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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 21:11
Lecture d'été : Les caprices du sexe

« Les caprices du sexe », signé Louise Dormienne  est communément  attribué à Renée Dunan.

 

Née en 1892 d’une famille bourgeoise et élevée jusqu’à l’âge de seize ans dans un couvent, Renée Dunan débute sa carrière de critique littéraire en 1919 et tient des chroniques dans de nombreuses revues socialistes et anarchistes. Elle fut à la fois ou à tour de rôle dadaïste, anarchiste individualiste, pacifiste, adepte du naturisme, féministe, écrivain de grand talent et critique littéraire redoutée. Elle fut aussi l’une des toutes premières femmes qui osa publier des romans érotiques sous une pléiade de noms d’emprunt, dont Renée Caméra, Marcelle La Pompe, Spaddy, A. de Sainte-Henriette, Georges Dunan, Ky C. et Louise Dormienne, le pseudonyme sous lequel elle publia Les caprices du sexe (Illustration de Viset - Luc Lafnet - pour l’édition de 1928).

 

 

Lecture d'été : Les caprices du sexe

Alexandrian, dans son Histoire de la littérature érotique donne le ton du livre : « Ce roman conte les « audaces érotiques » de son héroïne en trois parties: « S'offrir - Se vendre - Aimer. » Louise de Bescé, fille d'un marquis, habitant un château au bord de la Loire est troublée de surprendre un couple de paysans se possédant furieusement, et de recevoir les confidences de la maîtresse de son frère. Louise se soumet alors au cunnilingus au docteur de Jacques de Laize, puis est déflorée par un ouvrier maçon. Craignant d’être engrossée, elle fuit la maison paternelle pour Paris. Elle va aller d'aventures en aventures. Forte de ses connaissances, elle décide alors d'être souverainement perverse : Une Bescé peut tout faire, rien ne l’avilit décréte-t-elle. Elle s’adonne joyeusement à la prostitution. Elle devient alors une maîtresse-femme, dans tous les sens du terme, se gaussant des hommes et de leur complexe de supériorité: «Qu’est-ce qu’un homme? Une virilité… Mais combien faut-il de temps pour qu’une femme habile fasse de la plus fière des verges mâles…un chiffon ?»

Au sortir d'une débauche, Louise retrouve son premier amant, de Laize, toujours amoureux d'elle, qui lui propose de l'épouser. Elle se récrie : « J'ai été aimée par tous les bouts, ou plutôt par tous les orifices, et devant et derrière, et en haut et en bas. » Il répond: «Que m’importe. C’est l’âme que je veux en vous et le corps offert comme une âme en chair. Alors je vous aurai toute neuve… Les mains d’une femme ne sont pas déshonorées parce qu’elle aurait récuré des casseroles, ni sa bouche parce qu’elle aurait eu la nausée.» Si bien que Louise se marie… .

 

Elle devient mère et, comble de l’ironie, est nommée présidente de la «Ligue pour la chasteté avant le mariage»!

 

Les Caprices du sexe illustre parfaitement la devise de Renée Dunan : «Il faut oser, car la morale est ailleurs que là où on l’imagine

 

Sources : Librairie Curiosa et Anne Archet

Quelques extraits

Lecture d'été : Les caprices du sexe

De la terrasse, on voyait la Loire onduler lourdement sur son lit de sable roux.

Louise de Bescé, mince et blanche silhouette indolente, s’approcha de la balustrade aux meneaux gothiques

Louise de Bescé rêvait. Elle se complut à placer, devant le spectacle qui, en ce moment, emplissait ses rétines, des personnages de romans favoris. Julien Sorel, raide et hautain, passa devant ses yeux. Puis Mathilde de la Mole, emplie d’un rêve orgueilleux et romantique devant le cadavre décapité de son amant.

Vivre en femme libre… vivre son propre destin… Un frisson agita la frêle adolescente emplie d’imaginations ardentes et frénétiques.

 

Un bruit de pas et de voix troubla soudain sa songerie magnifique.

Louise de Bescé se pencha sur la balustrade. Un couple venait à pas lents et balancés. L’homme, un jeune campagnard faraud et robuste, vêtu de velours fauve, portait une blonde moustache effilochée. La femme, une brune paysanne, bien en chair et de port orgueilleux, regardait droit devant elle avec une sorte de gravité satisfaite. Soudain, [elle] tourna vers lui une face tendue où les yeux luisaient.

Louise vit brusquement le bras féminin s’avancer jusqu’au ventre du mâle. Il y eut un arrêt et un geste mal compréhensible, puis, comme si la belle paysanne eut tiré un coutelas de quelque gaine cachée, sa main reparut, tenant une tige charnue, longue et à tête rouge.

La suite l’étonna tant que sa pudeur en disparut. Le couple s’était arrêté. L’homme, face stupide et bouche ouverte, les jambes un peu plus écartées que dans la marche, les bras ballants, se tenaient droit comme s’il allait tomber d’un bloc.

