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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 20:58

 

 

 

Gerard-chemit invit

 

 

Spécial copinage ?

Gérard Chemit est de fait un collègue, principal honoraire et pensionné. Sauf mémoire défaillante, il a terminé sa carrière à Trignac, aux confins de la Brière où j'ai sévi autrefois. Il faut croire que la région est propice aux principaux-artistes, puisque j'ai souvenance du collègue de Savenay qui, en pleine journée automnale demandait à ma CPE si la lumière était bonne sur la Brière et, abandonnant son collège à l'adjoint, partait au bord du marais avec chevalet, toile et pinceaux.

Gerard-chemit_presentation.jpg

Une fois inscrit au grand livre de la dette, G. Chemit a migré vers Fès. Bien sûr de Nantes à Montaigu, et même au delà, de la presqu'île de Guérande par exemple, vous pouvez faire le détour vers la bibliothèque de St Herblain (il y a même le tram, ligne 3, pour vous y poser). Pour les autres, les congés de Toussaint commencent juste avant que l'on décroche les photos.

Et l'on peut toujours, que l'on ait pu ou pas visiter l'exposition, se procurer ses ouvrages à "empreintes-éditions", du quasi "fait main" (tirages à 200 exemplaires).

Gerard-chemit_empreintes.jpg

 

 

Quelques images arbitrairement choisies sur le site de Gérard Chemit

 

Gerard-chemit fes

 

 

Gerard-chemit_derviche.jpg

 

 

Gerard-chemit_essaouira.jpg

 

 

Gerard-chemit_chefchaouen.jpg

 

 

 

Gerard-chemit_majorelle.jpg

 

 

Gerard-chemit_sud.jpg

 

Voir aussi des photos du souk d'Azrou en complément de l'album (en fin du diaporama)

 

 

Et à côté du photographe, il y a le plasticien

 

 

Gerard-chemit_boisflotte.jpg

 

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 21:09

 

Pour changer de M. Vingt-trois, quelques images paillardes, avec parfois du soixante-neuf (une bonne année si on en croit Gainsbourg).

Et d’abord d’un artiste inconnu, un album sur les joies du camping. Un des dessins permet peut-être de dater la série de l’après-guerre (fin des années 40 ou début des années 50) avec l’uniforme du garde-forestier et la coiffure de la dame qui lui fait une gâterie, sans doute pour qu’il veuille ignorer ce camping probablement sauvage et, de plus, naturiste. Toute la joyeuse troupe s’adonne à des jeux que  la morale de l’époque réprouve. Est-ce une voyeuse textile qui se fait fustiger ? Et un passant  qui se fait dénuder par un quatuor féminin prêt à lui faire subir les derniers outrages ?

 

 

 

 

H01bis image-et-texte02

 

L’album de Fredillo s’est lui enrichi d’un extrait d’un petit récit illustré (malheureusement incomplet). Ces pages sont-elles d’ailleurs de lui, impossible de l’affirmer*. Elles content les vacances estivales de la narratrice chez son amie de pension, Yvonne ; le cousin de l’hôtesse va bénéficier des charmes des deux jeunes filles… Une mise en page qui en fait un peu l’ancêtre des bandes dessinées, même si le dessin n’a parfois qu’un rapport un peu décalé avec le texte. (source des images : Cabinet de curiosités)

 

* En fait, ce récit est de Léon Coubouleix

 

A Szekely 20

Alexandre Szekely, nouvel album aussi, sauf à savoir que c’est un magyar paillard, a peut-être une biographie complète sur le wikipedia hongrois, mais pratiquement rien en français, si ce n’est qu’il serait né en 1901 et mort en 1968. Dessinateur actif au siècle dernier, du début des années 40 à la fin des années 60, nous ne lui connaissons point d’œuvre qui n’ait été, au moins érotique.

Graphomane inlassable, extraordinairement productif, à l’imagination débridée et à l’enthousiasme communicatif, il explora de la pornographie à peu près tous les domaines, les figures imposées, et du dessin toute les techniques et les styles, affichant toutefois sa prédilection pour les scènes de groupe. C’est certainement un illustrateur d’ouvrages coquins  (un site lui prête des illustrations d’une œuvre de Pierre Louÿs). Lui aussi a le dessin paillard. Avec le vieux fond moqueur des moeurs ecclésiastiques. Et un goût presque rabelaisien pour la boisson (la 1ère image de l’album en témoigne et la deuxième porte en frontispice et en hongrois « In vino veritas »). Les « parties fines », ou « partouzes » si vous préférez, sont joyeuses. On entend les violons tsiganes en arrière-plan, ou presque !

 

A Szekely 07

 

 

 

Les effets des épinards sur son Popeye ne se situent pas à hauteur des biceps !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Szekely 29

 

 

A Szekely 15

 

 

Nuit de pleine de lune, dans un bois, deux silhouettes d’hommes à l’arrière-plan à gauche et à droite urinent chacune contre un arbre, tandis qu’au premier plan une femme se tient de face, accroupie, jambes écartées et la jupe troussée lui découvrant le sexe. La tête penchée, visage serein, elle regarde consciencieusement son pipi s’écouler, ou bien y contemple-t-elle son reflet.

[...]

La composition de l’image évoque la forme d’un  blason, d’un écu. Puissions-nous demeurer placés sous cette égide protectrice et nous complaire, pour longtemps, gageons-le, dans l’obscène, l’abject et la dégradation à laquelle nous contraint cette entreprise que nous menons, à fins purement scientifiques !

