Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 17:50

Est-ce grâce à Benoît Duteurtre (Etonnez-moi Benoît, excellente émission de France-Musique) ou à Philippe Meyer (La prochaine fois,  je vous le chanterai, excellente émission de France-inter) que j’ai découvert ce Pape musulman, de Pierre-Jean de Béranger ?

LE PAPE MUSULMAN

 

Air : Eh ! ma mère, est-c’que j’sais ça ?

 

Jadis voyageant pour Rome,

Un pape, né sous le froc,

Pris sur mer, fut, le pauvre homme,

Mené captif à Maroc.

D’abord il tempête, il sacre,

Reniant Dieu bel et bien.

Saint-Père, lui dit son diacre,

Vous vous damnez comme un chien.

 

Sur un pal que l’on aiguise

Croyant déjà qu’on le met,

Le fondement de l’église

Dit : Invoquons Mahomet.

Ce prophète en vaut bien d’autres ;

Je me fais son paroissien.

Saint-Père, au nez des apôtres

Vous vous damnez comme un chien.

 

Aye ! aye ! on le circoncise.

Le voilà bon musulman,

Sinon parfois qu’il se grise

Avec un coquin d’iman.

Il fait de sa vieille Bible

Un usage peu chrétien.

Saint-Père, c’est trop risible ;

Vous vous damnez comme un chien.

 

En vrai corsaire il s’équipe ;

Pour le Croissant il combat,

Prend le sorbet et la pipe ;

Dans un harem il s’ébat.

Près des femmes qu’il capture,

Voyez donc ce grand vaurien !

Saint-Père, quelle posture !

Vous vous damnez comme un chien.

 

À Maroc survient la peste ;

Soudain fuit notre forban,

Qui dans Rome, d’un air leste,

Rentre avec son beau turban.

Souffrez qu’on vous rebaptise.

Non, dit-il, ça n’y fait rien.

Saint-Père, quelle bêtise !

Vous vous damnez comme un chien.

 

Depuis, frondant nos mystères,

Ce renégat enragé

Veut vider les monastères,

Veut marier le clergé.

Sous lui l’église déchue

Ne brûle juif ni païen.

Saint-Père, Rome est fichue ;

Vous vous damnez comme un chien.

De la notice wikipédia, assez foutraque, on retient d’abord que Béranger eut des funérailles quasi Hugoliennes en 1857, bien que le régime impérial, craignant des débordements, ait envoyé la troupe pour encadrer ses obsèques. Ce chansonnier était surnommé « l’immortel Béranger » ou « le chansonnier national » et même « Béranger-le-peuple ».

 

Car ce Pierre-Jean de Béranger, né en 1780, alors que son père était un ardent royaliste, œuvra, à la Restauration, contre la censure et s’en prit aux jésuites tout en ridiculisant Charles X, ainsi de cette ironique démence où il prête au roi la volonté de mettre à bas les méfaits de son propre régime.

DÉMENCE DE CHARLES X.

Air : Je n’ai plus peur de Croquemitaine.

 

Un jour le roi qui se fait vieux,

À son lever, quelle indécence !

Tint des propos séditieux

Dont la cour blâma la licence.

Je veux, disait-il, mettre à bas

Ce ministère malhonnête ;

Le trois pour cent ne me plaît pas…

Et chacun se disait tout bas :

Sa Majesté n’a plus sa tête.

 

Loin de moi, lâches conseillers !

J’ai déjà trop fait de sottises :

Débarrassez mes escaliers,

Allez pourrir dans mes églises.

Du péché j’aimais la douceur ;

Lorsqu’à me damner je m’apprête,

Je ne veux plus de confesseurs,

De jésuites et de censeurs…

Sa Majesté n’a plus sa tête.

 

Qu’on ne me parle désormais

Des émigrés, ni de la presse ;

J’annule et supprime à jamais

Et le timbre et le droit d’aînesse.

Au diable le pape et les sots,

Et la Sorbonne et la Gazette,

Les jubilés et les dévots,

Les capucins et les cagots…

Sa Majesté n’a plus sa tête.

 

Guerre à Mahmoud ! guerre au turban !

Le sort des Hellènes m’attriste :

Victoire ! dût le Drapeau blanc

Me traiter de bonapartiste.

Marchons, suivez-moi, vieux guerriers !…

Délivrons Corinthe et la Crète ;

Je quitte cerfs et lévriers

Pour voler aux champs des lauriers…

Sa Majesté n’a plus sa tête.

 

Assez longtemps j’ai méconnu

Le mérite de nos grands hommes ;

Trop d’intrigants ont obtenu

Des rubans et de larges sommes.

Que les beaux arts, pour les venger,

Aient une récompense honnête ;

De chaînes, loin de le charger,

Que l’on décore Béranger…

Sa Majesté n’a plus sa tête.

 

Je veux renvoyer de chez moi,

Peyronnet, Villèle et Corbière.

Qu’ils partent ! je veux être roi

Et gouverner à ma manière.

Je veux ouvrir un libre accès

Même à la pensée indiscrète.

Je veux et la Charte et la paix,

Je veux le bonheur des Français…

Sa Majesté n’a plus sa tête.

De telles chansons séditieuses lui valurent deux arrestations et un séjour en prison où, en 1828, il recevait la visite de Victor Hugo ou Alexandre Dumas.

Les ambitions littéraires diverses qu’il avait pu nourrir dans sa jeunesses, après une scolarité assez chaotique, furent oubliées au seul profit de la chanson. Dès 1813, il entre au Caveau moderne, société de chansonniers parisiens qui est un peu l’ancêtre du Caveau de la République qui continue cette tradition.

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

Et bien sûr, outre des chansons sociales, comme Les Gueux, Les cinq étages, les chansons anti-cléricales comme L’ivresse du pape ou Les révérends pères, il a écrit quelques chansons lestes, gauloises, galantes ou érotiques.

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

C’est sous le titre de Chansons érotiques de P.-J.de Béranger, orné de quatorze gravures d’un Alex Virot  que furent éditées en 1923 (les experts disent en 1926) une partie d’entre elles. Ce Virot a été pris comme le pseudonyme d’un certain Chas Laborde, illustrateur prolifique. Mais cette paternité est récusée par un spécialiste de l’artiste. Alex Virot était surtout connu comme journaliste sportif (il va d'ailleurs mourir dans un accident de moto en suivant le tour de France 1957).

Dessin original aquarellé, légendé et signé par l'artiste Virot

Dessin original aquarellé, légendé et signé par l'artiste Virot

« Le trait est maladroit, peu assuré, dépourvu de sensualité. Les visages frappent par leur inexpressivité. Virot se révèle également incapable de dessiner les mains. Et sa technique de gravure est rudimentaire. »

Travail d’amateur donc, mais qui n’est pas dépourvu d’un charme que l’on n’ose qualifier de naïf.

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

LA PETITE OUVRIÈRE.

Air : À ma Margot, du bas en haut.

 

Ma mère avait raison, je l’vois,
Not’ bonheur est au bout d’nos doigts.
Défunt’ maman m’disait sans cesse :
« Au bout d’tes doigts est la richesse ;

« Fill’ qui travaille avec honneur
« S’fait soi-même son p’tit bonheur.
 »
Quel plaisir (bis) je r’ssens à l’ouvrage !
Ah ! j’suis tout en nage…
Ma mère avait raison, je l’vois,
Not’ bonheur est au bout d’nos doigts.

L’cœur à l’ouvrage, au mois d’décembre,
Sans feu j’m'enferme dans ma chambre.
Quand il gèle à claquer des dents,
J’réchauffe mes doigts sans souffler d’dans.
Quel plaisir (bis), etc.
D’beaux messieurs proposent de m’faire
Des enfants qui mourraient de misère ;
Chers enfants, par l’travail que v’là,
J’vous épargne ce chagrin-là.
Quel plaisir (bis), etc.

Pour m’amuser d’abord j’m’occupe
D’not’ boulanger zavec sa jupe ;
En jup’ j’me r’présente toujours
C’garçon d’esprit v’lu comme un ours.
Quel plaisir (bis), etc.
Je m’rappelle aussi l’grand Léandre
Qui, d’vant ma fenêtr’, d’un air tendre,
S’déboutonne comme un impur,
Sans s’tourner du côté du mur.
Quel plaisir (bis), etc.


L’ouvrier’ qui craint la satire
Doit s’chatouiller pour se fair’ rire ;
En travaillant ça rend l’cœur gai,
Et l’poignet seul est fatigué.
Quel plaisir (bis) je r’ssens à l’ouvrage !
Ah ! j’suis tout en nage…
Ma mère avait raison, je l’vois,
Not’bonheur est au bout d’nos doigts.

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

LES DEUX SŒURS

OU LE CAS DE CONSCIENCE.

 

Air : Je vous prêterai mon manchon (de Lanjon).

 

Zoé, de votre sœur cadette,
Que voulez-vous entre deux draps ?

Que sans chemise je me mette ?
Fi, ma sœur, vous n’y pensez pas.
Mais à vos fins vous voilà parvenue
Et vous baisez ma gorge nue ;
Vous me tiraillez,
Me chatouillez,
M’émoustillez ;
Mais au fond ce n’est rien,
Je le sens bien,
Mais au fond ce n’est rien.

Pour vous en prendre à notre sexe,
Avez-vous mis l’autre aux abois ?
C’est peu que votre main me vexe,
Vous usez pour vous de mes doigts.
La tête aux pieds la voilà qui se couche ;
Ciel ! où mettez-vous votre bouche ?
Ciel ! pour une sœur,
Quelle noirceur !
Quelle douceur !
Mais, etc.

Rougirions-nous ! je le demande,
Si nos amants pouvaient nous voir.
Pourtant il faut que je vous rende
Le plaisir que je viens d’avoir.
Je m’enhardis, car jamais, que je sache,
Je n’ai baisé d’homme à moustache.
Ah ! nous jouissons,
Et des garçons

Nous nous passons.
Mais, etc.

Ne croyez pas que je contracte
Ce goût, déjà trop répandu ;
C’est bon pour amuser l’entracte
Quand le grand acteur est rendu.
Ce que je crains, ô sœur trop immodeste,
C’est d’avoir commis un inceste.
Peut-être est-ce un cas
Dont nos prélats
Ne parlent pas,
Car au fond ce n’est rien,
Je le sens bien,
Car au fond ce n’est rien.

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

L’ACCOUCHEMENT,

ACCIDENT ARRIVÉ À UNE FILLE VERTUEUSE.

 

 

Air : Je veux être un chien.

 

 

Maman, que je souffre à l’endroit

Où décemment je mets le doigt !

Vite, il faut qu’on me déshabille !

Moi qui tiens si fort à l’honneur,

M’arriverait-il un malheur !

Ah ! foutre ! ah ! chien !

Non, je n’y conçois rien,

Mais j’accouche, foi d’honnêt’fille.

 

Pourtant je ne grossissais pas ;

Je n’avais qu’un peu plus d’appas,

Ça complétait ma pacotille.

La vertu m’avait réussi.

Dieux !… l’accoucheur est-il ici ?

Ah ! foutre, etc.

 

 

Cela me vint-il en dormant

Ou par l’effet d’un sentiment ?

Car moi, c’est par là que je brille.

Serait-ce mon baron perclus !

Bon !… s’il avait ce qu’il n’a plus…

Ah ! foutre, etc.

 

N’est-ce pas un soir que, fort tard,

Sur ma porte, un galant hussard,

En passant me trouva gentille ?

Il n’a tenté qu’un faible essai…

J’étais retroussée, il est vrai.

Ah ! foutre, etc.

 

Ce n’est pas mon Italien ;

Il m’a prouvé son goût trop bien :

Il n’aura jamais de famille.

À sa guise il était reçu…

M’a-t-il trompée à son insu !

Ah ! foutre ! etc.

 

Vivez donc de privations !

Prenez donc des précautions !

Sans la sauce mangez l’anguille !

Beau moyen et bien éprouvé :

J’en suis pour un enfant trouvé.

Ah foutre ! ah chien !

Non, je n’y conçois rien,

Mais j’accouche, foi d’honnêt’fille.

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

LE LAVEMENT,

chanson-parade.

 

Je suis Gilles, garçon zapothicaire chez M. Fleurant, qui demeure là zau coin vis-à-vis un cul-de-sac. On vint l’autre jour me demander un crystère pour mam’zelle Zirzabelle ; moi qui ai des vues propres sur cette demoiselle, j’apprête mon affaire ; je cours, je monte au sixième, j’arrive sur le derrière, et j’dis : Me v’là.

 

Air : En revenant de Nivelles.

 

Salut, mam’zelle Zirzabelle ;
J’vous apporte un p’tit lav’ment ;
Ça vous r’f’ra l’tempérament.
Allons, tournez-vous, mam’zelle.
Ell’ m’répond avec dédain :
— Fi ! monsieur, pas tant d’raideur ;
Car zamais zapothicaire
Ne verra c’que, par pudeur,
Z’ne fais voir qu’à ma sèr’ mère.
— C’que vous m’dit’s là n’prouve rien ;
Vous mentiez drès étant p’tite,
Drès étant p’tite.

 

Et puis d’ailleurs, mam’zelle, c’est pour vot’ bien ce qu’on en fait ; vous avez une inflammation de bas-ventre : il faut laver ça, mam’zelle ; r’gardez, j’l’ai dressé exprès pour vous. Allons, prenez, prenez.

 

Ça vous f’ra du bien tout d’suite,
Ça vous f’ra du bien.

— Zil est par trop vrai qu’ça m’brûle ;
Qu’z’ai besoin d’rafraîchissans.

— D’vous coucher à contre-sens
D’vez-vous donc zavoir scrupule ?
— Puisqu’il l’faut, allons, me v’là ;
Mais, Zilles, surtout pas d’niche.
Ze n’puis l’voir comme j’suis là,
C’est vraiment ça qui me r’fiche.
— Tout c’qu’on f’ra s’ra pour vot’ bien ;
J’sis tout prêt, r’troussez-vous vite,
R’troussez-vous vite.

 

Pas tant de façons. Encore cette demi-aune de toile. Oh ! quel beau visage, s’il avait zun nez ! Cependant, z’il y a de l’enflure. Il faut zopérer un dégagement. Avalez-moi ça, mam’zelle, avalez-moi ça.

 

Ça vous f’ra du bien tout d’suite,
Ça vous f’ra du bien.

— Polisson, qu’allez-vous m’faire ?
Un lav’ment ne s’met pas là.
— À la cour, aujourd’hui, v’là
Comm’ les dam’s prenn’t un crystère.
— En c’cas, au zenr’ de la cour
Zil est zust’ que j’me conforme.
Dieu ! faudrait la bouch’ d’un four,
Tant l’instrument est énorme !
— C’est trop d’honneur, mais l’moyen
S’rait d’vous fair’ la bouch’ moins p’tite,
La bouch’ moins p’tite.

 

Allons, mam’zelle, élargissez les voies, et tandis que j’pousse, donnez un coup de main. Si ça passe vous êtes sauvée.

 

Ça vous f’ra du bien tout d’suite,
Ça vous f’ra du bien.

— Que vot’ s’ringl’ me paraît douce,
Mais z’redoute l’s accidens.
— Jusqu’au fond v’là que j’suis d’dans ;
N’craignez rien ; va comm’ j’te pousse :
N’vous tortillez pas si fort,
Ça dérang’rait mon affaire…
V’là qu’ça part. Ah ! sans m’fair’ tort,
C’que j’vous donn’ n’est pas d’l’eau claire…
— Tu m’inond’, oh ! sacré chien !
T’as poussé l’machin trop vite,
L’machin trop vite.

 

Oh ! mon ser Zilles, ze n’y étais pas encore. Cependant, ça m’a fait zun peu d’effet. Pour que ma guérison soit complète, redouble la dose, mon ser Zilles, redouble la dose.

 

Ça me f’ra du bien tout d’suite,
Ça me f’ra du bien.

J’la guéris, l’on peut bien l’croire,
Avec sept ou huit lav’mens :

À cell’-là qui dit que j’mens,
Que ma s’ringl’ prouve c’t’histoire.
Mettez la main sur vos yeux,
Puis, entre vos doigts, mesdames,
R’luquez bien l’machin curieux
Qui rend la santé zaux femmes :
La vôtre n’vaut-elle rien ?
Profitez d’mon grand mérite,
D’mon grand mérite.

 

Voyez, mesdames, décidez-vous ; faites comme mam’zelle Zirzabelle. Qu’est-ce qu’en veut ? huit, dix, douze ! ne boudez pas contre vot’ventre. J’suis tout prêt !

 

Ça vous f’ra du bien tout d’suite,
Ça vous f’ra du bien.

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

LES CULOTTES,

CHANSON EN MANIÈRE D’ORDURE,

 

Faite par ce polisson de Gilles, dessus mam’zelle Zirzabelle, qui aime à se mettre en homme, parce que ça lui fait plaisir.

 

Air : Tout le long de la rivière.

 

Zirzabelle, est-c’ ben vous que j’vois ?
J’vous r’connaissons à vot’ minois ;
Est-c’ encor’ mam’zell’ qu’on vous nomme ?
Vous voilà costumé’ zen homme.
C’t habit raplatit vos appas,
Qu’aujourd’hui vous n’étalez pas.
Rien d’moins gênant zavec vous qu’une cotte,
Mam’zelle, ôtez donc, ôtez vot’ culotte ;
Mam’zelle, ôtez donc vot’ culotte.

Changer de sesque, c’est fort mal
Quand on n’est plus dans l’carnaval ;

P’t-être aussi qu’vous changez d’manière,
Et qu’aux femmes vous voulez plaire ;
Ce s’rait deux bons goûts à la fois,
J’vous crois fait’ pour en avoir trois.
Mais, d’queq’côté qu’on vous porte une botte,
Mam’zelle, ôtez donc, ôtez vot’ culotte ;
Mam’zelle, ôtez donc vot’ culotte.

Comme l’amour rend zinconstant !
J’finis par trouver ça piquant.
Permettez que j’vous déboutonne…
Mais, jarni, ne vient-il personne ?
On peut nous voir de c’te façon,
Et vous prendre pour un garçon.
Pour qu’on n’dis’ pas qu’j’ai changé de marotte,
Mam’zelle, ôtez donc, ôtez vot’ culotte ;
Mam’zelle, ôtez donc vot’ culotte.

Dépêchez, ou j’vais par-dessus
Vous fair’ un’ boutonnièr’ de plus…
Mais v’là que j’vous tache, mam’zelle,
C’est la faute de vot’ bretelle :
Plus qu’mon amour elle tenait ;
Bonsoir, j’ai remis mon bonnet.
Sans étrenner, r’mettez tout dans la hotte,
Mam’zell’, montez donc, montez vot’culotte ;
Mam’zell’, montez donc vot’culotte.

Mesdam’s, la morale est mon fort ;
Or donc, notre habit vous fait tort.

Ne prenez c’costume nuisible
Que pour tromper, si c’est possible,
Les homm’s impurs qui sont l’effroi
Des jolis garçons comme moi.
Autrement qu’ça, dit l’Saint-Père aux dévotes,
Mesdam’s, n’mettez qu’la main dans les culottes,
N’mettez qu’la main dans les culottes.

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

LE PETIT BOSSU.

Air : Tu n’auras pas, petit polisson.

 

Petit bossu, noir et tortu,
Qui me bécottes
Et frippes mes cottes,
Petit bossu, noir et tortu,
De me baiser finiras-tu ?

C’est le plus laid des sapajous,
Mais ses trésors point ne tarissent,
Et ses doigts crochus m’éblouissent,
Tant ils sont chargés de bijoux.
Petit bossu, etc.

Ma taille devrait l’étonner ;
Je suis grande, il en sera dupe ;

Ma foi, s’il se perd sous ma jupe,
Nous le ferons tambouriner.
Petit bossu, etc.

Mais entre ses dents, le furet,
A pris le bas de ma chemise ;
Sur le bord du lit il m’a mise
Et grimpe sur un tabouret.
Petit bossu, etc.

Il me promet force cadeaux ;
À son nez pourtant je le raille,
Et ris de voir sur la muraille
La silhouette de son dos.
Petit bossu, etc.

En dépit de ses madrigaux,
Je ressemble, je l’imagine,
À ces beaux vases de la Chine
Qui pour couvercle ont des magots.
Petit bossu, etc.

Quelle est ma surprise aujourd’hui !
Dans ce nain je trouve un Hercule ;
Faut-il qu’il soit si ridicule
D’avoir du plaisir avec lui !
Petit bossu, etc.

Quoi ! dix fois ! ah ! l’on s’en défend.
Peste ! il est bien temps que je pense

Qu’il pourrait, à sa ressemblance,
Me faire un singe pour enfant.
Petit bossu, noir et tortu,
Qui me bécottes
Et frippes mes cottes,
Petit bossu, noir et tortu,
De me baiser finiras-tu ?

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

Buvons, buvons,
Le vin convie ;
Nous le pouvons,
Menons joyeuse vie :
Buvons, buvons !

En débarquant dans ces lieux,
Ainsi Bacchus et sa troupe
Chantaient ce refrain joyeux
Et buvaient à pleine coupe.

Buvons, buvons,
Le vin convie ;
Nous le pouvons,
Menons joyeuse vie :
Buvons, buvons !

Moquons-nous des insensés
Qui censurent nos folies ;
Satyres nerveux, dansez ;
Dansez, bacchantes jolies !

Buvons, buvons,
Le vin convie ;
Nous le pouvons,
Menons joyeuse vie :
Buvons, buvons !


Allons, guidés par Bacchus,
Nous que l’amour accompagne,
Faire à Paris des cocus,
Et vendanges en Champagne.

Buvons, buvons,
Le vin convie ;
Nous le pouvons,
Menons joyeuse vie :
Buvons, buvons !

 

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

Près de Silène gaillard,
On voyait paraître
Maître Adam, Piron, Panard,
Et Collé, mon maître ;

Mais nul de ce joyeux corps,
Aux yeux d’Ariane alors,
Pour les airs grivois,
N’égalait en voix,
En vigueur,
En longueur,
En force d’haleine,
L’âne de Silène.

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

SERMON D’UN CARME,

SEUL MANUSCRIT TROUVÉ DANS L’UNE DES MAISONS DE CET ORDRE, QU’ON DEVRAIT S’EMPRESSER DE RÉTABLIR.
AINSI SOIT-IL.

 

Air : Chantons lætamini.

 

Un carme, à ses ouailles,
Tous gens de goûts suspects,
Disait : Corbleu ! canailles,
Vos péchés sont infects.
Eh ! fi ! fi ! fi ! fi ! fi !
Est-ce ainsi qu’on vous fit ?

Ô Bulgares ! vous êtes
Atteints et convaincus
De faire des cornettes
Et jamais de cocus !
Eh ! fi ! etc.

Vous tombez dans le schisme,
Et c’est, en vérité,
Prendre le paganisme
Par le vilain côté.
Eh ! fi ! etc.


Du ciel vos goûts étranges
Font votre exclusion :
Vous perdriez les anges
De réputation.
Eh ! fi ! etc.

Avec vous, fille sage
Perdant ainsi son droit,
Fait de son pucelage
Une bague à son doigt.
Eh ! fi ! etc.

Qui ne juge aux harangues
Des Saphos de nos jours
Que ces mauvaises langues
Font la guerre aux amours ?
Eh ! fi, etc.

Quand vous fuyez ces dames,
Seul, que ne puis-je, hélas !
Suffire à tant de femmes !
Je ne vous dirais pas :
Eh ! fi, etc.

Si des feux de Gomorrhe
Rien ne peut nous sauver,
Qu’en moi Dieu voie encore
Un homme à conserver.
Eh ! fi ! fi ! fi ! fi ! fi !
Est-ce ainsi qu’on vous fit ?

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

LES ARCHERS DE L’AMOUR.

Air : Oh ! voilà la vie.

 

L’Amour sur son trône,
Dit à ses sujets :
« Sans fixer à l’aune
« Le prix des objets,
« J’exige qu’on tende
« Mon arc tour à tour.
« Archers, que l’on bande,
« L’on bande,
« L’on bande ;
« Archers, que l’on bande
« Cette arme de l’Amour !