À peine inclinée, avec attention, appuyée de l’épaule gauche à son amant, elle caressait de la main droite l’objet que Louise de Bescé avait vu surgir tout à l’heure au bas-ventre viril. C’était évidemment le sexe : une façon de corne, grosse presque comme le poignet de la jeune fille, et dont l’extrémité écarlate semblait partagée en deux lobes dessinant la forme d’un cœur.

La femme maniait cet objet avec douceur et agilité. Elle le triturait de l’extrémité à la racine avec la paume et les doigts. Puis son mouvement s’accéléra et ce fut comme si elle frottait un bibelot cylindrique pour le faire reluire.

Soudain, le paysan prit nerveusement la main de sa compagne et l’immobilisa. Un cri hoquetant s’échappa de ses lèvres ouvertes. Mais la femme ne voulut pas arrêter sa caresse, et s’obstina avec un rire croissant. On eût dit que l’homme allait tomber. Il chancela et ses jambes tremblèrent. Une sorte de liquide lacté jaillit alors de l’organe mâle.

La femme s’essuya la main et sauta au cou de son amant – ou de son mari – avec un enthousiasme féroce. Un instant ils restèrent accolés.

 

 Tous deux s’approchèrent d’un contrefort en demi-lune. Louise vit la femme se pencher en avant, dans un creux qui permettait de n’être vu ni à droite ni à gauche par les passants qui auraient suivi le sentier. Elle releva sa jupe. Dessous, elle était nue. Elle offrit une croupe puissante, rattachée aux cuisses par des muscles saillants.

L’homme vint s’accoter sur les fesses charnues. Il tenta de pénétrer la gaine féminine et n’y réussit point. … la femme se mit à genoux devant l’autre, prit de la main le priape dont la rigidité moindre, sans doute, ne permettait plus l’acte à deux, et le flatta nerveusement. Le résultat fut nul. Alors elle se pencha vers le gland, et introduisit sans vergogne entre ses lèvres l’extrémité, assez semblable comme couleur et comme grosseur à un brugnon.

Le membre entrait doucement dans sa bouche, puis ressortait. Dès la quatrième sucée, le sexe redevint rigide. La paysanne agissait avec un naturel si parfait, une telle absence de réflexion et une simplicité si totale que la jeune fille, qui contemplait tout cela, n’eut pas sur-le-champ l’idée d’un acte spécifiquement impudique..

Mais à ce moment-là, jambes écartées et croupe haute, la paysanne s’offrait de nouveau. Sur ses fesses, la virilité, redevenue massive et écarlate, se dressait comme une arme menaçante. Se tenant d’une main au mur, et l’autre main passée entre les jambes, elle saisit le sexe pour l’introduire. Il y eut des erreurs et des échecs, puis l’organe pénétra dans la vulve et le couple s’agita.

De grands frissons passaient sur les cuisses nues et les fesses rigides de la femme possédée. L’homme allait lentement, d’une sorte de va-et-vient, et il s’appuyait aux hanches débordantes comme un noyé à une épave. De brèves saccades, par moments, agitaient le corps penché, dont les mains crispées égratignaient le mur.

 

Le mouvement s’accéléra. Prise comme une bête, la femme dirigeait encore le mâle qui la saillait. Elle tremblait comme un arbre agité. Soudain elle dit quelque chose, et Louise vit une des mains du mâle quitter la hanche, s’insinuer entre les globes charnus et glisser un doigt agité dans l’orifice supérieur…

Alors la femme eut un grand cri de jouissance et poussa des appels frénétiques :

— Vite… vite… vite !…

Lui tenta d’enfoncer plus profondément son sexe dans le corps grand ouvert. Ils s’arrêtèrent un instant, puis la jouisseuse plia les jarrets, s’abattit sur les genoux et roula enfin sur le dos. L’homme demeura stupide, debout, avec sa verge raide et luisante, qui lui battait spasmodiquement le ventre.

 

Louise vit, jambes ouvertes et ventre nu, le corps féminin qu’une toison épaisse et longue ornait entre les aines. Une ondulation lente en agitait encore les hanches. La paysanne soupirait comme dans une grande douleur.

 

Soudain, se levant sur son séant, elle regarda la virilité étalée et dit d’une voix sèche :

— Tu as joui ?

— Non ! dit l’homme, avec l’air de demander excuse.

— Attends ! Viens !

Il s’approcha. Elle se rua sur le membre écarlate. Louise pensa que c’était là une obligation pour celle qui se donne. Elle fit enfin comme si elle allait avaler cette chose énorme et ses lèvres l’engloutirent jusqu’à la racine.