 

Lucien Janvier

 

Dans son anthologie mondiale du dessin érotique et pornographique, avec descriptions et commentaires, Lucien Janvier propose quelques pages pour Alex SZEKELY :

 

Alex SZEKELY, Hősszerelmesek, 1943 (1/3)

Alex SZEKELY, Hősszerelmesek, 1943 (2/3)

Alex SZEKELY, Hősszerelmesek, 1943 (3/3)

Alex SZEKELY, Chefs-d'oeuvres de l'opéra lyrique, sans date (ca. 1941), extraits

Alex SZEKELY, Ein besuch bei dem grossen Jim, 1940 (1/3)

Alex SZEKELY, Ein besuch bei dem grossen Jim, 1940 (2/3)

On ne peut que déplorer que cet Ancien élève de l’École Normale Supérieure, agrégé de l'Université, Professeur à la Faculté des Lettres de Montpellier n'ait pas poursuivi son oeuvre hautement morale puisqu'elle était intitulée OBSCENE, LAMENTABLE ET DEGRADANT (mais tout espoir n'est pas perdu puisqu'une reprise s'est faite en juillet 2016...)

Sketches

Sketches

Alexandre Szekely, Magyar paillard.

Alexandre Szekely abécédaire

CAMPING

Quatuors

Un peu dans la même veine de franche et joyeuse paillardise une série de dessins intitulés Plaisirs défendus d'un total inconnu Izvrasaki

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 15:28

033 jammontoya 011  Par quel hasard ai-je découvert José Antonio Moreno Montoya, photographe espagnol, dans une série de clichés qui, comme il le dit, réutilise des images religieuses classiques, mais, avec une intention clairement transgressive qui inverse leur signification profonde ?

Bien que les deux artistes soient sans doute éloignés dans leur conviction – l’un s'affirme, quoiqu’en pensent les cagots, croyant, l’autre vraisemblablement athée – comme dans leur art, cette série de Montoya m’a évoqué le Serrano victime des intégristes à Avignon.

gitana

Né à Badajoz en 1953 – il aura ainsi dû subir une éducation catho à la mode franquiste – JAM Montoya est resté attaché à l’Estrémadure. Et si l’on en croit son autobiographie, dès l’âge de 16 ans il fut attiré par la photographie et s’est libéré de l’oppression du péché.

tiempo 5

Cette courte autobiographie comporte une anecdote où il dit avoir souffert d’un accident du travail, ou qu’on peut considérer comme tel, durant une conversation avec un critique d’art qui lui a sorti tant de balivernes que son testicule gauche a éclaté… de rire !

JMontoya

Cependant, outre son œuvre photographique, Montoya donne des cours à l’Université d’Estrémadure sur l’interprétation photographique de la lumière ou sur la conservation du patrimoine photo et des conférences sur la créativité ou bien sur science, art et religion, notamment. Cet autodidacte a aussi contribué à des innovations techniques avec de nouveaux procédés de photomontages ou de manipulation de l’image (Proceso CUFY y Sistema de Altura, materializados en sus series fotográficas El Espacio Integrado (1985) y Gestáltica (1988)).

 

Sanctorum (2003)

sanctorum

Sanctorum est l’œuvre qui a déclenché l’ire des héritiers du franquisme, du Parti popular (PP) et la hiérarchie de l’église espagnole (les trois se recoupent largement).

 

PPvsMontoya

Le PP a lancé, en 2007, l’offensive en reprochant à la région d’Estrémadure d’avoir participé à l’édition du catalogue de « Sanctorum » en 2003. Catalogue qui commençait avec un texte de Eulalia Martínez Zamora intitulé ironiquement “Achtung! Entartete Photographie”, en allusion à une exposition nazie de 1937 d’œuvres dites « dégénérées ». PP qui parla d’images nausébondes et scatologiques de Jesus-Christ et de la vierge Marie ! Puis ce fut un « Centre juridique Thomas More », fondé par un ancien ministre de Franco, qui porta plainte pour délit contre les sentiments religieux, prévu par un article du code pénal.

montoya3Jean-de-la-croix

La hiérarchie catholique emboîta le pas avec l’archevêque de Mérida se disant profondément blessé par ces images pornographiques, insultantes et blasphématoires. La Conférence épiscopale espagnole en rajouta une couche épaisse d’obscurantisme avec notamment jean-baptisteune déclaration de son vice-président se répandant sur la chère, noble et chrétienne Estrémadure, si aimée de la vierge de Guadalupe, humiliée et outrée ! Le cardinal archevêque de Séville, Carlos Amigo Vallejo qualifia l’œuvre d’incroyablement abominable. Le nonce apostolique du pape, Manuel Monteiro de Castro, considéra que « les choses sacrées doivent être traitées sur un mode sacré » et, s’érigeant en critique d’art, déclara que les photographies de Montoya n’avaient aucune valeur artistique ! Le Président des musulmans de Cordoue* en profita pour se mettre au diapason de l’indignation en disant que ceux qui se prétendent artistes ne peuvent se prévaloir de la liberté d’expression pour offenser la religion.

montoya-moine-copiste

Tout ce cirque politico-clérical, déclenché avec 4 ans de retard, était lié à des élections territoriales en Estrémadure.

 

72AMontoya Montoya rappela que si une personne se prétendant catholique ne supporte pas de voir des images artistiques nul ne l’oblige à entrer dans une exposition de photos susceptibles de blesser sa sensibilité. Son but, dans Sanctorum, mais aussi dans une grande partie de son œuvre, est d’exalter la sexualité, indépendamment d’une quelconque croyance ou religion : le sexe, c’est la vie ; la religion catholique est obessionnellement attachée à le nier.

montoya-sainte-veronique

 

sainte-rita

 

Serie Negra (1990)

effort

Une autre série, série noire, avait fait scandale. Montoya présente cet ensemble d’images comme uniquement centré sur une thématique sexuelle et scatologique. Mais en même temps, il s’en prend implicitement à une société qui sous une apparence de moralité et de religiosité est en fait basée sur l’hypocrisie. Et explicitement à une société de consommation dont les publicités nous bombardent des stéréotypes de femmes-mannequins célestes et parfaites : rejoignant le Malraux préfacier de « L’amant de Lady Chatterley », il nous rappelle que même les plus belles femmes chient !