« Montrez à ma mère
« Tout votre savoir ;
« Elle va vous faire
« Tirer dans le noir.
« C’est moi qui commande,
« Sans bruit ni tambour :
« Bien ferme qu’on bande,
« Qu’on bande,
« Qu’on bande ;
« Bien ferme qu’on bande
« Cette arme de l’Amour ! »

Lors, parmi les vierges
S’avance un vieillard.
« Qu’on le passe aux verges, »
Dit Vénus à part :
« Qu’il soit de ma bande
« Banni sans retour :
« Jamais il ne bande,
« Ne bande,
« Ne bande ;
« Jamais il ne bande
« Cette arme de l’Amour. »

Vient de Ganymède
Un amant damné.
Vénus crie à l’aide,
Se pince le nez,
Et dit : « Qu’il s’amende,
« Ou bien, nuit et jour,

« Sans tirer, qu’il bande,
« Qu’il bande,
« Qu’il bande ;
« Sans tirer, qu’il bande
« Cette arme de l’Amour ! »

Puis elle examine
L’arc et son ressort :
Sous sa main badine
Il se tend d’abord.
Sensible à l’offrande,
Vénus, en retour,
Fait tout pour qu’on bande,
Qu’on bande,
Qu’on bande ;
Fait tout pour qu’on bande
Cette arme de l’Amour !

Elle est toute nue,
Étalant aux yeux
Sa croupe charnue,
Son sein merveilleux.
Une ardeur si grande
Enflamme sa cour
Que partout l’on bande,
L’on bande,
L’on bande ;
Que partout l’on bande
Cette arme de l’Amour !


À l’archer qui touche
Offrant un tribut,
Vénus qui se couche
Dit : « Voilà le but…
« Que le trait s’y rende,
« Droit ou par détour.
« Tout va dès qu’on bande,
« Qu’on bande,
« Qu’on bande ;
« Tout va dès qu’on bande
« Cette arme de l’Amour ! »

Tous prenant le large,
Font dix coups de plus.
« Dieux ! quelle décharge !
« S’écria Vénus ;
« Mais, je le demande,
« Par quel mauvais tour
« Faut-il qu’on débande,
« Débande,
« Débande ;
« Faut-il qu’on débande
« Cette arme de l’Amour ? »

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

LA MARRAINE.

Air : J’ai vu la boulangère.

 

Marraine, qui nous instruisez
Dès qu’au monde nous sommes ;

Rien qu’à l’tenir, vous qui prisez
L’cœur de messieurs les hommes,
J’suis en âge d’avoir un amant,
Dit’s-moi donc, ma marraine,
Comment,
Comment qu’y faut qu’je l’prenne ?

J’vois deux morveux qui m’font la cour
Se frotter à ma jupe ;
L’un a l’nez long, l’autre a l’nez court,
Et c’est là c’qui m’occupe ;
Ces deux morveux sont bien tournés ;
Dit’s-moi donc, ma marraine,
Est-ce au nez,
Au nez qu’y faut qu’je l’prenne ?

L’un est brun, bien dru, bien droit,
Plein d’esprit et d’bravoure ;
Ôtez-lui la main d’un endroit,
Dans un autre il la fourre ;
Dru comme il est, j’aurais d’son cru ;
Dit’s moi donc, ma marraine,
Est-ce le dru,
Le dru qu’y faut que j’prenne ?

L’autre est un roux dur et sournois,
Tout frais v’nu de sa province,
Qui n’me fait rien qu’en tapinois,
Qui m’chatouille et qui m’pince ;
Dur comme il est, c’est un homm’sûr ;

Dit’s-moi donc, ma marraine,
Est-c’le dur,
Le dur qu’y faut que j’prenne ?

L’un n’est pas plus haut que cela,
Mais y n’lui faut point d’aide ;
Quand je l’tiens dans ces cinq doigts-là,
Jarni, comme il est raide !
Tout p’tit qu’il est, y m’divertit ;
Dit’s-moi donc, ma marraine,
Est-c’le p’tit,
Le p’tit qu’y faut que j’prenne ?

L’autre est si gros que je n’crois point
Que par ma porte il passe ;
Mais rien n’lui va comm’l’embonpoint,
Car jamais y n’se lasse ;
Gros comme il est, ça n’a point d’os ;
Dit’s-moi donc, ma marraine,
Est-ce l’gros,
Le gros qu’y faut que j’prenne ?

Le choix vous semble embarrassant,
J’en juge à vot’silence ;
Vot’filleule a l’cœur innocent,
C’est pour ça qu’ell’balance.
Peur de faire un choix hasardeux,
Dites-moi donc, ma marraine,
Est-c’ les deux,
Les deux qu’y faut que j’prenne ?

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

Pour compléter :

Œuvres complètes de Béranger

Les Gaietés : quarante quatre chansons érotiques de ce poète, suivies de chansons politiques et satiriques non recueillies dans ses œuvres prétendues complètes.

 

Colette Renard a interprété Les deux soeurs et Les Moeurs

Henry Monnier fut sans doute le 1er à illustrer des chansons de Béranger en 1827

 

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

Sous le titre de Chansons Galantes on trouve aussi deux versions illustrées :

L'une par André Collot

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques

L'autre par Rojan

Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Pierre-Jean de Béranger : chansons érotiques
Repost0
21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 17:07

   Remix

 

Un mot d’explication : l’été 2004 le journal Ouest-France proposait un concours de ce qu’il appelait « remix » : un texte (très court) d’un auteur était proposé à réécrire en se limitant à quatre feuillets (6000 signes espaces compris) ; hors concours – pour sa taille – le texte qui suit est donc un « remix » de "La foi du meurtrier" de Yann Queffélec (Remix #2 Hachette Littératures 2004).

M-C d T

Voir la nouvelle de départ ici

 

INTERDIT AUX MOINS DE 18 ANS

 

Mélange d’angoisse et d’euphorie, cinq ans après je revis cette sublime et fatale nuit.

 

Réflexes acquis après ces années d’exil africain : j’ai laissé glisser la voiture, tous phares éteints, jusqu’à l’entrée du garage, puis ouvert la porte de la villa -comme disaient mes parents qui me l’ont léguée, seul bien qui a survécu au naufrage – en m’effaçant immédiatement. Seule l’odeur un peu fétide d’une maison mal aérée m’a sauté au visage. Mais le souvenir était là, plus qu’un souvenir : des images se bousculaient dans mon cerveau.

Tout avait bien commencé cet été là. Certes mon épouse qui, tout le long de l’année se plaignait de ne me voir que rarement - le côté romanesque qu’elle prêtait au métier de détective privé avait vite perdu de son aura face à la triviale réalité de planques nocturnes, de départs en province ou à l’étranger qui ne s’était que temporairement améliorée avec l’arrivée d’un associé – ne semblait pas se réjouir outre mesure de m’avoir quasiment à temps plein. Certes, je devais subir les assauts impudiques de Dora qui avait hâte de tester ses charmes adolescents sur quelqu’un de plus mûr que ses copains du surf.

Dora passait toutes ses vacances d’été chez deux tantes qui habitait un appartement dans une résidence « de standing » qui s’était construite un peu en dessous de la Villa, mettant fin à son isolement sur sa colline dominant les plages. Ma femme l’avait en quelque sorte adoptée.

  Nous l’avions connue gamine quand nos nouvelles voisines, plus maquillées qu’une vieille anglaise, accueillaient juste la fille d’une sœur bien plus jeune, mère célibataire, comme on disait. Elle passait chez elles toutes les « grandes vacances ». Club Mickey d’abord, mais dès ses quatorze ans, elle devint en quelque sorte la mascotte des surfeurs qui venaient juste de coloniser la plage des pins. J’observais, de notre terrasse, les évolutions des surfeuses, dont je pouvais compter les gouttes d’eau qui perlaient sur leurs échines. Dora – dodo, comme on l’appelait – allergique à tout tissu ayant un demi gramme d’artificiel ne portait que des culottes « petit bateau », avec un t-shirt ou un « marcel » assorti qu’elle quittait vite dévoilant son buste aux charmes à peine bourgeonnant. Elle passait donc ses journées sur sa planche, sa petite culotte trempée faisant apparaître son fessier nerveux et sa vulve juvénile en toute impudicité. Elle s’initiait aussi précocement aux produits divers qui s’échangeaient entre surfeurs. Et cet été là, le buste adolescent s’ornait de petits seins pointus et le fessier musclé comme les lèvres charnues qui se dessinaient sous une culotte roulée jusqu’à la limite de la raie aimantaient mes jumelles marines. Et la gamine qui traînait chez nous presque tous les soirs multipliait les provocations sous l’œil indulgent de mon épouse. Épouse qui, cependant, multipliait, elle, les prétextes pour se refuser à moi. Je n’avais souvent comme recours que la « veuve poignet » !

Joindre l’agréable à l’utile, c’est rare dans la vie professionnelle.

 

Mon associé, resté à Paris, me transmit, contrairement à toutes nos règles, une affaire. Monsieur coincé en ville par son boulot, Madame avec les trois marmots dans notre capitale du surf, lesdits marmots au Club Mickey, Madame libre toute la journée : soupçons appuyés sur un compte en banque bien garni, impossible de refuser. Le plus difficile fut de faire admettre à ma légitime qu’il s’agissait bien de travail. Car le boulot lui-même fut d’une extrême simplicité. La charmante dame – un canon, à vrai dire, malgré ses trois grossesses, bien plus jeune que l’époux m’avait appris le dossier – posait donc ses charmants enfants au club. Elle sympathisa vite avec une autre mère, elle aussi seule, déposant ses deux enfants. Elles se rendaient ensuite sur une plage semi-naturiste (où « textiles » et nudistes se côtoyaient en bonne intelligence). J’anticipais leur arrivée, m’installais à une distance raisonnable de l’endroit qu’elles avaient élu dès le début. Mon bronzage intégral – la terrasse de la villa était abritée des regards – me fit passer pour un habitué. Élisabeth garda d’abord un maillot une pièce roulé au plus bas, Catherine, l’amie, elle, se dénuda immédiatement. Mais dès le lendemain, alors qu’elles se baignaient, Babeth fit glisser le maillot qu’elle fit tournoyer triomphalement au dessus de sa tête, puis, quand même rougissante vint le poser au bord, se dévoilant aux yeux de tous. Je ne perdais rien de leurs confidences que mon mini magnétophone enregistrait (ce n’est pas pour rien que mon associé, porté lui sur l’informatique, m’avait surnommé le « roi du gadget » : j’avais toute la panoplie du parfait espion). L’amie se plaignait d’un mari cadre surmené qui ne l’honorait plus que mécaniquement et rarement. L’épouse de mon client le décrivait comme un compliqué, lui offrant des dessous des plus indécents, des gadgets obscènes et la pressant de l’accompagner dans un club échangiste. L’enquête prenait un tour cocasse.

PETIT BATEAU
PETIT BATEAU

Il ne fallut pas longtemps pour que trois athlétiques gaillards, arrivés sur un léger catamaran, remarquent les deux jeunes mères. Les travaux d’approche furent vite couronnés de succès. Et dès le lendemain, ce ne fut pas l’épouse frustrée – Kathy – qui embarqua vers une crique accessible seulement par la mer, mais celle qui se disait scandalisée par les invites de l’époux. Je n’en fus pas autrement surpris. Je connaissais la petite plage, à portée de brasse. Tandis qu’un des trois jouait le chevalier servant auprès de l’amie, les deux autres embarquaient la jeune femme qui ne se scandalisa pas d’une ferme poussée sur ses fesses pour l’aider à grimper. Je laissais le voilier reprendre la mer avant de me glisser dans l’eau, avec mon attirail de chasseur d’images sous-marines (masque et tuba, palmes, appareil photo étanche). Filature inédite, ma foi des plus agréables. J’arrivais comme les deux garçons hissaient le bateau sur le sable, tandis que la jeune femme courrait, nue, vers le haut de la plage. Ils se lancèrent à sa poursuite et ne furent pas long à la rattraper, se plaquant à elle, devant et derrière. Sa bouche fut prise. Caché derrière un rocher, juste avant la plage, je n’avais plus qu’à photographier : il en aurait pour son argent mon cocu. Car son épouse se prêtait au jeu avec enthousiasme. Caressée, palpée, ses seins furent dévorés par deux bouches affamées. Puis ils se partagèrent le travail : tandis que l’un s’attaquait au sexe, l’autre écartant les fesses pointa la langue vers l’anus. Elle eut un petit sursaut, mais le non qu’elle émit ne fut que de pure forme. Je pus saisir l’instant où son visage exprima sa jouissance. À son tour elle s’agenouilla devant eux, redressés, les prenant alternativement en bouche, caressant les membres jusqu’à ce qu’ils giclent dans sa bouche sur son visage. Mais elle n’abandonna pas les queues et elle n’eut pas de peine à leur redonner vigueur. L’un d’eux, se coucha sur le sable et l’entraîna au dessus de lui, elle guida elle-même le vit vers sa chatte. L’autre réattaqua de la langue le petit trou, avant d’y glisser un doigt, puis deux. Je devinais les protestations. Mais le jeune homme dut être convaincant car visiblement elle s’offrait au deuxième assaut. Le visage se crispa, des larmes même embuèrent les yeux, puis elle cria un triomphal oui. Les deux garçons harmonisèrent leur va-et-vient qui se prolongea. Elle jouit bruyamment à deux reprises.

Quand les trois corps se séparèrent, je repartis vers ma base de départ. J’étais réinstallé quand le trio fut de retour. Toute émoustillée, Babeth dit à son amie qui s’était laissé conter fleurette qu’il fallait qu’elle lui raconte tout cela seule à seule. Les garçons prirent congé. Elles décidèrent de prendre une baby-sitter et de regrouper les enfants chez Babeth dont la villa était plus vaste. Une des monitrices du club accepta, les enfants se réjouirent.

Les filer ne posa pas grand problème. Je repérais donc la villa de la copine, au milieu d’un bois de pins. Je la contournais : des portes fenêtres donnaient sur les arbres.

 

Elles s’étaient pomponnées : petite robe pour l’une, chemisier quasi transparent et jupe courte pour l’autre, sandales à haut talons, elles me parurent presque plus désirables, excitantes en tout cas, que nues sur la plage. Mais, rigueur professionnelle oblige, je réprimais toute envie de mélanger les genres, même si la frustration que m’imposait une femme de plus en plus boudeuse commençait à me peser. Comme par miracle, elles obtinrent une table en bout de terrasse au restaurant du port, table éclairée par une bougie sous verre. Je pus glisser mon mini magnétophone – un petit bijou de miniaturisation – de l’extérieur, dans un recoin près de leur table. Le récit serait un commentaire parfait aux images. Je dus me contenter d’un sandwich dans le bistrot d’à côté. Quand je les vis demander l’addition, je récupérai mon minuscule appareil.

La boîte où elles allèrent avait une réputation d’enfer. Les entraîneuses étaient remplacées par des strip-teaseuses, mais l’ambiance aidant, il arrivait que des clientes se livrent, elles aussi, à un effeuillage, dans le spot lumineux qui délimitait le lieu des exhibitions. Et, dans la pénombre, beaucoup de slips tombaient sur le parquet de la piste de danse. J’y étais connu : le patron était un ami d’enfance. Je me glissais au bout du bar les ayant devancées. Sur mes instances, elles furent placées à une table au plus près du spectacle et qui leur permettait d’avoir aussi une vue assez large sur d’autres tables. Les couples de filles ou de femmes étaient nombreux, ils contribuaient d’ailleurs à la réputation sulfureuse de l’endroit. L’idée géniale avait été d’instaurer, à la place du fameux quart d’heure américain, le quart d’heure des femmes entre elles, occasion pour des hétérosexuelles de goûter le temps de quelques slows dans la pénombre aux prémices du culte de Lesbos. Et les sorties entre copines vinrent régulièrement se finir là.

PETIT BATEAU

Quand Lola, la première attraction, vint exhiber sa complète nudité dans une danse suggestive, à deux pas d’elles, je vis deux mains se joindre, leurs corps se rapprocher. La danse qu’elles pratiquèrent à leur tour, sur la piste s’en inspira fortement. Avant de regagner leur place, elles échangèrent un baiser rapide sur les lèvres. Une bouteille de champagne les attendait : elles protestèrent – elles n’avaient rien commandé encore – mais le garçon les rassura. Heureuse surprise : cadeau du patron ! En fait, c’est moi qui leur avais fait servir : ça grossirait la note de frais, en plus de mes gins tonics. De flûte en flûte, de spectacle en danse, elles devenaient de plus en plus euphoriques. Le fameux quart d’heure les vit se souder l’une à l’autre et elles vinrent dans le cercle de lumière pour échange un baiser passionné. Je savais qu’une caméra filmait la scène et, moyennant finance, l’ami Riton me ferait bien une copie de cassettes. J’avais su provoquer des encouragements de la minorité masculine qui contemplait le spectacle ce qui les poussa à aller plus loin. Revenues dans le cercle, l’une fit glisser les épaulettes de la robe de sa compagne, tandis que l’autre déboutonnait le chemisier. Petit à petit, les seins, le buste même de celle qui portait la robe furent dévoilés. Elles se réfugièrent encore dans la pénombre, sous les applaudissements. D’autres couples les imitèrent. Le quart d’heure se prolongeait. L’excitation était presque palpable. Quand l’audace des autres filles s’épuisa, elles reprirent l’initiative. Une main glissa sous la robe, l’autre sous la jupe ; puis un slip et un autre apparurent, entravant les genoux, puis les jambes, avant d’être lancés, d’un nerveux coup de pied hors de la piste. Et elles se troussèrent l’une l’autre, faisant admirer leurs fessiers bronzés. Je les contemplais sans aucun déplaisir depuis quelques jours et pourtant, là, ils devenaient mille fois plus excitants. La fin du long quart d’heure provoqua une invasion masculine sur la piste, mais elles réussirent à échapper aux admirateurs qui, négligeant leurs propres compagnes, les invitaient à danser. Plus qu’à demi-nues, elles quittèrent l’atmosphère enflammée de la boîte. Elles s’embrassèrent encore longuement en se caressant outrageusement sur le parking. Je pariais cependant qu’elles allaient regagner leurs pénates. Je précipitais même le repli vers la voiture, en allumant mes phares qui  révélaient leur impudique étreinte. Filature inversée, je vis bien les phares s’inscrirent dans mon rétroviseur. Peu avant d’arriver, je fis le tour d’un pâté de maisons, pour me glisser, tous feux éteints, derrière elle et planquer ma voiture dans un chemin forestier à l’abri des regards.

PETIT BATEAU

Lorsque je revins vers leur demeure, elles sortaient juste de la voiture où elles avaient dû encore échanger baisers et caresses. Kathy qui avait la robe troussée au dessus des seins la fit passer par-dessus tête, Babeth, chemisier grand ouvert, ramassa sa jupe dégrafée tombée à ses pieds. Le temps de faire le tour et les portes fenêtres s’éclairèrent révélant les deux femmes nues, car le chemisier avait volé vers un canapé. Kathy ouvrit grand la salle de séjour sur la douceur de la nuit. Il me suffisait de rester dans l’ombre pour suivre le spectacle. Contemplation romantique de la nuit étoilée en se tenant par la taille, puis corps nus qui s’emboîtent, bouches qui se soudent ; les mains s’activent, les seins se frottent, les pubis aussi ; enfin, elles se replient vers l’intérieur pour s’abattre vers le canapé. Instinct ou expérience ? elles ne sont pas longues à se mettre tête bêche, se dévorant la chatte. Glissé sur la terrasse, mon petit et silencieux appareil photo me permit de ne pas perdre mes esprits et de retrouver des réflexes professionnels. Leurs corps secoués de spasmes m’invitèrent à prendre un peu de champ. De fait, Babeth, comme pour reprendre souffle vint s’étirer sur la terrasse. Son hôtesse réapparut dans la salle apportant de quoi se sustenter avec un rosé de Bandol. Mon sandwich était loin et j’aurais bien partagé leur en-cas. Je n’avais pas de flasque de whisky dans la poche revolver pour me redonner un coup de fouet. Et depuis un certain temps, j’étais tenté de croire, comme Henri IV, que ma queue était un os. Quelques verres de rosé et de nombreux baisers et caresses plus tard, Kathy entraîne son invitée vers la chambre qu’elle ouvre aussi sur la nuit tiède. La table de nuit recèle un arsenal de jouets érotiques : vibromasseurs et godemichés, boules de geishas, ceinture et surtout une sorte de double gode, longue tige souple déformable à volonté se terminant par deux imitations de glands. Je m’étais approché de l’embrasure. Babeth s’exclamait que c’était tout ce que son mari voulait lui offrir. Démonstration et essais se succédèrent. Elles rebondissaient de jouissance en jouissance. Jusqu’à ce qu’elles s’enfilent le « dong » - c’est ainsi que Kathy le nommait – qui réunit leurs deux sexes. Babeth, ayant attrapé un beau gode d’un noir d’ébène, le planta dans l’anus de sa compagne qui la chevauchait : avant-goût de ce qui l’attendait, prophétisa-t-elle.

J’avais plus que mon saoul d’images. Retour en quasi roue libre à la villa. Je venais juste de glisser le slip, pièce à conviction en quelque sorte, dans une pochette plastique transparente, dans mon labo photo au fond du garage quand mon épouse, dans une ravissante nuisette, mais écumante de rage me prit à partie. La ravissante petite chose transparente en dentelles fut extirpée de sa pochette avec force commentaires désobligeants sur le fétichisme, les prétendues enquêtes… Mes timides protestations furent noyées sous des insultes ponctuées de cris hystériques. J’étais dans une sorte de dédoublement : à la fois spectateur un peu dégagé et acteur ô combien engagé. Car, à mon tour, je lui déversais ma bile sur sa « frigidité », son injuste jalousie, son refus de tout dialogue et que je regrettais bien de ne pas avoir fait ce dont elle m’accusait…

Mais en même temps, j’avais l’impression de participer à une mauvaise pièce.

Impossible de m’endormir dans la chambre d’ami où je m’étais exilé. Vidé physiquement, secoué mentalement, l’esprit agité ! Un souvenir un peu lointain s’est soudain imposé. Celui d’une enquête, ou plutôt d’une contre enquête qui tranchait sur celles classiques – qui constituaient à l’époque l’essentiel de l’activité de mon agence – de maris ou de femmes trompés.