L’homme leva les bras avec une sorte de hennissement. Son souffle s’accéléra. Il saisit des deux mains la chevelure de celle qui le possédait ainsi. La femme serra convulsivement les lèvres :

— Arrête !… arrête !…

 

Tous deux s’en allèrent. Avec une stupeur peu à peu atténuée, Louise de Bescé les regarda disparaître. Mais lorsqu’ils se furent éloignés, le sang lui couvrit les joues et elle se sentit défaillir.

Louise de Bescé revenait en méditant vers le château. Le spectacle amoureux dont elle venait d’être le témoin ne lui avait causé que de courtes révoltes intimes. Elle se tenait trop au-dessus de la plèbe paysanne pour que les actes de tels rustres pussent l’offusquer.

Lecture d'été : Les caprices du sexe

Louise espérait s’isoler, pensant que maintenant les hommes parleraient affaires entre eux et les femmes chiffons ou littérature.

Son désir fut déjoué. D’abord, près d’elle et sans la voir, dans un massif curieux, ménagé comme une chambre, la duchesse de Spligarsy était venue s’asseoir. Nul n’ignorait que Julia de Spligarsy fût la maîtresse en titre de César-Zani-Claude-Georges Timo de Bescé, frère aîné de Louise.

— Il vous aime, Julia ?

Elle haussa les épaules.

— Il aime qu’une femme du monde, aussi puissante que lui et aussi indépendante, fasse des choses de basse prostituée. Cela l’excite. Si je fais ces petites choses à votre frère, malgré qu’elles irritent mes nerfs sans me satisfaire, puisque j’en reste là, c’est d’abord parce qu’il m’a surprise un jour avec Simonin…

— Le garde ?

— Ah ! Louise, il va falloir que je vous révèle trop de choses. Enfin, puisque j’ai commencé… Mon Dieu ! que c’est gênant !… Voilà : Simonin est le seul homme qui me fasse réellement jouir…

— Comment cela ?

— C’est ainsi. Il me faut un… une… enfin, il me le faut très gros, parce que…

— Et pourquoi vous faut-il cela très gros ?

— Parce qu’en Amérique, j’ai eu comme amant un nègre.

— Eh bien ?

— Il me tentait, Louise. C’était un boxeur. Il avait une… verge – disons-le, à la fin, c’est bête de s’arrêter au mot à toutes les phrases –, il l’avait comme une demi-bouteille de champagne. Que voulez-vous, j’étais ardente et vierge, je voulais jouir. Il me semblait qu’un homme, pour être à hauteur de mes désirs, dût être doué d’un sexe étonnant. L’orgueil m’a guidée. Je me croyais la première pucelle qui se fît prendre par un mâle comme cela.

— Et alors…

— Ah ! ç’a été une comédie. Le nègre avait peur d’être lynché et il ne voulait pas. J’ai dû lui signer un papier constatant que je m’étais donnée à lui spontanément et que j’avais exigé qu’il me dépucelât. Il a soigneusement plié le papier, et… Ah ! ma chère Louise, j’ai cru mourir. Il m’a littéralement ouverte comme avec un couteau. Puis, le plaisir a fini par venir. Quand j’ai épousé le duc, comme j’étais jalouse de cette magnifique verge et que je ne pouvais amener le nègre avec moi, je l’ai fait empoisonner. Un médecin lui a enlevé l’organe et l’a traité de sorte que je le possède, tel qu’il me fit, deux ans, jouir comme aucune femme, je crois, n’a joui.

Stupide de cette confidence, Louise restait bouche bée.

— Je vous dévergonde, Louise. Bah ! je sais bien que vous êtes froide et ne ferez jamais une grande amoureuse. Aussi, ce que je vous conte vous mettra peut-être en garde contre certaines audaces, car moi, j’ai un tempérament…

— Mais Simonin ?

— Il a une verge extraordinaire, presque aussi belle que celle du nègre. Mais il jouit trop vite.

— Que voulez-vous dire, Julia ? Moi, je ne sais rien. Cela m’étonne…

— Tous les hommes, Louise, ne jouissent pas au bout de la même durée de contact. Certains ont le plaisir immédiat. Ce sont des amants exécrables. Nous autres, femmes, il nous faut plus de temps et nous n’avons avec eux aucune satisfaction. Mais un nègre réclame un quart d’heure de frottement. Alors nous pouvons nous entendre. Simonin ne me donne ce que je lui demande qu’au troisième « set ». Il y en a deux de perdus.

Louise se mit à rire.

— Entendre dire ces choses d’une duchesse de Spligarsy…

— Ma petite, vous en apprendrez d’autres et qui, pour ne toucher que des comtes et des marquis, n’en sont pas moins raides. Je pourrais vous en dire plus, mais…

— Dites…

— Non ! Louise, je ne veux parler que des seuls faits me concernant. Mais tout le monde ici est passionné et les sexes ne chôment pas.

— Le docteur de Laize, dites, n’a pas de maîtresse dans le château ?

Julia se mit à rire.

