux qui considéraient ses promoteurs comme une poignée d’allumés antisystème qui avaient la grosse tête.

 

La création du modèle Podemos a impliqué de renoncer à certains symboles brandis encore il y a peu par Pablo Iglesias, son leader, et le reste de l’équipe fondatrice. Ils ont ainsi délibérément délaissé une terminologie pouvant être jugée trop radicale par le centre, comme “lutte des classes”, “prolétariat” ou “révolution”.(…) Podemos utilise désormais un langage différent, plus moderne. La classe ouvrière en tant que sujet politique a été remplacée par le “précariat” ou le “pobretariado” [le “pauvretariat”], à l’opposition gauche-droite s’est substitué l’antagonisme entre ceux d’en haut et ceux d’en bas, et quant à l’oligarchie elle est désormais qualifiée de “caste”. L’objectif étant de ne pas faire fuir les électeurs centristes qui pourraient être en phase avec des mesures progressistes mais seraient rebutés par le discours traditionnel de la gauche ouvrière.

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 14:53
Podemos et Pablo Iglesias : les oubliés de la presse française

Les titres auxquels vous avez échappé : « Podemos, un furoncle dans le sphincter de la gauche », « Iglesias=Satanas » « Podemos : enterrez-les dans la chaux vive » « Le Mélenchon ibérique ».

Podemos et Pablo Iglesias : les oubliés de la presse française

Podemos est né du mouvement des « indignés » - des Indignados aussi efficaces qu’un verre d’eau tiède, disait un de mes contributeurs et néanmoins ami ! Après quatre mois d’existence, Podemos fait, aux européennes, presque 8% des voix et a autant d’élus que le Front de gauche en France ! Et cela sans s’allier avec « Izquierda Unida » (Gauche Unie), regroupement de communistes et d’associatifs liés aux CCOO (Commissions Ouvrières, voisines de la CGT française) et qui, pour l’occasion a élargi ses alliances pour devenir Gauche Plurielle (voilà qui nous rappelle quelque chose). Izquierda Plural (IP) pèse près de 10 % des voix.

 

Même si Podemos a mordu sur l’électorat qu’escomptait IP, les grands perdants sont les deux grands partis PP et PSOE. Alors qu'en 2009, ils avaient rassemblé plus de 82% des suffrages, ils n’en ont rassemblé que 49%. Le bipartisme à l’espagnole en a pris un sérieux coup, même si, mais moins qu’en France, l’abstention était au rendez-vous avec 45 % d’exprimés.

Pour le PSOE, un choc qui a abouti à l’élection à sa tête d’un homme nouveau, le député madrilène Pedro Sánchez.

 

Eh non ! Pablo n’est pas le fils de Julio. Pablo Iglesias Turrión (né à Madrid en 1978), l’âme de Podemos, était professeur de Sciences Politiques à l’Université Complutense à Madrid et présentateur du programme de débat La Tuerka*. Son grand oncle paternel fut fusillé par les franquistes. Son grand-père paternel, socialiste fut commandant dans l’armée républicaine ; condamné à mort, il a passé 5 ans en prison. Sa mère, la première de la famille à entrer à l’Université, a milité dans la clandestinité et son père a connu la prison sous la dictature. « Ses parents l’ont prénommé Pablo en l’honneur d’un autre Iglesias, Pablo Iglesias Posse, père du socialisme espagnol. » “Dans notre famille, on lutte pour la classe ouvrière depuis le XIXe siècle”, dit sa mère (…) Il s’inscrit aux Jeunesses communistes dès 14 ans.

Le débat porte sur les bourses universitaires

Un Mélenchon Hispanique ? Outre que le résultat de Podemos (nous pouvons ou Yes we can) est nettement supérieur, que la méthode de fonctionnement et de désignation des candidats n’a absolument rien à voir, le jeune profesor est un animal à sang-froid : il sait se contenir pour débattre, à l’aise devant les caméras, il participe à des émissions hostiles sans jamais se départir de sa contenance. « Une main de fer idéologique dans un gant de velours ».

Podemos et Pablo Iglesias : les oubliés de la presse française

Des attaques d’une violence inouïe

Et les attaques dont il est l’objet – à la hauteur de la surprise causée par le résultat de Podemos - sont d’une violence inimaginable. « En Espagne la caste est un cancer, mais Pablo Iglesias et ses électeurs devraient être enterrés dans de la chaux vive » ; « Pablo Iglesias, son équipe et ses électeurs sont des scories qui polluent le pays et devraient être exterminés et jetés dans un fossé ».

Le summum de l’indignité étant dans ce détournement du 3 de mayo de Goya - précédé d’un message disant qu’Iglesias devait être jeté dans une fosse, une balle dans le front -  où on reconnaît, outre Iglesias, Juan Carlos Monedero et Teresa Rodríguez, et, sur le sol, déjà mort, Luis Alegre. (El Plural 17/07/2014)

 

Déchaînement haineux de nostalgiques du franquisme marginaux ? Les médias de droite et le PP sont à peine plus modérés. Ainsi, des journalistes d’El Mundo, journal de droite, publient un livre intitulé « Démonter Pablo Iglesias » (“Deconstruyendo a Pablo Iglesias”). Que Podemos soit attaqué comme un risque pour les institutions espagnoles se comprend, puisque Iglesias récuse la transition pacifique après la mort de Franco et veut rétablir la République. Mais, ce libelle, insinue surtout que le nouveau parti aurait été financé par le Venezuela de feu Chavez. S’y ajoutent, pour Iglesias, des accusations de sympathie pour l’ETA.