Le client conta que son épouse, avant d’envoyer une veste au nettoyage, avait vidé les poches. Distraction classique un billet : « Quand tu veux, où tu veux, Véro ». Il revenait d’un séminaire au siège de l’entreprise dont il était cadre supérieur. Au cours d’une réunion, sa collègue Véronique, qui dirigeait elle aussi un important service, avait pris le contre-pied de son intervention. Il lui avait glissé un mot pour lui proposer de s’expliquer sur ce qui lui paraissait un malentendu. C’est là qu’elle lui avait fait passer cette réponse. Mais, de fait, l’impression d’une sorte d’extra territorialité qu’amènent ces sortes de colloques dans des grands et luxueux hôtels, avait fait dériver la franche explication en un corps à corps torride. Passade sans lendemain avaient-ils pensé. Pris au dépourvu, il n’essaya même pas d’en rester à la version réelle du mot. Ses tentatives pour obtenir un pardon furent vaines. Au contraire, il découvrit une femme déchaînée qui vint faire scandale  dans les bureaux de sa collègue où, attrapant un coupe papier elle menaça de lui crever un « œil de salope », puis dénonça les agissements de la collègue auprès de son époux légitime. Trop, c’était trop ! Surtout que non contente de demander un divorce aux torts de l’époux volage, elle voulait le priver de tout droit sur leurs deux enfants ! D’où ce recours désespéré à mes services. J’essayais de le convaincre qu’il serait mieux inspiré de se choisir le meilleur avocat de la place. Il persista. La filature de l’épouse ne révéla pas grand-chose, si ce n’est qu’elle se rendit au cabinet d’un médecin, mais au lieu de passer par l’entrée normale de la salle d’attente, elle passa par une porte derrière le petit bâtiment. Une ordonnance à récupérer sans être obligé d’avoir l’air de brûler le tour des patients. Sauf que le client sortit et qu’au bout de cinq minutes elle ne réapparaissait pas encore. Je me glissais derrière le cabinet médical et jetais un coup d’œil discret par une petite fenêtre. Edifiant : une petite pièce entourée de rayonnages où le toubib devait ranger les échantillons laissés par les visiteurs médicaux et pliée en deux se retenant à une petite table, troussée jusqu’à la taille et chemisier grand ouvert l’épouse de mon client se faisant joyeusement sodomiser par le médecin pantalon et caleçon de soie à ses pieds. Je crus être découvert quand, à travers le viseur du Minox, je vis l’amante se retourner, mais non c’était pour encourager son amant qui se cramponnait à ses hanches à aller plus fort, plus loin ! Rien ne me prouvait que l’épouse indignée ne se soit pas offerte à son médecin pour se venger de son infidèle mari. C’était cependant imprudent. Il me fallut menacer de tout laisser tomber pour obtenir de l’époux la clé de leur appartement. L’épouse prof étant en cours, je pus fouiller son bureau dans les règles de l’art. Il ne me fallut pas grand temps pour, après avoir forcé délicatement la modeste serrure d’un tiroir de bureau, découvrir dans une grande enveloppe trois autres enveloppes adressées à la dame à une adresse en Allemagne. Les lettres étaient particulièrement torrides. L’auteur exigeait, comme preuve d’amour, le sacrifice de son dernier pucelage. Mon équipement me permit de photographier les trois lettres. Le mari, interrogé, me confirma que sa femme avait accompagné un échange d’élèves en Allemagne pendant quinze jours. La nuit suivante, après avoir vérifié que le médecin n’était pas de garde, qu’il avait bien rejoint son domicile, je pénétrais le plus illégalement du monde dans son cabinet. La fouille ne fut guère plus difficile : cache classique, il avait fabriqué un double fond au tiroir central de son magnifique bureau. J’eus donc la réponse : capitulation sans condition ; elle se réjouissait d’avoir sauvegardé cette entrée secrète ; il serait donc le premier à l’emprunter ; et, en attendant, selon ses ordres, elle se caressait en pensant à lui… Contrairement à ses lettres dont on voyait qu’elles avaient été lues et relues, l’exigeant amant les avait rangé là sans plus y toucher. Je soustrayais donc la dernière lettre qui avait dû précéder de peu le sacrifice et fit disparaître toute trace de mon passage. Le lendemain, je retrouvais mon client : les photos le firent bondir « Ah, la salope ! elle qui n’a jamais voulu que je l’ » le mot lui resta dans la gorge, mais je le vis se décomposer à la lecture des lettres du médecin et de celle de sa femme. Il me régla plus que somptueusement. Il se suicidait le soir même.

PETIT BATEAU

Le lendemain je savais que j’allais mettre la touche finale à mon enquête et donc ensuite tenter de mettre fin à cette invivable situation (l’espoir était là, mais je sentais confusément qu’un fossé s’était creusé sans que je le soupçonne). Je n’allais pas à la plage faisant le pari que la crique serait bientôt peuplée. M’installant dans une grotte (gamins nous l’avions découverte cachée par des buissons) je mis en place une caméra ; mon magnétophone était déjà planqué sous un rocher au milieu de la mini plage ; il ne restait plus qu’à prendre des photos.

 

Comme prévu les trois garçons et les deux femmes débarquèrent joyeusement. Catherine qui découvrait le lieu était visiblement la proie désignée par sa compagne. « Prenez-là par tous les trous ! », intima-t-elle. Kathy feignit d’essayer d’échapper au sort qui lui était alloué. Babeth fut la plus vive pour la plaquer sur le sable. « Une bonne fessée la rendra plus docile », décréta-t-elle. Une mêlée confuse s’en suivit. La victime saisie par les trois mâles, se retrouva debout, buste à l’horizontale, bras emprisonnés par l’un d’eux qui lui mettait sa queue raide sous la bouche, jambes bien écartées, seins tripotés. Son amie l’encerclant d’un bras autour de la taille, lui fait rougir les fesses de grandes claques, avant de palper le fessier rougi et d’explorer l’anus et la chatte, puis, se plaçant derrière elle de lui faire une longue « feuille de rose ». Elle fit se disposer les garçons : l’un s’allongea et Kathy vint s’empaler le sexe sur son vit, le deuxième força l’œillet attendri par la langue, le dernier, à genoux, força, lui, la bouche.

PETIT BATEAU

Je crus être découvert quand Babeth se dirigea vers mon refuge. Mais elle se contenta d’arracher une branche légère à un arbuste dessous la grotte qu’elle effeuilla pour en faire une souple badine dont elle cingla les fesses du sodomite qui rua dans l’anus avec une énergie décuplée et, quand elles furent bien striées, celles du sucé qui ne tarda pas à se répandre dans la bouche qu’il étouffait presque. Quand les trois mâles la libérèrent, Kathy resta pantelante, étalée sur le dos.

Dès qu’ils eurent repris conscience les deux mâles aux fesses en feu se précipitèrent sur leur tortionnaire pour lui arracher son arme et tandis que l’un la forçait à se pencher – en fait, elle n’opposait qu’une feinte résistance et se cramponnait aux hanches du garçon, fessier bien offert au légitime châtiment – le second la fustigeait. Les stries rougeâtres s’entrelaçaient sur les deux hémisphères. Quand les garçons échangèrent leurs postes, elle ne tenta aucune rébellion, se laissa écarter largement les jambes et entrecoupa ses geignements, ses pleurs, de cris d’encouragement quand, sadiquement, son bourreau fouettait l’intérieur des cuisses ou cinglait l’anus et la chatte. Les soubresauts qui l’agitèrent témoignèrent qu’elle avait atteint le point où souffrance et âpre jouissance se rejoignent. Abandonnant sa badine, le fouetteur la prit en levrette et son ami plongea sa queue dans la bouche.

Je bandais à en avoir mal, l’œil rivé sur le viseur de mon appareil photo. Centré sur l’objet de mon enquête, j’avais cependant noté que le dernier garçon avait entraîné l’amie vers les flots. Leurs jeux avaient été troublés par les cris de Babeth. Et ils revinrent admirer un spectacle qui ne tarda pas à les inspirer. Penchée en avant, en appui sur un rocher, elle s’offrit elle aussi en levrette comme sa compagne, de telle façon qu’ils puissent voir le trio. Le garçon s’enfonça paresseusement dans la chatte. Les deux autres échangèrent à nouveau leur place, mais celui qui quittait la bouche, écartant les fesses, plongea d’un coup dans l’anus, tandis que l’autre étouffait le cri de douleur en enfonçant sa queue dans la bouche. Ce que voyant, le troisième changea de cible : Kathy poussa un cri strident – douleur et surprise – mais tendit ses fesses à un assaut devenu effréné. Les trois hommes ne tardèrent pas à se répandre et les deux femmes s’embrassèrent longuement.

 

Il fallait revenir : les enfants à aller chercher.

 

Quand la plage fut déserte, j’abandonnais short, slip et chemisette pour essayer de calmer l’insupportable tension dans la fraîcheur toute relative de l’eau.

 

Quand j’annonçais que je remontais dans la nuit vers l’agence pour développer et tirer les films, transférer les bandes magnétiques sur K7 et les chargeurs du caméscope sur des cassettes normales, j’eus droit à une nouvelle scène de jalousie tout aussi théâtrale que la précédente. Comme j’étais à deux doigts de lui flanquer une dérouillée et que je sentais que je risquais de perdre tout contrôle, je sautais dans la voiture, bouillant de rage.

Arrivé au petit matin, je filais directement à l’agence où je m’enfermais dans le labo photo. Après avoir développé la bonne dizaine de rouleaux, j’eus un sérieux coup de pompe et allait me reposer sur le canapé dans le coin « réception » de mon bureau. La sensation d’une présence me réveilla. Ma montre affichait neuf heures. Un coup d’œil rapide me fit découvrir mon associé replaçant un dossier dans une armoire en principe fermée à clé, clé se trouvant dans mon bureau, lui-même fermé à clé ! Sursaut, quand je l’interpelle. Il voulait créer une base informatique des dossiers de l’agence. S’il ne m’en avait pas parlé, c’est qu’il voulait m’en faire la surprise à moi l’informatophobe ! Je feignis de me contenter de l’explication. Je lui demandais d’appeler ma femme et de me la passer ensuite pour authentifier ma présence au bureau. Bref échange avec l’épouse revêche.

Mon client ne pouvait me recevoir que le lendemain après-midi. J’eus donc le temps de faire les montages sons et images, les tirages photos, le tout commenté ou légendé de façon très précise, de dormir dans l’appartement, de taper mon rapport, de faire une facture assez salée, de déjeuner tranquillement.

Le client m’attendait chez lui, dans un splendide et immense salon. Il mit la première K7 dans la chaîne, lance le magnétoscope et se mit à inspecter les photos. Les grossièretés qu’il proférait sur « sa salope de femme qui se faisait enculer », « cette gouine » restait sur un ton très vieille France ; les photos des fessées l’intéressèrent particulièrement et il demanda que je lui enclenche les cassettes sons et images correspondant : les cris d’encouragement de sa femme fouettée par la badine le réjouirent particulièrement : « Ah ! tu aimes ça ma garce ! ». Le plus diplomatiquement du monde, je réussis à lui faire comprendre que je ne pouvais rester à partager sa liesse. Il s’arracha donc à ses découvertes, m’emmena dans un bureau aussi grand que notre appartement, me signa sans sourciller un chèque correspondant à la facture et ajouta une liasse de billets. Comme je protestais, il précisa que c’était en dédommagement du temps de vacances sacrifié.

Le chèque déposé à la banque sur le compte de l’agence, j’allais acheter un collier de perles avec le pourboire reçu ! Cadeau de réconciliation !

 

J’arrivais à la villa au cœur de la nuit. Et là, alors que j’allais vers la baie vitrée pour contempler l’océan se reflétant sous la lune, je la découvris sur le canapé, yeux ouverts, juste vêtue de sa culotte petit bateau. Quand je m’approchais, elle me tendit les bras et je fus happé dans un tourbillon. Elle souda sa bouche à la mienne. Déboutonnant la chemise, défaisant la ceinture, elle me prit la main pour la poser sur un sein pointu… En un clin d’œil, je me suis retrouvé nu, arrachant enfin cette culotte qui me hantait pour découvrir les lèvres lisses d’un sexe épilé, couronné d’une petite crête de poils bruns, sexe adulte dans un corps de femme enfant.

PETIT BATEAU

Je le dévorais et, n’y tenant plus, je le pénétrais violemment ne sentant même pas les dents qui se plantaient dans mon cou. Quand je repris mes esprits, elle me saoula de mots d’amour et de baisers.

 

Ses tantes avaient dû s’absenter pour le décès d’une amie et n’avaient pas voulu la laisser seule dans la maison voisine.

 

Vite, elle reprit l’initiative, réveillant mon ardeur d’une bouche experte, avant d’offrir son sexe à ma bouche. Elle était juteuse comme un fruit mûr. Et elle but, jusqu’à la dernière goutte les giclées abondantes que j’envoyais dans sa bouche.

Lovée contre moi, elle se laissa aller à une douce somnolence. Qui ne dura guère. Ma queue, après une aussi longue abstinence, ne débandait pas. Elle me glissa au creux de l’oreille : « Prends-moi mon petit trou. » Je commençais par une feuille de rose, avant de faire jouer un doigt puis deux dans l’œillet délicat, mais qui s’ouvrait complaisamment. Elle se mit d’elle-même en position. Le gland força le sphincter puis la hampe coulissa jusqu’au bout. Elle m’encourageait de coups de cul. J’allais donc dans l’anus avec allégresse, tandis qu’elle se caressait le clito. Mais au moment même où je criblais son ventre de jets encore abondants, je dus étouffer ses cris de jouissance d’une main qu’elle mordit jusqu’au sang.

Tout cela, pour me déclarer au matin : « Fous le camp, pauv’ mec ! ». Et d’aller raconter le plus plausible des romans à une légitime plus indulgente du tout… à mon égard. Je l’avais violée, sodomisée, elle s’était défendue : la preuve les griffures de mon dos, les morsures de mon cou, la main saignante…

 

Divorce express ! Petit capital à ma « victime » pour acheter son silence !  L’épouse récupère, outre l’appartement, toutes mes parts de l’Agence dont je suis, par le fait, expulsé. Il ne me reste que la villa.

Des commandos spéciaux me restent quelques amis. L’un d’eux, responsable du service de protection d’un président africain me propose de l’assister en vue d’une succession. Une sorte de tuilage. Il ne me faut guère plus d’un mois pour comprendre ce qui pousse mon ami à me laisser un poste pourtant grassement rémunéré. Notre potentat est friand de blanches, en poudre et en chair et en os, qu’il faut donc lui procurer. Son épouse, pour ne pas être en reste, est toujours en manque de membres. Mais le mari, qui la trompe donc avec constance, n’admet pas la réciproque. L’équipe de gardes du corps, de la même tribu que le président, n’en est pas moins la proie de la nymphomane et nourrit des sentiments très mêlés à l’égard du blanc qui les dirige. En l’occurrence, moi, quand, quelques mois plus tard, je vois mon ami partir vers la mère patrie.

 

Un matin, à notre entraînement au combat rapproché, je sentis que l’atmosphère était lourde. Je dirigeais la séance comme si de rien n’était, tout en restant au plus près de mon baudrier caché sous un survêtement. Torse nu je portais une serviette autour du cou et expliquait que ce pouvait être une arme mortelle. J’invitais le leader – un colosse à qui je rendais au moins une tête - à une démonstration. Comme prévu, il se jeta sur moi avec une violence qui dépassait l’engagement d’un simple entraînement. Ni lui, ni ses compagnons ne comprirent comment il s’était retrouvé étranglé par cette innocente serviette. Il eut droit à des funérailles solennelles avec décoration à titre posthume et honneurs militaires. La Messaline africaine versa un torrent de larmes sur ce membre très actif de sa garde très rapprochée. Elle n’eut de cesse que de me mettre dans son lit. Mes capotes à picots lui procurèrent des sensations inédites surtout quand je la sodomisais.

Être toujours sur le qui vive me pourrissait la vie. Il me fallut donc faire comprendre qu’une disparition brutale pourrait entraîner quelques répercussions. Toujours roi du gadget (et disposant de fonds), sous prétexte de les traquer, je truffais le palais présidentiel de micros et caméras ; j’explorais – non sans avoir neutralisé des systèmes d’alertes sophistiqués – le coffre-fort du président et eut ainsi un large aperçu sur ses propriétés et comptes bancaires.

Mais le danger pouvait venir aussi de chefs militaires putschistes. Je n’eus pas trop de peine à convaincre mon roitelet que son chef d’état-major risquait d’avoir la tentation de prendre sa place. L’accident de la route dont il fut prétendument victime fit comprendre à ses frères d’armes qu’il valait mieux profiter des prébendes que d’essayer de mettre la main sur le pactole.

PETIT BATEAU

Après deux ans, tout en restant vigilant, je pus enfin souffler. L’officier « traitant » de l’ambassade qui n’ignorait rien de mon CV, mais qui n’avait pas caché son mépris pour le mercenaire, devint plus aimable. Les responsables locaux de la compagnie pétrolière, friand de renseignements pouvant leur donner barre sur mon chef, devinrent plus qu’accueillant. La colonie française m’ouvrit ses portes. Et quelques femmes m’ouvrirent leurs draps, et le reste. Celle de l’attaché militaire notamment. Une brune piquante ! Son époux était plus porté sur les jeunes boys à leur service que sur ses charmes indéniables. Et le climat tropical exacerbait sa frustration. Elle avait bien, en symétrique, cherché quelques compensations auprès d’autres épouses désoeuvrées de membres de l’ambassade. Mais, quoiqu’elle en eût, elle ne se décidait pas à sauter le pas. Ce fut donc sa complice en jeux saphiques – la vive épouse du conseiller culturel dont j’étais l’amant – qui réussit à lui faire goûter, si j’ose ce mauvais jeu de mot, les fleurs du mâle. Elle me rejoignait souvent dans l’après-midi, après une sieste voluptueuse avec son amie : je ne me lassais pas de l’entendre conter ces ébats et rêvait à voix haute d’y assister. « Je vais satisfaire ton instinct voyeur, me dit-elle un jour. Mon mari doit partir pour une réunion dans la province Nord. Viens vers 14 heure : je donnerais congé aux boys pour l’après-midi, entre discrètement, nous serons à l’étage et la porte de la chambre sera entrouverte. » J’empruntais la moins voyante des voitures banalisées de notre parc d’automobiles, je me garais un peu avant, face à la résidence privée de l’ambassadeur de Belgique. Je me glissais dans la demeure par une petite porte donnant sur l’arrière. Un beau jardin, une porte fenêtre ouverte, deux tasses et une théière sur la table basse d’une immense salle de séjour, l’escalier, des soupirs, des voix étouffées me guident. Je découvre, dans la pénombre d’une chambre, Agathe, ma maîtresse et son amante nues se caressant toute en se faisant des aveux. 

"Je ne te l’ai pas dit, mon amour, mais quelquefois, quand tu me quittes, encore toute chaude de nos étreintes, je vais rejoindre mon amant.

  • - Comment, méchante, nos plaisirs ne te suffisent pas ?
  • - Avoue-le, Agnès, toi aussi tu aimerais bien sentir une belle verge vibrer dans ta chatte, dans ta bouche, dans ton cul !"

 

 

PETIT BATEAU

Tout en discutant, elle se frotte l’une l’autre. Ma maîtresse poursuit son travail de persuasion pour saper les dernières résistances de son amie. Elle jette de furtifs coups d’œil dans ma direction comme pour s’assurer de ma discrète présence. Les défenses tombent peu à peu, puisqu’on en est à se poser la question du choix de l’élu et de la façon de s’y prendre. Ça fait si longtemps que son mari ne l’a pas honoré… Soupirs. Vite étouffé, car elles se sont disposées tête bêche et ma proche proie, car je sais maintenant qu’elle est mûre, plonge la bouche vers le sexe de sa compagne qui, elle-même, la lèche, tout en lui ouvrant les fesses pour me découvrir son trou mignon. Je me suis glissé dans la chambre, déshabillé et approché. Tout en suçant vivement le clito, la charitable Agathe ouvre la chatte et je n’ai plus qu’à m’enfoncer d’un coup. Sursaut, cri. Je maîtrise sa tentative timide de se redresser. Bien vite elle tend ses fesses vers l’assaut. Je ne suis pas long – tant le spectacle et les circonstances m’ont excité – à me répandre. Mes jets provoquent sa jouissance qu’elle clame à tue tête. Agathe suce ma queue, puis la chatte pour y boire mon sperme et le jus d’Agnès. Les corps se dénouent. Accusation de traîtrise puis long baiser de remerciement pour ce cadeau secrètement désiré. L’hôtesse feint d’être blessée par l’accusation. Le châtiment s’impose : « Une bonne fessée et après il t’encule ! » Protestation. Soumission. Agnès vient se coucher en travers des jambes de son amie, croupe bien offerte. Le fessier retentit des claques qui le font rougir. Puis elle se laisse disposer. Nos langues se disputent le trou mignon. Un doigt et un autre l’ouvre. Agathe me suce la queue laissant couler la salive. Elle entrouvre les fesses. J’ajuste le gland. D’un grand coup de reins je franchis le double barrage, malgré son cri de douleur, et je m’enfonce jusqu’aux couilles. Agathe caresse le sexe. Agnès s’anime et fait coulisser la tige dans son anus. Bientôt nos mouvements se synchronisent et à nouveau elle clame sa jouissance quand elle me sent gicler. Quand je me retire, encore bandant, je la fais s’agenouiller devant moi et je plonge ma queue dans la bouche. Agathe se glisse sous moi et me lèche les couilles, l’anus. Son amie, d’abord réticente, se dépense avec une certaine maladresse mais beaucoup d’ardeur. Je gicle à nouveau au fond de sa gorge. Agathe va chercher dans la bouche de son amie le goût de mon sperme.

Dans la discussion qui suivit, Agnès fit le doux aveu de ses plaisirs et surtout que ce fut moi, l’amant de son amour, qui lui eût fait redécouvrir voire découvrir (elle avait refusé la voie étroite à un époux qui pourtant en raffolait chez ses gitons) toutes ces jouissances. Elle fondit de gratitude pour son amante. Il fut convenu qu’Agnès téléphonerait à son inverti de mari pour l’avertir qu’elle passerait la nuit chez son amie solitaire (ce qui ne pouvait que le réjouir : il pourrait s’adonner à ses amours ancillaires en toute tranquillité). Elles me rejoindraient dans ma villa pour le dîner.

PETIT BATEAU

Faut-il dire que la soirée se prolongea tard dans la nuit ? La dévouée Agathe fut à son tour honorée, bien sûr. Mais je réussis à les convaincre de se disposer l’une sur l’autre, culs tendus, offerts, et je passais d’un anus à l’autre, avant de gicler sur les deux fessiers.

Nos amours triangulaires se mirent en place. Le trio se reforma, les rares fois où l’un ou l’autre des époux était appelé à un déplacement. Agnès sut aussi trouver quelques prétextes, bien accueillis, pour m’offrir une nuit complète.

PETIT BATEAU

Peu avant mon départ, ce fut elle qui m’avoua son fantasme d’être prise par de beaux noirs bien membrés. Ce fut elle qui convainquit Agathe de se joindre à elle. L’occasion se présenta quand simultanément l’attaché militaire et le conseiller culturel furent convoqués à une réunion en métropole. Il fut convenu qu’elles porteraient un loup. Je les offris en pâture à mes hommes. Elles se laissèrent dénuder, tout en admirant les athlétiques noirs déjà nus. Délicatesse et vigueur, telles étaient les exigences. Elles ne furent pas déçues. Elles se laissèrent prendre simultanément par des trios. Le délire ne se termina qu’au petit matin. Je les ramenais, à peine enveloppée dans un voile, corps couvert de sperme séché, se demandant si leurs sexes et leurs anus allaient se refermer tant elles avaient l’impression de n’être plus que béances.

PETIT BATEAU

Elles n’eurent de cesse que de renouveler l’expérience. Je convainquis Agnès de s’assurer une protection, si le pot aux roses venait à être découvert, en photographiant les ébats pédophiles de son époux. J’oubliais de lui dire que j’avais, moi-même, filmé le délicieux jeu de groupes. Le mari d’Agathe étant à nouveau parti, Agnès inventa un prétexte quelconque pour se libérer. Ce fut l’équipe de garde la fois précédente qui eut, à son tour, droit à l’offrande. Encore plus libérées, les deux femmes se livrèrent à tous les assauts avec fougue.

 

Comme je remontais à pied, après avoir rendu ma voiture de location, je croisais les tantes liftées jusqu’à la moelle. Elles avaient perdu toute amabilité à mon égard. Elles prétendirent que la nièce était partie « avec quelqu’un, à l’étranger ». Le mensonge se lisait dans leurs yeux sournois.

 

Un bloc de haine douloureux dans la poitrine et un gin tonic à la main, je réponds au téléphone. L’ami Frédo, devenu flic, m’apprit une noyade aux Mouettes Blanches. Coup de chance un taxi passe au bas du chemin. Mais à l’arrivée, la grande gueule de chauffeur à chemise Hawaienne se fit peu aimable : pas un sou. Il se contenta d’un bristol partant en trombe quand Fredo vint au devant de moi. Angoisse, mais il ne s’agit pas de Dora. « C’est la septième depuis le début de la saison, repêchée, in extremis, camée jusqu’aux yeux. Les stups ont une piste : le Flashsurf, une boîte sur la corniche. » Je compris que si je pouvais l’aider à doubler ses collègues, mon ami saurait être reconnaissant…

Une douche froide avant la boîte. Du bruit dehors. Drapé dans une serviette, je vais à la porte fenêtre : le taxi à la chemise hawaïenne est là, narquois. Le payer ? Mais non, « Pas la peine. Ma poule a vu ton bristol de privé et ça l’intéresse… Elle a des ennuis avec les stups… Si tu l’aides, entrée libre au Flash, boissons et pépées à volonté, sinon… tu sais… les mineures, y’a pas prescription ! »

Après s’être curé une dent creuse d’un bout d’allumette, il lança : « Je suis le mec à Dora ! » Je n’avais que ma serviette pour étouffer le ricanement qui résonnait dans ma tête, comme une charge de buffles. Une corde, une poutre dans l’appentis et la raideur cadavérique en fera un suicidé fort acceptable pour Frédo, même s’il fallait que je trouve un lieu moins compromettant.