— De Laize aura toutes les maîtresses qu’il voudra – je ne vous dis pas plus – parce que c’est un amant dont la bouche connaît des secrets et sait donner aux passionnées de la « caresse » une joie parfaite.

Louise rougit violemment.

Ainsi, Louise de Bescé croyait mépriser l’amour parce qu’il crée une sorte d’universel mensonge pour justifier la jouissance. Un mâle comme de Laize, qui lui avait fait ce soir une déclaration, certainement sincère, pouvait être quand même un coureur de femmes. Il promenait ses paumes et son sexe sur tous les corps possibles… Pouah !…

 

Lecture d'été : Les caprices du sexe

Louise entra dans la pièce mystérieuse, laquelle était carrée et hermétique, ou du moins le paraissait. Les ossements se trouvaient rangés dans un coin. Louise sentit une émotion l’étreindre en voyant six chaînes avec des carcans, que l’on avait soigneusement disposés près des restes humains. Enfin elle se tourna vers l’unique ouvrier qui la regardait avec curiosité.

 

C’était un jeune homme, très brun de peau, à face olivâtre. Il avait des yeux infiniment tendres et une sorte de supplication en émanait. Louise sentit une mollesse atroce l’envahir. Cet individu, qui ressemblait si peu à ceux qu’elle connaissait, ces ossements, ces chaînes… et les heures de cette nuit sans sommeil… tout l’émut.

Et ce désir, en elle, ce désir grandissant qui l’immobilisait, le dos à la cloison, ce désir fou de se donner à cet homme, de le prendre comme amant, en fille de Bescé qui élève tous ceux qu’elle touche…

Entre ses jambes une brûlure s’épanouissait et elle croyait sentir les chairs se dilater seules pour recevoir…

Elle connut alors cette liquéfaction intime qui présage la volupté.

— Vous êtes souffrante, mademoiselle ? dit l’ouvrier.

De fait, elle devenait blême… blême…

Elle murmura difficilement :

— Non… je voudrais…

Ah ! ce sexe qui envahit tout en elle ! Louise n’est plus qu’une gaine ouverte, qui attend… qui brûle…

Alors, avec la brutalité d’une fille de grand seigneur, sans honte d’ailleurs, parce que la honte est le fait des gens du commun, elle s’avance vers l’ouvrier, les yeux luisants, puis :

— Je veux…

Elle se penche devant lui et relève sa jupe, comme elle avait vu faire à la paysanne et… quelques secondes passent, puis elle sent… Une sorte de fer chaud glisse dans un trou étroit que Louise veut désespérément dilater. Cela semble accrocher en elle des chairs qui souffrent.

Il y a un arrêt, puis une sorte de rupture douloureuse et qui ferait crier toute autre qu’elle, mais Louise de Bescé guette la volupté et ne se plaint pas. La souffrance passe à côté de sa conscience tendue. Son sexe s’ouvre éperdument, pendant que s’agite, dans la vulve contractée, une sorte de tige brûlante et gonflée.

La douleur, maintenant, emplit Louise de joie. Elle veut souffrir encore. Cette épreuve est à la hauteur de sa sensualité énorme. Elle se souvient de la juive et de son nègre à la verge monstrueuse. Elle aussi connaîtra ce plaisir.

Et brusquement, la jouissance monte. C’est une sorte de caresse, non pas dans son sexe, mais au long de ses vertèbres, un frisson qui agite en elle des organes sensibles et charmants. Elle sent cela, et son cerveau s’en emplit d’un coup. Au même moment, elle sent que l’homme auquel elle s’est donnée jouit à son tour. Une sorte de battement touche au fond de sa vulve gonflée des muqueuses érigées et sanguines, puis un filet liquide arrose à petits coups, en son tréfonds, un organe ouvert comme une bouche.

Et le mâle, que la joie tient, fait un effort d’instinct pour pénétrer plus profondément en cet anneau charnu qui lui serre la verge comme un étau.

Mais Louise songe que cela c’est la liqueur séminale et qu’elle peut enfanter. C’est une pensée si atroce qu’elle se retire de l’étreinte, folle d’épouvante, baisse sa jupe et s’élance sur l’échelle qui redescend vers la pelouse. Elle n’a même pas regardé son premier amant. Elle fuit, écarlate et, entre ses jambes nues qui tremblent, du sang, maintenant froid, coule lentement.

Lecture d'été : Les caprices du sexe

  Une connaissance faite par hasard dans un bar, et qu’elle interrogea sur le moyen de gagner sa vie, lui dit que précisément les nouveaux magasins de la Tour de Nesle cherchaient des employées, vendeuses et comptables.

 

Louise se rendit à la Tour de Nesle. C’était, avenue des Champs-Élysées, un immense pâté d’immeubles où s’installait un magasin à l’américaine.