 

 

chorizo

 

L’œuvre photographique de JAM Montoya est plus diverse encore. Ce maître du noir et blanc s’est lancé dans la couleur et il est un des rares artistes à présenter sur son site plus que des échantillons, mais des séries complètes.

Acción 3

 

La libertad ( Jam. Montoya)

 

 

vanites

 

* Rien à voir avec les bâtisseurs de la Grande Mosquée et leurs successeurs, tous expulsés (ou persécutés en tant que morisques) après la reconquista chrétienne. Faut-il rappeler au passage que le sulfureux groupe Forsane Alizza (qu’est-il donc devenu ?) avait été vu manifester, en octobre 2011, aux côtés de manifestants catholiques d'extrême-droite, lors des représentations de la pièce de Romeo Castellucci 'Sur le concept du visage du fils de Dieu' au Théâtre de la Ville ? Intégristes de toutes obédiences, « tous unis dans un même élan » d’intolèrance. 

rose 

 

Sources : Outre le site de Montoya,

 

Trilogie.jpg

 

 

torchage

"El Mundo", journal de droite, a appuyé la campagne du PP en 2007

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 07:46

 

J-Birkin

Pour que le deblog ne tourne pas à la chronique foutebalistico-politique – il est vrai que l’actualité, de campagnes politiques en coupe d’Europe de foute, y prêtait – revenons à quelques esquisses de portraits. Dans ce genre, longtemps Charlotte Rampling et Emmanuelle Béart se sont disputé la palme Jane+Birkin+janedes lectures. Mais, depuis quelque temps « La culotte de Madonna » a, si je puis dire, pris la tête. Il est vrai que la chanteuse, montrant un sein ici, une fesse là, s’en prenant à la Le Pen aussi, a un peu agité les médias.

 

Je croyais avoir mis Jane Birkin, dans ma galerie de portraits. Il n’en était rien. Un point commun avec Charlotte Rampling, elle est aussi fille de militaire. Mais son père était dans la Royal Navy. Sa mère, Judy Campbell, était une célèbre comédienne de théâtre au Royaume-Uni  (elle était encore sur les planches à 86 ans).

 

« Jane Birkin a en elle ce charmant mélange birkin-gainsbourgd’impudeur et d’élégance, de spontanéité et de réserve, d’extraversion et de profondeur. Du charme, elle en a à revendre » disait d’elle Stéphane Lambert. Cette dualité se retrouve dans son physique, avec son buste d’adolescente sur des hanches de femme épanouie, que Gainsbourg a célébrées, même si « Je t’aime, moi non plus » fut inspiré par la chute de reins de Brigitte bardot, la Décadanse illustre l’attrait renouvelé de « ses reins » où il allait et venait après ceux de BB :

Tourne-toi
- Non
- Contre moi
- Non, pas comm´ça
-...Et danse
La décadanse
Bouge tes reins
Lentement
devant les miens

 

 

blow-up

blow-up_02.jpg

 

Son apparition dans Blow up, d’Antonioni,  fut so chocking pour la censure anglaise que le film fut amputé de cinq minutes. On la voyait, à l’issue d’une joyeuse bagarre à trois – sa complice Gillian Hills et David Hemmings, le héros du film – se faire arracher son collant (assez laid au demeurant) pour découvrir ses fesses et son pubis. Trop rapidement filmés pour le voyeur que j’étais. Ce qui lui valut une réputation sulfureuse, dont elle a su s’accommoder et des rôles qu’autrefois on jugeait osés. Dans ce genre, ce fut sans doute Serge Gainsbourg qui poussa le plus loin, avec son film intitulé aussi « Je t’aime, moi non plus ».

donjuane

Mais à côté de navets, comme le Don Juan 73 de Vadim, où elle partage sa couche avec BB, dans la soixantaine de films qu’elle a tournée depuis The Knack... and How to Get It, elle a su alterner des rôles légers, voire Birkin mariellecomiques avec notamment Claude Zidi ou Audiard, et des films d’auteurs, puisque outre Doillon (dont elle fut la compagne après avoir quitté Gainsbourg), elle a tourné avec Tavernier, Resnais, Rivette et même Jean-Luc Godard…  Plus tardivement, elle s’est mise au théâtre, allant jusqu’à écrire une pièce.

 

 

 

 

 

 

 

Mais bien sûr, c’est la chanteuse à la voix ténue et fragile qui récolte la plus grande célébrité. Elle vient d’ailleurs d’annuler une tournée d’été pour raisons de santé.  Ses duos avec Gainsbourg, qu’accompagnait toute une mise en scène exhibitionniste de son pygmalion, l’ont à l’évidence lancée. Mais elle a su ensuite trouver un ton et un style à elle, même si son répertoire doit encore beaucoup à Gainsbourg.

 

 

 

jadis-naguere-birkin

 

Pour voir un petit montage arbitraire d'images, cliquer sur la photo.

Jane Birkin, l'élégance de l'impudeurJane Birkin, l'élégance de l'impudeurJane Birkin, l'élégance de l'impudeur
Jane Birkin, l'élégance de l'impudeurJane Birkin, l'élégance de l'impudeurJane Birkin, l'élégance de l'impudeur
Jane Birkin, l'élégance de l'impudeur
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Jane Birkin, l'élégance de l'impudeur
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Jane Birkin, l'élégance de l'impudeur
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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 22:33

 

Suzanne Ballivet a quelque problème avec la postérité. Certains ont nié son existence, en faisant un avatar d’une autre dessinatrice et peintre, Mariette Lydis. Elle a pourtant existé la fille d’un photographe Montpelliérain, Jules Ballivet, née en 1904. Mais pour beaucoup, elle n’est connue que comme la deuxième épouse d’Albert Dubout.