 

À minuit, je sirote un gin tonic au bar du Flashsurf. Dora apparaît, robe noire, épaules nues, maquillage outré. Je m’efface dans la pénombre. Elle est nerveuse, regarde sa montre, disparaît, réapparaît, scrute la salle – son regard m’effleure sans me voir. Quand elle sort, qu’elle découvre le taxi, elle n’a pas le temps de se poser de questions. Je la prends fermement par le bras et la pousse dedans pour démarrer en trombe.

Dire que dépendre son mec, le rependre dans son garage fut une partie de rigolade serait exagéré. Elle ne tenta même pas de m’échapper. Au contraire. Sa robe de soie arrachée, déchirée, m’offrit les liens pour l’écarteler, à plat ventre, sur son lit, en culotte petit bateau. Je l’arrachais aussi pour en faire un baîllon. Une fouille rapide me fit découvrir une cravache dans la table de nuit. Ainsi que tout le nécessaire pour une piquouze, sauf le produit.

 

Le « Fous l’camp, pauvr’mec » résonne encore et encore dans ma tête. Je vois dans ses yeux la terreur que je lui inspire. Les coups ont vite fait de lui strier son fessier musclé, et les cuisses et les jambes et le dos. Après l’avoir sodomisée à cru, je la retourne, pantelante pour l’écarteler à nouveau. Libérée de sa culotte, elle me supplie de la pardonner… Elle est en état de manque, tremblant de tous ses membres liés. Cris à nouveau étouffés par la culotte, je fais subir au recto (seins, ventre, sexe, jambes) le même sort qu’au verso. Elle est mûre pour me révéler où se trouve la came. Non pas ses réserves personnelles, mais le stock réservé aux consommateurs. La dose que je lui injecte ne lui laisse aucune chance. D’autant qu’après l’avoir baisée, je serre autour de son cou sa culotte petit bateau. Il me semble lire dans ses yeux comme une extase.

 

Frédo fut parfait, après que je l’avais appelé, pour lui dire d’aller faire un tour au Flash.

Il découvrit Dora, en X, poignets et chevilles liés aux quatre coins du lit, les pointes de seins ornées de pinces, des traces de coups sur le corps et surtout une culotte petit bateau déchiquetée autour du cou. Dans le garage, à côté de son taxi dont le capot avait dû lui servir de marche pied – un sacré boulot que ça avait été, avec l’aide forcée de Dora, pour le rependre là – lui se balançant au bout d’une corde.

Un jeu sado-masochiste qui avait mal tourné. Son mec, pour lui faire atteindre la jouissance extrême – ignorant sans doute qu’avec la dose d’héroïne qu’elle s’était injectée, elle était déjà dans les vaps - avait trop serré la culotte fétiche. Désespéré, il s’était pendu. En prime, un stock stupéfiant de produits variés.

 

Affaire classée.

Ou presque. Aveu arraché à Dora : le traquenard, l’œuvre de mon ex !

 

Maurice-Charles de Thélème

 

Le texte de Yann Queffélec

PETIT BATEAU
PETIT BATEAU
PETIT BATEAU
PETIT BATEAU
PETIT BATEAU
Repost0
15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 21:40
Christine

Réservé aux + de 18 ans

Un récit inédit

Quand Christine s’approcha de la Sainte-Table, pour recevoir la Sainte Communion des doigts du prêtre, elle ne put s’empêcher de se remémorer l’autre Communion mystique que l’angélique vicaire lui avait fait avaler la nuit précédente, sur l’autel et le regard extatique qu’elle leva vers lui, en ouvrant la bouche, reflétait avec intensité ce vif souvenir.

 

C’était leur secret sacré, inviolable, qui, pour les croyants ordinaires, aurait été non seulement incompréhensible, mais source d’un scandale inouï. Comment auraient-ils pu admettre, s’ils les avaient surpris, au cœur de la nuit, lui étendu sur l’autel, à demi nu, soutane relevée sur un membre dressé, elle, entièrement dénudée, agenouillée sur une banquette d’enfants de chœur, surmontée de plusieurs coussins et suçant le saint vit du ministre de Dieu, tout en se caressant un sexe que le prêtre avait sanctifié d’eau bénite, comment auraient-ils pu admettre que ce rite répondait aux volontés divines ? Elle-même, parfois, elle devait se l’avouer, avait de la peine à admettre l’extraordinaire révélation et se demandait encore pourquoi elle faisait partie des rares élus, elle, la rebelle, la fille du libertin notaire, virée de l’Institution des Sœurs de la Sainte Hostie, pour “ mauvais esprit ” et qui poursuivait des études, au demeurant brillante, au Lycée “public” de Jeunes Filles, au grand dam de sa mère.

 

L’arrivée d’un nouveau vicaire, frais émoulu du grand séminaire, avait provoqué un émoi certain, chez les paroissiennes. Le curé Doyen, soixantaine colérique, l’avait vu arriver d’un œil moins indulgent, d’une part, parce qu’il était aussi grand que lui – raison totalement inavouable, mais il aimait, inconsciemment, dominer ses semblables, à commencer par ses subordonnés – et surtout parce que c’était une vraie gravure de mode et il devinait facilement les ravages que sa beauté allait causer dans la gent féminine. Ancien capitaine pendant la Grande Guerre, ayant goûté aux plaisirs de la chair, avant, devenu veuf, de répondre à l’appel d’une tardive vocation, il ne pouvait que s’inquiéter des tentations qu’elle ferait subir à ce puceau. Il fut donc désagréable au-delà de l’habituel, au point même que sa fidèle Marie, bonne sans âge qui tenait la cure depuis la nuit des temps, la fidèle Marie qui subissait, sans broncher, ses foucades et ses injustes colères, la fidèle Marie lui en fit reproche. Mais l’abbé Henry subissait ses plus dures avanies avec une totale longanimité et, malgré son inexpérience, sut remplir toutes les nombreuses tâches dont il l’accablait. Le curé fut bien obligé d’admettre son efficacité et revint au régime de vexations plus classiques qu’avaient subies tous ses précédents vicaires. L’abbé put se tailler des fiefs et la prise en charge des jeunes fut un domaine où il eut pratiquement carte blanche, le curé ne se réservant que l’examen de catéchisme et d’histoire sainte, avant la Communion solennelle.

Christine

Cependant, il avait drainé vers lui la crème des bourgeoises locales. La mère de Christine, sans doute lasse de subir les remarques sarcastiques du Curé (« Toutes ces chienneries que votre mari vous impose, avouez que vous y prenez goût ! » : ce qui, si elle avait voulu faire preuve de lucidité, était vrai, mais totalement inavouable, car l’aveu aurait fait tomber toute la double et hypocrite construction sur laquelle reposait la tranquillité de son âme, complaisante et soumise aux fantaisies libertines de l’époux, tout en feignant de ne s’y plier que contrainte et forcée – délice des lanières matant sa fausse rébellion – faussement repentante de fautes dont elle ne voulait pas se sentir coupable) fut la première à opter pour ce blond angélique, dont le doux et bleu regard était nimbé d’indulgence.

 

Christine

Il avait beau avoir été, au séminaire, instruit de toutes les turpitudes que peut commettre l’espèce humaine, il n’en demeura pas moins interdit en entendant la confession de la belle Thérèse. Confession qu’elle avait sollicitée avant la grand-Messe, car les soirées fines du notaire se déroulaient le samedi. Maître Lepetit – nom qui lui allait parfaitement car dès qu’elle mettait des chaussures à talons elle le dépassait, mais petite taille qui ne lui faisait rien perdre de sa superbe, ni de son autorité – avait invité trois de ses collègues, anciens compagnons d’études et, elle l’apprit vite par leurs récits, de débauches. Comme presque tous les samedis, ils avaient déserté la maison de ville pour la propriété campagnarde, laissant les enfants à la garde de leur bonne, mais le dîner, préparée par la femme de l’intendant du domaine, était quasiment prêt : elle n’aurait plus qu’à faire réchauffer le plat principal. Son époux lui avait dit vouloir faire un dîner entre hommes, ce qui, première humiliation, réduisait la maîtresse de maison à l’état de servante, attendant à la cuisine les coups de sonnette du seigneur et maître. Elle ne put s’empêcher de lui en faire reproche avant l’arrivée de ses confrères. Dressé sur ses ergots, il lui promit une correction cuisante. Elle n’avoua pas au confesseur que cette promesse la fit atrocement mouiller, crainte et désir mêlés. Les quatre hommes se retrouvèrent au salon, où, dans une robe d’une stricte élégance, avec cependant un décolleté profond, dont les regards des invités se repaissaient quand elle se penchait pour leur tendre leur verre, elle servit l’apéritif. Quand elle eut terminé le service, son tyran de mari proclama haut et fort, qu’il était temps qu’elle reçoive la correction promise : « Va me chercher le martinet ! » Les supplications d’usage le laissèrent de marbre et elle revint avec l’humiliant objet. « Enlève ta culotte, relève bien ta robe et penche toi sur la chaise ! » Sous les regards brillants des quatre compères, elle dut d’abord dégrafer les attaches du porte-jarretelles, avant de faire glisser une délicate culotte de dentelles ; puis, robe relevée sur un splendide fessier, elle s’offrit aux coups, bien penchée, mains accrochées au dossier d’une chaise. Le Maître sut strier, puis faire rougir uniformément l’opulent postérieur. Les gémissements se muèrent en une sorte de mélopée, coupée de quelques cris quand, vicieusement, le bourreau atteignait les lèvres de la vulve ou quand, lancées de bas en haut les lanières, s’insinuait dans la fente fessière, jusqu’à ce que, secouée de spasmes, la victime s’abandonne à une étrange jouissance. Son époux ajouta à sa délicieuse honte en conviant ses complices à venir voir comme elle mouillait (voir étant une façon de parler puisqu’ils plongèrent les doigts dans son sexe trempé, mais cela elle omit de le dire dans la pénombre du confessionnal).

 

Christine

Visage aussi rouge que son fessier, elle fut ensuite invitée à un complet effeuillage pour ne plus porter, pour le service, qu’un petit tablier qui ne cachait rien de ses seins pointus et couvrait juste la chatte dont la toison soignée formait un étroit triangle.

Pas question qu’elle se replie à la cuisine après chaque plat, elle devait rester prête pour remplir les verres, disponible aussi à des mains baladeuses qui palpait les fesses encore chaudes de la fouettée, voire explorait le sexe, voire même glissait insidieusement dans son petit trou froncé et elle était invitée à sucer les doigts inquisiteurs, goûtant ainsi ses propres sucs (elle s’était adonnée aux délices d’un lavement, comme chaque samedi, mais cela aussi, elle omit de le confesser, car, après tout ce n’était que mesure d’hygiène, et pourquoi dire le plaisir trouble qu’elle prenait à enfoncer dans l’anus la longue canule recourbée et à sentir son ventre se gonfler, plaisir encore plus vif quand, avec son amie Lucienne, l’épouse d’un dentiste, complice de débauches de son mari, elles se rendaient mutuellement ce service, avant quelques parties fines où les entraînaient leurs époux).

Charitablement, un des compagnons la prit sur ses genoux pour qu’elle puisse se restaurer. Elle passa ainsi de l’un à l’autre sentant sous elle une queue gonflée. Mais quand elle eut servi un magnifique gâteau au chocolat et empli les verres d’un délicieux Banyuls, son époux lui intima l’ordre de passer sous la table, pour goûter, elle, à la liqueur de chacun des invités qui lui donnerait un morceau de gâteau – elle l’adorait – s’il était satisfait.

« Et vous avez accepté, demanda le prêtre, qui recouvrait enfin ses esprits, après cette avalanche de révélations ?

- Refuser, c’était recevoir des coups de cravache sur tout le corps, jusqu’à ce que je cède ! »

Elle se garda bien d’ajouter qu’elle était assez fière de la réputation de pipeuse qui, sans répugnance, avalait la ‘fumée’ : déboutonner la braguette, extraire délicatement le membre dur du caleçon, le caresser d’abord, explorer les couilles aussi, avant de l’emboucher et de le sucer avec une grande habileté, elle faisait cela avec une sorte de conscience professionnelle, si l’on peut dire. De la belle ouvrage ! À vrai dire, dans sa casuistique, elle ne voyait dans cette pratique que péché véniel ; elle s’y était d’ailleurs adonnée avant le mariage moins par sensualité que par générosité et prudence : soulager l’ardent cavalier d’un trop plein de semence, éviter ainsi qu’il n’ait la tentation de chercher à lui dérober ce bien précieux à préserver jusqu’à la nuit de noces. Elle eut donc droit, par trois fois, à sa part de gâteau et chacun lui fit goûter aussi d’un peu de banyuls. Son époux, comme de coutume, bien que bandant comme un cerf, ne la laissa pas le sucer.

Les fruits furent l’occasion de jeux lubriques. Ayant débarrassé la table, elle fut mise sur la nappe, jambes repliées, pieds et genoux bien écartés et se fit farcir la vulve de gros grains de raisins que les joyeux drilles vinrent y chercher à coups de langue gourmande léchant goulûment les jus mélangés de grains éclatés et du sexe excité. Puis l’hôte des lieux versa le champagne entre ses seins –prenant appui sur ses talons, elle décolla légèrement les fesses – pour qu’il s’écoule sur son ventre jusqu’à son sexe où chacun vint le boire ou plutôt le laper.

Elle dut ensuite, après qu’ils sont revenus dans le salon, dénuder les trois lascars qui, caleçons tombés, démontrèrent une arrogance retrouvée. Des loups vinrent masquer à demi les visages. Elle-même fut aveuglée par un bandeau qui ne l’empêchait pas de distinguer la forte lumière des projecteurs allumés par son époux qui, comme à l’habitude, allait filmer la scène sur sa caméra 16 mm. Un des trois, étendu sur le canapé, enfila le sexe juteux ; elle eut un cri, quand un  deuxième lui força l’anus, mais ses plaintes furent étouffées par le vit du dernier s’enfonçant dans la bouche. Elle devinait, dans la pénombre, l’effroi du jeune prêtre, visage penché vers elle pour saisir ses confidences murmurées. Elle se garda bien de lui avouer le sentiment de plénitude que lui procurait la triple pénétration, ni la jouissance inouïe, qui la laissait pantelante, à demi évanouie, à laquelle elle la menait (et que son mari prenait un malin plaisir à montrer au cercle d’amis quand le film revenait de quelque discret laboratoire).

 

Quand elle eut fini ses aveux impudiques, un long silence régna : ses yeux maintenant habitués à la quasi obscurité percevaient, à travers la grille qui la séparait de lui, le pauvre vicaire visage entre les mains, comme abattu. Après, ce qui lui parut être une éternité, il réussit à prendre la parole, d’une voix mal assurée, pour lui dire qu’elle ne pouvait pas être jugée coupable d’autre chose que de ne pas faire preuve d’héroïsme, mais qu’on ne pouvait exiger de tous les chrétiens une vocation de martyr. Elle ne récolta donc qu’un chapelet, même pas le rosaire que lui infligeait naguère le curé, avant de dire son acte de contrition et de recevoir l’absolution.

 

 

L’abbé Henry mit longtemps à sortir du confessionnal. Heureusement que la soutane masquait un sexe d’une dureté et d’une ampleur douloureuse. Quand il arriva à l’hospice de vieillards où il devait dire la messe – le curé lui célébrait la Grand Messe – la bonne sœur qui l’accueillit s’inquiéta de sa pâleur ce qui le fit rougir de honte car son érection, malgré qu’il en eût, gardait sa terrifiante dureté. Il put cependant dire la messe, dans une sorte de brouillard (il fut tout surpris, quand, après l’office, les sœurs et les personnes qui, rendant visite à leurs vieux parents, s’économisaient un tête-à-tête pénible avec le vieux père et, le plus souvent, la vieille mère, en assistant avec eux à la messe, le félicitèrent d’un prêche d’une grande audace de pensée mais d’une grande élévation d’âme). Sa réputation de prédicateur talentueux fit bien vite le tour d’une paroisse, un peu lasse des sermons bourrus du Doyen. Doyen qui, quand la rumeur lui revint amplifiée aux oreilles (les grenouilles de bénitier, chafouines, ne se firent pas faute de s’en faire l’écho) le convoqua pour lui demander ce qu’il avait bien pu clamer aux grabataires, à leurs punaises de prétendues bonnes sœurs et aux hypocrites visiteurs qui économisaient et sur la grand-messe et sur les rencontres avec leurs gâteux de parents. Le pauvre abbé, sans même relever les indéniables manquements à la charité de son supérieur, balbutia des banalités de la plus grande platitude. Ce qu’entendant, son colérique chef décida de couper court à une rumeur née dans des cervelles malades, confites de dévotion recuites ou légères, et de lui laisser la grand-messe prochaine. Chacun pourrait juger des faibles talents de ce jeune gandin bafouilleur.

Marie qui avait tout entendu - sans pécher contre la discrétion, la voix de stentor du curé s’entendait dans tout le presbytère – répandit la nouvelle auprès des grenouilles de bénitier, si bien que le dimanche l’église était pleine. Quand l’officiant sortit de la sacristie, précédé de la cohorte des enfants de chœur, surplis blancs sur des soutanes rouges,  il se fit l’impression d’être un nouveau Daniel entrant dans la fosse aux lions et un ruisseau de sueur froide lui coula le long de l’échine. C’est donc plus mort que vif qu’il monta en chaire. Ses premières phrases bafouillées provoquèrent comme un murmure de déception. Mais soudain, tout s’illumina. Abandonnant des notes fébrilement jetées sur le papier après une nuit stérile, il improvisa un sermon magnifique, tout en sentant l’espèce de robinet qui lui pendait entre les jambes se transformer en sceptre triomphant.

C’est ce jour-là que Christine tomba sous son mystique charme. Elle ne fut pas la seule. Même les hommes, dont certains, compagnons de débauche de son père, étaient de sacrés mécréants qui n’avaient pas le courage de s’afficher comme tels, furent captivés au sens propre du mot par ce verbe étincelant. Sa mère, elle, sentait comme un écho de sa longue confession, quand il évoqua les pécheurs et surtout pécheresses malgré eux. Le curé eût-il été là qu’il aurait tonné contre le quiétisme sous-jacent au discours du prédicateur, quiétisme qui ne pouvait au contraire que séduire les grandes bourgeoises qui se soumettaient avec une secrète complaisance aux désirs pervers de leurs époux, voire, quand l’époux ne faisait pas preuve de telles exigences, le cocufiaient allégrement

Christine avait toujours eu une image un peu de rebelle. Déjà à l’asile, avant d’entrer en onzième, on disait d’elle : elle pince, elle griffe, elle mord. Son caractère entier, doublé d’une petite taille – héritage paternel – expliquait cette attitude farouche. Attitude qui lui avait valu quelques déboires jusqu‘au lycée même, puisqu’elle passait beaucoup de ses jeudis en colles et de ses fins de semaine en consigne. Mais, à partir de ce dimanche-là, elle fit tout pour ne plus être privée de bulletins de sortie ni le jeudi, ni le samedi après-midi. Elle allait faire tout, aussi, pour se retrouver cheftaine de louveteaux, elle qui avait abandonné les guides en ironisant sur l’uniforme que sa sœur aînée continuait d’arborer avec fierté.

Le curé avait appris, de toutes les sources, le triomphe de son second. Il eut l’intelligence de reconnaître son erreur et d’admettre que si le jeune homme, devant lui, semblait plus proche de la débilité que du génie c’était qu’il faisait tout pour le terroriser. L’abbé eut lui l’intelligence de ne pas triompher et de reprendre, dès le dimanche suivant, le chemin de l’hospice.

Par quelle source de renseignement le sut-elle (peut-être un enfant de chœur), toujours est-il que Christine, à la grande surprise de son aïeule, se retrouva aux Récollets ce dimanche. Elle expliqua à la grand-mère sa longue absence par les consignes à répétition qui l’accablaient. De la messe et même du prêche, elle ne retint que le regard du prêtre qui la transperçait. Elle ressentait un émoi qui ne l’avait qu’effleurée lorsque son cousin Alain l’avait un peu lutinée, dans un recoin, lors d’une visite de famille. Il lui sembla que sa gentille culotte s’humidifiait… Elle n’osa communier et sentit comme un reproche dans le coup d’œil que l’abbé lui lança. Dès l’office fini, elle alla vérifier aux toilettes l’état de ses sages dessous : l’humidité ressentie n’était pas imaginaire et elle comprit mieux les allusions de ses camarades au dortoir en réfrénant l’envie qu’elle avait de toucher sa fente toute chaude. Rejoignant sa mémé, elle eut la surprise et la joie mêlée de honte de trouver l’abbé Henry avec elle. Il la félicita de sa présence. La grand-mère, qui était fine, insinua que l’identité de l’officiant n’était peut-être pas étrangère à cette visite. Toute rougissante, Christine protesta mollement. Et sa mémé sortit d’une cachette une bouteille de Porto et trois petits verres pour se faire pardonner. Quand, deux verres après, un peu pompette, elle sortit avec le prêtre, elle lui demanda de la confesser. Ils se retrouvèrent donc dans la chapelle obscure et, dans le noir complet du confessionnal, elle avoua le trouble qu’avait provoqué le sermon pastoral. L’abbé qui, de nouveau, sentait sa molle queue se transformer en raide bâton, l’assura de sa totale innocence : l’émotion spirituelle se traduisait en un émoi corporel ; si cet émoi était trop intense, il n’y aurait que péché véniel à le calmer. Entendant ces paroles, visage sur la grille comme pour les boire – celui du prêtre était aussi presque collé à cette séparation - elle se sentait mouiller, frottant les cuisses l’une contre l’autre, ventre durci et elle sentit comme un spasme quand il lui donna l’absolution, ne lui ayant infligé qu’une pénitence bénigne.

Christine

Le vicaire, cependant, subissait les confessions torrides de ces dames. Lucienne, l’amie de la femme du notaire, lui révéla le jeu du lavement que Thérèse s’était gardée d’avouer. Mais surtout, toutes les turpitudes de la joyeuse bande libertine formée autour du notaire.  Bande dont il identifia les membres, au fur et à mesure que les pénitentes se succédaient : donc un couple de dentistes, Lucienne et son époux, un couple de pharmaciens, pourtant piliers de la paroisse, les Lenoir (l’autre pharmacien, lui, bien que libre penseur, était plus puritain que Cromwell lui-même, mais doté d’une épouse au tempérament de feu qui prêtait sa croupe et sa bouche, sa fidélité se réfugiant dans le sexe lui-même, à qui voulait les prendre et elle confessait régulièrement, ce qu’elle appelait ses incartades), un gros négociant en vins et son épouse, les Chantonnay, un assureur et sa moitié, les Tournet, auxquels s’adjoignaient des couples étrangers à la paroisse. Il n’ignora rien, non plus, des amours saphiques, qui reposaient ces dames, avec la totale approbation des époux, des turpitudes auxquelles elles étaient soumises. Le “ciné-club” était l’occasion de visionner les séquences filmées par le notaire, mais aussi des films échangés avec d’autres amateurs ; soirée qui se terminait par d’autres séances de tournage. La flagellation, à laquelle Thérèse, Lucienne et Marie-Ève, la pharmacienne – Albertine, la femme du négociant et Mauricette, celle de l’assureur étaient plus douillettes et ne se laissaient fesser qu’après de longs préliminaires – se prêtaient avec une feinte rébellion, étaient un autre thème de ces soirées dont le notaire était toujours le démiurge. Concours de déshabillage, chacune se dénudant sur une scène à tour de rôle, sous le regard des hommes qui les notaient, de fellation, de masturbation, les uns pouvant s’enchaîner aux autres, pouvaient aussi réveiller des sens assouvis. Et tout ce petit monde, à l’exception du notaire, trônait sur ses bancs chaque dimanche à la grand messe : sépulcres blanchis aurait tonné le curé, lui essayait d’excuser les brebis égarées victimes de leurs mauvais bergers de maris.