Aux corsages, après tant d’échecs, ce fut le succès. Un homme élégant et parfumé, plein de sourires et de ronds de mains, quand il vit arriver cette recrue, quitta la cliente qu’il endoctrinait pour sauter au-devant de Louise.

L’homme toisa Louise avec décision. Il pensait : jeune fille bien élevée, petite-bourgeoise obligée de gagner son pain. Un amant, pas plus. Si elle sait vendre, ça sera un as ici ! mais… il faut passer l’examen.

Il la mena dans une sorte de réduit, placé au centre d’un rayon du magasin, et autour duquel se déroulait la vente des corsages pour dames. Large de deux mètres, ce lieu devait permettre aux policiers de surveiller les acheteuses et les vendeurs. On n’y était point vu, sauf si, par malencontre, l’étalage eût été défait.

— Mademoiselle, c’est ici que je dois voir…

— Quoi donc, monsieur ?

— Presque rien, votre forme pour les corsages, car vous aurez à en essayer des centaines. Excusez-moi, mais je vois que vous êtes bien faite et il s’agit de gabarit de perfection…

Il s’embrouillait sans perdre son aisance. Louise devina un tour plus ou moins lubrique, mais on lui avait souvent dit que la femme qui refuse les attouchements ne saurait gagner sa vie, et elle voulut dominer une instinctive répugnance. Évidemment, en public, ça ne pouvait aller loin.

— Bien, monsieur, que faut-il faire ?

— Quittez votre corsage.

— Mais, monsieur, ma robe est d’un seul tenant.

— Quittez-la.

 

— Mon Dieu, que vous êtes bien faite !

 

Il passa la main légèrement sur les seins ronds, puis sur la taille, puis sur les hanches. Il descendit jusqu’aux fesses et releva doucement la ceinture du pantalon pour glisser les doigts sur la chair. Louise protesta.

— Mais monsieur…

— Mademoiselle, vous êtes adorable. Ah ! laissez-moi vous toucher un peu…

— Mais non, monsieur ! je ne veux pas que vous me touchiez ; laissez-moi !

— Tais-toi ! tais-toi ! ma chérie… (Et il l’étreignit violemment.) Je t’aime !

— Laissez-moi ! laissez-moi !…

L’autre, à demi accroupi, avait, d’un geste bref, baissé le pantalon tenu par une ceinture de caoutchouc et il posait ses mains étalées sur les fesses fraîches. Il prit Louise par les hanches.

— Oh ! ma belle, ce que tu es excitante !

 

Stupide de se voir, ainsi dévêtue, tripotée au beau milieu d’une boutique, à deux pas des allants et venants, Louise de Bescé se défendait pourtant de son mieux, avec ses mains agiles. Et une fureur la tenait devant ce chef de rayon salace et jovial. Il lui mit l’index au sexe, en fut chassé, revint, immobilisa enfin les deux bras de l’adolescente, puis, de la main libre, la masturba malgré elle.

— Écoute ! dit-il, je te veux, ne dis pas non, je te veux…

Elle dit tout bas :

— Non ! non !

 

L’homme la lâcha. Elle était déchevelée, son pantalon lui était tombé sur les talons et sa chemise relevée lui découvrait le ventre. Il la regarda en triomphe.

— Si tu refuses, je crie au voleur et je te fais arrêter…

Il glissa la main au dehors, prit deux corsages et les ramena dans le réduit.

— Tu vois le produit de ton vol ?

Il les froissa et les jeta à terre.

— Je dirai que tu les avais mis sous ta jupe et qu’il m’a fallu te dévêtir pour les avoir. Je ne crains rien, tu pourras dire ce que tu voudras, j’ai la plus jolie femme de Paris. Personne ne croira que j’ai fait du plat à un petit oisillon comme toi. Choisis : ou la prison, ou… ça… Choisis vite. J’ai envie de toi !…

Je compte jusqu’à trois ; à trois, si tu acceptes, mets-toi en posture ; je n’ai pas besoin que tu dises même oui.

Et il tira de son pantalon un petit sexe minuscule, long et raide, qui aurait prêté à rire à une femme plus avertie que Louise. Un étonnement lui en vint cependant. Cela lui rappelait paradoxalement le nègre de Julia Seligman, princesse Spligarsy…

 

Il ouvrit alors l’huis étroit et sa bouche commençait l’appel à un vendeur, afin qu’on courût chercher un inspecteur de la sûreté.

Alors, Louise, la face pourpre et les yeux fous, Louise qui ne connaissait que cette posture-là, se pencha en avant et offrit sa croupe au chef de rayon. Il vit, referma et revint d’un bond ; il était si furieux de cette résistance qu’il ne pouvait pas placer sa verge.

— Aide-moi ! dit-il violemment.