 

Singulière promotion que celle de 1922 à l’école des Beaux-Arts de Montpellier. Dans son atelier, on trouve Renée Altier, Gabriel Couderc, Camille Decossy, Georges Dezeuze, Germaine Richier et Albert Dubout. En 1925, elle épouse Camille Decossy. Renée Altier sera la première épouse de Dubout.

 

 

 

Ballivet-roi-Pausole-3-copie-1.JPG  Elle fait du dessin de mode et expose à l’expo coloniale, à Paris. Puis redescend à Montpellier où elle fait des décors de théâtre et du dessin anatomique. En 1936, elle divorce. Déjà elle collabore avec Albert Dubout : dessins d’humour, puis création de dessins animés, à Paris, puis à Nice. Mais elle ne l’épousera qu’en 1968.

 

En 1943, elle illustre son premier ouvrage: Les chansons de Bilitis de Pierre Louÿs. En 1945, Les Aventures du Roi Pausole, du même. En 1946, retour à Paris où elle réalise de nombreuses illustrations.  « Daphnis et Chloé » de Longus (1946); « Thaïs » (1948) d'Anatole France ; "Le rideau levé, ou l’éducation de Laure" Mirabeau ;« Faisons un rêve » (1952) de Sacha Guitry; « L'ingénue libertine » (1947), « Claudine à l'école » (1950) de Colette; « Monsieur Nicolas ou le coeur humain dévoilé » (1956 - 1957) de Restif de la Bretonne; des oeuvres de Marcel Pagnol... A partir de la fin des années 40, collaboration avec les plus grands humoristes français : Ben, Peynet, Bellus, Dubout bien sûr… à la revue "Le Rire" et à la revue "Fou-rire"... Outre les ouvrages de Pierre Louÿs, elle illustre aussi des ouvrages érotiques, certains anonymes, comme « Initiation amoureuse » titré aussi « Prélude charnel », d’autres comme Gamiani attribué à Musset.

 

Le-rire-Ballivet-1.JPG Avec Albert Dubout, elle va partager sa vie entre Mézy-sur-Seine et la maison familiale de Saint-Aunès proche de Palavas-les-flots dont le petit train inspirera son époux. Albert Dubout décède en 1976. Atteinte de rhumatisme articulaire, elle cesse de dessiner et de peindre. Elle meurt en 1985, à Saint-Aunès.

 

Mes fouilles curieuses – sans doute pas assez poussées – étaient restées impuissantes à découvrir un autoportrait ou un portrait, ou une quelconque photo* où elle pourrait apparaître. A-t-elle inspiré les dessins de son deuxième époux ?

 

Le-Rire-Dubout-1.JPG Parmi les nombreuses illustrations d’ouvrages, celles de Gamiani sont sans doute les plus osées, il est vrai que l’ouvrage attribué à Alfred de Musset s’y prête. Mais elle illustra aussi Mirabeau, Sacher-Masoch, après les saphiques « Chansons de Bilitis » ou les gaillardes aventures du roi Pausole… et, plus sagement, comme Dubout d'ailleurs, les oeuvres de Pagnol. Bien avant Paula Meadows, avec plus de talent de mon point de vue, elle fut une pionnière de l’illustration érotique.

 

Ballivet03.jpg

Cliquer sur l'image pour voir le montage vidéo

En fond sonore Debussy "Les chansons de Bilitis" puis Sydney Bechet "Petite fleur"

 

Gamiani01.jpg

Cliquer sur l'image pour voir le montage vidéo

En fond sonore Enigma "Mea culpa"

 

En "bonus" un Billar español que le site semble attribuer - faussement à mon sens - à Suzanne Baillivet

Billar_12Capellan.jpg

Cliquer sur l'image pour voir le montage vidéo

 

Ce "Noble art del billar" est en fait d'Eusebi Planas, illustrateur catalan.

* Un site en langue anglaise, aimablement signalé par un lecteur, outre trois photos de Suzanne Ballivet donne des précisions sur sa biographie.

Elle est née à Paris, mais, à part une courte période fin dans les années 1920, elle a passé la plus grande partie de sa vie à Montpellier ou dans les environs. Son père, Jules, était photographe. En 1923, elle entama ses études supérieures à l’École des Beaux Arts de Montpellier qui comptait comme une des plus prestigieuses écoles d’art en France. Parmi ces élèves, il y avait deux de ses futurs époux, Camille Descossy et Albert Dubout, ainsi que la future première femme de Dubout, René Altier, qui deviendra dessinatrice de mode.

Suzanne et Camille se marièrent en 1925 et leur fils Michel (qui deviendra écrivain de voyage et photographe) naquit en 1927. Ils quittèrent Paris où ils travaillaient, pour revenir sur Montpellier en 1931. Pendant cette période Suzanne Ballivet travailla principalement comme illustratrice de mode mais aussi comme réalisatrice de décor de théâtre. Son mari lui, peignait et enseignait à l’École des Beaux Arts. Comme l’époux s’impliquait de plus en plus dans l’enseignement, la peinture de paysages et le rêve d’une communauté rurale de peinture, Suzanne sentit croître le besoin de développer son propre talent artistique. En 1941, elle et Camille divorcèrent et suivirent chacun leur voie. Suzanne avait gardé le contact avec Albert Dubout, qui lui-aussi, s’était séparé de Renée Altier fin 1940. Leur amitié aboutit à une collaboration artistique. Dubout, déjà reconnu comme un dessinateur satirique, avait connu un énorme succès avec ses illustrations des romans de Marcel Pagnol à la fin des années 1930. Il introduisit Suzanne dans les milieux de la publication à Paris.