Et on atteint le sommet de l’odieux avec la dame Aguirre qui pulvérise le point Godwin. Esperanza Aguirre, présidente du Parti Populaire de Madrid, alerte sur le danger de la démagogie populiste qu’incarne la formation de Pablo Iglesias, semblable à celle de Chávez ou Correa (Equateur). Mais surtout elle assure que les leaders de Podemos ont démontré connaître les techniques de propagande incarnées par les génies du mal que furent Willy Münzenberg (membre du PC allemand avant guerre) et Joseph Goebbels ! Venant d’une cacique d’un Parti non défranquisé, miné par la corruption, l’accusation est des plus grotesques.

Podemos et Pablo Iglesias : les oubliés de la presse française

La question de la démocratie

Pour le Recteur de l’Université Complutense, dont Iglesias fut un enseignant contractuel, Podemos est un cas d’école à étudier dans toutes les universités. C’est un mouvement qui traduit le mécontentement et montre que les partis traditionnels et les syndicats n’y apportent pas de réponses. La formation d’Iglesias a su capitaliser cette critique ("capitalizar esa crítica") et la cristalliser dans un mouvement politique dont il reste à voir quel sera son avenir. (Público)

 

 « Il y a un moment où la politique cesse d'être l'art de la prudence et devient l'art du courage » dit Iglesias. La question de la démocratie doit être l’axe du combat pour la rupture qu’il préconise. Selon lui, le combat politique n’est pas entre droite et gauche, mais entre ceux qui prônent la démocratie et ceux qui veulent y mettre un terme. Mais la démocratie qu’il préconise consiste en un mouvement d’expropriation (un movimiento expropiatorio), consistant à enlever le pouvoir aux quelques personnes qui le monopolisent pour le répartir entre tous.

 

Le propos est séduisant. Comme un écho du combat lointain pour l’autogestion.

Teresa Rodríguez, Carlos Jiménez Villarejo, Lola Sánchez, Pablo Echenique

Teresa Rodríguez, Carlos Jiménez Villarejo, Lola Sánchez, Pablo Echenique

Il s’est traduit dans les faits par la désignation, hors tout appareil politique, des candidats de Podemos aux européennes. Sauf que ces primaires citoyennes n’ont réuni que quelques dizaines de milliers de votants. Ainsi, Teresa Rodríguez, deuxième élue, n’avait totalisé que 9000 votes. A côté de cette militante syndicale, plus surprenant est le choix d’un ex-procureur, il est vrai anti-corruption, Carlos Jiménez Villarejo, âgé de 80 ans. Lola Sánchez, la 4e élue, après avoir décroché son diplôme de Sciences Politiques fit partie des exilés économiques, surfant de petits boulots en emplois précaires, en Islande, Ecosse et Etats-Unis, avant de revenir comme serveuse à Carthagène. Pablo Echenique, le cinquième élu, est un scientifique de renom atteint d’une maladie dégénérative qui se bat pour que les personnes handicapées ne soient pas que des sujets de charité publique. (Público)

 

Le programme n’est pas  moins séduisant. 35 heures, retraite à 60 ans, revenu de base assuré à tous, interdiction de licencier aux entreprises qui font des bénéfices, reconnaissance des droits des immigrés, éducation publique, gratuite et laïque, etc. C’est dans le domaine de la Justice qu’il est le plus précis avec l’aggravation des sanctions pour les délits fiscaux, mécanismes démocratiques de contrôle pour apporter la transparence dans l’adjudication des contrats publics, le financement des partis, les rétributions des charges électives.

 

Contrairement à l’ambigu Beppe Grillo, Pablo Iglesias ne joue ni le gourou, ni le splendide isolement. Podemos s’est rapproché d’Izquierda Unida. Au point, dans une émission, de se liguer contre le futur secrétaire général du… PSOE (Pedro Sánchez  ridiculisé titrèrent des sites d’extrême-gauche).

 

Sauf que, comme le rappelle un éditorialiste « l’adversaire n’est pas la gauche. La droite est le grand adversaire. » Une droite de plus en plus proche du franquisme et de plus en plus loin de la démocratie. La revendication républicaine, liée à la condamnation (facile a posteriori) de la transition démocratique - que défend un Cercas et bien sûr un de ses acteurs, Felipe González – n’est peut-être pas d’une urgence absolue.

 

L’équation espagnole est d’autant plus compliquée que viennent se greffer les revendications nationalistes (catalanes, basques et même galiciennes). Et Podemos, si lui, contrairement au Front de gauche, recueille les déçus du socialisme, par son système de fonctionnement, est un mouvement encore très fragile. Ne sera-t-il qu’un feu de paille ?

Après tout, les indignés, qui agissaient sporadiquement en dehors de toute structure syndicale ont, quand même, réussi à donner naissance à cet objet politique non identifié, dont le chef de file ne se prend pas pour un messie. Et ce sera aussi au nouveau secrétaire général du PSOE de faire preuve d’inventivité pour forger une union de la gauche pouvant fédérer cet OPNI.

 

* La Tuerka est une émission de télévision que Pablo Iglesias et ses collaborateurs (professeurs et élèves de sciences politiques à l’université Complutense de Madrid) ont diffusée sur Internet et sur la TNT.

 

 

P.S. Un sondage de juillet inscrit PODEMOS comme 3e force politique espagnole

Podemos et Pablo Iglesias : les oubliés de la presse française

Ce sondage a eu lieu avant le changement à la tête du PSOE.

Il traduit cependant un effondrement des socialistes, alors que le PP, pourtant convaincu de corruption, qui mène une politique régressive sur l'IVG, régresse à peine.

Mais ce qui ressort c'est l'émergence de Podemos à 15 %; dont souffrent, outre le PSOE, IU et UPyD.

Pour les hispanisants, une vidéo de propagande de PODEMOS

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