Mais la jeune fille eût mieux aimé mourir que de toucher cet organe. Il parvint à ses fins tout de même. Elle perçut la pénétration du membre minuscule. Cela ne lui fut point douloureux, parce que cette verge dérisoire n’aurait certes rencontré aucun obstacle chez une fillette de cinq ans. L’homme s’agita. Il palpait en même temps les fesses fines à peau douce et glacée.

Enfin il éjacula. Louise sentit un liquide abondant et bouillant qui l’inondait, du périnée jusqu’au coccyx. Elle ne comprit point cette extériorisation. Mais le chef de rayon, revenu à l’amitié, lui disait doucement :

— Tu comprends, je décharge dehors, car je ne veux point te déformer en te faisant un gosse.

Comme elle restait immobile, à peu près inconsciente, il la prit par les épaules.

— Allons, ma chérie, je vois que tu aimes ça. Tu voudrais que je recommence ? Impossible ! Tous les soirs ma femme me taille une plume, pour savoir si j’ai marché dans la journée, et si je te le refaisais, elle verrait ce soir que j’ai du mal à jouir, et alors qu’est-ce que je prendrais…

Elle écoutait sans comprendre, la face vermillonnée d’émotion et quasi reconnaissante envers ce bouc de lui éviter la prison ouverte devant ses pas.

— Rhabille-toi ! dit-il avec douceur.

Machinalement, elle remonta son pantalon et remit sa robe. Sur ses fesses, le liquide maintenant glacial issu de la petite verge lui faisait une impression détestable. Cela coulait comme jadis le sang lorsqu’elle s’était donnée au maçon.

Mais alors cette sensation était issue d’elle-même, aujourd’hui c’était…

Il lui mit dans la main un billet de cinquante francs.

Machinalement, Louise de Bescé le prit et s’en alla.

La haine et l’horreur des hommes se développaient en elle comme un cyclone.

Et sous sa jupe, une chose grasse séchait, en lui collodionnant la peau.

Lecture d'été : Les caprices du sexe

Louise finit par ne plus voir, dans la société, que des muqueuses excitées. Lorsqu’elle suivait une rue, elle devinait derrière tous ces murs et dans toutes ces chambres des amants en contact. Et sur vingt voitures fermées qui passaient, la plupart ayant chastement baissé à demi les rideaux, il y en avait dix où des amoureux se montraient la bonne façon de jouir en public. Le bois de Boulogne, le soir, était le repaire de centaines de couples, assoiffés de luxure, qui couraient comme des chiens en rut après des vulves ou des virilités.

Ce cauchemar finit par convaincre la jeune Louise qu’un seul métier était honnête et loyal : la prostitution.

 

— Vous me taillez une plume, trois fois par jour, dans l’endroit que je choisis : par exemple dans une cabine téléphonique, au bain, en fiacre. C’est entendu, n’est-ce pas ? Vous me taillez une plume tout de suite ?

Elle approuva froidement.

— Je taille !

Il fit signe à un taxi fermé.

— Montez ! C’est toujours dit ?

Ils montèrent dans la voiture et l’homme, amusé, ordonna : « Au Bois ! » Ensuite, sitôt installé dans le capitonnage, il reprit :

— Je vous attends !

Elle s’agenouilla devant lui, puis sèchement :

— Les deux mille francs sur la banquette, derrière moi, que je puisse les prendre quand vous m’aurez expédié votre offrande. Maintenant, sortez vous-même votre objet. Je n’aime pas et ne sais guère mettre ça en vedette. Je ne suis pas comme une amie qui fait jouir son amant sans sortir la chose du pantalon.

Elle plaça doucement la verge dans sa bouche puis, cherchant les points sensibles, observés lors de son aventure avec Khoku, elle les frotta de la langue et des dents.

  Ce fut immédiat ; au premier contact sur ces centres de jouissance, le sperme jaillit. Cinq secondes s’étaient écoulées depuis l’introduction du membre entre ces belles lèvres gonflées et pourpres. Louise, attentive aux soubresauts de la verge chaude, lisse et bavante, recueillit le liquide dans sa bouche et se releva seulement lorsque ce fut fini. Elle ne savait si le savoir-vivre de cet acte réclamait qu’elle avalât tout. Une femme de bonne éducation ne crache pas. La bouche close, cependant, elle goûtait la saveur curieuse, fade, albumineuse et phosphoreuse, du produit qui perpétue la vie. Elle se tourna enfin et prit les deux mille francs sur la banquette, puis tira de son sac à main un mouchoir de dentelle et, délicatement, sans répugnance, y déposa tout.

Elle dit à l’homme médusé :

— Décidément, mon cher, je n’y perds pas. C’est avec vous si facile ! Ça vient comme la lumière avec un commutateur.

Il l’étreignit passionnément :

— J’ai joui comme si je vous donnais ma vie. Mais j’ai honte.