Suzanne et Albert ne se marièrent qu’en Mai 1968 ! Pendant plusieurs années ils partagèrent leur temps entre Mézy-sur-Seine à l’ouest de Paris et leur maison à Saint-Aunès près de Montpellier. Suzanne continua son travail d’illustratrice d’œuvres diverses jusqu’en 1973, quand l’arthrite l’empêcha de poursuivre ce travail d’illustrations au dessin précis qui était sa marque de fabrique.

Albert Dubout mourut en juin 1976. Retirée à Saint-Aunès, Suzanne Ballivet continua de dessiner et peindre pour son propre plaisir. Elle mourut le 15 juin 1985.

 

Traduction très approximative (et partielle) se reporter au site qui donne un très large aperçu des talents d'illustratrice de Suzanne Baillivet avec :

Les aventures du Roi Pausole

Les chansons de Bilitis

Daphnis et Chloé

Le diable au corps

Initiation amoureuse (édition 1950)

Le rideau levé, ou l’éducation de Laure

Les fleurs du mal

La Vénus aux fourrures

Monsieur Nicolas

Initiation amoureuse (édition 1994)

Contes de La Fontaine

Poésies libres

Rimbaud oeuvres complètes

 

 

Un autre site, que je découvre grâce à Géhèm, complète le site anglo-saxon, avec des photos de Suzanne Ballivet et du couple avec Dubout et précise sa biographie : Suzanne Ballivet, une grande artiste dans l’ombre de Dubout

 En supplément quelques dessins osés d'Albert Dubout

Dubout reste dans la dérision avec ses personnages mâles dominants plus que velus, mais gardant lunettes et pratiquant des jeux à faire frémir un juge d'instruction lillois.

Un précurseur de DSK ?

Un précurseur de DSK ?

Deux femmes, un homme
Deux femmes, un homme

Deux femmes, un homme

Deux hommes, une femme
Deux hommes, une femme
Deux hommes, une femme

Deux hommes, une femme

Et si t'es gay, ris donc...
Et si t'es gay, ris donc...

Et si t'es gay, ris donc...

Cette joyeuse scène orgiaque illustre la Justine de Sade

Le même site en langue anglaise, qui donne des indications biographiques sur Suzanne Baillivet, présente des illustrations de son 2e mari, Albert Dubout :

La muse libertine

Docteur Besançon

Chansons de salle de garde

Kama Soutra

Justine

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 16:32

Dirty-comicsLa Saint-Sylvestre est l’occasion de se retrouver, d’année en année, chez les uns et chez les autres à tour de rôle, entre couples amis.

Petit rituel : chaque couple apporte deux cadeaux, homme et femme. Le hasard préside en principe à la distribution (sauf que l’on ne doit pas recevoir son propre cadeau, bien sûr). Mais si j’ai hérité, cette année, des « Dirty comics », je ne suis pas persuadé que ce soit le pur hasard.


Dirty-comics unesVoilà donc des bédés coquines, baptisées aussi Eigh papers, car formées souvent de huit planches, mais encore Tijuana Bibles (les touristes en rapportaient du Mexique) qui ont été distribuées sous le manteau des années 20 aux années 50, dans les très prudes Etats-Unis. Une distribution massive qui a été estimée en 1935 à vingt millions d’exemplaires.


Le scénario comme le dessin est souvent des plus sommaires. On n’hésite pas à mettre en scène des vedettes hollywoodiennes, comme Joan Crawford, devenue Crawfoot, Greta Garbo, transformée en Garbagge mais aussi les Marx Brothers. Et des héros de bandes dessinées comme Betty Boop partant en tournée pour offrir ses charmes moyennant quelques dollars ou Popeye qui nous montre que les Dirty-comics 4 00épinards ne font pas de l’effet que sur ses biscottos. Ce n’est pas, dans le petit ouvrage offert, le Kama soutra quant aux positions, en général. Mais on voit quand même un marin se tromper de "port", un vieux Fuzzy Butt adepte de la zoophilie ânine et une secrétaire hollywoodienne aux pratiques et positions variées. Et de nombreuses autres bédés offrent de nombreuses variations et perversions… L’une d’elles, « The Amourous twirp » présentent quelque positions telles que «the dirt route », « wash day special», un acrobatique « sugar-daddy » pour conclure par un «old reliable», la bonne vieille méthode… Et dans la zoophilie un «Sun bath» fait fort.

Dirty-comics 4 05-6
Les auteurs sont anonymes. Mais le style de dessin laisse à penser que beaucoup travaillaient aussi à des comics pour enfants et adolescents, histoire de cow-boys et d’indiens ou de détectives, notamment. Les différents comics recensés sont près de 2000.


Pour avoir une idée plus complète de ces Tijuana Bibles, dans leur jus comme disent les brocanteurs, un collectionneur présente 84 de ces bibles que d’aucuns auraient bien glissées dans leur livre de messe dans les internats religieux des années 50 (http://tijuanabibles.org/bibles/). Un autre site, http://www.tijuana-bibles.com/, met en ligne vingt six comics mieux scannés dont un « Room Service » qui est comme un récit prémonitoire de l’affaire DSK… Quatre autres Tijuana Bibles, dont Laurel et Hardy et Popeye sur arserotica


Dirty-comicsbis Dirty Comics I, choisis et traduits par F. Escaig et G. Minghini, éditions Allia  

(bizarrement l'image de couverture a été tirée du Chien andalou de Luis Bunuel)

 

 

 

L'Album présente d'abord un eight-papers d'origine, puis trois comics tirés du livre (donc traduits) et quelques planches dont plusieurs forment une histoire complète.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PS Robert Crumb et Aline Kominsky-Crumb, avec leur Dirty Laundry Comics, s’inscrivent un peu dans la lignée de ces bédés underground.