Il ressortait de ces aveux complaisants dans un état second, queue raide, esprit troublé. Mais c’est après une nouvelle confession de Christine, la nuit suivante exactement, qu’il eut comme une révélation. « Et le verbe s’est fait chair… », cette parole divine lui trottait dans la tête à chaque fois qu’il sentait sa propre chair durcir… Et l’exacte concomitance entre l’inspiration qui guidait sa parole et l’élévation irrépressible de son vit ne pouvait pas être autre chose que la volonté de Dieu. Par là, la vérité lui parut éclatante, une illumination, Il lui signifiait que ce vit durci pouvait, devait même, se libérer de sa semence sacrée de représentant du Christ sur la terre. Et seules quelques âmes choisies étaient dignes de cette eucharistie. Il fut épouvanté devant cette révélation. Mais, nuit après nuit, elle s’imposa avec force et le message divin lui enjoignit de n’en révéler le lourd secret qu’à celles qui en étaient dignes.

 

Christine

Il n’en vit qu’une. Les circonstances – et comment ne pas y voir le doigt de la Sainte Providence – se prêtèrent magnifiquement au partage de la révélation. Leur troupe avait été désignée pour organiser un grand rassemblement de louveteaux, sorte de Jamboree régional. Christine, par son sens de l’organisation et sa vive intelligence, s’imposa vite comme son bras droit. C’est elle qui avait convaincu M. Chantonnay de leur laisser à disposition un grand domaine où trônait une immense bâtisse, pompeusement appelée château, et qui ne servait, à vrai dire, aux beaux jours que pour les parties des mécréants et de leurs épouses. Un couple de gardien, logé loin du château, en assurait l’entretien. Les réunions de l’ensemble de l’équipe se prolongèrent vite par des tête à tête entre Luc et Christine (elle avait eu quelque peine à l’appeler par son prénom). C’est tout naturellement, inspiré à n’en pas douter par l’Esprit Saint qu’il lui confia sa révélation. Ses timides objections – Satan n’était-il pas habile à revêtir l’habit de lumière, Lucifer était son nom, et à cacher son discours diabolique derrière un verbe apparemment sacré – furent balayées. Il avait prononcé les prières de l’exorcisme pour s’assurer de ne pas être abusé par Belzébuth. Elle finit par admettre le message qui la plongeait dans un trouble divinement exquis. C’est d’elle même qu’elle défit les innombrables boutons de la soutane ne s’interrompant que pour laisser le prêtre la dénuder elle-même. Elle hésita un peu à déboutonner un caleçon qui ne cachait guère ce goupillon de chair insolente. Elle le laissa descendre sa sage culotte et se débarrassa d’elle-même de ses lourds croquenots. Elle le laissa guider sa main vers son propre sexe, après qu’il eut passé ses doigts sur les siens pour les bénir. Mais c’est encore d’elle-même que, se caressant, elle s’empara du vit, trouvant, d’instinct, le geste de va-et-vient qui allait provoquer la montée de la divine essence. Quand elle sentit, le membre palpiter entre ses doigts, elle pencha la tête et absorba le gland violacé qui lui envoya des jets de sperme dans la gorge, sperme qu’elle avala jusqu’à la dernière goutte, tout en étant secouée elle-même des spasmes de la jouissance qu’elle s’était donnée.

Cette sorte de mariage mystique se poursuivit de fin de semaine en fin de semaine – le grand rassemblement devait avoir lieu à Pâques et ils n’auraient pas trop des huit semaines précédentes, plus le début des vacances où tout s’accélèrerait pour être fin prêt – et ce fut elle encore qui prit de nouvelles initiatives. Quand elle tenta de l’amener à rompre l’hymen pour se répandre dans ce qu’il appelait son calice (que maintenant il buvait pendant qu’elle même avalait sa semence) il repoussa cette offre généreuse : il faudrait attendre un autre Joseph pour féconder l’élue de Dieu. Mais, arguant qu’aux purs rien n’est impur, elle réussit à le convaincre d’emprunter l’autre voie, toute proche, pour répandre au plus profond d’elle sa divine essence. Il sanctifia l’œillet plissé de son souffle, de sa salive, avant de l’oindre d’une huile sainte, afin d’éviter d’être frappé de la malédiction qui s’abattit sur Sodome. Agenouillée, agnelle de Dieu, elle s’offrit, ouvrant même ses fesses des deux mains au Saint sacrifice. Elle crut que l’anus allait se déchirer quand le prêtre introduisit peu à peu le gland dans le sphincter ; elle retint un cri de douleur, les larmes lui brûlaient les yeux, ses poumons se vidaient. Mais, soudain, elle sentit que le bourrelet du gland avait passé l’obstacle et elle se sentit envahie d’un sentiment de triomphe. Ce fut elle qui poussant ses fesses fit coulisser la tige dans son trou offert. Offerte… Offrande…. Offertoire… : ces mots dansaient dans sa tête tandis que ses fesses claquaient à chaque assaut jusqu’à ce qu’elle sente ses entrailles criblées de jets, l’abbé la cramponnant aux hanches avec un sourd gémissement. Abattue, elle l’expulsa dans un flop, mais vite se précipita sur la queue amollie pour y boire les dernières gouttes.

Le grand rassemblement fut une totale réussite. Christine eut la surprise et la joie de voir son Voltairien de père filmer les évènements où elle avait déployé tous ses talents d’organisatrice. Il invita même l’abbé – et le curé lui donna l’autorisation de répondre à l’invitation en l’incitant à déployer tous ses talents de fin casuiste – et elle assista à une joute oratoire dont son guide spirituel (et charnel) se tira avec les honneurs de la guerre, puisque son père lui-même conclut à un match nul, tout en déplorant qu’une telle intelligence fut gâchée à servir l’obscurantisme.

 

 

Christine

C’était donc hier, samedi, que, discrètement, elle avait rejoint le prêtre qui venait de quitter le salon familial après le digestif, par la sacristie et que ceint de la Sainte étole, il l’avait conduite à l’autel, s’offrant à sa bouche tandis que de la main, elle caressait son sexe sanctifié par l’eau bénite pour arriver à l’extase.

Elle avala l’hostie tout en retrouvant le goût de la semence du ministre de Dieu qui maintenant faisait communier sa mère.

 

Maurice-Charles de Thélème

Repost0
30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 12:00
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache

« la roube li a souslevée

le vit li a el con bouté

Et li vilains abeuwetoit

a l’huis et vit tout en appert :

le cul sa femme descouvert

et le prestre si par desseure. »

 

Cet extrait d’un fabliau du XIIIe siècle qui donc, en termes des plus crus, nous conte la copulation d’un prêtre, démontre que la moquerie sur les curés et moines paillards ou les nonnes friponnes plonge loin ses racines ! Alan Pedroso s’inscrit dans cette longue tradition et qui n’est pas que française. Mais qui, aux Etats-Unis, se double d’une concurrence entre églises sur le supermarché de la foi.

Alan Pedroso : l’anti-calotte potache

Il serait anachronique de parler d’anticléricalisme à propos des fabliaux, de Villon, de Rabelais, de Boccace, etc. Des chansons paillardes qui moquent le curé de Camaret, le prêtre au boxon, les moines de St-Bernardin ou d’ailleurs. Des nombreuses illustrations de nonnes lubriques, sadiques aussi, de moines saoulards et paillards, de prélats dévergondés. Bref le vieux fond gaulois – au sens de gauloiseries bien sûr, pas au sens que lui donnent les débiles « de souche » - de railleries qui se gaussent de l’hypocrisie de tous ces religieux qui ne pratiquent pas les vertus qu’ils prêchent.

Cependant la littérature libertine, comme Le Rideau levé, HIC-et-HEC, Thérèse philosophe ou encore Dom Bougre, va au-delà de la simple satire des mœurs quelque peu dissolus du jésuite Jean-Baptiste Girard ou de l’abbé Duval des Fontaines, pédophile notoire.

Comme le notait Sade, à propos de Thérèse philosophe, ces ouvrages mêlent la luxure à l’impiété.

cliquer pour agrandircliquer pour agrandir

cliquer pour agrandir

Ces illustrations et libelles plus ou moins sous le manteau ne sont pas une exclusivité française.

Ainsi peut-on voir un peintre de la cour autrichienne comme Martin Van Meytens ne pas hésiter à nous peindre le délicieux verso d’une nonne sur son agenouilloir !

cliquer pour agrandir
cliquer pour agrandircliquer pour agrandir
cliquer pour agrandir

cliquer pour agrandir

Cliquer pour agrandir
Cliquer pour agrandirCliquer pour agrandir
Cliquer pour agrandir

Cliquer pour agrandir

La très catholique Espagne a eu ses moments de glorieuses satires, avec Los Borbones en pelota où le confesseur et une  bonne sœur participent joyeusement aux partouzes de la reine. Mais des petits livrets illustrés plus populaires connurent aussi une diffusion plus ou moins légale.

 

Le même genre de littérature populaire eut cours aux Etats-Unis, ciblant l’église catholique avec ses nonnes et ses prélats. Mais là, plutôt que de satires religieuses, il s’agit de concurrence religieuse : cette dénonciation des infamies des papistes vise à attirer les croyants vers d’autres chapelles, non à leur faire fuir toute religion.

Cartes postales espagnoles (début du XXe siècle)

Cartes postales espagnoles (début du XXe siècle)

La photo a évidemment exploité cette veine moqueuse. Les figurants de ces clichés ne sont pas toujours très convaincus de leur rôle ni très convaincant.

Des planches de cartes postales – qui ne devaient sans doute pas trop servir à cet usage – sont éditées sous le manteau en France, bien sûr, mais aussi en Espagne et ailleurs.

 

 

 

cliquercliquercliquer

cliquer

« Je hais le bon goût. Tout créateur doit le proscrire comme la pire chose »

Helmut Newton.

C’est sous ce patronage que se place Alan Pedroso, photographe dont on sait peu de choses sinon qu’il opère à Miami.

 

Comme il n’est pas avare de formules, il nous assène que « Le but de l’art n’est pas de représenter l’aspect extérieur des choses, mais leur signification profonde ».  Il ajoute « Nous ne voyons pas les choses comme elles sont, nous voyons les choses comme nous sommes ».

CliquerCliquerCliquer

Cliquer

Dans sa production qu’on pourrait appeler profane, on trouve des nus féminins plus ou moins classiques, avec parfois une touche newtonienne. Mais il donne aussi dans les jeux sado-masos – fesses rougies, ficelage – voire dans le franchement gore, comme on dit.

Alan Pedroso : l’anti-calotte potacheAlan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potacheAlan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache

Il prétend être inspiré par les films des années 80 ou 90, mais ses œuvres font plus penser à des romans-photos hards qu’à des chefs d’œuvre du 7e art. Et dans l'art de suggérer un scénario, il est cent coudées en dessous de Marc Lagrange.

Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache

Il met en scène des pièces, que l’on n'ose dire de patronage, mais jouées avec un amateurisme naïf et souriant. Les fausses écolières, sévèrement châtiées par des nonnes perverses, ont largement passé l’âge d’aller en jupette à l’école des sœurs. Ces victimes ne montrent pas un effroi très convainquant quand, sadiquement, elles sont fessées ou suspendues menottées.

Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potache

L’aumônier de ce pensionnat n’est pas en reste, quand il s’agit de faire rougir les fessiers, mais il conclut le châtiment par une sainte gâterie.

Roman-Photo fabriqué à partir des clichés de Pedroso qui s'y met en scène !
Roman-Photo fabriqué à partir des clichés de Pedroso qui s'y met en scène !

Roman-Photo fabriqué à partir des clichés de Pedroso qui s'y met en scène !

Comme il se doit les curés en goguette, portés sur la bouteille, s’adonnent à des activités peu catholiques, comme le strip-poker avec des nonnes. Et ils n’hésitent pas à se livrer à des turpitudes que la morale réprouve avec nos pensionnaires montées en graine ou pire encore avec les bonnes sœurs elles-mêmes.

cliquer pour agrandircliquer pour agrandircliquer pour agrandir
cliquer pour agrandircliquer pour agrandir

cliquer pour agrandir

Pedroso encore en scène

Pedroso encore en scène

Alan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potacheAlan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potacheAlan Pedroso : l’anti-calotte potache
Alan Pedroso : l’anti-calotte potacheAlan Pedroso : l’anti-calotte potache

On est loin* de la transgression d’un Montoya, certes. Alan Pedroso ne marquera sans doute pas la photographie par la puissance de son art. Ses scénettes sont cependant, dans le jeu approximatif mais joyeux de ses figurants,  des plus plaisantes.

 

De mon point de vue … et si vous ne le partagez pas …

 

 

 

Alan Pedroso : l’anti-calotte potache

* Mais plus près sans doute, comme le suggère PL (voir le commentaire) d'Harakiri mensuel

En ANNEXE

 La présentation du "Couvent de la bête sacrée" sur Arte et la bande-annonce du film

 

Genre : bijou blasphématoire.

D'abord la mise en garde de rigueur : ce film japonais est un fleuron d'un sous-genre, le « nuns sexploitation movie », ou film érotique qui s'attache à faire subir le pire et le « meilleur » à des nonnes. Et, dans ce couvent très spécial, on ne recule devant aucun outrage : objets de culte détournés, viols de couventines, tortures en tout genre (avec un goût prononcé pour la flagellation) et saphisme, évidemment. Si la divine Hayumi prend le voile et débarque dans cet enfer, c'est pour dévoiler les causes du décès de sa mère, nonne au même endroit, dix-huit ans auparavant.

Cet objet de cinéma est fascinant, avec son scénario pas permis et ses plans à l'esthétique stupéfiante. Le réalisateur décadre les visages pervers ou suppliciés et joue des trois couleurs dominantes, blanc et noir de l'habit des soeurs, et rouge sang. La scène où l'héroïne est fouettée avec des bouquets de roses est d'une beauté renversante. Ultime surprise : dans ce Couvent sommeille une vraie réflexion sur l'existence de Dieu (où était-il durant Nagasaki ?). Un film troublant à bien des égards. — Guillemette Odicino

Télérama

 

Présentation

Bande annonce

Le film

Repost0
25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 15:43
Lecture d'été : Colette ou les amusements de bon ton
Lecture d'été : Colette ou les amusements de bon ton

Colette ou les amusements de bon ton, roman orné de 12 illustrations en couleurs de Paul-Emile Bécat, signé Spaddy, a été publié par Maurice Duflou en 1936.

Publication sous le manteau, sans doute. Spaddy est un pseudonyme utilisé et par un certain Johannès Gros et par Renée Dunan, l’auteure des Caprices du sexe. Comme J. Gros a aussi donné dans la littérature érotique clandestine, certains lui attribuent la paternité de Colette et de Dévergondages qui en est la suite. C’est la thèse de la librairie Curiosa. En revanche, l’éditeur Dominique Leroy penche pour l’attribution à la prolixe Renée Dunan.

Lecture d'été : Colette ou les amusements de bon ton

L’héroïne, mariée à un homme nettement plus âgé, adepte du candaulisme,  qui a eu une fille d’un premier lit, demande à son amant : « Montrez-moi que vous seriez le digne partenaire de tous les libertinages de bon ton! ». Amant qui est le narrateur et qui la décrit crûment : « Décidément, il n’y a femme du monde plus putain que Colette. Exhibitionniste, nymphomane, gousse, fellatrice, sodomiste, buveuse de sperme, raccrocheuse, garçonne et don Juane, elle a tous les vices et pratique toutes les débauches jusqu’à forniquer avec les bêtes, les enfants et les soutanes. »

De fait, elle confie : « au pensionnat, je branlais l’aumônier à la chapelle tous les samedis de confesse! Qu’il en avait un morceau, mon cher ! C’est même le premier homme que j’ai branlé. Il me disait chaque fois après avoir joui dans sa chemise: «Dieu vous le rende, mon enfant !» ». Au centuple pourrait-on ajouter.

Et sa belle-fille qui, ingénument, annonce qu’elle préfère un vit d’homme à un vit de chien, lui explique : «  j’ai fait comme je t’ai vue faire, Tantine! J’ai pensé qu’il n’y avait pas de mal ! Oh! tu sais, je n’ai eu qu’à lui montrer ma motte ! On voit qu’il est dressé, ton épagneul ! ».

 

Le récit n’est donc qu’une suite d’amusements de bon ton. Il démarre sur les chapeaux de roue avec la double initiation d’un jeune cousin de quinze ans (1er extrait) et se termine par une scène exquise de zoophilie (dernier extrait).

Et si les dialogues sont des plus crus, le roman est écrit dans une langue raffinée, comme les dessous de Colette : "Un arome doux et chaud d’origan légèrement alliacé montait de l’aisselle blonde de Colette."

 

Le roman est téléchargeable (format *.pdf)

EXTRAITS

Lecture d'été : Colette ou les amusements de bon ton

- Non, mais..., Colette!...

- Ben quoi, y a pas de mal!... Pas vrai, mon loup?... Tiens, regarde!...

Assise dans un rocking-chair, en face de son cousin, autour de la table où nous prenons le café, elle continue tranquillement de remonter son peignoir de mousseline jusqu’au nombril, car elle est toute nue par-dessous.

- Hein! si c’est joli! fait-elle au gosse qui en est bouche bée.

- Tu n’es pas un peu dingo! dis-je. Un gamin de quinze ans, qui est encore dans les jupes de sa mère!...

—[…]

-N’est-ce pas, mon chou, que tu veux lui prêter ton petit cul?

- Oh! C’est sans façon! acquiesça-t-il avec simplicité.

- Es-tu seulement puceau de ce côté?

- Oh! puceau, cousine, je ne saurais dire, quoique frère Epagathe m’assure qu’il ne me le met que sur les bords !

Aveu dénué d’artifice qui dissipa mes derniers scrupules.

- Eh bien, mon cousin, repartit Colette dans un éclat de rire, tu auras la douceur de perdre à la fois tes deux pucelages... Viens, chéri, viens jouir!...

En fouteuse fantaisiste qui trouve un raffinement à l’incommodité des postures, elle se renversa de dos sur un grand pouf de satin rouge fort bas, assez large pour recevoir sa croupe exquise. Les bras ballants, les seins pointés par la cambrure de son buste à moitié rejeté hors du siège, la tête pendante, elle offrait son ventre d’albâtre dans le voluptueux évasement de ses cuisses qu’elle avait repliées contre ses flancs.

- Va, chérubin, dit-elle, va, enconne-moi!... Vois comme je te la présente bien, ma vulve!...:

Je poussai rageusement le gosse contre les belles fesses à demi retournées, je lui pris moi-même le vit et fichait le gland dans le milieu de la sente poilue.

-Eh bien! allons, donne un coup de cul! lui dis-je.

La queue pénétra avec aisance, non sans arracher un cri d’émoi à Colette.

- À présent, ajoutai-je, ne bouge plus, que je te cale ma pine dans le cul.

Je lui ployai l’échine, mes jambes entre les siennes.

- Cambre-toi bien... encore... comme une chienne...

La croupe se creusa, arrondit sa saillie ravissante; j’écartai les deux fesses teintées de rose et la tête de ma verge une fois abouchée au gentil pertuis, je fis aller mes reins.

- Tiens! mon René, que je te perce ta pièce de dix sous...—

 - Aïe!... aïe!... hurla le gosse sous la vigueur de mon effraction.

- Encore un peu, mon gros... tiens!...

D’un second branle je le pénétrai entièrement sans pitié pour ses cris. Et l’enserrant dans les cuisses de ma maîtresse auxquelles je m’agrippai:

- Te voilà dépucelé et enculé, dis-je. À présent, baise, je me réglerai sur tes coups de ventre.

- Oui, va, soupira Colette qui lui avait enlacé le cou de ses bras. Fais-moi ça gentiment, petit mignon... Est-ce bon, dis-moi, mon con... un joli con de cousine?...

Elle avait posé un de ses talons sur l’épaule de René, qui, ventre à ventre, la tenait de ses deux mains par-dessous les fesses.

Moi, en un étroit emboîtement aussi du cul juvénile, je le sodomisais sur le même rythme dont le gamin allait et venait dans le con de ma chère maîtresse. Mais dans mon dépit qu’il m’en disputât ainsi la faveur, j’eusse voulu lui rompre l’anus; et bientôt je m’emportai à une pédication si violente qu’il en cria de douleur.

- Baise-la donc!... baise-la donc!... lui disai-je, les dents serrées du spasme qui montait. Baise-la, ma garce!... tu ne vois donc pas qu’elle râle et qu’elle attend ton foutre!

Effectivement, Colette était déjà dans les convulsions de l’extase. Son ventre bondissait; ses souliers de velours rose qu’elle avait croisés maintenant sur la nuque de René, me cognaient la figure de leurs frétillements et excitaient ma rage lubrique par le défi qu’ils me jetaient de son plaisir.

-Va!... va!... clamait-elle dans l’alternance de ses interjections de bonheur; va, mon loup... donne m’en de ta petite bitte de gosse... Pique... pique... ah!... ah!... sur les bords, mon petit... sur les bords... c’est si bon!... ah!...

Redoublant la vigueur des secousses dont je l’ébranlais à travers le cul de ma tapette, je lui criais:

- Garce! roulure! chienne en chaleur! mais jouis donc!...

Elle suffoquait de plaisir.

- Oui! oui! ta garce!... dis-le que je suis ta garce!...

- Une putain de bordel! et je te ferai enconner par tout un régiment!...

- Oui! oui! devant toi!... ah! ah! je jouis! je jouis!... Va, mon gosse, va, pousse, pousse... Ah! ah! mais vas-y! jouis... jouis donc!...

Elle se tordait, dans la vaine attente d’un bonheur partagé, fustigeant le gosse dont elle happait à grands coups, de son conin en délire, la décevante virilité.

- Mais tu n’as donc pas de foutre! clamait-elle.

J’étais à l’instant de jouir. Je dégainai brusquement. Je bousculai le fouteur impuissant, et saisissant Colette par les cuisses, avec l’âpreté farouche d’une jalousie mordue au sang, je la poignardai de ma mentule. Ma véhémence la fit hennir de joie et la cabra dans un sursaut de tout son être.

- Du foutre! tu veux du foutre, salope? Tiens, en voilà!...

Et je n’avais pas fait plus de quatre navettes dans son con qui me brûlait comme braise, que j’y lâchai le flot de ma semence. Ma tête entre ses genoux ramenés sur les seins, mes mains à ses épaules, j’ahanais, scandant les secousses de mes reins:

-Tiens! tiens! gorge-t-en de mon foutre, que j’en fasse déborder ta fente!...

Quand je l’eus déconnée, je la relevai sur son séant, et plaçai René à genoux entre ses jambes, la bouche à son conin tout écumeux. Et pendant qu’il gamahuchait la chaude fille sous le ruissellement de la liqueur spermatique, je l’enculai, et cette fois jusqu’à complète éjaculation.

Lecture d'été : Colette ou les amusements de bon ton

Récit en flash back : le narrateur, l'amant, raconte ici la première rencontre avec Colette aux Folies-Bergère.

 

- Venez-vous? dit-elle à son mari.

Comme sur un mot d’ordre, celui-ci nous mena au lavabo. La préposée lui fit un sourire de connaissance, il lui glissa un petit billet, et elle nous ouvrit une porte qu’elle referma derrière nous.

Aussitôt Colette se suspend passionnément à mes lèvres, le buste cambré sous mes mains, son ventre lascivement mouvant contre le mien. Puis, elle se baisse, me caresse le vit du bout de sa langue, l’embouche, donne deux ou trois coups de pompe, enfin se relève et se met en posture.

D’un geste gamin de son pied de Cendrillon, elle a saisi le bas de sa robe qu’elle remonte à la taille; appuyée des mains au rebord de la cuvette, elle se penche, fait saillir sa croupe sous le satin mauve de sa culotte dont la fente qui bâille trahit les adorables secrets d’une raie profonde entre les deux reliefs charnus d’un blanc de neige.

- Va, me dit-elle à mi-voix, choisis à ton gré le chemin qui te tente... Les deux me sont également agréables!

- Eh bien! répondis-je, nous ferons les deux promenades... Allons d’abord à Vénus!...

Et je l’enconnai. Elle, alors, tirant la queue de son mari, se mit à lui tailler une plume pendant qu’avec vigueur je fourgonnais son étroit vagin. Dans l’état d’érection où j’étais depuis une heure, ce ne fut pas long. Il ne me fallut pas dix secousses pour toucher au but. Et comme mon habile baiseuse avait su emboîter un pas égal au mien, je l’entendis gémir de jouissance au moment même où mon éjaculation lui emplit le conin de sa lave. J’étais encore en forme.