— Mais de quoi vous souciez-vous, mon cher ? C’est joli, un sexe d’homme ; on peut regarder le vôtre de près. Il a de la grâce. De plus, la peau en est douce aux lèvres et le spasme que l’on tient entre les dents donne un singulier sentiment de puissance. C’est l’âme même de l’homme… et du monde, cela dont je suis maîtresse souveraine, d’un attouchement de la langue, et que, d’un coup de dents, je pourrais trancher net. Quant au sperme, je vous assure que c’est plaisant à la bouche. Je conçois qu’il y ait des femmes pour ne pratiquer que cet acte-là et en jouir elles-mêmes. Certes, ce n’est pas mauvais, il s’en faut.

- Tu vas me rendre fou. Je… je voudrais… Oh ! je n’ose le dire…

Elle rit, narquoise :

— Que je recommence…

— Oui ! je n’ai pas eu le temps de prendre conscience de mon plaisir, mais tu n’auras encore qu’à me toucher, je vais jouir tout de suite, et alors, viens m’embrasser aussitôt, que je goûte moi aussi.

Et il rougit violemment.

Elle se pencha ; la verge était là, encore rigide. Doucement elle lécha l’extrémité durant un instant, puis fit le geste d’avaler tout. Le sperme gicla. Louise recueillit cette liqueur étrange, puis se relevant, elle s’approcha des lèvres du jeune homme. Il était évanoui.

 

Lecture d'été : Les caprices du sexe

Louise de Bescé devint la maîtresse de Blottsberg. Avec une aide convenable et dont les actrices changeaient selon l’humeur des deux personnages, elle procura au juif les plaisirs qu’il aimait tant. Son rôle était d’ailleurs si facile qu’il pouvait être comparé à une sinécure.

 

Elle se laissait lesbianiser par l’homme au priape monstrueux et, pendant ce temps, une autre femme faisait au mieux afin que l’éjaculation se produisît.

 

Cela finit par s’arranger excellemment. Blottsberg se montrait très généreux et Louise connaissait un type d’existence assez original. Maîtresse d’un notable, cela ne va pas sans donner un certain lustre à une femme. D’autre part, elle avait toujours eu une répugnance, non pas pudique, ce qui est toujours un peu stupide, mais seulement méprisante, pour le bas-ventre des mâles. La pudeur seule inspire ces horreurs de commande qu’on décrit dans les livres, et une indignation vertueuse que les personnages romanesques, s’ils existaient, eussent changée aussitôt en satyriasis ou en nymphomanie. Louise ignorait cette vergogne burlesque qui ressort de la religion et jette une sorte de ténèbre épouvantée sur les choses du sexe. C’est pourquoi elle pouvait, n’étant pas tenue d’en faire la cuisine, trouver de la curiosité à ces jeux organiques dont le phallus est le centre.

 

Elle ne se dégoûtait pas plus évidemment d’embrasser une verge propre qu’elle ne répugnait à embrasser quelqu’un sur la bouche.

 

La peau humaine, disait-elle, est partout la même. Le sperme ne lui semblait même pas extrêmement différent de la salive, du sang ou des autres produits physiologiques qu’on entoure pourtant d’un moindre discrédit. Seul, le point de vue de dignité personnelle lui rendait déplaisants les contacts que leur seule posture rend fâcheux, lorsqu’ils sont consentis sans affection, ou même sans utilité et sans amusement. Accomplis pour vivre ou pour plaire, ou même pour se venger, c’était bon.

 

Avec son jeune ami, que l’auto écrasait peu de jours après, elle avait consenti à le faire jouir avec sa bouche parce que c’était son début dans la recherche sexuelle du pain, et que sa force d’âme l’amenait alors au sacrifice le plus complet. Il lui plaisait, par énergie et orgueil, de se prouver qu’elle allait, dès l’entrée en ce métier, aux tréfonds de ses exigences, mais son ennui ne comportait aucun point de vue moral.

 

L’humiliation de la femme qui fait jouir un homme en lui suçant la verge ne l’atteignait pas. Au contraire, cet acte la rehaussait à ses propres yeux. Elle établissait de ce seul chef qu’une fille de Bescé ne se sent diminuée par rien. Pourtant, elle n’eût jamais voulu faire cela à Blottsberg.

 

Elle en venait à désirer cette pratique que son protecteur ne lui allouait qu’à de longs intervalles, car sa jouissance, à lui, devenait tous les jours plus laborieuse.

 

Le banquier offrit à Louise des bijoux et des toilettes admirables. Elle fut bientôt renommée à Paris pour sa froideur compassée et mystérieuse, ses airs hautains et son extravagance supposée. Elle sortait peu. Sa vie se passait en lectures nonchalantes et en amusements lascifs avec les femmes qu’elle tentait de donner en suppléance lesbienne à Blottsberg. Mais nulle ne savait agir sur ses nerfs comme le vieux poussah.

 

Il possédait une sorte d’intelligence sexuelle. Il jouait sur les muqueuses de Louise comme un violoniste sur ses cordes.