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 16:36

00 Lehnert-Landrock

 

Ernst Lanrock fut un peu le Pierre Bergé de Rudolf Lehnert, en tout cas l’homme d’affaires qui fit fructifier l’œuvre de l’artiste, en Tunisie, puis en Egypte. Comparaison osée ? Outre que l’amitié qui les liait, toute platonique semble-t-il, s’est brisée au bout de 27 ans, Lehnert, s’il fut un photographe reconnu, n’eut pas la célébrité du couturier. Mais l’attrait du Maghreb se fit aussi sentir chez Saint-Laurent-Bergé : les cendres d'Y. Saint-Laurent ont été déposées dans les Jardins de Majorelle à Marrakech. Si Lehnert retrouve, plus d’un demi-siècle après sa mort, une certaine popularité dans le monde photographique, son œuvre – comme celles dites orientalistes – fait l’objet de controverses.

 

20- L&L A côté des peintres qui, comme Matisse et surtout Etienne Dinet ont participé peu ou prou à l’orientalisme, des photographes européens nombreux ont œuvré dans les pays du Maghreb. Rudolf Lehnert fut de ceux-là qui commença sa carrière photographique à Tunis, la poursuivit en Egypte, avant de revenir en Tunisie. Son nom est le plus souvent associé à celui de Ernst Landrock, le gestionnaire de l’entreprise tunisienne, puis égyptienne.

 

Lehnert, Autrichien, né en 1878, a appris la photographie à Vienne. Son futur associé était né la même année en Saxe. Quand ils se rencontrent et se lient d’amitié en Suisse, en 1903, Lehnert revenait d’un périple qui l’avait mené à travers l’Europe, puis de Palerme en Tunisie, une Tunisie sous protectorat Français depuis 12 ans. Les deux nouveaux amis décidèrent de lancer une entreprise de photographie d’art à Tunis.

 

47- L&L  Débuts modestes, au centre de la médina, dans une maison arabe. Mais la réputation de Lehnert fut vite établie. Et en 1907, ils s’installent, non loin de collègues d’installations plus anciennes, comme Soler et Garrigues, là, lui, depuis 1860, Avenue de France (au 17 d’abord, puis au 9, racheté à Garrigues qui s’est réinstallé un peu plus loin). « Après le succès international remporté par les tirages de luxe, les héliogravures et les cartes postales, succès dû au savoir-faire de l’artiste et au savoir-vendre du gestionnaire, l’histoire s’arrêta brutalement en 1914 avec l’arrestation des deux hommes pour espionnage et le séquestre sur leurs biens en tant que ressortissants germaniques. » (Michel Megnin)

 

Après un séjour européen, où chacun fonde une familles, les associés rebondissent en Egypte en 1924. Mais leurs destins vont se séparer. Landrock, très germanophile récupéra l’entreprise égyptienne (et le fonds de l’œuvre de son ex- ami) ; le francophile Lihnert, dont l’épouse était alsacienne, repartit en Tunisie où il s’installa à Sidi Bou Saïd en 1930. Il obtiendra la nationalité française en 1931. Mort en 1948, il est enterré avec sa femme à Carthage.

 

789 LA PORI RE AU D SERT Son œuvre a été diffusée en tirages au bromure, en héliogravures sépia, en chromolithographies et en innombrables cartes postales noir et blanc et colorisées. On retrouve aussi les photos de Lehnert dans de multiples ouvrages.

 

02- L&L Il produit bien sûr des images de Tunis et de la Tunisie, puis de l’Egypte, avec ses hauts lieux touristiques, de Jérusalem. La plupart des « tableaux vivants » sont mis en scène. On y note, cependant, un sens certain de la composition. Lehnert excelle dans les portraits. Mais, la partie la plus controversée de son œuvre est constituée de ses nus. Nus féminins et masculins. Beaucoup se sont vendus sans censure comme nus académiques. Les odalisques y sont représentées, proches de tableaux orientalistes qu’ils Jeune arabe,ont peut-être inspirés. Ils sont soumis à une double critique. D’abord, à travers l’accusation de colonialisme, la question du nu en pays d’Islam sur laquelle se greffe celle du « consentement éclairé des modèles » (Le courrier de l’Atlas, n° 25, avril 2009*). Ensuite la focalisation sur les affaires de pédophilie a mis en procès des photos d’éphèbes nus qui devaient, s’il les a connues, réjouir l’immoraliste Gide.

 

Ce procès double tombe sous le coup de l’anachronisme. Sûr que l’œuvre de Lehnert était imprégnée de l’idéologie colonialiste de l’époque. Cela n’enlève rien aux qualités esthétiques de beaucoup de ces clichés.  Clichés qui obéissaient aussi à des motifs commerciaux : les cartes postales avaient pour clientèle les colons, les troupes et les quelques touristes en Tunisie. M. Meignin a montré que les modèles étaient souvent des (semi)professionnel-le-s posant aussi pour des peintres. Si Lehnert a envisagé de faire un ouvrage de nus masculins, ceux qui plus tard feront un ouvrage ne présentent pas de tirages sulfureux.

 

Nu-contrejour Tunis    Hamideddine Bouali, répondant au dossier à charge de Courrier de l’Atlas - «Orientalisme, art, histoire ou scandale ?** » - répond : « Art : sûrement puisque les œuvres de Lehnert ne sont pas dénuées d’un certain souffle artistique. Histoire : forcément car elles ne peuvent se lire qu’à la lumière de la colonisation des sujets photographiés et la biographie du photographe. Scandale ? inévitablement comme pour toute œuvre qui transgresse. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Un entretien, non publié, d’H. Bouali avec une journaliste, Y. Ouazzani, du Courrier de l’Atlas porte sur ce thème.

 

Courrier-de-latlas

 

** Le vrai titre est « Art, histoire et indécence »

 

 

C6549 SIESTE

A voir un petit montage d'oeuvres arbitrairement choisies (cliquer sur l'image)

 

 

 

Pour compléter :

http://www.imagesetmemoires.com/doc/Articles/Lehnert.pdf

http://www.photos-site.com/s.htm

et surtout http://michel.megnin.free.fr/ où vous trouverez une impressionnante quantité d’œuvres de Rudolf Lehnert.