- À présent, fis-je, un petit tour à Sodome!

Et déjà, je m’engageais dans la voie de la terre jaune, quand Colette se redressa :

- Varions la chose, Monsieur, dit-elle. Vous m’avez baisée en levrette, enculez-moi en gamin... J’aime ça de me pourfendre moi-même!

Je m’assis sur le siège, et elle m’enjamba par-devant. Se haussant sur la pointe de ses petits souliers, une main à mon épaule, l’autre à mon vit, elle empala son anus en une lente pression des fesses. Elle y alla jusqu’aux poils, non sans étouffer quelques gémissements où le plaisir se mêlait à l’acuité de la perforation.

Quand elle fut entièrement chevillée, sa bouche exquise rendit un soupir d’aise sur ma bouche. Un bras passé à mon cou, nos lèvres jointes, nos langues en bataille, elle partit en poste. Ah! Dieu! Qu’elle chevauchait bien, soulevée et abaissée alternativement sur ma quille à la molle cadence d’un petit trot pour prolonger le plaisir de la route.

Tout en cheminant, de sa jolie main distraite, elle machinait par à-coups le priape de son bonhomme dont toute l’extase était dans les yeux qu’il avait rivés sur le cul de sa femme.

Le bonheur, cette fois encore, nous enveloppa, elle et moi, dans la même félicité. La jouissance qui tordit la jeune femme sur mes cuisses renversa si vivement son torse en arrière que ses deux seins en bondirent hors du corsage, offrant à ma bouche la saveur de leurs baies vermeilles.

- Oh! que c’est bon! que c’est bon!... soufflait-elle entre ses dents, sous l’afflux de ma semence, la gorge haletante, l’œil voilé.  Ah! que tu décharges fort... Ah! ah! encore!...

Accolée à ma poitrine, ses bras en collier, à grands coups de cul manœuvrant  la pointe de ma mentule, elle pompait avidement de son sphincter les dernières gouttes qui dégorgeaient du méat.

- Ah! que je jouis!... que je jouis!... râlait-elle à mi-voix sur ma bouche.

D’un mouvement convulsif, sa motte se frotta à ma toison que je sentis se baigner d’une abondante rosée, puis la jolie tête s’alanguit sur mon épaule. Un arome doux et chaud d’origan légèrement alliacé montait de l’aisselle blonde de Colette.

Nous nous déliâmes enfin. Jupe à la taille, prenant ma place sur la cuvette, très placidement elle se mit à pisser, tandis que de ses doigts effilés elle faisait monter au sommet de ma verge une dernière goutte qu’y cueillit sa bouche mutine.

Là-dessus, la jeune femme se releva, et, sa robe rabattue, elle vint gratter à la porte. La préposée nous ouvrit aussitôt qu’elle put nous ménager une sortie. Elle nous salua avec toutes les marques de la plus grande considération. Au vestiaire, Colette congédia fort lestement son mari.

Lecture d'été : Colette ou les amusements de bon ton

Insatiable et d’une volupté qui se revivifiait de ses excès mêmes, Colette ordonna une dernière figure. Les trois femmes se disposèrent en levrette, à la file indienne. Colette occupait la place du milieu. Foutue en con par la Pékinoise, elle foutait en cul la mulâtresse dont j’avais, assis sur un siège bas, la tête crépue entre mes cuisses. J’embouchai ses lèvres épaisses et suavement ourlées comme j’eusse enconné une petite jument. Elle me pompa, suça et picota le dard avec un talent de fellatrice dont ces peuples d’Asie, élevés dans le culte de la fornication, ont le secret.

Un doigt plongé dans mon anus, ceux de son autre main me faisant mille pattes, tandis que sa bouche et sa langue multipliaient leurs artifices, la Malabaraise eut raison de ma lassitude. La résistance prolongée de mon organe creva soudain en une jouissance indicible sous l’ardente et acharnée ponction qui me semblait tirer, en un souffle de feu, toute la substance de mon être.

Mourantes de plaisir sous leurs phallus de cire et sous l’agilité du doigt dont elles se clitorisaient mutuellement, les trois gousses s’effondrèrent l’une sur l’autre.

Lecture d'été : Colette ou les amusements de bon ton

- Allons, ne grogne pas, chéri! Est-ce de ma faute si l’on me suit comme une chienne? me disait Colette, cet après- midi, après m’avoir avoué, avec une tranquille inconscience, qu’elle venait, à l’instant, de se faire lutiner sous une porte cochère.

Mon sang n’avait fait qu’un tour.

- Quoi! il n’y a pas quinze jours que je suis ton amant...

- Eh bien! de quoi ça te prive qu’un zigomar que tu ne connais pas plus que moi m’en ait mis un coup? Est-ce que je t’empêche de baiser qui tu veux?... J’aime la fantaisie et la diversité! Ne t’ai-je pas averti?... Et puis, encore une fois, je te le demande, qu’est-ce que ça peut te fiche qu’un de plus monte sur la voiture?... Mon vieux, t’es pas à la page!...

- Salope!... ça te prend donc comme une envie de pisser?

- Puisque je suis nymphomane, fit-elle avec ingénuité, tout en mirant dans la glace la grâce de son visage.

- Raconte-moi comme ça s’est passé?

- Comment ça s’est passé? Oh! bien simplement! C’était aux Champs-Élysées, je sortais du Fouquet’s;  je croise mon type, je lui jette une œillade, il se retourne, je me retourne; il comprend, fait demi-tour, m’emboîte le pas et m’aborde.

«— Charmante enfant, où courez-vous si vite? — Pas chez mon mari. — Je m’en doute, mais chez quelque amant fortuné? Bien sûr. L’heureux mortel! Ne puis-je me substituer à lui pendant une heure? — Une heure? vous n’y pensez pas, Monsieur! — Eh bien! nous mettrons les bouchées doubles! Ce ne sera l’affaire que d’une demi-heure. — C’est encore trop pour une fantaisie! — Alors, quoi, sur le pouce? Pourquoi pas? En chambre? J’ai horreur du meublé. En voiture? C’est bien banal. Je ne vous propose pas le métro, il n’y a pas d’affluence à cette heure. — Oh! D’ailleurs, lui objectai-je, j’aimerais quelque chose de plus inédit. — Ah! fort bien! fit-il, très amusé; je ne déteste pas non plus l’originalité. Que vous semblerait... voyons... d’une porte cochère? — Ça c’est une idée!» acquiesçai-je.

Nous avons bientôt trouvé une entrée qui se prêtât à ce caprice... Allons, mimi, fais donc plus la tête! Puisqu’on ne se connaissait pas! que personne ne l’a vu et que je te le raconte! Alors! C’est-il pas pleurer pour rien?...

- Pour rien? Tu appelles ça pour rien? que j’en bande seulement d’y penser! Continue, lui dis-je en mordant goulûment ses lèvres cyniques. Vautre-moi dans ta fange!

- C’était, poursuivit Colette, un couloir pas très éclairé, avec une loge en retour et la porte d’entrée ouverte seulement d’un battant. «Voilà qui est à merveille!» dit mon type. Et nous entrâmes. Oh! ce ne fut pas long!... Il m’a poussée dans le coin du battant fermé et m’a dit de me mettre comme pour rattacher ma chaussure.

-Oui, je vois, en levrette! ai-je interrompu. Garce, en levrette, que c’est encore plus salaud!

- Bien sûr, en levrette! tu penses, si debout, c’eût été commode!..

- Ça va!... Enfin, tu lui as donné ton cul!...

- Oh! Qu’en a-t-il vu? Il n’y a pas mis le nez dessus!... J’ai posé le pied sur le chasse-roue, et me suis courbée, faisant mine de renouer mon ruban. Ainsi, en bonne posture, il m’a soulevé la robe et le jupon. J’ai senti sa main qui écartait ma culotte... Je te dis qu’il ne regardait même pas... Tu comprends qu’il fallait que ce soit à l’esbroufe... Un coup de cul: j’avais sa pine dans le con... Mon vieux, c’est entré sans que je dise «ouf!».

- Pétasse! poufiasse!... et tu as trouvé ça bon?

- Tiens, cette affaire! Sûr que c’était bon!...

Lecture d'été : Colette ou les amusements de bon ton

Colette et son amant, avec une amie-amante, sont entrés dans un immeuble.

Se déliant de l’étreinte de l’amie, elle monta jusqu’au palier, s’accouda à la rampe, sa cape retournée sur les reins, et superbe d’insolence, face à la porte de l’appartement, cuisses et cul nus, se mit en posture de levrette.

- Eh bien! Qu’attends-tu? dit-elle à mi-voix en me voyant figé sur place.

J’avoue que je fus sur le point de caner.

- Si tu ne viens pas, je fais un esclandre! menaça-t-elle de là-haut dans l’exaspération de sa nymphomanie.

Je la savais capable de tout, et je vis un moindre risque à lui céder. D’ailleurs, je bandais terriblement. En deux secondes je fus auprès d’elle. Je la pris par les flancs et fis pointer ma verge.

Colette s’en saisit d’une main par-dessous ses cuisses et s’en ouvrit le bijou. Je poussai dur et, mouillée comme elle l’était, d’un coup je l’enfilai.

À nos côtés, Lucine, spectatrice silencieuse et prudente, nous couvrait de son corps. Mes jambes imbriquées à celles de Colette, mon ventre épousant étroitement son cul, je la besognai avec la hâte d’un chien, sans prendre le temps de savourer. Un pressentiment me disait de faire vite. Je mis l’avance à l’allumage ; ah! bougre, si j’en donnais! Une sorte de fureur me faisait heurter avec violence les fesses et fourgonner sans pitié dans les chairs froissées du cul!

- Ah! Qu’il y va de bon cœur! soupirait-elle. Tu as donc le feu au cul! Oh! que tu fais bien ça! Oh ! ces secousses!...

Lucine, par-devant, lui grattait le bouton ; son autre main se jouait sous mes couilles. Il ne me fallut pas plus de dix coups de queue pour jouir. Et dans mon ardeur à lui éjaculer mon foutre au plus profond du conin, je la soulevai par les cuisses au moment où mes canaux rompaient leurs écluses.

Colette se pâmait encore sous les derniers spasmes de mon vit dégorgeant quand la porte s’ouvrit derrière nous. Aussi vite que l’éclair, j’avais déconné, rentré ma queue, rabattu la cape, tandis que Lucine, penchée par-dessus la rampe, s’appliquait à donner le change que nous attendions quelqu’un.

Et nous vîmes passer et descendre une jolie fille de seize à dix-sept ans qui tenait un fox en laisse. La rougeur subite dont se marbra son beau visage de blonde, le regard à la fois gêné et plein de curiosité dont elle nous fixa attestaient qu’elle en avait assez vu pour être édifiée sur les raisons de notre posture.

À mi-étage, elle leva les yeux vers nous, comme sous la force invincible d’un attrait. Colette s’était redressée, et laissant plomber les deux pans de sa cape large ouverte, elle étalait avec affectation jarretières à sa gorge.

Comme la charmante demoiselle s’arrêtait, bouche bée, figée dans le trouble de cette incroyable provocation, ma maîtresse porta la main à sa toison et, l’autre poing sur la hanche, troussant crânement un côté de sa mante, avec l’audace d’une rare impudeur, elle se mit à se branler, d’un geste très Régence. Aussi excitée par ce libertinage que stupéfaite de cette publicité, la belle enfant semblait clouée sur place.

- Eh bien! mignonne, lui jeta Colette d’une voix étouffée, cela ne vous donne-t-il pas l’envie d’en faire autant?

En même temps, elle tirait mon vit de la culotte et, sans plus de façon, de la main qui drapait sa cape, elle se mit à me masturber.

Alors, à notre stupeur, nous vîmes la fille nous faire face, trousser sa robe par-devant, en nous souriant de la plus gracieuse manière, entrebâiller décemment son pantalon de batiste, et sur un ordre bref, son fox se dresser et lui planter son museau sous la motte.

Adossée à la muraille, les pattes du chien dans ses mains, son bleu regard sur nous, elle semblait accorder son plaisir au rythme de la triple branlade dont Colette et Lucine lui donnaient le régal. En quelques lapements elle parut chanceler, fléchit sur ses genoux et nous perçûmes les halètements de sa jouissance, juste comme, à travers les volutes de fer forgé, les flocons de mon sperme s’épanchaient dans le vide.

Ses jupes retombèrent; elle nous salua d’un air correct, et disparut dans la marge de l’escalier.

Repost0
3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 21:11
Lecture d'été : Les caprices du sexe

« Les caprices du sexe », signé Louise Dormienne  est communément  attribué à Renée Dunan.

 

Née en 1892 d’une famille bourgeoise et élevée jusqu’à l’âge de seize ans dans un couvent, Renée Dunan débute sa carrière de critique littéraire en 1919 et tient des chroniques dans de nombreuses revues socialistes et anarchistes. Elle fut à la fois ou à tour de rôle dadaïste, anarchiste individualiste, pacifiste, adepte du naturisme, féministe, écrivain de grand talent et critique littéraire redoutée. Elle fut aussi l’une des toutes premières femmes qui osa publier des romans érotiques sous une pléiade de noms d’emprunt, dont Renée Caméra, Marcelle La Pompe, Spaddy, A. de Sainte-Henriette, Georges Dunan, Ky C. et Louise Dormienne, le pseudonyme sous lequel elle publia Les caprices du sexe (Illustration de Viset - Luc Lafnet - pour l’édition de 1928).

 

 

Lecture d'été : Les caprices du sexe

Alexandrian, dans son Histoire de la littérature érotique donne le ton du livre : « Ce roman conte les « audaces érotiques » de son héroïne en trois parties: « S'offrir - Se vendre - Aimer. » Louise de Bescé, fille d'un marquis, habitant un château au bord de la Loire est troublée de surprendre un couple de paysans se possédant furieusement, et de recevoir les confidences de la maîtresse de son frère. Louise se soumet alors au cunnilingus au docteur de Jacques de Laize, puis est déflorée par un ouvrier maçon. Craignant d’être engrossée, elle fuit la maison paternelle pour Paris. Elle va aller d'aventures en aventures. Forte de ses connaissances, elle décide alors d'être souverainement perverse : Une Bescé peut tout faire, rien ne l’avilit décréte-t-elle. Elle s’adonne joyeusement à la prostitution. Elle devient alors une maîtresse-femme, dans tous les sens du terme, se gaussant des hommes et de leur complexe de supériorité: «Qu’est-ce qu’un homme? Une virilité… Mais combien faut-il de temps pour qu’une femme habile fasse de la plus fière des verges mâles…un chiffon ?»

Au sortir d'une débauche, Louise retrouve son premier amant, de Laize, toujours amoureux d'elle, qui lui propose de l'épouser. Elle se récrie : « J'ai été aimée par tous les bouts, ou plutôt par tous les orifices, et devant et derrière, et en haut et en bas. » Il répond: «Que m’importe. C’est l’âme que je veux en vous et le corps offert comme une âme en chair. Alors je vous aurai toute neuve… Les mains d’une femme ne sont pas déshonorées parce qu’elle aurait récuré des casseroles, ni sa bouche parce qu’elle aurait eu la nausée.» Si bien que Louise se marie… .

 

Elle devient mère et, comble de l’ironie, est nommée présidente de la «Ligue pour la chasteté avant le mariage»!

 

Les Caprices du sexe illustre parfaitement la devise de Renée Dunan : «Il faut oser, car la morale est ailleurs que là où on l’imagine

 

Sources : Librairie Curiosa et Anne Archet

Quelques extraits

Lecture d'été : Les caprices du sexe

De la terrasse, on voyait la Loire onduler lourdement sur son lit de sable roux.

Louise de Bescé, mince et blanche silhouette indolente, s’approcha de la balustrade aux meneaux gothiques

Louise de Bescé rêvait. Elle se complut à placer, devant le spectacle qui, en ce moment, emplissait ses rétines, des personnages de romans favoris. Julien Sorel, raide et hautain, passa devant ses yeux. Puis Mathilde de la Mole, emplie d’un rêve orgueilleux et romantique devant le cadavre décapité de son amant.

Vivre en femme libre… vivre son propre destin… Un frisson agita la frêle adolescente emplie d’imaginations ardentes et frénétiques.

 

Un bruit de pas et de voix troubla soudain sa songerie magnifique.

Louise de Bescé se pencha sur la balustrade. Un couple venait à pas lents et balancés. L’homme, un jeune campagnard faraud et robuste, vêtu de velours fauve, portait une blonde moustache effilochée. La femme, une brune paysanne, bien en chair et de port orgueilleux, regardait droit devant elle avec une sorte de gravité satisfaite. Soudain, [elle] tourna vers lui une face tendue où les yeux luisaient.

Louise vit brusquement le bras féminin s’avancer jusqu’au ventre du mâle. Il y eut un arrêt et un geste mal compréhensible, puis, comme si la belle paysanne eut tiré un coutelas de quelque gaine cachée, sa main reparut, tenant une tige charnue, longue et à tête rouge.

La suite l’étonna tant que sa pudeur en disparut. Le couple s’était arrêté. L’homme, face stupide et bouche ouverte, les jambes un peu plus écartées que dans la marche, les bras ballants, se tenaient droit comme s’il allait tomber d’un bloc.

À peine inclinée, avec attention, appuyée de l’épaule gauche à son amant, elle caressait de la main droite l’objet que Louise de Bescé avait vu surgir tout à l’heure au bas-ventre viril. C’était évidemment le sexe : une façon de corne, grosse presque comme le poignet de la jeune fille, et dont l’extrémité écarlate semblait partagée en deux lobes dessinant la forme d’un cœur.

La femme maniait cet objet avec douceur et agilité. Elle le triturait de l’extrémité à la racine avec la paume et les doigts. Puis son mouvement s’accéléra et ce fut comme si elle frottait un bibelot cylindrique pour le faire reluire.

Soudain, le paysan prit nerveusement la main de sa compagne et l’immobilisa. Un cri hoquetant s’échappa de ses lèvres ouvertes. Mais la femme ne voulut pas arrêter sa caresse, et s’obstina avec un rire croissant. On eût dit que l’homme allait tomber. Il chancela et ses jambes tremblèrent. Une sorte de liquide lacté jaillit alors de l’organe mâle.

La femme s’essuya la main et sauta au cou de son amant – ou de son mari – avec un enthousiasme féroce. Un instant ils restèrent accolés.

 

 Tous deux s’approchèrent d’un contrefort en demi-lune. Louise vit la femme se pencher en avant, dans un creux qui permettait de n’être vu ni à droite ni à gauche par les passants qui auraient suivi le sentier. Elle releva sa jupe. Dessous, elle était nue. Elle offrit une croupe puissante, rattachée aux cuisses par des muscles saillants.

L’homme vint s’accoter sur les fesses charnues. Il tenta de pénétrer la gaine féminine et n’y réussit point. … la femme se mit à genoux devant l’autre, prit de la main le priape dont la rigidité moindre, sans doute, ne permettait plus l’acte à deux, et le flatta nerveusement. Le résultat fut nul. Alors elle se pencha vers le gland, et introduisit sans vergogne entre ses lèvres l’extrémité, assez semblable comme couleur et comme grosseur à un brugnon.

Le membre entrait doucement dans sa bouche, puis ressortait. Dès la quatrième sucée, le sexe redevint rigide. La paysanne agissait avec un naturel si parfait, une telle absence de réflexion et une simplicité si totale que la jeune fille, qui contemplait tout cela, n’eut pas sur-le-champ l’idée d’un acte spécifiquement impudique..

Mais à ce moment-là, jambes écartées et croupe haute, la paysanne s’offrait de nouveau. Sur ses fesses, la virilité, redevenue massive et écarlate, se dressait comme une arme menaçante. Se tenant d’une main au mur, et l’autre main passée entre les jambes, elle saisit le sexe pour l’introduire. Il y eut des erreurs et des échecs, puis l’organe pénétra dans la vulve et le couple s’agita.

De grands frissons passaient sur les cuisses nues et les fesses rigides de la femme possédée. L’homme allait lentement, d’une sorte de va-et-vient, et il s’appuyait aux hanches débordantes comme un noyé à une épave. De brèves saccades, par moments, agitaient le corps penché, dont les mains crispées égratignaient le mur.

 

Le mouvement s’accéléra. Prise comme une bête, la femme dirigeait encore le mâle qui la saillait. Elle tremblait comme un arbre agité. Soudain elle dit quelque chose, et Louise vit une des mains du mâle quitter la hanche, s’insinuer entre les globes charnus et glisser un doigt agité dans l’orifice supérieur…

Alors la femme eut un grand cri de jouissance et poussa des appels frénétiques :

— Vite… vite… vite !…

Lui tenta d’enfoncer plus profondément son sexe dans le corps grand ouvert. Ils s’arrêtèrent un instant, puis la jouisseuse plia les jarrets, s’abattit sur les genoux et roula enfin sur le dos. L’homme demeura stupide, debout, avec sa verge raide et luisante, qui lui battait spasmodiquement le ventre.

 

Louise vit, jambes ouvertes et ventre nu, le corps féminin qu’une toison épaisse et longue ornait entre les aines. Une ondulation lente en agitait encore les hanches. La paysanne soupirait comme dans une grande douleur.

 

Soudain, se levant sur son séant, elle regarda la virilité étalée et dit d’une voix sèche :

— Tu as joui ?

— Non ! dit l’homme, avec l’air de demander excuse.

— Attends ! Viens !

Il s’approcha. Elle se rua sur le membre écarlate. Louise pensa que c’était là une obligation pour celle qui se donne. Elle fit enfin comme si elle allait avaler cette chose énorme et ses lèvres l’engloutirent jusqu’à la racine.

L’homme leva les bras avec une sorte de hennissement. Son souffle s’accéléra. Il saisit des deux mains la chevelure de celle qui le possédait ainsi. La femme serra convulsivement les lèvres :

— Arrête !… arrête !…

 

Tous deux s’en allèrent. Avec une stupeur peu à peu atténuée, Louise de Bescé les regarda disparaître. Mais lorsqu’ils se furent éloignés, le sang lui couvrit les joues et elle se sentit défaillir.

Louise de Bescé revenait en méditant vers le château. Le spectacle amoureux dont elle venait d’être le témoin ne lui avait causé que de courtes révoltes intimes. Elle se tenait trop au-dessus de la plèbe paysanne pour que les actes de tels rustres pussent l’offusquer.

Lecture d'été : Les caprices du sexe

Louise espérait s’isoler, pensant que maintenant les hommes parleraient affaires entre eux et les femmes chiffons ou littérature.

Son désir fut déjoué. D’abord, près d’elle et sans la voir, dans un massif curieux, ménagé comme une chambre, la duchesse de Spligarsy était venue s’asseoir. Nul n’ignorait que Julia de Spligarsy fût la maîtresse en titre de César-Zani-Claude-Georges Timo de Bescé, frère aîné de Louise.

— Il vous aime, Julia ?

Elle haussa les épaules.

— Il aime qu’une femme du monde, aussi puissante que lui et aussi indépendante, fasse des choses de basse prostituée. Cela l’excite. Si je fais ces petites choses à votre frère, malgré qu’elles irritent mes nerfs sans me satisfaire, puisque j’en reste là, c’est d’abord parce qu’il m’a surprise un jour avec Simonin…

— Le garde ?

— Ah ! Louise, il va falloir que je vous révèle trop de choses. Enfin, puisque j’ai commencé… Mon Dieu ! que c’est gênant !… Voilà : Simonin est le seul homme qui me fasse réellement jouir…

— Comment cela ?

— C’est ainsi. Il me faut un… une… enfin, il me le faut très gros, parce que…

— Et pourquoi vous faut-il cela très gros ?

— Parce qu’en Amérique, j’ai eu comme amant un nègre.

— Eh bien ?

— Il me tentait, Louise. C’était un boxeur. Il avait une… verge – disons-le, à la fin, c’est bête de s’arrêter au mot à toutes les phrases –, il l’avait comme une demi-bouteille de champagne. Que voulez-vous, j’étais ardente et vierge, je voulais jouir. Il me semblait qu’un homme, pour être à hauteur de mes désirs, dût être doué d’un sexe étonnant. L’orgueil m’a guidée. Je me croyais la première pucelle qui se fît prendre par un mâle comme cela.