 

Les jours passèrent, une année entière, puis une autre. Paris, qui ne connaissait guère que de renommée la maîtresse du banquier, la surnommait : « la Chatte ».

 

Un jour, le banquier se pâma si bien, après un divertissement auquel trois femmes participaient avec Louise, qu’il mourut. Il avait prétendu posséder par l’anus une jolie fille qui devait recevoir mille francs pour cette séance. Malgré l’énormité de la verge, elle avait supporté l’assaut sans faiblir. Ayant vécu dans le ruisseau, pauvre et habituée à coucher dehors, elle tenait mille francs pour le prix de plusieurs vies humaines. Aussi, avec une volonté d’acier, elle accepta enfin tout le paquet de Blottsberg. Elle pleura, mais ne plia pas. Une fois le membre introduit, Louise subirait les caresses coutumières, ce qui ne laissait pas de faire un ensemble compliqué, car, en même temps, deux fillettes devaient, l’une, chatouiller et lécher les bourses du financier, l’autre, offrir ses fesses aux mains de l’homme, que le pelotage de ces rotondités excitait beaucoup.

 

Tout s’organisa enfin. Les cinq personnages se divertissaient donc doucement et, malgré la douleur qu’apportait en son arrière-train ce membre massif, qui lui faisait éclater le sphincter, la femme possédée se livrait à des mouvements propices. La verge de Blottsberg allait et venait, parmi des délices que le banquier n’avait jamais connues jusque-là. Louise le sentait palpiter si fort qu’il en perdait son habileté lesbienne, quand elle le vit soudain osciller et s’affaisser sur sa cuisse. Il était claqué de jouissance.

 

Lecture d'été : Les caprices du sexe

Le docteur de Laize ferma les poings. Il sentait naître la crise, que nul médicament ne pouvait plus dominer. Il s’arrêta devant la tapisserie aux tons passés. Il ne la voyait pas. Une rage sourde levait en lui comme une légion de démons. Il venait d’évoquer dans son décor familial la douce et chaste Louise de Bescé. Maintenant un autre film commençait à se dérouler en lui. L’immonde série d’images suivait un cours inflexible et le torturait atrocement. Il ne sut y échapper et vit Louise de Bescé, toujours, comme jadis, fine, délicate, hautaine et si jolie, suivant une voie parisienne, en quelque faubourg sale et mal famé. Elle y paraissait à l’aise pourtant, quand, brusquement, voilà que…

 

Un rictus crispa les muscles de son visage. Ses mâchoires se serrèrent à bloc.

 

Des rôdeurs surgissaient dans la ruelle sinistre, des bandits à casquettes, en espadrilles, qui couraient comme des fauves sur cette belle jeune fille que leur offrait le hasard. Ils prenaient Louise de Bescé et l’emportaient comme une proie vers un hôtel borgne.

 

Le médecin, angoissé, bien qu’il sût vivre en ce moment un simple cauchemar, suivait les rôdeurs dans les escaliers puants et gras de l’hôtel. Il entrait dans une chambre ignoble, avec le pot à eau ébréché et la descente de lit usée au-delà de la corde. Avec des rires ardents et pleins d’alcool, on mettait Louise au milieu d’un cercle de faces patibulaires. Elle se tenait droite, à peine plus pâle, regardant sans étonnement ces brutes déchaînées. Alors, un des hommes prenait l’adolescente par les hanches et prétendait à l’amour. Elle le giflait. Ils l’assaillaient. La défense énergique de la charmante Louise ne la libérait pas. Ils étaient trop. De force, on la plaçait en posture de bête. À petits coups de couteaux, le pouce près de la pointe, pour créer la douleur sans grave blessure, on pouvait tout de même l’immobiliser. La curée sexuelle commençait.

 

Levant les jupes, un des bandits s’apprêtait à la violer par-derrière, à la façon des bêtes. Elle se roulait à terre, voulait échapper à ce supplice effarant. On la ressaisissait. Un des hommes se couchait sous elle et l’empoignait par la taille. Mais il ne faisait pas que la tenir. Il la prenait parmi les rires farouches et excités. L’autre, celui qui tout à l’heure n’avait pu réussir un acte différent et pourtant semblable, parvenait à ses fins. Ce n’était pas tout. Parmi les couteaux levés et les abois de cette meute délirante, un homme se plaçait devant Louise de Bescé. Il ne pouvait plus occuper que sa face… Il s’efforçait de le faire. Bientôt la victime évanouie n’était plus entre les mains de ces hommes qu’une chair inerte livrée à toutes les turpitudes…

 

Le docteur de Laize se passa la main sur le front. La sueur perlait. Cette fresque d’ignominie se reproduisait en sa pensée à des intervalles irréguliers, et il était aussi incapable de la chasser que d’en modifier le lent déroulement.

 

Illustrations de Lafnet
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