 

Garrigues01

Photo Garrigues

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 17:31

indiscretions-1Ce petit ouvrage, intitulé « Indiscrétions », paru en 1990 chez J. C. Lattès, collection L'iconothèque, reproduit un album du XIXe siècle intitulé « Portes et fenêtres ». On pourrait ajouter rideaux, nappes, branchages… Le voyeur colle son œil à la serrure et si on ouvre la porte on découvrira deux ou trois personnes plus ou moins dénudées dans des activités que la morale de l’époque devait réprouver. La deuxième planche est intitulée « Mœurs et coutumes, Annu domini 1829 ». La fin du règne d’un Charles X particulièrement obtus avec une église restaurée dans sa domination.

 

« Les trente six planches qui composent cet ouvrage sont autant de vaudevilles colorés et polissons. » dit l’introduction. A travers les trente six images, sinon un kama-soutra de la Restauration, du moins un aperçu de pratiques sexuelles variées. Zoophilie et scatologie ne sont pas oubliées. L’homosexualité féminine et masculine non plus.  Ville et campagne, bourgeois et artistes, militaires et ecclésiastiques, ministre ou grand chancelier, paysans et aristocrates sont les héros de ces planches. Des « brefs » déjà où en deux images l’historiette nous est comptée.

 

« Monseigneur est-il visible ?» demande une religieuse.

« Je ne puis vous recevoir, je suis en prière » répond l’archevêque, agenouillé, sceptre dressé, au pied d’une paroissienne à demi-nue. (2)

 

 

« Quelle douce pénitence » murmure une pécheresse qui masturbe son confesseur dans le secret du confessionnal. (3)

 

« Bon … ma femme soumet ma pétition » se félicite le mari à la porte du cabinet du ministre, épouse qui chevauche fesses à l’air un ministre chamarré (4)

 

Dans le même style, un père tend l’oreille à la porte d’une « étude » et, entendant sa fille soupirer, se réjouit d’avoir gagné son procés (6)

 

« Que font-ils donc ? » se demande  le militaire de garde devant la porte d’un vieux général qui fait minette à une belle noire. (9)

 

Le grand chancelier fait attendre deux dames élégantes, car il donne une « audience particulière », c’est-à-dire qu’il socratise un jeune amant qui l’encourage « Va mon chéri, quel délice ». (11)

 

« Mr il est impossible que vous parliez à ma fille aujourd’hui elle a sa migraine », dit la mère au soupirant, fille qu’encourage le curé « Suce… suce ma bonne petite » (13)

 

« Si vous craignez d’être cocus, Messieurs, faites comme moi, enfermez votre femme » se vante un gros bourgeois, tandis que l’épouse dit à l’amant, arrivé par une échelle « Attends Ernest, je veux faire l’homme »en le chevauchant.  (32)

 

Les fourches dressées sont les cornes du moissonneur qui fait sa sieste, pendant que sa femme, derrière la meule dit à son amant « Dépêche-toi Pierre, si mon homme se réveillait ». (34)

 

La série s’achève en apothéose au Vatican. « Ah ! St Pierre, je vois tout. » se dit un tonsuré voyeur qui découvre, par le trou de la serrure, le pape en train de prendre une aristocrate espagnole qui s’écrie « Cher Grégoire ! que j’aime ton goupillon » (36) (Ce pourrait être Grégoire XVI, pape en 1831)

 

On comprend que le sulfureux auteur de ces œuvres, plus coquines que cochonnes  ait préféré garder le plus strict anonymat et que son album soit resté sous le manteau.

 

 

indiscretions-2

Chaque planche est double. La porte, la fenêtre, le rideau, etc. ont une découpe qui permet de découvrir ce qui se passe derrière en ouvrant cette porte, etc. 

 

Voir l'album

 

 

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 13:36

La Fessée

 

Puis-je m'asseoir sur vos genoux ?
Accordez moi juste un instant
J'ai encore fais une grosse bêtise
Je comprendrais que l'on m'inflige

Un châtiment


J'ai été extrêmement désobéissante
J'ai été vilaine, vilaine, vilaine
Alors si monsieur veut bien se donner la peine

De me donner de la peine

J'aime, entendre vos mains claquer,

quand je me cambre, j'ai besoin d'être corrigée
J'ai été méchante, méchante, méchante
Je veux, sentir le doux soufflet de vos réprimandes
Je crois que j'ai bien mérité

Une grosse fessée

Je veux sentir ma peau brûler, mes joues rosir
Bien installée sur vos genoux, mon sang bouillir
Quand mes fesses seront embrasées,

je vous laisserai les embrasser

Et puis m'étreindre
C'est un incendie, venez m'éteindre,

Venez

J'aime entendre vos mains claquer,

quand je me cambre, j'ai besoin d'être corrigée
J'ai été méchante, méchante, méchante
Je veux sentir le doux soufflet, de vos réprimandes
Je crois que j'ai bien mérité

Une grosse fessée

J'aime, entendre vos mains claquer,

quand je me cambre, j'ai besoin d'être corrigée
J'ai été méchante, méchante, méchante
Je veux sentir le doux soufflet, de vos réprimandes
Je crois que j'ai bien mérité

Ma grosse fessée….

 

Luce

0 luce

 

Retour de plage – eh oui, c’est l’été – sur France-Inter passe cette chanson. Ils sont gonflés de passer cela en pleine journée, me suis-je dit in petto. Que vont dire les chaisières, Mme Boutin en tête. Quoique, ce retour aux châtiments corporels...