— Et alors…

— Ah ! ç’a été une comédie. Le nègre avait peur d’être lynché et il ne voulait pas. J’ai dû lui signer un papier constatant que je m’étais donnée à lui spontanément et que j’avais exigé qu’il me dépucelât. Il a soigneusement plié le papier, et… Ah ! ma chère Louise, j’ai cru mourir. Il m’a littéralement ouverte comme avec un couteau. Puis, le plaisir a fini par venir. Quand j’ai épousé le duc, comme j’étais jalouse de cette magnifique verge et que je ne pouvais amener le nègre avec moi, je l’ai fait empoisonner. Un médecin lui a enlevé l’organe et l’a traité de sorte que je le possède, tel qu’il me fit, deux ans, jouir comme aucune femme, je crois, n’a joui.

Stupide de cette confidence, Louise restait bouche bée.

— Je vous dévergonde, Louise. Bah ! je sais bien que vous êtes froide et ne ferez jamais une grande amoureuse. Aussi, ce que je vous conte vous mettra peut-être en garde contre certaines audaces, car moi, j’ai un tempérament…

— Mais Simonin ?

— Il a une verge extraordinaire, presque aussi belle que celle du nègre. Mais il jouit trop vite.

— Que voulez-vous dire, Julia ? Moi, je ne sais rien. Cela m’étonne…

— Tous les hommes, Louise, ne jouissent pas au bout de la même durée de contact. Certains ont le plaisir immédiat. Ce sont des amants exécrables. Nous autres, femmes, il nous faut plus de temps et nous n’avons avec eux aucune satisfaction. Mais un nègre réclame un quart d’heure de frottement. Alors nous pouvons nous entendre. Simonin ne me donne ce que je lui demande qu’au troisième « set ». Il y en a deux de perdus.

Louise se mit à rire.

— Entendre dire ces choses d’une duchesse de Spligarsy…

— Ma petite, vous en apprendrez d’autres et qui, pour ne toucher que des comtes et des marquis, n’en sont pas moins raides. Je pourrais vous en dire plus, mais…

— Dites…

— Non ! Louise, je ne veux parler que des seuls faits me concernant. Mais tout le monde ici est passionné et les sexes ne chôment pas.

— Le docteur de Laize, dites, n’a pas de maîtresse dans le château ?

Julia se mit à rire.

— De Laize aura toutes les maîtresses qu’il voudra – je ne vous dis pas plus – parce que c’est un amant dont la bouche connaît des secrets et sait donner aux passionnées de la « caresse » une joie parfaite.

Louise rougit violemment.

Ainsi, Louise de Bescé croyait mépriser l’amour parce qu’il crée une sorte d’universel mensonge pour justifier la jouissance. Un mâle comme de Laize, qui lui avait fait ce soir une déclaration, certainement sincère, pouvait être quand même un coureur de femmes. Il promenait ses paumes et son sexe sur tous les corps possibles… Pouah !…

 

Lecture d'été : Les caprices du sexe

Louise entra dans la pièce mystérieuse, laquelle était carrée et hermétique, ou du moins le paraissait. Les ossements se trouvaient rangés dans un coin. Louise sentit une émotion l’étreindre en voyant six chaînes avec des carcans, que l’on avait soigneusement disposés près des restes humains. Enfin elle se tourna vers l’unique ouvrier qui la regardait avec curiosité.

 

C’était un jeune homme, très brun de peau, à face olivâtre. Il avait des yeux infiniment tendres et une sorte de supplication en émanait. Louise sentit une mollesse atroce l’envahir. Cet individu, qui ressemblait si peu à ceux qu’elle connaissait, ces ossements, ces chaînes… et les heures de cette nuit sans sommeil… tout l’émut.

Et ce désir, en elle, ce désir grandissant qui l’immobilisait, le dos à la cloison, ce désir fou de se donner à cet homme, de le prendre comme amant, en fille de Bescé qui élève tous ceux qu’elle touche…

Entre ses jambes une brûlure s’épanouissait et elle croyait sentir les chairs se dilater seules pour recevoir…

Elle connut alors cette liquéfaction intime qui présage la volupté.

— Vous êtes souffrante, mademoiselle ? dit l’ouvrier.

De fait, elle devenait blême… blême…

Elle murmura difficilement :

— Non… je voudrais…

Ah ! ce sexe qui envahit tout en elle ! Louise n’est plus qu’une gaine ouverte, qui attend… qui brûle…

Alors, avec la brutalité d’une fille de grand seigneur, sans honte d’ailleurs, parce que la honte est le fait des gens du commun, elle s’avance vers l’ouvrier, les yeux luisants, puis :

— Je veux…

Elle se penche devant lui et relève sa jupe, comme elle avait vu faire à la paysanne et… quelques secondes passent, puis elle sent… Une sorte de fer chaud glisse dans un trou étroit que Louise veut désespérément dilater. Cela semble accrocher en elle des chairs qui souffrent.

Il y a un arrêt, puis une sorte de rupture douloureuse et qui ferait crier toute autre qu’elle, mais Louise de Bescé guette la volupté et ne se plaint pas. La souffrance passe à côté de sa conscience tendue. Son sexe s’ouvre éperdument, pendant que s’agite, dans la vulve contractée, une sorte de tige brûlante et gonflée.

La douleur, maintenant, emplit Louise de joie. Elle veut souffrir encore. Cette épreuve est à la hauteur de sa sensualité énorme. Elle se souvient de la juive et de son nègre à la verge monstrueuse. Elle aussi connaîtra ce plaisir.

Et brusquement, la jouissance monte. C’est une sorte de caresse, non pas dans son sexe, mais au long de ses vertèbres, un frisson qui agite en elle des organes sensibles et charmants. Elle sent cela, et son cerveau s’en emplit d’un coup. Au même moment, elle sent que l’homme auquel elle s’est donnée jouit à son tour. Une sorte de battement touche au fond de sa vulve gonflée des muqueuses érigées et sanguines, puis un filet liquide arrose à petits coups, en son tréfonds, un organe ouvert comme une bouche.

Et le mâle, que la joie tient, fait un effort d’instinct pour pénétrer plus profondément en cet anneau charnu qui lui serre la verge comme un étau.

Mais Louise songe que cela c’est la liqueur séminale et qu’elle peut enfanter. C’est une pensée si atroce qu’elle se retire de l’étreinte, folle d’épouvante, baisse sa jupe et s’élance sur l’échelle qui redescend vers la pelouse. Elle n’a même pas regardé son premier amant. Elle fuit, écarlate et, entre ses jambes nues qui tremblent, du sang, maintenant froid, coule lentement.

Lecture d'été : Les caprices du sexe

  Une connaissance faite par hasard dans un bar, et qu’elle interrogea sur le moyen de gagner sa vie, lui dit que précisément les nouveaux magasins de la Tour de Nesle cherchaient des employées, vendeuses et comptables.

 

Louise se rendit à la Tour de Nesle. C’était, avenue des Champs-Élysées, un immense pâté d’immeubles où s’installait un magasin à l’américaine.

Aux corsages, après tant d’échecs, ce fut le succès. Un homme élégant et parfumé, plein de sourires et de ronds de mains, quand il vit arriver cette recrue, quitta la cliente qu’il endoctrinait pour sauter au-devant de Louise.

L’homme toisa Louise avec décision. Il pensait : jeune fille bien élevée, petite-bourgeoise obligée de gagner son pain. Un amant, pas plus. Si elle sait vendre, ça sera un as ici ! mais… il faut passer l’examen.

Il la mena dans une sorte de réduit, placé au centre d’un rayon du magasin, et autour duquel se déroulait la vente des corsages pour dames. Large de deux mètres, ce lieu devait permettre aux policiers de surveiller les acheteuses et les vendeurs. On n’y était point vu, sauf si, par malencontre, l’étalage eût été défait.

— Mademoiselle, c’est ici que je dois voir…

— Quoi donc, monsieur ?

— Presque rien, votre forme pour les corsages, car vous aurez à en essayer des centaines. Excusez-moi, mais je vois que vous êtes bien faite et il s’agit de gabarit de perfection…

Il s’embrouillait sans perdre son aisance. Louise devina un tour plus ou moins lubrique, mais on lui avait souvent dit que la femme qui refuse les attouchements ne saurait gagner sa vie, et elle voulut dominer une instinctive répugnance. Évidemment, en public, ça ne pouvait aller loin.

— Bien, monsieur, que faut-il faire ?

— Quittez votre corsage.

— Mais, monsieur, ma robe est d’un seul tenant.

— Quittez-la.

 

— Mon Dieu, que vous êtes bien faite !

 

Il passa la main légèrement sur les seins ronds, puis sur la taille, puis sur les hanches. Il descendit jusqu’aux fesses et releva doucement la ceinture du pantalon pour glisser les doigts sur la chair. Louise protesta.

— Mais monsieur…

— Mademoiselle, vous êtes adorable. Ah ! laissez-moi vous toucher un peu…

— Mais non, monsieur ! je ne veux pas que vous me touchiez ; laissez-moi !

— Tais-toi ! tais-toi ! ma chérie… (Et il l’étreignit violemment.) Je t’aime !

— Laissez-moi ! laissez-moi !…

L’autre, à demi accroupi, avait, d’un geste bref, baissé le pantalon tenu par une ceinture de caoutchouc et il posait ses mains étalées sur les fesses fraîches. Il prit Louise par les hanches.

— Oh ! ma belle, ce que tu es excitante !

 

Stupide de se voir, ainsi dévêtue, tripotée au beau milieu d’une boutique, à deux pas des allants et venants, Louise de Bescé se défendait pourtant de son mieux, avec ses mains agiles. Et une fureur la tenait devant ce chef de rayon salace et jovial. Il lui mit l’index au sexe, en fut chassé, revint, immobilisa enfin les deux bras de l’adolescente, puis, de la main libre, la masturba malgré elle.

— Écoute ! dit-il, je te veux, ne dis pas non, je te veux…

Elle dit tout bas :

— Non ! non !

 

L’homme la lâcha. Elle était déchevelée, son pantalon lui était tombé sur les talons et sa chemise relevée lui découvrait le ventre. Il la regarda en triomphe.

— Si tu refuses, je crie au voleur et je te fais arrêter…

Il glissa la main au dehors, prit deux corsages et les ramena dans le réduit.

— Tu vois le produit de ton vol ?

Il les froissa et les jeta à terre.

— Je dirai que tu les avais mis sous ta jupe et qu’il m’a fallu te dévêtir pour les avoir. Je ne crains rien, tu pourras dire ce que tu voudras, j’ai la plus jolie femme de Paris. Personne ne croira que j’ai fait du plat à un petit oisillon comme toi. Choisis : ou la prison, ou… ça… Choisis vite. J’ai envie de toi !…

Je compte jusqu’à trois ; à trois, si tu acceptes, mets-toi en posture ; je n’ai pas besoin que tu dises même oui.

Et il tira de son pantalon un petit sexe minuscule, long et raide, qui aurait prêté à rire à une femme plus avertie que Louise. Un étonnement lui en vint cependant. Cela lui rappelait paradoxalement le nègre de Julia Seligman, princesse Spligarsy…

 

Il ouvrit alors l’huis étroit et sa bouche commençait l’appel à un vendeur, afin qu’on courût chercher un inspecteur de la sûreté.

Alors, Louise, la face pourpre et les yeux fous, Louise qui ne connaissait que cette posture-là, se pencha en avant et offrit sa croupe au chef de rayon. Il vit, referma et revint d’un bond ; il était si furieux de cette résistance qu’il ne pouvait pas placer sa verge.

— Aide-moi ! dit-il violemment.

Mais la jeune fille eût mieux aimé mourir que de toucher cet organe. Il parvint à ses fins tout de même. Elle perçut la pénétration du membre minuscule. Cela ne lui fut point douloureux, parce que cette verge dérisoire n’aurait certes rencontré aucun obstacle chez une fillette de cinq ans. L’homme s’agita. Il palpait en même temps les fesses fines à peau douce et glacée.

Enfin il éjacula. Louise sentit un liquide abondant et bouillant qui l’inondait, du périnée jusqu’au coccyx. Elle ne comprit point cette extériorisation. Mais le chef de rayon, revenu à l’amitié, lui disait doucement :

— Tu comprends, je décharge dehors, car je ne veux point te déformer en te faisant un gosse.

Comme elle restait immobile, à peu près inconsciente, il la prit par les épaules.

— Allons, ma chérie, je vois que tu aimes ça. Tu voudrais que je recommence ? Impossible ! Tous les soirs ma femme me taille une plume, pour savoir si j’ai marché dans la journée, et si je te le refaisais, elle verrait ce soir que j’ai du mal à jouir, et alors qu’est-ce que je prendrais…

Elle écoutait sans comprendre, la face vermillonnée d’émotion et quasi reconnaissante envers ce bouc de lui éviter la prison ouverte devant ses pas.

— Rhabille-toi ! dit-il avec douceur.

Machinalement, elle remonta son pantalon et remit sa robe. Sur ses fesses, le liquide maintenant glacial issu de la petite verge lui faisait une impression détestable. Cela coulait comme jadis le sang lorsqu’elle s’était donnée au maçon.

Mais alors cette sensation était issue d’elle-même, aujourd’hui c’était…

Il lui mit dans la main un billet de cinquante francs.

Machinalement, Louise de Bescé le prit et s’en alla.

La haine et l’horreur des hommes se développaient en elle comme un cyclone.

Et sous sa jupe, une chose grasse séchait, en lui collodionnant la peau.

Lecture d'été : Les caprices du sexe

Louise finit par ne plus voir, dans la société, que des muqueuses excitées. Lorsqu’elle suivait une rue, elle devinait derrière tous ces murs et dans toutes ces chambres des amants en contact. Et sur vingt voitures fermées qui passaient, la plupart ayant chastement baissé à demi les rideaux, il y en avait dix où des amoureux se montraient la bonne façon de jouir en public. Le bois de Boulogne, le soir, était le repaire de centaines de couples, assoiffés de luxure, qui couraient comme des chiens en rut après des vulves ou des virilités.

Ce cauchemar finit par convaincre la jeune Louise qu’un seul métier était honnête et loyal : la prostitution.

 

— Vous me taillez une plume, trois fois par jour, dans l’endroit que je choisis : par exemple dans une cabine téléphonique, au bain, en fiacre. C’est entendu, n’est-ce pas ? Vous me taillez une plume tout de suite ?

Elle approuva froidement.

— Je taille !

Il fit signe à un taxi fermé.

— Montez ! C’est toujours dit ?

Ils montèrent dans la voiture et l’homme, amusé, ordonna : « Au Bois ! » Ensuite, sitôt installé dans le capitonnage, il reprit :

— Je vous attends !

Elle s’agenouilla devant lui, puis sèchement :

— Les deux mille francs sur la banquette, derrière moi, que je puisse les prendre quand vous m’aurez expédié votre offrande. Maintenant, sortez vous-même votre objet. Je n’aime pas et ne sais guère mettre ça en vedette. Je ne suis pas comme une amie qui fait jouir son amant sans sortir la chose du pantalon.

Elle plaça doucement la verge dans sa bouche puis, cherchant les points sensibles, observés lors de son aventure avec Khoku, elle les frotta de la langue et des dents.

  Ce fut immédiat ; au premier contact sur ces centres de jouissance, le sperme jaillit. Cinq secondes s’étaient écoulées depuis l’introduction du membre entre ces belles lèvres gonflées et pourpres. Louise, attentive aux soubresauts de la verge chaude, lisse et bavante, recueillit le liquide dans sa bouche et se releva seulement lorsque ce fut fini. Elle ne savait si le savoir-vivre de cet acte réclamait qu’elle avalât tout. Une femme de bonne éducation ne crache pas. La bouche close, cependant, elle goûtait la saveur curieuse, fade, albumineuse et phosphoreuse, du produit qui perpétue la vie. Elle se tourna enfin et prit les deux mille francs sur la banquette, puis tira de son sac à main un mouchoir de dentelle et, délicatement, sans répugnance, y déposa tout.

Elle dit à l’homme médusé :

— Décidément, mon cher, je n’y perds pas. C’est avec vous si facile ! Ça vient comme la lumière avec un commutateur.

Il l’étreignit passionnément :

— J’ai joui comme si je vous donnais ma vie. Mais j’ai honte.

— Mais de quoi vous souciez-vous, mon cher ? C’est joli, un sexe d’homme ; on peut regarder le vôtre de près. Il a de la grâce. De plus, la peau en est douce aux lèvres et le spasme que l’on tient entre les dents donne un singulier sentiment de puissance. C’est l’âme même de l’homme… et du monde, cela dont je suis maîtresse souveraine, d’un attouchement de la langue, et que, d’un coup de dents, je pourrais trancher net. Quant au sperme, je vous assure que c’est plaisant à la bouche. Je conçois qu’il y ait des femmes pour ne pratiquer que cet acte-là et en jouir elles-mêmes. Certes, ce n’est pas mauvais, il s’en faut.

- Tu vas me rendre fou. Je… je voudrais… Oh ! je n’ose le dire…

Elle rit, narquoise :

— Que je recommence…

— Oui ! je n’ai pas eu le temps de prendre conscience de mon plaisir, mais tu n’auras encore qu’à me toucher, je vais jouir tout de suite, et alors, viens m’embrasser aussitôt, que je goûte moi aussi.

Et il rougit violemment.

Elle se pencha ; la verge était là, encore rigide. Doucement elle lécha l’extrémité durant un instant, puis fit le geste d’avaler tout. Le sperme gicla. Louise recueillit cette liqueur étrange, puis se relevant, elle s’approcha des lèvres du jeune homme. Il était évanoui.

 

Lecture d'été : Les caprices du sexe

Louise de Bescé devint la maîtresse de Blottsberg. Avec une aide convenable et dont les actrices changeaient selon l’humeur des deux personnages, elle procura au juif les plaisirs qu’il aimait tant. Son rôle était d’ailleurs si facile qu’il pouvait être comparé à une sinécure.

 

Elle se laissait lesbianiser par l’homme au priape monstrueux et, pendant ce temps, une autre femme faisait au mieux afin que l’éjaculation se produisît.

 

Cela finit par s’arranger excellemment. Blottsberg se montrait très généreux et Louise connaissait un type d’existence assez original. Maîtresse d’un notable, cela ne va pas sans donner un certain lustre à une femme. D’autre part, elle avait toujours eu une répugnance, non pas pudique, ce qui est toujours un peu stupide, mais seulement méprisante, pour le bas-ventre des mâles. La pudeur seule inspire ces horreurs de commande qu’on décrit dans les livres, et une indignation vertueuse que les personnages romanesques, s’ils existaient, eussent changée aussitôt en satyriasis ou en nymphomanie. Louise ignorait cette vergogne burlesque qui ressort de la religion et jette une sorte de ténèbre épouvantée sur les choses du sexe. C’est pourquoi elle pouvait, n’étant pas tenue d’en faire la cuisine, trouver de la curiosité à ces jeux organiques dont le phallus est le centre.

 

Elle ne se dégoûtait pas plus évidemment d’embrasser une verge propre qu’elle ne répugnait à embrasser quelqu’un sur la bouche.

 

La peau humaine, disait-elle, est partout la même. Le sperme ne lui semblait même pas extrêmement différent de la salive, du sang ou des autres produits physiologiques qu’on entoure pourtant d’un moindre discrédit. Seul, le point de vue de dignité personnelle lui rendait déplaisants les contacts que leur seule posture rend fâcheux, lorsqu’ils sont consentis sans affection, ou même sans utilité et sans amusement. Accomplis pour vivre ou pour plaire, ou même pour se venger, c’était bon.

 

Avec son jeune ami, que l’auto écrasait peu de jours après, elle avait consenti à le faire jouir avec sa bouche parce que c’était son début dans la recherche sexuelle du pain, et que sa force d’âme l’amenait alors au sacrifice le plus complet. Il lui plaisait, par énergie et orgueil, de se prouver qu’elle allait, dès l’entrée en ce métier, aux tréfonds de ses exigences, mais son ennui ne comportait aucun point de vue moral.

 

L’humiliation de la femme qui fait jouir un homme en lui suçant la verge ne l’atteignait pas. Au contraire, cet acte la rehaussait à ses propres yeux. Elle établissait de ce seul chef qu’une fille de Bescé ne se sent diminuée par rien. Pourtant, elle n’eût jamais voulu faire cela à Blottsberg.

 

Elle en venait à désirer cette pratique que son protecteur ne lui allouait qu’à de longs intervalles, car sa jouissance, à lui, devenait tous les jours plus laborieuse.

 

Le banquier offrit à Louise des bijoux et des toilettes admirables. Elle fut bientôt renommée à Paris pour sa froideur compassée et mystérieuse, ses airs hautains et son extravagance supposée. Elle sortait peu. Sa vie se passait en lectures nonchalantes et en amusements lascifs avec les femmes qu’elle tentait de donner en suppléance lesbienne à Blottsberg. Mais nulle ne savait agir sur ses nerfs comme le vieux poussah.

 

Il possédait une sorte d’intelligence sexuelle. Il jouait sur les muqueuses de Louise comme un violoniste sur ses cordes.

 

Les jours passèrent, une année entière, puis une autre. Paris, qui ne connaissait guère que de renommée la maîtresse du banquier, la surnommait : « la Chatte ».

 

Un jour, le banquier se pâma si bien, après un divertissement auquel trois femmes participaient avec Louise, qu’il mourut. Il avait prétendu posséder par l’anus une jolie fille qui devait recevoir mille francs pour cette séance. Malgré l’énormité de la verge, elle avait supporté l’assaut sans faiblir. Ayant vécu dans le ruisseau, pauvre et habituée à coucher dehors, elle tenait mille francs pour le prix de plusieurs vies humaines. Aussi, avec une volonté d’acier, elle accepta enfin tout le paquet de Blottsberg. Elle pleura, mais ne plia pas. Une fois le membre introduit, Louise subirait les caresses coutumières, ce qui ne laissait pas de faire un ensemble compliqué, car, en même temps, deux fillettes devaient, l’une, chatouiller et lécher les bourses du financier, l’autre, offrir ses fesses aux mains de l’homme, que le pelotage de ces rotondités excitait beaucoup.

 

Tout s’organisa enfin. Les cinq personnages se divertissaient donc doucement et, malgré la douleur qu’apportait en son arrière-train ce membre massif, qui lui faisait éclater le sphincter, la femme possédée se livrait à des mouvements propices. La verge de Blottsberg allait et venait, parmi des délices que le banquier n’avait jamais connues jusque-là. Louise le sentait palpiter si fort qu’il en perdait son habileté lesbienne, quand elle le vit soudain osciller et s’affaisser sur sa cuisse. Il était claqué de jouissance.

 

Lecture d'été : Les caprices du sexe

Le docteur de Laize ferma les poings. Il sentait naître la crise, que nul médicament ne pouvait plus dominer. Il s’arrêta devant la tapisserie aux tons passés. Il ne la voyait pas. Une rage sourde levait en lui comme une légion de démons. Il venait d’évoquer dans son décor familial la douce et chaste Louise de Bescé. Maintenant un autre film commençait à se dérouler en lui. L’immonde série d’images suivait un cours inflexible et le torturait atrocement. Il ne sut y échapper et vit Louise de Bescé, toujours, comme jadis, fine, délicate, hautaine et si jolie, suivant une voie parisienne, en quelque faubourg sale et mal famé. Elle y paraissait à l’aise pourtant, quand, brusquement, voilà que…

 

Un rictus crispa les muscles de son visage. Ses mâchoires se serrèrent à bloc.

 

Des rôdeurs surgissaient dans la ruelle sinistre, des bandits à casquettes, en espadrilles, qui couraient comme des fauves sur cette belle jeune fille que leur offrait le hasard. Ils prenaient Louise de Bescé et l’emportaient comme une proie vers un hôtel borgne.

 

Le médecin, angoissé, bien qu’il sût vivre en ce moment un simple cauchemar, suivait les rôdeurs dans les escaliers puants et gras de l’hôtel. Il entrait dans une chambre ignoble, avec le pot à eau ébréché et la descente de lit usée au-delà de la corde. Avec des rires ardents et pleins d’alcool, on mettait Louise au milieu d’un cercle de faces patibulaires. Elle se tenait droite, à peine plus pâle, regardant sans étonnement ces brutes déchaînées. Alors, un des hommes prenait l’adolescente par les hanches et prétendait à l’amour. Elle le giflait. Ils l’assaillaient. La défense énergique de la charmante Louise ne la libérait pas. Ils étaient trop. De force, on la plaçait en posture de bête. À petits coups de couteaux, le pouce près de la pointe, pour créer la douleur sans grave blessure, on pouvait tout de même l’immobiliser. La curée sexuelle commençait.