 

J’ai donc découvert la rousse Luce. Comme je ne regarde pratiquement jamais M6, j’ignorais évidemment que la « Nouvelle star », une émission de chez eux, avait consacré cette jeune chanteuse. Et j’ai ainsi découvert que ce titre faisait partie de son 1er album intitulé « Première Phalange ». « Pour deux raisons : d'abord parce que c'est l'empreinte, quelque chose de personnel, explique-t-elle dans Le Parisien. Et puis ensuite parce qu'un bon doigt dans le cul, parfois, ça fait du bien ! »

 

 

1 lafessee luce

 

Pour voir la vidéo et surtout entendre la chanson cliquer sur l'image

 

Pour illustrer cette chanson, j’ai fait appel à une dessinatrice anglaise, très portée sur la fessée, Paula Meadows.

paula meadows-portrait De son vrai nom Lynn Paula Russel, Paula Meadows a eu une carrière étonnante. Danseuse, puis actrice de théâtre, de télé ou de radio (BBC), elle part aux USA où elle travaille d’abord pour la télé, avant de devenir actrice dans des films X, et pas du porno soft, à 33 ans.

De retour en Angleterre, elle se lance dans la peinture et le dessin. Elle réalise des BD : Sophisticated Ladies où elle se dessine en héroïne fustigée, Sabina 1 et Sabina 2 et Vacances d’été.

 

paula2ter-2 

Elle est souvent à elle-même son modèle.

Elle se mit aussi en scène dans de sortes de photo-romans toujours plus ou moins fesseurs, plutôt plus que moins, et où elle retrouve aussi son rôle de star du X.

 

 

Paula Meadows-romanphoto

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais elle illustre aussi des livres pour enfants écrits par Franck Charles, son mari.

 

 

 

La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée

Quelques images tirées d'une série baptisée " Modern Love Poems based on the Kama Sutra"

 

 

La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée
La Fessée

Elle participe aussi à des magazines, comme "Fessée" (en Français dans le texte, mais magazine anglais), ainsi qu'à une série historique où elle prête un tempérament fesseur à Catherine de Médicis.

"Fessée" magazine

"Fessée" magazine

Jeanne de la Motte

Jeanne de la Motte

La Fessée
Théroigne de Méricourt

Théroigne de Méricourt

Le thème de la fessée est une source d'inspiration - ou de commandes - pour beaucoup d'illustrateurs.

Quelques exemples :

 

 

WIGHEAD

A genoux esclave

 

CARLO

À toute volée

 

 

Pierre NOËL

Diana gantée

 

 

Luc LAFNET

Dresseuses d'hommes

 

Pierre Beloti

Jacinthe

 

Sardax

The Art of Sardax

 

Leone Frollo

Bound to Please

 

Titti Garelli

Le Pagelle

 

Eugène Klementieff

L’éducatrice passionnée

 

Mario Laboccetta

L’amour fouetté

 

Étienne Le Rallic

La volupté du fouet

 

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 16:02

FDrtikol melancholieUn peu d’art photographique pour changer des graves sujets politiques qui nous agitent… ou pas.

 

drtikol frantisekxEncore une découverte due au « Cabinet de curiosités » : František Drtikol photographe Tchèque. Né sous l’empire austro-hongrois à Pribram, en Bohême, en 1883, il va mourir dans la toute neuve République socialiste tchécoslovaque, à Prague, en 1961. Il voulait devenir peintre : il consacrera la fin de sa vie à la peinture.

 

Entre temps, un apprentissage chez un photographe local lui a permis de posséder les techniques fondamentales du développement, du tirage, de la retouche. Formation qu’il complétera dans une école photographique allemande.

 

A partir de 1910, il va accéder à la notoriété, à Prague,fdrtikol 52 comme portraitiste. Il photographie T. G. Masaryk, futur Président tchècoslovaque, le peintre et écrivain Josef Capek, la vedette de l'opéra, Emmy Destinn , mais aussi des célébrités étrangères de passage à Prague comme Paul Valéry et Rabîndranâth Tagore. Il épousera en 1920 une danseuse. Et en 1924 s’intéressera au boudhisme.

 

Mais plus que ses portraits, ce sont ses nus qui contribuent à en faire un des grands photographes de son époque. Les spécialistes font référence au cubisme et au constructivisme. Mais, pour certaines images, ce sont Nosferatu le vampire ou M le Maudit qui viennent à l’esprit, ce cinéma expressionniste aux noirs profonds, aux ombres immenses.

 

Si « Le repos » par exemple est un nu assez classique avec un modèle dans une pose quasiment d’odalisque, la plupart de ses nus jouent avec la lumière et surtout les ombres. Les modèles évoluent souvent dans un décor très géométrique – qui peut évoquer Metropolis.

 

  La danse va s’inviter avec son épouse, dans la même tonalité aux noirs profonds. Mais le plus surprenant est, au début pourtant de son travail sur le nu, son  cycle de portraits de Salomé, femme fatale, femme cruelle, femme qui domine l'homme, plus que fascinée par la tête décapitée de Jean-Baptiste, puis par son crâne décharné. Quant à la femme crucifiée, elle anticipe INRI  de Bettina Rheims.

 

FDrtikol boudhiste  Avant d’abandonner la photo en 1935, il cesse de photographier des modèles vivants, pour se consacrer à des formes stylisées aux limites de l’abstraction. Il se consacrera ensuite à la peinture et aux philosophies orientales.

 

"La lumière est à l'origine de la photographie, elle sait donner des centaines de formes à un seul objet et l'œil du photographe doit être susceptible de percevoir toutes ces nuances. Tout comme le sentiment, qui embellit et anime un visage humain, la lumière embellit et anime des choses. Une bande de lumière, qui entre dans mon atelier et grimpe sur le rideau, c'est un spectacle que je ne donnerais pour rien au monde" František Drtikol.

 

 

Voir l’album : http://deblog-notes.over-blog.com/album-1945518.html

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