 

Levant les jupes, un des bandits s’apprêtait à la violer par-derrière, à la façon des bêtes. Elle se roulait à terre, voulait échapper à ce supplice effarant. On la ressaisissait. Un des hommes se couchait sous elle et l’empoignait par la taille. Mais il ne faisait pas que la tenir. Il la prenait parmi les rires farouches et excités. L’autre, celui qui tout à l’heure n’avait pu réussir un acte différent et pourtant semblable, parvenait à ses fins. Ce n’était pas tout. Parmi les couteaux levés et les abois de cette meute délirante, un homme se plaçait devant Louise de Bescé. Il ne pouvait plus occuper que sa face… Il s’efforçait de le faire. Bientôt la victime évanouie n’était plus entre les mains de ces hommes qu’une chair inerte livrée à toutes les turpitudes…

 

Le docteur de Laize se passa la main sur le front. La sueur perlait. Cette fresque d’ignominie se reproduisait en sa pensée à des intervalles irréguliers, et il était aussi incapable de la chasser que d’en modifier le lent déroulement.

 

Cliquer pour agrandirCliquer pour agrandir

Cliquer pour agrandir

Illustrations de Lafnet
Illustrations de Lafnet
Illustrations de Lafnet

Illustrations de Lafnet

Repost0
23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 15:06
Izvrasaki : plaisirs défendus

Mes fouilles curieuses ne m’ont pas fait découvrir quel artiste se cache sous ce nom ou pseudo*. Ses dessins, comme coloriés, semblent bien illustrer un texte coquin. Un des sites les date de 1930. Peut-être s’agit-il d’un manuscrit ou tapuscrit en quelques exemplaires qui, à l’époque, circulaient sous le manteau.

Une joyeuse paillardise, c’est ce qui domine, même quand le thème devient scabreux. Ne parlons pas des jeux de pots-de-chambre. Mais, à une époque où ce n’est pas encore devenu un tabou (revoir Pierre Louÿs et Pybrac, par exemple), cette initiation de très jeunes gens et jeunes filles. C’est avec une curiosité amusée que les cousines plus ou moins troussées s’intéressent au vit dressé du tonton tandis que la tata accueillante se fait enfiler par le maître d'hôtel…

Groom, liftier, majordome et femme de chambre participent parfois aux ébats. Un maharadjah qui s’abreuve de lait de femme, est aussi de la fête. Et notre dessinateur propose un jeu de colin-maillard des plus originaux.

Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus

Un godemiché insolite

Izvrasaki : plaisirs défendus

Narguilé

Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus

Traîtresse ?

Trios
Trios
Trios

Trios

Pipi entre amiesPipi entre amies

Pipi entre amies

Izvrasaki : plaisirs défendus

Transports en commun

Cliquer pour agrandir
Cliquer pour agrandir
Cliquer pour agrandir

Cliquer pour agrandir

Izvrasaki : plaisirs défendus

Au service de ces dames

Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus
Izvrasaki : plaisirs défendus

Plaisirs du bain

Cliquer pour agrandirCliquer pour agrandir
Cliquer pour agrandirCliquer pour agrandir
Cliquer pour agrandirCliquer pour agrandir

Cliquer pour agrandir

Maharadjah en goguette
Maharadjah en goguette

Maharadjah en goguette

Baignoire
Baignoire

Baignoire

Après le dessert...
Après le dessert...

Après le dessert...

Izvrasaki : plaisirs défendus

Une variante du colin-maillard

L'album CAMPING comporte un dessin d'Izvrasaki.

Quelques autres dessins lui sont attribués. Mais cette série a une évidente unité de style aussi bien dans le dessin que dans l'atmosphère : on jouit et on se réjouit !

 

* Le côté joyeux des dessins et leur franche paillardise est à rapprocher de ceux d'Alex ou Alexander SZEKELY

 

 

En annexe :

un petit montage sur quelques dessins d'un artiste inconnu - de moi en tout cas - de facture proche de ceux d'Izvrasaki

Repost0
11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 07:40

Marc Lagrange est décédé le vendredi 25 décembre 2015 lors d’un accident sur l’île de Tenerife (Canaries).

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

 

Encore une rencontre de hasard que celle de ce photographe belge. Au nom nettement wallon, mais, apparemment, flamingant. Né en 1957, à Kinshasa, au Congo ex-belge, il vit et travaille à Anvers. Il a gagné, gamin, un Kodak Instamatic, en collectionnant les capsules de  Fanta et de Sprite. Il n’en est pas moins devenu un ingénieur branché électricité. . “Mais je n’aimais pas ce métier. Je voyais les gens autour de moi devenir vieux et gris, je me suis dit que cela ne me convenait pas. Je prenais déjà des photos durant mon temps libre, depuis que j’ai dix ans. […] J’ai obtenu par la suite un diplôme en cours du soir, et lorsque j’ai eu 30 ans et que mon père est décédé, je me suis lancé. J’ai pris énormément de photos. Je travaillais au début pour Flair et Libelle, et par la suite pour beaucoup d’autres magazines."

Entretien avec Marc Lagrange

Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté

Quelle est pour vous l'oeuvre la plus marquante de votre travail?

ML: "Rwanda Girl", la photo d'une femme, belle par sa simplicité. C'est le portrait d'une femme noire, portant une fourrure blanche autour de la tête. Pour moi, elle est très jolie. Lorsque j'ai pris cette photo, je n'avais pas préparé de mise en scène. Il s'agit ici de l'instant.

A part cette "rwanda girl", même les photos les plus simples sont mises en scène.
A part cette "rwanda girl", même les photos les plus simples sont mises en scène.A part cette "rwanda girl", même les photos les plus simples sont mises en scène.
A part cette "rwanda girl", même les photos les plus simples sont mises en scène.A part cette "rwanda girl", même les photos les plus simples sont mises en scène.

A part cette "rwanda girl", même les photos les plus simples sont mises en scène.

Marc Lagrange : Luxe, calme et voluptéMarc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et voluptéMarc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et voluptéMarc Lagrange : Luxe, calme et volupté

« I like Richard Avedon, Helmut Newton and Peter Lindbergh, but for me the biggest was Irving Penn. » Ses références sont, on le voit, ambitieuses. Il invoque aussi Fellini. On ne peut se défendre d’évoquer, quant à ses véritables mises en scène, Alain Robbe-Grillet.

“Le photographe belge Marc Lagrange s'est spécialisé dès les années 80 dans le portrait et le nu, en grand format de préférence, pour en explorer la sensualité. Pas de révélation crue façon Helmut Newton, pas de trash, pas de romantisme non plus, plutôt un soupçon de décadence assumée et soigneusement mise en scène. Ses portraits de nu tendent vers le fantasme, où le sujet désiré devient objet, comme prisonnier d'une mise en scène étudiée. « Mes décors sont des lieux de rêve, confirme Marc Lagrange, des endroits où l'imaginaire l'emporte. Je donne à mes idées autant d'espace que possible. » ” Clémentine Gaspard

Cliquer pour agrandir (peu d'images de plein air, dans ma quête)
Cliquer pour agrandir (peu d'images de plein air, dans ma quête)Cliquer pour agrandir (peu d'images de plein air, dans ma quête)
Cliquer pour agrandir (peu d'images de plein air, dans ma quête)Cliquer pour agrandir (peu d'images de plein air, dans ma quête)

Cliquer pour agrandir (peu d'images de plein air, dans ma quête)

"Je me focaliserai toujours sur les belles femmes. Pas que je sois macho : j’aime les belles choses, même quand on parle de voiture ou de maison. Je trouve  simplement plus intéressant de photographier de jolies femmes. Cela ne doit jamais devenir vulgaire, je surveille cela depuis le début. Je ne choque pas, je titille. La grosse différence avec avant ? Je peux plus facilement convaincre les modèles de poser pour moi. A présent, ce sont les modèles qui veulent que je les photographie. Photographier des hommes ? Je ne me sens pas attiré par les hommes. C’est selon moi un point essentiel pour fournir du bon travail. Je photographie beaucoup d’hommes, mais plutôt pour faire monter la tension, pour raconter une histoire. De préférences des hommes puissants".

Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté

Partisan de la photo argentique et même du Polaroid, Marc Lagrange s'est fait connaître avec sa série « And God created... Women ».

Un 'selfie' au polaroïd !

Un 'selfie' au polaroïd !

Comme d'habitude, avec kizoa, la vidéo se déclenche toute seul, donc attendre qu'elle en arrive à "rejouer" et agrandir...

« Mes décors sont des lieux de rêve, des endroits où l'imaginaire l'emporte. Je donne à mes idées autant d'espace que possible. »

On l'a vu les bijoux - “Diamonds and Pearls” - jouent un rôle souvent important dans les mises en scène du photographe.

Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté

Il sait jouer aussi avec le double cliché : habillée et plus ou moins dévêtue.

Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté

La table et ses mets jouent aussi un rôle dans ses compositions, aussi bien pour des portraits que, on l'a vu avec « And God created... Women » et on le verra avec d'autres scènes, pour des groupes.

Marc Lagrange : Luxe, calme et voluptéMarc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et voluptéMarc Lagrange : Luxe, calme et volupté

Ce passionné de femmes va aussi les faire jouer à deux et plus...

Comme une photo du début du XXe siècle...

Comme une photo du début du XXe siècle...

Cliquer pour agrandirCliquer pour agrandirCliquer pour agrandir
Cliquer pour agrandirCliquer pour agrandir

Cliquer pour agrandir

Cliquer pour agrandir
Cliquer pour agrandirCliquer pour agrandir
Cliquer pour agrandirCliquer pour agrandir
Cliquer pour agrandirCliquer pour agrandir

Cliquer pour agrandir

Comme le montre la vidéo ci-dessus - et on le verra encore mieux avec la chambre 58 de l'Hôtel Maritime - Marc Lagrange est proche du metteur en scène cinématographique et ses images de groupe semblent comme des photos de plateau sur le tournage d'un film. Mais c'est à chacun de construire le scénario que lui évoque l'image...

Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté
Marc Lagrange : Luxe, calme et volupté

A vous d'imaginer l'histoire...

Repost0
21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 15:57
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !

 

 

Encore une illustratrice, dessinatrice, peintre qui surfe entre les œuvres pour la jeunesse et les œuvres « pour adultes avertis ». D’Okapi des très cathos Bayard presse aux Aphrodisiaques, collection des éditions Sabine Fournier frisant la pornographie, elle fait, si l’on ose dire, le grand écart.

 

Est-ce que l’illustration de livres pour enfants et ados incline, comme par compensation, à celle d’ouvrages érotiques ? On pourrait le croire en pensant à Paula Meadows ou Marcel Vidoudez ou encore Feodor Rojankovski dit Rojan.

Cette stéphanoise, née en 1940, a tout normalement suivi les cours de l’école des Beaux-Arts de Saint-Etienne. Elle évoquera à sa façon, quasi surréaliste, les souvenirs de son enfance dans sa ville natale.

Sa production de dessins, peintures, illustrations, dans le domaine de la presse ou littérature pour la jeunesse est impressionnante. Elle a donc travaillé pour Bayard presse, mais elle a fait aussi des albums pour Harlin Quist, on la retrouve aussi bien chez Grasset, Nathan, Hatier, Hachette, Gallimard…

Elle collabore aussi à Métal Hurlant ou Ah the nana ! publications plus adultes.

La partie érotique de son œuvre est aussi assez éclectique.

Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !

Son monte-en-l’air est une sorte d’Arsène Lupin, gentleman cambrioleur, qui dans ses pérégrinations dans un Paris du XIXe siècle, de toits de la ville ou de passages déserts à des salons mondains ou des palaces remplis de souris d’hotel ou des loges de l’opéra, tombe sur des scènes gaillardes ou étranges. Ah ! cette partie de colin-maillard où il prend d’autant mieux part au jeu que, s’il est sans doute bandé, il n’a pas de bandeau.

Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !

 

 

Elle va reprendre La belle et la bête, conte qu’elle avait illustré dans la version pour la jeunesse, sous un angle plus croustillant.

 

Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !

Mentionnons une grammaire érotique qu’elle illustre.

Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !

Mais son œuvre la plus étonnante reste ces Contes de la fève et du gland. Car, au rebours de l’illustration classique, ici c’est le dessin de Nicole Claveloux qui inspire le texte de Charles Poucet (alias Marcel Lerouge, alias Marquis de Carabas) : « Nicole a d’abord fait les dessins, selon ses envies, selon des images et des scènes qu’elle avait en tête, puis une fois réalisés sur le papier je les ai rassemblés, regroupés selon des récits qui pouvaient les lier ensemble, récits que j’ai inventés ou dont nous avions élaboré la trame ensemble. En fait, j’ai « illustré » ses dessins avec des textes, à l’inverse de ce qui se fait le plus souvent. » explique Charles Poucet (lire l’entretien des deux co-auteurs, après l’article).

Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !

« On appréciera particulièrement ce sublime jeune géant qui se douche dans une cascade, et dont tout, je dis bien tout le corps magnifique sert de lieu de jeux aquatiques – ou bien devrais-je dire « aqueux » ! – aux belles dames de la compagnie de l’explorateur, avec en plus une mise en abyme, une femme qui croque la scène, dans un coin. » Lionel Labosse

Voir aussi les illustrations sur Contes de la fève et du gland

D’une toute autre facture sont les illustrations de deux romans de la collection ‘Les Aphrodisiaques’ (Editions Sabine Fournier). Elle signe les images d’un pseudo anagrammique Cécile Vallonoux, contrairement aux autres oeuvres érotiques qu’elle signe de son nom. Illustrations tout-à-fait classique dans ce style de littérature, dont on a quelques exemples avec Dom Bougre ou Le Portier des Chartreux, Thèrèse philosophe, HIC-et-HEC, Le Rideau levé ou l’éducation de Laure ; référence nette d’ailleurs à cette littérature libertine avec la citation du texte au bas de l’image.

Réservé aux + de 18 ans

  Un soir de fête très arrosée, toute la maison est plongée dans le sommeil, quand Loranne est réveillée par l’envie de faire pipi. La voici au cabinet, dans le noir, assise sur le siège, quand brusquement… la porte s’ouvre, un invité entre. C’est Simon, un collègue enseignant, réveillé lui aussi par un besoin urgent. Et voilà comment, pour la première fois, une épouse modèle se laisse emporter par la folie du cul! Avant même de réaliser ce qui se passe… elle s’envoie en l’air comme une cochonne. Avec un ami! Avec le mari d’une amie! Si elle s’attendait à ça! Que va-t-il se passer?

C’est ce que Roseline Parny va vous raconter longuement, en vous donnant tous les détails, retraçant l’itinéraire qui verra Loranne, dont la vie a jusque-là été sans histoires, passer de lit en lit pour se retrouver dans la peau d’une vraie Messaline du corps enseignant!

Elle ne reculera même pas devant les amours saphiques!

Figurez-vous en effet que dans le collège où elle enseigne, Claire et Françoise, deux de ses collègues, ont une relation féminine assez compliquée, on se suce, on se fesse, on se fait des scènes… Avec d’autant plus de cruauté que la « fragile » Claire est attirée en secret… devinez par qui ? Eh oui, notre Loranne adultère. Je ne vous dis rien du ballet érotique (disons, même, franchement pornographique) que va devenir la vie amoureuse de cette dernière.

Dire que tout ça lui est arrivé parce qu’un soir de fête, elle avait bu un verre de trop! On ne vous le répétera jamais assez, mesdames, l’abus d’alcool est dangereux pour la… moralité.

cliquer pour agrandircliquer pour agrandir
cliquer pour agrandircliquer pour agrandir
cliquer pour agrandircliquer pour agrandir
cliquer pour agrandircliquer pour agrandir

cliquer pour agrandir

cliquer pour agrandircliquer pour agrandir
cliquer pour agrandircliquer pour agrandir
cliquer pour agrandircliquer pour agrandir
cliquer pour agrandircliquer pour agrandir

cliquer pour agrandir

cliquer pour agrandircliquer pour agrandir
cliquer pour agrandircliquer pour agrandir
cliquer pour agrandircliquer pour agrandir
cliquer pour agrandircliquer pour agrandir

cliquer pour agrandir

- de 18 ans et âmes puritaines s'abstenir

 

Dans les années 60, dans un coin perdu du nord de l’Angleterre, un pensionnat au régime sévère dans la plus pure tradition... Est-ce la faute de Mary Wallace, seize ans révolus, si tout un chacun s’intéresse à elle ? Elle est la plus jolie fille de l’établissement, elle ne sait pas dire non, et quand personne ne se charge de la faire jouir, eh bien... elle s’en occupe fort bien elle-même. C’est peut-être une pauvre innocente, mais, en plus de la beauté du diable, elle a le feu à un endroit que la décence interdit de nommer ; résultat : elle fait saliver tout le monde autour d’elle. Il y a Vanessa, sa voisine de dortoir, une rousse très combustible elle aussi, et puis Miss Coolidge, la surveillante, une dépravée sadique sous ses airs austères, le professeur de sciences naturelles, un connaisseur en matière de fruits verts, et encore le jardinier du parc, qui, disons-le d’un mot, a quelque chose d’un âne, sans parler du directeur, un pasteur qui a foi en la vertu suprême des châtiments corporels, et même la bienfaitrice de l’établissement, une lady qui, elle, a carrément le diable au corps. Tout ça fait beaucoup, même pour la pensionnaire la plus sensuelle. Excédée, Mary finit par s’évader de Whitehall. La voilà sur les routes, seule, en petite robe et sans argent... C’est fou, le nombre de mauvaises rencontres qu’on peut faire dans ces contrées excentrées. Les camionneurs, les voyageurs de commerce, les paysans et leurs chiens, et même les sages pharmaciens s’intéressent aux infortunes de Mary et à ce que révèle sa robe trempée de pluie. Et quand elle abandonne la route et ses aléas pour prendre le train sans billet... elle attire les contrôleurs lubriques ! Et si tout était de sa faute ?

Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !
Nicole Claveloux : illustratrice pour les petits et les grands !

Qui peut mieux conclure que l’artiste elle-même :

« Le monde des fantasmes n’est ni moral, ni juste, ni égalitaire, ni respectueux de la dignité, il est là, c’est tout, il faut faire avec, comme dit la formule : « entre adultes consentants ». Il y a des courants puritains dans le féminisme qui ne peuvent pas s’entendre avec des écrits ou des dessins érotiques. Un fantasme, ce n’est pas un projet de société, ce n’est pas civilisé, et ça peut, je le comprends très bien, choquer. »

 

Pour compléter les deux sites de l'artiste :

le sage http://nicole.claveloux.free.fr/

le moins sage http://claveloux.curiosa.free.fr/accueil/accueil.html

Repost0
22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 08:57
Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo

La paternité du Billar español, qu’un site attribuait faussement à Suzanne Baillivet, revient à Eusebi, pour les Catalans, Eusebio pour les Castillans, Planas y Franquesa (1833-1897). Un des principaux illustrateurs espagnols de la seconde moitié du XIXe siècle.

 

Eusebi(o) Planas y Franquesa était destiné au Droit par tradition familiale. Mais sa vocation artistique s’imposa : il commença des études à l’école des Beaux-Arts de la Lonja et dans un atelier de gravures. Et à seize ans, en 1849, son père l'envoya à Paris où il a appris les techniques de la lithographie dans l'atelier d’Eugène Lassalle.

 

Une épidémie de choléra parisienne, en 1854, l’amène à revenir à Barcelone. Sa formation lui a permis de nettement améliorer l’art de la lithographie catalane qui utilisait de la pierre de médiocre qualité, avec un excès d’acide, ne donnant qu’un rendu rude et grossier. Dessinateur prolifique, mais il suivait son œuvre du dessin initial jusqu’à la parution. Lithographie, xilographie, chromographie, il a maîtrisé toutes les techniques d’impression de son époque.

Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo

Du dessin à la gravure

L’illustrateur a fait passer l’image de simple ornement à un rôle-clé dans les œuvres auxquelles il collabore. Quasi innombrables. Entre autres : Los secretos de la Inquisición en España  (1855) de Joaquín María Nin ; Isabel II. Historia de la reina de España*  (1859) de Manuel Angelón ; Atrás el extranjero ! (1861) et l’ Álbum de la guerra de África  (1860)... Il se consacre aussi à Dumas avec El conde de Montecristo  (1858) et d’autres. Il illustre El Quijote (Don Quichotte). Eusebi Planas illustra également des centaines de romans populaires : sentimentaux, d’aventures ou historiques.

Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresilloEusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresilloEusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo

La femme fut son thème de création par excellence. Il a notamment illustré des Amores célebres, recueil de légendes historiques de toutes nations. Mais surtout il a publié une Historia de una mujer   (1890) : deux cents lithographies qui expriment les vices et les passions humaines, mais sans se départir des limites de la correction « fait de la grâce et l'élégance de son crayon ».

Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Cliquer sur l'image pour agrandirCliquer sur l'image pour agrandir
Cliquer sur l'image pour agrandirCliquer sur l'image pour agrandir
Cliquer sur l'image pour agrandirCliquer sur l'image pour agrandirCliquer sur l'image pour agrandir

Cliquer sur l'image pour agrandir

  Grâce et élégance, certes, mais dépassant peut-être, pour les cagots au moins, les limites de la correction que ses œuvres sous le manteau.

Ne parlons pas de ses Academias de mujer, ses nus académiques. Mais de ses dessins plus lestes.

Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresilloEusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresilloEusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresilloEusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresilloEusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresilloEusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Le moine paillard et la nonne lubrique ne sont pas l'exclusivité des anticléricaux français.

Le moine paillard et la nonne lubrique ne sont pas l'exclusivité des anticléricaux français.

Et notamment de ses illustrations du Noble art du billar ou du non moins Noble art du tresillo. Inutile d’expliquer le billar fût-il español, sauf à préciser que les sous-titres bilingues (espagnol/catalan) indiquent des coups de billards.

 

       

Même chose pour ce mystérieux tresillo** : un jeu de cartes, mais avec des cartes inusitées en France. Et là aussi, Eusebi Planas sous-titre avec des phases de ce jeu.

Planas fut sans doute un des initiateurs de l’art érotique en Espagne.

 

* Sur Isabel II voir aussi Las borbones en pelota

cliquer sur le symbole du haut-parleur pour le son

 

** Ce jeu de cartes a donné lieu à des éditions quelque peu coquines et certainement clandestines avec des variantes translucides, la figure leste ne pouvant se voir qu'à contre-jpur  (on ne peut en attribuer la paternité à Eusebi Planes, mais ces cartes seraient dignes de figurer dans le Noble art du tresillo)

Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo

Coupes

Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo

Epées

Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo

Or

Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo
Eusebi Planas et le Noble art del billar o del tresillo

Bâtons

Variation sur un thème

Variation sur un thème

Repost0

Présentation

  • : Deblog Notes de J. F. LAUNAY
  • Deblog Notes de J. F. LAUNAY
  • : Education, laïcité, politique et humeurs personnelles, en essayant de ne pas trop se prendre au sérieux.
  • Contact

Nota Bene

Le deblog-notes, même si les articles "politiques" dominent, essaie de ne pas s'y limiter, avec aussi le reflet de lectures (rubrique MLF tenue le plus souvent par MFL), des découvertes d'artistes ou dessinateurs le plus souvent érotiques, des contributions aux tonalités diverses,etc. Pour les articles que je rédige, ils donnent un point de vue : les commentaires sont les bienvenus, mais je me donne bien sûr le droit d'y répondre.

Recherche

Nelle Formule

Overblog - hébergeur du deblog-notes - a réussi l'exploit de lancer une nouvelle formule qui fait perdre des fonctions essentielles de la version précédente. Ainsi des liens vers des sites extérieurs disparaissent (désolé pour  Koppera, cabinet de curiosités, ..). Les albums se sont transformés en diaporamas, avec des cadrages coupeurs de têtes. La gestion des abonnés et des commentaires est aussi transparente que le patrimoine de Copé. Et toutes les fonctions de suivi du deblog-notes - statistiques notamment - sont appauvries.